L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Commanderie d'Opale
MessagePosté: Ven 10 Aoû 2018 20:55 
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Commanderie d'Opale


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Lieu de guilde des Danseurs d'Opale


Opulente propriété fortifiée d'une famille de la haute noblesse située dans le quartier sud de la cité, la commanderie d'Opale n'est évidemment pas connue sous ce nom à Nessima, pas davantage que son appartenance à cet ordre considéré comme hérétique et disparu par le Clergé de Sithi. Les Nessimois l'appellent simplement du nom de la famille qui la possède, comme pour toutes les demeures de la noblesse.

Bâtie sur une éminence rocheuse dans les premières années d'existence de Nessima, elle n'est accessible que par le biais d'un long escalier muni de rebords en pente pour les roues d'un chariot et ne présente au monde extérieur qu'une unique façade austère digne d'une forteresse. L'intérieur est plus vaste qu'il n'y parait car les constructeurs ont habilement tiré parti de l'existence de la ville souterraine de Sanssitr pour créer de vastes caves, servant aujourd'hui de salles d'armes ou d'entrepôt.

La propriété comporte un grand bâtiment principal, celui partiellement visible depuis l'extérieur, servant de demeure seigneuriale et hébergeant également la domesticité et les gardes, dont l'arrière donne sur des jardins de bonne taille pour l'intérieur d'une cité, enrichis de quelques fontaines et bassins. Ces jardins sont entourés de divers bâtiments annexes à moitié creusés dans le roc: écuries, four à pain, petite forge pour maréchal ferrant, lieux de stockage pour le fourrage et le grain, leurs usages sont divers et variés.

Officiellement cette propriété est donc celle de riches nobles de Nessima qui, passionnés d'arts martiaux, en ont fait un lieu d'enseignement en sus de leur demeure. Tout un chacun peut venir y suivre des cours, gratuits pour les bases, payants pour les techniques plus complexes. Par ailleurs, une dizaine de chambres confortables est à disposition des visiteurs et des apprentis dans le bâtiment principal.

Les propriétaires étant la plupart du temps absents, c'est la maître d'armes et intendante Llyann'tar Thelwë qui accueille les visiteurs et donne les cours d'arts martiaux. C'est une jeune Sindel d'à peine plus de cent vingt ans, mais c'est aussi et surtout une redoutable combattante affectionnant tout particulièrement l'épée à une main et demie. C'est une femme déterminée et dure, elle ne ménagera pas ses recrues mais ne fera preuve d'aucune rudesse inutile. Fille de l'Armurière Royale Eshrin'tar Enoure, elle est née à Nessima dans une famille de la haute noblesse très aisée et y a passé sa jeunesse. Devenue adulte, elle a beaucoup parcouru le monde, les continents d'Imfitil et de Nirtim principalement, puis est revenue endosser le rôle de "gouvernante" dans cette demeure à la demande de sa guilde, dont elle est par ailleurs l'une des dirigeantes. Outre Llyann, une vingtaine de serviteurs et guerriers résident en permanence dans la propriété.

Maître d'armes de la commanderie de Nessima (CCAA)

Llyann'tar Thelwë (niveau 21)

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Guerrière Héroïque issue de maître d'armes.

Elle peut vous enseigner les CCAA suivantes:

Basiques: (prix public: 250 yus. Membres: 175 yus)

  • Botte
  • Coup ciblé
  • Coup colossal
  • Coup de bouclier
  • Coup de fourreau
  • Estoc droit
  • Feinte
  • Garde imprenable
  • Halte forcée
  • Hypnose
  • Instinct sauvage
  • La différence d'un pas
  • La main du géant
  • Lames défensives
  • Les cent lames
  • Passe-bouclier
  • Renversement armé
  • Surprise éclair
  • Trancheur
  • Vol d'arme
  • 36 chandelles

Secondaires: (prix public: 350 yus. Membres: 245 yus.)

  • Danse des sabres
  • Adresse de guerre
  • Double trancheur

Danses d'Opale: (prix public: 500 yus. Membres: 350 yus.)

  • Danse de l'éclipse

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 Sujet du message: Re: Commanderie d'Opale
MessagePosté: Lun 13 Aoû 2018 13:34 
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Un quart d'heure plus tard, j'entreprends l'ascension de l'interminable escalier qui donne accès à la demeure de mes ancêtres, à la foi euphorique et légèrement anxieux. Que vais-je retrouver de mon enfance, connaîtrai-je encore certains des serviteurs, des gardes? Et comment encaisserai-je tous les souvenirs qu'engendrera inévitablement en moi le seul fait de parcourir ces lieux où j'ai grandi, alors que j'ai pris la vie de mon propre père de mes mains? Ils m'assaillent déjà tandis que je grimpe les marches d'un pas rapide, je me souviens des visages de mes parents, de ceux de Jaëlle et de Moraën aussi, mais tous sont morts depuis des années et, contrairement à ce que je craignais, ces réminiscences ne parviennent plus à vraiment m'atteindre. Sans doute ai-je trop côtoyé la mort ces dernières années pour être encore capable de m'en émouvoir, mais à dire vrai je ne sais trop si cela doit me rassurer ou, au contraire, m'inquiéter.

Une chose a changé, en tous les cas: il n'y a pas de gardes devant les lourdes portes de bois sombre ornées de ferrures argentées qui percent la massive façade en pierres de taille de l'édifice, seule partie du bâtiment visible de l'extérieur. Seraient-ils tous tombés, comme cela a été le cas du frère de Moraën, le jour où mes parents ont été enlevés? Je grogne sourdement de mécontentement, l'intendant, Lubjaën, aurait dû les remplacer depuis longtemps! Enfin, je n'ai jamais trop apprécié ce serviteur, beaucoup trop zélé à mon goût lorsqu'il s'agissait de dénoncer mes frasques d'enfant à mes géniteurs. Mais après tout, cela faisait sans doute partie de ses devoirs, entre mécontenter mon puissant seigneur de père et le morveux que j'étais à l'époque, j'imagine que le choix a dû être vite fait. Reste qu'il aurait pu limiter la casse à bien quelques reprises en gardant certains détails pour lui, ce qu'il n'a jamais fait. Mais est-il seulement encore en poste? Il n'y a qu'une façon de le savoir: j'actionne le lourd heurtoir de bronze d'un geste assez sec pour que le vacarme produit résonne jusque dans les recoins les plus éloignés de cette demeure qui est désormais la mienne, ou du moins le sera dans quelques instants.

Les pesants battants s'ouvrent enfin après plusieurs minutes d'attente, dévoilant le visage chafouin d'un Sindel assez âgé aux cheveux gris coupés très courts et vêtu comme un domestique que je n'ai encore jamais croisé. Il tique en découvrant mon Ithilartëa à mes côtés, un éclat inquiet dans les yeux, mais il se reprend vite et s'enquiert d'un ton hautain:

"Que puis-je pour vous, mon jeune ami? Si vous cherchez un emploi de garde j'ai le regret de vous informer que nous n'engageons pas."

Je hausse un sourcil à l'intonation employée, je sais bien que je n'ai pas mon armure sur moi et que mes vêtements simples peuvent tromper un observateur non averti, mais le seul fait que je me trouve devant lui implique que j'ai franchi les contrôles du quartier noble et que je ne suis donc pas un vulgaire reître en mal d'embauche. Par ailleurs, quel mercenaire aurait un compagnon du genre de Sinwaë, n'est-il pas capable de reconnaître un Silnogure quand il en voit un? Quelque peu étonné par ces manquements, je lui rétorque avec fraîcheur:

"Vous pouvez vous écarter céans de mon passage, sieur, pour commencer. Puis vous irez quérir Lubjaën, et prestement je vous prie."

Le vieux serviteur recule d'un pas à mes paroles, puis il fronce les sourcils et, sans faire mine de s'écarter comme je le lui ai demandé, s'enquiert avec suspicion:

"Quérir messire l'intendant, certes. Qui dois-je annoncer?"

"Tanaëth'tar Ithil, fils de Veyann et Maeyl'tar Ithil. Ces noms vous disent-ils vaguement quelque chose?"

Le domestique écarquille les yeux de stupeur et s'empourpre violemment en s'écartant vivement du passage et en bredouillant:

"Toutes mes excuses, Monseigneur, je... nous avions entendu dire que vous étiez revenu voilà quelques mois mais je ...nous ne nous attendions plus à vous voir..."

Je m'assombris à ces bredouillements: ce Sindel est un abruti. Il n'a pas la moindre preuve que je suis bien celui que je prétends être et il me laisse entrer sans s'en assurer? Par Sithi, je sens qu'il va falloir faire un peu de ménage dans les parages, ces prochains jours. Par ailleurs son air imperceptiblement ennuyé ne m'a pas échappé, mon retour ne semble pas l'enchanter le moins du monde. Je soupire doucement, pas vraiment étonné, quand le chat n'est pas là, les souris dansent, puis je réplique en franchissant enfin le pas de porte:

"C'est sans importance. Allez me cherchez Lubjaën, je l'attendrai dans le bureau de mon père."

Sans plus lui prêter la moindre attention, j'avale le grand hall d'entrée décoré de luxueuses tapisseries et de quelques meubles d'art en quelques longues enjambées puis m'engouffre pensivement dans le couloir parsemé d'affreux tableaux donnant accès à l'aile ouest de la maison, où se trouve le bureau en question.

(Eh bien, la décoration aussi sera à revoir, j'ai comme l'impression que mes goûts n'ont pas grand chose en commun avec ceux de mes parents...)

(Je suppose que c'est normal, tu as vu du pays, depuis ton départ...)

C'est bien possible, en effet, reste que j'ai une étrange impression de...vieillot, comme si tous ces objets au luxe suranné évoquaient un temps depuis longtemps enfui. Et peut-être est-ce bien le cas d'une certaine manière, bien qu'une centaine d'années ne soit certainement pas ce qu'un Sindel qualifierait de "long temps". Mais je sais avoir vécu bien plus de choses au cours des quatre dernières décennies que la plupart de mes compatriotes en une vie, la notion du temps est quelque chose d'extrêmement subjectif, ainsi que je l'ai appris en côtoyant les humains, entre autres. Quelques instants plus tard, je pousse en retenant mon souffle la porte de la vaste pièce toujours encombrée de documents où mon père travaillait autrefois, me demandant de quoi elle peut bien avoir l'air aujourd'hui.

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 Sujet du message: Re: Commanderie d'Opale
MessagePosté: Lun 13 Aoû 2018 15:35 
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Certaines choses ne changent pas, et le bureau de feu mon géniteur en fait partie. La grande pièce rectangulaire percée de plusieurs fenêtres à meneau donnant sur les jardins est identique à celle de mes souvenirs, lumineuse et encombrée d'un impensable fatras de paperasses, la plupart sommairement rangées sur les étagères superbement ouvragées qui occupent presque tous les murs disponibles. Le sol est recouvert d'épais tapis de teintes noires et argent et, outre le bureau, quatre fauteuils confortables entourent une petite table basse sur laquelle trônaient autrefois systématiquement une carafe de vin et de fins verres à pied. Elle est vide, aujourd'hui, mais en dehors de cela tout est tel que je m'en souvenais, ce qui a un petit quelque chose d'étrange compte tenu des événements qui se sont déroulés depuis lors. Alors que je me dirige vers le bureau pour m'y installer, une voix fortement teintée d'étonnement mais que je reconnais malgré tout fort bien m'interpelle soudain depuis la porte:

"Tanaëth?! Est-ce bien vous?"

Je me retourne en souriant légèrement, observant durant quelques secondes le vieux Ninsalit de ma famille avant de lui répondre. Lui non plus n'a pas pris une ride. Plus grand que moi d'une bonne dizaine de centimètres, Lubjaën est mince et doté d'un visage inspirant la confiance, ses cheveux gris foncé sont toujours attachés en une stricte queue de cheval et son regard couleur de plomb n'a rien perdu de son acuité.

"Messire Lubjaën. Heureux de voir que vous êtes toujours fidèle au poste. Installez-vous, nous avons à parler de nombreuses choses."

Contrairement à tous les vieilles connaissances que j'ai croisées depuis mon retour, l'intendant me reconnaît immédiatement, ce qui ne me surprend pas vraiment étant donné qu'il m'a vu naître et grandir jour après jour durant près d'un siècle. A mon invitation il prend place sur l'une des chaises à disposition des visiteurs autour du bureau en me dévisageant avec une incrédulité des plus comiques, comme s'il ne parvenait pas vraiment à croire que je suis véritablement revenu.

"Je suis fort aise de votre retour, Monseigneur. Je commençais à craindre le pire, cela fait des années que j'ai envoyé une certaine Moraën à votre recherche et j'espérais qu'elle vous ramènerait rapidement...L'avez-vous rencontrée?"

J'incline légèrement le visage et sort de mon col l'insigne de la garde militaire ayant appartenu à la chasseuse Sindel afin de le lui montrer:

"Elle m'a trouvé, oui, voilà passablement de temps. Elle a malheureusement été assassinée par des tueurs à la solde d'Averenn quelques jours après notre rencontre. Mais le moment n'était pas encore venu pour moi de revenir à Nessima, tout ce que j'y aurais gagné aurait été de me faire envoyer à Raynna."

"Fichtre, voilà une bien triste nouvelle... je suis profondément désolé qu'elle ait péri..."

"Et moi donc. Mais parlons plutôt de l'avenir, j'ai besoin de connaître l'état exact de la situation des affaires et possessions de mes parents, éclairez-moi voulez-vous?"

"Certainement Monseigneur."

Nous passons plusieurs heures à discuter de ces points, documents à l'appui lorsque cela s'avère nécessaire, avant que je ne le libère pour qu'il aille se charger de me faire préparer un repas et un bain chaud. La situation n'est pas brillante, mes parents ont perdu la plupart de leurs commerces et leur fortune a fondu comme neige au soleil, l'influence politique de ma Lignée à Nessima est devenue quasiment inexistante et seuls quelques rares serviteurs sont encore en poste, en nombre bien insuffisant pour entretenir la propriété. Mais je m'attendais à tout cela et ai déjà songé à des solutions lorsque j'ai dû convaincre Asuran de m'autoriser à défier sa fille Sylënn. Par ailleurs, ma position au sein des Danseurs d'Opale me donne accès à ses finances, ce qui me sera d'une grande aide même si je ne dépenserai jamais un yu lui appartenant pour des motifs privés, simple question d'intégrité.

Toutefois, je n'ai nulle intention de m'enraciner dans la demeure de mes parents, aussi ai-je prévu d'en faire un nouveau bastion de notre Ordre, secret bien évidemment vu le pays dans lequel nous nous trouvons. Reste que cela nous fera un pied à terre de plus au Naora, en manœuvrant finement et en faisant preuve de patience, cela pourrait s'avérer être l'une des pierres de fondation de l'édifice "diplomatique" qui nous permettra de reprendre un jour notre place parmi les Sindeldi, qui sait? Mais c'est là musique d'avenir, pour l'heure il me faut régler une quantité certaine de problèmes plus urgents, à commencer par l'un d'eux. Je m'empare donc de mon nécessaire d'écriture télépathique et y trace quelques mots:

Bonjour Llyann, c'est Tanaëth. Notre plan a été couronné de succès, reviens dès que possible à Nessima et retrouve-moi à la demeure de ma famille, elle appartiendra aux Danseurs et personne n'est mieux placé que toi pour diriger ce futur refuge de notre Ordre.

Avec toute mon affection, je t'embrasse.


Née et ayant tout comme moi grandi à Nessima, Llyann connaît parfaitement la ville et bon nombre de ses habitants, d'autre part elle fait partie de la haute noblesse et son grade élevé au sein de l'Opale implique qu'elle en connaît et maîtrise tous les rouages, ce qui en fait la personne idéale pour diriger cette future commanderie. J'ignore où elle se trouve actuellement et combien de temps il lui faudra pour revenir, mais j'ai bon espoir que ce soit avant mon mariage qui aura lieu dans un peu plus deux mois.

Quelques heures plus tard, après un délectable bain brûlant, le premier depuis des mois, ainsi qu'un bon repas, je retrouve Lubjaën et lui fais part des décisions que j'ai prises durant ce temps de délassement:

"Voici un millier de yus, cela devrait vous permettre d'assurer les charges courantes pour un certain temps. Ma soeur de coeur, Llyann'tar Thelwë, arrivera bientôt, c'est elle qui dirigera cette demeure, vous la seconderez pour toutes les tâches courantes comme vous le faisiez pour mes parents. Nous allons en faire un lieu d'enseignement d'arts martiaux, aussi attendez-vous à devoir accueillir plus de monde qu'autrefois. Je vous fournirai des gardes, à vous de choisir les domestiques nécessaires, je vous fais confiance. Mais virez-moi séance tenante l'hurluberlu qui m'a reçu, c'est un incapable et je n'aime pas ses manières."

Je marque une pause pour lui laisser le temps d'assimiler, puis je poursuis:

"Aujourd'hui même, je veux que vous alliez trouver les hérauts publics et que vous leur demandiez de diffuser largement et sans délai la nouvelle suivante: la cérémonie de Samsin qui scellera nos fiançailles, à Sylënn'tar Thinel et moi-même, aura lieu dans six jours, à la pleine lune, au temple de Sithi. Payez-leur ce qu'ils demandent, mais je veux que toute la cité soit au courant. N'y voyez nulle arrogance cela fait partie de mon plan pour contrer Averenn, il faut que tous ses amis sachent que je suis pleinement réintroduit dans mes droits et que s'en prendre à moi n'ira pas sans conséquences. Enfin, un banquet aura lieu ici-même après la cérémonie, vous veillerez à sa parfaite organisation. Je vous informerai du nombre approximatif de convives dès que possible. Des questions?"

S'il est visiblement surpris par l'annonce de ce mariage, le Ninsalit s'abstient prudemment de tout questionnement à ce propos et se contente de me répondre:

"Non Monseigneur, tout est clair et vous serez scrupuleusement obéi."

"Je n'en doute pas. Allez maintenant, nous avons tous deux du pain sur la planche."

Tandis qu'il s'éclipse, je souris pour moi-même avec autodérision, amusé autant qu'étonné de l'aisance avec laquelle je me glisse dans ce rôle de seigneur, bien que j'y aie été préparé toute ma jeunesse durant. Mieux vaudrait que je ne m'y habitue pas trop pourtant, puisque je n'ai pas l'intention de moisir ici plus longtemps que nécessaire.

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 Sujet du message: Re: Commanderie d'Opale
MessagePosté: Mer 15 Aoû 2018 19:33 
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Une fois le Ninsalit de ma famille sorti du bureau ayant appartenu à mon père et à je ne sais combien de générations d'Ithil avant lui, je m'adosse pensivement dans le luxueux fauteuil à haut dossier et contemple les jardins, visibles au travers des fenêtres à meneau, sans pour autant les regarder véritablement. La première partie de ma danse est achevée, je suis de retour chez moi et réintroduit dans mes droits, mais je n'en éprouve nul sentiment de victoire. Rien ne sera vraiment joué tant qu'Averenn vivra, tôt ou tard il reviendra à Nessima et ce jour-là... une lutte à mort reprendra, parsemée je n'en doute pas de coups en traître, de machinations vicieuses qu'il me sera extrêmement difficile de contrer, faute d'avoir l'esprit assez tordu pour seulement les imaginer. Je devrai agir vite, très vite, le défier et prendre sa vie avant qu'il n'ait eu le temps de mettre en œuvre ses manigances, sans quoi ma situation deviendra très vite intenable.

Mais pour l'heure, il n'est fort heureusement pas encore revenu et j'ai de nombreuses tâches qui m'attendent, à commencer par la recherche des preuves de sa culpabilité. Après avoir fouillé plusieurs heures durant les innombrables paperasses qui encombrent le lieu, un vieux souvenir me revient en mémoire alors que je me demande comment je vais bien pouvoir confondre mon retors ennemi: mon père dissimulait certains documents sensibles ou petits objets de grande valeur dans une cache que, curieux et fouineur comme je l'étais enfant, je n'avais pas manqué de découvrir. Se pourrait-il qu'il y ait conservé des documents susceptibles de coincer Averren? Je n'y crois guère, sans doute est-elle vide depuis longtemps, mais m'en assurer ne coûte rien et je vais donc vider l'un des rayonnages de la bibliothèque qui possède un double fond soigneusement dissimulé. Il me faut tâtonner un moment pour trouver le mécanisme d'ouverture que je n'avais jamais actionné moi-même, ayant seulement vu en cachette mon père le faire, mais je finis par parvenir à ouvrir le petit compartiment secret.

J'y trouve quelques documents qui, une fois rapidement parcourus, s'avèrent complètement dépassés et bons pour les archives. Comme je m'y attendais un peu il n'y rien à en tirer contre Averenn, mais j'y déniche aussi une petite bourse de cuir que j'ouvre avec curiosité.

(Par Sithi! Tu vois ce que je vois Sindalywë?!)

(Oui, c'est incroyable, même moi je n'en avais jamais vu autant à la fois!)

Éberlué, j'en vide le contenu dans le creux de ma main: des runes! Plus que je n'en ai jamais possédé, près d'une vingtaine! Comment mon père a-t-il obtenu un tel trésor? Je n'en ai pas la moindre idée, mais en guise d'héritage c'est bien plus que je n'en espérais, à mes yeux cela vaut bien plus que n'importe quelle fortune car je connais la rareté et le pouvoir de ces étranges petites pierres gravées de signes noirs. J'en reconnais certaines, l'une signifie "tigre", trois d'entre elles signifient "endurance", deux autres "invoquer" et deux enfin représentent le verbe "renforcer", mais j'ignore totalement ce que veulent dire les autres. Après quelques instants passés à les examiner en tout sens, je les range dans la petite bourse que je referme soigneusement et glisse dans l'une de mes poches d'où elle ne risque pas de s'échapper, puis je remets le panneau de bois et les documents qui se trouvaient devant en place afin que nul ne puisse découvrir cette cachette par hasard.

Après quelques minutes de réflexion, je me décide à retourner sans tarder à l'armurerie. Quitte à être privé de mon armure durant les quelques jours qu'il faudra à Raziel'tar Manith pour l'améliorer, autant en profiter pour y faire incruster en même temps quelques runes, non? Il faut évidemment que je fasse identifier au préalable celles que je ne connais pas mais, maintenant que j'y pense, Eshrin devrait probablement en être capable et, compte tenu de nos excellentes relations, je ne doute pas qu'elle fera de son mieux pour me conseiller et les incruster le cas échéant. Je quitte donc la pièce, puis ma demeure, d'un pas rapide, empli de curiosité quant à la signification de ces nombreuses runes inconnues.

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 Sujet du message: Re: Commanderie d'Opale
MessagePosté: Mer 10 Oct 2018 14:32 
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Une heure plus tard, de retour dans la demeure de ma famille et, plus précisément, dans le bureau de feu mon traître de géniteur - qu'il faudra que je m'habitue à considérer désormais comme mien - je sors mon nécessaire à écriture télépathique et entreprends de rédiger un message à l'attention d'Ylis Ithil, la commandante de l'Aura de Syriën:

"Bonjour Ylis, c'est Tanaëth. Je viens d'acquérir six galères pour l'ordre, achetées en mon nom évidemment. Voyez s'il y a des marins dans nos membres et si oui, envoyez-les au plus vite au port de Tahelta afin qu'ils prennent possession des quatre navires qui s'y trouvent. Il faudra trois cents marins au total, si besoin contactez le prêtre Ephedym dans les quartiers pauvres de ma part, il devrait pouvoir trouver des matelots parmi les réfugiés de Sor-Tini et les démunis. Prenez soin de choisir des Sindeldi n'éprouvant aucune haine envers les Eruïons, ces navires ayant pour but de leur livrer des vivres et des biens de première nécessité. Faites remplir leurs cales à Tahelta ou Cyniar avec ce qui convient et envoyez-les à Nessima dès que possible, les deux dernières galères y attendront leurs équipages.

Bien à vous, que Sithi vous garde."


Ce message envoyé, je range pensivement mon matériel. Sans doute faudra-t-il plusieurs semaines avant que les Danse-Lames prennent la mer pour aller accomplir leur mission, mais les Eruïons se sont passés d'aide depuis des millénaires et je ne vois guère comment accélérer les choses davantage. Par ailleurs je sais qu'Ylis ne trouvera pas trois cents marins parmi les membres de l'Opale; nous ne sommes pas précisément un peuple de navigateurs, mais j'ai bon espoir qu'il soit possible d'en trouver assez parmi les milliers de démunis de Tahelta et cela aura en outre l'avantage d'en sortir quelques-uns de leur misère noire. Et puis, la plupart venant d'un autre monde, peut-être seront-ils moins enclins à mépriser tout ce qui n'est pas Sindel, ayant probablement été en contact avec d'autres peuples sur les colonies.

Je consacre les jours suivants au renouvellement des gardes et serviteurs de ma demeure, qui retrouve peu à peu vie, ainsi qu'à l'organisation des prochaines cérémonies en collaboration avec Asuran et Sylënn. Si le père s'avère fort satisfait des dispositions que j'ai prises en achetant des navires qui vont remettre en route le florissant commerce qu'il entretenait avec mon père, ma future épouse en revanche est plus sombre et distante que jamais. Je suppose que cela est dû à l'approche de nos fiançailles, mais par Sithi il va bien falloir qu'elle se fasse à l'idée et abandonne cette tête d'enterrement! La perspective d'être lié à vie avec une porte de prison ne me tente guère, aussi lui demandé-je de rester un moment lorsque son père déclare qu'il est temps pour lui de se retirer, ce qui me vaut un regard noir suivi d'un haussement d'épaules et d'une réponse résolument enchanteresse:

"J'ai à faire, sieur Ithil, que voulez-vous encore?"

Je m'approche d'elle jusqu'à lui faire face et en être séparé par un petit pas, puis je lève une main pour frôler sa joue d'une caresse, un geste qu'elle esquive d'un léger mouvement de tête agacé. En temps normal je n'insisterais pas, mais cette fois je force le contact et l'incite à me regarder dans les yeux d'une pression de la main en lui rétorquant fermement:

"Vos autres devoirs attendront, cette fois, Sylënn. J'aimerais que nous fassions un peu connaissance et, surtout, je voudrais comprendre pourquoi l'idée de vous unir à quelqu'un vous rebute tant."

Ses pâles prunelles vertes s’étrécissent et laissent entrevoir un bref éclat de colère, mais comme je ne me laisse nullement démonter, elle finit par me répliquer d'un ton dur et froid:

"Je n'ai pas envie de parler de cela, comptez-vous tenter de m'y contraindre?"

Je hausse un sourcil, aussi amusé qu'interloqué par cette supposition, puis lui réponds calmement:

"Ma foi, je pourrais le découvrir par d'autres manières s'il le fallait, mais je préférerais l'apprendre de votre bouche. Ne croyez-vous pas que notre vie sera plus agréable si nous faisons tous deux un effort pour nous comprendre et nous entendre?"

Elle se dégage de mon contact d'un geste brusque et me rétorque sèchement:

"Vous ne découvrirez rien du tout, sieur Ithil. La raison pour laquelle je n'ai nulle envie d'un mari, ou même d'un compagnon, restera enterrée à jamais."

Je secoue doucement la tête et lui réponds à mi-voix tout en la fixant au fond des yeux:

"Je n'ai aucune envie de passer le reste de mon existence avec une porte de prison austère et glaciale, Sylënn, sans vouloir vous offenser en rien. Je veux savoir ce qui rend cette idée si pénible à vos yeux, non par simple curiosité mais parce que j'espère que comprendre cela me permettra de franchir ce rempart que vous élevez. Et s'il me faut pour cela user du pouvoir de Vision dont Sithi m'a gratifié, alors soit, je m'y résoudrai."


La belle noiraude recule brusquement d'un pas, comme si je venais de la gifler, avant de répondre d'une voix dangereusement atone:

"Je vous déconseille fortement de fouiller mon passé, sieur. Je ne vous le pardonnerai pas."

Je hausse légèrement les épaules sans manifester le moindre trouble face à son attitude indiciblement menaçante:

"Pour la différence que cela ferait... je prendrais le risque, soyez-en certaine. Mais encore une fois, je préférerais de loin que vous m'accordiez un brin de confiance et fassiez un petit pas pour que notre vie commune ne soit pas un enfer."

La redoutable guerrière me fixe longuement en silence, comme pour jauger si je me risquerais véritablement à encourir son courroux, puis elle lâche enfin d'un ton écœuré, jugeant probablement que je ne bluffe pas:

"Vous voulez vraiment savoir? Soit, je suppose que c'est justifié puisque vous avez réussi à m'obliger à honorer mon serment et que nous allons devenir époux. Mais répétez cela à quiconque et je jure devant Sithi que je vous passe mes lames au travers du corps, est-ce clair?"


"Cela restera entre vous et moi, vous avez ma parole, Sylënn."

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Dernière édition par Tanaëth Ithil le Dim 14 Oct 2018 08:34, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Commanderie d'Opale
MessagePosté: Ven 12 Oct 2018 12:17 
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La Sindel me dévisage longuement sans prononcer un mot, mais ce n'est pas vraiment moi qu'elle regarde. Son regard habituellement perçant semble voir au travers moi, presque absent, tandis qu'elle replonge dans des souvenirs que je devine des plus désagréables. Au terme de plusieurs minutes d'un silence que je me garde bien de rompre, elle entame enfin son récit, d'une voix si dénuée de timbre qu'elle en est sourdement inquiétante:

"Lorsque je suis entrée en formation d'Hirdam, j'ai été confiée à un instructeur que j'avais déjà rencontré. C'était une connaissance de mon père et il était déjà venu à la maison quelques fois. Je ne l'aimais pas, il avait un regard...dérangeant quand il me regardait, mais j'étais trop jeune pour comprendre ce qu'il signifiait. Durant les premières semaines de mon apprentissage, il s'est contenté d'être... désagréablement collant. J'avais bien conscience qu'il profitait de la situation et que ses gestes n'avaient rien d'innocent mais... je n'osais rien dire, il avait le pouvoir de me faire renvoyer et je n'aurais pas supporté de revenir vers mes parents après un tel déshonneur..."

Mon visage se durcit au fur et à mesure de son histoire, je ne peux que comprendre sa peur pour l'avoir moi-même éprouvée, bien que pour de toutes autres raisons. Comme elle j'avais été convaincu qu'échouer lors de ma formation couvrirait de honte ma famille, notre éducation de nobles constituait un carcan étroit dont nous ne pouvions nous extirper sous peine de mettre en péril la position et l'influence de nos familles, ce qui n'était pas envisageable. Qu'un instructeur se soit livré à pareil comportement était tout simplement écœurant et indigne, mais je sais que ce n'est pas une exception; nombreuses étaient les histoires qui courraient sous le manteau du temps où j'étais moi-même en formation. La plupart du temps cela n'allait pas plus loin que quelques gestes déplacés, même un instructeur ne pouvait pas tout se permettre, seulement je devine aux paroles de Sylënn que, pour elle, ce n'en est pas resté là. Elle n'a pas besoin d'en dire plus pour que je comprenne ce qui s'est passé, mais je m'abstiens néanmoins d'intervenir: la laisser sortir enfin cette sordide histoire au complet lui permettra peut-être de tourner la page, du moins je l'espère.

"Un soir il m'a convoquée dans son bureau et a menacé de dénoncer mes parents pour hérésie si je ne faisais pas exactement ce qu'il voulait... dois-je te faire un dessin de ce qui est arrivé ensuite?"

Son regard toujours rivé au mien flamboie de rage et de dégoût à ces derniers mots, mais pas plus que précédemment je ne me laisse déstabiliser, bien qu'il me faille faire un rude effort de volonté pour ne pas baisser les yeux:

"Comment cela s'est-il terminé? Tu l'as tué? Quelqu'un est intervenu pour mettre un terme à cette ignominie?"

Une moue écoeurée se dessine sur les traits durs de ma promise qui me répond d'une voix monocorde:

"Non...ça s'est terminé le jour où j'ai achevé ma formation."

Effaré, j'ouvre des yeux comme des soucoupes et m'exclame avec incrédulité:

"Tu veux dire que tu as enduré ça pendant près de cinquante ans?!"

"Oui..."

"Mais pourquoi par Sithi? Pourquoi ne pas en avoir parlé à quelqu'un de plus haut placé?!"

La guerrière me fixe longuement en silence, puis elle finit par avouer d'un murmure:

"Parce que j'avais trop honte, et que j'avais peur pour ma famille."

Je plisse légèrement les yeux, autant de colère rentrée que de réflexion, puis je lui demande à mi-voix:

"Alors il est toujours en vie, impuni, si je comprends bien? Qui est-il pour que tu aies craint des représailles au point de supporter... ça?"

"Tu le connais bien, Tanaëth. Il se nomme Averenn'tar Thelwë."

Bordel! J'en reste sans voix durant de longues secondes, incapable d'ordonner mes pensées, puis je me reprends péniblement pour remarquer doucement:

"Alors c'est pour ça que tu as accepté de m'aider...je comprends mieux. Cela m'étonnait que tu agisses ainsi pour ton père, il n'a pas assez pâti des manigances d'Averenn pour justifier que tu prennes de tels risques..."

Sylënn hoche lentement la tête avant de préciser d'un ton glacial:

"Je me suis jurée que j'aurai sa tête, seulement m'en prendre à lui était trop risqué, il a trop d'appuis, mon père et ma soeur en auraient subi les conséquences. Mais quand tu es arrivé et que tu m'as raconté ton histoire après m'avoir défaite...je me suis dit que toi tu n'avais plus de famille et que je tenais peut-être enfin une chance d'obtenir ma vengeance."

Je la scrute intensément durant un instant, puis je m'empare doucement de l'une de ses mains et la porte à mes lèvres avant de rétorquer avec un discret sourire:

"Tu fais erreur, j'ai une famille: toi. Mais cela ne m'empêchera pas d'écraser ce maudit, sois-en certaine. Tu auras bientôt ta vengeance."

Cédant à mon instinct, je prends le risque de l'attirer doucement vers moi pour l'étreindre chastement tout en ajoutant:

"Tu as remarqué? Nous nous tutoyons enfin..."

Je la sens se crisper et se tendre comme un arc à mon geste mais, pour la première fois, elle s'abstient d'aussitôt se dégager sèchement, ce qui est déjà un immense progrès à mes yeux. Cela ne dure pas, pourtant, après quelques secondes à peine elle s'échappe de mes bras et recule d'un pas en murmurant:

"Laisse-moi du temps, Tanaëth, c'est...difficile..."

"Ton temps sera le mien, Sylënn, sois sans crainte à ce propos."

Elle m'adresse un pâle sourire en guise de remerciement, puis elle déclare d'un ton un peu gêné qu'il est temps pour elle de partir, à quoi j'acquiesce simplement d'un léger signe de tête avant de l'observer quitter la pièce avec un léger sourire aux lèvres. Ce soir nous avons fait un pas plus grand que je ne l'aurais cru possible, peut-être finirons-nous par arriver à quelque chose, avec du temps?

Après son départ, je m'installe confortablement dans mon fauteuil pour réfléchir à ce que je viens d'apprendre. Avec une telle accusation et Sylënn pour témoin, il serait sans doute relativement aisé de faire condamner Averenn au bagne. Mais malheureusement ce n'est pas vraiment une option, non seulement elle a été assez explicite sur ce qui m'arriverait si jamais je me permettais d'évoquer ce passé, mais de plus la réputation et l'autorité de ma future épouse en prendraient un rude coup. Cet enfoiré d'Averenn a soigneusement protégé ses arrières, comme toujours, et plus j'en apprends sur lui plus je doute de trouver les preuves qui me permettront de le défier publiquement dans le cadre d'un jugement de Sithi. Je ne suis pas assez rôdé aux intrigues politiques pour être certain que cela ne se retournera pas contre moi, d'autant plus que je ne sais pas exactement qui le soutiendra, mais je n'ai plus vraiment le choix. Lui laisser davantage de temps ne fera que mettre davantage en péril les Danseurs d'Opale et ma propre vie, il suffirait qu'il ait une relation suffisamment haut placée dans le Clergé et qu'il obtienne d'elle qu'elle m'accuse d'hérésie pour que c'en soit fini de moi et de nos repères au Naora. Je ne puis qu'espérer qu'il n'ait pas parfaitement mesuré le danger que je représente pour lui et qu'il revienne à Nessima avec la ferme conviction de pouvoir m'écraser sans aide, sans quoi...

_________________

Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)


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