L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 4 messages ] 
Auteur Message
 Sujet du message: Culte, légendes et présentation de la Déesse Rana
MessagePosté: Ven 27 Fév 2009 21:27 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 15:46
Messages: 13910
Culte, légendes et présentation de la Déesse Rana



(((Avis aux joueurs, si vous avez des histoires, des légendes ou même des idées pour les religions à nous proposer, surtout n'hésitez pas, contacter un GM et présentez nous votre création pour qu'elle puisse être validée et mise en valeur aux yeux de tous ! )))

_________________
Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
Pour vos demandes de corrections : C'est là !
Joueurs cherchant joueurs pour RP ensemble : Contactez vous ici !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Culte, légendes et présentation de la Déesse Rana (en cours)
MessagePosté: Ven 27 Fév 2009 21:30 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 15:46
Messages: 13910
Culte de Rana (Ranaïsme)


Image


Introduction

Rana a beau être avant tout la déesse de la sagesse, il serait impensable de ne pas la relier à la magie du contrôle de l'air par lequel elle exerce son pouvoir sur le monde. La politique de pèlerinage et de missionnaire que ses fidèles lui vouent en font aussi par extension la déesse protectrice des voyageurs, bien que cela ne soit précisément affirmé dans aucun texte sacré.

Ce serait elle qui aurait donné aux hommes la possibilité de s'élever au-dessus de leur condition animale en leur apprenant l'existence même des dieux et de la spiritualité qui en découle.
C'est sans doute à ce titre qu'elle est devenue la déesse la plus proche des hommes, n'aspirant qu'à leur offrir harmonie entre les êtres et respect envers la création divine. Dans cette optique, elle peut donner toute sa douceur et protection à ses fidèles, ou ne fera preuve d'aucune pitié envers ceux qui vont sciemment à l'encontre de ses préceptes.

C'est une des seules religions à n'avoir qu'un seul véritable lieu de culte.
Les pratiquants sont appelés Ranaïstes.

Autorités religieuses

La religion Ranaïque ne tolère officiellement qu'un seul temple de Rana, celui-ci se trouvant à Oranan, ville qui fut autrefois fondée par les fidèles se rendant en pèlerinage au temple. Le voyageur trouvera d'ailleurs à Oranan une certaine aura de sagesse et de spiritualité comme il n'en existe dans aucun autre ville.

Au sein du temple, la hiérarchie est ainsi déterminée :

    - Fidèle : C'est un simple croyant, fidèle à Rana bien que rien ne l'empêche de croire en d'autres dieux, sans aucune contrainte vis-à-vis du temple. Il peut avoir assisté à quelques Messes Ranaïques tout comme n'avoir jamais mis un pied dans le temple. Les Fidèles les plus dévoués sont susceptibles de devenir, de leur propre chef, des Pèlerins, en faisant le Serment de Rana.

    - Pèlerin : Ce sont des fidèles venant de contrées plus ou moins lointaines pour apprendre les Arcanes de Rana par les prêtres et les sages du temple. Apprendre toutes les arcanes est un travail à plein temps qui requiert de vivre cinq années dans le temple. A la fin de cet enseignement, les Pèlerins sont honorés du Rituel du Premier Souffle par le Conseil des Sages et peuvent décider de devenir à leur tour un Prêtre ou, plus rarement, un Missionnaire.

    - Missionnaire : Ayant bénéficié de la Bénédiction de Rana, les Missionnaires ne sont plus attachés au temple et ont pour rôle de propager la parole de leur déesse afin de grossir les rangs des Fidèles.

    - Prêtre : Attachés au temple, les Prêtres ont comme but commun de s'approcher le plus possible de la sagesse divine via l'interprétation des arcanes et des textes sacrés pour enseigner ceux-ci aux Pèlerins. Ils sont aussi en charge des rituels. Un prêtre peut choisir à tout moment de devenir un Missionnaire. Les Prêtres les plus éclairés, ambitieux et ayant une bonne connaissance politique espèrent pouvoir devenir un jour un membre du Conseil des Sages.

    - Conseil des Sages : Au sommet de la hiérarchie du temple trône le Conseil des Sages. Composé des trois Prêtres les plus remarquables, leur autorité s'exerce bien sûr sur le temple, mais aussi au sein de la ville d'Oranan et sur toute la nation d'Ynorie. Les trois membres du Conseil des Sages siègent également au Conseil d'Ynorie. Un Sage peut aussi, s'il le souhaite, démissionner de son poste et redevenir un simple Prêtre, même si cela ne s'est encore jamais produit.

    Choix du Conseil des Sages :

    Les Sages sont nommés à vie à ce poste, et chacun d'eux doit choisir un Prêtre en mesure de le remplacer s'il meurt, démissionne ou n'est plus en mesure d'assumer sa fonction.

Cérémonies religieuses

Les principales cérémonies religieuses de Rana sont :

    - Le Serment de Rana :
    Elle n'est pas une cérémonie en tant que telle, mais plutôt un engagement personnel qui se fait seulement entre le fidèle et Rana. Durant de préférence un jour de grand vent, le fidèle soit s'agenouiller face à celui-ci et répéter par trois fois une prière par laquelle il jure allégeance et obéissance à Rana, et que son seul objectif sera de suivre sa voie sans jamais faillir.
    Évidemment, un rituel de ce type ne s'invente pas et doit avoir été préalablement enseigné par un membre consacré du culte.

    - Les Arcanes de Rana :
    Les Arcanes de Rana sont des cérémonies se déroulant tous les sept jours pendant cinq ans, auxquelles les Pèlerins espérant devenir Prêtres ou Missionnaires sont obligés de se plier, et seuls eux ont le privilège de pouvoir y assister. Chaque cérémonie est différente, et à chaque fois est révélé un nouvel enseignement de Rana.

    - Le Rituel du Premier Souffle :
    Se déroulant une fois tous les cinq ans, il s'agit d'une immense cérémonie durant laquelle les Pèlerins sont récompensés d'avoir appris les Arcanes de Rana. Ils font ainsi officiellement partie du Temple. Le Conseil des Sages lui-même remet alors à tous l'aube et la cape blanche caractéristique de tout Prêtre de Rana.

    - Les Messes Ranaïques :
    A l'instar des Arcanes, les Messes se déroulent tous les sept jours, mais contrairement à elles, tout le monde peut y assister. Elles sont rythmées de prières, de chants et de lecture des extraits des textes sacrés. Chaque messe étant organisée à tour de rôle par un prêtre différent, chacun a un style particulier qui rend chacun unique. Ainsi, selon le prêtre, la Messe peut aussi bien être rigoureusement conformiste, sérieuse et moraliste, qu'axée sur le spectacle, la politique, l'humour ou même la magie.

    - La Bénédiction de Rana :
    Se déroulant dans le temple, cette cérémonie a pour but d'attirer sur un membre méritant du culte qui doit quitter le temple la protection de la déesse jusqu'à son prochain retour vers celui-ci. Généralement utilisée pour le départ des Missionnaires, elle est aussi en de rares occasions donnée par les Prêtres pour des personnes qu'ils pensent dignes de sa protection.

    - La Fureur de Rana :
    Pratiquée uniquement en temps de guerre pour l'armée et la milice d'Oranan, la Lame de Rana est une Messe Ranaïque spéciale. Elle se passe en dehors du temple, encadrée par un Prêtre. Tout les soldats qui le désirent peuvent en bénéficier. Elle se déroule uniquement avant un combat contre des troupes de grande envergure, c'est à dire contre les armées d'Oaxaca par les temps qui courent. Elle est censée attirer la protection de Rana envers ses guerriers et sa fureur à l'encontre de ses ennemis.

Coutumes de prières

Les fidèles de Rana peuvent prier quant ils veulent et où ils veulent, mais certains affirment que les prières ne peuvent être bien entendues que lorsqu'on les fait face au vent ou dans le temple. L'agenouillement est facultatif, mais il représente une marque de respect conséquente face à la déesse.

Autres informations :

    - Prier un autre dieu est autorisé, à condition que les enseignements des autres dieux adorés ne soient pas en contradiction avec les enseignements de Rana.
    - Les Prêtres et les membres Conseil des Sages sont tenus au célibat, mais ce n'est pas le cas pour les Fidèles, les Pèlerins et les Missionnaires.
    - La tenue officielle des Prêtres de Rana est l'aube et la cape blanche. Le Conseil des Sages porte quant à lui une aube, une cape et une mitre dorée. Les Missionnaires ont une aube blanche, une cape vert clair et un bâton avec en son extrémité une crosse forgée sur mesure.
    - Le pèlerinage jusqu'au temple est un parcours qui demande beaucoup de temps, d'argent et de courage. Il n'est ainsi donc pas rare que les Pèlerins se rendant au temple et qui se rencontrent sur le chemin décident de faire route commune, partageant leur argent et s'entre-protégeant des potentiels dangers. Certains groupes de Pèlerins peuvent ainsi prendre des tailles assez importantes.

_________________
Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
Pour vos demandes de corrections : C'est là !
Joueurs cherchant joueurs pour RP ensemble : Contactez vous ici !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Culte, légendes et présentation de la Déesse Rana (en cours)
MessagePosté: Ven 27 Fév 2009 21:30 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 15:46
Messages: 13910
Chant religieux


La légende de Rana, déesse du vent et de la sagesse

Image

Chant retrouvé sur un fragment de parchemin


Le monde était jeune et les dieux aussi
Les hommes rampaient encore et ne poussaient que des cris
Personne n'aurait pu distinguer hommes et animaux
Si Rana n'était pas venue de là haut


Ô Rana, universelle sagesse
Ô Rana, la plus grande des déesses
Ô Rana, flottant dans les airs
Ô Rana, à jamais je te vénère


Les dieux tristes de voir une telle anarchie
De leurs souffles conjugués, à Rana donnèrent la Vie
De la sagesse de chaque dieu Rana hérita
Ce savoir, Rana aux hommes le transmettra


Ô Rana, universelle sagesse
Ô Rana, la plus grande des déesses
Ô Rana, flottant dans les airs
Ô Rana, à jamais je te vénère


Les enseignements de la déesse les hommes écoutèrent
Et à jamais leur passé bestiale ils laissèrent
Plus jamais l'homme à terre ne rampera
Pour toujours Rana le guidera


Ô Rana, universelle sagesse
Ô Rana, la plus grande des déesse
Ô Rana, flottant dans les airs
Ô Rana, à jamais je te vénère


Depuis ce temps Rana flotte dans les cieux
Ne quittant jamais les hommes des yeux
De sa cité flottante elle observe
Au sommet de ....


Le parchemin est déchiré et le chant s'arrête ici.



Rana est non seulement la déesse de la sagesse, mais aussi du vent… Sa douceur légendaire et sa sagesse font d’elle la Déesse que chacun voudrait connaître et découvrir ses secrets. Seul un être en connaît la puissance réelle et son histoire complète… Celui qui par son cœur et son intelligence l’a suivi dans toute son évolution, s’est dévoué corps et âme à la déesse et l’a servi tout au long de sa vie. Vous le rencontrerai au fond d’un temple de Rana… Mais lequel ?

Elle se déchaîne sur les éléments lorsqu’elle voit l’homme détruire ce qu’il y a de fait sur terre. Elle aide l’évolution de ses enfants lorsqu’ils le méritent, mais elle sait punir ceux qui lui désobéissent. Ses vents n’ont de violents que lorsque sa colère déferle sur les hommes pour une raison sûre et dure. Sinon, elle aime à donner un souffle de vie aux feuilles d’arbres, aux cimes de ces derniers pour que les marins puissent l’utiliser pour avancer sur les eaux.

Sa demande est simple auprès des êtres vivants : qu’ils apprennent la sagesse et vivent en harmonie avec la nature. Malheureusement, Rana découvrira vite que les êtres sont vils et aiment à casser tout sur leur passage. Lorsqu’elle en pleure alors avec l’aide de Moura, une Tempête de vent et de pluie peut s’abattre et tout emporter.

Ne la mettez pas en colère, car douce comme elle peut l’être, violente elle peut devenir et emporter tout sous son courroux…

_________________
Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
Pour vos demandes de corrections : C'est là !
Joueurs cherchant joueurs pour RP ensemble : Contactez vous ici !


Haut
 

 Sujet du message: Légende de la création du temple d'Oranan
MessagePosté: Dim 28 Déc 2014 23:05 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 19 Nov 2008 23:03
Messages: 4246
Légende de la création du temple d’Oranan


Rana, alors que les dieux et déesses s’incarnèrent, fut la seule à refuser de prendre forme sur le monde. Renonçant à marcher parmi les hommes, elle conserva sa forme immatérielle pour parler à tous ceux qui voulaient l’entendre : elle fut le souffle, le murmure qui transmit, jour après jour, la sagesse aux êtres que créèrent les dieux. Balayant les terres et les mers, elle emportait avec elle l’ignorance, l’obscurité des esprits, et déposait en chacun les graines d’une clairvoyance nouvelle. Partout ceux qui l’adoraient, les êtres les plus réceptifs à son message, s’en allaient par les chemins parler à leurs semblables, enseigner, diffuser la bénédiction de la Déesse. Car tel était son commandement : aller de par les chemins, vers tous horizons, pour porter la sagesse à tous ceux dont l’âme ne vibrait pas à son souffle. Portés par le vent, ses fidèles étaient sans attaches, sans toit, sans feu. Suivant l’exemple de leur déesse, ils avaient refusé de voir leur foi s’élever en autels, temples et autres manifestations matérielles de dévotion, comme le firent les premiers êtres pour honorer les Dieux qui marchaient parmi eux.

En des temps anciens, dans les plaines de l’actuelle Ynorie, au sein d’une tribu de nomades dont le nom s’est perdu dans les mémoires, et que seuls les Dieux connaissent encore, naquirent des jumeaux. Le jour où ils poussèrent leur premier cri, une terrible tempête balayait la plaine, menaçait d’emporter les frêles abris où se terraient les membres de leur tribu. L’homme sage qui parmi ces hommes et ces femmes faisait office de prêtre et de guérisseur, déclara que le souffle de Rana bénissait les deux enfants. Pourtant, la naissance fut la cause d’un grand chagrin pour la famille : un des bébés, une fille, était en pleine santé, d’une incroyable vigueur, tandis que son frère, plus chétif, avait des jambes semblables à deux moignons, atrophiées. En ces temps rudes, il était de coutume d’abandonner les enfants trop faibles pour survivre, les bouches inutiles à nourrir, à la faveur des dieux. Ainsi voulut-on faire avec le garçon. Mais jamais son père ne put quitter l’abri de sa yourte. A chacune de ses tentatives, une violente bourrasque les ramenait, lui et l’enfant, à l’abri. A la onzième tentative, le prêtre-guérisseur parla, et tous convinrent avec lui que c’était la volonté de Rana que l’enfant vive. Aussi les siens l’élevèrent-ils sans jamais lui reprocher son handicap, tant était grande la crainte du courroux de la Déesse.

A l’âge où hommes et femmes entrent dans la vie d’adulte, sa sœur était devenue une guerrière reconnue et admirée, mais également respectée, car son âme vibrait au chant de Rana, et déjà le vent la poussait sur les routes pour porter la bénédiction de la Déesse. Son frère avait grandi, mais toujours chétif, être sans jambes que tous aimaient, mais qui ne pouvait espérer plus que d’aider les anciens, parfois infirmes comme lui, aux menues tâches du quotidien. Rares étaient ses paroles, ses réflexions, et lors des veillées, il ne chantait pas. Parfois les membres du clan se demandaient s’il n’était pas un simple d’esprit, et toujours le prêtre-guérisseur rappelait la tempête le jour de sa naissance, et le refus de la Déesse de le voir abandonner.

Un matin, sa sœur prit le chemin, comme nombre de fidèles, pour porter le message de Rana à travers le monde. Ce matin là, le jeune infirme pleura sans pouvoir se retenir, car sa sœur avait toujours été proche de lui, et pleine d’attentions. Ce fut également un déchirement pour elle, et ce fut le cœur gros de sanglots qu’elle quitta les siens ; mais l’appel de la Déesse était impérieux, se laisser porter par le vent exigeait le renoncement. Le lendemain de ce départ, le frère disparut. Toute la tribu se mit à sa recherche, car les siens supposaient qu’il n’avait pu aller loin, mais leurs efforts furent vains : ils ne retrouvèrent aucune trace de l’enfant.
Lorsque plusieurs années après ce triste évènement, le vent ramena la sœur vers les siens, elle apprit la triste nouvelle, mais n’en fut pas le moins du monde éprouvé, car la Déesse lui avait toujours soufflé qu’un jour, elle reverrait son frère, et elle avait une confiance inébranlable. Après quelques jours, elle reprit sa route, poussée par un vent du sud. Sa joie était grande, car elle sentait que Rana lui promettait une récompense pour sa fidélité. De longs jours, elle marcha, jusqu’à atteindre un petit bois.

Là, près d’une source, vivait son frère depuis qu’elle avait quitté la yourte de leurs parents. Leurs retrouvailles furent la source d’une immense allégresse, et la sœur découvrit alors quels étaient les projets de la Déesse pour cet enfant que le destin aurait sans doute promis à l’abandon. Sa jeunesse silencieuse n’était pas le signe de sa faiblesse, mais au contraire de sa force : il parlait peu, car il écoutait beaucoup. Comme sa sœur, son âme vibrait du souffle de Rana. Cette dernière, en entendant les paroles de son jumeau, comprit que chez lui le don dépassait tout ce qu’elle avait connu chez les fidèles que sa route avait croisé. En effet, la Déesse avait béni cet enfant, et jamais aucun de ses serviteurs n’eut un talent semblable. Car il savait écouter ce que le vent lui murmurait, mais il connaissait également les mots pour transmettre la sagesse : sa parole touchait l’esprit de ses semblables, simple et pure. Le soir où sa sœur était partie, de chagrin il avait rampé hors de la yourte pour la suivre, pour lui aussi se mettre au service de Rana, et porter la parole. Il se traina à s’ouvrir les coudes, déchirer ses vêtements, meurtrir son ventre. Des bêtes fauves vinrent l’entourer, mais il ne renonça pas, ne se plaignit pas un instant, et continua sa lente et douloureuse progression. Au matin de cette nuit terrible, où les épreuves se succédèrent sans jamais l’ébranler dans sa détermination, une brise le souleva, pour le déposer près de ce bois, de cette source, où sa sœur l’avait retrouvé. Saisons après saisons, il se nourrit de ce que le vent lui prodiguait, se vêtit des étoffes portées par les bourrasques, bâtit une cabane des branches arrachées par les tempêtes. Jamais il n’eut faim, jamais il n’eut froid, jamais il ne se sentit seul, car son âme vibrait comme aucune autre au gré du souffle.

Fidèle à son serment, sa sœur repartit annoncer la bonne nouvelle aux siens. Ceux-ci vinrent pour ramener l’enfant au sein de la tribu. A l’orée de la forêt, ils ne trouvèrent pas un enfant au bout de leur chemin, mais un homme, qui sut par ses mots les convaincre de s’en retourner, car là où la Déesse l’avait porté, il devait demeurer. La sœur au gré de ses rencontres raconta l’histoire de l’infirme bénit par la déesse. Les marcheurs d’abord, vinrent éprouver les paroles de ce jeune homme, et tous repartirent, convaincu que son âme plus qu’une autre vibrait au souffle de la Déesse. Le récit qu’ils faisaient de la révélation qu’ils avaient eu à sa rencontre cheminèrent parmi les peuples, et nombreux furent ceux qui s’engagèrent sur les chemins, en pèlerinage, pour écouter à leur tour les mots soufflés par Rana.

Le temps passa, le garçon devint un homme, puis un vieillard, mais jamais ne quitta la source près de laquelle il avait été porté, la nuit où sa sœur partit. Sa vie fut longue, bien plus longue que celles des siens, il pleura la mort de ses parents, la mort de sa jumelle, et de bien des amis encore. Sentant les dernières années venues, l’Elu de Rana – comme l’appelaient alors ceux qui avaient écouté son enseignement – conserva auprès de lui trois fidèles parmi les plus sensibles au souffle de la Déesse, pour leur transmettre tout son savoir, afin qu’ils le remplacent, auprès de cette source, et qu’ils enseignent à ceux qui viendraient les trouver.

Les Trois protestèrent qu’ils n’étaient pas dignes. D’autres, ne comprenant pas ce choix, et jugeaient que les fidèles de Rana se devaient de se laisser porter au gré du vent, que l’Infirme ne pouvait aller à l’encontre de la volonté de la Déesse. L’Elu savait que ce qu’il faisait était juste. Il parla aux Trois, et ses paroles furent pleines de sagesse, mais les Trois ne pouvaient écouter. Un soir où l’Elu dormait, ils prirent leurs bagages, leurs bâtons de marche, et s’en allèrent dans la nuit, reprendre leur mission. Jamais ils ne purent s’éloigner de plus de dix pas de la source, car un vent puissant les repoussait sans cesse. Ils luttèrent toute la nuit, et la tempête les balaya comme des fétus de paille. La Déesse exprimait sa volonté, comme le jour de la naissance de l’Elu, et les Trois comprirent qu’ils étaient dans l’erreur. Alors ils restèrent auprès du vieillard jusqu’à sa mort, et de sa bouche apprirent les enseignements de la Déesse. Lorsque l’Infirme rendit son dernier souffle, une bourrasque emporta son corps, qui disparut. Mais dans le bois où il avait vécu, son esprit veillait encore.

Au fil des siècles, les Trois se succédèrent, formant leurs successeurs, et accueillaient parmi eux des êtres désireux de consacrer leur vie à Rana. Nombreux étaient encore ceux qui parcouraient les routes pour porter la sagesse de la Déesse, dont les paroles allaient aux cœurs des fidèles, et plus nombreux encore étaient ceux qui prenaient le chemin pour se rendre auprès de la source, en ce lieu consacré où Rana consentit à ce que se réunissent ceux dont l’âme vibre à son souffle.

Le pèlerinage devint un élément central du culte, et le temple gagna de l’importance. Les ynoriens et les pèlerins bâtirent Oranan, la cité du temple, consacrée à Rana ; les prêtres du temple s'accordent sur l'origine du nom de la ville en lien avec les prières des fidèles, et l'invocation de la déesse : "Ô Rana". Comme ceux qui portaient autrefois sa parole, les fidèles les plus dévoués doivent abandonner leurs biens, leurs attaches, pour se mettre en marche, se retrouver en un même lieu, et bénéficier des enseignements de la Déesse, pour revenir chez eux porteur de son message.

_________________
Une question sur mes corrections ? Sur autre chose ? Un problème ? Une remarque ? N'hésitez pas à m'envoyer un MP.


Pour une demande de correction, c'est par ici.
Pour une intervention de GM dans vos RPs (validation d'achat ou autre), c'est par là.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à venir nous les poser.


Bon jeu à vous !


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 4 messages ] 


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016