L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 9 Nov 2018 20:17 
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De mon coin de la salle je peux continuer à observer en silence le reste des aventuriers. Je peux ainsi observer Ariane nourrir avec attention son fauve avant d’être rejointe par Yurlungur qui lui apporte le jeune humain nommé Jorus. Un échange rapide a lieu entre les trois, ce dernier proposant de nous rejoindre pour enquêter à la Tour d’Orsan. Je hausse les épaules de mon côté. Celui-là ne semblait pas être le plus menaçant lors de notre tour de présentation à l’infirmerie et il n’a pas déclaré d’allégeance discutable à mon goût. Quoique peut-être un peu trop bavard selon mes critères… De toute façon, plus nous serons nombreux pour cette destination inconnue et mieux ce sera.

Ariane s’avance alors vers l’un des encapuchonnés qui font tapisserie dans la pièce pour demander la direction à suivre. A peine a-t-elle terminé de parler qu’elle se retrouve talonnée par l’elfe noir. Je serre les poings. Ce shaakt commence à avoir le don de m’énerver à se prononcer en permanence sans invitation. Le seul intérêt de son intervention aura été d’apprendre son nom : Endar. Il force même son intérêt dans notre groupe nouvellement formé de par sa « qualité » de sauveur de ce monde et de son importance en ses lieux. Si je ne peux pour le moment me prononcer sur ses paroles, il est certain que sa présence me dérangera. Il n’y a de toute façon pas grand-chose à faire, car si Ariane le refuse, il est très certain qu’il nous suivra, n’en faisant qu’à sa tête. Je soupire. Après tout, cela nous permettra de garder un œil sur lui…

Le conjurateur lève une main en l’air et indique à l’ensemble du groupe les directions à prendre pour la suite : direction le nord puis l’ouest pour nous ; le reste des aventuriers continuera son chemin vers le nord. Je garde l’information fournie bien précieusement. Nous sommes donc prêts à partir. Après avoir remarqué le manège de plusieurs aventuriers s’afférant autour de la table de victuailles pour empocher des provisions, j’en profite pour emporter moi aussi deux nouveaux morceaux de pain en prévision du voyage avant de quitter la pièce, guidés par deux mages masqués. Ces derniers nous conduisent par de vastes escaliers montants en spirale indiquant que la ville est en partie, ou entièrement, souterraine. Le vrombissement magique persiste dans ces artères sombres et mes fluides continuent de réagir à ces pulsions, suivant le rythme imposé.

Je me place en arrière du groupe, suivant le peloton de tête, parmi les derniers. Le contact du sol froid sous mes pieds est assez désagréable et me fais regretter les sols mousseux de la forêt. La montée se fait interminable et il est difficile d’évaluer combien de temps cela nous prendra pour regagner la surface. J’avise Ariane et Al-Ayrad juste devant moi marchant à la même hauteur. La fascination que j’ai pour cet animal me perturbe. Peut-être est elle expliquée par le fait que nous n’avons pas de félin de cette taille dans les régions de Nirtim que j’ai traversé. Ou peut-être me fait-il penser au chat avec lequel je me retrouvais régulièrement sur les toits de la milice de Bouhen. Sa maitresse m’intrigue tout autant, n’ayant jamais non plus vu de femmes accoutrées de cette manière à Bouhen, ni même Oranan. Je décide de me rapprocher d’elle, pour tenter d’élucider mes questions sans réponses. A son niveau, je me tourne vers et lui demande :

« Veuillez excuser mon indiscrétion, mais d’où venez vous ? »

Ariane tourne alors rapidement la tête vers moi avant de reporter son attention sur le chemin emprunté. Son fauve n’émet pas la moindre réaction. Je me demande s’il comprend notre langue. Elle me rétorque alors, affichant un sourire transitoire qui semble forcé que ma question manquait de précision. Et elle ne s’est pas empêchée de me faire la remarque. Une fois de plus son comportement me fait penser à Sarenrae et à ses réponses qui ne manquaient pas de mordant lors de nos premiers échanges. Si son arrivée sur Aliaénon et sur le pourquoi du comment elle a pu se retrouver dans des geôles en compagnie de Yurlungur m’intrigue, je pense qu’au vu de l’échange passé avec Sibelle, il faudra peut-être attendre encore un peu avant de la questionner sur ce sujet. Je précise donc :

« Une réponse à la deuxième question me suffira pour le moment »

L’humaine continue de fixer ses pieds tout en me répondant qu’elle vient elle aussi de Yuimen, mais du continent d’Imitfil, contrairement à moi. Elle précise son appartenance au Peuple des Dunes tout en se découvrant la tête libérant par la même occasion ses cheveux noirs et crépus qui encadrent un visage délicat bien qu’inexpressif. Elle doit donc faire partie de ses peuples vivant dans le désert ce qui peut expliquer pourquoi je n’ai jamais vu de femmes de son type ni d’animaux comme Al-Ayrad sur Nirtim. Sa peau bronzée contraste fortement avec ses beaux yeux d’un vert pâle, rendant l’ensemble très harmonieux. Il est vrai que cela change des Kendrans et des Ynoriens aux peaux pâles et aux cheveux lisses. Se rendant sûrement compte que je la détaille sans gêne, elle me lance un regard et me demande avec un sourire en coin si elle est la première femme du Peuple des Dunes que je rencontre. Je ne peux m’empêcher de rougir à sa remarque et je détourne le regard rapidement, tout en passant la main dans mes cheveux.

« Disons que tout le monde se ressemblait ou presque de là où je viens... »

Je reprends rapidement un air sérieux même si au fond de moi, des milliers de questions se bousculent dans ma tête. Mes yeux s’écarquillent ne sachant pas vraiment par où commencer. Cette femme doit avoir tellement de chose à raconter sur ses origines et son arrivée sur ce monde. La vision d’Al-Ayrad à ses côtés me fait finalement décider de ma première question. Je les désigne tous deux et déclare :

« Et comment vous êtes vous rencontrés ? »

Les deux individus me regardent cette fois, indiquant que le félin doit sûrement comprendre mes paroles. Ils finissent comme à chaque fois par focaliser leurs attentions sur les marches. Ariane reste silencieuse puis finit par me répondre. D’après elle, les deux sont liés depuis leur enfance, s’étant croisés à plusieurs occasion. Je sens que j’ai touché un point sensible. Elle se racle la gorge et change complètement de sujet, me demandant si je ressemblais à tous de l’endroit où je viens. Elle fait très certainement référence à mes origines, ayant sûrement remarqué mon métissage physique. Cette fois, c’est moi qui regarde mes pieds avec insistance. Avec sa question, elle a touché à son tour un point sensible et je me revois à la milice de Bouhen, à essuyer les remarques déplaisantes de mes camarades concernant mes oreilles effilées ou mes yeux en amande, me faisant bein comprendre que je n’avais pas ma place dans une milice humaine. Je rétorque sèchement :

« Non pas du tout. »

Je passe un moment à refaire la liste des quolibets dont j’ai été affublé pendant de longues années passées à Bouhen : « le bâtard », « le sans-famille », « le presque humain », et bien d’autres encore… Je secoue la tête pour chasser ces pensées et relève la tête vers Ariane, préférant moi aussi changer de sujet de conversation.

« Que pensez vous trouver à la Tour d’Orsan ? »

Le fauve regarde Ariane et cette dernière me répond sur un ton que je ne l’avais pas encore vu adopter jusqu’à présent, une voix presque douce pour me présenter ses excuses concernant sa dernière question et précisant à la suite qu’elle ne fait pas une bonne communicante, me redonnant par la même occasion le titre de « sieur » comme précédemment. Elle souhaitait juste en savoir plus sur moi et notamment mon métissage, malgré une question mal formulée. Après une nouvelle pause, elle répond à ma question déclarant qu’elle n’a aucune idée de ce qu’il attend à la Tour, souhaitant juste retrouver Naral Shaam afin que les dragons puissent la déposer à la Tour d’Or afin de regagner Yuimen. Sa voix se fait hésitante sur ces derniers mots. J’en déduis donc qu’elle s’est retrouvée sur Aliaénon contre son plein gré, ce qui peut expliquer sa présence dans la prison. Ses excuses maladroites m’ayant presque touché je préfère mettre au clair la situation et lui déclare en affichant un large sourire :

« Ne vous inquiétez pas, aucun tort n’a été fait. Quant à mon métissage, comme vous dites, il m’intrigue tout autant que vous... »

Tant que j’y suis, je préfère aussi régler ces histoires de politesse qui me rendent mal à l’aise. Je me mords les lèvre et ajoute rapidement :

« Vous pouvez laisser tomber le "sieur", je ne pense pas mériter ce titre... »

Ses commentaires sur la Tour d’Orsan me laissent perplexes. Elle ne doit pas savoir ce qui l’attend sur place et notamment l’affiliation qui semble revendiquée par les lieux. Je la dévisage sans ménage, la tête sur le côté avant de reprendre :

« Vous êtes au courant de ce que nous risquons de retrouver sur place, hein ? »

Ariane semble vouloir faire un commentaire mais s’abstient finalement. Après m’avoir évalué de la tête aux pieds, elle déclare qu’elle utilisait les formules de politesse car elle ne connaissait pas mon âge véritable. Il est vrai, que j’ai cru comprendre que nous autres demi-elfes pouvons vivre plusieurs centaines d’années avant de mourir de mort naturelle. Je ne peux m’empêcher de rire intérieurement : ne connaissant pas mon âge véritable, je me suis toujours basé sur mon physique en le comparant à ceux d’humains pour l’estimer. De ce fait, je pensais qu’elle pouvait être plus âgée que moi… Elle tourne sa tête vers nos deux guides et déclare n’avoir aucune idée de ce qui l’attend à la Tour, ne connaissant en rien ce monde. Je secoue à nouveau la tête pour régler une fois pour toutes ces questions de politesse.

« Je pense que les formules de politesse n’ont pas leur place dans la situation dans laquelle nous sommes... »

Je cherche alors autour de moi l’elfe noir, Endar. Celui-ci est le seul à nous avoir fourni des informations de ce que nous risquons de trouver à notre destination. Du mois, si les informations fournies se révèlent justes. Après l’avoir identifié au loin, je fais part de mes maigres connaissances à mon interlocutrice.

« Je ne suis pas la personne la mieux placée pour répondre à toute vos interrogations sur ce monde mais j’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’un fief d’Oaxaca sur ce monde... Du moins c’est ce que l’elfe noir nous a raconté, celui qui a décidé de nous suivre... »

Je désigne discrètement Endar du doigt.

« Je ne lui fais pas confiance, il a lui même prêté allégeance à Thimoros et à sa fille, mais il semble être l’un des rares ici à connaître ces terres... »

Je marque une pause puis reprends, un sourire en coin, ne pouvant m’empêcher de penser au comportement hautement détestable, frôlant l’impolitesse et l’insolence, de ce shaakt.

« De toute façon nous aurons son avis bien assez tôt car il le donne même s’il n’est pas sollicité... »

Ariane semble parcourue d’un long frisson lors de l’écoute de mes dernières révélation et Al-Ayrad émet un léger grognement à peine audible. Son pas se ralentit, le regard fixé loin devant, ne cherchant pas à confirmer la présence d’Endar derrière nous. Je remarque qu’elle serre fortement les poings et que son compagnon la pousse délicatement de sa large tête afin de la faire reprendre notre rythme de marche. Elle semble aussi ne pas apprécier d’avoir un adorateur de Thimoros dans notre groupe. Tant mieux pour moi, cela fera une alliée sur laquelle compter. Après plusieurs minutes à reprendre son calme, elle me demande d’une voix sèche si nous sommes tous venus sur ce monde notre plein gré. Je lui réponds rapidement :

« Pour ma part, plus ou moins volontairement oui. Quant aux autres, je ne peux répondre à leur place. Tout ce que je peux dire c’est que plusieurs d’entre nous semblent avoir des objectifs personnels ici... »

Sur mes derniers mots, l’ensemble du groupe s’est arrêté. Nos guides nous montrent la porte de sortie de la ville. Ce n’est pas trop tôt, nous allons pouvoir enfin de nous éloigner de cet air renfermé et de ces vibrations incessantes. Je suis les premiers et gagne à mon tour la sortie. Un paysage désertique et sombre s’étale devant mes yeux. Immanquablement, les images des landes abruptes et noires de mon dernier rêve s’imposent à mon esprit. Me voici donc arrivé à destination : fracas rocheux chaotiques et sable noir à perte de vue. Le tout sous un ciel bas, gris et maussade. Maussade comme moi désormais, à l’idée de passer mes prochaines semaines, mois ou mêmes années dans ce décor dénué de toute végétation et de vie au sens large. Je ne peux m’empêcher de laisser transparaître mon humeur désormais sombre dans mon attitude, croisant les bras et fermant mon visage. L’envie de discuter me passe d’un coup et je préfère m’isoler pour la suite du trajet. Je me retourne vers Ariane, la salue d’un mouvement de tête et lui déclare :

« Ce fut un plaisir de discuter avec vous ! En espérant que nous puissions continuer une prochaine fois... »

Je m’éloigne d’elle et du reste du groupe. Le seul intérêt à avoir gagné ces mornes landes et que les vibrations se sont atténuées, taisant leur rythme monotone à mes oreilles. Je parcours le reste du chemin silencieusement, ne cherchant pas à me rapprocher des autres aventuriers. Le sol de la route abrupte me fait regretter d’avoir quitter les forêts de Yuimen pour m’être isolé sur un monde que je ne connais à la recherche d’une chimère inconnue. Après une heure de marche environ, nous atteignons un croisement. C’est ainsi le moment de quitter une partie des aventuriers qui poursuit son périple vers le nord pendant que je tourne à gauche, vers l’ouest, en direction de la Tour d’Orsan.





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Dernière édition par Kívan le Ven 16 Nov 2018 23:52, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 9 Nov 2018 21:21 
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Non loin de moi, le conjurateur répond à l’aventurière au lion et explique que notre chemin se trouve vers le Nord, puis à la première intersection à gauche. Il fait de même pour l’Humoran et son groupe en précisant que leur chemin se trouve au Nord, là où nous avons fait la rencontre avec Simaya. Arianne remercie le conjurateur et se tourne vers le Shaakt pour lui signifier qu’une personne connaissant la région peut être utile, surtout si celui-ci n’est pas vraiment le bienvenue avec les autres aventuriers. Un signe à chacun pour s’assurer que tout le monde soit prêt et nous arpentons les longues marches ascendantes pour atteindre la surface, guidés par les hommes d’Elurien.

Comme à notre première arrivée sur la Lande Noir, le paysage chaotique me laisse sans voix. Ici il n’y a pas de dragon qui viendra m’empêcher d’observer l’horizon et il y a une nette différence entre regarder ces terres vues du ciel sur un dragon, que de les voir à même le sol. Une fois sortie de la ville souterraine je me rapproche du Shaakt. Même si ce dernier a donné des explications quant aux traîtrises qu'on lui impute, je garde néanmoins une méfiance à son égard. Le voir d'ailleurs venir avec nous m'intrigue assez.

"Endar, la proposition de rencontrer le dragon est une idée de toi. Alors pourquoi finalement te rendre à la Tour d'Orsan ? C'est comme si tu poussais les personnes qui seraient prêtent à te tuer à la mort, histoire de t'en débarrasser."

Il m’explique simplement que si c’était vraiment son objectif, il devrait agir ainsi un grand nombre de personnes au vu du nombre d’individus qui le considèrent comme un ennemi. Il continue en détaillant que d’autres ont eu le même désir de rencontrer le dragon et qu’il n’y a nul besoin d’un énième sauveur à leurs côtés. Il a d’ailleurs déjà eu l’envie de visiter la tour, mais sans en avoir la possibilité. Avec un léger sourire, il me demande si j’ai peur qu’il nous conduise tous à la mort.

Je regarde le Shaakt impassible à son petit sourire.

"Je sais pas on doit être à quatre contre un, tu crois que j'ai une raison de te craindre ?"

Je regarde l'horizon comme si je voyais déjà la tour au loin.

"Pourquoi un tel désir d'aller à cette tour ?"

Ma réplique ne semble pas l’avoir ébranlé. Il me fait comprendre que le nombre auquel il devrait faire face ne poserait pas de problème à un sauveur, surtout si je n’ai pas la confiance en moi pour le vaincre seul. Suite à cela il me répond que libérer des prisonniers est devenu plus qu’un passe-temps, surtout lorsque cela implique de compliquer les plans des lieutenants d’Oaxaca. Il cherche à me rassurer en disant qu’il n’a pas de plan secret et que son seul intérêt est de savoir si des prisonniers peuvent être utiles après les expériences faites sur eux. Bien que sauver des âmes ne soit pas un des préceptes de son culte, il escompte bien répandre le sang dans les murs de la tour.

Je regarde à nouveau le Shaakt et cette fois-ci c'est moi qui souris à sa réponse qui me surprend et pas forcément de la meilleure manière.

"Alors petit conseil gratuit, à toi de voir ce que tu en fais ! N'essaye pas de me rassurer en me disant que tu comptes éclabousser les murs de sang de la tour. Et puis cesse ce petit jeu du grand sauveur, ça ne prend pas avec moi. Je te rappelle que c'est moi qui t'ai évité de devenir un os à ronger et qui ai attiré la bête jusqu'à l'autel pour la détruire. Un sauveur qui ne peut se sauver lui-même, ce n'est pas un peu risible ?"

Je reprends mon observation de l'horizon et continue.

"On doit s'attendre à quoi à Orsan ? Je veux dire, Elscar’Olth c'est quand même un édifice particulier. Non autant pour moi j'ai oublié que tu n'y avais jamais été."

Je ralentis presque à m'arrêter et revient au niveau de l'archer et le saisis à l'épaule.

"Minute, je croyais que tu nous servais de guide ! Comment tu peux le faire si tu n'y as jamais foutu les pieds, tu m'expliques ?"

Il aborde le sourire carnassier des prédateurs, ce qui ne me rassure en rien. Il me lance ne pas vouloir répandre le sang des aventuriers dans la tour.

(Je crois qu’on ne s’est pas bien compris et ce malentendu montre que l’idée lui a au moins traversée l’esprit.)

Sans se laisser démonter, il me répond que l’avoir sauvé semble exagéré car s’il possède la capacité qui lui aurait permis de s’extraire du monstre à ce moment-là, il aurait pris un risque important en nous mettant tous en danger.

(Donc si je comprends bien, il me fait comprendre que je dois le remercier de n’avoir pas pris le risque de tous nous tuer. C’est une blague là !)

Il continue l’apologie de son être en prétextant qu’il est un sauveur d’Aliaénon, pas l’un des héros de compte pour enfant, mais d’un guerrier courageux capable de combattre une armée menée par Vallel, ou de combattre le Titan de la magie à dos de dragon et tant que je n’aurais pas fait pareil prouesse, je ne dois pas lui parler comme je le fais. Il continue son discours en prétextant que la prochaine fois que j’ai la possibilité de le sauver je n’ai qu’à pas le faire, cela ne l’empêchera pas pour autant d’œuvrer pour l’intérêt du groupe.

Il se dégage finalement de ma prise et termine enfin en expliquant que son rôle de guide nous permet de rester en vie sur ces terres désolés. A aucun moment il n’a prétendu connaître Orsan et ses connaissances à ce sujet sont que ce lieu sert ou servait d’expérimentation pour Vallel et que ce dernier s’y est entraîné pour devenir l’un des treize. S’il n’a pas été fouiné à la tour c’est qu’à l’époque, la guerre faisait rage et les possibilités d’explorer étaient relativement minces.

Simplement et en plongeant son regard en moi il me demande qu’elles raisons m’ont poussé à venir risquer ma vie ici ? La renommé, la richesse ou le devoir de lutter contre la reine noire. Il m’explique qu’il sera difficile pour le troisième point, mais nous pourrons toujours contrecarrer ses plans en sauvant des prisonniers.

(Non ! La vraie raison de ma présence est d’échapper à un mage à qui j’ai posé de gros problèmes. Au final j’ai simplement échangé un rhume pour la lèpre !)

Finalement il me donne lui aussi un conseil gratuit, celui de m’allier à lui plutôt que de restreindre nos relations à des piques inutiles à notre but. La Lande Noire est une terre mortelle et il n’est pas nécessaire de commettre la même erreur que Naral à voyager seul. Bien que ses méthodes et trahisons lui donne une mauvaise réputation, il a toujours désiré aider les peuples d’Aliaénon que ce soit il y a cinq ans ou maintenant.

Je reste sans voix l'espace d'un instant. Les yeux écarquillés je regarde le Shaakt.

"Je suis impressionnée, vraiment ! Comment un égo si grand peut tenir dans une seule et même tête défie tout ce que je connais ! J'ai empêché la bête de te croquer et tu déclares tout simplement que tu n'as pas utilisé tes capacités parce que tu nous aurais tous tués. Quel sacrifice tu as accompli là ! Quel rôle jouais-tu avant de trahir comme il est dit le camp ennemi, l'amuseur ?"

Je regarde les autres en particulier la guerrière qui doit bien rire si elle nous entend.

"Et ne te méprends pas j'ai bien compris que tu voulais refaire la décoration façon sanglante avec les autochtones. C'est juste que je me rends à la tour pour obtenir des infos, toi tu sembles avoir d'autres desseins comme cet entraînement de Vallel qui l'a conduit à devenir un des treize. Si je dois me fier à toi ce seras par les actes d'aujourd'hui, pas pour ce que tu as fait ou prétends avoir fait. Quant aux raisons de ma présence elles ne concernent que moi. Je doute que tu sois venu il y a cinq ans par pure bonté d'âme. Si ?"

D’après lui je suis trop empressé de me faire un jugement alors que c’est ma première venue ici. S’il est venu ici c’est pour les enjeux politiques de la guerre qu’il ne souhaite pas dévoiler. Il fait ce qu’il estime être son devoir et il a permis à certains peuples de ne souffrir d’une guerre futile entre les ynoriens et les garzoks. Il tient à ce monde qui pour la première fois ne le juge pas sur son apparence, mais pour ce qu’il est au fond de lui. Il décrit mon attitude comme hypocrite en déclarant que je veux savoir certaine choses sans dévoiler quoique ce soit. Il n’a rien à nous prouver et se contente d’œuvrer pour les peuples qu’il a juré de protéger. Il montrera un autre visage si nous l’empêchons de tenir cette promesse qu’il a faite, mais il me donne raison sur un point : de toujours se fier aux actes. A présent il se fiera également aux miens.

Je ne réponds pas à l'elfe noir, même si je peux lui lancer des remarques comme le fait qu'il me traite d'hypocrite alors que lui-même cache des secrets. J'ai l'air de ruminer ses paroles dans mon coin. Finalement après un long silence je sors de mon mutisme.

"Donc d'après toi, qui a des connaissances sur ce lieu, de quoi pouvons-nous nous attendre à la Tour d'Orsan et sur le chemin y menant ?"

Si la colère était un feu, un brasier vient de se déclencher dans les yeux du Shaakt. Il m’explique que des abominations pires que l’état de Simaya y sont surement présentes comme des chiens mutants à cause de la magie. Il en a d’ailleurs déjà tué avec Sirat et Sibelle près d’Ouesserot. D’anciennes expériences se sont éventuellement échappées de la Tour, mais il peut encore subsister des rats dénués de peur. De même, cinq ans auparavant il a participé à une importante extermination de ces nuisibles. Il ignore si nous trouverons les réponses que nous attendons, mais selon lui nous n’aimerons pas ce qui s’y trouve.

J'écoute Endar avec attention et peur. Je me raidis au fur et à mesure des descriptions qui me sont détaillées. Pourtant un détail attire mon attention.

"La forme draconique de Naral semble importante, toi-même tu l'as mentionnée. Si Naral a traversé la Lande Noire quelqu'un l'aura probablement vu. Mais pourquoi avoir dit "je ne sais pas ce que vous pensez trouver" ? Que comptes-tu y trouver toi ? Des infos sur la promenade du mort ?"

Alors que ses explications m’hérissent le poil de crainte, il semble apprécier l’effet que ses récits ont sur moi. Après un bref silence il me répond enfin que Naral doit être à peine moins grand que les deux dragons que nous avons vus lorsqu’il revêt cette même forme. Penser que tous ceux qui veulent sauver l’elfe ont de bonnes raisons de le tuer l’amuse. Il n’y a à Orsan que mort et désolation et même Thensoor semble craindre cet endroit lui qui n’est ni mort ni vivant. Il y a peu de chances d’obtenir des informations et seule la possibilité de déranger Vallel en libérant ses prisonniers le pousse à y pénétrer. Quant au Promeneur de Mort, il s’agit de la dénomination que les sorcier donne au Sans Visage et c’est en quête d’information sur lui qu’il est venu avec nous. Il prend une grande inspiration en évoquant les autres sauveurs. Cette entité divine peut séparer ceux qui ont naguère sauvés ce monde, en deux camps distincts, qui s’affronterons et où le conflit armé avec l’Humoran sera inévitable. Si Endar aime le chaos, il ne désire pas que qu’Aliaénon redevienne ce qu’il était avant la guerre, ni qu’il soit détruit à cause de querelles et coups bas. Il termine avec une dernière question : "Comprends-tu Jorus qu'il y a plus en jeu que simplement le sauvetage de Naral ?"

Je dois reconnaître qu'Endar possède ce petit je-ne-sais-quoi qui le pousse à l'écouter pleinement. De plus en plus curieux je continue mes questions, oubliant petit à petit sa nature Shaakt.

"Je comprends que la situation est complexe, mais sans être capable de saisir les tenants et aboutissants de tout ceci. Quelle est ton opinion sur Naral ? Tu estimes toi-même que certains ont de bonnes raisons de vouloir sa mort, c'est que dans un sens tu es d'accord avec eux. Pourtant tu déclares ne pas revenir sur les changements qu'il semble avoir apportés. D'ailleurs qu'elle est ta version de l'histoire concernant Naral ? J'ai appris qu'il était responsable d'un immense massacre qui à, pour faire simple, changer beaucoup de choses ici."

A la mention du massacre de Naral il soupire et m’explique que ce monde change ceux qui y viennent et que je cernerais davantage les tenants et aboutissants si je reviens une nouvelle fois. Il dit haut et fort qu’il n’aime pas Naral et bien que ses méthode soient semblables, il n’est pas d’accord sur tout et laisserait avec plaisir Sirat s’occuper de lui s’il ne connaissait pas Aliaénon plus qu'il ne veut bien l'avouer. Le réveil des Titans a permis aux peuples chers au Shaakt d’étendre leur territoire et de gagner en force. Il n’existe pas une multitude de version du massacre de Naral. Il a vu un grand nombre de cadavre du peuple qu’il a juré de défendre reposer sur le sol de leur cité et il ne compte perpétrer d’autres massacre du même genre que s’il doit le faire pour protéger les peuples dont il a la charge.

"Tu ne cesses de parler des peuples sur lesquels tu veilles, mais de qui es-tu le gardien protecteur ?" Dis-je avec un soupçon d'ironie dans la voix.

Il me parle simplement de géants de Glace vivant dans les lointaines montagnes de Colomir'Thù, ainsi que les Ouessiens de Nagorin et d’Ouesseort. Cependant il existe d’autres peuples sous la protection de sauveurs comme Charis avec les sorciers de feu et de vision, ou une partie d’entre eux, Kiyo qui garantit la protection du peuple Pâle et Xël celui d’Esseroth d’où provient Simaya.

Je ne cherche pas à en savoir davantage, cela fait déjà bien à intégrer en une fois. Cependant, je vois désormais les choses sous un angle nouveau, à commencer par Endar. L’avenir me dira si j’ai raison ou non, mais je pense que pour un temps…je peux lui accorder ma confiance.

Je n’ai pas fait attention du temps de notre échange et nous avons fait une bonne partie du chemin. Si le paysage chaotique de la Lande Noire est sans égale, je peux enfin contempler la cité d’Elscar’Olth et son intrigante architecture de ville souterraine. Cela avait déjà été le cas à ma première arrivée sur Aliaénon, mais je n’ai eu le loisir d’admirer Fan Ming que de l’intérieur.

Avant que nos chemins ne se séparent avec le reste du groupe, je m'approche de Yurlungur. Après ce qui s'est passé dans la grotte il y a une chose que je dois dire, et ce avant de prendre des chemins différents.

"Yurlungur ? Il y a une chose que je voulais te dire concernant ce que tu as fais à la grotte et au vu des avis et déclarations qui t'ont été faites je me dois aussi de faire de même tant que tous sont encore présents."

Je prends un instant pour respirer et reprendre.

"Merci ! Bien que tous ne partagent pas mon avis, tu nous as sauvés dans la grotte. Nul ne sait ce qui serait advenu si tu n'avais pas frappé et à ta place j'aurais fait de même, bien qu'avec moins d'efficacité je pense."

La jeune fille n’apprécie guère que je ressasse les évènements survenus dans la grotte, néanmoins son expression fait rapidement place à une stupéfaction lorsqu’elle comprend que je ne suis là que pour la remercier et davantage lorsqu’elle sait pourquoi. Les joues rouges et les yeux fuyant vers le sol elle me remercie d’une petite voix. Si je cherche son regard, le sien me fuit tandis que je parviens à percevoir l’ombre d’un sourire.

La réaction de Yurlungur m'étonne beaucoup. Loin d'être le monstre qui m'a semblé être décrit, c'est une jeune fille qui me fait face avec ses manières enfantines.

"Loin de vouloir passer pour un gentil c'est surtout ma propre opinion des évènements. Je dois dire aussi que tu sembles bien différente des autres. Bien que tu sois jeune, tu es apparue soudainement te baladant dans la Lande. Et il y a ce je ne sais quoi quand je t'ai vu, comme si j'avais confiance en toi sans te connaître."

À cette dernière remarque, la jeune fille ne dit rien, reprenant un air plus sérieux elle déclare qu’elle nous cherchait et que la plupart des personnes se méfient moins d’elle pour sa jeunesse et sont surpris lorsqu’elle n’agit pas comme la fillette qu’ils voient. Elle relève son regard vers moi, un sourire amical sur les lèvres et trouve que je suis plutôt débrouillard pour avoir détourné l’attention de la bête sur moi au lieu d’Endar. Elle espère que nous formerons une bonne équipe à notre arrivée à la tour et s’inquiète de mes connaissances sur ce lieu.

Cette fois-ci c'est à mon tour d'être gêné par la remarque sur mes prouesses dans la grotte et de regarder ailleurs.

"C'était surtout un coup de chance ! J'ai appris à manier mon boomerang avec mon ki par le fait du hasard. Je pensais pas que ça marcherait avec le grappin, mais l'attention de la créature sur Endar m'a aussi aidée. "

Je reporte ensuite mon regard sur le sien.

"J'ai effectivement été prévenue pour ce qui risque d'arriver, mais...je pense être bien entouré !" Dis-je en donnant une petite bourrade de mon bras au sien. "Il n'y a peut-être que Kivan que je crains. Il est apparu soudainement en plein combat avec l'autre folle et j'ai pas eu le temps de le prévenir pour la magie. J'espère que quelqu'un a pris le temps de lui expliquer les risques. Personnellement j'ai quelques réticences avec ce domaine."

Rapidement Yurlungur cherche à me soulager d’un signe de main et déclare lui en avoir déjà touché un mot. Il ne semble être ni mauvais, ni une menace pour nous et s’il nous ment concernant ses motivations il aura certainement une jeune fille qui lui expliquera le reste, en particulier sur son utilisation de la magie. Tout comme moi, c’est une chose avec laquelle elle n’aime pas avoir affaire et où l’utilisation dangereuse est une chose qu’elle ne peut pardonner. Elle escompte simplement qu’il sera assez sage pour agir sans trop d’impétuosité.

Savoir que Kivan a été informé le rassure. Bien qu'il soit un guérisseur, un rien semble pouvoir mettre le feu aux poudres. Mais la façon de parler de la jeune fille m'interpelle.

"Tu as déjà eu affaire à des problèmes avec la magie ?"

La question semble l’atteindre plus qu’elle ne le montre. Si elle me confirme avoir connu un tel cas, elle se garde de m’expliquer en quoi. Je ne réponds que d'un simple sourire à la remarque de la jeune fille. Elle ne souhaite pas s'étaler sur le sujet, ce n'est pas utile de la forcer à parler si elle ne le désir pas et je préfère ne pas la déranger davantage.

Arrivée finalement à l’intersection je ne peux m’empêcher de regarder l’autre groupe partir dans l’autre direction. J’ignore ce qu’ils ont bien pu penser de ma conversation avec Yurlungur, mais dans le doute je préfère être au moins honnête envers moi-même. Je reprends le chemin vers l’Ouest direction la Tour d’Orsan.

Citation:
3309 mots.
Direction la Tour d'Orsan.

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Multi : Relonor et Nhaundar


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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 9 Nov 2018 21:26 
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...

Juste avant que le Conjurateau ne puisse répondre, ce fut Endar qui s'approcha d'eux, annonçant qu'en tant que Sauveur d'Aliaénon, il daignait se rajouter à leur groupe pour leur apporter une connaissance pointue de guide dans ces Landes. La jeune fille n'en revenait pas. N'était-ce pas un brin... orgueilleux ? Si elle avait bien compris, Aliaénon avait été fortement altérée, en particulier dans sa géographie, depuis que les Sauveurs avaient participé à la Guerre et à l'éveil des Titans. Prétexter qu'il saurait les orienter était quelque peu gratiné. Mais son attention fut attirée par autre chose.

Car le Conjuradin s'exprimait avec des lettres d'or qui flottaient dans l'air. Rien de bien rassurant, ni de très habituel : c'était sans conteste un satané arcaniste qui savait “sans faire exprès” déclencher des explosions, mettre une cité en flammes, faire jaillir des geysers et dire finalement que c'était pas sa faute. Du moment qu'il se contentait des lettres dorées dans l'air, ceci dit...

Il leur indiqua le chemin pour la Tour d'Orsan. Yurlungur opina du chef et, suivant les Conjardiniers, tout le groupe se mit en marche dans un long couloir creusé dans la roche. Cette cité était, tout comme ses habitants, pour le moins étrange : mais la jeune assassine ne s'était guère attendu à autre chose de la part d'un peuple qui avait décidé de se laisser guider par un “Archisorcier”. Il fallait être un peu timbré pour s'appeler comme ça, de base.

Et, laissant passer devant le reste du groupe, Yurlungur s'approcha d'Endar, deux bons mètres les séparant du plus proche aventurier, tandis que le vrombissement constant couvrait à merveille toutes les paroles qu'ils pourraient s'échanger à un ton suffisamment bas, tandis qu'ils commençaient à monter un long escalier en colimaçon.

« Vous connaissez bien la route jusqu'à la Tour d'Orsan ? »

Question piège. Y était-il déjà allé depuis leur arrivée commune sur Aliaénon, ou autrefois ? Mais afin que la réponse ne puisse pas être trop vaseuse, elle précisa :

« J'aurais quelques questions à vous poser. Quels dangers particuliers nous guettent entre ici et la Tour ? Combien de jours nous prendra le voyage, environ ? »

Sa mine était des plus sérieuses. Si l'Elfe leur devait bien quelque chose, à s'être ainsi imposé à leur groupe, c'était de leur apporter de vraies informations, ou de reconnaître qu'il s'était vanté. Et effectivement, si Endar avança qu'il connaissait “un peu” les Landes, il admit ne s'être jamais rendu à la Tour d'Orsan, soit-disant parce que Vallel ne l'aurait jamais laissé approcher. Ben voyons. Comme si, il y a cinq ans, les yuiméniens s'étaient seulement rendus dans les lieux où ils étaient acceptés. Leurs missions supposent implicitement de prendre quelques libertés, fussent-elles potentiellement fatales...

Et le reste de ses explications se révéla fort pauvre : une forme de déception à moitié cachée se lisait sur le visage juvénile de l'adolescente. Il jouait avec le fait qu'elle avait elle-même parcouru les Landes pour pouvoir sortir la description “rien de nouveau”, tout en parlant de prédateurs dangereux... probablement. En revanche, il semblait supposer que ceux-ci n'attaqueraient pas facilement un groupe ou discret, ou suffisamment nombreux. À plus forte raison les deux. Cela étant, il estimait la durée du voyage à cinq ou six jours, dépendamment de leur capacité à se déplacer de nuit.

Yurlungur fit la moue. Si elle comme le Shaakt savaient se mouvoir dans l'obscurité comme en plein jour, ce n'était guère le cas d'Ariane comme elle avait pu le constater à ses regards qui fixaient un mur en s'adressant à elle, ni probablement de Jorus, qui avait allumé une torche afin de pénétrer dans la grotte où ils avaient trouvé Simaya. Et la vision nocturne n'était guère une capacité commune chez les Elfes pâles comme Kívan. Tant pis.

Endar continua en avançant que, pour lui, le principal danger se trouverait à la Tour d'Orsan. Les créatures de Vallel qui seraient encore là-bas seraient sans doute bien plus mortelles que toutes les bêtes sauvages qu'ils pourraient croiser dans les Landes. Mais il supposait être suffisamment fort pour s'en sortir et, alors, son regard dériva jusqu'à elle, porteur d'un intérêt certain. Elle le sentait parcourir sa silhouette comme un cambrioleur contemple un trésor qu'il s'apprête à dérober. C'était pour évoquer Simaya - encore - et surtout la réaction de Xël, afin d'expliquer sa colère. L'expression de Yurlungur se durcit. Ce n'était pas un sujet à rappeler. Mais il expliqua que lui comme le mage avaient protégé Simaya il y avait cinq ans : cependant, pour sa part, il reconnaissait l'utilité de l'assassine et, surtout, préférait cela à des hésitations constantes.

Le compliment était grossièrement visible, mais il toucha tout de même un peu la jeune fille, dont le visage se détendit. S'il le pensait réellement, il aurait pu essayer de lui venir en aide tout à l'heure, de la défendre face à Elurien... mais d'un autre côté, Yurlungur avait eu bien moins de rancœur contre lui qu'envers Xël ou Sirat, l'un pour l'avoir enfoncée, l'autre parce qu'elle s'attendait justement à ce qu'il tente davantage.

Mais un tel compliment n'appelait qu'à une question, sur le Sans-Visage. Se positionnant ouvertement absolument contre la Divinité, il lui demandait directement si elle comptait se joindre à lui pour la détruire ou au contraire rejoindre les rangs des adorateurs du Sans-Visage.

Une telle interrogation était absurde. Elle savait déjà quelle était l'opinion d'Endar là-dessus, puisqu'il venait de la lui donner et n'avait donc aucun intérêt à révéler qu'elle serait opposée à lui si jamais elle avait décidé d'aider le Sans-Visage. Mais elle haussa simplement des épaules, répondant :

« Je n'ai pas suffisamment d'informations pour me faire une idée raisonnable. Ni même une idée d'une façon de le détruire, puisque c'est pour cela que nous avons été envoyés ici... Pour l'heure, l'objectif est de retrouver Naral et de le ramener sain et sauf à la Tour d'Or, point. »

C'était clair, au moins. De toute façon, elle doutait qu'Endar sache réellement comment détruire une telle entité. Mais, haussant un sourcil à son attention, elle demanda :

« Pourquoi, vous pensez qu'il est responsable de la disparition de notre elfe ? On risque de tomber sur lui à Orsan ? Enfin, je veux dire... Il y a cinq ans, il était du côté de Vallel ? »

Ce n'était pas une information qu'elle avait eue, simplement que Naral avait causé le désastre des troupes oaxaciennes, mais qui sait... Endar répliqua par la négative. Le Sans-Visage, comme tous les Dieux, n'intervenaient que par des intermédiaires mais il était envisageable qu'il soit, ou plutôt l'un de ses adorateurs, responsables de la disparition de Naral. Cela ne répondait pas à la question.

Mais le Shaakt ne s'en rendit pas compte et compara le Sans-Visage à Zewen - ce Dieu que Sirat vénérait. Pour lui, ces deux divinités intervenaient trop dans leurs existences et feraient mieux de leur laisser plus de libertés. Yurlungur ne put s'empêcher de sourire, alors qu'un contre-argument lui venait.

« Je ne sais pas ce qui est préférable entre l'asservissement et le chaos. Car si le Sans-Visage a apporté le premier, c'est l'éveil des Titans qui a engendré de nombreux troubles, comme par exemple la transformation des Pâles de Treeof qui a failli les mener à une guerre civile... »

Elle reprit néanmoins une expression plus sérieuse pour demander :

« Comment le Sans-Visage asservissait-il les peuples ? S'il n'intervenait que peu, il ne pouvait à ce point les soumettre, je veux dire... »

L'évocation de ce Zewen était exactement dans cet ordre d'idée, mais elle se sentait un peu bête d'avoir à reconnaître qu'elle ne savait pas trop ce que c'était que ce Divin alors que Sirat et Endar semblaient le savoir pertinemment, aussi ses joues rosirent-elles légèrement.

« C'est Sirat qui m'a parlé pour la première fois de ce Zewen qu'il sert, il y a six mois, à Treeof. Mais même aujourd'hui, je ne sais rien sur lui, si ce n'est qu'il s'agit d'un dieu... »

Son regard se fit plus défiant.

« La comparaison est donc assez obscure, pour moi. »

Peut-être l'Humoran le lui avait-il déjà expliqué, ceci dit. Mais elle avait oublié. Au lendemain de la bataille, sa fatigue avait été intense et si elle gardait de ces événements de nombreuses images gravées dans son esprit - cette bête féroce dans la Forêt, Guigne emportant Elisha'a au loin, Talia à terre baignant dans son sang, et le regard de Kiyo... - de nombreuses paroles lui étaient complètement sorties de l'esprit.

Le Shaakt remit en question que le seul éveil des Titans avait pu amener à la guerre civile au Royaume Pâle, avançant que le mal venait de plus loin. Et concernant Zewen, il le présenta comme le maître du Temps et du Destin, souhaitant écrire par avance les destinées des héros, refusant que l'Histoire ne se plie pas à leurs prévisions.

Enfin, revenant au Sans-Visage, qui selon lui partageait la même mentalité, il expliqua que le Sans-Visage avait transmis des informations erronées aux peuples, leur enjoignant de considérer les Titans comme une menace, informations devenues mythes, le temps passant. Sa domination était singulièrement différente puisqu'il les avait simplement achetés, en quelque sorte, via les cités qu'il leur avait offertes. Yurlungur fronça les sourcils.

« ... Et ? En quoi est-ce un mal d'avoir fait construire ces cités ? Qu'a réellement apporté l'éveil des Titans à ce monde ? »

C'était une question que l'Elfe ne s'était visiblement pas posée. Mais de ce qu'elle en avait entendu, Yurlungur ne considérait pas ce réveil comme quelque chose de fondamentalement bon : au contraire, cela avait apporté plus de désordre et d'instabilité que jamais à Aliaénon. Alors qu'autrefois, le Sans-Visage leur avait construit des cités et orienté leurs décisions de façon à garder ces Titans endormis ? Le résumé qu'elle en avait était plutôt accablant pour les Titans, et bien moins pour le Sans-Visage.

« Je veux dire... De ce que j'ai vu, ceux-ci ne sont guère disposés à traiter avec les mortels ou à régler leurs soucis. C'est sans doute assez commun de la part des dieux, mais leur seule essence ne fait pas d'eux des êtres bénéfiques. »

Mais elle souhaitait encore répondre à ce qu'il avait interprété des troubles dans la Forêt d'Émeraude - auxquels il n'avait par ailleurs même pas assisté, ce qui ne l'empêchait pas d'émettre un avis dessus. Détournant le regard, elle exprima sa pensée :

« Les événements de Treeof ont simplement démontré l'inaptitude de la Reine Sheeala à gouverner. Le mal n'était pas plus profond que leur métamorphose : la différence engendre la haine, mais vous le devez savoir, vous qui êtes un Shaakt au milieu d'un groupe d'aventuriers humains... »

Elle lui sourit gentiment.

« N'avez-vous pas perçu les regards de certains d'entre eux lorsque vous vous êtes montré, juste après l'assaut du Dragon noir ? Et ce, malgré tous vos titres et l'explication de votre présence. »

Ç'avait été assez clair. La différence, c'était suffisant : qu'importe l'essence des êtres, il suffisait qu'ils aient l'air d'être dangereux, que ce soient les Shaakts face aux humains ou les Carnivores face aux Végétariens.

Endar répliqua que c'étaient les intentions du Sans-Visage qui étaient condamnables, puisqu'il avait agi dans son seul intérêt. Elle sourit intérieurement. Mais à quoi s'attendait-il ? Les créatures qui n'agissaient que par pure compassion étaient rares : et si les actes faits afin de conforter sa propre position, son pouvoir, son influence ou que savait-elle encore était motif de blâme, ni lui ni elle n'avaient voix au chapitre.

En revanche, même s'il reconnaissait que les Titans n'étaient ni bénéfiques, ni maléfiques, il pensait que la magie dont ils étaient composés pourrait aider les peuples d'Aliaénon si ceux-ci s'y penchaient un peu et apprenaient à les étudier. Elle fronça les sourcils. Fadaises. Même Simaya Sombreroc, la plus puissante mage connue de ce monde, n'avait pas réussi à communiquer avec eux. Ils n'avaient que rendu la magie plus instable et altéré ce monde, pas nécessairement dans le bon sens.

Enfin, concernant Sheeala, celle-ci faisait pour lui le bouc émissaire parfait dans les événements précédents. L'estimait-il plus que la Trinité ? Étonnant. Mais même une si excellente diplomate n'avait su répondre aux inquiétudes de son peuple et permettre à une paix durable de s'installer... Et si l'on se méfiait de lui, il supposait que c'était davantage à cause de son caractère même que de sa race. Cela n'était pas forcément un bon point pour lui, m'enfin.

Mais Endar se méfiait quant à lui de ceux qui étaient apparus sur Aliaénon de façon tout à fait fortuite. Elle hocha de la tête en lançant un regard vers Ariane et Kívan. Ils n'avaient pas l'air bien méchants, pourtant... Mais une confiance aveugle était bien la dernière chose qu'il fallait accorder à l'un des aventuriers de ce groupe. Et le Shaakt en vint à elle, expliquant qu'il la trouvait bien changée et évoqua un... entraînement.

Elle sourit, innocemment. Savait-il ? Non, impossible. Il ignorait probablement la seule existence des Ombres, leur histoire, leurs secrets, que Yurlungur n'avait elle-même fait qu'effleurer. Elle répliqua sobrement :

« Allons, un entraînement ? C'est simplement que j'avais intérêt, à l'époque, à me donner un air innocent et inoffensif, mais cette couverture n'a plus lieu d'être. »

C'était partiellement vrai. Mais l'Elfe avait visé juste : l'idéal serait qu'elle fasse mine de ne pas comprendre ce qu'il disait. Même s'il se doutait de quelque chose, cela lui envoyait un signal clair : qu'il ne s'avise pas de se mêler de ses affaires, ou il finirait par le regretter. Un Shaakt, s'il avait été élevé dans la société des siens, devait probablement comprendre ce genre de messages implicites, qu'elle avait appris à décrypter auprès des mafieux de Dahràm. Elle secoua la tête en signe de dénégation.

« Qu'importe. Six mois sur Aliaénon m'ont sans doute changée, oui. »

Mais ils arrivaient à la sortie : le ciel s'ouvrit, noir et brumeux. Les Landes désertes qui les entouraient étaient baignées de vapeur vertes et blanches, les roches s'élevant en faibles pics noirs qui tranchaient sur cet horizon comme des éclairs immobiles. Et derrière eux, une immense Tour de la même roche que cette Lande de magie et de mort se dressait, terrible et incompréhensible, au milieu de ce désert sombre et stérile.

Ils se mirent alors en marche vers le Nord, comme indiqué par les Conjurôdeurs. En lançant un regard vers Ariane, Yurlungur sentit une pointe de culpabilité. Elle avait plus ou moins entraîné la jeune femme avec elle dans cette aventure, sans vraiment lui laisser le choix, alors que le prudent aurait été de se rendre directement à la Tour d'Or. Et à présent, ils se rendaient dans le fief de Vallel, sans même l'avoir prévenue... Elle devait lui dire.

La mine un peu soucieuse, elle se rapprocha de la coureuse des plaines.

« J'en ai appris un peu sur la Tour d'Orsan. Il se trouve que ce lieu était autrefois, comme notre voisin de cellule l'a sous-entendu, un territoire sous le contrôle d'Oaxaca : plus précisément, c'était Vallel, l'un de ses lieutenants, qui a choisi cette Tour comme laboratoire pour expérimentations. »

Le ton était donné. Elle fit la moue : en vérité, ses informations étaient parcellaires et surtout assez anciennes.

« Il est peu probable que l'idéologie des habitants ait énormément changé. Enfin, je n'ai aucune certitude là-dessus, nous devrons aviser sur place. »

Ariane, naturellement, demanda qui dirigeait actuellement la Tour. Yurlungur secoua négativement la tête.

« Malheureusement non. Certains aventuriers ici n'ont de la Lande noire qu'une connaissance vieille de cinq ans. Et... »

Elle sembla un peu hésitante, lançant un regard vers les guides qui les regardaient partir, juste derrière.

« Je n'ose pas trop demander à l'un des Conjuribeurres. Les lettres qui volent, là... » Elle fit semblant d'écrire dans l'air avec son doigt. « Ça ne m'inspire pas trop confiance. »

Ariane leva un sourcil à la mention des Conjuguateurs : preuve comme quoi elle aussi ne leur faisait pas confiance, avec leurs symboles tracés magiquement. Mais elle souhaitait néanmoins directement leur poser la question, tant qu'à faire et, retournant vers eux rapidement, Yurlungur se rapprochant pour écouter depuis juste derrière - bien protégée de ces Conjarretières par le gros chat, Al-Ayrad.

Celui-ci répondit que c'était le lieu de la Lande noire qui était encore le plus sous l'influence de Vallel, bien que celui-ci ait disparu. Cela sembla préoccuper un peu Ariane, alors qu'elles se remettaient en chemin, aussi Yurlungur préféra-t-elle parler avec davantage de sérieux. Inutile de se laisser aller à un sentimentalisme creux, porté par des prétextes comme : “je veux pas aller là-bas parce que c'est dangereux, y'a des gens qui sont du côté d'Oaxaca”. D'une part, elle doutait que tous soient restés fidèles après la défaite lors de la Guerre, d'autre part, c'était précisément dans ce lieu qu'elle pensait que Naral avait pu disparaître.

« Il faudra être prudent... Mais ça ne m'étonnerait vraiment pas que Naral ait rencontré des soucis là-bas. Si j'ai bien compris, il y a cinq ans, il a plus ou moins été responsable de l'échec de la conquête de ce monde par Vallel. »

Mais afin de contrer la mine déconfite d'Ariane face à cette information apportée par le Conjudiciaire, elle sourit et lui confia :

« Merci de nous accompagner malgré tout. Je sais que ça ne faisait pas partie du contrat de départ... Enfin, ne vous inquiétez pas de trop. On finira bien par retrouver notre elfe. »

Malgré tout, elle était plutôt optimiste. Leur groupe ne lui semblait pas incompétent, Xël et Sibelle, ses principaux adversaires, n'allaient pas l'accompagner, et les chances de trouver Naral ou au moins une piste jusqu'à lui étaient grandes à Orsan. Mais Ariane souhaitait en savoir plus sur Naral, ignorant tout sur lui. Yurlungur leva les yeux au ciel, cherchant l'inspiration. Ce curieux personnage avait un physique pour le moins inoubliable...

« Un Elfe... Hinïon, je dirais ? Il a les cheveux roses, ou violets, assez long. »

Elle ne se souvenait plus précisément de la couleur : c'était sans doute un peu des deux. Elle glissa, avec un air peu convaincu :

« Typiquement le genre des Elfes d'arborer de telles coiffures. »

Puis, reprenant un ton plus sérieux, elle continua :

« Ce sont les traits distinctifs principaux. Il se trouve qu'il est... » Elle hésita. « Disons, parfois accompagné par un dragon tout aussi mauve que sa chevelure. C'est l'intermédiaire entre le Conseil d'Or, les représentants des peuples d'Aliaénon qui siègent à la Tour d'Or, et les dragons. »

C'était un exposé relativement synthétique de la situation, à son goût. À partir de ça, il n'y avait pas de difficulté à imaginer quel rôle il avait pu jouer lors de la Guerre - même si Yurlungur ne savait pas précisément ce qu'il s'était passé il y a cinq ans.

Après une longue marche d'une petite heure, ils arrivèrent en vue de la bifurcation : alors, Jorus s'approcha d'elle, souhaitant clarifier les choses sur ce qu'il s'était passé à la grotte. Elle fronça les sourcils à la mention de ce lieu. N'en aurait-elle donc jamais fini ? Faudrait-il que tous les aventuriers viennent lui dire face à face qu'ils l'avaient trouvée trop directe - trop sanguinaire - trop terrible - trop horrible - trop tranchante - pour qu'elle ait enfin la paix ?

Mais Jorus souhaitait surtout la remercier d'avoir agi. Il considérait qu'elle avait su prendre la bonne décision, puisque leur situation était plus qu'incertaine et qu'elle avait su gérer le danger. En somme, il trouvait qu'elle, au moins, avait fait quelque chose. Elle le regarda un instant ébahi. Il... la remerciait ?

C'était tout bête, mais c'était aussi inédit.

Généralement, les gens lui criaient dessus.

Ou alors, comme Endar, ils souhaitaient la flatter. Essayer d'obtenir quelque chose d'elle, essayer de savoir d'où est-ce qu'elle tenait ça, essayer de la mettre dans leur poche pour l'utiliser plus tard.

Mais ces remerciements... C'était étrange.

Ils semblaient sincères.

Et ça - ça ! - ça, quand même, c'était quelque chose.

Si bien qu'elle baissa les yeux, rougissante, et répondit d'une toute petite voix :

« Oh... Merci... C'est gentil... »

Elle se balançait d'un pied sur l'autre : c'était un drôle de malaise que celui du vainqueur qui ne s'y attendait pas, qui profitait tout autant qu'il souffrait de cette attention nouvelle et ô combien plaisante. Les mains dans le dos, évitant le regard de Jorus, elle ne pouvait cacher ce sourire, simple et confus, qui s'était posé sur ses lèvres comme une fleur qui bourgeonne.

Et Jorus confirma. Il expliqua d'une façon assez maladroite - mais qui l'était tout juste pour qu'elle comprenne que ce n'était pas une pure flatterie - qu'il ne faisait pas ça pour l'amadouer mais parce qu'il le pensait. Et il expliqua que, sans savoir pourquoi, il avait instantanément eu une sorte de confiance étrange en elle.

Elle savait d'où cela venait. C'était le pouvoir de la bague d'Aethalin... Qu'elle avait reçu des mains mêmes de son précédent propriétaire. Et dire qu'elle n'avait pu lire sa lettre d'invitation qu'à son arrivée sur Aliaénon... Cela lui semblait si lointain. Mais Jorus était presque candide, à s'exprimer ainsi. Dans tous les cas, le pouvoir de sa chevalière devait rester inconnu de tous : inutile d'attirer les regards dessus. Et puis, s'il pouvait croire que c'était parce qu'elle était réellement digne de confiance, c'était tant mieux.

Elle reprit un air plus sérieux, bien que son cœur était intérieurement gonflé d'une joie secrète et puissante - invincible.

« Je vous cherchais, je ne me baladais pas simplement... Et puis, je pense que la plupart des gens me voient comme une fillette, donc ils se méfient moins de moi que d'un adulte... »

Elle haussa des épaules. Un sourire fugace apparut sur les lèvres, pour s'évanouir aussitôt alors qu'elle le chassait. Peut-être Jorus ne le remarquerait-il même pas...

« Ça explique peut-être aussi un peu leurs réactions quand je montre que je sais agir, parfois de façon assez directe. »

Elle releva son regard vers lui, un sourire amical sur les lèvres. Il n'y avait pas de raison qu'elle ne lui rende pas la pareille : et elle avait pu observer un peu la façon dont il avait lui-même trouvé des mouvements à faire.

« Mais vous m'aviez l'air assez débrouillard dans la grotte, aussi, pour détourner l'attention du gros rat d'Endar, si je me souviens bien. J'espère qu'on formera une bonne équipe à la Tour d'Orsan. Vous savez qu'on risque d'y croiser des sbires de Vallel ? »

Voilà, la chose était dite : il n'y avait pas de raison qu'il ne soit pas au courant. Si Jorus se défendit, lui aussi confus de recevoir un tel compliment, prétextant la chance, elle se contenta de sourire. La chance n'expliquait pas tout : d'ailleurs, dans des situations aussi délicates que celle-ci, seuls les véritables talents n'étaient pas bloqués par l'angoisse inhérente à un geste aussi critique que le sien.

Et puis, pour Vallel, il savait déjà et considérait être bien entouré, en lui donnant un coup amical dans l'épaule. Mais comme Endar, il se méfiait de Kívan, apparu soudainement au beau milieu du combat, espérant qu'on l'ait prévenu par rapport au danger que la magie comportait ici. Et il précisa qu'il n'aimait pas la sorcellerie... Jorus était tout simplement parfait. Yurlungur leva rapidement la main en signe d'apaisement.

« C'est bon, je lui ai dit. Bah, il n'a pas l'air méchant, ni très dangereux. S'il ment en racontant qu'il vient du conseil d'Or, on finira bien par le découvrir, et ça bardera pour lui. »

Elle sourit à l'attention de Jorus.

« Et, crois-moi, il n'a pas intérêt à user imprudemment de sa magie. C'est pas quelque chose que je serais prête à pardonner. »

Elle agita le bras.

« Enfin, il se montrera réfléchi, j'espère. »

Mais une telle formulation fit poser au jeune homme une question - si elle avait déjà eu des soucis avec la magie. Elle haussa un sourcil, le toisant d'un air peu amène. Rappeler des souvenirs peu plaisants était son premier mauvais mouvement lors de la discussion : l'expression de la jeune fille avait de quoi le lui indiquer.

« Moui. Mais ça ne regarde que moi. »

Heureusement, il ne prit pas mal cette réponse et sourit simplement. Ils arrivaient à la bifurcation : les deux groupes pouvaient à présent se séparer. Yurlungur était prête à prendre le chemin de gauche, vers Orsan, regardant avec une neutralité impassible Xël, Sibelle et Sirat s'éloigner. Enfin débarrassés des deux premiers... Et avec un groupe de qualité.

Elle parcourut du regard les quatre autres aventuriers, et le lion. Oui, cette expédition à Orsan promettait d'être un beau voyage.


(((4000 mots
Départ vers l'Ouest, vers Orsan.)))

...

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Dernière édition par Yurlungur le Ven 16 Nov 2018 18:40, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 9 Nov 2018 23:55 
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Alors que j’attends la réponse de l’homme du sieur d’Assamoth, le Shaakt s’approche de nous pour se présenter spontanément. Je lui jette un coup d’œil, observant les fins traits de son visage à la peau d’un vert olive foncé où brillent des yeux vairons et prends note du nom d’Endar, originaire du même continent que Al-Ayrad et moi-même, se déclarant rien que moins Sauveur de ce monde.
Un Shaakt de Khonfas, la plupart sont connus pour être alliés d’Oaxaca mais je fais taire cette idée préconçue et hoche la tête pour le saluer, l’écoutant se proposer comme guide pour se rendre à la Tour d’Orsan. Je m’apprête à lui répondre lorsque l’encapuchonné intervient comme j’ai bien cru les voir faire plus tôt. Ces hommes, ou quoi qu’ils soient derrière leur masque, ne parlent pas mais écrivent dans les airs. Un moyen de communication fort étrange et qui serait bien embêtant si leur interlocuteur ne savait pas lire. Je déchiffre les indications en me demandant s’ils utilisent de la magie pour produire ces mots éphémères, alors que Yurlungur m’a dit que la magie sur Aliaénon était une chose dangereuse à manipuler.

Si l’homme en capuche m’a indiqué la route vers Orsan, il ne m’a pas dit comment sortir d’Elscar’Olth mais je vois dans la salle deux de ses confrères se déplacer vers les autres aventuriers plus ou moins groupés, comme s’ils nous attendaient pour nous guider. Je me retourne vers celui à qui je me suis adressée pour le remercier.

"Merci pour vos indications messire." puis faisant face à Endar. "Une personne de plus connaissant Aliaénon ne sera probablement pas de trop. Si vous vous entendez avec les autres et inversement, au vu des tensions qui semblent régner dans votre groupe."

J’appuie mes dires d’un signe de tête vers Yurlungur près de moi, ainsi que vers Jorus et Kívan à quelques mètres, signe que me renvoie Endar ayant sûrement très bien compris de quoi je parlais, puis je me rapproche des deux sbires d’Elurien lorsque ceux-ci ouvrent d’autres portes que celles par lesquelles nous sommes arrivés.
Le semi-elfe guérisseur qui était jusqu’alors resté dans son coin, nous attendant, nous emboîte le pas et finit par nous rejoindre, calant son pas sur celui d’Al-Ayrad et du mien. Je continue de marcher en silence jusqu’à ce qu’il entame la conversation, me demandant d’où je viens. Décidément ce Kívan est fort curieux et direct, ce qui n’est pas pour me déplaire, peut-être n’est-il pas si âgé que sa barbe le laisse paraître. Je le regarde brièvement avant de reporter mon attention devant moi, suivant nos guides hors des murs de cette cité.

"Encore une vaste question sieur Kivan. Que souhaitez-vous savoir exactement, d'où j'arrive ou d'où je suis originaire ?" dis-je en souriant avant de retrouver un visage impassible.

Je sens son regard sur moi et attends qu’il précise sa question, me doutant qu’il est intrigué par mes racines, comme je le suis pour les siennes sans l’avoir encore formulé à voix haute.

"Comme vous de Yuimen, mais ça vous le saviez déjà. Nous sommes du continent d’Imiftil, je suis du Peuple des Dunes si c’est mon faciès qui vous intrigue." Sur ces derniers mots, je rabats ma capuche pour libérer mon épaisse chevelure noire et crépue, sans doute n’a-t-il encore jamais rencontré l’un des miens. "Suis-je votre première ?" ajouté-je en lui jetant un regard et un sourire en coin.

Ma dernière réplique a l’effet escompté et je peux voir la blanche peau du semi-elfe s’empourprer, sa main passe dans sa tignasse brune, un geste que beaucoup font lorsqu’ils ne savent plus trop comment se comporter. Mais Kívan reprend rapidement contenance, soulignant que là où il a grandit, tout le monde se ressemblait plus ou moins. Ce qui m’étonne puisque étant semi-elfe, sa physionomie est probablement unique ou en tout cas très rare. Je n’aime habituellement pas vraiment les babillages néanmoins j’ai très envie de lui demander ses origines.
Mais le guérisseur me lance déjà une nouvelle question, sûrement celle qui le travaille depuis le début. Même Al-Ayrad tourne la tête vers l’homme à mes côtés dont la large stature contraste avec son comportement parfois à la limite enfantine.

(Il semble au moins me porter un intérêt honnête, ça change…)

Je souris brièvement à Al-Ayrad, il est vrai que les réactions à son encontre sont généralement plus craintives, voire épouvantées ou méfiantes. Mais comment résumer notre rencontre… Je n’ai pas envie de rentrer dans les détails et essaye d’abréger les explications.

"Nous nous sommes croisés jeunes, je l’ai tiré d’un mauvais pas. Puis nous nous sommes rencontrés de nouveau, nous sortant mutuellement d’une autre situation délicate… Je crois que nous étions liés depuis le début...."

J’interromps mes paroles d’un raclement de gorge, les images de notre réunion flottant devant mes yeux. Je n’aime pas que la conversation soit portée sur moi, je n’aime d’ailleurs pas avoir une conversation tout court et me laisse juste prendre au côté charmeur de Kivan dont il n’a peut-être pas même conscience. Il ressemble à Ralf, peut-être que l’un de ses parents était kendran ?

"Et vous sieur Kivan, ressembliez-vous à tous ceux d’où vous venez ?"

Je réponds à ma propre question, non évidemment, ce n’est pas cela que j’ai voulu demander. Les longues soirées que j’ai passé en silence au milieu des rustres dialogues des soldats de Stanrock me manquent soudainement. Et le ton sec qu’utilise le semi-elfe pour me répondre m’enfonce encore un peu plus. Al-Ayrad se tourne vers moi comme s’il voulait dire quelque chose mais n’en fait rien. Puis comme il y a quelques minutes à peine, mon interlocuteur reprend de l’aplomb orientant le sujet vers notre destination.
Avant de savoir ce que nous y trouverons, il faudrait pour arriver à cette dernière, que nous sortions déjà d’Elscar’Olth. Nous avons gravis un escalier en spirale, puis un deuxième, puis encore un autre, nous parcourons de longs couloirs qui tournent tout autant, grimpons de nouveaux escaliers toujours en colimaçon…

(C’est à te donner le tournis ! Sur combien de pieds cette cité a-t-elle était creusée ? !)

(Je ne serai pas mécontent de retrouver l’air frais.)

Je soupire lentement et d’une voix presque douce, je me décide à m’excuser pour ma question mal venue.

"Pardonnez-moi sieur Kivan, c’était une question stupide. Je ne suis pas faite pour les bavardages. Je dois vous avouer que je suis intriguée par votre métissage mais ai mal formulé ma question..."

Je me tais brusquement et ne peux empêcher la contraction involontaire de mes mâchoires.

(Bon voilà, j’ai voulu m’excuser et c’est pire, je m’empêtre toute seule…)

(C’est qu’il te plaît le semi-elfe…)

Je foudroie Al du regard sans qu’il n’en prenne ombrage, partagée entre diverses émotions, la nostalgie de Stanrock, la colère quant à ma maladresse, l’ennui d’être ici, la tristesse au souvenir d’Iluz, le plaisir de discuter avec Kivan et l’envie de fuir. Je me retrouve malgré moi dans un groupe d’aventuriers, comme celui que j’ai rejoint il y a sept ans…

D’une voix uniforme, presque las où je ne peux entièrement cacher des pointes de tristesse encore présentes, je recentre la conversation sur la question quant à la tour d’Orsan.

"Aucune idée. Ce que j’aimerais y trouver c’est ce Naral Shaam pour qu’il rétablisse le… circuit de dragons et que nous puissions nous déplacer rapidement à la tour d’Or afin de retourner sur Yuimen."

J’hésite sur les derniers mots, n’étant plus vraiment sûre de pourquoi je tiens tant à retourner sur un monde où rien de plus ne m’attend, ma quête originelle étant depuis longtemps devenue vaine.

Le sourire chaleureux du guérisseur lorsqu’il m’assure que je n’ai rien dit de mal s’ajoute à mon trouble mais a au moins l’effet de me déculpabiliser. Je m’apprête à en demander plus lorsqu’il semble sous-entendre qu’il ne connaît pas ses origines mais décide d’arrêter là les questions personnelles.
Quand il me fait remarquer que je ne suis pas obligée de précéder son nom du terme sieur, je me tourne vers lui pour le dévisager ouvertement, son visage franc à la fois jeune et mûr, son corps élancé mais visiblement musclé sous son vert habit flottant, s’il n’était qu’un humain il pourrait avoir entre vingt et trente ans.

"C’est que votre âge ne transparaît pas aussi aisément que celui de Yurlungur, alors au cas où vous soyez mon aîné de quelques centaines d’années j’y mettais les formules de politesse..."

Bien que mon visage reste froid, mes yeux laissent passer l’amusement que je sens naître en moi, calmant le maelström de sentiments qui m’a jusqu’alors saisie.
Puis reportant mon attention sur le dos des deux guides qui n’en finissent plus de nous faire traverser des galeries, je réponds à sa deuxième question sur la tour d’Orsan. Son insistance sur cette dernière commencerait d’ailleurs presque à m’inquiéter.

"Pas le moins du monde, nous n’avons hélas aucune connaissance d’Aliaénon."

Si Kivan semble en savoir un tout petit plus sur ce nouveau monde, il n’a pas non plus l’air d’avoir de grandes connaissances, du fait qu’il y soit arrivé récemment lui aussi, quoi que a priori volontairement contrairement à nous.
Il est par contre le deuxième à nous informer que la ville d’Orsan était le territoire d’Oaxaca. Je hoche la tête en serrant les mâchoires à cette idée. Ce que j’aimerais savoir c’est s’il l’est toujours… Mais je n’ai pas le temps de poser la question, car le semi-elfe poursuit sa tirade, parlant d’Endar, le Shaakt qui s’est imposé comme guide.
Je me redresse frémissante lorsqu’il m’annonce que Endar est un fidèle de Thimoros et Oaxaca, un voile sombre passe devant mes yeux et je ralentis le pas, n’entendant pas le sourd et bref grondement d’Al-Ayrad. Le regard noir de haine je continue de fixer droit devant moi, ne cherchant pas le Shaakt des yeux. Un adorateur de ce dieu de malheur marche librement à nos côtés et ai censé être celui à même de nous guider vers la tour d’Orsan… Pour empêcher ma main de saisir le pommeau de ma lame je sers mes poings à m’en faire mal.

(Ariane, calme-toi, ce n’est ni le lieu, ni le moment, nous ne savons rien de ce Shaakt…)

(Un sbire de la désolation, du tourment, un de ces êtres sans aucune profondeur qui ne savent probablement pas même pourquoi ils se réjouissent des douleurs des autres ! Je crois avoir une très bonne idée de leurs inepties et de leur stérile cruauté !)

Al-Ayrad pousse mes jambes d’un coup de tête, à la fois doux et impératif, me forçant à reprendre le rythme de la marche. Des frissons entre terreur et rage parcourent mon dos, ma respiration s’accélère entre courroux et tentative de contrôle.

(Je sais mais nous ne faisons pas face à un groupe d’assaillants ni à une armée. Il est seul et pour l’instant pacifiste.)

(Et il va nous guider vers l’antre de sa maîtresse ?)

(Je ne sais pas mais nous ne sommes pas seuls, Kivan n’est probablement pas dans les rangs de la déesse noire.)

Je dois faire un effort surhumain pour essayer de laisser paraître le moins possible de la révolte qui gronde en moi et sais pertinemment que le semi-elfe peut bien facilement deviner ma disposition envers les forces obscures. Je continue de marcher en silence jusqu’à ce que je parvienne à retrouver un semblant de calme, mon esprit explosant sous le nombre d’interrogations qui fusent dans tous les sens.

"Trop de questions et pas assez de réponse… Et vous êtes tous venus volontairement dans ce… chaos ?"

Quelle est donc cette étrange troupe dans laquelle nous nous retrouvons bien malgré nous. Ils se lient pour une mission mais se poignardent, s’accusent, se rejettent, s’abandonnent, doutent…

Je soupire, écœurée, alors que nous arrivons enfin à ce qui ressemble aux portes d’Elscar’Olth, nous les franchissons pour nous arrêter brusquement, saisis par le paysage qui s’étale devant nous. Je n’aurais pu imaginer panorama plus chaotique si j’étais en train de cauchemarder. Tout autour de nous s’étend la froide et sombre pierre de la cité, à peine éclairée par les lumières aux tons émeraudes qui s’échappent des portes et fenêtres de l’immense tour culminant au-dessus de nos têtes. L’on pourrait reprocher aux bâtisseurs leur mauvais goût si le regard ne voyait pas au-delà… Malgré le lugubre ciel ténébreux chargé de menaçants nuages aussi noirs que la suie, les rayons d’un astre diurne parviennent à éclairer les pics déchiquetés qui semblent couvrir la totalité de la Lande Noire, une terre qui mérite son nom, au sol écorché ça et là de sillons aux lueurs de jade.

(En fait d’air frais, l’intérieur d’Elscar’Olth était plus accueillant, même notre geôle semblait pour le coup plus chaleureuse…)

Je passe la main dans la crinière d’Al en hochant la tête à sa remarque. La scène ne donne pas l'impression d’être du meilleur effet sur Kivan qui a subitement l’air de se renfermer. Il me salue, soulignant que ce fut agréable d’échanger avec moi et s’éloigne. Espérant ne pas être responsable de sa soudaine morosité, je le regarde un peu perdue sur ce que je devrais dire ou faire puis me contente de le saluer, le regard de nouveau bien vite attiré par le funèbre paysage.

Devant ce sinistre décor, je ne suis finalement pas mécontente de voyager à plusieurs, si ce n’était la présence d’un adepte de Thimoros et Oaxaca, j’en sourirais presque à Yurlungur qui se rapproche de nous. Mais son air inquiet n’est pas de bon augure et je sens que cette expédition ne va pas aller en s’améliorant. Elle vient me partager des informations rassemblées sur notre destination. Orsan était il y a cinq ans sous la domination d’Oaxaca comme nous l’a appris Erthog son ancien dirigeant et l'a confirmé Kivan, ce que nous ne savions pas encore même s’il était possible de se douter que rien de joyeux ne s’y passait, c’est que la tour était utilisée comme lieu d’expérimentation par Vallel.

(Crois-tu que si mon destin était là-bas, Elurien nous aurait enlevé à ce dernier ?)

(Peu probable, il n’aurait pas ajouté que des réponses pouvaient s’y trouver…)

Je fais la même moue que Yurlungur, me disant que le seul point positif est que l’enfant n’a pas l’air enjouée à l’idée d’aller mettre les pieds dans un territoire dont la gentilé penche peut-être du côté de la déesse noire.

"Avez-vous pu savoir qui dirigeait la cité de nos jours ?"

Non, nous allons donc suivre Endar droit dans un lieu dont nous ne savons rien si ce n’est son funeste passé.

(Il serait peut-être perspicace de ne pas partager notre avis sur Oaxaca tant que l’on n’en sait pas plus.)

J’acquiesce silencieusement et me tourne vers Yurlungur, levant un sourcil au nom de Conjurribeurres.

"Les Conjurri… Les types en capuches ? Intriguant il est vrai, cela ressemble à de la magie. Quoi que valent leurs réponses, ils en ont en tout cas, je n’ai pas pensé à simplement leur demander."

Je me rapproche des deux servants masqués d’Elurien, espérant qu’ils pourront m’en apprendre un peu plus sur la tour d’Orsan.

"Une dernière question avant de me mettre en route pour ma part, si vous le voulez bien messires. Savez-vous qui dirige la tour d’Orsan depuis que Erthog Dol’Ther n’est plus en place et quel serait leur alignement ?"

Sans me donner de nom, l’encapuchonné me répond de ces lettres d’or ce que je craignais, les gens d’Orsan sont toujours les ouailles de Vallel. Je fais un signe de tête vers l’homme pour le remercier et me tourne vers Yurlungur qui m’a suivi, lui adressant un regard chargé d’inquiétude. Nous nous apprêtons bonnement à nous jeter dans la gueule du loup… Mais il doit y avoir une raison au fond de cela me dis-je en me mettant en route vers le Nord.

"Au moins pour l'instant nous allons dans la direction de la tour d'Or également..."

La jeune fille recommande la prudence, je me dis que c’est aussi beaucoup de chance qu’il nous faudra et surtout du silence… Ne rien dire à Endar pour ne pas prendre le risque de passer des geôles d’Elscar’Olth à celles d’Orsan. Je prends note que celui que nous recherchons doit être un ennemi d’Oaxaca, s’il a empêché l’invasion d’Aliaénon par l’un des lieutenants.

(Voilà une bonne raison pour aider à sa recherche.)

Entre la réflexion d’Al et les remerciements de Yurlungur parce que je les accompagne, quoi que je n’ai pas encore décidé ce que je ferais une fois à l’intersection maintenant que je sais que la tour d’Orsan est la demeure du mal, je dois avouer que donner un coup de main aux yuiméniens pour retrouver Naral Shaam commence à prendre sens. Même cette petite n’a pas l’air d’hésiter, continuant de marcher en observant le paysage désolé, je jette un coup d’œil à l’enfant.

"Je ne sais plus qui accompagne qui." dis-je dans un sourire.

Puis après quelques pas en silence, je me dis qu’il serait de bon ton de mettre à profit ce temps de marche pour en savoir plus sur celui que les mercenaires recherchent.

"Si vous voulez bien me partager tout ce que vous savez de Naral Shaam, je suis toute ouïe. A part que c’est un elfe, je ne sais rien, pas même quelle race d’elfe exactement."

La petite fait de son mieux pour me décrire celui qu’ils recherchent, un elfe blanc à la chevelure mauve. Mais ce n’est pas le trait qui permettra de mieux le repérer, le dragon de la même teinte qui se trouve a priori occasionnellement avec lui ne devrait pas manquer d’être notable. Je remercie Yurlungur pour les précisions et reste silencieuse, continuant d’avancer vers le Nord.

Entre réflexions internes, quelques échanges muets avec Al et l’observation du désolant paysage quoique maintenant plus calme que l'intérieur d'Elscar'Olth, la route se déroule assez rapidement sous nos pieds, sans aucune mésaventure.
Nous voilà à l’intersection qu’a indiqué l’un des hommes d’Elscar’Olth, comme un signe la route ne se poursuit pas vers le Nord mais bifurque soit vers l’Ouest, soit vers l’Est. Un peu moins de la moitié du groupe prend cette dernière direction, ceux qui ne nous accompagnent pas à Orsan, ayant choisi de suivre une autre piste. Je salue d’un signe de tête dame Sibelle qui agite sa main et me tourne vers l’Ouest.

(En route vers… notre destin alors !)

J’échange un long regard avec Al-Ayrad, prend une large inspiration et me remet en marche sur ce nouveau tronçon de route.


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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 10 Nov 2018 09:43 
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Ses propos ont l’air de déclencher un véritable électro-choc sur le conjurateur qui serre fort ses poings, semblant à peine maîtriser sa colère à son encontre. Tout cela est délicieux pour Endar qui s’en repaît jusqu’à la lie. Il sent le regard d’Ariane peser sur sa personne, celle-ci hochant la tête comme un signe d’assentiment à ce qu’il rejoigne le groupe. Elle s’apprête à lui répondre lorsque le conjurateur intervient finalement leur donnant les directions demandées. Ariane s’adresse par la suite à l’archer-mage admettant sous réserve qu’une personne connaissant Aliaénon leur serait bien utile, si toutefois il s’adaptait au groupe et elle appuya ses dires en désignant d’un signe de tête la fillette ainsi que les autres membres du groupe, Jorus et Kivan. Sans doute, Endar n’aura aucun mal avec Yurlungur, mais les deux autres il ignorait tout d’eux. Il hocha simplement la tête à son encontre pour lui signifier qu’il avait parfaitement compris et la laissa sans autre forme de cérémonie. C’est lors de leur descente jusqu’à la sortie de la cité d’Elscar’Olth flanqué par deux conjurateurs masqués que Yurlungur s’approcha subrepticement de sa personne, leur conversation étant couverte par le bruit des pulsations provenant de la cité. A cet égard, l’elfe noir sera heureux quand ils seront loin de cette cité pour que sa magie arrête de palpiter dans son corps. La mine sérieuse, elle lui demanda plus d’informations sur leur destination, un lieu que connaît à peine Endar à dire vrai, mais qu’il doutait être difficilement à repérer sur la Lande Noire. Elle lui demanda également quels dangers ils rencontreraient sur la route et combien de temps il allait falloir pour atteindre leur destination.
- Je connais un peu les Landes Noires, mais je n'ai jamais eu l'occasion de me rendre jusqu'à la Tour d'Orsan. J'imagine que Vallel ne voulait pas que je m'y rende pour des raisons évidentes.

Endar prit son temps à réfléchir à propos des dangers qui les attendaient avant de s'exprimer posément.

- Entre ici et la Tour, rien de nouveau par rapport à ce que tu as déjà vu. A part le dragon noir et les créatures dont nous avons vu les cadavres dans la grotte, j'imagine qu'il y a d'autres féroces prédateurs. Je ne les ai guère approchés lorsque j'ai traversé la Lande pour vous rejoindre. Les Landes ne sont pas un endroit pour les faibles ni pour ceux qui s'isolent comme Naral.

Il enchaîna sur la question de la durée du périple.

- Nous devrions pouvoir l'atteindre en cinq, six jours. Cela dépend de notre allure et si nous voyageons également la nuit évidemment. Aliaénon a beaucoup changé depuis ma première venue sur ce monde, ce monde s'est considérablement agrandi, c'est donc assez délicat de donner une estimation.


- A vrai dire je suis plus méfiant par rapport à ce que nous trouverons dans la Tour plutôt qu'aux créatures parcourant cette terre désolée. Rien qui ne m'effraie cependant, j'ai survécu à Vallel et à Sirat, j'ai donc toujours des atouts dans mes manches qui seront utiles au groupe.


La fixant légèrement et reprenant d'un ton toujours aussi détaché.


- Xël était bien différent de l'être qu'il est devenu, mais il reste invariablement attaché à Simaya d'où sa colère j'imagine. Sirat, Xël et moi-même avons protégé la conseillère il y a cinq ans. Je ne te tiens pas ombrage pour tes actes pour autant, je préfère une bonne lame plutôt qu'une personne hésitante.

Après un bref silence, il lui demanda son avis.

- Dis moi, que penses-tu du Sans Visage ? Envisagerais-tu de le rallier comme Sirat ou de te débarrasser d'un être qui a longtemps imposé sa loi sur Aliaénon comme je le souhaite ?
A ses paroles, elle semblait des plus déçues et son visage se crispa légèrement lorsqu’elle entendit parler de Xël avant de se détendre finalement pour répondre à ses questions. Elle ne semblait pas avoir d’avis sur l’Unique, elle ne s’occupait que de leur mission pour l’instant. Il était un peu déçu par ses dires mais les comprenait, il était difficile de se faire une opinion sur une telle entité en si peu de temps.

- Les dieux n'interviennent jamais directement, pourquoi en serait-il différemment du Sans Visage ? Naral s'est fait beaucoup d'ennemis, ce n'est que supposition que de rendre le Sans Visage ou l'un de ses sbires responsable de sa capture. Le Sans Visage n'est du côté de personne à part le sien, il nous a aidé c'est vrai mais uniquement pour asservir les peuples et éviter le réveil des Titans.

Endar fait une grimace de dégoût en prononçant les mots suivants:
-Il me rappelle Zewen, toujours à intervenir dans nos destinées alors que nous forgeons nos propres destinées. J'imagine que c'est la raison pour laquelle Sirat aide le Sans Visage, il lui rappelle son Dieu.
A ses questions, il crut lire en elle une certaine incompréhension mais surtout une gêne de ne pas connaître Zewen.
le dieu du temps. A vrai dire, il ne connaissait que peu ce dieu et le peu qu’il connaissait sur lui, il le tenait de Sirat et de son comportement chaotique.
Endar rit, amusé par les premières paroles de la fillette.

- L'asservissement et le chaos, deux belles choses aux yeux d'un shaakt, mais il est vrai que les deux choix sont fâcheux.

Il reprit avec un brin d'amusement.

- Oh je connais peu le peuple de Treeof à part le fait qu'ils détestent la magie et qu'ils nous ont aidé autrefois. Penses-tu toutefois que seule leur transformation ait conduit à la guerre civile ou que la racine du mal soit en réalité plus profonde ?


A ses questions concernant Zewen et le Sans Visage, il lui répondit sérieusement:


- Je ne suis pas un érudit mais de ce que je sais c'est que Zewen est le maître du Temps, des destinées. Sirat pense comme son dieu que nos destinées sont déjà écrites, que nous les forgerons pas, c'est sans doute de là qu'est née notre dissension. Zewen comme le Sans Visage refusent l'évolution lorsque celle-ci n'est pas déjà écrite par eux, voilà à mon sens leur trait commun.


- Il n'y a pas besoin d'intervenir énormément pour soumettre quelqu'un, juste lui offrir quelque chose en échange de sa fidélité et le prévenir des dangers qu'il s'expose s'il venait à lui désobéir. Le Sans Visage est intervenu en affirmant que les Titans étaient une menace qu'il fallait combattre, cette affirmation est ensuite devenue des histoires, des mythes se transmettant génération après génération auprès de chaque peuple. En échange il avait fait construire les grandes cités d'aujourd'hui, leur offrant un somptueux cadeau empoisonné par la même occasion. C'est une entité qui agit de manière subtile, cela n'a rien à voir avec la domination exercée par Oaxaca par exemple.
La question suivante de Yurlungur le laissa un instant sans voix, n’ayant pas imaginé qu’elle lui demanderait en quoi c’était un mal que de construire des cités pour les peuples d’Aliaénon.
- Ce n'est pas un mal, au contraire même, mais offrir un cadeau en attendant quelque chose en retour, c'est avoir un intérêt propre. La carotte et le bâton, voilà comment fonctionne le Sans Visage.

Il réfléchit quant aux titans et à leur place dans ce monde avant de lui adresser la parole avec précaution.

- Les Titans ne sont ni des êtres bénéfiques ni maléfiques, leur essence magique est par contre intéressante. En acquérant plus de connaissances sur leur espèce, nous pourrions renforcer tous les peuples d'Aliaénon et en agrandissant l'influence du Conseil, nous pourrions imposer une paix durable sur ce monde.

Endar ne manqua pas de sourire franchement suite à ses propos sur la différence engendrant la haine.

- Tu n'as pas forcément tort, Sheela, de par sa différence de caractère avec les trois reines, a démontré sa faiblesse. Les peuples en crise cherchent toujours des coupables et des dirigeants à forte poigne, avant de finir par regretter l'ancien temps. C'est une excellente conseillère toutefois, les reines d'Arothiir n'auront jamais son talent pour la diplomatie.

- La haine à mon égard est à mon avis plus due à la méfiance que je leur inspire plutôt qu'à ma race. Quant aux regards, je crois que tu es la meilleure placée pour savoir que l'on peut vite perdre le respect de ses pairs ainsi que leur confiance. Sirat également a perdu la confiance de certains en avouant son secret.


Il lui sourit avant d'ajouter sur un ton plus bas.


- Les nouveaux venus d'Aliaénon ne sont pas forcément dignes de confiance non plus, certains sont apparus comme par magie sur Aliaénon. C'est l'une des raisons pour laquelle je vous suis, voir comment ils vont se transformer sur Aliaénon. Ce monde nous a tous façonné, même toi Yurlungur. Tu as bien changé depuis notre première rencontre à la Tour d'Or et tu as reçu un certain entraînement vu comment tu te déplaces aussi furtivement.

Ses dernières paroles eurent l’effet escompté sur la fillette, celle-ci faisant mine de ne pas comprendre, ajoutant toutefois qu’elle ne jouait plus le rôle de la fillette en détresse, toute mignonne et innocente. Qu’importe en réalité pour Endar qui ne voyait pas l’intérêt d’insister plus sur cet entraînement, elle était dangereuse et c’était tout ce qui lui importait.

Plusieurs minutes plus tard, ils atteignirent enfin la sortie, Endar ne manquant pas de se retourner pour admirer la magnificence de la cité qui semblait engoncée dans la roche noire de la Lande Noire et dont il émanait des lueurs presque fantomatiques. Une fois à l’extérieur, c’est Jorus qui s’approcha de lui pour lui demander pourquoi il les accompagnait jusqu’à la Tour d’Orsan alors que l’idée d’aller voir le dragon noir venait de lui. Cet humain était bien soupçonneux, songea-t-il un instant. La suite de ses propos confirma sa pensée.
- Si tel était le cas Jorus, j'en aurais beaucoup à envoyer à la mort vu le nombre de mes ennemis. C'était une simple proposition que d'autres ont eu également, ils n'ont pas besoin d'un troisième Sauveur, de plus cela fait cinq ans que je voulais visiter la Tour d'Orsan, je profite de l'opportunité c'est tout. Aurais-tu peur que je vous conduise également à la mort ? ajouta-t-il avec un léger sourire.

La réaction ne tarda pas à venir, l’humain semblait des plus réceptifs à ses piques et lui faisait comprendre qu’il n’avait rien à craindre face à lui, songeant à s’allier avec les trois autres membres du groupe le cas échéant. Les menaces ne lui faisaient aucun effet en réalité.

- A quatre contre un Sauveur, oui je crois que tu as une raison de me craindre, surtout si tu envisages ne pas pouvoir me vaincre seul.
Jorus réitéra sa question à propos de son envie de les rejoindre.
- Quant à mon désir d'aller à la Tour, figure toi que libérer des prisonniers est devenu ma seconde vocation, outre que cela impliquerait pour Vallel un nouvel échec et je dois avouer que j'adore m'amuser avec les treize lieutenants d'Oaxaca. Si la question implicite était de savoir si j'avais quelques plans secrets, rassure toi que mon unique dessein est de vérifier si des prisonniers peuvent être encore utiles et conscients après les expériences faites sur eux. Un dessein étrange pour un disciple de Thimoros, mais j'espère rencontrer une résistance à la Tour suffisante pour éclabousser les murs du sang de ceux détenant la Tour.

Une réponse qui se voulait suffisamment cinglante pour que Jorus comprenne qu’il ne les craignait nullement. La réplique ne tarda pas à venir, mais les paroles de l’humain commençaient à l’agacer le touchant plus qu’il ne voulait bien l’avouer. Remettre en question les compétences martiales d’un shaakt était des plus insultants. Blessé dans son orgueil, il le laissa poursuivre néanmoins, écoutant ses questions à propos d’Orsan, jusqu’à que Jorus se rende compte qu’il ne s’y était jamais rendu. L’honnêteté n’avait jamais été véritablement le fort de l’elfe noir.
Le sourire carnassier aux lèvres, presque amusé par ses réactions, il rétorqua:
- Je n'ai jamais dit que ce sang devait être le vôtre, je parlais des potentiels tortionnaires à Orsan. Quant à me sauver d'une mort affreuse, n'exagérons rien tout de même, si j'avais pu utiliser tout mon potentiel dans la grotte je l'aurais fait, malheureusement vu le nombre de personnes dans la cavité, j'en aurais brûlé plus d'un. Je ne parlais pas d'être un sauveur comme les histoires navrantes que vous autres humains vous vous racontez, je parlais d'être l'un des Sauveurs d'Aliaénon. Le jour où tu affronteras l'armée de Vallel ou qu'à dos de dragon, tu combattras le Titan de la magie, peut-être que tu pourras me parler ainsi.
Puis se rappelant du discours de l’arrogant chevalier d’or, il reprit les mêmes mots à l’encontre de Jorus.
- Si tu regrettes de m'avoir sauvé, ne me sauve pas la prochaine fois. Cela ne m'empêchera pas de vous aider pour autant.
Il reprit plus sérieusement la conversation se dégageant tranquillement de la prise de Jorus.
- Je vous sers de guide en vous aidant à rester en vie dans la Lande, je n'ai jamais dit que je connaissais Orsan. Aucun d'entre nous y est allé, tout ce que je sais c'est que c'est un lieu d'expérimentation où Vallel a pu s'entraîner si j'ose dire avant de devenir l'un des treize. Enfin, avec les indications fournies et l'idée d'une tour en plein milieu de pics rocheux, je crois qu'on la verra vite. Pour ton information, ce monde a énormément changé depuis notre toute première venue il y a cinq ans et à l'époque il y avait une guerre, j'étais un peu plus préoccupé par tuer mes ennemis plutôt que par admirer les paysages.
Le regardant, demandant toujours posément:
- Et toi Jorus, pourquoi s'engager dans un périple aussi dangereux ? Est-ce pour la gloire, l'argent, une envie de tuer les serviteurs d'Oaxaca ? Pour le dernier cas ça tombe un peu mal, mais rassure toi, nous pourrons peut-être libérer certains prisonniers et trouver ce maudit Naral.

- Puisque tu m'as donné un conseil gratuitement, laisse moi te donner le conseil à mon tour : unissons nous au lieu de nous désunir et de nous lancer des menaces qui n'ont aucun intérêt. Ces terres sont suffisamment dangereuses pour que nous commettions la même erreur que Naral, à savoir partir tout seul. Je comprends que mes méthodes et mes trahisons successives te fassent douter mais j'ai toujours à cœur d'aider les peuples d'Aliaénon, je l'ai fait il y a cinq ans et je le fais encore aujourd'hui.
Jorus, une fois sa contenance retrouvée, critiqua de nouveau ses talents martiaux ce qui ne tarda pas à allumer un véritable brasier dans ses yeux bicolores.
- Si facile de juger alors que c'est ta première fois sur ce monde. Non, effectivement la guerre sur Aliaénon ne me concernait que parce qu'il y avait des enjeux politiques sur Yuimen que je ne dévoilerais pas. Je fais ce qui doit être fait et j'ai évité que certains peuples ne souffrent d'une guerre idiote entre ces abrutis d'ynoriens et ces abrutis de garzoks. J'ai d'autres desseins parce que je tiens à ce monde, un monde qui pour la première fois me juge non parce que je suis un shaakt mais pour la personne que je suis véritablement. Cesse donc de jouer l'hypocrite Jorus, tu souhaites que je sois parfaitement honnête et transparent et pourtant tu caches tes secrets. Je n'ai rien à vous prouver à aucun d'entre vous, mais si vous m'empêchez de protéger les peuples que j'ai jurées de protéger je ne prendrais aucune pincette. Tu as raison toutefois sur une chose, toujours se fier aux actes alors à présent je me fierais également aux tiens.
Jorus ne semblait pas du genre à remuer le couteau dans la plaie, ses paroles devenant par la suite moins virulentes à son encontre ce qui eut pour effet de le calmer petit à petit et lui permit de répondre à ses questions sur ce qu’ils pouvaient trouver comme monstruosité dans le coin.
- Des abominations pires que celle créée par Simaya sans aucun doute. Peut-être des sortes d'énormes chiens ayant mutés sous l'effet de la magie comme nous en avons tué Sibelle, Sirat et moi-même près d'Ouesseort. Potentiellement d'anciennes expériences de Vallel si elles se sont échappées de la Tour. Peut-être reste-t-il quelques énormes rats dénués de peur suite aux expérimentations de Vallel, nous en avons tués pas mal il y a cinq ans, mais avec Vallel on ne sait jamais. Je ne sais pas ce que vous pensez trouver à Orsan, mais je doute que ce que vous trouverez vous plaira.
Son discours eut un effet des plus efficaces sur Jorus qui semblait littéralement trembler de peur. Il lui demanda néanmoins des informations sur Naral et lui demanda s’il cherchait des informations à propos du promeneur de mort.
Un léger sourire orna ses lèvres en le voyant se raidir, puis à ses paroles, il laissa le silence s'installer avant de lui répondre:
- Sous sa forme de dragon, il doit être un peu moins grand que le dragon noir ou le dragon d'or. C'est hilarant de songer que ceux venant le sauver ont tous de très bonnes raisons de le tuer. J'entends par là que vous n'y trouverez que mort, désolation et souffrance à Orsan, rien de bien ne peut y ressortir, même Thensoor, si tu vois de qui je parle, n'est pas à l'aise avec cet endroit et pourtant c'est une liche. Il y a peu d'informations là-bas, libérer si possible les prisonniers pour embêter Vallel est la seule raison pour laquelle je vous ai joins. Le Promeneur de Mort est le nom que les sorciers donnent au Sans Visage, je doute y trouver plus d'informations sur cette entité. "
Il soupira par la suite en pensant aux Sauveurs
.
- Je crains que le Sans Visage ne sépare notre belle et heureuse famille décadente. Mes frères et sœurs Sauveurs devront choisir un champ, je le crains. J'ai peur que ce soit inévitable que Sirat et moi nous nous entretuons. Il est plein de ressentiment à mon égard et il a peur de ce nouveau monde que j'appelle de mes vœux. Si j'aime le chaos qui sème, je ne souhaite pas que ce monde redevienne ce qu'il était ni qu'il soit détruit par nos querelles et nos coups bas. Comprends-tu Jorus qu'il y a plus en jeu que simplement le sauvetage de Naral ?
Cela semblait faire réfléchir l’humain qui le questionna plus en avant sur Naral et sur le massacre perpétré par ses soins.
Il soupira de nouveau lorsqu'il entendit parler du massacre perpétré par Naral.
- Aliaénon nous change tous, tu finiras par saisir les tenants et aboutissants si tu reviens sur ce monde après notre mission. Quant à Naral, nous nous détestons, si nos méthodes sont semblables, cela ne veut pas dire que nous sommes d'accord sur tout. Qu'il meure ou vive m'importe peu, je laisserai volontiers Sirat le tuer s'il ne connaissait pas Aliaénon plus qu'il ne veut bien l'avouer. Le réveil des Titans a permis aux peuples qui m'ont accueilli comme l'un des leurs d'étendre leurs territoires et d'augmenter leur puissance. Dès lors pourquoi reviendrais-je sur ces changements ? Il n'y a pas mille versions du massacre perpétré par Naral, j'ai vu les cadavres des Ouessiens reposer sur le sol de leur cité, ce même peuple que j'ai juré de défendre. Il ne rend ni compte aux peuples d'Aliaénon ni au Conseil d'Or, ce qui n'est pas mon cas. Je ne détruirai aucun peuple sauf si ce dernier menace les peuples dont j'ai la protection.
Ses derniers propos eurent tôt fait de pousser Jorus à lui demander quels peuples il protégeait. Endar releva l’ironie employée, mais décida de ne pas y prêter suite, préférant au contraire lui répondre en toute honnêteté.
- Des géants de Glace des lointaines montagnes de Colomir'Thù et à présent des Ouessiens de Nagorin et d'Ouesseort. Certains Sauveurs protègent également d'autres peuples: Charis protège les sorciers de feu et de vision, du moins une partie d'entre eux, Kiyo protège le peuple Pâle et Xël protège sans doute le peuple d'Esseroth dont est originaire Simaya.
Satisfait de ses réponses, Jorus le laissa et Endar put enfin profiter du voyage à travers le décor fumant de la Lande Noire. Il devait avouer que la lave et les pics de roche noire lui avaient manqué depuis son dernier passage sur ces terres.
Il n’eut guère le temps de profiter autant qu’il voulait du décor apocalyptique, Xël s’approchant de lui. Endar imagina que cela était inévitable après l’avertissement qu’il lui avait adressé à Elscar’Olth.
Xël n’avait pas tellement changé en réalité depuis leur rencontre. Il affirma qu’il ne choisirait pas entre les deux camps qui se formaient et qu’ils protégeraient tant les Ouessiens que les citoyens d’Arothiir en leur permettant de prier l’Unique.
- C'est noble de ta part Xël mais n'est-ce pas là qu'un simple discours non suivi d'actes ? Tu prétends défendre les Ouessiens, mais les défendras-tu contre Sirat le moment venu ? Les défendras-tu contre le Sans Visage alors qu'ils cherchent à l'éliminer ? Quant à Arothiir que je ne connais guère, ont-ils véritablement le choix avec les dirigeantes qu'ils ont ? L'Unique sera toujours une menace dès lors qu'il serait prêt à tout pour récupérer son ancien monde. Je ne suis pas certain que tu puisses ne pas choisir de camp au final.
Endar ne lui faisait qu’entrevoir l’amère vérité, il allait devoir choisir son camp. Xël lui répondit qu’il était dans le camp du peuple, une notion bien abstraite pour le shaakt. Xissirant l’avait appelé le noble cœur et aujourd’hui Endar constatait que ce surnom lui allait comme un gant. Le Sauveur lui avoua à demi mot être rentré en contact avec l’Unique, mais celui-ci refusait toute discussion tant que Naral s’y opposait. Plus diplomate, Endar essaya de le convaincre du bienfondé de ses actions.
- Voilà pourquoi je souhaite en apprendre plus sur les Titans et leur magie, les Ouessiens sont bien parvenus à utiliser ce savoir à leur avantage, pourquoi n'en ferais-je pas bénéficier ainsi l'intégralité des peuples. Avant même Vallel, ce monde était dangereux, les peuples que je soutiens bénéficient largement du réveil des Titans. Leur territoire s'est agrandi, ils ont gagné en puissance et en pouvoir. Naral et les chevaliers d'or sont un problème il est vrai, mais le Sans Visage cache largement ses ambitions. Nous ne savons pas ce qu'il est ni ses réelles motivations derrière ses sages paroles. S'il était prêt à discuter avec le conseil, pourquoi ne pas le faire à présent que son ennemi a disparu ? Quant aux monstres, j'ai déjà demandé à ce qu'un ouessien examine l'un d'entre eux pour savoir ce qu'il se passe.
La réponse du magicien le laissa perplexe tant elle semblait naïve. Il refusait définitivement de choisir un camp. Sentant qu’il n’en tirerait rien sur ce sujet, il embraya sur Simaya.
- Je n'aime guère que Simaya soit au centre de ce conflit et la peur d'Elurien ne me dit rien qui vaille pour le futur des Landes Noires. Qu'avez-vous appris sur sa venue sur ces terres ?
Le magicien soupira, sans doute n’avait-il pas été le premier à lui poser cette question. Il supputa qu’ils obtiendraient des réponses en regroupant les personnes citées par Simaya.
- Une tâche ardue en somme. Il semble suite à tes paroles que je n'ai pas à craindre de tes actions contrairement à celles de Sirat. Ce n'est pas faute d'essayer de le convaincre. Peut-être arriverez-vous à le faire douter au cours de votre périple, c'est tout ce que je peux espérer, conclut -t-il

La discussion achevée, ils continuèrent jusqu’à l’intersection indiquée par le Conjurateur, Endar rejoignant le groupe partant vers Orsan sans presque un regard pour les deux Sauveurs et Sibelle.

(3968 mots)

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Dernière édition par Endar le Sam 10 Nov 2018 22:25, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 10 Nov 2018 13:29 
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Lande Noire – Vers la Tour d’Orsan.


    Ainsi donc, le plus gros de la troupe se dirigeait vers Orsan. Ariane et son lion, Yurlungur, Endar, Jorus et Kivan. Sans doute aucun d’eux ne s’attendait à marcher si longtemps. Les heures de la journée défilaient sans qu’aucun changement majeur ne se fasse dans le paysage. Ces éternelles piques de roc noir formaient leur horizon chaotique, percé parfois de lueurs rougeâtres synonyme d’un feu enfoui, de lave proche, qui remplaçaient les lueurs sépulcrales d’Elscar’Olth, pour toute lumière. Une masse de nuages noirs permanents stagnaient au-dessus de leurs têtes.

    Ils marchèrent ainsi plusieurs heures. Les cieux finirent par s’assombrir davantage encore, rendant la progression de plus en plus complexe pour ceux ne voyant pas dans l’obscurité. La nuit tomba sans qu’ils aient ne fut-ce qu’un indice de leur progression. La voie qu’ils suivaient était unique, sans intersection. Elle les mena à proximité d’un lieu plus éclairé, dans ces ténèbres profondes. Un endroit où la terre semblait éclatée, où des pics de plusieurs dizaines de mètres s’élevaient du sol, formant comme une couronne autour d’un véritable lac de lave de plusieurs centaines de mètres de circonférence. Le groupe était fourbu par la marche, fatigué, mais était-ce réellement une bonne idée de passer la nuit là ? C’est eux qui devraient décider que faire, et comment s’organiser. Une chose était certaine : il ne semblait y avoir aux alentours ni gibier ni plantes potagères. Pas même de bois pour faire un peu. Tout n’était que roche et flammes, dans ce pays maudit.

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    [Apartés possibles pendant la marche. Précisez ce que vous faites une fois le soir venu : poursuivre ou camper. Et quoiqu’il en soit : comment vous comptez vous organiser.]


Lande Noire – Vers la Grotte de Simaya.


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    Le trio composé de Xël, Sirat et SIbelle choisit de se rendre plus au nord encore dans la Lande Noire. Après quelques courtes heures de marche dans le paysage de mort de la Lande Noire, compsé de rocs et de flammes, ils surent ce que le Conjurateur avait voulu dire en précisant qu’ils retrouveraient aisément leur chemin. Devant eux, traversant le paysage du sol vers les cieux, une colonne de lumière blanche tranchant surprenamment avec le reste de l’ambiance les guidait comme un phare. Une conséquence de leur petit combat dans la grotte contre Simaya ? Une nouvelle manifestation de l’autel lumineux qui servait d’arme à la terrible blonde ? Ils se dirigèrent vers la lumière et finirent par l’atteindre à la tombée de la nuit, alors que l’obscurité devenait presque impénétrable. Tous trois n’eurent aucun mal à reconnaître les lieux : c’était bien la grotte où ils avaient combattu Simaya qui pulsait de cette nouvelle lumière. Aucune trace du dragon noir ici, cependant. Ni sur terre ni dans les cieux. Du moins pas pour l’instant

    Fourbus, ils devaient se décider sur la marche à suivre : camper là ? Poursuivre leur exploration de la grotte ? Tenter de communiquer avec le dragon ? Sibelle et Xël eurent subitement une voix qui sortit de leurs équipements. De leur pierre de vision. Celle, ténébreuse, de Thensoor, hachée par des perturbations.

    « …Comprends… mauvaise… arrive à Elscar’Olth. »

    La communication semblait toujours aussi peu fiable, malgré la tentative des deux à user de deux pierres plutôt qu’une. Étaient-ils néanmoins parvenus à faire bouger l’ancien archi-sorcier de sa tour d’or ?

    [Apartés possibles pendant la marche. Précisez ce que vous faites une fois le soir venu : poursuivre ou camper. Et quoiqu’il en soit : comment vous comptez vous organiser.]


[Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (utilisation de deux pierres pour un message à Thensoor) + 1 (bonus longueur).
Xël : 0,5 (introspection) + 1 (apartés) + 0,5 (message à Thensoor) + 1,5 (bonus longueur).
Sirat : 0,5 (introspection).
Kivan : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 1 (bonus longueur).
Jorus : 0,5 (introspection) + 1 (apartés) + 1,5 (bonus longueur).
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 1,5 (apartés) + 2 (bonus longueur).
Ariane : 0,5 (introspection) + 1 (apartés) + 1,5 (bonus longueur).
Endar : noté quand complété.]

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Jeu 15 Nov 2018 12:09 
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La plaine aride était balayé par un vent sinueux qui semblable à une méduse s'étalait sur l'écorce de cette terre désolée. Sous leur pied, le craquement du sol qui s'effritait en cendre. Des pics de roche, calciné et morte, s'érigeaient en pierre tombale, parfois petite, d'autres colossale, frappant le ciel fuligineux de leur pointes escarpés.

es veines, carmins, de lave, entraînant dans leur sillage une épaisse fumée grise, irriguaient se paysage cadavérique et pourtant plein de vie.

devant eux une colonne de lumière fracturait l'horizon. Elle sortait de la grotte, et leur indiquait le chemin. Le rayon pulsait et ils s'en rendirent compte à mesure qu'ils approchaient.
Sibelle demanda ce qu'ils comptaient faire, s'ils l'un des deux avaient un plan. Xel lui répondit qu'il trouvait plus sage de trouver un endroit avant la nuit. En effet, bien que cela ne soit qu'une nuance, la nuit semblait tombé sur ce monde déjà nocturne. Sibelle acquiesça, la grotte semblait être un endroit tout prêt.

Sirat lui restait silencieux, le regard obscurcit par ses intrigues et ses hypothèses. Il scrutait la plaine décharné, à la recherche de quelques choses. Xel pensait aussi qu'il était plus sur de se protéger que de chercher un dragon en pleine nuit.

Sirat restait songeur "c'est lui qui doit nous trouver, on est sur ses terres" il s'avança " j'ai envie de fouillé un peu avant d'aller m'enterrer, il y a peut être des indices ... de toutes façon sur ses terres je ne me sens en sécurité ni dans la grotte ni en surface."
Xel haussa les épaules, la rouquine suggéra qu'il reste ensemble. Mais Sirat balaya cette idée, d'un ton glacial et désagréable.

"j'ai pas besoin de gouvernante"

Sibelle le défia du regard, le torchon brulait entre ces deux la. Elle ne voulait pas jouer la gardienne d'enfant et se détourna de lui pour entrer dans la grotte, Xel soupira et la suivit.

Sirat cracha par terre et s'avança vers le lieu du combat. Il cherchait du regard un indice, une preuve, n'importe quoi qui aurait pu l'orienter. Au dessus de lui, le pilier de lumière écarlate éclairait la sinistre place.

Il posa sa main à terre, et prenant un risque considérable, partit dans le passer de ces pierres, afin de voir ce qu'il s'était passé.


Citation:
380 mots
laisse les autres rentrer dans la grotte
s'avance et cherche des indices
utilisation de la capa rp de classe tertiare : "vision du temps" : en se liant aux fluides élémentaires de terre autour de lui, le zélote peut voir le passé du lieu. Plus son élément domine aux alentours (temple de Yuimen, forêt, sable, montagne, plaine,...) plus la vision pourra être précise autant dans la qualité des images que dans l'espace temporel. (à contrario, dans une grotte humide, au niveau d'une rivière, dans la mer, sur une montagne enneigée ou dans une zone volcanique,... le pouvoir sera moins précis)

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 16 Nov 2018 06:01 
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Localisation: Aliaénon
Je ne sais si le triste paysage est responsable mais dès que nous nous retrouvons en comité restreint, plus aucun des mes compagnons de route ne prend la parole. Même Al-Ayrad et moi marchons en silence, le regard concentré sur la route accidentée qui s’étale sous nos pieds et la même route au loin dont on ne voit pas la fin. Je demanderais bien à Endar s’il sait combien d’heures ou de jours nous séparent d’Orsan, car la carte de Sibelle n’indiquait aucune échelle, mais les dernières informations que j’ai apprises de la bouche de Kívan ne me donnent pour l’instant pas vraiment envie d’engager la conversation avec le Shaakt.

La journée se déroule dans un étrange calme, me rappelant ma récente marche dans les montagnes de Nirtim quoi que je ne sache pas si elle est finalement si récente que ça et le panorama y était plus agréable. J’ai des heures entières pour assimiler le fait que nous sommes sur un nouveau monde, à un nombre de lieux probablement inimaginable d’Imiftil. Malgré cet éloignement, ce terrain inconnu est tout de même lié à Yuimen, rapproché par la commune et sombre présence d’Oaxaca.

Le ciel déjà obscur semble devenir encore plus opaque, signalant sans doute la fin d’une journée dans la Lande Noire. Personne ne dit rien et nous continuons d’avancer jusqu’à ce que la lumière se fasse tellement faible que je commence à ralentir le pas, craignant de trébucher sur un quelconque obstacle maintenant invisible. C’est la jeune fille qui finit par s’arrêter alors que le changement de luminosité ne doit pas vraiment la déranger. Mais pour les avoir estimé, je sais que nous marchons depuis plusieurs heures sans avoir pris de réelle pause.

Yurlungur suggère alors que nous établissions un campement ici-même pour la nuit, énonçant un ordre pour les tours de garde. Elle désigne Al et moi-même pour le premier quart, ce qui me convient fort bien. Quoi que je sois fatiguée par la journée de marche, je n’ai guère envie de dormir, me disant que même une nuit dans les étendues du Désert Bleu serait bien plus agréable, nous pourrions au moins voir les étoiles… Est-ce que le ciel d’Aliaénon n’est jamais visible ?

Observant le lieu où nous nous trouvons et la source de lumière émanant de ce qui a la forme d’un lac mais le contenu d’un brasier, je finis par reposer mon regard sur l’enfant et hoche la tête pour donner mon accord. J’attends que les trois hommes fassent de même et décide ensuite de m’éloigner un peu dans la direction opposée du lac, dont la luminosité ne ferait que nous aveugler.
Ayant entendu la suggestion d’Endar quant à se placer sur l’un des pics, j’en cherche un assez large et plat pour pouvoir le gravir de quelques mètres, n’écoutant plus les échanges naissant entre le reste du groupe.

(Je vais te tenir compagnie mais tu es plus à même de veiller mon ami. Tu dois voir, sentir et entendre bien plus loin et bien mieux que moi !)

Al-Ayrad acquiesce et observe le site tout autour de nous.

(Nous sommes bien ici, je vois le groupe et la vue est assez dégagée tout autour.)

Je hoche la tête et m’assois sur la roche, mon regard se portant alternativement sur les autres en train de s’organiser pour la nuit et le décor tout autour d’eux visible à mes yeux dans la clarté du lac de feu.

(Nous réveillerons les elfes d’ici deux heures.)


(((580)))

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 16 Nov 2018 06:05 
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Marcher sur ces terres hostiles ne s’apparentait aucunement à une promenade de plaisance dans de beaux sentiers tout tracés. Ici, l’air était chargé de poussières, les nuages noirs et bas assombrissaient le paysage déjà obscur ne serait que par ces roches noires volcaniques. Sibelle se concentrait à conserver la direction nord tout en regardant où elle mettait les pieds.

Après environ une demi-heure de marche, Xël, s’approcha de Sibelle et rompit le silence. Sans détour, il demanda à Sibelle d’où elle venait. Surprise par cette question subite, Sibelle hésita un court moment avant de répondre simplement d’un ton aimable :

« De Cuilnen »


Le mage ne sembla pas découragé par la brève réponse de l’hinione et renchérit en demandant où se trouvait Cuilnen et à quoi elle s’occupait là-bas.

Sibelle n'étant pas habituée de parler d'elle, elle plissa d’abord le nez avant de répondre

« Sur NIrtim. À l'est, dans le royaume d'Anorfain. »

Elle fit quelques pas en silence avant de poursuivre :

« Je me suis entraînée à l’épée depuis mon tout jeune âge. Je suis née pour combattre. »

Son compagnon, qui arrachait à la belle guerrière les informations goutte à goutte poursuivait tout de même la conversation.

Il avait mal compris la réponse de l’hinionne, croyant que les habitants de Cuilnen, savaient à la naissance ce qu’il ferait plus tard. Il précisa ensuite sur son même ton jovial qu’il ne cherchait pas à lui faire subir un interrogatoire, il voulait juste profiter de ce moment d’accalmie pour faire plus ample connaissance. Il était vrai que depuis leur toute première rencontre, ils n’avaient pas eu vraiment le temps de se parler.

Les sourcils de Sibelle se froncèrent légèrement.

« Non, non, ... C'est une façon de parler pour dire que mes aptitudes pour combattre ainsi que le plaisir que j'en tirais se sont révélées très tôt. »

En fait, ce fut le caractère impétueux de Sibelle qui se révéla dès la pouponnière où elle fut un bébé colérique. Voulant obtenir sans aide les objets qui lui étaient hors portée, plus rapidement que les enfants de son âge, elle avait vite appris à ramper, puis marcher à quatre pattes, pour enfin marcher debout et courir. Très vite, ses parents découvrirent que l’activité physique la libérait de ce surplus d’énergie qui la rendait si agressive. Toute jeune, elle empruntait une des lourdes épées de son père, à son insu pour aller attaquer des mannequins de pailles ou de bois dans la cour. Sa force surprenante et son caractère impulsif décida son père à l’entraîner malgré son jeune âge. Il découvrit rapidement que sa fille s’épanouissait dans les sports de combat et que ses humeurs s’avéraient ainsi mieux canalisés.

Sibelle n’avait aucunement l’intention de partager ces informations à son compagnon, même s’il s’avérait très sympathique et détendu. Elle laissa passer quelques secondes avant de questionner à son tour :

« Et toi ? »


Xël lui répondit sur un ton enjoué qu’il avait passé une grande partie de sa vie dans les rues de Kendra Kâr.

Nullement bavarde, la guerrière se contenta d’un signe de tête pour encourager le mage à poursuivre sur sa lancée. Ce dernier ne se fie pas prier pour raconter une partie de sa vie. Il avait été abandonné dans une auberge dès sa naissance. Le propriétaire de l’établissement l’avait fait travailler dès qu’il sut marcher. Puis il raconta une anecdote dans laquelle, il avait volé la perruque à un client.

Sibelle écoutait les propos de Xël, mais répondait à peine, se contentant de courte phrase interrogative lorsqu’un détail semblait lui manquer. Elle préférait l'entendre parler de lui que de parler d'elle. Il ne faut cependant pas se méprendre sur la raison de son silence sur sa vie sur Cuilnen. Sibelle n’avait aucun malheur à cacher. Issue d’une bonne famille, elle avait bénéficié de l’amour de ses parents et de ses frères et sœurs. Aucune tragédie n’avait obscurci sa vie. Elle tenait seulement à son intimité et ne voyait pas la nécessité de parler d’autres choses que de la mission pour laquelle ils s’étaient engagés. Xël raconta donc sa vie à Kendra Kâr. Tout en décrivant la cité blanche, il lui demanda si elle y avait déjà été.

« Oui, à plusieurs reprises. » Répondit-elle brièvement.

Ce fut dans cette ville même qu’elle s’était engagée pour mener une enquête dans un village des alentours où elle avait fait la connaissance d’un gobelin hors du commun. Ce fut également près de cette ville qu’elle passa un court séjour dans un manoir hanté. Enfin, c’est aussi dans ses rues qu’elle combattit une bande de brigands en compagnie de Selen.

De bonne humeur, Xël rit de voir sa compagne faire de si courtes réponses. Il lui fit remarquer d’ailleurs qu’elle ne parlait pas beaucoup, lui demandant s’il s’agissait là d’une caractéristique des habitants de Cuilnen.

Sibelle esquissa un petit sourire...

« J'apprends plus à écouter qu'à parler... non, cette caractéristique, c'est le propre de ma personnalité...Je préfère agir que parler... Mon silence n'est pas un signe de timidité... mais il m'arrive de répondre par le biais de mes armes, je ne jouis pas du meilleur caractère. »

En fait, lors de sa première mission, Xël avait eu un avant goût du tempérament de la guerrière quand elle l’avait soulevé de terre pour le plaquer contre le mur et le menacer.
Il répondit tout en plaisantant que c’était une bonne chose de pouvoir l’admettre.

Sibelle ne fit pas d’autres remarques, mais jeta un bref coup d'oeil dans la direction de Sirat. Elle n'était pas en bon terme avec l'humoran ces derniers temps et ça la contrariait.
Xël n’insista pas pour poursuivre la conversation et se mit à chantonner.

Après un bout de temps à marcher en silence, Sibelle et ses compagnons de route aperçurent une colonne de lumière blanche qui semblait les diriger vers la bonne direction. Ils poursuivirent leur route jusqu’à la tombée de la nuit guidés par ce mystérieux faisceau lumineux. Ce fut une fois à destination qu’ils découvrirent que cette lumière émanait de la grotte, celle-là même où trônait l’étrange autel pulsant de la magie et où ils avaient combattu la monstruosité sur pattes générée par magie et constituée de morceaux de cadavres rassemblés.

Sibelle s'adressa à la fois à Xel et à Sirat:

« Nous voici non loin de l'endroit où nous avons vu le dragon, qu'avez-vous l'intention de faire ? L'un de vous deux a un plan ? »

Xël répondit le premier en suggérant de trouver un endroit pour passer la nuit.

Sibelle se tourna vers Xel et commenta :

« Oui, la grotte pourrait peut-être s'avérer un refuge, si on peut encore y pénétrer. »

Xël répondit que pénétrer dans la grotte serait plus sécuritaire que de chercher le dragon dans cette noirceur de la nuit.

Songeur, l’humoran daigna enfin leur adresser la parole. Il rappela qu’ils étaient sur les terres du dragon, que ce sera ce dernier qui allait les trouver. Il avait l’intention de fouiller un peu les environs avant de pénétrer la grotte. Il cherchait des indices, puis il ne se sentait pas en sécurité sur les landes noires, que ce soit ne surface ou en profondeur. Suite à un haussement d’épaule, Xël émit l’hypothèse que Simaya tentait peut-être de protéger quelque chose dans cette grotte.

Après avoir écouté ses deux compères, Sibelle rajouta:

« C'est pas une mauvaise idée de fouiller d'abord à l'extérieur, et puis c'est préférable qu'on demeure les trois ensemble pour notre sécurité. Mais après cette fouille, j'aimerais bien retourner à l'intérieur plus pour voir que pour me protéger. ... Ton hypothèse tient la route, Xël, ça vaut le coup d'aller voir. »

L’humoran fronça d’abord les sourcils, puis sur un ton agressif et distant, il répondit à la maître d’armes qu’il n’avait pas besoin d’une gouvernante. Sibelle prit une grande respiration et fit un pas en direction de l’insolent.

Elle fronça les sourcils elle aussi, défiant l’humoran du regard et répondit à son tour:

« Ça me va très bien, car je n'ai pas envie de jouer à la gardienne d'enfant. »

Sibelle était exaspérée. L’humoran avait boudé tout le long du trajet et voilà qu’une fois sur place, il se conduisit de manière abrupte, faisant fi du conseil avisé de Sibelle de demeurer regroupé.

Xël cette fois muet, soupira en voyant l’humoran et l’hinionne se tenir tête.
Grandement contrariée par l’attitude de Sirat, elle en oublia son propre conseil, se détourna de lui et s’approcha de la grotte. Ce fut à ce moment-là que sa pierre de vision tressaillit et la voix ténébreuse de Thensoor se fit entendre. De nombreuses perturbations firent obstacle à une saine transmission. En fait, du message de Thensoor, ils ne comprirent que quelques mots :
« Comprends… mauvaise… arrive à Elscar’Olth. »

Sibelle ne comprenait pas le début de la phrase, mais elle en déduisit que Thensoor se rendrait lui-même sur les lieux.

Sibelle replaça sa pierre dans sa tunique et entra dans la grotte sans attendre Xël et encore moins l’humoran.

((( 1506 mots )))

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Sibelle, Maître d'armes


Dernière édition par Sibelle le Lun 19 Nov 2018 02:18, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 16 Nov 2018 16:12 
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La progression dans la Lande est terriblement ennuyeuse. Premièrement, malgré le côté fascinant de désolation le paysage est morne, fatigante. Tout est gris. Pour m’occuper l’esprit j’essaie de penser à autre chose, de siffler, de chanter. Finalement, en regardant Sibelle avancer devant moi je m’approche d’elle pour entamer une conversation. C’est peut-être le moment de faire plus ample connaissance.

"Et sinon toi, tu viens d'où ?"

Une question basique juste pour ouvrir une discussion.
Un peu surprise, elle répond simplement qu’elle vient de Cuilnen. J’insiste un peu.

"Et c'est où ça Cuilnen ? Tu y faisais quoi pour t'occuper ?"

Elle plisse le nez, peut être agacé de devoir parler d’elle ou simplement méfiante. Elle finit par répondre que Cuilnen est à l’est de Nirtim dans un royaume qui s’appelle Anorfain. Elle me raconte qu’elle est entraînée à l’épée depuis son tout jeune âge, qu’elle est née pour combattre.

"Ah ? Vous naissez en sachant déjà ce que vous serez ? C'est pas un interrogatoire. Je me dis juste que malgré le paysage hideux ce ne sera peut-être plus aussi calme. C'est le moment pour en apprendre un peu plus sur l'autre."

Je préfère lui expliquer plutôt que de l’énerver. J’ai déjà tâté de son manque de finesse. Surtout que ses sourcils se froncent un peu avant de m’expliquer que c’était une façon de parler. Ses aptitudes pour combattre ce sont enfaîte révélées très tôt. Peut-être comme l’a fait ma magie. Sauf que moi je n’ai pas pu m’y exercer. Elle est probablement gênée de devoir parler d’elle car elle me retourne la question. Content de pouvoir bavarder, je réponds que je viens de Kendra Kar, que j’ai passé une grande partie de ma vie dans les rues. Elle garde le silence pour me laisser continuer.

"Je ne connais pas mes parents. On m'a abandonné devant une auberge à la naissance. Bon, il se trouve que le gérant de l'auberge est un trou du cul, j'ai dû faire le larbin dès que j'ai pu tenir sur mes pattes. Un jour j'ai fait voler la perruque d'un client par accident. T'aurais dû voir sa tronche ce jour-là. Sa grosse tête joufflue est devenue toute rouge. Il respirait tellement fort que sa moustache en vibrait."

Je ris en y repensant avant de continuer à décrire la cité blanche. Ses murailles, son château, son parc, son arène, son hippodrome, son port, ses habitants, les plaines aux alentours, les nombreux voyageurs. Etant donné qu’elle a l’air baroudeuse, je lui demande si elle est déjà passée par cette superbe cité.
Elle répond simplement qu’elle est venue à quelques reprises. Je ris à nouveau.

"Tu n'es pas vraiment du genre bavarde pas vrai ? Vous êtes tous comme ça à Cuilnen ?"

Elle esquisse enfin un sourire, plus ils sont rares, plus ils sont gratifiants. Elle explique qu’elle apprend plus à écouter qu’à parler. Que cela vient de sa personnalité. Elle préfère agir que parler. Ce n’est pas un signe de timidité, elle préfère simplement parler avec ses armes. Elle précise qu’elle n’a pas le meilleur caractère.

"C'est déjà bien de le reconnaître." Dis-je en plaisantant.

Elle ne dit rien mais ne semble pas être vexé. Je n’insiste pas d’avantage et continue la route en chantant.

Difficile de se perdre, il suffit de suivre le rayon blanc qui pulse à l’horizon. Je n’ai aucun doute sur son origine. Il s’agit de l’autel. Je sens d’ailleurs ma magie y réagir. Je garde le silence pour la suite du voyage jusqu’à ce qu’on arrive à la zone où se trouve la caverne et où le souvenir du souffle de dragon est encore plus présent.
Sibelle brise le silence, demandant ce que nous avons l’intention de faire.

"Il faudrait penser à trouver un endroit où passer la nuit."

Passer la nuit dehors me paraît être une très mauvaise idée. Sibelle commente que la grotte pourrait servir de refuge.

"Ca me parait plus sûr que de chercher un dragon en pleine nuit." Dis-je en riant.

Sirat ouvre enfin la bouche, songeur, il nous explique qu’il veut trouver quelques indices avant de trouver un refuge. Que de toute manière il ne se sent pas plus en sécurité dans la grotte qu’à la surface. J’hausse vaguement les épaules.

"Sim' protégeait peut être quelque chose dans cette grotte."

Le couloir d’où elle est apparu contient peut être des explications sur son état. Je crains un peu la réaction de ma magie si proche de l’autel mais je suis prêt à prendre le risque si je peux aider Sim’. Sibelle va dans le sens de Sirat jusqu’à ce que l’Humoran rétorque qu’il n’a pas besoin de gouvernante. Cette fois Sibelle se vexe et réponds qu’elle, n’a pas envie de jouer à la gardienne d’enfant. Elle se détourne et s’avance vers la grotte. Je soupire en observant ces deux tourtereaux. Je m’adresse à Sirat.

"Bon bah t'auras qu'à nous rejoindre plus tard..."

Je me dirige à mon tour vers la grotte alors que Sirat s’agenouille, produisant quelque chose que je l’avais déjà vu faire plusieurs fois. C’est à ce moment que ma pierre de vision s’active, libérant un message de la Liche d’Or. Les mots sont encore difficile à décrypter mais je comprends malgré tout qu’il arrive à Elscar’Olth. Parfait. Je range ma pierre et m’engouffre dans la caverne en pressant le pas pour rattraper Sibelle avant de me retrouver seul dans le noir complet.

((900 mots))

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 16 Nov 2018 18:40 
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...

La longue marche commença. Yurlungur retrouvait cet ennui profond qui l'avait déjà saisie lorsqu'elle avait marché d'Arothiir à Esclar'Olth - ou plutôt, jusqu'à cette grotte où elle avait trouvé les autres. Mais le temps semblait moins clément qu'à l'aller, le ciel chargé de lourds et noirs nuages, au-dessus de cette plaine tout aussi sombre, simplement percée de quelques pics par touches, disposés là d'une main négligente. Pourtant, une faible lumière rougeâtre les guidait : de la lave coulait ici et là, baignant d'une lueur sanglante les environs. L'ensemble de ce macabre décor était enfin d'une monotonie absolue, sans surprise : les heures de marche s'écoulaient continûment, sans que rien ne vienne briser la lassitude qui s'installait progressivement.

Bref, rien de quoi inquiéter particulièrement la jeune assassine qui, marchant sur le côté droit en vérifiant que rien ne s'approchait trop venant de ce côté - elle avait pris soin de laisser Kívan vers le centre, le guérisseur : les autres sauraient mieux se battre a priori - et se distrayait vaguement en observant ses compagnons d'aventure. Il y avait le teint mat et le visage fermé d'Ariane, son superbe lion qui se mouvait avec une grâce certaine à ses côtés ; les expressions presque un peu juvéniles de Jorus. Kívant semblait boudeur au milieu de cette étendue, à l'inverse d'Endar qui devait se sentir dans son élément. Curieux d'avoir rassemblé deux elfes aux origines si distinctes... Qu'importe.

Finalement, après une bonne journée de marche, le paysage commença à se faire de plus en plus sombre, sans que les épais cumulus au-dessus de leurs têtes ne s'éclaircissent. C'était la nuit qui tombait : et le groupe, déjà, semblait harassé par la marche. Yurlungur elle-même tenait le coup, malgré l'âge, mais avait appris au cours de sa traversée d'Aliaénon quelques principes de base - comme par exemple la nécessité du repos. C'était, à sa grande honte, quelque chose qu'elle n'avait pas pris réellement en compte pour la traversée des plaines d'Arothiir - après tout, une apprentie Ombre entraînée comme elle ne devait guère avoir besoin de tant de repos, si ? Le retard qu'elle avait pris suite aux courbatures qu'elle y avait gagné lui avaient inculqué un minimum de jugeote.

Ils finirent par arriver non loin d'un grand lac de lave, cerné par une chaîne de pics de roche. Elle lança un nouveau regard à l'ensemble du groupe : il était effectivement inutile de continuer davantage. Le lieu semblait relativement sûr, grâce à la lumière faible mais présente qui provenait du lac : elle profita de l'instant de stupeur passager pour proposer d'une voix forte et un brin dirigiste :

« Établissons le camp par ici. Tous ne savent pas se repérer dans l'obscurité et nous commençons à fatiguer. »

Elle enveloppa du regard l'ensemble du groupe qui s'était tourné vers elle à cette annonce. Pas impressionnée le moins du monde par la charge qu'elle prenait de fait à son compte, elle formait mentalement des groupes. Si elle comme Endar savaient voir à travers les ombres, ce n'était pas le cas des autres a priori... Mais Al-Ayrad devait avoir une sorte d'instinct animal, non ? Il semblait en tout cas assez vif et attentif pour faire partie des trois essentiels pour la surveillance qu'elle imaginait pour la nuit.

« Pour les tours de garde, je propose qu'Ariane et Al-Ayrad commencent pour le premier quart. »

Inutile de séparer ces deux-là. Ils étaient probablement bien plus efficaces entre eux que mêlés à d'autres et la jeune fille respectait leur intimité, aussi étrange la chose fût-elle. Les êtres à se lier d'une telle amitié avec des créatures sauvages étaient bien rares et le caractère d'Ariane, à ce titre, ne l'étonnait guère.

« Kívan et Endar, vous prendre une moitié de nuit, comme vous êtes des elfes et que vous avez besoin de moins de sommeil : Jorus et moi prendrons le dernier quart. Ça vous va ? »

La plupart acquiescèrent en silence. Ils étaient effectivement fourbus par cette première journée... Elle fronça légèrement les yeux. D'habitude, les aventuriers étaient habitués... à voyager. Même à pied. Enfin, tant pis.

Tous s'étant arrêtés, Endar se mit à monter une tente, bien que Jorus semblait s'y opposer, évoquant la possibilité que des bêtes sauvages ne les attaquent. La jeune fille haussa un sourcil. C'était bel et bien un danger, mais à vrai dire, considérant la seconde remarque du jeune homme, selon laquelle ils feraient mieux de rationner leurs vivres, elle considérait que la venue de bêtes, si celles-ci n'étaient pas trop puissantes, serait plutôt une aubaine. Les abattre puis les dépecer permettrait de leur faire un petit stock... et puis, avec la lave, ils devraient pouvoir être en mesure de la faire cuire un peu. De toute façon, elle n'avait jamais été une grande gastronome.

Jorus souhaitait aussi enfouir les provisions, chose assez incongrue. Pour ne pas attirer de bêtes, avec l'odeur ? Leur pain sentait à peine. Elle secoua de la tête et répliqua :

« Si quelque chose nous attaque cette nuit, ce ne sera pas à cause de l'odeur de nos provisions mais plutôt pour de la chair fraîche. Ne perdons pas de temps avec ça. »

Elle avait prononcé ces mots sans la moindre animosité, couvrant l'ensemble du groupe d'un regard à la fois sévère et inquiet. Si seule, elle avait sans peine réussi à passer inaperçue dans ces Landes, elle se rendait bien compte que le groupe entier ne serait jamais assez discret... Elle s'approcha d'Endar et l'aida à monter sa tente : il y avait, à vue de nez, une demi-douzaine de places à l'intérieur, soit quelque chose de suffisant pour eux tous - et largement s'il y avait constamment deux veilleurs lors de la nuit.

Une fois cela fait, elle s'assit posément sur le sol et, vérifiant tous les pains qu'elle avait récupérés à Esclar'Olth, les départagea en six rations de deux. Une pour ce soir, puis deux par jour devraient suffire jusqu'à Orsan, ou du moins fallait-il l'espérer... Mangeant rapidement sa pitance du soir, elle finit par se faufiler sous la tente et s'installer dans le coin directement à droite de l'entrée, à moitié en boule, afin d'y chercher un peu de sommeil jusqu'à son tour de garde.


(((1000 mots
Organisation des tours de garde :
1/4 Al-Ayrad + Ariane
1/2 Kĩvan + Endar
1/4 Jorus + Yurlungur (+Endar qui s'est rajouté là aussi))))

...

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 18 Nov 2018 15:00, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 16 Nov 2018 19:14 
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J’ignore depuis combien de temps nous marchons. Nous arpentons la Lande Noire et son paysage chaotique qui se ressemble sans être complètement similaire. J’ignore si c’est d’un commun accord ou un effet de cette terre, mais une fois séparé du second groupe, le silence nous étreint tous augmentant l’atmosphère pesante des lieux. Le ciel noir ne nous est pas d’une grande aide pour garder le moral et avancer pas après pas, de plus en plus lourd et pesant. Les choses se compliquent lorsque l’obscurité déjà omniprésente s’intensifie et devient un vrai problème lorsqu’il s’agit de ne pas tomber bêtement. Heureusement pour nous Yurlungur et bien entendu Endar parviennent à maintenir la progression. Après une longue attente où les souhaits muets de faire une pause allaient devenir plus que de simples pensées, la jeune fille propose de s’arrêter pour la nuit. Nous ignorons tous la distance parcourue et surtout celle qui nous sépare de notre objectif final. Peut importe, je ne souhaite qu’une chose, reposer mes pieds endoloris par la marche et mes épaules en posant ce sac qui me paraît peser une tonne. Non loin de nous, des pics rocheux sortent du sol comme si une chose avait explosé et s’était figé l’instant d’après. Ces éternels pics semblent parsemer la Lande Noire comme le sont les arbres de la forêt d’Eniod. Yurlungur propose des tours de garde pour cette nuit et visiblement elle semble avoir cerné les différents esprits. Arian et Al-Ayrad pour commencer le premier tour, puis Kivan et Endar qui seront plus reposés par l’aptitude de leur race et enfin elle et moi. L’idée de me retrouver seule avec elle me rappelle la conversation sur la route avec son mélange de compliments. Si la jeune fille cherche à passer un peu de temps avec moi, je suis bien trop fatigué pour ne serait-ce y penser davantage et la faim chasse ces pensées pour revenir à des besoins plus essentiels.

Si la femme et son lion donnent rapidement leur approbation, Kivan lui boude un peu avant d’accepter à son tour. Endar quant à lui semble plus accablé par la fatigue à cause de son armure. Il dresse une tente avant de vanter les mérites de la méditation elfique et clame qu’une position en hauteur sur l’un des pics pourrait donner un avantage pour l’observation et prévenir d’un potentiel danger.

J'approuve la proposition de s'arrêter et j'ajoute quelques critiques quant à l'établissement de la tente.
"Je ne suis pas sûr qu'établir une tente soit une bonne idée. Si des bêtes rôdent et que nous devons quitter précipitamment le camp, nous aurons perdu la tente qui pourra être utile plus tard si le temps se gatte. Au vu du temps que nous allons mettre, nous ferions mieux de rationner notre nourriture et peut-être d'enfouir nos provisions. Juste assez pour camoufler les odeurs, mais pas trop pour les récupérer rapidement. J'ai un unique sac de couchage, mais on peut essayer de se le partager autant que possible. Pour ce qui est des pics je peux essayer de monter, mais je ne vois pas aussi bien que d'autres dans le noir, mais si le cœur vous en dit, je peux accrocher ma corde pour vous faciliter l'ascension. Cependant je n'ai que dix mètres de cordage et à moins que l'un de vous en possède, ça risque d'être juste."

Selon Yurlungur, nous risquons plus d’attirer l’attention sur nous-mêmes que sur les provisions que nous portons et en y réfléchissant, je me vois mal enterrer tout cas sans l’aide d’une pelle. La tente se monte finalement et j’y apporte ma contribution. J’étale mon sac de couchage au sol et prévois de l’utiliser comme d’oreiller, laissant aux autres la possibilité d’en profiter également lorsque nous nous coucherons. Je profite d’un moment pour répartir mes rations pour la durée du voyage et mange sans superflue avant de m’adonner moi-même à la méditation. Sans être capable d’être aussi efficace que celle des elfes, elle a au moins le mérite de me calmer le corps et l’esprit. Je fais le vide en moi et cale ma respiration sur l’environnement ambiant comme me l’a enseigné mon maître Panaka. Je ne peux malheureusement passer trop de temps ainsi. La route doit être encore longue jusqu’à la Tour d’Orsan et le repos est primordial pour y parvenir. Un dernier regard sur Ariane qui s’est installée pour avoir un point de vue dégagée. Je tâcherai à mon réveil de grimper un peu plus pour avoir un meilleur champ de vision, espérant que l’aube sera de la partie pour m’aider à y voir plus qu’avec le lac de lave non loin. A mon tour je rejoins la tente pour espérer un sommeil reposant.

Citation:
(779 mots.
A moins d'un évènement durant la nuit, à mon tour de garde je tâcherai de monter un peu plus haut sur les pics sans trop m'aventurer sur un chemin trop risqué de nuit.)

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 16 Nov 2018 23:51 
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Des cailloux, encore des cailloux et toujours des cailloux. La lassitude du manque de changement de paysage me gagne depuis que nous avons quitté la ville souterraine. Les mornes plaines de la Lande Noire portent bien leur nom : rocs noirs escarpés comme les dents de la terre surplombés par un plafond de nuages sombres qui semblent s’être installés là-haut sans la moindre volonté d’en bouger. Parfois, des lueurs rougeâtres indiquent la présence d’une de ces rivières de feu que j’avais aperçues dans mon rêve à Oranan. Ce paysage pesant et lugubre sera notre décor pendant les nombreuses heures de marche que nous réalisons et du fait du manque de luminosité astrale, il m’est impossible de déterminer ni le temps de marche ni la distance parcourue. Le manque de végétation, à laquelle je m’étais fortement attachée pendant mon périple sur Nirtim, n’a pas amélioré mon humeur depuis notre départ et je continue de marcher de manière isolée, la mine sombre, les bras croisés, butant régulièrement dans la caillasse sombre qui sème la route, indiquant clairement que je n’ai pas envie de discuter. Je ne fais que très peu attention aux aventuriers qui m’accompagnent, surveillant juste du coin de l’œil que tout le monde garde le même rythme. J’en ai même presque oublié ma méfiance dirigée contre Endar. Presque...

Passé un temps inconnu, qui semble une éternité, la fatigue commence à se faire fortement ressentir dans le groupe. Arrivés à côté de ce qui semble être un lac de feu, entouré d’une couronne de dents noircies sortant du sol et culminant à une dizaine de mêtres, Yurlungur considère qu’il serait bon de faire une pause dans notre périple pour économiser nos forces, précisant que certains ne peuvent pas se repérer dans l’obscurité. Il est vrai que malgré l’épaisse et opaque couche de nuages, la luminosité a fortement baissé dans les Landes, bien que je n’ai pas eu l’impression que cela me dérange réellement. La jeune fille nous regarde à tour de rôle d’un regard froid, militaire. Elle désigne Ariane et son fauve au premier tour de garde. Je suivrai avec le shaakt, Yurlungur, apparemment bien renseignée, ayant décrété que nos origines elfiques nous permettent de surveiller une moitié de nuit. Elle finira la surveillance avec Jorus. L’idée de partager mon créneau de surveillance avec Endar ne me réjouit pas le moins du monde, mais étant la personne en qui j’ai le moins confiance ici, je préfère être réveillé et garder un œil sur lui quand il sera lui aussi éveillé. J’acquiesce donc en silence à la proposition de la jeune fille, qui convient ainsi à l’ensemble du groupe.

Fidèle à lui-même, Endar ne peut empêcher sa logorrhée et déclare ce qu’il compte faire concernant l’organisation de la nuit. Je me mords les lèvres car pour une fois, il a raison… Il commence à sortir de son sac une large tente qu’il commence à monter sur place. Le non moins prolixe Jorus se fend lui aussi de son commentaire sur le bivouac. Je l’écoute distraitement, mon attention focalisée sur la tente. Si celle-ci semble grande, l’idée de la partager avec un elfe noir et deux humains qui ne m’inspirent pas confiance ne m’attire pas du tout. Je pense que ce sera à la belle étoile, ou au sombre nuage, pour moi. Voyant qu’Ariane s’éloigne avec Al-Ayrad du groupe pour s’installer sur un pic plus bas que les autres, je la suis et m’installe en tailleur à la base du pic, la laissant seule en tête-à-tête avec son compagnon à crinière. Je sors un des quignons de pain pris dans la ville que nous venons de quitter et avale machinalement quelques bouchées pour ne pas dormir le ventre vide. Je m’installe le plus confortablement possible face à la tente occupée par les autres aventuriers, le dos contre le pic sur lequel se trouve Ariane et déclare en levant la tête, à l’intention de cette dernière, lui faisant confiance pour surveiller le shaakt pendant que je suis endormi :

« Réveillez-moi dans deux heures, je prendrai le relai avec Endar. »

Je me laisse glisser dans un sommeil profond, espérant retrouver rapidement la beauté luxuriante de mes forêts oniriques.





(((733 mots)))

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Dernière édition par Kívan le Ven 23 Nov 2018 22:56, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 17 Nov 2018 09:06 
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La longue traversée du désert de roches noires striées de veinules rougeâtres sembla peser sur leur groupe, les plus affectés restant peut-être Kivan, Jorus et Ariane. Endar avait décidé de fermer la marche, il ne se sentait pas partir en éclaireur ou marcher tout devant, non qu’il ait peur des dangers inhérents à la Lande Noire, ce qui le rendait nerveux était lorsqu’ils allaient rentrer dans la Tour d’Orsan et non le voyage en lui-même, mais c’est surtout que son armure de plaque commençait à peser lourdement sur sa personne. Une telle armure était certes très utile en combat, mais lorsqu’il fallait marcher pendant des heures, son poids commençait à poser un véritable problème et il était loin de posséder la force brute de l’humoran, même si ça le tuait de l’admettre. Des perles de sueur commençaient à goûter sur son visage ainsi que le long de son échine. A son armure, il fallait ajouter le poids de ses nombreuses armes. S’ils étaient attaqués au moment présent, l’elfe noir savait qu’il ne pourrait fuir le combat ni ne le voulait par ailleurs, il aurait été rattrapé dans sa course bien rapidement par les charognards de ce lieu maudit. Endar avait conscience qu’ils ne se feraient sans doute pas attaquer de jour, même si le jour était tout relatif dans la Lande Noire mais plutôt de nuit, ayant déjà entendu des prédateurs rôder et chasser la nuit tombée. Il ne fit pas part de ses pensées au groupe, songeant qu’ils découvriraient bien assez tôt l’envers du décor et que les prévenir maintenant n’allait les rendre que plus nerveux pour la suite du danger, or un tel état de nervosité ne ferait que nuire au groupe.
Pendant la traversée, l’archer-mage drow se plaisait à admirer le paysage dévasté et chaotique de la Lande. Il se mit à penser que ce nouveau monde constituerait un terrain de prédilection pour son peuple, loin de la tyrannie des faibles matriarches qui voyaient de plus en plus leur territoire être disputé, être perdu suite à de nombreuses batailles non correctement organisées de leur part. Il rêvait que son peuple puisse s’installer dans la Lande, là où seule la loi du plus fort régnait sans avoir besoin de distinguer le clan auquel ils appartenaient. Il n’y avait plus de clan marchand, plus de familles nobles ou de prêtresses de Valshebarath qui ne comprenaient même pas la nature précise de la déesse qu’elles vénéraient. Il n’y avait qu’un lieu de pouvoir, de recherche et de mort, un retour en somme aux origines de leur peuple. Endar songeait qu’à présent que les Titans avaient grandement agrandi la Lande vers des terres sauvages, peu hospitalières, peut-être était-il temps de fonder leur propre colonie sur ce monde mais pour cela il avait besoin d’acquérir plus d’informations sur les spécificités de ce territoire et sur les dangers qu’il recelait.
Finalement, alors que le groupe semblait ralentir le pas, obligeant Endar à les dépasser provisoirement, la luminosité semblant baisser encore plus, ils s’arrêtèrent près d’un endroit atypique, l’elfe n’ayant jamais vu de pics rocheux de cette taille qui semblaient vouloir presque défier les cieux ni le majestueux lac de lave, celle-ci reposant sous leurs pieds dans le sous-sol de la Lande. Aliaénon avait définitivement bien changé depuis sa première venue sur ce monde. Reconnaîtrait-il au moins la mine d’Argent Noir lorsqu’il s’y rendrait ? Il n’en était pas certain.
Yurlungur semblait prendre la tête des opérations, donnant des ordres, ce qui ne manqua pas de le faire sourire intérieurement. La petite troupe semblait s’activer, chacun s’occupant à son poste.

- Je vais installer une tente et nous devrions aussi utiliser les grands pics à notre avantage pour nos tours de garde, nous verrons ainsi le danger de loin.

Peu semblait contre l’idée d’un bon repos, hormis Jorus qui lui rétorqua que cela pouvait être un danger d’installer une tente dans la zone et proposa qu’ils devaient éviter de laisser l’odeur de leur nourriture attirer les prédateurs. Endar doutait fortement que ce soit leur nourriture qui les attire mais plutôt l’envie de chair fraîche. Il allait rétorquer mais la fillette mystérieuse le coupa dans son élan lui faisant remarquer que cela n’était pas nécessaire. Oui en effet, s’ils devaient être attaqués, ils préféraient le confort tout relatif de sa tente plutôt que d’être dehors. Les tours de garde s’organisèrent selon les ordres de Yurlungur de nouveau et Endar put installer avec l’aide de certains sa tente, mangeant avant de retirer une partie de son équipement, le déposant près de son corps avant de méditer.

(760 mots)
(Se repose jusqu'à son tour de garde)

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 17 Nov 2018 12:43 
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Lande Noire - Vers la Tour d’Orsan.

    Le calme était sur le petit campement des aventuriers, alors qu’Ariane et son lion majestueux prenaient le premier tour de garde. Un quart de nuit paisible, dans ce paysage chaotique et apocalyptique. Rien ne vint à eux, et lorsque l’heure fut venue, elle alla réveiller Kivan et Endar. Si le début de leur garde fut paisible, pendant plus d’une heure, Endar parvint à remarquer, grâce à son sens aigu de l’observation, un mouvement du côté du lac de lave. Kivan put dès lors voir la chose aussi, sortant du lac comme si elle s’y était baignée, et se dirigeant avec rapidité vers le campement.



    La bête, comme de cendres et de lave, était massive mais rapide néanmoins. Nul doute que s’ils n’intervenaient pas, elle ferait des ravages irréparables sur le campement : ses bras étaient terminés par deux appendices de lave solidifiée en forme de lames massives, d’où s’écoulait la même lave dont il sortait. C’était un adversaire de taille, qu’il faudrait vaincre avec astuce.

    Le repérage d’Endar permit aux deux gardes d’avoir tout juste le temps de retourner au campement, du haut de leurs piques, pour prévenir les endormis de s’équiper et de s’éveiller avant l’arrivée de la bête sauvage. Quelques secondes de plus, et ils auraient été massacrés dans leur sommeil. Et en s’éveillant, les aventuriers du camp purent voir la chose charger vers eux. Elle n’était plus qu’à quelques dizaines de mètres, et avançait vite.


Lande Noire – Grotte et alentours.

    La grotte où Xël et Sibelle entrèrent avait changé par rapport à leur dernière visite : la colonne de lumière pâle qui en irradiait doucement leur permettait de voir en détail les premiers mètres. La roche noire et les nombreux, trop nombreux cadavres de bêtes monstrueuses éparpillés çà et là. Leur progression serait plus rapide, et ils pourraient attendre la grande salle assez vite, où la lumière était plus vive que jamais. Curieusement, l’autel qui semblait pourtant bien fixe à leur première visite se trouvait désormais au centre de l’immense cavité. La carcasse de l’énorme bête qu’avait créé Simaya reposait toujours là, inerte, ainsi que celui de nombreuses autres plus petites, devant le boyau sombre dont elle était sortie. Devaient-ils descendre dans cette salle sans attendre Sirat ? Ou comptaient-ils passer la nuit dans cette première partie de la grotte en laissant pour le lendemain l’exploration ?

    Dehors, Sirat fit appel à ses pouvoirs, sur le champ de bataille des deux dragons. Aussitôt, une transe s’empara de lui, et il vit les deux sauriens majestueux se confronter, avec toute la violence qu’il avait pu constater avant de se réfugier dans la grotte. Indéniablement, le dragon noir avait le dessus sur le doré, qui semblait se défendre plus que d’attaquer. Leurs silhouettes étaient floues, mais il les distinguait tout de même tous deux. Il vit le dragon noir percuter plus violemment encore le doré, qui s’effondra lourdement au sol. Puis, le noir fit un piqué des cieux pour… l’achever, sans doute, mais quelque chose se dressa sur son chemin. Un être, humanoïde, à la tête pâle et aux ailes noires. Il était sinistre, et semblait tenir une épée de ténèbres entre les mains. La vision était floue, imprécise, et il ne put en discerner les traits… Il vit, en dernière image de sa vision, le dragon d'or fuyant d’un vol malhabile alors que le noir se posait calmement face à l’être inconnu.

    Un rugissement, lointain, le sortit de sa vision. Il provenait des cieux obscurs au-dessus de lui, et son origine ne faisait aucun doute : le dragon noir était toujours dans les parages. Ils étaient apparemment passés inaperçus jusqu’ici, mais s’ils se faisaient voir, ainsi à découvert, ils le paieraient sans doute aussitôt. Et pourtant, leur but était d’attirer son attention… Mais comment ?



[Sirat : 0,5 (introspection) + 0,5 (utilisation de capa).
Ariane : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (vers la grotte) + 1,5 (bonus longueur).
Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (vers la grotte) + 0,5 (bonus longueur).
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Jorus : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Kivan : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Endar : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).]

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