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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 27 Oct 2018 00:24 
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Ses paroles acerbes assénées, il reprit de nouveau ce qu’il faisait juste avant, à savoir se sustenter, n’ayant pas eu l’occasion de manger correctement depuis plusieurs jours voire plusieurs semaines. Si sur Yuimen, l’elfe noir gardait le sens des réalités et du temps qui passe, ce n’était pas le cas sur Aliaénon, terre de dangers, d’abominations et territoire imprégnée d’une magie des plus capricieuses. Seuls les Titans pouvaient enseigner la maîtrise de la magie actuelle aux différents peuples, mais encore fallait-il pouvoir les contacter sans risque, car Simaya qui s’y était risquée avait un peu perdu l’esprit depuis. L’archer-mage prit le temps de lire les différentes réponses des Conjurateurs masqués, la première réponse éveillant un soudain intérêt chez lui et amenant avec elle une première idée. La seconde réponse n’était qu’un avertissement suite à la fuite de l’archi-sorcier vers sa chambrée exigeant que les aventuriers le laissent se reposer. Elurien d’Assamoth semblait exténué, harassé et Endar crut y discerner une pointe de peur. L’elfe ne savait pas de quoi ils avaient discuté, mais cela l’avait profondément bouleversé et un dirigeant qui a peur, c’était un potentiel dirigeant dangereux. Si ses yeux bicolores observaient la fuite de l’archi-sorcier avec une certaine délectation tel un serpent attendant avec impatience et gourmandise qu’un bel et gros mammifère tombe dans son piège, il apprécia néanmoins l’accès total à Elscar’Olth que l’archi-sorcier leur offrait. Sibelle profita d’une accalmie passagère pour lui répondre sur un ton faussement neutre lui demandant comment faire pour appeler le dragon et si Elurien pouvait les aider.

- Tu places trop ta confiance en Elurien, ce même personnage qui n’a pas attendu pour voler la place à Thensoor alors que ce dernier combattait à nos côtés. Quant à appeler le dragon, vous pouvez utiliser les sifflets, mais à votre place je n’en ferais rien.

Il se tut de nouveau.

En silence, le shaakt les observait, les analysait. Il regardait ce ballet continu de personnes entrant dans la pièce accueillant les collations. La surprise était de taille en voyant Yurlungur revenir de sa cellule non sans leur adresser un regard noir qui se voulait sans doute mortel et ce en compagnie de ce qu’il semblait sa nouvelle amie. Endar observa la jeune femme et la créature qu’il accompagnait et qu’il n’avait jamais rencontré. Tout du moins pouvait-il quasiment affirmer qu’elle ne venait pas de ce monde, mais assurément de Yuimen. Vu la couleur de sa peau et ses atours, il s’agissait sans doute d’une autre femme d’un des clans du désert, clan dont Endar prêtait peu attention sur Yuimen. En cela en tout cas, elle ressemblait à Charis. C’est à ce moment là que Xël et Sirat faisait leur entrée. Le magicien, dont le caractère s’était semble-t-il affermi depuis sa toute première arrivée sur Aliaénon, leur fit part de ses découvertes bien peu utiles pour le shaakt en réalité. Si celui-ci connaissait pas mal de personnes sur Aliaénon, il n’avait jamais entendu parler de ce Gregan. Il leur annonça par contre, à sa plus grande surprise, qu’il ne fallait pas que l’Unique s’approche de Simaya ni qu’il sache où elle était en ce moment. Ce n’était certainement pas un conseil qui lui était adressé, Endar jetant un regard sans équivoque sur Sirat Ybelinor. Il conseilla finalement de faire appel à Thensoor, chose à laquelle il ne put rien dire, le magicien semblant décider de recourir à la liche.

Vint ensuite l’intervention de l’humain qui mettait en doute sa théorie, songeant que Naral aurait pu utiliser un portail ou un autre moyen pour se mouvoir. Il hocha la tête prenant en compte son avis, même s’il doutait avoir tort sur ce coup.

- C’est plausible en effet, mais peu vraisemblable je pense. Naral aime trop sa forme draconique pour ne pas y avoir recours et un dragon c’est suffisamment gros pour qu’un autre dragon le remarque. Mais puisque que tant de yuiméniens semblent tomber du ciel pour s’échouer sur Aliaénon, je reste ouvert d’esprit.

Appuyant ensuite la question de Jorus, il demanda plus précisément au Conjurateur :
- Connaissez-vous alors un sorcier qui s’est intéressé à l’étude du Promeneur de Mort, personne que pourrait avoir contacté Naral ? Et tant que j’y suis, avez-vous quelques ouvrages sur l’histoire de votre peuple ? J’aimerais pouvoir en apprendre plus sur votre peuple avant de partir.

(718 mots)

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 27 Oct 2018 05:07 
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L’elfe noir se rapproche à nouveau du petit groupe suite à ma déclaration concernant mes réminiscences de la cité de l’est de la Lande Noire. Ce dernier justifie ses différentes traitrises suite aux accusations de Sibelle. D’après lui, toutes ses actions ont été justifiées et ont permis de permettre différentes actions décisives sur ce monde. Même si je cherche à faire attention à ses paroles et à essayer de comprendre tout ce à quoi il fait référence, je me rends compte qu’il me manque et me manquera sûrement toujours des informations pour saisir les enjeux qui se déroulent sur ces terres. Je pense qu’une fois de plus je découvrirai peut-être au fur et à mesure de quoi il en retourne. Après avoir marqué une courte pause, le shaakt reprend, justifiant son alliance, selon lui transitoire avec Oaxaca. En effet, et d’après ses dires, lui comme Sirat, l’homme-félin, se sont ralliés à la fille de Thimoros pour mieux servir leurs dieux respectifs, Thimoros et Zewen. Ces justifications théologiques ne me convainquent guère et je continuerai à me méfier des deux personnages.

Finalement, l’elfe noir confirme mes propos concernant ma remarque : la cité de l’est est aux mains des elfes noirs et il nous confirme que nous serons plus utiles libres qu’esclaves des shaakts. Cette remarque, bien que déplacée, est pertinente, et je ne compte pas avoir quitté la milice de Bouhen pour retourner me refaire emprisonner. Il signale par ailleurs que la dernière cité des Landes Noires se nomme Orsan et qu’il s’agit d’une ancienne tour de mage, utilisée désormais par les suivants d’Oaxaca qui en profitent pour effectuer des expérimentations sur leurs prisonniers. Un frisson me parcourt l’échine. J’ai décidément décidé de me retrouver dans une situation me permettant de me retrouver entre la manticore et la cocatrix. Le choix entre les elfes noirs et les oaxiens me paraît des moins évidents. Histoire de couronner le tout, le shaakt propose une dernière solution incluant de prendre contact avec un dragon… Un dragon ?! Pour moi ces créatures n’étaient que des légendes disparues depuis longtemps de la surface de Yuimen et le fait que plusieurs d’entre elles puissent parcourir Aliaénon me rassura encore moins concernant ma survie sur ce monde.

Toutes ces révélations ne firent que bouillir mon cerveau d’autant plus et je ne voyais pas réellement de solution de repli. A vrai dire, ma seule envie était de proposer de créer plusieurs groupes d’aventuriers enquêtant chacun de leur coté et permettant ainsi de me séparer des potentiels éléments gênants du groupe de mercenaires généré par la milice d’Oranan. Après avoir murit cette idée dans ma tête, je préférais finalement la garder pour moi, préférant faire confiance aux vétérans d’Aliaénon pour survivre sur ces terres.

C’est ainsi perdu dans mes réflexions que j’aperçois le mettre des lieux traverser notre salle, de l’infirmerie vers la porte de sortie, dans un bruissement de robes et sans un mot. L’un des mages masqués signe suite à son départ quelques mots dorés dans l’air nous indiquant d’excuser notre hôte. Il faudra donc faire une croix sur les questions que nous souhaitions lui poser. Elurien est suivi de peu par Xël et Sirat restés à l’infirmerie au chevet de la nécromancienne évanouie. L’humain nous donne des informations concernant la blonde arcaniste nous indiquant qu’il souhaite réunir les différents noms de la litanie proférée par la magicienne. Il nous met par la même occasion en garde contre le Sans-Visage, nous invitant à dissimuler la présence de la mage en ces lieux. Il s’éloigne finalement dans un coin de la pièce pour susurrer à voix basse des mots que je ne peux entendre.

La porte de sortie de la salle de banquet se rouvre et arrivent en contresens la fillette qui faisait partie du groupe enchainé à l’infirmerie ainsi qu’une nouvelle inconnue. Si la vue de la première me rassure peu pour le moment, celle de la seconde m’intrigue d’autant plus qu’elle est accompagnée d’un animal qui la suit comme son ombre. C’est la première fois que je vois un félin de cette taille et de cette stature. L’animal au port royal nous observe calmement attendant la moindre réaction de sa supposée maitresse. Celle-ci aussi nous dévisage, les yeux cachés par une large capuche. La présence de cet animal me rassure de manière inexpliquée et j’en oublie complètement le reste du groupe. De par son attitude je me dis qu’il ne peut s’agir que d’un animal dressé et au vu de la stature, seule une personne au cœur noble peut se permettre d’élever un animal de ce cran. Je me rapproche ainsi doucement et calmement du nouveau duo, ne quittant pas des yeux le félin à la robe dorée. Je me dis qu’ils pourront être des alliés de choix dans les manigances qui se préparent dans un futur proche. Quand je suis arrivé à une distance que je juge respectable, je m’adresse à la maitresse du fauve en désignant l’animal :

« Qui êtes vous ? Et qui est-il ? »





(((881 mots)))

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Dernière édition par Kívan le Jeu 1 Nov 2018 14:12, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 27 Oct 2018 11:48 
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Elscar’Olth – Salle de convenance.

    Tous les aventuriers étaient donc regroupés dans cette même pièce. Le mot d’ordre, désormais : bouger. Pour dénicher Naral, pour protéger Simaya, pour enquêter sur la Lande Noire ou retrouver un Dragon Noir. Sans un mot, le Conjurateur masqué qui gardait la porte de l’infirmerie entra dans celle-ci et confia à Yurlungur ses effets personnels, sans exception. La petite assassine put remarquer que son poignard de la Trinité s’était reconstitué, arme magique sans aucun doute, ayant récupéré sa triple intégrité.

    Pour toute réponse à son message, Xël reçut une réponse pour le moins brouillée. À quelle distance étaient-ils de la surface ? Aucune fenêtre ici ne permettait de le dire. Et ces afflux magiques partout autour perturbaient sans doute la communication. Peut-être faudrait-il trouver un endroit plus indiqué pour user de sa pierre de vision. Il put à peine reconnaître la voix de Thensoor, entrecoupée de perturbations sonores.

    « … Simaya ? …prends rien… mauvaise. »

    Puis plus rien. Il y avait fort à parier qu’il n’avait pas davantage compris son message initial.

    Le conjurateur face à Jorus dessina de nouvelles lettrines d’or dans les airs.

    « Celui-là s’est retiré, Elurien d’Assamoth, notre cher Archisorcier. »

    Il ne fut guère plus avancé. Quoique. C’était juste que les récents événements bloquaient un poil cette opportunité. Il se tourna ensuite vers Endar, effaçant ses précédentes lettrines pour en rédiger de nouvelles.

    « Tous, ici. Et aucun réellement. Thensoor Val’Crooh était le plus renseigné sur le Promeneur de Mort. Aucun livre qui ne saurait être lu par vous. Les arcanes d’Elscar’Olth doivent rester propriété de son peuple. »

    Deux pistes, donc : Elurien qui s’était retiré, malade, et Thensoor qui était à des milliers de lieues de là, quasiment impossible à contacter sans trouver un endroit plus propice à l’utilisation des pierres de vision. Ça, ou la Lande Noire à explorer dans son intégralité de manière aléatoire… Ou dans un but précis : retrouver le dragon Noir. Rejoindre l’une des autres cités de la Lande Noire, dont Orsan, piste donnée par Elurien à Yurlungur et Ariane. Une chose était certaine : ils ne trouveraient pas grand-chose de plus ici, à part quelque nourriture pour leurs corps convalescents.



[Ariane : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 1 (bonus longueur).
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 1 (bonus longueur).
Xël : 1 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (compte-rendu) + 0,5 (message) + 1,5 (bonus longueur).
Jorus : 0,5 (introspection) + 0,5 (question) + 1 (bonus longueur).
Sirat : noté quand complété.
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Endar : 0,5 (introspection) + 0,5 (question) + 0,5 (bonus longueur).
Kivan : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Mar 30 Oct 2018 07:43 
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Localisation: Aliaénon
Les six aventuriers semblent avoir maintenant tous remarqué notre présence, quoi que la plupart restent concentrés sur ce qu’ils étaient en train de faire. Je continue de les observer me demandant pourquoi ils ont tourné le dos à l’une des leurs qui vient d’être innocentée par le maître des lieux.
Celui à l’air bonhomme sous son chapeau paraît absorbé par ce qui ressemble à une pierre aux reflets azur, le pensif éphèbe discute avec l’un des encapuchonné et le Shaakt dont je ne vois que poindre les oreilles à travers ses longs cheveux bruns, quant à l’étrange homme-félin il semble ruminer dans son coin.

La seule femme de l’équipe s’approche alors de nous, avec toute la dignité caractéristique des Hinïons, pour se présenter et s’enquérir de ma présence, complimentant Al-Ayrad sur ses atours. Il apprécie comme moi que la dame ne l’ai pas ignoré ou considéré comme une simple bête dressée et le fait savoir d’un bref regard vers cette dernière avant de reporter son attention sur les autres. Quant à la question sur mon éventuelle arrivée de la Tour d’Or, elle confirme les dires de Yurlungur, c’est bien dans ce lieu que doit se trouver le portail liant Aliaénon à Yuimen.
L’Hinïone est rapidement suivie par celui que j’ai pris pour un homme. Mais bien qu’il ne semble pas oser s’approcher autant que celle s’étant présentée comme Sibelle, je peux maintenant tout à loisir observer son visage. Accrochée un instant par son pénétrant regard, je constate que si ses plaisant traits taillés à la serpe sont en partie mangés par une barbe bien fournie, cette dernière contraste avec la finesse de ses oreilles légèrement pointues. J’ai probablement devant moi un semi-elfe dont il est assez difficile de déterminer les origines. Qu’importe, le mélange est une belle réussite… dommage qu’il paraît avoir oublié la bienséance.

(Il faut dire que c’est nous qui débarquons…)

(Cela n’a pas empêché la dame elfe d’avoir un discours plus courtois.)

(Mmh… Courtoisie qu’il serait je pense bon de retourner. Nous avons probablement plus besoin de leurs connaissances que eux de nous.)

Affichant un air imperturbable pour mes interlocuteurs, je tourne brièvement la tête vers Al qui me rend mon regard.

(Promis je vais rester polie, quoi que je te ferais remarquer que la dame a dit que nous pourrions être utiles.)

Maintenant que nous sommes sortis des oubliettes et que j’ai eu le temps d’assimiler les nouvelles informations, je sens que je reprends contenance. Je reporte mon attention sur la dénommée Sibelle quoi que m’adressant aux deux mercenaires et tentant de résumer au mieux ma situation sans pour autant entrer dans trop de détails.

"Salutations à vous deux. Il n’était pas prévu que je participe à la recherche de Naral Shaam mais il m’a été exposé que son retour faciliterait les déplacements en Aliaénon. Mon intention était d’aller vers la tour d’Or à l’origine quand Elurien d’Assamoth m’a parlé de la tour d’Orsan, ses indications sont hélas restées énigmatiques, son triste état ne lui ayant pas permis d’en dire plus."

(C’était assez civilisé ?)

(Tu ne nous a pas présenté.)

Je ris intérieurement et pose mon regard sur celui à la même teinte et forme du semi-elfe.

"Qui je suis est une vaste question à laquelle je ne suis moi-même pas sûre d’avoir une réponse. Mais vous pouvez m’appeler Ariane, quant à mon ami que dame Sibelle a si bien nommé il répond au nom d’Al-Ayrad." Je m’adresse de nouveau à l’Hinïone. "Aucun de nous n’est familier avec la géographie de ce monde et espérions que l’un des aventuriers yuiméniens aurait une carte de la région ou pourrait nous indiquer la direction de la tour d’Orsan."

A juste raison la dénommée Sibelle m’a prise pour une mercenaire rejoignant leur groupe. Ce qui aurait été envisageable si les commanditaires de cette mission avaient pris la peine de me demander mon avis avant de me transborder d’un monde à un autre. Mais je préfère laisser sous silence cette partie tant que je n’en sais moi-même pas plus. Je secoue légèrement la tête lorsque l’elfe espère glaner plus d’informations à propos d’Orsan.

"Vous allez être déçue. Il s’est contenté de m’annoncer que mon destin y était et que j’y trouverais peut-être des réponses. Ne me demandez pas à quoi, je n’en sais rien."

Comme nous l’espérions, ces aventuriers en savent un peu plus et l’Hinïone a l’amabilité de sortir un morceau de peau où elle a dessiné un semblant de carte des alentours. Ce qui doit être les frontières des régions sont grossièrement tracées et les noms des lieux ont été gribouillé rapidement, souvent de façon raccourci mais c’est toujours mieux que rien. Cela fait un moment que je n’ai pas lu, une compétence qui me reste de l’enseignement du traître Selmed. Je repère facilement Fan-Ming tout au nord, à l’opposé d’un point noté Elscar qui désigne sans aucun doute la cité d’Elscar’Olth où nous nous trouvons. Autour de ce lieu, je ne vois que les mots Oms, Jesuir et Arth.

"Est-ce que vous sauriez m’indiquer Orsan ?"

Là où j’ai lu la lettre m est en fait la lettre r, Ors pour la ville d’Orsan qui se trouverait au sud-ouest d’ici, pas du tout dans la direction de Fan-Ming. Voilà qui n’est guère pour me plaire. Je laisse Al-Ayrad accéder à mes pensées pendant que je consulte la carte, afin qu’il ait son mot à dire sur notre décision finale.

(Ariane, nous avons déjà conclu que nous devrions aller à Orsan.)

Je laisse échapper un discret soupir. Je sais que tourner le dos au problème n’est assurément pas le meilleur moyen pour le résoudre mais j’avais espéré que la tour d’Orsan serait au moins dans la bonne direction. Quelle mauvaise expression. La bonne direction, la direction de quoi de toute façon ? Je me ressaisis, n’ayant rien laissé paraître de cette hésitation intérieure.

"Merci dame Sibelle, cela donne au moins une idée d’ensemble comme vous l’avez dit et une direction approximative, le sud-ouest."

Après un silence je me décide à mettre également les choses au clair concernant Yurlungur.

"Et quoi que je ne sache rien de votre histoire jusqu’alors et que celle-ci ne me regarde d’ailleurs pas, la jeune Yurlungur que certains semblent avoir accusée à tord fera probablement le chemin avec nous."

La réaction de l’Hinïone lorsque je prononce le nom de l’enfant ne m’étonne qu’à moitié mais c’est avec un ton posé qu’elle me répond souhaitant m’exposer la situation pour que je puisse en juger par moi-même.

"Je n’ai pas..."

Mais la fierté des Hinïons avale mes mots et la femme guerrière ne semble pas m’avoir entendu, se lançant dans des explications que je n’ai pas demandé avant que je ne puisse l’arrêter. Je secoue doucement la tête de gauche à droite mais elle est décidée à aller jusqu’au bout et je n’ai d’autre choix que de l’écouter. Si je serre involontairement ma mâchoire aux mots d’un poignard dans le dos, je ne porte pas beaucoup d’attention au reste de l’histoire, la seule information qui éveille un instant mon intérêt c’est le nom de la race de l’homme-félin, Humoran. Quand elle s’arrête enfin, je ne peux retenir une froide réplique.

"Je viens de vous dire que cela ne me regardait pas."

Si l’image d’une arme plantée dans le dos contracte mon estomac, me forçant à prendre une lente inspiration par le nez pour repousser le visage de mon père, c’est le fait que quelqu’un ait pu accuser le paraître sans en connaître le fond qui me laisse douloureusement pensive. Plus de dix ans que j’attends toujours les preuves d’un autre crime, ne voulant ni ne pouvant accuser Kwella sans l’avoir entendu.
Sentant ma détresse, quoi que je fasse mon possible pour ne pas la laisser effleurer mon visage, Al-Ayrad pousse ma main, me forçant à placer cette dernière dans sa crinière. Son intervention me permet de fermer la porte aux souvenirs de mon adolescence mais je ne parviens pas à me retenir d'émettre ma pensée sur l’histoire de Yurlungur.

"Le fait est qu'à accuser l’autre de tous les tords, on en oublie parfois les coups que l’on porte. Coupable d’avoir poignardé cette dame qui vous attaquait, certes. Je suppose que tenter de l’assommer aurait été plus à propos. Mais visiblement non coupable de tentative de meurtre. Accuser de cet acte un compagnon d’arme, n’est-ce pas un poignard allégorique ?"

L’elfe paraît hérissée par mes paroles, je hausse un sourcil à la fois étonné et interrogateur. Pourquoi les gens ont-ils toujours tendance à entendre un jugement là où je n’énonce que des faits ou n’émet que des idées ? Il est vrai qu’elle ne m’a pas demandé de réponse mais je n’avais pas non plus demandé à entendre leur histoire. Je ne peux alors m’empêcher de corriger les extrapolations de l’Hinïone, du même ton placide.

"Pardonnez-moi dame Sibelle mais je crains que vous ayez mal interprété mes propos. Je n’ai porté ni jugement, ni accusation mais me suis simplement contentée de vous livrer mes réflexions qui se voulaient aussi objectives que possible sur votre mésaventure puisque vous avez tenu à me la partager sans que je la demande. J'ai effectivement fait l'erreur de formuler ces pensées à voix haute alors que vous ne les avez pas explicitement demandées. Bref comme vous le dites avec justesse, la situation est close et passée. Je n’avais guère envie d’aborder ce sujet mais je ne laisserai pas mes paroles être déformées."

Je termine ma phrase en baissant légèrement la tête dans une tentative ratée d’excuse et de respect. Il est vrai que j’aurai mieux fait de me taire mais le souvenir de Kwella m’a fait bêtement réagir plutôt qu'agir avec discernement. Al-Ayrad interrompt de nouveau le fil de mes pensées d’un léger mouvement de tête avant que je ne me laisse encore emporter par le flot de souvenirs ou de réflexions. Le semi-elfe qui est jusqu’alors resté calme décide fort à propos d’intervenir pour se présenter à son tour.

Je me concentre sur sa voix pour faire taire celle dans ma tête et note son nom alors qu’il explique qu’il est arrivé il y a peu sur Aliaénon, puis se permet lui aussi de donner son avis sur leur déconvenue. Son point de vue n'est pas tranché, ce que j’apprécie et il n'est donc sûrement pas la personne que la dame Sibelle a indiquée avoir porté des accusations. Je dois tendre l’oreille pour l’écouter mettre en cause la moralité d’une part des autres mercenaires sans qu’il ne s’aventure lui non plus à désigner quiconque.
D’abord surprise par sa proposition d’accompagner Yurlungur, Al-Ayrad et moi-même, je réalise que, comme l’a dit la petite, cette équipe ne semble vraiment pas avoir beaucoup d’informations sur leur mission. Ce Naral Shaam pourrait se trouver n’importe où voire être mort ou pourquoi pas sur un autre monde ? ! Ce qui n’arrange pas nos plans, mais si Yurlungur accepte la présence de Kívan, une personne de plus à nos côtés ne peut être que bénéfique, surtout une à l’allure si robuste, au visage agréable et à l’esprit a priori plutôt ouvert.

Une ombre de sourire passe sur mon visage jusqu’alors impassible. Je tourne la tête pour voir où en est Yurlungur et la voit bien plus près que ce à quoi je m’attendais, de nouveau équipée, elle a entendu la proposition du semi-elfe et cela n’a pas l’air de la déranger.

"Je n’y vois pas non plus d’inconvénient messire Kívan. Si Yurlungur et vous-même me donnez juste un instant pour me restaurer, nous pouvons partir tout de suite."

Je rend son salut à Sibelle qui après nous avoir signifié qu’elle ne nous accompagnerait pas à Orsan, s’en retourne vers le milieu de la salle. Après un bref instant, Yurlungur reprend le dialogue avec Kívan lui demandant s'il sait soigner, ce à quoi il répond par l'affirmative. Un autre bon point pour le semi-elfe. Lorsque la conversation s'oriente sur la magie, j'en profite pour me déplacer silencieusement vers le buffet, Al-Ayrad me suivant comme mon ombre. Je remarque alors que l’homme au bonnet n’est plus là et voit Sibelle quitter également la pièce.
Les denrées sur la table ne sont pas très variées mais ce sera bien suffisant pour calmer nos estomacs affamés. J'hésite à peine avant de saisir un plat entier de viande rôti, vérifiant qu'il n'y ait pas de morceau dangereux pour Al avant de lui poser à même le sol pendant que je me contente de blé cuit et de pains, dont je mets quelques morceaux dans ma besace.

Nous sommes rejoints par Yurlungur qui se met à son tour à dévorer tout ce qui lui tombe sous la main, le jouvenceau qui était près des encapuchonnés les quitte alors pour s’approcher lui aussi des victuailles. Je le vois s’adresser à l’enfant mais ne les écoute pas, occupée à trier un second tas de viande pour Al-Ayrad. Je pose le plat sur le sol et me redresse pour faire face au duo qui vient maintenant vers moi. Yurlungur me présente le jeune homme comme étant Jorus et m’indique qu’il souhaite partir avec nous. Je regarde un bref moment Yurlungur, sans être sûre de savoir pourquoi elle veut mon avis sur le sujet. Je suis la seule à ne pas être officiellement déléguée par la milice d’Oranan, je n’ai pas vraiment mon mot à dire. Je hausse les épaules pour traduire ma pensée.

"Je ne sais encore rien de ces terres mais je suppose que plus de bras nous sommes mieux ce sera."

Bien que fort gracieux, la jeunesse du dénommé Jorus transparaît dans son comportement et sa façon de s’exprimer. Quoi que ne pouvant déterminer l’âge de Kivan du fait de sa double descendance, je ne suis pas mécontente de sa présence sans laquelle ce voyage vers la tour d’Orsan n’aurait pas été loin de me transformer en bonne d’enfants.
Fatiguée de ces mondanités, je rends brièvement son salut au jeune humain et me contente d’énoncer nos noms en montrant Al-Ayrad du doigt puis ma propre personne.

"Al-Ayrad, Ariane."

(Tu aurais pu faire plus élaboré, il m’a salué tout de même.) me glisse Al-Ayrad qui vient de terminer le deuxième plat.

(Tu n’as qu’à faire de même.)

Je perçois l’amusement de Al qui pose alors ses yeux dans ceux de Jorus et incline sa grosse tête. Sans attendre de voir la réaction du sieur Kayne, je ramasse les deux plats vides et les repose sur la table puis m’éloigne du buffet pour m’approcher de l’encapuchonné qui se dresse à côté de la porte des geôles. Le saluant d’un signe de tête, je l’interroge quant à la sortie de cette maudite cité.

"Pardonnez-moi messire, nous allons nous mettre en route pour la tour d’Orsan dans le cadre de la recherche du sieur Shaam. Si quelqu’un pouvait être assez aimable pour nous indiquer la sortie, voire la bonne direction ?"


(((2475)))

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Dernière édition par Ariane le Sam 3 Nov 2018 12:36, édité 5 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Mer 31 Oct 2018 19:21 
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...

Sans un mot, le Conju-machin pénétra à l'intérieur de l'infirmerie et ramena à Yurlungur tout son équipement, intact. Tout sourire, la jeune fille se saisit précipitamment de la bague d'Aethalin, la passant au doigt, avant d'enfiler son collier, de remettre en place son plastron et ses brassards des Ombres, ses bottes, la capuche d'Alem et la cape scorpionne. Ça allait déjà bien mieux. Mais ce fut en récupérant ses deux dagues qu'elle constata une heureuse surprise : la dague de la Trinité s'était réparée, la pointe brisée à présent intacte, comme au jour où les harpies la lui avaient confiée. (Pas tant de la camelote que ça, finalement.) Bah, les trois sœurs ne sauraient jamais ce qu'elle en avait pensé... Il suffirait de ne pas le leur dire.

Et, jetant rapidement un œil dans son sac, elle haussa un sourcil de surprise. Si elle reconnaissait ce fouet qu'elle avait piqué il y avait bien longtemps à une Shaakte et cette gourde magique qu'elle avait trouvée à Dahràm, il y avait en revanche un tas de petites pierres qui s'étaient rajoutées. Et, en y regardant de plus près, chacune était gravée d'un petit symbole étrange - magique ? Elle haussa les épaules. Ça pesait trois fois rien, elle pourrait essayer de les revendre un jour, ou d'en découvrir le pouvoir, et ça ne l'encombrait pas vraiment. Elle s'occuperait de ceci plus tard. En vérifiant sa bourse, il lui sembla que celle-ci s'était également un peu alourdie, mais si elle n'en comprenait pas la raison, ce n'était pas pour lui déplaire.

Elle se redressa et se tourna vers Ariane. La dresseuse au lion serait peut-être surprise de la voir porter un tel équipement ? Bah, elle n'avait guère fait attention à son âge, elle : sans doute s'en fichait-elle, ou cachait-elle ses sentiments sous ce masque d'impassibilité. C'était une attitude qui plaisait à l'Ombre en devenir.

Se rapprochant de celle-ci, ce fut Sirat qui l'intercepta, posant une main sur son épaule. Yurlungur fronça les sourcils mais l'Humoran tenta d'expliquer qu'il avait demandé à Elurien de la libérer, sans succès. La jeune fille se retourna vers lui en se dérobant de sa prise, récupérant une mine impassible, et croisa ses bras devant elle. Vu son état, il était fort peu probable que ce fût à la demande de Sirat qu'il l'ait libérée... Peut-être avait-il usé de ses pouvoirs pour déterminer ce qui était arrivé précisément à Simaya, puis le contrecoup magique l'avait atteint, celle-ci étant si incontrôlable sur Aliaénon ? Qui sait... Sirat essayait-il de la récupérer dans son camp en se montrant satisfait qu'elle soit libérée ?

« Oui, il a reconnu mon innocence, que je n'avais pas tenté de tuer Simaya, contrairement à ce que certains croyaient. »

Elle ne souhaitait pas réellement se mettre en froid avec le puissant guerrier, mais son ton fut malgré tout des plus distants lorsqu'elle annonça :

« Je ne suis cependant plus autorisée à rester à Elscar'Olth plus longtemps, aussi vais-je prendre la route de la Tour d'Orsan. Est-ce que vous savez ce qu'on risque d'y trouver ? »

Sirat semblait croire qu'ils sauraient passer outre l'interdiction de rester ici, sans expliquer précisément comment, avant d'en venir à la Tour d'Orsan : un lieu d'expérimentation de Vallel, où il avait créé des “monstres noirs”... Rien de bien joyeux. Et puis, parlant plus bas, il précisa sa pensée : il souhaitait l'avoir à ses côtés mais ne comptait pas retourner à Orsan. Peur d'y retrouver d'anciens alliés ? Puis, par un trait d'humour qui laissa Yurlungur froide, il lui proposa de viser le dos d'Endar, la prochaine fois.

Elle resta silencieuse un moment. Ils auraient besoin l'un de l'autre, c'est ça ? Et il comptait sur elle pour assassiner l'un de ses ennemis personnels, Endar, qu'elle connaissait à peine...

« Trop tard, » répliqua-t-elle, avant de préciser, désignant la jeune femme : « Ma décision est déjà prise d'accompagner Ariane, là-bas, jusqu'à la Tour d'Orsan. »

Ce n'était pas suffisant. Elle n'avait pas été assez piquante... Elle continuait à ruminer cette phrase de l'Humoran, qu'ils avaient besoin du soutien l'un de l'autre. N'était-ce pas un brin hypocrite ?

« Oui... J'avais besoin de vous, tout à l'heure, de votre soutien, lorsque nous étions enchaînés aux lits et que Xël m'accusa de meurtre sciemment préparé. Mais vous avez préféré dire... que vous désapprouviez mes méthodes, c'est ça ? »

Elle sourit avec un sarcasme évident.

« Comme le vent tourne vite. Je pense que nous serons bien plus efficaces si nous nous répartissons sur le terrain. Je vais donc exercer mes méthodes “particulières” chez Vallel... Nul doute que personne parmi nos yuiméniens n'y verra d'objection, cette fois-ci. »

Sans attendre, elle se retourna et se dirigea vers le groupe d'Ariane, l'inconnu elfique prénommé Kívan et Sibelle. L'Humoran pouvait bien se débrouiller seul, pour une fois : elle, elle prenait Al-Ayrad comme gros chat à câliner à sa place. Se faufilant discrètement derrière Ariane, elle entend seulement Kívan proposer de les accompagner : alors, la jeune femme se retourna vers elle, comme pour demander un assentiment de sa part.

Entrant complètement dans le cercle de discussion, elle plissa un moment les yeux pour observer le Semi-Elfe. Ariane devait lui avoir dit qu'elles voyageraient ensemble, non ? C'était donc que cela ne le dérangeait pas : ceci et le fait que c'était la première fois qui se croisaient sur Aliaénon détermina l'assassine à tenter un léger sourire.

« Pourquoi pas ? »

Ariane confirma alors à son tour que cela lui convenait, tandis que Sibelle, à la plus grande joie de Yurlungur, expliqua qu'elle préférait rester sur place et ne pas les accompagner. Il était évident aux regards de la guerrière qu'elle faisait partie du “camp Xël”, de ceux qui préféreraient la voir morte ou emprisonnée que libre de faire avancer ses projets. Tant pis pour eux.

Mais Sibelle venait de remercier le Semi-Elfe pour les soins prodigués : cela fit tiquer l'adolescente. Un mage ? Haussant un sourcil, elle demanda à Kívan :

« Vous savez soigner ? »

S'il y avait bien certains soigneurs “traditionnels”, comme le Rebouteux de Dahràm, la plupart maniaient tout de même les fluides de lumière - et Yurlungur préférait s'assurer que Kívan ne tenterait pas un sort de façon inconsidérée, pas comme Xël, quoi. Il hocha de la tête sans commenter et l'assassine, hésitante, poursuivit :

« Mais, euh... Avec ou sans magie ? »

Il répondit par l'affirmative, cherchant à comprendre si quelque chose la dérangeait. Elle plissa des yeux. Débarquait-il ? Cette question était absurde. Évidemment que ça la mettait mal à l'aise de savoir qu'un possesseur de fluides était à portée, la magie était tellement incontrôlable ici...

« Oui, ça me dérange. Ne faites pas de bêtises, hein ? Utilisez votre magie au minimum, c'est dangereux. »

Puis, devant le silence suspect du Semi-Elfe, elle précisa :

« On vous l'a dit, non, que c'était risqué ? »

Eh bah non. Mais que faisaient-ils, au Conseil d'Or ? Ils leur envoyaient des types qui n'y connaissaient rien, ils ne les préparaient même pas au monde qu'ils allaient parcourir ? Si cela ne l'aurait pas étonné chez Ariane, qui était tombée ici sans le décider et sans même savoir qu'elle avait changé de monde, c'était tout de même un comble pour un envoyé du Conseil d'Or d'ignorer des informations aussi primordiales que celle-ci. Kívan précisa que sa magie avait davantage pour but d'aider les autres, à quoi elle répliqua :

« Dites-vous qu'elle peut se changer en d'autres éléments, ou... » Elle agita les bras en mimant une explosion, les yeux écarquillés : « ...faire n'importe quoi ! »

Elle soupire. Inutile de lui faire trop peur s'il débarquait, lui aussi.

« J'aime pas trop la magie, » glissa-t-elle. « Ne me visez pas avec vos sorts, d'accord ? »

Le Semi-Elfe promit de faire attention. Souriante, elle hocha de la tête puis se dirigea vers le buffet pour grignoter un peu de cette nourriture. Si elle avait déjà goûté à bien mieux, à Treeof en particulier, cette pitance fade était à peu près ce à quoi elle avait été habituée pendant son voyage, son entraînement à Arothiir et, encore avant, toute sa vie durant à Dahràm... Ce n'était pas elle, dont le ventre grouillait et se faisait de plus en plus affamé à mesure qu'il commençait à se remplir.

Elle observait les autres protagonistes du coin de l'œil. Leur groupe serait sans doute le seul qui partirait vers la Tour d'Orsan... C'était un bon groupe. Un soigneur, un lion et sa dresseuse, et elle. Ariane avait probablement les clés, inconsciemment, pour savoir ce qui se cachait à la Tour. Kívan pour les soigner... Et elle pour écraser les ennemis qui se dresseraient devant eux. L'ancien bastion de Vallel, avait dit Sirat ? Il faudrait qu'elle prévienne Ariane et Kívan... mais plus tard. Pour l'heure, il fallait manger un peu, puis partir. Yurlungur ne comptait pas étendre davantage l'étendue de ce groupe : que les autres se débrouillent, et puisse Xël pourrir quelque part dans cette cité de Conju-bidules, aussi loin d'elle que possible.
Discrètement, tout en mangeant, la jeune fille fourra quelques morceaux de pain et de blé cuit dans son sac. Autant en profiter pour se refaire quelques provisions...

Ce fut la bouche pleine de pain, alors qu'elle en glissait un autre dans son sac, que Jorus la rejoignit : surprise par cette arrivée impromptue, elle sursauta et rougit, telle une voleuse prise la main dans le sac, cessant toute action pour l'observer avec ce regard qui voulait dire : “si tu parles, je te retrouve et je te tue”.

Bon, ce n'aurait pas été utile d'en arriver à une telle extrémité. S'il constatait qu'elle avait effectivement faim, ce n'était guère pour découvrir son trafic de nourriture qu'il s'était approché mais, d'une part, pour jouer au grand frère sympa - ce qui annonçait nécessairement une requête, elle n'était pas idiote à ce point - et la demande de voyager avec elle et son groupe vers la Tour d'Orsan. L'argument était que Naral aurait forcément été aperçu là-bas s'il avait adopté sa forme draconique : pas bête, mais la Lande noire était pour l'assassine bien assez vaste pour que ce soit un brin naïf de croire qu'on pourrait les guider depuis la Tour. Et même s'ils l'avaient vu, de quand dateraient ces informations ? Enfin, qu'importe : pendant qu'il s'expliquait, elle avait lentement retiré sa main de son sac en le refermant, continuant à mâcher sa pitance comme si de rien n'était.

« Hmmm... La Tour d'Orchan, ch'est pas mal, ouais... »

Elle déglutit et le dévisagea quelques instants, arborant consciemment un air méfiant. Elle ne le connaissait pas, celui-là : ami, ennemi ? De ce qu'elle avait vu dans la grotte, il ne se débrouillait pas si mal pour jeter des objets de loin : et vu sa carrure, elle ne le voyait pas comme une menace potentielle. Et puis, tout comme Kívan, il bénéficiait du bénéfice du doute, non ? Même si ses flatteries étaient assez grossières. Elle haussa des épaules.

« Moi, ça ne me dérange pas. En revanche, ne t'attends pas à trouver à Orsan des alliés : c'était un lieu d'expérimentation pour Vallel et, de ce que j'ai compris, l'idéologie des locataires n'a guère changé. Enfin, je peux me tromper : on verra bien lorsqu'on y sera. »

Le ton était donné. Yurlungur lança un nouveau regard à droite, à gauche, jaugea Jorus, puis saisit furtivement un dernier bout de pain qu'elle fourra dans son sac, avant de le refermer pour de bon et de se diriger vers Ariane, juste à côté, qui se nourrissait autant que son lion - un carnivore : sublime ! C'était peut-être un allié, lors des combats ? La jeune fille avait hâte de voir ça. Et puis, elle pourrait peut-être demander à lui flatter la crinière, une fois ?

Avec un sourire d'amusement, elle indiqua à Ariane :

« Jorus, c'est lui, veut aussi partir à la Tour d'Orsan avec nous. On le prend ? »

La question était relativement rhétorique : il y avait peu de chances que la jeune femme refuse, l'essentiel était surtout de la prévenir et d'instaurer une forme de hiérarchie. Si Yurlungur aurait voulu diriger le groupe elle-même, elle se doutait bien que sa jeunesse l'empêcherait d'être prise au sérieux dans la plupart des cas, aussi préférait-elle prendre le rôle de second, juste derrière Ariane, qui allait de fait plus ou moins diriger le groupe...

Le vélite se présenta et s'inclina légèrement, ce qui fit hausser un sourcil à Yurlungur, plus amusée qu'autre chose. Il n'avait pas fait ça, pour elle... Ariane sembla alors chercher le regard de la jeune fille : sans doute ne comprenait-elle pas la manœuvre, sans doute n'avait-elle rien à ajouter, et effectivement elle répondit simplement qu'elle n'était pas contre une nouvelle paire de bras pour les aider. Sans s'embarrasser de formalités, elle se présente ainsi qu'Al-Ayrad puis se rapproche d'un encapuchonné, suivie par Yurlungur, pour lui demander de lui indiquer la sortie et éventuellement la direction de la Tour d'Orsan.

Yurlungur, juste à côté, acquiesce d'un simple hochement de tête. Elle était repue, avait pris des provisions : elle vérifia du coin de l'œil que Jorus et Kívan étaient prêts à leur emboîter le pas. Si c'était bon, il ne leur restait plus qu'à partir pour cette fameuse Tour.


(((2000 mots
prend des provisions et prête pour le départ d'Esclar'Olth)))

...

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Jeu 1 Nov 2018 14:10 
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Je garde mon regard posé sur le félin à la taille majestueuse, oubliant tout ce qui m’entoure : celle qui semble être sa maitresse au même titre que le reste des aventuriers, les mages encapuchonnés et la pièce dans laquelle nous nous trouvons. Un animal de ce format et de cette stature ne doit pas venir de ce monde et encore moins de ces landes escarpées et désertiques. L’animal lève la tête vers l’humaine qui l’accompagne et celle-ci prend la parole. C’est en indiquant qu’elle nous salue tous les deux que je sursaute légèrement en remarquant la présence de Sibelle à mes côtés. Je ne l’avais pas identifiée, mon attention étant entièrement portée sur le félin, mais sa présence à mes côtés me rassure.

Elle explique qu’elle a décidé de se mettre elle aussi à la recherche de Naral car cela lui permettrait, d’après ses dires, de se déplacer plus facilement sur ce monde. Elle enchaine ensuite sur le fait qu’elle désirait dans un premier temps se diriger vers la Tour d’Or, signifiant qu’elle aussi n’a pas dû passer par cette case en arrivant sur ce monde. Cela nous fait déjà un point commun. Elle précise finalement qu’elle désire se rendre vers la Tour d’Orsan suite aux conseils de notre hôte dans cette ville. Un frisson parcourt mon échine. Ce lieu est sensé renfermer des expériences monstrueuses réalisées par Oaxaca d’après les indications fournies par l’elfe noir. Elle plante ensuite son regard vert et dur dans mes yeux et se présente. Son nom est Ariane. Celui de son compagnon, Al-Ayrad. Elle confirme ma supposition déclarant qu’elle ne connaît pas ce monde et qu’elle cherche une carte ou un guide pour se renseigner concernant la direction de sa funeste destination.

L’elfe blanche demande alors des compléments d’information concernant la Tour mais la nouvelle arrivée déclare qu’elle n’y connaît rien mais qu’Elurien, avant sa disparition suite à son état de choc, lui a indiqué que son destin s’y trouve. Sibelle sort alors la carte qu’elle nous a déjà présentée quelques minutes auparavant. Ariane s’enquiert de la position de sa destination, que Sibelle lui indique du bout de ses longs doigts blancs. Après l’avoir remerciée, elle précise que Yurlungur, la jeune fille que j’ai auparavant identifiée comme potentiellement dangereuse, l’accompagnera dans son périple.

Sibelle serre les poings à la mention de ce nom et je sens que son caractère impulsif et impétueux de la guerrière est en train de reprendre le dessus. Elle commence à exposer les faits qui ont conduits Yurlungur à faire un séjour en prison, coupant la parole à Ariane lorsque cette dernière essaye de prononcer un mot. Je me contente de l’écouter, sans afficher la moindre émotion sur mon visage. Une fois de plus, si les méthodes utilisées pour mettre hors d’état de nuire la magicienne blonde, cette jeune fille aura été la seule capable à mettre fin à la menace générée par la nécromancienne et sa magie sombre. Son honnêteté lors des questions posées par Elurien lui aura même permis de gagner quelques points concernant mon avis sur elle. D’autant plus, les aventuriers l’ayant accusés sont soit des alliés d’Oaxaca, soit des alliés de la nécromancienne. Une fois la tirade de l’elfe, celle-ci me jette un rapide coup d’œil, attendant sûrement un commentaire de ma part.

Ariane est plus rapide que moi et réplique froidement qu’elle ne se sent pas concernée par le casier judiciaire de Yurlungur. Je remarque qu’Al-Ayrad rapproche son museau de la main de sa maitresse, sans doute pour tenter de l’apaiser. Ariane reprend alors, déclarant qu’accuser sans preuve, revient à poignarder soi-même la personne accusée. Je me mords les lèvres. L’humaine n’aura fait qu’attiser le courroux de l’elfe blanche qui semble naturellement peu commode. J’essaie de me faire le plus petit possible, ayant déjà goûté aux remarques sèches de Sibelle, et n’ayant pas envie d’essayer celle de la nouvelle venue. Un duel de phrases abruptes, masquant sûrement de chaque côté une colère froide, prend alors place sous mes yeux. Les deux femmes se font face et il est certain qu’elles ne deviendront pas amies à la fin de leur échange, chacune trop droite et trop ancrée dans ses idéaux pour lâcher du lest à l’autre. Je me contente alors d’écouter. Les deux me font immédiatement penser à Sarenrae et son sale caractère. J’espère que tout va toujours bien pour elle à Oranan…

Une fois que les femmes se sont tues, je considère qu’il serait peut-être temps à mon tour de me présenter, avant qu’elles n’en viennent aux mains. Je tourne alors mon regard vers Ariane et Al-Ayrad.

« Mon nom est Kívan. Je ne pourrais malheureusement pas plus vous aider concernant la géographie de ce monde, m’y étant fait dépêché bien trop récemment... »

Je marque une courte pause et tourne mon regard vers Sibelle. Au vu de la réaction d’Ariane concernant le point de vue de l’elfe sur Yurlungur, je pense qu’une prise de position plus mesurée s’impose.

« Je n’ai pas de commentaire concernant le rapport de la bataille réalisé par Sibelle. Bien que les méthodes employées par l’enfant soient discutables, si le maître des lieux a décidé de son innocence alors c’est que nous devons lui laisser le bénéfice du doute... »

J’en profite alors pour rajouter bien plus bas :

« D’autant que beaucoup d’autres ici ne sont pas des enfants de chœur... »

Une décision doit donc être prise désormais. Rester ici en présence d’alliés d’Oaxaca ou partir avec ces deux femmes que je ne connais pas mais qui semblent avoir des idéaux plus proches de miens. Après une lente expiration, je reprends à voix haute :

« Notre hôte nous a suggéré que nous ne trouverions aucune indication concernant Naral Shaam dans sa cité. Si vous prenez la direction de la tour d’Orsan, je veux bien vous accompagner, je pense n’avoir plus rien à faire ici »

Je jette par la même occasion un regard noir à certains des aventuriers situés dans mon dos. C’est alors que je remarque seulement la présence de Yurlungur, qui en a profité pour se rééquiper, à nos côtés. Les deux femmes échangent un regard. La jeune Yurlungur ne semble pas y voir d’inconvénient. Ariane déclare alors sur le même ton flegmatique qu’elle adopte depuis le début de nos conversations que ma proposition ne la dérange pas et que nous pourrons partir une fois qu’elle sera se sera restaurée. Son emploi du mot messire pour m’adresser la parole me fait tiquer mais je ne fais pas de remarque pour l’instant.

Mon regard se porte finalement vers Sibelle. Cette dernière finit par déclarer qu’elle n’accompagnera pas les deux aventurières vers la Tour d’Orsan, préférant chercher des réponses dans cette cité. Elle tourne alors ses grands yeux bruns vers moi et me remercie de l’aide apportée dans la grotte. Je suis d’une certaine manière déçu que l’elfe blanche ne nous accompagne pas, mais au vu du premier échange avec Ariane, il en est peut-être mieux ainsi. Dommage, sa droiture et son honnêteté en aurait fait une alliée de choix dans notre recherche. J’appuie donc sa décision d’un mouvement de tête.

« Bon courage dans vos recherches, peut-être nous recroiserons nous dans un futur proche… »

Sibelle s’éloigne alors de notre groupe nouvellement constitué. Yurlungur continue de me dévisager suite à la dernière remarque de l’elfe blanche. Elle finit par me demander si je sais soigner. Je regarde la petite droit dans les yeux, soutenant son regard. Je sens une question à double tranchant de sa part. Je connais la méfiance de certains humains concernant la magie et je préfère acquiescer d’un simple hochement de tête. Visiblement non satisfaite de ma réponse, elle continua, s’enquérant de ma capacité à utiliser de la magie. J’avais donc vu juste, la fillette semblait craintive de cette force. Préférant la jouer de manière honnête, je lui réponds alors, sur la défensive :

« Oui... Cela vous dérange ? »

Elle répond par l’affirmative, justifiant que sur ce monde la magie pouvait être dangereuse. Elle me demande alors si j’ai été mis au courant. Je hausse les sourcils. Je ne vois pas en quoi la magie de la lumière peut se révéler dangereuse pour les autres, son utilisation première étant les soins.

« On ne m’a rien dit à ce propos... »

Je tente alors un sourire pour tenter de l’apaiser.

« La magie que j’utilise n’a pas pour but d’être néfaste mais je tâcherai de me souvenir de votre conseil… »

Elle précise alors qu’ici les éléments peuvent laisser place à d’autres éléments ou faire n’importe quoi tout en agitant les bras. Je fronce les sourcils cette fois. Cela pourrait-il expliquer l’effet inattendu obtenu lorsque j’ai lancé mon second sort dans la grotte ? Pourtant mon sort de soin pour Sibelle s’est déroulé sans la moindre difficulté… La question est à creuser mais le fait de ne plus pouvoir utiliser la magie sur ce monde ne me satisfait pas du tout… Bien qu’elle soit entrée dans ma vie il y a quelques semaines seulement, son utilisation est devenue quelque chose d’inné et de quotidien pour moi désormais… La jeune fille soupire, me confirmant une fois de plus mes doutes : elle n’aime pas la magie et ne souhaiterais pas être la cible de mes sorts. Je ne peux m’empêcher de rire intérieurement. On verra qu’elle sera son discours lorsque nous nous trouverons dans une situation nécessitant l’usage de mes capacités. En attendant, et pour la rassurer, je préfère lui déclarer :

« Je ferai attention, promis... »

Elle s’éloigne alors, gagnant la table centrale où Ariane s’est éloignée depuis le début de mon échange avec la jeune fille. Je me poste dans un coin, attendant qu’Ariane et Yurlungur finissent de manger, tout en observant le reste du groupe du coin de l’œil. Le plus tôt nous partirons de cet endroit, le mieux ce sera.





(((1741 mots)))

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Dernière édition par Kívan le Ven 9 Nov 2018 20:18, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Jeu 1 Nov 2018 16:45 
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Evidemment mon message reçoit une réponse entrecoupée. Je comprends à peine quelques mots et j’imagine que Thensoor n’en a pas compris plus que moi. Peut-être qu’à l’extérieur le message passerait mieux. En me retournant, l’air las, j’aperçois une nouvelle tête. Deux en fait. Une femme ressemblant à Charis, une fille du désert. Elle est accompagnée d’un grand animal à la fourrure couleur sable. Cela me rappelle ma première venue à Fan-Ming. Il y avait une femme accompagnée d’un ours. Quelques souvenirs resurgissent en m’apportant un sentiment de tristesse. De ce premier voyage, de ces premières rencontres, je suis le seul présent ici aujourd’hui. Mon regard se détache d’elle pour glisser vers la nourriture qui garnie une table. Je m’en approche et attrape du pain avant de me diriger vers la sortie. Simaya est en sécurité et rester ici ne sert à rien. Il faut retrouver cette liste de personnes. Je passe à côté de Yurlungur en l’ignorant totalement, si j'ai compris qu'Elurien l'a libéré, je refuse de lui donner une autre chance. Aussi jeune soit elle, c'est une meurtrière. Je me contente d’un vague signe de tête pour saluer la fille du désert. Je prends soin de quand même éviter son animal de compagnie, moins impressionnant qu'un dragon, il a quand même les griffes et les crocs pour me déchiqueter. En sortant de la pièce, je tombe sur une vaste allée, peu fréquentée, éclairée par une lueur pâle. Un détail me chagrine. Je suis sous terre. La cité entière est probablement souterraine. Cette vision d’une ville plongée dans le noir, ou plutôt dans une leur pâle d’origine inconnu me remplit d’avantage de tristesse. Je repense à Kendra Kâr. Ses murs blancs, sa mer et son ciel bleu. Les prairies vertes qui entourent la cité. Le parc coloré. Les odeurs du marché, les encouragements venant de l'arène, même l'odeur de poisson venant des docks. Ici ça sent la terre et l'humidité sans oublier ce vrombissement constant qui commence à être pénible. Je soupire alors que j’entends la porte s’ouvrir derrière moi. Je reconnais les cheveux roux de la guerrière. L’air nostalgique, la bouche encore pleine de pain. Je déclare :

"Kendra Kâr me manque."

Elle me demande si je pense quitter Aliaénon. Je secoue la tête. Non, absolument pas. Je ne peux pas abandonner. Elle me demande ensuite ce qui est arrivé à Elurian dans l’infirmerie.

" Je ne sais pas. Nous n'avons pas vu la même chose. J'aimerais bien lui demander ce qu'il l'a autant extenué justement."

Elle m’apprend que Naral a posé des questions à Elurien quand il était ici. Que je pourrais lui poser la question. Elle, va partir avec Sirat à la recherche du dragon noir. Je fronce un sourcil. Le dragon noir. Est-ce qu’il peut être responsable de la disparition de Naral ? Est-ce que ce dragon est capable de briser une pierre de vision ? Il était fort. C’est certain. En y repensant je ressens encore la chaleur de son souffle sur tout mon corps. Ou alors est-ce que ce dragon obéit aux ordres de quelqu’un d’autre ? Qui peut être assez puissant pour dompter un dragon ? Je suis inquiet. Autant de trouver la réponse à ces questions que de savoir Sirat et Sibelle partir à la recherche de ce lézard volant plutôt hostile.

"Le dragon noir ? Vous avez pas peur qu'il attaque à nouveau ?"

Elle me répond que c’est pour cette raison qu’elle ne veut pas laisser l’Humoran partir seul. C’est donc une idée de Sirat. Je pense aussi que ce dragon à quelque chose à nous apprendre. Je ne veux pas rester ici, dans ces galeries, comme un rat.

"J'aimerais venir avec vous."

La guerrière me fait remarquer que je ne pourrais pas interroger Elurien si je pars. Je souris en lui répondant simplement.

"J'imagine qu'il sera toujours là à notre retour."

Elle accepte que je l’accompagne et me souhaite la bienvenue. Elle précise qu’à trois nos chances de ne pas mourir augmentent. Sa formulation m’amuse. Je retiens un rire et quitte les lueurs pâles des yeux pour les plonger dans ceux de Sibelle avec un air amusé. Je la dévore du regard même. Des yeux bruns, une bouche pulpeuse. Elle était belle cette guerrière. Dommage qu’elle soit si têtu. Un autre souvenir, celui de la rousse me plaquant contre un mur à Arothiir refait surface. Mais ce n’était pas un souvenir désagréable, plutôt amusant.

"Voilà de l'optimisme comme je l'aime."

Un léger sourire apparaît sur son visage, suffisant pour agrandir le mien.

"Vous comptiez partir tout de suite ? "

Elle suppose que oui, je lui réponds alors que je suis prêt à l’accompagner. Je m’éloigne ensuite un peu d’elle pour m’approcher de la paroi de la galerie juste en face de l’infirmerie. Je m’y adosse et m’accroupit le temps que Sirat se montre. Je prends le temps de méditer sur le pouvoir que Fin’ m’a offert. Je contemple mes mains. Est-ce que j’ai vraiment les mêmes capacités que lui ? Pourquoi m’avoir dit qu’il n’en a pas été digne ? Je me masse le front, plonge mon visage dans mes mains. Les visions de nos souvenirs liés me gonflent la poitrine. Je relève la tête, observant la porte d’où je suis sorti. Je pourrais tenter de retourner à Fan-Ming et revenir ici. Mais la crainte m’oblige à être prudent. L’instabilité de la magie. La possibilité de finir dans un mur. Je ne dois pas m’en demander trop. Pas tout de suite. Je dois apprendre petit à petit. Si j’ai souvent vu Finarfin se servir de sa magie ce n’est pas pour autant que je sais le faire. Je vais essayer de recontacter Thensoor une fois en dehors de la ville. Peut-être que cette terre sombre au-dessus empêche la pierre de fonctionner correctement. Si à notre retour je n’ai toujours pas de réponse alors je tenterais autre chose. Si je peux voyager librement et rapidement, je peux même me permettre d'atteindre Arothiir pour tenter de parler avec le Sans-Visage. Il est resté muet dans la caverne mais à Arothiir il avait accepté de se montrer rapidement. Il y avait un lien entre lui et la Trinité.

(( 1000 mots ))

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Jeu 1 Nov 2018 17:03 
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A la proposition du Shaakt de rencontrer le Dragon Noir, la guerrière déclare qu’Elurien pourrait nous faciliter la tâche. Cependant, aux dires de l’elfe noir nous ne devrions pas placer trop de confiance en cet homme qui n’a guère attendu pour voler la place de Thensoor. A ma remarque sur les possibilités de déplacements de Naral, Endar me rétorque que notre homme apprécie trop son aspect draconique pour ne pas l’utiliser et sa taille lorsqu’il s’en sert est suffisamment importante pour que le dragon noir l’ait remarqué. Cependant au vu du nombre de yuiméniens arrivé subitement, il n’exclut pas la possibilité d’une forme de magie lui permettant de se déplacer.

Enchaînant à ma question, il fait une demande plutôt étrange sur un certain Promeneur de Mort. Un nom qui ne me dit rien qui vaille. Il semble également brosser les sorciers dans le sens du poil en demandant des ouvrages sur le peuple de la cité. Si lui n’obtient pas satisfaction, moi j’ai finalement la réponse que j’attendais. Après les énigmes et les réponses floues, la personne avec qui Naral a cherché ses réponses n’est autre qu’Elurien. Cette même personne qui souhaite s’isoler pour un temps indéfini, gardé par des hommes qui feront tout pour que nous ne perturbions pas son repos.

(Merveilleux !)

D’un autre côté, le maitre des lieux nous a affirmé lui-même que Naral n’a pas eu les réponses qu’il souhaitait. Donc soit il n’y a aucune information à ce sujet, soit Elurien nous ment et serait donc du côté de Naral, ou contre le sans-visage. Tout ça est une vraie prise de tête. Ce qui est sûr c’est que nous n’aurons aucune réponse ici.

La remarque du Shaakt fait écho dans ma tête. Si vraiment Naral apprécie tant sa forme draconique, alors oui il a certainement été aperçu dans la Lande. Cependant plutôt que d’aller quérir le dragon que nous avons affronté en arrivant sur ces terres désolées, il serait plus sage de chercher un point d’observation. Une montagne avec un large vue dégagée ou alors cette fameuse Tour d’Orsan, même si l’idée de voir des expérimentations de magie, certainement noire, ne me plaît absolument pas. Mon oreille un peu distraite en entent justement parlé, venant de la nouvelle arrivée rejoint par Sibelle et Kivan. Rapidement la conversation semble s’orienter sur les faits, ou devrais-je dire les méfaits de Yurlungur. Une mise en garde sur cette jeune fille qui a terrassé la magicienne d’un seul coup. Malgré le peu que j’arrive à comprendre, c’est cette jeune personne qui m’a fait la meilleure impression à notre première rencontre, sans que je parvienne encore à dire pourquoi.

Je la vois revenir tandis que l’Humoran la stoppe. S’il est vrai qu’un lien les unissait, leur relation semble se ternir quelque peu avec l’absence de défense de Sirat lors de l’accusation de la jeune fille. Si je devais être honnête envers moi-même, je devrais être rangé dans le même panier, même si pour ma défense apprendre les allégeances de certains m’a plutôt choqué. Yurlungur proclame que si son innocence a été déclarée, elle n’a cependant plus l’autorisation de rester dans l’enceinte de la cité.

(Ce qui explique pourquoi elle est si pressée de partir.)

Apparemment elle semble vouloir aller à la fameuse tour et comme nombreux sont ceux qui la voit d’un mauvais œil, elle risque d’être seul ou de faire partie d’un groupe restreint dans une terre aux mille et un dangers. Non sans vouloir servir de preux chevalier à une dame capable de voyager seule sur Aliaénon, c’est surtout la possibilité de voyager loin de certains individus qui m’attire le plus. Tandis qu’après s’être de nouveau entretenu avec le groupe au loin, elle se dirige vers la table pour manger un peu. Il faut dire qu’elle n’a pas eu l’occasion de déguster quoi que ce soit et personne n’a pensé à lui en apporter un peu.

Je regarde une dernière fois le magicien qui m’a prêté son attention pour le remercier.

"Ha je vois. Elurien nous a déjà déclaré que Naral n’avait rien appris ici, donc je ne pense pas qu’il soit nécessaire de le déranger de nouveau. Nous allons avoir un long voyage donc si ça ne vous gêne pas je vais emporter quelques morceaux pour la route."

Je m’approche à mon tour de la table pour prendre quelques provisions non périssable, manger un dernier bout avant de partir et parler à la jeune fille.

"Content que tu sois libérée. Je vois que tu as faim !" Je me gratte la joue, un peu gêné en pensant qu’elle était en cellule pendant que je mangeais. "Désolé, j’aurais dû t’apporter de quoi manger. Je t’ai entendu dire que tu te rendais à la Tour d’Orsan et si ça ne t’ennuie pas, j’aimerais venir avec toi. Apparemment Naral aime voyager sous une imposante forme draconique, donc il y a de bonnes chances selon moi pour qu’il ait été vu depuis la tour."

Yurlungur sursaute et se tourne vers moi la bouche pleine. Elle me fait penser à un chat qui vient de se faire surprendre à chiper le dîner de ses maîtres. Sans prendre le temps d’avaler correctement, elle me répond la bouche pleine.

"Hmmm... La Tour d'Orchan, ch'est pas mal, ouais... "

Elle semble m’examiner tout en avalant sa nourriture. Elle semble méfiante à mon égard et je ne peux lui en vouloir. Presque tous ceux présents dans l’infirmerie semblent lui souhaiter un destin funeste. Finalement elle hausse les épaules en déclarant qu’elle n’y voyait pas d’inconvénient à ce que je les accompagne. Elle tient cependant à me dire qu’il n’y aura pas d’allié à la Tour d’Orsan. Le lieu servant d’expériences pour Vallel, il est fort possible que la mentalité puisse être la même bien que le serviteur de la déesse noire ne soit plus présent. Elle termine en déclarant qu’on sera fixé une fois sur place. La jeune fille scrute à nouveau les environs avant de me fixer et de prendre un dernier bout de pain qu’elle met rapidement dans son sac. Je la suis alors qu’elle me présente brièvement à la dernière arrivée et lui soumet ma proposition de les accompagner. La proximité du lion me surprend quelque peu, surtout qu’il ne semble pas dangereux. Elle semble réfléchir en regardant Yurlungur puis lance qu’elle ne connaît pas le territoire de la Lande Noire et que plus nous serons, mieux cela vaudra. Je cherche du regard la femme pour me présenter tandis qu’elle prépare une assiette pour l’animal.

"Salut. Je me nomme Jorus Kayne. Enchanté de faire ta connaissance." Dis-je en m’inclinant respectueusement et fait un bref salut à la bête sans trop savoir comment réagir.

Elle m’observe puis retourne mon salut. Du doigt elle indique le lion, puis elle et dans une lassitude profonde elle se présente : Al-Ayrad et Ariane. Ce qui me surprend le plus est peut-être que le lion me rend mon salut. Rapidement elle ne fait plus attention ni à moi ni à Yurlungur. Elle ramasse les plats au sol pour les reposer sur le buffet et s’en va vers un des hommes muets à capuche. L’échange est simple et sans chichi dans le seul but de quitter la cité au plus vite.


Citation:
1203 mots.

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Multi : Relonor et Nhaundar


Dernière édition par Jorus Kayne le Ven 2 Nov 2018 22:20, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 2 Nov 2018 03:50 
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Ce fut une fois de plus sur un ton supérieur que l’elfe noir répondit à l’hinionne. Il considérait qu’elle accordait trop de confiance en Elurien, il rappela que ce dernier avait pris la place à Thensoor alors celui-ci combattait à ses côtés. Sibelle nota cette information, mais elle demeura prudente quant à sa véracité. Ce n’était pas la première fois qu’elle entendait Endar résumer des situations et les interpréter de telle façon pour les tourner à son avantage.

Sibelle s’était présentée à la nouvelle aventurière ayant pénétré dans la salle de convenance. Kivan arriva quelques secondes après, la questionnant de façon plutôt abrupte. Sans pour autant en prendre ombrage, l’intéressée les salua et son compagnon posa son regard sur Sibelle et Kivan. Répondant d’abord aux questions de Sibelle, elle les informa que retrouver Naral n’était pas son projet initial, bien qu’on l’est informé que ça lui permettrait peut-être de se déplacer ensuite plus facilement sur Aliaénon. Elle prévoyait se rendre à la tour d’Or, mais Elurien, dans un état second, lui parla de la Tour d’Orsam.

Tout en s’adressant tout particulièrement à Kivan, la combattante déclina son identité ainsi que celle de son compagnon à quatre pattes : Al-Ayrad. Sibelle demeura attentive afin de bien mémoriser le nom de la femme et celle de son compagnon. Elle attendit patiemment la fin de la présentation pour ramener la discussion sur un point qui l’intéressait : la tour d’Orsam.

« Oh ! Je croyais que vous étiez, tout comme nous tous, dépêché par la milice d'Oranan. ...la tour d'Orsan, que vous a-t-il dit à ce sujet ? Cette information pourrait nous aider... Oui Elurien nous a semblé étrange après sa sortie de l'infirmerie, je ne sais pas ce qui s'est passé là, mais il en est ressorti transformé. »

Malheureusement, Arianne ne put apporter de réponses concrètes à Sibelle, Elurien lui ayant seulement annoncé sans plus de détail que son destin se trouvait à cet endroit.
Puis se tournant vers Sibelle, Ariane lui demanda si l’un parmi eux possédait une carte d’Aliaénon afin de lui indiquer le chemin vers la tour d’Orsan. Sibelle demeura perplexe se demandant si c’était un hasard qu’Ariane s’était adressé à elle. Cependant, elle n’en laissa rien paraître. Elle se contenta de secouer négativement la tête en affichant un air désolé.

« J’ai bien griffonné quelques noms et tracé quelques traits sur un bout de parchemin, mais ça n'a rien d'une carte... enfin, ça ne pourrait pas vraiment vous indiquer le chemin à suivre. J'ai fait ça afin de me donner une vue d'ensemble des différentes régions d’Aliaénon. »

Cela dit, elle fouilla dans son sac et montra ledit document. Kivan en profita alors pour préciser qu’ayant été téléporté tout récemment dans ce nouveau monde pour lui, il ne pouvait apporter son aide.

Comme il fallait s’y attendre, le bout de parchemin griffonné par Sibelle n’était à peu près lisible que d’elle puisque dans l’empressement, elle n’avait que transcrit le début des noms des villes. Ce fut donc sans hésitation que Sibelle pointa les lettres Ors, situées plus à l’ouest lorsqu’Ariane lui demanda aimablement de lui indiquer la ville d’Orsan. Conservant toujours la même politesse, Ariane remercia la guerrière. Elle dit avoir au moins une vue d’ensemble et savait désormais qu’elle devrait se diriger vers le sud-ouest.

Sibelle était en train de ranger sa carte, lorsque Ariane précisa qu’elle ferait le voyage avec Yurlungur et que cette dernière avait été accusée à tort par certains d’entre eux. Sibelle serra ses poings lorsqu’Ariane mentionna Yurlungur et ses jointures devinrent complètement blanches lorsqu'elle affirma que la fillette avait été accusée à tort.

Elle prit donc une grande respiration pour reprendre son calme et le demeurer, pour ensuite prendre la parole d'un ton calme.

« Je vais me contenter de vous énumérer les faits, que les faits, et ce sera à vous de juger si elle a été accusée à tort ou pas. »

Elle s'arrêta un moment puis sur le même ton calme, elle exposa les faits:

« Nous étions dans la grande salle de la mystérieuse caverne où un étrange autel magique prenait place. Simaya, une magicienne d'Esseroth, était là, les yeux révulsés comme en transe. Par sa magie, elle a fait relever des cadavres de bestioles pour qu'ils s'amalgament et forment un monstre hideux qui s'est attaqué à nous. En utilisant nos forces respectives et en travaillant de concert, on a réussi à tuer la bête. Sirat, l'humoran qui est là-bas,... »

Dit-elle en pointant discrètement Sirat «… a tenté d'approcher Simaya, il la connaissait bien. Il l'a pris dans ses bras et a tenté de la calmer. Et puis, Yurlungur est apparu de derrière une roche et a planté son poignard dans le dos de Simaya. Celle-ci a lâché un cri, puis a fait déferler une quantité énorme de magie. Nous nous sommes réveillés ensuite à l'infirmerie. Sans l'intervention d’ Elurien et de ses mages, nous aurions péri dans cette caverne. »

Sibelle n'avait pas l'intention de tenter de dissuader Ariane de suivre Yurlungur. Elle se doutait bien que le compagnon d'Ariane nommé Al-Ayrad protégerait ses arrières. Elle se tut donc, attendant la version de Kivan, ou les commentaires d’Ariane.

Kivan prit alors part à la conversation confirmant les propos de Sibelle quant à la bataille en elle-même. Puis, il poursuivit en parlant de la décision d’Elurien au sujet de la tentative de meurtre. Sibelle haussa un sourcil de surprise, elle ne parlait pas ici de la tentative de meurtre, mais bien de l’action de poignarder la magicienne. Et là, sa surprise grandit davantage lorsqu’à la voix basse, il rajouta que beaucoup d’aventuriers présents dans cette salle n’étaient pas des enfants de cœur.

(Qu’y a-t-il d’étonnant à ça ? Nous sommes des aventuriers.)

Elle n’eut pas le temps de commenter cette dernière affirmation puisqu’Ariane réagit froidement à ses propres propos. L’humaine rappela à l’hinionne que cela ne la regardait pas… mais avait-elle oublié que c’était elle-même qui avait lancé le sujet ? La contrariété de Sibelle grandit encore plus lorsque l’humaine précisa, sans pour autant en avoir été témoin, qu’ils accusaient la petite de tous les torts, terminant en précisant qu’accuser de meurtre un compagnon d’armes revenait en quelque sorte à un coup de poignard symbolique dans le dos.

Sibelle écouta attentivement la réponse d'Ariane sans la couper, mais transparente comme elle était, il était clair qu'elle était contrariée par ce qu’elle venait d’entendre. Elle regarda Ariane droit dans les yeux et répliqua avec un agacement très perceptible dans la voix.

« Je vous rappelle que je vous ai énuméré les faits et que c'était à vous de faire votre propre jugement. Ce que vous avez fait. Pour ma part, je n'ai porté aucune accusation. Ni à mon réveil à l'infirmerie, ni par la suite, ni maintenant... Un seul compagnon l'a fait, et avant de le juger lui, il faudrait connaitre ses raisons, ce qui n'est plus utile, car la situation est close à présent. »

SIbelle, honnête et loyale, était visiblement contrariée de se faire faire ainsi la morale alors qu'elle avait pris sur elle pour ne pas émettre son opinion sur la situation. L’humaine qui ne semblait pas comprendre la réaction de Sibelle haussa un sourcil et riposta en affirmant cette fois que Sibelle avait mal interprété ses dires et elle termina sur la même conclusion que Sibelle à savoir que la situation était close et passée.

Ce fut à ce moment que Sibelle comprit qu’il y avait eu un malentendu entre les deux femmes. Cependant, elle était à peu près certaine que la petite s’était plainte auprès de sa nouvelle amie. Ne voulant prolonger davantage cette discussion stérile, Sibelle ayant repris son calme se contenta d'un petit signe de tête comme quoi, elle avait compris le message.
Ce fut à ce moment enfin que Kivan se présenta enfin à Ariane, lui proposant de faire le voyage avec elles. En s'adressant à eux tous, la fière guerrière termina: « Je ne vous accompagnerai point, je crois pouvoir trouver des réponses ici. »

La présence d’Ariane, de son compagnon, et de Kivan aurait pu être agréable, mais il était hors de question qu’elle prenne le même chemin que Yurlungur. Et puis, elle n’avait pas menti, elle croyait trouver des réponses dans la cité, ou non loin de celle-ci.

Suite à la décision de la guerrière, la mimique de Kivan devint plus sérieuse, il était visiblement déçu que la guerrière ne les accompagne pas. Tout en ayant conscience de sa déception, elle ajouta à l’intention de ce dernier :

« Je vous remercie pour les soins que vous m'avez prodigués. »

Ce dernier lui souhaita bon courage dans ses recherches et émit le souhait de la recroiser prochainement. La guerrière se contenta d’esquisser un sourire au guérisseur puis tourna les talons. C’est à ce moment qu’elle vit Xël sortir de la pièce un pain sous le bras. Une idée en tête, Sibelle prit alors la décision de le rejoindre.

Alors qu’elle n’avait fait que deux pas dans la direction de la sortie, Sirat, l’air grave, l’attrapa par le bras. Elle se dégagea froidement et planta son regard dans celui de l’humoran, questionnant ainsi la raison d’un tel geste. Pour toute réponse, il lui annonça qu’il partait à la recherche du dragon noir et qu’il voulait lui annoncer à elle avant les autres.

Endar avait déjà formulé l’idée de trouver le dragon, et Sibelle se doutait bien que Sirat ne ferait pas équipe avec l’elfe noir, alors elle lui demanda :

« Tu penses t'y prendre comment ? »

L’humoran répondit ne pas avoir fait de plan. Il pensait d’abord se rendre sur les lieux où ils avaient croisé cet énorme dragon. Se rappelant de la puissance du dragon noir alors qu’il combattait contre le dragon d’Or, Sibelle perplexe quant à la faisabilité du plan de Sirat, lui dit ce qu’elle pensait d’une telle décision :

« Ce n’est pas prudent d’y retourner seul. »

Sirat ne nia pas le fait, mais il confia n’avoir que peu de compagnons qui partageaient ses idées. Tout comme Sibelle, il ne tolérait pas le bavardage de l’elfe noir. Puis affichant un petit sourire narquois, il demanda à Sibelle si elle craignait pour lui.

La guerrière ignora la dernière remarque, ses joues s'empourprant légèrement.

« Je ne fais pas confiance en Endar, mais lui aussi veut trouver le dragon noir. Je t’accompagne... le dragon noir nous mènera sûrement à Naral. »

Malgré les insinuations d’Endar quant à ses sentiments envers Sirat, Sibelle était persuadée avoir pris une décision de tête. En tant que guerrière, elle appréciait les qualités de combattants de Sirat, mais avait tiré un trait sur une possible liaison avec ce dernier, du moins le croyait-elle.

L’humoran fut surpris des intentions d’Endar, il pensait que l’elfe noir aurait plus tôt choisi de se rendre à la tour d’Orsam. Il était ennuyé qu’ils aient eu la même idée et affirma sérieusement devoir le tuer. Sibelle fronça alors les sourcils d’incompréhension, mais ne dit mot, laissant l’humoran poursuivre. Il demanda à Sibelle si elle voulait vraiment le suivre, lui rappelant qu’elle n’approuverait sûrement pas tous ces agissements. Il termina en affirmant que d’un autre côté, il préférait mourir de la main de la guerrière que de celle d’une autre.

Lorsqu’elle avait pris une décision, il était difficile de lui faire changer d’idée. Elle se contenta donc d’ajouter sérieusement.

« Nous voulons tous les deux retrouver Naral. Une fois là, je t'empêcherai de le tuer. »

À présent qu’elle s’était entendue avec Sirat, Sibelle voulait aller questionner Xël et en fit part à l’humoran.

« Lorsque tu m’as arrêté je me m’apprêtais à aller rejoindre Xël, j’ai quelques questions à lui poser. Je reviens dans quelques minutes et je serai prête à partir. »

Cela dit, elle ramassa un morceau de pain et sortit de la salle. Étant inconsciente à son arrivée, elle n’avait aucune idée de ce qui l’attendait en dehors de la salle de convenance. Elle se retrouva donc dans un vaste couloir souterrain, relativement sombre, à peine éclairé. Elle en déduisit qu’ils étaient sous terre, ce qui ne surprit pas plus que ça la maître d’armes, puisque les landes noires s’avéraient un milieu inhospitalier. Elle n’eut aucune peine à retrouver Xël, qui se tenait non loin de là, les yeux rêveurs. A l’approche de Sibelle, il sortit de ses réflexions pour avouer que Kendra Kâr lui manquait.

Aussitôt, la guerrière pensa que le magicien voulait abandonner leur recherche, sans comprendre les raisons d’une telle décision :

«Tu songes quitter Aliaenon ?» Dit-elle tout en s’approchant de lui.
Il répondit négativement, elle avait sans doute mal interprété ses propos.

En la présence de Xël, Sibelle se détendit. Le mage était un homme simple, qui dégageait une certaine sérénité et qui semblait toujours de bonne humeur. Pourtant, dans l’infirmerie, il avait montré une autre facette de lui, lorsqu’il s’en était pris, avec raison, à Yurlungur. La petite s’en était pris à une de ses amis... ou peut-être même une amoureuse passée. Sibelle avait rejoint Xël dans le but de lui poser une question bien précise :

« Elurien semblait tout chaviré à sa sortie de l'infirmerie. Que s'est-il passé ?»

Mais une fois de plus, il secoua la tête, ils n’avaient pas vu la même chose qu’Elurien, il était également intrigué par la cause de cette soudaine fatigue et avait l’intention de questionner leur hôte à ce sujet.

« Bonne idée. Pendant que tu étais à l'infirmerie, le mage masqué a écrit que Naral avait posé des questions à Elurien… tu pourrais également le questionner à ce sujet... De mon côté, je pars avec Sirat, à la recherche du dragon noir. Je te communiquerai par la pierre verte pour te donner les informations qu'on aura trouvées. »

Surpris, il craignait que le dragon noir les attaque de nouveau. Sibelle comprenait la crainte de Xël, car elle avait ressenti la même lorsque Sirat lui avait annoncé sa décision. Elle lui avoua donc qu’elle avait pris la décision de seconder l’humoran.

« Oui, je crains également une récidive de la part du dragon. C’est justement pour ça que je ne veux pas laisser Sirat y aller seul. »

En fait, la guerrière ne connaissait pas vraiment la peur, pas celle de mourir. Si elle craignait la mort des autres, il en était autrement de la sienne. Elle ne se sentait jamais aussi vivante que durant un combat, moment où elle pouvait relâcher toute cette fougue et cette énergie qui l’habitait.

Tout en mâchonnant son pain, Xël prit un moment de réflexion avant de faire part à Sibelle de son désir de les accompagner. Sibelle ne voyait pas d’inconvénients à la présence de Xël, par contre, elle se demandait s’il n’était pas préférable qu’il s’en tienne à son plan initial.

« Et Elurien, tu ne vas pas le questionner pour faire avancer notre recherche ? »

Après avoir souri à la rouquine, il riposta que le maître des lieux serait sûrement toujours là à leur retour.

Tout mangeant à son tour un bout de pain, elle réfléchit. Elle avait autrefois critiqué l’utilisation qu’il faisait de sa magie. Mais elle le savait tout de même puissant. Et puis, il pourrait mieux qu’elle raisonner Sirat si cela s’avérait nécessaire. Elle en conclut qu'ils ne seraient pas trop de trois pour approcher le dragon.

« Oui, tu n'as pas tort. Tu es le bienvenu, à trois nos chances de ne pas mourir augmentent »

Le mage plongea son regard dans celui de Sibelle et d’un ton amusé, il salua l’optimisme de la guerrière ce qui l’a fit légèrement sourire. Xël interrogea Sibelle quant à l’heure de leur départ, et elle réalisa de fait qu’elle n’avait pas posé la question à l’humoran.

« Je ne sais pas… Je suppose que oui. »

À quoi, Xël s’empressa de dire qu’il était prêt.

La discussion étant terminée, Sibelle repartit pour la salle de convenance pour annoncer à Sirat que Xël les accompagnerait et qu’il les attendait juste de l’autre côté.


((( 2669 mots)))

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Sibelle, Maître d'armes


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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 2 Nov 2018 11:27 
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Sirat restait les bras croisés, boudeur. Ils étaient tous là. Même la petite prisonnière avait été libéré, au grand étonnement de l'humoran. Elle était accompagné d'une femme élancé, athlétique, le teint bronzé, la chevelure crépu et noire, des yeux verts en amande soutenait les regards de l'assemblée sur elle et son ... lion. Perplexe Sirat écouta Xel faire son annonce. Il se renferma un peu plus.
Le jeune mage avait passé l'appel, mais il ne lui avait pas rappelé que le système pouvait être piraté. Par qui, par quoi, intérieurement Sirat espérait que l'unique est entendu l'appel.
Sibelle se dirigea vers la nouvelle venue. Sirat hésita entre le banquet et revoir Yurlungur, mais il se décida et s'approcha d'elle.
Il déposa une main calme et délicate sur l'épaule juvénile.

J'avais demandé à Elurien de te libérer sous ma surveillance, il avait refusé.

il prit un instant

il aura probablement changé d'avis, tant mieux.

Elle s'échappa de sa prise et l'observa impassible, le regard froid. Elle était libéré, mais ne pouvait rester en ville. elle avait été innocenté, contrairement aux accusation de Xel. Elle avoua que sa prochaine destination serait la tour d'Orsan et elle lui demanda des informations dessus.

On se débrouillera pour Elscar'Olth le moment venu.

Lui répondit il doucement.

De ce que je me souviens la tour était le lieu d'expérimentation de notre armée, c'est de là que Vallel tirait ses monstres en armure noir.

Il la regarda en coin et ajouta discrètement ajouta.

Plus que jamais nous allons avoir besoin loin de l'autre. Je n'irais pas à Orsan.

Le prochain couteau dans le dos, pense à Endar.

Il lui fit un clin d'oeil complice.

Elle lui répondit qu'il était trop tard pour toute absolution, c'était avant qu'elle avait besoin de son soutient. Elle accompagnerai Ariane, à la tour. Une remarque acerbe, un pique vif et malin et un sourire sarcastique et la petite le quitta sans qu'il puisse rajouter autre chose. Il accompagna sa remarque sur ses méthodes avec un sourire lui aussi. Si elle savait que ce qui l'avait le plus déranger dans son geste c'était qu'elle l'ai interrompu, surement s'apprêtait il a faire bien pire.

Il la suivit du regard, elle rejoignait le groupe de Sibelle, la femme couleur ébene et Sibelle.

Du coin de l'œil Sirat jaugeait la nouvelle venue, en pleine discussion avec Sibelle. il n'entendait pas vraiment ce qu'elles disaient. Elle s'appelait Arianne et allait surement se diriger vers la Tour d'Orsan. Il alla prendre de quoi se restaurer, tout en restant attentif. Un verre de vin, du pain, de la viande, voila de quoi le substenter, il aimait les repas simple. Elles seront surement suivit d'Endar. Il ne comptait pas faire la route avec son ennemi. Leur discussion finit il les contourna. En fait il voulait être seul.
Il approcha de sa compagne d'arme et lui attrapa l'avant bras. Une fois qu'elle eut fini.
Il prit un air grave

Je vais partir à la recherche du dragon noir.

Il voulait lui dire à elle avant les autres.
elle lui demanda comment il allait s'y prendre. Il haussa les épaules.

Je ne sais pas vraiment, mais ils ont un territoire donc je vais retourne sur les lieux de notre altercations si possible et tenter de rester en vie

Prudente, elle lui fit remarqué que le faire seul n'était pas sur.

non effectivement, mais peu de gens partagent mes idées, je ne peux pas contraindre le groupe. Et puis Endar est trop bavard, cela m'énerverait trop vite. fit il un sourire aux lèvres. tu t’inquiètes pour moi?

Ses joues rougirent, mais elle fit mine de rien. Elle lui raconta que Endar chercherait surement à venir avec lui, pour voir le Dragon. Sirat fronça les sourcils. Puis elle annonça qu'elle allait venir.

J'aurais penser qu'il irait à la tour, cela m'ennuie qu'il veuille aller chercher se dragon. Je vais devoir le tuer. répliqua-t-il sérieusement Tu es sur de vouloir me suivre, je vais surement avoir des actes que tu vas réprouver. Ceci dit je préfère mourir de ta main, c'est plus romantique.

Elle lui répondit qu'elle l'aiderait à retrouver Naral mais qu'une fois fait elle l’empêcherai de le tuer.
Voila qui le contrariai au plus haut point. Elle s'en alla voir Xel.

Il se tourna vers un des gardes sorcier.

bonjour, Je voulais savoir ou se trouvait le lieu ou vous nous avez trouver et si il nous fallait beaucoup de jour de route, j'aimerais savoir comment m'y rendre afin de rencontrer le dragon noir qui vit là bas. Pouvez vous m'aidez de quelques façon?


Sibelle revint vers lui apres une discussion avec le jeune mage.
Xel venait avec eux. Vouloir être seul était donc un vœux exagéré et dépassé. Il leva les yeux au ciel puis prit la parole.

Je vais aller chercher le Dragon noir apparemment avec Xel et Sibelle, pour ceux que cela interresse, que vos quêtes soit fructueuse.

Il leva son verre et lança un regard entendu en direction de la gamine avant de boire.

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780 mots

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 2 Nov 2018 23:55 
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Les groupes se mettaient en place petit à petit, sûrement bien que d’étranges alliances se faisaient et se défaisaient, tout cela sous les yeux de l’elfe noir qui n’en perdaient pas une miette. Cependant tout ne se passait pas comme il l’avait précédemment escompté. En effet, les sorciers masqués étaient peu collaboratifs avec eux, leur manque total d’informations leur devenait préjudiciable et bientôt leurs paroles ou plutôt leurs écritures, leur existence même devenait dénué de tout intérêt à ses yeux. Non seulement le sorcier en face de lui indiquait à l’archer-mage une personne qu’il connaissait déjà, tout du moins qu’il avait légèrement côtoyé, mais en plus cette dernière se trouvait à des milliers de kilomètres d’Elscar’Olth et ne leur avait pas fourni d’informations supplémentaires. De plus, le sorcier venait très clairement de lui interdire l’accès à leur bibliothèque, à leur savoir au prétexte fallacieux à ses yeux que les arcanes de cette cité restaient leur propriété. A ces mots, ses traits se tirèrent sous l’effet de la colère qu’il canalisa après un court instant d’observation de l’agaçant personnage. Il ne sut si c’était le fait de retrouver une personne avec un masque qui l’énervait le plus ou si c’était son refus catégorique.

- Vous supputez mal conjurateur, je me moque totalement de vos arcanes fondés sur la mort, la souffrance et les ombres. Mon Dieu est le maître de ses éléments, je ne porte donc aucun intérêt à ce que je connais déjà sous des formes différentes des vôtres il est vrai. J’espérais en apprendre plus sur les spécificités de votre peuple, sur votre histoire.

Il retrouva par la suite le sourire et ajouta tranquillement :

- Elurien nous a fourni un accès total à la cité et pourtant à la première petite demande de ma part vous refusez. Un accès total signifie également un accès à vos ouvrages, ceux tout du moins sans rapport avec vos expériences et votre magie. Un peuple qui n’est même pas capable d’honorer sa parole perd tout mon intérêt.

Endar de Khonfas, Sauveur d’Aliaénon de son état, décida de couper court à la conversation à sens unique, il n’avait guère besoin de faire étalage de son alliance prochaine avec les Ouessiens ni de souligner à quel point le savoir détenu par ses alliés représentait une puissance incommensurable par rapport aux frêles connaissances des sorciers d’Elscar’Olth. Ce refus ne nécessitait pas non plus pour le shaakt de leur rappeler qu’ils auraient été des esclaves au service de la déesse Oaxaca si certains n’avaient pas combattu Vallel. Les humains oubliaient vite le passé, il en avait été témoin, même si certains gardaient une rancune tenace en gardant en mémoire l’histoire de leur peuple transmise génération après génération. Il fixa un instant de ses yeux bicolores le conjurateur avant de tourner les talons en direction du centre de la salle de convenance.

Il écouta les conversations qui fusaient, du moins il put entendre les conversations à voix hautes tandis que certains individus faisaient leur messe basse comme on aurait pu s’y attendre. Il fallait croire que les shaakts ne constituaient pas la seule race connue pour comploter. Quoiqu’il en soit, il fallait à présent choisir entre les deux groupes qui se constituaient sous ses yeux à une vitesse folle. L’un semblait poursuivre les idées qu’il avait auparavant proposées, c’est-à-dire trouver le dragon noir pour l’interroger sur la disparition de Naral Shaam, leur fourbe commanditaire. L’autre semblait résolument s’être tournée vers la Tour d’Orsan, lieu malsain s’il en était dans la Lande Noire, emplacement maudit où toutes sortes d’expériences devaient être conduites. En soi si trouver le dragon était d’une importance capitale, les chances de succès restaient minces de revenir en vie après la rencontre du dragon noir et de toute manière découvrir Orsan pourrait lui apporter bien des choses sans qu’aucun ne soupçonne ses réelles motivations.

Toutefois, avant tout cela, il lui fallait s’occuper d’un léger détail et il put le régler dès lors que Xël, leur magicien attitré depuis plusieurs années à présent avait été laissé seul près de l’entrée de l’infirmerie, attendant sans doute son groupe.
Dépassant Sibelle et Sirat, ce dernier semblant l’éviter comme la peste, il se mit à hauteur du magicien sans le regarder ne fixant que la roche et le chemin devant eux.

- Tu as bien changé Xël, fut un temps où tu n’aurais pas condamné une enfant...

Après un court silence, il enchaîna calmement :

- Tu es un Sauveur tout comme moi et pour cela je te préviens du risque de rejoindre Sirat et le Sans Visage. Je ne cherche ni à ce que tu rejoignes ma cause ni que tu m’aides à tuer Sirat, toutefois sache que j’ai décidé de protéger les Ouessiens et leurs cités tout comme je l’ai fait il y a cinq ans pour les géants de glace. Le retour du Sans Visage signifierait leur fin, une fin que je ne tolérerai pas, quitte à traquer ceux qui étaient autrefois mes alliés.

La menace était sous-jacente, le magicien devait avoir compris où il voulait en venir. Il n’était plus le magicien naïf, il comprenait à présent les enjeux comme tous les Sauveurs d’ailleurs. Il se retourna et tapota légèrement l’épaule du magicien de sa main gantelé.

- Je vais les guider sûrement à la Tour d’Orsan et nous nous rejoindrons par la suite. Porte-toi bien Xël.

Il s’éloigna sans se presser, ajustant une dernière fois ses armes pour s’assurer qu’elles étaient prêtes lorsqu’ils quitteraient Elscar’Olth, puis il se dirigea près de la table pour emballer quelques mets et les garder dans sa sacoche pour le voyage qui les attendait. Une fois cela fait il s’arrêta au niveau d'Ariane bien décidée à partir vers Orsan alors qu'elle discutait encore avec l'un des conjurateurs. Il se présenta à elle.

- Je m’appelle Endar de Khonfas, Sauveur d’Aliaénon depuis la bataille menée sur ce monde il y a de cela maintenant cinq années.

- Je vous servirai de guide dans les Landes Noires jusqu’à notre destination, la Tour d’Orsan. Avoir un Sauveur au sein de votre groupe ne sera pas une mauvaise chose en raison de ce qui nous attend là-bas et des dangers sur la route.

Bien qu’y mettant les formes, Endar forçait néanmoins les choses en s’intégrant au groupe de lui-même sans invitation de leur part. De toute manière, il était certain qu’il s’y rendrait, il y avait là-bas trop de choses enfouies qui n’attendaient qu’à être prises et de terres qui n’attendaient qu’à être conquises.

(1000 mots environ)

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 3 Nov 2018 13:41 
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Elscar’Olth – Sortie de la ville.

    Le Conjurateur face à Endar resta silencieux, ne signant pas de nouvelles paroles écrites en volutes d’or. Ses poings, pour les plus attentifs, étaient serrés. Pour se retenir de répondre à l’affront ? Pour éviter de remettre à sa place un trublion ? Par énervement pur ? Il n’obtint aucune réponse de lui, si bien que lorsqu’Ariane s’en approcha pour poser sa question, il mit un petit délai avant de répondre, tournant son masque vers cet elfe noir qui se vantait déjà de pouvoir les guider dans la Lande Noire, sans rien y connaître. Il reporta cependant son attention sur la maîtresse au lion, et signa :

    « Sortez de la ville et prenez la route au Nord. À la première intersection, prenez à gauche. La seule route de la région mène à Orsan. »

    Il se tourna, ensuite, vers Sirat pour apporter une réponse à sa question, signant une dernière fois.

    « En sortant de la ville, prenez au nord. Ne tournez pas avec les autres à gauche et poursuivez vers le Nord, encore, à travers la Lande. Vous tomberez sur la grotte où vous étiez. Vous la verrez de loin. Le Dragon ne vit pas là : la Lande Noire est son domaine. Si vous le cherchez, c’est lui qui vous trouvera. »

    Tous les aventuriers avaient donc décidé de s’en aller de la cité. Ils furent conduits à la sortie par deux Conjurateurs, qui leur firent monter de nombreux vastes escaliers et larges allées montantes et tournoyantes en colimaçons jusqu’à arriver à la surface, à la sortie de la ville. Car oui, Elscar’Olth était majoritairement souterraine, si ce n’était l’immense tour qui la surplombait dans la Lande, et le gigantesque colimaçon dont elle semblait formée, qui paraissait s’enfoncer comme une vrille immobile dans le sol, pulsant et vrombissant au rythme de la magie habitant les lieux.



    Comme prescrit, ils durent marcher vers le nord, pendant près d’une heure (pendant laquelle les apartés – à deux - sont possibles pour tout le monde, sans distinction de direction). Ils arrivèrent ensuite à une intersection. Deux choix s’offraient à eux, en plus de la voie vers le Sud qui les ramènerait à Elscar’Olth : une route vers l’Ouest, à gauche, et une vers l’Est, à droite. Le temps était venu de séparer les groupes : Sirat, Sibelle et Xël d’un côté, à la recherche du Dragon Noir. Endar, Ariane et son lion, Kivan, Jorus et Yurlungur de l’autre, en direction d’Orsan. Sauf s’il y avait encore des changements d’avis…

    Les aventuriers se souvenaient-ils encore, une heure après, des consignes qui leur avaient été données ? Quelle voie allaient-ils prendre ?


[Ariane : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (question) + 1,5 (bonus longueur).
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 1 (apartés) + 0,5 (départ) + 2 (bonus longueur).
Kivan : 0,5 (introspecction) + 1 (apartés) + 1,5 (bonus longueur).
Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (départ) + 1 (bonus longueur).
Jorus : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Sebille : 0,5 (introspection) + 1,5 (apartés) + 2 (bonus longueur).
Sirat : 1 (apartés) + 0,5 (question) + 0,5 (bonus longueur).
Endar : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (départ) + 1 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Lun 5 Nov 2018 19:49 
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Lorsqu’elle revint à la rencontre de Sirat pour lui annoncer que Xël les accompagnerait, ce dernier leva les yeux au ciel dans une geste que Sibelle considéra comme de l’exaspération. Puis il annonça à tous son intention d’aller chercher le dragon noir tout en levant son verre en direction de l’autre groupe. Sibelle n’apprécia pas son attitude, il semblait jouer la carte de l’arrogance et de la nonchalance, deux aspects qui lui déplaisaient et qui l’éloignaient davantage de l’humoran. En fait, elle conclut qu'il lui serait plus facile de se détacher de ce colosse qu’il lui avait semblé au départ.

Si elle n’avait pas entendu les questions qui avaient été posées aux conjurateurs, elle en vit tout au moins les réponses.

Elle lut donc que pour se rendre à Orsan, il fallait emprunter d’abord la route menant au Nord pour ensuite emprunter la voie de gauche à la première intersection. Elle garda cette information en mémoire se disant que ça pourrait lui servir plus tard.

Mais ce fut l’autre texte en lettres dorées qui l’intéressait davantage. Celui qui donnait des informations au sujet du dragon noir. En fait, il était écrit qu’il fallait également suivre la route de Nord, sans jamais emprunter d’intersection, ce qui les conduirait à la grotte où ils avaient vu l’autel. Le dragon ne vivait pas dans cette grotte. Les landes noires constituant son domaine, ils n’auraient pas à le chercher longtemps puisque lui les trouverait facilement.

Sibelle suivit les conjurateurs, s’éloignant volontairement de Sirat sans plus prêter attention à lui désormais jusqu'à ce qu'ils rencontrent le dragon, une fois sur place, elle ne doutait plus de son efficacité au combat, au contraire, elle le savait un bon allié. Lorsqu’ils sortirent de la salle de convenance, elle rejoint Xël et côte à côte, guidés par les hommes masqués, ils grimpèrent les escaliers et les larges allées montantes et tournantes à la façon de colimaçons.

Tout en parlant à voix basse, elle donna les dernières informations à Xël

« Sirat est au courant que tu viens avec nous et l'un des mages masqués, nous a indiqué la direction à prendre. Franc Nord et puis il a précisé que les landes étant le domaine du dragon noir.. si on le cherche, lui nous trouvera. »

Comme toujours Xël se mit à rire tout en commentant qu’il n’en doutait point, le dragon noir devait sûrement se souvenir de lui. Ce commentaire fit ressurgir un souvenir à Sibelle. Elle se rappela en effet à quel point le mage avait affronté le dragon noir, tout juste avant de pénétrer dans la mystérieuse grotte. Ce dernier avait failli se sacrifier afin de venir en aide au dragon d'Or. Un comportement un peu dangereux, mais que Sibelle classait comme preuve de courage et de générosité d'âme. Elle prit alors conscience qu'elle pouvait faire plus confiance en Xël qu'en Sirat.

« Tu aurais pu y laisser ta peau. Tu devras être plus prudent cette fois-ci . S'il nous donne la chance de lui parler avant de nous attaquer, on devrait s'en sortir sans trop de mal. »

Sans perdre sa bonne humeur, le mage rétorqua qu’il n’était pas là pour régler ses comptes, mais qu’il espérait enterrer la mésentente entre lui et le dragon noir et discuter avec ce dernier.

La réponse de Xël ne surprit aucunement Sibelle qui ne voyait pas en lui un combattant.

« Ce sera la meilleure attitude en effet... Les dragons sont des êtres très intelligents, mais aussi très orgueilleux. Il faudra user de diplomatie pour ne pas l'insulter. »

Elle s'arrêta un instant avant de poursuivre avec une certaine difficulté, pesant sur son orgueil pour avouer:

« ... ce qui n'est pas une de mes forces, loin de là. »

Le mage ricana de nouveau. Il en conclut qu’aucun des trois n’était doué question diplomatie.

Contrairement à Xël, Sibelle demeura sérieuse. Xël se voulant rassurant, lui précisa qu’ils allaient s’en sortir.

Sibelle plissa légèrement les yeux, très légèrement offusquée, en rajoutant:

« Je ne m'inquiète pas pour ma survie, mais pour celle de notre mission. »

Amusé par cette précision, Xël répliqua qu’il parlait également de la mission.

Ils poursuivirent ensuite l’ascension vers l’extérieur, Sibelle demeurant silencieuse, réfléchissant à cette mystérieuse grotte et à cet autel d’autant plus mystérieux. Après la discussion du dragon, dépendamment de sa collaboration, elle y retournerait peut-être.
Une fois sortie de la ville souterraine, Sibelle se retourna vers les conjurateurs et les remercia d’un bref : « Merci » sincère, accompagné d’une légère inclinaison de la tête.

Elle se mit alors en marche, adoptant un bon rythme, suivant Xël de quelques mètres seulement après qu’il ait sorti sa pierre de vision.

Elle marcha ainsi direction Nord pendant au moins une heure, profitant de l’absence de ce vrombissement incessant pour retrouver une certaine sérénité et remettre ses idées en place.
Une fois à l’intersection, elle fit un signe de la main aux aventuriers qui prirent la voie de l’ouest vers Orsan et poursuivit sur le chemin Nord.

Au bout de cinq minutes, alors que les autres étaient déjà bien loin, elle s’approcha une fois de plus de Xël et s’informa :

« Je t’ai vu sortir ta pierre de vision. As-tu réussi à établir un lien avec Thensoor ? "

Il expliqua que cela n’avait pas fonctionné sous terre, mais il espérait que ça fonctionnerait à la surface.

Sibelle réfléchit un court moment puis lui proposa à voix basse :

« J'ai une idée. »

Ce disant, elle sortit sa pierre de vision qu'elle conservait dans sa tunique et expliqua son plan:

«Si ça ne fonctionne pas avec une pierre, peut-être que ça marchera davantage avec deux, si nous les unissons. »

Le mage accepta de bonne grâce de faire l’essai.

« Et que veux-tu exactement que je lui transmette comme information ? »

Il désirait que Sibelle l’informe seulement où était Simaya tout en le pressant de les rejoindre. Il précisa également qu’il était difficile d’évaluer l’état de Simaya, mais il croyait qu’elle devrait s’en remettre physiquement.

Les deux pierres collées l'un contre l'autre, elle tenta d'envoyer un message à Thensoor:

« Ici Sibelle. Simaya est ici, à Escal'Orth. Vous devez venir rapidement. »


((( 1 004 mots)))

Citation:
Citation:
Message de Pierre de vision :
Destinataire : Thensoor Val'Crooh
Message :« Ici Sibelle. Simaya est ici, à Escal'Orth. Vous devez venir rapidement. »

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Dernière édition par Sibelle le Ven 16 Nov 2018 03:04, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Mar 6 Nov 2018 20:58 
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Je ne patiente pas très longtemps à l’extérieur de l’infirmerie. Je laisse mon esprit divaguer tandis que je joue avec la pierre de vision entre mes doigts. Les aventuriers se montrent, guidés par deux encapuchonnés qui nous guident dans de vastes allées et escaliers. Sibelle me rejoint encore à l’arrière du cortège. Je quitte du regard Yurlungur pour observer la belle guerrière. A voix basse, elle m’informe qu’elle a appris à Sirat que je venais avec eux et qu’un des mages en masque a transmis la direction à prendre. Nord en précisant que c’est le dragon qui nous trouvera. Je ne peux pas m’empêcher de rire, à la fois nerveux et impatient.

"Ouais j'en doute pas. Je pense qu'il se souvient de moi."

A nouveau, je ressens la chaleur du souffle. Comment une créature pouvait produire une telle chose sans se brûler la gorge. Ca n’avait vraiment pas de sens. Sibelle me fait remarquer que j’aurais pu y laisser la peau. Amusé, j’ai envie de lui rétorquer qu’il n’y aurait plus de peau à prendre, ni chair, ni os. Je serais probablement un tas de cendre. Elle m’invite à être plus prudent.

"Je ne viens pas pour régler mes comptes. J'espère pouvoir faire la paix avec lui et pouvoir discuter."

Selon Sibelle, les dragons sont des êtres très intelligents mais aussi orgueilleux et qu’il faut user de diplomatie pour ne pas que ça tourne mal. Elle admet que ce n’est pas sa force. Je ris en pensant aux tentatives de diplomatie de Sirat. La dernière lui a valu le droit d’être viré du château de Treoof. La souvenir me fait encore rire. J’espère que la combattante ne croit pas que je me moque d’elle.

"Je crois qu'aucun de nous trois n'est doué avec la diplomatie."

Si aucun de nous n’est diplomate, je ne m’inquiète pas d’avantage. Nous n’avons pas l’air spécialement méchant. Le dragon devrait être ouvert à une conversation. J’adresse un regard rassurant à Sibelle qui demeure sérieuse.

"Ne t'en fais pas trop. Je pense qu'on va s'en sortir."

Elle semble le prendre mal, plisse les yeux et rétorque que ce n’est pas pour sa vie qu’elle s’inquiète mais pour la réussite de la mission. Encore une fois, amusé, je lui réponds :

"Biensûr. Je parlais de la mission."

L’ascension se poursuit jusqu’à la surface. De l’extérieur, la cité est immonde. Seul une tour sombre est visible et d'inquiétantes fumées vertes s’en échappent, lui donnant un aspect encore plus lugubre. La base s’enfonce dans le sol comme une vrille. Je détache mon regard de cette cité sombre qui ne m’inspire vraiment pas confiance. Maintenant que je suis à la surface, peut être que la pierre peut fonctionner correctement. Je me mets un peu à l’écart et laisse les autres aventuriers prendre un peu d’avance pour tenter de parler à Thensoor.

" Thensoor ? C’est Xël ! Vous m’entendez ? "

Je reprends la marche pour ne pas me faire trop distancer. Je repère Endar et je repense à ce qu’il m’a dit avant que je ne quitte l’infirmerie. Ce type aime décidément bien parler mais ce titre de Sauveur lui monte trop à la tête. Il comprend et sait sans doute plus de chose que moi mais pas assez pour comprendre mon intention. La paix. Je m’approche de lui pour faire ce que je n’ai pas pu dans l’infirmerie d’un air détaché.

"Je n'ai pas à choisir entre toi, Sirat, le Sans Visage ou les Titans. Si les Ouessiens sont menacés je les défendrais autant que toi. Mais si les citoyens d'Arothiir veulent vénérer le Sans Visage ils en ont aussi le droit."

Il me répond que c’est noble de ma part mais que ce ne sont que des mots. Il a cette façon de parler, il me fait penser aux bourgeoises de Kendra Kâr. Il poursuit en me posant un tas de questions. Est-ce que je serais prêt à défendre les Ouessiens contre Sirat, contre le Sans Visage ? Je me demande surtout pourquoi le Sans Visage voudrait s’en prendre aux Ouessiens mais je garde le silence tandis qu’il continue sa longue phrase comme il aime tant le faire. Il demande si les citoyens d’Arothiir ont vraiment le choix avec les dirigeantes qu’ils ont. Il précise que l’Unique sera toujours une menace tant qu’il voudra récupérer son ancien monde et conclue que je serais forcé de choisir un camp. Mais j’ai déjà choisi un camp et je me souviens de ma discussion avec Charis dans les luxueux appartements du palais de la Trinité. Depuis que nous sommes sur ce monde nous n’en avons fait qu’a notre tête avec notre façon de voir les choses. A aucun moment nous n’avons demandé l’avis de ceux qui vivent sur ce monde. Et maintenant ? Sont-ils heureux depuis le réveil des Titans ?

"J'ai choisi un camp. Celui du peuple. De ce que je constate, depuis le réveil des Titans, le peuple est privé de magie, d'immenses territoires sont devenus interdit sous peine de mort et Sirat m'a parlé des monstres que vous avez croisés en vous rendant à Ouesseort. J'ai réussi à parler au Sans Visage comme je voulais le faire. Lui m'a dit qu'il était prêt à discuter avec le conseil mais que Naral s'y opposait. Je lui ai avoué ne pas être dans son camp. Je n'en suis pas plus mort. Les Titans eux, on ne peut même pas communiquer avec eux sans risquer la folie. Qu'est ce qui pourrait me paraître plus sûr pour la sécurité des habitants de ce monde qui vivaient en paix avant que Vallel ne débarque ?"

Il rétorque que c’est pour cette raison qu’il souhaite en apprendre plus sur les Titans et leur magie et surtout s’en servir à son avantage comme les Ouessiens le font. D’après lui, pour en faire bénéficier les autres peuples. Je hausse un sourcil. Je doute que ce cher Endar n’en profite pas par la même occasion. Je commence à comprendre. Les Ouessiens peuvent lui apporter quelque chose, voilà sans doute pourquoi il est tant de leur côté. Il admet que Naral et ses chevaliers sont un problème. Pour lui on ne connait pas assez l’ambition ni les motivations du Sans Visage pour lui faire confiance.

"On ne sait rien des motivations du Sans Visage, ni de celles des Titans. C'est pour ça que je n'en choisi aucun."

Il garde un court silence avant de parler de Simaya pour dire qu’il n’aime pas la voir au cœur de ce conflit et que la peur d’Elurien ne lui dit rien qui vaille. Il me demande des détails sur ce qu’il l’effraie mais je soupire avant de répondre sincèrement.

" Il a quitté l'infirmerie après avoir communiqué avec l'esprit de Simaya et il n'a pas vu ce que j'ai vu. Je pense que Simaya à des réponses mais qu'il faut regrouper tous ceux qu'elle cite pour tout savoir."

Il rétorque que ça ne va pas être facile. Il avoue ne pas craindre mes actions suite à mes paroles contrairement à celles de Sirat. Je laisse un sourire envahir mes joues. Même moi je crains les actions de Sirat. Il espère qu’au cours de notre périple nous arriverons à lui faire douter de son point de vue. Je soupire à nouveau.

"Je ne cherche pas à tuer, ni à détruire. Mon but est encore la paix. Si une guerre devait éclater, je défendrais les premières victimes. Les gens de ce monde."

Je ralentis ensuite ma marche pour rester en arrière pendant le reste de notre trajet commun. Après un long moment nous arrivons à un croisement. Je salue ceux qui partent vers la Tour D’orsan d’un vague signe de main et me tourne vers le nord en attendant ceux qui veulent retrouver le dragon.

Sibelle me rejoint à nouveau, à croire qu’elle m’aime bien finalement cette guerrière. Je lui souris alors qu’elle s’approche et qu’elle me demande si j’aie réussi à contacter Thensoor.

"Ca ne fonctionnait pas sous terre. J'espère que maintenant, à la surface, ça va marcher."

Elle réflechit un court instant avant de baisser la voix pour me confier qu’elle a une idée. Elle glisse sa main dans sa tunique pour en sortir sa pierre de vision. Elle propose d’unir nos pierres tout en collant la sienne contre la mienne. Je me racle la gorge, un brin perturbé par ce qui peut se cacher d’autre sous cette tunique.

"On peut essayer. On ne sait rien de ces pierres après tout."

J’accepte d’essayer son idée et lui dit ce qu’il faut transmettre à Thensoor en espérant que cette fois ça fonctionne et que le squelette va pouvoir nous répondre plus clairement.
Ensuite nous n’aurons plus qu’à continuer notre marche jusqu’à ce que notre ami le dragon ne nous tombe dessus, espérons-le, moins violemment que lors de notre dernière rencontre. Je reste tout de même sur mes gardes pour le reste du chemin, scrutant régulièrement le ciel gris au-dessus de nos têtes. Le lézard a beau être énorme, il avait tout de même réussi à nous surprendre la première fois.

((1500 mots))

Citation:
Message de Pierre de vision :
Destinataire : Thensoor Val'Crooh
Message :" Thensoor ? C’est Xël ! Vous m’entendez ? "

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 9 Nov 2018 10:40 
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Il posa son verre, et fit main basse sur de quoi se sustenter avant la route.
Apparemment il devrait marcher, nul doute que cela serait long, ou court l'un des sorcier avoua, en lettre feutré se dissipant dans les airs, que le territoire du dragon était la landes noires.

Sibelle semblait lui en vouloir. Pourquoi donc, car il voulait être seul. Il l'était même entouré, ces choix n'était l'apanage que de son fanatisme et il voulait agir en toute liberté, sans le contrôle moral de ses amis.
Il pouvait ainsi se dédouaner de leur regard réprobateur. Mais il n'en était pas ainsi. Il ne joindrait pas le sans visage maintenant, il lui en était impossible. Il avait le vœux pieux, que les pierres soient tronqu"es et qu'un traitre au conseil sommeil en son sein. Mais qui? Il y repensa encore, mais aucun ne lui semblait suspect. Il les connaissaient pas suffisamment.

Il remontèrent les entrailles de la cité souterraine.
On sentait suinter des murs cette magie qui ondulait et raisonnait dans leur oreilles, ou était ce dans leur âmes. Il était un peu jaloux du pouvoir de Simaya, de sa puissance, si il avait tout cela, il pourrait mieux servir Zewen.

L'humoran restait silencieux, fermés.
Il connaissait la ville, mais pas parfaitement, certaines artères, lui ravivait des souvenirs de son arrivés sur ce monde.

Il débouchèrent dehors, sur une plaine aride et balayé par un air sulfureux. Rien ne vivait ici bas, ou tout à l'inverse, la landes noires était elle le nid de toute magie, Naral était il venue ici pour percer le secret d'Aliaénon.

Il avancèrent, sur ce sol lunaire, à l'horizons des montagnes escarpés, déchirés dans le ciel.
Endar semblait discuter avec tout un chacun, politicien habile, il plaidait sa cause.
Sibelle semblait l'éviter, il soupira.
En silence il suivait la troupe qui ne tarda pas à se diviser.


Citation:
312 words

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