L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Jeu 20 Juil 2017 21:11 
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Une femme âgée fit comprendre qu’elle était occupée, le combattant acquiesça respectueusement en sa direction. L’homme qui la secondait finit par se retourner. Silencieux, le brun l’écouta avec attention. Les douleurs sourdes de sa marche intensive revinrent, un peu plus fortes. En attendant que l’aubergiste termine de l’informer, il se massa l’arrière des cuisses.

« Je vais prendre la commune, jusqu’à preuve de contraire je crois être seul, ah ah ! » Son ton était un peu taquin, rien de bien méchant. Il se tut de nouveau pour entendre le gérant.

Devant tant de choix d’une bonne qualité et d’une traçabilité contrôlée, Fromritt frotta sa barbe puis son ventre gronda, accélérant sa prise décision.

« Tu sais parler à quelqu’un qui a faim, toi ! » Dit-il en tapotant son estomac. « Je veux un venaison grillé, une poignée de vos meilleurs légumes ainsi qu’une bouteille d’hydromel. » Le guerrier mis le plat de son poing devant sa bouche pour bâiller, encore une fois. « Il faudra me l’apporter, j’espère que ça conviendra niveau prix. »

Sur ces dernières paroles, l’exténué déposa onze yus puis monta en direction de sa chambre. Toujours pataud, il prit un certain temps pour passer les autres portes, dont une, entrouverte, qui dévoilait une pièce un peu mieux meublée que le reste. Aucune âme n’y demeurait, du moins pour l’heure. Vérifiant que personne n’était face ou derrière lui, Fromritt jeta un coup d’œil furtif. Il semblait qu’une femme vivait là, peut-être la fille des tenanciers. Tiens, une chose brillait sur une sorte de table de nuit : un anneau d’or.

(Serait-ce la fameuse bague de fiançailles ? Pauvre Riosodi, tant pis il fait jour et je dois dormir.)

Terminant son périple, il pénétra dans la chambre commune au mobilier des plus classiques. Sans attendre plus longtemps, il posa son postérieur sur le lit, lâcha sa grande épée dessus et retira les pièces de son armure noirâtre. Il gémit faiblement, à la fois de douleur et de soulagement. Il craqua les os de sa nuque, de ses doigts ainsi que ceux de ses épaules. Quelle dur labeur que celui d’être aventurier, quel dommage de n’avoir aucune femme pour masser ses muscles endoloris… Le Verlorgot claqua sa langue à cette pensée, s’insupportant soi-même. Pourquoi fallait-il que ce genre de réflexion ressurgisse ça et là dans sa vie ?

Toc, toc, toc.

« Hum ? Tu peux entrer. » Déclara-t-il simplement, tiré de tout songe.

La vielle compagne de l’aubergiste entra et déposa le repas du guerrier. Sans plus de cérémonies, elle repartit s’occuper d’autres clients. Les effluves épicés des aliments voletèrent dans la pièce, entrèrent dans les narines de l’affamé et chatouillèrent chaque poil de son nez. Quel don de la nature de pouvoir se repaître de telles victuailles ! Une sauce orangée coulait sur la viande cuite et grillée ça et là, d’autre part une multitude de légumes colorait le plat consistant.

(Je peux encore résister quelques minutes le temps de dévorer tout ça, non ?) Pensa-t-il en soufflant du nez.

Comme un prédateur il s’attaqua à la chair saignante, déchira de ses dents légumes et peau croustillante. Une vraie bête sauvage, heureusement qu’il était seul… En un rien de temps, tout fut englouti, les aliments comme le contenu de sa bouteille d’hydromel. Après s’être un minimum essuyé, Fromritt s’affala sur la couette, profita d’être encore conscient du confort de ce lit puis ferma ses paupières si lourdes… Le sommeil l’invita, l’emprisonna dans le monde des rêves et des songes.

La nuit passa paisiblement…

Un coup sur la droite, un autre sur la gauche, sur le ventre, sur le dos… L’agitation était annonciatrice du réveil chez le Verlorgot, ce qui ne tarda pas à être confirmé. Ouvrant tout doucement les yeux, le dormeur se réveilla en s’étirant comme un chat le ferrait. Pas encore habitué à l’obscurité, le Wiehlenois se mit sur le bord du lit, assis. Quelle heure pouvait-il être ? Sans doute plus de minuit, un moment où la plupart des personnes dormaient. Pour sûr, il s’était assoupi vers milieu après-midi… Ce ne devait pas être loin de la réalité.

Le voile sombre de sa vision s’éclaircit légèrement, des ombres moins opaques se distinguaient des autres formant de vagues formes. Tâtant sa couette, il chercha l’espadon familial, qui n’était plus sur le lit. Affolé, il se leva illico, fit des mouvements plus larges pour ne louper aucun centimètre carré du linceul. Pas là. Ni ici. Où pouvait-il être ? Il allait contourner le meuble confortable, mais il percuta un objet métallique. Il le prit en main, sentant que c’était sa garde, il en fut soulagé.

« Toi, ne me quitte plus… Reviens sur mon dos. » Chuchota-t-il à sa lame, en remettant ses armatures noirâtres.

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Jeu 20 Juil 2017 23:39 
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Fromritt alluma puis attrapa une bougie, faisant disparaître la plupart des ombres. En son for intérieur, il se dit qu’il aurait dû commencer par ça. Qu’importait, il se saisit de la vaisselle utilisée pour son repas puis sortit de la chambre commune. Ses pas étaient simples, son esprit était clair et limpide, une renaissance en quelque sorte. Le couloir qui, la veille, paraissait interminable devint court, facile, agréable.

(Tiens, toujours cette pièce… Encore ouverte ?) Poussé par une certaine curiosité, il ouvrit avec douceur la porte. (Personne. La lueur de la flamme fait briller la bague… Quelque part, il m’a bien aidé.) Il regarda dans toutes les directions. (Pas âme qui vive à l’étage… Techniquement, ce n’est pas un vol, si l’anneau lui appartient…)

Le doute l’habitait, allait-il rester honnête en subtilisant une petite bague de rien du tout ?

(Aussi ridicule ou futile soit-il, l’amour doit être aidé.)

Suivant ses principes arbitraires, il s’infiltra dans la chambre, aussi discrètement que possible. La table de nuit ne se trouvait qu’à quelques mètres. Les battements de son cœur s’accélèrent, une mauvaise sensation emplit son organisme. Sa main s’approcha du bijou, commençant à trembler de plus en plus violemment. Bordel, qu’il n’était pas à l’aise ! Finalement, contre toute attente, il se saisit du morceau de métal.
Soulagement.

« Allez, maintenant faut que j’arrête ces âneries et que je sorte… » Murmura-t-il d’une voix à peine audible.

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 15:58 
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Impossible de dire s'il s'agissait d'une mauvaise écoute du guerrier ou de l'habitude de la tavernière de ne pas faire grincer le parquet pour les occupants. Toujours est-il que cette dernière, une pile de linge blanc dans les bras, passa devant la porte ouverte de la chambre de sa fille avant de s'arrêter brusquement. Un moment de réflexion lui était nécessaire, mais finalement, elle héla l'intrus occupé à fouiller les lieux.

"HEY ! VOUS, LA ! QUE FAITES-VOUS ICI ?!"

Sa respiration s'était brusquement accélérée et son regard, mêlé de stupeur et de colère, ne pouvait se détacher de Fromritt.

Mr.Ouaf

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Dernière édition par Gentil Animateur le Sam 22 Juil 2017 21:17, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 20:35 
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Quelque part, une petite voix lui chuchota moult insultes pour ce qu’il venait de faire, alors qu’une autre tentait tant bien que mal de le rassurer. Un si petit geste. Une insignifiante action. Tout ça eut un effet boule de neige dans sa tête, à croire qu’il était trop prude. Maintenant en possession de la bague, il pouvait repartir comme il était venu, comme une fleur, sans avoir été détect…

« HEY ! VOUS, LA ! QUE FAITES-VOUS ICI ?! »L’apostropha Liniä, la femme de l’aubergiste.

« AAAH ! » Cria-t-il de peur et de surprise, sursautant par la même occasion. « Attends, attends je peux m’expliquer ! » Se rattrapa-t-il en la suppliant des mains de se calmer. « Je… Je, ça fait deux fois que je vois cette pièce ouverte. Ça m’a paru bizarre, et elle est plus meublée que les autres, et… Et… Et merde, je sais pas inventer de bobard. »

Fromritt, l’homme trop honnête pour son propre bien, dévoila ses mains, paume ouverte. L’anneau d’or s’y trouvait, il n’avait même pas réussi à le dissimuler dans une poche, son fourreau ou l’on ne sait où. Il soupira profondément, la tête baissée, signe de l’immense honte le transperçant de parts et d’autres. Le guerrier s’écarta de la vielle dame, sans faire de geste brusque pour s’asseoir sur une chaise en paille non-loin.

« J’ai rencontré un type, il m’a dit que cette bague de fiançailles lui appartient. Il voulait épouser ta fille, mais ton mari l’a découvert et il a dû s’enfuir. Il m’a aidé en m’indiquant cette auberge, donc quelque part je lui dois au moins ça. Enfin c’est ce que je me dis. » Il gratta sa barbe, un peu stressé du sort que cette ville allait lui donner. « Je voulais pas te faire peur, ça a dû se voir. On peut peut-être s’arranger autrement, si tu as des problèmes… » Il montra son espadon du pouce. « Je peux t'aider. »

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 21:16 
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A l'écoute du discours de Fromritt, la vieille dame s'indigne et manque d'exploser, le corps parcouru de spasmes nerveux. A peine le mot de la fin prononcé, elle éclate de colère et jette son linge à terre, hurlant tant à l'intrus que pour attirer du monde à l'étage.

"BONIMENTS ! CRACHE-MENSONGES ! C'EST LA CHAMBRE DE MON FILS ! JE N'AI PAS DE FILLE !"

Dans un sanglot qui commence faible tout en s'accentuant progressivement, la tavernière porte ses mains à son visage en larmes.

"Mon fils. Mon fils parti rejoindre les rangs de l'armée... Comment osez-vous voler la bague de fiançailles qu'il a laissé pour sa belle Laïha ! MONSTRE ! LARRON !"

Prête à exploser de nouveau, les pas pressés dans l'escalier lui font tourner la tête, mais son regard larmoyant reste braquer sur l'intrus.

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Mr.Ouaf

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 22:59 
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La figure du Verlorgot se décomposa aux dires de la tavernière. Ses yeux marron se perdirent dans le vide, le néant. Les mots de la dame âgée résonnaient dans sa tête et se répercutaient sur les parois de son crâne. Comme un marteau frappant une enclume, encore, encore et encore. Un sentiment de malaise serra son estomac, le fit déglutir avec difficulté, accéléra son rythme cardiaque. Il voulut parler, protester, clamer son innocence. Il n’en fit rien.

(Un homme doit assumer la responsabilité de ses actes.) Pensa-t-il, en colère contre lui-même et ce trompeur.

La mine ravagée, il se leva puis retourna au niveau de la table de nuit en bois, peut-être du chêne. Il regarda la bague et la posa dessus. Avec tout ça, il en avait oublié son plat, une petite attention sympathique… Épargner à cette pauvre femme de le chercher plus tard.

La fatigue lui avait fait voir des couleurs autres, plus… féminines en ces temps durs. Sans doute ses yeux avaient été trompés par les indications du moins-que-rien, c’en était une certitude dorénavant. Une arnaque pure et dure, il était tombé dans le panneau. Jusqu’à aller acheter un bouquet de fleurs pour manipuler son monde. Une façon de penser que l’épéiste ne comprenait pas et, par conséquent, n’arrivait pas à s’en protéger.

« Je suis… Désolé, je crois bien avoir été abusé. » Lâcha-t-il enfin, lui qui n’aimait guère les politesses. « Ne te… » Il se ravisa, tout en ramassant le linge jeté et la suivant, visage abaissé. Le brun reprit d’un ton incertain. « Navré de t’avoir mis dans cet état, je… » Il posa délicatement le linge sur un meuble. « Calme-toi, je vais m’en aller. Je jure ne pas avoir eu connaissance de ces faits. Maintenant, je vais sortir et trouver ce… Ce menteur et lui ferai tâter de ma lame ! » Ayant toujours sa vaisselle, il se mit devant Liniä le buste gonflé par la rage, les yeux déterminés. « Si tu me crois, laisse-moi déposer les restes de ton repas et retrouver ce Riosodi Cappelindro. » Déclara-t-il d’un ton beaucoup plus ferme.

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 23:19 
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La honte qui accablait le guerrier semblait juste pour la vieille femme, mais la situation avait atteint un point de non-retour. Malgré toute la volonté du monde, la tavernière fondit en larmes, noyant les excuses de Fromritt dans un torrent de sanglots. Au même moment, une voix se fit entendre dans l'escaliers, rugissant de colère à son tour.

"HEY ! NE LA TOUCHEZ PAS !"

L'instant d'après, une large silhouette vint percuter le guerrier afin de l'éloigner de la vieille femme. Le tavernier, rapprochant son épouse de lui en l'entourant de ses bras, hurla en s'époumonant, ne faisant que peu fit de l'agitation qu'il causait et des regards curieux des clients qui s'amassaient près de l'escalier.

"FOUTEZ LE CAMP ! FOUTEZ-MOI LE CAMP D'ICI AVANT QUE JE N'APPELLE LA MILICE ! PARTEZ, MAINTENANT !"

A l'étage du bas, la lucidité semblait gagner les clients encore sobre malgré la matinée, comprenant la tentative de roublardise du guerrier. Leur visage devint mauvais tandis qu'ils s'échangeaient quelques mots, un regard noir sur l'indésirable. La situation devenait tendu et un rien semblait prêt à provoquer leur furie.

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Mr Ouaf

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 23 Juil 2017 00:31 
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La fureur montait en Fromritt. Pourquoi fallait-il que son unique présence fasse pleurer une telle dame ? Les mâchoires du combattant se pressèrent, ses veines au niveau des tempes gonflèrent à en apparaître et ses phalanges se serrèrent à en craquer.
Soudain, il fut poussé, bousculé, dégagé sur le côté par la colère d’un homme aimant son épouse. La vaisselle qu'il tenait tomba dans un tintement désagréable et se fendit à certains endroits. Se ressaisissant, le guerrier se remit sur des appuis convenables, mettant sa main sur la garde tressée de son espadon. Simple réflexe instinctif. Avant de lâcher prise, conscient de la justification de cette action.

« Je n’allais pas la tou… » Tenta-t-il d’expliquer.

Rien à faire, on ne lui laissait pas le temps de s’exprimer. Le temps pressait, une foule s’était agglutinée en bas, visiblement prête à en découdre avec l’espadonneur. Il avait beau être téméraire, le suicide ne l’intéressait absolument pas. Tant de gens à tuer ou assommer, la milice à combattre derrière, non, cette bataille était perdue d’avance. Le sachant plus que quiconque, plus énervé que jamais, il s’élança dans le groupement et se fraya un chemin jusqu’à la sortie. Là, il enfonça la porte, disant adieu au parquet vieillot de l’endroit, aux murs de pierres craquelées ainsi qu’aux tables et chaises de facture modeste mais confortables.

(LES RUES DE LA CITE)

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Jeu 4 Jan 2018 16:07 
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Dans l'échec comme dans le triomphe, la sorcière doit savoir rester impassible et ne jamais laisser deviner ses pensées. Humilier un adversaire peut s'avérer bien plus dangereux que de lui tendre la main, l'attitude intermédiaire est bien souvent le salut. Tout en veillant à ce que personne n'ait remarqué la soudaine perte de contenance du vieux au chapeau, elle prend le temps de savourer intérieurement la déconfiture de son interlocuteur : le voilà qui sort un mouchoir, croit en posséder plus et... Panique ? Peut-être est-il aussi bon à feindre une telle confusion que la contenance qu'il affichait jusque là. Ce serait alors un piège, subtil peut-être, une nouvelle rouerie pour s'en sortir, inoffensive sinon pour l'orgueil d'une kendrane dupée.

Tirant une chaise, Esmé s'installe à la table du mangeur de soupe, préférant se mettre à sa hauteur et affecter une discussion plus courtoise qu'un réquisitoire. Il lui a ouvert une porte en demandant de l'aide : avec prudence, elle compte bien profiter de l'occasion, histoire au moins de vérifier si ce n'est pas dans un guêpier qu'on l'attire et, le cas échéant, de faire passer pour de bon l'envie à un fâcheux de se moquer d'une sorcière.

« Je n'accorde mon aide qu'à certaines conditions. Soyez clair, honnête, donnez moi de bonnes raisons de croire à ce que vous me raconterez et de meilleures de vous aider. Ensuite, je verrai ce que je ferai pour vous. Mais sachez que vous commencez déjà avec un certain déficit de confiance. Je vous écoute. »

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 13 Jan 2018 18:08 
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« Etre amnésique ne vous rend pas innocent pour autant. »

Les explications de l'homme ne sont guère convaincantes. L'amnésie... il y a des amnésiques de toutes sortes, des joueurs, des alcooliques, des menteurs, des volages, des malhonnêtes, des honteux, toutes sortes de gens à qui la mémoire offre une grande lessive de la conscience en s'en allant. Bonne poire, l'amnésie, serviable, pas du genre à laisser un type dans le caniveau sans un poil de réconfort, quelque soit son âge, son origine ou son degré de culpabilité. Une sacrée garce, aussi, l'amnésie, quand à ceux qui s'en seraient bien passés elle dérobe tout un pan de vie, des amis, une famille, le passé et avec lui l'avenir, des détails déterminants pour faire justice, la possibilité de poursuivre sa vie sans un doute permanent, la morsure constante et parfois douloureuse des questions à jamais sans réponses.

A quelle catégorie le vieux appartient-il ? Pas facile de le déterminer au premier coup d'oeil. La bosse par exemple : le monde est plein de gens qui se sont cognés le crâne sans pour autant perdre le déroulé le la veille. Plus jeune, Esmé a bien lu des érudits alléguant des cas où une forte terreur avait suffit à dissiper le souvenir du traumatisme. Alors sur quoi se fonder ? Il sera toujours temps de vérifier les dires du mangeur de soupe auprès de l'aubergiste plus tard. Pour l'instant, mieux vaut battre le fer tant qu'il est chaud. Puisque le bonhomme se décide enfin à parler, il n'est surtout pas question pour la sorcière de le laisser replonger dans son mutisme tranquille sans avoir d'abord veillé à lui extirper le plus d'information possible.

« Bon... vous êtes amnésique, admettons. Et ça ne vous chiffonne pas plus que ça ? Vous restez-là à manger votre soupe et taper le carton ? Vous attendez quelques jours ? Pas envie d'aller voir la milice, de tirer les choses au clair sur votre agression peut-être ? Admettez que c'est curieux. Et puis il n'y a pas que la mémoire qui peut vous dire des choses sur qui vous êtes. Regardez, vous avez vos mouchoirs. Et moi, par exemple, j'ai un chapeau bien particulier. Un chapeau ça en dit long. Certains cousent des petits mots dans leurs chapeaux, cachent des éléments dans le revers. Sans compter tout ce qu'on laisse traîner dans ses poches, des bricoles. Vraiment rien ne pourrait vous mettre sur la voie ? »

Ce disant, Esmé avait jeté un rapide coup d'oeil à son interlocuteur, cherchant des indices de trouble, d'une réaction quelconque sous son crâne. Puis elle accorda un coup d'oeil à l'animal bruyant dans un coin de l'auberge. Le chien jappait après un chat trop haut perché tandis que le félin, digne représentant de sa race, l'ignorait avec une superbe tranquille. Personne dans l'auberge ne semblait réagir à ce petit manège, et la sorcière moins que les autres sans doute souhaitait le faire cesser. Par le passé, elle avait hébergé un pèlerin du temple de Rana, parti pour implorer la déesse de lui rendre le souffle. Son périple relevait d'un grand courage ou d'une fois démente, car il allait à pied tandis qu'un mal lui rongeait les poumons et rendait sa respiration pénible et laborieuse. Il lui avait confié n'aimer pas les animaux familiers ; pire, il trouvait que l'aboiement était le cri le plus stupide du monde animal. La sorcière, elle, aimait beaucoup les chats et ses chèvres ; quant aux chiens, à l'instar de celui-ci, elle les tolérait.

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Esmé, sorcière à plein temps


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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 14 Jan 2018 05:31 
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Mais les jappements du chien réveillèrent la petite qui se leva et le prit dans ses bras, au grand dam de sa mère, avant de retourner s’asseoir en sa compagnie. Le chat poursuivit sa sieste. L'aubergiste passa un coup de balai sous le comptoir. L'araignée esquiva le balai à temps, mais son piège venait d'être détruit et sa collation envolée.

Le mangeux de soupe avait écouté avec attention les paroles de la sorcière et c'est les sourcils froncés qu'il questionna à son tour :

"Allez à la milice ? Pour leur dire quoi ? Que j'ai une bosse sur le crâne et que peut-être j'ai glissé et tomber sur un caillou ou bien j'ai été agressé ? Et si c'est le cas ? Je ne sais même pas si on m'a volé quoi que ce soit ? Est-ce que j'avais un cheval ? Un âne ? ... On m'aurait pris pour un fou et on aurait douté de moi, comme vous le faites à présent... J'avais plutôt décider de prendre du repos et de ne pas forcer les choses, me disant que ma mémoire reviendrait plus vite si je ne la forçais pas. Ca valait la peine d'essayer... Je ne savais pas qu'on pouvait chercher à me tuer."

Puis il enleva sa veste et son chapeau et les donna à Esmé:

"Regardez si vous le voulez... moi j'ai rien trouvé ! "

Puis il prit son sac et en vida le contenu sur la table. Il n'y avait à vrai dire pas de grands trésors : une petite bourse contenant 75 yus, un poignard, une chemise et un pantalon de rechange, du matériel rudimentaire pour faire un feu, deux parchemins roulés noués par des lacets de cuir, un trousseau de trois clés (2 grosses et une petite), une gourde d'eau vide, une harmonica, quelques lacets de cuir.

L'homme regarda la réaction d'Esmé tout en prenant une gorgée d'eau dans son verre.

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À votre service, pour le plaisir de rp !


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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 17 Juin 2018 20:08 
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C'était la première fois d'Evelyn se rendait à l'auberge de l'Au-Delà, et elle jeta avec curiosité un œil alentour alors qu'elle passait la porte. La salle était propre et spacieuse, avec un parquet bien balayé et des murs de pierre épaisse. Le jour filtrait à travers des fenêtres à petits croisillons, donnant une atmosphère chaleureuse à la pièce. Le jeune homme qui la précédait fit un petit signe de la main au tavernier derrière son comptoir, qui lui répondit d'un sourire aimable. I semblait bien connaitre les lieux.

Le duo s’installa à une table vers le centre de la pièce. Si Evelyn, légèrement mal à l'aise, se tenait droite et avait sagement posé ses mains sur ses genoux, le jeune homme s'était pour sa part à demi affalé sur son tabouret, son coude reposant sur la table. Cependant, l'ensemble donnait plus une impression de nonchalance affectée que de réelle négligence.

"-Que prendrez-vous? Lui demanda-t-il.

-Hmm... Je ne sais pas. Que prenez vous? Je ferais pareil.

-Vous m’excuserez, mais je ne compte pas manger. Nous sommes au beau milieu de l'après midi.

-Oh."

Un silence embarrassant s'installa, que le jeune homme brisa avec indulgence.

"- Ils font un excellent ragoût, ici.

Parfait. Je prendrais ça."

Pendant que son interlocuteur passait la commande, Evelyn en profita pour se maudire plusieurs fois avec application et s'adresser silencieusement quelques jurons bien sentis. Une fois cette importante tâche accomplie, elle essaya d'établir un plan d'action.

(Il faut que j'arrive à le faire parler de sa baraque, des habitudes de sa famille et de ce genre de choses. Pour ça, il va falloir que je sois sociable. Allez Evelyn, c'est pas la mer à boire. Imagine que tu es en représentation.)

Quand le jeune homme se retourna vers elle, elle était aussi prête qu'elle pouvait l'être.

"-Merci pour le repas. A qui ai-je l'honneur?

- Silan Vertefrot. Et comment vous prénommez-vous?

- Evelyn.

-Eh bien Evelyn, continua-t-il aimablement, j'avoue être moi aussi satisfait de cette opportunité de me délasser un peu. Serait-ce trop m'avancer que de présumer que vous avez beaucoup voyagé? Je suis friand de récits exotiques!"

Il s'interrompit tandis que l'aubergiste déposait sur la table deux verres d'hydromel. Evelyn haussa un sourcil ; visiblement, son interlocuteur ne regardait pas à la dépense... ou avait des goûts trop raffinés pour se contenter d'une simple bière.

"- Assez, oui. J'ai fait partie durant plusieurs années d'une troupe itinérante qui parcourait Imiftil."
Elle s'interrompit pour boire une gorgée d'hydromel, savourant avec curiosité le goût sucré teinté d'une pointe d'amertume, seule indication de l'alcool présent dans le breuvage.

"Ce récit manquera peut-être d'exotisme à vos yeux, mais ne manquera pas de vous distraire, j'en suis certaine. Notre troupe se trouvait de passage dans un petit village sur la côte..."


Evelyn entreprit alors de narrer à Silan la méprise qui s'était installée entre les habitants du village, qui attendaient une troupe renommée de comédiens pour célébrer le mariage de leur chef, et l'ancienne troupe de la jeune fille qui n'en revenait pas de l'accueil grandiose qu'on leur réservait. Le malentendu avait été levé avec l'arrivé des troubadours attendus. La troupe avait du fuir le village en catastrophe, en plein milieu d'un riche diner qu'on leur avait servi, alors que la moitié d'entre-eux étaient sérieusement éméchés et pouvaient à peine mettre un pied devant l'autre.

Au fur et à mesure de l'avancée de son récit, la jeune fille se sentait plus à l'aise. Ce genre de conversation avait de nombreuses similitudes avec un spectacle de rue ; il s'agissait simplement de capter l'attention par les mots plutôt que par les acrobaties, et si elle avait parfois du mal à s'exprimer de manière claire et attrayante et qu'elle butait sur certains de ses mots, Evelyn ne s'en sortait finalement pas si mal, ne s'interrompant qu'à l'arrivée de son plat. Silan semblait beaucoup apprécier le récit décousu, riant parfois aux éclats à certaines descriptions.

"... heureusement, le village suivant n'était qu'à deux jours de route. Mais dans notre précipitation, nous avions laissé la moitié de nos affaires à l'auberge... Il a fallu tout racheter!

- Voilà un malentendu bien cher payé!" Conclut complaisamment Silan. "Un autre verre, je vous prie", lança-t-il à l'attention de l'aubergiste. Ce n'était pas la première fois qu'il renouvelait sa commande et, si Evelyn prenait soin d'économiser son verre pour éviter l'ivresse, il ne semblait pas se préoccuper de la légère rougeur qui envahissait déjà ses joues et du petit flottement qui accompagnait ses gestes.

- Exact... Répondit la jeune fille. Je dois avouer que ce genre de mésaventures m'a quelque peu découragée d'une vie d'itinérance. On voit du pays, mais on découvre toujours sans jamais réellement se familiariser avec rien."

(A vrai dire, je ne reste ici que parce que Joli-Coeur me ferait égorger si j'osais poser un pied à la campagne... Et ce n'est pas comme si mes expériences citadines étaient concluantes...)
Songea en elle même la jeune fille. Mais elle se garda bien de faire part de cette remarque à son interlocuteur.

"Mais vous aviez au moins le frisson de la découverte! La vie calme et posée que je mène ne se compare pas avec les aventures que vous avez dû vivre! Objecta-t-il.

- Je ne refuserai pas d'échanger ma vie d'aventures contre votre vie calme et posée..."


Silan soupira.

- "Je dois vous paraître bien capricieux, n'est-ce pas?

- Un peu. Qu'avez-vous à reprocher à votre vie, au juste?

- La monotonie? L'emprise d'un père sur la vie de son fils? Un destin de commerçant tout tracé?"


La conversation prenait une tournure inattendue. Prise d'une intuition, Evelyn continua sur sa lancée.

"Vous êtes adulte, non? Qu'est ce qui vous empêche de voler de vos propres ailes?"

Nouveau soupir de la part de Silan. Le sujet avait l'air de beaucoup l'affecter.

- J'aimerai pouvoir dire que je suis capable de vivre d'amour et d'eau fraiche, mais ce n'est pas le cas. Or, si je quitte la maison, mon père me coupera les vivres. La vie flamboyante d'aventurier devient bien moins flamboyante sans argent..."


Haussement d'épaules désabusé de la part d'Evelyn.

"C'est juste..."
Elle sirota sa boisson, pensive. "Vous comptez donc passer votre vie dans l'ombre de votre père?

- Pas vraiment. Je cherche un moyen de récupérer les fonds nécessaire à ma... reconversion."

Oh. Là, ça devenait intéressant. Une idée était en train de naitre dans l'esprit de la jeune artiste, une idée folle, une idée qui pouvait rendre ce projet de cambriolage enfin crédible. Elle baissa les yeux sur son assiette maintenant bien moins remplie qu'au début de la conversation pour se donner le temps de mettre en forme son plan.

"C'est quand même bizarre, comme situation. Je ne veux pas faire de supposition hâtive, mais vous ne m'avez pas l'air particulièrement désargenté, ce qui me laisse supposer que votre famille est aisée. Et vous n'arrivez pas à trouver de quoi vous émanciper?

-Ce n'est pas que je n'aie jamais envisagé de, hm... Obtenir de manière anticipée la part de l'héritage qui me revient. Mais je ne peux pas juste puiser dans les coffres de la famille ; père a bien des défauts, mais l'imprudence n'en fait pas partie.

- Alors vous conserverez votre vie... Quels étaient les termes déjà? Calme et rangée, c'est ça!"

Elle finit son verre d'un geste ample, se leva, et continua :

"Merci pour le repas, messire. S'il vous vient à nouveau l'envie d'entendre mes récits, n'hésitez pas!"

C'était le point crucial de la soirée, et il était nécessaire que le conversation se termine sur une note aussi abrupte, alors que Silan était bien absorbé par l'ennui que lui procurait sa situation. Si Evelyn ne s'était pas trompée, et si elle avait suffisamment fait culpabiliser le pauvre garçon, alors elle devrait à présent pouvoir récolter les fruits de cette longue conversation qui avait sembler ne mener nulle part pendant un bon moment. Avec un sourire et un clin d’œil, elle se détourna et se dirigea vers la porte de l'auberge.

(D'ici quelques secondes... Quelques secondes... Pourquoi il ne m'appelle pas? Allez Silan, bouge toi... Oh non, il ne me rappelle pas. Bravo Eve, tu as encore foiré une belle occasion. Mais quelle idio...)

"Attendez!"

Une vague de soulagement déferla sur la jeune fille. Elle le tenait.

"- Oui?

L'expression du visage de Silan était étrange, pensive mais altérée par quelques verres de trop. On avait l'impression qu'il n'assumait pas ce qu'il allait dire.

"Qu'est ce qui est le plus méprisable, à votre avis? Renoncer à ses aspirations et ses rêves par crainte de défier une autorité abusive, ou obtenir par ses propres moyens une part méritée d'un patrimoine afin de s'émanciper?"

Le choix des mots du jeune homme avait de quoi faire sourire, tant il était partial. Evelyn revint vers la table et se rassit. Elle devait avouer que Silan avait quelque chose de touchant dans sa rébellion d'enfant gâté. Il n'avait besoin que d'un petit coup de pouce pour prendre sa décision, et la jeune fille comptait bien le lui donner.

"- Voulez-vous que je vous raconte une autre histoire, messire? Une histoire moins heureuse que celle que vous avez entendu tout à l'heure.

-Euh... Oui?"
Le changement apparent de sujet le déconcerta.

"-Je n'ai pas toujours été maîtresse de mes actions. La troupe de comédiens dont je faisait partie ne m'avait pas forcément demandé mon avis avant de me recruter, quand j'étais gamine. J'ai passé des années à les suivre sans trop me poser de questions, mais j'en ai vite eu marre. Et même après ça, il m'a fallu encore plusieurs années pour réunir le courage de les lâcher. En y repensant, je sais pas si cette dernière phase d'hésitation a vraiment été nécessaire. J'aurais pu être libre bien plus tôt... si j'en avais eu les tripes."

Une pointe de culpabilité perça l'estomac d'Evelyn. Utiliser ainsi son histoire à des fins tire-larmes pour pervertir un membre sans doute estimé de la bourgeoisie locale n'était pas moralement confortable. Mais la perspective de décevoir à nouveau Joli-Coeur n'était pas envisageable, et la jeune fille estima que sa survie valait bien le sacrifice de certaines valeurs.

Cette deuxième histoire eût un effet bien différent de la première ; pas de rires, cette fois-ci, mais une expression de détermination nouvelle sur les traits de Silan. Il ne prit pas immédiatement la parole, semblant méditer sur ce qui venait de lui être raconté.

"Je dois vous paraître bien timoré, à hésiter ainsi alors que vous avez-vous même fait des choix autrement plus difficiles."

Ne sachant que dire, Evelyn eût un léger haussement d'épaules.

"Je crois que j'ai eu de la chance de vous rencontrer. Je ferais ce qui est nécessaire pour m'assurer un avenir autonome.

-Je vous comprend, mais... Vous savez comment faire? Si votre père est aussi prudent que vous le décrivez, accéder à ses coffres risque d'être compliqué. Vous avez certes vos entrées dans la maison, mais votre père semble se méfier de vous. Vous avez un plan?

- Pas vraiment... L'art de la rapine ne m'est pas familier. Il me faudrait bénéficier des lumières d'un esprit instruit dans ce domaine."

Il la dévisagea.

"Vous avez besoin d'argent, non?

-Qu'est ce qui vous fait croire que je m'y connais en... rapine, c'était votre mot?" Esquiva la jeune fille en croisant les bras.

Silan parti d'un petit rire.

"- Vous êtes tout du moins plus débrouillarde que moi, et je ne peux m'empêcher de penser qu'une jeune personne livrée à elle-même dans les rues d'une grande ville à parfois besoin de recourir à certaines méthodes moralement ambiguës pour survivre.

-Vous êtes... étonnamment lucide. Ou alors vous avez une très mauvaise image des petites gens, au choix."


Il étendit la main par dessus la table, attendant qu'Evelyn fasse de même.

"Je ne peux pas vous garantir au butin de légende, mais vous ferez certainement plus d'argent ainsi qu'avec vos tours et vos récits. Qui sont excellents au demeurant, mais vous m'avez compris."

Evelyn ne put s'empêcher d'afficher un sourire sarcastique. Le jeune homme était moins sot et moins déconnecté de la réalité que prévu.

"Marché conclu." dit elle en serrant sa main tendue.



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Dernière édition par SemiPhore le Ven 3 Aoû 2018 16:18, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Mar 19 Juin 2018 23:39 
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Enfin le vieux vide son sac. Cachotteries et circonlocution pour en arriver à quoi ? Quelques aveux et un fatras sur la table, trois fois rien de prime abord... mais... La confession, la sorcière l'accueil avec l'air de celle qui commençait à se lasser d'attendre, pas question de manifester le moindre triomphe : faudrait pas que les gens se mettent à croire qu'à un moment elle a pu douter. Bon. Bon bon bon. De quoi s'agit-il ? Un vieux un peu perdu, sincère lorsqu'il avoue avoir craint de se rendre amnésique à la milice, de peur de passer pour un toqué ? Ou un madré personnage habile dans sa comédie ? Le doute demeure. La bien commode amnésie... En revanche, verser le contenu de son sac bagage sur la table, c'est nettement plus franc. Quoi qu'une preuve peut se dissimuler dans une botte, une poche secrète, le pli d'un vêtement, la couture d'un manteau... Enfin, il faut faire avec ce qu'on a sous la main et garder l'avantage.

La sorcière procède avec ordre. Le moindre objet est le fragment d'une existence, et pour l'heure, elle n'a ni la tête ni les yeux à scruter des pépites dans le fond d'un ruisseau. Si vraiment il ne reste que ça... d'abord les gros morceaux ! Alors l'argent, le linge, de quoi allumer un feu, la gourde, un instrument de musique... En revanche, des clefs et des parchemins, voilà qui est bien plus parlant. Qui dit clef dit porte, qui dit parchemin dit auteur. Avant de dénouer les lacets de cuir qui les tiennent clos, elle espère que ce n'est pas une de ces estampes ynoriennes licencieuses qui agrémentent la solitude des caravaniers. Au pire, elle pourrait demander, ce qui n'est absolument pas dans son intention. Après tout, des femmes elle en a vu de toutes sortes, de loin et de près, dans toutes les tenues. Mais tout de même.

Fort heureusement, il n'y a que du texte. Pour la sorcière, c'est tout à fait lisible. Compréhensible c'est une toute autre chose. Voilà qu'il est question de chiens, de souris, de grange, de grain. D'une personne qui s'en va et revient, ne trouve plus rien. Mystère, mystère... Avisant l'harmonica et la tournure du texte, Esmé se demande s'il ne s'agit pas là d'une quelconque comptine destinée à amuser les enfants, une énigme pour éveiller leur curiosité sur le devenir des chiens, du grain.

(Vieux chiens... un chien garde... du grain, un blé doré... des yus ? Un trésor ? Une troupe de bandits qui pique dans les caisses ? Un chef qui s'en va et plus de caisses, plus de gardes, plus de voleurs ? Une bande de mercenaire ? Eh quoi... il a l'air un peu fatigué ce vieux, mais enfin... Il ne se démonte pas. Ah ! Misère... Pourquoi ne force-t-on pas les têtes de linottes à garder autour de leur cou un médaillon à leur nom ? )

Sur cette pensée, elle observe de plus près le vieux mangeur de soupe à la recherche d'une autre trace susceptible de la mettre sur la voie. Et avant qu'il ait le temps de se ressaisir, de monter une quelconque fable pour expliquer une nouveauté, elle lui brandit le parchemin sous le nez du suspect, des fois que la proximité du papier et des mots ait un impact sur sa mémoire défaillante.

« Et ça alors ? Ca ne vous dit rien ? Une chanson ? Un mystère ? Ca pourrait être vous, un vieux chien, non ? A moins que vous ne soyez revenu d'une tour vers une grange vide ? »

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Mer 27 Juin 2018 04:05 
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Celui qui vraisemblablement se prénommait Gaspard, leva les épaules dans un signe d'impuissance.

«J'ai lu et relu ce parchemin sans rien y comprendre...Je croyais au départ, qu'il pourrait m'aider... mais je n'ai rien compris à ce charabia.»


Le chat s'étira et descendit de son perchoir, s'approchant du mangeur de soupe, se frottant contre sa jambe. Le petit chien qui était bien calée dans les bras de la petite, se mit à japper et voulut descendre pour rejoindre le chat. Mais la fillette resserra son emprise. Le loup dressa ses oreilles, la mère écoutait attentivement la conversation. Alors que l'araignée tissa patiemmment un autre piège à mouche.

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À votre service, pour le plaisir de rp !


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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Ven 5 Oct 2018 11:10 
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Un repos tout relatif


Après avoir quitté la taverne et marché d’un pas rapide dans les rues presque désertes de la ville, notre groupe arriva à l’auberge. Je sentais la fatigue me piquer les yeux et j’avais hâte de dormir, même si je devais le faire sur le plancher. Heureusement pour moi il y avait des chambres de libre. Moi et Fyly en partageâmes une et les trois autres se répartirent dans deux autres. En voyant le lit je ne pris même pas le temps de poser mes affaires, je me contentai de m’étaler dessus en poussant un soupir d’aise. Du repos, enfin ! Fyly me releva très vite, le monstre !

- Sans-cœur, laisse-moi profiter !

- D’abord enlève-moi ce sac et ce manteau, tu ne vas pas dormir comme ça. Et il serait bon que tu te débarbouilles un peu aussi, tu ressembles à un nain après une semaine dans des tunnels. Après ça tu profiteras autant que tu veux.

Je ne pus m’empêcher de grommeler parce que je savais qu’elle avait raison. Je rangeai donc mon sac et fit un brin de toilette avant de retourner me jeter sur mon lit. Fyly prit davantage de temps, je la vis même se parfumer légèrement. Qui se parfume pour aller dormir ? Un long bâillement interrompit mon observation. Dodo, j’ai saisi. Je me pelotonnai donc dans le lit en fermant les yeux et murmurai une bonne nuit à Fyly.
Au petit matin, quelqu’un frappa à la porte et me réveilla. Je m’habillai et ouvrai pour tomber sur Bolir qui affichait un grand sourire. Il m’annonça que nous continuerions les entraînements, l’auberge possédant une petite cour à l’abri des regards. L’esprit encore embrumé, je le suivis en bas où il passa les deux heures qui suivirent à ma taper dessus, ou du moins c’est ainsi que je le perçus. Il appelait ça entraînement, mais pour moi ça ressemblait plus à une punition qu’autre chose. D’accord, j’étais sensée esquiver et m’améliorer, mais il était tellement plus rapide et fort que je voyais mal comment m’en sortir.

C’est donc courbaturée que je pris mon repas du matin avec les autres. Wyrlan dit qu’il allait s’occuper de vendre les armes et équipements que nous avions récupérés et qu’il partagerait le tout équitablement après en avoir mis de côté pour le compte commun du groupe. Fyly décida d’aller avec lui et les deux autres nous informèrent qu’ils allaient passer à la milice de la ville avant d’aller faire un tour chez le forgeron. Ils sortirent donc et je restai seule à l’auberge, me demandant quoi faire. Au bout d’un moment, m’ennuyant prodigieusement, je décidai de potasser le parchemin que Wyrlan m’avait rédigé. Il me permit de revoir certaines choses mais aussi de m’apprendre comment améliorer mon potentiel magique grâce aux fluides et grâce à une pratique régulière. Pour autant, si les fluides s’achetaient apparemment dans n’importe quelle boutique de magie, j’allais avoir du mal à m’entraîner à utiliser la magie au beau milieu d’une ville, la garde n’allait probablement pas apprécier. La suite parlait de la versatilité de la magie et des différentes utilisations qui pouvaient en découler. Voilà encore une chose que j’allais devoir améliorer. Ce n’était pas en lançant une simple boule de feu que j’allais me sortir de toutes les situations. Je passai un moment à réfléchir à un moyen d’utiliser la magie d’une autre manière. Quelques idées me vinrent mais elles semblaient irréalisables avec mes connaissances actuelles. Je devais demander à Wyrlan pour en apprendre plus et attendis donc leur retour en somnolant sur la table, victime de l’entraînement trop matinal de Bolir.

Ce fut Fyly qui me secoua par l’épaule alors que je dormais, la tête dans mes bras. Je me relevai en vitesse et constatai qu’elle et Wyrlan étaient revenus. Ce dernier me donna une bourse qui contenait ma part de ce que le groupe avait gagné de la revente. En la rangeant je lui demandai des informations sur les fluides et il me conseilla d’aller directement me renseigner en boutique, le vendeur étant plus qualifié que lui pour m’en parler en détail. Je lui demandai ensuite s’il existait un moyen simple pour modeler sa magie et créer une utilisation différente sans avoir à acheter des parchemins.

- Et bien il est possible de créer des sorts toi-même mais c’est un processus long et souvent délicat qui n’aboutit pas toujours à un résultat satisfaisant. Pourquoi veux-tu aller si vite ? Tu n’as pas à forcer ton apprentissage de la magie à ce point.

Je n’osai pas lui dire que c’était pour une vendetta personnelle et préférai faire passer ça sur le compte de ma participation pour le groupe que je qualifiai de « restreinte ». Il haussa les épaules.

- Tu es novice et nous savons très bien qu’il faut du temps pour se perfectionner. Ne te prends pas la tête et évolue à ton rythme.

Il n’avait pas tort, mais je voulais être capable de me débrouiller seul. Il fallait que je progresse et pour cela j’avais besoin de mieux utiliser la magie. Il était d’ailleurs grand temps que j’aille rendre visite à une boutique magique. Je le prévins donc que je sortais en ville et j’allai demander au gérant s’il connaissait une boutique de magie.

- Si tu cherches une boutique de magie, il y a le vieux Niran. Tu vas au port, tu traverses le pont, tu prends à gauche et tu longes la rive, ce sera sur ta droite, une vieille boutique dans un bâtiment circulaire, tu ne peux pas la louper.

Je le remerciai et sortis dans la rue. Le soleil de midi m’éblouit un instant puis je pus me mettre en route vers la fameuse boutique que je n’eus pas de mal à trouver grâce aux indications du gérant de l’auberge, même si le trajet fut plus long que je ne l’avais envisagé.


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Dernière édition par Yliria le Mar 9 Oct 2018 00:20, édité 3 fois.

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