L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Jeu 20 Juil 2017 21:11 
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Une femme âgée fit comprendre qu’elle était occupée, le combattant acquiesça respectueusement en sa direction. L’homme qui la secondait finit par se retourner. Silencieux, le brun l’écouta avec attention. Les douleurs sourdes de sa marche intensive revinrent, un peu plus fortes. En attendant que l’aubergiste termine de l’informer, il se massa l’arrière des cuisses.

« Je vais prendre la commune, jusqu’à preuve de contraire je crois être seul, ah ah ! » Son ton était un peu taquin, rien de bien méchant. Il se tut de nouveau pour entendre le gérant.

Devant tant de choix d’une bonne qualité et d’une traçabilité contrôlée, Fromritt frotta sa barbe puis son ventre gronda, accélérant sa prise décision.

« Tu sais parler à quelqu’un qui a faim, toi ! » Dit-il en tapotant son estomac. « Je veux un venaison grillé, une poignée de vos meilleurs légumes ainsi qu’une bouteille d’hydromel. » Le guerrier mis le plat de son poing devant sa bouche pour bâiller, encore une fois. « Il faudra me l’apporter, j’espère que ça conviendra niveau prix. »

Sur ces dernières paroles, l’exténué déposa onze yus puis monta en direction de sa chambre. Toujours pataud, il prit un certain temps pour passer les autres portes, dont une, entrouverte, qui dévoilait une pièce un peu mieux meublée que le reste. Aucune âme n’y demeurait, du moins pour l’heure. Vérifiant que personne n’était face ou derrière lui, Fromritt jeta un coup d’œil furtif. Il semblait qu’une femme vivait là, peut-être la fille des tenanciers. Tiens, une chose brillait sur une sorte de table de nuit : un anneau d’or.

(Serait-ce la fameuse bague de fiançailles ? Pauvre Riosodi, tant pis il fait jour et je dois dormir.)

Terminant son périple, il pénétra dans la chambre commune au mobilier des plus classiques. Sans attendre plus longtemps, il posa son postérieur sur le lit, lâcha sa grande épée dessus et retira les pièces de son armure noirâtre. Il gémit faiblement, à la fois de douleur et de soulagement. Il craqua les os de sa nuque, de ses doigts ainsi que ceux de ses épaules. Quelle dur labeur que celui d’être aventurier, quel dommage de n’avoir aucune femme pour masser ses muscles endoloris… Le Verlorgot claqua sa langue à cette pensée, s’insupportant soi-même. Pourquoi fallait-il que ce genre de réflexion ressurgisse ça et là dans sa vie ?

Toc, toc, toc.

« Hum ? Tu peux entrer. » Déclara-t-il simplement, tiré de tout songe.

La vielle compagne de l’aubergiste entra et déposa le repas du guerrier. Sans plus de cérémonies, elle repartit s’occuper d’autres clients. Les effluves épicés des aliments voletèrent dans la pièce, entrèrent dans les narines de l’affamé et chatouillèrent chaque poil de son nez. Quel don de la nature de pouvoir se repaître de telles victuailles ! Une sauce orangée coulait sur la viande cuite et grillée ça et là, d’autre part une multitude de légumes colorait le plat consistant.

(Je peux encore résister quelques minutes le temps de dévorer tout ça, non ?) Pensa-t-il en soufflant du nez.

Comme un prédateur il s’attaqua à la chair saignante, déchira de ses dents légumes et peau croustillante. Une vraie bête sauvage, heureusement qu’il était seul… En un rien de temps, tout fut englouti, les aliments comme le contenu de sa bouteille d’hydromel. Après s’être un minimum essuyé, Fromritt s’affala sur la couette, profita d’être encore conscient du confort de ce lit puis ferma ses paupières si lourdes… Le sommeil l’invita, l’emprisonna dans le monde des rêves et des songes.

La nuit passa paisiblement…

Un coup sur la droite, un autre sur la gauche, sur le ventre, sur le dos… L’agitation était annonciatrice du réveil chez le Verlorgot, ce qui ne tarda pas à être confirmé. Ouvrant tout doucement les yeux, le dormeur se réveilla en s’étirant comme un chat le ferrait. Pas encore habitué à l’obscurité, le Wiehlenois se mit sur le bord du lit, assis. Quelle heure pouvait-il être ? Sans doute plus de minuit, un moment où la plupart des personnes dormaient. Pour sûr, il s’était assoupi vers milieu après-midi… Ce ne devait pas être loin de la réalité.

Le voile sombre de sa vision s’éclaircit légèrement, des ombres moins opaques se distinguaient des autres formant de vagues formes. Tâtant sa couette, il chercha l’espadon familial, qui n’était plus sur le lit. Affolé, il se leva illico, fit des mouvements plus larges pour ne louper aucun centimètre carré du linceul. Pas là. Ni ici. Où pouvait-il être ? Il allait contourner le meuble confortable, mais il percuta un objet métallique. Il le prit en main, sentant que c’était sa garde, il en fut soulagé.

« Toi, ne me quitte plus… Reviens sur mon dos. » Chuchota-t-il à sa lame, en remettant ses armatures noirâtres.

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Jeu 20 Juil 2017 23:39 
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Fromritt alluma puis attrapa une bougie, faisant disparaître la plupart des ombres. En son for intérieur, il se dit qu’il aurait dû commencer par ça. Qu’importait, il se saisit de la vaisselle utilisée pour son repas puis sortit de la chambre commune. Ses pas étaient simples, son esprit était clair et limpide, une renaissance en quelque sorte. Le couloir qui, la veille, paraissait interminable devint court, facile, agréable.

(Tiens, toujours cette pièce… Encore ouverte ?) Poussé par une certaine curiosité, il ouvrit avec douceur la porte. (Personne. La lueur de la flamme fait briller la bague… Quelque part, il m’a bien aidé.) Il regarda dans toutes les directions. (Pas âme qui vive à l’étage… Techniquement, ce n’est pas un vol, si l’anneau lui appartient…)

Le doute l’habitait, allait-il rester honnête en subtilisant une petite bague de rien du tout ?

(Aussi ridicule ou futile soit-il, l’amour doit être aidé.)

Suivant ses principes arbitraires, il s’infiltra dans la chambre, aussi discrètement que possible. La table de nuit ne se trouvait qu’à quelques mètres. Les battements de son cœur s’accélèrent, une mauvaise sensation emplit son organisme. Sa main s’approcha du bijou, commençant à trembler de plus en plus violemment. Bordel, qu’il n’était pas à l’aise ! Finalement, contre toute attente, il se saisit du morceau de métal.
Soulagement.

« Allez, maintenant faut que j’arrête ces âneries et que je sorte… » Murmura-t-il d’une voix à peine audible.

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 15:58 
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Impossible de dire s'il s'agissait d'une mauvaise écoute du guerrier ou de l'habitude de la tavernière de ne pas faire grincer le parquet pour les occupants. Toujours est-il que cette dernière, une pile de linge blanc dans les bras, passa devant la porte ouverte de la chambre de sa fille avant de s'arrêter brusquement. Un moment de réflexion lui était nécessaire, mais finalement, elle héla l'intrus occupé à fouiller les lieux.

"HEY ! VOUS, LA ! QUE FAITES-VOUS ICI ?!"

Sa respiration s'était brusquement accélérée et son regard, mêlé de stupeur et de colère, ne pouvait se détacher de Fromritt.

Mr.Ouaf

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Dernière édition par Gentil Animateur le Sam 22 Juil 2017 21:17, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 20:35 
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Quelque part, une petite voix lui chuchota moult insultes pour ce qu’il venait de faire, alors qu’une autre tentait tant bien que mal de le rassurer. Un si petit geste. Une insignifiante action. Tout ça eut un effet boule de neige dans sa tête, à croire qu’il était trop prude. Maintenant en possession de la bague, il pouvait repartir comme il était venu, comme une fleur, sans avoir été détect…

« HEY ! VOUS, LA ! QUE FAITES-VOUS ICI ?! »L’apostropha Liniä, la femme de l’aubergiste.

« AAAH ! » Cria-t-il de peur et de surprise, sursautant par la même occasion. « Attends, attends je peux m’expliquer ! » Se rattrapa-t-il en la suppliant des mains de se calmer. « Je… Je, ça fait deux fois que je vois cette pièce ouverte. Ça m’a paru bizarre, et elle est plus meublée que les autres, et… Et… Et merde, je sais pas inventer de bobard. »

Fromritt, l’homme trop honnête pour son propre bien, dévoila ses mains, paume ouverte. L’anneau d’or s’y trouvait, il n’avait même pas réussi à le dissimuler dans une poche, son fourreau ou l’on ne sait où. Il soupira profondément, la tête baissée, signe de l’immense honte le transperçant de parts et d’autres. Le guerrier s’écarta de la vielle dame, sans faire de geste brusque pour s’asseoir sur une chaise en paille non-loin.

« J’ai rencontré un type, il m’a dit que cette bague de fiançailles lui appartient. Il voulait épouser ta fille, mais ton mari l’a découvert et il a dû s’enfuir. Il m’a aidé en m’indiquant cette auberge, donc quelque part je lui dois au moins ça. Enfin c’est ce que je me dis. » Il gratta sa barbe, un peu stressé du sort que cette ville allait lui donner. « Je voulais pas te faire peur, ça a dû se voir. On peut peut-être s’arranger autrement, si tu as des problèmes… » Il montra son espadon du pouce. « Je peux t'aider. »

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 21:16 
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A l'écoute du discours de Fromritt, la vieille dame s'indigne et manque d'exploser, le corps parcouru de spasmes nerveux. A peine le mot de la fin prononcé, elle éclate de colère et jette son linge à terre, hurlant tant à l'intrus que pour attirer du monde à l'étage.

"BONIMENTS ! CRACHE-MENSONGES ! C'EST LA CHAMBRE DE MON FILS ! JE N'AI PAS DE FILLE !"

Dans un sanglot qui commence faible tout en s'accentuant progressivement, la tavernière porte ses mains à son visage en larmes.

"Mon fils. Mon fils parti rejoindre les rangs de l'armée... Comment osez-vous voler la bague de fiançailles qu'il a laissé pour sa belle Laïha ! MONSTRE ! LARRON !"

Prête à exploser de nouveau, les pas pressés dans l'escalier lui font tourner la tête, mais son regard larmoyant reste braquer sur l'intrus.

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Mr.Ouaf

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 22:59 
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La figure du Verlorgot se décomposa aux dires de la tavernière. Ses yeux marron se perdirent dans le vide, le néant. Les mots de la dame âgée résonnaient dans sa tête et se répercutaient sur les parois de son crâne. Comme un marteau frappant une enclume, encore, encore et encore. Un sentiment de malaise serra son estomac, le fit déglutir avec difficulté, accéléra son rythme cardiaque. Il voulut parler, protester, clamer son innocence. Il n’en fit rien.

(Un homme doit assumer la responsabilité de ses actes.) Pensa-t-il, en colère contre lui-même et ce trompeur.

La mine ravagée, il se leva puis retourna au niveau de la table de nuit en bois, peut-être du chêne. Il regarda la bague et la posa dessus. Avec tout ça, il en avait oublié son plat, une petite attention sympathique… Épargner à cette pauvre femme de le chercher plus tard.

La fatigue lui avait fait voir des couleurs autres, plus… féminines en ces temps durs. Sans doute ses yeux avaient été trompés par les indications du moins-que-rien, c’en était une certitude dorénavant. Une arnaque pure et dure, il était tombé dans le panneau. Jusqu’à aller acheter un bouquet de fleurs pour manipuler son monde. Une façon de penser que l’épéiste ne comprenait pas et, par conséquent, n’arrivait pas à s’en protéger.

« Je suis… Désolé, je crois bien avoir été abusé. » Lâcha-t-il enfin, lui qui n’aimait guère les politesses. « Ne te… » Il se ravisa, tout en ramassant le linge jeté et la suivant, visage abaissé. Le brun reprit d’un ton incertain. « Navré de t’avoir mis dans cet état, je… » Il posa délicatement le linge sur un meuble. « Calme-toi, je vais m’en aller. Je jure ne pas avoir eu connaissance de ces faits. Maintenant, je vais sortir et trouver ce… Ce menteur et lui ferai tâter de ma lame ! » Ayant toujours sa vaisselle, il se mit devant Liniä le buste gonflé par la rage, les yeux déterminés. « Si tu me crois, laisse-moi déposer les restes de ton repas et retrouver ce Riosodi Cappelindro. » Déclara-t-il d’un ton beaucoup plus ferme.

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 23:19 
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La honte qui accablait le guerrier semblait juste pour la vieille femme, mais la situation avait atteint un point de non-retour. Malgré toute la volonté du monde, la tavernière fondit en larmes, noyant les excuses de Fromritt dans un torrent de sanglots. Au même moment, une voix se fit entendre dans l'escaliers, rugissant de colère à son tour.

"HEY ! NE LA TOUCHEZ PAS !"

L'instant d'après, une large silhouette vint percuter le guerrier afin de l'éloigner de la vieille femme. Le tavernier, rapprochant son épouse de lui en l'entourant de ses bras, hurla en s'époumonant, ne faisant que peu fit de l'agitation qu'il causait et des regards curieux des clients qui s'amassaient près de l'escalier.

"FOUTEZ LE CAMP ! FOUTEZ-MOI LE CAMP D'ICI AVANT QUE JE N'APPELLE LA MILICE ! PARTEZ, MAINTENANT !"

A l'étage du bas, la lucidité semblait gagner les clients encore sobre malgré la matinée, comprenant la tentative de roublardise du guerrier. Leur visage devint mauvais tandis qu'ils s'échangeaient quelques mots, un regard noir sur l'indésirable. La situation devenait tendu et un rien semblait prêt à provoquer leur furie.

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Mr Ouaf

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 23 Juil 2017 00:31 
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La fureur montait en Fromritt. Pourquoi fallait-il que son unique présence fasse pleurer une telle dame ? Les mâchoires du combattant se pressèrent, ses veines au niveau des tempes gonflèrent à en apparaître et ses phalanges se serrèrent à en craquer.
Soudain, il fut poussé, bousculé, dégagé sur le côté par la colère d’un homme aimant son épouse. La vaisselle qu'il tenait tomba dans un tintement désagréable et se fendit à certains endroits. Se ressaisissant, le guerrier se remit sur des appuis convenables, mettant sa main sur la garde tressée de son espadon. Simple réflexe instinctif. Avant de lâcher prise, conscient de la justification de cette action.

« Je n’allais pas la tou… » Tenta-t-il d’expliquer.

Rien à faire, on ne lui laissait pas le temps de s’exprimer. Le temps pressait, une foule s’était agglutinée en bas, visiblement prête à en découdre avec l’espadonneur. Il avait beau être téméraire, le suicide ne l’intéressait absolument pas. Tant de gens à tuer ou assommer, la milice à combattre derrière, non, cette bataille était perdue d’avance. Le sachant plus que quiconque, plus énervé que jamais, il s’élança dans le groupement et se fraya un chemin jusqu’à la sortie. Là, il enfonça la porte, disant adieu au parquet vieillot de l’endroit, aux murs de pierres craquelées ainsi qu’aux tables et chaises de facture modeste mais confortables.

(LES RUES DE LA CITE)

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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Jeu 4 Jan 2018 16:07 
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Dans l'échec comme dans le triomphe, la sorcière doit savoir rester impassible et ne jamais laisser deviner ses pensées. Humilier un adversaire peut s'avérer bien plus dangereux que de lui tendre la main, l'attitude intermédiaire est bien souvent le salut. Tout en veillant à ce que personne n'ait remarqué la soudaine perte de contenance du vieux au chapeau, elle prend le temps de savourer intérieurement la déconfiture de son interlocuteur : le voilà qui sort un mouchoir, croit en posséder plus et... Panique ? Peut-être est-il aussi bon à feindre une telle confusion que la contenance qu'il affichait jusque là. Ce serait alors un piège, subtil peut-être, une nouvelle rouerie pour s'en sortir, inoffensive sinon pour l'orgueil d'une kendrane dupée.

Tirant une chaise, Esmé s'installe à la table du mangeur de soupe, préférant se mettre à sa hauteur et affecter une discussion plus courtoise qu'un réquisitoire. Il lui a ouvert une porte en demandant de l'aide : avec prudence, elle compte bien profiter de l'occasion, histoire au moins de vérifier si ce n'est pas dans un guêpier qu'on l'attire et, le cas échéant, de faire passer pour de bon l'envie à un fâcheux de se moquer d'une sorcière.

« Je n'accorde mon aide qu'à certaines conditions. Soyez clair, honnête, donnez moi de bonnes raisons de croire à ce que vous me raconterez et de meilleures de vous aider. Ensuite, je verrai ce que je ferai pour vous. Mais sachez que vous commencez déjà avec un certain déficit de confiance. Je vous écoute. »

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Esmé, sorcière à plein temps


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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Sam 13 Jan 2018 18:08 
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« Etre amnésique ne vous rend pas innocent pour autant. »

Les explications de l'homme ne sont guère convaincantes. L'amnésie... il y a des amnésiques de toutes sortes, des joueurs, des alcooliques, des menteurs, des volages, des malhonnêtes, des honteux, toutes sortes de gens à qui la mémoire offre une grande lessive de la conscience en s'en allant. Bonne poire, l'amnésie, serviable, pas du genre à laisser un type dans le caniveau sans un poil de réconfort, quelque soit son âge, son origine ou son degré de culpabilité. Une sacrée garce, aussi, l'amnésie, quand à ceux qui s'en seraient bien passés elle dérobe tout un pan de vie, des amis, une famille, le passé et avec lui l'avenir, des détails déterminants pour faire justice, la possibilité de poursuivre sa vie sans un doute permanent, la morsure constante et parfois douloureuse des questions à jamais sans réponses.

A quelle catégorie le vieux appartient-il ? Pas facile de le déterminer au premier coup d'oeil. La bosse par exemple : le monde est plein de gens qui se sont cognés le crâne sans pour autant perdre le déroulé le la veille. Plus jeune, Esmé a bien lu des érudits alléguant des cas où une forte terreur avait suffit à dissiper le souvenir du traumatisme. Alors sur quoi se fonder ? Il sera toujours temps de vérifier les dires du mangeur de soupe auprès de l'aubergiste plus tard. Pour l'instant, mieux vaut battre le fer tant qu'il est chaud. Puisque le bonhomme se décide enfin à parler, il n'est surtout pas question pour la sorcière de le laisser replonger dans son mutisme tranquille sans avoir d'abord veillé à lui extirper le plus d'information possible.

« Bon... vous êtes amnésique, admettons. Et ça ne vous chiffonne pas plus que ça ? Vous restez-là à manger votre soupe et taper le carton ? Vous attendez quelques jours ? Pas envie d'aller voir la milice, de tirer les choses au clair sur votre agression peut-être ? Admettez que c'est curieux. Et puis il n'y a pas que la mémoire qui peut vous dire des choses sur qui vous êtes. Regardez, vous avez vos mouchoirs. Et moi, par exemple, j'ai un chapeau bien particulier. Un chapeau ça en dit long. Certains cousent des petits mots dans leurs chapeaux, cachent des éléments dans le revers. Sans compter tout ce qu'on laisse traîner dans ses poches, des bricoles. Vraiment rien ne pourrait vous mettre sur la voie ? »

Ce disant, Esmé avait jeté un rapide coup d'oeil à son interlocuteur, cherchant des indices de trouble, d'une réaction quelconque sous son crâne. Puis elle accorda un coup d'oeil à l'animal bruyant dans un coin de l'auberge. Le chien jappait après un chat trop haut perché tandis que le félin, digne représentant de sa race, l'ignorait avec une superbe tranquille. Personne dans l'auberge ne semblait réagir à ce petit manège, et la sorcière moins que les autres sans doute souhaitait le faire cesser. Par le passé, elle avait hébergé un pèlerin du temple de Rana, parti pour implorer la déesse de lui rendre le souffle. Son périple relevait d'un grand courage ou d'une fois démente, car il allait à pied tandis qu'un mal lui rongeait les poumons et rendait sa respiration pénible et laborieuse. Il lui avait confié n'aimer pas les animaux familiers ; pire, il trouvait que l'aboiement était le cri le plus stupide du monde animal. La sorcière, elle, aimait beaucoup les chats et ses chèvres ; quant aux chiens, à l'instar de celui-ci, elle les tolérait.

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Esmé, sorcière à plein temps


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 Sujet du message: Re: L'auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 14 Jan 2018 05:31 
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Dirigé pour Esmé-23-


Mais les jappements du chien réveillèrent la petite qui se leva et le prit dans ses bras, au grand dam de sa mère, avant de retourner s’asseoir en sa compagnie. Le chat poursuivit sa sieste. L'aubergiste passa un coup de balai sous le comptoir. L'araignée esquiva le balai à temps, mais son piège venait d'être détruit et sa collation envolée.

Le mangeux de soupe avait écouté avec attention les paroles de la sorcière et c'est les sourcils froncés qu'il questionna à son tour :

"Allez à la milice ? Pour leur dire quoi ? Que j'ai une bosse sur le crâne et que peut-être j'ai glissé et tomber sur un caillou ou bien j'ai été agressé ? Et si c'est le cas ? Je ne sais même pas si on m'a volé quoi que ce soit ? Est-ce que j'avais un cheval ? Un âne ? ... On m'aurait pris pour un fou et on aurait douté de moi, comme vous le faites à présent... J'avais plutôt décider de prendre du repos et de ne pas forcer les choses, me disant que ma mémoire reviendrait plus vite si je ne la forçait pas. Ca valait la peine d'essayer... Je ne savais pas qu'on pouvait chercher à me tuer."

Puis il enleva sa veste et son chapeau et les donna à Esmé:

"Regardez si vous le voulez... moi j'ai rien trouvé ! "

Puis il prit son sac et en vida le contenu sur la table. Il n'y avait à vrai dire pas de grands trésors : une petite bourse contenant 75 yus, un poignard, une chemise et un pantalon de rechange, du matériel rudimentaire pour faire un feu, deux parchemins roulés noués par des lacets de cuir, un trousseau de trois clés (2 grosses et une petite), une gourde d'eau vide, une harmonica, quelques lacets de cuir.

L'homme regarda la réaction d'Esmé tout en prenant une gorgée d'eau dans son verre.

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À votre service, pour le plaisir de rp !


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