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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Mar 29 Juin 2010 22:46 
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Même une fois libérée de ta menace, Sibelle ne te quitte pas des yeux, comme un prédateur qui ne guette que le bon moment pour sauter sur sa proie.
Les deux jeunes femmes restent debout, n’ayant apparemment aucunement l’intention de se joindre à vous.
Azalée s’adresse d’abord à toi, sans animosité, d’un ton poli mais distant et ferme.

« Cette histoire de clé ne vous concerne en rien, et puis je n’ai pas l’habitude de boire avec des gens dont je ne connais même pas le nom. »


Elle n’a pas le temps de terminer que le gobelin s’empresse de lui répondre avec un sourire niais :

« Je suis Fenouil !»

Elle lui réplique toujours aussi calmement :

« Écoute Fenouil, c'est pas la première fois que tu me voles. Jusqu’à présent, c’était des pacotilles, je t’ai laissé faire, mais cette fois tu es allé trop loin ! » dit-elle en le pointant sévèrement du doigt.

À ces mots, tu peux voir le petit gobelin serrer son sac des deux mains, sans doute de peur de perdre tout ces petits trésors.

Sibelle te quitte un instant des yeux pour s’adresser à sa campagne.

« Je ne veux pas attendre, on l’éventre, ce sera vite fait, et on pourra quitter la ville. »
« Non, il restera en vie ! » rétorque aussitôt l’humaine.
À ces mots, tu peux entendre le soupir de soulagement de Fenouil.

« Mais on ne peut attendre, on l’emmène avec nous !»

Fenouil semble tout content du revirement de la situation jusqu’à ce qu’il voit l’elfe s’approcher de lui et lui dire d’une voix sadique :

« Viens, quenouille, et si tu nous gênes pas dans nos mouvements, tu risques d’avoir un accident !»Fenouil se tourne vers toi et te demande d’un air suppliant :

« Viens avec nous, ne laisse pas cette méchante elfe me faire du mal ! »

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Ven 2 Juil 2010 15:11 
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Sibelle ne quittait pas Sirat des yeux, guettant le moindre de ses gestes. Sirat le savait, leurs regards c'était déjà croisé, mais il avait décidé de ne pas y prêter attention. L'auberge avait reprit une activité normal et ignorait de nouveau le groupe du fond. Malgré tous les deux femmes refusaient toujours de s'asseoir.

"Cette histoire de clé ne vous concerne en rien, et puis je n’ai pas l’habitude de boire avec des gens dont je ne connais même pas le nom."

Azalée restait toujours courtoise. Méfiante, la femme ne se laissait pas amadouer par le batardé. Le gobellin n'attendit pas que Sirat rétorque quoi que ce soit.

"Je suis Fenouil ! "

"Et moi Sirat..."

Elle ne fit pas attention à Sirat. Elle se baissa vers Fenouil, comme pour parler à un enfant, que l'on va réprimander, d'une voix douce, mais ferme.

"Écoute Fenouil, c'est pas la première fois que tu me voles. Jusqu’à présent, c’était des pacotilles, je t’ai laissé faire, mais cette fois tu es allé trop loin !"

Sirat releva la tête, la situation devenait intéressante. Il n'était, contrairement à fenouil, pas attiré par l'appât du gain mais profondément aimanter par l'aventure et l'inconnue. Fenouil quant à lui, resserra son sac, comme un gamin prit en flagrant délit.

"Je ne veux pas attendre, on l’éventre, ce sera vite fait, et on pourra quitter la ville. "
"Non, il restera en vie !"

Tel des rapaces ce disputant une proie les deux femmes se défièrent un instant. Azalée depuis le début avait l'autorité sur sa complice et cela ne changea pas cette fois si. Fenouil laissa échappé un soupir de soulagement.

"Mais on ne peut attendre, on l’emmène avec nous !"

Il accueillait cette annonce avec joie, la situation était en train de changer et le gobelin se satisfaisait totalement de la proposition de la guerrière humaine. Sibelle lui rappela vite qu'il devait aussi compter sur elle.

"Viens, quenouille, et si tu nous gênes dans nos mouvements, tu risques d’avoir un accident !"

Sa voix était cruel, on sentait qu'elle espérait vraiment un faux pas du gobellin afin de satisfaire ses pulsions. Sirat n'aimait pas cette situation ni le comportement de l'elfe. Élevé dans la culture de son oncle, la culture Worans, Sirat ne tuait pas, sauf obligation et encore moins un être aussi insignifiant et sans danger, comme Fenouil.

Une sensation de peur enlaça le gobelin, qui se retourna vers le semi-worans apeuré et suppliant.



"Viens avec nous, ne laisse pas cette méchante elfe me faire du mal !"


Sirat se leva, tira vers lui le gobelin, qu'il plaça derrière lui. Faisant face encore une fois à Sibelle. il esquissa un sourire.

"Je ne laisserais mon ami de longue date partir seul avec vous. J'ai juré à sa mère de veiller sur son abruti de fils. Je viens avec vous, je ne pourrais me le pardonner si il lui arrivait malheur."

L'hydromel aidant, Sirat se découvrait des talents d'acteur.

(plutôt pas mal pour un barbare)

Guet-apens

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Dernière édition par Sirat le Lun 5 Juil 2010 21:56, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Ven 2 Juil 2010 23:08 
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Alors qu’Azalée t’écoute attentivement en fronçant les sourcils, il est clair qu’elle doute de tes paroles et de cette soit-disante promesse de protection. Cependant, au lieu de te faire part de ses soupçons, elle se contente de te répondre :

« Et bien qu’il en soit ainsi ! »

Aussitôt qu’Azalée ait prononcé ces mots, Sibelle renfrognée, sort de l’auberge en colère et en claquant la porte. Sans se préoccuper de la réaction de Sibelle, Azalée enchaîne:

« Et bien suivez-moi, on y va. »

Ce disant elle tourne les talons et se dirige vers la sortie.
Une fois rendue dans la rue, tu entends Sibelle crier dans ton dos.

« Ce sera toi ou moi, affreux félin ! »

Tu as à juste le temps de te retourner pour voir Sibelle te foncer dessus son sabre bien haut dans les airs.

((( je t’envoie un mp pour t’expliquer comment je vois le déroulement du combat ettu posteras ta réponse dans les rues !)))

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Ven 16 Mar 2012 00:25 
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La nuit était finalement tombée et alors que le ciel avait noircis, les ruelles de la ville restaient néanmoins éclairées et laissaient alors apparaître un tout autre visage. Autant, en pleine journée, elles étaient reposantes et accueillantes, autant en pleine nuit, elles semblaient dévoiler une beauté toute autre, plus provocatrice et plus aguicheuse.

C'était un peu comme le jour et la nuit en fait. Ces deux phases de la journée sont resplendissantes mais pas de la même façons. L'une est plus claire et l'autre est plus mystérieuse.

Cependant, le silence omniprésent, qui quelque part était complémentaire à cette merveille urbaine, fut bientôt troublé par un bruit suivis de quelques sarcasmes accompagnés d'un rire plutôt bruyant et nerveux.


- Je suis tombée ... Faut faire attention avec ça ...

Oui, Pénélope était bien tombée. Et bien qu'elle s'était relevée, elle était toujours aussi ivre. Qu'est-ce qu'il lui avait bien prit de boire autant ? L'auberge de la forêt se dressait devant-elle et alors qu'elle affichait un sourire pour le moins maladroit mais pourtant sadique, elle emboîta le pas et, tout en titubant, pénétra le lieu.

Il y avait du monde dans la salle, mais elle n'était pas non plus très fréquentée. Cependant, son entrée fracassante, au sens propre, fit attirer toute l’attention sur elle.


- Maudite table ...

Elle venait de s’effondrer sur une table et de la renverser au passage. Elle se releva bien difficilement mais parvint quand même à se remettre debout. Elle s'approcha alors du comptoir et s'assit tant bien que mal sur ce qui s'apparentait à un tabouret.

- À boire !

Dit-elle d'une voix assez élevée. L'aubergiste la regarda avec étonnement, et, levant un sourcil. Il se demandait si elle avait encore toute sa tête pour vouloir boire malgré son état.

- T'as pas entendu ... J'ai soif !

Répliqua-t-elle d'une voix très pâteuse. L'aubergiste lui apporta alors de l'eau dans un verre qu'il posa devant elle. Elle le prit, l'examina et le balança contre un mur.

- Je suis pas une tapette ! Je veux de l'alcool !
- Je ne sais pas si dans votre état ça serait vraiment une bonne idée ...
- T'es pas mon père !
- C'est vous qui voyez ...


Il lui en apporta alors. Mais, alors qu'il remplissait un verre, elle lui demanda de laisser la bouteille et afficha suffisamment d'argent pour que ce dernier accède à sa requête. Puis, elle but, encore et encore, enchaînant tout les types de boissons alcoolisées les unes après les autres et ne regardant même plus à la dépense.

Elle se mit parfois à chanter, parfois à rire et parfois même à pleurer. Elle devint particulièrement lunatique et imprévisible. Aussi, lorsque la porte de l'auberge s'ouvrit de nouveau, elle s'arrêta net dans son élan.

Se retournant, elle put apercevoir deux êtres de petites tailles, une Fille et un Homme à en juger par leurs silhouettes respectives. Du fait de sa vue trouble, elle ne put pas correctement les distinguer. Cependant, elle prit l'initiative d'aller voir ça de plus près et aussi se leva-t-elle, bouteille en main, et s'approcha-t-elle d'eux non sans tomber ou se rattraper plusieurs fois.


- Ah ... Mais c'est le couillon avec truie !

Dit-elle en s'exclamant. Elle put cependant remarquer que Evangelina ne portait plus les mêmes habits et qu'en plus de cela, elle semblait ... Perturbée. Son visage était sombre, triste, plein de peurs et d’incompréhensions. On pouvait même encore voir quelques larmes lui couler sur ses joues.

- Oh ... T'es triste ? Oh ... Quel dommage ! Mais s'est bien fais pour ta gueule quand même.

Puis elle rigola.

- Et puis t'es moche. Ces habits ne te vont pas. Essais le sac de patates, ça ira mieux.

Elle rattrapa son équilibre.

- Tu te prends pour un être vivant alors que t'es rien de plus qu'une poupée, un jouet pour enfant de bas âge ! Tu te fais des illusions petite sotte ... Mais ... Puisque tu tiens à ressembler ce que tu n'es pas, et à me faire chier par la même occasion, je vais te donner ta chance !

Puis elle se mit à hurler.

- Pas vrai que je vais lui donner sa chance ?!

Elle observa ensuite la poupée puis lui attrapa fermement le menton avant de lui enfoncer la bouteille dans la bouche et d'en déverser son contenu dedans. Le problème, c'est que le flot était trop important et bientôt, ça débordant au point d'aller tremper ses habits. Puis, lorsqu'elle fut vide, elle la retira et la jeta au sol.

- C'est bon n'est-ce pas ?!

Répliqua-t-elle mollement.

- Ça s'appelle de l'alcool et c'est ça qui fait que je suis en train de faire n'importe quoi ... Mais ça n'a pas qu'une seule particularité, l'alcool, ça permet d'oublier ses ses peines et ses soucis ... Mais me remercie pas, parce que ça brûle vite aussi. Je vais te montrer !

Elle tourna sur elle-même et se dirigea alors vers une torches allumées qui servaient à éclairer la pièce. Seulement, quand elle voulut en prendre une, un Homme présent dans la pièce se leva et s'interposa entre elle et le feu.

- Vous devriez aller vous reposer.
- Pousse-toi de mon chemin ou je t'éclate la figure le moche !
- ... Non.
- Pousse toi je te dis !
- Et moi j'ai dis non, vous êtes bourrée et vous ne savez pas ce que vous faites !
- Je suis pas ... Je suis pas bourrée !


Sa phrase fut hachée, elle semblait subitement avoir le hoquet. Finalement, elle ouvrit grand la bouche ... Et vomi complètement sur l'Homme, tout ce qu'elle avait bu. Il essaya tant bien que mal de protéger son visage mais, il fut tout de même éclaboussé ... Sans parler de l'odeur ...

Puis, une fois son estomac vide, elle s’effondra tout simplement. Cependant, on pouvait clairement l'entendre dormir du fait des légers ronflements dont elle était l'auteur. L'Homme, qui portait une tenue de chasse, s'observa intégralement avant de regarder son entourage.

Il eu un rire général, pendant lequel il fut souvent pointé du doigt, puis, en colère, il quitta l'auberge, laissant alors l'Elfe étalée par terre, seule. L'aubergiste quand à lui, ne dit rien et observa les deux poupées.


- Si vous la montez dans une chambre et que vous quittez les lieux dès demain matin, c'est demi-tarif ... J'ai des gros clients qui arrivent dans pas longtemps et là ... Ça va pas le faire.

Dit-il avant d'aller chercher un seau et une serpillière.

Revenons maintenant à Fear. Il avait passé toute la journée à prier, tranquillement, mais son esprit n'en était pas pour autant apaisé. Il était en réalité toujours aussi tourmenté par le doute et mais aussi, par la culpabilité. L'heure approchait à grands pas et plus cette dernière était imminente, plus sa torture mentale ne cessait de prendre de l'ampleur.

Cela dit, alors que la nuit était tombée, il avait décidé de s'adosser contre le tronc d'un arbre afin de se reposer un peu mais aussi de se protéger au cas où il y aurait de la pluie. Dormir n'était pas dans ses intentions mais pourtant, le sommeil l'emporta bien vite car son épuisement était tout de même conséquent.

Cela dit, il n'aimait pas beaucoup ça car dormir était pour lui une tentation constante à laquelle il ne voulait céder que si nécessaire. Et si nécessaire pour lui signifiait quand sa santé était en jeu.

Il s'endormit donc, fatigué par sa peine, et interrompu ses prières par la même occasion. Cela dit, il n'eut pas à se reposer longtemps car, quelques heures plus tard, il se fit réveiller par une douleur à sa tête assez aigu et vive. Se réveillant lentement, il constata que plus il reprenait ses esprits et plus la douleur augmentait.

Il ne hurla pas mais se tint néanmoins la tête. Il observa ensuite son gants et vit qu'il n'y avait pas de sang. Cependant, il avait clairement pu sentir une bosse. Quelque chose lui était apparemment tombé dessus pendant son sommeil. Il observa alors ses alentours et remarqua que le sol était mouillée.

Il avait également plu et il continuait toujours d'ailleurs de pleuvoir. Seulement, sous son arbre, il n'avait était que très peu atteint. Mais la froideur omniprésente le faisait déjà grelotter et il ne sentait même plus ses extrémités.

Il posa alors ses deux mains au sol et se redressa contre l'arbre, mais, sa main droite se posa sur quelque chose de dur. Il la releva alors et pu découvrir une noix, posée au sol. Étonné, il la ramassa et l'examina. Il y avait une toute petite fissure sur sa coque et elle semblait encore fraîche.

Il leva alors la tête et s'aperçut en fait que l'arbre sous lequel il s'était abrité n'était autre qu'un Noyer. En même temps, cela ne pouvait pas mieux tomber. Il avait faim et le repas était servis. Il se releva et s'en alla chercher un morceau de bois assez long, remerciant intérieurement son dieu, et, le soulevant, remua les feuilles de l'arbre pour en faire tomber d'autres. Ceci fait, il les réunit et les ouvrit en fracassant leurs coquilles à l'aide d'une pierre.

Il en manga quelques unes mais pas beaucoup cependant, juste de quoi calmer sa faim sans forcément calmer son estomac. Il mangeait en silence et reprit ses prières par la même occasion. Une fois qu'il eut terminé, il se releva et s'approcha d'un arbre aux feuilles particulièrement grandes. Il en saisit une et la replia ses deux cotés avant de la pointer vers sa bouche. L'eau de pluie s'étant accumulée, en la pliant un peu, il pouvait la faire ruisseler jusqu'à lui et ainsi, calmer sa soif.

Finalement, il ne se rassit pas mais se mit à marcher. Marcher en ligne droite, sans vraiment savoir pourquoi et sans vraiment savoir où aller. Une chose était sure, il ne s'endormirait pas de cette façon et ne serait donc plus interrompu.



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Dernière édition par Fear Farrell le Sam 15 Juin 2013 19:27, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Lun 19 Mar 2012 15:29 
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Retour à l'auberge

L'auberge était inhabituelle. Elle était construites dans un arbre, mais semblait faire partie intégrante de l'arbre, qui pour sa part devait avoir vu passer plusieurs siècles sous ses racines. Tout n'était que bois, et rien de jurait avec le reste, tout était harmonieux. Autours de l'auberge, un petit parc faisait honneur à la nature, et le soleil couchant ne rendait l'endroit que plus attirant. Les fenêtres de l'auberge laissaient passer la lumière intérieure, invitant le voyageur de passage à venir passer une agréable nuit.

Evangelina ne vit rien de tout cela, l'esprit tiraillé de pensées contradictoires, les yeux dans le vide... Elle avait tous les symptômes d'une grosse fatigue, sauf qu'elle était une Aniathy. Cependant il était vrai que son esprit était épuisé. Sa vision et ses réflexion sans solution faisaient tourner son esprit en rond sans qu'il n'entrevoit de sortie raisonnable. Mais demain, elle irait sûrement mieux.

Elle suivait Larhe, ne cherchant pas vraiment à savoir où il l'emmenait. Tant qu'elle était avec lui, elle n'avait pas de soucis à se faire. Il était son repère, sa raison de vivre. Il était à la fois sa raison et son but, sa vie. Il était sa conscience, ses sentiments. Il était tout ce qu'elle avait. Elle ne voulait pas le perdre, ne devait pas le perdre.

Elle se serra contre lui alors qu'il ouvrait la porte de l'auberge. L'intérieur était très agréable et chaleureux, lumineux et confortable. En un mot, l'auberge était agréable. Evangelina regarda autours d'elle, se rappelant qu'ils avaient rendez-vous avec Pénélope dans cette auberge, à peu près à cette heure là.

Elle la chercha des yeux quelques instants, mais ce fut ses oreilles qui la trouvèrent avant.

"Ah ... Mais c'est le couillon avec sa truie !"

Elle commençait bien. Evangelina fronça les sourcils. Elle n'était vraiment pas en état de supporter les brimades de Pénélope très longtemps. Mais elle remarqua rapidement que l'elfe blanc se comportait bizarrement. Elle zigzaguait, parlait avec une voix hésitante, et n'arrivait pas à fixer son regard. De plus, elle avait une bouteille d'alcool à la main.

Elle était saoule. Il ne manquait plus que ça. Evangelina était dépitée. Déjà qu'elle n'arrivait pas à la supporter en temps normal...

"Oh ... T'es triste ? Oh ... Quel dommage ! Mais c'est bien fait pour ta gueule quand même."

Evangelina ferma les yeux. Que pouvait-elle répondre ? De toute façon Pénélope ne voudrait rien entendre. De plus, Evangelina n'avait même pas envie de la frapper, ni de la faire souffrir. Enfin si, elle en avait envie. Les deux phrases de Pénélope avaient suffit pour la mettre en colère. Mais l'attitude de l'elfe blanc dans l'auberge suffisait à elle seule pour la discréditer et la punir. Demain, elle souffrirait sûrement plus que ce que l'Aniathy envisageait de lui faire.

Elle ne répondit donc rien, prenant sur elle.

"Et puis t'es moche. Ces habits ne te vont pas. Essais le sac de patates, ça ira mieux."

Elle était complètement saoule, ce n'était sûrement pas la première bouteille qu'elle vidait. Evangelina n'avait jamais bu d'alcool. En fait, elle n'avait jamais bu. Un Aniathy n'en avait pas le besoin, elle n'avait donc jamais essayé.

"Tu te prends pour un être vivant alors que t'es rien de plus qu'une poupée, un jouet pour enfant de bas âge ! Tu te fais des illusions petite sotte ... Mais ... Puisque tu tiens à ressembler ce que tu n'es pas, et à me faire chier par la même occasion, je vais te donner ta chance !"

Evangelina regarda autours d'elle avec un regard désolé. Personne ne parlait dans la pièce, tout le monde écoutait l'elfe blanc se ridiculiser et se discréditer seule. Elle regretta simplement que l'alcool n'endorme pas Pénélope, au lieu de la rendre complètement inconsciente.

"Pas vrai que je vais lui donner sa chance ?!"
"""Mais pourquoi hurle-t-elle ?"""

Seulement, elle ne fit pas qu'hurler. Elle l'attrapa à la gorge et l'obligea à boire le contenu de la bouteille. Evangelina n'eut même pas le temps de réagir, elle n'était pas assez forte pour résister à Pénélope. Elle sentit sa magie s'animer en elle mais la retint. Elle ne pouvait pas lui faire de mal avec de l'alcool, les Aniathy n'avaient rien qui craignait l'alcool, et son esprit resterait sain.

Elle sentait le surplus d'alcool, quasiment toute la bouteille, les Aniathys ne disposant pas d'une trachée permettant le passage du liquide, couler sur son menton, dans son cou et sur sa poitrine. Elle voulut repousser Pénélope mais n'y parvint pas. Finalement ce fut cette dernière qui la lâcha, une fois que la bouteille fut vide. Evangelina secoua la tête et s'essuya la bouche, stupéfaite par la réaction de Pénélope.

Elle avait lâché la bouteille qui s'était brisée sur le sol, devant elle, en tombant. Le regard d'Evangelina passa de la stupéfaction à la colère, reflétant bien ce que ressentait l'Aniathy. Pénélope avait été trop loin, et Evangelina n'allait pas se laisser faire. Elle n'avait pas intérêt à revenir, sinon Evangelina n'aurai aucun scrupule à se servir des débris de la bouteilles, particulièrement coupants.

Seulement elle ne revint pas. Un homme venait de l'arrêter à quelques pas de la cheminée, et elle ne mit que quelques secondes à s'effondrer, après avoir bégayé et ressortit l'intégralité de ce qu'elle avait bu sur le pauvre homme.

La salle entière éclata de rire, excepté Evangelina, Larhe, le propriétaire et le pauvre homme qui s'en alla en claquant la porte. Le propriétaire ne semblait pas vraiment content, même si il n'était en colère que contre Pénélope. Il s'approcha des Aniathys, et s'adressa à Evangelina qui était elle aussi en colère contre Pénélope.

"Si vous la montez dans une chambre et que vous quittez les lieux dès demain matin, c'est demi-tarif ... J'ai des gros clients qui arrivent dans pas longtemps et là ... Ça va pas le faire."

Puis il se retourna pour aller chercher de quoi nettoyer les dégâts causé par l'elfe blanc. Evangelina regarda Larhe qui haussa les épaules. Elle aurait bien laissé Pénélope dans ses problèmes, mais elle n'avait aucune raison d'en poser au propriétaire qui ne leur avait rien fait. Elle s'approcha donc du corps inerte reposant à même le sol et, avec l'aide de Larhe et un peu de difficulté, l'emmena dans une chambre libre, indiquée par l'aubergiste. Il déposèrent Pénélope à même le sol, sur un tapis, au pied du lit. Puis Evangelina sortit de la pièce pour retourner voir l'aubergiste.

"Excusez-nous pour le dérangement. Nous serons partit demain, ne vous inquiétez pas. Et si jamais elle recommence, elle le paiera plus cher qu'aujourd'hui."

Son ton était sincère et aimable, mais ne laissait aucune place au doute quant à ses intentions.

"Euh... Entendu."
"Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit, et merci pour la chambre."

Puis elle tourna les talons et retourna dans sa chambre. Elle sentait des regards posés sur elle, mais cela lui plaisait plus qu'autre chose. Elle était heureuse que Pénélope se soit discréditée complètement dans sa ville natale.

Elle retrouva Larhe allongé sur le lit, attendant le retour de sa bien aimée. Cette dernière passa au lavabo pour se nettoyer de l'alcool puis alla se coucher avec son compagnon. Ils se serrèrent l'un contre l'autre, se caressant doucement.

Ses caresses réveillèrent en Evangelina les images de sa vision, qui avaient disparue lors de échauffourée avec Pénélope. Elle ferma les yeux, se laissant bercer par les souvenirs des sensations qu'elle avait ressentit avant son réveil. Elle voulait les revivre, elle devait les revivre...

Nuit douce

_________________
Les dieux ne sont qu'enfants, inconscients et inaptes. Ils souffriront comme j'ai souffert, perdront à jamais leur pouvoir et erreront, comme jamais personne n'avait encore erré. Ils pleureront, remplissant les mers, et saigneront, car tel est le sort que je leur réserve, car enfin ils vivront ce qu'ils ont fait vivre...

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Merci à Itsvara

« Les hommes ne sont pas nés du caprice ou de la volonté des dieux, au contraire, les
dieux doivent leur existence à la croyance des hommes. Que cette foi s'éteigne et les dieux meurent. »
Jean Ray



Dernière édition par Evangelina le Mer 6 Juin 2012 12:48, édité 5 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Lun 19 Mar 2012 21:15 
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La nuit se déroula dans le silence, et bien qu'il était quelque peu troublé par les ronflements de l'Elfe, il était tout de même assez présent et avait permis aux trois compagnons, si l'on pouvait dire, de récupérer leurs forces, du moins, en partie.

Les deux poupées étaient apparemment allongées dans le lit et elles avaient pris le soin de remonter l'Elfe Blanche dans la chambre. Cependant, elles avaient préférés la laisser dormir à même le tapis plutôt que de l'installer dans un endroit un peu plus ... Respectable. Les deux êtres de bois devaient surement la mépriser à un certain niveau pour en arriver là, enfin, surtout Evangelina.

Ce qui, en soit, était assez compréhensible vu ses récents agissements. Mais, avaient-ils un instant pensés que ses actes, très différents de sa personnalité, pouvaient avoir une origine toute autre que la haine ? Avaient-ils pensés un instant que la haine qu'elle leur portait pouvait, en elle-même, être due à quelque chose d'autre que de sa propre volonté ? Étaient-ils déjà surs qu'elle se portait aussi bien qu'elle voulait le laisser penser ? Après tout, le plan physique n'est qu'une apparence ...

Le soleil commençait à se lever et déjà, il éclairait la pièce de ses généreux rayons. Pénélope se réveilla alors, quelque peu en sursaut, et eut pour première réaction de s'attraper la tête.


- Ahhh ! J'ai fais un cauchemar horrible avec des gens épouvantables ...

Elle s'arrêta alors et observa son environnement.

- Oh non ... C'était pas un rêve !

Elle avait ouvert grand les yeux et semblait même très ... Alarmée. Elle avait du mal à se souvenir de tout ce qu'il s'était passé mais se souvenait cependant bien d'avoir bu beaucoup. Chose qui la surprenait d'ailleurs puisqu'elle n'avait jamais avalé une seule goutte d'alcool.

Elle se rassit alors et renifla une odeur fort peu agréable. Elle se rendit compte d'ailleurs, et avec stupéfaction, qu'elle en était l'origine. Un fort mélange d'alcool et de fermentation, voila une fragrance qui n'était pas digne d'une Elfe comme elle. Par ailleurs, elle avait un très fort mal de crâne et entendait les sons comme s'ils étaient amplifiés.

Elle remarqua aussi qu'elle était sur un tapis, au pied du lit. Se relevant alors, elle put voir les deux poupées, allongées sur le lit, en train de ... Dormir paisiblement ? À vrais dires elle ne savait pas trop mais, leur état y ressemblait beaucoup. Elle sentit alors une poussée de colère monter en elle puis, bizarrement, elle se calma aussitôt.


- Stop stop stop ! Ça suffit les bêtises maintenant ! Faut que je me contrôle !

Se dit-elle alors. Elle s'observa ensuite et vit que ses habits étaient tachés d'une substance à l'apparence peu commode. Le seul problème étant qu'elle n'avait pas de tenue de rechange.

Elle se dirigea alors vers la porte de la chambre et, en l'ouvrant, elle passa sa tête et observa le couloir. Elle vit un Homme y passer et à en juger par ses vêtements, il devait appartenir au personnel de l'auberge. Cela ne l'étonna pas tellement, une auberge de cette taille et de cette réputation avait besoin d'un minimum de personnel.

Aussi l'interpella-t-elle et lui demanda de lui rapporter beaucoup d'eau chaude afin de remplir la cuve qui se trouvait dans la " salle de bain ". Elle lui expliqua rapidement qu'elle avait besoin de se laver, chose que l'Homme approuva bien vite tant en observant son apparence qu'en sentant son odeur.


- Je vous apporte ça tout de suite Mademoiselle.

Dit-il avant de faire demi-tour et d'aller, donc, faire chauffer de l'eau. Refermant la porte, elle se dirigea vers la salle d'eau et y aperçu une cruche déjà remplie. Il n'y avait pas assez d'eau pour se laver totalement mais c'était suffisant pour qu'elle puisse laver ses affaires.

Aussi, se déshabilla-t-elle et entreprit-elle de nettoyer ses habits. Le temps que l'on lui apporte l'eau chaude, elle aurait pu les déposer sur le rebord de la fenêtre et les laisser tranquillement sécher au soleil pendant qu'elle prendrait son bain. Cette tâche accomplie, elle constata qu'il lui restait encore un peu d'eau et en profita pour se rincer la bouche, prenant alors le temps de bien nettoyer sa dentition et de mâcher une herbe, assez odorante, qu'elle avait apporté avec elle dans ses affaires pour supprimer les mauvaises odeurs.

Il s'écoula donc plus de 45 minutes avant que, finalement, quelqu'un ne toque à la porte. Saisissant un drap pour se couvrir, elle alla ouvrir et, comme convenue, l'eau chaude lui fut apportée. La cuve ainsi remplie, elle remercia les deux Hommes qui avaient pris la peine de porter les jarres et, une fois repartis, s'immergea-t-elle lentement dans son bain.


- Hummmmm ...

Gémit-elle en sentant l'eau, à température idéale, réchauffer lentement son corps et détendre alors ses muscles fatigués. Il y avait un savon, au parfum vanillé, qui était fournis avec le matériel de toilette. S'en saisissant, elle frotta sa longue chevelure avec, au point de le faire mousser, et la nettoya correctement, à son tour. Elle recommença d'ailleurs l'opération plus de trois fois, leur redonnant ainsi leur éclat et leur souplesse naturelles.

Elle profita encore un peu de l'eau, prenant également le temps de passer le savon sur tout son corps, puis, une fois rincée, en ressortit finalement. Se séchant avec le même drap, elle prit aussi le temps de s'occuper des finitions, se limant alors les ongles, égalisant un peu sa chevelure et s'occupant des poils indésirables.

Finalement, elle revint chercher ses vêtements. Ils n'étaient pas tout à fait secs mais, ils étaient tout de même portables. Se rhabillant, elle coiffa ses longs cheveux blonds en une tresse assez étoffée qu'elle détourna sur son épaule droite. Elle se parfuma aussi, et finalement, ressortit de la salle d'eau.

Elle passa sa ceinture en cuir autour de sa taille et y accrocha son épée courte. Une fois prête, elle s'observa dans la longue glace, disposée près du lit, et corrigea les derniers détails, dont la fin de sa tresse qu'elle peigna avec une certaine force pour l'ordonner et les manches de se tenue qu'elle replia sur eux-même afin que ses derniers atteignent la moitié de ses avant-bras.


- Bon ... C'est pas trop mal.

Sembla-t-elle soupirer. Jetant un regard sur les poupées, elle constata qu'elles s'étaient alors levées. Mais, ne voulant pas prendre trop de risques, elle n'entreprit de parler qu'à Larhe en lui rappelant qu'ils avaient des choses à faire aujourd'hui. Mais elle lui demanda surtout de lui raconter ce qu'il s'était passé pendant cette nuit, non sans balancer de temps à autres un coup d'oeil à la poupée Femelle, on n'était jamais trop prudent. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que son récit ne l'enchanta guère.

- J'ai fais ça moi ??? J'arrive pas à y croire !

Elle semblait stupéfaite mais pourtant, c'était la stricte vérité. Peut-être avait-elle poussé les bornes trop loin mais quelque part, elle savait que ce n'était pas entièrement du à sa propre volonté. Elle allait bien plus mal que les deux êtres de bois pouvaient l'imaginer et que elle-même pouvait l'imaginer d'ailleurs. Et ce n'était qu'à ce moment qu'elle s'était rendu compte de sa réelle souffrance.

Elle semblait un moment dépitée mais, bizarrement, elle ne s'attarda pas d'avantage en ces lieux et aussi quitta-t-elle la chambre en demandant à la poupée de la rejoindre ne bas, lui et sa compagne.

Descendant en première donc, elle revint au comptoir où elle y rencontra l'aubergiste. Elle s'assit sur un des nombreux tabourets et interpella ce dernier. Mais avant qu'elle n'ait pu dire quoi que ce soit, il prit la parole.


- Vous allez mieux ?

Elle avait en réalité encore mal à la tête.

- Si on veut. J'ai pas fais trop de dégâts hier ?
- Disons que ça a bien faillis.
- Vous me voyez désolée Monsieur. Je sais que vous êtes un Homme tout aussi respectable que votre établissement et je ne voulais pas vous faire du tord mais ...
- Mais quoi ?
- Mais c'est compliqué. Sachez juste que je ne suis pas une ivrogne et que ce n'était pas non plus volontaire.
- Je veux bien vous croire moi, mais en attendant, je vais pas vous faire cadeau de la facture.
- ... La facture ?
- Oui. La chambre, l'eau à faire chauffer et le bazar que vous m'avez fais hier, ça coûte de l'argent tout ça, vous imaginez bien ?
- Euh ... J'en conviens. Mais vous voyez, mais finances sont un peu limitées en ce moment ...
- Ça vous fera 107 Yus.
- 107 ?!
- Oui. 7 pour l'eau, 20 pour la nuit et 80 pour les dégâts d'hier soir.


Pénélope n'était pas du tout d'accord, c'était un prix bien trop excessif ! Mais quelque part, elle ne pouvait pas non plus dire non et aussi déposa-t-elle la somme demandée sur le comptoir, moins 7 Yus.

- Il n'y en a que 100 là.
- C'est tout ce que j'ai.


Tout ce qu'elle avait moins bien sur les 25 Yus qu'elle avait prévu pour acheter le matériel.

- ... Bon. Vous êtes bien habillée, vous sentez bon et vous m'avez l'air assez désolée ... On va fermer les yeux sur ce manque.
- Je vous remercie.


L'aubergiste ne lui répondit pas et retourna alors à ses occupations, après avoir ramassé son argent. Elle attendit donc au comptoir, pendant un long moment, puis, finalement, les deux êtres de bois la rejoignirent.

- Vous avez bien dormis ? Moi pas en tout cas. Mais on reviendra là-dessus plus tard, là, on a des choses plus importantes à faire. Vous vous rappelez de ce que je vous ai dis j'espère ? Alors vous n'avez plus qu'à l'appliquer. Je file acheter la pelle, on se retrouve ici la nuit tombée. Et pas de bavures !

Dit-elle avant de se lever et de quitter l'auberge, prenant alors la direction des échoppes de la ville, tout en ayant quelque part, une pensée pour Fear qui avait passé la nuit dehors et sous la pluie ... À son grand instar.


_________________


Dernière édition par Fear Farrell le Sam 15 Juin 2013 19:28, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Mer 21 Mar 2012 14:45 
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La nuit fut courte. Du moins, elle le parut aux deux Aniathys qui la passèrent dans les bras l'un de l'autre, à réfléchir. Evangelina ne savait pas ce que pensait son compagnon. La tête posée sur sa poitrine, elle n'entendait rien, pas même le battement d'un cœur. Ce cœur qui lui manquait tant, ce battement qu'elle voulait entendre rythmer sa vie. La rythmerait-il un jour ? Elle n'en savait rien. Mais elle le désirait ardemment. C'était ce cœur qui était la clef de ces sensations uniques qu'elle avait ressenti. Il était à la fois la vie qui les animait et le réceptacle de ce sang, ce sang qu'elle se surprenait à avoir apprécié.

Toute la nuit elle y pensa. Pas un instant son esprit s'égara loin de ces pensées. Elle était tiraillée par ce qu'elle ressentait, comme s'il s'agissait d'une autre personne, d'une autre... elle. Elle ne se reconnaissait en rien dans celle qu'elle était dans ses visions, elle ne s'imaginait pas pouvoir ressentir tout ça, pouvoir aimer ça. Comment pourrait-elle aimer le sang ? Comment pourrait-elle tuer quelqu'un de sang froid par excès de plaisir, par désir, un désir à la fois pervers et sanglant ? Ce ne pouvait être elle, ce ne pouvait être que sa magie, cette magie noire qui l'habitait.

Mais pourquoi interférait-elle, et surtout comment ? Quel était son but ? Prendre le contrôle peu à peu ? La corrompre complètement ? Mais pourquoi ? Elle n'était qu'une Aniathy, elle ne pouvait ressentir ces plaisirs. Et le sang...

Toute la nuit elle y avait pensé, et avait résisté. Elle ne pouvait certes pas ressentir ces plaisirs, mais le sang était matériel, et surtout, facile à obtenir. Mais c'était contre nature, c'était un mal, c'était l'abandon des sentiments, l'abandon de l'éthique, l'abandon de ce qui faisait le peu d'humanité qu'elle possédait. Et malgré son profond désir de ressentir de nouveau ne serait-ce qu'une partie de ces sensations, elle refusait de sacrifier ce qu'elle avait.

De plus, elle avait Larhe, qu'elle se refusait à abandonner, mais aussi à blesser par quel moyen que ce soit. Elle l'aimait, vraiment, et il était la seule chose à laquelle elle tenait vraiment. Il était tout pour elle, la cible de ses sentiments, son repère dans ce monde. Sans lui, elle n'avait aucune raison d'être humaine, aucune...

Se fut un bruit discret mais perceptible qui sortit les deux Aniathys de leurs pensées. C'était Pénélope qui venait de se réveiller, apparemment en sursaut. Mais ils ne bougèrent pas. Enfin, Evangelina ne bougea pas, et retint Larhe pour qu'il en fasse de même. Elle voulait voir comment elle réagirait, si elle se souvenait de la veille, si elle s'en voulait, ou même si elle allait tenter de les brûler dans leur "sommeil". Ça devenait une habitude, d'ailleurs, qu'elle essai de la brûler.

Mais elle n'en fit rien. Evangelina était presque déçue. Elle était prête à réagir, prête à la défaire une nouvelle fois pour lui montrer qu'elle lui devait le respect.

L'elfe blanc mit quelques longues secondes à se lever, peut être reprenait-elle ses esprits, ou essayait-elle de se rappeler ce qui l'avait amené à dormir par terre. Mais elle ignora totalement les Aniathys. Elle se dirigea vers la porte et l'ouvrit, avant de passer la tête dans le couloir.

Apparemment elle souhaitait de l'eau, et obtint bien vite confirmation qu'elle en aurait. Il fallait seulement attendre qu'elle chauffe. Puis elle se rendit directement dans la salle de bain.

Evangelina ne bougea pas, excepté pour se blottir un peu plus contre son compagnon.

"Pourquoi ne veux-tu pas te lever ?"
"On a tout notre temps, il est 9 h 30 et on n'a rien à faire avant 11 heures."
"Le rendez-vous ? Je n'y pensait plus. Que crois-tu qu'on va y faire ?"
"Je ne pense pas qu'il s'y passere grand chose, ils vont juste discuter avec nous."
"On est si rare que ça ? Enfin, les Aniathys ?"
"Apparemment."

C'était vrai qu'elle n'avait jamais croisé d'autre Aniathy, excepté Larhe, depuis qu'elle existait en tant que tel. Elle se rendit soudain compte que ça expliquait pourquoi aucun cas comme elle n'avait été vu auparavant. Elle ferma les yeux et se concentra sur Larhe, sur le bonheur qu'elle ressentait en ce moment, et se laissa bercer.

Il s'écoula 45 minutes avant que l'eau chaude ne soit apportée à la chambre. Pénélope sortit de la salle de bain enroulée dans un drap, puis y retourna avec l'eau. Elle en ressortit une vingtaine de minutes plus tard, habillée, propre, et sentant bon.

Les deux Aniathys s'étaient finalement levés pendant qu'elle prenait son bain, et Evangelina était debout, près de la fenêtre de la chambre, alors que Larhe était encore assis sur le lit. Ils avaient un peu discuté de sujets assez vagues, mais le silence était retombé depuis quelques minutes.

Dès que Pénélope sortit, Evangelina se retourna et se rapprocha de Larhe. Elle n'avait plus aucune confiance en elle, et ne la laisserait en aucun cas toucher Larhe. Mais l'elfe blanc sembla l'ignorer. Ou plutôt, elle semblait se méfie d'elle au point de ne plus lui parler. Evangelina sourit, mais garda le silence.

Pénélope s'adressa à Larhe. Son ton n'était pas courtois mais par rapport aux insultes qu'elle proférait habituellement c'était très appréciable. Elle lui rappela qu'ils avaient des choses à faire dans l'après midi, puis lui demanda ce qu'il s'était passé la veille.

Elle ne s'en souvenait donc pas ? Evangelina écouta le récit de son compagnon, étudiant le visage de Pénélope en même temps. Il se décomposait à vue d'œil. Apparemment, elle ne se rappelait vraiment pas. Mais surtout elle semblait complètement déconcertée par ce qu'elle avait fait.

"J'ai fais ça moi ??? J'arrive pas à y croire !"

Evangelina hocha la tête, sans sourire pour ne pas pousser le vice trop loin, car elle semblait déjà vraiment s'en vouloir. D'ailleurs, l'elfe blanc se retourna presque aussitôt et sortit de la chambre.

"Où va-t-elle ?"
"Sûrement s'excuser le pense. On descend ?"
"Il est bientôt 11 heures, le temps qu'on y aille..."

Evangelina sourit, puis attrapa la main de son compagnon et posa les lèvres sur les siennes.

"Je t'aime."

Puis ils descendirent à leur tour. En chemin ils croisèrent un employé qui les arrêta.

"Bonjour. Vous vous en-allez ?"
"Oui."
"Entendu je vais remettre de l'ordre et la préparer pour de nouveaux clients. La nuit a-t-elle été confortable ?"
"Très. Votre auberge est très recommandable."
"Merci, et au plaisir de vous revoir."
"Bonne journée."

Ils retrouvèrent Pénélope en bas. Elle semblait avoir discuté avec l'aubergiste, qui lui avait nettoyé ce qu'il s'était passé la veille. L'elfe blanc les approcha et leurs rappela une nouvelle fois ce qu'elle leur avait demandé.

"Vous avez bien dormis ? Moi pas en tout cas. Mais on reviendra là-dessus plus tard, là, on a des choses plus importantes à faire. Vous vous rappelez de ce que je vous ai dis j'espère ? Alors vous n'avez plus qu'à l'appliquer. Je file acheter la pelle, on se retrouve ici la nuit tombée. Et pas de bavures !"

Puis elle sortit de l'auberge. Les deux Aniathys en firent autant, se rendant là où ils avaient rendez-vous.

Rendez-vous

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Les dieux ne sont qu'enfants, inconscients et inaptes. Ils souffriront comme j'ai souffert, perdront à jamais leur pouvoir et erreront, comme jamais personne n'avait encore erré. Ils pleureront, remplissant les mers, et saigneront, car tel est le sort que je leur réserve, car enfin ils vivront ce qu'ils ont fait vivre...

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dieux doivent leur existence à la croyance des hommes. Que cette foi s'éteigne et les dieux meurent. »
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Dernière édition par Evangelina le Mer 6 Juin 2012 12:54, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Dim 1 Avr 2012 15:02 
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Le reste de la journée s'était plutôt bien déroulé. Le soleil avait brillé, le vent avait légèrement soufflé, les visages étaient souriants et il n'y avait pas eu une seule ombre au tableaur. On pouvait même dire que Pénélope avait tout simplement pris du bon temps, pour une fois que ça lui arrivait d'être contente ...

Mais, c'était du passé désormais. Maintenant, elle était à l'auberge et elle attendait les deux Aniathys, une fois de plus. D'ailleurs, le patron était assez surpris de la voir revenir dans son établissement. Bien qu'il lui avait demandé de quitter les lieux, il n'avait pas pu lui refuser une nouvelle nuit dans son auberge.

Quoi que cette fois-ci, il ne lui servirait pas d'alcool. Et de toutes les façons, elle semblait plutôt calme et avenante. D'ailleurs, il prenait même un peu plaisir à écouter ses histoires, il faut reconnaître qu'on en voit que rarement des Elfes comme elle dans le coin.

Il faisait nuit noire donc et alors qu'elle patientait tranquillement au comptoir, les deux poupées finirent enfin par arriver, avec à leurs mains, les outils qu'elle leur avait demandé d'acheter. Pénélope était satisfaite, pour une fois qu'ils faisaient les choses correctement, du moins, à son gout. Elle se leva donc et alla à leur rencontre, sous l'oeil assez inquiet de l'aubergiste.

- Je vois que vous avez ce que je vous ai demandé. C'est bien. Maintenant, vous allez me suivre.

Leur dit-elle aussi simplement que sèchement et en emboîtant le pas. Les amenant donc dans la chambre qu'elle avait demandé peu avant leurs arrivés, ils purent découvrir, étalé sur le lit, une sorte de gros sac vide.

- J'ai demandé à l'aubergiste s'il pouvait m'en prêter un et il a accepté. Ca sera toujours plus facile de transporter le matériel dedans qu'à la main. Et puis, ça sera plus discret aussi.

Dit-elle avant de leur prendre les outils et de les glisser dans le sac, qu'elle referma juste après.

- On y est presque. J'ai juste une dernière chose à vous demander. Moi, je vais retrouver Fear et ensemble, on s'occupera de récupérer le médaillon. Vous, vous restez ici et vous attendez sagement mon retour. C'est pas la peine de me demander pourquoi vous ne pouvez pas venir, je n'ai envie de vous l'expliquer. Sur ce, passez une bonne nuit !

Dit-elle avant de prendre le sac sur son épaule et de quitter la pièce. Seulement, elle ne descendit pas dans la salle principale mais dans une salle plus reculée qui lui offrait une sortie annexe et donc, plus discrète. De là, elle put rapidement rejoindre la sortie de la ville, camouflée dans la nuit, où le garde, somnolant, ne lui posa pas trop de questions ... Si ce n'était pourquoi en quoi l'écorce d'un arbre est importante pour lui.



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Dernière édition par Fear Farrell le Sam 15 Juin 2013 19:30, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Mer 18 Avr 2012 13:16 
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Vol

Elle était déjà là, accoudée au comptoir. Evangelina redouta qu'elle soit encore saoule mais il n'en était rien. L'aubergiste avait sûrement refusé de la servir. Ou alors elle n'avait rien commandé, trop honteuse de la veille. En tout cas l'aubergiste semblait inquiet.

Evangelina étudia brièvement la pièce. Il n'y avait personne, mais plusieurs clefs manquaient au tableau, ce qui signifiait que les clients étaient déjà dans leurs chambres. De là à savoir s'ils dormaient... Dans tous les cas il fallait éviter d'attirer l'attention. Elle était déjà coupable de vol, autant éviter que cela empire.

L'elfe blanc vint vers eux après quelques secondes, le teint sévère et sérieux. Evangelina en était sûre, ce qu'elle voulait faire de ces outils était très important pour elle. Mais qu'était-ce donc ? L'Aniathy espérait qu'elle allait leur expliquer.

"Je vois que vous avez ce que je vous ai demandé. C'est bien. Maintenant, vous allez me suivre."

Son ton était sec et ne permettait aucune réponse. Evangelina fronça les sourcils. Elle recommençait. N'en avait-elle pas marre de se faire corriger à chaque fois et de recommencer ? L'Aniathy ne comprenait pas pourquoi Pénélope n'était pas plus gentille. Mais elle ne dit rien, ne voulant pas attiser sa colère.

L'elfe blanc se retourna et se dirigea vers l'escalier qui menait aux chambres. Les deux Aniathys la suivirent, ne rencontrant personne sur le chemin. C'était plutôt une bonne chose, ainsi ils n'attiraient pas l'attention sur leurs outils, assez atypiques pour des Aniathys. Pénélope ouvrit la porte d'une chambre, à droite de celle qu'ils avaient utilisé la veille, et la referma dès qu'ils furent tous entrés.

Fear n'était pas là. Où était-il ? Que faisait-il ? Elle n'en avait aucune idée. Mais elle espérait le revoir bientôt, l'elfe blanc l'énervait de plus en plus.
Sur le lit, identique à celui de la veille, reposait un grand sac dans lequel Pénélope avait apparemment déjà mis une pioche.

"J'ai demandé à l'aubergiste s'il pouvait m'en prêter un et il a accepté. Ca sera toujours plus facile de transporter le matériel dedans qu'à la main. Et puis, ça sera plus discret aussi."

Evangelina n'était pas persuadée qu'un aussi grand sac plein d'objets métalliques soit si discret que ça mais elle ne dit rien, posant simplement son levier de fer dans le sac. Larhe fit de même avec sa lampe, et Pénélope referma le sac.

"On y est presque. J'ai juste une dernière chose à vous demander. Moi, je vais retrouver Fear et ensemble, on s'occupera de récupérer le médaillon. Vous, vous restez ici et vous attendez sagement mon retour. C'est pas la peine de me demander pourquoi vous ne pouvez pas venir, je n'ai envie de vous l'expliquer. Sur ce, passez une bonne nuit !"

Evangelina écarquilla les yeux. Elle partait comme ça, sans explication, sans rien dire ? Sans même un remerciement ! Larhe semblait tout aussi ébahi qu'elle, mais ce fut elle qui réagit la première. Pénélope venait d'ouvrir la porte de la chambre, le grand sac sur l'épaule, et s'apprêtait à partir.

Il était hors de question qu'elle attende ici leur retour. Il était hors de question que Pénélope retourne voir Fear sans lui expliquer à quoi allaient servir ces outils. Et elle n'avait aucun droit de lui dire quoi faire, ni de la laisser en plan comme ça.

L'Aniathy se retourna et sortit de la chambre, regardant dans le couloir pour apercevoir l'ombre de Pénélope disparaitre dans un recoin. Apparemment, elle ne descendait par l'escalier principal. Où allait-elle ?

"Où vas-tu ?"
"Je la suis. Elle n'a pas à nous laisser en plan comme ça !"
"Mais..."
"Viens. De toute façon, elle ne mérite pas qu'on lui obéisse."
"Et si c'était dangereux ?"
"On sera là pour les aider."

Evangelina sourit, puis s'élança silencieusement dans le couloir, vers le coin qu'il formait à l'opposé de l'escalier. Larhe la suivit finalement, tout aussi silencieux mais moins motivé.

Devant l'Aniathy se dressait maintenant une porte en bois entrouverte. Elle l'ouvrit doucement et descendit le long de l'escalier qui semblait mener au rez de chaussée. Une nouvelle porte se trouvait devant elle, fermée.

Evangelina regarda autour d'elle. Il n'y avait aucune autre sortie, Pénélope ne pouvait être passée que par là. L'Aniathy ouvrit donc la porte, se retrouvant dans une petite ruelle délabrée qui lui rappela beaucoup celle de Luinwë, celle menant aux égouts.

Trahison

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de la foret
MessagePosté: Dim 10 Nov 2013 00:28 
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>>un voyage onirique - partie II

Un réveil difficile


Le ciel s'assombrissait et les premiers feux étaient allumés dans Cuilnen lorsque Océma y entra. Les enfants _faisant montre d'un intérêt formidable tous les sujets dont la principale caractéristique était d'être à l'opposé de ce que souhaiteraient les adultes_ accoururent à sa rencontre dès qu'ils la repérèrent. Cependant ils n'obtinrent pas l'histoire promise la fois dernière. La magicienne avançait sans faire attention à eux, le visage livide. Elle faisait peine à voir avec sa robe déchirée de partout et son poignet maintenu par une écharpe de fortune rouge de sang coagulé. Sa fracture avait fini par s'ouvrir dans l'après-midi et une fièvre brûlante était survenue, consumant ses forces. Elle avait suivi le conseil de l'elfe et avait pu, par chance, rejoindre la ville. Épuisée, elle s'immobilisa au milieu du chemin et resta ainsi, les yeux dans le vague.



Le quartier était calme, loin de l'agitation des rues commerçantes où humains et elfes faisaient leurs affaires. L'air doux et le ciel sans nuages, annonçaient une journée ensoleillée, ce qui ne changerait strictement rien pour les habitants des sous-bois, il aurait aussi bien pu pleuvoir. Dans les feuillages de l'arbre-auberge un concert de pépiement commençait. Océma, tout juste éveillée, avait l'impression de se mouvoir dans un corps de pierre. Elle s'obligea à bouger et une douleur insoutenable lui arracha un cri lorsqu'elle s'appuya sur son membre blessé.

Holà, holà demoiselle ! Calmez-vous, vous vous faites déjà assez remarquer sans avoir besoin de hurler.

Une main la repoussa sur le dos et son bras fut soulevé délicatement. Elle ouvrit les yeux ; la pièce lui était inconnue. Elle avisa l'elfe qui se tenait à son chevet et observait d'un air grave son poignet bandé de linges propres.

Au moins vous n'avez pas réouvert la plaie. Il faudra aller voir un guérisseur, mes plantes ne peuvent réduire une fracture. Avez-vous encore la fièvre ?

Océma secoua la tête. Elle était fatiguée mais elle n'avait plus froid. Elle se remémora ses réveils successifs : baignée de sueur, elle paniquait ne reconnaissant rien autour d'elle. On la calmait et elle retombait dans l'hébétude, bercée par la fièvre. Ces phases s'étaient alternées avec un sommeil peuplé de cauchemars, de forêts de chênes gigantesques, aux branches vivantes. Un frisson la parcourut ; y avait-il quelconque réalité dans ces images?

Je crois que je vais pouvoir me lever.

Je suis heureux de l'entendre, vous avez déliré pendant deux jours. Si vous vous inquiétez encore des quelques glands et du morceau de bois que vous portiez : ils sont sur la table près de vous. Je descends. Du linge propre et une bassine sont à votre disposition.

Attendez! Hum... Où suis-je ? Qui êtes-vous ?

À l'auberge de la forêt. Mon nom est Rod _ Inutile de me dire le vôtre: je le connais. Vous ne me devez rien ; si l'on n'avait pas intercédé en votre faveur vous ne seriez pas ici. Contentez-vous de vous habiller et de ne pas trop vous faire remarquer.

La notoriété d'Océma la précédait un peu partout à Cuilnen. Si elle s'était promenée avec un panneau autour du cou annonçant « personne peu fréquentable » il n'en aurait pas été autrement. Pourtant elle était probablement bien plus fréquentable que beaucoup d'habitant de Cuilnen, le problème étant simplement qu'elle était la seule à en avoir conscience.
La porte se referma et la pièce devint silencieuse. On ne pouvait rêver de chambre plus confortable pour une auberge ; creusée à même le bois elle dégageait une impression de chaleur. Les meubles simples, agencés avec goût, laissaient l'espace nécessaire pour se sentir à l'aise et une fenêtre habillée de voiles légèrement teintés diffusait une lumière tamisée par les feuillages. La jeune femme resta longtemps à observer les glands en tentant de démêler songes et réalité. Elle eut préféré tout oublier car elle ne comprenait pas le sens de ses propres actes, ni ce qui c'était réellement passé. Un mélange de satisfaction et d'angoisse la tourmentait.
Sa toilette fut rapide, elle prit bien garde à ne pas mobiliser son poignet, ce qui fut plus délicat quand il fallut passer la robe neuve posée sur le meuble près de l'entrée. La richesse de l'étoffe la renseigna sur sa provenance : seule sa famille pouvait lui avoir fourni. Et le nom de Torië s'imposait naturellement.

Après avoir récupéré les glands et le bois elle descendit l'escalier. La salle de l'auberge était vide, les tables, prêtent pour les heures d'affluence, s'alignaient impeccablement propres. Tout chez les elfes était impeccablement quelque chose, c'en était presque ennuyeux pour le regard. Nulle trace du propriétaire des lieux. Seule dans un coin, près d'une table emplit de victuailles, une elfe encapuchonnée regardait par la fenêtre. Le cœur d'Océma se serra, elle avait souhaité cette rencontre, mais pas sans avoir l'initiative ; encore une fois elle avait un coup de retard. Elle s'avança avec un air faussement détaché.

Hum, hum...

La journée est belle, pleine de vie. Océma a bien dormi ?

La douceur de la voix de Torië était désarmante et dissuadait quiconque de lui chercher querelle. Océma se demandait parfois si cela ne cachait pas une certaine magie, question idiote : la simple existence d'un elfe cache une certaine magie, assez mal d'ailleurs car tout le monde le sait. La jeune femme décida de ne pas s'y laisser prendre cette fois, elle était déterminée à obtenir des réponses et elle laissa tomber lourdement le morceau de bois sur la table. Sa belle-sœur ne cilla pas.

Bonjour Torië. J'espère effectivement que cette journée sera meilleure que la dernière...

Cette fois le visage de la demi-elfe se rembrunit et Océma sentit le regret l'envahir. Encore une fois elle repoussa ce sentiment.

Ma sœur ne doit pas me rendre plus responsable que je ne le suis. J'ignorais alors quels allaient être ses épreuves.


J'ai failli mourir quand même! Je...

La tristesse sincère qui emplissait le regard vert de Torië l'arrêta sans son élan. Elle avait le mauvais rôle et se sentait incapable d'accabler cette créature aux charmes innocents. Elle ouvrit plusieurs fois la bouche, cherchant un mot, une phrase qui pourrait exprimer son incompréhension et son angoisse. Elle finit par attraper un morceau de pain elfique sur la table et s'en bourra la bouche, autant pour combler sa faim que pour se donner une contenance. Aucune inspiration soudaine ne fit surface et, vaincue, elle posa la seule question qui pouvait l'être :

Pourquoi?

Nous avons tous ressenti une urgence, quelque chose se passe. J'ai longtemps hésité à impliquer ma sœur, mais elle avait l'air de le vouloir. Personne ne l'a obligé.

Océma réfléchit un moment. À l'évidence Torië avait raison : dans le chêne elle avait lâché la branche pour récupérer quelques glands, mettant sa vie en péril. Elle ne concevait pas la nécessité impérieuse qui l'avait poussé, mais elle l'avait fait. Elle avait soupçonné sa belle-sœur, puis l'elfe de la forêt et enfin l'arbre... Maintenant elle n'était plus sûre de rien. Elle sortit les fruits de sa poche.

Qu'est-ce qu'ils représentent ?

Une potentialité... L'espoir... La vie. Au delà des individus, la vie cherche à se maintenir: elle y mettra toute son énergie. Personne ne peut deviner le chemin qu'elle va prendre, sauf Yuimen qui éclaire sa route et sait tout. Nous, presque aveugles, pouvons seulement être attentif aux signes et tenter de les comprendre.
 
Le silence envahit la pièce. Océma mastiquait une racine et mit quelque temps à se rendre compte que sa demi-sœur s’était tu. Son regard était polie mais pesant et manifestement il indiquait qu'une réaction serait la bienvenue.

Et... heu... Hum, que disent les signes?
 
Je ne suis pas certaine. Le monde bouge, quelque chose se prépare. Un danger peut-être?

Mais Cuilnen est un des endroits les plus sûr du continent !

Une grande forteresse tombe souvent sans que ses murs n'aient souffert. Je ne sais pas quel sera le premier geste de nos adversaires mais il est probablement prêt... Peut-être est-il déjà en action ? L'important pour nous n'est pas de vaincre, mais de conserver l'équilibre entre la vie et la mort, Gaïa et Phaitos, et nous aurons besoin de toute l'aide disponible.

La conversation avait prit un tournant qui ne plaisait qu'à moitié _la mauvaise moitié d'ailleurs_ à Ocema, dans ces cas de figure son esprit se tournait vers des sujets plus léger et portant moins à conséquence : chansons, histoires, conversations sur le temps qu'il faisait là où l'on ne se trouvait pas... Les grandes vérités et mises en garde impliquant les dieux la laissait généralement de marbre. Elle était respectueuse de Yuimen et elle admirait vaguement le travail commun qu'il avait réalisé avec l'aide de Gaïa: une étendue de vie relativement intéressante et diversifiée qui courait sur le monde, puissante, souple et capable d'adaptation quand elle voulait s'en donner la peine. Elle avait entrevu ces derniers jours que cette masse multiforme pouvait être considérée comme un être unique dont elle, petite humaine, faisait partie. Torië prêtait une conscience à l'ensemble ; elle était soit folle, soit géniale et la magicienne n'avait pas encore tranché cette question, d'autant plus qu'il était à peu près impossible d'y réfléchir en face de l'enivrante présence elfique.
Elle saisit un fruit, sorte de grosse pomme juteuse poussant en forêt. Elle se servit également un verre de cette liqueur sucrée au goût d'amande fabriquée à Cuilnen, réputée tellement calorique que n'importe quelle créature était atteinte d'obésité si elle en consommait régulièrement, excepté les elfes qui semblait ignorer ce qu'était l'obésité et y échappaient donc.

Que dois-je faire alors ? Qu'attend-on de moi maintenant ?

Les humains voient souvent la forêt comme un tour. C'est vrai d'un certain point de vue: elle s'étend, se protège, modifie son environnement et n'agit jamais dans un autre intérêt que le sien. Elle est pourtant constituée d'arbres, qui puisent leur nourriture, s'étendent et produisent des graines pour eux-mêmes, pour leur propre survit. Ils n'ont pas vraiment conscience de l'ensemble qui les englobe. Ce sont deux niveaux différents : il y a des échanges, des liens, mais pas d'attentes. Cuilnen est semblable, chaque ville, chaque région, peuples et races... La vie entière est ainsi faite.
Ma sœur doit poursuivre son chemin et rester attentive, elle jouera son rôle, quoi qu'il advienne. Je pourrais l'aider parfois, lui donner ma lecture du monde si elle me le demande, mais dans les temps où il faudra agir elle sera toujours seule.


Océma hocha la tête d'un air rêveur ; elle avait décrochée depuis un moment déjà. Cette logique impliquait de toute façon des infinités de niveaux et une complexité hors de l'entendement humain. A quoi bon argumenter ? Au fond elle pouvait bien accepter cette façon de voir les choses, celle là ou une autre, ça ne l’empêcherait pas de vivre comme elle l'entendait.
Tandis que la jeune femme était plongée dans ses pensées relativement inintéressantes et pleines d’insouciances, Torië avait prit le morceau de bois posé sur la table et s'était mise à l'observer en fronçant les sourcils. Elle attendit que la magicienne reporte son attention vers elle.

D’où vient ce bois ?

Ça? La gardienne d'Ylmirendir me l'a donné. Elle m'a conseillé d'en faire un instrument de musique, une lyre.

Le visage de la demi-elfe s'assombrit un bref instant, elle baissa les yeux. Quand elle tourna à nouveau la tête vers Océma son air tranquille et impassible était revenu, un peu artificiel. Sa voix trahissait sa nervosité et avait un ton légèrement faux. Océma admira tout de même la maîtrise de sa belle-soeur, si elle ne l'avait pas connu elle n'aurait rien remarqué.

Il n'y a pas de meilleure façon d'utiliser ce bois, ce sera un instrument merveilleux. Une seule personne est capable de le travailler. Ma sœur peut me le confier.
Je dois partir, Yuimen te protège jusqu'à notre prochaine rencontre. Je ne peux que conseiller la discrétion à partir de maintenant.


La jeune femme n'eut pas le temps de répondre, elle se retrouva en face d'une chaise vide. Le pas précipité et de la raideur mal dissimulée de Torië l'interloquait mais l'affaire attendrait que son estomac contienne tout ce qui lui était possible de contenir. Elle était légèrement déçu : on l’assommait de discours métaphysique mais elle était tenue à l'écart des faits intéressants ; il fallait lui faire confiance ou l'oublier, mais elle ne supporterait pas longtemps les demi-vérités. Elle en saurait bientôt plus... Après avoir trouvé un guérisseur pour son bras. Elle quitta la table à son tour, quelque peu ballonnée, et sortit dans les rues de Yuimen les poches pleines de victuailles pour les temps à venir ; Zewen se montrait farceur ces temps-ci.

>>visite au temple - partie I

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