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 Sujet du message: L'entrée du Désert
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 22:30 
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L'entrée du Désert


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C'est par cette région parsemée de pics que commence le nord du désert ouest d'Imitfil.
On y accède par un petit chemin escarpé, de plus en plus aride et sablonneux en quittant la nauséabonde cité d'Exech. Le début de ce sentier prend ses racines au pied du mur démoli de l'arrière de la ville et est très peu fréquenté. Ce qui peut sembler normal, qui aurait donc la témérité et la folle idée de s'aventurer en cette terre hostile?

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 Sujet du message: Re: Aller de Exech au Temple de la Foudre
MessagePosté: Dim 4 Juil 2010 00:39 
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Ça y est, Ethylendil s'apprêtait à s'attaquer à la partie la plus longue de son périple. Aller de Exech au temple de la foudre dans le désert de l'ouest allait lui prendre un sacré moment. Sa gourde pleine et quelques vivres en poche, le jeune mage allait affronter un lieu peu propice à la vie. Le voyage allait être compliqué mais l'elfe était plus que motivé et ce n'était pas ces conditions de vie qui allaient l'empêcher d'atteindre son but.

Ethylendil tendit la main dans son sac et saisit le carnet que Marcus lui avait cédé. On pouvait lire sur les pages, au travers des lignes soigneusement écrites, quelques indications sur ce désert. Parmi beaucoup d'indications, le nain en avait souligné certaines : « Sécheresse » « Changements Climatique » « Peuples nomades ». Toutes ces choses inquiétaient l'elfe car il n'était pas habitué à ce genre d'environnement et il se rendait pour la première fois dans un désert.

Le jeune mage plongea son carnet dans ce sac. C'est alors que sa main tomba sur ce parchemin qu'il avait trouvé hier dans sa besace. Avec la durée de son trajet, le mage pouvait donc se permettre d'essayer d'apprendre ce sort. Il sortit donc ce papier de son sac et l'ouvrit. Il voyait alors une écriture elfique décrivant un sort particulier: l'Attirance magnétique. Si l'on observait le parchemin, cela paraissait être un jeu d'enfant.

Ethylendil leva les yeux et se mit à observer le paysage qui défilait devant ses yeux. L'aspect dénudé et répétitif du désert fascinait encore le mage et lui permettait d'oublier la lourdeur du climat. Cela faisait un certain temps qu'Ethylendil avait quitté Exech et il ne semblait plus y avoir grand monde autour de lui. Il fallait maintenant que l'elfe s'habitue à la solitude.

Le mage se pencha à nouveau sur le sort qu'il se devait d'apprendre. En lisant la description de ce sort, il servait à attirer de petits objets métalliques. Ce parchemin était illustré et l'on voyait une main, au bout de laquelle des faisceaux jaillissaient pour attirer une pièce. Cela paraissait être d'une simplicité étonnante. Ethylendil fouilla donc dans sa poche et sortit un yus. Il le jeta devant lui, tendit la main devant cette pièce et.. Rien ne se passa. Le mage prit du recul, se concentra faisant jaillir des éclairs de sa main. Cela atteint la pièce mais cette dernière fut seulement avancée de quelques centimètres.

(Bon, si je repousse la pièce, je n'y suis pas encore .. )

L'elfe essaya, ressaya mais cela amena toujours au même résultat, la pièce reculait. Cela était tout de même un comble, il voulait attirer cette pièce, et cette dernière ne cessait de reculer.

Ethylendil passa une partie de son chemin à entreprendre l'apprentissage de ce sort. Les plaines d'Exech étaient bien loin et le paysage n'était plus fait que de sable dont les grains poussés par le vent frappaient son visage.

Cela faisait un certain moment que le mage essayait d'apprendre ce sort, et le temps comme le paysage défilaient. La nuit commençait à tomber et il fallait qu'il trouve un lieu pour dormir. En ce paysage, il n'y avait guère d'autres lieux que des dunes. Des dunes des dunes et encore des dunes. Ethylendil allait donc passer la nuit à dormir sur du sable. Avant de partir, le mage avait fait un stock de bois qui allait lui permettre de faire un feu de bois. La nuit dans le désert n'allait pas être aussi chaude que la journée, l'elfe se vêtit donc autant qu'il le pouvait et vint s'assoir près du tas de bois qu'il avait confectionner.

Ethylendil amena sa main près du feu, lança une décharge électrique sur le tas de bois qui commença à prendre lentement feu. Désespéré, le mage prit à nouveau la pièce et la lança au loin. Il approcha sa main, contracta son bras, sentant la décharge se propager dans sa main et voyant le fluide se diriger vers la pièce quand sa main passa près du feu. Il eut alors un réflexe naturelle qui le fit reculer son bras. Il sentit alors le fluide effectuer un mouvement inverse au travers de son bras. La pièce se rapprocha alors de quelques centimètres. Effaré, étonné, le mage sentit comme un sentiment de réussite et de bonheur l'envahir. Ça y est, il avait trouvé le moyen, ou du moins une ébauche de solution à l'apprentissage de ce sort. Le mage voulait recommencer mais sa conscience lui rappela qu'il devait essayer de s'endormir avant que le froid ne l'en empêche.

Ethylendil se blottit donc vers ce feu, ferma les yeux et laissa le sommeil l'atteindre.

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 Sujet du message: Re: Aller de Exech au Temple de la Foudre
MessagePosté: Dim 4 Juil 2010 15:45 
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Le jour se levait, et déjà la chaleur commençait à se sentir. Ethylendil avait déjà marché une journée et cette courte nuit n'avait pas arrangée son état. En effet, le mage avait subit le froid durant toute la nuit ainsi que les approches de certaines bêtes indésirables. C'est donc avec une certaine gêne physique que l'elfe se leva et reprit sa route.

Ethylendil prit dans son sac un fruit qu'il avait récolté sur le chemin de Tulorim à Exech. Il posa ses dents sur la chair de ce fruit et croqua ce dernier à pleine dent. Il sentit la fraicheur du jus traverser sa bouche et apprécia ensuite de finir cette pomme.

Le mage se recouvra le visage de sa capuche et continua de marcher se protégeant un maximum du soleil qui le gênait énormément. La lourdeur du climat et les tempêtes de sable gênaient énormément le mage. Il avait l'impression de marcher depuis un très long moment et pourtant le paysage paraissait toujours être le même. Cela commençait fortement à intriguer le mage.

Après quelques heures de marche, il prit la décision de se remettre à l'apprentissage de son sort. Il utilisa le même procédé qu'hier en jetant la pièce devant lui. Il avait donc comprit hier qu'il fallait qu'il fasse effectuer un mouvement inverse à la foudre pour attirer cet objet. Le mage tendit donc son bras ,fit jaillir un éclair de son bras puis lui fit prendre une direction inverse. C'est alors que la pièce reculait cette fois d'un bon mettre en sa direction.

Épaté, le mage ne cessa de recommencer voyant la pièce s'approcher peu à peu de son bras. Après quelques heures de concentration la pièce s'approchait de plusieurs mètres. Ethylendil n'était cependant pas totalement satisfait de lui car la pièce était censée venir se loger dans sa main.

Lorsque le mage réalisait ce sort,il ressentait constamment une douleur, ou du moins une sensation étrange, qui l'empêchait de continuer son mouvement. Déterminé, le mage plaça un tissu entre ses dents et se mit à le mordre aussi fort que possible durant la réalisation de son sort. Ethylendil recommença donc le procédé et alors que la douleur commençait à atteindre son bras, le mage s'accrocha et intensifia son mouvement. Une sensation étrange vint se mêler à la douleur. Sa main se mit à trembler puis devient molle. Dans un mouvement de basculement arrière, ses doigts reculèrent et c'est alors que le mage sentit la chaleur de la pièce au creux de sa main. Ça y est, la mage avait performé ce sort et avait réussit à attirer cette pièce.

C'est donc avec un sentiment de satisfaction que le mage reprit sa route s'abreuvant au passage avec l'eau disponible. La réussite précédente jouait alors un rôle d'immunité contre les conditions climatiques et permit de faire oublier au mage l'aspect très rude du voyage. Mais peu à peu le mage reprit conscience de la difficulté qui l'attendait.

La chaleur, le sable, la lassitude commençait à atteindre le mage. Il commençait à parler tout seul et cela l'inquiétait. Ethylendil n'était vraiment pas fait pour cette expédition mais il voulait véritablement atteindre son but.

Après plusieurs heures à marcher, la fatigue et l'exténuation commençait à se sentir. On voyait également la lumière du jour s'assombrir et on pouvait sentir que la température diminuait. Il était donc l'heure pour le mage d'élire un lieu pour dormir.

Ethylendil ne voulait pas faire la même erreur que la veille et choisit donc de ne pas élire refuge sous une dune. Il choisit donc de rester sur une zone plane à l'écart de tout dénivelé pour éviter de subir le sable.

Une fois le feu de camp confectionné, le mage s'allongea à proximité du feu pour profiter de la chaleur et se laissa tomber dans les bras de Morphée.

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 Sujet du message: Re: Aller de Exech au Temple de la Foudre
MessagePosté: Lun 5 Juil 2010 22:35 
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En ce matin du troisième jour de périple, le réveil fut beaucoup plus joyeux que le précédent. En effet cette nuit, le froid n'a pas été d'une très grande importance et n'a aucunement gêné le mage dans sa quête du sommeil.

C'est donc avec bonne humeur et plein de motivation que l'elfe se releva pour attaquer ce troisième jour de marche. Il nettoya sa zone de campement, enfila ses dernières affaires et se remit à marcher.

Hydraté, nourrit, et en pleine forme. C'est ainsi qu'Ethylendil commençait la journée. Le sable, le vent et les changements climatiques commençaient à devenir une habitude pour le mage. En ce jour, le vent n'était pas très important et le mage possédait donc une très bonne visibilité.

Ethylendil profita de ce moment pour ressortir son carnet. Il tourna ce dernier à la page qui concernait l'homme qu'il devait voir. On pouvait clairement lire et deviner que l'ambiance serait électrique. Marcus avait décrit ce lieu comme un endroit en suspension contrôlé par la seule force d'Azgaroth où l'ambiance l'avait comme enchanté. Le maitre de la foudre semblait être quelqu'un d'exceptionnel, d'envoutant mais qui ne désirait pas être dérangé très longtemps.

Au fur et à mesure de sa lecture, Ethylendil fut frappé par un détail. Il fallait apparemment réussir à dérober le dard d'une raie de valyus pour pouvoir accéder au savoir du maitre. Le nain en avait esquissé la forme sur ses cahiers. Il avait également souligné sa puissance électrique qui faisait apparemment d'elle, une bête coriace.

La lecture dont le mage disposait, lui faisait oublier la dureté du périple. En effet, depuis l'ouverture du carnet, plusieurs heures s'étaient déjà écoulées.

Malgré les conditions plus qu'agréable, Ethylendil ressentait une étrange sensation due à la solitude. L'agacement était le maitre mot pour décrire son état permanent depuis maintenant vingt-quatre heures. Il regardait le ciel comme si il réclamait que ce dernier lui apporte une présence pour le soutenir dans son voyage. Mais en réponse à cela, ce dernier ne faisait qu'accentuer la chaleur et plonger le mage dans l'accablement.

En balayant l'horizon du regard, c'est une sublime lumière rouge que le mage pouvait apercevoir. Ça y est, le jour commençait à tomber et cela signifiait donc pour l'elfe qu'il se devait d'élire refuge et de manger. Comme à son habitude, puisqu'ici tout se ressemblait, Ethylendil se posa sur une plaine ensablée. Il réunit les quelques branches qu'il lui restait, déposa gourde et affaires près du feu puis vint se rassasier près des flammes qu'il avait animé avec sa main.

Après un certain temps. Le sommeil prit partie de l'elfe et ce dernier vint s'endormir près du feu. Les nuits dans le désert étaient longues et difficiles et chaque nuits étaient différentes.

Ethylendil, allongé sur le flanc de son corps, essayait de chercher le sommeil quand tout à coup il sentit plusieurs flèches s'abattre à quelques centimètres de son visage. Ceci fit brusquement se redresser le mage qui aperçut deux silhouettes en ouvrant les yeux. C'est alors que devant lui se dessinait deux individus, chacun d'entre eux dressés sur un cheval. Les deux hommes braquaient sur l'elfe leurs arcs.

«  Oh eh messieurs, que se passe-t-il ?! Reposez ces arcs »

C'est avec crainte et angoisse que le mage lança cette question.

Ethylendil se souvint alors des notes de Marcus à propos des peuples nomades. Ils devaient surement être là pour protester de sa présence.
Les nomades lancèrent au mage des paroles que ce dernier ne comprit aucunement. Il ouvra alors son carnet dans lequel il avait cru voir des indications concernant leur langue. C'est affolé que l'elfe tournait les pages.

C'est alors qu'il vit dans ce livre une phrase d'un dialecte inconnu. Pensant que cela était son unique chance et voyant que Marcus l'avait rangé dans la partie « urgence », le mage prononça ses paroles.
Il vit alors les deux hommes se regarder, s'interrogeant sur les propos d'Ethylendil.

Les deux hommes avaient les visages recouverts d'un tissu blanc masquant l'intégralité de leur peau. On pouvait seulement visualiser la noirceur de leur yeux. Ils étaient vêtus de longues tuniques noires et paraissaient armés jusqu'au cou.

Pensant qu'il était libre et que le danger n'était plus, l'elfe rangea son carnet. Mais c'est alors que les deux hommes se tournèrent vers le mage et sortirent leur épées. Ethylendil comprit immédiatement qu'il devait fuir.

Il prit donc toutes ses affaires rapidement et s'éloigna des deux hommes. C'est en se levant qu'il se rendit compte qu'il était à coté d'un village nomade. Il comprit donc la situation et s'éloigna de ce village.

Ethylendil se retournait par moment. Un des deux hommes le braquait du regard pendant que l'autre balayait du pied le feu qu'avait crée l'elfe.

Une fois éloigné des deux hommes, le mage fit donc un nouveau feu de camp puis vint à nouveau tenter de s'endormir auprès de celui-ci. Le sommeil fut plus long que d'habitude à arriver. Ethylendil était perturbé par cette arrivée soudaine et cela le tracassait et le tracassera toute la nuit. Même si ces derniers ne furent d'aucune violence, et bien que cela se soit bien finit, l'elfe était craintif et eut du mal à dormir.

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 Sujet du message: Re: L'Entrée du Désert
MessagePosté: Ven 4 Fév 2011 18:43 
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Introduction: Une vie changeante.


Le désert, une source d’inspiration et de médiation que je ne pouvais renier. La vision de ces lointaines colonnades et pointes de sable ocre m’inspiraient les flammes d’un feu figé par les temps passés. Et j’imaginai ce paysage se mouvoir furieusement, à une époque révolue, répandant la peur, le respect et l’admiration du feu dans toute sa puissance, dans toute sa splendeur, dans tout son être. C’étaient les mots qu’avait choisis Lichia Vela pour m’expliquer la présence du Cirque de la Troupe Flamboyante à proximité de cette immense étendue aride et brulante. Et ces mots, je les avais adoptés consciencieusement pour les rendre miens, depuis six années. Chaque jour, je venais observer ces lointains paysages déserts, sans jamais y être moi-même allée. Ils m’étaient comme interdits, irréels. Un spectacle dans lequel on ne pouvait pénétrer sans en briser le rêve et l’imaginaire. Car cette légende antique avait pour moi valeur de vérité historique. Je me plaisais à croire qu’un jour, des flammes dévoraient le paysage de leur danse éternelle et superbe.

C’était une fin de journée ensoleillée, et j’étais juchée sur les ruines d’un mur détruit que personne n’avait décidé de réparer. Le vent brulant du désert faisait doucement voler ma cape rouge autour de moi, alors que mon menton reposait sur un de mes genoux. J’étais pensive, plus que de coutume, car aujourd’hui était un jour spécial. J’avais toujours été consciente qu’il arriverait, mais je ne me doutais que ce serait si tôt. Car durant ces six années, j’avais été heureuse, au sein de la Compagnie Flamboyante. Et je l’étais toujours. Les affinités d’une période sédentaires s’étaient créées, tout comme l’attachement aux lieux, comme ce muret sur lequel j’étais perchée. Et pourtant, il était temps de tourner une nouvelle page de mon existence. Pas brutalement, pas avec haine… Mais le feu était changeant, et étant sa servante, j’avais hérité de son caractère.

Ma jambe droite se balançait doucement en avant, tendue le long du mur ocre, sur lequel dansait l’ombre que projetait le soleil de cette fin de journée. Mon regard de braise se posa sur lui un instant, puis défaillit, et ma vue se brouilla. L’astre de feu me brulait toujours. Un jour, j’arriverais à vaincre cette sensation, à passer au-delà de toute brulure, de ne plus craindre ce qui m’habitait. Et ce rituel court et douloureux me rappelait quotidiennement ma condition d’apprentie. Et jusqu’aujourd’hui, Lichia avait été ma maîtresse. Mais ses enseignements avaient leurs limites, et je pensais en avoir désormais fait le tour. Toujours, j’avais appris à maîtriser mon feu intérieur sous la forme unique qu’il prenait, la seule qui m’était nécessaire pour mener à bien le spectacle. Cette vision m’avait plu, mais je la trouvai aujourd’hui dépassée. J’avais besoin de changement, d’autres formes d’expression.

Ma décision était prise, et je devais m’y tenir.

Il était l’heure de montrer que j’en étais capable. Déterminée, je me levai de mon perchoir et bondis en bas en sautant de pierre en pierre, jusqu’à me retrouver à hauteur des rues d’Exech. Je savais quelle direction prendre. Une direction que jamais je n’avais prise, et qui m’attirait depuis longtemps, pourtant…

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Alessia, mage flamboyante


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 Sujet du message: Re: L'Entrée du Désert
MessagePosté: Ven 8 Nov 2013 18:48 
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(((Post précédent: Les plaines autour d'Exech)))

Secousses, bruits divers, pelisses qu’on secoue, bouts d’armure qu’on harnache... Ils lèvent le camp. Me lever... aussi. Bâillement.

Tension. Je sens une tension... Ils ne se parlent que peu entre eux, voire pas du tout. Étrange... Fébrilité. Inquiétude... Voyager, ça... ça pourrait.... ça peut être dangereux! Écouter, aujourd’hui, être attentif...

Cliquetis métallique. La chaîne d’hier est replacée autour de ma taille... Mes doigts glissent sur les maillons. Froid... Je n’aime pas... Coincé, je me sens coincé...

"Aller, en route. Pas de temps à perdre... L’aveugle, tu suis."

Tiraillement sur la chaîne... C’est parti.

Marcher dans le noir perd beaucoup de son côté agréable... J’aimais tant marcher... avant. Répétition, encore et encore, du même mouvement. À part le sol sous mes sandales qui change vaguement, je pourrais bien être encore à Exech... J’ai bien essayé, hier, de prendre des points de repère, de rester un moindrement orienté, mais... mais... si ce n’était pas de la chaîne qui me guide comme une flèche vers l’inconnu, je... je serais perdu. Complètement. Insécurité...

Heureusement, le sol... Seul, dernier lien concret avec ce monde... mon monde. La terre sèche semble se... s’assécher? Avec les pas, les minutes, les heures...
Poussière... comme de la poussière. De moins en moins... dure. De moins en moins concrète. Une plage éternelle? Herbert avait... peut-être raison. Étrange... Quel monde étrange!

Et je marche... Dans le noir... Ne plus penser... Marcher, suivre...

Une goûte d’eau dans mon orbite, sur les plaies fraîchement laissées par le corbeau de Phaitos... Ça pique... Ça pique. Ça ruisselle sur mon visage... Salé. De la sueur! J’ai dû être en transe... C’est fou ce qu’il fait chaud! Pas humide et collant, comme à Exech, non, mais... Quelle chaleur! Et le... le sable!!

"La plage! C’est ça, le désert!?"

"Oui. Ferme-la et avance... Pas le moment de parler."

Oh... Avec toute la... monotonie de la marche, j’avais un peu oublié... oublié l’inquiétude. Elle revient... Et eux, silence, ils ne parlent pas du tout... Juste les "swoosh" répétés de leurs pas dans le sable...

Et le temps passe... Et si... J’espère que... Il ne faut pas que... Au moins... Peut-être que... Enfin...

Nombreux et affamés! Oublier, ne pas y penser... Je n’y arrive pas!

Et marcher...

"LÀ! Ils sont LÀ!"

"On accélère, tous! Restez groupés! Darius? Tu sais ce que tu dois faire... Attends qu’ils soient bien près..."

"QUOI? Qui sont..."

"Ta gueule l’aveugle! Pas le temps! Avance, ne dis rien et surtout ne nous nuis pas!"

MERDE! Plus personne ne parle, mais... Ils bougent, rapidement. Tous les autres s’affairent... Quelqu’un frôle mes fringues... Bruit d’une épée qu’on dégaine... JE VEUX SAVOIR!

Secousse brusque sur ma chaîne. La cadence augmente drastiquement... Pas de la course, mais certainement pas de la marche. QUE SE PASSE-T-IL??

Ne pas... Mettre la peur de côté. Avancer, suivre et... pitié! Ne pas tomber, surtout ne pas tomber... Peut-être qu’ils ne... n’arrêteraient pas pour moi... NE PENSE PAS À ÇA!

Un pas... Un autre... Combien de temps? Je hais le temps dans le noir. Intangible, immesurable... Avancer et ne pas crever d’angoisse... Si seulement je...

"Ils sont trop proche! Arrêtez! À vos armes!"

Panique!!!! Je fais quoi? Je vais où? Bruits, des gens courent, des armes sortent de leur fourreau... Et le sable. Quelque chose sur le sable... quelque chose qui... je l’entends... qui rampe!

Ma main sur le manche de la dague du vieux fou... Mes veines du cou prêtes à éclater... Attendre l’inconnu, être prêt à tout... Écouter! Sentir!

Grognements humains. Mon escorte grogne, grommelle, souffle... Personne ne dit rien. Et... d’EUX... Je n’entends que cela, ce bruit léger de sable qu’on déplace...

"RAAH!"

"Pomfff!"

Ça y est!! MERDE MERDE MERDE MERDE MER...

"HUSH!"

"Plof!"

"À ta droite, un autre!"

"MerdARHH!"

MERDE MERDE MERDE MERDE!

"LÀ! Mais écrase-le!!!"


"Peux pas, ça continue à bouger, ça veut pas CREVER!"


MERDEMERDEMERDEMERDE!!

Pomff? Plof? Mais qu’est-ce que C’EST?!? MERDE!! Pas de bruits de chocs, pas de fracas de coups... Juste ce son écoeurant, juteux... QU’EST-CE QUE C’EST??

"Là! À côté de l’aveugle! Alain!"

À côté de moi!! Ma dague, la serrer, fort... Écouter... Frapper! Partout, autour de moi, frapper, frapper, n’approche pas!

"Eh connard, tu vas me toucher! Arrête! Et laisse-moi faire... là!"

"Sprouish!"

Éclaboussure... sur ma jambe. Mes vêtements qui imbibent... Humide... C’est... de l’eau?

"TASSEZ-VOUS!"

Craquement. Chaleur, intense, suffocante, soudaine. Odeur de brûlé et de... vapeur?

"Ils partent!"

Les bruits cessent... Seule cette vapeur qui persiste. Ils repartent? Mais QUI repartent?? Bruits métalliques, frottements de cuirs, crachats... Les autres remettent leur équipement en ordre.

"Des blessés?"

"Y’a Vakhtang qui..."

"Ça va. Il m’a tout juste un peu sucé, mais ça va je vous dis."

"Parfait. On continue."


"Herb, faut vraiment que je te par..."

"Pas le temps. On continue."

"Oui, mais non, faut vraiment que je...

"PLUS TARD, Darius! En avant!"

Coup brusque sur la chaîne. Repartir... Que s’est-il passé? Qu'étaient ces choses... Et toute cette eau, dans ce monde de sable?

"Vous pouvez au moins me dire... C’était quoi ça? J’ai le droit de savoir!"


"Bon... c’était des vers. Aqueux, qu’ils s’appellent. Des gros trucs gluants qui te sucent par en dedans... Horribles!"

Être sucé par en dedans? BEURK! Je n’ai pas quitté Exech pour... Surtout pas ça!

Silence. Tout le monde s’est tu... Et la marche reprend.

Interminable.

"Attention l’aveugle, à ta gauche... Une colonne de pierre."

"Une colonne d..."

"De pierre, oui. Évite-la et ferme-la."

Étendre la main... Contact de la pierre chauffée par le soleil. De la pierre, en effet! Sable et pierre... Monde étrange.

Et la marche continue...

Des murmures? Derrière moi... Écouter...

"Herb, c’est du suicide je te dis!"

"Nous ne pouvons pas simplement reculer et revenir les mains vides..."

"Nous ne reviendrons pas du tout, si tu t’acharnes! Regarde, tu les vois tout comme moi! Ils restent à distance parce que j’en ai grillé une dizaine, mais... "

"Mais?"

"Mais ils vont revenir! J’ai fait ce voyage deux fois avant et crois-moi... J’en ai jamais vu autant. Une vingtaine, au pire, mais là... Y’en a... partout! Ça doit être cette foutue sécheresse qui les a affamés et rendus si... téméraires."

"Et avec ta magie, tu ne peux pas...?"


"Ma magie, ma magie! Tu penses que si j’étais un grand mage, je travaillerais pour La Fraternité et que j’accompagnerais des caravanes? Je peux peut-être les repousser une fois encore, maximum deux, mais... Merde, regarde avec tes yeux, ils sont légion!"

Ils se taisent. Merde! Je n’aurais pas dû entendre ça, je le sais... Mais après trois ans dans le noir, j’entends beaucoup... Merde! Maintenant quoi?? Je ne veux pas TE... Je veux rester en vie!

"Dans ce cas..."

Rien, je n’entends plus rien. Marcher...

La fatigue s’installe... Nous marchons rapidement, très rapidement. Mes jambes...

La tension, vive ce matin, est à couper au couteau. Grincements de dents, crachats à répétition, une épée qu’on sort et rentre dans un fourreau... Les autres sont nerveux. Moi aussi! Des vers... des vers qui sucent...

"Là! Il y en a un qui s’approche!"

"Merde, un autre ici! Au moins deux mètres de long!"

Panique... Pas encore! DEUX MÈTRES?! Darius a raison, il faut retourner! NE PAS MOURIR ICI!

"Arrêtez-vous! Après... Après l’attaque des vers et après avoir parlé avec Darius... C’est trop dangereux. Nous n’avons pas assez de feu, ils avancent un peu plus vite que nous et... Nous sommes encore trop loin. Nous rentrons."

OUF! Soulagement, crainte, mais soulagement... Il est encore temps, il faut qu’il soit encore temps!

"Il y en a un autre qui s’approche, là!"

"DARIUS!"

Même craquement, même vague de chaleur... Vapeur.

Bruits de pas... Quelqu’un s’approche de moi. Ma chaîne se raidit et...

"Vient par ici, l’aveugle."

Je me relève et marche dans la direction de la tension. Elle se relâche d’un coup.

"Clic!"

"Vous faites quoi là?"

"Je suis vraiment désolé, mais... Tu nous ralentirais. Nous n’avons plus le temps et... Au moins, ici, tu peux les occuper un moment. Désolé... Ne le prends pas personnel! Vraiment désolé... Aller vous autre, on repart! Et bottez-vous le cul!"

Quoi?? Non, c’est impossible! Ils ne peuvent quand même pas... NON! J’entends une ou deux voix murmurer un "Désolé" et... des bruits de pas... Ils s’en vont!!!

"NON! VOUS NE POUVEZ PAS! PAS SEUL, NE ME LAISSEZ PAS SEUL!"


Je hurle. Me lancer, je me lance vers eux... Souffle coupé. Retenu par la taille! Tomber, je tombe... Mon visage dans le sable. Le sable dans ma bouche... Je hurle!

Retenu! La chaîne me retiens, me retiens, me RETIENS! Me relever, encore, la chaîne dans mes doigts, tirer, je tire, tirer, frapper... Me jeter contre la chaîne, vers EUX! Vers la SURVIE!

La chaîne qui mord mes chairs, les mailles qui s’impriment dans ma taille... Le sable. Tombé, encore!! NON!!!!!

"NOOON!! REVENEZ! ENFOIRÉS, CONNARDS, REVENEZ! PITIÉ, REVENEZ!!! AAAHHHHHHH!!!!"


(((Post suivant: Le désert de pierres)))

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 Sujet du message: Re: L'entrée du Désert
MessagePosté: Mar 23 Oct 2018 23:01 
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Sable rouge


Je mis près de quatre jours à atteindre le désert, empruntant un petit sentier sablonneux qui voyait la végétation se réduire à mesure que j’avançais. Le chemin était escarpé mais rien d’infranchissable. Le vent amenait parfois de petits nuages de sable qui fouettaient mon visage sans grande force. La chaleur devenait de plus en plus forte, notamment en milieu de journée où j’avais l’impression que le soleil se focalisait uniquement sur moi et voulait me cuire dans mes habits. J’ignorai tout cela, je devais trouver la pyromancienne, je n’avais pas quitté mes amis et passé deux mois sur les routes pour rien ! Pas question de rebrousser chemin, j’allais la trouver et la convaincre.

Au détour du sentier, j’aperçus de grands pics d’une belle couleur orangée qui se dressaient vers le ciel. Le désert devait s’étendre après cette porte naturelle et je me dépêchai de l’atteindre. L’étendue désertique m’apparut alors, un enchaînement sans fin de dunes, de rochers et de sable. Je faillis douter, comment retrouver qui que ce soit là-dedans ? Non ! Je n’allais pas abandonner maintenant, elle n’avait pas pu aller bien loin, il suffisait de la rattraper. Je franchis la barrière naturelle menant au désert et pénétrai dans celui-ci, impatiente de trouver enfin la pyromancienne. J’avançai d’un bon pas sur le sable. La chaleur était écrasante mais je poursuivis mon chemin, ignorant la sueur qui ruisselait sur mon front et dans mon dos. Je n’allais pas abandonner face à un peu de chaleur. J’étais une pyromancienne, la chaleur était mon alliée. J’avançai ainsi le reste de la journée, scrutant le moindre mouvement, vigilante au moindre son, mais rien, pas la moindre trace de vie à perte de vue. Lorsque la nuit commença à s’installer, je trouvai un petit coin près d’un amas de rocher pour passer la nuit à l’abri du vent. La chaleur diminua rapidement et je profitai de la fraicheur relative pour me reposer, allongée sur mon couchage. Je finis par m’endormir ainsi, épuisée par la journée de marche.

Le lever de soleil me réveilla plus tôt que je ne l’avais imaginé. Après avoir mangé et bu, je me remis en route. Par où je venais déjà ? Je pus apercevoir les pics que j’avais franchis hier et pris donc la direction opposée, déterminée à trouver Lichia Vela. Je marchai, marchai encore, inlassablement, enfonçant mes pieds devenus lourds dans le sable qui menaçait de se dérober sous mes pieds à chaque pas que je faisais, jusqu’à m’écrouler de fatigue une fois la nuit tombée. Toujours aucune trace de cette pyromancienne ! Alors que je descendais une dune, quelque chose me fit trébucher et je m’étalai sur le sable. Je me relevai en grommelant et cherchai ce qui avait pu me faire tomber, tombant sur ce qui ressemblait à un os. Je déblayai rapidement le sable qui l’entourait pour découvrir un squelette portant des marques de coups et de griffes, dont le crâne avait été enfoncé. Il y avait un bouclier et une épée qui tombèrent presque en poussière lorsque je les pris, ainsi qu’une petite bourse contenant une dizaine de yus et plusieurs runes que je pris en m’excusant, il n’en aurait plus l’usage de toute façon. Ce fut à ce moment que je réalisai mon erreur. J’avais cru pouvoir m’en sortir dans ce désert mais la pyromancienne avait pu prendre n’importe quelle direction et je n’avais aucun moyen de savoir laquelle. Bon sang, j’allais vraiment devoir rentrer et attendre qu’elle revienne, mais je n’avais pas le temps pour ça, je voulais rejoindre les autres, pas passer ma vie dans cette ville pourrie et corrompue. Mais je ne connaissais pas le désert, je n’avais aucun moyen de la trouver, je ne voulais pas finir comme ce type, dévorée ou attaquée et laisser ainsi, les os blanchis par le soleil au beau milieu de nulle part. Je jurai, je n’avais pas envie d’attendre, j’étais si près du but et elle s’envolait dans ce fichu désert ! Cette nuit-là le froid fut plus intense que la veille et je peinai à trouver le sommeil dont j’avais besoin. Je n’avais pas de bois et donc rien pour me réchauffer. Je n’avais pas pensé que je grelotterai de froid dans un désert de sable, quelle ironie.

Je rebroussai donc chemin le lendemain. J’avais été stupide, emportée par mon impatience de vouloir progresser vite et négligeant toute prudence. J’allais devoir me calmer. Je ne compris pas moi-même pourquoi j’avais agi aussi impétueusement, sans aucun recul, sans prendre le temps de réfléchir, ne pensant qu’à avancer sans tenir compte du danger et des avertissements, explicits ou non, qui avaient parsemé mon chemin jusqu’au désert. Je soupirai, quelques gouttes de sueur venant s’envoler devant ma bouche. Ça m’apprendra tiens, la prochaine fois je serai moins stupide et je réfléchirai avant d’agir. Je marchai donc pendant un, puis deux, puis trois jours, sans rien voir d’autres que du sable, encore et toujours ce fichu sable. Où étaient les pics ? J’aurais déjà dû les apercevoir normalement, je n’avais pas marché pendant plus de deux jours à l’aller pourtant. Je me serai trompée ? Non j’avais bien fait attention au soleil, j’aurai dû avoir retrouvée la sortie déjà ! Ce fichu désert m’empêchai sans doute de bien me concentrer, j’avais parfois du mal à penser clairement lorsque le soleil était trop haut, je devais être fatiguée voilà tout. Je devais continuer.

Perdue ! J’étais complètement perdue. Cela faisait cinq jours que j’avais fait demi-tour, j’aurai déjà dû être sortie de ce maudit désert mais pas moyen de savoir si j’allais vraiment dans la bonne direction. Pourtant je suivais le soleil, j’aurais dû… deux soleils ? Je frottai mes yeux et l’un des deux disparut, l’autre se trouvant dans mon dos.

- Mais qu’est-ce que … ?

On était le matin ? L’après-midi ? Je n’étais plus sûre de rien. La seule chose que je pouvais affirmer avec certitude était le peu d’eau qui me restait et que me soif n’était jamais vraiment étanchée. Je m’arrêtais à l’ombre d’un rocher qui me protégea un peu de la lumière et de la chaleur qui me torturait depuis plus d’une semaine, et je bus un peu d’eau avant d’étendre mes jambes. J’étais épuisée, je devais rapidement trouver une solution. Je devais garder le cap vers l’est, je sortirai forcément de ce désert, et il me suffirait de prendre au nord pour rejoindre Exech si je m’en étais vraiment trop éloigné.

- Courage ma fille, tu es plus forte que ça, bouge-toi !

Je me levai après quelques minutes et mis le cap à l’est, avançant d’un pas ferme. Plusieurs heures ainsi me rassurèrent, j’allais bien vers l’est car le soleil descendait dans mon dos. J’y arriverai !

C’est alors que j’aperçus quelque chose qui se déplaçait sur ma droite. Au début simple forme floue que j’attribuai au dégagement de chaleur et à la fatigue, la forme se fit de plus en plus précise et se rapprochait. Difficile de dire si j’allais la croiser ou non, mais j’avais besoin d’aide, n’importe qui ferait l’affaire… enfin presque n’importe qui. Après deux heures et alors que le ciel se parait de couleurs rougeoyantes, je pus enfin voir ce que cette forme était : une caravane. Une colonne de chevaux et dromadaires avançait d’un pas assuré, guidés par quelques cavaliers qui semblaient scruter les environs. Je descendis une dune en glissant à moitié sur le sable pour me diriger vers eux. Avec un peu de chance ils pourraient me dire si j’étais dans la bonne direction et je pourrai leur acheter un peu d’eau. Un des cavaliers finis par m’apercevoir et cinq d’entre eux s’approchèrent de moi au trot. Je m’essuyai le front et enlevai ma capuche, le soleil n’allait pas me taper sur le crâne à cette heure et je ne voulais pas qu’ils se méfient de moi, je n’avais vraiment pas besoin de ça. Les cinq cavaliers arrivèrent à ma hauteur et l’un d’eux cria quelque chose, les faisant s’arrêter. Deux d’entre eux descendirent de leurs montures et vinrent vers moi. Ils portaient des habits qui avaient l’air bien plus adaptés au désert que ma robe et avait chacun un arc et une épée courbe. Leurs visages étaient cachés par leurs habits, je ne voyais que leurs yeux et ils n’avaient rien d’amicaux. Le plus grand des deux parla.

- Que fais-tu ici Shaakt ?!

Il y avait des façons plus polies de s’adresser à des inconnus mais soit, j’avais besoin d’aide, pas de créer un conflit donc je ne dis rien.

- Bonjour, je suis complètement perdue, je souhaite me rendre à Exech, est-ce que… ?

L'homme tira son épée tandis que les autres bandaient leurs arcs et me visaient. Je me figeai immédiatement et levai les mains. C’était quoi cette histoire ? Je savais que les Shakkts n’étaient pas toujours appréciés mais de là à me mettre en joue à vue sans raison, c’était exagéré. Le plus grand, l’épée en main, me toisa de nouveau.

- Comment nous as-tu trouvé ?

- Trouvé ? Je suis tombée sur vous par hasard, c’est tout, je …

Le deuxième, l’arc tendu m’interrompit en s'adressant à son compagnon.

- Ismad, nous ne pouvons croire ces paroles, peut-être que d’autres ne sont pas loin.

D' autres ? Quels autres ?

- Je suis toute seule, je voudrais juste…

- Tais-toi chienne ! Toi et tes semblables n’êtes que des ordures. Dépose tes armes au sol, vite.

Lentement, très lentement, je posai mon sac, ma dague et mon orbe au sol, veillant bien à ne pas faire de gestes brusques. Tout cela m’angoissai, pourquoi étaient-ils aussi énervés contre moi ? Le dénommé Ismad s’approcha et pris ma dague, l’examinant avant de cracher ses paroles sur un ton méprisant et chargé de haine.

- A qui as-tu volé ça ?

- Volé ? C’est un cadeau d’amis, je n’ai rien volé. J’y tiens alors j’aimerais bien la récupérer.

Il me jeta un regard haineux mais ne répliqua pas. Il fouilla mon sac mais ne trouva a priori rien qui ne l’intéressa. Il s’avança vers moi et me tendit la dague que je pris délicatement, soulagée. Il s’approcha de moi et me murmura quelques mots à l’oreille.

- Tes semblables ont tué mon frère et emmené ma sœur, ma femme et ma fille. Que vengeance soit faite.

Je ne réagis pas immédiatement mais lorsqu’il leva son arme je reculai, mais trop tard, il abattit sa lame et je pus seulement mettra ma dague entre elle et mon visage. Il me désarma facilement, un sourire de satisfaction sur le visage, avant de me transpercer avec son arme à gauche de mon nombril. J’ hoquetai sous la douleur et sentis nettement lorsqu’il retira la lame. Mes jambes ne parvinrent plus à me soutenir et je m’effondrai, cherchant désespérément quelque chose à agripper. J’avais mal, si mal, mais je ne pouvais pas crier. Je sentais mon sang se répandre sous moi et posa ma main dans le vain espoir d’arrêter le saignement. J’entendis les autres ricaner et repartir, l’un d’eux me souhaitant une « morte lente et douloureuse ». J’haletais et me retournai sur le dos. Mauvaise idée, c’était pire et je me mis sur le côté, la blessure vers le haut. Je crachai un peu de sang. J’avais mal, putain tellement mal. J’essayai tant bien que mal de comprimer ma robe sur la blessure mais je sentais mes forces me lâcher peu à peu. Je voulus me secouer, ramper, n’importe quoi mais tout ce que je réussis à faire fut d’augmenter la douleur. Pas ici, pas comme ça, je refusais, pas question. Je me forçai à ramper pour atteindre mon sac. Je sortis une gourde que je jetais de rage avant de tomber sur mes vêtements de rechange. Je pris le haut et le comprimai sur ma plaie en gémissant. J’eus beau tout faire pour me secouer, mes forces m’abandonnèrent et je sombrai.
Je passais ainsi un temps indéfini à sursauter, consciente que je m’endormais. Je devais rester éveillée, à tout prix. Le soleil finit par se lever de nouveau. L’est ! Je devais y aller. Mes jambes refusaient de répondre, tout comme mes bras. Je ne pus que bouger la tête pour regarder mon ventre, le tissu était devenu rouge, tout comme le sable qui se trouvait en dessous de moi. Jolie couleur ce rouge, j’aimerais bien avoir une robe de cette couleur. Un joli rouge éclatant, c’est toujours joli le rouge.

(Yliria ! Bon sang je te laisse deux minutes et tu trouves le moyen de te blesser ! Merde ! Tu m’entends ?)

Une voix. Elle est drôle, elle a l’air de crier, peut-être que c’est une fée ? Naaaaan pas une fée, ça n’existe pas. Qui alors ? Un lutin ? C’est mignon les lutins, tout petit.

(Bon sang tu délires ? Réponds-moi !)

Quelque chose... dans ma tête... ?

(YLIRIA !!)

Je sursautai et je regrettai ce sursaut. J’avais bizarrement froid malgré le soleil, c’était l’hiver ?

(YLIRIA !!)

Je repris mes esprits et gémis de douleur. J’étais encore là, bon sang je n’arrivais même pas à penser correctement, j’étais censée… J’allais mourir ? Ici ? Seule ? Au milieu de nulle part ? Sans raison ? Sans savoir pourquoi ? Oubliée de tous ?

- Non… Non ! Pas comme ça, pas ici.

Des larmes… J’avais beau être assoiffée, j’arrivais encore à pleurer... N’importe qui… N’importe quoi, je voulais juste sortir d’ici, revoir les autres, revoir Vyrl. Je remuai faiblement mon bras qui était resté près de mon sac. Mon masque tombe sur le sol. Ce joli masque. Meno… Peut-être… Non…

(Je vais te sauver, tiens le coup !)

Ma voix ne fut plus qu’un murmure, j’avais la bouche si sèche, combien de temps étais-je restée ainsi ? Trop longtemps. Je fixai le masque. Il pouvait m'aider... je voulais qu'il m'aide, peu importe le prix à payer !

- Meno… Dieu des flammes… je ferai n’importe quoi… tout… aide moi… pitié…

Je sentais mes yeux se fermer tout seul, je luttai, bon sang je devais lutter, ne pas m’endormir ! Froid…

- Meno… pitié…

Froid…

- Vyrl…

(Yliria !!)

Je n’avais plus froid, je ne sentais plus rien, n’entendais et ne voyais plus rien.


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Dernière édition par Yliria le Lun 29 Oct 2018 03:47, édité 5 fois.

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 Sujet du message: Re: L'entrée du Désert
MessagePosté: Mer 24 Oct 2018 12:53 
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Lichia Vela


Une lumière vacillait. Une flamme ? Je voyais un visage. Rouge ? Du feu ?

- Meno ?

Ma voix… elle semblait si lointaine. J’entendais des bruits étouffés, comme si j’avais les oreilles bouchées. Le noir.

J’ouvris les yeux. Au-dessus de moi il y avait comme un drap blanc, une tente peut-être. J’étais allongée mais ce n’étais pas du sable. Je me sentais si faible… Je vis un visage se pencher sur moi et sentis des mains me toucher. Je ne réagis pas, je n’eus pas le temps, trop lente, je ne compris pas. Le noir de nouveau.

J’entendis un bruit et ouvris les yeux. Encore ce drap… tente… peu importe. Où étais-je ? Je remuai la tête, remuai les doigts, un peu les bras. Il y avait du progrès. Bizarrement je me sentais bien, je n’avais pas mal. Je ne sentais pas grand-chose à vrai dire. J’avais faim par contre et la bouche sèche, très sèche. Quelqu’un entra et se pencha sur moi. Un visage. Une femme, rouge… rouge ? Le visage parla… enfin la femme... rouge.

- Tu as eu de la chance, quelques heures de plus et tu finissais rôtie au milieu du désert. Quelle idée de l’arpenter seule aussi !

Je voulus me redresser mais mon ventre me fit atrocement regretté cette idée. Je sentais quelque chose finalement, merveilleux. J’entendis une voix courroucée.

- Ne te lève pas, tu es encore blessée. Par Meno je ne suis pas guérisseuse moi !

-Meno…

- Ah tu parles, très bien, c’est bon signe. Je vais te donner à boire, ne bouge pas.

Elle releva doucement ma tête et me fit boire lentement. Je sentis l’eau descendre lentement le long de mon gosier brûlant et je soupirai d’aise. Comme si ce simple geste m’avait pris toutes mes forces, je sombrai de nouveau sans le comprendre.

La fois suivante je fus beaucoup plus lucide. Lorsque ma bienfaitrice entra dans la tente, je pus enfin lui parler.

- Merci…

Elle me regarda et hocha la tête.

- Peux-tu bouger ?

J’essayai. Un bras puis l’autre, les jambes, la tête. Tout semblait lourd mais je pouvais bouger. Elle hocha de nouveau la tête.

- Très bien, c’est bon signe. As-tu mal au niveau de ta blessure lorsque tu ne bouges pas ?

- Non, pas mal.

-Encore mieux ! Repose-toi maintenant.

- Qui… ?

- Repose-toi j’ai dit !

Je l’écoutai et fermai les yeux.

Je ne saurais dire combien de temps s’écoula ainsi mais j’errai à la frontière de l’inconscience, ou de la conscience je n’aurai su dire, visitée par des éclats lumineux, des brides de phrases, sans jamais percevoir quoi que ce soit de tangible ou de compréhensible. Après un temps qui me parut infini je pus de nouveau ouvrir les yeux puis me lever, non sans grimacer, et enfin parler avec la femme qui venait de me sauver la vie. Elle avait l’air jeune, sa peau avait une douce couleur rougeâtre, sa beauté était indescriptible et ses vêtements exhibaient ses atouts sans la moindre pudeur. Elle arborait un regard légèrement sévère, comme si elle m’en voulait.

- Je ne vous remercierai jamais assez.

- Je ne te le fais pas dire, j’avais prévu autre chose que sauver une gamine en allant ici. Bien, maintenant tu vas répondre à mes questions. Qui es-tu, que faisais-tu seule au milieu du désert et qui t’as ainsi laissée seule et blessée ?

Je pris une inspiration, je n’avais pas le droit de mentir à celle qui m’avait sauvé la vie après tout.

- Je m’appelle Yliria Varnaan’tha, j’étais à la recherche de Lichia Vela et j’ai été attaquée par… des nomades qui m’ont laissé ainsi, je ne sais pas pourquoi ils m’ont attaqué.

Elle me regarda d’un air neutre mais son regard trahissait une certaine curiosité.

- Des nomades ? Ils ont dû te prendre pour un soldat Shaakt ou une de leurs espionnes. Ces gens sont régulièrement la cible de leurs attaques, je pense qu’ils ont réagi sans réfléchir car les Shaakts montent rarement autant au Nord mais ils en ont profité pour se défouler. Tu as de la chance qu’ils ne t’aient pas donnée à manger à une des créatures du désert.

J’eus un frisson. De la chance ? Une créature du désert ? Je n’avais pas vraiment envie d’en savoir plus, mais elle n’avait pas terminé.

- Et pourquoi cherches-tu Lichia Vela au beau milieu de ce désert?

- Je… J’aurais aimé lui demander de faire de moi sa disciple. J’ai appris qu’elle était partie dans le désert et j’ai stupidement cru pouvoir la trouver…

Elle haussa les sourcils et un sourire en coin apparut.

- Tu as décidé d’aller chercher seule, dans un désert qui t’es inconnu, une personne que tu n’as jamais vu pour lui demander de faire de toi sa disciple ?

J‘hochai la tête. En l’écoutant de vive voix je me rendis compte à quel point j’avais été arrogante et stupide. Je soupirai, j’allais avoir du mal à rentrer à Exech, mais je n’abandonnerai pas.

- Que vas-tu faire une fois guérie ?

- Retourner à Exech et tenter de trouver Lichia Vela.

- Tu n’as pas abandonné l’idée ?

- Non ! J’ai passé deux mois sur les routes pour parvenir ici, je ne vais pas abandonner, même si je suis blessée.

Elle croisa les bras et prit un air pensif. Un léger sourire se dessine de nouveau sur son visage.

- Tu es courageuse et persévérante, deux bonnes qualités pour une pyromancienne. Cependant tu me dois la vie, ne l’oublie pas.

Elle avait raison, je lui étais redevable. D’ailleurs…

- Comment m’avez-vous trouvée ?

- Pas par hasard. Une étrange lueur rouge m’a guidée jusqu’à toi avant de disparaître. Je n’étais pas loin mais tu n’étais pas dans la direction que je souhaitais emprunter. Tu as eu beaucoup de chance.

Une lumière rouge ? Meno aurait-il entendu mon appel à l’aide ? Aurait-il guidé cette femme jusqu’à moi? Je me devais de le remercier. Il avait eu pitié et avait mené quelqu’un jusqu’à moi. Je devais trouver un moyen de le remercier, en commençant par remercier ma sauveuse.

- Meno m’en soit témoin, je ferai tout pour vous rembourser, mais je dois vraiment devenir…

- J’ai compris jeune fille, tu veux être la disciple de Lichia Vela, quitte à risquer ta vie pour ça. Soit, je vais te mettre à l’essai, mais avant tu m’accompagneras un peu, je ne suis pas venue dans ce désert pour rien, je verrais si tu as du potentiel.

- Je ne suis pas sûre de bien comprendre…

Elle soupira et me donna une pichenette sur le front.

- Je suis Lichia Vela petite inconsciente, et je vais voir si tu as ce qu’il faut pour être ma disciple.

Elle afficha un large sourire devant ma tête étonnée. J’avais du mal à croire à ce que je venais d’entendre mais une fois que je réalisai, j’affichai un large sourire à mon tour et la remerciai de nouveau. Elle m’apporta de quoi manger et je lui racontai en détail mon voyage pour venir jusqu’à elle lorsqu’elle me posa la question. Elle fut très intéressée et parut un peu étonnée que j’ai fait ce voyage seule. Elle me laissa dormir après ça et je ne me fis pas prier. En me couchant, je fis une chose que je n’avais jamais faite avant.

- Meno, merci, je promets d’être digne de la vie que tu as sauvée en ce jour et trouverai un moyen de te remercier.

Je restai environ quatre jours de plus allongée dans la tente avant que Lichia ne m’autorise à me lever et à marcher un peu. La douleur était toujours là mais bien plus ténue qu’avant. J’allais avoir une belle cicatrice mais je m‘en accommoderai. Deux jours plus tard, Lichia plia le camp et nous partîmes. Ma robe étant imbibée de sang, tout comme mes autres vêtements, elle m’avait prêtée une djellaba rouge et un voile pour me protéger le visage. Je ne demandais pas où nous allions, me contentant de la suivre. La douleur de ma blessure était largement supportable, j’évitai simplement tout mouvement qui pourrait l’ouvrir de nouveau. Mais nous ne fîmes que marcher pendant deux jours avant d’atteindre une grotte. Je l’aidai à monter le campement devant celle-ci puis elle y entra et me dit d’attendre son retour, qu’elle mettrait sans doute une journée, peut-être deux, mais que je ne devais pas y pénétrer, à moins que ma vie ne soit en danger. J’acquiesçai et elle s’enfonça dans les profondeurs de la grotte.

Je restai donc seule sous la tente. Mon esprit vagabonda et je pensai à Vyrl que j’avais désespérément appelé au moment crucial. Son visage devenait presque flou par moment, comme si mon esprit peinait à s’en rappeler, ce qui m’était insupportable. Je pensais ensuite à Fyly, Wyrlan, Bolir et Thogrim, me demandant ce qu’ils faisaient en ce moment… Fyly m’aurait probablement passé un savon et Wyrlan m’aurait également sermonné, les deux autres seraient allés taper les nomades. Les imaginer me fit sourire. Ils me manquaient tous, j’avais hâte de les retrouver, mais d’abord je devais devenir plus forte. Cette rencontre me fit réfléchir. Je devais trouver un autre moyen que la magie pour me défendre. Je n’avais pas eu le temps de faire quoi que ce soit contre ce nomade et il ne m’avait laissé aucune chance. Je devais entraîner ma magie, mais pas que, il fallait que je maîtrise le combat rapproché aussi, pas question que ce genre de choses idiotes se reproduisent. En rentrant à Exech, j’irai acheter une arme et trouverai un moyen de m’entraîner aussi. J’avais beaucoup à faire… Cela me fit me sentir las et je m’allongeai sur mon couchage en soupirant. Je touchai lentement le bandage qui entourait mon ventre. J’avais du mal à réaliser que j’avais failli… disparaître, comme ça, d’un coup de lame d’un inconnu dans un endroit désertique. Je voulus tripoter ma broche mais oubliai que je n’avais pas les mêmes habits. Je me levai et récupérai ma broche que j’accrochai de nouveau sur ma poitrine. Je contemplai tristement ma robe qui était probablement irrécupérable. Quelle misère. Je tripotai machinalement ma broche pour me calmer et allai me reposer.

Après deux jours, Lichia sortit de la grotte, toujours aussi resplendissante et nous nous remîmes en route, mais je lui demandais où nous allions cette fois. Elle me répondit avec un petit sourire.

- Je vais te tester jeune fille. Ne t’inquiètes pas je ne vais pas mettre ta vie en jeu, simplement voir ce que tu sais faire.

Je n’étais guère confiante, je ne savais pas faire grand-chose niveau magie et ma blessure limitait quelque peu mes possibilités. Nous marchâmes donc quelques heures pour atteindre un promontoire rocheux qui créait une ombre immense sur le sable où je pus apercevoir comme un cercle tracé. Lichia m’expliqua que c’était là qu’elle venait entraîner ses disciples et qu’elle me testerait ici. Elle me demanda de me mettre au centre de ce fameux cercle et je m’exécutai. Elle me demanda alors de lui lancer un sort.

- Vous êtes sûre que…

- Ne discute pas, obéis !

Je générai une boule de feu que je lançai en lui donnant une trajectoire ascendante pour toucher le haut du corps de la pyromancienne qui l’esquiva d’un simple pas sur le côté qui fut curieusement gracieux, avant d’en envoyer une à son tour. Elle était bien plus grosse que la mienne. Je n’avais pas le temps de réfléchir, je roulais sur le côté en grimaçant, ma hanche n'avait pas beaucoup aimé. Elle voulait se battre ? Elle allait être servie ! Je lançai une autre boule de feu au moment où je finissais ma roulade et elle prit la trajectoire d’une courbe pour arriver au niveau des hanches de Lichia Vela qui fit un salto pour l’éviter, lançant son propre sort en vol. Je me ruai en avant et la boule me passa juste au-dessus, au point que je sentis la chaleur qu’elle dégageait. Je m’apprêtais à jeter un nouveau sort lorsqu’un immense cercle de flamme m’encercla soudainement. Je n’avais jamais vu ce sort avant mais je ne paniquai pas, pas encore. J’entendis la voix de la pyromancienne par-delà les flammes.

- Tu peux abandonner si tu le souhaites, je ne veux pas te blesser !

Abandonner ? Certainement pas, je n’avais pas fait tout ça pour rien, je pouvais continuer. Ma hanche blessée manifesta son mécontentement mais j’ignorai la douleur. Par contre elle avait dit que je ne risquai pas ma vie et là elle ne voulait pas me blesser… elle se fichait de moi ?

- Je croyais que c’était sans danger ?

- Le feu n’est jamais sans danger jeune fille.

Là elle n’avait pas tort, mais pas question que je laisse tomber j’en avais bien trop bavé pour ça, maintenant que je l’avais sous la main il n'était pas question de reculer.

- Je ne peux pas abandonner maintenant !

- Comme tu veux !

Je repérai l’endroit où elle se tenait grâce à sa voix et lançai un nouveau sort en visant cet endroit. La boule de feu eut l’air de traverser le cercle de flamme et j’entendis une exclamation de surprise. Quelques instants plus tard, le cercle de flamme s’éteignit et Lichia Vela s’avança vers moi en souriant.

- Pas mal du tout, jeune fille. Tu sais te servir correctement de ta magie et de ta tête, même si la première manque de grâce et de puissance. Et tu n’as pas paniqué malgré le danger imminent. Tu as du potentiel, j’accepte de te prendre comme disciple à une condition.

Une condition ? Je me méfiai un peu, en général les conditions sont rarement à l’avantage de celui qui doit les exécuter.

- Laquelle ?

- Tu devras intégrer la troupe flamboyante et participer à au moins cinq représentations.

Ah… Je restai bouche bée. Des représentations ? Comme de la danse ou du chant ? C’était ça sa condition ?

- Des représentations ? Mais je ne sais pas danser ou chanter ou…

Elle me tapota gentiment l’épaule.

- Je me doute, c’est bien pour ça que je vais t’entraîner chère disciple. En repartant tu seras une pyromancienne et une danseuse accomplie, cela te convient-il ?

Je répondis sans aucune hésitation. Pourquoi hésiter ? J’avais ce que je voulais et le prix à payer était dérisoire.

- Oui !

Elle frappa dans ses mains, affichant un large sourire.

-Parfait ! On commence dès demain !




(((HRP: suite à cet incident, Yliria priera Meno de manière régulière, pensant qu'il a répondu à sa demande)))

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 Sujet du message: Re: L'entrée du Désert
MessagePosté: Mer 24 Oct 2018 22:06 
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La danse du feu


Effectivement nous commençâmes dès le lendemain et elle commença fort, sans me ménager une seule seconde. La matinée fut occupée par l’entrainement à la magie. Je pensais qu’elle allait faire quelque chose de similaire à l’enseignement de Wyrlan, mais je me trompai totalement. Elle m’emmena sur le cercle et … elle prit feu sans prévenir. Je la regardai, médusée tandis que le feu l’enveloppait totalement puis disparut brutalement après quelques secondes. Elle n’avait aucune brûlure, pas de trace, rien, c’était quoi ce sort ?

- Aura de feu, c’est le nom du sort que je vais t’enseigner et que tu vas maîtriser avant tout autre sort. Il est crucial dans le spectacle de danse et possède de nombreuses déclinaisons. Il est assez simple mais peut s’avérer dangereux. Commençons.

Je passais donc la matinée à essayer de répliquer la même chose qu’elle mais ne parvins qu’à émettre une petite aura au-dessus de ma paume. Cela n’eut pas l’air de l’énerver, au contraire, elle approuva d’un hochement de tête. Selon elle l’apprentissage pouvait aller très vite ou très lentement selon les individus, cela ne dépendait que de leur volonté et de leur relation avec le feu. La matinée me laissa sur les rotules, la magie n’étant pas une activité de tout repos et Lichia me laissa récupérer à l’ombre. Mais elle précisa que je pratiquerais toujours la magie en plein soleil pour améliorer l’harmonie de ma magie avec la chaleur ambiante et que l’après-midi serait dédiée exclusivement à la danse jusqu’au soir. J’étais peu à l’aise à ce propos, je n’avais jamais dansé, tout au plus j’avais fait quelques pas avec Père lorsque j’étais petite, rien de plus. Elle dut sentir ma réticence car elle me lança un petit sourire moqueur.

- On a le trac alors qu’on est seule au milieu d’un désert ?

Oui, forcément, si elle le disait comme ça… Je me sentis effectivement un peu ridicule à hésiter. Lichia avait tout prévu, à croire qu’elle savait qu’elle allait tomber sur une disciple en allant dans le désert. Elle me lança des vêtements semblables aux siens, c'est-à-dire une brassière et une culotte entourée de voiles légèrement transparents qui faisait ressembler vaguement le tout à une robe… mais très vaguement. Bon sang j’avais l’impression d’être encore plus nue avec ses vêtements que sans ! Pas très à l’aise, je la suivis au centre du cercle. L’exercice était simple, je devais simplement suivre ses mouvements du mieux que je pouvais. Les mouvements étaient lents, il ne s’agissait que de mouvements de jambes amples, de mouvements de bras en arc de cercle, rien d’impossible donc. Je m’exécutai tant bien que mal mais finis par prendre le rythme. Elle répéta les mêmes gestes encore et encore, faisant de lents mouvements gracieux avec les jambes puis les bras, puis les deux. Elle appela ça des « adages » ou mouvements lents, servant davantage à l’échauffement qu’autre chose mais parfait pour que je visualise les mouvements basiques puisque je commençais. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre au début mais c’était étrangement apaisant, presque relaxant. Ça me plaisait… du moins pour le moment.

Lorsqu’elle fut satisfaite des premiers mouvements, elle me fit une petite démonstration. Elle se plaça au centre, seule, et ses mains s’enflammèrent, le feu montant sur ses avant-bras. Elle commença lentement, faisant de grands mouvements amples comme ceux qu’elle avait montrés jusque-là. Puis elle accéléra et les mouvements furent plus rapide, pus acrobatique, des saltos, des vrilles, elle se mettait en équilibre sur les mains pour partir sur des acrobaties avant désenchaîner avec des mouvements au sol, le tout auréolé de ce feu rougeoyant. Les mouvements avaient quelque chose d’hypnotisant et je n’aurai su en nommer le dixième tant ils semblaient complexes. Cela dura quelques minutes puis elle s’arrêta brusquement. Je mis quelques instants à réaliser qu’elle avait arrêté et restai simplement muette d’admiration. Elle revint vers moi et me fit un sourire.

- Voilà un aperçu de ce que tu sauras faire à la fin de ton apprentissage jeune disciple. Ce n’était qu’une simple mise en bouche, rien de bien difficile, j’espère que tu es prête à travailler dure.

J’étais prête, cette danse me fascinait, je voulais en savoir plus, en voir et en apprendre plus. Je hochai la tête avec conviction, ce qui dessina un large sourire sur le visage de Lichia.

Les journées passèrent ainsi, magie le matin puis danse l’après-midi et parfois elle me demanda d’allier les deux le soir, ce qui s’avéra particulièrement ardu. Si la magie seule était relativement simple, l’ajout de la danse rendait le tout beaucoup plus difficile à maîtriser. Cette dernière évolua au fur et à mesure des leçons. Si au départ elle se contenta de mouvements simples qui ne sollicitaient pas ma hanche blessée, elle finit par me demander des mouvements bien plus complexes : roues, rondades ou vrilles devinrent vite indispensables et je grimaçai souvent, espérant juste que ma blessure n’allait pas se rouvrir. Il n’en fut rien et elle continua d’accentuer les entraînements. Elle ajouta des mouvements aux entraînements magiques, les rendant plus difficiles. Chaque boule de feu devait être accompagnée de mouvements gracieux, d’un départ et d’une fin dans une position qu’elle trouvait agréable à ses yeux. Au début elle se montra calme et compréhensive mais après deux semaines, elle estima que mes échecs étaient dû à ma négligence et me corrigeait pour chaque erreur, mais m’accompagnait ensuite elle-même pour les rectifier. J’avais parfois de légères marques de coup mais elle ne faisait jamais vraiment mal, elle voulait simplement me faire réagir et me faire comprendre mon erreur.

Après ces deux semaines, nous refîmes le même exercice qu’au début mais je dus la suivre dans des mouvements bien plus complexes. Même si j’arrivai à les faire seule, je me trouvai incapable de la suivre des yeux en plein mouvement. Elle me donna une solution simple : elle me banda les yeux.

- Mais comment voulez-vous que j’y arrive alors que je ne vois rien ?

- Tu n’as pas besoin de voir pour danser, tu dois ressentir ce qui t’entoure, sentir le vent, sentir les déplacements d’air, la moindre particule de sable, le toucher du sol, tu dois te fier à ton corps tout entier, pas seulement à tes yeux. Je vais te dire quoi faire et tu exécuteras sans t’arrêter ni sortir du cercle. Allez !

L’exercice se révéla très intéressant et angoissant à la fois. Je ne voyais rien, je ne me fiais qu’à sa voix, qu’à ma connaissance et a la sensation de mes pieds et de mes mains. Au début tout allait bien mais après un moment je perdis toute notion d’espace et sortis du cercle. Lichia me fit recommencer, encore et encore jusqu’à ce qu’étrangement je puisses deviner lorsque j’allais quitter le cercle, comme si je l’avais senti. C’était possible ça ?

- Bien sûr, pour faire simple, tu ressens ton corps, tu sais où et comment tu es dans l’espace qui t’entoure. C’est pour ça que je t’ai mis ce bandeau, pour que tu comprennes et améliore cette sensation. Recommence !

Je m’exécutai. Le vent… le sable… la surface légèrement plus dur du cercle, chaque goutte de sueur, je sentais et voyais mon corps, je savais où j’étais, je savais ma position et ce que j’allais faire ensuite… L’exercice dura un long moment puis elle finit par me faire arrêter. J’étais à bout de souffle et ma hanche me lançait, comme pour me dire d’arrêter. Lichia enleva mon bandeau et afficha son sourire de satisfaction.

- Tu progresses bien. Ta hanche te retient mais nous passerons bientôt à la vitesse supérieure. D’ici deux semaines nous retournerons en ville et tu t’entraîneras avec les autres membres de la troupe jusqu’à ce que je considère que tu sois prête.

Je me contentai d’acquiescer, j’avais la bouche trop sèche pour parler. Je me désaltérai à l’ombre du promontoire rocheux lorsque je repensai à cette histoire d’arme, peut-être Lichia aurait-elle une idée?

- Savez-vous si une arme conviendrait à la danse ?

- Une arme ? Tu veux te servir d’une arme ?

Aïe, elle n’avait pas l’air très contente, je me hâtai de préciser.

- Je me disais juste que ça donnerai quelque chose de différent et comme je ne maîtrise pas encore très bien ma magie…

Elle prit un air songeur et resta quelques minutes sans dire un mot. Elle finit par me regarder de nouveau, un air curieux sur le visage.

- Tu as une idée précise de ce que tu recherches ?

- Pas vraiment… quelque chose de léger et courbe pour aller avec les mouvements je suppose.

- J’ai peut-être une idée pour toi, nous irons voir un forgeron qui n’est qu’à quelques jours d’ici et il te donnera ce que tu recherches. Nous verrons ça lorsque nous repartirons pour la ville, le détour sera court.

Je la remerciai mais elle me mit en garde, elle n’était pas guerrière et n’avait aucune connaissance dans le maniement des armes, j’allais devoir trouver un professeur ou m’entraîner seule si je voulais arriver à me servir d’une lame. Je savais déjà que j’allais devoir travailler durement, un peu plus un peu moins, je n’étais plus à ça près. Le tout était de réussir à faire quelque chose avec l’arme que j’allais prendre, et ça, ce serait sans doute plus complexe que la danse.

Les deux semaines suivantes continuèrent au rythme des exercices et leçons de Lichia. J’avais enfin réussit à créer une aura sur tout mon corps mais elle ne restait jamais très longtemps et n’avait guère l’air dangereuse. La danse fut davantage couronnée de succès et je pris mes aises, maîtrisant les mouvements simples et comprenant les plus complexes qu’elle m’avait imposés. Elle parut satisfaite de mes progrès et décida qu’il était temps de rentrer en ville, nos ressources n’allaient pas tenir éternellement.

Nous partîmes au petit matin d’un pas rapide. Je n’avais plus de douleur à la hanche et avait retiré le bandage, laissant voir une cicatrice blanchâtre d’une quinzaine de centimètres de long. Ce n'était pas très jolie mais je n’allais pas me plaindre, cela aurait pu être bien pire. Lichia mena ainsi le voyage de retour sans hésiter une seule fois, comme si elle connaissait parfaitement ce désert et qu’elle ne pouvait se perdre. Lorsque je lui demandais comment elle faisait, elle me répondit par un sourire énigmatique qui ne m’avança guère. Après trois jours de marche, nous parvînmes à une grotte fermée par une lourde porte en bois. Lichia me la désigna du doigt.

- Voici la forge d’Astrian. Cet homme aime le calme et la solitude, je vais donc t’attendre à l’extérieur. Sois polie et il t’aidera à trouver l’arme qui te correspond.




(((HRP : apprentissage du sort « Aura de feu » par entraînement)))

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Dernière édition par Yliria le Lun 29 Oct 2018 04:02, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'entrée du Désert
MessagePosté: Ven 26 Oct 2018 01:00 
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Le forgeron m'annonça donc la somme que je versai dans sa grande main. Il compta méticuleusement avant d'annoncer que le compte était bon. Il me demanda si j'avais besoin d'autre chose mais je lui assurai que non et il retourna à sa forge en grognant un au revoir à peine audible. Je sortis de chez lui en gardant mes achats dans les mains avant de rejoindre Lichia qui attendait toujours devant. Je ne mis pas mes bracelets, il faisait bien trop chaud pour ça, mais je cherchai un moyen de mettre mon yatagan dans un endroit accessible facilement. Lichia me le nicha dans le bas du dos, légèrement de travers. Je pouvais le saisir et sortir la lame rapidement, ce qui était parfait.

Après cela, nous sommes reparties en direction d’Exech, marchant toute la journée sous un soleil de plomb. Je remarquai qu’elle buvait peu, contrairement à moi, comme si elle n’avait pas besoin de beaucoup d’eau. Probablement l’habitude de vivre non loin d’un désert et d’y aller régulièrement. Le soir, à l’abri dans la tente, j’examinai mon arme, essayant de m’habituer à la tenir en main sous le regard amusé de Lichia. Je supposai que pour elle, une lame était inutile, mais je voulais mettre toutes les chances de mon côté et ne pas me reposer sur mes lauriers. Tenir une lame aussi tranchante avait quelque chose d’angoissant et d’exaltant à la fois, même si je ne faisais rien avec. J’imaginai la tête de Vyrl, Fyly et les autres quand ils me verraient avec ça, ils allaient être surpris.

Plus tard dans la soirée, je sortis quelques minutes pour essayer quelques mouvements avec la lame. Je ne savais pas trop par quoi commencer alors je fis avec ce que je savais : la danse. Je reproduisis les mouvements d’échauffement en y ajoutant la lame, comme pour prolonger mon bras. Les mouvements tournoyant semblaient particulièrement adaptés à cette arme. Je ne me risquai pas à faire de mouvements compliqués pour ne pas me blesser mais Lichia sortit de la tente à ce moment-là et m’observa quelques instants. Elle resta silencieuse puis s’approcha de moi.

- Tu penses pouvoir faire des mouvements rapides et plus complexes ?

- Pas pour le moment pourquoi ?

Un sourire se dessina sur son visage, comme celui de quelqu’un qui venait de recevoir une bonne nouvelle. Elle n’ajouta rien et me demanda de recommencer, mais en utilisant mon aura de feu sur mon corps puis elle s’assit pour m’observer. Je m’exécutai et inspirai avant de libérer ma magie. Quelque chose ne fonctionna pas et, dans une gerbe de flamme, mon épée pris feu. Je la lâchai en criant de surprise et elle tomba au sol avant de s’éteindre. Lichia s’était levée, inquiète, mais je n’avais rien et la rassurai. Je ramassai l’arme qui ne présentait pas la moindre trace, comme si rien ne s’était passé. Je fus bien incapable d’expliquer le phénomène mais Lichia avait une idée sur la question.

- Certains arrivent à insuffler leur magie dans leur arme. C’est un don rare mais puissant… recommence.

J’hésitai un peu mais son regard me signifia clairement que je n’avais pas le choix. Je repris ma position et inspirai de nouveau avant de libérer ma magie comme la première fois. Il n’y eut aucune gerbe de flamme cette fois, au lieu de ça, une aura de feu m‘entoura comme prévue. Je cachai un léger soupir de soulagement mais la voix de Lichia me fit tressaillir.

- Ne te bride pas, fais la même chose en canalisant la magie dans ton arme !

Elle en avait de bonnes, je ne savais pas comment faire moi ! Elle me dit simplement de visualiser l’arme et de faire la même chose que je faisais lorsque c’était mon corps. Je m’exécutai avec appréhension. Je regardai mon arme et libérai la magie. L’arme s’enflamma, sans aucune gerbe de flammes dangereuses cette fois-ci. La flamme se contenta de suivre le contour de la lame et de l’entourer. Lichia s’approcha de moi et examina la lame quelques instants avant de se tourner vers moi.

- Comment te sens-tu ?

- Bien pourquoi ?

- Normalement la magie épuise, surtout si tu la laisse active un long moment, mais tu n’as pas l’air trop gênée… Tu arrives à l’éteindre ?

- Je peux essayer.

Je me concentrai et imaginai la flamme s’éteindre et elle le fit presque immédiatement. Intriguée je voulus examiner ma lame. Elle n’était pas chaude et aucune trace ne l’avait noircie. Je montrai le phénomène à Lichia qui avait l’air surexcitée.

-Magnifique, tu es pleine de surprise ma chère disciple. Lorsque nous serons en ville, je te proposerai quelque chose, mais pour l’heure, repose toi, nous repartirons tôt demain, plus question de traîner dans le désert.

Je ne compris pas son soudain enthousiasme mais je ne discutai pas. Je me couchai donc en prévision du lendemain.

Il nous fallut trois jours supplémentaires pour parvenir à la sortie du désert, reconnaissable aux pics qui bordaient le sentier qui descendait jusqu’à Exech. Chaque soir, Lichia me fit utiliser ma magie sur ma lame avant de me demander d’effectuer des mouvements de danse qu’elle m’avait appris. Si j’avais commencé en étant peu rassurée, je me rendis vite compte qu’elle faisait en sorte de ne pas choisir de mouvements dangereux et je pus me détendre et entamer une chorégraphie plus élaborée qu’elle voulait que j’essaie. Il y avait de nombreux mouvements circulaires et vrilles, ma tête n’aimait pas trop et j’avais la nausée au bout d’un moment, m’obligeant à arrêter en plein milieu pour ne pas faire un malaise. Lichia ne l’entendit pas de cette oreille et se montra intransigeante.

- Tu ne progresseras pas si tu abandonnes au milieu. On reprend !

Parfois elle avait l’air d’un tyran, mais je l’écoutais quand même, elle avait l’expérience qui me manquait, je n’avais pas le droit de refuser quoi que ce soit venant d’elle. Je repris donc jusqu’à l’écœurement, jusqu’à ce que Lichia soit satisfaite et que je puisse enfin aller dormir. Je ne savais pas ce qu’elle avait en tête mais elle voulait vraiment que j’y arrive, et vite. Je m’effondrais sur ma couche et m’endormais presque aussitôt chaque soir jusqu'à notre sortie du désert.


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