L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: La Bibliothèque
MessagePosté: Mar 28 Oct 2008 14:43 
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La Bibliothèque


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Creusée à même la roche, elle s'étend sur deux niveaux, un rez-de-chaussée d'où s'envolent vers un demi-étage bordé d'une balustrade de nombreux escaliers en colimaçon sculptés. Éclairée par de multiples chandeliers forgés, elle contient la majorité des écrits nains, ouvrages de plus en plus rares de nos temps. Mais on peut y trouver également des écrits humains et même, dans un coin du demi-étage peu fréquenté, des ouvrages elfiques. Tout est lambrissé de cèdre rouge massivement importé d'Imifitil. Un peu partout se trouvent des tables aux pieds ouvragés, des fauteuils pourpres confortables et quelques instruments étranges. Ici, les magiciens qui s’intéressent à la pratique des magies du feu, de la terre et même de glace trouveront certainement leur bonheur dans le savoir nain...

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Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
Pour vos demandes de corrections : C'est là !
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 Sujet du message: Re: La Bibliothèque
MessagePosté: Jeu 30 Avr 2009 12:06 
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<Les rues de Mertar>

Je pousse la lourde porte en pierre de la bibliothèque et pénètre dans le sanctuaire des connaissances de mon peuple. Les étagères poussiéreuses pliant sous le poids des ouvrages s’étendent à perte de vue. Au milieu de la pièce sont disposés de gros fauteuils dans lesquels sont avachis des mages et des guerriers, tous réunis par la soif de connaissance qui les anime.

Mes pas lourds et le cliquetis de ma hache contre ma côte de maille attirent les regards agacés des lecteurs. Sans y prêter attention, je me dirige vers le comptoir derrière lequel roupille un vieillard. Ses lunettes en demi lune ont glissées le long de son nez crochu et gisent au milieu de sa belle barbe blanche.

Je frappe de mon poing sur le bureau et le bibliothécaire se réveille en sursaut.

« Salut à toi, vieil homme ! » dis-je d’un ton enjoué (aussitôt des « chuuuuuuuuuuuuuuut » énervés pleuvent de toute la salle) « Je vais entamer un long périple à travers Nirtim, et je cherche des ouvrages dans lesquels je pourrais trouver des informations pour mon voyage. »

Le bibliothécaire me fixe longuement avant de soupirer bruyamment puis de m’indiquer de son gros doigt le fond de la salle.

Sans grande conviction, je me dirige vers l’étagère du fond. « Voyages » puis-je lire sur l’étiquette collée sur l’étagère. Je commence à farfouiller parmi les livres plus anciens les uns que les autres. Mes yeux se posent tour à tour sur des titres divers : « Voyage en terre du Milieu » « Le Guide du Rodeur – Sur la route de Nirtim » « Un nain chez les elfes »…

Un petit parchemin attire mon attention. Coincé entre deux énormes grimoires, le rouleau semble m’appeler. Je le saisi délicatement et le déroule. Une forte odeur de moisi et de poussière s’en dégage. Je peux lire en haut : Nyr’tel ermansi.
Une gravure représente une ville toute entière suspendue dans les nuages. Les chaumières, les tours, plus belles les unes que les autres, semblent flotter dans les cieux. Tout d’un coup, mon voyage prend un sens, je dois me rendre là bas, voir cette merveille de mes propres yeux.

Je retourne voir le bibliothécaire, qui s’est rendormi. Les quelques claques que je lui administre finissent par le réveiller.

« Comment se rend-t-on à cet endroit ? » dis-je d’un air insistant.
« J’en ai pas la moindre idée » me répond le vieillard « et si vous voulez tout savoir, je m’en contrebalance. »

En un éclair, je dégaine mon marteau et la lance de toutes mes forces contre le comptoir. Celui-ci se fissure avec un craquement sonore. Tous les lecteurs lèvent les yeux de leurs bouquins. Le bibliothécaire répète :

« Je n’ai jamais entendu parler de cet endroit, mais allez voir le vieux Furìn, qui tient le bazar magique, il en saura sûrement plus que moi…»

Je soutiens le regard du vieillard qui baisse les yeux immédiatement. J’adore sentir cette aura de puissance qui émane de moi.

« Si tu mens, je te taillerai les oreilles en pointe avec mon marteau » dis-je d’un air qui se veut menaçant.

« Si vous revenez, j’appelle la milice » répond le bibliothécaire apeuré.

Je range mon marteau dans mon dos, et me dirige vers la porte de la bibliothèque. Le bazar n’est qu’à quelques rues d’ici.

< Les rues de Mertar >

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Krom, Nain, Guerrier, Lvl 1
ma fiche -> http://www.yuimen.net/univers/krom-nain-guerrier-t1152.html


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 Sujet du message: Re: La Bibliothèque
MessagePosté: Lun 22 Aoû 2011 13:28 
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La Milice de Mertar

La Bibliothèque


Le Grimoire


La bibliothèque était en face de la milice, à seulement dix mètres. C’est pour dire qu’Erebor n’eut aucun souci à traverser et rejoindre la bibliothèque. C’était une grande salle circulaire, avec deux ou trois étages. Au centre, des étagères abritaient des milliers d’ouvrages, parfaitement triés et rangés. Il y avait par endroit de confortables fauteuils en velours rouge, et des tables finement sculptées. Quelques lecteurs avides de connaissances y étaient installés et lisaient dans un calme surprenant. Celui-ci était seulement rompu par les chuchotements du libraire qui, du haut de son échelle, rangeait des nouveaux ouvrages.

« En quoi puis-je vous venir en aide, maitre nain ? », dit-il lorsqu’il remarqua la présence d’Erebor.

Il descendit aussitôt de son perchoir. C’était un petit bonhomme, fort d’embonpoint et de barbe respectable. Il portait de petites lunettes rondes du bout de son nez. Il était seulement vêtu d’une petite tunique en cuir sur laquelle étaient fixés de nombreuses sacoches, probablement destinées à porter les écrits.

« En effet. Je cherches des ouvrages très spéciaux … », répondit Erebor

« Vous avez frappé à la bon porte !! Haha », interrompit avec joie le libraire.

« Bien ! J’aimerais me renseigner sur la magie et plus particulièrement sur les runes et leur pouvoir », exposa Erebor.

« Suivez-moi »

Le libraire s’empressa de grimper les escaliers en colimaçon. Il plaça son échelle contre une étagère et du haut de celle-ci, récupéra un ouvrage.

« Voici ce que vous cherchez », dit-il en lui tendant.

C’était un bel ouvrage, très ancien mais très bien entretenu. La couverture était en cuir rouge et la bordure dorée. En gros caractère de bronze est écrit sur l’avant : « Les runes de pouvoir de Skatrek, Haut Seigneur des Runes Anciennes … Edition Limitée. »
Le grimoire était large et contenait prés d’une demi centaine de pages. Il était maintenu fermé par un petit cadenas en bronze. Une petite étiquette pendouillait depuis le cadenas et le pris y était inscrit : 700 Yus. On lui demander 700 Yus pour ce bouquin.

« Je le prend », dit Erebor, impulsivement.

« Bien, suivez-moi », lui répondit le libraire en redescendant les escaliers qui les avait amenés jusque là. Au comptoir, le libraire encaissa la bourse d’Erebor et lui remit le grimoire avec deux clés.
Erebor le remercia beaucoup de son aide et alla s’asseoir sur l’un des canapés libres, à l’étage.

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"Rien n'existe qui n'ait au préalable était pensé" Traité de Faërie, Ismaël Mérindol, 1466


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 Sujet du message: Re: La Bibliothèque
MessagePosté: Mar 13 Mar 2012 11:21 
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Localisation: Mertar
Après avoir traversé les impressionnantes rues de Mertar je me retrouve dans la bibliothèque de cette ville Naine.
La bibliothèque est un bâtiment creusé à même la roche, comme si le savoir des nains se trouve dans l’âme de la montage. Les murs sont magnifiquement ornés de cèdre rouge, sur 2 étages s'empilent des tonnes de bouquins sur tout autant de poussière.
Ce lieu m’inspire, la bibliothèque de Mertar représente totalement ces habitants nains, rustres et oubliés mais plein de savoirs et de sagesse.
Je m'avance à un rayon à tout hasard puisqu’il n'y a strictement aucune indication sur les étagères.
Je regarde la tranche les livres en espérant tomber sur un recueil de poésies, mais je sens une présence familière je me retourne, et après avoir seulement aperçue une lueur rouge scintillante passer devant mes yeux, un ouvrage qui pèse un poids phénoménale s'écrase sur ma tête.

« Aie ! »
Criai je, ça fait mal j'ai l'impression que l'on m'a écrasé une brique sur la tête

Je regarde le livre, la couverture est d'un marron hideux et porte comme titre « Le voyage de la spiritualité Tome 1 », cela m'intrigue, la curiosité prend le dessus et je m'assois sur un fauteuil juste à coté et commence à lire cet ouvrage.

(((après quelques heures de lecture Belookane finit de lire ce tome.)))


Passionnant, littéralement passionnant ! Cette œuvre biographique parle d'un homme nommé Sank Yackes, c'était un homme d'une sagesse incomparable, ce premier tome parle de ce qui l'a motivé à faire ce long voyages qui résume sa vie ; trouver LE dieu auquel il vouerait sa vie, pour accomplir cela il voyagea de temple en temple pour découvrir toutes les divinités de yuimen.
Je me demande combien il y a de tomes pour raconter son histoire celui-ci est déjà tellement complet alors qu'il ne comte que le début de son périple.
Je me mets donc à rechercher ardemment d'autres livres de Sank Yackes.

(((après 1 heure de recherche)))

Je ne trouve rien, et bien sur je n'aperçois aucun bibliothécaire, je parcours les rayon à la recherche de ce dernier...
Ne trouvant pas la personne que je cherche je me retourne brusquement et me cogne contre un homme, je lève les yeux et reconnais l'homme qui m'avais aidé à la milice, les cheveux rouge-sang, un bandeau blanc, une tunique rose et noire avec un ample pantalon blanc-crème, aucun doute possible c'est bien lui, bizarrement le petit chaton qui m'escorte semble très agité à la vue de cette personne.

« Tiens bonjours, Belookane, comment vas- tu ?  Tu as trouvé un nouveau compagnon pour te suivre dans ta quête ?»
Me sort naturellement l'homme aux cheveux chatoyants, cela ne le surprend même pas que l'on se croise ici alors que je lui avais dit que je me dirigeais en direction de cuilnen.

« Je vais bien merci, même si j'ai eu un petit problème sur le chemin de cuilnen, je suis contente d’avoir découverte cette bibliothèque, sinon pour répondre à ta deuxième question ce petit chat me suis depuis Kendra kâr et sa compagnie m'est très précieuse . »

Lui réponds-je.

« Oui, c'est une bonne bibliothèque, je viens régulièrement ici, même s'ils sont malheureusement mal fournis en poésie, as tu trouvé quand même ton bonheur?. »
Me demande-d’il avec toujours le même ton enjoué.

Il veut m'aider je vais en profiter pour lui expliquer mon problème :
« Oui j'ai trouvé une biographie d'un homme fabuleux appelé Sank Yackes, mais je n'ai trouvé que le tome 1, saurais tu où se trouve la suite ?. »

L'homme pour répondre à mes attentes m'explique :
« En tout cas ils ne sont pas ici, mais je connais bien l'histoire de ce sage voyageur, en parcourant les bibliothèques du dyuimen tu finiras sûrement par trouver les tomes suivant, mais je peux déjà te conter une légende à propos de ce pèlerin, il aurait transmit toute sa sagesse dans de multiples objets qui décima dans tout yuimen, il est dit que le fait de rassembler ces objets permet à son possesseur de ressentir l'infinie expérience de Sank Yackes et ainsi d'atteindre la sérénité absolue. »

La sérénité absolue, plus aucune peur pour entraver ma recherche de la Beauté, plus aucune barrière, comme cet homme je pourrai étudier dans le don total de soi.
Et si cette légende se révèle être vraie cela serait pour moi le moyen d'arriver à mes fins, mais par ou commencer ?

L’inconnue me voyant songeuse reprend :
« Quand tu seras décidée à partir passes me voir à l'auberge tu y seras attendue l'homme de maison t'indiquera ma chambre, je t'aiderai à planifier ton départ. »

C'est sur ces paroles que l'homme s'éclipsa Mais pourquoi je ne me souviens pas de lui, même son nom ne me revient pas, pourtant nous avons du être proches tous les 2, sinon pourquoi m'aiderait il ainsi ?
M. le chat est redevenu calme aussitôt après son départ, si seulement nous pouvions communiquer, je suis persuadée que son avis me serait utile.


l'univers chaque fois me rappelle à la vie

j'ai répondu présent à son désir puissant

mais faites qu'en ce jour candide et fleurissant

je demeure sans force, sans voix et sans répit

atténuez le feu qui trouble ma raison

que ma sagesse seule agisse sur mon âme

que je ne ressente plus cet continuel vague à l'âme

que je puisse rejoindre sans peur l'horizon

_________________
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L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu.


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 Sujet du message: Re: La Bibliothèque
MessagePosté: Mar 10 Fév 2015 22:11 
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Localisation: Mertar
Depuis les rues de Mertar

La bibliothèque de Mertar. Une solide arche oblique de granit, d’une taille formidable, semblait reposer à même la roche de la montagne, signalant l’entrée de la bibliothèque. En son centre, se découpait deux épaisses portes de pierre, si lourdes que bien des Thorkins devaient pousser pour les manœuvrer au matin et au soir. Encadrant l’ouverture, deux statues ancestrales se tenaient de part et d’autres, gardant loyalement l’accès à ce lieu de savoir. Représentant deux ancêtres lointains de la cité, ils n’avaient que pour armes des livres épais et un air terriblement sérieux, figé dans la pierre. Et ceci avec tant de réalisme que Tarkin s’efforça soudainement de faire moins de bruits en y pénétrant.

Peut-être que ces statues n’étaient là que pour garantir le calme du lieu : il y régnait en effet un silence feutré, uniquement perturbé par le rythme lent du papier que l’on manipule et le frottement délicat des robes des mages. Ces derniers, qui devaient bien être les principaux occupants des lieux, naviguaient dans l’odeur omniprésente de vieux papier et de lumières tremblotantes des chandeliers de bronze avec une troublante aisance. Une demi-douzaine d’entre eux se tenaient là, et ils ne se privèrent pas de lancer un regard inquisiteur à l’intru quand le cliquetis de son attirail se fit entendre. Sauf l’un d’eux.

‘’ Tarkin, viens donc ici ! ‘’ Murmura le mage, aussi fort qu’il puisse le dire sans s’attirer l’ire des autres lecteurs.

Se rapprochant, Tarkin déposa Dworkilin et son sac aussi délicatement qu’il lui fut permis de le faire. Le mage les contempla d’un air triste.

‘’ Alors c’est bien aujourd’hui que tu pars, hein ? ‘’

‘’ C’est bien ça, Pense-Bête. Il n’y a pas assez de place dans cette cité pour mon ambition. Le monde, ça me parait déjà bien plus vaste. ‘’

Le dénommé Pense-Bête (une petite histoire impliquant des œufs de poules et un gobelin), de son vrai nom Dolgari, referma le livre qu’il était en train de lire. « De la nature des Fluides ».

‘’ Ce qui m’attriste le plus, après voir un ami s’en aller, c’est la perspective de ne plus entendre ton chant. Il va me falloir trouver une nouvelle muse. ‘’

Un sourire complice plisse les commissures de leurs lèvres respectives.

‘’ Tu as déjà trouvé une caravane pour partir d’ici ? ‘’

‘’ Je pensais y aller après t’avoir parlé. ‘’

‘’ Hum, j’ai peut-être quelqu’un à te proposer alors. Il y avait tout à l’heure deux drôles de personnages dans la bibliothèque. Un Sinari bien habillé et particulièrement jovial – je pense que tu t’entendrais bien avec lui -, et un grand homme silencieux qui l’accompagnait. Le premier recherchait des ouvrages sur l’histoire de notre peuple et de la cité, il se disait historien ou quelque chose comme ça… Apparemment, leur caravane à tous deux partirait aujourd’hui. D’après ce qu’ils m’ont dit, leur caravane a l’air d’être l’une des plus fiables du moment. ‘’

Tarkin hocha la tête, approuvant le conseil de son ami.
Une bonne demi-heure de discutions plus tard, Tarkin sortit de la bibliothèque, se mettant désormais en route pour la Grande Place de Mertar.

_________________
Tarkin Malachite / Guerrier Thorkin / Machiniste Curieux


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 Sujet du message: Re: La Bibliothèque
MessagePosté: Ven 26 Juin 2015 21:42 
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Localisation: Mertar
Vers la bibliothèque

Aussitôt que je rentrais dans le bâtiment, une puissante odeur de parchemin s’empressa dans mes narines. Une odeur de vieux. Une odeur dont, je dois l’avouer, je n’avais guère l’habitude.

D’imposantes rangées d’étagère de cèdre rouge surchargées de parchemins et de codex en tous genres s’alignaient à intervalles régulier dans l’immense pièce. Entre elles, des tables de lectures faites de la même essence offraient à qui le voulait un espace calme où lire en toute tranquillité. Des chandeliers de fer forgé illuminaient la bibliothèque, lui conférant une atmosphère hors du temps. Quelques thorkins étaient assis, ça et là, plongés dans leurs ouvrages. Réprimant un soudain

éternuement causé par la poussière flottant dans l’air ambiant, je me mis à parcourir les étagères. Comme j’étais déjà venu ici lorsque j’étais encore à l’école, je me souvenais à peu près où se trouvait la section « Histoire et culture » où j’espérais trouver ce que je cherchais. Je parcourus les différents codex soigneusement rangés les uns à côtés des autres. Entre « Poésie épique de tradition thorkine » et « Histoire de la fondation de Mertar », je trouvai un épais ouvrage sobrement intitulé « Tradition picturale des races de la surface ». Je sortis le livre de l’étagère avant de le poser sur une des tables de cèdre. Je me mis au travail et commençai à tourner les pages du manuscrit. Y étaient répertoriés de nombreux symboles de diverses traditions, ainsi que des analyses sommaires de leur usage et de leur signification. De nombreuses heures s’écoulèrent sans que je ne m’en rende compte, tout absorbé dans ma recherche que j’étais. Mais ce fichu scorpion que portait notre agresseur ne figurait nulle part. Découragé, je refermai le manuscrit avant de le remettre en place et de mettre en quête d’un autre.
Après quelques minutes de recherches, je dégotai « Dictionnaire des symboles cultuels des races faibles ». Reprenant espoir, je me saisi du codex et commençai à l’étudier. Après encore un long moment, je trouvai enfin une page traitant du symbole du scorpion, en général. Le texte en glyphes faisait état de l’usage de ce genre de symboles chez les garzoks, dans le cadre du culte du dieu Thimoros.

Mais non, les thorkins étaient une race fière et aucun de ses représentants ne s’abaisserait à se prosterner devant le dieu de la destruction, aussi dégénéré soit-il. De plus, le texte faisait clairement référence aux orques. Mais ils n’étaient pas les seuls à adorer le dieu sombre… Non, non, je faisais fausse route.

Laissant tomber l’idée de retrouver ce symbole dans les livres, je remis l’ouvrage à sa place et m’apprêtai à quitter la bibliothèque. Après tout, il ne s’agissait peut-être que d’une marque de gang, voire d’une fantaisie personnelle de la part de notre captif.

Une piste?

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 Sujet du message: Re: La Bibliothèque
MessagePosté: Dim 9 Oct 2016 13:52 
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La bibliothèque de Mertar impose son cadre flamboyant, tant par ses lustres que ses lambris, au visiteur. Des sommes de connaissance sont entreposées là, sur les rayonnages, dans cet écrin de pierre dont les bâtisseurs ont tiré le meilleur pour que les écrits ne souffrent jamais de l’humidité. Cependant, c’est vers une alcôve plus confidentielle que se rend Gorim, à la recherche de connaissances bien spécifiques. Deux gardes de la ville, expérimentés, lourdement armée, assurent une faction vigilente devant une porte aussi solide que celle d’une chambre forte, tout de chêne dense renforcé d’acier, solidement ancrée dans la roche. A l’intérieur, une pièce rendue exigüe par les étagères qui la cerclent n’est meublée que d’une table et d’un pupitre de scribe. Deux gardes encore prennent leur part de l’espace, et le thorkin gardien des lieux, une Barbe Blanche, occupe sa part. Pas la moindre flamme en ces lieux, juste un orbe enchanté pour dispenser une lumière douce. Pas de fenêtre non plus, la pierre clos ce sanctuaire. Des savoirs précieux sont déposés à la bibliothèque, mais pas autant que les registres de la ville. Chaque transaction, chaque héritage, tout ce qui concerne les tunnels, les demeures, les échoppes, le foncier d’une ville qui s’étend en hauteur, en largeur, en profondeur, en strates et boyaux, est recensée. Mélange d’un savoir ce clerc et de mineur, les termes rendent compte de cette réalité si proche encore d’une mine : comment qualifier à quelle couche de la roche s’arrête la propriété de l’un, et commence celle de l’autre, quelques mètres en dessous ? Quelles sont les règles à appliquer à l’aménagement de chacun, sachant qu’une cave étendue peut entrainer l’effondrement du salon d’un autre ? Voilà pourquoi nul n’entre avec une plume, ni de l’encre, ni même un morceau de charbon, dans les archives de la ville. Voilà pourquoi les gardes épingleront de leurs larges glaives les thorkins au comportement suspect avant même de se poser la question de leurs intentions. Gorim a pu entrer grâce à son statut de milicien, et le gardien des tomes le reçoit de mauvaise grâce. Ne tiendrait qu’à lui et à ceux de son sacerdoce, personne ne poserait les yeux, sinon eux, sur ces lignes presque sacrées tant elles sont vitales. Mais cette connaissance peut s’avérer utile. Même pour une enquête. Pour confirmer une intuition par exemple.

Eplucher l’histoire des niveaux de la cité s’avère presque plus ennuyeux encore que feuilleter les registres de la garde à la recherche des vols recensés… Pour un jeune milicien, peu au fait de la forme de ces archives, peu enclin à demander de l’aide à un scribe antipathique, la première difficulté est comprendre comme les larges parchemins sur lesquels figurent les plans se replient en une page au format du tome. Puis, ce tour de main pris, ce sont les signes indiquant la qualité de la roche, la profondeur de la taille, les différentes successions à travers les générations, les autorisations d’étendre l’habitat, qu’il faut prendre en considération. Fort heureusement, l’orgueil thorkin lui facilite la tâche : qu’une famille influente possède un volume de la cité, ou qu’elle soutienne une vente, se porte caution pour un de ses clients, et son nom figure aux côtés des différents partis engagés dans la transaction.

Puisque la ville est un espace clos, empilé, mêlé, Gorim en est venu à se demander si tirer le fil que lui a tendu son beau-frère n’est pas l’occasion de démêler toute la pelote. Si les Noir-Bélier sont d’une manière ou d’une autre derrière une affaire destinée à nuire à leur concurrent, s’ils n’ont pas fourni les bras, ils ont au moins pu apporter un support logistique. Pas question de trimballer une cargaison entière de fûts sur de longue distance : si quelqu’un avait, par hasard, découvert le vol plus tôt, il aurait eu tôt fait d’avertir les patrouilles, qui se seraient mises en chasse dans les couloirs. Un chariot ne peut emprunter que certains passages, donc tout transporter d’un coup aurait certainement limité les possibilités. Une ribambelle de thorkins chargés comme des mulets est tout aussi peu discrète dans sa fuite. Alors les fûts ne sont peut-être pas allés bien loin. C’est ce sur quoi l’apprenti milicien table pour résoudre son affaire. Pas loin en haut, pas loin en bas, pas loin sur le côté, voilà ce qu’il lui reste à déterminer.

La strate de l’Enclume Etincelante renvoie à plusieurs autres registres du même quartier, mais pour d’autres strates. En effet, le volume qu’elle occupe était autrefois une seule et même propriété qui, au gré des héritages, par voie d’alliances, s’est scindée, a été vendue par lots à d’autres. Et il apparaît sur le plan que la taverne n’est pas exactement au dessus de sa cave. Descendant d’un étage supérieur, un puits de communication, comblé selon les plans, permettait d’accéder à la cave. Depuis une boutique de cordonnier, possédée en partie par… Les Noir-Bélier.

(J’ai sondé les murs, mais pas les plafonds… Comment auraient-ils pu procéder ? Vider le remblai ? Descendre ? Ouvrir le plafond, remonter les tonneaux ? Tout ça pour… quelques tonneaux ?)

Le chantier est accessible à n’importe quel nain bien organisé, disposant de quelques bras, de cordes, de poulies et d’un moyen de faire disparaître les gravats. Rien qui soit hors de portée d’un clan influent. Mais rien qui soit nécessairement du goût des autorités. Au-delà du simple méfait, pouvoir passer d’un étage à un autre ainsi, en toute impunité, rouvrant des voies depuis longtemps closes, constitue une entorse grave aux règles qui régissent la bonne tenue de la cité, et font la distinction entre un vulgaire fromage rongé de toute part et une fière cité thorkine solide pour les siècles à venir.

(Mince…)

Voir son intuition se confirmer n’est pas nécessairement quelque chose qui réjouit Gorim. Autant mettre la main sur une poignée de voleur aurait pu le réjouir, autant commencer à chercher des noises à un clan… Cela ne relève clairement pas de ce que son statut l’autorise à faire…


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 Sujet du message: Re: La Bibliothèque
MessagePosté: Sam 2 Sep 2017 19:27 
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Dans le chapitre précédent…

Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXV.2 : L'enquête


Les deux amis se dirigèrent vers la Bibliothèque et après quelques indications fournies par des Thorkins visiblement de très bonne humeur, ils y parvinrent en un gros quart d'heure. Evidemment, la compréhension des écrits étant plus l'apanage des riches que des pauvres le bâtiment profondément enfoncé dans la roche se trouvait dans la cité Haute. En rentrant par la porte principale, c'est une vaste pièce sur deux étages qui s'offrit à eux. Deux escaliers taillés à même la roche encadraient les quelques marches menant à la grande pièce d'étude. Celle-ci était chaleureusement éclairés par quantité de chandeliers de fer forgés incrusté dans tous les supports de pierre possibles. Les deux escaliers menaient à un étage garni essentiellement de bibliothèques de bois rouge et dont une balustrade ceignait le contour, donnant sur la salle en contrebas. A intervalles réguliers, de petites niches étaient aménagées avec des tables du même bois que les étagères et de confortables sièges. La salle du bas respectait la même structure bien que son centre fût lui constitué également de longues tables de bois (rouge évidemment).

Cherock s'approcha de ce qui faisait office d'accueil et demanda les modalités pour pouvoir consulter les ouvrages présents. Il fut surpris de voir que rien de tout cela n'existait, pour la simple et bonne raison que la bibliothèque n'était fréquentée que par des habitués peu nombreux ou des étrangers qui ne venaient qu'une seule et unique fois.

« Nous avons tout de même des gardes pour dissuader tout voleurs, informa le nain qui les avait aidés jusque-là en indiquant deux nains aux mines patibulaires et étonnamment grands. (Enfin, grands pour des Thorkins.) pensa avec amusement Cherock.

- Dans ce cas, pouvez-vous alors nous indiquez quel rayonnage serait le plus à même de nous fournir des informations sur les métaux élémentaires ?

- Mmmh, les métaux élémentaires dites-vous ? Ce n'est pas dans mon secteur. Je m'occupe des rangées de l'étage principal voyez-vous. Demandez à ma collègue avec la tunique verte là-bas, c'est la bibliothécaire des rayonnages supérieurs. S'il existe le livre que vous cherchez, c'est elle qui pourra vous l'indiquer.

- Merci monsieur ! » répondirent de concert les deux amis avant de se diriger vers les deux visiteurs avant de se diriger vers la naine en question.

Celle-ci leur indiqua très poliment un rayonnage sur la rangée de droite, rayonnage dit du « Minage et ses applications ». Elle leurs conseilla de chercher vers les étagères supérieures, les métaux élémentaires étant peu commun et donc les livres y traitant étaient moins consultés.

« Vu votre taille, vous n'aurez aucun mal à y avoir accès. » plaisanta-t-elle avant de se remettre à sa tâche, la restauration d'un ouvrage qui avait l'air aussi vieux qu'abimé.

Cherock et Hïo se rendirent vers le rayon indiqué et y trouvèrent quantités d'ouvrages. (Rien d'étonnant pour un peuple de mineurs vivant dans une montagne.) pensa Cherock. Ils se mirent donc à chercher tous les ouvrages qui pouvaient traiter à la Faerunne tout d'abord, puis ratissèrent plus large avec les métaux élémentaires, leurs extractions, etc…

Comme l'avait conseillé la bibliothécaire, les ouvrages du haut de l'étagère concernaient bel et bien les métaux moins communs, mais aucun ne concernait en particulier la Faerunne. Plusieurs en revanche concernaient le Keraunos, métal de leur dieu fétiche, ou bien le mythril. Hïo ajouta à ce sujet qu'un dicton disait que là où le mythril se trouvait, les Thorkins n'étaient jamais loin… A moins que ce ne soit l'inverse. Après avoir trouvé plusieurs ouvrages pouvant les renseigner, Cherock alla s'installer dans une petite alcôve munie d'une table (de bois rouge, évidemment) et de confortables sièges rouges également, bien que peu adaptés à leur taille humaine.

Pendant deux heures, Cherock éplucha une dizaine de livres. Hïo lui ramenait constamment des livres en s'aidant des mots clés que son ami lui avait donné, même s'il se trompa parfois. Habitué à l'exercice de la lecture, le fulguromancien parcourait rapidement les différents ouvrages qui passaient dans ses mains, s'aidant de la table des matières quand celle-ci était présente. Ce n'était toujours pas le cas, alors il parcourait rapidement quelques lignes à différentes pages, s'arrêtant quand des mots tels que « Extraction », « Métaux élémentaires » ou « Faerunne » étaient présents.

A la fin de ces deux heures, la bibliothèque s'était bien vidée. En entendant les bruits que faisaient son estomac, Cherock estima que lui aussi s'était bien vidé et que l'heure de retourner chez Brumal manger un bon repas chaud était venue. Leurs recherches avaient apporté quelques informations plutôt intéressantes. (Bon. J'aurai dû y penser plus tôt, la Faerunne n'est jamais profondément enfoncée dans une paroi. Pour que le fluide d'air puisse le toucher, le fer ne doit pas être séparé de l'air libre par une trop grande couche de roche. Du coup, creuser aussi loin comme ce que l'on faisait, c'est une perte de temps. Et ensuite, la Faerunne n'est pas forcément dehors. Le traité sur les « Extractions minières avancées » de Yuori Marteau de Bronze mentionne les courants d'air parfois violents qui s'engouffrent parfois dans les galeries. Il dit aussi avoir parfois trouvés de la Faerunne dans des conditions pareilles. Ca agrandit notre périmètre de minage, mais on pourra cibler plus efficacement nos zones d'extraction.) L'esprit un peu embrumé, Cherock rangea le Traité de Yuori Marteau de Bronze avant de se diriger vers l'un des escaliers suivit de Hîo.

Alors qu'il s'en approchait, de nombreux claquements de bottes retentirent dans le hall d'entrée de la bibliothèque, accompagnés des murmures des rares Thorkins encore présents dans le bâtiment. Le mage de foudre arrêta son ami d'un bras pour apercevoir ce qui pouvait bien provoquer autant d'agitation. Il se pencha en avant pour regarder par-dessus la rambarde et se retrouva juste en face de Rifa Cime Haute qui avait manifestement prévue de prendre le même escalier que lui.

« Vous… ! » dit l'Exarque.

A suivre…

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Dernière édition par Tergeist le Sam 2 Sep 2017 21:07, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Bibliothèque
MessagePosté: Sam 2 Sep 2017 21:05 
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Chapitre XXVI.1 : L'Exarque et le Marteau


Statufié par une vision aussi belle que troublante, Cherock suivit des yeux l'Exarque alors qu'elle montait les dernières marches en colimaçon pour se trouver face au fulguromancien. Celui-ci ne remarqua même pas les deux gardes nains qui suivaient la jeune femme, armés de lourdes hallebardes réhaussées d'or et pourvu d'un ruban violet attachés au bout de la hampe. Cherock détailla rapidement l'Exarque, remarquant que malgré sa part de sang thorkin, elle faisait tout de même un mètre soixante environ. Il remarqua qu'elle avait également troquée sa robe de voyage pour un ensemble aussi élégant que pratique, un pantalon de soie blanc striée de fil d'or ainsi qu'une tunique pourpre elle aussi rehaussée d'or dévoilant ses épaules. Une ceinture dont la boucle dorée représentait un bouclier frappé d'un éclair ceignait sa taille fine. Tout cela en moins d'une seconde, le temps que Cherock se reprenne avant de s'attarder plus que prévue sur ses courbes féminines bien mieux mise en valeur que lors que de son arrivée. Le mage s'écarta pour la laisser passer, en s'inclinant main gauche sur le cœur et le bras droit le long du corps, à la manière d'un Oranais. Il vit du coin de l'œil que Hïo l'avait imité au même instant.

« Exarque.

- Comment oses tu t'adresser ainsi à sa Sainteté l'Exarque ?! vociféra l'un des gardes en pointant la pointe de sa hallebarde sous le menton de Cherock.

- Veuillez m'excuser, je ne suis pas au fait de l'étiquette pour s'adresser à sa Sainteté l'Exarque. Pardonnez mon ignorance.

- Laisse, ordonna d'une voix mélodieuse l'Exarque au garde. Je connais les coutumes Oranaises et d'après leur salut, ils viennent de là. Je me trompe ?

- Non, Sainte Exarque. C'est la raison pour laquelle je me suis adressé à vous par votre titre, comme nous le faisons à Oranan.

- Je connais également cette coutume. Relevez-vous et dites-moi plutôt ce que font deux humains aussi loin de leur foyer dans notre belle cité. »

En se relevant, Cherock aperçu que malgré le ton mélodieux et la voix douce de leur interlocutrice, ses yeux n'avaient rien d'amical. (Mais par Valyus, qu'ils sont beaux…) ne put s'empêcher de penser le jeune homme.

« Votre Sainteté, je m'appelle Hïo Hamatori et voici mon ami Cherock O'Fall, se présenta Hïo après s'être lui aussi redressé. Nous sommes à Mertar pour trouver de la Faerunne. Nous souhaitons en effet ajouter un Instru'Vent à nos Messes Ranaïques.

- Oh, c'est donc le temple de Rana qui vous envoie ? »

(Elle sait déjà tout ça, ça se lit sur son visage.) pensa Cherock, il décida cependant de jouer le jeu et répondit : « Tout à fait.

- Et vous êtes à la bibliothèque pour… ?

- En apprendre plus sur la Faerunne. J'y serais bien resté pour admirer plus en profondeur les ouvrages dont elle semble regorger, mais cette passion ne se prête pas à la situation. Le temps nous fait défaut malheureusement. »

Durant un instant, une lueur d'intérêt sembla briller dans les yeux de l'Exarque, mais celle-ci s'éteignit rapidement, l'Exarque se reprenant pour adopter de nouveau son regard de glace.

« Voyez-vous ça, Monsieur O'Fall est un amateur de lecture ?

- Ce n'est qu'une modeste passion, dit humblement le mage. Mais je vous retiens pour de maigres futilités et votre temps est précieux, je vais donc prendre congés.

- En effet. Au revoir messieurs. » dit-elle avant de s'éloigner alors que les Oranais se penchaient sur son passage.

Les deux amis se tournèrent et descendirent les escaliers. Alors qu'ils allaient passer les portes de la Bibliothèque, la voix de l'Exarque résonna dans l'air de la salle.

« Monsieur O'Fall !

- Votre Sainteté ?

- Les fluides de foudre n'ont aucun secret pour moi et j'en sens en vous. Pourquoi un manipulateur de fluide de foudre est-il à la solde de Rana ?

- Je ne suis à la solde de personne, répondit Cherock en se retournant. Je fais ce qu'il me semble être juste. C'est pour ça que je remercie autant la déesse de ma ville par mes actes que Valyus par ma foi pour ce présent que je porte depuis ma naissance. »

Sans attendre la réponse de l'Exarque, Cherock sortit du bâtiment.

A suivre…

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 Sujet du message: Re: La Bibliothèque
MessagePosté: Ven 8 Sep 2017 02:07 
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Arc du Souffle du Voile

Chapitre XXVII : Mise en Garde


Au petit matin, Cherock passa les portes de la bibliothèque lorsqu’il constata avec plaisir qu’elle était déjà ouverte malgré l’heure. Il avait eu du mal à se séparer de Hïo, celui-ci refusant catégoriquement de le quitter en avançant le conseil du milicien de rester groupé. Il fut convaincu bien à contre-cœur par Cherock qui lui dit que la masse des mineurs Thorkins qui l’entourerait lui fournirait toute la protection qui lui faudrait, surtout depuis que ces derniers sont bien plus amicaux depuis l’épisode du Gahkaï. Quant à lui, il veillerait à rester dans des artères fréquentées et saurait se défendre bien plus efficacement avec sa magie grâce à son augmentation de fluide et sa nouvelle capacité.
Rangeant les gants renforcés dans une de ses poches, il approcha du bibliothécaire à la réception et vit que celui-ci avait pâle figure : traits tirés et grosses cernes sous ses yeux.

« Bonjour ! Dites donc, vous avez une sacrée mine !

- A qui le dites-vous ! La nuit a été longue… répondit le bibliothécaire en se frottant les yeux comme pour appuyer ses propos.

- Je cherche des informations sur le Marteau Runique et sur le roi de l’époque, Doure Barbe Ecarlate.

- Le Marteau de Valyus ? Je crains que nous n’ayons rien y traitant, je m’occupe de tout ce qui attrait à nos trésors. Quoi qu’il n’ai pas vraiment eu le temps de devenir un trésor… Cependant, nous avons quelques ouvrages traitant de nos bons rois, la plupart des biographies. Demandez une nouvelle fois à ma collègue, elle saura vous indiquer les bons livres !

- Merci ! Profitez du calme pour faire une petite sieste !

- Je vais suivre votre conseil, mais seulement lorsque l’Exarque sera parti… »

(L’Exarque ? Elle est encore là ?) pensa l’enchanteur en se dirigeant vers les escaliers. Il grimpa les marches en cherchant du regard la jeune femme et les deux gardes patibulaires, mais ne les trouva pas. Il traversait l’étage à la recherche de la bibliothécaire lorsqu’une jeune femme à la chevelure blonde en bataille sortit de la rangée deux rangs devant lui, vint dans sa direction la tête penchée et percuta avec le torse de Cherock. Si celui-ci reconnut instantanément l’Exarque, ce ne fut pas le cas pour elle. Surement surprise de percuter quelqu’un plus grand qu’elle dans une cité de nains, elle leva la tête et posa des yeux embrumés de fatigue sur le jeune homme qui resta interdit devant une situation aussi inhabituelle. Pendant deux secondes qui semblèrent en duré 200 pour le jeune homme, les deux individus se regardèrent dans les yeux sans rien dire. L’un était trop gêné, l’autre pas assez réveillée. Réveil qui arriva assez rapidement lorsque la jeune femme le reconnut, rougit violemment et hurla en posant sa main gauche sur le ventre de Cherock : « DEGAGE ! »
Un mur. C’est comme si Cherock venait de se prendre un mur en pleine face. Une violente poussée le projeta en arrière et lui coupa le souffle, l’allongeant sur le sol cinq mètres plus loin. Un instant, sa vue se troubla et lorsqu’il put de nouveau voir clairement, c’est pour voir la lame courbée d’une hallebarde braquée sur sa poitrine. Au bout de la hallebarde, un des gardes nains de l’Exarque. Et derrière le garde, l’Exarque elle-même.
« Monsieur O’Fall, que faites vous ici ? demanda la jeune femme.

- Je…

- Attention mon bonhomme, tente rien de suspect ! Je t’ai à l’œil ! menaça le garde en pressant un peu plus son arme contre la poitrine et la gorge de Cherock qui, du coup, avait bien du mal à parler.

- Calme-toi et laisse le parler.

- Mais, votre Sainteté…


- J’ai dit : Laisse-le parler. » insista Rifa Cime Haute en prenant un ton bien plus autoritaire.

Le soldat déglutit bruyamment et recula en relevant son arme de la poitrine du fulguromancien qui put de nouveau respirer sans se couper.

« Comme je le disais, votre Sainteté, je suis de retour à la bibliothèque pour faire de nouvelles recherches et je cherchais la bibliothécaire de cet étage.

- Oh, je vois. Et sur quoi porte vos recherches aujourd’hui ? répondit l’Exarque d’un ton neutre.

- Le Roi Doure. Puis-je vous posez une question moi aussi ?

- Quelle est-elle ?

- Ca vous arrive souvent d’envoyer voler de manière aussi gratuite les personnes que VOUS percutez ?! » demanda Cherock un peu trop abruptement.

Le garde n’apprécia absolument pas le ton de la question et s’avança rapidement vers le jeune homme toujours à terre, la bave aux lèvres. (Il va m’étriper.) pensa Cherock en voyant le garde littéralement écumer de rage avant que l’Exarque ne le retienne d’un bras.

« Calme toi Sid, il a tout à fait raison. Je l’ai attaqué sans la moindre raison valable et je m’excuse pour cela. » L’Exarque se pencha sur le jeune homme et le regarda droit dans les yeux, un sourire au coin d’un lèvre et une étincelle amusée dans le regard.

« Cela fait bien longtemps qu’on ne m’a pas parlé aussi franchement, les gens savent que je suis l’Exarque et prennent peur. Ils me prennent également avec des pincettes, si bien que je ne sais plus trop si on m’apprécie ou si on me craint lorsqu’on s’adresse à moi. J’apprécie donc votre franchise. Néanmoins… » dit Rifa Cime Haute alors que son expression se durcissait et que l’air autour d’elle devenait saturée d’électricité statique. « Néanmoins, je SUIS l’Exarque. Je vous pardonne pour cette fois-ci, mais si vous vous avisez encore une fois de vous adresser à moi sur ce ton, vos pitoyables fluides de foudre ne vous protégerons pas du déluge d’éclairs que je ferai s’abattre sur vous. Vous m’avez bien compris, monsieur O’Fall ?

- Limpide, votre Sainteté.

- Parfait. Eh bien, bonne journée, monsieur O’Fall. »

Après un regard dédaigneux et un sourire amusé, la jeune femme passa à côté du jeune homme et descendit les escaliers, suivit de près par ses deux gardes dont l’un lança un regard mauvais et dont les intentions hostiles étaient tout sauf discrètes. Cherock se releva en grimaçant : le choc avait été violent et ses côtes en vibraient encore. Bien heureusement, il ne semblait pas souffrir d’une quelque fracture. Sortant de derrière une étagère, la jeune bibliothécaire Thorkin vint à sa rencontre en courant. (Elle aussi n’a pas l’air d’avoir dormie.) pensa Cherock à la vue des poches sous ses yeux.
« Par Valyus, Monsieur, vous n’avez rien ?

- Merci Mademoiselle, mais ça va allez, juste quelques douleurs.

- Qu’avez-vous bien pu faire pour la mettre à ce point en colère ? demanda-t-elle un peu effrayée.

- Rien du tout ! j’étais juste sur son chemin et elle m’a percutée sans que je puisse l’éviter ! se plaignit l’enchanteur en se massant les côtes, grimaçant quelques peu.

- Le plus important est que vous n’ayez rien en fin de compte. Vous me cherchiez donc ?

- Oui, je souhaiterai consulter tous les documents qui concerne le Roi Doure Barbe Ecarlate.

- Le Roi Doure ? Ne cherchez pas plus longtemps, vous trouverez tout ce qu’il vous faut sur le rayonnage à votre gauche ! Il contient tout ce qui attrait aux différents rois et autres dirigeants que Mertar a connu. Plus vous vous enfoncez dans l’allée, plus les rois seront vieux. Doure a régné il n’y a pas si longtemps, vous trouverez donc sans peine ce que vous voudrez au début de la rangée. Bien, si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis dans le hall ! Rester éveillée toute la nuit pour être disponible pour l’Exarque m’a épuisée…

- Je comprends, reposez-vous bien ! » répondit amicalement Cherock avant de se tourner vers la rangée qui le concernait.

(A nous deux, Doure !)

Les documents qui parsemaient les étagères étaient de matériaux divers : il y avait des parchemins, des livres de cuir richement reliés et des livres dont les pages étaient toutes en papier. Cherock constata que même si on progressait vers les ouvrages anciens, leurs états ne se dégradaient pas de manière marquée pour autant. (Les bibliothécaires font vraiment un travail remarquable de restauration !) admira Cherock avant de se reconcentrer sur ce qui l’amenait ici. (Doure… Doure… Doure… Ah ! « Chroniques de Barbe Ecarlate » ! Ca doit être un bon début.) pensa-t-il en se saisissant d’un épais livre à la couverture rouge sombre et dont la couverture était gravée d’une tête de Nain à la barbe impressionnante. Le jeune mage s’installa confortablement à la table près de la rembarde donnant sur la salle du bas, en face du rayonnage. Il remarqua du coin de l’œil que l’Exarque était elle aussi assise à une table, une des longues tables en bois rouge de la grande salle encore vide à cette heure relativement tôt -ou extrêmement tardive selon les points de vue des bibliothécaires-. Elle semblait elle aussi plongée dans son livre, malgré les regards surprotecteurs de ses deux gardes du corps postés deux mètres derrière sa chaise.
Le livre commençait d’une manière pour le moins étonnante : « Je suis Doure Barbe Ecarlate. Aujourd’hui je viens d’être couronné, à l’âge de seulement quatre-vingt-quinze ans. Je pense qu’il est temps pour moi d’écrire mes mémoires, pour que les générations futures puissent tirer des leçons de mon règne, qu’elles soient bonnes, ou mauvaises. Je suis né le… ». La première partie comprenait donc l’enfance et l’adolescence de son auteur jusqu’à son accession au trône suite à la mort prématurée de son père, terrassé par une maladie cardiaque foudroyante. Cherock ne tire pas grand-chose de cette première partie : l’enfant est décrit comme sociable, gentil, un peu espiègle et plutôt intelligent malgré la modestie de l’auteur. Point important en revanche, c’est dès son plus jeune âge qu’il apprend à maîtriser sa magie. Cependant, la magie ne faisant pas partie de ses cours royaux, il ne resta qu’à un niveau très basique.
La seconde partie traitant de son règne s’avéra nettement plus intéressante. Le roi y décrit les différentes situations et tensions auxquelles il est confronté, allant des incursions Garzoks aux débordements des Enragés de Valyus, en passant par les litiges entre différents titres de propriétés de mine pour des Thorkins. Les passages sur les problèmes liés avec les Enragés de Valyus apportent des informations plus qu’intéressantes : si les relations au début sont plutôt cordiales, les nombreux incidents en rapport avec le culte de Valyus émaillent sérieusement le capital sympathie qu’avait accordé le roi à celui-ci. D’autant plus qu’une fois devenu roi, ses capacités magiques purent enfin être approfondies. Possédant des fluides de feu, son statut de roi lui permit de se gaver de doses de fluides jusqu’à ne plus pouvoir en absorber. IL s’avéra pourtant être un prêtre mage, ce qui ne l’empêcha pas de préférer Meno à Valyus. A la fin de son règne, une cinquantaine d’année plus tard, roi semble clairement détester le culte de Valyus et tout ce qui s’y rattache, même s’il ne le dit jamais textuellement. Cherock en vint à cette conclusion en voyant à quel point les condamnations concernant les enragés de Valyus avaient empirées, passant du simple séjour en prison préventif pour vol à une coupe de la main du voleur lors d’un procès expéditif.

(Il n’a pas dû voir d’un bon œil la fabrication du Marteau de Valyus…) pensa alors Cherock. La page suivante donna alors raison à Cherock : le roi découvrait alors le projet et déclara simplement qu’il « Monopolisait inutilement de compétents forgerons Thorkins pour une arme qui ne sera jamais qu’ostentatoire. ». Le jeune homme remarqua que le papier était troué à certains endroits du texte et supposa que cette nouvelle devait vraiment le mettre hors de lui. Le texte s’arrête peu après. Une note fut ajoutée pour signaler que le roi avait disparu et que c’est pour cela que ses mémoires s’arrêtaient là.
Prenant une pause dans sa lecture qui durait depuis déjà trois bonnes heures, Cherock s’étira les bras en les passant derrière sa nuque et en émettant un soupir de satisfaction. Il en profita pour jeter un coup d’œil en bas : la salle s’était légèrement remplie et l’Exarque était quant à elle toujours là. Le jeune homme en profita pour l’admirer une fois encore, mais cette fois-ci de tout son saoul. Elle portait la même tenue qu’hier et ses longs cheveux blonds aux reflets roux tombaient de part et d’autre de son visage, encadrant une expression absorbée, concentrée sur son livre. Son visage laiteux était soutenu par sa main droite renfermée en un poing sur lequel se reposait son menton. Encore une fois, Cherock s’ébahit de sa beauté. (Je me demande ce que père et mère dirait si je ramenais une telle beauté à la m… Non non ! Pense pas à des trucs pareils, ça n’a aucun sens.) se reprit mentalement le jeune oranais avant de se replonger dans la lecture. Il lui sembla un instant que l’Exarque l’avait regardé juste avant qu’il repenche la tête, mais chassa vite cette question sans importance.
Une autre chose intéressa le jeune homme. Si le sous texte montrait une animosité envers le culte de Valyus, il montrait également que le monarque semblait porté une attention toute particulière à une boulangère Thorkine. Doure se définissait lui-même comme un bon vivant, clamant même à plusieurs reprises qu’il « vivait pour manger et ne mangeait pas pour vivre ». Et parmi ses fournisseurs personnels du château, celui de la boulangère de la Grand’Place revenait bien plus souvent que les autres. Cela attira l’attention du mage qui se demanda bien pourquoi cette fameuse personne revenait plus souvent que d’autres personnes pourtant plus importantes, comme le capitaine de la milice de l’époque. Rien ne laissait cependant soupçonner une quelconque relation entre les deux, le monarque parlant toujours d’elle dans un cadre certes élogieux, mais strictement personnel.

L’ouvrage ne lui apporta aucune information de plus. Il chercha dans les autres livres traitant du roi, mais les autres le faisaient avec moins de précision puisqu’ils n’étaient pas écrit par le principal concerné. Ils incorporaient en plus des ragots et autres rumeurs qui circulaient sur le roi, comme l’amour interdit de son chambellan avec une servante ou un complot fomenté par un des nobles de la cour, complot qui ne verrait jamais le jour avec la disparition du dirigeant. Tous ces ragots semblaient émaner, quel que soit le document, d’une certaine noble de la cour nommée la comtesse Cédure.
Refermant le dernier ouvrage, Cherock le remit à sa place et décida qu’il était grand temps d’en savoir un peu plus sur Arig. Il estima que midi approchait aux grognements de son estomac, aussi prit-il la direction de la sortie. Il remarqua que l’Exarque avait déjà quitté la bibliothèque et que les deux bibliothécaires dormaient tous les deux à poings fermés, la tête de l’un reposant sur l’épaule de l’autre. Dans un sourire compatissant pour eux, Cherock quitta le bâtiment.


A suivre…

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