L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Dim 24 Nov 2013 19:49 
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Alors que ma sœur prend un repos bien mérité après l’effort qu’elle vient de fournir, je me promène dans la forêt qui borde la cité. Mes petites balades sont les moments où je me ressource, entourée par la nature luxuriante de notre monde. J’ai toujours eu un rapport privilégié avec la faune et la flore. Rester parmi eux me rappel à quel point il est important de préserver l’équilibre, bien trop fragile, entre les habitants et la nature. À mon sens, beaucoup trop de gens sous-estiment l’importance de cette dernière.

Après un quart d’heure de marche, je m’arrête dans un bosquet où les rayons du soleil viennent éclairer un parterre de fleurs sauvages. L’endroit est tout simplement parfait pour une petite méditation. Je m’étends en plein milieu et savoure la chaleur émise par l’astre du jour. Les dernières heures ont été de la folie et je me délecte de cet instant de calme où je n’ai pas à me soucier de quoi que se soit.

Je laisse mes pensées vagabonder et je me demande alors si ma nièce développera des talents pour la magie. Une part de moi se fait une joie à cette idée, transmettre, partager mon savoir me procurerait une véritable satisfaction mais d’un autre côté je ne suis pas encore une mage accompli et j’aurais peur qu’elle me surpasse. Je n’ai pas tellement confiance en moi et je n’ai pas l’impression d’avoir progressé depuis mon départ de chez ma mère.

Pensive et quelque peu attristée, je passe ma main sur l’ouvrage d’Elie. Depuis que ma mère m’a remis tous les livres de ma grand-mère, ils ne m’ont pas quitté. Et bien que j’y aie appris beaucoup de choses, je n’ai pas l’impression d’avoir avancé. Cela me peine plus que je ne saurais le dire, à ma sœur par exemple. Il faut dire que ces derniers mois je n’ai pas voulut l’embêter avec mes états d’âme alors qu’elle attendait Luna. Sa venue au monde est un vrai bonheur mais il résonne comme un cri d’alarme en moi. Cri que je ne saurais pas expliquer.

Je ferme les yeux pour chasser mes idées noires. Ne pense donc pas à ça pauvre sotte ! Elle vient juste de naître, tu as le temps de voir venir ! Remotivée pas mon petit sermon intérieur, je m’assois en tailleur et ouvre le grimoire légué par Elie. C’est l’ouvrage le plus précieux que je possède. Je tombe alors sur la page d’un sort tout bête mais que je ne parviens pas encore à exécuter. Je me dis que c’est peut-être l’occasion de retenter ma chance. Je pose le précieux livre devant moi et relis pour la énième fois ce que ma grand-mère y a écrit.

« Ce sort me fut très utile lors de mes longs voyages afin d’attraper des fruits sur les arbres, par exemple (n’étant pas douée pour l’escalade, il fut une aubaine !): l’escalier.
Afin de le réaliser, il faut se concentrer sur une portion de terre (les premières fois, je conseillerais de la délimiter en la traçant au sol à l’aide d’une pierre ou d’un bâton), faire appel à toutes les forces de la nature afin que ce morceau s’élève. Attention, les premières fois ne pas s’attendre à monter très haut ! Avec de l’entraînement, un vrai escalier de terre peut apparaître. »


À la fin de la relecture, je retrousse mes manches et me relève afin de me diriger vers un arbre dans lequel se trouve une pomme. Il me manque environ une vingtaine de centimètre pour l’atteindre sans effort, j’estime donc que pour un nouvel essai, la hauteur à laquelle je souhaite parvenir n’est pas bien extravagante. Je m’empare d’un bâton et trace au sol un rectangle et me place en son milieu. J’appose ma main gauche sur l’ouvrage, toujours ouvert.

Je fais le vide dans mon esprit. J’oublis les difficultés, la peine, l’exaltation de l’accouchement et focalise toute mon attention sur mon environnement. Le parfum délicat des fleurs parvient à mes narines, le vent est une douce caresse sur mon visage, la lumière du soleil traverse les feuillages et les fait briller, le son de la vie grouillante des animaux parvient à mes oreilles. Bientôt plus rien, en dehors de ces quatre sensations, n’existe. À l’aide de mes souvenirs je parviens presque à sentir le goût de la pomme dans ma bouche.

Je prends une grande inspiration en fermant mes yeux, afin que ce tout vienne au service de ma magie de terre. Je la sens circuler en moi, de plus en plus fort mais contrairement aux fois précédente, je décide de faire durer cet état. Je souhaite me connecter au maximum à la terre. Je remue un peu mes orteils afin de le sentir sous mes pieds. Après deux bonnes minutes de concentration je fais couler, si je puis dire, mes fluides à travers mes pieds en visualisant le résultat que je souhaite obtenir. Je sens le sol monter légèrement avant de retomber lourdement.

Cette fois-ci encore je me loupe. Allons ! Ressaisis-toi et retentes ta chance ! Tu n’es pas plus bête qu’une autre par Yuimen ! Je fronce les sourcils sous l’effet de la concentration qui s’intensifie. Je veux y parvenir coûte que coûte ! Je me recentre donc de nouveau avec la terre. Le vent fait danser les brins d’herbes qui viennent caresser mes chevilles. Je me porte toute mon attention sur cette sensation et j’ai bientôt l’impression que je m’enfonce. C’est à ce moment-là que je décide d’évacuer mes fluides de terre. Dans un mouvement brusque je sens que la plateforme que j’ai dessinée se dresse nettement plus qu’auparavant et lorsque j’ouvre les yeux, la pomme se trouve quasiment à la hauteur de ces derniers. J’ai réussi ! Je m’empare du fruit avec une joie non dissimulée et avec un sourire béat qui s’étire sur mon visage.

« Par Yuimen !! »

Cette exclamation me prend tellement par surprise que j’en relâche ma concentration ce qui fait disparaître la marche naturelle que j’avais crée.


(((HRP : tentative d’apprentissage naturel du sort Escalier)))

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Dernière édition par Syvià le Sam 30 Nov 2013 00:35, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Dim 24 Nov 2013 19:54 
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Une hinïone se tient à quelques mètres de moi et me regarde comme si elle voyait un revenant, ce que je ne comprends absolument pas étant donné que je ne l’ai jamais vu de ma vie. Ses longs cheveux gris tombent en cascade le long de son corps, frêle et marqué par les années. Elle s’avance vers moi en s’appuyant sur un bâton quand soudain ce dernier butte une pierre ce qui entraîne le déséquilibre de l’elfe blanche. Sans réfléchir je me précipite pour lui éviter la chute imminente.

« Oh ! Attention madame. Tout va bien ? Rien de casser ? »

« Non… Merci jeune fille. »


Elle se redresse péniblement et se met à chercher un endroit pour s’asseoir. Je repère un peu plus loin un tronc d’arbre qui peut aisément servir de banc. Délicatement et sans la brusquer je l’entraîne en direction du siège. Je l’aide à se poser et je me pose en tailleur, face à elle. D’où cette elfe peut-elle venir ? Et pourquoi m’a-t-elle regardé ainsi ?

« Excusez mon embarras mais… Vous ai-je déjà croisé par le passé ? »

« Comment ? Tu veux dire que tu ne te souviens pas de moi ?! Je suis vexée… Euh… Attendez ! Quel est votre nom ? »


Cette conversation prend une tournure des plus surprenante. Tout d’abord il semblerait que je l’ai déjà rencontré et puis finalement, elle doute de mon identité. L’âge aurait-il frappé cette femme de folie ? Elle semble pourtant avoir toute sa tête même s’il est vrai que la fatigue physique se fait sentir.

« Je me nomme Syvià et je vous pris d’accepter toutes mes excuses mais je ne me souviens absolument pas de vous. »

« Ne vous excusez pas jeune fille, je vous ai confondu avec quelqu’un d’autre. Une elfe que je n’ai pas vu depuis des décennies. Elle est la seule elfe verte qui m’ait été donné de rencontrer… Vous lui ressemblez tellement… »


Un voile de tristesse s’empara de son visage. Bien que je ne voie pas qui est cette elfe verte qu’elle a jadis connu, je me surpris à éprouver la même peine. Peut-être étaient-elles très proches ?

« J’ai grandi ici, dans cette forêt. Il se peut que je la connaisse, quel est son nom ? »

« Vu la confusion que j’ai eu en vous apercevant, je ne pense pas jeune elfe. Elie a le même âge que moi, soit cinq-cents soixante-huit ans. Dire qu’elle m’avait promis que l’on se reverrait un jour d’une manière inattendue le jour de mon anniversaire, aujourd’hui… »


Lorsque j’entends le nom de la personne, mon cœur a un raté. Elie. Cette dame connaîtrait donc ma grand-mère ? Je la fixe pendant une bonne minute sans réussir à trouver mes mots pour lui parler. Tout se bouscule dans ma tête à la vitesse de la lumière.

« Comment vous appelez-vous ? »

« Oh pardonnez mon impolitesse ! Avec l’émotion j’ai complètement oublié !! Je me nomme Ilizà. »


Cette fois-ci je ne peux plus avoir de doute ! Cette elfe blanche connaît ma grand-mère. Immédiatement j’ouvre mon grimoire et tombe sur le paragraphe qui a toujours été un mystère pour moi. Ce message figure à la toute fin du précieux livre et je le montre à mon interlocutrice.

« Ilizà,
En ce jour, je ne sais si mes prières t’auront guidé jusqu’à ce livre. Si oui tu dois te souvenir de ce qui a fait naître notre amitié. Je te prierai d’indiquer à cette personne le lieu où se trouve l’ouvrage qui nous a rapproché. Je ne puis malheureusement pas être à tes côtés mais saches que toutes mes pensées vont vers toi.
Elie. »


Les larmes montent progressivement aux yeux d’Ilizà. Alors qu’elle termine la lecture du message qui lui est destiné, je cherche en moi les raisons pour lesquelles Elie a voulut faire transiter le message par cette elfe. Lorsqu’elle a finit elle me regarde avec toute la tendresse d’une grand-mère. Troublée par cette attention, je baisse les yeux.

« Vous connaissez Elie ? »

« Je ne l’ai jamais rencontré mais il s’agit de ma grand-mère. Comment l’avez-vous rencontré ? »

« Elle m’a sauvé la vie. Je m’étais enfuie de chez moi et je me suis tombée dans un piège tendu par des gobelins. Ta grand-mère est une personne bonne, toujours pleine d’attentions mais je l’ai toujours trouvé très mystérieuse. Je pense qu’elle garde beaucoup de secrets. »

« De quel ouvrage parle-t-elle ? Je dois vous dire que ce message m’a toujours intrigué. »

« Il s’agit de l’œuvre d’un magicien reconnu pour ses recherches sur la magie du vent. Le livre s’intitule La mélodie de l’air. Le titre se veut volontairement trompeur car mon père voulait transmettre son savoir aux plus méritant, ceux qui sauraient voir au-delà des apparences. »

« Votre père était un magicien ? Mais pourquoi me diriger vers un livre traitant de la magie aérienne alors que je ne manie que la magie de terre ? »

« En effet mon père était un aéromancien très réputé et si ce livre nous a rapproché c’est parce que c’est à cause de lui que je me suis enfuie. Quant aux motivations de ta grand-mère et bien, Yuimen seul sait ce qu’elle derrière la tête. Mais tu le trouveras à la bibliothèque de Cuilnen. J’en ai fait don sur demande de ma mère il y a des années. »

« C’est donc là-bas que je dois aller ! »


Prise dans l’euphorie je me lève en moins de temps qu’il ne faut pour le dire avant de réaliser que cela ne se fait pas de laisser Ilizà en plan. Je me rattrape aussitôt alors qu’elle se lève avec difficulté.

« Pardonnez-moi, je suis si excitée que je me montre impolie ! J’ai toujours voulu trouvé une trace de ma grand-mère même si je sais où elle est, j’ai l’impression qu’elle voudrait que je suive les instructions. »

« Connaissant ta grand-mère, tu as sans doute raison. Mais avant de partir je dois te donner ceci. »


Elle me tend une enveloppe dont je m’empare avec empressement et que j’ouvre avec précipitation. À l’intérieur se trouve un parchemin.

« À celle qui recevra ce message,
Le temps est venu pour toi de chercher ce que la destinée t’a réservé ou caché. Trouve tout d’abord l’ouvrage. Mais retiens juste que le chemin sera long, qu’il te mettra à l’épreuve et qu’au bout je serais là. Je t’attends.
Elie. »


La tension est palpable, à tel point que mes mains se mettent à trembler.

« Je l’ai avec moi depuis la dernière fois où j’ai vu Elie. Je devais la lui remettre le jour de nos retrouvailles, ce jour. Aujourd’hui je sais qu’elle voulait que je te le donne. Il est temps pour toi de partir à sa recherche. »

« Je vous remercie pour tout Ilizà. Je vous promets de vous retrouver et de vous apportez des nouvelles de votre amie. »

« Tu es bien sa petite fille ! Je vis à Luinwë si tu veux me voir, je t’attendrais. Au revoir Syvià. »


Sur ces mots elle repartit de là où elle était venue. Quant à moi je me pressais de rentrer pour faire part de tout ceci à Vivià.

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Dernière édition par Syvià le Sam 30 Nov 2013 00:38, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Dim 24 Nov 2013 22:50 
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>>> Une situation délicate

Les inconnus


Mon attention est entièrement portée sur les glyphes inscrits dans la terre et sur le tronc de l’arbre, noirci par les flammes et la magie. L’obscurité de la nuit ne me permet pas de déchiffrer au mieux les symboles gravés et je dois plisser les yeux pour essayer de distinguer le pentacle. Les signes ne me disent strictement rien et Eilistraée elle-même n’a pas réussi à m’aider sur la question. Le sort a sûrement dû aider à abattre l’arbre titanesque qui gisait sur le sol. Une dose assez important de magie avait sûrement dû être utilisée, et sans doute plusieurs utilisateurs de magie noire circulent librement dans la forêt entourant Cuilnen. Cette histoire nous dépasse, Océma et moi, et il vaudrait sûrement mieux aller alerter des personnes bien plus compétentes dans ce domaine. D’autant plus qu’une humaine blessée et un elfe ne sachant qu’à moitié se battre ne risquent pas de faire long feu de nuit dans le coin.

(Tu peux carrément dire que tu ne sais pas te battre, tu sais. Même l’humaine avec une main en moins a réussi à t’envoyer une pierre en pleine tête, alors que toi, contre un pauvre sarinsa…)
(Ça va ! Je n’ai pas besoin de tes sarcasmes ! Je pense qu’on a une situation bien plus délicate à résoudre tout de suite !)
(En parlant de situation délicate…)


Je tourne rapidement la tête vers la position où se trouvait Océma. Deux ombres surgissent des bois et s’approchent de l’humaine. Je la vois commencer à courir dans la clairière, avant de se prendre un coup de gourdin entre les omoplates, qui la force à s’étaler à quelques mètres de moi. Je me raidis. Apparemment, les deux agresseurs n’ont pas remarqué ma présence. Je me félicite d’avoir pensé à porter ma cape elfique aujourd’hui. Accroupis derrière la souche, je peux facilement observer et écouter ce qui se passe sans me faire prendre. Les deux ombres s’approchent d’Océma et la saisissent par le col de sa robe. Ils vocifèrent en postillonnant, leurs paroles étant presque incompréhensibles. Ils ont l’air absolument stupides. Peut-être que si…

(Oublie ça tout de suite !)
(Quoi ?)
(Tu ne comptes quand même pas essayer de les surprendre ?)
(Euh… Si…)
(Alors oublie ! Ils sont deux fois plus larges que toi et en supériorité numérique. Si tu vas les attaquer, tu obtiendras le record du maître avec qui je serai resté le moins longtemps.)
(Je fais quoi alors ?! J’attends là qu’elle se fasse étriper par ces deux rustres en face de moi sans rien faire.)
(Oui. Ça s’appelle survivre.)


Je grommèle. Décidément, Eilistraée n’a pas la même vision du monde que moi. En même temps, elle n’a pas tort. Je doute que mon apparition arrive à les faire fuir. Il ne me reste plus qu’à attendre et voir ce qui se passe. Je tends l’oreille pour essayer de comprendre des bribes de conversations. Je les entends échanger quelques mots concernant une elfe vivant dans la forêt et la protégeant. Apparemment, ces mots font changer d’attitude les deux hommes qui paraissent plus dociles et prêts à écouter Océma. Ils parlent même de l’aider. Tant mieux, je n’aurai pas à intervenir, ce qui me rassure grandement. L’humaine est désormais hors de danger, il ne nous reste plus qu’à nous tirer d’ici le plus discrètement possible. Et avec le moins de blessures serait le mieux.

« Bon qu’est-c’qui s’passe ici, bande d’feignasses ?! »

(Et merde !)

Une troisième ombre vient de faire son apparition dans la clairière. Elle s’avance d’un pas décidé dans notre direction. Les deux hommes qui encadrent Océma se tassent sur eux-mêmes. Il semblerait que nous soyons face à un supérieur, ou quelque chose d’approchant. Océma n’a clairement pas l’air plus rassurée que moi à ce niveau-là. Entre l’arbre abattu et la rencontre avec les deux inconnus, ça n’est définitivement pas sa soirée.

« Qu’est-c’est qu’ce truc ? »

Aboie le nouvel arrivant en désignant l’humaine. L’homme est plus haut que les deux rustres précédents, mais pas aussi grand que moi. En revanche, il est bien plus large et la lune révèle des muscles saillants au niveau de ses bras, auxquels je n’ai aucune envie de me frotter. Super, ils sont de plus en plus nombreux ! Il émane une odeur encore plus âcre et désagréable que ses deux compères. Si tous les humains ont aussi peu conscience de leur état d’hygiène, je ne préfère même pas me rendre dans une de leur capitale.

« On l’a trouvé qui trainait dans l’coin, chef. Alors on l’a arrêtée. »
« Parfait ! Attachez-la et donner la moi. Je vais la montrer au maitre, il saura quoi qu’en faire. »


A ces mots, l’un des deux sous-fifres se redresse. Cet ordre a l’air de contrarier son idée d’aider et se faire aider par Océma. Il ne reste plus qu’à espérer que son intelligence limitée fasse le bon choix…

« Euh, chef, on va l’faire. C’est nous qu’on l’a trouvé, c’est nous qu’on va la montrer au maitre. »
« Pas question morpion ! C’est moi l’chef ici, c’est moi qui décide et c’est vous qu’obéissez à c’que j’dis, compris les merdeux ?! »
« J’vois pas pourquoi ça s’rait t’jours vous qu’aurait droit aux faveurs du maître ! Nous aussi qu’on bosse ! »


La conversation entre les trois hommes commence à devenir houleuse, et ils commenceraient presque à en venir aux mains. C’est le moment ou jamais ! Je sors de ma cachette, aidé par ma cape, en espérant que les trois brutes ne me remarque pas, bien trop absorbées par leur débat. Je m’approche à pas de loup, faisant attention aux endroits où je mets mes pieds, et essayant de contourner au maximum la scène qui commence à tourner au pugilat. Je m’approche d’Océma et lui chuchote à l’oreille.

« Viens, c’est le moment de partir. Tant pis pour leur aide. »

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Elrath Dæl’arien ~ L'Esprit Libre ~ Guérisseur



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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Lun 25 Nov 2013 00:15 
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Lancer de dé pour un jet de discrétion - Demande d'Elrath


Seuil de réussite : 50/100
Bonus lié à la cape dans l'obscurité (mouvement compris) : 15

Résultat du lancer de dé : 76
Résultat global : 91

Tu réussis à t'approcher d'Ocema sans même que les trois individus t'aperçoivent.

Mais est-ce que vous allez réussir à vous enfuir tous les deux.... ?

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Lun 25 Nov 2013 17:21 
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Sale affaire I


Quand la brute arriva dans la clairière Océma retint un juron. Elle observait l'épée, pour l'instant rangée, qui battait contre sa cuisse. L'autorité qu'elle incarnait risquait de défaire l'allégeance des deux hommes qu'elle venait de s'attacher. Elle balaya du regard les alentours. L'elfe avait disparu, elle était toujours seule.
La discussion s'était engagée, ils rechignaient à obéir ; la peur qu'elle avait su instiller faisait effet, mais elle n'était pas certaine que cela dura très longtemps. Entre un danger potentiel et un bout de métal effilé sur le point de sortir de son fourreau, le fer avait l'avantage d'être beaucoup plus palpable. Elle n'avait plus d'idée : la grosse brute ne se laisserait pas manipuler. Elle jetait des regards désespérés vers le tronc creux en se demandant bien comment l'atteindre. Les deux hommes de main la collaient presque, lui faisant partagé leur odeur autant que leur protection, bientôt il ne resterait que l'odeur. Elle avait besoin de son compagnon maintenant !

Elle sursauta en entendant le chuchotement à son oreille. Elle ne bougea pas. Elrath proposait de fuir mais ce n'était pas possible: ils seraient capturés et la violence des deux hommes qu'elle avait trompé serait probablement décuplée. De plus elle ne savait pas se mouvoir aussi discrètement qu'un elfe ; elle était plutôt du genre à rentrer dans le tas et voir ce qui allait arriver.
Il suffisait de peu de choses pour que la situation tourne à leur avantage : transformer la menace elfique _trop irréel par rapport à l'épée_ en vérité immédiate leur donnerait l'avantage. Il lui fallait un elfe imposant, dangereux et puissant... Elle considéra un instant le spécimen qu'elle avait sous le coude. Le bon sens tenta de se frayer un chemin dans son esprit mais il se heurta à tant d'aveuglement qu'il abandonna.
À ce moment le glissement d'une lame sortant de son fourreau indiqua que la conversation touchait à sa fin.

Bon, j'commence par l'quel ? Depuis quand on discute mes ordres ?

Les deux hommes serrèrent leurs gourdins. Ils reculèrent et échangèrent un regard hésitant. Océma plongea la main dans sa poche et serra la fiole de fluide. Elle ne savait pas comment cela fonctionnait ; le boire attirerait inévitablement l'attention. Elle réfléchit encore : des bribes d'anciens conseils refirent surface ; le fluide était une énergie, elle pouvait théoriquement l'absorber n'importe comment. Il suffisait de trouver le sens de ces mots. Elle ferma les yeux pour se concentrer sur sa propre circulation d'énergie.

Heu... Ouais bon. Ça va.

Le fluide tournait en elle, la rattachant au reste du monde, à la forêt qui souffrait et à la petite chose entre ses doigts. C'était comme un point plus intense qui s'enroulait sur lui-même. Elle pouvait l'atteindre, il fallait juste qu'elle entre dans la spirale.

Range ça chef. On plaisantait.

Hum... Approche.

Délicatement, doucement... La surface frémissait tandis qu'elle l'approchait. Elle était sûre de pouvoir l'attirer, l'intégrer. Le contact se fit, la sphère d'énergie cessa de tournoyer et s'arrima au fluide de la magicienne. Cette dernière eu l'impression d'avoir un membre supplémentaire, mais elle ne savait pas à quoi il pouvait bien servir.
Un hurlement déchira l'air. Quelque chose de chaud et humide éclaboussa le visage d'Océma et se mêla à la sueur abondante qui dégoulinait sur ses tempes. Elle ne réagit pas, se concentrant sur ce qui était entrain d'arriver en elle. L'énergie se diffusait dans son corps ; elle serrait les dents pour ne pas crier elle aussi. C'était comme un raclement. Comme si on avait mis sa peau à vif et qu'on la traînait sur le sol. Elle aurait juré sentir l'odeur de terre, ou était-ce l'odeur du sang ? Le goût du sang dans sa bouche ? Son sang ?
Elle ouvrit les yeux. L'un des deux hommes était à ses pieds : le bavard. Il avait la tête entre les mains et du sang dégouttait sur son bras.

J'espère que cette plaisanterie te fait rire merdeux. P'têt aussi qu'elle t'fera passer l'envie de parler.

Océma ferma à nouveau les yeux et fut heureuse d'avoir déjà vidé son estomac quelques minutes auparavant. Plus un moment à perdre, malgré la douleur elle rassembla un maximum de fluides à ses pieds puis sonda la terre. Quelque chose perturbait l'énergie, rien n'était cohérent : des masses sombres créaient des reflux partout. Des filets d'énergie tentaient de combler le manque laissé par l'arbre géant mais ils étaient comme repoussés. Où pouvait-elle bien décharger son fluide dans ce chaos ? Elle n'avait pas le temps. Elle visa une masse étrangement sombre et envoya tout ce qu'elle pouvait vers elle.

En premier lieu il n'y eut rien. Elle pensait avoir à nouveau échoué, avoir encore gaspillé sa magie. Puis elle ressentit un choc, d'abord énergétique, le glyphe le plus proche d'eux s'illumina, sembla gonfler un instant, puis il s'évapora d'un coup tandis qu'une légère secousse accompagnée d'un bruit sourd parcouru le sol. L'humaine tomba à genoux et agrippa un pan de l'habit de son compagnon.

Messire elfe ! Vous êtes venu ! Vous allez pouvoir juger les ennemis de la forêt.

Les trois hommes se tournèrent vers eux et découvrirent l'elfe, juste sous leur nez. Le blessé émit un gémissement tandis que son compagnon regardait alternativement l'apparition et l'endroit ou le glyphe se trouvait. La jeune femme était sacrément fière de sa mise en scène, même le chef pâlit, mais il reprit vite ses esprits et vociféra un ordre.

Hé! Les gars, emparez-vous de ces imbéciles.

Aucun de ses deux subordonnés ne fit un mouvement. Ils ne savaient plus à qui obéir. Océma esquissa un sourire malgré la douleur qui continuait à tournoyer dans son corps et crut bon d'enfoncer le clou. Elle ne pouvait guère résister à l'envie de raconter une histoire. Elle se redressa et chuchota à son compagnon.

Ne bouge pas ! Tu es déjà un demi-dieu.

Tranquillement elle se dirigea vers l'homme à terre et lui tendit la main.

Vous m'avez protégé. Je ne l'oublierai pas, les elfes non plus.

Qu'est-ce qu'tu fous salop...

La brute à l'épée s'était avancée l'arme levée au dessus de la tête mais un coup de gourdin dans l'estomac l'arrêta. Il revint à une distance raisonnable la main crispée sur le ventre. Entre lui et Océma se tenait son second sous-fifre. La magicienne aida le blessé à se relever. Le coup d'épée lui avait entaillé le nez et les lèvres mais il était toujours vif et désirait ardemment se venger. Maintenant qu'il pensait avoir à ses côtés un allié puissant la peur l'avait quitté et il leva son arme avec assurance pour se mettre en garde face à son supérieur.

Bande de traîtres ! J'vous écorcherai vif ! On vous pendra !

La magicienne fixa l'homme. Il avait la tête plus durs que les deux autres, pas nécessairement plus remplit mais en tout cas hermétiquement fermée. Jamais elle ne pourrait le manipuler. La proposition qu'elle fit était de pure forme :

Vous pouvez encore abandonner, vous auriez la vie sauve. Vous savez ce qu'il s'est passé la dernière fois qu'un elfe vous a trouvé.

L'homme cracha à terre et ne prit pas la peine de lui répondre. Il était donc perdu. Elle avait tendu la main selon les préceptes de Yuimen, son devoir était fait. Elle prononça une dernière parole théâtrale avant de saisir le piquet d'une torche et de la sortir du sol.

La forêt réclame donc justice.

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Dernière édition par Ocema le Mer 26 Mar 2014 17:40, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Lun 24 Mar 2014 17:31 
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Sale affaire II


Le plan avait été parfait. Sur ce point il n'y avait rien à dire : elle était passé d'une situation franchement désespérée à un rapport de force en sa faveur. Bon, elle avait été légèrement théâtrale sur la fin, elle en avait fait un peu trop, elle voulait bien l'admettre. Mais cela n'expliquait pas pourquoi, malgré son plan génial, elle se retrouvait dans la position peu confortable d'une femme désarmée et à peu près incapable de se battre devant une brute très capable de transpercer toute sorte de chose avec son épée.
Il venait d'en faire la démonstration quelques seconde plus tôt : le premier homme au gourdin s'était précipité sur lui avec l'intention de laisser libre cours à toute sa frustration et sa colère contenue. L'autre ne fut pas tellement impressionné par cette volonté, peut-être ne la vit-il même pas, il se contenta de pointer son arme en travers du chemin pour que l'opportun vienne s'empaler dessus. Il n'y eu pas même un hurlement, la surprise se peignit sur le visage du malheureux à côté de la frustration et de la colère contenue. Le mélange ne vaut pas la peine d'être décrit et Phaitos avait déjà emporté le tout quand son corps tomba à terre.

Le deuxième gars fut nettement refroidi par la scénette qui venait de se jouer et la magicienne faillit le perdre définitivement quand l'elfe décida d'agir. Ce dernier n'avait cessé de pâlir tandis qu'Océma lui donnait de l'importance. Tout observateur averti _ce qui n'était pas le cas de la jeune femme_ n'aurait pas été étonné qu'il s'évanouisse au premier filet de sang versé. Et c'est exactement ce qu'il fit. On ne pouvait lui en vouloir : il s'était retrouvé là par hasard, il n'avait aucune aptitude pour le combat et il appartenait fort probablement à l'espèce d'aventurier nommé communément « mauviette ». Cette dernière constatation apparut avec clarté à la magicienne mais il était bien trop tard.


La brute s'avançait, prête à lui faire passer un sale quart d'heure : le dernier de sa vie d'ailleurs, et il durerait probablement moins longtemps que ça. Elle tendait la torche devant elle avec son bras valide, tentant se protéger d'une manière qui aurait fait hurler de rire tous les maîtres d'armes de Yuimen. L'homme à l'épée ne riait pas. Il frappa le bâton qui tomba à terre sans résistance, lâché par sa propriétaire. Celle-ci avait sagement décidé d'opérer une retraite stratégique au pas de course vers l'arbre évidé, sauvant ainsi sa vie. L'homme au gourdin avait eu la même idée et l'accompagnait, ne sachant plus à quel dieu s'adresser pour prolonger son espérance de vie qui venait de se réduire considérablement ces dernier temps. Ils s'enfoncèrent de concert dans l'ombre du tronc et continuèrent jusqu'à ce que toute lumière fut loin.
C'était un royaume d'ombre et de mort, Océma ne sentait plus la forêt. Ce lieu était vide. Ils s'assirent pour reprendre leur souffle. Seul les sanglots de son compagnon ayant décidé que c'était le bon moment pour pleurer _ce en quoi il se trompait, ce moment n'existe pas : chez les adultes personne n'est attendri par ce genre d'attitude et certainement pas un solide gaillard désirant par dessus tout vous occire_ ces pleurs inutiles donc, étaient le seul son de l'endroit en plus du bruit des pas de la brute dont la silhouette se découpait à contre-jour. A l'autre bout du tronc se tenait le campement empli de malfrats pour le moment occupé à charger du bois dans les chariots mais qui n'hésiteraient pas à suspendre leur tâche pour les égorger.

Pas le choix... Nous allons nous battre ici !

Les sanglots redoublèrent et eurent pour compagnie des gémissements. La magicienne envoya sa main disponible à la rencontre de la joue du pauvre bougre avant qu'il n'alerte ses anciens camarades. La surprise le calma et il fit attention à ce qu'on essayait de lui faire comprendre : Océma s'évertuait à faire des gestes dans la direction de leur adversaire tout en s'écrasant sur le sol. La silhouette avançait lentement et tâtonnait avant chaque pas, maintenant que les sanglots s'étaient tus le gaillard avait perdu ses cibles dans le noir d'encre qui régnait . Lui aussi devenait de plus en plus difficile à distinguer alors qu'il s'approchait mais son équipement et sa progression trahissait sa position.
La magicienne empoigna le gourdin que l'autre lui laissa sans mot dire et elle le coinça en travers du chemin à quelques centimètres du sol en se servant de la courbe du tronc. Elle chuchota quelques ordres à son compagnon en espérant qu'il retrouve un peu de courage et elle se redressa pour mettre à exécution son nouveau plan née.

Comme tout plan fait sur le pouce il n'était pas infaillible et il nécessitait qu'elle se mette en danger. Étant coutumière du fait ces derniers temps et malgré tout encore vivante elle décida qu 'elle ne craignait rien et que tout se passerait bien.

Je suis là gros tas !

La brute grogna en plissant probablement les yeux pour distinguer la jeune femme qui se tenait debout à quelques mètres. Elle avait mis beaucoup trop d'assurance dans sa parole et dans son geste. Il s'immobilisa.

T'crois que j'vais tomber dans ton piège sorcière ?

L'ennui avec les questions rhétorique c'est qu'y répondre donne l'air bête, dire « bah euh... en fait c'est exactement ça » aurait été exact mais vraiment idiot. Océma s'abstint donc et le rouge lui monta aux joues ; elle remercia Yuimen de d'avoir fait cet endroit très très obscur. Elle décida de lancer le plan de secours qui consistait peu ou prou à paniquer en faisant n'importe quoi. Son compagnon saisit immédiatement le concept et y participa avec beaucoup d'enthousiasme.
Elle tenta de pousser son corps à avancer pour quand son esprit lui hurlait de faire le contraire. Elle recula donc d'un pas en oubliant qu'elle se tenait devant le bâton et elle s'écrasa sur son compagnon avec un hurlement de douleur quand son bras encaissa le choc. De son côté l'homme glapit et fit un bond en avant., envoyant le gourdin voler un peu plus loin. Il trouva alors que c'était sa dernière chance de fuir en essayant de forcer le passage quand la magicienne se dit que le moment de lâcher le peu de fluide qui lui restait était venu.


La brute ne s'attendait pas à la manœuvre de ses adversaires. Il vit la silhouette de la jeune femme évanouir d'un coup, il entendit les cris, les bruits de chute et enfin il reçut un gourdin dans les jambes. Une manœuvre aussi raté le déstabilisa, il douta. Que quelqu'un court vers lui comme un dératé _il l'entendait mais ne le voyait pas_ ne faisait pas non plus partie des options qu'il avait envisagé et ce fait entama sérieusement son assurance. Il pointa son arme vers l'avant au cas où l'imbécile viendrait vraiment droit sur lui. Océma relâcha tout ce qui lui restait d'énergie en se concentrant sur le premier truc étrange qu'elle sentit dans le sol. Elle en fit trop et sentit la tête lui tourner, mais cette fois le sol trembla bel et bien.
L'un des deux hommes fut surprit de sentir le corps de son adversaire glisser à côté de sa lame au dernier moment pour venir planter son crâne au milieu de sa figure dans un mouvement improbable. Le second, qui courait à l'aveugle, ne comprit pas pourquoi le sol s'était soudain dérobé sous lui. Par chance sa chute fut amorti par quelque chose de pas trop dur qui craqua un peu quand sa tête le percuta. Ils tombèrent l'un sur l'autre et l'épée glissa dans le tronc avec un raclement métallique bien caractéristique.

La magicienne étant déjà à terre n'eut pas à réévaluer son environnement et elle fut la première à réagir. Elle se redressa et tituba vers l'endroit approximatif ou l'arme était tombée. Elle marcha sur une chose molle dont le propriétaire émit un gémissement plaintif puis elle se mit à quatre patte à la recherche de l'épée. Les deux hommes bougeaient derrière elle, tentant de se dépêtrer. Elle accéléra sa recherche en tâtonnant frénétiquement. Le gourdin se trouva en premier sous sa main ; elle ne réfléchit pas et se retourna vers la masse formée par les deux corps. Elle abattit une première fois son arme, ça couina et ça gémit. Elle recommença. Quand il n'y eut plus ni plainte ni gémissement elle s'arrêta. La sueur lui dégoulinait sur le front et des tremblements incontrôlables agitaient sa main valide.
Elle se dirigea en titubant vers la sortit, là ou Elrath s'était évanouit. L'air frais et le clair de lune lui firent du bien. Le corps de l'elfe gisait toujours là, intact, la brute n'avait même pas prit la peine de le tuer. La jeune femme vérifia son pouls et comme il vivait elle se dit qu'il était aussi bien là qu'ailleurs. L'homme au gourdin avec un trou dans le ventre se trouvait également à une place aussi bonne qu'une autre, en étant mort il n'irait pas dire le contraire. Elle s'éloigna pour marcher un peu et en profita pour manger les fruits qu'elle avait dans les poches. Des idées peu engageantes commençaient à se faire insistante aux abords de sa conscience, ayant pour thème la mort et la violence. Elle mordit résolument dans la pomme juteuse qu'elle tenait en main et chercha une ritournelle insupportable à se mettre en tête. Elle trouva, les pensées battirent en retraite.


Les travailleurs du campement au bout de la clairière n'avaient aucune conscience de ce qui venait d'arriver. Ils continuaient de brûler le bois et charger les chariots. Rentrer à Cuilnen eut été sage mais c'était un mot à classer avec « important », « urgent » entre autres choses fatigantes. Océma revint donc vers le tronc creux pour faire l'état des lieux et le décompte des créatures encore vivantes. Une vague angoisse que même les chansons ne peuvent éloigner longtemps fluait dans tout son être. La description de cette sensation tenait en peu de mots, deux plus exactement: "parfaitement désagréable".

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Jeu 22 Mai 2014 16:33 
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Le départ d'un jeune rêveur.

La forêt est paisible, la forêt est légèrement ensoleillé, ce n'est pas encore le Zénith, mais le jeune Arüã continu sa marche pour sortir de cette forêt qui a été un paysage depuis sa naissance. Il a commencé à quitter son foyer familiale. Ses parents étaient surpris en l'entendant dire qu'il préfère partir parcourir le monde découvrir pleine de choses, comme des créatures rares et mythique, des trésors oublié qui attendent d'être retrouvé, et enfin, apprendre par ses propres moyens a se connaître. Son père est un des forgerons de la ville, et lui a confié une des ses lames de poing, {sorte de doubles lames où le marche est situé entre les deux lames qui elle même est légèrement courbé comme un croissant de lune} et sa mère qui travaille le cuir, lui confectiona un gantelet en cuir pour son bras droit. Ainsi équipé, il était paré pour partir à l'aventure comme il en a lu dans les livres. Un livre en particulier l'a attiré plus souvent que le reste, selui des reliques et équipements de légende. Il en a retranscrit un bon nombre dans son carnet de voyage avant son départ. Il se renseignera en arrivant au prochain village.

Pour le moment, il continue de progresser a travers la forêt. Plus tard, il remarque quelque chose briller. Il s'approcha alors de l'objet, et l'examina. Cela avait l'air d'être un petit miroir de poche en argent. Le contour était décoré de gravures runique. Elles semblent vouloir dire une phrase ou un truc de ce genre. Mais il ne connaît pas la langue runique, vu qu'il n'étudiait pas encore cela. Il foure le miroir dans son sac et repris sa marche. Il ne se doute pas qu'il est suivi depuis un moment.

Peu de temps après, il finit par s'apercevoir de la présence, son ouie fine détecte un cliquetis métallique. Arüã s'arrêta, puis écoute plus attentivement ce qui ce passe: le cliquetis s'arrêta aussitôt, pas de doutes, il est bel et bien suivi. Il fini par lâcher:

"-Bon, tu compte me suivre longtemps comme ça? C'est que cela devient agassant."

l'individu sort de l'ombre, et s'avance calmement. Il dit alors:

"Excusez-moi, je m'étais perdu dans cette forêt, je comptais me rendre à Cuilnen , pour trouver un bon forgeron, mais je ne me suis pas assez renseigné sur la forêt avoisinante.
Du coup, je vous ai aperçus, mais je ne savais pas comment vous aurez pu réagir. C'est pour ça que je vous suivais de loin.
J'espérais que vous vous dirigez vers Cuilnen."


le gars a l'air sincère, Arüã l'examina attentivement.
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Il etait humain, la peau légèrement bronzée. Il avait les cheveux châtains en bataille, et il avait une cicatrice au niveau de l'un de ses yeux.
il porte des pièces d'équipements comme une protection complète assorti a un des ses bras, a son autre bras, il a un drôle de gantelet qui semble être constitué de granit ou de basalte. Une grande épée est attaché à son dos, il porte aussi un protège genou attaché à une de ses jambes, ses bottes ont l'air d'être bien solide et étanche et enfin, une épaisse ceinture à deux boucles fixe sa tunique et son pentalon ensemble. Cela avait bien l'air d'être un Guerrier. Il lui répond:

"-je viens de Cuilnen, mais je sort a peine de la ville, mais je peux encore vous aider, j'ai pas encore d'objectif fixe. Ça ne me dérange pas de faire demi tour. Vous êtes prêt à me suivre?"

l'homme répond alors:

"-je vous suis, et je vous en remercie. Au fait, je me nomme Herik. Je suis un Guerrier itinérant, adepte de Gaia, je cherche a devenir paladin. Et vous?"

"-Moi c'est Arüã, je débute en tant que Rôdeur, je veux suivre mes rêves.
Je cherche actuellement un but a acomplir. Vous aurez des pistes?"


"-J'ai bien entendu parler de cette créature a huit pattes d'une taille similaire à celui d'un cheval, qui aurait été le résultat d'une expérience qui a mal tourné. Elle vivrait quelque part dans cette forêt, personnellement, j'ai une horreur des araignées. "

Arüã et Herik continuent de se diriger vers Cuilnen, et atteignent enfin les portes. Herik le remercia:

"- merci beaucoup pour votre aide. Tenez, c'est pas grand chose, mais prenez. J'espère que nos routes se recroiseront."

"- si vous voyez mon père, dites lui que tout ce passe bien pour moi. Vous ne pouvez pas le manquer, il travaille a la forge.
...

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Dernière édition par Arüã-Nen le Jeu 29 Mai 2014 15:15, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Jeu 29 Mai 2014 13:34 
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Une rencontre Faerique

Arüã a bien repris sa route pour atteindre les prochaines habitations, afin de mieux s'orienter par la suite. Il sorti le petit miroir orné qu'il avait trouvé. Il s'arrêta un instant, pour faire une petite pause, il examine alors le miroir plus en détails. A part les inscriptions runique, le dos du miroir était en métal doré ciselé, les motifs représentait un exagonne avec des petits cercles a chaque angles, chaque cercle avait un symbole différents des autres.

(Ça doit bien signifier quelque chose, mais quoi...)

Soudain, une voix résonne a ses oreilles:

"Alors, jeune rêveur, on se pose des questions?"

"-Qui ma parlé? Bizarre, il n'y a personne..."

"-Pour le moment, tu ne peux pas me voir, mais je peux regler ça. Mais avant, je voudrais me mettre à ton service, j'ai vu pas mal de choses intéressantes te concernant, surtout quand tu arrivera au petit hameau qui n'est pas loin."

"-Attendez, que se passera t'il?"

"-Je ne peux pas en dire plus, cela pourrait altérer l'événement, et devenir ridicule. Tout ce que je te demande pour commencer, c'est de me trouver un nom. Attention, je ne veux pas un nom banal, sinon je refuse. "

"-Pourquoi vous refuserez? Vu que c'est vous qui voulez entrer a mon service... "

"-Arg. Un point pour toi. Mais prend moi un nom sympa qu'en même. Car tu ne pourras pas me le changer après. "

"-Bon tres bien. Je vous nomme Nenia, ça vous va?"

"-Le pacte est conclu. Je t'expliquerai mes différentes fonctions au fur et à mesure des situations. "

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Une sorte de petite fée apparu alors devant lui. Elle ne mesure pas plus de vingt centimètres, elle a une peau d'un doux violet clair, ses oreilles sont plus pointu et légèrement plus longue par rapport à celles D'Arüã. Elle a des cheveux coiffé soigneusement d'une couleur verdoyante typiquement féerique.
Il y a plusieurs signe qui reflète bien les particularités physique du jeune elfe. Déjà, ses yeux, sont aussi vairons. L'un est blanc diamant, et l'autre est mauve améthyste. Ensuite, elle porte sur elle deux sortes de tatouages le premier est comme un petit brassard d'un noir profond, le second, est sur tout le flanc droit la faera, d'une belle couleur turquoise.

Elle porte sur elle une sorte d'écharpe bleu orné de deux petits saphirs qui fait tenir les deux extrémités de l'écharpe un vêtement originale. Elle a aussi une belle paire d'ailes translucides perlées de la dernière rosée.
Elle a aussi un pantalon deux pièces, la première partie est d'un bon bleu ciel, la seconde, en survêtement, est gris-noir, avec une découpe particulière, le tout, tenu avec une ceinture. elle a aussi des bottines, de couleur dépareillées. L'une est verte émeraude et l'autre est violette améthyste.
Elle porte aux poignets deux bracelets en argent, l'un décoré de gravures de couleur turquoise, l'autre, gravé de la même manière de couleur bleu saphir.
Enfin, elle est équipée d'une lame avec manche doré.

Elle dit alors:

"-Bien, quand tu auras fini de me détailler, on pourra avencer."
elle se tourne vers la direction a prendre avant de faire volte face pour ajouter:

"-Ah, et j'oubliais. Ton miroir va commencer à jouer un rôle dans tout cela, elle me servira de base de repos, tu pourras me voir dans le reflet. Ce sera la première chose à savoir pour le moment."


"-très bien, comme il vous conviendra."

"- Et pour finir, cesse de me vouvoyer, c'est pas vraiment plaisant. "

Elle se posa alors sur son épaule avant de conclure:
"-Bien, maintenant, en route. Nous approchons du prochain hameau. "

Et alors, il reprit son chemin, avec une nouvelle partenaire.

...

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Ven 11 Juil 2014 20:44 
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combat

Je ne sens plus rien, mon corps ne me fait plus mal. Seuls mes yeux déversent un flot ininterrompue de larmes, alors que mon esprit n'arrive pas à se remettre en place. Je ne vois que lui, gisant sur le sol, son sang nourrissant la forêt qui l'a vu mourir. Pourquoi ? Comment ais-je pu commettre ce crime affreux ?

Il voulait m'emmener, je ne voulais que me défendre. Mais je n'arrive pas à me raisonner, je n'arrive pas à me remettre. Et soudain, je sursaute. Des craquements, puis un main sur mon épaule et cette voix. Il était là, il me soutenait encore...

Encore une fois je suis un fardeaux. J'ai besoin de lui. Il me rassure une nouvelle fois, me serrant dans ses bras et m'aidant à me relever.

Peu à peu la forêt qui m'entoure se révèle et je reviens à la réalité. Faëlis semble pressé de partir. Un instant j'envisage de le retenir, avant de me rappeler que nous étions poursuivis.

Le visage toujours baigné de larmes, je le sens se crisper alors que d'autres brigands apparaissent au loin. Je recule d'un pas, gardant ma main dans la sienne, mais il ne bouge pas. Je plonge mon regard dans le sien, incompréhensive.

Ce qu'il répondit après un bref silence me brisa le cœur. Pendant un instant, tout s'arrêta autour de moi. Je ne voyais que ses yeux, envahis de sérieux. Ma main glissa doucement de la sienne.

"Tu veux me laisser toute seule ?"

Il me demande de fuir, me promettant de me retrouver, m'assurant que l'on se reverra... Comment ne pas succomber au désespoir comme il me le dit ? Je n'ai que lui, je ne peux pas me débrouiller seule dans cette forêt... Je ne connais que Cuilnen, et je n'y suis plus la bienvenue...

Il renchérit de manière plus directe, de manière pressée. Les brigands sont sur nous, et il pense que je suis plus importante que lui... Avant même qu'une pensée claire se forme dans ma tête, il s'était retournée face à ses adversaires. Je reste là, incapable de pensée, le visage baigné de larmes, ma main se levant doucement dans l'espoir de le retenir, mais en vain.

Il faut que je bouge, que je lui obéisse. Alors qu'il se jette dans la mêlée, je ferme un instant les yeux. Kendra-Kàr. je n'ai aucune idée de comment y aller. J'essaie de réfléchir, mais n'y parviens pas. Que faire ? Que pouvais-je faire ? Fuir... Seulement fuir, rien d'autre n'avait d'importance. C'est ce que voulais Faëlis...

Après un dernier sanglot, je m'essuis les yeux et jette un dernier regard à Faëlis

"Je t'aime... Reviens moi vite..."

Ce n'est qu'un murmure couvert par le bruissement des feuilles. Mais c'est pour moi une promesse. Je me retourne alors et me met à courir, ne sachant vers où je vais. Je trébuche plusieurs fois, tombe quelques fois.

Mon corps me fait mal, ma tête tourne, mes poumons brulent, mais je continues. Je ne peux plus m'arrêter, je n'ai pas le droit de ralentir. Il faut que je crois en Faëlis, il me retrouvera, j'en suis sûre....

Réveil

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Célimène

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Merci Itsvara


Dernière édition par Célimène le Mer 4 Mar 2015 19:38, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Ven 12 Juin 2015 23:21 
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Quittant la cité sans mur, je me retrouve dans la grande forêt. Malgré les années passées à me soigner, quand mon regard se pose sur les arbres géants, je ne peux pas m'empêcher de me remémorer les torches immenses, la canopée transformée en flammes ardentes par les hommes du guerrier aux yeux rouges. Je secoue la tête pour chasser cette vision d'horreur, que j'espère être la dernière.

Portant mon arme sur l'épaule, comme mon maître d'armes me l'a appris, j'avance sur les sentiers. Dans mon esprit, mon plan d'action est fixé depuis plusieurs semaines, il a été mûri, réfléchi et travaillé avec mon mentor. Dans un premier temps, il me faut me rendre à Lùinwë où il me faudra contacter Nermaïn, une Eàrion grâce à qui je pourrais voyager jusqu'à Kendra Kâr.

Pour l'instant, il me faut déjà me rendre dans la ville bleue. Cela fait déjà quelques années que je n'ai pas ce chemin, et j'avoue que les routes dans la forêt sont l'idéal pour me perdre. Combien de voyageurs ne se sont pas perdus entre ces troncs et ont été conduit, éconduit ou reconduits par les Taurions qui protègent la cité blanche ?

Malgré ces derniers mois d'entraînement, ma condition physique n'est plus celle d'une jeune femme et il me faut faire une pause, au bout de quelques heures à peine. Au bord de l'épuisement, je m'installe contre un arbre, trouvant une place relativement confortable pour mon dos et mes jambes. Après avoir grignoté presque rien, je m'endors rapidement.

Je suis réveillée avant d'avoir fini mes heures de méditation, par des cris.

"Que se passe-t-il ?" demandé-je à tout le monde et personne à la fois, ne sachant pas trop s'il y a quelqu'un près de moi.

J'émerge tout à fait quand une flèche vient se planter derrière moi dans les fourrés. Si mon instinct animal est prêt à réagir et à me faire saisir mon arme pour me défendre, mes articulations de vieille elfe ne sont pas tout à fait d'accord avec cette idée. Je m'étire et, lentement, me redresse, me servant de la longue hampe de mon fauchard pour me redresser. J'essaye de savoir d'où vient le danger, mais je ne perçois rien dans la canopée trop épaisse qui m'entoure.

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Un elfe, à l'âge d'un millénaire bien passé, sort de nul part. Il est bien habillé, riche et équipé comme un guerrier, malgré son arc à la main. Bien qu'ayant la peau claire et les cheveux blancs, sa petite taille le trahit, c'est un croisé Taurion-Hiniön, possiblement un gardien de la forêt.

"Vous devriez faire attention où vous dormez, ma Dame."
"Qui êtes-vous ?"
"Un garde forestier, qui préfère vous réveiller avant de découvrir votre cadavre dévoré par un prédateur."
"Un prédateur, si proche de la ville, le long du chemin ?"
"La forêt appartient à la forêt et le chemin est dans la forêt. Les tigres ne vont pas s'arrêter pour deux mètres de pierres, ni se mettre à voler."

Je n'ai, en effet, pas été prudente, j'aurais dû tenir plus, encore un peu plus et aller m'assoupir dans le relai, plutôt que dehors. Pourtant mon mentor m'avait prévenu et j'avais relevé le fait qu'il y aurait des endroits à l'abri pour me protéger.

"Qu'en est-il de l'extérieur ?"
"Restez sur les routes principales, il y a des abris. Sinon, voyagez en groupe, entre les Sektegs, les Garzoks et toutes les créatures prédatrices, aucune route sans garde n'est à l'abri des risques."
"Merci pour les informations. Pour l'instant, je vais continuer, jusqu'au prochain relai, où je pourrais me reposer, sans risquer d'être prise pour un gibier."
"Vous n'étiez pas le gibier. Mais le lièvre qui avait la tête dans votre sac, oui."

Pour prouver ses dires, il s'écarte de moi, fouille les fourrés et en sort sa flèche, empennée de vert, ainsi qu'un magnifique lièvre à la tête transpercée, sur ses dents, du pain, dont je me doute, et largement, de l'origine. C'est sur ces faits et après des salutations d'usage, que nous nous séparons, Raynor et moi. Il n'est manifestement jamais trop tard pour apprendre, ou réapprendre, à croire que mon millénaire de service au palais m'a fait perdre tous mes anciens réflexes et toutes mes connaissances du temps de l'armée.

Après quelques trois heures de marche supplémentaires, que je finis péniblement en me traînant sur la hampe de mon fauchard, je parviens à la cabane relais, où, au moins, un matelas de paille m'attend et où je viens m'écrouler, mes articulations n'appréciant manifestement pas cet effort soudain.

_________________
Syletha Fë-Galadh, guerrière Hiniön

Je crois qu'il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin Marguerite Yourcenar

Je suis aussi GM14, Lothindil, Hailindra, Gwylin et Naya

code couleur : #3984b2


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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Lun 20 Juil 2015 23:03 
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Encore quelques pas et j’étais vraiment dans la forêt, j’avais laissé la dernière habitation derrière moi depuis quelques minutes déjà et plus rien ne venait troubler la tranquillité des bois. J’étais seule face à la nature et ses merveilles, inspirant à pleins poumons la bonne odeur de mousse et de bois en décomposition bien moins présente en ville. Je tournais et virevoltais entre les racines gigantesques des arbres dont les frondaisons allaient chatouiller les nuages. Chaque percée de soleil dans le feuillage donnait naissance à un tableau aux mille couleurs, composé de jacinthes, de primevères, d’anémones ou encore de myosotis. Sautant de branches en branches au-dessus de ma tête, les écureuils se poursuivaient dans des sortes de danses amoureuses. Après tout, c’était le printemps. Pour ce qui était de la gente ailée, les oiseaux n’étaient pas en reste et de nombreux chants me parvenaient aux oreilles, chaque espèce ayant le sien propre. Personne n’aurait pu se douter en entendant des sons si mélodieux qu’ils signifiaient « attention, c’est mon territoire », « touche pas à ma femelle », « dégage, sinon je te vole dans les plumes »…
Prenant des points de repère à mesure que je m’éloignais, je m’enfonçai de plus en plus profondément dans la forêt, espérant faire de nouvelles découvertes, tout en me confectionnant un bouquet multicolore, composé principalement de fleurs mais également de petites branches de prunus aux nombreux pétales blanc-rosé. Cela faisait maintenant plus d’une heure que je marchais sur l’épais tapis de mousse qui atténuait tout bruit de pas, longeant un ruisseau parsemé de pierres créant un clapotis fort agréable et j’allais me décider à faire demi-tour lorsque j’entendis un craquement sec non loin de moi. Je m’arrêtai et m’accroupis les sens aux aguets. C’était probablement un animal, mais dans le doute, je préférais me préparer à détaler comme un lapin, j’avais entendu encore il y a peu de la bouche de mon frère que des brigands se perdaient fréquemment dans la forêt et n’en devenaient que plus dangereux.
Toujours recroquevillée, figée, j’attendais de percevoir un mouvement ou un autre bruit, le temps s’étira et je commençai peu à peu à me détendre et à me redresser lorsqu’ un renard sortit d’un buisson de byëller. Je me retins de pousser un soupir de soulagement pour ne pas faire fuir le bel animal et l’observait un moment.

(Quelle sotte… tout çà pour maître renard…)


Il levait fréquemment la tête, semblant flairer quelque-chose. Un autre craquement me fit me retourner prestement mais ce n’était qu’un autre renard, qui humait l’air tout autant que le premier. Ils ne semblaient pas se préoccuper de moi, comme si ce qu’ils sentaient les obnubilaient. Ils commencèrent à se déplacer, allant tous deux ers la même direction. Ma curiosité piquée au vif, je décidais de les suivre afin de voir ce qui leur faisait tant d’effet.
Ils s’enfoncèrent plus profondément dans la forêt, bientôt rejoints par d’autres renards. Dans les cimes, des corbeaux semblaient suivre le même chemin, et je finis peu à peu par comprendre les raisons de ce remue-ménage. Je ne sentis d’abord rien puis peu à peu une odeur douceâtre vint me titiller les narines. Il me fallut un moment pour trouver ce que ce put être, et lorsque je le trouvai, j’eus un haut le cœur. La mort ne rôdait pas très loin d’ici…
Des voix commencèrent à se faire entendre à quelques dizaines de pas, pile à l’endroit où semblaient se diriger les charognards que je suivais. Ce fût d’abord des chuchotements puis à mesure que je m’approchais discrètement, je parvins à distinguer des mots.

« Tout est là ?
-Oui, l’ensemble des discussions… »

Quelques mètres de plus et je pourrai même voir les protagonistes… Il fallait juste que je trouve un endroit discret où me cacher et ce fût un bosquet de cornouiller qui me servit d’abri.
Il y avait deux hommes se tenant face à face, entre deux énormes racines couvertes de petites fleurs mauves, leurs visages camouflés par des houppelandes à larges capuches. Une lueur glauque semblait scintiller sous le chaperon du plus grand et sa voix avait quelque chose de caverneux. Ce dernier rangea une liasse de papier et semblait s’apprêter à partir lorsqu’il posa une dernière question :

« Et votre fille ?
-Tout se passe comme prévu, l’expérience suit son cours, lui répondit l’autre.
-Fort bien, fort bien… Soyez prudent, souvenez-vous ce qui s’est passé avec la précédente…
-Ne vous en faites pas, j’ai les choses bien en main…
-Si jamais vous êtes découvert, vous serez seul ! Rendez-vous dans un mois…
-Il en sera ainsi ! Saluez Maître Crean de ma part.

La conversation était belle et bien finie. Les protagonistes allaient se séparer, mais je ne fus pas préparée à ce qui se passa ensuite. Comme s’il avait su que j’étais là depuis le début, l’être à la voix caverneuse posa son regard pile à l’endroit où je me trouvais, ses yeux dans mes yeux tandis qu’une sorte de sourire se dessinait au milieu de son visage verdâtre. Je me sentis comme transpercée de part en part par une pique et je ne parvins qu’à grand peine à ne pas crier. Ce court instant ne dura en réalité qu’un quart de seconde mais il me sembla durer des heures, jusqu'à ce que la créature s’évanouisse comme par enchantement, emportant l'odeur pestilentielle avec elle...
Je restais figée, tétanisée, mon corps était comme emprisonné dans une toile invisible, et ce pendant un moment qui me parut interminable. Le second homme s’était enfoncé dans la forêt depuis bien longtemps. Lorsque je pus enfin bouger, j’étais entièrement seule, pas un bruit ne venait troubler le silence, comme si la nature s’était tue suite à cet entretien des plus étranges et des plus alarmants.

(Qui étaient ces deux hommes, ou plutôt cet homme ? quelle était cette créature ? Et cette pauvre fille qui servait de cobaye sans qu’elle n’en sache rien ?)

Je fus prise d’un haut-le-cœur, et mes larmes se mirent à couler d’elles-mêmes devant l’énormité de ce qui venait de se passer. Il fallait que je retourne au plus vite à la maison en parler à mon père, lui saurait quoi faire, il pourrait en parler dés la séance de l'après-midi au conseil qui mènerait une enquête ou quelque chose dans se genre. Je rebroussais donc chemin, tentant tant bien que mal de retrouver mon chemin, espérant de tout cœur de ne pas croiser le traître qui rôdait peut-être encore dans les parages. Il me fallu plus de temps que je n’en avais mis au départ pour retrouver un coin de bois que je connaissais. J’étais affolée, terrifiée, mais je me rassurais à mesure que j’approchais de la cité et du fait que je pourrais bientôt me libérer auprès d’une personne de confiance qui saurait quoi faire…

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Lun 27 Juil 2015 02:11 
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Je courrais à en perdre haleine, zigzaguant entre les branches et les racines, sans jeter un seul regard en arrière, en espérant que les soldats demanderaient des explications avant de se mettre à ma poursuite. En y réfléchissant bien, mon idée n'était pas assez murie et la suite des événements allait être totalement due au hasard... La forêt était bien connue pour être inextricable et on s'y perdait très facilement. Mon but était de m'enfuir certes, peut-être vers une autre ville, mais encore fallait-il trouver la sortie des bois...

Les arbres défilaient, je n'avais pris aucun point de repères, une grave erreur... Je ne m'arrêtai de courir que lorsque je fus sure d'avoir semé mes possibles poursuivants. Il n'y avait plus aucun bruit, même les oiseaux s'étaient tus, le vent était tombé et aucun souffle d'air ne faisait bruire les feuilles. Après plusieurs minutes de récupérations je me remis en route, en marchant cette fois, essayant de toujours suivre la même direction, ce qui n'était pas simple à cause des arbres immenses et de leurs racines toutes aussi grosses... les heures passèrent, mais la lisière n'était toujours pas visible... La luminosité commençait à baisser, tout comme les températures, en cette journée de printemps.

Je fus alors frappée par ma bêtise... Certes les journées pouvaient être agréables, il n'en restait pas moins qu'en cette saison, les nuits étaient fraiches, voire même gelées, et je n'avais aucun vêtement chaud à me mettre. Mon père avait sans doute dû prévoir ce qu'il fallait, mais c'était resté dans sa besace, qu'il devait toujours porter... Quelque chose d'autre me frappa... un détail dans le décor... un arbre étrangement familier... J'étais passé à coté plus d'une heure auparavant... Il n'y avait aucun doute, c'était bien le même chêne avec ses nombreux trous de pic et une de ses plus grosses branches brisée en plein milieu et lui donnant un angle bizarre...

Je tournais en rond depuis au moins une heure, si ce n'était plus... Le froid se faisait de plus en plus ressentir, la faim également vint se mêler à ça. Je commençais à grelotter puis à claquer des dents tandis que la lumière diminuait encore et que la fraicheur se faisait plus mordante. Il allait falloir me trouver un endroit où passer la nuit. Je tentais de profiter des dernières lueurs filtrant à travers le feuillage pour trouver un abri, mais en enjambant une racine, je me coinçai le pied et trébuchai, m'étalant à plat ventre sur le sol, une douleur aiguë me remontant le long de la cheville et du mollet... Décidément ce n'était pas ma journée... La seule chose qu'il me restait à faire était de me traîner au creux de la petite cavité que formait la racine à cause de laquelle j'étais tombée avec une autre... Je serai au moins coupée du vent...

Le froid se fit encore plus mordant et je me pelotonnai contre l'arbre, essayant de me couvrir de feuilles mortes pour me protéger des conditions climatiques plus que précaires et c'est en grelottant de manière incontrôlable que je finis par m'endormir. Mes rêves furent empli de créatures difformes, de laboratoires remplis d'engins tous plus étranges et horribles les uns que les autres. J'étais moi-même dans ce rêve... j'étais attachée à une table et mon père s'approchait de moi avec un sourire ignoble accroché aux lèvres, tenant à la main l'ustensile que j'avais découvert dans son bureau. Une des capsules était fixée dessus.

Je me réveillai en sursaut au moment où la sorte d'aiguille entrait en contact avec ma peau. Il faisait nuit noire...

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Mar 3 Nov 2015 17:44 
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    « Il voyage plus vite celui qui voyage seul. »



Sous mes pas, je savourai le crissement de l’humus que je foulai de mes bottes salies de la fange des marais du Narshass. Voilà tellement longtemps que je n’avais pas posé pied sur un sol autre que boueux et glissant, se dérobant, instable, au moindre écart. Cela ne se comptait pas en années. J’avais cessé de compter en année, lorsque mes souvenirs me ramenaient à mes vies précédentes. Hors là, ma vie actuelle de bâtard mi-garzok, mi-shaakt ne m’avait pas encore confié le plaisir de marcher en forêt, ou même sur des plaines dégagées, sous un fugace soleil printanier pointant en une éclaircie entre deux nuages pâles. De la vase, de la bourbe, un sol gorgé d’humidité, ou protégé de celle-ci par des planches épaisses d’un bois non moins engorgé. On avait coutume de dire que dans le Narshass, on n’était jamais vraiment totalement au sec. La réalité dépassait à bien des égards les rumeurs, sur ce fait.

Des bottes, il m’en faudrait des nouvelles, à l’issue de ce voyage vers mes origines. Le cuir était rongé par l’humidité, et les tâches de boues ne partiraient qu’en finissant d’en achever la surface. J’appréciai toutefois, même s’il s’agissait une fois de plus d’humidité, qu’elles foulent le sol forestier matinal encore saupoudré d’une nocturne rosée, fraiche et fugitive, disparaissant petit à petit avec le secours des heures sous les rais épars d’un soleil pâle. L’hiver, cette année, avait été rude, et le printemps tardait à imposer sa présence renouvelante.

Voilà deux jours que j’avais quitté le village des rebelles shaakts. Le lendemain de la fête en mon honneur ne s’était finalement pas révélé le meilleur jour pour partir. Je ne m’étais levé que tard, alors que l’astre du jour était déjà haut dans le ciel. Et la migraine qui accablait mes tempes était trop rude pour que je parvienne à rassembler suffisamment mes idées pour réaliser un paquetage correct. Cela me prit le reste de la journée, durant laquelle je rassemblai des provisions pour près d’une semaine de marche. J’aurais sans doute moins à parcourir, mais je préférai me montrer prudent. Une fois que l’on quitte le confort d’une vie sédentaire, et que l’on met un pied devant l’autre sans exactement savoir où ça nous mènera, on peut vite se retrouver bien plus loin, bien plus longtemps qu’on ne l’aurait espéré. Viande et poisson séché, pains secs et racines marinées avaient fait mon quotidien. Assez peu de diversité, en soi… mais je pouvais aisément l’agrémenter d’une cueillette chanceuse de baies ou de champignons, si l’occasion se présentait.

Je n’avais pas revu Dalharil de la journée, et à peine croisé son frère. Avec son aide, j’avais fini par clôturer mon paquetage, n’emportant avec moi qu’un livre vierge composé de feuillets de vélin et d’une couverture grossière en cuir fauve, un coutelas, dont je ne saurais me servir en combat, mais qui avait l’avantage d’être un allié efficace pour trancher nourriture, et autres utilisations pratiques qui se présenteraient à moi pendant mon voyage. Du matériel d’écriture, encriers, plumes et pointes métalliques. Ainsi qu’une poignée de yus confiés par Khal’Abbil pour subvenir à mes besoins les plus urgents. Il savait que je n’aurais guère accepté plus.

Le lendemain, un trio de shaakts mené par Shrez m’emmena sur l’une de leur barque à fond plat pour remonter le fleuve jusqu’à la base du delta. Là, je les laissai à leur sort sans me retourner. Mes adieux, je les avais déjà faits. Et eux n’avaient fait que m’aider à faire le premier pas. J’avais alors passé la journée à traverser les plaines formant la frontière entre l’Anorfain et l’Atha Ust. Et le lendemain, en milieu de journée, j’avais atteint ces bois dont la canopée surplombait ma tête encore maintenant. J’avais beau, dans cette vie, avoir la peau plus noire que l’ébène, je m’étais ému du panel de couleurs retrouvé, du vert tendre des feuilles nouvelles qui viennent de pousser au brun ocre des feuilles formant l’humus. Dans les marais, tout était gris. Ici, tout était vif, intense, vivant. Je sentis un souffle de motivation m’envahir et faire frétiller en moi les fluides de foudre qui me parcouraient.

Et cet élan fut peut-être mon erreur. Insouciant, trop insouciant, je ne m’étais pas méfié. Je n’avais pas suffisamment ouvert l’œil, ni tendu assez l’oreille. Je n’avais pas vu ces yeux qui m’épiaient, depuis peut-être mon entrée dans la forêt. Ou depuis le matin, à mon lever de cette nuit passée à l’abri entre les racines noueuses d’un chêne centenaire. Ce que je vis, ce que j’entendis, en revanche, ce fut la flèche qui passa à quelques centimètres de mon oreille. Une semonce. Le talent des archers de l’Anorfain n’était pas un mensonge : jamais l’un d’entre eux n’aurait manqué une cible aussi facile que moi. C’était donc un avertissement, qui se ficha dans le sol forestier, à quelques mètres devant moi. Mon regard se posa sur l’empennage, blanc et or, de la flèche. Ça n’était pas une arme de bandit, ni même de chasseur Taurion. Cette flèche avait été envoyée par un éclaireur Hinion, sans doute faisant partie d’une patrouille. Je n’avais pas, comme convenu, trouvé Cuilnen. C’est Cuilnen qui m’avait trouvé. Et je ne doutai à aucun instant du sort qu’ils réservaient à un être comme moi. Mi-shaakt, mi-garzok, en provenance évidente de l’Atha Ust. Mes habits me trahissaient, mon odeur aussi. J’étais le subtil mélange des deux races que les elfes de cette forêt abhorraient le plus au monde. Ils ne me laisseraient pas le temps de parler. Ils ne me laisseraient pas le temps de leur expliquer. Je devais fuir, et vite.

Evitant de me retourner vers l’archer, comme il devait sans doute s’y attendre, prêt à me ficher un trait entre les yeux si je manifestais la moindre résistance à ses ordres minutieusement préparés, je changeai de direction en prenant appui sur tout le côté de mon pieds pour m’élancer à toute vitesse entre les arbres. Détalant comme un lapin, j’entendis un trait se ficher non loin de moi, dans le bois d’un arbre salvateur. Je pouvais me sentir chanceux, pour le coup. Je zigzaguai du mieux que je pouvais, espérant vainement semer celui qui s’était considéré sans même me le demander comme mon ennemi. Des yeux, je cherchai des passages et des lieux de repli potentiel, où me suivre du regard serait plus difficile, pour un archer, même confirmé. Je contournai un massif de buissons épais, passai sous un arbre mort à moitié couché, et me laissai glisser sans hésitation sur le tapis de feuilles et d’épines friables d’une pente un peu trop penchée. Le genre d’action qui sonnait toujours mieux au moment où on se l’imaginait, et un peu moins quand on s’exécutait. Une caillasse me percuta le dos, et ma glissade se changea en roulé-boulé assez peu contrôlé, qui m’envoya valser comme un vulgaire sac de paille sur le sol terreux.

J’atterris dans un bruit étouffé, souffle coupé, le sang me battant aux tempes. Fourbu de ma course, après deux jours de marche intensive, je trouvai vain de fuir plus loin. Tous sens aux aguets, je lorgnai tout autour de moi, attentif au moindre indice m’indiquant la présence d’un poursuivant. L’archer, je l’avais sans doute distancé. Il ne s’était pas élancé à ma poursuite, assuré de m’abattre de ses traits meurtriers. Sûrs d’eux, jusqu’à être parfois imbus d’eux-mêmes, les Hinions n’avaient guère changé. J’en avais été un, autrefois… Peut-être même plus d’une fois. Je me sentais proche de ce peuple dont aujourd’hui, j’étais si différent. Le silence était partout. Avaient-ils perdu ma trace ? J’en doutais. Avaient-ils décidé de me laisser fuir, constatant que je n’étais qu’une menace de petite ampleur, et que je me ferais dévorer par les loups ou détrousser par les brigands avant même d’avoir pu ne fut-ce qu’entrevoir leur capitale ? C’était plus probable. Je m’en savais encore loin, de toute façon. Elle était nichée au plus profond de la forêt d’Anorfain. Au cœur des bois, dont je n’étais encore qu’en bordure. Peut-être se disaient-ils qu’ils m’avaient suffisamment fait peur pour que je ne tente pas de me rendre plus profondément dans cette accueillante forêt, ricanant devant ma crainte toutefois fondée. Je ne saurais leur en tenir rigueur.

Je cherchai le couvert d’un buisson épais pour rattraper mon souffle et profiter d’une pause dûment méritée pour grignoter une galette de pain sec et un lambeau de chair séchée. Mais la pause fut de fort courte durée. Bien vite, une bouchée eut un goût amer de défaite : non loin, les bruits de plusieurs sabots se firent entendre sur le sol couvert de feuilles. Des sabots légers, et non lourds comme des destriers de guerre kendrans. Des étalons agiles, éduqués pour les courses en forêt. Et au cliquetis métallique qui les accompagnaient, je compris vite qu’il ne me servait plus à rien de fuir. A ma poursuite avait été envoyée une troupe d’éclaireurs montés. Ils retrouveraient vite ma trace : je n’avais pas cherché à les dissimuler, et ils étaient formés pour la traque. Je sortis de mon abri comme ils se dirigeaient déjà vers lui. Je leur tendis mes paumes vides, tournées vers les cieux, en signe de reddition. Peut-être ainsi ne me tueraient-ils pas directement. Je déclamai d’une voix audible et forte, alors qu’ils m’entouraient, abaissant leurs lances à l’acier éclatant et pâle dans ma direction, ne m’offrant cette fois aucune issue possible.

« Mon nom est Vadokan Og’Elend, et je ne suis pas un ennemi. »

Mon nom ne leur dirait rien, bien sûr. Je n’étais connu que de mes proches, qui eux-mêmes se faisaient un malin plaisir à éviter de se faire remarquer. Mais c’était la politesse la plus élémentaire que de se présenter. J’espérais qu’ils apprécient. Celui qui semblait être leur capitaine, à la cotte de maille ornée d’émeraudes et de saphirs, répondit à mon appel.

« Et qui serais-tu, alors, toi qui erre dans nos bois sans raison, sinon un espion ? Qu’est-tu, orque ou shaakt, sinon une créature d’Oaxaca ? »

Les préjugés… J’y étais habitué. Je savais qu’avec cette ascendance charnelle, j’y serais amèrement confronté. Je répondis, gardant les yeux baissés pour ne pas qu’il me trouve bravache mal à propos.

« Ni l’un, ni l’autre, et d’Oaxaca je n’ai cure. Je suis un voyageur en quête de son passé. De shaakts, je ne connais que ceux qui vivent dans les marais, car ils m’ont hébergé. »

C’était la vérité, et en plus c’était plausible pour eux, vu mon accoutrement, la boue sur mes bottes et la nature de mes habits. Il y avait un accord tacite entre les shaakts des marais et les Hinions. Pas une vraie alliance, puisque chacun restait chez soi pour que les brebis soient bien gardées, mais une cause commune : la chute des matriarches de Caïx, valait mieux qu’une haine éternelle. Je poursuivis.

« C’est en Cuilnen la Blanche que résident les réponses à mes questions, si vous consentez à ce que j’en foule le sol. »

Je n’eus que le silence comme réponse. Un silence équivalant à une hésitation. J’allais pour relever les yeux vers les éclaireurs quand un choc me frappa à l’arrière du crâne. J’eus à peine le temps de le sentir que ma vue se brouilla dans ma chute sur le sol… Assommé.



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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Dim 13 Déc 2015 00:07 
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Tout juste l'orée de la foret franchit, le chemin laissait la place à une étendue de mousse. Aucun sentier n'était visible. Ils avancèrent entre les arbres qui semblaient se mouvoir dans la clarté qui filtrait à travers leur feuillage. Les empreintes de leurs pas s'effaçaient presque instantanément. Daarel aurait été bien incapable de retrouver son chemin tout seul.

"Je savais Cuilnen difficile à trouver, mais je ne m'attendais pas à ça."
"A part ses habitants, peu de gens savent la situer."
"Il n'y a ni chemin ni repère, la cité semble impossible à trouver pour un étranger."
"Quelle meilleur protection pour une cité que d'empêcher ses ennemis de l'approcher ?"
"Certes, mais en avez vous tant que ça des ennemis ?"
"Plus que tu ne peux l'imaginer. Ils ne se déclarent pas tous au grand jour car ils ne veulent pas d'une guerre ouverte."
"Vous êtes un peuple pacifique, pour quelles raisons vouloir vous faire la guerre ?"
"La jalousie, la soif de pouvoir, la richesse de notre culture, et j'en passe."
"Cela me dépasse complètement. Il y a vraiment des choses que je ne comprendrais jamais."
"Je sais, c'est ce paradoxe qui a attisé ma curiosité chez toi."

Devant l'air étonné de Daarel, il reprit :

"Tu es un esprit bon et quelque peu naïf dans le corps d'un tueur sanguinaire."

Le demi-elfe réfléchit quelques instants avant de répondre :

"C'est vrai, et cela m'a souvent porté préjudice. Les gens me jugent souvent par mon physique avant même d'apprendre à me connaître."
"Il ne faut pas leur en vouloir, les préjugés ont la vie dure et il faut reconnaître que les Shaakts sont rarement des personnes innocentes."
"Je suis à moitié Wotongoh, un peuple aussi pacifique que les Hiniöns."
"Mais qui par leur peau noire ressemblent assez aux Shaakts. Eux aussi sont souvent victime de préjugés. C'est d'ailleurs une des raisons qui les pousse à ne pas se mêler aux autres peuples."

Après un nouveau silence, Daarel demanda :

"Est-ce à cause de ce paradoxe que vous avez décidé de m'aider ?"
"Entre autre, oui."
"Pourquoi ?"
"Quand tu m'as parlé de toi hier, j'ai compris que ta situation était difficile et que tu aurais du mal, malgré toute ta bonne volonté, à apprendre à te servir des fluides obscurs pour faire autre chose que semer la mort. Je pense être en mesure de t'aider, car il existe des alternatives."
"D'accord, mais le fait d'être en mesure de m'aider ne vous y oblige pas."
"C'est vrai, mais en contre-partie, peut-être accepteras tu de m'aider à ton tour."
"Si cela est dans mes moyens. Qu'attendez vous de moi ?"
"Je ne peux pas trop t'en révéler pour le moment, mais j'ai besoin d'une personne de confiance qui n'est pas Hinion et qui accepterait de travailler pour moi. Je préfère te prévenir, cela peut-être risqué et tu devras peut-être avoir à te battre, même si je souhaite plutôt que la discrétion s'impose."
"Vous voulez que je sois votre espion en quelque sorte."
"Plus ou moins, oui. Même si les missions peuvent différées les unes des autres. Qu'en pense tu ?"

Daarel réfléchit un moment.

(Puis-je lui faire confiance ? C'est vrai qu'il m'aidera si je travaille pour lui mais je ne sais rien de sa personne. Est il un être honnête ou vais-je encore m'embarquer dans une sombre histoire ? Je dois en savoir plus avant de me décider.)

"Tu hésites, c'est normal. Tu dois sûrement te demander quelle genre de mission je vais te proposer ? Ce n'est pas grave, commençons d'abord par voir ce que l'on peut faire pour toi et je suis sûr que tu accepteras ma proposition une fois que tu en auras appris un peu plus."

(Il ne manque pas d'assurance en tout cas, il semble bien sûr de lui.)

Ils marchèrent en silence. Le demi-elfe, perdu dans ses pensées, ne profitait pas de la beauté de la foret. Après un long moment, il reprit :

"Est-ce seulement parce que je ne suis pas un Hinion que je vous intéresse ou alors mes origines Shaakt entre en jeu ?"
"Bonne question, tu es malin. Comme je te l'ai dit je te donnerais plus d'information plus tard. Mais oui, tes origines Shaakt sont un plus."
"Pourtant je ne suis pas du genre a passé inaperçu."
"Avec de l'entraînement, cela va changer. Les fluides obscurs apportent beaucoup d'opportunités de ce côté là."
"Pourtant un elfe noir à Cuilnen, cela se remarquera."
"Tu auras sûrement du mal à te faire accepter au début, je ne te le cache pas. Mais quand les habitants sauront que tu es sous ma protection, ils feront avec, que ça leur plaise ou non."

Soudain face à eux apparut Cuilnen, la cité majestueuse des elfes blancs. Bâtiments et foret se mélangeaient dans une architecture complexe mais d'une rare beauté. Daarel en resta bouche bée.
Syndel sourit de la situation puis lui demanda :

"Es tu prêt pour démarrer une nouvelle vie ?"
"Ou...oui."
"Bien, alors suis moi."

Sur ces mots, il pénétra dans la cité, suivi du près par son jeune compagnon.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Mer 16 Déc 2015 15:38 
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>>Sale affaire II

Dans la gueule du loup I

Si l'on posait un regard exigeant sur Océma il devenait difficile de la décrire : à peine magicienne, à peine responsable, et certainement pas guérisseuse. Ce dernier point expliquait sa perplexité face à l'enchevêtrement de corps dont la masse dégoulinait d'un sang noirâtre. Elle se sentait dépassée par les événements ; la responsabilité de la mort d'un individu, eut-il voulu l'empaler sur une épée, lui posait un cas de conscience épineux. Elle tourna autour des deux gaillards et fut soulagée d'entendre des gémissements étouffés. Ils ne ressemblaient plus vraiment à des êtres humains mais ils vivaient, ou tout du moins ils tressaillaient en grimaçant quand on les touchait.
Elle installa sa torche et observa ce qui tenait maintenant lieu de visage au premier d'entre eux. Le maigrelet au gourdin y était reconnaissable. Sa peau arborait une panoplie de couleurs dans les bleus-violacés intéressante et la magicienne fut impressionnée par la taille que pouvait prendre un œdème. La tuméfaction sur la joue droite était particulièrement énorme et repoussante ; elle donnait à l'ensemble du visage une monstruosité grotesque sillonnée par une cascade de sang séché descendant du haut de son crâne. La pommette était manifestement en morceaux : son propriétaire hurlait de douleur avant même qu'on ne la touche _ et c'était bien pire lorsqu'on posait un doigt dessus. Pour le reste tout allait bien : la jeune femme n'avait frappé qu'au visage.
Après avoir relevé le malheureux elle apprit entre deux cris qu'il s'appelait Ricor. C'était un brave homme très secoué par le décès de son camarade _gisant encore auprès de l'elfe_ dont Océma n'avait pas jugé utile de retenir le nom, les morts n'y répondant pas sauf cas de magie ténébreuse et c'était alors une expérience désagréable. Le troisième homme, désormais ligoté et bâillonné, était tout simplement surnommé « chef ».


Ce ne fut pas une mince affaire de traîner ce dernier hors du tronc et de le remonter vers le sous-bois. Il était également urgent de faire disparaître l'elfe et le cadavre toujours bien visibles au milieu de la clairière mais Ricor avait d'autres idées en tête :
Il mettait une grande énergie à être désagréable et à vouloir fuir le plus loin possible. Il ne faisait plus aucune confiance à la magicienne, son principal argument étant que les événements avaient oscillé entre le tragique et le catastrophique depuis leur rencontre. Elle admit facilement ce fait : depuis peu chacun de ses gestes l'amenait là où se trouvait les complications. Et elle était sincèrement désolée qu'il fut entraîné dans son sillage. Elle alla même jusqu'à lui poser une main compatissante sur l'épaule avant de lui annoncer d'un air navré qu'il n'avait de toute façon plus le choix.

En bonne narratrice elle laissa le silence tomber et l'idée faire son chemin dans la tête du pauvre homme. Son visage tuméfié n'exprimant rien d'autre que la perplexité et l'abrutissement elle développa : en fuyant il aurait à ses trousses les elfes de Cuilnen et ses anciens camarades, chacun d'eux le souhaitant pendu ou brûlé vif, ou les deux à la fois. Il pouvait aussi finir dans le ventre d'une bête sauvage, tomber dans un ravin où entre les lianes d'une plante mangeuse de chair _ elle était particulièrement fière de cette dernière invention. Le pauvre bougre se retrouva vite suffisamment abattu pour accepter n'importe quelle solution. Elle en proposa une : dans sa grande magnanimité elle ferait en sorte que Cuilnen lui pardonne et l'autorise à sortir du royaume. Il commença par douter, mais quand elle réchauffa son histoire d'elfe chasseur rôdant dans les bois, elle anéantit toute résistance et obtint la soumission totale de son désormais compagnon.

Elle omit, bien entendu, de préciser sa réputation à Cuilnen et préféra ne pas évoquer par quel moyen elle pensait réaliser sa promesse, sinon le gaillard aurait pris les jambes à son cou. À raison d'ailleurs : c'eut été la meilleure option pour son salut. La forêt, aussi dangereuse fut-elle, était certainement un endroit plus sûr que la compagnie d'une magicienne à demi-inconsciente ayant en tête d'affronter une armée de bûcherons.


Ils ramenèrent donc morts et évanouis à l'abri du sous-bois puis soufflèrent quelques instants. Le « chef » se mit alors à gémir de façon inquiétante, poussant la magicienne à considérer son état : le coude formait un angle contraire au naturel et le poignet avait consciencieusement cherché à le compenser en une torsion inverse assez improbable. L'ensemble présentait finalement un « S » dont la somme des angles était proche de celle d'une articulation fonctionnelle. Tout n'allait donc pas trop mal si l'on réfléchissait mathématiquement mais cette méthode avait ses limites : elle ne tarissait pas le flot de sang ininterrompu qui se déversait de la bouillie tenant désormais lieu de mâchoire au colosse.

Laisse-le cr'ver !

Malgré la sagesse de cette proposition la jeune femme la jugea inacceptable. Elle en revenait à son problème de conscience, plus exactement : de mort sur la conscience. Les explications déployées sur ce point à l'encontre de Ricor ne le firent pas changer d'avis et il continua de proposer des façons écœurantes d'achever la brute le plus lentement et douloureusement possible. Le temps faisait d'ailleurs ce travail tout seul et les efforts de la jeune femme pour endiguer l'hémorragie eurent pour résultat de transformer les gémissements en hurlements. Notre apprentie guérisseuse n'eut pas plus de succès avec ses tentatives de réveil sur l'elfe. En désespoir de cause elle décida d'abandonner ce dernier à la sécurité d'un taillis et d'intégrer le sauvetage de leur ennemi au plan d'attaque du campement.

Avez-vous un guérisseur dans ce camp ?

Le regard qu'elle reçut en réponse passa de l'étonnement à la méfiance puis, Ricor prenant certainement conscience du sérieux de la question, à la peur. Il serra obstinément les mâchoires et baissa la tête. La magicienne n'avait pas le temps de tergiverser à chaque nouvelle question, elle ramassa donc le gourdin qui se trouvait à ses côtés.

Je n'aime pas tellement faire ça mais j'en suis capable, comme vous l'avez constaté. Dois-je répéter la question ?

Sorcière !

Oui, j’entends ça souvent mais ce n'est pas la réponse attendue.

Elle leva son arme et s'avança en arborant un air détaché. L'homme eut encore un instant d'hésitation puis il fit un geste d'apaisement.

Bon, bon... Oui, y'en a un.

Parfait ! Laissez-moi un instant pour m'arranger.

La jeune femme ramassa l'épée et le gourdin. Elle quitta sans pudeur sa robe elfique prématurément usée et délesta le mort des loques qui lui restaient. S'il n'avait été occupé à se rincer l’œil pour ce qu'il pensait être la dernière fois de sa vie, Ricor se serait mis à geindre. Après avoir laborieusement passé les vêtements en évitant de bouger son bras, Océma se barbouilla le visage de tout le sang mêlée de boue et qu'elle put trouver. Pour finir elle déchira un morceau de sa robe et y enroula son épaisse chevelure.

Une fois satisfaite du résultat elle vint se planter devant son compagnon pour requérir un avis. Elle interpréta le froncement de nez et la mine dégoûtée comme une réussite : les loques n'arrivaient pas totalement à cacher la rondeur de sa poitrine mais l'odeur découragerait quiconque d'y regarder de plus près. Si elle ne respirait pas trop brusquement et pour éviter les haut-le-cœur, ils avaient une maigre chance de ne pas être repéré et massacré dès le début des opérations. Elle passa aussi l'épée à sa ceinture : une assurance de plus.

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