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 Sujet du message: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Ven 31 Oct 2008 21:44 
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La Forêt entourant Cuilnen


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La forêt entourant Cuilnen semble à la fois accueillante et apaisante. Une épaisse mousse recouvre le sol, étouffant le bruit des pas et les rendant confortables. Le soleil perce à travers le couvert des arbres et dessine des taches de lumière mouvantes, presque vivantes dans cette mousse tendre.

Mais, voyageur étranger, attention! La forêt de Cuilnen n'offre aucun repère, la mousse ne laisse aucune trace de pas. Les arbres empreints de magie changent de position à leur guise et et il est très difficile pour un étranger d'y retrouver son chemin. La forêt est principalement peuplée d'Elfes Verts, les Elfes Blancs se concentrant surtout à Cuilnen même, mais il y a également quelques rares tribus de Worans qui arpentent ces bois. Trouver Cuilnen, la fontaine de vie, est pratiquement impossible pour un étranger.

Peu de créatures vivent dans cette forêt, hormis les Elfes, mais on y trouve tout de même quelques loups et renards. Il peut aussi arriver de rencontrer à l'occasion quelques mercenaires ou voleurs égarés à la recherche de Cuilnen.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Mer 7 Jan 2009 00:32 
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Des arbres. Des arbres. Encore des arbres. Un croissant de lune.

Je sens la nuit se resserrer inexorablement autour de moi. Une sensation finalement assez familière, lorsqu'on a passé près d'un siècle cloîtré dans une colonne de glace. J'halète. En état de choc, je vole le plus rapidement possible pour m'éloigner du lieu de mon massacre libérateur. Soumis à de violentes émotions contradictoires -l'ivresse, l'euphorie, la terreur, la rage- , je suis à peine capable de contrôler ma trajectoire, et c'est avec beaucoup de chance que je n'ai encore rien percuté. Mes yeux scrutent la forêt , mais restent aveugles.

(Des arbres. Je suis perdu.)

Inutile de continuer à voler sans but. Etant moi-même perdu, je doute d'être retrouvé, de toutes façons. Ralentissant progressivement la cadence du battement de mes ailes, je me pose tant bien que mal sur une branche en hauteur. Fichues ailes.
Perché à califourchon sur mon refuge inaccessible, je tourne frénétiquement la tête dans toutes les directions, à la recherche d'un quelconque danger. Peine perdue. Fichue nuit.

Il est temps de se recentrer. Me calmer n'est pas chose facile. Je sursaute au moindre craquement. Fichue forêt. Respirons profondément.

J'essaye d'analyser ma situation, pour le moins précaire. Pour commencer, je suis perché à 10 mètres au dessus du sol. Génial. Une joie féroce me tenaille cependant le ventre. Je connais enfin la liberté, après un siècle de séquestration par une bande de harpies miniatures. La scène de ma libération repasse au ralenti dans mon esprit. Que diable étaient ces créatures grises? Quatre pattes, des griffes, des crocs, des hurlements des plus charmants. Affamées avec ça.
Je sens soudain un frisson inquiétant me parcourir l'échine. Ne pas connaître le nom de ces créatures témoigne d'une seule chose: le monde m'est inconnu.

(Encore une chose que ces folles m'ont volé. Elles paieront. )

Mis à part ce que j'avais entendu des récits des Aldrydes exploratrices étant Aldron, le monde m'était inconnu. Totalement. Cet arbre, par exemple, quel est-il? Et ces choses brillantes au dessus de ma tête? Et mes sanglants justiciers?

Reprenons le joyeux récapitulatif. Libre (youpi) dans un environnement inconnu, et donc mortellement dangereux (bis), je suis perdu, perché sur un arbre, sans savoir si on me poursuit, sans savoir si on me croit mort, sans savoir que faire, sans même savoir comment survivre. Et bien sûr, n'oublions pas qu'elles paieront. Toutes.

Songeant avec perplexité à l'état d'euphorie dans lequel me plonge l'idée de la mort de mes semblables, je tente de me ressaisir.
Me souvenant soudain des babioles que j'avais trouvées sur le corps de la tortionnaire en morceaux ( Ah ah! ) , je sors de la poche de ma tunique la petite bourse. Je l'agite, et entends avec étonnement un tintement assez conséquent. Intrigué, je l'ouvre et plonge deux doigts à l'intérieur pour attraper une des choses qu'elle contient.
Avec stupeur, je lâche un juron et un objet métallique circulaire sur mes genoux, étrangement plus grand que la bourse qui le contenait.

(Un machin... magique? Qu'est ce que c'est que ça? Ca pèse son poids...)

Je reste pensif quelques secondes, réfléchissant au mystère du "gros machin rond", puis avec un soupir agacé, remet l'étrange totem dans son contenant. Je reglisse derechef la bourse dans ma poche, et mon regard se pose sur la bague à mon doigt.

Son contact est étrangement réconfortant. Des plus simples, un banal anneau d'argent, une énergie mystérieuse semble en émaner.

(Serait-ce encore de la... magie?)

Un éclair me frappe soudain, et je me saisis de l'aiguille de pin étrange, que j'avais glissée à ma ceinture (On m'avait enfilé cette chose étrange avant l'envol nuptial, sous prétexte de me rendre plus "vie-rhile". Connais pas.)
A nouveau, lorsque mes doigts se posent sur la surface de l'aiguille, une force en moi semble s'éveiller, s'agiter. Troublé, je relache ma prise, cependant je sens encore cette puissance se mouvoir au plus profond de mon être. Je ne peux m'empêcher de penser à la glace. La glace...

(La glace? Mais alors? Moi? Un... mage?)

C'est alors que j'explose bruyamment de rire, rire qui devait ressembler plus ou moins à un couinement de souris (ça, je connais).

(Elles m'ont fourni le bâton pour les punir. Intéressant... Je sens que ça va badiner sec.)

Je prends alors ma décision. Ma vengeance s'opérera par la glace, cela est certain. Et merveilleusement ironique. Ah ah.

Jetant à nouveau un regard autour de moi, et ne voyant toujours rien, ou presque, je me fais la réflexion que cette forêt sera une bonne première cachette, le temps que je me réconcilie avec le monde.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Mer 7 Jan 2009 20:44 
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Perçant le réconfortant couvert des arbres, un rayon de soleil vient me caresser le visage. J'ouvre les yeux doucement, savourant mon tout premier réveil en tant qu'Aldryde libre, essayant de graver à tout jamais l'instant dans ma mémoire. Des arbres, la rosée matinale, une fraîcheur revigorante plânant dans l'air, d'harmonieux cris d'oiseaux au loin... Revigoré par un tel réveil, je me redresse, un vague sourire flottant sur les lèvres, le premier depuis bien longtemps (si on excepte les rictus sadiques, ironiques ou cruels bien sûr). M'étirant avec un baillement sonore, je fais craquer toutes les jointures possibles et imaginables de mon corps. Ca fait du bien. Je fais quelques pas sur la grosse branche qui m'a servi de lit cette nuit, admirant silencieusement le paysage. La panique d'hier est plus ou moins passée. D'accord, je suis seul et sans ressources dans un monde inconnu. D'accord, une bande d'Aldrydes assoiffées de reproduction est probablement en train de ratisser chaque centimètre carré de cette forêt pour me retrouver. D'accord, je risque de me faire bouffer par la première bestiole venue.

Bon. Je panique.

(Bon sang, dans quoi me suis-je fourré?! Un vrai guêpier. D'ailleurs c'est quoi un guêpier?? Fichues expressions. Est-ce que moi, j'ai besoin d'expressions fleuries pour exprimer toute la tragique profondeur de mon mal-être intrinsèque? Non!)

Je secoue mes ailes légèrement froissées, histoire de les désengourdir un peu. Fléchissant les jambes, je saute avec légèreté de ma branche, et me laisse plâner avec plaisir sur quelques mètres, avant de... m'étaler pitoyablement dans une flaque d'immonde bouillasse. Très élégant.
Cette forêt a de la chance que je n'aie pas assez de vocabulaire grossier pour lui témoigner mon ressentiment. C'est donc de façon très simple que j'hurle: "CROTTE D'ALDRON MACEREE" avant de me relever tant bien que mal, pataugeant risiblement dans ma mare de boue.

(Rah. Bon, première mission de survie, trouver de l'eau pour me décrasser.)

C'est donc avec un enthousiasme rageur que je commence mon exploration de la fôret, priant pour avoir mis assez de distance entre l'arbre-communauté et moi. Rebaptisant solennellement l'arbre d'où je venais de descendre quartier général, et l'honorant d'une croix gravée à la base du tronc, afin de le reconnaître plus tard, je me mets en route. En direction de quoi, je n'en ai aucune idée.

C'est donc arbitrairement que je décide d'aller à droite de mon nouvellement promu "quartier général", marchant toujours tout droit. La plus élémentaire prudence me pousse à marquer mon passage d'une quelconque manière environ tous les cinq mètres: une pierre retournée, une flèche gravée sur le sol dans la terre, des brindilles amoncellées...

Au bout d'une petite heure de marche, des plus éprouvante pour mon pauvre corps complètement étranger à l'exercice physique, durant laquelle j'ai croisé -ô surprise- des arbres, des feuilles, des brindilles, deux-trois bestioles poilues inconnues, et une souris (j'étais assez fier de l'avoir reconnue d'ailleurs. Ah ah.), je finis par déboucher sur un ruisseau. Je me précipite au bord de l'onde, et frissonne en plongeant ma main dedans. Trouvant la température acceptable (malgré tout utile d'avoir vécu dans de la glace...), je pose précautionneusement mes maigres possessions au bord du ruisseau, puis me plonge avec délice dans l'eau. Je soupire d'aise.

Après une rapide toilette, mais efficace, et avoir bu tout mon soûl, je sors de l'eau puis me rééquipe.

(L'eau, j'ai trouvé. Autant laisser mes petites balises pour retrouver le ruisseau. Maintenant j'ai faim. Ah, je m'aime.)

Je reviens sur mes pas, suivant mon parcours pour retrouver mon chemin, cette fois-ci en observant en hauteur autour de moi, afin de trouver quelque chose à me mettre sous la dent.
Décidemment, la chance doit me sourire. A mi-chemin, je dégotte un buisson vert touffu, parsemé de petites boules violettes.

( Et... est-ce que ça se mange? Bon ben... Soit je goûte, soit je crève de faim. Si jamais ces machins sont empoisonnés, je crève aussi. Que de joyeuses perspectives, décidemment.)

Jugeant ma faim plus importante qu'un potentiel risque d'empoisonnement, je me jette avidemment sur ces petites baies. Avec une légère appréhension, je croque dans la première. Sucré et à la fois légèrement acide. Tellement bon qu'on en mangerait jusqu'à en crever. Ah ah.
Je me remplis allègrement la panse, toute trace d'hésitation oubliée. Crever maintenant ou un autre jour, après tout... Enfin non. Elles paieront avant ma mort, ces sales petites...

Le ventre lourd mais le coeur léger, je parcours la distance restante pour retrouver mon bon vieil arbre. Home sweet home.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Jeu 8 Jan 2009 22:11 
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(Recapitulons. Eau: trouvée. Mangeaille: trouvée (du moins pour l'instant). Prochain élément sur la liste des priorités? Hum... Rallonger la liste des priorités.)

C'est donc étrangement désoeuvré que j'atteins le pied de mon arbre. Pensif, je pose une main sur l'écorce. Ne trouvant rien de plus intéressant à faire, je m'affale à califourchon sur une racine. Calant mes ailes repliées sur le tronc, je laisse ma tête aller en arrière. J'ai les cervicales nouées. Il faut croire que l'appréhension me tenaille plus que je ne veux l'admettre. Fichu humour noir.

(Il faut absolument que je trouve quelqu'un, quelque chose pour m'apprendre plus sur cet environnement. Faut croire que je suis tombé sur une forêt pas très fréquentée...)

Je réalise une fois de plus avec frustration que je reste enchaîné, paralysé. Ces vieilles peaux d'Akrillas disaient que le pouvoir, c'était le savoir. Elles n'avaient pas tort. Il est temps que j'acquière un peu de savoir. Du moins essayer d'en acquérir.
Je me relève avec une énergie renouvelée, et saisis prestement l'aiguille de pin, qui pendait toujours fidèlement à mon côté. Immédiatement la force tapie en moi s'éveille, et gronde. Décidement, cette sensation de puissance est euphorisante. J'ai l'impression d'être parcouru de la tête au bout des ailes par des flots de feu liquide, mais paradoxalement, gelés. Je suis littéralement gelé par le feu.

J'agite avec conviction devant moi mon arme improvisée, à tout hasard. Pensant naïvement voir jaillir de l'aiguille un violent éclair vert fluorescent, capable de raser la forêt à trentre mètres à la ronde (du moins quelque chose dans le genre), c'est donc l'air doublement abruti que je constate que rien ne se passe.

(Si quelqu'un ou quelque chose m'observe, il doit vraiment se marrer.)

M'éclaircissant la gorge, je refais une tentative. Peut-être qu'en brandissant mon bras plus vite... J'envoie donc filer mon bras droit, et mon aiguille fendre l'air. Ah ah, j'ai réussi à faire du bruit. Trop fort. Mais toujours pas de déchaînement mortel de magie. Vraiment de l'arnaque...

Adoptant une nouvelle tactique, je resserre ma prise autour de l'aiguille de pin, mais sans la brandir cette fois-ci comme un demeuré. Je me concentre sur les flots circulant dans mon être, ces flots brûlants et glacés, que je sens capable d'accomplir des choses tellement puissantes qu'elles dépassent ma pauvre imagination. Pour me donner plus de mesure, je ferme les yeux.

(Visualise mon petit. Concentre-toi. Ce n'est que comme ça que tu pourras faire hurler de douleur ces immondes naines ailées.)

Toujours concentré sur la magie qui paresse en moi, je patiente. Après tout, attendre, je l'ai très bien fait pendant un siècle. Les yeux plissés par l'effort de concentration, je sens enfin quelque chose se mettre en branle quelque part dans mon corps, très approximativement situé à deux centimètres vers la gauche sous la veine cave inférieure. Surpris et réjoui, ma concentration bien évidemment s'envole, et le "quelque chose" avec.

(Zen.)

Nouvelle tentative. Yeux fermés. Flots paresseux. Impatience. Concentration. Irritation. Concentration, j'ai dit. Ah, le "quelque chose" est de retour. Génial. Je redouble de concentration, sans hyperbole, me crispant (je dois d'ailleurs avoir une posture des plus comiques. Un Aldryde tourmenté par l'opiniâtreté de son tube digestif, vous connaissez?) de la tête aux pieds, en passant par mes déjà-trop-crispées cervicales.

Je sens alors une perturbation dans les flots de magie (appelons un chat un chat). Comme s'ils enflaient, progressivement. Comme s'ils étaient parcourus de remous. Je me laisse envahir par l'agitation magique, intimement convaincu que l'heure de l'éclair meurtrier est arrivé. Les flots semblent couler vers mes mains, se déplaçant lourdement et calmement à la fois. Ressentant un froid inhabituel courir le long de mes bras, j'entrouvre les yeux.

(Peuh! Des mains brillantes. Et mon éclair alors??)

C'est alors qu'une trille suraigue me perce les tympans, et fait voler en éclats la concentration durement accumulée. Sursautant violemment, les mains crispées sur mon pauvre coeur affolé, je regarde paniqué partout autour de moi, cherchant l'origine de l'inpromptu bruitage, à la source de mon nouvel échec.

J'aperçois alors une saleté de piaf, piaillant joyeusement, perché -sacrilège suprême- sur une branche de mon quartier général. Avec un grognement de bête blessée, je déploie mes ailes, et m'envole brusquement en direction de mon spectateur goguenard, bien décidé à lui apprendre à contenir ses fichus piaulements.

Comme le dit le vieil adage, Aldryde courroucé... Aldryde courroucé!

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Jeu 8 Jan 2009 23:46 
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Battant frénétiquement des ailes, je fonce vers une branche située une dizaine de mètres au dessus du sol. Tel un justicier volant vers un criminel méritant une bonne correction, je prends en vol, sans m'en rendre compte, la posture légendaire du poing- brandi-vers-le-ciel-et-genou-droit-replié. C'est donc transfiguré en image même de la Justice courroucée que je me pose (ou plutôt m'écrase) sur la branche, face à l'indigent oiseau.

Je me redresse avec difficulté, et me positionne face à lui, une expression de défi haineuse plaquée sur le visage. Je l'observe.

Véritablement énorme, il mesure pour le moins dix centimètres, si ce n'est DOUZE. Une tête à mimique cruelle vissée sur un corps massivement musclé, un horrible bec crochu, des yeux torves, avec une étincelle de moquerie et de malveillance clairement identifiable, des plumes marrons et vertes, parfait pour le camouflage du prédateur assoiffé de sang, des pattes épaisses comme DEUX brindilles, et des serres acérées accrochées fermement à la branche, j'ai devant moi, un horrible et abominable représentant mâle adulte de la redoutable et redoutée espèce au nom maudit de "moineau" (Les Akrillas adorent raconter des histoires de moineaux pour se faire peur, la nuit.). Prions pour que je n'ai pas affaire à un moineau-garou (de la pire espèce, ils sont capables de PONDRE DES OEUFS EN PLEIN VOL), sinon je ne donne pas cher de ma peau.

Mon adversaire sanguinaire me fixe, la tête légèrement inclinée. Qui sait combien d'horribles massacres il a perpetré, qui est capable d'imaginer le sort peu ragoûtant qu'il me réserve? Quand j'étais Aldron, on m'avait raconté qu'ils pouvaient nous PICORER. Bon sang, comment vais-je survivre?!

Je sursaute violemment, manquant de peu de tomber de la branche, lorsqu'il piaule joyeusement à mon adresse.

(Regarde-le... Il t'imagine déjà dans son estomac. Mais vaille que vaille, je l'affronterai! Dussè-je le payer de ma vie! Enfin... Dussè-je le payer de mon aile gauche! Enfin... Je l'affronterai, dussè-je m'enfuir comme une larve! )

Afin d'interrompre ses cris perçants, véritable requiem, je lance à son adresse le cri le plus guttural que je peux tirer du fin fond de mes cordes vocales. Cela devait ressembler plus ou moins à un fier:

"Miaou!"

Sûrement terrorisé par une telle démonstration de "vie-rhilité" (je crois que j'ai saisi le concept), le redoutable moineau s'interrompt. Je peux voir au fond de ses grands yeux noirs la faim inextinguible du carnassier.

Me demandant comment diable j'allais le chasser de mon quartier général, ou du moins lui donner la correction qu'il mérite, je continue de le fixer hargneusement. Peut-être qu'avec un peu de chance, il partira sans demander son reste...?
C'est précisément à ce moment que le moineau fait un petit bond dans ma direction. Paniqué, je laisse échapper le moins ridiculement possible un couinement, et je recule.

(Bon sang... Comment le dégager de là??)

Illumination. Lançant un dernier regard menaçant à l'horrible monstre, je déploie mes ailes puis vole jusqu'à terre. Réussissant enfin un atterissage correct, je ramasse par terre le plus lourd projectile que je peux porter. Tiens, ce caillou de trois centimètres par exemple. Chargé de mon lourd fardeau, je redécolle tant bien que mal vers mon adversaire, qui -quelle saleté de piaf décidemment-, s'est remis à gaiement triller.

J'atteins à nouveau la branche, futur lieu de lutte féroce, mais ne me pose pas. Je continue mon ascension, pour me placer au dessus du moineau, qui me suit de ses yeux noirs comme la nuit, certainement déconcerté par une attaque si intelligente de ma part. En effet, mon plan hautement élaboré consistait à lacher mon chargement sur la tête de la bête. Je sais, impressionnant.

Une fois en position, je stabilise mon vol, à grands renforts de jurons marmonnés et inventés. Puis sans crier gare, je lache mon caillou meurtrier. Conséquence directe de mon talent de guerrier inné, le projectile touche le moineau en pleine tête.

"AH AH! AH! Ah...? AHHHHHHHH!"

Le moineau, montrant enfin sa véritable nature meurtrière, n'avait apparement pas du tout apprécié l'attaque pourtant censée être mortelle. Lachant un piaulement suraigu, il déploie violemment ses ailes, puis fonce vers moi, la fureur de la bête enragée dans le regard, la bave au bec.

Effaré, mes ailes se mettent en action seules, et m'envoient rapidement vérifier ailleurs si je ne m'y trouvais pas. La terreur m'ôtant toute décence, je hurle comme une Akrilla en manque de mâles, et fuis très noblement, comme un dératé. Comme lors de cette fameuse nuit de libération, je file à travers les arbres. Mais cette fois-ci, le danger me poursuit, vengeur. Les tympans percés de "PIOU PIOU" indignés (certainement une sorte de cri de guerre...), je tente de rester lucide.

(Si jamais je m'éloigne trop de mon arbre, je ne saurai plus y retourner. On va tourner en rond alors...)

Toujours poursuivi par la boule de plumes offensée, je vire soudainement à gauche. Le moineau, aussi connu pour son intelligence développée, ne continue pas tout droit, mais tourne à gauche comme moi; à mon grand désarroi d'ailleurs...

Dans un harmonieux concert de cris aldrydiques et moineau-iques, la course-poursuite effreinée se poursuit, tout autour de la clairière où se trouve mon quartier général.

(Bon sang, ce fichu monstre ne me lache pas... Je fatigue,là. Comment m'en débarasser une fois pour toutes?)

Je tente alors de l'inciter à s'écraser contre un arbre, en fonçant vers des branches, puis les évitant au dernier moment. Le problème, c'est que le moineau est apparement bien meilleur pilote que moi, ce qui fait qu'après trois tentatives où je manque de peu de perdre quelques dents sur une branche, le moineau m'a rattrapé.

Avec un pépiement des plus féroces, il me percute violemment, toutes serres dehors. Le choc me fait perdre le contrôle de mes ailes, et me laisse en souvenir une belle estafilade le long du bras gauche. Saleté de piaf. Emportés l'un et l'autre dans une mêlée sans pitié, nous nous écrasons quelques instants plus tard contre un arbre. Heureusement pour moi, le monstre a amorti la collision, et j'en sors presque indemne. Nous rebondissons contre l'écorce, et nous nous étalons joyeusement par terre, où nous roulons comme des pierres, mais sans amasser de mousse (ho ho).

Ebranlés l'un et l'autre par l'atterissage pour le moins difficile, nous titubons, l'air hagard, pour nous relever. Je vérifie prestement l'état de mes ailes, qui ont l'air de ne pas avoir trop souffert. Malheureusement, il en est de même pour mon adversaire, qui se remet aussi vite que moi. Je décolle.

Nous voilà repartis pour un tour. Tout en fuyant, je cherche desespéremment une idée pour anéantir l'oiseau revanchard. Ma fuite harsardeuse me reconduit tout droit à l'arbre-quartier général, source de tout le litige.

(J'aime l'ironie du sort. Ce piaf crèvera ici.)

Je monte en chandelle vers les branches les plus hautes de l'arbre. Bien évidemment, le moineau me suit, toujours déterminé à me picorer chaque centimère carré de peau. C'est alors qu'au moment où il va me rejoindre, je fais une chose que j'allais certainement amèrement regretter: je me jette (non sans crier comme un barbare) sur lui.

Destabilisé par le surpoids, mon adversaire chancelle, et commence à chuter, moi accroché à lui. Tentant de garder une de ses ailes plaquée contre son corps et me remettant moi-même à battre des ailes, j'arrive à accélerer notre chute. Les mètres défilent à toute vitesse. Le sol nous aspire.

SPROTCH!

Voilà le bruit peu ragoûtant que produit l'immonde moineau au moment où il s'écrase par terre, moi par-dessus. Inutile de préciser que la chute ne me laisse pas indifférent moi aussi, c'est donc en criant faiblement "Victoireeeee!" que je m'effondre sur mon ennemi vaincu, perdant conscience.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Ven 30 Jan 2009 20:01 
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Quelques microsecondes avant ma perte de connaissance, j'étais persuadé que la seule pensée cohérente que je serais capable de formuler à mon réveil (si réveil il y avait...) serait quelque chose s'approchant d'un "Aïeuuuuuh" plaintif. Cependant, comme lors de ma fâcheuse rencontre avec les bestioles grises et affamées, sitôt ma conscience partie vadrouiller dans les verts pâturages du néant, la puissance magique qui dort en moi se réveille; je suis nimbé d'un éclat azuré, et mon corps retrouve la douce familiarité d'un cocon de glace. Vraiment très étrange, cette façon que mon corps a trouvé inconsciemment pour se protéger et se reposer.

Très ironique en fait. Bande de sales séquestratrices.

C'est donc encore une fois le corps emprisonné par la glace que je passe ma seconde nuit -paradoxalement- de liberté. J'ignore combien de temps je reste ainsi inerte. Certainement un sacré long moment, car lorsque mon étau glacé se brise, et que mes poumons inspirent profondément l'air forestier, je ne ressens qu'un vague élancement dans tout le haut du corps. Rien d'insurmontable, donc. Me délectant d'une nouvelle journée de liberté en perspective, j'ouvre très lentement les yeux. Aïe. Pas assez lentement. Ce foutu soleil me brûle la rétine!

Je me relève alors vivement, marmonnant quelques obscénités bien senties à l'adresse de cette fichue forêt, de cette saleté de boule brûlante, des piafs envahisseurs et plus généralement, de cet univers mal foutu. Grimaçant à cause de la rude joute de la veille, je pose malgré tout un regard triomphant sur mon adversaire déchu: écrabouillé et pourrissant par terre, voilà sa vraie place! (Ah ah!)

Pris par un élan tout aussi gamin que macabre, je m'attache à soigneusement plumer le piaf sanguinaire, songeant gaiement au nombre de vies que j'ai dû sauver.

(Rien de tel pour se lever du bon pied! Un scalp de moineau!)

Ma joyeuse besogne accomplie, je jette un dernier regard à mon ex-compagnon de jeu, qui ressemble désormais à... une espèce de déjection rose à demi écrasée, affublée d'un bec. Horripilant.

Regardant pensivement la touffe de plumes que je tiens dans ma main droite, je me demande ce que je pourrais bien en faire... Est-ce que ça serait lugubre si je m'en faisais un petit souvenir? Oui? Rien à faire de votre avis. Je vais donc m'en faire une cape. Na.

(Essayons d'être doué avec nos mains. Ah ah. Je sens que ça va être drôle. Avis aux piafs d'humeur jouasse, je les attends de pied ferme.)

M'éloignant de quelques pas du cadavre à l'odeur incommodante -il faudra l'évacuer d'ailleurs-, je m'adosse à mon quartier général, et étale devant moi les plumes dûment arrachées au monstre. Sont alignées devant moi une petite vingtaine de plumes plus ou moins marrons, et parfois souillées de sang et de boue.

(La classe! L'air de baroudeur sanguinaire que je vais avoir avec ça!)

Réfléchissant au meilleur moyen de tresser l'ensemble, et attendant patiemment une idée lumineuse, mon regard se promène, et se pose au hasard à divers endroits de la clairière. Je remarque alors à quelques pas une touffe d'herbe qui me semble bien résistante. Peut-être que...

Me relevant soudainement, et faisant taire mon corps qui proteste bruyamment devant une convalescence si peu consciencieuse, je comble la distance me séparant de l'herbe en question, et arrache prestement quelques brins (Non sans difficultés. Les brins en question font environ ma taille. Bon sang, pourquoi le monde est-il si... démesuré!?)

Retournant à ma place première, je commence à percer un brin d'herbe d'une plume, utilisant pour ce faire la partie rigide de l'objet. Je réussis à la fixer apparement assez solidement, ce qui me fait pousser un petit soupir d'autosatisfaction.

(A-t-on jamais vu un Aldryde aussi doué?)

Utilisant quelques autres plumes, je constitue une rangée assez resserrée. Me saisissant d'un autre brien d'herbe, je répète l'opération. Puis, grâce à d'habiles recroisements entre les brins d'herbe, j'arrive à les fixer ensemble (Oui, c'est un noeud. Ne béez pas ainsi devant mon habileté, vous rencontrerez un jour peut-être quelqu'un d'aussi doué que moi. Ou pas.)

Après quelques minutes d'effort supplémentaires, je me relève, et tel un aldron qui voit pour la première fois la lumière du jour, je noue avec euphorie autour de mon cou (décidemment, quel talent!) la structure de plumes de moineau, qui pend désormais dans mon dos.

(Bon sang je dois être d'une vie-rhilité...)

De joie et de fierté, mes ailes s'agitent toutes seules, et m'élèvent de quelques centimètres au dessus du sol. Quand soudain un bruit incongru et incroyablement fort me surprend, et me renvoie derechef manger quelques bouchées d'humus. Mais aïeuh! Sursautant une nouvelle fois en entendant le bruit étrange qui se répète, je comprends soudain qu'il ne s'agit que de mon ventre qui me fait savoir d'une façon pour le moins sonore qu'il est vide.

Eclatant d'un rire insouciant, le premier de toute une vie, je me dirige d'un pas noble et conquérant vers la mangeaille, que mon estomac réclame à grands gargouillis.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Dim 8 Fév 2009 22:19 
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Grâce à mes décidement très astucieuses balises, retrouver le chemin vers le buisson de baies et le ruisseau ne pose aucun problème. Après quelques minutes d'une marche régulière, j'atteinds mon garde-manger, heureusement pour moi toujours aussi bien fourni. C'est avec une précipitation toute civilisée et des pensées parfaitement détachées de la bassesse matérielle que représente le fait de se sustenter, que je me dirige vers le buisson: les mains en forme d'avides serres, la bave aux lèvres, et un léger rire hystérique en toile de fond, je plonge littéralement dans l'arbuste. Aïe. Ca pique.

Cependant, mes machoires pleines à craquer de délicieuses baies me font grandement relativiser la douleur. Ne jamais chercher un Aldryde qui a faim. Jamais. Après dix bonnes minutes de ripaille affamée, niché entre deux rameaux, je laisse échapper un rot sonore. Houps, désolé. Le corps ankylosé, je me faufile avec difficulté hors du buisson, qui m'arrache quelques lambeaux de peau au passage.

(Penser à changer de fournisseur. Non mais.)

J'arrive enfin à sortir (non sans m'écraser élégamment par terre), et vérifie prestement l'état de ma magnifique cape. Par chance, elle n'a rien. Ces brins d'herbe doivent vraiment être solides.
Mon estomac à présent trop rempli pour continuer à protester, je poursuis ma route jusqu'au ruisseau. Comme hier, je dépose sur la rive mes possessions (qui comptent une merveilleuse cape-moineau, ne l'oublions pas!) et me plonge avec délice dans l'eau fraîche, ce qui anesthésie d'ailleurs quelque peu mes récentes plaies.

(Fichu buisson. Me blesser, moi?)

Je reste immergé un bon moment, respirant avec profondeur. Le calme me permet d'appréhender la force magique au fond de mon être. J'ai l'impression que plus je la côtoie, plus il m'est facile de la visualiser, sinon d'y faire appel. C'est comme si, maintenant que je connais le bon chemin pour atteindre ces impétueux flots d'énergie, je m'en rapprochais de plus en plus. Comme si ma magie remontait à la surface, pour être à portée de main. Etrange...

Rompant mon introspection surnaturelle, je sors de l'onde -avec regret-, puis réenfile mon équipement. Je ne manque pas de tressaillir au contact de l'aiguille de pin, qui provoque toujours en moi l'étrange écho magique. Je ne manque pas non plus de sourire en enfilant mon oeuvre...

(Bon. Que faire maintenant? Ce n'est pas que je m'ennuie mais...)

Un vague reste d'instinct de survie me rappelle que les folles sont peut-être toujours à ma recherche. Je frissonne. De plaisir anticipé et sadique, ou de trouille viscérale, je ne le sais. Certainement un peu des deux...
La prudence me suggère finalement d'explorer un peu plus la forêt. Un terrain connu sera toujours plus avantageux en cas de pépin... Tiens d'ailleurs, c'est quoi un pépin? Fichues aldrydes qui m'ont vissé dans la tête leurs expressions débiles!

Bref. Mi-voletant, mi-marchant, je retourne dans ma clairière. L'anxiété suinte de mon esprit insidieusement. Et si elles me recapturaient? Et si ma liberté s'arrêtait brutalement? Bon sang! Plutôt mourir!
C'est presque en me cachant derrière chaque tronc que je croise que je retrouve mon quartier général. A partir de là, je déploie gracieusement mes ailes, et m'élève de quelques mètres. J'opte pour une exploration concentrique: je vais décrire autour de ma clairière des cercles de plus en plus vastes, élargissant ainsi mon territoire. (Ah ah!)

Le regard aux aguets et le coeur au moins aussi lourd que mon estomac, je commence à tourner autour de la clairière. Même si je vole moins vite, voir défiler ainsi les arbres me rappelle désagréablement mes précédentes fuites éperdues. Le silence de la forêt est pesant. Qui sait quelles horribles créatures s'y cachent encore, n'attendant que de me croquer?! Existe-t-il pire que les moineaux?! Ne pas paniquer. Je tente de scruter efficacement les alentours, toujours en continuant à avancer, et de mémoriser les éléments intéressants -tiens cette arbuste bizarre à baies rouges par exemple, ou ce trou énorme dans les racines d'un gros arbre (certainement une affreuse tanière de mangeurs d'Aldrydes).
Mon exploration se poursuit, de longues minutes, monotone (à mon grand regret?). Après deux bonnes heures à tourner en rond, je me pose, épuisé au pied d'un arbre (encore!). La boule brûlante dans le ciel commence lentement à décliner. Il ne faudra pas tarder à rentrer. M'adossant quelques minutes en vue d'un repos amplement mérité, je laisse mon regard errer. A ma plus grande surprise, il rencontre... des arbres, des fleurs, de la boue, un machin blanc s'enfuyant silencieusement, des feuilles, encore des arbres, un éclair de lumière, le ciel, quelques nuages...

Un éclair de lumière?! Sortant subitement de ma torpeur, je me relève, le regard fixé dans la direction de la lumière. Que fait du feu en plein milieu d'une forêt? Certainement pas un shabbat de souris célébrant la mort du terrifiant prédateur qu'était mon adversaire... Intrigué, mais pas totalement inconscient, c'est dans le silence le plus total que j'approche de la source lumineuse, ma vue encombrée par tous ces fichus troncs qui m'empêchent de voir plus loin que le bout de mon nez. Je parcours quelques dizaines de mètres, zigzaguant entre les troncs et débouche d'un coup sur une grande clairière. Stupéfait et terrifié d'être soudain à découvert, je me fige. Mon regard se pose alors sur... une... grosse boîte. Mais alors vraiment très grosse. Elle doit faire 10 fois sinon 15 fois ma taille. Bon sang, quel géant doit avoir construit pareille étrangeté!

La grosse boîte, construite apparement avec des rondins de bois, est bizarrement percée de gros trous carrés, un peu partout. Sur le rebord d'un de ces trous est posée ma source de lumière, que je distingue clairement à présent. Comment diable ce cylindre transparent peut-il contenir une flamme!? C'est invraisemblable! Le feu brûle seulement le bois non?
Songeant amèrement que mes connaissances sont, une fois de plus, complètement lacunaires, j'oublie toute prudence et prends doucement mon envol, pour aller me poser à côté du fascinant cylindre. Hypnotisé par la flamme qui danse paresseusement devant moi, je pose ma main sur l'objet.

Laissant échapper un couinement plaintif, je la retire vivement. Fichue camelote. Ne pas oublier. Mon truc, c'est la glace. Pas le feu. Me massant la paume douloureuse, je recule prudemment, veillant à ne pas tomber de l'encadrement. Mon regard se pose finalement sur l'intérieur de la grosse boîte. Encore du bois partout.

Ce repaire de quelque géant est complètement envahi de formes géométriques: un grand rectangle de bois posé sur quatre colonnes, elles aussi en bois, un autre recouvert d'une épaisse couche de tissu ressemblant au silm, dans un coin un gros cylindre gris piqueté de rouge, et sur les murs, des dizaines de rectangles d'à peu près ma taille, ainsi que de nombreuses boîtes transparentes, alignées. Leur usage? Aucune idée...

Observant avec curiosité tous ces curieux objets, et totalement démesurés, je n'entends pas les pas feutrés derrière moi, dans la clairière.

J'entends alors subitement une voix s'écrier, juste dans mon dos:

" Bonjour! "

Mes cheveux se dressant sur la tête, et mon coeur ratant un battement, je me retourne lentement vers le propriétaire de la voix. Mes yeux remontent lentement vers le visage de l'être qui s'est adressé à moi. Ce qui prend un certain temps.

Le temps que mon esprit assimile la taille de mon interlocuteur, je reste pétrifié, les yeux écarquillés, les ailes à demi-déployées.

Mon esprit, littéralement broyé par la terreur et la tension accumulée, rend alors les armes: je tombe par terre et sombre dans l'inconscience.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Mer 11 Fév 2009 23:02 
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Troisième jour de liberté. Et déjà troisième perte de consicence. Quelle endurance.

Revenant peu à peu à moi, je remue faiblement. Tiens, quelle est cette chose qui me recouvre? Hum, ça tient chaud en tout cas. Soupirant pronfondément, je m'y blottis, avec la ferme intention de retourner gambader quelques heures dans le pays des rêves. Puis d'un coup, éclair de compréhenstion. Les souvenirs de la veille me reviennent d'un coup, et je me relève brusquement. Bon sang, où suis-je?! J'agite la tête en tous sens, complètement paniqué, mais mon regard se heurte à chaque fois sur des murs de bois. C'est alors que j'entends une voix douce claironner joyeusement:

" Tiens, mon invité s'est réveillé! "

Sursautant, et les yeux exorbités, je me tourne vers la provenance de la voix. Complètement figé et silencieux, je détaille le géant de la boîte en bois.
Géante en fait. J'ai assez vu dans ma vie de silhouettes féminines pour en reconnaître une, et de toute évidence, mon... "hôte" était une sorte d'Aldryde disproportionnée. Et sans ailes. La peau étrangement teintée de vert pâle, et une taille démesurée, voilà ce qui me saute aux yeux de prime abord. Puis son visage. Gracieux, fin, avec des yeux en amandes tranquillement fixés sur moi, d'un brun profond. Lèvres pleines et menton pointu. Mais ce qui me frappe le plus dans cet étrange et noble visage, c'est la bonté qui s'en dégage. Ah oui, et ces oreilles pointues aussi. A-t-on jamais vu des oreilles pareilles?
La fascinante créature semble attendre la fin de mon examen, une légère lueur d'amusement dans le regard. Mon regard finit de scruter la moindre parcelle de son corps. A noter deux derniers détails: elle porte une sorte de longue toge, d'une matière aussi légère que le silm, qui laisse entrapercevoir un motif étrange sur son épaule gauche.

(Bon sang, mais qui est-elle? Qu'est-elle? Ne te laisse pas embobiner par son air bienveillant, elle est peut-être alliée à la communauté... Pire, peut-être qu'elle mange les Aldrydes?! Fichue et foutue prudence! Quelle idée d'aller vagabonder au hasard dans la forêt! Adieu, monde cruel...)

" Pardonnez-moi ma curiosité, mais il est bien rare de voir un Aldryde seul. Un mâle s'entend. D'où venez-vous? "

Cette phrase me sort de ma fixité apeurée, remplacée par une curiosité dévorante:

"Vous... vous nous connaissez?" demandai-je d'une voix mal assurée et tremblotante. Même en ne sachant rien du monde, ou presque, j'étais plus ou moins conscient de la clandestinité de ma race. Enfin... Ancienne race. Harpies dégénérées.

Apparement ravie de me voir prendre la parole, mon interlocutrice s'anime. Elle se redresse sur sa chaise, et plonge ses beaux yeux bruns dans les miens, avant de me répondre:

" J'ai déjà eu affaire à une communauté aldrydique il y a quelques temps. Je suspectais la présence d'un arbre-communauté dans la forêt, mais de là à rencontrer un Aldryde chez moi!
-Vous semblez bien nous connaître... Dois-je comprendre que la nature de ma situation ne vous échappe pas? "

Je retiens mon souflle après ma question. De sa réponse dépendra mon avenir immédiat. Tentant de me concentrer, je tatonne au fond de mon être à la recherche de ma magie, qui pourrait m'être utile, au cas où...
C'est alors qu'à mon grand étonnement, la géante tressaille, et semble à la fois ravie et déçue.

"Ca alors, j'ai affaire à un mage en plus! Ne vous inquiétez pas messire Aldryde, si j'avais voulu que vous réinvestissiez votre geôle, je ne vous aurais pas recueilli chez moi. Alors s'il vous plaît, abandonnez votre suspicion, et relâchez votre emprise sur votre pouvoir, il serait regrettable qu'un incident arrive." achève-t-elle d'un ton léger mais ferme.

Complètement décontenancé, je m'exécute, tout en tentant d'assimiler ce que cette simple tirade impliquait. D'abord, j'ai affaire à une magicienne. Et au vu de sa nonchalance, pas une novice pitoyablement esseulée comme moi. Ensuite, elle connaît les us et coûtumes des Aldrydes. Et apparement, merci pour moi, elle ne semble pas les approuver.
Je reste silencieux pendant mes réflexions, toujours immobile sous son regard brillant. Au terme d'une longue délibération, ponctuée de quelques jurons mentaux, je me rends compte que je suis bloqué, et décide donc d'être honnête. Il me reste tout à apprendre après tout...

"Je dois dire... Que... Excusez-moi, mais qu'êtes-vous?" interrogeai-je d'une toute petite voix
-Une elfe. Sylvaine, pour être plus précise." Un éclair de colère traverse son regard. "Je vois que les Akrillas n'ont pas changé. Elles jugent toujours inutile d'instruire les aldrons du monde extérieur. Qu'ignorez-vous encore? Savez-vous seulement où nous sommes? Avez-vous une seule idée de ce qu'est une ville, de l'existence des autres races, de leurs sociétés, avez-vous jamais entendu parler de magie? Maîtrisez-vous vos pouvoirs?"

Littéralement noyé sous un flot de questions dont je ne saisis même pas le sens, ni ne comprends la moitié des termes, je ne peux que la fixer d'un air interdit, pendant qu'elle continue de fulminer contre ces sales dominatrices qui m'ont privé d'éducation.

(Je l'aime bien celle-là en fait. Pas aussi poilue et pourvue de crocs que les bestioles de la dernière fois, mais tout aussi redoutable m'est avis...)

Au terme d'une longue période, très agréablement ponctuée de jurons bien sentis (quelle elfe décidemment! "Elfe"... Quel drôle de nom quand même!), la géante s'essouffle, et semble confuse de s'être laissée emporter par la colère. Je m'empresse de l'apaiser:

" Je suis au regret de vous annoncer que oui, tous les termes que vous avez employé me sont étrangers. Si seulement les Akrillas ne m'avaient que volé cent années de vie..."

Me rendant soudain compte que ce que je viens de dire risque fort de la courroucer d'avantage, je me tais. Et tente de sourire. Je crois que j'ai réussi à afficher un rictus assez peu effrayant.

L'elfe se lève soudain, sort de la boîte en bois, puis revient quelques instants plus tard, un cylindre en fer dans une main, et un sac de toile dans l'autre, qu'elle pose derechef devant moi, avant de m'intimer de manger. Ne me faisant pas prier deux fois, pendant qu'elle reprend place, je plonge la tête dans le cylindre de fer, qui contenait de l'eau, et bois tout mon soûl. Je farfouille ensuite dans le sac de toile, pour en sortir un fruit plus gros que ma tête, de couleur orange, dans lequel je mords avidement. Alors que je suis tout à la délectation (Moi et mon estomac décidemment...), mon interlocutrice reprend la parole, l'air sévère et d'un ton implacable:

"Ce que vous mangez s'appelle une pêche. C'est un fruit d'été, sucré. L'été est une saison, c'est-à-dire une période de l'année prédéfinie. Nous sommes en été, et en été il fait beau. L'eau que vous avez bu était dans un seau."
Elle se met alors à me désigner tous les divers objets de sa bâtisse (voilà un bien beau nouveau mot!), et je suis rapidement noyé sous une foule d'informations, qui concernent absolument tous les domaines.
Des heures durant (Intarissable cette petite...) , je découvre, découvre et découvre encore. Ainsi sommes-nous dans la forêt de Cuilnen. Cuilnen est une ville elfique. Les elfes vivent aussi avec des humains (plus moches), des lutins (plus petits), et toutes sortes d'autres créatures comme les gobelins, les orques...

Ces premiers moment d'apprentissage sont les plus intenses que j'ai vécus jusqu'à présent. Comme si le trou béant dans mon coeur se colmatait peu à peu. Je bois jusqu'à la lie les connaissances qu'elle m'apporte. Puis je repousse la lie pour reboire encore. Je suis insatiable.
De temps en temps, je l'interrompts pour lui poser une question (Pourquoi les Aldrydes sont aussi méchantes? Qu'est ce qu'une ville, alors? Et que diable, parlez-moi de la magie!).

La journée passe ainsi, irréelle et merveilleuse. Riche au possible. Je bénis chaque parole que l'elfe -dont j'ignore le nom!- prononce.
Un long moment après le coucher du soleil, elle s'arrête. Déjà. Elle n'avait cessé de parler depuis le matin, ne s'interrompant que pour boire, ou pour allumer la lanterne (ah ah! Quelle merveille...) à la tombée de la nuit. Je lui fais savoir mon mécontentement de me voir ainsi privé d'enseignement. Mais elle hoche la tête, un large sourire sur le visage, et l'air fatigué. Me laissant seul, elle s'absente quelques instants, puis vient me retrouver.
L'air mystérieux, elle me tend un rouleau de parchemin (que j'aurais qualifié quelques jours auparavant de "tube de machin craquelé"), et me dit:

"Ceci constituera notre leçon de demain. Vous en savez tellement peu... Demain sera consacré à la magie. Il faut que vous soyez plus informé. Vous tenez ce qu'on appelle un parchemin de sort. Y sont consignées toutes les instructions qu'il faut suivre pour apprendre une nouvelle maîtrise de la magie. Je crois avoir compris que votre élément de prédilection était la glace. Ce parchemin vous plaira, j'en suis sûre."

Totalement effaré, et écrasé par une reconnaissance inqualifiable, je ne peux que demander en hoquetant, les yeux embués:
"Pourquoi?"

Avec un sourire affectueux, elle rétorque: "Ce n'est pas dans mes habitudes de laisser des injustices impunies. Vous étiez seul, ignare et sans défense. Il était temps de vous donner quelques atouts pour survivre. Je compte bien vous garder avec moi tant que vous ne serez pas capable de survivre seul hors de cette forêt! Et votre potentiel magique... Il serait criminel de ne pas l'exploiter. Sur ce, petit homme, je vous souhaite une bonne nuit. Une longue journée nous attend demain."

A court de mots, suffoqué, serrant contre mon coeur le précieux parchemin, fébrilement heureux, je m'allonge sur le lit et m'endors, pour la première fois impatient d'être à demain.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Lun 23 Fév 2009 22:46 
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Enroulé dans la douce couverture de laine du lit de mon hôte, je savoure un réveil des plus paisibles et confortables. Voilà bien un étau que je ne me lasserais jamais d'embrasser; une captivité que je supporterais en souriant. Le corps entravé par des chaînes duveteuses, et le visage sereinement caressé par la lumière de l'aurore, je ne peux m'empêcher de sourire béatement. Qu'il est bon de vivre! Inspirant profondément, et gardant les yeux étroitement clos, je prolonge cet instant de bonheur simple, mais parfait.

(Quand j'aurai tué toutes ces folles, je passerai le reste de mon existence en me roulant dans la douceur de ces couvertures...)

(A l'époque, je ne me rends pas compte que j'ai projet d'exterminer une communauté entière pour m'enrouler finalement dans une couverture de laine grossière. Je vous laisse imaginer l'impact qu'un drap de soie aurait eu sur ma soif de vengeance et ma mégalomanie.)

Repenser à mes geôlières ne manque pas de ruiner ma quiétude, désormais passagère. Ouvrant les yeux, j'essaye me libérer tant bien que mal de la délicate et néanmoins irritante étreinte de la laine. Ne parvenant pas à m'en dégager, je commence à grogner, et les jurons (dont une large et inédite batterie que j'ai apprise hier avec plaisir aux côtés de mon enseignante) ne tardent pas à arriver, dans un crescendo des plus comiques. Au bout de cinq minutes de combat acharné contre l'insidieuse couverture, je finis par m'avouer vaincu. Prisonnier d'un couverture. Vraiment pitoyable. De rage et de dépit, je pousse un râle rauque assez effrayant, pour une fois d'une vie-rhilité irréprochable et sonore.

A côté de moi se réveille alors en sursaut l'elfe, qui avait dormi au pied du lit. Elle affiche une mine perdue, le temps d'émerger peu à peu de sa léthargie, puis son regard se pose sur moi. Elle éclate de rire, me voyant empêtré dans la couverture, et me libère enfin. Merci bien. Non mais.

Prudemment, je m'occupe de mettre entre moi et la couverture prédatrice le plus de distance possible, et me pose sur l'encadrement de la fenêtre, près de l'enchanteresse lanterne. L'elfe, pendant ce temps, se relève, et s'étire, une mimique douloureuse plaquée sur le visage. Me sentant coupable de l'avoir privé de son lit, je m'excuse:

"Navré pour le lit. Vous n'avez pas trop mal?
-Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas une nuit par terre qui viendra à bout de moi. "

Elle avait prononcé cette phrase simplement, sur le ton de l'évidence.
Songeant à la veille, à l'extraordinaire personne debout devant moi, et au parchemin posé sur la table entre nous, je ressens une nouvelle fois un élan de gratitude sur lequel il m'est impossible de mettre des mots. La voix tremblotante, je m'adresse à nouveau à ma bienfaitrice:

"Je n'ai pas de nom à mettre sur ma sauveuse...
-Kiana. Pour ma part, je n'en ai pas non plus à mettre sur mon protégé. me répond-elle en souriant
-Silmeï. Enchanté, cela va sans dire. "

Nous nous regardons, sourire flottant sur les lèvres. Un échange silencieux des plus agréables. Elle y met néanmoins un terme, retrouvant son énergie implacable de la veille.

" Bien, une longue journée nous attend aujourd'hui. Je vais vous chercher de l'eau, et de quoi manger. Nous irons ensuite faire un brin de toilette, et nous pourrons passer aux choses sérieuses. "

J'acquiesce sans mot dire, et fixe mon regard sur l'impénétrable profondeur de la forêt, attendant son retour. Quelques instants plus tard, un bruit métallique me sort de ma torpeur, et passant par la fenêtre, je la rejoins dehors, me doutant plus ou moins que nos toilettes ne se dérouleront pas au même endroit. Avec un hochement de tête satisfait (que je ne sais d'ailleurs comment prendre. Je pue ou quoi?), elle me désigne un seau et un petit panier rempli de baies rougeâtres.

Avec un soupir d'aise, je m'affale devant le panier, et commence à engloutir par poignées les baies, qui se révèlent être délicieuses. Pendant que je ripaille goulument, Kiana a le temps de faire d'autres allers-retours dans la forêt, revenant chez elle avec un mystérieux sac et un autre seau d'eau (d'où sort-elle tous ces objets?).
Après avoir fait disparaître dans mon estomac -véritable gouffre sans fond- le contenu du panier, je m'attaque à ma toilette. Profitant de la taille démesurée du seau, je m'y plonge tout entier, ayant au préalable retiré tous mes effets personnels (c'est d'ailleurs avec regret que j'ai ôté ma cape-moineau...).

Je barbotte joyeusement quelques minutes, puis ressors du seau pour me sécher et me rhabiller. Je me sens alors fébrile. Je vais enfin comprendre la magie, cette puissance qui dort en moi, ce feu liquide et glacé.

Voulant me rendre utile, j'essaye de pousser le seau jusqu'à la demeure de Kiana. Bien évidemment, le seau ne bouge pas d'un pouce. Foutue force de souris. C'est avec mauvaise humeur de que patiente donc, au pied de mon seau, agitant mes ailes de temps à autre, pour me donner contenance. Au terme d'une bonne demi-heure d'attente, j'entends enfin Kiana m'appeler.

(Ah les femmes...)

Je prends immédiatement mon envol, et dans ma hâte de la retrouver, je ne manque pas de rater mon atterrissage sur la table, et m'écrase le nez contre le bois. Vraiment, vraiment pitoyable aujourd'hui... Me relevant en geignant, et sous son regard partagé entre l'inquiétude et l'amusement, je découvre que j'ai manqué de peu de piétiner mon précieux parchemin. Qui d'ailleurs n'est pas seul sur la table. Un deuxième rouleau est posé près des mains croisées de Kiana, ainsi qu'une fiole d'environ à la moitié de ma taille, nimbée d'un étrange éclat azuré.

Fasciné par ce que contient la fiole, c'est à peine si je remarque l'écho que la substance provoque en moi. De la magie...
Au bout de quelques instants d'observation silencieuse, l'elfe sylvaine s'éclaircit la gorge. Je lève les yeux sur son visage.

Regard déterminé, air docte. Eclat magique au fond de ses pupilles.
Que la leçon commence.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Jeu 26 Fév 2009 23:55 
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Figé dans une attitude de sérieux absolu, et assis en tailleur en face de mon interlocutrice, j'attends -non sans impatience- le début de la leçon.

(La magie... Ma-gie. Je vais enfin pouvoir appréhender réellement mon potentiel. Mon potentiel vengeur. Elles mourront toutes!)

Mon esprit n'a guère plus le temps de s'égailler dans de joyeuses perspectives sanglantes, car Kiana prend la parole:

" Ceci ",me dit-elle en désignant l'étrange fiole, " est ce que l'on appelle un fluide. Il s'agit d'un concentré de magie pure, lié à un élément spécifique. Ici la couleur azurée ne trompe pas; il s'agit d'un fluide de glace. Ces fluides, pas vraiment matériels, car ils ne sont qu'un concentré d'énergie magique, ont une propriété particulière qui nous intéresse aujourd'hui: quelqu'un doué de magie comme vous et moi peut absorber un fluide. Ce qui revient directement à augmenter son potentiel magique. Absorber un fluide, non content d'apporter une énergie magique non négligeable, permet d'accroître la puissance d'un mage. Vous aurez donc compris que ces derniers sont d'un importance primordiale."

Voilà qui est bien étrange. De la magie pure?? Cela me paraît tout bonnement incroyable. Et les mages ne seraient... qu'un réservoir à fluide? Qu'une bouteille remplie de magie?! Cette conception des choses ne manque pas de me perturber, et c'est dans un silence religieux que je songe à la chose. Kiana, certainement consciente de la première vague d'informations à ingurgiter, se contente de me fixer, me laissant quelques minutes à mes hypothèses et raisonnements bancals.
Soudain un détail me revient à l'esprit quant à ma maigre pratique de la magie:

" Quand je me concentre sur ma magie, j'ai l'impression que des torrents d'énergie coulent en moi, tumultueux et presque incontrôlables. Seraient-ce... Des fluides?!
-Eh bien, dans un sens, oui, je suppose. Je ne suis pas une spécialiste de la chose, malheureusement! "

Elle m'accorde un petit sourire contrit avant de poursuivre:

" J'ai parlé à l'instant des éléments attachés à ces fluides: vous devrez y faire grandement attention. Car si vous maniez la glace, et que vous avez absorbé des fluides de glace, alors il vous sera interdit d'absorber des fluides de feu, sous peine de voir vous pouvoirs grandement altérés! Et croyez-moi, l'expérience sera tout sauf plaisante! "

Le regard soudain empli de nostalgie, elle reste songeuse quelques instants. Aurait-elle vécu une telle expérience? Je doute de le savoir un jour... Je fixe mon regard sur la fiole, posée à quelques centimètres de moi. De la magie pure, hein? Me concentrant sur la force surnaturelle qui roupille dans tous les recoins de ma personne, je m'efforce de la dynamiser quelque peu, sans grand succès. Je crois percevoir néanmoins un étrange écho, harmonieux, entre ma force, et celle contenue dans la fiole... Comme si elles s'appelaient. Proprement stupéfiant.

Et de toute évidence, je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué, car Kiana me réprimande gentiment, m'intimant d'arrêter de m'amuser avec la magie. Semblant retrouver son implacable détermination de la veille, elle s'empresse de reprendre :

" Nous commencerons donc la pratique en absorbant ce fluide. Enfin, vous l'absorberez Silmeï, et je vous donnerai un coup de main si nécessaire! Quant aux autres objets sur cette table, vous devez vous douter qu'il s'agit de sorts. "
(Elle reconnaît ma perspicacité hors du commun! Appelez-moi M.Perspicacité, tout simplement.)
" Après vous être occupé du fluide, je vous laisserai apprendre les deux sorts sur cette table, qui vous seront très utiles, j'en suis sûre! "

Une fois encore, je me sens submergé par la gratitude. Peut-être que je n'étais pas si malchanceux que cela... Au moins, Kiana m'aura enseigné une chose primordiale: toutes les femelles ne sont pas des folles portées sur la séquestration et la conservation forcée de leur patrimoine reproducteur. Hum. En même temps, rien ne me garantis qu'aucun elfe n'est ligoté dans une cabane à quelques mètres dans la forêt...

Secouant la tête pour évacuer les mauvaises pensées, je me concentre plutôt sur ce qui m'attend. Je ne peux m'empêcher de m'enquérir:

"Excusez-moi. Encore merci pour les sorts et le fluide. Je vous serai éternellement reconnaissant...
- Assez d'urbanité! me coupe-t-elle. Que voulez-vous savoir?
-Eh bien. Que sont ces sorts?
-Voyez donc par vous-même! " me répond-elle, exultante, et me tendant le premier parchemin.

Le plus respectueusement et délicatement possible, je me saisis du précieux rouleau (qui pèse son poids!), et fébrilement, je le déroule. Enfin, j'essaye. Je me débats rageusement avec le parchemin, afin de le dérouler correctement, mais apparemment resté trop longtemps sous forme de tube, il refuse obstinément de se laisser aplatir. Foutu rouleau!
Voyant une fois de plus mon incapacité à résoudre une situation pourtant ridicule de banalité, Kiana vient à ma rescousse, retenant des éclats de rire (la perfide traîtresse!).

A deux, nous parvenons enfin à venir à bout du récalcitrant codex, qui se révèle couvert de signes étranges. Des signes tellements significatifs qu'ils n'ont aucune signification pour moi. Génial.
Je sens ma gorge se serrer, de rage et de dépit. Encore une fois, l'ignorance. Sur le coup, ma colère et ma tristesse de me voir un autre plaisir inaccessible, prennent des proportions gigantesques, et pour la première fois depuis ma libération, je suis sur le point de fondre en larmes. Accroupi sur le parchemin déroulé, la tête baissée sur le galimatias de traits et de courbes gaiement étalé dessus, je reste immobile, chaque muscle de mon corps tendu à l'extrême par l'amertume.
La colère. La colère. La colère. Atroce sentiment, qui fuse dans mon esprit, qui arrache des lambeaux de ma toute récente joie, qui rebondit dans ma sale petite caboche, meutrier et vengeur, jusqu'à annihiler toute autre émotion. J'attendais tellement de la magie... Tellement! Mais non, elle restera hors de ma portée.

Kiana, remarquant alors mon attitude, me demande, d'une voix inquiète:
" Silmeï? Quelque chose ne va pas?! "

Impossible de réagir. Mes machoires semblent scellées à tout jamais. Soudain, elle se frappe le front, avant de s'écrier:
" Par Yuimen! Vous ne savez pas lire. "

Mon silence lui répond, plus éloquent que toutes les atrocités que j'aurais pu cracher sur celles qui avaient ruiné ma vie.
Kiana se met alors à déverser un flot d'insultes et de malédictions en tous genres à l'encontre des Aldrydes femelles. Dans mon état normal, j'aurais été ravi d'apprendre tant de nouveaux jurons et obscénités. Ravi d'entendre ainsi mes chères compatriotes roulées dans la boue.
La colère. Elle suinte littéralement de chacun des pores de ma peau. La rage, l'ire, la furie. Je suis tout à la rage; je suis la rage. Une colère tellement viscérale et vertigineuse que je crains quelques instants pour ma raison, qui risque fort d'être annihilée, elle aussi. Des pulsions meurtrières, de l'ordre du génocide, me déchirent. Je ne sais par quel miracle je reste fixe. Rage statufiée.

Toujours prostré sur le parchemin, je me retiens de le lacérer. Une petite partie de ma conscience reste lucide, heureusement. Kiana finit par s'essouffler. Ma haine s'épuisera-t-elle un jour, telle la révolte de Kiana?

En état de choc, je reste complètement sourd aux paroles réconfortantes que Kiana s'est mise à me chuchoter, compatissante. Je ne retiens que la phrase, primordiale pour l'accomplissement de ma vengeance, "Je vous apprendrai à lire".

Car non, ma haine ne s'épuisera jamais. Insatiable, insatiable et encore insatiable, elle continuera de demander, de réclamer, d'exiger à cris stridents, lancinants, furieux, la mort, -que dis-je-, la damnation éternelle des Aldrydes.

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MessagePosté: Dim 1 Mar 2009 12:15 
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Je suis resté prostré sur le parchemin, incapable d'une réaction, les pensées incohérentes, durant une éternité. Puis enfin, après un océan de rage débordante, des jours -des mois, des années!- de déraison affolante, la colère reflue, progressivement, telle la marée descendante. Mais, celle-ci reste seulement en retrait, sous le contrôle d'une raison froide et calculatrice qui est indispensable à ma survie, et il suffira d'un rien pour qu'elle brise les digues du contrôle mental, et qu'elle me replonge dans cet état d'immobilité furieuse.

Mais baver de rage ne sert à rien. Ma colère se transforme d'impasse en motivation; c'est elle désormais qui me pousse à progresser, elle qui alimente ma soif de vengeance, encore elle qui me force à relever la tête, pour regarder Kiana.

Assez.

J'ai un goût de sang dans la bouche. Me suis-je mordu la langue? Toujours est-il que c'est d'une voix rauque et douloureuse que je romps le silence, mortellement pesant, qui régnait dans la petite cabane:

" Kiana. "

Il est étrange de constater qu'un sentiment aussi puissant puisse changer ma façon de m'exprimer aussi radicalement. Je n'ai prononcé qu'un mot, un seul et unique mot, mais ma voix vibrait de tant de requêtes à la fois! "Au secours!" "Apprenez-moi à lire" "J'ai si soif de vengeance que je doute d'y survivre." "Kiana, la magie sera l'instrument de ma vengeance. Instruisez-moi"
J'ignore si Kiana a réussi à saisir toutes les implications de ma grandiloquence laconique, elle se redresse néanmoins sur sa chaise, une lueur farouche dans le regard, et me jure solennellement:
" Silmeï, comptez sur moi. Je vous apprendrai tout ce que je peux. Et vous vous vengerez. "

(Vraiment perspicace cette petite.) est la première pensée cohérente que je balbutie. Je dois réapprendre à penser.
Complètement ankylosé, c'est avec une grimace de douleur que je me relève, pour m'étirer. Mon regard volète de-ci de-là dans la cabane, et s'arrête sur la fenêtre. Il fait nuit. Nuit. Une éternité de rage...

Kiana reprend l'initiative: sortant de la cabane, elle revient pour m'apporter de quoi me sustenter. Je me jette sur la nourriture, la remerciant à peine. Ma soif de vengeance s'était transformée en soif physique. J'engloutis la totalité des fruits qu'elle m'a apporté, et bois jusqu'à la lie. Me complaire ainsi dans la ripaille semble m'anesthésier quelque peu le corps. Mon accès de fureur m'a épuisé, je m'en rends compte seulement maintenant.

Remarquant que mon seuil de tolérance doit être atteint, Kiana déclare qu'il est temps d'aller se coucher. Et d'oublier tout ça.
Elle se saisit du grand oreiller qui trônait sur son lit, et le pose sur la table. Elle y rajoute une petite couverture, qu'elle a sorti d'un tiroir sous le lit, puis tapote la table d'un air entendu en me regardant.

(Elle n'a pas tant apprécié que cela la nuit par terre alors...)

La remerciant d'un regard grave pour mon nouveau lit, cette dernière m'adresse un petit sourire en baillant, avant de se coucher sur le lit.
Pour ma part, je m'enroule prudemment dans la couverture, perché sur le confortable oreiller-matelas. Je tente de me relaxer, mais invariablement, mes pensées se tournent vers ces folles.

J'ai soif.

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Ven 6 Mar 2009 00:55 
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Un autre jour se lève sur ma misérable existence. Difficile de me remémorer l'enthousiasme qui me tenaillait délicieusement les entrailles il y a quelques heures à peine. Nul enthousiasme ce matin, simplement une détermination absolue, totale, inébranlable, presque douloureuse. Si j'avais pu, je n'aurais pas dormi de la nuit. Mais mon corps n'est pas infaillible, loin de là...
Sentant à peine la douce caresse matinale du Soleil sur ma peau, je me redresse et m'assois en tailleur sur le coussin. Je reste immobile. Seules mes ailes s'agitent, par soubresauts, d'une pensée à l'autre. Invariablement, ma raison est assaillie par des vagues désespérées d'une litanie paralysatrice, que je repousse non sans grimaces et difficultés.

(Je ne vis pas. Je survis. Je ne parle pas, je balbutie. Je ne lis pas. Je ne lis pas. Je ne lis pas... Elles mourront. Pour chaque seconde de vie volée, une folle mourra.)

Tel le giron d'une mère protectrice, tel un point d'ancrage, je me raccroche à ma haine, assoiffée de haine, qui hurle à la haine, la haine et encore la haine. Et la vengance.
Tout à mes combats mentaux, je me laisse surprendre par la voix de Kiana, douce mais ferme:

"Bonjour Silmeï. Je ne vous demande pas si vous avez bien dormi. "
(Sage décision...)
" Vous êtes en état de choc. Je ne peux rien vous enseigner maintenant. Rien! " répéte-t-elle plus fermement en interceptant mon regard qui réussit l'exploit d'exprimer à la fois la pitié et l'outrage (Un chien affamé n'aurait pas fait mieux).
" Aussi, poursuit-elle inébranlable, allez-vous me faire le plaisir de prendre l'air dehors! Faîtes donc une balade dans la forêt, voilà qui vous fera du bien. Allez! " m'intime-t-elle finalement, avec un geste sec en direction de la porte.

Comment lutter? Ma détermination s'envole -inutile de me mettre Kiana à dos-, et je m'exécute, sceptique et maussade.
En quelques battements d'ailes, je quitte la clairière et retrouve le silencieux couvert des arbres. Ils m'ont bien manqué ceux-là, tiens! Je me pose par terre, sans grande conviction, et -une fois n'est pas coutume- mon estomac se rappelle à mes bons souvenirs dans une cacophonie de gargouillis inintelligibles. Avec un soupir presque amusé (Le meilleur ami de l'Aldryde? Son estomac!), je me mets pitoyablement en quête d'une proie à dévorer.

Après une bonne heure de traque pleine de suspense, et grâce à mes sens aiguisés, et mes extraordinaires capacités de survie en forêt, je tombe par hasard sur un buisson-garde-mangeaille, sur lequel je me jette sans sommation. Inutile de préciser que c'est un vrai carnage; je ne lui ai laissé aucune chance. Je peux encore entendre ses rameaux craquer de désespoir... Mais je m'égare.
L'estomac plein et enfin silencieux, je me retrouve une fois de plus désoeuvré.

(Balade en forêt. Je t'en ficherai moi, des balades en forêt! Ca serait drôle de tomber sur un autre moineau tiens. Voilà qui me défoulerait vraiment.)

A tout hasard, je lève la tête, et scrute les hautes branches au dessus de ma tête, mais nul moineau n'a les tripes de se montrer. Ah ah, ils savent à qui ils ont affaire!
Ne trouvant rien de mieux à faire, et cette fois-ci en négligeant complètement la prudence, je me mets à déambuler au hasard entre les troncs, le regard dans le vague. C'est à peine si je remarque les monstres en tous genres qui s'écartent, certainement terrifiés, de mon chemin. Je ne sors de ma promenade somnambule qu'au moment ou je sens un frisson parcourir tout mon corps, les oreilles emplies d'un bourdonnement ténu mais tenace, les pieds étrangement froids... Une vague de panique me fait trembler: dans quel pétrin suis-je encore?! Comme si je n'avais pas déjà assez de tuiles (Charmant juron, production Kiana, tous droits réservés)!!
La peur et la colère se réveillant en moi, je me rends soudain compte que j'avais simplement mis les pieds dans un ruisseau.

(Ah ah. Ah. Foutu cours d'eau.)

Avec un nouveau soupir, je commence à me déshabiller pour me rafraîchir un peu. S'entassent donc près d'un arbre l'aiguille de pin (frémissements au toucher, comme toujours), la cape-moineau (embardée cardiaque), la tunique de silm, la ceinture "vie-rhile" et la bourse bizarre accrochée. Une fois débarassé de tout mon barda, je me glisse doucement dans l'onde frémissante. Je fais quelques pas, me plante au milieu du ruisseau, et laisse l'eau couler sur moi. Je reste ainsi, je ne sais combien de temps, tandis que l'eau semble emporter avec elle mes soucis, ma rage, ma haine. Une fois que je me sens coquille vide apaisée, je remonte avec quelques difficultés, car engourdi, sur la terre ferme, et me laisse sécher sous un rayon de soleil qui avait percé le feuillage des arbres.

Somnolant à moitié, je commence à réenfiler tous mes effets. Enfin presque tous. Je ne m'en étais pas encore rendu compte, mais ma tunique est couverte de taches de terre et de sang. Glorieuses reliques de mon combat épique avec le moineau. Glorieuses peut-être, mais en tous cas, pas esthétiques. Il va falloir que j'arrange ça.
Observant autour de moi, je cherche une nouvelle idée géniale pour rattrapper ma tunique. Après tout, j'étais le concepteur de LA cape-moineau. Avisant soudain un ravissant petit buisson, à quelques mètres de moi, une idée commence à germer dans ma tête.

(Hum, plutôt pas mal, ces feuilles, là. Je suis sûr qu'elles s'accorderont à merveille à mon teint.)

D'une démarche bondissante (car enfin l'esprit occupé par autre chose que la rancoeur contre les Akrillas), je m'approche du buisson. Puis, avec des gestes précis et rapides, je fais une bonne cueillette de feuilles (vraiment ravissantes!). Je me laisse ensuite tomber au sol, le tas de feuilles devant moi, la tunique sur mes cuisses. Tout est prêt pour la Création.
Me saisissant d'une feuille de la main droite, et maintenant de la main gauche la tunique, j'insère cette première dans cette seconde, faisant passer l'extrémité de la feuille dans un espace entre deux fibres. C'est avec ravissement que je vois la feuille s'accrocher sans encombre, et apparement rester bien fixée. Bénissant une nouvelle fois mon talent, incommensurable, je continue à fixer ainsi des feuilles sur ma tunique, jusqu'à la recouvrir totalement.

Ma besogne accomplie, j'admire mon chef-d'oeuvre achevé: une vraie merveille, que j'enfile derechef. Je suis vraiment génial. Bon d'accord, toutes les feuilles plantées dans la tunique me grattent, mais je dois avoir une allure avec ça! J'ai hâte de montrer mon talent à Kiana!

Supposant que finalement, la balade touche à sa fin, je me dirige d'un pas conquérant vers la cabane de l'elfe. Enfin, "dirige" est un bien grand mot, car c'est au bout de deux bonnes heures d'errance dans la forêt que je tombe dessus (presque littéralement, car en arrivant, je n'ai pas manqué de me cogner dans le seau, resté en place depuis la veille, qu'harrassé, je n'avais pas vu).

En entendant le "BOING" métallique suivi d'une bordée d'injures, Kiana s'empresse de sortir de la cabane. Avec un petit sourire amusé, elle m'apostrophe:

"Dîtes-moi Silmeï, quelle élégance!
-Cela vous plaît? C'est une idée géniale que j'ai eu: faire du neuf avec du vieux. J'ai appelé ça "customization". Ne me demandez pas pourquoi, j'ai juste trouvé que ça sonnait bien! " conclus-je avec un bref éclat de rire. Finalement, elle avait peut-être raison: la balade m'a calmé les nerfs.

L'elfe rit avec moi, puis m'invite à rentrer chez elle. Sur la table, à l'intérieur, sont toujours posés les deux parchemins, et le fluide, douloureux rappels de la veille. Je reste figé quelques instants, fixant ces objets qui semblent inaccessbles, quand je me retrouve soudain avec une chose étrange devant le nez: un disque d'environ 8 centimètres, vert clair, recouvert de petits pics, à l'air redoutable. Me demandant à quoi peut bien servir une telle étrangeté, Kiana prend la parole:

" Tenez, j'ai trouvé ça une fois près de chez moi. Je crois que c'est un objet dont se sert votre peuple pour se défendre. C'est un bouclier, et il a cette apparence car il a été confectionné avec une bogue de marron! "

Retournant devant moi l'objet, je découvre qu'une poignée derrière permet de l'agripper fermement. Sa taille est idéale pour moi, il fera une bonne protection, cela est certain. M'en saisissant, une nouvelle fois écrasé de reconnaissance, je balbutie un timide " Merci. Beaucoup. ".

(Merveilleux objet que voilà! Je me demande combien de moineaux on peut embrocher dessus...)

Ne me laissant guère plus de temps pour échafauder des plans sanglants ayant pour but de perpétrer des massacres avec mon nouveau jouet, Kiana s'installe à la même place qu'hier, près de la table, les trois objets magiques devant elle. Une nouvelle fois farouche, elle m'ordonne de la rejoindre, et de l'écouter.

"J'ai réfléchi longuement cette nuit, et je ne pense pas qu'il serait raisonnable d'attendre plus longtemps avant de vous enseigner quelques sorts pour vous défendre. C'est pour cette raison, continue-t-elle, faisant taire mon objection, que vous allez absorber ce fluide, puis je vous ferai la lecture des parchemins pour vous apprendre ces sorts. Je vous apprendrai à lire, mais votre survie passe en priorité. Je ne suis pas tranquille, sachant votre arbre-communauté dans la forêt, près de nous. "
En pensée, je ne peux qu'approuver un tel raisonnement.

Un éclat implacable dans le regard, elle place devant moi la bouteille contenant le fluide. C'est parti.

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Tremblant -de peur ou d'excitation, je ne saurais le dire moi-même-, mon estomac gambadant follement parmi mes entrailles, et la main incertaine, tendue devant moi, je m'approche lentement de la fiole contenant le fluide. Une éternité plus tard, mes doigts entrent en contact avec la froide surface de verre. Je resserre ma petite poigne autour du goulot, et déglutis. Sous le regard bienveillant de mon hôte elfique, j'inspire profondément. De ma main libre, je me saisis du bouchon de la fiole. Je reste ainsi pétrifié, quelques secondes encore.

Puis, d'un coup sec, je décapite la fiole.

Avec un hoquet de surprise, je vois devant mes yeux ébahis s'élever gracieusement, gracilement, le fluide. Tel une brise légère, tel la brume en train de s'évaporer, des volutes de pouvoirs s'échappent en de fantasques arabesques. Le fragment de la magie de la glace finit de se faufiler hors de la petite bouteille, puis, très étrangement, s'immobilise en une sphère presque parfaite, rutilante, scintillante, énergie à l'état pur, à quelques centimètres de mes paumes tendues. Hypnotisé par les sybillins échos que le fluide provoque en moi, je reste immobile. Je chuchote enfin:

" Et que suis-je censé faire à présent, Kiana?
- Appellez-le. "

Bien que ma raison reste perplexe face à une telle instruction (appeler une boule de lumière? Je fais quoi, je la siffle?!), mon coeur et ma magie, eux, semblent avoir compris depuis toujours. La petite sphère scintillante flotte paisiblement entre mes deux paumes tendues, comme si elle attendait quelque chose. M'abandonnant aux chuchotis passionnés de la puissance qui sommeillait en moi, à présent clairement éveillée, je ferme les yeux. Sondant mon âme, mon esprit -que sais-je?-, j'explore les gouffres rugissant de pouvoir qui hurlent en moi. Soudain, ne sachant comment c'est venu, ni pourquoi, une plénitude m'envahit. Je sais. Mon être gorgé de magie appelle en silence la fluide; je projette autour de moi mon énergie glacée.

La petite boule d'énergie rayonne brièvement, puis, délicatement se scinde en deux. Chaque volute, presque facétieuse, tournoie et s'enroule autour de mes bras tendus, frôlant ma peau, provoquant de puissants frissons. Quelques millionièmes de seconde plus tard, elles ont atteint ma poitrine, et pénètrent mon torse. C'est une sensation indescriptible: comme si une bourrasque glacée se déchaînait dans ma cage thoracique, mon coeur s'emballe. Je sens la puissance se distiller peu à peu dans mes veines, dans mon âme; une chaleur glacée se répand dans chaque parcelle de mon corps agité de soubressauts. J'halète.

Puis ce fut fini. Avec un long soupir (d'extase?), je me laisse tomber sur la table, pour mieux reprendre mon souffle. Avec un sourire si large qu'il semble vouloir s'échapper de mon visage, je tente de faire passer à Kiana toute l'extraordinaireté des sensations que j'ai éprouvées.

Celle-ci me répond avec un sourire serein. Elle sait, elle aussi.

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MessagePosté: Dim 26 Avr 2009 11:07 
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Ma bulle de plénitude éclate enfin. Déjà. Pas de façon brutale et subite, mais doucement, paisiblement. Je reviens sur terre, descendant de mon nuage glacé en planant comme une plume, porté au gré des brises rafraichissantes. Mon esprit, en proie à l'émerveillement, à l'excitation, à l'euphorie, virevolte dans tous les coins de mon crâne, ne parvenant pas à se concentrer assez pour formuler une pensée cohérente. L'absorption du fluide m'avait fait côtoyer le transcendant, presque le divin! Nom d'un aldron, quelles sensations! Si j'avais su danser, je pense que je me serais mis à esquisser quelques pas de gigue (C'est une danse qu'on pratique dans l'arbre-communauté lors de fêtes. Du genre très bondissant). Me laissant apprécier, me délecter de ces instants de joie, Kiana reste silencieuse, et me couve d'un regard, que je sens malgré tout impatient.

C'est donc avec un certain regret, mais une toute nouvelle assurance -comment pourrais-je échouer, moi l'Aldryde de la glace, la terreur des moineaux?!-, que je me relève, et me plante fermement devant ma bienfaitrice. Le regard de feu, la volonté de fer, je m'adresse à Kiana en ces termes on-ne-peut-plus fleuris, alambiqués et complexes:

" Allons-y. "

Hochant solennellement la tête, comme pour approuver mon merveilleux laconisme, Kiana se saisit d'un des deux parchemins de sort, d'un de ces deux maudits rouleaux incompréhensibles. Pendant quelques minutes, elle en fait la lecture silencieuse, concentrée et curieuse. Cette attente me paraît éternelle, et durant ce laps de temps, je ne peux maîtriser mes pensées, qui s'en vont joyeusement gambader dans les insidieux territoires du doute.

(Bon sang de bon sang, comment vais-je réussir?! Moi, un pauvre minus famélique, analphabète au possible, comment pourrais-je m'enrichir de nouvelles compétences magiques?! Je tuerai ces chiennes, une par une.)

Je vous fait grâce du passage où je m'étends sur leurs souffrances à venir, vous connaissez la chanson. Mais revenons à Kiana, qui a finit sa lecture. Prenant une profonde inspiration (elle aussi a dû rencontrer ce salaud de "Doute"), puis ayant retrouvé son implacable détermination qui fait si harmonieusement étinceler ses yeux, celle-ci me dit:
" Vous allez apprendre le toucher glacé. Bien Silmeï, je veux que vous vous concentriez à présent. Plongez au coeur de votre être, à la recherche de votre pouvoir, et saisissez-le. "

En élève docile, appliqué, résolu, je ferme les yeux et plonge tout entier dans les limbes de mon âme et de mon esprit, à la recherche des torrents impétueux de pouvoir glacé. Nom d'une larve, elle veut que je les "saisisse"?? Autant essayer de maîtriser un moineau-garou... Mais ne suis-je pas la terreur des moineaux?! En avant, vaillant Silmeï! Redoublant de concentration, je m'approche (si je puis dire) de ces flux de pouvoir. Jusque là, je n'avais réussi à les contrôler qu'une seule et unique fois, grâce à mon aiguille de pin magique. Y arriverai-je seul, cette fois-ci?
Sentant la palpable conviction de Kiana, à côté de moi, je redouble d'efforts, tentant d'imposer ma volonté à ce pouvoir. Il reste un statut quo quelques minutes, le pouvoir rugissant d'un côté, moi, silencieux et concentré de l'autre. Soudain, je perçois un changement, l'équilibre est rompu. Comme si j'avais réussi à briser quelque résistance inconnue, les flux de la magie de la glace se mirent à parcourir mon corps, me procurant une foule de frissons. Je sens sous ma peau se déplacer les fluides.

A l'évidence, Kiana le ressent aussi, car elle me demande ensuite:
"A présent, concentrez votre pouvoir dans vos mains. "

Une fois encore, je l'avais déjà fait, sans vraiment savoir ce que je faisais. C'est donc un peu moins à l'aveuglette que j'influe sur les courants de pouvoir, les faisant lentement mais sûrement converger vers mes petites mains, à présent tendues devant moi. Comme l'avance inexorable d'un glacier, mes mains tremblent face à l'afflux de pouvoir qui les envahit peu à peu. Lorsque je sens que tous les flux sont concentrés dans mes membres antérieurs, et qu'ils y restent, je me risque à ouvrir un oeil. Ô surprise, mes mains sont nimbées d'un éclat azuré fascinant...

Kiana, apparement satisfaite, m'ordonne ensuite:
" Posez vos mains sur une cible, et lâchez tout. "

Eh bien, voilà qui est clair comme instruction! Mon pouvoir toujours sous bonne garde mentale, je recherche une victime sur laquelle je pourrais le déchaîner. Avisant soudain le seau dans lequel je m'étais cogné il y a quelques minutes, je pousse un grognement sadique avant de m'envoler par la fenêtre, pour me poser devant l'imposant cylindre de fer. Kiana m'observe de l'intérieur.
J'applique mes mains sur la froide surface du métal, qui me semble chaude tant mes mains sont saturées de magie glacée. Puis je reste là, me demandant comment "tout lâcher". Je tente une timide impulsion mentale, mais rien ne se passe. Mes mains commencent à être douloureuses à force d'être pleines de ce pouvoir. Les minutes passent, et deviennent source de souffrance. Bon sang, vais-je réussir à m'en débarasser, oui?! Je sens la colère monter en moi, froide, elle aussi. A cause de ce fichu seau, j'étais encore en train d'avoir mal!! Il mérite une bonne leçon!!

Dans un accès bref de fureur et de volonté, ponctué d'un expressif "Rhaaa!", je lâche la bride à mon pouvoir, qui s'échappe brusquement de mes mains pour venir frapper violemment l'indigent seau. Avec un "BOIIIENNG" retentissant, celui-ci fait un bond en arrière et se reverse. Le seau est vaincu!!! Et une nouvelle victime à ajouter au palmarès de Silmeï dit "le massacre"! Ah ah ah!! D'un oeil sadique, je remarque les deux petits cratères creusés à la surface du seau, témoins éternels de ma supériorité. Hé hé.

Avec un grand sourire, Kiana me regarde, suintant la fierté. Je ne peux que lui rendre un sourire béat. Nom d'une Akrilla dégénérée, j'ai réussi!

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 Sujet du message: Re: La Forêt entourant Cuilnen
MessagePosté: Mar 28 Avr 2009 11:12 
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De joie, et certainement aussi par pure fanfaronnade, je m'élance dans la pièce, mes petites ailes déployées, où je m'essaie avec plus ou moins de succès à quelques pirouettes aériennes, qui manquent de peu de m'envoyer m'encastrer dans un mur. Le tout sous le rire charmant de Kiana. Enhardi par mon précédent succès, je me pose sur la table, près du dernier parchemin, puis me concentre, tentant de relancer le sort une nouvelle fois. A mon grand plaisir, j'y parviens sans beaucoup de difficultés, et beaucoup plus rapidement que la fois précédente. Durant l'heure qui suit, je m'entraîne à lancer ce sort, afin d'améliorer ma rapidité. Au bout de ces instants d'intenses efforts mentaux, je me sens lessivé, mais heureux, fier, optimiste -pour la première fois!- quant à mon avenir dans ce monde de brutes.

(Ah ah ah! Tremblez devant le grand, le tout-puissant Silmeï!! Le jour de l'échéance se rapproche dangereusement, mes chères harpies ailées, le jour de votre fin à toutes!!)

J'éclate d'un rire plus ou moins démoniaque (à mon sens), qui m'attire un regard intrigué de Kiana. Je secoue la tête avec un sourire, cette dernière semble rassénérée et me demande:
" Excellent Silmeï, excellent! Vous êtes un élève des plus doués! "
(Hé hé, évidemment...)
" Voulez-vous passer à l'apprentissage de l'autre sort Silmeï? "

Avant d'avoir eu le temps de répondre, mon estomac signale sa présence par un concert de borborygmes retentissants, qui nous fait éclater de rire à l'unisson. L'elfe déclare alors en souriant (décidément, la journée est dédiée aux sourires!) :

"Nous passerons à l'apprentissage de l'autre sort après un bon repas! "

Mon estomac grogne de satisfaction, tandis que j'hoche la tête simplement. Kiana s'éclipse quelques minutes, et revient avec son désormais légendaire sac de fruits et seau d'eau. Seau d'eau méchamment cabossé, rappelons-le, par un mage au talent exceptionnel. Aldryde un jour, Aldryde toujours, je me jette avec avidité sur les petites baies -évidemment délicieuses-, en laissant à peine assez pour Kiana, et bois avec force déglutissements peu ragoûtants. Un jour, j'apprendrai à manger proprement. Après cette ripaille digne des plus grands banquets, mon hôte elfique débarasse la table, pour ensuite venir se rasseoir face à moi.

Sans plus de formalités, elle se saisit du parchemin, et en commence la lecture. Je reste immobile, impatience figée. Quelques lourdes secondes passent, et enfin elle repose le parchemin pour commencer à donner ses instructions:

"Cette fois-ci, ce sera un sort qui s'appelle "fausse mort". Il consiste à concentrer les flux de pouvoir dans votre corps le plus intensément possible, pour abaisser votre température corporelle, et ralentir au maximum les battements de votre coeur, singeant de manière fidèle la mort. Vous savez ce qu'il vous reste à faire: saisissez votre pouvoir."

(Brrrr... Mourir pour de faux? J'espère qu'il fonctionne bien son sort, je n'ai pas encore envie de passer de vie à trépas. Pas avant d'avoir expédié aux enfers quelques monstruosités.)

Nouveau plongeon dans l'abîme de mon âme. Quelques brasses coulées m'amènent à proximité des fleuves de pouvoir, où cascade à l'état pur la magie de la glace. Retour du combat mental pour le contrôle du fleuve. Nouvel équilibre rompu, les vannes du pouvoir s'ouvrent, et je m'en emplis avec joie. L'opération prend de moins en moins de temps, même si en hypothétique combat, je n'ai pour l'instant aucune chance de lancer des sorts spontanément.
Kiana gardant le silence, m'observant avec ses yeux aiguisés, je suppose que c'est à moi de continuer à présent. Je laisse les fluides circuler en moi librement, accumulant dans chacun de mes membres des torrents brûlants de glace. La charge mentale que cela représente, de garder sous son contrôle autant de pouvoir, me fait fléchir les genoux, et je m'étale sur la table malgré moi. Quelque chose ne va pas. Le pouvoir continue à m'envahir, mais ma respiration se fait sifflante. Je me mets à trembler violemment. Avec stupeur, je constate que de la buée sort de ma bouche, lorsque j'expire. Fichu et foutu sort, quelque chose cloche!
Commençant à paniquer, je tente de dissiper le pouvoir qui m'écrase de son imposante présence. Fichtre de foutre, je crois que j'ai perdu le contrôle.

Soudain tout se passe avec une rapidité fulgurante. J'atteinds le seuil maximum de pouvoir que je peux contenir. Je suis tremblant de froid. Je sombre dans l'inconscience. Mais chose étrange, pas dans la réelle inconscience. Avec une stupeur mêlée de fureur et de joie, je me retrouve dans l'état dans lequel j'étais les 100 premières années de ma vie. Un semi-conscient, prisonnier de son corps. Même si la magie de la glace semble murmurer des paroles réconfortantes au creux de mon oreille, la panique monte en moi telle un geyser furieux. J'hurle silencieusement à m'en faire exploser la cervelle.

(NON NON NON! PAS ENCORE! PAS ENCORE! KIANA! KIANA! KIANA AU SECOURS!!!)

Me retrouvant une nouvelle fois captif, et incapable de me libérer, je crains un instant pour ma santé mentale. Une nouvelle captivité me sera fatale, de cela je suis certain. La liberté est bien trop douce pour y renoncer. Pas maintenant, pas comme ça. Nom d'une larve, Silmeï, bouge-toi!!
Tentant de retrouver mon calme, je me replonge au coeur de mon être, à la recherche d'une faille dans la magie, quelque chose à exploiter pour me libérer, n'importe QUOI! Cherche, cherche, cherche. Allez cherche nom d'une fichue larve. Ah, c'est quoi ça? Non, ce n'est rien!!! Cherche, cherche!! Trouve!

Je n'ai plus qu'une très vague conscience de mon corps, empli de fluide, gelé et inerte. Je suis mort. Et vivant aussi. Expérience... traumatisante. Dans un élan désespéré, je m'acharne sur les fluides concentrés dans mon corps. Mobilisant toute la puissance de ma volonté (c'est dire la puissance que j'emploie!!), je m'échine à renvoyer les flux dans ce recoin caché de mon âme où ils rugissent en paix habituellement. La peur, la panique, et la fureur, toujours là, sont autant de motivations que d'entraves quant au contrôle de cette fichue magie. Puis soudain, comme si j'avais percé un trou au fond d'une bassine, je sens les fluides lentement mais sûrement me quitter, pour retrouver leur antre. Quelques minutes passent, pendant lesquelles un rire hystérique mental m'assaille, soulagé et terrorisé. Mon corps se réchauffe peu à peu. Et enfin, je suis vivant. Comme pour me le prouver, sitôt maître de mon corps, je pousse un hurlement strident, expulsant au dehors de moi le traumatisme d'avoir de nouveau été prisonnier.

Je me redresse vivement, à bout de souffle, devant une Kiana blême. Tournant mon regard vers elle, agité de violents tremblements, je murmure, les yeux exhorbités:
" Plus jamais. "

Je fonds en larmes.

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