L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mer 23 Déc 2015 19:05 
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Le lac de Hynim

Le clapotis de l'eau rythmait la lecture de Daemon, un ouvrage jaunit entre les mains, assit sur le sable de la plage. Son regard sautait de ligne en ligne, dévorant avidement chaque parcelle du manuscrit. Comme la veille, le ciel était dégagé et une légère brise affectait sa tignasse encore trempée. Une goutte perla d'une de ses mèches et tomba sur une page. Malgré sa rapidité à essuyer, l'eau avait déjà estompé quelques mots. Alors qu'il ruminait son désarroi, Asad sortait du lac le corps ruisselant.

« L'eau est bonne, pourquoi ne pas être resté plus longtemps ? »

« Pour lire, mais rah... j'ai mouillé le manuscrit ! » pesta-t-il contre lui-même.

« Où l'as-tu trouvé ? » demanda Asad en s'asseyant à ses côtés.

« Dans nos quartiers, dans une petite commode au milieu d'une multitude de reliures. »

Le jeune homme du désert secoua ses cheveux bruns, tremblota à la première brise et vint volontairement se lover contre l'autre fanatique, provoquant un hurlement strident.

« BORDEL, t'es trempé ! »

Plié en deux, Asad s'excusa en riant et l'invita à se rasseoir.

« Et ça parle de quoi ? »

Pour toute réponse, le semi-elfe lui montra la couverture où le titre apparaissait en grandes lettres dorées.

« Euh... Je ne sais pas lire... »

« Quoi ?! »

Remarquant l'attitude gênée de son compagnon, Daemon tenta de dissimuler sa surprise. Il oubliait que la plupart des humains étaient illettrés, alors qu'elfes et semi-elfes avaient une enfance longue permettant une éducation plus poussée. De plus, son interlocuteur provenait du peuple des dunes, peuplade parlant à peine la langue commune.

« Nous n'avons pas livres, ni de mots écrits dans le désert... Chez nous, toutes les histoires sont parlées. Les anciens nous content mythes et légendes autour du feu à la nuit tombée. »

« Eh bien... Il s'agit d'un grimoire de magie noire, y sont décrits divers sortilèges et rituels utilisés jadis par les premiers Lords Nécromant. » expliqua-t-il en feuilletant les pages.

Diverses illustrations parsemaient l'ouvrage, des dessins de plantes, de squelettes ou de créatures terrifiantes. Un ruban mauve marquait son avancée, à cette page, un long paragraphe rédigé en pattes de mouche était décoré d'une esquisse qui n'avait pas la prétention d'être réaliste. Un protagoniste, de forme humanoïde, se dissimulait dans une sorte de sphère noire l'englobant presque totalement. L'encre semblait avoir été étalé avec les doigts et dépassait pour aller toucher le texte.

« Cette page décrit un sortilège utilisé par les mages noirs, le voile des ténèbres, permettant d'absorber toute lumière dans son champ d'action. Malheureusement, aucune méthode n'y est décrite pour l'apprendre... »

« On n'apprend pas la magie dans les livres, voyons. » s'amusa Asad.

« Bien sûr que si ! Pis d'ailleurs, qu'est-ce que t'en sais toi ! »

« Je suis plutôt doué, si tu savais... »

« Mon œil ! »

La discussion achevée, il replongea aussitôt dans sa lecture expliquant que les plus puissants nécromanciens pouvaient occulter toute lueur sur une trentaine de mètres de diamètre, et ainsi couplé avec un sortilège de terreur, mettre en déroute un bataillon entier. Alors qu'il se concentrait, une ombre ténue vint troubler son texte et l'instant d'après une énorme bulle d'eau s'écrasa sur le papier, souillant l'encre de la page et des suivantes.

Après une bruyante surprise, Daemon leva les yeux et découvrit Morgoth, sa faera malicieuse, virevoltant avec son miaulement habituel, lointain et moqueur.

« Putain de chat ! Je vais te tordre le coup ! »

Asad ne pouvait s’empêcher d'exploser de rire en découvrant son compère poursuivre son animal fantasmagorique sur la plage, à moitié à poil et un grimoire trempé entre les mains. Après que le chat fit tourner son maître en bourrique plusieurs fois, Daemon projeta son livre qui, évidemment, traversa la faera et chuta dans le lac.

Au comble du désespoir, il secourut son bouquin et l'extirpa de l'eau en beuglant, pleurant sa perte comme une mère tenant son enfant inanimé entre ses bras.

« T'as pas fini de faire ton guignol ? » s'exaspéra Asad juste avant que le manuscrit ne l'aie percuté en pleine tronche.

Daemon tituba jusqu'à lui et s'affala de tout son long, dépité. Le basané s'embruma en baissant le regard.

« Tu as entendu la nuit dernière ? »

« Entendu quoi ? »

« Les hurlements... »

« Des loups? »

« Oui, comme dans la forêt, hier. Je n'ai pas pu dormir. Au fil de la nuit, il m'a semblé qu'ils s'approchaient, encore et encore, jusqu'à être tout proche... »

Le chant sinistre de la veille revint à la mémoire de Daemon, long et élancé comme celui des loups, mais ce hurlement avait quelque chose de particulier, plus scabreux, puissant et rauque. La différence était infime, mais il savait que ce chant provenait d'une bête dont il ne fait pas bon de croiser la route...

Alors qu'il restait pensif, Asad se redressa.

« Oh ! Regarde. »

Au-dessus des hautes herbes, un poulain les scrutait avec curiosité. Son pelage noisette brillait sous les reflets du soleil. Les deux jeunes gens s'approchaient de l'animal qui, malgré sa condition sauvage, ne semblait pas très craintif, et découvrirent par-delà l'orée des hautes herbes, l'intégralité du troupeau assemblée autour de leur campement.

Sans leur prêter attention, les animaux descendirent sur la petite plage et s'abreuvèrent paisiblement. Daemon et Asad ne bougeaient pas, admirant sur leur séant les équidés gracieux évoluer autour d'eux.


Silence grinçant

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Dernière édition par Daemon le Jeu 24 Déc 2015 03:51, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Jeu 24 Déc 2015 03:50 
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Condition sauvage

Ce sourire aiguisé observait le monde endormi. L'astre lunaire illuminait la prairie d'une lueur diffuse et argentée, et reflétait son image dans l'eau calme du lac de Hynim. La petite tente ocre était édifié au bord de l'eau, le vent calme brassait les hautes herbes, quand un hurlement de bête vint déchirer la nuit.

Daemon sursauta dans sa couche, en nage. Quelque chose venait de le tirer de son sommeil. Il rêvait, pour sûr, plusieurs souvenirs oniriques évanescents persistaient encore dans son esprit : un donjon interdit, des couloirs étroits et sombres arpentés par des hommes masqués de bures lugubres, des portes dissimulant des rites ancestraux et turpides... Oui, Endor l'avait marqué et ses mauvais rêves en étaient la preuve inconsciente.

Encore un peu confus et vraiment pas à l'aise dans ses draps humides, il s'y extirpa sans bruit. Asad dormait non loin. Il s'appesantit quelque temps en écoutant sa respiration régulière, puis souleva le pan de la toile pour retrouver le chant des grillons.

Tout était sombre et étrangement clair. Daemon foula l'herbe humide de ses pieds nus en contemplant le formidable miroir pâle, plus haut, le hennissement des chevaux lui indiqua que le troupeau broutait non loin. Il se demanda s'ils dormaient parfois, n'ayant jamais vu de destrier couché. Leurs silhouettes se dessinaient parmi les hautes herbes, mais le fanatique évita de s'y approcher de peur d'effaroucher les animaux. Il se contenta donc de marcher vers l'orée du bois, où régnait une obscurité quasi totale. Le vent agaçait les ramures qui se contorsionnaient dans des grincements sinistres résonnant entre les troncs alignés comme une multitude de piliers sombres d'une cathédrale d'obscurité. De temps à autre les feuilles mortes bruissaient sous les pas vifs d'animaux invisibles. Sans réellement savoir pourquoi, quelque chose attirait le jeune semi-elfe en ses lieux. Le poussant à mettre un pied devant l'autre comme un somnambule et malgré la fraîcheur de la nuit se glissant sous sa chemise de lin.

Un hululement résonna, des battements d'ailes et à nouveau ce silence caressé par le vent. Serait-ce une voix ? Un appel mental indescriptible l'attirait dans ses lieux, et puis, plus rien.

Il resta là, immobile entre les arbres à se demander la raison de sa présence ici. Puis, comme dans un rêve, juste derrière, on prononça son nom. Le souffle coupé, le palpitant déchaîné, un effort considérable lui fit tourner la tête lentement.

La sueur perlait jusqu'au bout de son nez. Il battit des paupières et pria. Pria pour que ses yeux soient menteurs. Face à lui, cerné par les ténèbres, deux pupilles blanches luisaient. Le tambour de son cœur entonnait des chants tribaux tandis que les ténèbres englobants les deux lueurs s'animaient comme d'horribles tentacules d'encre. Il trembla. Une pulsation malsaine exista la chose... Avant qu'il puisse bouger un membre, l'abomination fondit sur Daemon en lui arrachant un hurlement déchirant !

Il resta là, recroquevillé, quand un miaulement railleur et antiphonique se fit entendre. Levant la tête, il découvrit sa petite faera virevolter avec impertinence.

« MORGOT ! »


Tenaille mentale

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Dernière édition par Daemon le Ven 8 Jan 2016 23:15, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Lun 28 Déc 2015 04:00 
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Le lendemain le ciel était nuageux, presque orageux, un vent fort s'engouffrait dans la prairie pour venir soulever des petits moutons sur le lac. Alors que les nuages circulaient en s'effilant, deux ombres noires œuvraient auprès des chevaux, leurs longs manteaux sombres claquant au vent. Daemon et Asad étaient enfin admis parmi le troupeau, les chevaux se laissaient caresser et manipuler, à vrai dire, les chevaux faisaient presque la queue pour profiter des papouilles des jeunes hommes.

Apprenant à différencier les différents individus de cette grande famille, les Messagers comprirent rapidement qu'un grand étalon à la robe d'ébène dirigeait la tribu. Les autres mâles, plus jeunes, étaient probablement de sa descendance du fait de leurs pelages généralement sombre, et le reste du groupe était composé de juments de tout âges.

« Prudence, évite de te tenir derrière eux, et garde le chef à l’œil. Une seule ruade et s'en est fini de tes côtes. »

Daemon obtempéra aussitôt, se décalant de l'arrière-train de l'animal.

« La nuit dernière était difficile, les hurlements m’ont encore réveillé... » dit Asad en caressant une encolure.

« Je n'ai rien entendu, par contre... Morgoth m'a attiré dans les bois au milieu de la nuit et m'a flanqué une peur bleue, ce con. »

« Vous semblez vous entendre. » s'amusa-t-il.

« Peuh. »

Alors qu'ils brossaient soigneusement le pelage d'une jument, Daemon aperçut un individu au loin, près de leur campement, un homme seul semblait fouiller dans leurs affaires.

« Il y a quelqu'un à la tente ! »

« Vraiment ? »

Ils se détachèrent du troupeau pour parcourir la distance les séparant des rives du lac, en serpentant parmi les hautes herbes, de manière à surprendre l'intrus. Ils découvrirent un homme pauvrement habillé, des filets à la main, en train d'examiner leurs sacs.

« Besoin d'un coup de main ? »

Le pêcheur grassouillet sursauta au son de sa voix. Daemon était dressé en hauteur, sur une petite butée. L'homme ne distinguait de lui qu'une forme noire, un visage innocent dissimulé au fond d'un capuchon, où brillaient deux lueurs pourpres et agressives.

« Hum... C't'à vous tout s'bric à brac ? »

« En effet... »

« S'cusez, l'bon vieux Jon n'est pas un voleur, mais votr' campement m'a intrigué. C'est que j'viens du village, là-bas. » précisa-t-il en indiquant la bourgade lointaine du doigt. « Vous v'nez capturer des ch'vaux ? Vous faut l'aval de la seigneurie, hein ? »

Son ton était aigu et impératif, mais il semblait manquer de conviction.

« Ouais, ouais, on l'a. » mentit Asad, qui apparut subrepticement derrière lui.

L'homme parut effarouché et laissa tomber plusieurs bricoles, le semi-elfe pencha la tête, curieux de découvrir ce que l'homme cachait dans ses haillons.

« Cet objet-là. » il descendit à sa hauteur et saisit la babiole rutilante entre ses doigts gantés et arachnéens pour l'estimer. « Il s'agit de ma longue-vue, n'est ce pas... ? »

« Eh bien... Euh... »

Le pêcheur se sentait quelque peu bête, ne sachant pas vraiment quoi rétorquer. Il semblait étonné de découvrir un si jeune visage sous cette cape lugubre... Une fois l'expertise achevé, le visage en question devint plus dur.

« Vous osez nous accuser de brigandage, tout en dévalisant notre campement... »

Daemon le foudroya d'un regard tinté de flammes ravagées de rage. Le manant émit un petit glapissement, laissant choir le reste de son butin avec des tintements cuivrés. La peur se lisait dans son regard, regard qu'il ne pouvait décrocher de celui du semi-elfe, du truand. Il bégaya quelque chose d’incompréhensible sous l'effet de la tenaille mentale. Il recula dans un embrouillamini de gestes maladroits, d’aboiements paniqués, et finit par s'emmêler les pieds.

Au sol, en spasmes, le pauvre homme se tortillait en pleurant de douleur sous le sourire vicieux de Daemon...

« Ça suffit ! » se révolta Asad.

Il se précipita sur le semi-elfe et l'attrapa par les épaules, pour le tirer le plus loin possible de sa victime. Malgré la distance, Daemon ne relâcha pas sa tenaille mentale et Asad dut se résoudre à le gifler.

« Quoi !? » jappa-t-il telle une bête furieuse.

« Je te demande de te calmer, Daemon ! »

Le pêcheur détallait déjà en direction du village. Asad colla son visage à celui du truand en herbe et plongea son regard dans le sien.

« Bon... Je ne comprends vraiment pas ce qu'il vient de se passer, mais je te conseille de contenir tes pulsions psychopathes. D'accord !? »

Le semi-elfe détourna le regard en faisant la moue, pas vraiment réceptif au conseil.

« La rumeur de résurrection des Messagers du Corbeau commence à se répandre et Endor jouit une réputation réellement maléfique... Si les gens commencent à raconter que des fanatiques torturent les paysans du coin, cela se propagera comme une traînée de poudre. La guilde aura tout le Duché sur le dos, tu comprends ? »

« Oui, oui. » répondit-il avec désinvolture avant de s'éloigner.

Il ignorait comment, mais sa rage pure venait d'affecter le pêcheur, comme s'il avait planté les griffes de son gantelet de Thimoros dans sa chair. Le même effet, mais sans le toucher, juste... Juste en le regardant.

Ce pouvoir provenait-il du gantelet ? S'interrogea-t-il en observant l'ivoire ébène de sa relique aux courbures tranchantes. Il l'ignorait...

Il rejoignit le troupeau sous le vent contraire, en maintenant sa capuche d'une main, un sourire se dessinant sur le coin de ses lèvres.


Une jolie fleur au milieu des épines

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 29 Déc 2015 22:36 
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chapitre 1 : le retour.

Cela faisait des années que Hatael n'avais pas mis les pieds dans les environ de Kendra Kâr. Ce fut en cette contré que son histoire a tragiquement débuté mais, il était déterminé à revenir à Kendra Kâr pour faire la paix avec lui-même en terme de regret et de passer sur la tombe de Vivianna qui pour Kendra était morte emporté par la maladie.

Cependant, une pause devait se faire le soleil était déjà couché , et Hatael devait établir un petit lieu ou se reposer , par chance il était rendu au lac d'hynim effectivement connu pour sa tranquillité malgré quelques ... disons ... visiteurs parfois moins amicales. Un bruit vint à ses oreilles, plutôt reconnaissables qui ne le surpris en aucun cas Hatael

"ça fait 1 jours que je marche pour revenir à Kendra Kâr pas étonnant que mon ventre vienne me parler, par chance ce lac peut regorger de ressource nutritive parfaite pour passer la nuit"

sur ses mots Hatael pris quelque bâton, et petite tige qu'il assembla pour fabriquer une pseudo canne pour pouvoir attraper un ou plusieurs poissons.

"j'ai mon outil maintenant, prochaine étape c'est la recherche d'appâts les poissons ne vont pas mordre tout seuls"

il creusa la terre en recherche d'appâts , plusieurs minutes s'écoula à creuser la terre et c'est avec succès que Hatael trouva : cinq appâts qu'il stocka le temps de les utiliser il accrocha d'ailleurs le premier à la petite tige et commença a pêcher.

premier lancé fait avec succès Hatael attendit quelque longues minutes avant de sentir la canne a pêche vibrer sous les coups de la potentielle source de nourriture malheureusement il retira la canne de l'eau trop tôt qui lui fait rater sa tentative de pêche en perdant un appât emporté par le poisson. Cependant, ne voulant pas abandonner sur cet échec il retenta pour un deuxième essais et cette fois la chance lui sourit car, il attrapa son premier poisson après plusieurs dizaines de minutes à pécher bilan de la pêche : deux appâts furent gaspillé et trois poissons furent attrapés.

Ce fut ensuite sans difficulté qu'il alluma un petit feu pour pouvoir cuire la nourriture le résultat ne fut pas fantastique mais, au moins comestible Pendant que Hatael mangeait à sa faim des souvenirs remontaient au jour ou Vivanna de son vivant avait appris à Hatael comment fabriquer quelques fournitures et pouvoir pêcher pour survivre , sous la pression émotionnelle Hatael lâcha une petite larme en souvenir à Vivianna et dit :


"ta mort me pèse encore sur mes épaules je ne te demande pas de me pardonner , je ne pourrais pas me racheter de ma faiblesse qui aura eu raison de toi mais j'espère que tu reposes au moins en paix là où tu repose en ce moment même"


Sur ces bonnes paroles Hatael enterra les ossements de poissons pour laisser aucune trace , puis éteignit le feu et alla roupiller sous un arbre le temps de récupérer ses forces et de se remettre en route dès le levé du jour.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mer 30 Déc 2015 19:07 
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Ignorant son compagnon, Daemon s'occupait d'une jument à la robe sombre envers laquelle il s'était pris d'affection. Outre son comportement docile, l'animal possédait de grands yeux rouges, chose tout à fait inhabituelle chez les chevaux. Se trait l'attirait irrésistiblement, car le regard de Daemon se teintait aussi d'une couleur rosée héritée de son ascendance Shaakt.

Le vent soufflait par grosses bourrasques, arrachant aux cimes des arbres des nuées de feuilles orphelines. Il méditait en silence sur l’incident survenu juste avant et sur cette nouvelle et mystérieuse capacité. Les réprimandes successives d'Asad lui restaient en travers de la gorge, toujours à lui dire ce qui est bon de faire ou de ne pas faire...

Le basané retira son manteau et s'approcha indistinctement de lui. Sa peau possédait la teinte cuivrée des hommes du désert qui faisait ressortir son regard d'un bleu céleste le dotant d'un charme si particulier.

« Tu passes ton temps à jouer le gosse braillard et insupportable, ce qui est assez amusant. » dit-il avec un sourire en coin.

« Hey ! N'importe quoi ! » protesta Daemon en le menaçant avec sa brosse. « Je suis simplement... maladroit. »

« Enfantin et puéril ! » commenta Morgoth qui traçait des cercles au-dessus d'eux.

« Tu peux parler, chat de malheur. »

« Mais... Parfois, ta noirceur émerge et te fait perdre tout contrôle. »

« Arêtes donc de faire ton pleutre, tu semblais aimer ça, non ? Découvrir ensemble les facettes de ton dieu noir, Phaïtos, Thimoros. »

« Tu as torturé Korben dans la crypte, effrayé ce pêcheur je ne sais comment. Le gantelet de Thimoros a une influence sur ta personnalité, il te change. »

Asad observait l'émail noir enlacé autour du bras du semi-elfe, avec une certaine réserve, appréhendant l'objet avec suspicion. Mais Daemon ne souriait pas, parler ainsi de sa relique ne lui plaisait pas.

« Ne m'idéalise pas, je suis une mauvaise graine. Avant je chargeais les cales des navires de différentes marchandises, dont des esclaves. J'ai été élevé dans une bourgade certes tranquille, mais constituée secrètement d'assassins. Enfant, mes parents m'ont initié au combat au corps-à-corps, ainsi qu'à la magie noire. Et puis, notre matriarche, mon arrière-grand-mère, était jadis une nantie de la cité noire nommé Caix Imoros. N'as tu pas remarqué mes yeux ? Ne t'attends pas à trouver une jolie fleur au milieu des épines... »

L'expression d'Asad devint grave, il s'approcha sensiblement du semi-elfe pour le dominer d'une tête.

« Le désert ouest d'Imiftil, où le soleil est écrasant, où le sable règne, c'est là-bas que je suis né. La vie y est difficile, voyager de point d'eau en point d'eau afin d'abreuver nos troupeaux, mais c'est ainsi que les nomades y habitent depuis des millénaires. Notre peuple pourrait y vivre paisiblement, si seulement ils n'étaient venu. »

« Ils ? » demanda-t-il pas très sérieux.

« Ils ont attaqué à la nuit tombée, la lune était absente. Sans prévenir, sans sommation... Les premiers signes d'alerte furent les hurlements de souffrance. Nous réalisions à peine que nous subissions une attaque que le campement brulait déjà de toute part. »

Daemon avait arrêté de brosser son cheval, il ne bougeait plus.

« Des corps mutilés jonchaient le sol, le sable était imbibé de sang... Puis, quand le rideau de flammes se déchira, nous les aperçûmes enfin : grands et dotés d'une peau aussi sombre que la nuit. Seuls leurs yeux rouges brillaient, brillaient... »


Conter son histoire lui faisait perdre ses moyens, mais la haine étouffa ses sanglots. Il attrapa Daemon à la gorge et serra son étreinte.

« Je connais les Shaakt ! » cracha-t-il.

Daemon essaya de résister en lui attrapant le bras, mais en vain. Son souffle commençait à se tarir, son ventre se nouait d'effroi... Jamais il ne s'était douté qu'Asad dissimulait pareille haine envers les elfes noirs.

« Je te croyais différent de ses monstres avec lesquels tu partages une parenté... »

« A... Asad... »


Comme le sang dans tes veines

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Dernière édition par Daemon le Sam 2 Jan 2016 19:39, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Sam 2 Jan 2016 19:38 
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Une main broyait sa gorge pendant que la seconde immobilisait son bras ganté, Daemon commençait à suffoquer tandis que son ravisseur le transperçait de ses yeux d’un bleu intense. Sa main gauche se crispait sur le bras vengeur mais rien n’y faisait, à chaque instant ses forces diminuaient, son esprit s’estompait. Au delà de la force, la volonté lui manquait. Aucune hargne, aucune colère, aucun soubresaut de survie ne s’esquissait chez le semi-elfe. Il lui suffisait pourtant de s’énerver comme avec le pêcheur pour que l’étrangleur soit aussitôt victime d’une vague de souffrance mentale et imparable, du moins, avec de la chance.

Mais son désespoir noyait tout esprit de combativité, car celui qui l’étranglait était Asad, la seule personne qui semblait lui correspondre, son unique soutient parmi les Messagers, son unique ami… Plus rien ne comptait, sans effort, il se laissa choir sous le verdict constricteur de son compagnon.

Asad l’avait lâché et l’observait en silence. Assit dans les hautes herbes, le regard absent et humide, Daemon n’osait plus bouger.

« Tu ne me tues pas? » murmura-t-il.

L’homme du désert s’assit à ses côtés, affichant une mine plus désolée qu’autre chose. Après un petit temps, il prit la parole :

« Arrête donc ton mélodrame. Je m’excuse de m’être emporté. Ton comportement m’a fait revivre un passé douloureux et j’étais hors de moi… »

« Pourquoi passer tout ton temps avec moi alors que tu détestes les Shaakts? »

Les deux gars affichaient une mine d’enterrement assit au milieu du troupeau sauvage qui broutait paisiblement. Asad prit le temps de réfléchir avant d’exprimer sa réponse.

« Car nous nous ressemblons. Certes tes iris sont pourpres, mais tu n’as rien à voir avec ceux qui martyrisent mon peuple depuis des siècles. Ton héritage est maléfique, tout ton être baigne dans la magie noire, elle coule en toi comme le sang dans tes veines, et pourtant tu es bon. Je le sais. Peu importe ce que tu es, peu importe d’où tu viens, seuls tes actes détermineront qui tu es réellement. La question du bien et du mal bercera toujours ton existence. »

Daemon lui adressa un sourire triste, les arguments étaient tout à fait pertinents. Il ne le connaissait depuis quelques jours à peine, et Asad en savait déjà davantage sur sa personne que lui même… L’idée de savoir qu’il lisait en lui à livre ouvert le décontenançait, comme si Kadria et sa faera ne fouillaient pas assez ses méninges…

« C’est vrai, mais… tu oublies mon amour pour Thimoros. »

La bouche du fanatique cuivré se tordait en l’absence de réponse adaptée. Thimoros et son don pour la discorde. Daemon avait déjà exprimé son point de vue sur cette croyance, une vision hautement philosophique et relativisé. Exprimant que la souffrance reste intrinsèque à la condition de chair, ignorer et fuir la souffrance ne sont que dénie. Il est nécessaire de la comprendre, l’accueillir comme un cadeau divin. Car un monde sans souffrance est un monde insipide.

Mais appréhender une telle houle semblait être un défi au-dessus de ses forces. Vénérer Thimoros, peu importe sous quels aspects, appellera toujours à la déviance...

« Bon, tu m’as eu. Mais même à travers des actes irrévérencieux nous pouvons faire le bien, cela ne nous coûte rien d’essayer non? »

« Sûrement. »

« L’avenir nous le dira ! »

L’entrain reprit Asad, comme à leur première rencontre il lui tendit la main, Daemon l’attrapa pour se hisser et ils restèrent là.

« Bon, il est temps d’essayer de monter ses fichus canassons, prêt? »


Le semi-elfe se tourna vers la jument au regard de braise, l’animal était vraiment haut. Comment lui grimper dessus ? Sans parler qu’avec les griffes aiguisées de son gantelet, une seule éraflure et les souffrances contenues dans la relique déferleront dans l’échine de la monture…

« Euh… »

Asad commençait à rire, après avoir mimé une révérence moqueuse, il joignit les mains pour y recevoir le pied de l’embarrassé afin de le hisser sur la croupe de l’animal. Ils réussirent sans mal, Daemon se maintenait sur le dos large et musclé de l’animal, qui s’avérait plus glissant qu’il ne l’imaginait. Elle commença à s’éloigner, tourner en rond. Mais la jument n’ayant jamais été monté paraissait peu réceptive à cet intrus. Le semi-elfe eut l’illusion de la maintenir sous son contrôle jusqu’à ce qu’une violente ruade ne l’éjecte sur le tapis verdoyant.

« Bon, y a du boulot. »


La jument

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Dernière édition par Daemon le Mar 5 Jan 2016 22:00, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 5 Jan 2016 21:59 
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Comme le sang dans tes veines

Les deux nuits suivantes aucun hurlement lugubre de bête ne se fit entendre. Les accrochages furent oubliés et l’apprentissage bien avancé. Car certes la jument d’ébène dû s’habituer à avoir un parasite ventousé sur son dos, mais Daemon aussi dû apprendre à monter, et ce n’était pas couru d'avance. L’herbe drue amortit les chutes nombreuses mais il ne désespérait pas. À présent harnaché comme il le convient, la jument se laissait guider par les pressions de ses jambes ainsi que les mouvements des rênes.

Ils avançaient au trot en longeant l’orée de la forêt, parfois têtue, la jument refusait les ordres quand ils s’éloignaient trop du troupeau. Elle s’agita d’ailleurs quand le bruit rapide de sabots se fit entendre à l’arrière. C’était Asad et sa monture, une autre jument à la robe brune relativement semblable à celle de Daemon.

Ayant monté toute sa vie, l’homme du désert était bien plus à ses aises et contrôlait allègrement sa monture jusqu’à taper des galops sur les sillons dans l’herbe crue pour dépasser et narguer son compagnon avec sa maîtrise à présent parfaite de son cheval. Bien plus frileuse, la monture du semi-elfe s’agita à leur venue et manqua de le faire tomber.

« Alors on prend son temps ? » brailla Asad d’un ton moqueur.

« Bordel, arrête j’ai failli me casser la gueule ! »

« Patience, cela viendra avec le temps et l’expérience. Tu lui as trouvé un nom? »


Il n’y avait même pas songé. Il faut dire que la dernière fois qu’il nomma une bestiole, il se retrouva affublé d’un chat fantasmagorique et immatériel à perpétuité. ( D’ailleurs, où donc est passé Morgoth? Je ne l’ai pas vu depuis deux jours. ) Asad et sa monture traçaient un large cercle dans la prairie pour revenir les accoster par l’arrière.

« Je te présente Daen Orros, ce qui signifie Dune noire, elle me rappellera mon pays. »

« Original. »

Ils étaient à présent à l’arrêt, Daemon caressa sa jument et chercha un nom.

« Tornade ! »

« Bof, elle n’a pas vraiment le tempérament d’une tornade si tu veux mon avis. »

Il réfléchit donc à autre chose, cherchant une dénomination plus personnelle. Il se gratta la tête, tapota le dos de la jument et trouva enfin.

« Olwë, le nom de ma grande tante afin de penser à elle et à mon village natal où elle m’attend. »

« Monter sa tante? C’est d’un mauvais goût… »

« Je ne te permets pas ! »

Mais Asad filait déjà comme une flèche à travers la verdure en le raillant abondamment. Assoiffé de vengeance, Daemon héla sa Olwë pour partir à sa poursuite. Mais la monture ne bougea pas, trop occupé à mastiquer les fougères à sa portée.


Manteau noir

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 5 Jan 2016 22:02 
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La jument

L'aube était claire et humide, ils pliaient bagage en silence, chargeant leurs affaires sur les sacs dorsaux de leurs montures. Daemon attrapa la tête de sa jument entre ses bras et lui souffla des mots doux à l'oreille. Il allait la mener hors de sa terre natale, loin de sa famille, donc il craignait qu'Olwë refuse de partir et fasse demi-tour.

« J'ai une surprise pour toi. »
déclara Asad avec mystère, « Normalement je devais te l'offrir une fois la mission accomplie mais... J'en ai marre de le trimbaler. »

« C'est touchant. » glapit Daemon d'ironie.

Le basané extirpa une boule de tissu d'un de ses sacs et l'agita pour la déplier. Balloté par le vent, Daemon s'extasia en découvrant la toile. Il s'agissait d'une véritable robe de Messager du Corbeau, un large manteau noir, un peu rapiécé, mais porté uniquement par les membres admis officiellement dans l'ordre. Exultant, il dégrafa son manteau d'étain acheté d'occasion dans une boutique de Mertar pour enfiler sa nouvelle acquisition. Ce nouveau manteau était plus ample, même beaucoup trop grand, il nageait dedans. La large capuche dissimulait son visage sans pour autant obstruer sa vue.

« À présent, en route ! »

Daemon mit le pied à l'étrier et chevaucha sa monture avec prudence. Olwë semblait s'être habitué au harnachement et n'émit aucune réprobation. Un bon début, songea-t-il. Asad ouvrit la marche avec aisance en direction des montagnes, le semi-efle le suivait au trot, sans vouloir presser la jument.

Les deux compagnons avaient l'allure de spectres montés avec leurs grands manteaux sombres flottant au vent, de plus les robes des juments étaient elles aussi brunes, assorties aux cavaliers.

Arrivé à l'orée du bois, Olwë arrêta d'avancer pour jeter un œil au troupeau à présent lointain. Elle semblait hésiter à partir à l'aventure. Constatant sa crispation, Daemon passa sa main le long de son encolure en un geste apaisant. Un sabot après l'autre, la jument s'introduisit timidement sous la voute feuillue.

« Alkil nous voila ! » s'exclama Asad plein d'entrain.


Les reliefs escarpés des Duchés

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 3 Avr 2018 01:21 
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Retour à la vie

Je me réveille en sueur, mais sans sursaut, il faut dire que ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu une nuit de sommeil paisible, et souvent lorsque je dors mon esprit voyage dans mes souvenirs, me harcèle de moments douloureux, et me fait imaginer les pires évènements qui pourraient nous arriver. Ces sombres pensées me quittent à l’instant où j’ouvre mon œil sur la fenêtre à ma droite, pestant contre moi-même en voyant que le jour à l’air d’être déjà bien avancé vu la lueur qui passe à travers les longs rideaux rouges de ma demeure, alors que j’avais fait la promesse d’essayer de me lever plus tôt ses derniers jours.
Endormi la tête dans les bras, voilà l'état dans lequel je suis, avachis sur une chaise à ma table, comme il m’arrive souvent de le faire lors lorsque le sommeil se fait timide et décide de ne pas venir, alors qu’une des bougies qui illuminaient ma nuit brûle encore les quelques millimètres de cire qu’il reste dans son chandelier. J’ai encore échappé de peu à un incendie. Je relève lentement la tête pour la souffler, et me laisse aller nonchalamment en arrière dans ma chaise avec un profond soupir, faisant tomber la bouteille de vin rouge resté sur mes genoux.
Je fixe un moment le plafond, perdu dans mes pensées, profitant d’un silence perturbé uniquement par le chant des oiseaux, le bruissement du lac et l’activité dehors. Il me semble que je lisais un livre avant de m’assoupir, un de ceux que m’a légués mon mentor, il parle du culte de Gaïa et bien que je le connaisse par cœur je n’ai plus d’autres lectures pour le moment, il faudrait que je m’en occupe. Je reste un moment dans cette position, appréciant le calme, jusqu’à ce qu’un bruit sourd résonnant contre ma porte interrompt le fil de ma réflexion.

« Joscius ? T’es réveillé ? »

Une légère grimace de mécontentement déforme mes traits ankylosé par le sommeil, cette voix douce et enjouée c’est encore Isabella, une des rares personnes qui se permet de me déranger quand je suis seul, mais aussi dont je peux supporter la présence plus d’une heure, ce qui lui donne une place toute particulière dans ma vie. Si quelqu’un a besoin de moi, c’est sans doute à elle qu’il s’est adressé pour venir me chercher. Il faut dire que dans le village, je suis regardé avec un mélange de crainte et de respect, une sorte d'exilé au sein des villageois car je n’ai plus de famille et très peu d’amis, qui sont généralement des amis enfances. Je réponds avec un grognement sonore, typique de quelqu’un qui vient de se lever.

« Les gamins vont pas rester au bord du lac tout l'après-midi. Dépêche-toi de sortir ils t’attendent » dit-elle sévèrement après un soupir

Et ça c'est ma dernière “grande” invention, je pensais que c’était une bonne idée d'apprendre à tous ces mômes des bases en littérature, je n’avais pas pensé au fait qu’à cet âge, les enfants ont d’autres priorités et que pour eux l’apprentissage est plus une corvée qu’un plaisir. Mais mon mentor l'avait fait pour moi, et tout comme Gaïa est la déesse de la connaissance, je me dois de partager avec ceux qui le veulent ce que je sais, tous les parents n’ont pas donné leurs approbations pour ce cours. Et puis ce service me permet de pouvoir me nourrir, il fallait bien une activité pour quelqu'un comme moi ici, car je suis malgré tout attaché à ce village dans lequel j’ai grandi, où la vie est simple et divertissante, si on se donne la peine de l'apprécier.

« J’arrive, laisse-moi vingt minutes» dis-je lentement après quelques secondes de silence

« D’accord, si tu veux on peut se retrouver pour jouer après»

Cette pensée m’arrache un léger sourire, jouer de la musique entre amis, au bord du lac, reste un de mes plaisirs favoris, et amuse aussi ceux qui prennent le temps de s'arrêter un moment dans leurs activités pour nous écouter. C’est bien l’un des rares moments où les habitants s’approche de moi sans crainte et où je me sens accepté. Je pose mon œil sur ma guitare et ma grande viole de gambe, qui trône fièrement sur leurs perchoirs à côté de mon lit défait depuis déjà trois nuits, mes biens les plus précieux, même si je pense qu'aujourd'hui je me contenterais d'accompagner à la voix.

« À plus tard !» dit-elle alors que je l’entends s’éloigner

Je me lève lentement, à contrecœur, faisant craquer les articulations de mes genoux et de mes bras en m’étirant, puis celles de mes doigts. Je sens que j’ai une tête à effrayer un mort aujourd’hui. Je ramasse la bouteille et la remet sur la table, contemplant une fois de plus pendant une demi-seconde mon échec à l’abandon de la boisson, mais je n’ai pas le temps de m'apitoyer dessus tout de suite. Je me suis endormi habillé, je réserve donc cette vingtaine de minute pour m’asperger le visage d'eau, espérant me réveiller définitivement, prendre un rapide repas, récupérer mon chandelier, ranger mon livre dans ma petite bibliothèque et choisir celui que je vais utiliser pour le cours d’aujourd’hui, et adresser des paroles à la déesse de la lumière, comme chaque jour, pour lui demander de me pardonner de mes anciens échecs d’une part, et la remercier pour sa bienveillance malgré tout. Je me dirige lentement vers la sortie, récupère mon bâton posé à côté contre le mur, mon scapulaire à un petit crochet, laissant mon manteau à son portoir, vu l’intense lueur à ma fenêtre je n’en aurais pas besoin, et ouvre en grand la porte, prêt une fois de plus à affronter le monde.

Un rare sourire illumine mon visage en voyant le soleil resplendissant qui inonde la vallée, c'est une journée magnifique.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 3 Avr 2018 01:21 
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Retour à la réalité

Je reste quelques instants sur le pan de la porte, prenant une grande inspiration, laissant le léger vent qui se lève me coiffer comme il le sent. Le soleil projette sa lumière éblouissante sur l’eau, reflétant son éclat dans mille directions, donnant au lac l’aspect d’une immense pierre précieuse. Le village est bien éveillé, les filets sont posés dans le lac, les pêcheurs sont déjà au loin sur l’eau, concentrés et silencieux alors qu’ils fixent leurs lignes dans l’attente d’un léger frémissement. Au loin on entend les coups sourds et répétés caractéristiques d’une hache qui frappe le bois, les ateliers d’ébénistes ont l’air de tourner à plein régime. Les gens se baladent, discutent, se croisent et se saluent entre les différentes maisons en bois tel un grand ballet, la bonne humeur ambiante semble contagieuse.
J’ai la chance d’avoir une des demeures les mieux placées, juste en face du lac et éloignée de la forêt environnante, ce qui m’empêche d’être réveillé par les bruits matinaux des travailleurs du bois, et de profiter d'une vue magnifique sur l’eau miroitante lors du coucher du soleil.

Les enfants sont effectivement en train de m’attendre, mais loin de s’ennuyer, ils s’amusent à se poursuivre et à s’asperger d’eau, ils rient et l’espace d’un instant j’envie cette jeunesse qui m’a été retirée sans mon consentement, mais j’imagine que c’était le prix à payer pour devenir ce que je suis. Je me décide enfin à avancer, lentement mais à grands pas, saluant d'un rapide geste de la tête ceux qui acceptent de me regarder dans les yeux.
Ma bouche se grimace légèrement d'agacement lorsque je vois que deux gamins ne sont pas au bord du lac, observateur d'un spectacle qui serait sans doute ridicule et déplacé si son importance ne c'était pas déjà suffisamment démontré, une nouvelle “activité”, qui me répugnait fût un temps, mais que je pratique maintenant de temps à autre. Tout le monde n'est pas fait pour une vie tranquille, et pour combler les jeunes impétueux, il y a Marius, un autoproclamé vieux maître d'armes de Kendran Kar qui s'est installé il y a quelques années dans le village. Il entraîne les jeunes attirés par le maniement d'armes et tous ceux qui veulent apprendre à se défendre dans son cours qui, il faut le dire, a bien plus de succès que le mien. Les deux enfants sont sur la barrière qui délimite le lieu où s'entraînent les futurs “soldats”, admiratif devant la violence des coups, le bruit de tonnerre du choc des épées et les cris d'animaux enragés que certains poussent. Mon ombre fait se retourner les garnements.

«Joscius ! On t’attendait avec les autres» dit l'un d'entre eux, content de me voir, avant de filer rejoindre leurs congénères

Pas le temps de leur faire un sermon sur pourquoi il ne convient pas à des jeunes de leurs âges de regarder ce défouloir, et de toute façon aujourd'hui je n'en ai pas vraiment la volonté, ce serait dommage de ruiner la plénitude du village pour ça. Je les regarde s'éloigner en essayant de comprendre pourquoi la violence les attire tant, et alors que je m'apprête à rejoindre mes élèves, une voix rauque m’appelle.

« Alors gamin, pour une fois tu viens te battre c’est avec un bâton c'est ça ?» dit-elle en riant.

Je me retourne lentement pour regarder Marius dans les yeux. Je respecte ce qu’il est et ce qu’il a vécu, mais je ne l’apprécie pas. Il ne fait pas confiance à la magie et se moque souvent des dieux, pour lui rien ne vaut une arme bien aiguisée, ce qui est ironique vu qu’il fait souvent appel à moi pour soigner ses élèves blessés, néanmoins je mets ce caractère sur le compte de l’âge et de l’expérience, et le laisse ainsi face à son ignorance. Qui plus est le meilleur de ses élèves ce n'est clairement pas moi, ma taille me désavantage et je ne suis pas le plus rapide ni le plus agile des combattants, mais je suis déterminé à m'améliorer, pour défendre ceux qui en ont besoin au nom de Gaïa. Donnant raison à ce vieux guerrier, ce n'est pas la magie qui a sauvé mon mentor, et même si ses enseignements m'ont clairement indiqué de ne pas céder à la violence, c'est une règle que j'accepterais d'oublier contre nos assaillants non humains. Encore faudrait-il que je cesse de faire mon lève-tard et que je revienne à son cours, je ne me souviens même plus à quand date ma dernière participation. Je le fixe froidement, insensible comme toujours à son humour, et, voyant qu’il ne m'arrachera pas de parole suite à cette remarque, continue dans un soupir.

«J’'ai personne à faire réparer si c'est que tu veux savoir» Dit-il suivi d'un nouveau rire goguenard.

«Pour l'instant ...pour l’instant ...» Dis-je d’un ton grave.

Je délaisse le combat de deux jeunes, qui ont l'air d’avoir un différend à régler avec l'autre vu la violence et l'absence de finesse avec laquelle ils combattent, pour aller enfin m'occuper de ma leçon. Prévenus de mon arrivée, ils se sont tous assis sur l'herbe près de la berge en continuant de bavarder, un lieu agréable pour faire cours, bien mieux que l’abri que nous devons utiliser durant l’hiver. Je plante mon bâton, dans la terre meuble, comme un repère pour les retardataires bien que je doute qu’il y ait plus en retard que moi, et m’assois en face d’eux alors qu'ils me saluent chaleureusement. Ironiquement les enfants sont ceux qui sont le moins repoussés par mon apparence, elle les rend curieux tout au plus, ma taille les amuses, mon œil les intrigues, et ils apprécient ma voix.
Cela fait maintenant une heure que je leur fait lire les premières pages d’un livre sur la géographie de la région, et je n'ai plus le courage de faire durer la leçon, tout le monde veut profiter de cette belle journée, moi le premier surtout que je vois Isabella et Wilfried se préparer avec leurs instruments, flûte et guitare, un peu plus loin sur des rochers au bord de l'eau, bavardant avec un pêcheur. Je leur fais un signe de la main pour leur dire que je vais bientôt les rejoindre et, comme à chaque fin de cours, je demande aux enfants s’ils ont des questions avant de les libérer.

« Est-ce qu'on sera grand comme toi un jour ? » Demande l'un des plus jeunes avec innocence

Encore une fois je suis pris au dépourvu par ce genre de question, je ne sais pas si je dois me vexer qu’il n’ait retenu que ça de cette heure passé ensemble, ou au contraire rire de cette question saugrenue. Finalement je souris et répond :

«Eh bien je ne te le conseille pas, sauf si tu tiens à te cogner à toutes les portes»

Le rire général qui s'ensuit est le point d'orgue de cette journée, je me surprends moi-même à rire avec eux.
Mon sourire s'efface tout à coup, mon regard la scène autour de moi semble soudainement se dérouler au ralenti, au milieu des rires, des discussions, du bruit environnant, un cri aigu, déchirant, surgit de la forêt et perce comme une flèche la sérénité ambiante, faisant écho à toute mes terreurs nocturnes et réveillant en moi de sombres souvenirs. Je me relève brusquement, empoigne fermement mon bâton et regarde aux alentours.

«Venez tous avec moi, vite!»

Ma voix tonne suffisamment pour que tout le groupe qui avait commencé à se séparer cesse de s'amuser et se place rapidement à mes côtés. Ils sont sous ma responsabilité, et en ce moment les parents sont souvent occupés avec leurs tâches journalières, de plus en regardant autour de moi, je remarque que personne n’a l’air d’avoir entendu ce rappel du destin.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 10 Avr 2018 23:59 
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Retour du destin

Je finis de rassembler les enfants, soudainement très silencieux, et les emmène rapidement dans l’abri des pêcheurs à quelques mètres de là, l'une des rares demeures en pierre du lieu, et ce pour éviter les incendies lorsqu'une torche reste brûler durant la nuit pour guider les fous qui s'adonnent à la pêche nocturne. Je n’ai encore aucune certitude, mais tout me porte à croire que bientôt le chaos va s’installer en ville, et ils n’ont pas besoin d’y assister, ou pire d’en être les victimes.

«Restez là, bloquez la porte et n'ouvrez sous aucun prétexte à une voix que vous ne reconnaissez pas» dis-je gravement.

Les yeux qui me regardent reflètent l'incompréhension, mais ils me font confiance. Je tente de les rassurer avec un sourire

«Pas de panique, c’est un abri il doit y avoir de l’eau et des restes de nourriture quelque part pour ceux qui veulent, je reviens vous chercher. Gaïa veille sur vous »

Mes dernières paroles ne semblent pas avoir tout l’effet que je souhaiterais. Je ferme la porte et entends avec un soulagement l’un des aînés la verrouiller. Ils sont dans l'une des demeures les plus sûres du lieu. Retournant rapidement au bord du lac, jetant des regards de tous les côtés, je remarque le silence oppressant qui s’est abattu sur nous, pas un murmure n'accompagne le vent, pas une voix ressort de ce blanc auditif presque surnaturel. Plus inquiétants encore les oiseaux ne chantent plus et les haches des bûcherons se sont faites muettes. Nous sommes à l'extrémité sud du village, à une distance respectable de la zone boisée, mais tous les regards pointent vers le nord, fixant la forêt visible entre toutes les maisons alors que le cri qui en sortait semble avoir trouvé des compagnons. Je rejoins mes amis, qui comme tout le monde, semble absorbé par la contemplation d’un danger encore invisible, je ferme mon œil et adresse de brève parole à Gaïa, la remerciant de m’avoir prévenu le premier pour mettre les plus vulnérables à l’abri. Malgré cela, mes pensées sont obscurcit par de terribles souvenirs, des images plus ou moins nettes de marée inarrêtable de morts qui se déverse dans un vacarme infernal depuis la forêt, l’aspect terrible de leur monstrueux commandant, imprimé dans mon esprit. J'ai appris à vivre avec ses évènement, mais ils vont sans doute se reproduire encore une fois, apportant avec eux leurs nouveaux lots de cauchemars et de désolations

Les apprentis soldats se regardent, certains avec enthousiasme et excitation, principalement les plus jeunes, d'autre avec l’inquiétude et le désarroi inscrit dans leur regard, mais ils ont tous compris que leurs efforts vont être mis à l'épreuve, que les sacrifices qu'ils ont fait pour être entrainer vont enfin avoir une raison d'être. Marius croise le mien, loin des préoccupations de ses élèves, j’y vois la résignation, il m’adresse un rapide mouvement de la tête alors que je reprends contenance, un geste d’affirmation dont je n’avais pas besoin, car j’ai vu moi aussi le cheval partir à bride abattue, longeant le lac vers l’est, là où se trouve le village voisin, et si le maire a décidé que c’était nécessaire, c’est qu’il ne fait plus aucun doute sur ce qui va bientôt nous tomber dessus.

Il se lève, lui toujours assis au fond de sa chaise à fumer ou à regarder en riant ses élèves s’échanger des bleus. Il se tient le dos droit, le torse bombé, sans tituber, lui qui est mon compagnon de beuverie, un plus gros buveur que moi et je remarque seulement maintenant que la différence de taille entre nous deux est bien moindre que ce que j’imaginais. Son visage, balafré comme le mien, est fermé et sérieux, le sourire bienveillant qui décore sa fine barbe grise a disparu. Il sort sa précieuse épée sur laquelle il m'a raconté pléthores d'histoires et de mythes, dont la lame qui a mordu dans la chair de tant d’ennemis de Kendra Kar n'a jamais vu le soleil dans ce petit coin du monde. Alors pour la première fois depuis qu'il est arrivé il y a trois ans, disant vouloir s'éloigner de la grande ville et oublier la vie militaire, je vois le maître d’armes, imposant et déterminé, qu’il clame toujours être.

«Sortez ce que vous utilisez comme armes, portez ce qui vous sert d’armures, il va être temps de prouver que vous ne venez pas ici pour vous défouler ou taper sur votre voisin, mais bien pour apprendre à protéger ce qui vous est cher ! Il n’est pas question d’éliminer l’ennemi, juste de le retenir suffisamment longtemps, alors resté groupé » »Crie-t-il à ses troupes novices

Je regarde avec une pointe de fierté et de pitié les jeunes, les plus âgés, encouragé par la détermination de leur professeur, se dépêcher de s'équiper de ce qu'ils ont comme équipement, parfois de simple outil comme des haches, ou des armes acheté en ville, parfois prêté par Marius lui-même, enfilant de simple vêtement en cuir pas toujours épais, criblé de trous pour certains. Notre avantage réside dans le fait que nous savons ce qui va sortir de ses bois, même si la peur de se faire démembrer par un groupe de squelettes ne peut pas disparaître, nous ne serons pas surpris par la lente vague mort vivante qui arrive, le temps que l’aide salvatrice soit là, alors ce ne sera pas peine perdu s’ils peuvent ralentir l'avance du raid. Je ferme encore mon oeil, priant Gaïa car je sais que je vais avoir besoin de son don dans les instants qui vont suivre. Deux mains m’attrapent le bras et me sortent de ma communion.

«Joscius, c'est eux ? Qu'est-ce qu'on fait ? »Me demande Isabella, paniquée.

Je réponds en regardant Wilfried dans les yeux, un autre ami d'enfance. Un fier fils d'ébéniste qui a vécu les mêmes choses que moi, même si dame chance a été plus clémente avec lui, il n'y a perdu que des amis.

«Faites comme tout le monde, prenez une barque, fuyez, isolez-vous le temps que la cavalerie arrive, il n’y a pas d'autre solution si vous voulez survivre»
Le son de ma voix fait sonner cette tirade comme une déclaration d’outre-tombe.

On peut enfin les apercevoir, arrivant depuis l’ombre, mais loin d’être le lent danger que nous aurions pu contenir un moment, la masse noire en mouvement semble être un groupe d’assaut bien plus dangereux, l’éclat du soleil se reflétant sur leurs nombreuses lames. Emmitouflés dans des étoffes noires comme la nuit pour se protéger du soleil, des yeux rouges luisant dans la pénombre de leurs visages, sur des montures infernales plus haute qu’un homme et qui semble aussi enragé que leurs cavaliers, un trio de furieux Garzoks mènent au combat des soldats anonymes en armure sombre, armés jusqu'aux dents, un petit contingent mais sans doute bien plus expérimentés que les conscrits qu'ils vont affronter.

Mon visage se fige, mon esprit se vide, je perd tout sentiment en voyant la mort surgir ainsi, je n’ai qu'une pensée stoïque avant que l'état de choc général crée par l’incrédulité et la surprise, une bulle de suspension temporel entre le calme et le chaos, ne soit rompu.

(Gaïa, est-ce ainsi que tout fini ?)

Et alors le massacre commença.

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