L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mer 23 Déc 2015 19:05 
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Le lac de Hynim

Le clapotis de l'eau rythmait la lecture de Daemon, un ouvrage jaunit entre les mains, assit sur le sable de la plage. Son regard sautait de ligne en ligne, dévorant avidement chaque parcelle du manuscrit. Comme la veille, le ciel était dégagé et une légère brise affectait sa tignasse encore trempée. Une goutte perla d'une de ses mèches et tomba sur une page. Malgré sa rapidité à essuyer, l'eau avait déjà estompé quelques mots. Alors qu'il ruminait son désarroi, Asad sortait du lac le corps ruisselant.

« L'eau est bonne, pourquoi ne pas être resté plus longtemps ? »

« Pour lire, mais rah... j'ai mouillé le manuscrit ! » pesta-t-il contre lui-même.

« Où l'as-tu trouvé ? » demanda Asad en s'asseyant à ses côtés.

« Dans nos quartiers, dans une petite commode au milieu d'une multitude de reliures. »

Le jeune homme du désert secoua ses cheveux bruns, tremblota à la première brise et vint volontairement se lover contre l'autre fanatique, provoquant un hurlement strident.

« BORDEL, t'es trempé ! »

Plié en deux, Asad s'excusa en riant et l'invita à se rasseoir.

« Et ça parle de quoi ? »

Pour toute réponse, le semi-elfe lui montra la couverture où le titre apparaissait en grandes lettres dorées.

« Euh... Je ne sais pas lire... »

« Quoi ?! »

Remarquant l'attitude gênée de son compagnon, Daemon tenta de dissimuler sa surprise. Il oubliait que la plupart des humains étaient illettrés, alors qu'elfes et semi-elfes avaient une enfance longue permettant une éducation plus poussée. De plus, son interlocuteur provenait du peuple des dunes, peuplade parlant à peine la langue commune.

« Nous n'avons pas livres, ni de mots écrits dans le désert... Chez nous, toutes les histoires sont parlées. Les anciens nous content mythes et légendes autour du feu à la nuit tombée. »

« Eh bien... Il s'agit d'un grimoire de magie noire, y sont décrits divers sortilèges et rituels utilisés jadis par les premiers Lords Nécromant. » expliqua-t-il en feuilletant les pages.

Diverses illustrations parsemaient l'ouvrage, des dessins de plantes, de squelettes ou de créatures terrifiantes. Un ruban mauve marquait son avancée, à cette page, un long paragraphe rédigé en pattes de mouche était décoré d'une esquisse qui n'avait pas la prétention d'être réaliste. Un protagoniste, de forme humanoïde, se dissimulait dans une sorte de sphère noire l'englobant presque totalement. L'encre semblait avoir été étalé avec les doigts et dépassait pour aller toucher le texte.

« Cette page décrit un sortilège utilisé par les mages noirs, le voile des ténèbres, permettant d'absorber toute lumière dans son champ d'action. Malheureusement, aucune méthode n'y est décrite pour l'apprendre... »

« On n'apprend pas la magie dans les livres, voyons. » s'amusa Asad.

« Bien sûr que si ! Pis d'ailleurs, qu'est-ce que t'en sais toi ! »

« Je suis plutôt doué, si tu savais... »

« Mon œil ! »

La discussion achevée, il replongea aussitôt dans sa lecture expliquant que les plus puissants nécromanciens pouvaient occulter toute lueur sur une trentaine de mètres de diamètre, et ainsi couplé avec un sortilège de terreur, mettre en déroute un bataillon entier. Alors qu'il se concentrait, une ombre ténue vint troubler son texte et l'instant d'après une énorme bulle d'eau s'écrasa sur le papier, souillant l'encre de la page et des suivantes.

Après une bruyante surprise, Daemon leva les yeux et découvrit Morgoth, sa faera malicieuse, virevoltant avec son miaulement habituel, lointain et moqueur.

« Putain de chat ! Je vais te tordre le coup ! »

Asad ne pouvait s’empêcher d'exploser de rire en découvrant son compère poursuivre son animal fantasmagorique sur la plage, à moitié à poil et un grimoire trempé entre les mains. Après que le chat fit tourner son maître en bourrique plusieurs fois, Daemon projeta son livre qui, évidemment, traversa la faera et chuta dans le lac.

Au comble du désespoir, il secourut son bouquin et l'extirpa de l'eau en beuglant, pleurant sa perte comme une mère tenant son enfant inanimé entre ses bras.

« T'as pas fini de faire ton guignol ? » s'exaspéra Asad juste avant que le manuscrit ne l'aie percuté en pleine tronche.

Daemon tituba jusqu'à lui et s'affala de tout son long, dépité. Le basané s'embruma en baissant le regard.

« Tu as entendu la nuit dernière ? »

« Entendu quoi ? »

« Les hurlements... »

« Des loups? »

« Oui, comme dans la forêt, hier. Je n'ai pas pu dormir. Au fil de la nuit, il m'a semblé qu'ils s'approchaient, encore et encore, jusqu'à être tout proche... »

Le chant sinistre de la veille revint à la mémoire de Daemon, long et élancé comme celui des loups, mais ce hurlement avait quelque chose de particulier, plus scabreux, puissant et rauque. La différence était infime, mais il savait que ce chant provenait d'une bête dont il ne fait pas bon de croiser la route...

Alors qu'il restait pensif, Asad se redressa.

« Oh ! Regarde. »

Au-dessus des hautes herbes, un poulain les scrutait avec curiosité. Son pelage noisette brillait sous les reflets du soleil. Les deux jeunes gens s'approchaient de l'animal qui, malgré sa condition sauvage, ne semblait pas très craintif, et découvrirent par-delà l'orée des hautes herbes, l'intégralité du troupeau assemblée autour de leur campement.

Sans leur prêter attention, les animaux descendirent sur la petite plage et s'abreuvèrent paisiblement. Daemon et Asad ne bougeaient pas, admirant sur leur séant les équidés gracieux évoluer autour d'eux.


Silence grinçant

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Dernière édition par Daemon le Jeu 24 Déc 2015 03:51, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Jeu 24 Déc 2015 03:50 
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Condition sauvage

Ce sourire aiguisé observait le monde endormi. L'astre lunaire illuminait la prairie d'une lueur diffuse et argentée, et reflétait son image dans l'eau calme du lac de Hynim. La petite tente ocre était édifié au bord de l'eau, le vent calme brassait les hautes herbes, quand un hurlement de bête vint déchirer la nuit.

Daemon sursauta dans sa couche, en nage. Quelque chose venait de le tirer de son sommeil. Il rêvait, pour sûr, plusieurs souvenirs oniriques évanescents persistaient encore dans son esprit : un donjon interdit, des couloirs étroits et sombres arpentés par des hommes masqués de bures lugubres, des portes dissimulant des rites ancestraux et turpides... Oui, Endor l'avait marqué et ses mauvais rêves en étaient la preuve inconsciente.

Encore un peu confus et vraiment pas à l'aise dans ses draps humides, il s'y extirpa sans bruit. Asad dormait non loin. Il s'appesantit quelque temps en écoutant sa respiration régulière, puis souleva le pan de la toile pour retrouver le chant des grillons.

Tout était sombre et étrangement clair. Daemon foula l'herbe humide de ses pieds nus en contemplant le formidable miroir pâle, plus haut, le hennissement des chevaux lui indiqua que le troupeau broutait non loin. Il se demanda s'ils dormaient parfois, n'ayant jamais vu de destrier couché. Leurs silhouettes se dessinaient parmi les hautes herbes, mais le fanatique évita de s'y approcher de peur d'effaroucher les animaux. Il se contenta donc de marcher vers l'orée du bois, où régnait une obscurité quasi totale. Le vent agaçait les ramures qui se contorsionnaient dans des grincements sinistres résonnant entre les troncs alignés comme une multitude de piliers sombres d'une cathédrale d'obscurité. De temps à autre les feuilles mortes bruissaient sous les pas vifs d'animaux invisibles. Sans réellement savoir pourquoi, quelque chose attirait le jeune semi-elfe en ses lieux. Le poussant à mettre un pied devant l'autre comme un somnambule et malgré la fraîcheur de la nuit se glissant sous sa chemise de lin.

Un hululement résonna, des battements d'ailes et à nouveau ce silence caressé par le vent. Serait-ce une voix ? Un appel mental indescriptible l'attirait dans ses lieux, et puis, plus rien.

Il resta là, immobile entre les arbres à se demander la raison de sa présence ici. Puis, comme dans un rêve, juste derrière, on prononça son nom. Le souffle coupé, le palpitant déchaîné, un effort considérable lui fit tourner la tête lentement.

La sueur perlait jusqu'au bout de son nez. Il battit des paupières et pria. Pria pour que ses yeux soient menteurs. Face à lui, cerné par les ténèbres, deux pupilles blanches luisaient. Le tambour de son cœur entonnait des chants tribaux tandis que les ténèbres englobants les deux lueurs s'animaient comme d'horribles tentacules d'encre. Il trembla. Une pulsation malsaine exista la chose... Avant qu'il puisse bouger un membre, l'abomination fondit sur Daemon en lui arrachant un hurlement déchirant !

Il resta là, recroquevillé, quand un miaulement railleur et antiphonique se fit entendre. Levant la tête, il découvrit sa petite faera virevolter avec impertinence.

« MORGOT ! »


Tenaille mentale

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Dernière édition par Daemon le Ven 8 Jan 2016 23:15, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Lun 28 Déc 2015 04:00 
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Le lendemain le ciel était nuageux, presque orageux, un vent fort s'engouffrait dans la prairie pour venir soulever des petits moutons sur le lac. Alors que les nuages circulaient en s'effilant, deux ombres noires œuvraient auprès des chevaux, leurs longs manteaux sombres claquant au vent. Daemon et Asad étaient enfin admis parmi le troupeau, les chevaux se laissaient caresser et manipuler, à vrai dire, les chevaux faisaient presque la queue pour profiter des papouilles des jeunes hommes.

Apprenant à différencier les différents individus de cette grande famille, les Messagers comprirent rapidement qu'un grand étalon à la robe d'ébène dirigeait la tribu. Les autres mâles, plus jeunes, étaient probablement de sa descendance du fait de leurs pelages généralement sombre, et le reste du groupe était composé de juments de tout âges.

« Prudence, évite de te tenir derrière eux, et garde le chef à l’œil. Une seule ruade et s'en est fini de tes côtes. »

Daemon obtempéra aussitôt, se décalant de l'arrière-train de l'animal.

« La nuit dernière était difficile, les hurlements m’ont encore réveillé... » dit Asad en caressant une encolure.

« Je n'ai rien entendu, par contre... Morgoth m'a attiré dans les bois au milieu de la nuit et m'a flanqué une peur bleue, ce con. »

« Vous semblez vous entendre. » s'amusa-t-il.

« Peuh. »

Alors qu'ils brossaient soigneusement le pelage d'une jument, Daemon aperçut un individu au loin, près de leur campement, un homme seul semblait fouiller dans leurs affaires.

« Il y a quelqu'un à la tente ! »

« Vraiment ? »

Ils se détachèrent du troupeau pour parcourir la distance les séparant des rives du lac, en serpentant parmi les hautes herbes, de manière à surprendre l'intrus. Ils découvrirent un homme pauvrement habillé, des filets à la main, en train d'examiner leurs sacs.

« Besoin d'un coup de main ? »

Le pêcheur grassouillet sursauta au son de sa voix. Daemon était dressé en hauteur, sur une petite butée. L'homme ne distinguait de lui qu'une forme noire, un visage innocent dissimulé au fond d'un capuchon, où brillaient deux lueurs pourpres et agressives.

« Hum... C't'à vous tout s'bric à brac ? »

« En effet... »

« S'cusez, l'bon vieux Jon n'est pas un voleur, mais votr' campement m'a intrigué. C'est que j'viens du village, là-bas. » précisa-t-il en indiquant la bourgade lointaine du doigt. « Vous v'nez capturer des ch'vaux ? Vous faut l'aval de la seigneurie, hein ? »

Son ton était aigu et impératif, mais il semblait manquer de conviction.

« Ouais, ouais, on l'a. » mentit Asad, qui apparut subrepticement derrière lui.

L'homme parut effarouché et laissa tomber plusieurs bricoles, le semi-elfe pencha la tête, curieux de découvrir ce que l'homme cachait dans ses haillons.

« Cet objet-là. » il descendit à sa hauteur et saisit la babiole rutilante entre ses doigts gantés et arachnéens pour l'estimer. « Il s'agit de ma longue-vue, n'est ce pas... ? »

« Eh bien... Euh... »

Le pêcheur se sentait quelque peu bête, ne sachant pas vraiment quoi rétorquer. Il semblait étonné de découvrir un si jeune visage sous cette cape lugubre... Une fois l'expertise achevé, le visage en question devint plus dur.

« Vous osez nous accuser de brigandage, tout en dévalisant notre campement... »

Daemon le foudroya d'un regard tinté de flammes ravagées de rage. Le manant émit un petit glapissement, laissant choir le reste de son butin avec des tintements cuivrés. La peur se lisait dans son regard, regard qu'il ne pouvait décrocher de celui du semi-elfe, du truand. Il bégaya quelque chose d’incompréhensible sous l'effet de la tenaille mentale. Il recula dans un embrouillamini de gestes maladroits, d’aboiements paniqués, et finit par s'emmêler les pieds.

Au sol, en spasmes, le pauvre homme se tortillait en pleurant de douleur sous le sourire vicieux de Daemon...

« Ça suffit ! » se révolta Asad.

Il se précipita sur le semi-elfe et l'attrapa par les épaules, pour le tirer le plus loin possible de sa victime. Malgré la distance, Daemon ne relâcha pas sa tenaille mentale et Asad dut se résoudre à le gifler.

« Quoi !? » jappa-t-il telle une bête furieuse.

« Je te demande de te calmer, Daemon ! »

Le pêcheur détallait déjà en direction du village. Asad colla son visage à celui du truand en herbe et plongea son regard dans le sien.

« Bon... Je ne comprends vraiment pas ce qu'il vient de se passer, mais je te conseille de contenir tes pulsions psychopathes. D'accord !? »

Le semi-elfe détourna le regard en faisant la moue, pas vraiment réceptif au conseil.

« La rumeur de résurrection des Messagers du Corbeau commence à se répandre et Endor jouit une réputation réellement maléfique... Si les gens commencent à raconter que des fanatiques torturent les paysans du coin, cela se propagera comme une traînée de poudre. La guilde aura tout le Duché sur le dos, tu comprends ? »

« Oui, oui. » répondit-il avec désinvolture avant de s'éloigner.

Il ignorait comment, mais sa rage pure venait d'affecter le pêcheur, comme s'il avait planté les griffes de son gantelet de Thimoros dans sa chair. Le même effet, mais sans le toucher, juste... Juste en le regardant.

Ce pouvoir provenait-il du gantelet ? S'interrogea-t-il en observant l'ivoire ébène de sa relique aux courbures tranchantes. Il l'ignorait...

Il rejoignit le troupeau sous le vent contraire, en maintenant sa capuche d'une main, un sourire se dessinant sur le coin de ses lèvres.


Une jolie fleur au milieu des épines

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 29 Déc 2015 22:36 
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chapitre 1 : le retour.

Cela faisait des années que Hatael n'avais pas mis les pieds dans les environ de Kendra Kâr. Ce fut en cette contré que son histoire a tragiquement débuté mais, il était déterminé à revenir à Kendra Kâr pour faire la paix avec lui-même en terme de regret et de passer sur la tombe de Vivianna qui pour Kendra était morte emporté par la maladie.

Cependant, une pause devait se faire le soleil était déjà couché , et Hatael devait établir un petit lieu ou se reposer , par chance il était rendu au lac d'hynim effectivement connu pour sa tranquillité malgré quelques ... disons ... visiteurs parfois moins amicales. Un bruit vint à ses oreilles, plutôt reconnaissables qui ne le surpris en aucun cas Hatael

"ça fait 1 jours que je marche pour revenir à Kendra Kâr pas étonnant que mon ventre vienne me parler, par chance ce lac peut regorger de ressource nutritive parfaite pour passer la nuit"

sur ses mots Hatael pris quelque bâton, et petite tige qu'il assembla pour fabriquer une pseudo canne pour pouvoir attraper un ou plusieurs poissons.

"j'ai mon outil maintenant, prochaine étape c'est la recherche d'appâts les poissons ne vont pas mordre tout seuls"

il creusa la terre en recherche d'appâts , plusieurs minutes s'écoula à creuser la terre et c'est avec succès que Hatael trouva : cinq appâts qu'il stocka le temps de les utiliser il accrocha d'ailleurs le premier à la petite tige et commença a pêcher.

premier lancé fait avec succès Hatael attendit quelque longues minutes avant de sentir la canne a pêche vibrer sous les coups de la potentielle source de nourriture malheureusement il retira la canne de l'eau trop tôt qui lui fait rater sa tentative de pêche en perdant un appât emporté par le poisson. Cependant, ne voulant pas abandonner sur cet échec il retenta pour un deuxième essais et cette fois la chance lui sourit car, il attrapa son premier poisson après plusieurs dizaines de minutes à pécher bilan de la pêche : deux appâts furent gaspillé et trois poissons furent attrapés.

Ce fut ensuite sans difficulté qu'il alluma un petit feu pour pouvoir cuire la nourriture le résultat ne fut pas fantastique mais, au moins comestible Pendant que Hatael mangeait à sa faim des souvenirs remontaient au jour ou Vivanna de son vivant avait appris à Hatael comment fabriquer quelques fournitures et pouvoir pêcher pour survivre , sous la pression émotionnelle Hatael lâcha une petite larme en souvenir à Vivianna et dit :


"ta mort me pèse encore sur mes épaules je ne te demande pas de me pardonner , je ne pourrais pas me racheter de ma faiblesse qui aura eu raison de toi mais j'espère que tu reposes au moins en paix là où tu repose en ce moment même"


Sur ces bonnes paroles Hatael enterra les ossements de poissons pour laisser aucune trace , puis éteignit le feu et alla roupiller sous un arbre le temps de récupérer ses forces et de se remettre en route dès le levé du jour.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mer 30 Déc 2015 19:07 
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Ignorant son compagnon, Daemon s'occupait d'une jument à la robe sombre envers laquelle il s'était pris d'affection. Outre son comportement docile, l'animal possédait de grands yeux rouges, chose tout à fait inhabituelle chez les chevaux. Se trait l'attirait irrésistiblement, car le regard de Daemon se teintait aussi d'une couleur rosée héritée de son ascendance Shaakt.

Le vent soufflait par grosses bourrasques, arrachant aux cimes des arbres des nuées de feuilles orphelines. Il méditait en silence sur l’incident survenu juste avant et sur cette nouvelle et mystérieuse capacité. Les réprimandes successives d'Asad lui restaient en travers de la gorge, toujours à lui dire ce qui est bon de faire ou de ne pas faire...

Le basané retira son manteau et s'approcha indistinctement de lui. Sa peau possédait la teinte cuivrée des hommes du désert qui faisait ressortir son regard d'un bleu céleste le dotant d'un charme si particulier.

« Tu passes ton temps à jouer le gosse braillard et insupportable, ce qui est assez amusant. » dit-il avec un sourire en coin.

« Hey ! N'importe quoi ! » protesta Daemon en le menaçant avec sa brosse. « Je suis simplement... maladroit. »

« Enfantin et puéril ! » commenta Morgoth qui traçait des cercles au-dessus d'eux.

« Tu peux parler, chat de malheur. »

« Mais... Parfois, ta noirceur émerge et te fait perdre tout contrôle. »

« Arêtes donc de faire ton pleutre, tu semblais aimer ça, non ? Découvrir ensemble les facettes de ton dieu noir, Phaïtos, Thimoros. »

« Tu as torturé Korben dans la crypte, effrayé ce pêcheur je ne sais comment. Le gantelet de Thimoros a une influence sur ta personnalité, il te change. »

Asad observait l'émail noir enlacé autour du bras du semi-elfe, avec une certaine réserve, appréhendant l'objet avec suspicion. Mais Daemon ne souriait pas, parler ainsi de sa relique ne lui plaisait pas.

« Ne m'idéalise pas, je suis une mauvaise graine. Avant je chargeais les cales des navires de différentes marchandises, dont des esclaves. J'ai été élevé dans une bourgade certes tranquille, mais constituée secrètement d'assassins. Enfant, mes parents m'ont initié au combat au corps-à-corps, ainsi qu'à la magie noire. Et puis, notre matriarche, mon arrière-grand-mère, était jadis une nantie de la cité noire nommé Caix Imoros. N'as tu pas remarqué mes yeux ? Ne t'attends pas à trouver une jolie fleur au milieu des épines... »

L'expression d'Asad devint grave, il s'approcha sensiblement du semi-elfe pour le dominer d'une tête.

« Le désert ouest d'Imiftil, où le soleil est écrasant, où le sable règne, c'est là-bas que je suis né. La vie y est difficile, voyager de point d'eau en point d'eau afin d'abreuver nos troupeaux, mais c'est ainsi que les nomades y habitent depuis des millénaires. Notre peuple pourrait y vivre paisiblement, si seulement ils n'étaient venu. »

« Ils ? » demanda-t-il pas très sérieux.

« Ils ont attaqué à la nuit tombée, la lune était absente. Sans prévenir, sans sommation... Les premiers signes d'alerte furent les hurlements de souffrance. Nous réalisions à peine que nous subissions une attaque que le campement brulait déjà de toute part. »

Daemon avait arrêté de brosser son cheval, il ne bougeait plus.

« Des corps mutilés jonchaient le sol, le sable était imbibé de sang... Puis, quand le rideau de flammes se déchira, nous les aperçûmes enfin : grands et dotés d'une peau aussi sombre que la nuit. Seuls leurs yeux rouges brillaient, brillaient... »


Conter son histoire lui faisait perdre ses moyens, mais la haine étouffa ses sanglots. Il attrapa Daemon à la gorge et serra son étreinte.

« Je connais les Shaakt ! » cracha-t-il.

Daemon essaya de résister en lui attrapant le bras, mais en vain. Son souffle commençait à se tarir, son ventre se nouait d'effroi... Jamais il ne s'était douté qu'Asad dissimulait pareille haine envers les elfes noirs.

« Je te croyais différent de ses monstres avec lesquels tu partages une parenté... »

« A... Asad... »


Comme le sang dans tes veines

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Dernière édition par Daemon le Sam 2 Jan 2016 19:39, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Sam 2 Jan 2016 19:38 
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Une main broyait sa gorge pendant que la seconde immobilisait son bras ganté, Daemon commençait à suffoquer tandis que son ravisseur le transperçait de ses yeux d’un bleu intense. Sa main gauche se crispait sur le bras vengeur mais rien n’y faisait, à chaque instant ses forces diminuaient, son esprit s’estompait. Au delà de la force, la volonté lui manquait. Aucune hargne, aucune colère, aucun soubresaut de survie ne s’esquissait chez le semi-elfe. Il lui suffisait pourtant de s’énerver comme avec le pêcheur pour que l’étrangleur soit aussitôt victime d’une vague de souffrance mentale et imparable, du moins, avec de la chance.

Mais son désespoir noyait tout esprit de combativité, car celui qui l’étranglait était Asad, la seule personne qui semblait lui correspondre, son unique soutient parmi les Messagers, son unique ami… Plus rien ne comptait, sans effort, il se laissa choir sous le verdict constricteur de son compagnon.

Asad l’avait lâché et l’observait en silence. Assit dans les hautes herbes, le regard absent et humide, Daemon n’osait plus bouger.

« Tu ne me tues pas? » murmura-t-il.

L’homme du désert s’assit à ses côtés, affichant une mine plus désolée qu’autre chose. Après un petit temps, il prit la parole :

« Arrête donc ton mélodrame. Je m’excuse de m’être emporté. Ton comportement m’a fait revivre un passé douloureux et j’étais hors de moi… »

« Pourquoi passer tout ton temps avec moi alors que tu détestes les Shaakts? »

Les deux gars affichaient une mine d’enterrement assit au milieu du troupeau sauvage qui broutait paisiblement. Asad prit le temps de réfléchir avant d’exprimer sa réponse.

« Car nous nous ressemblons. Certes tes iris sont pourpres, mais tu n’as rien à voir avec ceux qui martyrisent mon peuple depuis des siècles. Ton héritage est maléfique, tout ton être baigne dans la magie noire, elle coule en toi comme le sang dans tes veines, et pourtant tu es bon. Je le sais. Peu importe ce que tu es, peu importe d’où tu viens, seuls tes actes détermineront qui tu es réellement. La question du bien et du mal bercera toujours ton existence. »

Daemon lui adressa un sourire triste, les arguments étaient tout à fait pertinents. Il ne le connaissait depuis quelques jours à peine, et Asad en savait déjà davantage sur sa personne que lui même… L’idée de savoir qu’il lisait en lui à livre ouvert le décontenançait, comme si Kadria et sa faera ne fouillaient pas assez ses méninges…

« C’est vrai, mais… tu oublies mon amour pour Thimoros. »

La bouche du fanatique cuivré se tordait en l’absence de réponse adaptée. Thimoros et son don pour la discorde. Daemon avait déjà exprimé son point de vue sur cette croyance, une vision hautement philosophique et relativisé. Exprimant que la souffrance reste intrinsèque à la condition de chair, ignorer et fuir la souffrance ne sont que dénie. Il est nécessaire de la comprendre, l’accueillir comme un cadeau divin. Car un monde sans souffrance est un monde insipide.

Mais appréhender une telle houle semblait être un défi au-dessus de ses forces. Vénérer Thimoros, peu importe sous quels aspects, appellera toujours à la déviance...

« Bon, tu m’as eu. Mais même à travers des actes irrévérencieux nous pouvons faire le bien, cela ne nous coûte rien d’essayer non? »

« Sûrement. »

« L’avenir nous le dira ! »

L’entrain reprit Asad, comme à leur première rencontre il lui tendit la main, Daemon l’attrapa pour se hisser et ils restèrent là.

« Bon, il est temps d’essayer de monter ses fichus canassons, prêt? »


Le semi-elfe se tourna vers la jument au regard de braise, l’animal était vraiment haut. Comment lui grimper dessus ? Sans parler qu’avec les griffes aiguisées de son gantelet, une seule éraflure et les souffrances contenues dans la relique déferleront dans l’échine de la monture…

« Euh… »

Asad commençait à rire, après avoir mimé une révérence moqueuse, il joignit les mains pour y recevoir le pied de l’embarrassé afin de le hisser sur la croupe de l’animal. Ils réussirent sans mal, Daemon se maintenait sur le dos large et musclé de l’animal, qui s’avérait plus glissant qu’il ne l’imaginait. Elle commença à s’éloigner, tourner en rond. Mais la jument n’ayant jamais été monté paraissait peu réceptive à cet intrus. Le semi-elfe eut l’illusion de la maintenir sous son contrôle jusqu’à ce qu’une violente ruade ne l’éjecte sur le tapis verdoyant.

« Bon, y a du boulot. »


La jument

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Dernière édition par Daemon le Mar 5 Jan 2016 22:00, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 5 Jan 2016 21:59 
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Comme le sang dans tes veines

Les deux nuits suivantes aucun hurlement lugubre de bête ne se fit entendre. Les accrochages furent oubliés et l’apprentissage bien avancé. Car certes la jument d’ébène dû s’habituer à avoir un parasite ventousé sur son dos, mais Daemon aussi dû apprendre à monter, et ce n’était pas couru d'avance. L’herbe drue amortit les chutes nombreuses mais il ne désespérait pas. À présent harnaché comme il le convient, la jument se laissait guider par les pressions de ses jambes ainsi que les mouvements des rênes.

Ils avançaient au trot en longeant l’orée de la forêt, parfois têtue, la jument refusait les ordres quand ils s’éloignaient trop du troupeau. Elle s’agita d’ailleurs quand le bruit rapide de sabots se fit entendre à l’arrière. C’était Asad et sa monture, une autre jument à la robe brune relativement semblable à celle de Daemon.

Ayant monté toute sa vie, l’homme du désert était bien plus à ses aises et contrôlait allègrement sa monture jusqu’à taper des galops sur les sillons dans l’herbe crue pour dépasser et narguer son compagnon avec sa maîtrise à présent parfaite de son cheval. Bien plus frileuse, la monture du semi-elfe s’agita à leur venue et manqua de le faire tomber.

« Alors on prend son temps ? » brailla Asad d’un ton moqueur.

« Bordel, arrête j’ai failli me casser la gueule ! »

« Patience, cela viendra avec le temps et l’expérience. Tu lui as trouvé un nom? »


Il n’y avait même pas songé. Il faut dire que la dernière fois qu’il nomma une bestiole, il se retrouva affublé d’un chat fantasmagorique et immatériel à perpétuité. ( D’ailleurs, où donc est passé Morgoth? Je ne l’ai pas vu depuis deux jours. ) Asad et sa monture traçaient un large cercle dans la prairie pour revenir les accoster par l’arrière.

« Je te présente Daen Orros, ce qui signifie Dune noire, elle me rappellera mon pays. »

« Original. »

Ils étaient à présent à l’arrêt, Daemon caressa sa jument et chercha un nom.

« Tornade ! »

« Bof, elle n’a pas vraiment le tempérament d’une tornade si tu veux mon avis. »

Il réfléchit donc à autre chose, cherchant une dénomination plus personnelle. Il se gratta la tête, tapota le dos de la jument et trouva enfin.

« Olwë, le nom de ma grande tante afin de penser à elle et à mon village natal où elle m’attend. »

« Monter sa tante? C’est d’un mauvais goût… »

« Je ne te permets pas ! »

Mais Asad filait déjà comme une flèche à travers la verdure en le raillant abondamment. Assoiffé de vengeance, Daemon héla sa Olwë pour partir à sa poursuite. Mais la monture ne bougea pas, trop occupé à mastiquer les fougères à sa portée.


Manteau noir

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Dernière édition par Daemon le Mar 5 Jan 2016 22:03, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 5 Jan 2016 22:02 
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La jument

L'aube était claire et humide, ils pliaient bagage en silence, chargeant leurs affaires sur les sacs dorsaux de leurs montures. Daemon attrapa la tête de sa jument entre ses bras et lui souffla des mots doux à l'oreille. Il allait la mener hors de sa terre natale, loin de sa famille, donc il craignait qu'Olwë refuse de partir et fasse demi-tour.

« J'ai une surprise pour toi. »
déclara Asad avec mystère, « Normalement je devais te l'offrir une fois la mission accomplie mais... J'en ai marre de le trimbaler. »

« C'est touchant. » glapit Daemon d'ironie.

Le basané extirpa une boule de tissu d'un de ses sacs et l'agita pour la déplier. Balloté par le vent, Daemon s'extasia en découvrant la toile. Il s'agissait d'une véritable robe de Messager du Corbeau, un large manteau noir, un peu rapiécé, mais porté uniquement par les membres admis officiellement dans l'ordre. Exultant, il dégrafa son manteau d'étain acheté d'occasion dans une boutique de Mertar pour enfiler sa nouvelle acquisition. Ce nouveau manteau était plus ample, même beaucoup trop grand, il nageait dedans. La large capuche dissimulait son visage sans pour autant obstruer sa vue.

« À présent, en route ! »

Daemon mit le pied à l'étrier et chevaucha sa monture avec prudence. Olwë semblait s'être habitué au harnachement et n'émit aucune réprobation. Un bon début, songea-t-il. Asad ouvrit la marche avec aisance en direction des montagnes, le semi-efle le suivait au trot, sans vouloir presser la jument.

Les deux compagnons avaient l'allure de spectres montés avec leurs grands manteaux sombres flottant au vent, de plus les robes des juments étaient elles aussi brunes, assorties aux cavaliers.

Arrivé à l'orée du bois, Olwë arrêta d'avancer pour jeter un œil au troupeau à présent lointain. Elle semblait hésiter à partir à l'aventure. Constatant sa crispation, Daemon passa sa main le long de son encolure en un geste apaisant. Un sabot après l'autre, la jument s'introduisit timidement sous la voute feuillue.

« Alkil nous voila ! » s'exclama Asad plein d'entrain.


Les reliefs escarpés des Duchés

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 3 Avr 2018 01:21 
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Retour à la vie

Je me réveille en sueur, mais sans sursaut, il faut dire que ce n’est pas la première fois que ça m’arrive. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas eu une nuit de sommeil paisible, et souvent lorsque je dors mon esprit voyage dans mes souvenirs, me harcèle de moments douloureux, et me fait imaginer les pires évènements qui pourraient nous arriver. Ces sombres pensées me quittent à l’instant où j’ouvre mon œil sur la fenêtre à ma droite, pestant contre moi-même en voyant que le jour à l’air d’être déjà bien avancé vu la lueur qui passe à travers les longs rideaux rouges de ma demeure, alors que j’avais fait la promesse d’essayer de me lever plus tôt ses derniers jours.
Endormi la tête dans les bras, voilà l'état dans lequel je suis, avachis sur une chaise à ma table, comme il m’arrive souvent de le faire lors lorsque le sommeil se fait timide et décide de ne pas venir, alors qu’une des bougies qui illuminaient ma nuit brûle encore les quelques millimètres de cire qu’il reste dans son chandelier. J’ai encore échappé de peu à un incendie. Je relève lentement la tête pour la souffler, et me laisse aller nonchalamment en arrière dans ma chaise avec un profond soupir, faisant tomber la bouteille de vin rouge resté sur mes genoux.
Je fixe un moment le plafond, perdu dans mes pensées, profitant d’un silence perturbé uniquement par le chant des oiseaux, le bruissement du lac et l’activité dehors. Il me semble que je lisais un livre avant de m’assoupir, un de ceux que m’a légués mon mentor, il parle du culte de Gaïa et bien que je le connaisse par cœur je n’ai plus d’autres lectures pour le moment, il faudrait que je m’en occupe. Je reste un moment dans cette position, appréciant le calme, jusqu’à ce qu’un bruit sourd résonnant contre ma porte interrompt le fil de ma réflexion.

« Joscius ? T’es réveillé ? »

Une légère grimace de mécontentement déforme mes traits ankylosé par le sommeil, cette voix douce et enjouée c’est encore Isabella, une des rares personnes qui se permet de me déranger quand je suis seul, mais aussi dont je peux supporter la présence plus d’une heure, ce qui lui donne une place toute particulière dans ma vie. Si quelqu’un a besoin de moi, c’est sans doute à elle qu’il s’est adressé pour venir me chercher. Il faut dire que dans le village, je suis regardé avec un mélange de crainte et de respect, une sorte d'exilé au sein des villageois car je n’ai plus de famille et très peu d’amis, qui sont généralement des amis enfances. Je réponds avec un grognement sonore, typique de quelqu’un qui vient de se lever.

« Les gamins vont pas rester au bord du lac tout l'après-midi. Dépêche-toi de sortir ils t’attendent » dit-elle sévèrement après un soupir

Et ça c'est ma dernière “grande” invention, je pensais que c’était une bonne idée d'apprendre à tous ces mômes des bases en littérature, je n’avais pas pensé au fait qu’à cet âge, les enfants ont d’autres priorités et que pour eux l’apprentissage est plus une corvée qu’un plaisir. Mais mon mentor l'avait fait pour moi, et tout comme Gaïa est la déesse de la connaissance, je me dois de partager avec ceux qui le veulent ce que je sais, tous les parents n’ont pas donné leurs approbations pour ce cours. Et puis ce service me permet de pouvoir me nourrir, il fallait bien une activité pour quelqu'un comme moi ici, car je suis malgré tout attaché à ce village dans lequel j’ai grandi, où la vie est simple et divertissante, si on se donne la peine de l'apprécier.

« J’arrive, laisse-moi vingt minutes» dis-je lentement après quelques secondes de silence

« D’accord, si tu veux on peut se retrouver pour jouer après»

Cette pensée m’arrache un léger sourire, jouer de la musique entre amis, au bord du lac, reste un de mes plaisirs favoris, et amuse aussi ceux qui prennent le temps de s'arrêter un moment dans leurs activités pour nous écouter. C’est bien l’un des rares moments où les habitants s’approche de moi sans crainte et où je me sens accepté. Je pose mon œil sur ma guitare et ma grande viole de gambe, qui trône fièrement sur leurs perchoirs à côté de mon lit défait depuis déjà trois nuits, mes biens les plus précieux, même si je pense qu'aujourd'hui je me contenterais d'accompagner à la voix.

« À plus tard !» dit-elle alors que je l’entends s’éloigner

Je me lève lentement, à contrecœur, faisant craquer les articulations de mes genoux et de mes bras en m’étirant, puis celles de mes doigts. Je sens que j’ai une tête à effrayer un mort aujourd’hui. Je ramasse la bouteille et la remet sur la table, contemplant une fois de plus pendant une demi-seconde mon échec à l’abandon de la boisson, mais je n’ai pas le temps de m'apitoyer dessus tout de suite. Je me suis endormi habillé, je réserve donc cette vingtaine de minute pour m’asperger le visage d'eau, espérant me réveiller définitivement, prendre un rapide repas, récupérer mon chandelier, ranger mon livre dans ma petite bibliothèque et choisir celui que je vais utiliser pour le cours d’aujourd’hui, et adresser des paroles à la déesse de la lumière, comme chaque jour, pour lui demander de me pardonner de mes anciens échecs d’une part, et la remercier pour sa bienveillance malgré tout. Je me dirige lentement vers la sortie, récupère mon bâton posé à côté contre le mur, mon scapulaire à un petit crochet, laissant mon manteau à son portoir, vu l’intense lueur à ma fenêtre je n’en aurais pas besoin, et ouvre en grand la porte, prêt une fois de plus à affronter le monde.

Un rare sourire illumine mon visage en voyant le soleil resplendissant qui inonde la vallée, c'est une journée magnifique.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 3 Avr 2018 01:21 
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Retour à la réalité

Je reste quelques instants sur le pan de la porte, prenant une grande inspiration, laissant le léger vent qui se lève me coiffer comme il le sent. Le soleil projette sa lumière éblouissante sur l’eau, reflétant son éclat dans mille directions, donnant au lac l’aspect d’une immense pierre précieuse. Le village est bien éveillé, les filets sont posés dans le lac, les pêcheurs sont déjà au loin sur l’eau, concentrés et silencieux alors qu’ils fixent leurs lignes dans l’attente d’un léger frémissement. Au loin on entend les coups sourds et répétés caractéristiques d’une hache qui frappe le bois, les ateliers d’ébénistes ont l’air de tourner à plein régime. Les gens se baladent, discutent, se croisent et se saluent entre les différentes maisons en bois tel un grand ballet, la bonne humeur ambiante semble contagieuse.
J’ai la chance d’avoir une des demeures les mieux placées, juste en face du lac et éloignée de la forêt environnante, ce qui m’empêche d’être réveillé par les bruits matinaux des travailleurs du bois, et de profiter d'une vue magnifique sur l’eau miroitante lors du coucher du soleil.

Les enfants sont effectivement en train de m’attendre, mais loin de s’ennuyer, ils s’amusent à se poursuivre et à s’asperger d’eau, ils rient et l’espace d’un instant j’envie cette jeunesse qui m’a été retirée sans mon consentement, mais j’imagine que c’était le prix à payer pour devenir ce que je suis. Je me décide enfin à avancer, lentement mais à grands pas, saluant d'un rapide geste de la tête ceux qui acceptent de me regarder dans les yeux.
Ma bouche se grimace légèrement d'agacement lorsque je vois que deux gamins ne sont pas au bord du lac, observateur d'un spectacle qui serait sans doute ridicule et déplacé si son importance ne c'était pas déjà suffisamment démontré, une nouvelle “activité”, qui me répugnait fût un temps, mais que je pratique maintenant de temps à autre. Tout le monde n'est pas fait pour une vie tranquille, et pour combler les jeunes impétueux, il y a Marius, un autoproclamé vieux maître d'armes de Kendran Kar qui s'est installé il y a quelques années dans le village. Il entraîne les jeunes attirés par le maniement d'armes et tous ceux qui veulent apprendre à se défendre dans son cours qui, il faut le dire, a bien plus de succès que le mien. Les deux enfants sont sur la barrière qui délimite le lieu où s'entraînent les futurs “soldats”, admiratif devant la violence des coups, le bruit de tonnerre du choc des épées et les cris d'animaux enragés que certains poussent. Mon ombre fait se retourner les garnements.

«Joscius ! On t’attendait avec les autres» dit l'un d'entre eux, content de me voir, avant de filer rejoindre leurs congénères

Pas le temps de leur faire un sermon sur pourquoi il ne convient pas à des jeunes de leurs âges de regarder ce défouloir, et de toute façon aujourd'hui je n'en ai pas vraiment la volonté, ce serait dommage de ruiner la plénitude du village pour ça. Je les regarde s'éloigner en essayant de comprendre pourquoi la violence les attire tant, et alors que je m'apprête à rejoindre mes élèves, une voix rauque m’appelle.

« Alors gamin, pour une fois tu viens te battre c’est avec un bâton c'est ça ?» dit-elle en riant.

Je me retourne lentement pour regarder Marius dans les yeux. Je respecte ce qu’il est et ce qu’il a vécu, mais je ne l’apprécie pas. Il ne fait pas confiance à la magie et se moque souvent des dieux, pour lui rien ne vaut une arme bien aiguisée, ce qui est ironique vu qu’il fait souvent appel à moi pour soigner ses élèves blessés, néanmoins je mets ce caractère sur le compte de l’âge et de l’expérience, et le laisse ainsi face à son ignorance. Qui plus est le meilleur de ses élèves ce n'est clairement pas moi, ma taille me désavantage et je ne suis pas le plus rapide ni le plus agile des combattants, mais je suis déterminé à m'améliorer, pour défendre ceux qui en ont besoin au nom de Gaïa. Donnant raison à ce vieux guerrier, ce n'est pas la magie qui a sauvé mon mentor, et même si ses enseignements m'ont clairement indiqué de ne pas céder à la violence, c'est une règle que j'accepterais d'oublier contre nos assaillants non humains. Encore faudrait-il que je cesse de faire mon lève-tard et que je revienne à son cours, je ne me souviens même plus à quand date ma dernière participation. Je le fixe froidement, insensible comme toujours à son humour, et, voyant qu’il ne m'arrachera pas de parole suite à cette remarque, continue dans un soupir.

«J’'ai personne à faire réparer si c'est que tu veux savoir» Dit-il suivi d'un nouveau rire goguenard.

«Pour l'instant ...pour l’instant ...» Dis-je d’un ton grave.

Je délaisse le combat de deux jeunes, qui ont l'air d’avoir un différend à régler avec l'autre vu la violence et l'absence de finesse avec laquelle ils combattent, pour aller enfin m'occuper de ma leçon. Prévenus de mon arrivée, ils se sont tous assis sur l'herbe près de la berge en continuant de bavarder, un lieu agréable pour faire cours, bien mieux que l’abri que nous devons utiliser durant l’hiver. Je plante mon bâton, dans la terre meuble, comme un repère pour les retardataires bien que je doute qu’il y ait plus en retard que moi, et m’assois en face d’eux alors qu'ils me saluent chaleureusement. Ironiquement les enfants sont ceux qui sont le moins repoussés par mon apparence, elle les rend curieux tout au plus, ma taille les amuses, mon œil les intrigues, et ils apprécient ma voix.
Cela fait maintenant une heure que je leur fait lire les premières pages d’un livre sur la géographie de la région, et je n'ai plus le courage de faire durer la leçon, tout le monde veut profiter de cette belle journée, moi le premier surtout que je vois Isabella et Wilfried se préparer avec leurs instruments, flûte et guitare, un peu plus loin sur des rochers au bord de l'eau, bavardant avec un pêcheur. Je leur fais un signe de la main pour leur dire que je vais bientôt les rejoindre et, comme à chaque fin de cours, je demande aux enfants s’ils ont des questions avant de les libérer.

« Est-ce qu'on sera grand comme toi un jour ? » Demande l'un des plus jeunes avec innocence

Encore une fois je suis pris au dépourvu par ce genre de question, je ne sais pas si je dois me vexer qu’il n’ait retenu que ça de cette heure passé ensemble, ou au contraire rire de cette question saugrenue. Finalement je souris et répond :

«Eh bien je ne te le conseille pas, sauf si tu tiens à te cogner à toutes les portes»

Le rire général qui s'ensuit est le point d'orgue de cette journée, je me surprends moi-même à rire avec eux.
Mon sourire s'efface tout à coup, mon regard la scène autour de moi semble soudainement se dérouler au ralenti, au milieu des rires, des discussions, du bruit environnant, un cri aigu, déchirant, surgit de la forêt et perce comme une flèche la sérénité ambiante, faisant écho à toute mes terreurs nocturnes et réveillant en moi de sombres souvenirs. Je me relève brusquement, empoigne fermement mon bâton et regarde aux alentours.

«Venez tous avec moi, vite!»

Ma voix tonne suffisamment pour que tout le groupe qui avait commencé à se séparer cesse de s'amuser et se place rapidement à mes côtés. Ils sont sous ma responsabilité, et en ce moment les parents sont souvent occupés avec leurs tâches journalières, de plus en regardant autour de moi, je remarque que personne n’a l’air d’avoir entendu ce rappel du destin.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Mar 10 Avr 2018 23:59 
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Retour du destin

Je finis de rassembler les enfants, soudainement très silencieux, et les emmène rapidement dans l’abri des pêcheurs à quelques mètres de là, l'une des rares demeures en pierre du lieu, et ce pour éviter les incendies lorsqu'une torche reste brûler durant la nuit pour guider les fous qui s'adonnent à la pêche nocturne. Je n’ai encore aucune certitude, mais tout me porte à croire que bientôt le chaos va s’installer en ville, et ils n’ont pas besoin d’y assister, ou pire d’en être les victimes.

«Restez là, bloquez la porte et n'ouvrez sous aucun prétexte à une voix que vous ne reconnaissez pas» dis-je gravement.

Les yeux qui me regardent reflètent l'incompréhension, mais ils me font confiance. Je tente de les rassurer avec un sourire

«Pas de panique, c’est un abri il doit y avoir de l’eau et des restes de nourriture quelque part pour ceux qui veulent, je reviens vous chercher. Gaïa veille sur vous »

Mes dernières paroles ne semblent pas avoir tout l’effet que je souhaiterais. Je ferme la porte et entends avec un soulagement l’un des aînés la verrouiller. Ils sont dans l'une des demeures les plus sûres du lieu. Retournant rapidement au bord du lac, jetant des regards de tous les côtés, je remarque le silence oppressant qui s’est abattu sur nous, pas un murmure n'accompagne le vent, pas une voix ressort de ce blanc auditif presque surnaturel. Plus inquiétants encore les oiseaux ne chantent plus et les haches des bûcherons se sont faites muettes. Nous sommes à l'extrémité sud du village, à une distance respectable de la zone boisée, mais tous les regards pointent vers le nord, fixant la forêt visible entre toutes les maisons alors que le cri qui en sortait semble avoir trouvé des compagnons. Je rejoins mes amis, qui comme tout le monde, semble absorbé par la contemplation d’un danger encore invisible, je ferme mon œil et adresse de brève parole à Gaïa, la remerciant de m’avoir prévenu le premier pour mettre les plus vulnérables à l’abri. Malgré cela, mes pensées sont obscurcit par de terribles souvenirs, des images plus ou moins nettes de marée inarrêtable de morts qui se déverse dans un vacarme infernal depuis la forêt, l’aspect terrible de leur monstrueux commandant, imprimé dans mon esprit. J'ai appris à vivre avec ses évènement, mais ils vont sans doute se reproduire encore une fois, apportant avec eux leurs nouveaux lots de cauchemars et de désolations

Les apprentis soldats se regardent, certains avec enthousiasme et excitation, principalement les plus jeunes, d'autre avec l’inquiétude et le désarroi inscrit dans leur regard, mais ils ont tous compris que leurs efforts vont être mis à l'épreuve, que les sacrifices qu'ils ont fait pour être entrainer vont enfin avoir une raison d'être. Marius croise le mien, loin des préoccupations de ses élèves, j’y vois la résignation, il m’adresse un rapide mouvement de la tête alors que je reprends contenance, un geste d’affirmation dont je n’avais pas besoin, car j’ai vu moi aussi le cheval partir à bride abattue, longeant le lac vers l’est, là où se trouve le village voisin, et si le maire a décidé que c’était nécessaire, c’est qu’il ne fait plus aucun doute sur ce qui va bientôt nous tomber dessus.

Il se lève, lui toujours assis au fond de sa chaise à fumer ou à regarder en riant ses élèves s’échanger des bleus. Il se tient le dos droit, le torse bombé, sans tituber, lui qui est mon compagnon de beuverie, un plus gros buveur que moi et je remarque seulement maintenant que la différence de taille entre nous deux est bien moindre que ce que j’imaginais. Son visage, balafré comme le mien, est fermé et sérieux, le sourire bienveillant qui décore sa fine barbe grise a disparu. Il sort sa précieuse épée sur laquelle il m'a raconté pléthores d'histoires et de mythes, dont la lame qui a mordu dans la chair de tant d’ennemis de Kendra Kar n'a jamais vu le soleil dans ce petit coin du monde. Alors pour la première fois depuis qu'il est arrivé il y a trois ans, disant vouloir s'éloigner de la grande ville et oublier la vie militaire, je vois le maître d’armes, imposant et déterminé, qu’il clame toujours être.

«Sortez ce que vous utilisez comme armes, portez ce qui vous sert d’armures, il va être temps de prouver que vous ne venez pas ici pour vous défouler ou taper sur votre voisin, mais bien pour apprendre à protéger ce qui vous est cher ! Il n’est pas question d’éliminer l’ennemi, juste de le retenir suffisamment longtemps, alors resté groupé » »Crie-t-il à ses troupes novices

Je regarde avec une pointe de fierté et de pitié les jeunes, les plus âgés, encouragé par la détermination de leur professeur, se dépêcher de s'équiper de ce qu'ils ont comme équipement, parfois de simple outil comme des haches, ou des armes acheté en ville, parfois prêté par Marius lui-même, enfilant de simple vêtement en cuir pas toujours épais, criblé de trous pour certains. Notre avantage réside dans le fait que nous savons ce qui va sortir de ses bois, même si la peur de se faire démembrer par un groupe de squelettes ne peut pas disparaître, nous ne serons pas surpris par la lente vague mort vivante qui arrive, le temps que l’aide salvatrice soit là, alors ce ne sera pas peine perdu s’ils peuvent ralentir l'avance du raid. Je ferme encore mon oeil, priant Gaïa car je sais que je vais avoir besoin de son don dans les instants qui vont suivre. Deux mains m’attrapent le bras et me sortent de ma communion.

«Joscius, c'est eux ? Qu'est-ce qu'on fait ? »Me demande Isabella, paniquée.

Je réponds en regardant Wilfried dans les yeux, un autre ami d'enfance. Un fier fils d'ébéniste qui a vécu les mêmes choses que moi, même si dame chance a été plus clémente avec lui, il n'y a perdu que des amis.

«Faites comme tout le monde, prenez une barque, fuyez, isolez-vous le temps que la cavalerie arrive, il n’y a pas d'autre solution si vous voulez survivre»
Le son de ma voix fait sonner cette tirade comme une déclaration d’outre-tombe.

On peut enfin les apercevoir, arrivant depuis l’ombre, mais loin d’être le lent danger que nous aurions pu contenir un moment, la masse noire en mouvement semble être un groupe d’assaut bien plus dangereux, l’éclat du soleil se reflétant sur leurs nombreuses lames. Emmitouflés dans des étoffes noires comme la nuit pour se protéger du soleil, des yeux rouges luisant dans la pénombre de leurs visages, sur des montures infernales plus haute qu’un homme et qui semble aussi enragé que leurs cavaliers, un trio de furieux Garzoks mènent au combat des soldats anonymes en armure sombre, armés jusqu'aux dents, un petit contingent mais sans doute bien plus expérimentés que les conscrits qu'ils vont affronter.

Mon visage se fige, mon esprit se vide, je perd tout sentiment en voyant la mort surgir ainsi, je n’ai qu'une pensée stoïque avant que l'état de choc général crée par l’incrédulité et la surprise, une bulle de suspension temporel entre le calme et le chaos, ne soit rompu.

(Gaïa, est-ce ainsi que tout fini ?)

Et alors le massacre commença.

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Dim 6 Mai 2018 05:22 
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((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à connotation violente, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))


Retour du chaos

Les hurlements se déchaînent des deux côtés, la panique prend le pas sur la raison parmi les habitants, alors que les guerriers surgissent de la forêt dans un fracas épouvantable, véritable ouragan d'acier et de haine, révélant au soleil leurs immondes intentions. À l'avant chevauchent ce que je suppose être les leaders de leur groupe, ils s'enfoncent déjà dans la ville, laissant derrière eux le contingent s’éparpiller, s'attaquant à tout ce qui passe à leurs portées.

Isabella et Wilfried n'ont pas attendu le déchaînement pour s'enfuir, ils m'ont laissé à mes responsabilités, planté là, alors que je respire profondément, priant pour les âmes de tous ceux qui vont mourir aujourd’hui.

Le premier corps ne tarde pas à rejoindre le sol, un brave homme percuté et piétiné par la masse d'un des destriers alors qu'il fuyait pour rejoindre sa demeure, espérant survivre durant la tempête. Les suivants ne tardent pas. Les soldats ennemis fauchent à l'aveugle les plus lents à fuir. Ils abattent leurs lames sans retenue quelle que soit la cible, hommes ou femmes, enfants ou personnes âgées. Les grandes armes qu'ils manient se tachent bien vite de rouge, tout en prenant grand soin de décorer les routes, les murs des boutiques et des habitations de la même couleur écarlate. Mais leur cruauté ne s'arrête pas là, les malheureux qui tentent de fuir sur les côtés du village, en courant aussi vite qu'ils le peuvent en terrain découvert, sont rapidement rattrapés par une flèche qui vient se loger dans leurs dos ou leurs jambes, tirée par des archers restés dissimulés à l'ombre des arbres, nous enfermant dans notre village qui sera bientôt notre tombeau.

Heureusement, Marius ne reste pas inactif, bien que ses troupes se regardent sans savoir quoi faire, l'air hagard et effrayées pour certains devant cette scène d'horreur inattendue. Il leur lance des directives, les envoyant de part et d'autre du village retenir les attaquants, l'aide finira par arriver. Il insiste bien sûr l'importance de rester en groupe, il y a suffisamment peu d'attaquants pour que chaque ennemi puisse être affronté en deux contre un, et c'est d’ailleurs leurs seules chances de faire face. Lui-même brandit son arme et se jette dans la mêlée, je décide de le suivre, alors que les trois cavaliers sont hors de vue.

Les premiers combats ont lieu, épargnant pendant un moment les innocents. Aux quatre coins du hameau le bruit caractéristique des épées qui s’entrechoquent se fait entendre, ainsi que des cris de douleur qui les suivent. Marius affronte un des soldats seuls, alors que ses apprentis tentent de retenir les autres en parant leurs coups, je reste à l’écart et apporte le soutien que je peux aux soldats dans mon champ de vision, éloignant les blessés pour guérir leurs blessures. Je ne pourrais malheureusement pas m’occuper de tous très longtemps, après deux guérisons je commence déjà à sentir la fatigue m’accabler, priant ma déesse de bien vouloir m’accorder sa bénédiction.
Mais une magie bien plus puissante que la mienne se fait soudainement sentir, une traînée de mort avance vers notre capitaine, l’herbe flétrissant sur son passage, l’un des Garzoks à cheval semble utiliser une magie sombre … Le filament finit par atteindre la jambe de Marius qui n’entend pas mes cris, sa jambe se défausse instantanément sous son poids et, se retrouvant sur un genou, notre chef ne peut que regarder impuissant son adversaire armer son coup et lui planter sa grande épée dans le cou, manquant de peu de le décapiter, arrosant le sol d’un flot rouge. Nous avons perdu notre chef. Un sourire narquois, sans émotion, se dessine sur mes lèvres.

(Là je ne peux plus rien pour toi mon vieux)

Notre tourment ne fait qu’empirer lorsque soudainement, dans un craquement sonore, le toit d’une demeure s’enflamme. Le feu s’étend rapidement à la demeure alors qu’une épaisse volute de fumée noire commence à obscurcir le ciel. Une autre maison rejoint la première dans son spectacle pyrotechnique, je remarque alors qu’un des autres cavaliers agite ses mains en direction des maisons qui s’enflamment, un deuxième manipulateur de fluide… Certains des soldats, dans leurs manques d’expérience, se laisse distraire l’espace d’un instant par ces explosions, se retrouvent immédiatement dans l’autre monde, leurs opposants s’attendant parfaitement à cette attaque venant de leurs chefs. Privés de soutiens, les survivants se retrouvent vite dépassés au combat par les pilleurs, et leur sang rejoint bientôt celui de leurs congénères. Je ne peux rien faire, je ne peux pas recoller un membre ni soigner un organe percé. Je suis condamné à regarder impuissant ceux qui ont donné leur vie pour nous se faire décimer. Mais un cri aiguë me sort de mon inaction, l’abri où j’avais laissé les enfants se retrouvent être la cible du dernier cavalier, ses mains posées sur la roche du bâtiment, et je vois avec horreur l’acide qui en sort attaquer celle-ci.

Je me précipite vers l’abri pour sauver ses occupants, mais un soldat s'interpose entre eux et moi, et je pare de justesse le coup verticale de son arme qui s'abat avec un choc violent sur mon bâton au lieu de m’arracher le visage. Je devine à son souffle et au mouvement de ses épaules qu’il rit sous son heaume noir.

Alors je sens une rage surnaturelle monter en moi, un signe que j'interprète comme la fureur divine accordée face au mal. Avec une poussée d'adrénaline, je repousse violemment son épée sur le côté. Entrainé par le poids de sa lame, sa garde s'ouvre momentanément alors que dans un même mouvement, je lui défonce le crâne de l'extrémité de mon bâton, le bruit écœurant de la chair broyée et des os brisés résonant jusqu'au plus profond de mon âme. Je me retrouve sur les mains, lâchant mon arme cabossé après la violence de l'impact, alors que mon adversaire se retrouve quelque mètre plus loin, inanimé. Je fixe le sol, fébrile, voyant les gouttes de sueur perler de mon front alors que je respire difficilement dans cet air vicié, empli de poussière et de fumée. Je tourne légèrement la tête pour voir le reste de mon adversaire, la forme anormale de son casque et la flaque de sang qui s'étend lentement sous son heaume laisse deviner ce qui reste de sa tête en dessous. C'est alors que je remarque un détail qui, pour la première fois depuis le début de l'assaut, brise mon calme et m’emplis d'effroi. Ayant perdu un de ses gants en lâchant son arme, je peux voir qu'une de ses mains est … humaine.

Je me relève difficilement, dans un état halluciné, je ne veux pas y croire, cela irait contre tout ce qu'on m'a appris. Je m'approche en tremblant du cadavre, je tombe à genoux à ses côtés, ôtant lentement et difficilement le casque avec mes mains tremblantes et sales, m’y reprenant à deux fois. Le chaos ambiant poursuit son cours autour de moi, mais je suis fixé sur la réponse que je cherche, comme hors du temps. Alors se révèle la macabre vérité, malgré le côté droit complètement enfoncés et ses traits irrémédiablement déformés, le visage sous ce casque est tout ce qu'il y avait de plus humain.

Je le lâche, restant figé devant ma découverte, prostré devant les restes d’un individu de ma race, j'ai tué un homme qui en a massacré bien d'autres avant de rencontrer sa fin face à moi. Mon regard se perd dans l'immense brasier en face de moi. la lumière du soleil ne perce plus l'épais nuage de fumée noire au-dessus de nous. Le sang s’est répandu dans tous les recoins, le feu et la couleur écarlate donnent au décor un aspect infernal. Les monstres d'en face continue leur massacre méthodique de ceux qui n'ont pas eu la chance de trouver un moyen de fuir, les cadavres jonchent le sol, les membres tranchés sont éparpillés aux alentours de leurs anciens propriétaires, les cris des habitants résonnent alors qu’ils tentent de sauver leurs vies, le bruit de l’abri des pêcheurs fait trembler la terre alors qu’il s’effondre sur lui-même, la végétation est pourrie là où le Garzok a utilisé sa magie. La parfaite harmonie qui habitait le village quelques heures plus tôt s’est transformé en une scène de désolation absolue, où le désespoir est le dernier refuge des survivants. Dans ma transe, je ne vois rien venir, n'entendent pas les cris de prévention, mais je sens le choc violent qui me heurte la tempe, manquant de m’exploser le crâne. Les ténèbres obscurcissent ma vision, et alors que je tombe dans l'inconscience à côté du barbare mort, une question résonne en écho dans ma tête

( Pourquoi ? Pourquoi ? …..)

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Jeu 10 Mai 2018 01:58 
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((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à connotation violente, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))

Réveil difficile :

« Votre histoire me touche mais êtes-vous sûre de vous ? »

« Demandez aux villageois si vous ne me croyez pas, c’est une histoire qui a fait le tour des environs »

« Cela pourrait très bien être une croyance de paysan, comprenez bien que je ne suis que de passage pour cet hiver, je suis attendu ailleurs pour la prochaine saison »

« Testez-le, essayez pendant votre séjour ici et je suis sûr que vous ne serez pas déçu »

« Bon j’accepte de l’éduquer, et nous verrons pour ce qui est de la magie »

« Merci mille fois, savoir que Gaïa veille sur nous me soulage »


« Elle veille sur tous ses enfants, je vous rassure. Mais dites-moi, il n’a pas de père ? »

« Et bien enfaite … »


Et encore une fois mon rêve s’arrête ici, impossible d’en savoir plus, de me souvenir de la suite de cette discussion que j’avais surprise entre ma mère et mon professeur alors qu’elle arrangeait mon futur. C’est une question qui me hante depuis que mon mentor a disparu lors d’une attaque du village, et un rêve qui est devenu récurrent.
Malgré un mal de tête lancinant, je reprends lentement connaissance à cause d’un bruit étrange que j’entends à mes côtés. D’abord un simple grattement, il s’accompagne bientôt d'un râle lent et grave, puis d’un bruit écœurant de chair suivi de mâchonnements. Mon odorat se trouve être le deuxième assailli, une odeur de chair putréfiée et de vapeur toxique me donne un haut-le-cœur. Finalement ma vue rejoint mes deux autres sens dans leur dégoût. J’ouvre lentement mon œil qui tombe sur le barbare dans le même état pitoyable que je l’avais laissé, juste en face de sa figure démolie, et à côté de lui se trouve l’origine de ses immondices. Un mort-vivant, une monstruosité anormale, se tient vaguement debout au-dessus du cadavre, occupé à dévorer un bras appartenant à une victime. Il est dans un état de décomposition peu avancée mais la pâleur de la mort ne laisse aucun doute sur son état. De plus il est toujours habillé mais j’aperçois clairement à travers la déchirure de sa tunique la profonde balafre au torse qui lui a ôté sa précédente existence. Il jette à terre le bras après en avoir arraché un gros morceau qu’il dévore goulûment, puis se laisse tomber sur le barbare pour se repaitre de son visage.

Je reste figé devant ce spectacle immonde, je n’ai pas encore retrouvé l’usage de mon corps, le coup qui m’a été porté à la tête résonne encore dans mes os. Je retrouve progressivement l’usage de mes bras, mon premier réflexe étant de toucher ma tempe blessée et, en remerciant Gaïa, je remarque avec soulagement que je n’ai pas de plaie béante à cet endroit. Ma situation m’inquiète davantage lorsque le trépassé se relève lentement en gémissement, titubant sur ses jambes blessé, du sang plein le visage et pointe son regard sans vie sur moi. Il enjambe lentement le cadavre, manquant de tomber en s’appuyant sur une jambe et tend un de ses bras vers moi. Je cherche mon bâton à tâtonnement à côté de moi, mais ne le trouve pas, je me résous alors à attraper le bras tendu vers moi, et le tirer violemment pour faire chuter la créature. Mais à mon grand désarroi, son bras me reste entre les mains alors que je le tire et ne provoque qu’un léger déséquilibre au monstre, faisant fi de la douleur. Néanmoins cela me laisse le temps de me redresser et de jeter à coup d’œil à mes côtés pour trouver mon bâton. Je jette le bras, saisi mon arme à deux mains et, alors que la créature s’apprête à se jeter sur moi, je lui donne un violent coup dans les rotules, le son caractéristique des os brisés claque dans l’air et le sang gicle de sa peau boursouflée. La créature tombe au sol, inanimée.

Je me redresse et regarde autour de moi. Je suis seul, au bord du lac. L’abri des pécheurs est complètement effondré, de l’incendie il ne reste que quelques flammes qui dansent encore sur les restes de certaines demeures, et maintenant un silence de mort règne en maitre sur ce domaine, seul le croassement des corbeaux qui tournent en rond dans le ciel lui tient tête. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis inconscient, mais le soleil est sur le point de passer la ligne d’horizon, la couleur rouge sang qui se reflète sur le lac remplace le feu qui embrasait le village quelques heures plus tôt, et fait ressortir avec éclat les taches de sang qui recouvrent le lieu. Je contemple un moment le soleil qui se couche, et voyant qu’aucune embarcation n’est à sa place, me demande si certaines personnes ont réussi à s’enfuir. Je m’enfouis le visage dans les mains après quelques secondes, je ne verserai pas de larmes mais je suis en proie à mille et une questions dont je ne trouverais pas de réponse ici. Je viens de tout perdre dans le seul endroit que j’ai connu, mes instruments, mes livres, ma raison d’être et surtout les quelques personnes que je pouvais appeler des amis. Je reste ainsi, à prier et supplier des réponses qui ne viendront pas.

Mais je n’ai pas le temps de me morfondre, quelques minutes plus tard des pas trainants se font entendre dans mon dos, ainsi qu’un long grognement. Je me relève enfin, saisissant fermement mon bâton et me retourne pour me retrouver hébété face à face avec Marius, sa belle lame plantée en plein dans le cœur et la tête à moitié séparée du tronc. Encore un mort vivant. Je refoule toute émotion et, sachant qu’on ne peut raisonner une telle créature, recule lentement à petit pas alors qu’il s’avance vers moi bras en avant. Il s’élance soudainement, prêt à réagir, je place ma jambe droite en arrière et me prépare à asséner un violent coup dans les côtes de mon adversaire quand je perds soudainement l’équilibre. Je n’ai pas entendu celui auquel j’ai brisé les jambes se trainer jusqu’à moi, et il vient de s’agripper à ma jambe gauche me faisant chuter. Je tombe lourdement sur les fesses et vois avec horreur celui-ci essayer de me mordre le mollet. De ma jambe libre je lui donne un violent coup de talon dans la mâchoire, lui déchaussant quelques dents, ce qui semble lui faire lâcher prise, mais alors Marius me tombe dessus. Je le retiens à bout de bras, tenant les siens pendant que sa mâchoire s’agite, bavant et grognant alors qu’il tente de m’arracher un bout du visage. Je le rejette sur le côté et m’éloigne de lui en me relevant, récupérant mon bâton.

J’ai mes deux adversaires en vue cette fois. Marius se relève lentement alors que l’autre a déjà repris son inexorable avancé, s’agrippant au sol d'une main pour se déplacer. La rage grimpe une fois de plus en moi et je m’approche déterminé vers les deux morts, anomalies de la nature et ennemis de la Lumière. Atteignant celui à terre en premier, je lui donne un violent coup de pied droit dans la tête, puis profitant de l’élan et m’appuyant sur ma jambe gauche restée en arrière, donne un violent coup de bâton à Marius, lui décrochant la tête du peu de chair qui la retenait encore au tronc et qui finit sa course dans le lac. Son corps tombe instantanément, perdant toute vigueur. Je lâche mon bâton pour me débarrasser du deuxième. Je l'attrape par les jambes pour éviter de me faire mordre et bien qu'il agite son bras dans tout les sens, cherchant a m'atteindre, je le traine au bord du rivage avant de le lancer dans l’eau à son tour.

Respirant furieusement, je reste un moment à reprendre mon souffle et calmer ma migraine, fixant l’eau jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de remous. C’est alors que je les remarques, partout dans le village, des morts animés se déplacent lentement ou sont occupés à manger la chair de ceux qui n’ont pas été ranimés, tous portant la marque de leurs décès récent. Des gens que j’ai croisés ce matin encore …

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
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Décisions difficiles :

Le village est devenu le théâtre d’une scène macabre et grotesque. Dans un décor de cauchemar, digne du royaume de Phaïtos, des abominations trainent lentement leurs carcasses en titubant, sans autre but que de se nourrir, poussant des gémissements et se répondant avec des râles longs et torturés. Certaines s’attaquent même entre elles pour récupérer un pauvre morceau de chair, alors que c’est la chose la plus abondante à l’heure actuelle dans les environs. La puanteur qui y règne est étouffante et agresse l'odorat, les mouches commencent déjà à affluées autour de certains cadavres et le vent qui hurle entre les ruines rappelle les cris des habitants devant leur inéluctable mort. Le ballet amical des habitants a été remplacé par une effroyable danse macabre.

Plus de trace des envahisseurs, si ce n’est la désolation qu’ils ont laissée derrière eux, les empreintes de leurs montures infernales et de leurs magies. Préférant ne pas alerter la horde, je m’abrite rapidement derrière les débris d’une maison proche, un élancement soudain à la tête commençant à se manifester. Je peux en gérer un à la fois, mais je n’ai aucune chance s’ils me tombent tous dessus. Je réfléchis à ma situation. Je voulais retourner au reste de mon ancienne demeure, voir s’il restait quelque chose que j’aurais pu sauver, mais je ne peux pas traverser le village ainsi. Je n’ai que mon chandelier à la ceinture et un pack de bandage avec lesquels je suis sorti aujourd’hui. Je ne pense pas trouver des survivants ici, même ceux qui ont pu se cacher pendant l’assaut ont dû partir lorsque les morts se sont réveillés. Ou ont dû connaître un destin bien plus funeste et peu enviable … Mon œil s’attarde sur le corps maintenant sans vie de Marius, privé de sa tête, la lumière du soleil illuminant la lame qui lui transperce le torse comme un phare dans ce lieu ténébreux et damné. Je ne suis clairement pas le meilleur au maniement de l’épée, mais vu l’état de mon bâton je préfère m’assurer de pouvoir me défendre si jamais il devient inutilisable.

Je m’approche prudemment, m’assurant d’être hors du champ de vision d’un autre revenant et de la mort totale du cadavre de Marius, ne voulant pas être pris par surprise une seconde fois. J’attrape la garde de l’épée, que je retire brutalement de son réceptacle macabre dans un chuintement sec à faire frémir les moins téméraires. La lame est recouverte du sang de son ancien propriétaire et semble ne pas avoir été aiguisée depuis des lustres, j’aurais sans doute plus de chance d’écraser des os que de trancher la chair avec une telle arme, mais c’est mieux que rien. Je l’utilise immédiatement pour déchirer un bout d’étoffe dans les vêtements de Marius, suffisamment long pour enrouler l’épée à l’intérieur, faute d’avoir meilleur étui pour la transporter.

(Je suis désolé, je n’ai rien pu faire. Elle servira à châtier ceux qui ont fait ça je te le promets)

Mais alors que j’expie mes fautes, un gargouillement étrange me parvint. Mon regard s’assombrit lorsque je vois le trépassé que j’ai jeté dans le lac s’extirper lentement de l’eau qui prend une teinte rouge sur son passage. Sa mâchoire est à moitié décrochée et il a la bouche pleine d’algues mais il continue de trainer inlassablement sa carcasse maintenant éclaboussé de sang vers moi, me fixant de ses yeux livides et poussant des grognements assourdis par l’eau dans sa gorge. Ses jambes qui trainent derrière lui dans la boue forment un angle anormale et continue de laisser s'échapper du sang qui imbibe le sol. Une vraie vision cauchemardesque qui, étant d’habitude stoïque et difficilement impressionnable, me fait quand même grimacer tant cette chose impie dépasse les limites de l’horreur.
Je ramasse mon bâton et m’approche de lui, les traits serrés, bien décidé à apporter la rétribution divine sur ce revenant estropié et à laisser ma haine se déverser. Je le fixe au sol avec mon pied dans le dos, à distance respectueuse de sa mâchoire, et levant mon bâton le plus haut possible lui plante brusquement mon arme dans la tempe avec un craquement écœurant, mettant fin à ses gesticulations et laissant une marque visible sur sa tête. Miraculeusement aucun mort aux alentours ne semble avoir été attiré par ce bruit et je suis soulagé de m’être enfin débarrassé de cette adversaire tenace. Ma propre violence m’étonne et m’inquiète lorsque je remarque que le bâton tient droit dans le crâne du mort alors que je le lâche. J'attrape le scapulaire autour de mon cou entre mes deux mains et prie, calmant ma rage.

(Pardonne-moi Gaïa de m’être emporté ainsi, mais cette créature maléfique ne mérite que ça)

J’arrache le bâton de son perchoir improvisé, manquant de l'emporter avec, et retourne m’assoir, l’épée sur les genoux alors qu’une pensée bien sombre me vint à l'esprit. Personne ne saura jamais ce qui s’est passé ici, il faudra bien quelques années pour que quelqu’un arrive de ce côté du lac, et d’ici là, ce village ne sera plus qu’un lieu maudit de plus à ajouter à la carte de ce monde. Je n’ai pas le choix mais je dois partir, je n’ai de toute façon aucune chance de survivre ici sans nourriture, et aucune chance de me reposer avec le risque de me faire attaquer par ses bêtes. Tous mes derniers efforts m’ont épuisé, ma tête me fait toujours souffrir mais je n’ai pas le choix, ma dernière chance repose sur le village voisin. Pourquoi ne nous ont-ils pas aidés ? Qu’est-il advenu du messager envoyé par le maire ? Une longue heure de marche m’attend, mais je pense pouvoir arriver avant le coucher du soleil à cadence soutenue, et si je m’épuise Gaïa guidera mes pas.

D’un autre côté, mon mentor m’avait dit que si malheur devait arriver, je trouverais sans doute de l’aide à Kendra Kar. Il y existe l’un des plus grands temples dédiés à la déesse de Lumière, et ils sont bien disposés envers les inconnus, d’autant plus si je montre que je connais la plupart des cultes et prières, ainsi qu’un prêtre attitré de Gaïa. J’ai aussi l’épée de Marius, il disait être connu là-bas, peut être que quelqu’un la reconnaitra.

Je glisse l’épée de Marius dans ma ceinture, m’approche de l’eau douce pour me laver rapidement les mains et le visage tachés de sang. J’essaye de calmer ma douleur à la tempe avec mon fluide de lumière mais le résultat est peu convaincant, elle semble néanmoins s'atténuer légèrement pendant un moment. Je fais mon choix, je vais d’abord partir vers l’est en longeant le lac, direction le village voisin. Je rejoindrais Kendra Kar plus tard, si je suis toujours vivant …

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 Sujet du message: Re: Lac de Hynim
MessagePosté: Lun 14 Mai 2018 01:47 
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Voyage difficile :

Cela fait maintenant trois quarts d’heure environ que j’ai quitté le village, mon rythme de marche se ralentit bien que je m’aide de mon bâton pour avancer, mais la fatigue accentue le mal de tête qui ne me quitte pas depuis que j’ai repris connaissance. Le soleil n’a pas encore disparu, mais il ne projette plus qu’une timide lueur qui pointe à peine au-dessus de l’horizon. Je n’ai fait aucune mauvaise rencontre, si ce n’est les cadavres criblés de flèches des malheureux qui ont essayé de fuir par ici, et auquel j’ai accordé à chacun une brève parole pour rassurer leurs âmes. Au moins ils n’ont pas été réanimés par une magie sombre. La nature a lentement repris son cours, le vent fait doucement bruisser les feuilles des arbres de la forêt plus loin vers le nord, et les clapotis de l’eau du lac ont un effet relaxant. Loin de l’odeur de brulé et de mort qui régnaient dans le village, l’air frais me permet de me concentrer sur ma tâche actuelle. Toujours aucun signe du village voisin, il est normalement installé près du rivage comme le nôtre, mais tiens plus de l’élevage que de la pêche. Mieux défendu, il entraine normalement un petit contingent de cavaliers qui accompagnent les marchands lors de longs déplacements, et ce sont eux qui nous ont sauvés lors de la dernière attaque. Mais pas cette fois.

Mon visage se crispe à cette pensée, ont-ils refusé de nous venir en aide ? J’ai toujours cru que nous devions tous nous entraider, mais nous avons été livrés à nous-mêmes alors que notre détresse n’avait jamais été aussi grande.

Alors que je rumine ses idées noires, j’aperçois une lueur dansante proche du rivage, ressemblant à un petit feu. Peu confiant suite à mes dernières rencontres, je saisis fermement mon bâton à deux mains et avance dans la direction de la lumière. En m’approchant, je commence à entendre des murmures. Deux voix distinctes se font entendre au milieu des bruits ambiants, une plutôt féminine et l’autre grave bien que l’air agité. Je ne relâche pas ma prise pour autant, prêt à me défendre s’il s’agissait être des membres du commando qui a détruit nos vies. Je finis par être suffisamment proche pour les voir, et mon cœur froid s’emplit de soulagement. Je ne connais pas leurs noms, mais j’ai déjà vu leurs visages se balader dans notre village. Ce sont des survivants, et je devine à leur barque échouée à côté de leur camp de fortune qu’ils ont sans doute dû s’arrêter ici à cause d’un accident. Néanmoins un détail m’intrigue, un cheval est attaché à quelque mètre d’eux, broutant paisiblement l’herbe des environs. Très peu de personnes pouvaient se vanter d’en avoir un, et je doute qu’il soit arrivé ici en barque avec les deux individus. Ils ne m’ont pas encore remarqué, et je préfère m’annoncer avant de leur faire peur et de recevoir une flèche dans le ventre.

« Vous avez réussi à vous échapper du village ? »

Ma voix vibre dans l’obscurité, faisant sursauter le couple. C’est la seule chose que j’arrive à dire, et qui m’intéresse. Mais si je ne les reconnais pas, mon apparence, elle, ne me fait pas défaut et je suis tout de suite identifié par les deux individus. L’homme se met immédiatement à me beugler dessus, brisant le calme de la plaine et risquant d’attirer de potentielles monstruosités.

« TOI, c’est depuis que ton foutu maitre est arrivé que tout va mal dans le village, tu es son héritage, c’est ta faute ce qui nous est arrivé !» Hurle-t-il.

Je ne sais pas quoi répondre face à cette agressivité soudaine, mon visage se ferme et je le fixe d’un air froid. Je ne sais pas à quoi il fait référence. Ce que je suppose être sa femme essaye de le raisonner et de le retenir, il semble prêt à écraser son poing sur mon visage sans se soucier des conséquences.

« Ça suffit, arrête, c’est un miracle il est le seul qui peut l’aider » le supplie-elle

Ses épaules s’affaissent, il souffle comme un bœuf mais ses paroles ont eu l’air de le résonner, du moins pour l’instant.

« Nous avons récupéré le messager qui devait alerter nos voisins, il est vivant mais inconscient. Il a pris une flèche dans le dos qui heureusement n’a touché aucun organe vital. Nous avons fait notre possible, mais je crains qu’il ne meure sans des soins plus avancés » Dit-elle, la gorge serrée et les yeux humides.

« Je vais voir ce que je peux faire »

La présence du cheval fait maintenant sens. Ils s’écartent et me laissent entrer dans leur campement. Deux peaux de bêtes sont posées à même le sol, une petite marmite est suspendue au-dessus du feu qui m’a alerté, laissant échapper un doux fumet. Mais au milieu du réconfortant crépitement de la flamme et des remous de l’eau, j’entends la respiration laborieuse du concerné. Il est allongé sur le ventre, sur une troisième peau, dans un piètre état et d’une pâleur cadavérique, il est trempé de sueur et sa tunique est ensanglantée. Dans un seau d’eau à côté je vois la flèche responsable de sa blessure, il semblerait qu’ils aient réussi à la lui retirer sans que le bout en fer ne se retrouve coincé dans la plaie, une bonne nouvelle. Je m’agenouille auprès de lui et ferme les yeux, essayant de me concentrer malgré la douleur qui étreint ma tête.

(Gaïa, ton serviteur a besoin de toi)

Comme je l’ai souvent fait, je me concentre et laisse les fluides de lumière glissés jusqu’au bout de mes doigts alors que je place mes mains à quelques centimètres de la plaie purulente. Je sens le regard inquiet du couple me transpercer la nuque. Je serre les dents et commence à transpirer, l’effort requis est plus important que d’habitude et je n’ai pas eu de répit depuis que je me suis battu durant l’attaque du village. Ma migraine empire et je suis forcé de lâcher prise, tombant assis, le visage crispé et m’agrippant la tête, craignant de m’évanouir. J’ouvre mon œil, la plaie n’est pas entièrement guérie mais elle cicatrisera plus facilement, c’est tout ce que je peux faire dans mon état.
« Vous allez bien ? » Me demande la femme, inquiète.

« Oui » Ma voix résonne faiblement alors que je lui tends un petit rouleau de bandage « Pansez la plaie avec ça, elle devrait cicatriser sans complication »

« Mais vous ? » Insiste-t-elle.

« Je vais bien, je dois partir »

Je me relève difficilement, même en m’appuyant sur mon bâton pour m’aider, et m’apprête à me remettre en route. Si c’est bien le messager que je viens de soigner, alors quelqu’un doit prévenir le village voisin avant qu’il ne soit trop tard.

« Restez-vous reposer au moins »

« Je dois atteindre le village avant la nuit complète » Dis-je avec une pointe d'agacement

« Partagez au moins notre repas alors »

Dans un soupir je cède à cette demandes et accepte, à la grande déconvenue de son compagnon qui s’est fait bien silencieux depuis notre première altercation. Pendant que nous mangeons, ils m’expliquent qu’ils ont vu le messager recevoir une flèche alors qu’il s’éloignait du village, et ont attendu d’être sûr qu’il n’y ait plus de danger pour accoster et le récupérer. Un miracle qu'il soit toujours en vie. Ils ont pu fuir lors de l'attaque à bord de leur propre barque, famille de pécheur habitant proche du lac et ont emporté avec eux le strict nécessaire à la survie. Bien que je ne l'admette pas, ce repas me fait du bien.

« Vous savez s’il y a d’autres survivants ? »

« Il y avait d’autres barques, mais on ne sait pas vers où elles sont partis »

« Et que comptez-vous faire maintenant ? »

« Rejoindre Kendra Kar, quoi d’autre ? Il n’y a plus rien pour nous ici et j’ai de la famille là-bas, nous allons essayer de reconstruire nos vies »

« A qui la faute hein » Dit l’homme d’un ton rageur, coupant court à la discussion.

Je les remercie rapidement avant que la situation ne s’envenime, et bien qu’elle tente encore de me retenir, je me décide à me remettre en route. Elle me donne alors deux petites pierres avec d’étranges symboles gravés dessus, trouvées dans la sacoche du messager. N’ayant aucune idée de quoi il s’agit, je suppose que cela devait représenter une forme de paiement pour le village, une espèce de compensation. Je les laisses prendre soin du blessé alors que je m’éloigne d’eux, entendant les bribes d’une brève dispute entre les deux me concernant. Je n’ai pas le temps de réfléchir à son comportement. Le crépitement du feu se fait de plus en plus faible, remplacé par le bruissement des feuilles provoqué par le vent qui se lève à nouveau. Je me retrouve seul, une fois de plus.

Seule une forte volonté me permet de continuer ainsi, l’impression d’accomplir une tâche divine pour sauver un peuple d’innocent. Tous mes membres sont endoloris et j’ai toujours de vives douleurs à la tête qui vont et viennent. Mais je ne devrais plus être très loin de ma destination, et alors je prendrais un repos bien mérité.

Après un quart d’heure qui me semble avoir duré une éternité, j’aperçois enfin au loin l’ombre des maisons, mais l’obscurité est bientôt complète et j’ai du mal à avoir une vision plus précise du village. Néanmoins un détail m’inquiète. Aucun bruit d’activités humaines ne se fait entendre alors que je suis plus qu’à une dizaine de mètres, aucune lueurs alors que l’obscurité de la nuit empêchera bientôt de voir plus loin que le bout de son nez. Et si les humains peuvent être très discrets, je devrais au moins entendre les bruits d’animaux gardés dans le coin. Non, tous ses sons communs sont remplacés par le croassement anxiogène des corbeaux qui lui se fait de plus en plus distinct à mesure que j’approche des premières demeures.

Mon cœur manque de s’arrêter, je suis arrivé au pied de la première maison, elle est en ruine.

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