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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 19:41 
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À mesure que je progresse dans la bâtisse, mon visage s'assombrit. C'est lié en partie au retour de mauvais souvenirs et au simple fait que la voie empruntée nous mène de plus en plus profondément sous le sol. Encore sous la surface. Sous quelle étoile maudite ai-je donc émergé de mon cocon, par mes ailes ! La diminution de la lumière ne gêne pas le vieil homme, se déplaçant avec la rapidité que donne l'habitude.

Je découvre une enfilade de salles, dotées de bibliothèques en nombre, de cabinets, de tables de travail occupées par des silhouettes dont je me fiche. Et la réciproque semble vraie. À côté de moi, Markos chuchote, m'avouant qu'il est intrigué par ce qui m'intéresse dans cette rue. Perspicace le croulant. Il sait que je suis à la recherche de quelque chose, mais il peut toujours courir pour que je lui dise de quoi il s'agit. Il m'indique ensuite dans quel ouvrage trouver l'information que je recherche.

Il s'agirait d'un traité d'urbanisme. Correction, d'un registre d'urbanisme datant du seizième siècle. J'ignore à quoi il ressemble, mais j'acquiesce. Un document recensant les modifications de la cité sur une période aussi grande ne doit pas passer inaperçu. Les étagères semblent comporter des panonceaux. Il me suffit de trouver l'emplacement des documents sur l'urbanisme et de chercher celui qui m'intéresse. Je retiens un souffle contrarié en songeant qu'avec ma malchance, ce sera justement un tome disparu.

( N'y pense pas, mon aldron. Tu vas attirer la poisse. Au pire, ce sera peut-être l'un des affalés de la pièce qui l'aura. )

Ce qu'il y a de bien quand on est un aldryde, c'est qu'on a pas besoin d'échelle pour avoir accès à tous les niveaux. Et qu'on peut se déplacer rapidement.



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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 20:58 
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Markos commence par l'autre bout. Comme pour te frustrer, il s'avère que c'est lui qui trouve le livre. Il l'ouvre sur une table et commence à le parcourir. Cela fait déjà plus de deux heures que vous êtes ici lorsque vous tombez sur ce commentaire :

« 25 juin 1578 : Renommage de la 'rue des tonneliers' en 'rue de la femme chevalier d'or' à la demande d'une secte nouvellement créé appelée l'ordre du renouveau. Ref : nuit mystérieuse de 19 juin 1578. »

En revenant en arrière, vous arrivez à cette fameuse nuit :

« 19 juin 1578 : nuit mystérieuse. Des villageois se lèvent pour suivre une soit-disant femme chevalier en armure dorée qui a traversé la ville seule, de nuit, un coffret à la main. Les gardes de la porte de la ville sont parti avec elle par la porte principale. Inculpation pour manquement à leurs devoirs requise. »

Les écrits, autour, parle de pleins de choses, mais sans rapport.

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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 21:38 
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Habitué des lieux, Markos déniche le document recherché bien avant que je ne m'approche des ouvrages près de lui. L'agacement est balayé par la nécessité de la recherche. Je me pose sur la table, à côté du registre, regardant en même temps que le vieillard les lignes défiler. Des pages et des pages d'écriture étrangement lisibles. Style d'elfe, probablement.

Attentif, je regarde défiler les mots, encore et encore. Une lampe à huile doit être rallumée, preuve que j'ai déjà passé plusieurs heures en ce lieu poussiéreux et sombre, lorsque quelques mots attirent mon attention. Heureusement, car je commençais sérieusement à croire que cette histoire de changement n'était que racontar.

Il y est écrit que la rue des tonneliers aurait été renommée en celle de la femme chevalier d'or. Le mot femme m'interpelle, nullement précisé sur le nom actuel. Il aurait été changé encore une fois ? Possible, mais pas important. Ce qui l'est davantage, c'est que cette demande a été faite par une nouvelle secte, l'Ordre du renouveau, suite à un événement noté plus avant. Une femme en armure dorée aurait traversé la cité avec un coffret, parvenant même à détourner des gardes des portes de leur devoir.

Je réfléchis un moment.

"Intéressant.", finis-je par souffler. (Et troublant. Cette femme faisait-elle partie de la nouvelle secte ou ladite secte s'est-elle créée suite à cela...), pense-je, curieux.

Le document date de trop longtemps. Cette bande de fanatiques dérangés a du péricliter depuis bien des lustres. Sauf si elle n'était pas constituée que d'habitants des lieux. Je lève la tête vers l'humain âgé.

"On accordait des faveurs aux sectes, à l'époque.", me moque-je presque. "Mais c'est du passé. Cinq siècles, cela fait long, même pour ce genre d'organisation."

Je m'interroge toutefois sur bien des choses. Pourquoi demander une rue ? Où se dirigeait cette femelle dont l'identité est inconnue ? Et si la secte avait un sanctuaire, ou l'a toujours, où pourrait-il être ? J'ai du mal à contenir mon intérêt, mais m'efforce de me reprendre. Si l'orbe m'a mené ici, ce n'est pas sans raison. Je commence à penser que quelque chose me guide dans les pas du précédent porteur de l'orbe pur.

Et je ne sais pas si je devrais m'en réjouir ou m'en méfier plus encore.



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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 21:47 
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Markos te scrute avec une intensité presque intimidante. Puis, lentement, il se décide à parler :

« Tu n'es pas surpris par cette histoire de chevalier d'or... Tu ignores l’existence de l'ordre du renouveau et de son sanctuaire, mais tu sais pour l'armure d'or... c'est exactement l'inverse de d'habitude. Tu es quelqu'un d'étrange, petit aldryde... »

Ses paroles indiquent indubitablement que la secte existe encore... mais aussi qu'il en sait plus qu'il ne le disait au départ ! Il n'a pas l'air menaçant, et de toute façon, à son age, si son esprit est toujours vif, il ne sera guère dangereux physiquement. Ce n'est pas pour autant pleinement rassurant.

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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 22:17 
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Le vieil homme me scrute, mais pas comme quelqu'un qui s'étonnerait tout comme moi. Non. C'est un regard intimidant. Quand il parle, c'est pour m'apporter des éléments étranges, comme s'il avait lu dans mes pensées. C'est impossible. Une telle magie ne peut pas exister. Il constate que je ne suis pas surpris d'entendre parler de chevalier d'or, mais que j'ignore la persistance de la secte et de son sanctuaire. Cette place sacrée existe donc bel et bien quelque part... Il fait référence à l'armure d'or de façon bizarre, comme s'il savait de quoi il s'agissait. Et c'est moi qui lui parait étrange...

Ce qu'il sous-entend ne me surprend pas vraiment. Depuis le début son attitude paraissait suspecte, et je suis content que mon instinct ne m'ait pas trompé. Cela pourrait expliquer pourquoi le tenancier s'est brutalement interrompu quant au savoir de mon interlocuteur au sujet de la rue. J'avais raison. La mention des archives n'a fait que couvrir la bourde du gérant.

Je le garde à l’œil, décidant de feindre momentanément l'ignorance. Et surtout d'ignorer son commentaire encore une fois sur ma taille.

"La rue portait le nom de chevalier d'or. Pourquoi je serais surpris qu'il en soit fait mention ?", demande-je presque de façon rhétorique. "Et je ne suis pas d'ici, vieil homme. Je n'avais jamais entendu parler de cet ordre avant aujourd'hui. Je n'en connais rien.", affirme-je, honnête pour une fois.

Si ce vieillard est au courant pour la forme du Gardien, alors peut-être s'attendait-il à voir débarquer le possesseur du Sombre Cœur. Si le corps lumineux détenait aussi une parcelle de sa pensée, quelles sont les chances que l'armure féminine les ait prévenu ? Ou, plus dangereux pour moi, peut-être a-t-il assisté à la séparation entre l'esprit pur et son corps magique sans comprendre ce qui se passait.

S'il est bien membre de cet Ordre ancien.

"Pas comme toi.", hasard-je, prêchant le faux pour connaître le vrai.

Vigilant, je guette le plus petit geste suspect de sa part, mais aussi des silhouettes attablées. Il a beau être aussi ridé que les documents présents, quelque chose dans sa voix m'interdit de le prendre à la légère. Et il n'est peut-être pas seul.



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Dernière édition par Nessandro le Lun 19 Jan 2015 00:06, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Dim 18 Jan 2015 22:31 
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Il hoche la tête. Maintenant, il semble presque triste :

« Alors toi aussi... Tu essaies de te caché, mais tu oublies un détail : je suis un vieil archiviste qui a vu bien des choses. Notamment de ces aventuriers qui cherchent le soit-disant trésor de l'ordre du renouveau... Il y en avait un, que j'ai laissé entrer ici. Dès qu'il a lu cette histoire d'armure d'or, il n'y a vu qu'un monceau de richesse... il n'est jamais revenu. J'avais raconté l'histoire à mon fils, et un jour, qu'il a tout perdu, il s'est mis en tête de trouver lui-même ce trésor... »

L'homme est au bord des larmes :

« Il n'est jamais revenu non plus... Cela fait des siècles que ça dur. Des aventuriers convaincu de faire fortune... aucun ne revient jamais. »

Il se lève et, avec une vivacité inattendu, se rend prêt d'un mur d'où pend un cordon qu'il saisit. Pourtant, il semble encore hésiter.

« Je fais ça pour ton bien, tu comprends. J'ai vu trop de morts pour une stupide histoire, sous prétexte qu'une secte s'est coupée du monde... sous prétexte qu'une déesse sans visage en armure d'or aurait parcouru cette ville, alors que seul une poignée d'illuminés, sans doute des révolutionnaires qui cherchaient une excuse pour fuir l'autorité du roi, affirment l'avoir vu. Et qu'ils ont eu cette idée saugrenue de faire renommer une rue, et n'en ont pas démordu avant que ça soit fait, accentuant le mystère... La bêtise humaine me lasse. Je ne laisserais pas un autre innocent périr pour un trésor qui n'existe sûrement plus depuis longtemps. »

La situation est critique ! Il est évident qu'il est prêt à appeler la garde. Il y a d'autres gens dans les archives qui vous regardent, des gardes à la sortie... il va encore falloir faire un miracle pour s'en sortir !

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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Lun 19 Jan 2015 00:04 
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À ma question, l'homme change. Il sait pourquoi je suis là, chose qui me conforte dans l'idée qu'il appartient bien à cette secte. Pourtant, à la lueur de ses paroles, je me mets à en douter. Il me considère comme un simple aventurier, courant après le trésor de l'Ordre. Nombreux sont les autres, y compris son propre fils, s'étant lancés à la recherche de cette soi-disant richesse, sans jamais en revenir. Et cela durerait depuis des siècles.

Vif, le vieillard se rend près d'un cordon mais hésite à tirer dessus. Une alarme ? Si c'est le cas, même ma hargne aura du mal à me sortir de là. Sa voix continue, attirant les regards des quelques présents. Il prétend faire cela pour mon bien, moi le pauvre innocent, parce qu'il ne veut plus voir de morts à cause d'une histoire stupide. Et me mettre en cage serait me protéger ? Et puis quoi encore ! Mes spirales l'écoutent à peine, sauf quand il clarifie un point. C'est bien la forme féminine et sans visage du Gardien qui a été vue autrefois. Je n'ai plus de doute, mais la situation actuelle prime. Pourquoi faut-il toujours que je sois confronté à ce genre de problèmes mettant à mal ma liberté ?

"Innocent ? Pour mon bien ? Me fais pas rire...", commence-je, blasé et froid, faisant au mieux pour que seul cet imbécile m'entende distinctement. "J'ai l'air d'être sans le yû ?", fais-je en extirpant ma lourde bourse d'or, visiblement agacé. "Me compare pas à un crétin d'aventurier. Je sais exactement ce que je cherche."

Je manipule mes fluides obscurs, me tenant prêt à en faire usage pour me masquer dans les ombres si besoin. Ou lutter. Après tout, taper sur un humain reste une perspective agréable. Déterminé toutefois à retarder cette possibilité, je prends un risque certain. J'attrape fermement le Cœur sombre que je montre à l'archiviste, m'évertuant à le masquer aux yeux des autres témoins gênants.

"Parce que j'en détiens la moitié, responsable de ma venue.", affirme-je avec assurance.

La corruption commence à se répandre sur mes ailes, réveillée par ma colère. Je n'ai pas besoin de le voir pour le ressentir. Je retiens difficilement un tressaillement à cette sensation familière et détestable. Mes plumes les plus proches de ma peau commencent à s'assombrir.

"Et qui me tue lentement.", déclare-je résolument en remontant la manche masquant mon bras souillé, exposant ce dernier. "Ce soi-disant trésor que je piste est la seule chose sur Yuimen capable de me sauver.", avoue-je avec une amertume flagrante. "Alors garde ta pitié inutile ! Rien ni personne ne se mettra en travers de mon chemin !", siffle-je, plus résolu et déterminé que jamais à respecter ce serment envers moi-même.

Remonté, j'étends mes ailes, paré à devoir prendre un envol d'une grande rapidité. J'ignore où se situe le sanctuaire, mais je suis venu ici pour trouver une nouvelle piste. Et je l'ai.



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Dernière édition par Nessandro le Lun 19 Jan 2015 18:33, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Lun 19 Jan 2015 17:48 
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Markos t'écoute avec intérêt. Son regard est d'abord soupçonneux et peu convaincu. Puis, lorsque tu lui montres l'orbe, il ouvre des yeux ronds et s'approche, lâchant le cordon. Des mouvements autour signalent que d'autres archivistes curieux s'approchent.

« Qu'est-ce donc que cette chose ? » souffle le vieil homme.

Mais il est bien obligé de remarquer la corruption sinistre qui a dévoré prêt de la moitié du corps, de même que les ombres magiques, teintés de feu et de foudre, de l'orbe. Finalement, il murmure :

« Quelle horreur... Si j'étais vous, j'irais plutôt demander à un temple de Gaïa... JE ne comprends pas ce que c'est que cette objet maudit, mais je vous fait confiance. »

Avec un sourire triste, il fait signe aux autres de s'éloigner et déclare :

« L'ordre du renouveau se trouve dans la forêt du sud. Il y a un esprit gardien dans cette forêt, il faudra le convaincre, et vous pourrez sûrement accéder au sanctuaire. Je ne crois guère en votre réussite, mais je prierais pour un miracle... »

Et il se propose de te reconduire vers l'extérieur, la mine sombre et triste, sans doute tourmenté par la pensée de son fils.

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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Lun 19 Jan 2015 18:33 
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Comme je m'en doutais, extirper un objet magique inconnu dans un lieu côtoyé par des soi-disant érudits ne peut qu'attirer l'attention. Au moins, cela a le bon goût de faire s'éloigner le vieux de son cordon. Autant mon orbe l'intéresse, autant la corruption qui se développe plus rapidement ces derniers jours l'effraie. Il est vrai que je me fais peut-être des idées, mais j'ai l'impression que plus je me rapproche de mon but, plus la malédiction s'étend. L'imbécile me conseille d'aller quérir l'aide d'un temple de Gaïa, ce qui manque de peu me faire pousser un soupir. Être entouré de géants imbéciles ? Qui voudront me piquer cet objet pour l'enfermer à nouveau ? Pas question.

Après avoir déclaré qu'il me faisait confiance, ce vieillard m'indique ce que je veux savoir. L'ordre se trouve dans la forêt au sud, évidemment dotée de son propre gardien. Lui aussi, il faudra le convaincre de me laisser passer, sans doute. Et là, il m'affirme ne pas croire en ma réussite, mais aussi prier pour un miracle. Je me contente de pousser un souffle nasal amusé. Je n'ai aucune croyance en un quelconque dieu. Prier n'aura jamais le moindre effet sur ma vie, parce que j'en suis le seul maître !

Raccompagné à l'extérieur par l'humain, je constate que la journée a déjà bien progressé. Juste avant que je ne m'éloigne, Markos me tend deux bouts de papier. Il m'explique que ce sont des bons, destinés à être échangés contre le savoir-faire d'un forgeron. Après m'avoir conseillé d'en faire bon usage, il me souhaite bonne chance. Je me contente d'un vague signe de tête. Pas besoin de ces paroles. Je crée ma propre chance.

Tout en attrapant de quoi m'alimenter, j'en propose à mon harney. Lyïl s'est perché un peu plus haut. Quelque chose a du le déranger, mais il n'a pas l'air aux aguets pour autant. Tant mieux. J'ai besoin de lui en pleine forme.

( Direction la forêt. Pour rencontrer un autre gardien. Et avec ma chance légendaire... Ça va encore être un truc féminin... )

Cette pensée m'irrite, me motive tant l'agacement me pousse à bouger. Je fais décoller le harney sur un son chanté, et presque joyeux de ce dernier.





Acquisition rp des bons d'amélioration de la correction précédente.

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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Dim 24 Juil 2016 16:33 
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IV.15 Quand les morts ne le sont plus

Si tard dans la nuit, il ne fut pas difficile de déplacer Agiend dans les appartements de Bième en toute discrétion. En revanche la fameuse bibliothèque se révéla moins fructueuse que Jorus ne l’espérait. Après avoir potassé de nombreux ouvrages jusqu’au matin, il n’apprit finalement que l’urne en question n’avait aucune origine connue. La première apparition de l’objet il y a deux cents ans fut un marchand qui gagna énormément d’influence et de pouvoir avant de tout perdre sans raison apparente. Certains contes relatent des effets incroyables durant les années qui suivirent comme un aveugle ayant retrouvé la vue, une mère sa fille disparue depuis longtemps, un manchot son bras. Alors que l’on pourrait croire qu’ils auraient utilisé l’objet pour multiplier les miracles aucun n’a semble-t-il refait surface. Si l’histoire s’accorde à dire que l’objet possède de grands pouvoirs, les personnes qui ont été en possession de l’objet ou en ont fait mention n’en ont jamais plus parlé. C’est avec davantage de questions qu’il sombra dans le sommeil. Il ne se réveilla qu’en milieu d’après-midi et après s’être intéressé de l’état d’Agiend, il partit en direction du château.

La demeure royale était une construction de pierre incroyable. Un large chemin de ronde encerclant l’ensemble en haut d’une longue muraille et plusieurs tours terminent le tableau d’un ensemble imposant, symbole d’un fort pouvoir local indétrônable. D’en bas on pouvait distinguer les gardes dont le scintillement de leur équipement dévoilait leur position. Jorus le savais, la nuit serait son meilleur allié contre ces gardes. Sous couvert de la végétation il y cacha son cheval et se délesta en armes et équipements. L’objectif était de mettre la main sur un uniforme de domestique et des renforts en cuirs risqueraient de lui porter préjudice. De plus il avait évalué une grande difficulté pour escalader le mur en pleine nuit et l’absence de charge lui faciliterait la tâche. De sa position il détermina quelle section du mur serait la plus difficile à escalader et donc potentiellement la moins surveillée. Puis il attendit l’obscurité de la nuit.

Le soir vint et avec elle la déclinaison du soleil. Jorus sortit de sa cachette dès les derniers rayons disparu. La montée fut difficile dans l’obscurité mais il avait déjà éprouvé ses capacités à escalader. Sans encombrement et un peu de patience, il ne doutait pas de sa réussite. Il ne pouvait pas douter. Au bout d’un moment qui parut une éternité, il atteignit le chemin de ronde. Seules ses mains dépassaient du mur écoutant le bruit d’un garde qui passait. Une fois le soldat passé, il tira sur ses bras pour enfin prendre appuis et souffler. Si descendre par les escaliers des tours était une possibilité, il y était aussi risqué de rencontrer un garde. Il guetta une anfractuosité près de l’entrée. Pour éviter de monter des charges avec les escaliers, des systèmes de poulies existaient pour les charges imposantes, systèmes similaires sur les bateaux que Jorus connaissait bien.

(Bingo !)

Jorus trouva ce fameux système et se glissa le long de la corde. Aucune alerte, pas de mouvement suspect : il était parvenu à entrer dans la cour du château. En usant de la végétation il s’avança sans mal jusqu’à la demeure royale à proprement parlé. Longeant la partie ouest il observa par de bref coup d’œil l’intérieur au travers des fenêtres. Il dut s’arrêter pour guetter le passage des gardes ainsi que des domestiques. Quelques hommes et femmes venaient de quitter le bâtiment. A cette heure, on imagine mal un de ces nobles sortir seuls la nuit à cette heure. Il patienta jusqu’à être sûr de ne pas se faire repérer. Il finit par pénétrer dans la pièce qu’il estimait être le vestiaire des domestiques par une porte non vérouillée. A l’intérieur l’obscurité était totale et Jorus espéra ne pas rencontrer un autre domestique tardif. Finalement il quitta la pièce avec un uniforme trouvé sur place. Les choses se passaient bien mieux qu’il ne l’avait envisagé. Affublé d’un étrange vêtement, il s’avança vers la lumière pour mieux se repérer dans ce dédale sombre. Arrivé dans un couloir éclairé de chandelles d’un côté et de tableau de portrait de nobles de l’autre, il comprit ce qui le dérangeait avec son uniforme de domestique, il appartenait à une femme.

L’heure n’était pas à travailler le détail, il devait faire vite. Il avança à pas rapide et multiplia les tours et détours avant de réussir à déterminer sa position et la potentielle localisation de l’urne.

"Hep là, un instant !" Fit une voix grave derrière lui.

(Ha non s’ils me démasquent je suis fini.)

Au lieu d’obtempérer, il continua d’avancer et tourna à de multiples reprises pour semer les hommes. Au vu du bruit métallique, il devait s’agir encore de gardes comme si ceux à l’extérieur de suffisaient pas, bien que la présence de Jorus ici prouvait leur intérêt. Il tourna une dernière fois et fit face à une impasse hormis une porte fermée à clef.

"Tout doux ma mignonne. C’est qu’elle court vite la petite !" Fit de nouveau la voix grave derrière Jorus.

La connaissance du terrain avait permis aux gardes de ne pas se laisser distancer malgré la rapidité du jeune homme.

"Je t’ai jamais vu ici t’es nouvelle ?" Demanda l’homme en se rapprochant lentement.

(Réfléchi, réfléchi. Trouve une solution ou tu finiras au mieux sur une pique !)

Trop tard, l’homme agrippait déjà les hanches du jeune homme et l’attira jusqu’à lui.

"Les journées sont chaudes et les nuits fraîches. Tu voudrais pas venir me tenir chaud ?" Susurra l’homme qui n’avait pas encore remarqué son erreur.

"Merci, mais non merci." Répondit simplement Jorus en se retournant. Provocant une stupéfaction du garde qui s’écarta en sortant son arme.

(Non, non, non !)

"Qu’est-ce que c’est que ça ? T’es qui toi ?" Rugit faiblement le garde. S’il était en colère il souhaitait visiblement qu’on ne le trouve pas tous les deux. Jorus tenta sa chance.

"Je suis nouveau ici et heu…je crois bien que mes mentors m’ont joué une mauvaise blague. Ils m’ont certifié qu’un uniforme m’attendait et je n’ai trouvé que celui-ci. Je dois absolument faire le travail qu’on m’a demandé, mais je vous en supplie ne parlez de cela à personne. Si on apprend qu’un garde m’a pris pour une femme, les prochaines semaines vont être très dures à vivre." Implora le jeune homme en robe féminine.

"Mmmm…bon passons il ne s’est rien passé. Maintenant file avant que je ne te mette au cachot." Répondit le garde qui fut soulagé qu’ainsi cette histoire n’entache pas non plus sa réputation.

"Dites, où se trouve le salon des diplomates ? On m’a confié la charge de m’en occuper mais j’ai tellement eu peur qu’on me découvre ainsi que je crois m’être perdu." Fit timidement Jorus.

"Mmm." Commença le garde avec un rictus grotesque. "Tu suis le couloir jusqu’à atteindre le grand hall et c’est la grande porte doré sur la gauche après les escaliers."

"D’accord le hall, la porte dorée après avoir monté les escaliers." Répéta Jorus.

"Non bougre d’âne bâté. Après les escaliers tu les prends pas !" Fit le garde exaspéré.

"Très bien, merci."

Jorus déguerpit du secteur pour se rendre sans plus tarder à la dite salle. Celle-ci n’était pas dorée, mais plutôt faite entièrement en or pour appuyer la richesse et le pouvoir du roi. Il ouvrit lentement la porte et s’assura que personne n’était présent pour y pénétrer. De grandes fenêtres laissaient passer le peu de lumière extérieur, donnant une allure lugubre à cet endroit. Les visages sur les tapisseries laissaient croire qu’elles étaient vivantes et fixaient inlassablement le jeune homme en tenue de soubrette. Quelques fauteuils étaient disséminés çà et là ainsi que de l’argenterie pour asseoir davantage l’opulence royale. Non loin des fenêtres, un objet doré trônait en évidence. Jorus alluma l’une des lanternes présentes, mais aucun autre objet ne ressemblait plus à l’urne que celui-ci. A côté de l’objet doré un parchemin était posé sur un petit présentoir conçu pour. Intrigué, Jorus posa sa lanterne et l’ouvrit pour lire son contenue.

Le texte décrivait la présence d’une entité à l’intérieur de l’urne. Quiconque la possédait hériterai des pouvoirs du démon qui le hante. La dernière partie concernait le sacrifice d’un être purement magique.

"Il n’y a pas de séance de prévues avant longtemps. Qui es-tu?" Hurla le garde qui avait compris la supercherie et brandissait maintenant son épée en direction du jeune travestie.

(Plus le temps de réfléchir. Je l’ai maintenant je fiche le camp !)

"Visiblement ma présence n’est pas requise donc je ne vais pas vous déranger davantage. Je vous prends ceci, je suis un homme très sentimental voyez-vous !" Répondit Jorus en prenant l’urne tout en se dirigeant vers les fenêtres.

Heureusement qu’elles ne possédaient pas d’armature solide, autrement Jorus n’aurais pas pu la traverser. Le bruit du verre brisé alarma les gardes, mais le temps qu’ils comprennent ce qu’il se passait Jorus avait parcouru la moitié du chemin menant à sa sortie. En revanche les chiens de gardes étaient bien plus rapides, à défaut de leur maître. Jorus parcouru la dernière moitié qui le sépara du mur, attrapa le système de poulie lors de son arrivée et fracassa le lien bloquant le tout d’un coup de pied, propulsant le jeune homme jusqu’en haut des remparts. Il maintint la corde qui manquait de partir tandis qu’en bas le contre poids s’éclata au sol dans un couinement canin. Il posa l’urne au sol et entreprit de remonter la corde pour son évasion quand un nouveau garde fit surface hallebarde en main. D’instinct Jorus saisis l’urne et la brandit vers l’homme.

"Si l’urne se brise ton roi te mettra au cachot pour le reste de tes jours !" Menaça le jeune homme avant de crier "Réflexes !" en lui lançant l’urne dans les mains. L’homme attrapa l’objet doré en laissant son arme tombée. Jorus s’élança vers lui, brandit son poings prêt à frapper et lui décocha un bon coup de pied dans les valseuses. Le soldat se cabrant de douleur ne put empêcher le jeune homme de lui prendre l’objet tant convoité. D’un coup de pied, il envoya le soldat rouler dans l’escalier de la tour. Il termina de remonter la corde, l’attacha solidement et alors que d’autres gardes venaient, il se laissa rapidement glisser le long du mur, l’urne emmitouflée dans sa robe. Arrivé au sol il regagna son cheval et quitta rapidement les environs du château, laissant les gardes dans la plus grande stupéfaction.

IV.17 Le rituel de l'urne

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Multi : Relonor et Nhaundar


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 Sujet du message: Re: Le Chateau Hartefeld
MessagePosté: Jeu 1 Sep 2016 02:25 
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[Les Rues de la Cité]

Un rayon de lumière traversa les barreaux et me tira de mon sommeil profond. Je peina à ouvrir les yeux avant de me lever en sursaut. L'espace d'un instant je me demanda où j'étais et ce qui c'était passé. Puis mon mal de crane me fit rapidement revivre la scène d'hier soir. J'avais été assommé par un garde et, à l'évidence, traîné jusqu'à la prison du château.

(Tout est donc terminé ? J'aurais vraiment eu une vie misérable jusqu'au bout alors...)

On m'avait retiré mes possessions bien sur, et il n'y avait aucune chance que je puisse m'évader avec tout ces gardes. Je m'assis donc dans un coin de ma cellule, et commença à broyer du noir. Je ne pouvais que me rendre à l'évidence, ma vie allait bientôt prendre fin. On me retrouvera surement pendu sur la place publique par un beau matin. Et ce très prochainement à n'en pas douter, on laisse rarement vivre très longtemps un meurtrier. Je sombra ainsi dans mes pensées pendant un long moment, jusqu'à ce que j'entendes les barreaux grincer sous le poids du garde qui venait de s'y appuyer :

"Et bien, en voila un type lugubre ! On dirait que vous avez vu un mort, haha"

Je n'étais pas vraiment d'humeur à plaisanter, et il n'eut droit qu'à un regard glacial en retour.

"Allez, pas la peine de faire cette tête, vous êtes libre, déguerpissez"

"Libre ? Vous êtes sur ? Comment ça se fait ?"

"On s'est trompé de gars, vous étiez pas l'auteur du vol apparemment. En même temps quelle idée de se mettre à courir ainsi aussi."

"La peur sans doute ? Haha"

(Mais alors ils ne savent pas pour le meurtre ?)

Je sortis de ma cellule, récupéra mes affaires, et me dépêcha de quitter les souterrains du château. Je n'avais pas vraiment envie qu'ils changent d'avis ou qu'ils se rendent compte que j'étais un assassin, même si cette dernière pensée était ridicule. Comment pourrait-il bien le savoir maintenant de toute façon ? Je m’apprêta à franchir la porte du château en me réjouissant déjà de la liberté qui semblait me sourire, quand tout à coup, une Shaakt à la longue chevelure blanche, et d'un certain âge m'interpella. Je ne m'étais pas aperçu de sa présence. Elle était adossée au mur qui définissait l'entrée château côté extérieur. Et avant que je ne puisse m'en aller, elle s'adressa à moi :

"Hey vous ! Où croyez-vous allez si vite ?"

"Et bien, je viens de retrouver ma liberté alors je comptais partir loin d'ici, pourquoi ?"

"Oh, vraiment ? Vous vous pensez libre alors. Comme c'est amusant"

"Je ne vois pas bien ce qu'il y a de drôle. Sur ce, si vous voulez bien m'excusez, il faut que je me trouve à manger avant ce soir"

"Au cas où vous n'ayez pas bien cerné la situation, mon brave, vous n'êtes pas libre. Vous m'appartenez, et j'ai besoin de vous pour régler quelques affaires"

"Je vous demande pardon ?"

"A moins bien sur que vous ne préfériez retourner croupir dans ces souterrains. Et encore je doute que les gardes ne s'en tiennent qu'à ça avec un meurtrier comme vous"

"Quoi ? Mais, vous êtes au courant ? Comment ?"

"Cela importe peu, l'important c'est que je savais ce que comptais faire l'homme que vous avez assassiné. Et à vrai dire cela me réjouis que vous ayez mis fin à ses jours, mais maintenant j'ai besoin de vous"

"Je vois que je n'ai pas le choix. Alors, qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?"

"Parfait, ce sera plus rapide si vous êtes coopérant. Il se trouve que j'ai été volé il y a peu. C'est une dague que je recherche. Elle n'est pas spécialement cher mais le bout de la dague s'ouvre, et dedans étaient cachés des diamants. Si vous la retrouvez vous serez payé onéreusement. Et pas la peine d'essayer de me duper, je connais exactement le nombre de diamant qu'elle contient"

"Retrouver une simple dague ? Mais comment suis-je censé m'y prendre moi ?"

"Elle a été volé lors d'un cambriolage de mon manoir, ces sales rats ne connaissent probablement pas son contenu. Mais vous êtes l'un de leurs semblables non ? Je suis sur que vous trouverez un moyen, mais ne tardez pas trop, je ne suis pas très patiente. Par ailleurs vous pourrez garder les autres bien volés, ça m'est égale. Oh et pour votre gouverne, je me nomme Lena. Tachez de ne pas l'oublier, ça vous sera utile. Allez, et n'oubliez pas que votre vie est entre mes mains"

Je la remercia de me laisser partir et lui promis de faire au mieux pour que ses bien lui revienne. Nos chemins se séparèrent et chacun repartis de son côté. Je pourrais aussi bien m'enfuir d'ici plutôt que de prendre le risque d'être à nouveau arrêté si jamais elle décidait de parler. Evidemment la tuer n'est pas une option, et même si ça l'était elle a surement du y penser.
Mais comme je ne savais pas trop quoi faire d'autre, venir en aide à une femme ayant des problèmes, ne me semblait pas être une si mauvaise occupation. Espérons juste que cela ne me coûtera pas la vie. Je décida donc de me diriger vers la taverne de la ville. Là-bas je pourrais m'acheter de quoi manger et enquêter en même temps. C'était l'endroit idéal !

[L'Auberge de l'Au-Delà]

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 Sujet du message: Re: Le château Hartefeld
MessagePosté: Sam 20 Oct 2018 04:32 
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II

Nathan Harthefeld.

Prince de Yarthiss et, aux dires de ma camarade Anathe, amoureux d’histoire, de culture et de géographie. C’est suite au partage de nos intérêts respectifs envers la royauté que cette dernière m’avait proposé de me le présenter. Voyez-vous, elle s’avère être en excellent terme avec l’homme et ils avaient prévu se revoir, suite à sa longue expédition, aujourd'hui même.

Nous n’avons pas perdu de temps. À peine sorties du port, nous nous retrouvons dans le jardin de Harthefeld, à contempler ses Lanurmes et ses Papillions de sang, à s’enfoncer de plus en plus à travers cette nature domestiquée. Une agréable balade de quelques minutes avant d’arriver à destination. La flore s’éclaircit. Le prince apparaît devant nous, impatiemment accoudé sur une table de pierre. À ma vue, le frêle noble se relève d’un bon, nous permettant d’apprécier sa grandeur filiforme.

« Tu m’as ramené un ynorien ! »

J’entends, à mes côtés, l’historienne soupirée.

« Sir, cela n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un accueil approprié… »

« Mais j’ai raison ou pas, Anathe ? Tu m’as ramené un ynorien. »

« Pas… tout à fait. Monsieur Kinshi se trouve être une personne à part entière avec sa propre volonté. Il est venu à Yarthiss pour ses propres desseins. Je l’ai simplement rencontré sur le chemin du retour. C’est le fils d’un diplomate, alors je me suis dit que cela pourrait vous pl… »

« Évidemment que ça me plaît ! D’accord d’accord… assoyez-vous. Mon dieu, elle m’a ramené ynorien ! »

Nous nous exécutons. Le prince me dévisage, les yeux ronds comme des balles.

« Un vrai petit homme d’Ynorie… Fils de diplomate en plus ? Attends… ton père est l’un des dix-huit conseillers ? »

« Je tiens à vous dire, avant toute chose, que c’est à moi que revient tout l’honneur de vous rencontrer. Pour ce qui est de votre question, bien que mon père ait un rôle significatif au niveau de la politique d’Ynorie, il ne fait hélas pas partis des di…. »

« Ah mais c’est pas grave, c’est pas grave. Tu pourrais être le fils d’un boucher que ce serait tout aussi captivant. »

« Mon peuple serait touché de l’attention que vous lui portez. Vous êtes un passionné du monde, de ce que j’en comprends. »

« Oui. Le monde, l’étranger, l’ailleurs, je veux tout explorer jusqu’à ce que plus rien ne me soit inconnu. Explorer par les livres. Par les récits d’historiens et de géographe. Pas vrai Anathe ? »

Celle-ci, amusé par le théâtre étrange que le prince déploie sous nos yeux, se contente de hocher la tête, les bras croisés, le sourire en coin.

« Et pour ma part, c’est vous qui me plongez dans cet inconnu. Comme vous le savez, j’ai grandi dans la république. C’est la première fois que j’ai la chance de rencontrer un prince. Cela me fait rougir de vous l’avouer, mais j’ai souvent rêvé au romantisme d’une vie de monarque... »

Soudainement, la moue de mon interlocuteur change.

« Ouais, romantisme... »

Je garde le silence. J’attends la suite.

« Je…La monarchie romantique, oui. Si ce n’était des acteurs, l’histoire serait effectivement poignante. »

« Que voulez-vous dire ? »

« Mes quatre frères. Des chacals illettrés qui s’entre-déchirent la couronne. Mais ils ne connaissent rien. Ils ne veulent que le pouvoir pour le pouvoir. Yarthiss est légende. Un joyau historique d’Imiftil. Le premier royaume du continent. Son histoire doit être protégée. En fait, Yarthiss devrait être une plaque tournante historique. C’est ici que les plus grands ouvrages sur l’histoire de Yuimen, passée et présente, devraient être écrits. C’est moi qui ai convaincu mon père de subventionner l’incroyable expédition de cinq ans d’Anathe. Nos ouvrages devaient être à jour sur Nirtim. Je suis arrivé à le convaincre d’une expédition, mais il a peur. Il n’arrive pas à prendre les décisions qu’il faut. Il tremble à l’idée de décevoir ses autres fils. Je devrais être son successeur. Ma position devrait être assurée! »

« Moi qui voyais ce roi comme un homme fort et solide. Vous piquez ma curiosité. Je donnerais cher pour le rencontrer, mais je dois respecter ma place en tant qu’étranger ! Quoi qu’il en soit, votre quête m’inspire. Je ne pourrais être plus en accord. Vous êtes visionnaire. »

« N’est-ce pas ! »


« Oui. D’où je viens, l’honneur occupe une place de choix dans la pyramide des vertus. Ynorie, c’est un peuple fier de ce qu’il est, mais surtout fier de ses racines. C’est par une connaissance d’où il vient qu’une réelle cohésion sociale s’installe, et que notre peuple se bat, ensemble, pour que sa nation maintienne le flambeau de sa fierté. »

« Merveilleux… »

« En bon monarque, votre roi devrait le comprendre. »

« Oui… »

Le regard du prince se perd un instant.

« Tu dis que tu veux rencontrer mon père ? »

« Cela serait un honneur, effectivement, mais je suis que trop bien que conscient de… »

« Demain, à sept heure, viens au château. Les gardes te mèneront à la salle à manger. »

« Mais que voulez-vous dire ? »

« Demain soir, tu dineras avec la famille royale. »

« Oh, sir, mais… »

« Il y a juste un détail. »

« Qu’y-a-t-il ? »

« C’est quoi ton nom, déjà ? »

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Dernière édition par Shiyo Kinshi le Ven 28 Déc 2018 04:23, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le château Hartefeld
MessagePosté: Lun 24 Déc 2018 23:49 
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IV

« Veuillez me suivre, monsieur Kinshi. »

Après la soirée avec Anathe et la nuit dans l’une des auberges quelconques, mais calmes, de la ville, la journée fut assez tranquille. À mes prières matinales succédèrent une journée à suivre ma partenaire. Elle me laissa son manuel le plus récent sur la géopolitique d’Imiftil. Nous nous sommes installées sur la même table de pierre autour de laquelle nous avions rencontré le prince. Elle commença son écriture. Je lus. Un après-midi charmant, vraiment.

Il est dix-huit heure et demie. Le château Hartefield se dresse une fois de plus devant moi. Cette fois, par contre, je peux enfin pénétrer son antre. Égrel, le serviteur au nez aquilin, me fait signe de l’autre côté de la grande porte.

Une fois les gardes passés, c’est dans le hall central que je dépose mes premiers pas. Je suis frappé par la fraîcheur environnante entre ces murs. Le hall, classique, agréable, se voit agrémenté, ici et là, de plusieurs productions artistiques. Parfois tableau, parfois statue, de nombreuses productions rendant hommage au Yarthiss d’autrefois. Une considération noble de la part du roi qui doit enchanter notre cher Nathan.

Le silencieux serviteur me guide ensuite à travers un long corridor. Encore ici, la décoration parle. Pour l’instant dépourvus d’une longue lignée royale, les portraits des cinq fils ornementent les murs. Afin d’occuper tout l’espace, une grande distance sépare chacun de ceux-ci. La métaphore me tire un sourire. Voilà le fossé séparant chaque frère depuis leur arrivée dans la royauté…

Rendu à l’autre extrémité, Égrel ouvre la porte toute grande et, protocolaire, m’indique de pénétrer. Je le remercie, puis m’avance dans la salle à manger. Une salle aménagée selon les goûts de l’époque. À l’immense table, deux personnes y discutent déjà.

Un jeune homme blond, qui doit encore être dans la vingtaine, toise son interlocuteur, d’une dizaine d’années son aïeul. À voir leur ressemblance aux tableaux, j’en déduis qu’ils sont frères, mais l’hypothèse, ici, s’avère difficile à concevoir. Deux êtres aux antipodes. Le jeune, si frêle, ne peut être comparé au colosse qui frappe son poing sur la table devant lui.

« L’incompétence de ces soldats conduira à la chute du royaume ! »

« Bah oui, parce que, clairement, Yarthiss se fait envahir par tous les elfes noirs du coin chaque fin de semaine… »

« Toi et ton sarcasme. Toi et ta naïveté ! C’est en pensant comme cela qu’on devient faible. Exactement ce que l’ennemi attend. »

« Mais quel ennemi Onir ? Quel ennemi ? »

Il peut être risqué d'interrompre deux princes en pleine discussion enflammée. Il l'est encore plus de rester là à les écouter sans s'introduire.

« Pardonnez-moi, messieurs. »

D’un seul mouvement, les deux locuteurs se retournent vers moi.

« Je ne voulais pas vous interrompre, mais j’ai eu la chance d’être reconduit jusqu’ici par votre serviteur. Je me nomme Shiyo Kinshi. »

Le plus robuste de me répondre :

« Onir Hartefield. »

Après un reniflement désinvolte, le blondinet enchaîne :

« Joshua Hartefield. Qu’est-ce que tu fais ici ? »

Son frère roule des yeux.

« C’est l’invité de Nathan, imbécile. Je ne peux pas croire… faut que tu sois un peu plus renseigné sur les allées et venu dans le château, Joshua. Je jure, ton attitude va mener à notre perte… »

« Et la tienne va mener à mon suicide. »

Onir fixe son cadet, complètement horrifié.

« Bon, ça en est assez. Monsieur Kinshi, j’ai besoin de votre aide. Si Nathan vous a invité, c’est que vous devez être éduqué. Pouvez-vous donner une leçon de politique à notre imbécile ici présent. Expliquez-lui l’importance de rester sur ses gardes lorsque l’on est de la haute. »

« En quoi consiste le débat ? »

« Mon frère, ici présent, chiale jour après jour de l’importance d’investir toujours plus dans nos services militaires. Il voudrait la milice la plus entraînée et la mieux équipée de tout Imiftil. Le problème, c’est que Yarthiss n’est pas en guerre depuis des décennies. Alors s’il voulait ne pas m’obliger à manger du pain sec pour qu’il puisse avoir son escadron de trébuchets, ça serait pas mal. »

« Juste à l’ouest, nous avons un royaume de perfide, très bien organisé, Tulorim. Ils attendent seulement que l’on baisse notre garde et… »

« Mais Tulorim n’en a rien à foutre de nous… »

« Je dois vous avouer que je ne peux me pavaner d’avoir une aussi bonne connaissance du contexte géopolitique d’Imiftil. J’ai lu sur cette dernière, mais un originaire de Nirtim n’oserait jamais croiser le fer de la culture avec des membres de la royauté de Yarthiss. À tous de moins, certainement pas leur propre culture. »

« Hum, de Nirtim. Ça explique les yeux bizarres. »

« Mes yeux rouges, en fait, proviennent plutôt de mes origines fam… »

« Je parlais pas de couleur. »

Je souris au jeune Joshua. J’aurais eu bien des choses à dire. Des idées de sujets pour les faire parler, créer contact, en apprendre sur eux. Les bruits de bavardages derrière la porte, cependant, m’annoncent que toutes discussions allaient être bientôt coupée.

Dernière moi se trouve le roi de Yarthiss, avec, à sa droite, notre fameux Nathan, et, à sa gauche, un autre individu dans la fin de la vingtaine. Un prince encore. Des cheveux noir coupé avec précision, un regard froid, désabusé, une expression faciale maîtrisée avec justesse. Des quatre que j’avais rencontrés jusqu’ici, il semble être le seul à ne pas être totalement dominé par ses sentiments.

Avec cette arrivée, je réalise aussi l’intimité de cette invitation. Sans fanfare ou troupeau de gardes, cela donne le ton. On m’avait ni plus ni moins invité au souper de famille des Hartefeld.

Évidemment, je me lève et complète d’une révérence. Le roi me rend un sourire doux. Je suis frappé par son attitude, doté d’une passivité complètement absente chez les fils. Puis l’âge, aussi. Un homme si vieux, pour un règne que je croyais si jeune.

« C’est donc vous, monsieur Kinshi. Nathan me parle à profusion de vous depuis qu’il vous a rencontré. Je suis bien curieux d’en apprendre sur Ynorie. »

« Mon peuple serait honoré de vous l’entendre dire. »

Tout en allant s’asseoir, sieur Hartefield enchaîne :

« Veuillez nous excuser pour la sobriété de votre accueil. Nous avons appris il y a à peine une heure que Nathan vous avait invité, voyez-vous. J'en déduis que vous venez de rencontrer Joshua et Onir. Voici Mathias. Le cinquième frère ne pouvait, malheureusement, être avec nous aujourd’hui. »

« Tout le plaisir de vous rencontrer, sieur Mathias Hartefield. »

Ce dernier me répond d’un hochement de tête approprié, sans me permettre de découvrir sa voix. De son côté, sans attendre, Nathan attaque.

« Bon, père, maintenant écoutez ce que l’ynorien a à vous dire. »

« Oui, Nathan m’expliquait que votre contré porte une grande importance à l’histoire. »

« Non ! Je savais ! Bordel, t’es pas sérieux Nath ? Inviter un inconnu à souper, et tout ça pour aller une fois de plus essayer de jouer dans la tête de père! »

« Toi, tu la ferme, Joshua. Les adultes éduqués ont une discussion sérieuse à avoir. Tu peux aller jouer dans tes bijoux, si tu veux. »

J’avais remarqué, effectivement, le lot d’orfèvrerie imposant, bien plus important que ses congénères, que le jeune Joshua pavane.

« N’empêche que Joshua a raison, Nathan. Tu utilises cet étranger, qui a parcouru la mer au périple de sa vie, pour tes propres desseins égoïstes. La meilleure façon de se faire des ennemies par-delà le continent. »

« Mais, j’ai pas… j’utilise pas ce gars. Il voulait rencontrer le roi. Moi, j’en profite pour donner en cadeau un peu de connaissance transcontinental à mon paternel. »

« L’hypocrisie de Nathan à son meilleur. »

« Le fiel de Joshua à son pire. »

Je ne dis absolument rien. Cela n’est pas ma place. Je me contente d’observer. Les trois frères, presque à demi levés de leur chaise, s’envoient salve après salves d’insultes. Le roi, de son côté, constate la situation avec une lassitude et une tristesse taillée par des années d’impuissances. Mathias, de son côté, me fixe sans perdre la moindre contenance.

Finalement, le roi se décide à parler.

« Monsieur Kinshi, vous vouliez me rencontrer. »

Les frères se taisent.

« Oui. Je n’aurais jamais osé penser que cette fantaisie puisse se réaliser, mais j’ai mentionné à votre fils que je rêvais de rencontrer l’homme derrière Yarthiss. J’ai appris à connaître les hommes au-delà des titres. Leur psyché passionnante se voit dotée d’une plus belle humanité que la place publique aimerait leur en donner. Ma première pensée à mon arrivée en cette ville était de rencontrer l’homme qui la soutient, au-delà des ouvrages historiques et politiques. »

« Vous me semblez être un jeune homme fort intéressant. »

Moi et le roi nous sourions. Les autres frères, incrédules, écoutent sans trop savoir quoi faire dans cet échange dénué d’hostilité. Sauf Mathias, qui ne lâche pas sa proie. Moi, en l’occurrence.

Suite »»

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Dernière édition par Shiyo Kinshi le Lun 28 Jan 2019 17:06, édité 6 fois.

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 Sujet du message: Re: Le château Hartefeld
MessagePosté: Ven 28 Déc 2018 04:21 
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V

L’intervention authentifie enfin ma place de convive à cette table. Au gré des services de potages, de volailles et même de quelques crustacées mouillées dans l’ail, nous voguons de discussions en discussions. Nathan, fixé sur ses plans, me relance régulièrement la balle afin que je discute de la relation privilégiée d’Ynorie avec sa culture. J’embarque dans le jeu, mais je ne veux en même temps m’éterniser, sans quoi je vais me mettre à dos le reste de la fratrie. L’exercice reste heureusement bien simple pour moi, puisque les différents nobles se disputent d’eux-mêmes la place à travers ces débats. Il ne me suffit que de me laisser guider d’une question sur l’entraînement militaire, aux banquets diplomatiques, en passant par l’éducation de nos jeunes. Nathan et Onir cherchent à prouver leur point, Joshua et le roi semblent simplement intéressés. Il n’y a que Mathias, stoïque, qui ne se mêle pas à l’engouement.

Les tartes se mangent. Les verres se remplissent et se vident à des rythmes accélérés. L’heure tardive et l’alcool font leur effet. Le discours escalade une fois de plus. Onir, Nathan et Joshua se rendent aux cris, jusqu’à ce qu’ils quittent la table, en furie. Le roi, visiblement mal à l’aise, s’excuse de l’incident. Il m’annonce qu’il m’attend au salon dans trente minutes pour un digestif, puis quitte la table. Égrel réapparaît à mes côtés, prêt à me guider vers cedit salon.

« Ça va Égrel, je m’en occupe. »

Je me retourne avec surprise vers Mathias. Il attend, patiemment, que le serviteur quitte les lieux. Toujours aussi posé, il redépose ses deux pupilles d’ivoires sur ma personne.

« Alors que voulez-vous, exactement? »

J’ai souvent eux des interlocuteurs surprenant dans mes échanges. Ayant été élevé parmi les soirées mondaines, j’ai eu mon lot de nobles excentriques. Je sais comment garder contenance devant l’inattendu. Cette fois, cependant, trois longues secondes s’échappent avant que je ne puisse évaluer ma situation.

« J’ai remarqué que vous restiez plus en retrait durant le repas. Un étranger, comme moi, qui se voit invité à un repas si intime… J’espère que la situation ne vous a pas choqué. Ai-je fait quoi que ce soit pour vous manquer de respect ? »

Impassible, il me répète.

« Qu’est-ce que vous êtes venu chercher, exactement ? »

Je me tais. J’avais visé juste. Ce prince est bien différent de ses frères.

Le ton de ma voix change. Les cordes vocales se libèrent du protocole. L’authenticité reprend ses droits.

« À créer des liens. »

L’homme m’observe, en silence. La vraie discussion commence.

« Et vous ? »

« Je me doute bien que le fils d’un homme politique ne traverse pas jusqu’à l’autre continent, seul, pour profiter d’un peu de tourisme et de camaraderie. Nathan est naïf, l’a toujours été, mais, vous, pourquoi vous avez sauté sur son offre, c’est la question que je me pose. »

« Pour créer des liens, vraiment. Je vous dis la vérité. Je viens d’une famille politique, comme vous dites, et je sais trop bien que les empires se bâtissent sur les alliances. Ma famille est ambitieuse. Partager ces ambitions au-delà de notre continent ne peut qu’être bénéfique pour tous. Je tiens à vous rassurer. Je n’ai aucun but précis envers Yarthiss. Aucun objectif dans sa politique. Je vous le dis. Je cherche à créer des liens, tout simplement. »

« Vous me semblez quelqu’un d’intelligent et d’habile, monsieur Kinshi. Et je crois que nos intérêts pourraient se rejoindre. »

Mes pupilles se dilatent. Mon pouls s’accélère. Je sens le frisson exquis de l’ampleur me brûler l’échine.

« Vous avez bien remarqué, chacun de mes frères à plus ou moins une idée de ce que le futur de Yarthiss devrait être. Pour ma part, c’est le commerce et l’économie qui m’intéressent. Une ville saine est une ville riche. Nathan vous a déjà donné le mandat de convaincre père des vertus de l’histoire et de la culture. Cela était évident. Mais si vous voyez aussi clair que je le pense, vous savez comme moi qu’il y aura bien peu de retours du balancier. Il vous utilise et vous tentez de retirer le plus que vous pouvez par vos propres moyens. »

La bouche entrouverte, sans trop y apporter d’importance, je sens mon souffle me dessécher les lèvres.

« Vous sentez sans doute aussi que je comprends l’importance d’un intérêt commun. Si vous m'aidez à faire comprendre au roi à quel point il serait judicieux de me considérer dans la succession, je n’en ai qu’à gagner de vous en faire un ami. Bien plus qu’un souper, je dois le pousser vers vous. M’assurer que vous restez dans ses bonnes grâces. »

Il se lève, arpente un pas à la fois la longueur de table qui nous sépare tout en continuant à parler.

« Mon père vous aime bien. Et vous êtes ''hors du débat''. Alors il a toutes les raisons de vous faire confiance. Voilà pourquoi je vous propose cette alliance aujourd’hui. »

Il s’arrête devant moi, me tend la main.

« Alors, monsieur Kinshi, voulez-vous ''créer un lien'' ? »

Je n’ai presque pas dit un mot. Pas un seul. Mais je n’en avais pas besoin. Parfois, la diplomatie, c’est simplement savoir saisir l’occasion lorsqu’elle se présente.

Je me lève, puis je serre la main de Mathias Hartefield.

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Dernière édition par Shiyo Kinshi le Mar 26 Fév 2019 00:56, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le château Hartefeld
MessagePosté: Mar 26 Fév 2019 00:38 
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VI

L’adrénaline ne s’est toujours pas évaporée de mes veines lorsque j’atteins le salon. C’est Sieur Mathias Hartefield qui m’a reconduit pour m’y laisser seul en attendant le roi. Un pas devant l’autre, frôlant la titubation, je me traîne jusqu’au fauteuil attenant à la fenêtre. Dehors, l’obscurité reprend ses droits. Que quelque mètre de jardin se trouve encore baigné par la lueur des torches. Pour me sentir vivant, j’ouvre la fenêtre. Je me laisse envouter dans la fraîcheur de la nuit. La sueur, prisonnière entre ma peau et mes habits, se gorge de cette température. Je prends conscience de ma chemise, de mon veston. Du poids de ma chevelure. Du battement effréné de mon sang à travers mes tempes. Un rongeur, au pied du bâtiment, cherche frénétiquement dans la terre. Cet être empli de vie, de peur, d’envie. Je laisse tranquillement mon excitation se reposer sur la bête. L’animal s’arrête, soudainement inquiet.

Le craquement de son minuscule cou résonne jusqu’à mes oreilles.

La porte s’ouvre. Le roi est arrivé et, au même instant, son garde personnel, un serviteur et le nécessaire à café.

«Eh bien, monsieur Kinshi, comment avez-vous trouvé le repas ?»

Il ne me prend pas plus d’une seconde pour reprendre contenance. J’oublie en un instant la nouvelle maîtrise de ma Main sombre, pour me lancer dans une discussion mondaine sur la qualité de la viande, la faune d’Imiftil, ses différents paysages. Je me fais agréable, charmant, pertinent. Le roi en semble charmé. Nous discutons de mes propres projets de voyages. Mon interlocuteur en vient à me proposer d’accompagner son fils Joshua dans sa prochaine escapade commerciale à Tulorim. Il m’offre quelques sous pour ma traversée. Après un moment, le garde se voit demander par son souverain de le laisser et d’attendre derrière la porte. Les sujets bifurquent alors d’eux-mêmes vers la direction tant convoitée. Sans que je fasse le moindre effort, le roi aborde lui-même la confidence.

«Oui… une belle visite que vous allez avoir à travers ce continent. Déjà, je suis comblé de voir que vous vous dites satisfait de votre passage à Yarthiss. J’avais peur que les évènements du souper vous aient laissé un goût amer.»

«Vous gardez cette inquiétude par rapport à vos fils... »

Le monarque sourit tristement.

«Vous l’avez bien vu. Tout semble tourner autour de la succession et de la gouvernance de Yarthiss. Chacun à sa petite idée de ce que Yarthiss devrait être. Chacun veut la couronne.»

«Leur divergence d’opinions est-elle si grande ?»

«Mon dieu, oui… Si on prend seulement les quatre que vous avez vus aujourd’hui. Nathan veut faire de Yarthiss une ville d’histoire et de culture. Selon Onir, c’est dans l’armé qu’on devrait investir. Pour Mathias, un bon roi devrait focaliser son attention sur la prospérité économique.»

«Et Joshua ?»

«Joshua, lui, est simplement épicurien. Pour lui, être roi, c’est pouvoir profiter de la vie au maximum.»

Je laisse quelques secondes s’écouler. Laisser le roi se perdre dans ses sombres pensées, son regard planté dans le vide derrière moi.

« Et, dans tout cela, selon vous, qui devrait vous succéder ? »

Encore une fois, le regard toujours à la dérive, il m’offre son triste sourire.

« C’est une excellente question. Vous voulez vraiment savoir ? »

« Bien entendu. »

« C’est Joshua, justement. »

Je redeviens l’élément principal de son champ de vision. Il s’attend à ce que la révélation fasse effet. Il me faut, effectivement, de grands efforts pour transformer mon incrédulité en surprise intéressée.

« Je suis surpris, je dois avouer. Je suis bien curieux en ce qui à trait à vos motifs... »

« Mes années d’expérience m’ont appris qu’être un bon roi, c’est avant tout savoir écouter son peuple. C’est de préserver la balance entre les différents intérêts. Avec les fortes convictions de mes fils, ils s’arment tous d’œillères pour aller dans leur direction sans écouter personne. Sauf Joshua. Joshua veut être roi pour le simple plaisir d’être roi. Son but sera de garder la couronne dans un royaume prospère, et il saura faire le nécessaire pour protéger ce privilège. Comme d’éviter un soulèvement général. Ou la faillite. Ou de se faire envahir par une ville voisine. »

Expliqué comme cela, le raisonnement s’avère moins stupide qu’il en a l’air. Je hoche de la tête, le regard perdu dans mes pensées comme mon interlocuteur il y a quelques instants.

« Vous croyez en ses valeurs, donc. Que pensez-vous de ses capacités ? »

« Encore une fois, vous posez d’excellentes questions! C’est ce qui me tracasse le plus chez Joshua. Il reste le moins éduqué, le moins mature… ça m’inquiète, il va sans dire. »

« Et qui serait le plus éduqué? »

« Les autres frères sont plutôt égaux sur ce terrain. Il en est de même pour la maturité. Sauf peut-être pour Nathan. Pour être tout à fait honnête, au jour d’aujourd’hui, Nathan serait mon dernier choix.»

Comme quoi, j’ai bien fait de miser sur un autre cheval…

« Ainsi, si on tasse Nathan de la question, vous avez un fils qui désire préserver la couronne, mais n’en a peut-être pas les capacités et deux autres qui seraient trop bornés dans leur conviction. Et le cinquième ? »

« L’aîné qui croit que la couronne lui revient de droit par son âge. »

« Vous semblez vouloir l’éliminer aussi ? »

« C’est exact. Vous expliquer serait trop long. »

« Hum… je dois vous avouer que, ne connaissant pas assez vos fils, je me repose sur les informations factuelles : à savoir que Joshua a moins d’éducation. »

« Oui, j’ai eu beau lui donner d’excellents enseignants toute son enfance, il n’est pas des plus studieux. »

« Et pour les deux autres fils, êtes-vous en désaccord complet avec leur conviction ? »

« Hum… je dois vous avouer qu’Onir me fait réfléchir. Après les quelques incidents des dernières années… Savez-vous que Joshua a déjà été attaqué alors qu’il sortait en charrette ?»

« Ah oui ? »

« Oui, un groupe quelconque… avec un gobelin, il me semble… »

Je n’aime pas la tournure. Le fils de cet échange me glisse entre les doigts.

« Alors si je comprends, vous commencez à craindre pour votre sécurité ? »

« Oh, moi ? Non, pas tout à fait. Surtout celle de mes fils. »

« Et au niveau économique ? »

« Yarthiss n’a pas à se plaindre sur ce point. Solidement appuyé sur son textile et son bois.»

« Hum… »

Je reste silencieux, le front creusé. Le roi remarque.

« Vous pensez à quelque chose. »

« Simplement que… votre royaume me rappelle vraiment ma république. »

« Ah oui ? »

« Du textile et du bois de qualité. Un produit fort apprécié, mais qui reste un produit de luxe. Chez nous, il y a le thé, les épices. J’ai souvent entendu le même discours. Cette inquiétude. Car la popularité de ces produits, bien que très grande, demeure volatile. Les modes changent… Il faut être habile économiquement pour survivre aux aléas de la culture »

« Un point fort intéressant. »

« Mais bon, cela n'est que des craintes qui ne se sont jamais concrétisées. Je vous embête inutilement avec ces pensées ! »

« Non, non ! Ce commentaire était très pertinent, en fait. J’ai un certain instinct de marchand, vous savez, hérité directement de mes parents. Ce que vous dites a beaucoup de sens. »

« Mais vous n’avez pas besoin d’inquiétudes supplémentaires, vous avez déjà ces attaques, dont vous me parlez, à digérer ! »

« Ah, quand même… Ces histoires commencent à prendre de l'âge. C’est du futur, que nous parlions, non ? »

Une fois encore, j'échange un sourire avec le monarque.

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