L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Jeu 1 Mai 2014 17:36 
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C'était trop idiot. Ils avaient réussi tous deux à se sortir d'une situation où ils auraient pu perdre la vie. Et maintenant, ils se retrouvaient enfermés dans un four. Il suffisait que l'Exilé arrive à cet instant pour en finir avec eux deux. Ils devaient absolument se dépêcher de sortir.
Pourtant, si Goont se rendait compte de l'ampleur du danger, Rawf ne semblait plus aussi effrayé qu'avant. Au contraire, il fit un tour sur lui-même avant de se coucher en plaçant ses pattes avant sous sa gueule.

"Bon sang Rawf ! Ce n'est pas le moment de dormir !"

"C'est sécuritaire ici, rawf. Et il fait chaud. J'ai besoin de repos."

C'est alors que le mage se rendit compte d'un détail important dans la construction de ce four. Il était grand, très grand puisqu'il semblait capable de comporter plusieurs corps. Même Rawf avait su se tenir debout, totalement redressé, avant de se coucher. Et puis il y avait autre chose dont il s'était rendu compte seulement au moment où le loup s'était exprimé. Il "faisait chaud", c'était vrai. Et pourtant, pas de combustible sous eux. Seulement de la cendre et des ossements. Mais en dégageant la cendre du revers de la main, Hivann s'était rendu compte que la plaque juste en dessous d'eux était encore chaude. Pas d'une chaleur très grande, mais simplement tiède.

"Depuis combien de temps tu n'as pas entendu le four être allumé, Rawf ?"

"Sais pas... rawf. Pas le temps ici. Pas de soleil au dessus."

"Essaie de te rappeler. Tu as dormi beaucoup de fois depuis la dernière fois qu'il a brûlé ?"

"Je fais que ça, n'ai rien d'autre... Mais oui, j'ai beaucoup dormi."

Goont comprenait alors. L'Exilé ne pouvait pas avoir de combustible ici bas. Il n'avait que des ruines et de l'eau. Et puis ce four nain avait dû servir il y avait plusieurs siècles, milliers d'années. Et les nains étaient habiles pour la forge d'objets. Cette plaque en dessous d'eux, ce n'était pas une simple grille sur laquelle faire brûler les corps.

"On est sur du Xiuhl !"

"Qu'est-ce que c'est ?"

"Du métal élémentaire de feu... Umordîl m'avait dit que la magie n'était pas une spécialité des nains, alors ils se rattrapaient en utilisant principalement des enchantements sur les métaux qu'ils forgeaient."

En disant cela, Goont eut une pensée pour la bague qu'il arborait grâce à son ancien compagnon. Elle lui permettait d'annuler toutes les magies qui s'adressaient à lui. C'était probablement la seule chose qui pouvait le protéger de la manipulation mentale de l'Exilé.

"S'ils n'utilisaient pas eux-mêmes la magie pour exploiter ce métal, ils ont dû le faire autrement. Ce four n'est pas alimenté, c'est ce métal qui doit être "stimulé" quelque part. Je suis sûr que si on arrive à retirer cette plaque, on devrait trouver des conduits de mana qui activent ce métal. Les fluides sont plus chers, difficiles à trouver. Le mana général a dû suffire pour faire marcher ce four pendant autant d'année."

Rawf regardait Goont, incrédule, incapable de comprendre ce charabia de mage. Mais la conviction avec laquelle ce dernier avait expliqué les détails de sa découverte suffirent à pousser le liykor à aller gratter les angles de la plaque de Xiuhl. Et très vite, il réussit à trouver de grands écrous. Ils étaient solidement fixés, mais quand il essaya d'en faire bouger un avec la force de ces doigts, il réussit à le faire tourner doucement.
Ils avaient leur potentielle sortie.

"Bien joué, félicita Hivann. Essayons d'en faire bouger chacun de notre côté. Puis on retirera la plaque."

Ils commencèrent alors à s'attaquer à leur besogne. Mais à la surprise du mage, Rawf semblait moins réservé et davantage curieux qu'avant. Il avait commencé à parler.

"Comment vous vous appeler, rawf ?"

"Hivann Goont."

"Vous êtes d'où ? Pourquoi vous êtes en bas ?"

"J'étais au dessus, dans la nouvelle Mertar. Mais avant ça, j'étais en Ynorie."

[i]"Et pourquoi vous êtes descendus, alors ? Avec votre ami, rawf. C'est pas bien ici."[/i]

"Je suis là pour récupérer un fusil."

"Qu'est-ce c'est ?"

"Une arme."

"Pourquoi vouloir sa vie pour une arme ?"

Il y avait quelques heures, Hivann n'aurait jamais imaginé devoir se justifier face à un liykor déviant. Et pourtant, cette seule question avait suffi à éveiller en lui une certaine culpabilité. C'était par envie, orgueil et peut-être même par mégalomanie qu'il avait voulu ce fusil. C'était la seule arme qui pouvait lui permettre de retrouver une puissance à la mesure de celle qu'il avait eue auparavant. Ses fluides ne suffisaient plus, mais la poudre et l'utilisation de balles en métaux élémentaires pouvaient tout changer. Retrouver cette puissance, c'était aussi retrouver la gloire perdue de sa famille. Garantir à sa lignée une véritable notoriété.

"J'en avais simplement besoin." répondit-il l'air grave.

"Ce doit être une arme très puissante, rawf." conclut le loup, sans chercher davantage.

Goont n'avait pas la force nécessaire pour retirer les écrous comme il convenait, mais Rawf avait déjà réussi à en enlever quelques uns. Bientôt, ils allaient pouvoir retirer la plaque.

"Et toi, alors ? Comment se fait-il que tu sois ici ?"

"Je ne sais plus."

"Tu ne sais pas depuis combien de temps tu es là ?"

"Longtemps, ça je sais, rawf. J'étais encore jeune, me souviens."

"Mais... Pourquoi a-t-il décidé de te garder si longtemps ?"

"Ça je sais, rawf. Je suis le seul loup. Il a des animaux, des humains, des nains et même des elfes parfois. Mais pas de loup. Il m'a gardé pour ça."

C'était normal, vu ce que Goont avait pu connaître de cet Exilé. Il devait expérimenter plusieurs sortes de manipulation mentale sur les personnes qui viennent ici. Mais à Mertar, il n'y a pas tellement de loups. Les races elfiques, humaines et naines voyagent beaucoup, mais les loup beaucoup moins. Et dans les environs, il n'y avait que les fujoniens, qui semblaient se complaire dans leur réclusion. En termes d'expérimentations, Rawf était une perle rare pour l'Exilé.

Mais heureusement, ils commençaient à former leur brèche. Les écrous avaient été enlevés pour la plupart, et le vieux bratien avait déjà commencé à retirer la plaque avec ses bras puissants. Elle semblait bien plus fine que ce que Goont avait imaginé, et malgré ses propriétés magiques, elle sembla se tordre sans trop de problèmes.
Et comme l'avait suggéré Goont, il y avait ces conduits salvateurs. Des espèces de câbles dans une matière étrangement molle et transparente. Et dans ces câbles, le liquide bleu qui alimentait le Xiuhl. Sans attendre, le mage en attrapa un, l'arracha de la plaque et le porta à la bouche. Presque Goulûment, il avala de lourdes gorgées de mana avant de jeter le câble dans le compartiment où il l'avait trouvé, parmi les autres, afin d'éviter tout contact entre le liquide et le métal.

"C'est dégoûtant, fit-il avec une grimace. Mais avec ça, on va pouvoir sortir."

Il posa alors les mains de chaque côté de la grande porte du four. Puis il ferma les yeux, tandis que Rawf essayait encore de comprendre la manœuvre de son compagnon d'infortune. Le mana que venait de boire Hivann n'était probablement pas vraiment pur, mais il suffit à réveiller en lui les fluides de terre qui s'étaient rendus absents depuis déjà trop longtemps. Une sensation granuleuse parcouru alors ses veines jusqu'à ce qu'elle envahisse les paumes de ses mains. Il fallut une longue concentration, de plusieurs minutes, avant que les extrémités de la porte de fer ne se mettent à littéralement fondre sous son influence magique. D'ordinaire, il aurait dû se concentrer bien plus longtemps, mais il ne comptait pas modeler cette porte : seulement l'écarter.
Quand il eut terminé sa besogne, la porte était encore accrochée, mais il n'avait pas encore décidé de l'écarter.

"Rawf, tu peux la porter ? Je ne veux pas qu'elle tombe sur le sol. Ça alerterait tout le monde et je tiens encore à ma vie."

"C'est vrai sécuritaire dehors ?"

"Plus qu'ici. On ne peut pas rester dans ce four. On sort, on prend ce qu'il faut et on quitte cet endroit pour de bon."

A très les ouvertures qu'avait faites Hivann, Rawf y plaça ses pattes pour pousser la porte autant qu'il le pouvait sans la faire tomber. Elle semblait bien lourde, vus les tremblements que l'effort lui procurait. Mais il réussissait petit à petit à la retirer. Très vite, elle fut définitivement en dehors du compartiment que formait le four. Mais il ne put pas avancer davantage.

Un hurlement retentit à l'extérieur, à l'encontre du four. Trop humain, il ne pouvait pas appartenir à l'Exilé, mais les deux pauvres diables surent identifier très vite à qui ce cri appartenait. Car le tranchant d'une hache traversa littéralement le métal, s'arrêta à seulement quelques centimètres du museau de Rawf. Aidé par une impulsion de terreur, ce dernier projeta alors la porte avec une force phénoménale, emportant le nain avec elle. Un répit de quelques secondes, qui permit au liykor et à l'ynorien de sortir de leur tombeau.

"Tu ne l'as pas senti ?" fit Hivann, presque outré par une telle erreur, bien loin de sa nouvelle empathie.

"La cendre et les épines ! J'ai pas senti !" jappa-t-il gravement.

Mais ils ne purent communiquer davantage. Le nain s'était relevé et avait simplement rejeté la porte sur lui. Sa force nouvelle ne concernait donc plus seulement sa manipulation mentale et l'absence de douleur qui le faisait marcher : il était réellement puissant. Et dans cette salle, ils n'allaient avoir d'autre recours que celui de le vaincre.

"Nous allons devoir nous battre, Rawf !"

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Dim 22 Juin 2014 18:31 
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Peut-être était-ce la peur, ou encore l'instinct animal, mais Rawf n'eut pas besoin d'attendre les ordres de l'ynorien pour commencer à se défendre face au nain. Et s'il paraissait auparavant très vieux et fragile, il lui suffit d'une impulsion pour montrer une force hors du commun, quand l'on se rendait compte de l'enchantement qu'avait subi Umordîl. Après tout, ce dernier avait tout simplement tranché un de ses congénères en deux, emportant la table de torture avec sa hache. Et bien le liykor avait réussi à esquiver quelques coups, jusqu'à bloquer une attaque en attrapant le manche, alors que la lame s'apprêtait à lui happer le museau.

Il n'avait fallu que quelques secondes pour que se déroule ce début de combat, et au moment où le loup attrapa le manche, ce fut un véritable duel de force qui opposa les deux protagonistes. Deux monstres de puissance qui se battaient pour posséder la hache qui porterait le coup final.

Mais Hivann, lui, ne pouvait encore rien faire. Le mana qu'il avait bu ne lui avait permis que de faire fondre la porte du four. Il n'avait pas assez de réserves pour porter une attaque intéressante et cette lutte risquait de lui faire toucher Rawf, son seul compagnon susceptible de l'aider à sortir d'ici. Il avait besoin d'aide.
En sortant du four, ils n'avaient alors pas pris le temps de regarder autour d'eux, tant le danger s'était imposé de lui-même. Mais cette nécessité de trouver un semblant d'aide devint une priorité pour Goont, qui remarqua alors que la truffe de Rawf ne l'avait pas trompé. Ils étaient bel et bien dans ce qui semblait être le bureau, ou la salle de travail principale de l'Exilé. Car il y avait une quantité admirable d'objets insolites sur des meubles de pierre, probablement taillés par les nains. Des créatures que le mage ne pouvait identifier, conservées dans du formol... Des gemmes probablement magiques traînant ici et là... De nombreuses fioles de potions entreposées maladroitement sur des étagères, dont il ne pouvait pas encore en reconnaître le contenu, mais qui témoignaient la finesse de l'odorat du loup...
Et comme une bénédiction de Zewen, il eut la chance de voir des objets qu'il reconnut au premier coup d’œil : Sur une table à côté de pièces thorkines inconnus, se trouvait justement son encensoir, auquel étaient accrochées de nombreuses petites gemmes grâce à d'étranges câbles forgés dans un métal inconnu. Et encore à côté, un objet plus insolite encore, car il n'y avait pensé qu'en rêve... une arbalète. Exactement comme celle que cette "Hélène" lui avait offerte alors que tout ceci n'était qu'une illusion. Peut-être n'était-ce qu'un hasard, auquel cas Zewen lui aurait adressé une véritable bénédiction. Ou alors il avait su repousser les limites de son inconscient pour deviner un élément de son futur. Quoiqu'il en soit, il avait une certitude en regardant sa bague... Il ne rêvait pas.

Mais il ne pouvait pas se poser davantage de questions. S'il traînait trop, Umordîl risquerait de remporter sa lutte sur Rawf. Le mage bondit alors sur ses affaires et attrapa premièrement l'arbalète, y chargeant maladroitement son carreau. Car si dans son rêve, il avait le souvenir d'avoir chargé et tiré rapidement, il se rendait bien compte que là, tout était différent. Il fallait avoir un entraînement et une force considérable pour tendre la corde jusqu'au bout !

"Monsieur Goont ! Rawf ! Aidez-moi !" hurlait le bratien qui tentait encore de tenir sa position.

Il tira sur la corde aussi fort qu'il le put, jusqu'à voir sa chair être entaillée par celle-ci. Mais enfin, il réussit à atteindre le loquet, au prix d'une douleur considérable et d'une irrémédiable crampe aux phalanges. Cela ne l'arrêta pourtant pas : il attrapa l'un des carreaux qui traînait sur la table et le posa sur l'arme. Mais contrairement à ce qu'il pensa, viser s'avéra plus difficile qu'il l'escomptait... Car il lui manquait un élément qui changeait tout : ses lunettes.
Il avait bien réussi à fuir l'Exilé, en se basant essentiellement sur la lumière du couloir comme objectif, et en tâtant le sol aux alentours. Mais ici, il ne pouvait pas se permettre de ne pas être précis : s'il ratait sa cible, non seulement Rawf risquait d'être blessé, mais en plus, quoiqu'il arrive, Umordîl réussirait à prendre le dessus.

Alors il se concentra... Il se concentra autant que possible, car il savait que la magie ne pouvait pas l'aider cette fois-ci. Goont n'avait tenu d'arbalète que dans ses fantasmes, et il était bien incapable de se battre avec une épée. Depuis sa plus tendre jeunesse, il ne s'était concentré que sur l'usage de la magie, et il devait admettre que maintenant, une formation martiale lui manquait cruellement...
Mais il connaissait l'existence de cette fameuse source de puissance qu'utilisaient ceux qui se battaient. Le Ki. Un feu intérieur qui se révélait lors d'un effort physique, et plus particulièrement quand il s'agissait de se battre. Certains étaient même capables de le matérialiser des éléments susceptibles de blesser leurs ennemis grâce à cela. Ce n'était pas aussi puissant que la magie pure selon Hivann, mais il pouvait toujours essayer de comprendre comment cela fonctionner, sans avoir à porter d'études sur la chose.

"Concentre-toi. Si un homme comme Porick est capable d'utiliser ce genre de chose, tu en es capable."

Porick, cet imbécile heureux qui lui avait sauvé la vie, doté d'une force exceptionnelle et malgré tout capable d'une concentration exemplaire au combat. Si cet homme pouvait utiliser le Ki, pourquoi Goont ne le pourrait-il pas ? Il devait apprendre là, à l'instant, dans l'urgence, ou tout serait fichu.
Il voyait dans ses yeux troubles les silhouettes du loup géant et du nain sans pieds. Il voyait le rouge qui s'étalait sous eux et l'immense hache qui les séparait. Mais impossible pour lui de garder son arme droite, sans qu'il ne se mette à trembler. Et puis il commença à avoir peur. Pas seulement pour lui, qui ne voulait pas finir ses jours sous terre, laissant sa famille seule. Mais aussi pour Rawf, qu'il avait extrêmement vite apprécié. A qui il avait promis, sans même vraiment le connaître, qu'il ne le laisserait pas...

Et d'un coup, tout devint plus clair. Cette peur lui avait tiraillé les entrailles, mais elle avait alimenté un nouveau feu en lui. Il n'était pas sûr que cela soit bien ce que les gens appelaient le Ki, mais quand il commença à ressentir sa capacité à le modeler, puis à le déplacer dans son corps, il comprit qu'il avait raison. Et cela n'avait finalement rien à envier à la magie, qu'il utilisait de la même manière.
Il conduit alors sa nouvelle force à travers son corps entier, et plus précisément dans ses bras. Il arrêta de trembler. Puis dans ses yeux. Et il commença à mieux voir.
Puis dans cette nouvelle capacité à se focaliser sur l'ennemi, il eut presque la sensation que le temps se ralentissait. Il ne voyait plus seulement une masse informe, mais bien l'ennemi qu'il devait atteindre.

L'arme se leva, pointa directement vers la tête du nain...

"Rawf, dégage-toi !"

Le loup, dans un élan de force exceptionnel, rejeta l'arme qui menaçait de s'abattre sur sa poitrine avant de plonger au sol. Et alors le trait fila à une vitesse incroyable. Le peu de distance entre Umordîl et l'ynorien contribua à rendre le trajet du projectile imperceptible, et la force de jet de l'arme fut telle qu'elle traversa la gorge du nain pour aller se planter dans le mur de pierre juste derrière lui. Un jet de sang intense jaillit de la chair fragile du petit être sans armure, et ses grandes mains vinrent attraper la blessure alors que sa barbe se tintait un peu plus de rouge, laissant tomber son énorme hache.
Et alors, un dernier regard fut adressé au vieux mage. Ce n'était plus l'espèce de rage aveugle qu'il avait adoptée quand l'Exilé avait pris possession de lui... C'était un regard de panique. Il savait qu'il allait mourir et on pouvait lire sur ses yeux à quel point il avait peur et comme il avait besoin d'aide. S'il avait pu crier, il l'aurait fait, mais tout ce qui sortit de sa bouche ne fut qu'une gerbe de sang et un gargouillis infâme.

Un instant, il leva la main en se dirigeant vers Goont, mais il perdit vite l'équilibre et chuta sur le flanc. Il ne suffit que de quelques secondes pour qu'une flaque vienne se créer autour de lui, alors que le loup et le mage restaient figés. Non pas parce qu'ils ne voulaient pas l'aider, mais parce qu'ils avaient bien vu comme tout avait changé dans son regard.
Dans un silence pesant, sous les ruines d'une cité ancienne, Umordîl rendait l'âme dans la solitude.

"Hivann Goont, rawf... Il n'était pas méchant... Je l'ai vu, il n'était pas méchant. Il était pas comme lui."

"Je sais, Rawf."

----------------------------------
Tentative d'apprentissage :
Focalisation :
L'archer-mage mobilise toute sa concentration et sa maîtrise pour augmenter considérablement ses chances de touche les [lvl du PJ/3] prochains tours. (maîtrise AJ+30%)

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Mar 1 Juil 2014 20:40 
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Umordîl était mort. La première personne à avoir accompagné Goont dans ces tréfonds et à l'avoir protégé n'était plus. Lui et Rawf allaient devoir partir seuls, et il appréhendait déjà les excuses qu'il allait devoir donner à sa fille, Sujima. Elle et ce nain semblaient être proches, sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi. Mais la raison de cet attachement l'importait peu : il s'agissait pour lui de savoir comment il allait faire comprendre à sa fille qu'il avait tué son ami.
Il se tourna alors vers le loup. Lui seul connaissait la vérité. D'ordinaire, il aurait bien tenté de l'assassiner pour trop le connaître, mais ils étaient alliés et ils avaient besoin l'un de l'autre pour sortir d'ici. Et puis, ils étaient tous deux responsables de ce meurtre... Il l'attrapa tout de même par les épaules et tourna le géant velu vers lui.

"Rawf, il faut que ce meurtre reste entre nous."

"Il nous a attaqué, répondit le liykor, incertain. Ce n'est pas notre faute."

"A la surface, des gens ne se poseront pas la question. Il faut que ça reste entre nous. Umordîl est mort, tué par l'Exilé. C'est ce qu'il s'est passé au fond. Les gens n'ont besoin de savoir que cela."

Le loup hésita un long moment. Puis après avoir regardé le corps gisant d'Umordîl, il eut l'air de réaliser quelque chose. Comme s'il se rendait compte qu'il ne voulait pas finir de la même manière. Alors il acquiesça finalement, ce qui eut pour effet de provoquer un râle de soulagement au mage.
Mais la surface était encore une menace lointaine, Hivann s'en rendait compte seulement maintenant. Si le nain était venu les cueillir ici, l'Exilé allait débarquer d'ici peu de temps. Dès qu'il réalisa dans quel danger ils étaient, il se mit à inspecter les lieux plus assidûment, donnant même des ordres à son compagnon d'infortune.

"Trouve quelque chose qui puisse te servir de sac. Prend des fioles, tout ce qui peut servir. Pense aussi à prendre une arme."

En lui disant cela, l'ynorien s'était presque jeté sur l'une des fameuses étagères qui supportaient quantité de liquides différents. Son expérience de mage lui permit de reconnaître bien facilement lesquelles étaient susceptibles de l'aider. Il engloutit alors deux fioles bleues, manifestement remplies de mana et il sentit très vite ses fluides renaître et circuler librement à travers ses veines. Fort d'une nouvelle énergie, moins fatigué, il laissa Rawf remplir sa charge alors qu'il s'orientait vers ses affaires, afin de les rassembler.
Comme il lui avait bien semblé le voir, son encensoir était bel et bien tenu non loin de son paquetage, vidé et étalé sur une table. C'était son seul bien altéré. Lors du combat contre Umordîl, il avait cru voir des gemmes rattachées à son héritage. Mais il n'en était rien : il s'agissait de petites billes de métal, toutes de couleurs différentes. Il les toucha un peu, essayant de comprendre ce qu'elles pouvaient bien avoir de spécial... Mais quand l'une d'entre elle l'agressa avec un courant d'électricité statique, et qu'une autre sembla générer une étrange chaleur... il lui sembla bien que les dieux lui souriaient enfin.

"Des métaux élémentaires..."

Il reconnut alors le Xiuhl, métal de feu, le Keraunos qui est affilié à la foudre, et encore le Gravilay, qui avait inévitablement sa place ici puisque son encensoir lui avait toujours servi à manipuler des encens susceptibles de réveiller ses fluides de terre. D'autres étaient encore présents : l'Helcéa pour la glace, l'Ondyria pour l'eau, il y avait même de l'Olath, métal de l'obscurité. Il ne manquait en définitive que l'élément de l'air, le Faerunne, incompatible avec cette arme, mais aussi le San-Divyna, métal de la lumière, beaucoup trop rare pour être accessible depuis ces tréfonds. Un instant, Goont se demanda bien comment l'Exilé avait pu avoir accès à de telles ressources, mais il se rappela bien vite qu'il se trouvait dans les ruines d'une cité naine. La présence de métaux aussi rares était justifiée. Quant à savoir en quoi son encensoir avait été altéré, c'était encore autre chose.
Il n'allait l'utiliser et risquer que ses propres fluides lui sautent à la figure. Il devrait consulter l'état de son "arme" une fois à la surface, en étudiant bien les modifications qu'aurait pu tenter de porter la menace ambulant qui planait sur eux.

"Il faut qu'on y aille..." supplia Rawf qui avait déjà fini de ranger toutes les fioles.

Pour seule réponse, Goont fourra son encensoir dans le paquetage déjà bien lourd du bratien. Il garda seulement les billes de métal sur lui. Dans leur quantité actuelle, elles ne lui serviraient pas à grand chose, mais sa maîtrise de la terre lui permettrait peut-être de les utiliser de différentes manières...
Alors qu'il avait semblé auparavant plus pressé de s'en aller, le mage s'intéressa un peu plus longuement aux choses qui étaient encore présentes ici. Outre ces précieuses billes, il y avait des gemmes, des bocaux renfermant probablement des créatures inconnues qui, s'il vivait encore en République Ynorienne, lui auraient permis d'entamer bien des recherches. Mais son intérêt se porta principalement sur des espèces de pièces thorkines qu'il n'avait au départ pas vraiment remarquées.
Alors qu'il enfilait ses biens et récupérait son sac, les pièces lui avaient sauté au yeux. Et en un instant, il se rappela pourquoi il était arrivé jusqu'ici.

"Le Fusil !"

Plutôt que de prendre ces fameuses pièces, il décida de s'attarder un peu plus longtemps dessus. Il savait qu'il avait besoin d'un nain à ses côtés pour comprendre comment monter l'arme, mais l'envie était trop forte.

"On a pas le temps, rawf ! Il faut partir !"

"Je ne vais pas remonter à la surface avec les pièces d'un foutu soufflet ! Je dois savoir si c'est bien le Fusil de Mertar !"

A mesure qu'il essayait de monter la relique, il lui semblait que tout prenait petit à petit une forme. Il commençait à reconnaître quelques éléments qui lui rappelaient la structure d'une arbalète, sans vraiment qu'il y ait de cordes. Un manche, une espèce de canon divisé en trois parties cylindriques, ce qui semblait être une gâchette... Pas de doute, ces pièces devaient être certainement capable de reconstituer le Fusil de Mertar.
Pourtant, Goont n'était pas vraiment soulagé pour autant. Il allait devoir sortir de cet endroit, compte sur un nain de confiance pour reconstruire l'arme, et il n'était même pas sûr d'avoir toutes les pièces. La présence même d'un étrange ressort lui fit se demander s'il avait bien raison. En tout cas, chacune de ces pièces était bien lourde et le résultat ressemblait à la description que lui en avait faite Umordîl...
Il prit alors toutes les pièces thorkines à disposition pour ne faire aucune erreur et alourdit grandement son paquetage. Mais même une fois ces éléments récupérés, il était toujours pris d'une troublante hésitation.

"Bon sang... Qu'est-ce que je dois faire au juste...?"

"On part ! Rawf ! On avait dit qu'on partait !"

"Bon... Je ne crois avoir rien oublié."

Il hésita un long moment, encore, alors que Rawf semblait de plus en plus désemparé et faisait les cent pas en attendant l'aval de son compagnon. Puis il reprit.

"Tu sais par où on sort d'ici ? Tu t'en souviens ?"

"Je me souviens juste d'un grand hall, une espèce de salle à manger... Partons, c'est pas sécuritaire ici."

Hivann réfléchit un moment. De tels fours, comme celui qui se trouvait dans cette pièce, se trouvaient généralement en sous-sol ou bien au rez-de-chaussé. Ils ne pouvaient donc pas être très loin de la sortie. Suivre les couloirs éclairés par les torches étaient le meilleur moyen de sortir, mais aussi le plus dangereux, puisque le monstre rôdait encore dans les parages.
L'ynorien regarda un moment Rawf. Il était terrifié, aussi grand et fort paraissait-il. Même ses nombreuses cicatrices et sa tête rasée lui faisait craindre le moment où l'Exilé le manipulerait mentalement... Le dilemme était alors là : devaient-ils partir dans l'ombre, au risque d'alimenter la peur de Rawf, ou devaient-ils rester dans la lumière, au risque d'être repéré trop rapidement ?
Puis il se rappela l'anneau qu'Umordîl lui avait laissé. Celui-ci lui permettait de ne pas être manipulé mentalement par le monstre, comme l'avait été le nain. Goont craignait pour lui, c'était certain, mais il savait qu'il ne s'en sortirait pas si le loup se retournait contre lui. Et puis surtout, il savait que lui, Hivann Goont, mage ynorien, était doté d'un esprit assez clair pour s'en sortir par lui-même. Résigné d'une certaine manière, il retira alors l'anneau qui le protégeait et le tendit à son acolyte.

"Mets ça. Ça te protègera."

"Comment ?"

"Tu n'auras plus peur, fais-moi confiance."

Le loup enfila la bague autour de l'une de ses grosses griffes, et tous deux se mirent en chemin vers la sortie.
Les prédictions du mage s'avérèrent quand ils tombèrent inévitablement sur un escalier après avoir parcouru un long couloir. Maintenant, ils devaient bien être à l'étage qui convenait pour partir. Mais une fois les marches gravies dans l'ombre, le mobilier sembla bien différent de l'endroit où il avait été ces dernières heures. Ils avaient débouché sur une salle vide qui menait à un couloir dont le sol était tapissé d'un tissu d'une qualité remarquable, et dont les murs étaient pourvus de sculptures naines et de bougeoirs entretenus. Les bougies n'étaient d'ailleurs qu'à moitié entamées, ce qui témoignait d'une attention toute particulière. Mais avant même que Goont ne puisse se rendre compte du chemin à suivre, Rawf éclata.

"Je me souviens, rawf ! Le hall est là-bas !" fit-il bruyamment en courant le long du couloir, passant complètement outre les nombreuses portes qui en faisaient presque un dédale.

Très vite, ils arrivèrent alors dans le fameux hall, les épargnant d'un cache-cache similaire à celui qu'avait engagé le mage lors de son réveil. C'était une salle aussi magnifique que le prédisait la décoration du couloir. Le sol était sculpté, des peintures et des gravures parsemaient les murs. Et de grands piliers soutenaient des étages visibles qui donnaient sur la gigantesque table de banquet. Mais Rawf avait cessé de courir. Il était figé. Car juste sur cette table, bien remplie, se trouvaient les restes des corps déchiquetés, dépecés, encore sanguinolents et à peine cuisinés des pauvres nains qui avaient fait l'erreur de descendre ici bas, dans les ruines de Mertar. Au bout de cette table, dans une grande assiette, deux pieds joints étaient servis, pointés vers les deux fuyards. Hivann n'eut pas besoin de s'y pencher plus longtemps pour comprendre qu'il s'agissait de ceux d'Umordîl.

Et à l'autre bout de cette table, une ombre géante et fine était assise. Seules ses griffes plantées sur le bois étaient visibles à la lumière. Et la voix étrange du monstre résonna dans la grande salle.

"Encore une fois, mage... Je t'ai trouvé !"

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MessagePosté: Mer 2 Juil 2014 00:14 
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"Tu ne pourras pas sortir d'ici, tu sais ?"

La créature restait dans l'ombre, ne dévoilant encore que ses griffes. Même ses mains restaient cachées. Rawf était tout simplement terrifié, à tel point qu'il ne pensa même pas à lever son arme. Il était seulement là, les bras raidis le long de son corps, tremblant. Quant à Goont... il avait tout aussi peur. Mais il avait trop de fierté pour le montrer. Et il était aussi probablement davantage capable de se contrôler. Mais son orgueil prit vite le dessus et il se sentit presque obligé de provoquer l'Exilé. Il n'était plus aussi vulnérable qu'auparavant après tout.

"Et bien si. J'ai mes fluides, des armes, une relique, un loup géant et une très, vraiment très forte envie de m'en aller."

Le monstre n'était pas intimidé. Pour seule réponse, il éclata d'un rire extrêmement aiguë, qui crispa le visage du vieux mage. Quand il eut terminé son long râle, il enchaîna :

"Tout est vrai, sauf pour la relique !"

Hivann vacilla. Cette seule nouvelle semblait tout changer, comme si tout ce qu'il avait entrepris jusqu'ici n'avait plus aucun sens. Et très vite, c'est de la colère qui le prit.

"Qu'est-ce que tu racontes ?"

"Tu ne croyais pas que j'allais simplement laisser mon fusil comme ça, tout seul ? J'ai toujours une pièce avec moi..."

Un long silence passa, et l'Exilé sembla sortir un objet de sa blouse déchirée. Un élément thorkin en métal tinta contre la table, sans que le mage ne puisse dire de quoi il s'agissait, tant il était loin.

"Tu as oublié le percuteur, et maintenant je sais que tu ne voudras pas partir sans."

Goont arma son arbalète, sans donner plus de réponses. Il dût le faire aussi lentement que d'habitude, mais étrangement, l'adversaire ne sembla pas vraiment menacé et resta assis sur sa chaise. Cela suffit à faire comprendre au vieil homme que quelque chose d'anormal se tramait ici. Il provoqua toutefois la chose.

"Je ne vais pas peiner à venir la chercher."

"Tu m'as pris un œil, mage. Tu m'as pris un œil et pour ça, je vais te faire souffrir à un tel point que tu me supplieras de te tuer."

"Je t'ai poignardé la main quand tu as essayé de me tuer."

"Oh... Tu dois être lent d'esprit pour un mage."

L'Exilé se leva alors de la chaise, longeant la grande table du hall. Seules ses griffes glissaient lentement sur le bois, résonnant dans un tintement oppressant. Une longue distance les séparait, mais c'est finalement très vite que Goont put voir enfin le vrai visage du monstre. Il comprit alors où il voulait en venir, et Rawf fut terrifié au point de chuter littéralement en arrière.

"Par les dieux, tu es aussi fou qu'Umordîl le disait."

Sur son long visage ovale, la première chose qui frappa le mage, c'était l'absence d'yeux. Même les paupières n'étaient plus là. Il semblait seulement que des flammes avaient ravagé ce visage pour le n'en faire plus qu'un front en forme de bouillie infâme. Le nez du monstre était aussi déformé, comme nécrosé. Tout ce qui subsistait d'humain, c'était sa bouche. Et si elle semblait encore pleine de toutes ses dents, celles-ci étaient noires, pourries par l'hygiène déplorable à laquelle il était contraint depuis des siècles. Seule sa pâleur et ses oreilles pointues et abîmées témoignaient de ses origines elfiques.
Le reste de son corps semblait tout aussi inhumain : sa grande taille subsistait, mais il était terriblement maigre et il ne lui semblait posséder qu'un énorme ventre qui contrastait ses membres tous fins. Le tout était parsemé de cicatrices et la blouse qu'il portait ne semblait être là que pour témoigner d'un semblant de pudeur, cachant son intimité. Mais le pire arriva quand il leva les mains. Ses griffes n'étaient pas naturelles, mais bien de fines lames de métal qu'il s'était plantées et cousues lui-même, sans jamais enlever les points de suture... Tout comme le seul œil qui restait dans sa main gauche. Hivann n'aurait su dire si le plus déstabilisant était l'idée qu'il ait pu s'infliger cela seul, ou bien que cet œil soit encore frais et capable de bouger...

"Un redoutard... comprit le vieux mage. Tu t'es changé en redoutard par ta folie.

"Non, mage. Je me suis changé en redoutard parce qu'ils sont les êtres les plus à même d'utiliser la magie mentale. Parce qu'ils pensent différemment et que c'était le meilleur moyen que j'avais de comprendre le Fusil. Parce qu'il est à moi, ce fusil. Et je ne vais pas laisser un vulgaire humain avec la moitié d'un cerveau me prendre MA relique !"

Ce ton prépara immédiatement le mage au combat. Mais il savait ce qui avait manipulé Umordîl : il se souvenait bien que la main de l'Exilé l'avait fixé avant qu'il ne perde la tête. Regarder son œil était le meilleur moyen de se faire tuer. Alors il détourna immédiatement le regard, tirant toutefois son carreau à l'aveuglette. Bien entendu, aucun râle ne se fit entendre. Mais ce n'était pas le premier soucis d'Hivann.

"Rawf ! Lève-toi !"

Le bratien était figé sur le seul, fixant même son adversaire. Il serait immunisé contre sa magie, mais pas contre ses griffes mortelles. Spontanément, Goont se jeta alors sur son acolyte pour lui coller une gifle magistrale qui le tira de sa peur. Mais l'Exilé était encore derrière lui. Le seul recours qu'il dût avoir fut la magie.
Il pensa au second sort qu'il avait appris lorsqu'il avait récupéré ses pouvoirs à Darhàm. Le bouclier de terre. Ce dernier l'avait protégé lui et Karl, son mercenaire, d'une explosion. Ici, il allait avoir besoin de quelque chose qui le protège lui et puisse décourager la chose qui l'attaque.
Il fit alors circuler ses fluides de manière bien plus rapide que les autres fois, et il sembla qu'ils traversèrent la plante de ses pieds pour venir chercher les éléments les plus durs que renfermaient ce sous-sol. Sans qu'il n'ait le temps d'analyser son action, poussé par la peur et la situation de combat, un véritable mur de pierre vint recouvrir son dos alors qu'il se penchait sur le vieux bratien. Les griffes métalliques du faux redoutard frappèrent la roche et tintèrent dans tout le hall. Cela le protégea juste assez pour dire quelques derniers mots à Rawf.

"Rawf, on se bat une dernière fois et je te sors d'ici."

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Apprentissage de sort évolutif de combat :
Bouclier de pierre : Un bouclier de pierre se forme autour de vous. (End+1/lvl face aux attaques physiques, init=1 jusqu'à la fin du sort)

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Ven 4 Juil 2014 14:10 
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Une courte hésitation fut visible dans les yeux tristes du loup. Mais il sembla que les paroles du vieux mage lui avaient redonné tout son courage, ou alors tout son espoir. Car très rapidement, il se releva, empoigna le vieux marteau qu'il avait pris comme arme de fortune et se jeta sur l'ennemi.
L'Exilé n'eut même pas le temps de porter une nouvelle attaque auprès d'Hivann. Le loup avait déjà bondi sur lui pour lui asséner un coup de marteau magistral. Mais même dans ces tréfonds, avec ses membres fins et d'apparence fragile, le monstre réussissait encore à user de ses réflexes. Aussi, l'arme ne l'atteint pas à la tête comme l'escomptait le lupin, mais à l'épaule. Et malgré toute la puissance de cet assaut, il ne cilla pas. Au contraire, il eut le temps de planter la griffe de son index profondément dans l'épaule du pauvre Rawf, qui rugit de douleur et lâcha son arme.

Puis l'Exilé retira sa griffe aussi vite qu'il avait attaqué, mais sembla viser cette fois-ci la cage thoracique, à la recherche d'un point vital. Fort heureusement, il eut tout juste le temps d'effleurer la poitrine de la bête. Hivann s'était redressé, posant la main sur le mur de pierre qui l'avait protégé auparavant. Et mentalement, d'un coup, il lui ordonna de se briser en deux. Les deux grands blocs se mirent alors à tournoyer sur place, dans les airs, prenant petit à petit la forme de pics acérés, bien plus pointus et dangereux que les premiers qu'avait fabriqué le mage. Et avant même que le monstre ne puisse attaquer, les pics de pierre fusèrent droit lui, alors que Goont accompagnait leur trajectoire dans un mouvement de lancer.
Le premier pic emporta l'avant-bras du monstre, éloignant ses griffes et sauvant la vie de Rawf qui se jeta en arrière, adoptant une posture animale. Le deuxième, lui, faucha littéralement ses jambes pour le faire tomber violemment sur la hanche. Un instant, Hivann ressentit un sentiment de victoire. Mais à peine l'Exilé était-il tombé qu'il se releva, ignorant complètement la douleur du choc.

"Bon sang, mais en quoi es-tu fait ?" jura l'ynorien, prenant à nouveau une posture de combat.

Goont n'avait pas abandonné pour autant, et il ne comptait pas se battre en retrait. Il frappa alors violemment le sol de ses pieds en adoptant une nouvelle position. Sa concentration fut alors toute particulière, comme si la terre n'était plus qu'une extension de lui-même, tant sa posture était brute, à l'image de la roche. Et d'un coup, il simula un coup de poing vers le haut. Au même moment, une colonne de pierre se créa encore une fois juste sur les jambes de l'ancien elfe. Inévitablement, il chuta en arrière, mais la violence du coup résida dans le moment où la frappe de golem vint le cueillir au bas du dos. Le choc fut si intense qu'il lui arracha un cri de douleur aigu et qu'il projeté dans les airs, pour atterrir sur la table du grand hall, parmi les membres thorkins à moitié dévorés.
Encore une fois, le mage crut bien avoir vaincu son ennemi... Mais il avait encore tout faux.

"Oh oh oh ! C'était très douloureux ! ria encore fois l'Exilé, quittant la table pour se remettre sur ses pieds, comme si de rien n'était. Tu vas vraiment regretter ce que tu viens de faire, tu le sais ça ?"

Mais cette fois-ci, il sembla être pris d'une toute nouvelle vivacité. Hivann n'eut pas même le temps de se concentrer pour préparer son prochain sort que le faux redoutard avait bondi de la table pour entamer une course à la vitesse surnaturelle. Rawf tenta bien de l'attaquer d'un coup de griffe, mais le monstre évita aisément sa grande patte et planta ses griffes dans sa cuisse avant de lui asséner un violent coup de genou qui le mit à terre instantanément.
Aussi rapidement qu'il avait écarté le lupin, il avait réussi à réduire la distance entre lui et le mage en quelques secondes, pour finir sa charge par une puissante attaque. L'ynorien craignit pour sa vie quand il vit les dix griffes de l'Exilé déployées, à seulement quelques centimètres de sa peau. Mais quand il encaissa les petites lames comparables à des aiguilles, si la douleur avait été insupportable, il restait toujours en vie. Et il se rappela bien vite de la promesse que lui avait fait l'ancien elfe.

"Tu ne crois pas que je vais te tuer aussi rapidement ?"

Goont avait craint pour sa vie. Mais cette menace ne le fit pas ciller. Au contraire, il y décela une certaine faiblesse et, surtout, une opportunité de gagner ce combat. Les griffes étaient encore bien plantées dans ses épaules et ses muscles pectoraux. Pendant un instant, il s'estima même bien chanceux d'avoir été gâté par la nature et de posséder une épaisse couche de graisse qui l'ait partiellement protégé. Mais plutôt que d'essayer d'extraire ces grosses lames qui le faisaient souffrir, il empoigna ses petits poignets du redoutard avec ses grosses mains. Et il reprit une position similaire à la précédente, préparant clairement un nouveau sort.

"Tu devrais, pourtant." dit-il dans un sourire.

Encore une fois, Hivann ne pouvait pas compter sur sa force. Il n'était qu'un vieil homme, même s'il était bien portant. Mais la roche allait l'aider, de manière bien plus insolite. Les pieds en parallèle, il avait déjà commencé à concentrer ses fluides pour contrer l'Exilé. Mais plutôt que d'attaquer, il eut une toute autre idée.
Il envoya ses fluides de par la plante de ses pieds dans le sol, comme pour chacun de ses sorts précédents. Mais cette fois-ci, au lieu d'évacuer ses fluides à la surface pour faire agir la roche, il décida de recouvrir son corps de ceux-ci. Petit à petit, une épaisse couche de pierre vint immobiliser ses pieds, puis ses jambes, son ventre et pour finir, ses bras. Même sur son visage déformé, on pouvait voir un vent de panique à travers la bouche de l'Exilé, alors que ses petits bras étaient emprisonnés par la statue de pierre que devenait le vieux mage. Il eut tout juste le temps de le provoquer une dernière fois, avant que son propre visage ne soit ne soit figé.

"Dommage que tu ne puisses pas utiliser ton œil pour me voir. Il faut seulement que tu saches, avant de mourir, que j'ai rarement autant souri en condamnant quelqu'un."

Un hurlement plus strident, plus fou encore que précédemment résonna dans tout le hall. Le visage de Goont s'était figé dans un dernier sourire de victoire, laissant seulement le pauvre redoutard emprisonné dans son étreinte de roche. L'ombre intimidante du grand Rawf recouvrit alors celui qui l'avait torturé pendant toutes ces années. Un grognement se fit entendre, transformant presque le pauvre lupin qu'Hivann avait rencontré.

"Les aiguilles sont affreuses, rawf." fit-il sombrement.

Ses griffes agrippèrent alors le crâne du monstre.

"J'espère, rawf, que tu comprendras de quoi je parle."

Il y eut une petite attente durant laquelle l'Exilé n'eut rien dit. Et d'un coup, le grand liykor jeta ses crocs le crâne de son tortionnaire, englobant tout sa boîte crâne de par sa puissante mâchoire. Un cri aigu retentit pendant quelques secondes, mais dans un craquement sourd, le corps du monstre s'affaissa alors que de grandes gerbes de sang venaient inonder la gueule de Rawf. Dès qu'il terminé avec la tête, ne laissant plus qu'un crâne plus déformé qu'auparavant, il s'attaque aux mains toujours prisonnières de la statue de Goont. Il n'eut qu'à s'y atteler pendant quelques secondes avant que les longs bras fins de la créature ne cèdent sous la force de sa mâchoire et ne laissent tomber son corps inerte.
Ce n'est qu'à ce moment là que la roche qui avait immobilisé le mage s'assouplit. Une épaisse couche de sable vint s'étaler à ses pieds, rougi par le sang qui l'avait éclaboussé. Mais étrangement, aucune tâche réelle sur lui, hormis là où les griffes l'avaient planté. Dans un mouvement douloureux, mais lui rappelant sa victoire, il arracha les mains du monstre encore plantées dans ses épaules. C'est alors qu'il eut une vision des plus troublante...

"Bon sang, il ne mourra donc jamais..."

La main droite, celle que Goont avait "crevée" lors de sa première fuite, était bien morte, inerte. Mais la main gauche, elle, si elle ne bougeait plus du tout, comportait tout de même cet œil étrange en son creux. Un œil bleu, d'une belle couleur, mais étrangement vif. Car il était toujours en vie. Sa paupière battait, son iris bougeait et il semblait presque chercher à comprendre ce qu'il se passait. Il ne cessait de tourner en rond, comme à la recherche d'un repère.
Il regarda alors le vieux Rawf qui semblait perdre son regard sur le corps de son tortionnaire. Il se tenait droit, il avait même l'air plus fort que lorsqu'il l'avait rencontré. Il avait accompli sa vengeance alors même qu'il n'imaginait pas encore sortir de cet endroit. Goont se demanda s'il n'était pas plus juste de donner cette main encore trop "vive" pour accomplir sa revanche jusqu'au bout. Mais son égoïsme le reprit d'un coup. La main de l'Exilé témoignait d'une étude physique et magique importante. S'il se penchait dessus, s'il avait l'occasion de comprendre de quelle manière l'Exilé avait-il fait pour garder la source de son pouvoir encore en "vie", même après sa mort physique, peut-être saurait-il l'exploiter.

Discrètement alors, dans le dos de son compagnon, il ouvrit son paquetage et y rangea la main. Profitant de l'état d'inertie de Rawf, il se dirigea aussi vers la fameuse table de banquet pour y récupérer l'élément thorkin qu'il lui manquait : le percuteur du Fusil de Mertar.
Tout venait de se terminer là. Il n'y avait plus d'Exilé et il avait probablement tout ce qu'il fallait pour reconstruire le fusil. Une aventure qui s'était traduite par davantage d'horreurs que de découvertes. Ils allaient devoir partir.

"Partons, Rawf."

Mais celui-ci ne bougea pas. Il resta sur place un long moment. Le vieux mage insista une seconde fois, mais le loup n'eut qu'une chose à répondre.

"Les autres nains sont encore ici, en vie."

Goont se figea. Il comprit d'un coup que si la main qu'il portait dans son sac était encore "vivante", alors tous ces nains prisonniers resteraient ici, dans un état second. En partant, ils risquaient tous de mourir par abandon. Mais s'il détruisait l’œil, peut-être seraient-ils davantage capables de remonter.
Un loup honnête comme Rawf n'aurait pas hésité. Mais Hivann était à la recherche de son propre pouvoir depuis beaucoup trop longtemps pour sacrifier une telle découverte. Il pensa alors à un compromis. Mais pour tout dire, il n'y croyait pas lui-même.

"En remontant, on arrivera à Mertar. On préviendra les gardes et ils iront chercher les victimes. Tout ira bien."

Le vieux mage regarda encore Rawf. Il aurait juré qu'il ne le croyait pas, en voyant ses yeux accusateurs. Mais au lieu de protester davantage, il s'avança dans l'ombre. Il s'arrêta seulement devant la grande porte du hall. A travers celle-ci, Hivann pouvait entendre les faibles remous de l'eau qui avait submergé la vieille Mertar. C'était bel et bien la sortie.

"Je ne veux plus rester ici, rawf. J'ai besoin de partir."

Il ne faisait rien. Comme s'il attendait seulement que son compagnon lui ouvre la porte. Ce qu'Hivann fit, après une petite hésitation. La porte grinça gravement alors que devant eux se découvrait une large étendue d'eau. Seule la lueur lointaine du haut du puits se reflétait dans ces abysses.
Rawf resta figé. Pendant un moment, Goont crut le revoir au moment où il l'avait fait sortir de sa cage. Car il n'avait osé sortir que la truffe. Dès qu'il eut passé la porte, il traversa l'entrée d'un coup et tournoya sur lui-même, comme s'il n'y croyait pas. Puis il alla mettre ses pattes dans l'eau qui lui arrivait aux genoux. Il ouvrait la gueule de surprise, en regardant seule lumière du puits qui était visible d'ici.

"Allons-y." conclut le mage.

Et ils marchèrent enfin vers la sortie.

Ils étaient libres.


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Tentative d'apprentissage de sort évolutif de combat :
Pétrification :
Vous vous transformez en statue extrêmement dure pendant [lvl/4] tours, arrondis à l'inférieur. Initiative=0, end+10/lvl. Vous n'êtes pas sensibles aux 1PV réglementaire si end>mag/for. Au début du dernier tour d'effet, vous ne pouvez relancer le sort sans mourir d'asphyxie.

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Dim 28 Juin 2015 22:25 
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La descente

Nous nous trouvions dans une immense caverne au plafond voûté. La cavité, de forme rectangulaire, semblait avoir été un des axes principaux de l’ancienne ville, si pas son centre névralgique. De nombreux bâtiments taillés dans les parois se distinguaient malgré l’obscurité ambiante que nos torches avaient bien du mal à chasser. D’imposantes statues se dressaient encore à intervalle régulier dans la salle. Les traits de leurs visages de pierre, érodés par les âges, étaient indiscernables.

La salle entière était inondée d’une eau glaciale qui mordait nos chaires à chaque mouvement. Je suivais mon oncle, tentant de faire le moins de bruit possible. J’avais l’avantage de ne pas porter d’armure et ma marche n’en était que plus discrète. Nous progressions silencieusement entre les colosses de pierre qui semblaient nous toiser continuellement. Nos torches projetaient d’immenses ombres mouvantes sur les murs des bâtiments et la voûte, créant un étrange ballet de formes distordues dans la caverne. Nous poursuivîmes notre avancé encore quelques temps, avant que Böl ne m’indique de sa torche une rue plus petite qui coupait perpendiculairement celle que nous traversions, avant d’ajouter un sobre mais sans ambiguïtés :

« Par là.»

L’eau semblait monter dans cette rue. Le liquide qui ne nous arrivais que jusqu’aux genoux nous noyait à présent jusqu’à la taille. Déjà, j’étais frigorifié, mais je ne me plaignis pas. Apprendre à endurer la souffrance et le manque de confort sans se lamenter était une étape clef dans l’apprentissage de tout thorkin qui se respecte.
Cet axe était également beaucoup plus sobre que le précédent. Ici, pas de statues, et les bâtiments étaient dégarnis de toutes fioritures. Le plafond voûté était également plus bas, à une hauteur tout à fait raisonnable qui devait se situer entre dix et quinze mètres. Entre les bâtiments, ce qu’il restait de chandeliers en fer forgé n’était plus que d’informes pièces métalliques rouillées surplombant des larmes d’oxydes qui tachaient les murs.

Je m’engouffrai dans un bâtiment à la suite de mon oncle. Nous prîmes un escalier qui nous mena à un étage au dessus, sec cette fois-ci. La bâtisse troglodyte était totalement vide et il était donc impossible de savoir ce qu’elle abritait du temps où la ville basse était encore habitée.

L’escalier que nous avions pris déboucha sur un petit tunnel, du genre de ceux qui circulaient dans tout Mertar, transformant la montagne en véritable passoire.

« Nous nous approchons. Ce coin ci n’est pas encore trop dangereux, tu peux prendre la tête. »

Je passai devant, brandissant ma torche d’une main tandis que l’autre serrait ma hache. Je me demandais où allait déboucher ce tunnel et surtout, de quel genre allait être le plan de mon oncle pour se débarrasser de ceux qui nous avaient agressés. Il avait demandé de garder le silence le plus total sur notre petite expédition pour conserver l’effet de surprise. Certes, débouler à l’improviste nous permettrait de liquider quelques individus rapidement, mais ça pourrait mal tourner s’ils étaient trop nombreux. Dans ce cas, nous pourrions toujours nous contenter de rester cachés et de faire du repérage pour revenir plus tard avec des renforts.

Nous atteignîmes le bout du tunnel qui débouchait simplement sur un nouvel axe de la ville, encore plus petit. Celui-ci était humide et les murs semblaient suinter, mais au moins il n’était pas inondé.

« Tout droit », me prévint mon oncle.

Je marchais à pas mesurés dans la rue. L’ambiance était calme et seuls les bruits de nos pas et de notre respiration se faisaient entendre. Toujours silencieuse, notre progression nous mena devant une bâtisse qui n’avait rien de particulier, si ce n’est… J’approchais ma torche de la façade pour observer l’idéogramme qui m’avait interpellé. Un scorpion ! La bestiole, stylisée dans le même genre que le tatouage de notre captif, avait été gravée de façon grossière et semblait être récente, vu l’absence d’érosion. Böl me poussa à l’intérieur :

« Nous y sommes presque. »

L’intérieur n’avait rien de plus particulier que la façade. La salle carrée était vide et devait être une ancienne habitation étant donnée sa taille. Toutefois, sur le côté, un escalier usé par le temps descendait vers un étage inférieur.

« En bas se trouve une petite allée. On va au bout et on y sera. »

Les marches de l’escalier étaient glissantes et creusées par le temps. Je descendais donc prudemment. En bas, comme l’avait annoncé Böl, une petite allée avançait dans le noir. Elle était creusée d’alcôves dans lesquels je devinais ce qui devait être des sarcophages de pierre. Celle salle était le caveau familial du clan qui vivait ici, jadis.
Soudain, grâce à ma torche, il me sembla distinguer un mouvement dans une des alcôves. Mon cœur se mit à battre plus vite, ma main se crispa sur ma hache. Un instant plus tard, plusieurs thorkins armés et vêtus de capes noires jaillirent des ombres, nous faisant face. J’avais du mal à déterminer leur nombre à cause de l’obscurité, mais ils devaient au moins être quatre ou cinq.

« Embuscade ! »


Je me mis en position de combat, de front face à nos ennemis, et m’attendis à être rejoint par mon oncle. Celui-ci, bien qu’armé de son marteau de guerre, ne bougea pas. Je ne rêvais pourtant pas, plusieurs individus se tenaient devant nous et ils ne nous voulaient certainement pas du bien. Quelque chose clochait. Les nains vêtus de noir s’approchaient et je faisais face seul. Je jetai un coup d’œil en arrière, inquiet. Mon oncle m’observait, sans bouger, sans parler. Cet instant me sembla durer une éternité. Il rompit le silence de mort qui régnait d’un simple :

« Vraiment navré. »

Suite à quoi, il brandit son marteau et l’abattit sur mon crâne. Je ne ressenti qu’une brève douleur, avant de m’effondrer. Le choc puis, juste les ténèbres.

Le réveil

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Dernière édition par Woder le Mar 30 Juin 2015 21:07, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Mar 30 Juin 2015 21:06 
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La trahison

Je revenais lentement à moi. Mes paupières clignèrent quelques fois avant de s’entrebâiller et de s’ouvrir définitivement. Ma langue était pâteuse et ma bouche sèche. Mon estomac, lui, était vide et je me sentais dépossédé de toute énergie. Mais surtout… Ma tête ! Elle me faisait atrocement souffrir ! J’avais l’impression d’avoir le crâne fendu en deux, tel un rocher qui éclate sous l’action de la chaleur. Oui, c’était ça ! Il était fendu et seule ma peau maintenait les deux parties l’une contre l’autre. C’était la seule explication à la douleur qui me lancinait.

Et puis, où étais-je ? Je n’avais jamais vu cette salle. Une fois que le flot de douleur qui suivit mon réveil fût passé, je me mis à détailler la pièce. Celle-ci était plongée dans l’obscurité et seul un maigre faisceau de lumière filtrait à travers un judas qui perçait la porte située en face de moi. La salle était carrée, de petite taille, peut-être un peu plus de sept ou huit pieds de côté. Taillée dans le roc, je la devinais dénuée de tout mobilier malgré le peu de visibilité.

Encore à moitié dans le brouillard, je baissai la tête sur mes poignets. Ceux-ci étaient enserrés dans deux épais bracelets de fer, reliés l’un à l’autre par une lourde chaine. Cette fois, tout me revenait en mémoire. Ces sombres crétins m’avaient assommé et enfermé ici. Et mon oncle, où était-il ? Que lui était-il arrivé ? Pourquoi m’avait-il fait ça ? Tout ceci devait être un vaste malentendu. Böl m’avait élevé depuis ma naissance avec mon père. Il avait toujours été une seconde figure paternelle pour moi. Il n’aurait jamais pu me trahir ! Pourtant,… Les chaines que j’avais aux poignets attestaient bien du contraire.

Recouvrant peu à peu toute ma lucidité, je me rendis compte que mon cou aussi était enchainé. Des anneaux de fer partaient d’un collier qui ceignait ma nuque pour aller se fixer un peu plus haut dans le mur. Spontanément, je tentai de me libérer de mon lien en tirant dessus, mais rien n’y fit. La chaine était solidement arrimée. Perdu, je me laissai retomber au sol, contre le mur, le visage enfui entre mes mains. Je découvris ainsi une épaisse croute au dessus de mon front et le sang séché qui recouvrait une bonne partie de mon visage.

(Pourquoi as-tu fait ça ? Que faisais tu avec eux ?...)

Coincé, je n’avais plus qu’à attendre là qu’ils viennent me chercher, s’ils ne comptaient pas me laisser pourrir là.

L'évasion

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Dernière édition par Woder le Ven 3 Juil 2015 12:51, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Ven 3 Juil 2015 12:48 
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Le réveil

Bien que mon crâne continuait de me faire souffrir, j'avais à présent recouvré toute ma lucidité et mettais toute mon énergie à tenter de trouver un moyen de m'échapper. J'avais passé des heures à palper le sol dans l'obscurité en quête d'une pierre ou d'un quelconque autre outil de fortune qui m'aurait permis de briser mes chaînes, mais en vain. Le peu de lumière qui me parvenait ne me révélait qu'un sol parfaitement lisse, exempt de toute rocaille et, à chaque fois, mes mains ne se refermaient que sur du vide dans les recoins où il m'était impossible de distinguer quoique ce soit. D'autant plus que le lien qui me retenait au mur m’empêchait d'explorer une grande partie de la pièce.

Je dus me résoudre à l'évidence; je ne sortirais de cette cellule que lorsque l'on m'y autoriserait. Ma seule chance était de tenter une sortie en force au moment où ces merdiers d'encapuchonnés viendront me chercher. Ils devraient bien me vouloir quelque chose car, s'ils voulaient me tuer, ils l'auraient sans doute déjà fait. Et donc, lorsqu'ils viendraient, ils devraient bien ouvrir cette fichue porte et, s'ils ont l'imprudence de me détacher, je n'aurais plus qu'à courir comme un barjo pour retrouver ma liberté. Et mes armes. Ça pouvait sembler suicidaire comme ça, mais je ne voyais rien d'autre.

Pour mettre toutes les chances de mon côté, je restais continuellement assis dans ma cellule, sans bouger d'un pouce. De un, ils se méfieraient sans doute moins d'un captif apathique, et de deux, cela me permettait de conserver mon énergie. Les thorkins étaient d'un naturel résistant. Leur physique épais était adapté aux rigueurs de la montagne, mais, sans nourriture et sans boisson, je ne savais pas si il allait me rester suffisamment de force au moment fatidique. Alors, j'attendis, immobile, seul, guettant le moindre bruit venant de l’extérieur, le regard fixé sur la porte qui me faisait face. J'ignorais combien de temps passa ainsi. Un jour, peut-être deux. Le peu de lumière que je percevais était constante et ne me permettait pas de tenir le compte.

Soudainement, il me sembla entendre des pas en provenance de l'autre côté de la porte. Je tendis l'oreille tout en restant immobile. Un cliquetis métallique tinta à mes oreilles ; ils allaient ouvrir la porte. Mon cœur se mit à battre de plus en plus fort, cognant contre ma cage thoracique comme un marteau bat l'enclume. J'ignorais ce qu'ils comptaient me faire mais ce serait peut être ma seule occasion de me tirer de ce trou.

La porte s'ouvrit, le flot de lumière qui entra m'aveugla l'espace d'un instant. Un thorkin entra, sans un mot. Celui-ci portait une cape noire, identique à celles des malfrats qui nous avaient attaqué dans notre troglodyte, dont le capuchon était rabattu sur sa tête, me cachant ainsi ses traits. Cette bande de racle-merdes n'avait même pas le courage d'évoluer à découvert dans leur propre planque. Alors que le nain qui me faisait face s'approchait de moi, je me demandais comment des thorkins avaient pu tomber aussi bas.

L'encapuchonné se tenait à présent à côté de moi, face à la paroi. Il devait être en train de détacher la chaîne qui me retenait au mur, sans trop se préoccuper de son captif qui semblait à moitié mort. Parfait ! L'individu tira sur le lien d'un coup sec pour me faire me relever, toujours sans un mot. Tous ces couillons avaient peut être la langue coupée comme celui que nous avions capturé. Une fois que je fus sur mes jambes, il me guida du bout de la chaîne comme on traîne un chien en laisse. Il se dirigea vers la porte, je le suivis à pas lents, la tête basse, mes bras pendaient mollement. Il ne fallait surtout pas qu'il se méfie.

Nous sortîmes de la salle pour déboucher sur un petit corridor qui desservait plusieurs portes. Le couloir était vide de toute autre présence. Je m'attendais à trouver plusieurs garde de l'autre côté, mais non. Le thorkin qui me tirait était venu me chercher seul. Je ne devais pas avoir l'air d'une loque pour qu'ils se méfient si peu, mais d'une elfette ! Mais cela m'arrangeait bien. Je me trouvais derrière mon tortionnaire, je pourrais peut être m'en débarrasser au lieu de courir comme un dératé vers une liberté incertaine. J'avais cru apercevoir une dague pendant à sa ceinture, sous sa cape, mais je pourrais compter sur l'effet de surprise. Il ne me restait plus qu'à choisir le bon moment. Je bandai mes muscles pour lui bondir dessus. Nous fîmes encore un pas, puis un autre. Maintenant.

Me redressant subitement, je fis voler la chaîne qui reliait mes deux poignets au dessus de sa tête, en évitant le lien par lequel il me retenait. Les anneaux de fer retombèrent devant son visage avant que je ne tire d'un coup sec dessus, tout en reculant d'un pas, Le thorkin perdit l'équilibre et pendait à présent à la chaîne, ses pieds balayant le sol à la recherche d'un appui. Agrippant les anneaux à deux mains, je resserrai mon emprise sur la gorge du nain qui se débattait furieusement pour tenter de se libérer, sans grand succès. Ses yeux étaient à présent exorbités et sa face tournait au rouge écrevisse. Changeant de tactique, il s'empara de sa dague et commença à donner des coups à l'aveuglette en arrière. Je me cabrai dans l'espoir d'éviter sa lame. Je devais tenir encore quelques secondes. Si je le lâchais, je n'aurai plus la moindre chance de m'en débarrasser.

Le nain continua ses mouvements, de plus en plus saccadés au fur et à mesure qu'il étouffait. Le bougre réussi à planter sa dague dans mon avant-bras gauche. Je me retins de crier pour ne pas attirer ses acolytes, serrant les dents à m'en faire mal. Bientôt, les gesticulations ralentirent, puis s'éteignirent. Le thorkin devint un poids dans mes bras. Je relâchai mon étreinte, et il s'écroula au sol, inerte. C'était la première fois que je tuais quelqu'un, Je contemplai un instant e visage de ma victime, à présent visible. Une épaisse barbe brune dévorait la moitié de son visage dont la peau avait virée au rouge écarlate. Ses yeux bleus, grands ouverts, reflétaient encore la panique de ses derniers instants, tandis qu'un large hématome barrait sa gorge,

Sans plus de cérémonie, je me mis à fouiller le corps encore chaud à la recherche des clefs, car je n'irais pas bien loin enchaînés comme je l'étais. Je découvris à sa ceinture un petit trousseau de clefs dont je m'emparai aussitôt. J'essayai la première dans l'un des bracelets qui enserraient mes poignets, les mains tremblotantes. La clefs ne rentra pas. Dans ma maladresse, je fis tomber le trousseau au sol, avant de le ramasser et d'essayer les autres clefs, Je devais faire vite avant que les autres nains qui m'avaient fait prisonnier ne rappliquent. La seconde clef ne marcha pas non plus. J’introduisis la troisième dans la serrure et entendis le doux cliquetis métallique qui libéra mon bras. Je fis de même pour mon autre poignet, avant de délivrer ma nuque. Ensuite, je déchirai un pan de la cape du mort afin de bander ma plaie. Maintenant que j'étais à nouveau maître de mes mouvements, je n'avais plus qu'à retrouver mon arme et me tirer d'ici.

Je me mis à explorer les autres salles une par une. La plupart étaient semblables à celle dans laquelle j'avais été retenus : vides, obscures et humides. Les premières portes furent des plus décevantes, jusqu'à ce que je pousse la dernière. Celle pièce-ci avaient été aménagée comme une sorte de réserve. Plusieurs caisses étaient entassées au sol, ainsi que quelques barils. Mais surtout, je vis ma hache entreposées là. Je la repris aussitôt et l'enfilai à ma ceinture. Armé, j'étais à nouveau maître de mon destin.

Je prêtai aussi attention aux barils. Je n'avais rien bu durant ma captivité et j'étais à présent assoiffé. Je débouchai l'un d'entre eux. La délicieuse fragrance de la bière naine parvint à mes narines. Ces encapuchonnés étaient peut-être des lâches à se terrer ainsi comme des rats, mais au moins avaient-ils conservé leur bon goût de nain. Je me servis une longue gorgée du précieux liquide malté. Contrairement aux brassages d'autres races moins talentueuses, la bière naine était extrêmement riche et pouvait suffire à garder un thorkin en vie s'il n'avait rien d'autre à se mettre sous la dent. Celle-ci me redonnerait un peu d'énergie dont j'aurais bien besoin dans les heures à venir.

Une fois désaltéré, je sortis de la réserve et me préparai à affronter les défis qui m'attendaient.

Le fluide

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Dim 5 Juil 2015 22:24 
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L'évasion

La galerie dans laquelle je me trouvais ne devais faire qu'une dizaine de pas de long pour trois de large, et était garnie de plusieurs portes sur les côtés, plus une autre située tout au fond. Hormis le cadavre que j'avais laissé là, elle était totalement déserte et dépourvue de tout ornement, hormis quelques torches qui en assuraient l'éclairage. Silencieusement, j'attrapai le corps inerte qui gisait au sol et le traînai par les jambes vers l'une des salles désertes que j'avais exploré précédemment.

Une fois le macchabée dissimulé, je me mis en route pour tenter de quitter cet endroit. Je ne devais certainement pas avoir été détenu loin du lieu de ma capture, si j'arrivais à y retourner, je pourrais retrouver mon chemin vers le haut de la ville et revenir au repaire de ces chiens en noir avec des renforts. Je pourrais peut-être convaincre la milice de me suivre. Je devrais aussi mettre mon père au courant pour la trahison de Böl. Soudain, je fus pris d'un doute. Et s'il était de mèche avec lui ? Et s'ils avaient organisé tout cela à deux dans un but qui m'échappe toujours ? Je retournai l'idée dans mon esprit avant de la balayer de mes pensés. Si je me laissais aller, je perdrais tout courage.

Je me dirigeai vers a porte située au fond du couloir, la poussai légèrement avant de jeter un cou d’œil de l'autre côté. Je ne vis rien que le noir. Rassuré, je pénétrai dans la nouvelle pièce. Celle-ci, plus grande que les précédentes, semblait être une sorte de carrefour entre plusieurs tunnels. La cavité, de forme carrée, était percée dans chacune de ses parois par une porte semblable à celle que je venais de franchir.

(Bon... Au moins, j'ai le choix,)

Je pris tout droit la porte située en face de moi, qui débouchait sur un tunnel presque identique à celui que je venais de quitter. Mertar était ainsi faite : toute une série de tunnels qui donnaient sur d'autre tunnels qui, eux mêmes, donnaient sur encore d'autre tunnels. Et cela était vrai aussi bien pour la ville basse que pour la partie encore habitée. Pour ne pas se perdre dans la vaste cité troglodyte, il fallait soit avoir un sens de l'orientation aussi solide que le roc, soit ne jamais s'écarter des voies déjà connues.


Soudains, je crûs entendre des pas derrière moi. Au son, il y a avait plusieurs personnes qui devaient se diriger dans ma direction. Ils semblaient provenir de derrière la porte qui se situait de l'autre côté du couloir et se rapprochaient à grande vitesse. Dans l'état où je me trouvais, avec une blessure au bras et le crâne qui me lancinait toujours, je ne pourrais certainement pas tenir tête à plusieurs personnes. Je me jetai sur une des portes sur le côté de la galerie pour m'y cacher avant de secouer la poignée frénétiquement mais rien, elle ne bougea pas. Fermée. Les pas se rapprochaient. J'en essayai une autre. Celle-ci s'ouvra avant que je ne me précipite dans la petite salle plongée dans le noir, en priant pour que les hommes qui approchaient ne me remarque pas. J'entendis des gonds grincer, puis les pas se firent de plus en plus proche. Je retins mon souffle, seul le son des bottes frappant le sol résonnait, les marcheurs n'échangeaient pas un mot. Je les entendis ensuite s'éloigner. Un autre grincement aigu parvint à mes oreilles et les pas se firent de plus en plus distants.

Maintenant que je semblais à nouveau en sécurité, je jetai un coup d’œil à la pièce dans laquelle je m'étais réfugiée. Celle-ci était vide de tout mobilier, mis à part quelques caisses empilées au sol. Les contenants, faits de planches de bois dont je ne parvenais pas à identifier l'essence, ne portaient aucune inscriptions quant à leur contenu, Curieux, j'en ouvris une pour voir ce qu'elle pouvait bien abriter. Je découvris une série de petites fioles soigneusement alignées les une contre les autres et protégées par de la paille. Je m'emparai de l'une d'elles. Un frisson me parcouru l'échine quand j'en découvris le contenu; un liquide sombre et épais croupissait au fond. Il avait la consistance du mercure mais, au lieu du brillant du métal liquide, il semblait comme absorber la lumière alentour. Un fluide d'obscurité. Mais qu'est-ce que cette saloperie faisait dans la ville basse ? Les thorkins avaient toujours été méfiants envers la magie, bien que certains excellaient dans l'art de la géomancie. Trouver des fluides dans les ruines de l'ancienne Mertar était donc des plus étonnant, surtout s'il s'agissait de fluides noirs.

Désemparé de plus belle par cette nouvelle découverte, je reposai la fiole dans sa caisse, avant de me remettre en route.

L'idole

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Mar 7 Juil 2015 22:33 
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Après que les pas se soient tus, je sortis de ma cachette et pris la porte par laquelle ils étaient venus. Je poussai les planches de bois vermoulu et renforcé de lattes de fer forgé et pénétrai dans une petite pièce ronde qui abritait un escalier en colimaçon dont les marches de pierre usée laissaient toutes présager une chute des plus douloureuses. J'entrepris leur ascension, tout en faisant bien attention à poser les pieds sur les côtés, là ou la roche était moins usée.

L'escalier semblait monter indéfiniment dans le noir. Les marches se succédaient les une après les autres, sans que je ne puisse en voir la destination. Mais vers où montait cette saloperie ? Un observatoire au sommet de la montagne ? Si il continuait ainsi, j'allais déboucher dans le palais royal de Mertar ! J'étais assez affaiblis après ma détention et je commençais déjà à haleter. Ça ne présageait rien de bon si j'étais hors d'haleine avant même d'avoir quitté le repaire des encapuchonnés, la route serait probablement encore longue pour retourner dans la partie habitée de la cité. Alors que je commençais à désespérer, l'escalier se termina devant une porte semblable à celle d'en bas. Je pris un instant pour reprendre mon souffle avant de la franchir.

De l'autre côté se trouvait un couloir qui, cette fois-ci, était déjà plus grand. Il était assez large pour que deux thorkins se couchent dans sa largeur sans se toucher, et était couronné d'une voûte qui atténuait le sentiment de claustrophobie que l'on pouvait ressentir dans la plupart des habitats troglodytes. Les parois du corridor étaient ornées de bas-reliefs rendus méconnaissables par le temps, tranchant radicalement avec les salles de pierre brute que j'avais traversé jusqu'à présent. Peut-être avais-je débouché sur une ancienne demeure patricienne ? Une énième porte se dressait de l'autre côté du couloir. Je me dirigeai vers elle pour la franchir mais, lorsque je posai la mai sur la poignée, il me sembla entendre un son vague de l'autre côté, comme une sorte de murmure. J'entre-ouvris la porte pour voir ce qu'il se trouvait dans la salle derrière elle.

Pour changer, ce n'était pas un autre couloir. La salle était bien plus grande que toutes celles que j'avais traversé lors de mon évasion jusqu'à présent. Une rangée de colonnes courait le long des murs, à une distance raisonnable de la paroi qui créait une sorte de promenade qui faisait le tour de la pièce. La cavité était surmontée d'une majestueuse voûte dont le sommet se perdait dans l'obscurité. Au centre, six rectangles de granit étaient alignés, formant un carré de trois sur trois. D'anciens sarcophages. J'arrivais à bien les distinguer, car la salle était éclairée par plusieurs brasero. Ceux-ci me révélèrent aussi plusieurs thorkins, peut-être une dizaine, agenouillés au sol et portant chacun la cape noire que je commençais à bien connaître. En face d'eux se tenait un dernier thorkin. Celui-ci était à genoux devant une statue qui trônait entre les six sarcophages. La silhouette de pierre noire n'avait rien d'un nain. Elle avait, en place des mains, deux pinces de scorpion. Une queue garnie d'un dard recourbé jaillissait de son bassin. J'avais déjà vu ce genre de représentation dans des livres ou autre part et j'avais reconnu le dieu représenté : Thimoros.

Le thorkin agenouillé devant l'idole s'était dévêtu de sa cape et commença à se lacérer la peau à l'aide d'une dague tout en marmonnant quelque litanie inintelligible. Le premier de ces gars qui semblait doué de parole. Après s'être mutilé, l'individu récolta son sang dans un cratère avant de le déverser sur la statue, tout en continuant sa prière. Les autres thorkins assistaient passivement à la scène en se tassant sur le sol,

Quand j'avais aperçu tous ces cultistes, j'avais d'abord eu peur. Maintenant, je bouillais de colère. Il y a quelques jour, l'idée même que des thorkins puissent adorer Thimoros m'avait semblé grotesque et là, j'avais toute cette bande de ploucs prosternés devant leur dieu qui me prouvaient le contraire. Non contents de vénérer le dieu de la destruction, il fallait en plus qu'ils profanent un tombeau pour leur culte immonde et souille de leur hérésie les voûtes de nos ancêtres.

Hors de moi, j'agrippais ma hache, la serrant tellement fort que les jointures de mes doigts blanchirent, Laissant éclater toute ma colère, je déboulai dans la salle tel une avalanche et prêt à en découdre, hurlant à plein poumon :

« Que Valyus vous foudroie, racle-merdes ! »

Lorsqu'une dizaine de thorkins se redressèrent et tournèrent leur face vers moi dans le silence le plus complet, je compris l'énormité de ma bêtise. Quand j'étais enfant ma mère m'avait souvent conseillé de réfléchir avant d'agir... J'aurais dû l'écouter.

Maintenant que je me tenais à découvert devant les visages pleins de surprise d'une dizaine de cultistes, je jetai rapidement quelques coups d’œil dans la salle en recherche d'une échappatoire, en repérai une, et pris mes jambes à mon cou, tandis que la troupe se mettait à ma poursuite.

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Lun 20 Mar 2017 14:22 
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(Oh… merde…)

La douleur revient la première. Pendant quelques longues minutes, elle prend tout la place, canalise l’attention. Ca rompt dans les jambes, cogne à la tête, vrille dans les côtes. Gorim a l’œil patate, les poings croûtés, lèvres limaces éclatées, de la pulpe à vif, le tarin obstrué de caillots, la barbe raidies de bave sanglante, il étouffe à moitié, respire par filet et ça fait toujours mal aux poumons.

(La montagne m’est tombée dessus…)

La montagne le ligote pas, ne serre pas des cordes à entailler les poignets, les bras dans le dos dans une position plus qu’inconfortable. La montagne ne passe pas à tabac méthodiquement. La montagne l’aurait écrasé, achevé d’un roc bien placé sur la caboche. La montagne ensevelit, n’absorbe pas les corps dans ses boyaux.

Déjà des bestioles fouillent aux plaies, ces rampants des galeries, prêts à tout bouffer pour survivre, quelques mouches d’obscurité, pas encore des asticots mais presque. Du sang vif, rouge, chaud, des croûtes, de la peau déchirée, un festin pour la faune locale. Ils vont se repaître en attendant que quelque chose de plus gros vienne ouvrir le buffet à grands coups de défenses, griffes et crocs. Les coulures, tâches et éclaboussures seront à la mesure de leur appétit. Les restes du gros sont le banquet des petits. Tout le monde s’y retrouve, sauf le nain éviscéré.

(Valyus me garde !)

La panique gagne Gorim comme revient sa lucidité. Toute sa vie, il a vécu dans les galeries, voyagé dans les galeries, travaillé dans les galeries, dormi dans les galeries. Chacune a son atmosphère caractéristique, chaque nain le sent du nez, de la peau, du poil, des tripes. Pas besoin de solliciter ses narines complètement obstruées : le froid, l’humidité du sol sur lequel il est couché, la faible luminosité et la flore qu’il découvre en soulevant sa paupière valide le renseignent sur sa localisation. Il n’entend aucun bruit, ne sait pas encore s’il peut bouger. Pas de menace contre laquelle lutter. Pour reprendre ses esprits, il cherche à remonter le fil.

(Ch’uis sorti de la milice… Mission finie, pas de félicitations, affaire classée, jetteront un œil, poseront des questions, pas un truc d’apprenti… Envie d’une bonne bectance, panse pleine, un p’tit peu trop d’bière pour fêter d’avoir passé l’pas… Des potes miliciens, une bonne fin de journée, fatigue plein les bottes… Sorti tout seul, pour pisser… Y’a deux types qui m’sont tombés d’ssus… Gourdins, gants ferrés… Aligné un, tabassé à m’en faire saigner les jointures… Deux aut’ gorets s’sont radinés… Planqués… M’ont séché d’un coup d’latte dans les roustons… Tabassés… Pas de secours… Basculé dans l’noir, perdu…)

Ses souvenirs s’arrêtent à l’échauffourée de la ruelle. Quelques éclairs de lucidité captés çà et là alors qu’on le trimballait comme un quartier de viande morte. Galeries, paroles, odeur de sueur, rires, nuit.

« Ils ont mis là, nain. Abandonné, nain. Attaché, pas partir, mourir. »

Des petits pas se rapprochent, rythmé brisé, légers sur le sol, précédés par une voix éraillée tirant sur le grave. Gorim saisit de suite les mots en langue commune et dans la foulée un accent qui lui est complètement inconnu, une prononciation hésitante comme celle d’un étranger. La voix dans le noir parle de mourir. Est-elle la mort qui vient dans la galerie ?

(Les prêtres nous ont bien enfumé si c’est ça… J’m’attendais à mieux comme mort…)

« Nain blessé. Vivra ? Vivra pas ? Nain piégé par nains. Pas besoin ennemi. Nain a nains. »

« Détache moi pour voir si j’vivrai ! »

« Oui. Détacher. Détacher. Pas peur de nain. Nain blessé. Nain perdu. Gobsec sait tunnels, chemins, puits, pièges. Nain pas trouver Gobsec. Alors Gobsec détache nain. Gobsec ennemi de nain. Nain ennemi de nain. Gobsec pas tuer nain. »

La forme s’est approchée assez pour apparaître dans le champ de vision réduit de Gorim par son œil fermé et la position couchée. La menace est modeste mais réelle. Ce qui se dresse au-dessus du thorkin ne devrait pas, en temps normal, présenter de difficulté. Malingre, blême, tordu de tous côtés, affichant cicatrices, marques anciennes de brûlures, os mal ressoudés, tignasse hirsute et clairsemée, le gobelin sans âge fait peine à voir. Son apparence manifeste à la fois une faiblesse et une force : si un coup de vent semble pouvoir le balayer, il porte tous les stigmates du survivant. Ce sur quoi Gorim se focalise est surtout le couteau à large lame, de facture naine, que le peau-verte approche doucement de sa carcasse. Avant même qu’il commence à ruer pour se défendre, le sekteg, d’un geste précis que ne laissaient pas deviner ses doigt difformes , tranche la corde qui liait ses bras. Puis vient le tour de celle qui entrave ses jambes. Aussitôt le milicien cherche-t-il à se redresser. En vain. Ses muscles endoloris s’effondrent sous lui, il ne parvient ni à pousser sur ses bras, ni à bouger convenablement ses jambes. Au moins s’est-il assuré qu’il n’a pas de fracture, ni de blessure véritablement handicapante, uniquement les ecchymoses récoltées durant la bastonnade.

Prudent, le sekteg a reculé de quelques pas après avoir remisé le couteau au fourreau, accroché à la corde qui lui sert de ceinture, sur le sac qui lui sert de tunique. Pourtant, il demeure près du thorkin, observant ses efforts pour retrouver ses capacités de mouvement avec une curiosité silencieuse, dénuée de moqueries et commentaires. Quand enfin Gorim parvient à reprendre une position assise, il reprend la parole.

« Mon nom, Gobsec. »

« Moi c’est Gorim. »

« Gobsec détache Gorim. Gobsec sauve Gorim. Sans Gobsec, Gorim meurt dans les galeries. Mangé par choses mortes et bêtes vivantes. Sans Gobsec, Gorim perdu. Jamais revoir nains. »

« Euh… Ouais. Merci. »



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Dernière édition par Gorim le Sam 1 Avr 2017 17:59, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Sam 1 Avr 2017 17:59 
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Les tunnels sont taillés pour les nains qui ont creusé la pierre. Ces thorkins dont les os sont depuis bien longtemps blanchis dans des tombeaux oubliés. L’un de leurs descendants foule les dalles dessellées, boitant autant que son guide, pestant dans sa barbe contre tous ceux qui l’ont précipité dans cette galère, agonisant de malédictions leurs ancêtres et générations à venir. Pas question de hurler sa rage tout haut, d’abord parce qu’il a la mâchoire douloureuse, ensuite il craint que quelque chose – à défaut de quelqu’un – l’entende. Sous la cité pleine de vie, hurler « au secours » n’est pas un meilleur réflexe de survie, à ce qui se raconte. Car les thorkins entretiennent avec les galeries en ruines et halls désertés un rapport ambigu : leur mémoire est dans la pierre, et nul habitant de Mertar ne tolérerait qu’une autre race que la leur occupe ce qui fut l’orgueil de leur peuple ; alors même que rares sont les patrouilles qui osent descendre jusqu’aux derniers niveaux et que l’orgueil thorkin ferme complaisamment les yeux sur les créatures qui font leur habitat et territoire de chasse les créations d’autrefois. Aussi ne faut-il pas s’étonner que les informations qui circulent dans la cité soient entachées d’incertitudes, soumises au soupçon, notamment lorsque ceux qui les diffusent n’ont jamais franchi une fois l’entrée de l’Ancienne Mertar.

La seule question que se pose maintenant Gorim est : « où me trouvé-je ? ». Connaître sa position dans le dédale est déjà un bon point pour s’en sortir. Repérer les chemins de traverse est encore mieux. Il suffit de pouvoir remontrer un puits pour gagner ainsi des kilomètres de marches à serpenter pour passer d’un niveau à un autre. Les raccourcis sont légions et font la vie de l’habitant économe de ses pas et du milicien. Encore faut-il connaître son quartier, sa cité, trouver quelqu’un à qui demander son chemin. La seule âme qui vive – et l’apprenti milicien se demande s’il doit se réjouir ou non de cet état de fait – à portée de ses sens est ce gobelin, Gobsec, qui a manifesté sa bonté, ou son intérêt, en le libérant et qui maintenant le mène vers…

(Vers où par les dieux !)

Deux fois Gorim a demandé. Deux fois il a été exhorté à la patience. Pas la peine de s’énerver, cela ne servirait à rien, tous deux clopinent mais le gobelin veille, par instinct peut-être, à toujours se trouver assez éloigné en avant du thorkin pour pouvoir prendre la poudre d’escampette au moindre changement d’attitude. Autant ne pas s’aliéner le seul potentiel allié que lui a fourni le destin, aussi pitoyable d’aspect soit-il.

« Les nains jettent dans trous. Merde. Pisse. Ordure. Nains morts. Nain vivant, maintenant. Tout dans trous, tout dans noir. Et dans noir, tout meurt. Tout revit. Gobsec pas mort. Gorim pas mort. Pas encore… » Chantonne le gobelin tout en traçant son chemin.

L’avertissement a été donné dès les premiers pas : le milicien doit placer ses passes exactement dans ceux du peau-verte, ce qui l’oblige parfois à sautiller d’une dalle à l’autre malgré la douleur. Saine prudence ou un délire propre au guide ? Ca n’étonnerait qu’à moitié le jeune thorkin que ses ancêtres aient quitté leur domaine tout en s’assurant que personne ne viendrait s’en emparer sans en pâtir. Et en matière de pièges dans les galeries, sa race peut s’enorgueillir d’une certaine inventivité lorsqu’il s’agit de rendre insécure à tout intrus son territoire.

Après une longue marche – tout du moins a-t-elle paru particulièrement longue à Gorim – dans l’obscurité, à ne jamais aller droit, boiter tant bien que mal pour ne pas réveiller les vieilles douleurs, le gobelin s’arrête dans une grotte qui fut autrefois un carrefour entre les galeries. Quelques bâtiments abandonnés subsistent, d’autres plus préservés sont creusés à même la roches, tous partagent cette décrépitude progressive des joints qui se délitent, des pierres progressivement descellées par des forces lentes, lépreux de lichen, grattés à leurs sommets par des stalactites en formation.

« Ici pas vivant. Pas morts non plus. Silence. Prudence. Abri pour dormir. Nourriture cachée. Une maison de Gobsec. »

Impossible de deviner de prime abord quel est la demeure encore habitée. Pas de lumière aux fenêtres, ni même de volets, encore moins de rideaux, sans parler des portes. Tout a été emporté, ou rongé, enfin la pourriture a pris le relai, si bien qu’il n’y a plus que la pierre, froide, humide, plus tombeau que réconfort.

La cachette du sekteg est en fait le cellier de l’habitat le plus modeste de ce carrefour. Une fois dans la pièce principale il faut avoir l’œil pour repérer le petit escalier taillé dans le roc qui descend vers le garde-manger. Même une bougie allumée au fond de ce réduit ne serait pas visible de l’extérieur. Mais il n’est pas question de bougie, ni même de feu, dans cette cachette. Gorim commence à frissonner : la tension l’abandonne, la chaleur de la marche également, la fatigue n’est en revanche pas loin, comme un prélude à la mort. Sur le chemin il s’est surpris à penser à son propre trépas, considérant que jamais il ne reverrait les hautes galeries, ni sa famille, ni la milice. Ses pensées allaient à sa mère, à sa sœur, se demandant comment elles allaient vivre la nouvelle perte d’un fils, d’un frère ; enfin, il pensa à son père, brièvement, pour aussitôt chasser cette idée de son esprit et reprendre la marche d’un pas qu’il voulait décidé.


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Dernière édition par Gorim le Ven 28 Avr 2017 12:19, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Ven 28 Avr 2017 12:18 
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Première pensée : ça va mieux. Deuxième pensée : je douille toujours. Gorim renonce à s’étirer de peur de réveiller plus avant des douleurs avant même d’avoir ouvert les yeux. Pourtant… il s’attendait à pire… S’est-il habitué ou va-t-il vraiment mieux ? A-t-il sué son mal-être tout au long de la nuit ? Ses narines sont toujours bien encombrées, pas assez toutefois pour l’empêcher de constater qu’il empeste une transpiration aigre, l’humide bientôt moisi.

« Pas de bruit… » chuchote le sekteg lorsque Gorim se met à grogner. « Debout… En silence… Regarde… » Et le peau-verte de sortir prudemment du cellier vers la pièce de vie morte et ses fenêtres béantes. Réfrénant des jurons à chaque mouvement, lentement, précautionneusement, le thorkin se redresse. Pris de vertige en station debout, il s’appuie quelques secondes contre la pierre, goûtant sous sa paume la fraîcheur du roc, sa stabilité, avant de reprendre son avancée sur les traces de son guide.

« Silence… »

Le gobelin n’avait pas la veille montré de disposition particulière à se redresser, pourtant c’est sa posture qui frappe en premier lieu Gorim : tassé, replié sur lui-même à l’extrême de ses possibilités, il guette à coups d’œil furtifs et pourtant semble tout vouloir faire pour se dissimuler, faire un avec le mur et les dalles, disparaître pour de bon. Son corps frêle communique une panique qui ne manque pas de gagner le milicien. Sans même en avoir conscience il adopte une attitude similaire en se rapprochant du sekteg. Son souffle lui paraît trop bruyant sifflant, il aimerait le suspendre pour un temps, devenir caillou sur le sol, immobile, statue rongée, lissée, oubliée. Le geste de la main de Gobsec est superflu : lorsque Gorim regarde, il comprend de la tête et des tripes la menace qui rôde. Sa vision lui permet de percer les ombres des mines et ce qui se révèle à lui demeure dans le carrefour une ombre sur la nuit. Une des formes paraît immense, grande deux fois comme lui à moins que ce ne soit plus : il ne peut en juger, estimer cette étendue immatérielle, pas plus que saisir sa profondeur, sa véritable nature. Menace. Menaces aussi ces apparitions plus petites gravitant autour de la première.
Le nain et le gobelin attendent, l’un contre l’autre, partageant sinon des pensées similaires la même inquiétude. Puis la sensation de malaise s’estompe et leurs observations confirment les impressions : la procession nébuleuse s’en est allée plus loin.

« C’était… »
« Ombres de mort… Elémentaires disent des nains… »
« Ouais… on raconte des histoires sur des choses… dans les vieilles galeries restées trop longtemps dans le noir… »
« Chanceux, ceux qui peuvent raconter des histoires » souffle Gobsec, toujours troublé. « Autres… Ceux qui savent… morts… »
« Et si on les croise… ? »
« Tu connais magie ? »
« Non. »
« Alors… mort. Pierre ne tue pas les ombres. Fer ne tue pas les ombres. Poing ne tue pas les ombres. »
« Puissent mes ancêtres les tenir éloignés de notre chemin… »
« Laisse ancêtres dormir. Ouvre l’œil. Ecoute le ventre. Le ventre sait les ombres. Il se tord. »

Le milicien, à contrecœur, opine du chef. Plus près, sans doute se serait-il conchié de trouille, les intestins noués jusqu’à la douleur. Tandis qu’il attendait que la voie se libère ses pensées allaient à sa mère, ses prières à tous les dieux susceptibles de venir à son secours : Valyus, Yuimen, Meno, Gaïa, ceux susceptibles de le protéger, ceux susceptible de l’éclairer. La frayeur lui a donné un sursaut de foi, un sentiment religieux absent de sa vie le reste du temps. Tellement qu’il ne prend même pas le temps d’une pensée de remerciement pour s’en être sorti sans dommages.

« Et maintenant ? »
« Manger… Boire… Dormir. »
« Mais... »
« Chhhhht… Pas encore. »

Comme si rien ne s’est passé, ni l’apparition des élémentaires, ni même cette rencontre d’un nain ligoté dans un tunnel, Gobsec reprend sa marche, sans même un regard pour s’assurer que Gorim le suit toujours.

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Mar 9 Mai 2017 13:31 
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Les deux demies hauteurs d’ombres n’en forment pas une grande dans les tunnels. Plus petits encore, ils aimeraient chacun le devenir, plus petit, plus discret, plus effacé. Le thorkin connaît les tunnels, les mines, saurait creuser, étayer, aménager, trouverait son chemin dans un dédale à l’aide de la mémoire, de la connaissance des schèmes de son peuple, d’une dose d’instinct aussi. Tout cela ne vaut rien si profond sous la surface, dans le ventre oublié de la montagne. La frayeur l’emporte sur l’orgueil, aussi remet-il sa vie entre les mains du sekteg, la perspective de la mort, pis, des ombres, érodant des années d’endoctrinement et de préjugé. Dans l’adversité, l’ennemi n’est plus si net. Ne lui a-t-il pas sauvé la vie ? Et il recommence à chaque pas. Les cavernes ne sont pas aussi désertes que leur tranquillité veut bien le faire croire au voyageur imprudent. Gorim sait les pièges qu’elles recèlent ; Gobsec agit, là où savoir ne suffit pas. Il écoute ses tripes, sans doute, exerce son œil, sa petite tête couturée de cicatrices est sans cesse mobile, allant du sol au plafond, d’un mur à l’autre, l’oreille dressée pour percevoir le murmure annonciateur de la menace. Les pires dangers sont sans doute ceux que les deux voyageurs ne perçoivent pas. De ceux-là ils ne se préoccupent pas faute de pouvoir les anticiper, leur échapper.

Le gobelin choisit le chemin, le nain suit, faute de pouvoir proposer mieux. Il s’est résolu à ne plus poser de questions, demander pourquoi ils descendent toujours plus plutôt que de remonter vers la nouvelle Mertar, quand viendra le prochain repas. Les détours sont légions. D’un geste Gobsec a exigé l’immobilité. Du doigt il désigne le plafond. Quelques secondes plus tard, le temps qu’il puisse repérer et associer les éléments discordants, le milicien découvre terrée dans un repli du plafond, son large voile étendu sous la voûte, les tentacules nouées à quelques stalactites, une pieuvre terrestre. Son envergure traduit son âge avancé et les faibles chances de lui échapper en choisissant d’avancer par la voie qu’elle domine. Alors, à reculons tout d’abord, sans la quitter des yeux, les deux marcheurs rebroussent chemin. Parfois ce sont tout simplement des haltes imposées durant lesquelles ils se plaquent contre la roche, attendant que quelque chose passe, s’en aille. Quoi ? Gorim l’ignore, occasionnellement il devine un grattement, un chuintement, ce qui pourrait être un bruit de pas, sans en être assuré. Comme le regard des humains s’accommode à l’obscurité, ses sens autant que sa perception de son environnement doivent progressivement s’adapter à ce nouvel environnement. Les capacités du gobelin, à ce titre, paraissent exceptionnelles. Au terme de ce qui pourrait être une journée de marche – mais Gorim n’en jurerait pas, il est trop épuisé pour savoir s’il doit l’imputer à la marche ou à sa résistance sapée par les blessures et l’environnement – Gobsec décide de faire halte auprès d’un lac souterrain. Pour y arriver ils désertent les galeries où se devine encore le travail des outils dans la régularité du sol et des parois pour des chemins de traverse naturels, récupérés, modifiés légèrement par l’usage et en passe de revenir à la lente et sauvage vie minérale.

A plusieurs reprises le sekteg avait humé des sources, parfois à peine des suintements sur les parois, des bassins, et refusé d’y tremper ses lèvres ou de laisser son compagnon y mouiller sa barbe. La roche filtre ou, au contraire, laisse passer une eau souillée. Des strates et des strates au-dessus de leurs têtes vit une cité encore peuplée dont toutes les déjections solides et liquides sont le plus souvent confiées aux profondeurs. Alors la prudence est de mise lorsqu’il s’agit de se désaltérer. Cependant, l’étendue d’eau tranquille, sous une voûte naturelle ponctuée de stalactite, inspire d’emblée une confiance que le gobelin ne manque pas de confirmer. Un Gorim assoiffé se laisse tomber à quatre pattes pour laper l’onde tel un animal, se rincer la figure et les mains sans aucune autre considération pour les ablutions que la fraîcheur et la pureté de l’eau. Une fois sa soif étanchée, un peu rasséréné par cette rapide toilette, il s’aperçoit que son guide ne l’a pas imité. Ce dernier, au contraire, s’est dirigé immédiatement vers un bloc rectangulaire. Une fois à ses côtés, le milicien découvre un tombé gravé de runes. Sur les flancs, quelques scènes en bas-relief évoquent des scènes de combat contre des brok’nuds, des sektegs, un troll. La dalle qui ferme le tombeau est ouvragée des motifs géométriques mêlés, évoquant tout à la fois les lignes épurées et anguleuses de l’architecture thorkine et la complexité de leurs galeries de vie comme de mine. Pas de gisant cependant. Ce doit être un guerrier qui repose sous la pierre, assez riche – ou sa famille l’était – pour s’offrir une telle sépulture dans un tel lieu, sûrement reconnu parmi les siens, sans que sa naissance ou son rang l’autorise cependant à apparaître en arme dans la mort.

« Les thorkins n’ont pas totalement déserté la cité… »

« Oui… morts… vivant aussi, des fois… Et marchent morts. »

« Hein ? »

« Quand ombre appelle, morts marchent. »

« Hein ? Mais qu’est-ce que… Oh ! Des morts-vivants, appelés par un nécromancien, c’est ça. »

« Raaaaaah, morts pas vivants, morts. Pas logique. Sektegs disent morts marchent. Garzoks disent morts combattent. Tous morts, pas vivants. Ce mort marche. »

« Quoi ? »

« Regarde. »

Le doigt du gobelin court le long de la dalle, soulignant ce qui aurait dû sauter aux yeux d’un nain attentif dès le premier regard. Elle aurait dû être parfaitement ajustée, scellée par son poids ou un peu de mortier. Remise à la va vite, un décalage ne rend pas hommage à la qualité de cette sépulture et même les siècles n’expliquent pas cette étrangeté.

« Aide-moi. »

« Hein ? »

« Ouvrir. »

« Non ! »

Se tapir dans des demeures oubliées, abandonnées, c’est une chose ; violer l’intégrité d’un tombeau en est une autre. Les ancêtres sont sacrés, leur repos tout autant et malheur à qui le troublerait par ses actions. (Les morts sont morts mais…) Pas le temps de réfléchir plus longtemps, déjà le gobelin s’arcboute, les mains sur la tombe, tous ses maigres muscles tendus sous l’effort. (Tu pousses pas au bon endroit… tu vas te briser tous les os avant de faire bouger ce caillou d’un pouce.) Un tombeau de thorkin n’est pas fait pour rester éternellement clos. Lors de certaines cérémonies, les héros reçoivent des offrandes de leur clan, les vivants en appellent à leur force, à leur patronage. Une arme peut être confiée au défunt ou, au contraire, lui être empruntée par un autre guerrier de sa lignée, pour s’en aller honorer sa mémoire par le combat. Ceux qui taillent les tombes pensent à tout cela et démontrer leur savoir-faire passe aussi par une facilitation de tous les rituels. Quelle allure aurait une cérémonie s’il fallait toujours mobiliser cordages, poulies et levier comme pour ôter un vulgaire rocher éboulé ? A chaque artisan sa technique, certains manifestent les points de poussée par des marques subtiles, des encoches, des signes connus de leur seule corporation. Pas le temps de chercher cependant : même si aucune menace ne se manifeste, Gorim n’a aucune envie de trainer, il ignore pourquoi le sekteg s’intéresse à ce tombeau, mais s’il peut lui faciliter la tâche pour repartir au plus vite, il le fera. Ses doigts sont trop engourdis, ses sens trop embrouillés pour se lancer dans une entreprise de prospection. Alors il teste, pousse en divers endroits, se fie à ses sensations. Lorsqu’enfin il perçoit une légère faiblesse, il pousse plus fort, grogne sous les douleurs que lui tire l’exercice, souffle, inspire, se voute, change ses appuis et… La dalle pivote peu à peu, révélant le corps.

« Ben ça alors ! »

Le corps embaumé est encore vêtu comme pour partir à la guerre, une cotte de maille impeccable, un tabard parfaitement conservé, vert brodé d’un brok’nud écarlate, le casque de mithril est orné de défense de l’animal totem du clan. Les mains sont croisées sur une hache de bonne facture en acier sombre, à deux mains, le fer en demi-lune, un manche de chêne poli si bien traité qu’il s’est maintenu malgré les années.

« La hache tue pareil, celle d’un guerrier, d’une guerrière. »

« Ouais. Les thorkines se battent aussi bien que leurs frères. Et malgré ce qu’on dit, pas à la poêle à frire. Eh ! Qu’est-ce que tu fiches ! »

Sans aucun égard pour la morte, le gobelin a escaladé à demi le tombeau pour pouvoir prendre un appui et arracher au cadavre quelque chose coincé dans la cotte de maille, au niveau du cœur. Un grincement de dent et de métal et il brandit un long clou noir à tête carrée, assez long pour traverser de part en part le thorax, assez large pour ne pas se tordre contre les anneaux d’acier. La matière dont il est constitué ne ressemble à rien de ce que le milicien connaît mais, instantanément, il ressent un certain malaise à le contempler, car il est absolument sûr que cette chose n’a aucun rapport avec les rituels funéraires de son peuple, même dans les temps les plus reculés.

« Magie. Clou tient âme dans corps. Et mort marche quand mage appelle. Je marche dans ancienne cité, je libère morts. »

« Par Valyus ! C’est un rituel ? C’est ça ? Qui fait ça ? »

« Sais pas. Je reste loin. Eux tuent moi si eux voient moi. Je reste loin. J’écoute. Je suis. Je libère morts. Jette clous dans profondeurs plus profondes. Là, personne vient chercher clous. »

« Refermons la tombe. Elle mérite la paix maintenant. »

« Prend hache. »

« Non ! »

« Mort qui dort, pas besoin hache. Nain vivant reste vivant plus longtemps avec hache. Tu ramènes hache quand revenu si tu veux. Je guide nain armé. Je guide pas nain faible. Dangereux. Comme chaîne. Nain qui combat pas, nain abandonné. »

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 Sujet du message: Re: Le Niveau Bas : les ruines de l'ancienne Mertar
MessagePosté: Ven 4 Aoû 2017 13:28 
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La hache devient à mesure que les galeries sinuent profondément dans la terre plus un appui qu’une arme. Le sekteg pensait-il à cela en lui suggérant de s’en saisir ? Gorim ne parvient pas à détacher son esprit du cadavre embaumé. Certes, ils ont refermé au mieux le tombeau, le thorkin a récité deux prières, le gobelin marmonné quelque chose qui y ressemblait également, tracé dans l’air quelques signes de conjuration. Puis, plus rien : ils ont repris la route par des voies autrement moins accueillante que ce lac souterrain.

« Naaaaan ! »

Gorim s’éveille en sursaut de la courte sieste que lui permet la halte. Il halète, tentant de reprendre ses esprits, de dissiper la douleur qui bat contre son cœur. Son cauchemar est d’une netteté déconcertante : une ombre encapée levait au-dessus de lui un marteau, pour l’abattre vers sa poitrine. Entre les deux, un long clou noir…

« Chhhhhttt ! Nain fou… »

« J’ai… fait un cauchemar… »

« Pas que pas lumière… plus ombre… rêves ici rêves ombre. Pas comme rêve sous lune. »

« Euh… ouais… ouais, p’têt’. »

« Partir. Vite. Cri peut être entendu. Pas par ami… »

La marche se poursuit, dissipant tout repère chez le thorkin, accroissant la dépendance à son guide. Les galeries ne sont plus, depuis ce qui lui semble des heures, les chemins travaillés dans la pierre par ses ancêtres, mais de grossières galeries dans le roc, empruntant sans doute les tracés d’anciennes cavernes. Gorim ne manque pas les marques dans la pierre, les runes anciennes dont il devine à peine la fonction. Magie ou langage d’initié : il ne peut se prononcer, n’étant pas érudit de nature. Seraient-ce des gribouillis obscènes sur des portes de latrines, il serait aussi plein de révérence à leur égard. Là où l’a mené Gobsec, chaque pierre, chaque recoin, chaque faille semble investi d’une puissance ancienne, comme si les forces de la surface, lentement filtrées par les strates de roche, de gravier, de terre, d’argile, avaient fini par se trouver concentrées dans ces ténèbres perpétuelles, au point d’imprégner chaque chose. Parfois, il perçoit un courant d’air, un souffle sur sa nuque. Aussitôt un frisson le traverse, car si profond, il se demande quel vent peut encore souffler. Et des souvenirs de spectres lui glacent la moelle, l’image de ces formes noire devant lesquelles il s’est terré danse devant ses yeux. A moins que ce ne soit que la fatigue, la faim, l’épuisement. La peur, aussi.

« Ici ma maison. »

Rien ne marque la transition entre le dehors et le dedans. Il n’y a que, dans un coin, un panier de bonne facture qui jure par son état, un tas de couvertures, des oripeaux, des bricoles de ferraille, de la poterie plus ou moins en tesson, du bois sous toutes ses formes empilé avec soin, la pierre noircie dans un coin se souvient de l’âtre, un pic usé au point d’en être pioche repose contre la paroi, côtoyé par une hachette, une pelle dentelée, une huche sûrement trainée à grands efforts fait office de garde-manger. Et puis… rien. L’exiguïté donne l’illusion de profusion, occultant un temps le dénuement dans lequel doit vivre le sekteg.
Gorim s’aperçoit que, s’il connaît les intérieurs des siens, du plus humble au plus fortuné, il ignore tout de la vie d’un gobelin et serait bien en peine de savoir si Gobsec possède plus ou moins que d’autres peau verte. En contemplant ce qu’il considère comme le lieu d’une existence misérable, il ne peut s’empêcher malgré tout d’éprouver une certaine compassion pour son guide. Même une recrue de la milice peut trouver à manger chaud, dormir sur une paillasse et disposer d’un broc d’eau. Mais lui…

« Tu vis… ici ? »

« Ici pas de mort qui marchent. Tombeaux loin. Ici pas or, pas richesse. Ici pas pouvoir. Ici pas vie. Personne vient ici. Avant… Il y a mots nains dans la pierre. Mots puissants. Mots anciens. Dangers pas aimer mots nains anciens puissants. »

« Oui, des runes, j’ai vu… »

« Tu dors. Tu guéris. Tu prends forces. Et puis Gobsec te montre chemin vers lumière et nains. Si tu veux. »

« Pourquoi je ne voudrais pas ! »

« Gobsec vit bien, ici. Mange. Dors. Bois. Dangers, mais il voit. Ombres, monstres. Pas sektegs ici. Plus haut, pas ici. Nain plus plus haut. Ici… paix. »

« Mouais. »ronchonne Gorim, pas convaincu par l’idée. Juste avant d’enchaîner plus vivement, car une parole vient de sonner une alarme dans sa caboche. « Tu as dit… sektegs plus haut… et nain plus plus haut… Les nains sont plus hauts que les sektegs… dans la montagne ? »

« Oui. »


« Donc sous les nains, il y a des sektegs… dans la montagne ? »

« Oui. Toujours. Pas place pour armée, pas discret. Galeries abandonnées, pas pour tout le monde. »

« Je dois avertir la cité ! »

« Dois dormir. Guérir. Manger. Après tu vis. Après tu décides comment tu meurs. »

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