L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les bois sombres
MessagePosté: Mer 16 Aoû 2017 12:53 
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(13)



Un plongeon ! C'est une branche qu'est sortie. Un aut' plongeon ! Une pierre plate qui refait plouf quand la peau-verte la balance, puis elle choppe encore ses orteils boueux. Et on r'commence sous l'bouillon humide. D'ailleurs elle commence à avoir la dalle... Ah ! Ayé ! C'te fois c'est une des feuilles d'métal noir. Enfin un truc qui la change un peu, parce que voir d'la flotte teinte terre où qu'elle mate, ça finit par lasser. H'reus'ment qu'entre deux plongées, elle peut voir c'que la gamine fait. D'abord elle parle sans parler. Après, elle trace des trucs dans l'air et fait la gueule un moment. Et ça dure jusqu'à ce que Aro' s'mette à voler à côté d'elle, lui cause et qu'la petiote s'acharne à sortir l'cadavre de son armure. Et encore après, quand la peau-verte tient fièrement la plaque au-dessus d'elle, la gosse est sur le cul, à mater la morte en ch'mise, assise, et qui r'garde ses mains.

Pose de plaque sur la berge avec l'autre, re-plongeon.

...

Bloup. Bulle d'air.

...

Bloup. Bulle sortie d'un aut' côté.

"Bloooup ?!", beugle la peau-verte en f'sant buller la flotte, quand elle pige c'qu'elle vient d'mater.

Zu'Gash émerge de la mare et fixe de ses yeux rouges porte-bouclier qui bouge comme un gus qui s'réveille un lendemain de beuverie. Alors là, c'pas croyable. Elle était vivante alors ? Ou pas ? Aroroa était quand même déjà en train d'baver à l'idée d'lui bouffer les yeux, nan ? Mais là, même la corbac est sur le fion. La garzoke s'extirpe de sa baignoire et s'approche d'la nana.

"Bah tiens, j'aurais juré qu't'étais clamsée, toi.", lâche-t-elle en se curant le pif.

"Silence, créature !", siffle la morte bien vivante, lui jetant un regard mauvais de la tête aux pieds. "... Et par les Dieux, couvre-toi !"

Ben merde alors. Qu'est-ce qu'ils ont tous ces humains à vouloir qu'elle se couvre ? C'est quand même la deuxième à lui sortir c'genre d'conn'ries.

"Eh, d'abord les morts ça n'cause pas, surtout pour s'permettre d'râler. Vu qu'ce sont eux les plus nombreux, on entendrait qu'eux. T'imagine le bordel ?"

"Rah !", confirme le piaf noir en venant se percher sur l'épaule de la plongeuse, glissant à deux reprises et manquant de choir d'son perchoir.

"Oais ! Tout pareil !"

"J'ai dit silence !", affirme la morte en choppant mollement puis brandissant son épée toute dégueulassée. "Quand une Rhendlar de Bouhen parle, on l'écoute !"

"Une quoi ? Ça s'mange ?"

"Assez, toutes les deux !", commence la gosse. "C'est suffisamment... difficile à expliquer. Un peu de calme, je vous prie ?"

La peau-verte croise les bras et campe sur ses gambettes, curieuse de ce que Maya va débiter comme conneries. Parce que là, expliquer comment elle a réussi à rapatrier une morte d'chez leur Grand Patron sans s'faire taper sur les doigts par lui, c't'assez intriguant. Donc la petite se lance dans des trucs compliqués de rituels sombres, d'un camp d'tation ou un truc comme ça. Bref, que des choses que la garzoke arrête de suivre au bout d'une poignée d'secondes. Mais en gros...

"Je voulais juste te parler... Une dernière fois."

Et ça y est, les grandes eaux ! La nana en armure semble encore plus pâle d'comprendre qu'elle a vraiment claqué. Elles causent un peu, sans s'dire vraiment des trucs intéressants. Juste comment la gosse, qui aurait du être en partance pour la Sori... Roti... Soté... Un truc pour sœurs a fini dans les Bois Sombres avec une peau-verte. Quand son nom est mentionné, la créature à poil fléchit le bras en dévoilant ses crocs fièrement. Sauf que personne ne fait gaffe à elle. Enfin, après du bavardage sans rien dire d'plus, Maya câline sa sœur puis l'allonge au sol, en chialant. Elle baragouine un truc et hop ! D'vant les yeux rouges, y'a plus d'porte-bouclier, juste son haut d'armure, sa jolie épée et l'bouclier des Rendhlar de Bouhen.

La gosse se lève, s'essuie les yeux et fait une drôle de tronche. C'pas d'voir la peau-verte sans rien sur l'dos d'après elle, c'est une aut' sensation. La petite se tourne vers la caillasse tueuse.

"Julianna ?"

Et là, d'un seul coup... Le silence... Rien. Que pouic... Enfin, juste le temps d'cligner des yeux, parce que pile après, la Juju s'tient devant elles, l'air aussi con que d't'aleur. La gamine fait d'grands yeux d'souris, prononce un mot qui fait disparaitre la morte, puis un autre qui la fait revenir. Une fois, deux fois, trois fois. Elle va finir par avoir la gerbe à voyager autant, c'te clamsée. Et entre chaque fois, elle choppe un bout d'ses affaires, comme si c'était parce qu'elles étaient là qu'elle rev'nait à chaque fois. Même avec son casque cabossé sur la caboche, tout son matos part et réapparait avec elle.

"Que... Que m'as-tu fait, Maya ?"

"Je... Je ne comprends pas. Le rituel sert à lier une âme le temps qu'elle s'apaise, pas à... Cela !", panique la gosse.

Sur l'épaule de la garzoke, le Corbeau de Phaïtos claque du bec et le frotte avant d'émettre un croassement lugubre. Ou alors elle a juste roté.

"Ju-li-a-nna... Âme for-te... Trop ! Trop ! Mau-di-te ! Dam-née ! Dam-née !"

"J'ai rien pigé, Aro'."

"Âme li-ée ! Coin-cée ! Ma-ya la con-trô-ler !"

Silence, le temps qu'tout l'monde pige. Ou presque, parce que la peau-verte n'en a rien à secouer. Enfin, jusqu'au moment où, après un cri super fort ruinant toute discrétion, porte-bouclier lève son épée pour frapper la gosse. Ça va saigner ! Ça va faire mal ! Ça va... Ben oui, ça va toujours pour la gosse, qui n'a fait que lever les mains en protection. Là, Zu'Gash doit s'frotter les yeux. Elle a l'impression qu'ses mirettes lui jouent des tours parce que la gosse a l'air d'avoir des sortes de fils entre les mains et Julianna. Mais ça n'dure qu'un essuyage de paupières. Pourtant, la morte reste coincée dans sa posture de frappe sans parvenir à le faire, genre paralysée dans c'te position. Et c'pas faute de grogner puis de hurler comme une banshee qu'a vu un rongeur boulotter ses jupons. Elle s'débat sans parvenir à bouger même un rien. Quand elle pige que ce ne s'ra jamais possible, ses yeux vitreux ont l'air d'briller un peu. Eh, ça peut chialer un mort ?

N'empêche, si Zu'Gash résume...

"En gros Maya, t'as choppé ta frangine sur l'chemin d'chez Phaïtos, tu l'as assise dans son cadavre le temps d'causer et t'as paumé la carte pour l'y renvoyer un fois l'coup d'gnôle pris ?"

Silence. Regards ronds. Bah quoi ? Elle a dit une connerie ?

"C'est... Etrange... Mais c'est exactement cela, Zu'Gash.", dit la petite d'une voix faiblarde. "Je... Il faut rentrer. Dame Merilian saura quoi faire."

"P't'être. Eh ! Mais la renvoie pas de suite !", s'exclame la peau-verte. "Les morts ça n'respire pas, hein ? Ben on va faire d'la plongée ensemble !"

Regard effaré d'la morte et d'la p'tite, même grimace de retrousser l'pif. Là, c'est vrai qu'elles ont la même tronche. Bon, ben tant pis, Zuzu fera mumuse toute seule, na !

Après quelques plongées d'plus, une seule autre feuille noire est sortie d'la flotte. C'pas toute la cargaison, ça. Défi raté, fait chier. Zu'Gash se rhabille, trouvant bizarre c'te sensation d'tunique trempée sous son armure d'cuir. Un truc qu'elle se jure après tout ça, c'est qu'c'est bien l'dernier bain d'l'année qu'elle prend !

L'soir s'ram'nant, et parce que les aut' gars du camp peuvent se pointer aussi, les deux Messagères, la corbac et la morte se mettent en route pour rentrer à Endor. Dans leurs pas, le prisonnier en tunique les suit sans dire un mot, avec un r'gard aussi vide que celui d'Juju.

Partir intercepter une livraison d'olath et revenir avec juste un bout d'la cargaison, une sœur morte causant comme une riche et un prisonnier consentant, c'pas exactement c'que l'Patron shaakt attend. La peau-verte sourit comme une conne.

Avec du pot, ça le foutra assez en rogne pour qu'il l'envoie directement chez Phaïtos avec sa grosse épée ! Ou en l'empalant avec toutes les lances d'la salle d'arme ! Ou pire encore ! Oh, par Phaïtos...

Ça va être génial !


(Après)

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 Sujet du message: Re: Les bois sombres
MessagePosté: Mar 16 Jan 2018 00:33 
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Deux semaines. Deux putains de semaines s’étaient écoulées depuis mon évasion, et je n’avais pas encore récupéré de toutes mes blessures. Les cicatrices rouge sombre des épines ayant déchiré mon épiderme vert apparaissaient encore, et ne laisseraient pas de marque à terme, mais elles étaient guéries. Les douleurs musculaires et ligamentaires de mon bras et de mes jambes étaient quant à elles toujours bien là. Pas de là à boiter au quotidien, mais j’étais sacrément réduit quand même : je ne pouvais marcher plusieurs heures sans ressentir une douleur croissante. Ça limitait mes possibilités de trajet, et me forçait à un immobilisme qui commençait sérieusement à me courir sur le haricot. Par chance, ou était-ce la pire des guignes, je n’étais pas seul. Quatre gobelins isolés, rejetés de leur clan à cause de leur inefficacité, de leur marginalité, s’étaient regroupés et m’avaient alors trouvé, sanguinolent, en train de m’ôter une à une les épines du buisson salvateur. En d’autres temps, je les aurais envoyés bouler sans demander mon reste. J’aurais même défoncé la gueule du premier qui osait s’approcher de moi. Mais là, ils eurent le bon sens de me proposer de l’aide, du secours. L’une d’eux, en tout cas. La seule femelle du quatuor. Mikuu, elle s’appelait, et elle avait plus de jugeote seule que les trois autres réunis.

Ses yeux noisette étaient posés sur moi alors que je grognais encore de mon sommeil perturbé. À la lueur d’une torche, elle me reluquait dans la pénombre d’une aube encore trop fraîche pour que ses lueurs aient percé le couvert des arbres de la Forêt Noire de l’Omyrhie. En tout cas, certainement pas à travers les branchages de notre modeste cabane de fortune, posés à l’arrache sur un tronc effondré par quelque tempête.


« Hmmmgrmpf. »

Arrivai-je à peine à formuler, alors que la gobeline s’impatientait, trépignant sur ses deux pieds en laissant s’agiter les trois chignons lâches qui décoraient le haut de sa chevelure couleur de lune. Sa peau d’un vert tendre était nette et sans imperfection, éclatante et en bonne santé. Elle tranchait plutôt fort avec ma propre peau, fanée et marécageuse, couverte de cicatrices et autres plaies en voie de guérison. Elle s’exclama de sa voix aigüe, nantie d’un accent étrange qu’elle associait à une ascendance venue du Grand Nord, des lointaines contrées de Nosveris, apparemment elles aussi peuplées par les peaux-vertes. Je ne connaissais rien de cet endroit, donc je lui avais laissé le bénéfice du doute quant à cette information. Bref, elle s’impatientait, donc.

« Debout, debout, debout ! C’est le jour où l’on voyage, c’est le jour où l’on s’en va, c’est le jour où l’on déménage ! »


C’était toujours Mikuu qui décidait quand on quittait un endroit, ou si l’on y restait encore un peu. Totalement arbitrairement, selon moi. Et avec elle, on quittait les endroits plus souvent qu’on y restait. Elle ne tenait pas en place, avait sans cesse envie de bouger, de voir de nouvelles régions, de nouveaux coins des Bois Sombres. Comme si la diversité était présente dans cette foutue forêt. Et les trois autres imbéciles la suivaient sans remettre en doute son jugement, bien évidemment. Si bien que lorsque j’avais tenté de m’opposer à notre premier départ, je m’étais retrouvé dans une situation qui me valut de courber l’échine, devant ranger ma fierté de mauvaise grâce : ils étaient tellement obnubilés par elle qu’ils la suivraient en me laissant sur place. Si j’avais été en pleine forme, ça ne m’aurait guère dérangé, mais là… à l’époque je ne pouvais me débrouiller seul. Je les accompagnai donc. Et il en fut ainsi jusqu’à aujourd’hui, où une fois de plus je ne me sentais pas de contrarier ses plans.

Mais pas de suite. Pas au saut du lit, bordel. Je me tournai brusquement sur le lit de fins branchages et de feuillages, dans un nouveau renâclement sourd. Un message clair, en somme : je voulais qu’on me fiche la paix. Le temps que j’émerge, au moins. Merde.

Mais non. Quand Mikuu avait décidé quelque chose, rien ne pouvait l’en faire changer d’avis. Pas même le mécontentement amer d’un garzok faisant plus de deux fois sa taille, tant en hauteur qu’en largeur. Sans crainte, elle me bondit littéralement dessus, à califourchon, et molesta mon flan de petits coups de poing rapides, tout en psalmodiant énergiquement :


« Allez, allez, allez, allez ! »


Définitivement, elle ne me laisserait pas finir ma nuit. Dans mon ancienne vie, au Clan, ou même au Bagne, je l’aurais certainement tuée pour cette bravade. Mais là… Je m’étais assagi. Sans doute ramolli. Et ça ne me valait rien : je m’étais attaché, malgré moi, à ces quatre créatures misérables, véritables rebuts même pour des sektegs. Mais il ne fallait toutefois pas déconner. Là, elle abusait. Sans tendresse, mais cédant toutefois à sa demande, puisque je n’avais plus le choix, je l’envoyai bouler brusquement de l’autre côté de la cabane. Elle virevolta dans les airs avant de se ramasser par terre, presque élégante malgré une chute évidente. Et je me levai, grognon. Elle n’avait pas pris ombrage de ma ruade. Bien au contraire, son regard goguenard était trop expressif pour s’y méprendre. Elle avait réussi son coup, et c’était tout ce qui comptait pour elle. En plus, elle était loin d’être en papier, la petite. Une vraie gobeline des bois, sauvage bien comme il fallait. Ce n’était pas deux bleus qui allaient lui faire peur. Je grommelai quand même pour la forme, étirant mes muscles tétanisés par le sommeil, et frottant mon visage de mes larges paluches pour en éveiller les terminaisons nerveuses encore ensommeillées.

Mais un hurlement retentit à l’extérieur de la cabane, faisant dresser les longues oreilles pointues de Mikuu, qui détala dehors. Décidément, je ne pourrais pas avoir la paix, aujourd’hui. À mon tour, je quittai l’abri, prêt à intervenir si besoin. Après tout, même amoindri, je restais les muscles de cette petite compagnie.

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 Sujet du message: Re: Les bois sombres
MessagePosté: Lun 31 Déc 2018 18:13 
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Intervention sortie de Quête pour Kurgoth



Lorsque Kurgoth se réveilla, il était entouré d'arbres qui plongeaient les lieux dans une pénombre malgré la lumière du soleil, qui transperçaient les feuilles ci et là. Khynt le regardait, impassible, debout près d'un œuf.

« Lève-toi, tu as beaucoup de route, » fit-elle d'un ton neutre. « Ce qui est dans ces oeufs a le potentiel de devenir des armes pour Omyre, il faut que tu ailles à la capitale. »

Elle observa les alentours comme pour emphaser sa phrase suivante.

« Il semblerait que nous soyons dans les bois sombres. Omyre ne devrait pas être loin. »

Elle pointa deux corps encore endormis non loin de Kurgoth - ceux de ses disciples, présents avec eux lors de l'incident.

« Tu partiras avec Krel'Ka dès qu'elle sera levée. Je m'engage à te récompenser personnellement si tu vas chercher une délégation suffisante pour rapporter tous les oeufs à Omyre. En attendant, je les protégerai. »

Puis elle le fixa dans les yeux, toujours aussi illisible.

« Une idée de ce que tu veux en échange d'un tel service ? »

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 Sujet du message: Re: Les bois sombres
MessagePosté: Lun 31 Déc 2018 18:34 
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Un grondement soudain, sourd et puissant, coupa la discussion avant que Kurgoth n'obtienne la moindre réponse. Instinctivement, le garzok sentit toute la menace liée à un tel bruit, mais le plus perturbant pour lui fût de voir le visage de la lieutenante Khynt se décomposer alors qu'il était resté jusqu'ici impassible. La modifiée bondit alors vers ce qui semblait être une fenêtre et leva les yeux en direction du ciel, du moins c'est ce que Kurgoth pensa, n'ayant toujours aucune idée de l'endroit où il se trouvait. A l'instant où la lieutenante arriva à la-dite fenêtre, un second grondement, plus lointain cette fois, se fit sentir. Le prêtre vit alors les poings de sa supérieure hiérarchique se fermer, pleins de frustrations, tandis que celle-ci évoqua le nom d'"Alskabât".

"Oui, c'est sa fin."

Une voix inconnue, emplie d'amertume, se fit entendre de l'autre côté du campement. Kurgoth tourna immédiatement la tête dans sa direction et y aperçut une silhouette féminine arborant des vêtements sombres et portant un casque cornu cachant son visage, lui donnant ainsi un air autant élégant qu'intimidant. L'inconnue se précipita alors vers Khynt plus vite que Kurgoth ne sortit sa kitranche pour s'interposer, mais à sa grande surprise, les gestes de la nouvelle venue ne semblèrent pas du tout agressifs envers la lieutenante dont les larmes commençaient à poindre. Tout en tenant délicatement les mains de Khynt, la silhouette mystérieuse fit le serment de préserver ce qui pouvait l'être et demanda en échange que son interlocuteur s'occupa de ses enfants. Ceux-ci, sous la forme d'une vingtaine d’œufs gigantesques, apparurent devant Kurgoth en le faisant tomber au sol de surprise. Le garzok voulu crier, s'insurger, demander comment, par Thimoros, tout cela se produisait, mais le choc coupa tout son voulant s'échapper de sa gueule et, bouche bée, il se tourna vers Khynt tandis que cette dernière retirait le casque de l'inconnue pour l'embrasser en acceptant de s'occuper des œufs. Le temps que le barbare réalisât que le visage de l'inconnue était recouvert d'écailles sur sa moitié droite, celle-ci avait disparue et Kurgoth se réveillait dans la pénombre d'une forêt.

"Lève-toi, tu as beaucoup de route. Ce qui est dans ces oeufs a le potentiel de devenir des armes pour Omyre, il faut que tu ailles à la capitale."

Kurgoth n'eut pas le temps de comprendre où il se trouvait que Khynt lui donnait déjà ses prochains ordres. Se retournant vers elle, il vit qu'il n'était pas le seul à tenter de déterminer leur position, mais, contrairement à lui, Khynt identifia rapidement l'endroit comme les bois sombres bordant Omyre. A la simple évocation de ce nom, les cauchemars que le prêtre affronta durant son voyage vers Bouhen resurgirent, faisant se hérisser ses poils. Alors qu'il tentait de contrôler son angoisse grandissante, Khynt pointa du doigt Krel'Ka et Erkra, indiquant au barbare qu'il partirait avec la femelle à Omyre dès son réveil afin de ramener de quoi transporter les œufs tandis qu'aidé de l'autre, la lieutenante les protégerait. Alors qu'elle lui demanda ce qu'il voudrait comme récompense en échange d'un tel service, le garzok ne put retenir dans la bouche les questions qui l'assaillaient avant de répondre à l'interrogation de Khynt.

"Qu'y a-t-il dans ces oeufs? Des femmes semi-dragons comme celle qui est apparue devant nous? D'ailleurs qui est-elle? Et comment a-t-elle pu nous renvoyer dans les bois sombres? Son nom était "Alskabât" c'est bien ça?"

Il avait expiré tout l'air de ses poumons en enchaînant d'un unique souffle ses questions. Lorsqu'il inspira, sa pensée parvint à se rediriger sur la mission qui venait de lui être confiée. Bien sûr qu'il acceptait la mission, avait-il seulement le choix lorsque l'ordre venait de l'un des treize? Sa récompense, il la connaissait bien, l'Antre de Balmor, mais avant de l'obtenir, encore fallait-il qu'il parvienne à amener ici une délégation suffisante, et c'est bien sur ce point que ces paroles suivantes portèrent.

"Pouvez-vous me fournir une missive officielle afin je puisse revenir avec les gardes de votre palais? Ils seront sans doute plus fiables que des mercenaires ramassés au rat putride."

La missive, quelle bonne idée le barbare se flattait d'avoir eu. Il se rappelait bien qu'un simple bout de parchemin l'avait sauvé en terres ennemies alors s'il en avait un provenant de Khynt, tout ou presque lui serait permis en Omyrhie. A présent qu'il pensait avoir trouvé comment remplir sa mission, il finit enfin par répondre à la question de la lieutenante:

"Un officier militaire de votre armée m'a promis l'Antre de Balmor si j'accomplissais la mission de venir vous aider sur Izurith. Je n'y suis resté que quelques instants, mais si ces œufs sont les armes que notre divine majesté voulait récupérer sur cette planète et que vous tenez à me récompenser, rien ne me ferait plus plaisir que cette relique."

Kurgoth jubilait intérieurement, certes il avait faillit mourir plusieurs fois dans cette mission, d'ailleurs un monde entier l'avait fait, quoiqu'il ait encore du mal à réalisé qu'il avait voyagé si loin, mais il allait réussir là où Olur échoua en faisant un simple aller-retour entre Omyre et les Bois Sombre... Quelle ironie du sort.

934mots

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'Cause I'M TheGentleMad and THAT makes me JUST BETTER... Think about it ;)


Dernière édition par TheGentleMad le Mar 8 Jan 2019 18:05, édité 5 fois.

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 Sujet du message: Re: Les bois sombres
MessagePosté: Lun 31 Déc 2018 18:46 
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Khynt écouta attentivement les questions de Kurgoth avant de hocher la tête, comme pour lui faire signe qu'elle les acceptait.

« Alskabât est la planète sur laquelle nous étions. Et celle que tu as vu est Zarha'Eïla, sa divinité... improvisée. Elle vient d'un autre monde, d'une civilisation bien plus avancée encore que celle d'Izurith, et est devenue la déesse d'Alskabât il y a plusieurs millénaires. »

Elle se tourna vers les oeufs, en caressant un presque tendrement.

« A l'intérieur sont des créatures de son monde natal. Ils ne seront pas les armes technologiques que nous voulions trouver à Izurith mais ils ont la connaissance nécessaire pour reproduire en masse une technologie bien supérieure. »

Elle désigna ensuite Krel'Ka, qui commençait à se remuer sur le sol, signe d'une reprise de conscience.

« Krel'Ka est l'un de mes lieutenants officiels. Si tu vas à la Tour Noire avec elle, ils te feront confiance. Concernant son armure, je lui chargerai de te la donner lorsque tu seras revenu ici avec les moyens logistiques pour transporter ces oeufs. »

Finalement, Krel'Ka se redressa complètement, signant le début du voyage.

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