L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Lun 8 Oct 2018 01:38 
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Et c'est ainsi qu'ils se mirent en route quittant la ville et empruntant d'abord un petit chemin qui se transforma bientôt en sentier praticable par une monture, mais trop étroit pour être deux de larges.

Cette position n'aidait pas à la conversation. Mais de toute façon, le nain peu bavard n'essaya aucunement de discuter avec l'homme des montagnes... ou l'eut-il fait qu'il aurait peut-être réclamé des yus supplémentaires prétextant un autre service qu'il rendrait.

Toujours est-il que leurs montures marchant à bons pas, ce ne fut qu'à la fin de la journée qu'ils s'arrêtèrent au pied des montagnes.

La température s'avérait plus froide que dans les villages, mais tout de même agréable pour des gens plus ou moins habitués au froid.

"Nous nous arrêtons pour la nuit !" annonça le nain, tout en descendant de sa monture.

Puis en fourrageant dans son sac, il rajouta:

"Demain on repart à l'aube."

Puis ses sourcils se froncèrent, son nez se retroussa et sa bouche fit une grimace de déception.

"Ah les sales gamins qui trainent dans les rues, rien que des bons à rien de petits voleurs." Puis après avoir fouillé frénétiquement dans son sac, il s'adressa à toi.

"Les petits chenapans ont volé mon attirail pour faire du feu... Il va falloir se servir du tien, si tu as pensé à en emporter avec toi ! " Poursuivit-il d'un ton légèrement supérieur.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Ven 12 Oct 2018 05:29 
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Mon guide semble satisfait de me voir revenir avec une monture et m’en fait part à voix haute, terminant sa phrase sur un pluriel qui m’intrigue. J’ouvre la bouche afin de l’interroger mais il s’avance alors vers moi pour serrer ma main tendue et, tout à nos civilités, je mets ma question de côté. Tobak et Têtu. Sans rien laisser paraître je me dis que le nom de l’âne aurait aussi pu convenir à ma nouvelle connaissance qui paraît également bien obstinée ! Ce dernier pose un regard sur les yus que je lui tends et je ne peux m’empêcher d’y voir une ressemblance avec celui du précédent possesseur de l’Épée des Glaces. Une adoration, un brin de folie transparaissent dans ses yeux qui ont l’air de dévorer les piécettes, se désintéressant de tout ce qui se passe autour.

Alors que je me remets en selle, je ne peux m’empêcher de laisser échapper une réflexion sur la fièvre qui habite Tobak et sûrement d’autres gens sur ce continent voire peut-être plus encore.

"Je ne suis pas sûr de jamais comprendre l’intérêt qu’il y a dans ces bouts de métal..."

Je jette un dernier regard sur Amaranthe, me demandant un court instant si ma quête me ramènera par ici avant de reporter mon attention vers l’avant, le futur. Pressant doucement mes jambes sur les flancs de Blanche et tentant de reproduire le léger claquement de langue que j’ai entendu de la bouche de Rodolphe, je nous mets en route au côté de Têtu, maintenant ma nouvelle compagne au pas pour ne pas dépasser les courtes pattes de l’âne. Il nous faut quelques minutes pour quitter l’entrelacs des ruelles du village, nous menant vers la route qui part à l’opposé de celle par laquelle je suis arrivé hier soir.

"Messire Tobak, de qui parliez-vous lorsque vous avez dit les débusquer ?" dis-je en soulignant le mot les.

Si le semi-homme a décidé de passer soudainement au tutoiement, je ne me peux me résoudre à faire de même sans qu’il m’en donne l’autorisation. Bien que fort plus petit que moi, il est possible qu’il soit tout de même mon aîné.

Nous sommes en train de laisser le duché derrière nous et mon guide pousse alors son âne en avant de moi, s’engageant sur un layon qui s’oriente vers l’est. Je n’ai presque rien besoin de faire pour que Blanche se place derrière Têtu et suive tranquillement ses pas. L’un à la suite de l’autre, nous tombons dans un agréable silence me rappelant les randonnées autour de Faërlom aux côtés de mon grand frère Tynong. A la différence que je n’étais pas ballotté sur le dos d’un animal mais je ne tarde pas à me détendre, relâchant la pression sur les rênes auxquels je m’agrippais un peu trop et appréciant le fait de pouvoir confier à quelqu’un d’autre la mission d’avancer me laissant tout le loisir d’observer mon environnement.

Nous progressons au milieu de sapins verdoyants, les rayons du soleil bientôt à son zénith jouant au travers de leurs aiguilles persistantes. Leurs branches cachent sans doute une multitude d’oiseaux que j’entends gazouiller tout autour de nous. J’aperçois parfois du coin de l’œil des nupers en troupeau se faufiler sur les troncs ou des nuées de lutinoras butinant.
Sous la ramure des arbres, le sol se couvre d’une flore dont je reconnais la plupart pour les avoir vu sur la route de Henehar. Des arbustes de selav où poussent une seule fleur d’un blanc crémeux, de rougeoyants papillons de sang dont les fleurs semblent toujours être sur le point de s’envoler et des douces féeries qui brandissent leur fleur bicolore en forme d’épée. Ça et là j’aperçois des bouquets de plantes aux feuilles dentelées qui me sont inconnues.
L’après-midi progressant, certaines espèces disparaissent, laissant place à de nouvelles qui n’ont de cesse de me ravir, là un buisson aux feuilles toutes jaunes piqué de petites fleurs violettes, ici le bleu glacial du flocon divin que je suis content de voir, sa présence indiquant que nous prenons de l’altitude.

Je savoure d’ailleurs en fin de journée la température ambiante qui est redescendue de quelques degrés, se rapprochant un peu du climat des Monts Éternels. Alors que les bois autour de nous se raréfient, Tobak déclare la fin de l’étape pour aujourd’hui. Libérant mes pieds des étriers je passe ma jambe droite par-dessus la croupe de Blanche et me laisse glisser sur le sol, manquant m’y étaler tant je suis surpris par la faiblesse passagère de mes membres inférieurs. Me retenant à la selle, j’étire l’ensemble de mes muscles me disant que pour une première balade à cheval, j’aurai peut-être du demander quelques courtes pauses au cours de l’après-midi.
Ayant entendu depuis un moment le doux ruissellement d’un cours d'eau qui doit plus ou moins suivre le sentier, descendant des montagnes qui nous surplombent, j’emmène Blanche un peu à l’écart de la sente dans un espace dégagé entre les sapins, cherchant à m’approcher du ruisseau que j’aperçois rapidement serpentant au milieu des conifères. La menant aux berges pour qu’elle puisse s’abreuver, je sors alors de mon sac la longue corde que j’attache à l’une des boucles du licol avant de fixer l’autre extrémité à une branche d’arbre, utilisant le nœud de longue que m’a appris Rodolphe. Les dix mètres de corde laisseront une certaine liberté à la jument pour brouter à son aise mais l’empêcheront d’être tentée de rebrousser chemin vers l’écurie qu’elle a sans doute toujours connue. Je m’active ensuite à la débarrasser de la selle, du tapis et du filet, tout en lui parlant à voix basse, lui expliquant pourquoi je l’attache, la remerciant pour le trajet et lui disant que j’espère que nous apprendrons à nous connaître assez pour qu’un lien de confiance se tisse entre nous.

Derrière moi le petit homme s’active, semblant presque disparaître dans sa besace à la recherche de je ne sais quoi. Alors que je me déleste à mon tour de ma cape, mon bouclier et de ma musette à même le sol, il se redresse en incriminant les enfants d’Amaranthe dans la disparition d’une partie de son matériel. Sans relever son accusation non réellement justifiée ni le ton qu’il emploie pour s’adresser à moi, je le rassure d’un sourire.

"J’ai un briquet, je vais aller ramasser du bois si vous êtes sûr qu’il n’est pas risqué d’allumer un feu par ici."

Sans attendre sa réponse qui viendra si nécessaire, je m’éloigne quoi que n’ayant guère besoin de m’enfoncer beaucoup dans les sous-bois pour trouver du combustible sec à profusion. J’en amasse le plus possible, sachant que les résineux brûlent vite et reviens déposer quelques épaisses bûches avant de repartir à la recherche de petit bois et de quelques moyennes branches pour démarrer le feu. Le rivage du ru me fournit des pierres pour créer un foyer où j’amasse les branchettes avant de poser par dessus le bois plus épais. Détachant mon baudrier pour le poser près de moi, je me saisis de mon briquet à amadou à l’aide duquel j’enflamme les brindilles à plusieurs endroits et reste vigilant, construisant le feu pas à pas en attendant qu’il soit assez vif pour y poser l’une des grosses branches. Assis sur le sol, le regard un instant perdu dans les flammes de Meno, je retrace en silence le voyage d’une vingtaine de jours depuis que j’ai quitté ma tribu, mes doigts courant sur le fourreau de l’Épée des Glaces.

(J’espère ne pas me tromper Yuia dans ma quête initiale… Mais celle-ci a déjà ôté la vie d’un homme, je souhaite que Kenmare ne soit pas le deuxième.)

Revenant au moment présent, j’arrache un morceau de la viande séchée généreusement fournie par la tenancière de l’auberge de Til’Sit puis, sortant les deux baies jaunes hérissées que m’a données Alnia, j’en tends une à Tobak.

"Ces fruits sont dans mon sac depuis bientôt cinq jours, je crois qu’il serait bon de les manger avant qu’ils ne pourrissent."

Et joignant le geste à la parole, je goutte timidement ce fruit inconnu avant de poser une question qui m’importune depuis un moment.

"Comme vous vous en êtes sûrement douté sieur Tobak, je découvre un peu le monde en dehors de mes terres. Je ne crois pas avoir jamais eu le plaisir de rencontrer un représentant de votre race..." Je m’interromps brièvement, espérant de pas mésuser de ce dernier mot. "Serait-il trop indiscret de vous demander vos origines ?"

Ayant terminé la baie au goût sucré quoi que légèrement piquant à la fois, je remue les braises naissantes à l’aide d’une branche et ajoute l’une des bûches que le feu s’empresse de venir lécher avec gourmandise.


(((Utilisation d’une des baies qui accroît l’acuité sensorielle pendant cinq minutes. Don de l’autre à Tobak.)))

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mar 16 Oct 2018 04:54 
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Alors que tu terminais la préparation du feu, le nain qui venait de nourrir son âne, sortit une couverture de la sacoche accrochée à sa monture et se décida enfin à te répondre.

"Bien pardi, je parlais de débusquer les espèces d'homme-animal qui ont enlevé Kenmare.. c'est un costaud Kenmare.. c'est certain qu'il en a fallu plus d'un pour le maîtriser et le kidnapper "
Dit-il sur un ton de remontrance, sur le ton de celui qui sait qu'il a raison.

Il s'approcha ensuite du feu, déposa sa couverture dans un endroit stratégique de sorte que la fumée parte de l'autre côté sans le perturber et s’assit.

Il accepta le fruit que tu lui tendis, bien que c'était plutôt la viande qu'il lorgnait.

"Bonne idée, il ne faut pas gaspiller la nourriture. " Commenta-t-il tout en ramassant le fruit que tu lui offrais.

Il mangea goulument la baie jaune, puis voyant que tu ne lui offrais pas d'autres choses, il fouilla dans son sac et en sortie un morceau de viande fumée. Il se garda bien de t'en offrir.

Il haussa les sourcils de surprise, lorsque tu mentionnes ignorer la race à laquelle il appartenait. Se redressant les épaules et relevant le menton, ce fut avec une fierté non dissimulée qu'il répondit à ta question.

" Je suis un nain ! Rien de moins !... Et je suis l'un des plus grands de mon espèce. Beaucoup d'entre nous habitent les sous-sols. Notre vision nocturne nous permet d'y circuler sans difficulté. Nous sommes réputés pour notre talent avec les minéraux. Forger le fer ou tailler les pierres est notre spécialité.... Et nous sommes également très résistants et vivons plus longtemps que beaucoup d'espèces. "

Et voilà que notre nain était devenu loquace. Orgueil, fierté ou un peu des deux ?

Cela dit les baies que vous mangiez permirent d'augmenter pendant quelques minutes seulement toute acuité sensorielle. Tu pus voir facilement les traits de Tobak, ses yeux pétillants, même si le feu ne l'éclairait pas. Tu peux sentir plus fortement l'odeur des conifères, mais également une odeur d'urine qui provenait de l'endroit où se trouvaient les montures. Ton ouïe te permit de te rendre compte qu'un hibou nichait pas loin et ta vision te permit de le voir. Tu entendis également de petits rongeurs nocturnes filer dans l'herbe. Et curieusement, du côté des montures, un silence inhabituel prit place.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mar 16 Oct 2018 12:21 
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Tous deux assis autour du feu, Tobak se décide à s’ouvrir au dialogue et m’indique comme si je devais déjà être au courant que c’est une bande d’hommes-animaux qui a enlevé le cousin d’Eldridge.

"Homme-animal, voulez-vous dire de la même race que l’Ombre ? Tout ceci est nouveau pour moi, Kenmare devait juste être mon guide dans ces montagnes. Je ne sais rien de ces hommes ni de leurs intentions. Mais j’espère que maintenant que nous sommes éloignés des oreilles indiscrètes que vous avez mentionnées ce matin, vous allez pouvoir partager ce que vous savez. Afin que je sache ce à quoi m’attendre demain."

Ma main farfouille parfois ma besace pour arracher un bout de viande séchée mais je garde mon regard sur Tobak à moitié éclairé par les flammes dansantes. Je souris, lorsque avant de poursuivre notre conversation sur Kenmare et ses ravisseurs, Tobak prend le temps de me décrire avec une grande satisfaction le peuple dont il est originaire. J’écoute avec un intérêt sincère la description qu’il fait des siens, étonné par leur aptitude à voir dans le noir, quoi que je crois avoir entendu que d’autres en étaient aussi capables.

"Merci sieur Tobak pour cet apprentissage. Vous semblez en effet appartenir à un lignage robuste et infatigable. Je suis honoré d’avoir la possibilité de voyager au côté du fier représentant d’une race qui m’était jusqu’à ce matin inconnue."

J’incline la tête poliment vers mon compagnon et m’apprête à reporter la discussion sur Kenmare lorsque l’allure du visage de mon vis-à-vis me surprend. Je ne sais pas si c’est parce qu’il vient tout juste de me parler de vision nocturne mais même lorsque les flammes ne répandent par leur lumière sur les traits burinés de Tobak, je continue de le distinguer clairement à mon grand étonnement. Je secoue la tête, en me disant que ce n’est qu’une persistance visuelle mais ce n’est pas le seul de mes sens qui s’emballe.

"Tobak..."

Ma respiration s’accélère légèrement, je ferme un bref instant les yeux et pose mes deux mains à plats sur le sol. Que m’arrive-t-il ? Je rouvre les yeux et suis un instant submergé par toutes les informations qui déferlent sur moi, les arômes des bois mêlées aux effluves des montures, là un oiseau, ici des mammifères. Comment puis-je être capable de ressentir tout cela ? !

"Il se passe quelque chose…"

Je ne termine pas ma phrase, au risque que le nain me prenne pour un fou, car au milieu de tous ces stimuli renforcés, le silence qui tombe du côté de Blanche et Têtu semble faire plus de bruit que le reste de la forêt. Ma main droite glisse vers mon baudrier posé à même le sol et mes doigts se referment sur la poignée de l’Épée des Glaces, libérant de quelques centimètres la lame de son fourreau. Ma main gauche tenant toujours la branche que j’utilise comme tisonnier, je place cette dernière au cœur du feu espérant pouvoir m’en servir de torche si le besoin s’en fait sentir. Je regarde Tobak, espérant que ce dernier saura utiliser sa vision nocturne à bon escient et chuchote.

"Vers les montures ?"

Je jette alors un rapide regard légèrement en arrière sur ma gauche où doivent se trouver les équidés, non loin du ruisseau qui dans mes oreilles semble être devenu un torrent. Peut-être suis-je en train de surestimer cet étrange calme mais on ne perd normalement rien à être trop prudent.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Sam 20 Oct 2018 03:35 
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Tobak mâchonnait un morceau de sa viande séchée lorsque tu le questionnas sur l'identité de ces hommes-animaux. N'attendant pas d'avoir terminé de manger, c'est la bouche pleine qu'il te répondit:

"Oui, oui, des espèces d'homme-loup, tout comme celui qui se fait appeler l'Ombre...Une ombre... pffff... Il se pense plus malin que les autres celui-là."

Aussitôt, sa viande avalée, il en prit une seconde bouchée et ce fut une fois encore la bouche pleine qu'il poursuivit :

"Ben, tout est clair...Ce bâtard d'homme-animal est venu lui-même vous dire de ne pas vous mêler de ça, sinon il vous arriverait malheur. C'est clair que c'est lui et sa bande qui ont fait le coup...Et je sais qu'une de ces bandes de loup traîne dans les montagnes des duchés. Mon cousin qui travaille dans les mines, les a vu rôder dans le coin. On part rejoindre mon cousin, il va nous indiquer le chemin qu'ils ont pris."

Le torse du nain se gonfla d'orgueil lorsque tu le flattes dans le sens du poil. Il ne fit pas d'autres commentaires, trop occupé à mâchouiller.

Mais lorsque tu l'interpelles, il semble vivre sensiblement la même chose que toi.

"As-tu essayé de m'empoisonner avec ton fruit petit chenapan..."

Puis réfléchissant deux minutes, il se rendit compte que ses propos étaient insensés puisque tu en avais mangé également. Plissant le nez, reniflant un bon coup, il te fit une signe de tête affirmatif. Sans doute lui aussi avait entendu "le silence" du côté des montures.

Mais lorsque tu tendis l'oreille de nouveau, tes sens toujours en alerte, tu peux entendre l'âne de Tobak qui remuait la tête, puis qui se grattait le dos contre un arbre. Tout semblait être revenu à la normale... mais peut-être que tout l'avait toujours été.

" Un oiseau de nuit a dû passer trop près de têtu. C'est un peureux cet âne.. et quand il a peur, il en pisse un coup.... et du coup ça pue. "

Le nain n'avait visiblement pas l'intention d'aller voir ce qui se passait du côté des montures. Il étendit sa couverture, se coucha dessus. Une main sur le pommeau de sa dague et l'autre reposant sur son sac collé contre lui.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Jeu 25 Oct 2018 01:58 
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La réplique de Tobak quant au fruit me fait envisager que c’est peut-être cette étrange baie jaune qui est responsable de nos sens soudain acérés. Si je m’en étais douté, peut-être aurais-je conservé cet utile aliment pour plus tard. Mon guide met en cause sa craintive monture pour expliquer le calme passager qui vient de se produire et s’installe pour la nuit sans trop s’embarrasser de précautions. Lorsque je lui demande s’il serait de bon ton que l’on prenne des tours de garde, il me répond que c’est une excellente idée mais qu’il ne veillera pas, comptant sur la poltronnerie de Têtu pour le réveiller en cas de danger.

Je souris à sa façon de voir les choses tout en fouillant mon sac pour attraper l’un des fruits que j’ai acheté ce matin à l’auberge puis me lève, une pomme dans la main gauche et mon fourreau dans la droite. Profitant de ma capacité à percer l’obscurité, je vais faire un tour du côté des montures pour m’assurer que tout va bien. Les oreilles des deux équidés se tournent vers moi et je peux voir au regard de Têtu qu’il n’a effectivement pas l’air rassuré mais à ses côté Blanche semble impassible. Dégageant la lame d’une dizaine de centimètres, j’utilise son tranchant pour couper la pomme en deux et gardant la main bien à plat je tends cette friandise à chacune des bêtes. Pendant qu’ils croquent, j’observe les environs n’y décelant aucune anomalie, seulement la vie sauvage que je perçois par presque tous mes sens.

Flattant l’encolure de la jument et souhaitant à tous deux un bon repos je retourne m’asseoir près du feu et de mes affaires. Tobak semble s’être déjà endormi mais j’ajoute tout de même une nouvelle bûche dans le foyer, plissant les yeux devant la forte luminosité que cela entraîne. Je dormirai moi-même par étape, une habitude que j’ai pris dans les Monts Éternels au cours de longues parties de chasse ou de randonnées. Certaines nuits le froid est si dense que ne pas alimenter régulièrement le feu est synonyme de sommeil sans fin, ce qui donne aux Phalanges de Fenris comme une horloge interne se déclenchant avant que les flammes ne disparaissent.

Je repense aux explications que m’a donné mon compagnon quant aux hommes-loups. Il ne m’a en fait pas appris grand chose et n’en sait peut-être pas beaucoup plus. Kenmare aurait été enlevé par l’Ombre et ses confrères, ce qui ne me dit pas s’ils sont liés aux reliques des glaces ni même à Oaxaca. Je suppose que le futur nous le révélera si le cousin de Tobak a des informations.
Retirant mon flancart et mes bottes, je ramène mes jambes pour m’installer en tailleur et pose légèrement mes mains sur mes genoux puis fermant les yeux je prends trois longues inspirations avant de laisser mon souffle reprendre son rythme. Je me décide pour une méditation de relâchement, revivant l’ensemble de ma journée rapidement, en simple témoin, sans aucun jugement, me permettant entre autre de constater si j’ai parfois réagi plutôt qu’agi consciemment.
Une vingtaine de minutes s’écoulent et quand j’ouvre de nouveau les yeux, je remarque que mes sens sont revenus à la normale. J’ai alors une pensée pour Nosvéris et ses habitants que j’ai laissé derrière moi, effleurant le flocon éternel qui pend autour de mon cou je murmure.

"Je n’oublie pas ma quête Yuia mais ne me laisserais pas aveugler par la recherche seule de puissance. Aucun être vivant ne mérite un sombre destin s’il ne l’a pas choisi."

Déroulant ma cape sur le sol, je m’y allonge sur le dos, m’endormant à la vue des milliers d’étoiles qui brillent entre les branches des sapins, mes pensées tournées vers le bienveillant Kenmare.

Je me réveille plusieurs fois dans la nuit, juste quelques minutes, plaçant une nouvelle bûche dans le foyer et écoutant un instant les alentours avant de me rendormir. Lorsque j’ouvre les yeux sur un ciel où le profond bleu de la nuit est en train de disparaître, je reste allongé un instant éveillé, écoutant le calme de la forêt à cette période entre la nuit et le jour. Je n’ai pas besoin de tourner la tête vers Tobak pour savoir qu’il dort encore, entendant son régulier ronflement.
En essayant de faire le moins de bruit possible je me lève et vais pour prendre ma hache, décidé à faire quelques exercices avant que nous reprenions la route. Mais mon regard se pose sur l’épée et je change d’avis. C’est avec cette arme que je dois maintenant m’entraîner.
Passant saluer les montures, je m’éloigne un peu du campement pour ne pas risquer de réveiller mon guide. Seulement vêtu de mes chausses, je pratique d’abord quelques étirements pour m’échauffer, puis faisant doucement glisser la lame des glaces en dehors de son fourreau, je reste un instant à contempler le métal qui ne réfléchit que la nature autour de moi, n’y voyant pas mon propre reflet. Revenant à des considérations plus terre à terre, j‘enchaîne lentement parades et attaques, accélérant mes mouvements petit à petit. Me rappelant Anissa Nuiqor, je ferme les yeux et reprends les mêmes gestes, écoutant l’air déplacé par la lame et tout autour de moi les bois en plein éveil.

Une petite heure a dû s’écouler lorsque je m’arrête en sueur, jugeant que j’en ai assez fait pour aujourd’hui et que Tobak doit maintenant être debout, l’aube ayant plus que pointé le bout de son nez. Après une brève toilette dans les eaux de la rivière, je reviens au campement pour trouver le guide bien réveillé, assis près du feu dans lequel il a dû rajouter une bûche, tenant entre ses larges et musculeuses mains une tasse d’où s’échappent des volutes de fumée, il a le regard perdu dans les flammes.

"Salutations Tobak. Bien dormi ?" dis-je dans un sourire.

Je pose mon épée et entreprends de remettre l’ensemble de mon équipement avant de pouvoir glisser le fourreau dans le baudrier dorsal. Je garde la cape en dehors du sac cette fois-ci, me disant que la température devrait continuer de descendre tandis que nous montons toujours plus haut dans les Duchés. Il me reste quelques fruits et je mets ma main dans ma besace pour en saisir deux lorsque mes doigts heurtent un petit objet. Je sors le tout, tends machinalement une pomme à Tobak tout en regardant la pierre que je viens de trouver. Elle est petite, plate et dans des tons ocres, le plus surprenant sont les lignes dorées qui sont gravées à sa surface. Croquant d’un air absent dans la pomme que j’ai gardé pour moi, je tourne la face décorée vers le Thorkin.

"Est-ce que vous savez ce que c’est ?"

Cette pierre n’était pas dans mon sac avant-hier, quelqu’un a dû la glisser dedans, quant à savoir qui, cela pourrait bien rester un mystère. Je n’ai pas croisé beaucoup de monde, la serveuse de l’auberge, l’Ombre, les enfants d’Amaranthe, dame Nuiqor et Rodolphe...

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Lun 29 Oct 2018 03:30 
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Pour toutes réponse, il te pointa la casserole déposé sur le feu. Il y restait assez de liquide dedans pour te remplir le gobelet déposé sur le sol à ta portée. Il se permit de prendre une gorgée de ce liquide chaud et réconfortant avant de te répondre :

"Bien dormi et suffisamment. J'espère que tu as assez dormi. Une autre longue journée de route nous attends."

Le nain refusa d'un signe de la tête la pomme que tu lui tendis, ses yeux furent par contre braqués avec envie sur la petite pierre que tu venais de trouver dans ta besace

A ta question, il te répondit spontanément:

"Bien sûr que je sais. Il s'agit d'une rune. Et sois certain que si j'avais possédé une telle pierre, je l'aurais gardé pour moi, je ne te l'aurais pas offert. Je me demande qui est assez idiot pour vous faire un tel présent, en secret, ne pouvant ainsi bénéficier de ta reconnaissance ou de tes yus."

Il reprit une autre gorgée avant de rajouter:

"Les runes sont des pierres magiques qui peuvent avoir des effets très puissants. Les symboles de la tienne sont en or, ce qui signifie qu'elle est plus puissante, donc supérieure. Chaque rune a un nom, correspondant à un mot lié à son effet. En serrant la rune dans la main et la nommant, son effet s'active...En te rendant dans un boutique magique, tu pourras faire identifier ta rune. Il y a des runes d'actions, des runes élémentaires et même des runes d'animaux je crois. "

Cela dit, il termina son thé, puis se leva. Il avait vraisemblament mangé pendant que tu t'entrainais.

Il rangea ses choses dans son sac et dans les besaces de son âne pendant que tu termines de manger. Puis il éteignit le feu en y versant une pleine casserole d'eau, remplie dans la rivière. Une fois sa casserole rangée, et son âne sellé, il prit les rennes de ce dernier et l'approcha d'un endroit découvert, et y prit place. Il frappa doucement des talons sur les flancs de son âne et ce dernier avança. Il n'avait pas fait dix pas, que la selle du nain se détacha et que ce dernier chuta au sol avec fracas. Plus de peur que de mal, il se releva tout en jurant.

"Ces satanés de gamins, ils ont coupé les sangles de ma selle ! "

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Lun 5 Nov 2018 08:07 
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Je remets la pomme que Tobak refuse dans ma besace, me demandant un bref instant s’il se méfie maintenant des fruits que je peux transporter suite à notre courte expérience d’hier soir ou s’il a déjà mangé. Attendant la réponse du guide quant à la petite pierre, je reporte mon attention sur le gobelet qu’il m’a indiqué, dans une invitation silencieuse à partager l’étrange breuvage aux nuances cuivrées. Je ne laisse rien paraître mais souris intérieurement devant ce geste désintéressé, c’est bien la première fois que le nain ne me demande rien en contrepartie. Intrigué, je saisis la casserole en le remerciant et emplis le gobelet d’étain toujours posé sur le sol.

Laissant le liquide refroidir un peu, j’écoute avec attention les explications de Tobak, j’espérais bien qu’appartenant à un peuple spécialiste de la taille de pierre, il était probable qu’il sache quelque chose et je ne suis pas déçu. Je ne sais pas lire mais les traits sur le léger caillou m’ont semblés familiers, lorsque le nain leur donne le nom de rune, j'acquiesce, je connais l’existence de ces lettres mystiques.
Je souris en secouant légèrement la tête lorsque Tobak fait remarquer la probable sottise de mon bienfaiteur anonyme, là où le nain voit de l’idiotie, j’y vois de l’altruisme.

"Un être magnanime sans aucun doute." glissé-je lorsque le nain fait une pause pour s’abreuver.

Saisissant moi aussi mon godet, je souffle doucement sur le liquide d’où s’échappe des arômes boisés avant d’en boire quelques gorgés. Le goût est surprenant, fort et légèrement fumé mais pas désagréable. Sirotant la boisson chaude, j’écoute la suite des éclaircissements du nain qui est des plus intéressantes, je prends mentalement note qu’il faudra que je me rende dans la boutique d’un mage pour faire identifier la rune. Je devrais aussi parler de ces pierres à Tynong lorsque je reviendrais sur Nosvéris. Je reste un instant pensif à cette idée, conscient que ce retour ne se fera pas dans l’immédiat mais gardant bon espoir de revoir la terre de mes ancêtres.

Tobak s’active alors, rangeant ses affaires et éteignant le feu. J’avale le dernier bout de pomme et termine ma tasse puis recouvre les cendre humides avec de la terre et ramène les pierres que j’ai utilisé pour créer le foyer près de la rivière, afin d’effacer toutes traces de notre passage.

"Merci pour la boisson Tobak, puis-je demander ce que c’était ? C’est la première fois que je déguste un tel breuvage." dis-je en le rejoignant près des montures.

Des feuilles de thé, je me répète le mot thé, espérant ne pas l'oublier puis sors de mon sac la brosse que m’a offert Rodolphe et entreprends de panser Blanche. Sentant que Tobak est pressé de se mettre en route, je ne brosse que les endroits où je vais poser de l’équipement, me faisant la réflexion que j’aurais dû la panser hier soir. Comme nous autres bipèdes, elle aurait sûrement apprécié le nettoyage après une dure journée de labeur. Ces quatre sabots curés, je remets une à une les pièces de son attirail, me répétant en silence les instructions de Rodolphe pour être sûr de ne rien oublier. Lorsque je place le mors, je me demande s’il ne serait pas possible de diriger Blanche autrement qu’avec ce morceau de ferraille dans la bouche qui ne doit pas être très confortable. Je lui fais part d’une voix douce de mes réflexions, ajoutant qu’il faudra peut-être attendre que nous nous connaissions mieux et que je sois meilleur cavalier.

Je suis en train de vérifier que je n'ai pas trop serré les lanières du filet lorsque j’entends un craquement suivi d’un vacarme et d’un chapelet de jurons. Je me retourne pour voir Tobak en train de se dépêtrer de sa selle pour se relever, accusant une nouvelle fois sans preuve les enfants d’Amaranthe. Faisant aussitôt la relation avec l’étrange silence qui s’est fait hier soir près des montures, je vérifie une deuxième fois toutes les sangles du harnachement de Blanche sans rien découvrir de suspect.
Je m’approche alors de Tobak et de sa selle pour observer les dégâts tout en lui faisant part de mes remarques.

"Ce ne peut être les enfants du village, la selle a tenu toute la journée d’hier." Je regarde là où la sangle ventrale a lâché, un petit quart est déchiré mais le reste est coupé d’une façon tellement nette que je suis à peu près sûr que seule une lame a pu faire cela. "Nous avons peut-être bien eu un visiteur nocturne, il aura tranché une partie de la sangle pour que vous ne vous en rendiez pas compte mais bien assez pour qu’elle ne tienne pas longtemps une fois en selle. Qu’en pensez-vous ? L’un des hommes-loups peut-être ?"

Je reviens vers ma besace que j'ai laissé près de la jument, réfléchissant à qui peut être l'auteur de ce sabotage, je préfèrerais presque que ce soit bien l'un des hommes-loups, des antagonistes déjà connus qu'une tierce partie. Sortant de mon sac le petit kit de couture que j’emmène toujours avec moi, je retourne près du guide.
D'habitude j'utilise plutôt le nécessaire pour repriser mes vêtements mais peut-être qu’en faisant plusieurs passages je serais à même de réparer la sangle. Je demande tout d’abord à Tobak s’il a une sangle de secours, ce qui me surprendrais n’en ayant pas moi-même. S’il me répond par la négative, je me mettrais au travail avec la plus grosse aiguille que j’ai et à raison de deux ou trois passages, je devrais pouvoir arranger la lanière en attendant que Tobak puisse en acheter une autre ou la faire réparer par un professionnel du cuir.

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Dernière édition par Rurik le Dim 11 Nov 2018 12:05, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Jeu 8 Nov 2018 02:31 
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Le nain avait apparemment accusé les enfants sans réfléchir. Lorsque Rurik lui fait remarquer que ça ne peut-être les enfants, il opine du chef tout en se frottant le bas du dos douloureux.

" Hum... j'ai parlé trop vite en accusant ces sales gamins, pour une fois, ils n'y sont pour rien."

Tout comme toi, il avait remarqué que les sangles avaient été coupés en partie...

Il plissa les yeux lorsque tu fis l'hypothèse du visiteur nocturne, puis il les écarquilla lorsqu'il fit le rapprochement:

" Oui ! C'est ça... c'est pour ça que ça sentait l'urine, il a fait peur à Têtu lorsqu'il s'est approché d'elle, cette saleté d'homme-loup."

Une fois de plus il portait des accusations hâtives sans preuve comme s'il lui fallait un coupable à tout prix.

Tobak n'a pas de sangle de secours, par contre il refuse ton aide pour la couture. Il sort un petit sac de cuir dans lequel, il a une aiguille courbe et quelques longs et fins lacets de cuir. Ce matériel semble destiné à réparer de l'équipement en cuir.

Sans dire un mot, il s’assoit sur une roche et se met à l'ouvrage pour réparer sa sangle tout en commentant:


" Ceux qui ont fait ça veulent nous retarder, s'ils savent peut-être ce que l'on veut faire, on doit être plus prudent à l'avenir, garder l'oeil ouvert et les oreilles aux aguets."

((( Je m'arrête là, pour laisser Rurik commenter, s'il n'en fait rien, dis-le moi et je poursuivrai )))

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Lun 12 Nov 2018 01:44 
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Quelques minutes plus tard, le nain avait terminé de coudre les sangles de sa selle et remit cette dernière sur le dos de son âne. Il monta ensuite sur sa monture la faisant avancer de quelques pas seulement, sur le qui vive au cas où que sa couture ne tiendrait pas.

Puis rassuré, il s'arrêta le temps que tu t'installes sur ta jolie jument, puis reprit la route.

Si au départ, la pente était si douce que vous ne perceviez point votre montée, au bout de quelques minutes, il en fut autrement. En plus, d'une pente un peu plus raide, le vent se mit de la partie. Tobak stoppa sa monture, et sans en descendre, il fouilla dans son sac pour prendre un vêtement plus chaud. Il te regarda du coin de l'oeil, il lui semblait logique que tu ferais de même si tu en ressentais le besoin.

Vous avancez encore ainsi pendant quelques heures, Tobak grignotant quelques morceaux de viandes séchées sans s'arrêter.

Puis la neige accompagna le vent. Et des hurlements de loup se firent entendre. D'abord un seul isolé, puis quelques uns à la suite de l'autre... puis le calme. Vers la fin de l'après-midi, vous arrivez au sommet d'une petite colline, si Rurik se retourne pour regarder en arrière, voici ce qu'il verra. Par contre, devant lui, entre les arbres il pourra revoir un petit refuge en bois muni d'une cheminée.

"Nous avons assez marché pour aujourd'hui. Nous sommes presque rendu, c'est un peu plus long que ce que j'avais estimé. Plus question de dormir dehors par ce froid, ce petit refuge va nous garder du froid pour la nuit."

Termina le nain tout en descendant de sa monture, l'attacha non loin de la cabane, après l'avoir débarrassé de sa selle et de ses sacs, poussa la porte et y entra.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Jeu 22 Nov 2018 04:07 
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Je fais la moue lorsque le guide, suite à mon hypothèse, saute sur la conclusion que c’est bien évidemment l’Ombre qui doit être responsable. Je n’en suis pas entièrement convaincu, si Têtu est peureux, n’importe qui ou quoi a pu lui faire peur. Mais l’explication semble rationnelle et contredire Tobak maintenant ne serait de toute façon pas constructif.

Voyant que le nain est bien mieux équipé que moi pour la réparation du cuir, je range mes affaires et attends patiemment qu’il ait terminé avant de me mettre en selle. Je souris silencieusement à sa remarque sur la prudence dont nous devons maintenant faire preuve, c’est déjà ce que je fais depuis hier.
Son raccommodage est rapide et semble tenir la route, notre départ n’est guère retardé et nous voilà de nouveau gravissant les flancs des montagnes de Nirtim.

Observant la déclivité qui va s’augmentant, je me dis qu’il y aura peut-être des passages où il nous faudra passer à pieds plutôt que sur le dos de nos montures mais aucun grand obstacle ne vient finalement se dresser devant nous. La seule autre chose qui s’élève c’est le vent, arrêtant un instant Tobak qui se couvre d’une couche de vêtement supplémentaire. Captant son regard, je lui fais signe qu’il peut continuer sans attendre que je fasse de même. Ma cape est à portée de main mais il ne fait pas encore assez froid pour moi. En fait je commence tout juste à me sentir bien plus à l’aise dans ces températures descendantes qui sont encore à plusieurs degrés de celles des monts de Nosvéris.

La végétation autour de nous se raréfie, comme la faune, les allures printanières de notre randonnée d’hier sont oubliées. Mais c’est un autre élément naturel qui me donne le sourire, du haut de la masse nuageuse qui s’accumule depuis plusieurs heures au-dessus de nous, tombent bientôt des flocons de neige que je suis fort heureux d’observer, les sentant glisser sur ma peau encore nue. Entouré par les manifestations de Yuia, je me mets à doucement chantonner.

"Tombe la neige
Des doigts de la divine beauté
Tombe la neige
En minces flocons de tout côté
Ce soyeux cortège
Tout en notes blanches
L'oiseau sur la branche
Chante son florilège

Odes à la dame de Glace
Sa force et majesté, sa grâce
Et tombe la neige
Impassible manège

Tombe la neige
De cette souveraine du Nord
Tombe la neige
Avec calme dans ce blanc décor
Belle certitude
Le froid de sa présence
Agréable silence
Blanche solitude

Odes à la dame de Glace
Perfection et pouvoir, sa grâce
Et tombe la neige
Impassible manège"


Lorsque je me tais, j’entends qu’au loin d’autres se joignent à mon chant… A moins que ce ne soit les compatriotes de l’Ombre qui s’informent de notre avancée. Tobak ne dit rien et poursuit la route, imperturbable. Le vert des bois a maintenant laissé entièrement place à la douce et moelleuse couche de neige immaculée pour mon plus grand plaisir. Blanche n’a pas l’air d’être perturbée par ce changement de climat et je me dis qu’il doit aussi neiger à Amaranthe suivant la saison. Je l’encourage tout de même de quelques doux mots dans les passages les plus délicats.

Lorsque nous arrivons en vue d’une petite maisonnée faite de bois, je me dis que c’est peut-être là que vit le cousin de Tobak mais les paroles du guide m’indique que ce n’est là qu’un simple refuge, la rencontre d’un autre nain sera donc pour demain.
Remettant pieds à terre, je marche un peu pour me dégourdir les jambes avant de m’occuper de Blanche, la débarrassant de son harnachement, j’entreprends cette fois-ci de la panser entièrement et pour qu’il n’y ait pas de jaloux, fais de même avec Têtu. Déposant ma propre cape sur le dos de Blanche le temps que son corps refroidisse de l’effort fourni, je laisse alors les deux équidés ravis du toilettage et ramène l’ensemble de l’équipement à l’intérieur. Il ne faudrait pas qu’il soit encore saboté cette nuit !

L’abri n’est pas bien grand et doit être utilisé par ceux de la race de Tobak, aucune fenêtre n’est visible ce qui n’est guère pour me plaire, une fois dedans nous n’aurons aucune idée de ce qui se passe dehors. Après avoir déposé le matériel à l’intérieur, je reviens sur le pas de la porte que je n’ai pas encore fermé, j'observe le foyer et m’adresse au guide.

"Comme vous l’avez sagement suggéré ce matin, il nous faut être vigilants, seriez-vous pour tenir des tours de garde cette nuit ?"

Attendant sa réponse, mon regard se reporte sur les montures à quelques pas de là.

(((Chanson adaptée de Tombe la neige, Salvatore Adamo ;) )))

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Sam 1 Déc 2018 19:04 
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Le nain réfléchit un instant à la demande de Rurik. Puis sans trop grogner, il finit par accepter.


"Et bien, je prendrai le premier tour alors et je commencerai tout de suite. "


Ce disant, il sortit du refuge et s'assit sur un billot près de la rudimentaire table de bois pour y déposer sa besace. S'apprêtant à fouiller dedans, il te jeta d'abord un regard tout en te donnant des directives.

" Fais un feu afin de réchauffer le refuge. Normalement, il y a du bois sec non loin du foyer."

Lorsque tu pénètreras dans la maisonnette de bois, tu sentiras une douce odeur de sapin. Tu pourras y voir un foyer dans le fond, à côté duquel est cordé suffisamment de bois pour tenir quelques jours, une table rudimentaire à ta droite, sous laquelle était rangée trois tabourets. A ta gauche, on peut voir une structure de lit sur lequel, sur lequel est déposé du branchages de sapin en guise de matelas. Les branches sont toujours vertes, signe que le matelas a été confectionné il y a à peine quelques jours. En te retournant vers le mur de la porte, tu pourras y voir quelques tablettes sur lesquelles trônent du matériel d'allumage, et quelques couverts de métalliques, ainsi que quelques casseroles. Et puis dans le coin droit, un ballai de paille un peu usé mais en bon état.

(((Je m'arrête là afin de te laisser loisir de discuter avec le lien si cela te le dit avant qu'il commence son tour de garde. )))

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