L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 95 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 3, 4, 5, 6, 7  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Lun 3 Aoû 2015 19:51 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 20 Juin 2015 09:47
Messages: 61
Localisation: Aux alentours d'Omyre
Se repérer dans un cité si gigantesque qu'Omyre de nuit lors d'une première expédition dans la ville était quelque chose de bien difficile, et c'est ce que purent expérimenter Schezalle et Elina alors que cette dernière suivait avec peine les indications que l'on lui avait donné deux jours plus tôt pour trouver le refuge de son contact.

Penser à la remarque de la shaakt la faisait encore sourire. Avant qu'elle ne parte, celle-ci lui avait dit de faire attention à elle et de garder une dague près d'elle durant la nuit sous prétexte qu'il risquait de ne pas détourner les yeux d'elle un instant. Si la remarque agréable sur son physique était agréable, le reste avait failli lui provoquer un rire gentiment moqueur, qu'elle avait avec peine transformé en un simple sourire franc. Il semblait qu'elle utilisait ses muscles faciaux plus que d'habitude ce soir là.

« Ne t'en fais donc pas pour ça, » lui avait-elle dit tout en tentant vainement de stopper son sourire.

Après tout, elle n'était pas en faute, elle ne pouvait pas savoir qu'Elina connaissait ce ''contact'' si bien et qu'elle n'avait rien à craindre de lui, mais elle ne pouvait s'empêcher de trouver l'idée cocasse.

« Ah ! » s'exclama enfin Elina. « Je crois que c'est là. »

Elle n'arrivait pas bien à lire les indications marquées sur sa feuille maintenant mouillée dans la pénombre de la ville, mais elle se souvenait très bien de cette partie.

« Une porte noire avec un trou en bas à gauche et un crâne de lutin en guise de poignée. Aussi lugubre que puisse être cette ville, ce n'est pas quelque chose de commun pour autant. »

Rangeant le parchemin dans sa sacoche, Elina s'approcha un peu plus et toqua. Au bout de quelques temps, elle put apercevoir un œil les observant par le trou au bas de la porte. Quand il disparut enfin, elles purent entendre des verrous de toutes sortes s'enclencher de l'autre côté, avant que l'entrée ne s'ouvre enfin pour laisser apparaître un garzok plutôt musclé mais relativement chétif selon les normes orcs, d'une cinquantaine d'année, le cheveu rare et blanc, un anneau dans le nez et tenant une pipe entre ses doigts.

« Tu es en retard, qu'est-ce que t'as foutu ? » lui demanda-t-il en patois.

Elina haussa un sourcil mécontent avant de répondre dans le même langage, sans se soucier de l'incompréhension que devait ressentir Schezalle sur le moment.

« Et un bonjour ? Un ''content de voir que tu vas bien Elina, je me faisais un sang d'encre'' ? Ou, mieux, un ''bonjour chef'', étant donné que je suis maintenant ta supérieure hiérarchique directe. »

Le vieil orc écarquilla les yeux de stupeur.

« Chef ? Toi ? Et en quel honneur ? Je suis informateur ici, mon seul supérieur c'est ton père. Et puis non, je me faisais pas un sang d'encre, seize ans de survie dans un campement rempli de garzoks, je ne crois pas qu'un voyage d'une demie journée puisse t'être fatal. »
« Parce qu'il n'y avait pas de service d'espionnage jusqu'à présent. En tant qu'informateur, maintenant, je suis ta supérieure. Mais si tu n'es pas d'accord je peux en faire la requête direct à mon père. »
« Pff ! » fit-il d'un ton résigné. « Bon, d'accord, disons que tu es ma supérieure si ça peut te faire plaisir, mais je reste ton oncle. »

Elina leva les yeux au ciel d'un air affligé avant de pousser le vieux garzok sur le côté et d'entrer dans la maison. Elle se tourna alors vers sa nouvelle vassale et lui fit signe d'entrer.

« Viens, » fit-elle en langage commun, cette fois. « Je te présente Carnargr, mon oncle. »

Le vieil orc, qui sembla enfin remarquer Schezalle, fronça les sourcils.

« C'est quoi ça ? » demanda-t-il également en commun d'un ton méprisant. « Pas de shaakt chez moi. »
« Si. Elle est avec moi, laisse la entrer. »

Carnargr haussa les épaules en signe d'assentiment, tout en marmonnant un « elle a jamais pu résister à une jolie paire de miche » vraisemblablement destiné à être entendu.

_________________
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Lun 3 Aoû 2015 23:25 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 11 Juil 2015 17:34
Messages: 54
Localisation: Ruelles d'Omyre


La shaakt suivait silencieusement sa flamboyante supérieure, les mèches de sa chevelure battant légèrement ses tempes comme des éclats de feu dans la nuit, autant pour la discrétion. Cela accordait néanmoins un avantage à la shaakt engoncée dans sa lourde cape brune, elle ne serait pas repérée en premier ! Ce qui en cas d'embuscade pouvait vous accorder quelques secondes supplémentaires pour réagir. Dressant l'oreille, elle se tenait aux aguets pour deux, suivant silencieusement Elina alors qu'elle cherchait leur chemin.

Malgré la magnificence des lieux, Omyrhe ne tenait pas la comparaison face à Gwadh et le ciel y participait en grande partie. Cette étendue mauve occupée en grande partie par une couverture nuageuse ne lui évoquait guère plus qu'une sorte de mer sombre. Rien qui ne puisse éclipser dans ses souvenirs la voûte sombre qui couronnait son univers.

L'attente se fit longue, mais finalement les deux jeunes femmes arrivèrent devant une porte à toutes autres semblables. Les exclamations de sa compagne semblaient indiquer la fin de leur équipé. Trois petits coups et une longue attente avant que pour seule réponse elles n'obtiennent un coup d'oeil à travers le vasistas.

Le corps de Schezalle tenta de se rebeller contre son contrôle, se cabrant et montant le menton, elle se morigéna et lutta contre des décennies d'habitude. Car l'être qui venait d'ouvrir la porte se trouvait être un garzok, chétif, la peau pâlit par l'âge, il avait pour ainsi dire l'apparence d'un vieil esclave qu'elle avait connu, une ressemblance si profonde que ses réflexes avaient momentanément repris le dessus, la marquant un bref instant comme une dame de sa lignée et pas comme la malheureuse réfugiée pour laquelle elle semblait passer. Ne pas montrer de faiblesse, un dédain travaillé, voilà qu'elles étaient les leçons avec laquelle on l'avait endoctriné. Mais l'esprit shaakt est une chose retorse et malléable pour sa propre volonté.

Reprenant rapidement le contrôle d'elle-même, elle arbora une attitude indifférente, le regard éteint afin de ne pas attiser l'inimitié déclarée de garzok à l'égard des siens.

La vanité de Schezalle se piqua de ressentiment lorsqu'Elina entama la conversation en utilisant un langage inconnu à ses oreilles délicates et ainsi le préférait-elle à en croire les intonations gutturales émanant de la gorge de sa complice et les réponses encore plus graves de son interlocuteur.

Elle laissa passer, le temps que les deux finissent par s'entendre avant de saluer ce fameux Carnargr avec gravité et simplicité. Elle ne souhaitait pas le renvoyer à ses méandres cérébraux par un langage trop verbeux et finit par suivre sa supérieure dans les ténèbres de la demeure.


Scène 3-b

_________________


Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


Dernière édition par Schezalle Auvryndar le Mar 4 Aoû 2015 19:54, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Mar 4 Aoû 2015 18:55 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 20 Juin 2015 09:47
Messages: 61
Localisation: Aux alentours d'Omyre
Elina fut étonnée de voir que la maison était si grande, après avoir entendu que la plupart des habitants de la ville devaient s'entasser les uns les autres dans des toutes petites pièces.

« Tu as l'air de bien vivre, » fit-elle en commun par égard pour sa nouvelle amie.
« J'ai pas à me plaindre. »

Ils étaient dans une pièce à vivre plutôt grande et aménagée de manière relativement luxueuse pour une citée garzok. Autour d'une grande table en ébène, quatre fauteuils à l'air très confortables. Les murs et le plafond étaient piteux état, mais tous les biens matériels semblaient de bonne qualité.

« J'ai faim, » lui lança-t-elle soudain, attendant quelque chose de lui.

Il leva les yeux au ciel, exaspéré, mais alla ouvrir un placard plein de nourriture. Il y avait même de la viande séchée, ce qui était presque un luxe dans un endroit comme Omyre. Il amena quelques plats à table et s'assit dans un des fauteuils. Elina fit de même et invita Schezalle à la suivre, puis commença les choses sérieuses.

« Bon, dis moi ce que je dois savoir. »
« On peut, devant elle ? » demanda le vieux garzok en désignant la shaakt.

Mais Elina lui fit simplement signe de continuer. Ils devaient avoir l'air bien étrange, une shaakt, un garzok et une humain de la même famille, complotant à propos d'assassinat. Mais ce ne devait pas être si inhabituel que cela dans une cité pareil, songea la jeune femme.

« Emiro est le commanditaire. Il ne veut pas te rencontrer avant qu'Elskiel ne soit mort, alors tu vas devoir te débrouiller sans lui. »
« Parle moi d'Eskiel, » demanda-t-elle alors.
« Bah, pas grand chose à dire, c'est un truand tout ce qu'il y a de plus basique ici, une bonne vingtaine de gars sous ses ordres, quelques relations, mais rien de particulièrement méchant. Seulement il commence à saborder plusieurs des relations d'Emiro dans le but de grossir, donc celui-ci le veut mort. Les gars sous ses ordres sont pas des lumières, donc si on se débarrasse de la tête ils devraient pas faire long feu. D'ailleurs, ils traînent souvent dans les thermes, tu devrais commencer par là dès demain. »

Elina hocha la tête en signe d'assentiment. Il ne serait pas particulièrement difficile de le trouver, mais si cet Emiro disposait d'un réseau d'espionnage cela permettrait tout de même aux Bro'Graz d'avancer drastiquement dans leur quête de pouvoir. Un service bien simple pour une récompense si grande. Mais l'humaine avait encore un problème à régler, et un de taille : l'Eau Vive dans son corps n'avait toujours pas disparue, et elle serait certainement incapable de mener à bien l'opération seule. Aussi, se tournant vers Schezalle, elle décida qu'il était temps de mettre sa récente promesse sur le tapis.

« J'ai un problème de santé momentané, » fit-elle, attirant le regard curieux de son oncle. « Tu sais te battre ? Tu as dit que tu tenterais de me servir du mieux que tu le pouvais, eh bien j'ai un service à te demander. Il va me falloir de l'aide pour assassiner ce shaakt dont nous parlons, Elskiel. »

La demande était lancée, il ne lui restait plus qu'à attendre une réponse favorable. Ou non.

_________________
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Mar 4 Aoû 2015 19:51 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 11 Juil 2015 17:34
Messages: 54
Localisation: Ruelles d'Omyre


Une support décent, enfin !

Tout comme l'humaine, Schezalle observait l'intérieur de la bâtisse avec un certain étonnement. Ce n'était bien entendu rien en rapport avec les fastes du palais qu'elle habitait à Gwadh et l'odeur elle-même aurait pu faire tourner de l'oeil certains mâles trop fragiles, mais le principal y était. De la nourriture, peu ragoûtante. Des fauteuils, confortables elle devait bien l'avouer. Et surtout... La pluie avait cessé de battre leurs têtes.

Elles ne brillaient pas par leur apparence à l'heure actuelle, trempées et poisseuses, mais cela convenait bien assez pour la demeure.

S'enfonçant avec bonheur dans le moelleux de son fauteuil, elle suivit distraitement l'échange, celui-ci se déroulant en commun cette fois. Elle nota l'effort des deux interlocuteurs et nota de remercier Elina plus tard pour cela, mais cela ne pouvait être tout pour le cerveau calculateur d'un shaakt, car elle notait à cet instant également qu'elle devenait parvenir à maîtriser la langue barbare des Garzok et ce sans en référer sa campagne ni ne lui demander d'aide, il en allait de sa compréhension des évènements alentours et donc d'une grande partie de sa survie dans une ville à la population verdâtre aussi prononcée.

Carnargr leur expliqua enfin la raison de leur présence ici. Ce n'était visiblement pas une surprise pour Elina, mais la conversation gagna en intérêt pour Schezalle. Plus qu'un simple guide, la rousse flamboyante lui offrait l'occasion de se faire une petite place dans une organisation établie dans les environs, un tremplin parfait pour débuter sa quête de puissance.

Prenant l'embranchement qu'elle avait imaginé, la conversation changea rapidement de ton pour se glisser vers elle et surtout sur sa participation à l'affaire.

A la mention du problème de santé, Schezalle composa un air inquiet sur ce visage qu'elle agençait véritablement comme un masque articulé suivant le tour que prenaient les conversations. Tendant une main vers elle pour venir saisir la sienne, elle lui adressa un sourire chaleureux, laissant filtrer un éclat d'intérêt à travers son regard.


~ J'ai promis. Je te suivrais dans cette opération Elina.

Caressant avec douceur les phalanges de la jeune femme avec son pouce, elle reprit un air plus sérieux à même de lui conférer un minimum de légitimité dans la conversation.

~ Les Shaakt sont suspicieux, il sera difficile d'éloigner cet homme de ses comparses. As-tu une idée de comment faire ?

La flâterie prenait bien des formes et l'opportunité de briller était l'une d'elle. En lui posant la question avant que le Garzok n'en vienne à ce point, elle permettait à sa supérieur de démonter son ingéniosité. Et qui sait ? Peut-être de s'attirer l'admiration de cette pauvre Shaakt perdue ?

Scène 3-c

_________________


Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


Dernière édition par Schezalle Auvryndar le Ven 7 Aoû 2015 17:52, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Ven 7 Aoû 2015 16:38 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 20 Juin 2015 09:47
Messages: 61
Localisation: Aux alentours d'Omyre
A l'entente des problèmes de santé d'Elina, Schezalle prit sa main de manière chaleureuse, s'attirant les foudres du regard de Carnargr. Si l'humaine, peu habituée aux interactions sociales n'impliquant pas des garzoks, se laissait entourlouper sans problème par le caractère visiblement doux et aimable de l'elfe noire, le vieil orc, lui, était nettement plus suspicieux envers tous ceux qui ne faisaient pas directement partis de sa famille. Mais, comprenant qu'il ne servirait à rien d'en parler à sa nièce tout de suite, il préféra se pencher sur ce qu'elle venait de dire.

« Des problèmes de santé ? C'est à dire ? »

Cela pouvait paraître étrange pour un orc, surtout à l'égard d'une nièce qui n'était de sa famille que par adoption, mais il semblait réellement inquiet. Elina le rassura cependant rapidement.

« Empoisonnement à l'Eau Vive. Je crois que j'ai fait une overdose, donc les effets durent longtemps, mais ça devrait passer. »

Elle se tourna ensuite vers Schezalle, qui s'était elle concentrée sur leur mission.

« Je ne sais pas trop pour l'instant. Il faudrait déjà voir s'il est du genre à suivre ses hommes ou s'il préfère commander dans l'ombre. Demain matin on ira aux thermes, on enquêtera un peu, puis on discutera d'un plan pour l'éliminer discrètement. J'ai déjà deux jours de retard, j'ai peur que notre commanditaire ne se tourne vers quelqu'un d'autre si on ne fait pas vite, alors il faudra se débarrasser de lui demain soir au plus tard. Je sais que la fenêtre est petite, mais on a pas le choix, tu t'en sens capable ? »

Elina réfléchit quelques instants supplémentaires avant d'ajouter :

« Quel que soit le résultat de notre enquête demain, la stratégie la plus intéressante à aborder sera certainement celle de la pute. Il faut qu'il ai envie de sauter l'une d'entre nous, auquel cas il se retrouvera seul pour quelques temps. Reste plus qu'à savoir comment l'appliquer. »

_________________
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Ven 7 Aoû 2015 17:52 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 11 Juil 2015 17:34
Messages: 54
Localisation: Ruelles d'Omyre
Scène 3-b


Schezalle lâcha la main de sa compagne pour venir la porter à son menton, le message était passé, plus ne ferait qu'accentuer la méfiance qu'elle pouvait dans les petits yeux porcins de Carnargr. Il se révélerait à coup sûr un obstacle dans sa quête pour dompter l'esprit de la jeune humaine et aussi devrait-il disparaître ou perdre toute crédibilité aux yeux de sa supérieur tôt ou tard, mais un acte présomptueux risquerait d'avoir l'effet inverse que celui escompté, elle le laisserait donc poser son regard vicieux sur elle encore un moment, se promettant de lui arracher les yeux un jour.

Elle mimait la réflexion, absorbée par la contemplation de sa voisine, tout geste devrait être calculé pour rassurer la jeune femme dans sa maîtrise de la situation, chose qui se révélait plus ou moins vrai dans la situation actuelle, elle disposait d'un appui dans la salle, du mot final quant à leur stratégie et de ressources à l'extérieur de cette maison, aussi la shaakt ne réfléchissait-elle pas à comment aborder le problème, mais à comment en présenter la situation pour ne pas que l'on pénètre ses réticences.


~ Logiquement, je devrais servir d'appât. Le fait qu'il soit l'un des miens le prédispose à éprouver du désir pour sa race.

Mais la simple idée d'agir ainsi la révulser au plus haut point, si le plan suivait ce schéma, elle devrait se plier, faire semblant de découvrir de l'intérêt à ce mâle, le placer en position de force et de domination, une véritable insulte à tout ce que représentait son éducation.

~ Néanmoins il ne faut pas perdre de vue son genre justement. Nous ne sommes pas connus pour la docilité de nos femmes, une prostituée risquerait d'attirer son attention, mais également sa méfiance. Du moins.. Si elle se trouve être shaakt.

La suite devrait venir avec délicatesse, subtilité, tentant de capter le regard de sa supérieur pour ne pas l'inviter à chercher celui de son oncle. Elle devait rester son soutien principal, celle vers qui elle se tournerait pour exposer ses doutes et ses peurs, ce n'est que comme cela qu'elle pénétrerait assez son cercle intérieur pour tirer les ficelles en coulisse.

~ De plus, si la situation tourne mal, la mise en exécution de l'assassinat risque de se trouver compromise par ta santé. Peut-être... Cela comporte des risques, mais peut-être devrais-tu servir d'appât et me laisser lui trancher la gorge une fois qu'il aura son attention monopolisée par tes charmes.

Elle aurait pu rajouter qu'elle avait peur pour elle ou toute autre idiotie de ce type, mais la jeune femme n'était pas stupide, influençable, mais pas idiote. De plus son oncle veillait toujours, il pouvait pour l'instant mettre seulement son comportement sur l'influence du côté retord des shaakt, mais trop de sentimentalisme lui indiquerait un coup fourré.


Scène 3-d

_________________


Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


Dernière édition par Schezalle Auvryndar le Ven 7 Aoû 2015 20:37, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Ven 7 Aoû 2015 18:36 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 20 Juin 2015 09:47
Messages: 61
Localisation: Aux alentours d'Omyre
Schezalle lâcha la main de la jeune femme et reprit la parole. Elle semblait vouloir servir d'appât, mais la nature dominatrice des femelles shaakts semblait lui poser un souci.

« Oui, il pourrait se méfier. De plus, s'il était content avec les femmes de son espèce, il serait resté à Caix Imoros. Je ferais l'appât, entendu. »

Ce ne lui plaisait pas particulièrement de devoir aguicher un homme, mais pour le bien de la mission elle se devait de faire des sacrifices.

« Il me reste à trouver une robe suggestive. Mais cela pose un problème, si je veux être crédible il faut éviter que quelqu'un qui puisse être avec lui lorsque je le racolerais me voit en dehors de mon rôle de pute. Mais si tu vas seule aux thermes, j'ai peur que tu ne sois une proie facile. Une idée, Carnargr ? »
« Mmh. Une perruque et beaucoup de maquillage lorsque tu joueras la pute devraient suffire. Surtout qu'il serait judicieux d'attendre que tout le monde soit beurré. »

La jeune femme hocha la tête, convaincue. Elles avaient maintenant un plan pour laisser le shaakt seul avec elles, il ne restait plus qu'à connaître ses habitudes et à savoir comment le tenter avec le corps d'Elina.

« Il nous faudra cependant un second plan, » fit l'humaine. « S'il ne veut pas de moi, il faudra trouver un second moyen de l'isoler. Une idée ? »

_________________
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Ven 7 Aoû 2015 20:35 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 11 Juil 2015 17:34
Messages: 54
Localisation: Ruelles d'Omyre
Scène 3-c


Le garzok n'avait peut-être que la cervelle d'un esclave, mais il ne semblait pas dénué de ruse. Une perruque serait en effet particulièrement adéquat pour Elina. Sa chevelure était un point de référence trop précis pour qu'elle puisse la laisser voir durant ce type d'opération, quant au maquillage... C'était également une bonne idée.

Jetant un regard appréciateur à l'oncle de sa nouvelle amie, elle regretta de ne pas pouvoir lui passer un collier au cou, un esclave sachant se servir de sa tête pouvait être une bonne chose pour qui cherche à connaître l'ascension sociale, mais il ne se laisserait pas faire, il avait connu à la liberté et surtout.. Elle avait un plus gros poisson à attraper.

Revenant vers sa flamboyante, elle lui lança une oeillade pour la forme. Destinée à la rassurer sur son pouvoir de séduction, l'appât n'avait pas à être parfait, mais seulement à détourner l'attention de la cible suffisamment longtemps, après il ne lui resterait plus qu'à entrer en action. Si son amie devait en pâtir ? Peut-être le plan n'était-il pas à la hauteur finalement ! Forte de ses joyeuses pensées, elle n'en chercha pas moins des alternatives. L'humaine avait raison, ce reposait sur un plan unique aurait été aussi stupide que fou.


~ Les thermes sont une taverne si je ne m'abuse ? Il suffirait d'empoisonner sa boisson.

Ce type de plan comportait bien trop de variables, la chope pouvait atterrir entre les mains du mauvais client, elle pouvait se renverser, le shaakt pourrait le sentir si le poison était de piètre qualité, voir même s'en sortir s'il disposait d'une contre-mesure sur lui. Elle ne l'avait pas proposé sérieusement, mais toujours dans le cadre de sa campagne pour accroître la fierté de sa supérieure. Qu'elle la pense moins intelligente et docile, manipulable, voilà ce qu'elle visait au fond. L'ensemble de l'affaire ne représentait pas une destination pour elle, mais une simple marche.

~ A moins que nous ne disposions d'un de ces tubes lanceurs de dards. Hmmm... Comment les appelle t-on ?

Des sarbacanes. Elle en connaissait bien entendu l'usage tout aussi bien que le nom. Les Shaakt représentaient une civilisation aussi traîtresse qu'ingénieuse et voilà bien longtemps que le poison et les différentes manières de le faire ingérer à la cible avaient intégrés les moeurs des cités souterraines. Des fléchettes, les liquides, les baumes corporels, les bains pour le tissu. Tout ceci faisait parti d'un monde qu'elle avait laissé derrière elle pour un temps, mais qu'elle retrouvait avec la joie que l'on éprouve en revenant sur un vieux loisir que l'on appréciait. Tout cela n'était qu'un entrainement pour le jour où elle reviendrait, forte d'influence et de ressources suffisantes pour déposer la matriarche suprême et démontrer à Vashalbarath qu'elle était sa plus fervente prêtresse.


Scène 3-e

_________________


Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


Dernière édition par Schezalle Auvryndar le Lun 10 Aoû 2015 20:25, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Sam 8 Aoû 2015 15:15 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 20 Juin 2015 09:47
Messages: 61
Localisation: Aux alentours d'Omyre
Elina, croisant le regard de Schezalle, sourit intérieurement, persuadée d'opérer un certain charme sur la Shaakt. Elle avait vu comment celle-ci la regardait, lui touchait la main et sautait sur chaque occasion d'entrer en contact avec elle. Cela lui donnait presque envie de tromper Gru'Zeph. En fait, cela lui donnait carrément envie de tromper sa sœur, mais sa sobriété lui permettait maintenant de lutter contre ses désirs, elle se contenterait de regarder.

L'elfe noire proposa finalement d'empoisonner le verre de leur cible ou d'utiliser une sarbacane, ce qui arracha un froncement de sourcils à la jeune femme.

« On ne sait même pas encore s'il sera lui-même à la taverne, » lui répondit-elle. « Et même si il y est, c'est bien trop incertain. Même remarque pour la sarbacane. Tu es alchimiste ? Tu sais comment créer un poison qui le tuera rapidement ? Parce que s'il est avec ses hommes, ils auront vite fait de l'amener voir un guérisseur, si tant est qu'il n'y en ai pas un dans leur groupe. D'autant qu'ils nous repéreront presque instantanément et l'on devra fuir en hâte. Non, il faut que l'on reste sur l'idée de le séparer de son groupe, seulement il faudra trouver un autre plan s'il ne veut pas de moi. J'ai peut être une idée, mais elle nécessitera un peu de préparation et comportera quelques inconnues. »

Elina se frotta les tempes, sentant la fatigue s'emparer d'elle tout en ouvrant la porte aux nausées et vertiges de l'Eau Vive. Il fallait qu'elle s'occupe de cela le plus rapidement possible.

« Et si nous allions nous coucher et que nous reparlions de tout cela lorsque nous aurons découvert où l'on le trouvera ? »

Sur ces paroles, elle se tourna vers son oncle pour lui faire comprendre qu'elle aimerait une chambre.

« J'ai une chambre d'ami mais il n'y a qu'un lit. Et j'ai ce canapé, » ajouta-t-il en montrant une banquette assez confortable. « Et pas mal de couvertures. »
« Mmh. Je prends le lit, » fit Elina de manière autoritaire à Schezalle. « J'en ai besoin. On peut le partager, ou tu dors là. »

L'idée de partager sa couche avec la jeune Shaakt ne lui déplaisait pas, mais, persuadée que l'elfe noire la désirait, elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine réticence, doutant de sa capacité à résister à ses caresses si elle devenait plus tactile.

_________________
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Lun 10 Aoû 2015 20:24 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 11 Juil 2015 17:34
Messages: 54
Localisation: Ruelles d'Omyre
Scène 3-d


Schezalle se retint de sourire, ses arguments n'avaient pas portés, comme elle s'y attendait. Elle remplissait par là-même un double objectif, elle confortait Elina dans sa position de chef et l'aiguillait sur des pensées à son égard qui ne seraient pas pertinentes. Qu'elle pense que sa nouvelle subalterne ne soit pas aussi intelligente qu'elle, qu'au final, elle ne soit pas une menace, mais simplement une jeune femme perdue dans une ville étrangère qui se rattachait à elle pour survivre.

Certes, la dernière partie ne relevait pas complètement du mensonge, mais la shaakt se consolait en se rappelant que ce ne serait que temporaire, le temps de se faire une place auprès d'instances plus importantes de la capitales et de pouvoir tirer les fils qu'elle tissait lentement autour de l'humaine pour en faire un pantin.

Occupée à cheminer intérieurement, Schezalle n'entendit presque pas le commentaire sur le sommeil alors qu'elle gardait les yeux rivés sur son interlocutrice. Du sommeil ? Dans un lit ?

Elle du littéralement se faire violence pour ne pas remettre la jeune impétueuse à sa place, elle n'avait pas à imposer ses termes et aurait dû la remercier de la laisser dormir au pieds de son couchage ! Mais son arrogance ne l'aiderait pas à avancer, au contraire elle ne ferait que la priver du peu de soutiens qu'elle était parvenue à réunir, soit, elle ne disposerait pas du couchage le plus confortable, mais ce n'est pas pour autant qu'elle accorderait à l'humaine une nuit reposante.

Se levant à la suite de l'humaine, elle se tourna de manière à ce qu'elle seule puisse capter le regard affamé qu'elle lui lança avant de changer d'expression, modifiant ses traits pour y peindre la déception.


~ Je suis à tes ordres, passes une douce nuit.

La fin de la phrase se voulait un murmure alors qu'elle frôlait l'humaine pour se diriger en direction du canapé, glissant ses longs doigts sur l'avant bras de la jeune femme en une caresse qui se voulait accidentelle, comme pour éviter qu'elles ne se percutent.

Arrivée près de son futur couchage, elle se retourna, ses élans enjôleurs disparus pour élever la voix, distinctement, luttant pour éviter que n'y perce le mépris qu'elle éprouvait à l'égard du garzok.


~ Le canapé me suffira, puis-je obtenir une couverture ? On raconte les nuits froides dans l'ombre d'Omyrhe.


Scène 3-f

_________________


Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


Dernière édition par Schezalle Auvryndar le Ven 14 Aoû 2015 19:10, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Jeu 13 Aoû 2015 08:53 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 20 Juin 2015 09:47
Messages: 61
Localisation: Aux alentours d'Omyre
La shaakt se redressa à son tour et lui adressa un regard qu'Elina n'était pas certaine de bien comprendre. Il semblait y avoir une certaine tension sexuelle entre elles, et pourtant Schezalle décida de rejeter sa proposition de partager la couche pour se tourner vers le canapé.

( C'est probablement pour le mieux, ) songea-t-elle, consciente qu'il serait difficile de résister à la tentation si elles se retrouvaient dans la même chambre trop longtemps.

Décidant de remettre ses questions quant aux envies charnelles de l'elfe noire à plus tard, l'humaine la gratifia d'un « bonne nuit » à mi-voix et monta les marches qui la mènerait à l'étage des chambres pendant que son oncle attrapait des couvertures d'une facture plus qu'honorable dans un placard de la pièce à vivre. Il jeta les linges sur le canapé sans un mot et suivit sans nièce sans un regard un arrière. Alors qu'il n'avait pas escaladé plus de trois marches, cependant, il fit volte face pour aller vérifier que tous les verrous étaient bien verrouillés, récupéra les clés des cadenas en possédant et les mit dans une poche de sa tunique. Il alla ensuite farfouiller dans un tiroir de la cuisine et en sortit un énième verrou dont il se servit pour fermer les volets de l'unique fenêtre de la pièce.

« Qu'il te prenne pas l'envie de te barrer prévenir Elskiel dans la nuit, » lui fit-il d'un ton suspicieux.

Après quoi il souffla les quelques chandeliers de la pièce, laissant Schezalle presque dans le noir, si ce n'était pour les deux bougies qui trônaient sur le petit guéridon à droite du canapé, et s'en alla finalement à l'étage.

Pendant ce temps, Elina avait trouvé sa chambre. C'était une pièce bien mieux entretenue que le rez-de-chaussée, et affublée de meubles d'égale qualité. Elle avait cependant du mal à se faire une idée générale de la pièce, uniquement éclairée par la clarté de la lune. Ne prenant pas la peine de fermer les volets, elle se déshabilla intégralement et s'engouffra dans le confortable lit double, paré de draps d'une finesse qu'elle n'avait encore jamais expérimentée. Elle s'emmitoufla dans les couvertures et bien vite une chaleur apaisante vint entourer son corps, qui avait été mis à rude épreuve ces deux derniers jours.



Elina se réveilla aux premières lueurs de l'aube, comme à son habitude. Les rues de la villes étaient encore baignées dans la pénombre, si ce n'était pour les quelques rayons qui commençaient timidement à poindre le bout de leur nez dans la cité noire. La jeune femme n'avait pas aussi bien dormi depuis qu'elle avait quitté son clan.

Le bien être ne dura cependant pas plus longtemps, car à peine se redressa-t-elle qu'une violente vague de vertiges arriva, provoquant un mal de crâne abominable. Très vite, ce mélange infernal lui souleva le cœur, créant des nausées inhabituelles, même depuis qu'elle avait été empoisonnée. Elle se tourna vers le côté du lit juste à temps pour lâcher une énorme flaque de vomi sur le plancher de sa chambre. La crise dura près de deux minutes, la forçant à cracher les restes de la veille à intervalles réguliers, jusqu'à ce que rien d'autre que de la bile ne daigne passer par sa gorge.

Elle pouvait sentir que l'Eau Vive était la cause de son mal-être, car il était accompagné de vertiges de la même nature, mais elle n'avait aucune idée de la raison pour laquelle la crise était si violente et hors norme cette fois. Elle n'était d'ailleurs pas réellement en état de penser à quoi que ce soit, trop occupée à combattre son envie de vomir qui venait lui brûler la gorge et provoquait des spasmes douloureux dans tout le haut de son corps.

( Ah, quelle pute, quelle pute, quelle pute ! ) jura-t-elle intérieurement à l'égard de sa mère, qui l'avait elle-même empoisonnée.

Alarmé par les sons étranges provenant de la chambre de sa nièce, le vieux garzok finit par rappliquer. Ancien guérisseur du clan Bro'Graz, il examina et interrogea consciencieusement Elina, à la recherche de la cause de ses maux. Après quelques minutes, il finit par afficher une grimace peu rassurante et s'en alla sans un mot. Lorsqu'il revint, il tenait une assez grosse mallette, qui pourrait passer pour une trousse de soin si celle-ci n'était pas déjà au chevet de l'humaine. Il en sortit un petit flacon plein d'un liquide complètement translucide, similaire à de l'eau, et le tendit à sa nièce.

« Il semblerait que ton corps se soit accoutumé à l'Eau Vive. Il va falloir te sevrer graduellement. »

Elina observa le flacon maintenant dans sa main quelques secondes, hésitante. Elle avait une migraine épouvantable et ne se sentait pas réellement en état de réfléchir.

« C'est de l'Eau Vive ? » lui demanda-t-elle.

Il hocha la tête, visiblement peiné, ce qui n'aida pas la jeune femme à prendre une décision. Après quelques temps, cependant, elle débouchonna le poison et en but le contenu d'une seule gorgée. La suite, elle la connaissait déjà, pour avoir expérimenté cette désagréable sensation seulement trois jours plus tôt. Très vite, la migraine cessa et son envie de vomir disparu. Les vertiges, par contre, redoublèrent d'intensité, lui faisant même voir trouble à certains moments, et allant jusqu'à provoquer de légères hallucinations auditives. Après quelques affreusement longues secondes, les effets se stabilisèrent cependant, la remettant dans un état similaire à ce qu'avaient été les deux dernières journées.

« Ca va mieux ? » s'enquit son oncle.
« Je suis pas certaine qu'on puisse dire ça. Mais je pense que je suis capable de me lever maintenant. »

Son interlocuteur hocha la tête, remballa ses trousses et sortit de la chambre, la laissant se rhabiller.

« Merde ! Jusqu'à quand je vais me coltiner ces vertiges ! » s'énerva-t-elle finalement en enfilant ses vêtements.

Elle n'avait certes plus envie de vomir, mais elle sentait de constants vertiges grandement perturber ses capacités, et elle savait très bien que dès qu'elle tenterait d'accomplir la moindre action un tant soit peu physique les effets allaient se décupler.

Une fois préparée, elle descendit les marches doucement, se rendant dans la pièce à vivre pour voir si l'elfe noire était éveillée.

« Bonjour, » fit-elle à son attention.

_________________
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Ven 14 Aoû 2015 19:08 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 11 Juil 2015 17:34
Messages: 54
Localisation: Ruelles d'Omyre
Scène 3-e


~ Bonjour.

C'est tout ce qu'elle avait à lui dire ? "Bonjour" ? Pas d'explications, pas de raisons, juste une simple salutation comme si de rien n'était.

Schezalle se leva néanmoins sans faire la tête, évacuant le confort de sa couverture avec adresse. Elle n'avait pas beaucoup dormi, mais visiblement toujours mieux qu'Elina. Une mine horrible, voilà comment elle pourrait décrire le visage qui venait de la saluer platement.


~ Le bonjour à toi Elina. Mais...

Elle s'approcha d'elle en vitesse, venant poser une main à l'envers sur son froids, observant son visage avec attention.

~ Se pourrait-il que vous soyiez malade ? Le problème de santé en question ?

La mine d'anxiété qu'elle arborait comme un masque n'était pas complètement faux, chaque mensonge s'il voulait être convaincant devait receler un soupçon de vérité et ici la shaakt était bien anxieuse. Non pas pour l'humaine, mais pour ce qu'elle représentait. Elle devait être l'épaule sur laquelle elle s'appuierait pour se faire une place dans les environs, son tremplin. Or si l'humaine ne passait pas la semaine, elle se retrouverait au point de départ. Pire, avec des ennemis en plus si elles parvenaient tout de même à se débarrasser d'Elskiel.

Avec un sourire amical, elle saisit la main d'Elina avant de l'attirer vers la table, l'asseyant sur l'un des fauteuils avant d'elle même prendre place sur le bras du meuble, entourant la tête de son humaine de bras avant de reposer la main sur son front.


~ Ma pauvre amie, vous auriez dû me réveiller. Je vous aurais apporté un verre de vin.

Et aussi sec se leva t-elle pour entamer sa rechercher d'un récipient suffisamment propre pour accueillir un remontant, non pas sans décocher un regard amical au garzok. Le pauvre ne comprenait pas son hôte. Il avait peur qu'elle ne prévienne leur cible, encore un signe de ses pauvres capacités mentales et de la justesse des prétentions de son peuple. Elskiel ne représentait rien pour elle et encore moins parce qu'il appartenait à ses semblables. Si un shaakt pouvait de loin concevoir un sentiment plus ou moins similaire à de l'amitié ce ne serait pas pour l'un des siens, la paranoïa et la traîtrise naturelle de ce peuple encourageait une compétition naturelle, saine pour l'ensemble de la communauté, mais clairement pas pour le développement de relations sociales. Il se trouvait être un objectif, pis ! Un mâle osait s'opposer à ses plans. Elle pouvait passer de temps à autres sur les égarements des mâles d'autres races, soutenus dans leur illusion de supériorité.

Mais un shaakt n'avait pas à courir le monde pour tenter de grappiller un peu de pouvoir, il connaissait sa place, ou du moins le devrait-il ! Aussi ne voyait-elle pas d'un bon oeil cet homme qui pensait pouvoir s'élever. En somme, elle ne participait qu'à remettre les pendules à l'heure, maintenir l'ordre millénaire qu'avait institué leur maîtresse divine.

Tout à ses réflexions elle retrouva l'une des bouteilles entamée la veille lors de la description de la mission et en versa dans une coupe de terre cuite avant de se retourner.

Schezalle marqua néanmoins un temps d'arrêt, elle assimilait trop rapidement les automatismes de la servilité. Servir sa "maîtresse", lui apporter à boire alors qu'elle ne semble pas aller bien. Autant de choses qui ne sont pas dignes d'une fille de la maison Auvryndar...

Mais hélas, bien nécessaires dans sa situation. Elle répugnait à chaque geste qu'elle faisait, mais n'en attacha pas moins un ravissant sourire sur son visage avant de venir reprendre place sur le bras du fauteuil, glissant un bras sur le dossier et tendant délicatement de l'autre, le verre de vin.


~ Tenez, en espérant que cela vous redonne du coeur à l'ouvrage. Nous avons du travail devant nous, n'est-ce pas ?

_________________


Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Sam 22 Aoû 2015 17:03 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 20 Juin 2015 09:47
Messages: 61
Localisation: Aux alentours d'Omyre
Lorsqu'Elina salua l'elfe noire, celle-ci se précipita jusqu'à elle, apparemment inquiète. Elle la tira jusqu'à un fauteuil et entoura sa tête au creux de ses bras, procurant à l'humaine une chaleur qu'elle ne connaissait que trop bien, surtout depuis la veille au soir. Elle appréciait ces contacts, et c'était là tout le problème : elle n'était pas d'une volonté particulièrement puissante lorsqu'il s'agissait de rester fidèle, et au moindre signe de faiblesse elle savait parfaitement qu'elle ne s'empêcherait absolument pas de chercher les lèvres de la shaakt.

Celle-ci, continuant son rôle de parfaite sous-fifre, se redressa pour aller chercher du vin.

« Tenez, en espérant que cela vous redonne du coeur à l'ouvrage. Nous avons du travail devant nous, n'est-ce pas ? »

Elina repoussa la tasse d'un geste doux. Elle ne devait surtout pas boire. Sans être particulièrement peu résistante quant aux effets de l'alcool, elle se savait prompt à boire beaucoup lorsqu'elle commençait, et elle s'était rendu compte la veille que cette solution pour cacher ses maux était bien trop tentante.

« Non merci, c'est une mauvaise idée. Et puis je vais mieux maintenant. »

A ces mots, le vieux garzok s'approcha d'elle avec une grosse fiole au contenu transparent.

« D'ailleurs, » fit-il, « prend ça. Dès que tu sens que ton corps est en manque, prends en deux gorgées. Puis réduit les doses petit à petit jusqu'à être complètement sevrée. Et surtout, évite d'en prendre pour un oui ou pour un non, ça pourrait aggraver ton cas. »

Elina hocha la tête en attrapant le flacon, qu'elle glissa dans un coin de sa tunique, et se redressa. Elle annonça leur départ à Schezalle et prévint le vieil orc qu'elles devraient être de retour un peu après midi, et, sur ces paroles, elle quitta la maison sans prendre la peine de vérifier si sa nouvelle disciple la suivait.

_________________
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Sam 13 Fév 2016 19:36 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 11 Sep 2009 00:29
Messages: 179
[:attention:] Scène violente. A ne pas mettre entre tous les yeux sensibles.


    Saccage purpurin.

A l’heure où les chats d’Omyre se faisaient ronger par les rats, tous gris sous la voute étoilée au désormais lointains nuages d’ombre, ils étaient prêts. Gurth avait envie de mener à bien la mission confiée par Von Klaash. De faire du zèle. Non pas qu’il eut envie de plaire au charismatique capitaine pirate assis bien confortablement aux thermes, mais il voyait en cette opportunité qui lui était tendue une occasion de semer le chaos, le sang. De faire preuve d’une violence à nul autre égal. Et pour ça, les dispositions des lieux étaient parfaites : enfermés dans une masure à moitié en ruine, ses cibles étaient prises au piège. Aucune n’en ressortirait indemne. Aucune, en tout cas, qu’il ne laisserait sciemment s’échapper de l’endroit. Car il fallait que la nouvelle se répande comme une traînée de poudre dans les bas-quartiers de la puante capitale des orques : Les Murènes étaient la nouvelle faction sur qui compter pour résoudre tout type de trouble par un bain de sang sans précédent. Elle ne souffrirait pas de la moindre concurrence. Ni de la moindre dissidence. C’était le message qu’il était chargé de passer, et même s’il n’y a accordait que peu de crédit, préférant mille fois la forme de ce qu’il s’apprêtait à commettre que le fond, la raison pour laquelle il le faisait, il souriait, enchanté de le faire. Un de ces sourires malsains qui glace les sangs, empreint de sadisme pur, de fanatisme exacerbé.

La serrure de la porte était rouillée. Même en étant fermée, elle ne résisterait pas longtemps à la pression de l’Ogre sur elle. L’ombre massive avança sur les planches de la porte. Du bois usé, blanchis aux extrémités d’avoir été trop trempé par les intempéries. Rongé, sans doute, par la vermine. C’était presque un miracle qu’elle tienne encore sur ses gonds. Lorsqu’elle fut entièrement recouverte d’obscurité, cachée aux yeux des forbans par la massive silhouette de Gurth, ce fut le moment. Le départ de tout.

Obombrée, la porte ne mit guère de temps à céder, dès lors que l’Ogre poussa de tout son poids dessus pour lé défoncer. Elle s’écroula dans un bruit sinistre de planches brisées et de rouille qui éclate, et ils furent à l’intérieur. Gurth en premier put voir que la garde laissée près de l’entrée était dérisoire : ils ne s’attendaient pas à être assaillis. Oh, elle était présente, bien sûr. Quatre pèquenauds jouaient aux dés sur une vieille caisse de bois juchée là au milieu du couloir délabré. La crasse encombrait le sol, et les punaises y galopaient sans crainte. Les quatre hommes, tous humains, se levèrent d’un bond à cette irruption. Les bandeaux rouge à leur bras confirmèrent leur identité : les yeux des murènes avaient bien travaillé. Nul besoin d’emphase, pour ceux-là. Ils n’étaient que la lie du clan qu’il devait démanteler. Les pouilleux qui n’avaient pas assez de grade ni d’influence pour jouer à autre chose qu’au plancton derrière une porte, à la lueur d’une chandelle sur la fin de sa vie. Avant même que les pirates n’aient franchi le seuil, et que les gardiens de la porte n’aient dégainé, l’un d’eux était déjà mort, convulsant au sol après s’être fait frapper de la puissance de Thimoros. Une ombre avait filtré des mains de l’Ogre jusqu’à percuter cet être sans intérêt ni force, et l’avait projeté au sol violemment. Les yeux révulsés, il trembla comme un malade avant de cesser, abandonné par la vie sous les yeux atterrés de ses comparses. Sans sommation aucune, il avait été tué. Alors, les lames furent tirées.

Poignards et dagues courtes formaient les seuls éléments de leurs maigres possessions, ils n’avaient même pas de réelles protections. Une veste gambisonée, un surcot de cuir mal taillé, rien qui n’arrêterait les coutelas de ses alliés. Il avança sans s’en préoccuper, se tournant vers quelques uns pour leur clamer :

« Égorgez ces moins que rien. Que certains restent ici, et découpent quiconque essaierait de sortir. Nul ne doit y réchapper. »


Décidé, Il ne regarda même pas en arrière pour vérifier que ses ordres avaient bien été compris. Il avança sans prêter attention à la futile résistance qui se dressait devant lui. Si deux des canailles s’étaient ruées vers les flibustiers de son camp, se faisant trancher sans peine à coups de sabres d’abordage, le troisième, revanchard peut-être de la mort trop rapide de son ami tombé, tenta de s’interposer. Bien mal lui en prit, car même s’il réussit à porter un coup de sa dague dans le flan de l’Ogre, la lame se perdant dans la robe en se faisant qu’érafler la peau et la graisse du géant, blessure bénigne moins grave que certaines de ses propres auto-flagellations, il n’en demeurait pas moins un moustique à écraser pour le nécromancien déterminé. Sa large main vint se plaquer sur le visage bouffi de rage de son adversaire misérable, et il le repoussa sans ménagement contre le mur, brisant l’arrière de son crâne contre un linteau de pierre soutenu par de lourdes poutres en bois. L’homme tituba, laissant sur le mur une trace sanglante, et alors que Gurth passait sans plus s’en soucier, il se fit transpercer par une lame alliée.

En passant aussi aisément le premier poste de gardes, d’aucun se seraient enorgueillis de l’exploit prononcé. Mais Gurth n’était pas de ceux-là. Ils n’étaient rien, pour lui, de leur vivant, et ne représentaient pas plus dans la mort. Il avança dans le couloir, parcouru d’une rumeur paniquée. Leur intrusion n’avait pas été des plus discrète, ni des plus silencieuses. Désormais, ils ne pourraient plus compter sur l’effet de surprise. Enfin, plus autant qu’à leur irruption. Désormais, le clan savait quelque chose se tramait, même s’il ignorait encore quoi exactement. Il ne sut si c’était par excès de confiance envers les quatre ahuris de l’entrée, mais personne ne vint à sa rencontre. Aussi, lorsqu’il poussa avec fracas la porte du fond du couloir, donnant sur une pièce bien plus vaste, aux murs de bois chargés de poussière et à l’âtre de pierre à la flambée puissante, unique source d’éclairage du lieu à l’exception d’un lustre de bronze maintenu au plafond par une chaine épaisse, aux chandelles à moitié éteintes pour la moitié d’entre elles, et carrément inexistantes pour le reste, il fit impression. Une vingtaine d’hommes et de shaakts étaient réunis là, dans cette pièce qui ressemblait de loin à une salle commune d’auberge, confort et accueil en moins. Plusieurs tables agrémentaient l’espace, fournies de chaises disparates et de tabourets dépareillés dont aucun ne résisterait bien longtemps au poids de l’Ogre. Certains jonchaient, renversés, sur le sol, sans doute surpris par l’élan du fessier de leur propriétaire s’étant vivement levé à son irruption. à sa suite vinrent plusieurs des coupe-jarrets de Von Klaash. Avec les quelques uns laissés à l’entrée, ils étaient en infériorité numérique, mais Gurth restait confiant sur leurs chances de vaincre. Cette troupe n’était qu’un ramassis de crève-la-faim ramassés de force sur les quais ou à moitié morts à la sortie d’un bouge à la boisson trop forte et de trop mauvaise qualité pour ne laisser aucune séquelle sur leur cervelle amoindrie.

Morts, ils le seraient tous sous peu. ou presque. Il était confiant. Peut-être trop, d’ailleurs. Appelant à lui les forces obscures de ses dieux noirs, il s’exclama de sa voix de stentor, forte et grave, ne souffrant d’aucune hésitation :

« Entendez ce soir le sort que je vous réserve, au nom des Murènes qu’il ne faut pas déranger.
Nourrissant leur panse vos membres découpés, dont ça sera alors la seule utilité. »


Troubler leur assurance par quelques alexandrins, voilà qui signait l’oeuvre macabre qu’il s’apprêtait à peindre, se servant de leur sang et corps comme supports, et de ses mains énormes comme médium accrédité. La menace ne sembla pas plaire aux vauriens, qui éructèrent leur haine depuis tous les coins. Un elfe noir, à la tablée la plus nombreuse, dégaina un long sabre et le pointa vers l’ogre, rugissant à ses troupes de l’éviscérer séant, sa fierté ne souffrant pas de l’affront prononcé. Ainsi était le chef de cette compagnie qui déplaisait tant au capitaine. Un vaillant maraudeur sombre à l’armure de cuir foncée, idéale la nuit pour ne pas se faire remarquer. Le plus vaillant combattant de la troupe, sans doute, au vu de sa position : les lois d’Omyre étaient souvent celles du plus fort. Une erreur d’appréciation qu’il allait plus tard regretter.

Endigués à suivre aveuglément les ordres du shaakt, les hommes et elfes de l’assemblée se ruèrent comme d’un seul homme sur les assaillants en infériorité. Gurth, tentant de ramener l’équilibre du nombre, tenta d’invoquer son sinistre compagnon aux chairs rongées, squelette abominable qui le servait servilement. Mais rien ne vint. Aucun mort ne sortit de terre, terrorisant les assaillants. Aucune apparition mortuaire sauvant la mise de cet assaut malvenu. Au lieu de ça, dans son esprit confus, il ne fit qu’entendre un petit rire cristallin, semblable à celui d’un enfant ayant traversé les âges. Sa déjà laide figure se crispa en une expression renfrognée et répugnée lorsque, voyant les êtres charger sur lui, il ne s’était pas aussi bien préparé à les recevoir que les forbans, qui formèrent une ligne défensive derrière lui. Un large pas en avant, il fut le premier touché par l’assaut furieux. Les plus agiles bondirent sur lui, armées des premiers objets qu’ils eurent trouvés : chopes et couverts vinrent cogner son large ventre, ses bras relevés en protection, et ses hautes jambes. Assailli de toute part, étourdi par le rire dans son esprit, et l’échec de son invocation, il se laissa submerger et ploya le genou, alors que chocs et plaies s’en prenaient à son dos. Se protégeant la tête de ses bras et mains, il ne comprenait pas ce qui avait pu se passer. La douleur des chocs n’était rien, même s’il finirait par y succomber. Le plus important pour lui était, là, de savoir si ses dieux l’avaient abandonné. Il ferma les yeux, roué de coups qui le déstabilisaient, déchirant sa robe et faisant s’écouler son sang de nombreuses taillades. Il ferma les yeux et pria, invoquant les ombres et les sombres desseins de ses ténébreux divins. Rien ne vint, d’abord. Puis, alors qu’il ployait plus encore sous les coups enhardis par sa faiblesse notoire, ô lâches décrépits, posant une main au sol en découvrant son crâne, percé d’une entaille qui faisait couler son propre sang le long de son visage et de sa nuque, il eut l’éclair céleste qu’il attendait. Tout droit venu des Enfers plus noirs que la nuit elle-même, il sut. Sa révélation.

Une épreuve. Une chance de prouver sa valeur, car il avait failli. Il avait pêché de l’orgueil des puissants, trop sûr de vaincre ces faibles ennemis. Il s’était reposé sur ses acquis, ses certitudes, qu’il ne devait, il s’en rendit compte maintenant, qu’à la volonté de ses dieux. Il n’était pas puissant, il n’était que leur outil, capable de beaucoup, mais seulement pour leur grâce. Et là, ils lui faisaient une fleur, pleins d’abnégation. Conscients de son erreur, ils lui laissèrent l’occasion d’exprimer, par leur volonté, son plein potentiel. Oh, on ne le reprendrait plus à se penser supérieur. Il n’était rien de plus qu’une arme servant le poing tendu de la haine et de la mort. Et il laissa la première envahir son corps, savourant chaque choc qu’il subissait pour l’augmenter plus fort encore qu’elle n’était. Lorsqu’enfin elle fut prête, à son paroxysme, il serra les poings sur le sol et se laissa envahir par elle, submerger, ses joues flasques tremblant sous le coup d’une colère tellement vive qu’il ne la contrôlait même plus.

Sentant la magie noire parcourir ses sens, glisser le long de ses énormes bras pour s’accumuler sauvagement dans ses mains fermées, il la laissa à son tour éclater, sous sa plus horrible forme de cruelle obscurité. Les trois vermines s’acharnant sur lui, défait, furent subitement prises d’un cri qui s’étouffa dans leur gorge. Ils y portèrent leurs mains, mais déjà leurs chairs pourrissaient, leur peau se flétrissait sous l’effet de la plus sombre des magies. Leurs orbites se creusaient et leurs cheveux tombaient. Un elfe et deux hommes, rendus méconnaissables en quelques secondes. Des grumeaux se formèrent sur leur épiderme autrefois lisse, ou à peine grêlé. Et le monstre se releva, peinant, certes sous la douleur, mais les dominant vite de toute sa hauteur. Il dégaina sa dague, et de leur terreur il fit son arme. Brandissant son arme, il explosa la tempe du premier, alors que la lame s’enfonça jusqu’à la garde dans sa cervelle défaite, qui ressortit de la plaie lorsque le poignard en fut arraché sans ménagement. Alors qu’il tombait vers le sol, l’Ogre, pourtant peu rapide, porta un nouveau coup du revers de son arme, se servant de son manche orné pour percuter la lèvre d’un second, qui explosa sous le choc alors que son autre poing fermé le retenait par ses vêtements. Le tissu craqua, geignant sous la force retenue, mais il leva l’être au-dessus de terre en hurlant sa rage, prenant de l’élan pour des cieux le plaquer avec toute la force dont il était capable sur le sol, de tout son poids. Son poing s’abattit sur la cage thoracique de l’homme et la défonça sans plus de retenue, broyant coeur et poumons sans la moindre chance d’issue. Le troisième larron, abandonné de ses forces, trouva quand même le temps pour asséner un coup de pied dans le flan du géant, qui ne le fit qu’à peine vaciller dans sa lente remontée. Car avec une telle taille et un tel poids, on ne se relève pas si aisément qu’un souple bretteur à l’agilité notoire. Lent, donc, mais infaillible désormais, il se redressa et son regard pâle injecté de sang se porta sur l’audacieux à la mine défaite. L’elfe noir du trio. L’ogre montra les dents, blanches et serrées serties sur des gencives rouges où s’écoulait le sang mêlé de son propre corps et de ses victimes d’alors. L’elfe sembla perdre toute confiance, toute force, et cette fois, ce fut une main sombre, toute de magie, qui le souleva de terre pour l’écraser tel un vulgaire moucheron contre le mur le plus proche. Cela ne se fit pas rapidement, non. La main le saisit et l’apposa violemment contre le volet de bois, qui grinça sous l’effort. L’elfe s’agitait, tentait vainement de se soustraire à la force ténébreuse de la magie de Gurth. Bien inutilement, car il était déjà mort. La pression sur son corps s’accentua, ses membres tremblaient, ses os émirent un crissement de résistance, comme un dernier sursaut d’honneur, avant de céder eux aussi, explosant son corps en une bouillie infâme et purpurine de chair, de sang et d’organes mêlés qui s’effondra mollement sur le sol en s’étalant contre le mur, horrible spectacle d’une mort violente.

Et les trois âmes des trois victimes de sa haine flottaient désormais autour de lui, noires et soumises, neuves dans la mort, empreinte de toute la colère de leur trépas. Elles voulurent se glisser dans sa cape, bues pour augmenter son pouvoir ténébreux, mais il leur refusa cette paix. Puisant dans ses réserves de fluides d’ombres, il lança un ultime sortilège, forçant ces trois âmes à se soumettre davantage à sa magie pour intégrer son arme, dont le baiser mortel serait désormais amplifié par leur vigueur perdue.

Victorieux malgré ses blessures, il se tourna vers le combat qui faisait rage entre pirates et brigands au bras noué de rouge. Ca ferraillait dur, et les morts tombaient des deux côtés. Le sol de la pièce n’était plus qu’une flaque sanglante où dérapaient les combattants, trébuchant sur les corps tombés de leurs ennemis et alliés. Dans le dos des truands, l’Ogre avait une position de choix. Oublié de par sa faiblesse notoire, il avait désormais une emprise certaine sur le dos de ces coupe-jarrets, et n’hésita pas un instant à les attaquer en traître, affligeant d’une dague entre les omoplate le premier qui vint à portée, et le second d’un coup de poing fulgurant dans les lombaires qui le fit se plier en arrière, et se jeter presque de lui-même sur la lame du forban qu’il bataillait. Les crapules se doutèrent que quelque chose ne tournait pas rond, voyant leurs frères tomber tout à côté sans avoir fait preuve de faiblesse. Ils se tournèrent vers l’ogre, et ce fut le chaos dans la mêlée. Là où deux lignes s’affrontaient presque scolairement, rendant chaque coup avec plus de ferveur, la mêlée se transforma en conglomérat de corps s’échinant à se replacer correctement sans y parvenir. En tenaille entre les flibustiers et le géant enragé, ils n’étaient plus bons à rien, et tombèrent l’un après l’autre comme des mouches, parasites qu’ils étaient de leur vivant, et qu’ils nourriraient de leur mort.

Mais là ne fut pas l’issue de ce combat. Car Gurth, tout rageur qu’il était, avait omis que lui aussi avait laissé dans son dos des ennemis. Un tabouret lancé avec force percuta rudement son dos offert, éveillant la douleur des nombreuses plaies l’accablant. Furieux, le regard injecté de sang, il se tourna vers le responsable de cet incident. Et là, il comprit son erreur d’avoir sous-estimé le dirigeant de ce groupuscule. Car s’il pensait que seule la force dirigeait, il avait omis l’intellect et le charisme d’un meneur, à prendre également en compte dans la balance. Car à côté du shaakt au sabre et à l’armure sombre, qui regardait vers lui avec sévérité, un colosse humain se tenait, tout de muscles et de cicatrices. Un survivant, aliéné à la cause de l’elfe par sa propre bêtise. Il avait le regard froid d’un tueur qui prend plaisir à voir le sang se répandre sur sa face. Les yeux d’un barbare vivant de ses carnages. C’était lui qui venait de lancer le tabouret que Gurth ramassa aussitôt, comme une arme s’appoint. Celui qu’il devrait affronter maintenant était d’un calibre tout autre que ceux qu’il massacra jusque là. L’être, monstrueux lui aussi, faisait presque sa taille, mais aucune excédent de poids ne modifiait sa silhouette. Il n’y avait que du muscle, saillant sans aucune graisse. Un boeuf, et de la pire espèce.

Il s’avança néanmoins, sous le regard circonspect de l’elfe noir, confiant en son champion musculeux. Le colosse s’interposa entre eux deux, et les yeux blancs de l’Ogre ne virent plus rien de lui sinon son chien de garde, lèvres retroussées. Il avait du bovin jusqu’au regard, clair et vide, froid comme l’acier, mais aussi dépourvu d’intellect que les vaches broutant sans cesse le même lopin d’herbe contaminé par la mort. Un duel de géants qui fit cesser alentour la bataille, les camps se séparant pour quelques minutes de répit, profitant d’une pause heureuse pour recouvrer leurs esprits, récupérer leur souffle et inspecter leurs plaies.

Profitant d’avoir l’avantage du premier coup, et sachant pertinemment que contre un tel adversaire, à la fois plus jeune, plus fort et plus endurant et souple que lui, il ne l’aurait que sommairement, il s’élança d’un pas lourd et chargea l’être, levant le bras pour abattra le tabouret sur la tête de la montagne de muscles. Celui-ci ne cilla pas, laissant venir l’assaut à lui sans bouger d’un poil. déséquilibré par sa propre charge, le coup porté par Gurth ne fut qu’imprécis, et s’il brisa avec force le tabouret sur le boeuf, ce fut sur son épaule massive et non son crâne. Le meuble explosa en échardes et bouts de bois brisés, et le regard des deux géants se croisa à nouveau. Là où la colère, la haine et la frénésie ascétique brillaient dans les yeux de Gurth, la froide assurance d’une bataille gagnée d’avance rendait ceux du garde du corps presque ternes. Il n’avait même pas d’arme. Ses poings étaient comme des marteaux, ses mains comme des étaux. Il n’avait pas besoin d’arme : ça l’encombrerait plus qu’autre chose, parangon de la force brute. Il empoigna l’ogre par la gorge, d’une main ne souffrant d’aucune hésitation, et tira vers lui l’être qui, malgré qu’il fut plus grand et lourd, ne put lui résister.

« Toi mourir. »

Sa voix sonnait comme le métal, avec des tonalités d’accent que Gurth n’avait jamais entendues. Rudes, roulées. Gurth, haineux d’être ainsi maltraité malgré sa carrure, fit peu de cas de la menace et agrippa d’une main ferme le visage de son adversaire, tentant de lui broyer la face comme il avait déjà pu faire à d’autres. Mais ceux-là ne possédaient pas la force de ce mastodonte, qui lui retourna un fracassant coup de poing dans le ventre, coupant la respiration du servant des dieux noirs comme jamais. Sa graisse n’avait en rien amorti le choc, et balançait maintenant mollement alors qu’il titubait en arrière, libéré de l’emprise de son ennemi. Un répit de courte durée, puisque ce dernier chargea à son tour comme une brute, semblable à un taureau désirant encorner un provocateur lambda. L’ogre reçut l’épaule de l’homme en plein plexus et fut projeté en arrière à nouveau, mais déséquilibré, cette fois, chuta lourdement sur son séant dans un fracas monumental, emmenant dans sa chute son assaillant qui, loin d’en avoir fini, se mit à cheval sur sa robuste carcasse pour lui infliger rageusement une série de coups de poings en plein visage. Il sentit, sous le poids des mains de l’armoire à glace, son nez éclater sous les coups, sa mâchoire vriller de douleur, ses pommettes se fendre et ses lèvres saigner abondamment. Pris de vitesse, il marqua un temps pour reprendre ses esprits, alors que l’autre continuait de taper comme un sourd. Sa tête ne pourrait plus subir autant d’assauts répétés. Il fallait qu’il reprenne l’avantage. Dans sa main, l’Agonie Silencieuse était toujours chargée des âmes de ses ennemis trépassés. Il l’empoigna avec force et frappa. La lame des ténèbres pénétra le flanc de l’humain sans qu’il y réagisse. Gurth frappa une, deux, trois fois, sans aucune réaction. L’autre continuait de frapper sans s’arrêter, entrant dans une rage digne des plus légendaires bersekers. Trois entailles faisaient gicler le sang sur son côté, mais il n’en avait cure. Et Gurth le savait : même si ses coups de poignards finiraient par venir à bout du monstre, ce dernier serait parvenu à le tuer avant, explosant sa tête en une masse grumeleuse d’os et de chairs mêlés.

Il rua pour tenter de s’en débarrasser, et parvint à envoyer valser l’olibrius vers la droite, alors qu’il roulait sur lui-même pour s’éloigner de ce dangereux adversaire. Il n’avait guère la force de se lever : porter sa carcasse alors qu’il avait perdu tant de sang, pris tant de coups… Il dépenserait trop d’énergie pour se faire mettre à nouveau au tapis. D’autant que son adversaire s’était déjà relevé, à peine affecté par le dégagement in extremis de Gurth. Il s’approchait du corps prostré du nécromancien, et lui asséna plusieurs coups de pied dans le ventre, estomaquant l’obèse à chaque frappe. Et encore, encore, il entendit ce rire enfantin d’outre-tombe se moquer de lui, rire de sa défaite. Il serra les poings, haineux comme jamais. Sa force seule ne parviendrait pas à venir à bout de l’être qui le frappait encore et encore : il en avait plus que lui. Sa magie, faible en rendement maintenant qu’il avait gâché ses fluides d’ombre sur des ennemis mineurs, ne saurait pas non plus le faire courir à sa perte. Il devait garder le minimum qu’il avait pour le tout dernier recours. Quand il saurait qu’il n’aurait plus de chance, ou l’assurance d’avoir vaincu. Alors une idée lui vint. Sa dague ensorcelée était parcourue de l’âme et du sang de morts récents. Mais elle avait déjà tué, avant ça. Et les morts aux âmes tourmentées pourrissaient désormais dans de vastes cimetières, ou charniers puant la putréfaction. C’était eux qu’il devait appeler, désormais. Eux, dont le sang vicié regorgeait d’infection. Leur énergie, il l’avait absorbée, leur courage, leurs colères, leurs craintes… Alors pourquoi pas leurs corruptions ? Il pouvait puiser en lui cette énergie néfaste, pestilente, pour transmettre à son adversaire la pourriture de sa chair, la nécrose de ses membres.

Investi de cette certitude, et s’armant une nouvelle fois de son arme, il lança un nouveau coup dans la cuisse de son assaillant, qui sous le coup arrêta ses frappes haineuses. Le sang dégoulinait de la plaie, mais il était encore trop pur, trop rouge que que ça ait marché. Gurth devait davantage se concentrer, être persuadé de sa tentative. Au moins sa frappe lui avait accordé un nouveau répit, pendant lequel il put se concentrer, visualisant le visage nécrosé de chacune de ses victimes, faisant appel à leur souvenir et à leur âme violée pour investir son arme, contaminer sa frappe de la force de la putréfaction, de la gangrène rongeant les chairs. Il sentit en lui cette force, alors que l’autre lui gueulait sa haine dessus sans qu’il n’entende même. En pleine transe, dans sa tête, il priait au dieu de la mort et de la fétidité l’effet désiré.

(Phaïtos, Maître en ton royaume infesté, régnant sur les morts, tas d’os et de chairs gangrenées, prête à ma main ton sombre pouvoir. Fais que mes coups se parent de la pestilence qui emplit de miasmes maladifs les plaies suppurantes des macchabées des tombeaux.)

Et alors que l’autre s’approchait, qu’il ne voyait plus que flou, il frappa à nouveau sa jambe à la cuisse dénudée. Le coup porta, heureusement, et il sentit comme une décharge sortir de son propre corps. L’énergie même des morts, de son statut de nécromant. La plaie, loin d’être une entaille rougie de sang, saignait de l’infection. Noirâtre, elle crachait du sang sombre perclus de pus. La sanie attira le regard du colosse, qui vit en elle un bien funeste destin. Car la douleur de l’infection était plus vive et profonde que n’importe quelle autre. Gurth, Se relevant sur un coude, menaça la montagne de muscles.

« Arh. Que cette plaie infectée puisse gagner tous tes membres, si tu ne fuis pas loin. Car l’ombre de la mort guette quiconque est touché de la lame d’un nécromant. »

La panique avait fait son oeuvre, dans l’esprit simplet de ce barbare sanguinaire. Derrière, son maître à la peau sombre s’enhardissait de paroles réfutant celles de Gurth, mais lui savait qu’il avait gagné : la peur avait atteint le coeur de sa cible. Ses yeux n’étaient plus que panique, et sa masse belliqueuse trébucha en reculant, alors que l’Ogre, péniblement, douloureusement, se relevait. Se redressant en s’appuyant sur une table sous laquelle il avait presque roulé, il domina la salle et les visages blafards qui regardaient le colosse s’enfuir comme une fillette paniquée. Face à la mort, il n’est nul courage.

« Non ! »

L’elfe noir, maître des lieux, rageait de ce départ impromptu. Son meilleur élément venait d’être vaincu. Non pas qu’il ait failli dans sa force, mais son faible mental de souffre-douleur sans intellect avait cédé à la ruse d’un Ogre malveillant. L’elfe se rua vers Gurth avec son sabre, mais cette fois, il n’irait pas loin : De toute la magie qui lui restait en réserve, il laissa fondre la noirceur la plus ténébreuse de ses mains en un souffle thimorosien terrible qui vint frapper de plein fouet le shaakt dans sa charge furieuse et maladroite. La douleur s’empara de ses chairs, la mort berça violemment ses idéaux, et ce fut sur la lame de Gurth qu’il vint s’empaler, alors que la sienne tombait déjà lourdement sur le sol. La dague dans le ventre s’écarta, et le corps de l’elfe noir tomba sur la table, affalé dans son sang et sa douleur. Alors, l’Ogre sut qu’il avait vaincu. Il n’y eut plus un rire dans son esprit, et il avait de nouveau la certitude de la confiance de ses dieux sombres. Il se tourna vers les pirates, hébétés, et leur donna l’ordre sinistre de tous les exécuter. Ces moins-que-rien qui ne valaient même plus l’ombre de ce qu’ils avaient été se firent trancher sans opposer la moindre résistance. Car ils se savaient vaincus, eux aussi. Gurth, pendant ce temps, oeuvra à sa sinistre tâche. De sa dague, il découpa la tête du chef de son ennemi vaincu. Une découpe violente et peu nette, d’un ennemi pas encore mort, mais qui le fut bien vite. Les traits tendus par la douleurs, tordus par la mort, il abdiqua, et Gurth s’empara de son chef avec vaillance, ordonnant plus belle horreur à ses troupes victorieuses.

« Arrachez le bras au foulard de chaque homme tombé sous vos coups ! Les Murènes feront bombance, ce soir. »

Dans la sombre masure, plus une âme ne vivait.
Dans les rues, un colosse vaincu le raconterait.


[Apprentissage de la CC de classe : "Contact nécrotique"]

_________________
Gurth Von Lasch - l'Ogre de Tulorim

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;
Plutôt que d'implorer une larme du monde,
Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux
A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.
(Baudelaire - Le mort joyeux)


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Mar 2 Aoû 2016 21:16 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 26 Juil 2016 20:18
Messages: 158
Localisation: Oranan - bibliotheque.
Les appartements de maîtresse Erganwë. L’on m’a dit qu’en arrivant à Omyre elle s’était facilement fait son propre logement en massacrant ses anciens habitants. Depuis elle y avait refait la décoration : des braseros illuminant des peintures d’horreurs sur des murs sombres, ça et là des ossements de diverses races, des têtes coupées et des corps fraîchement torturés remplaçant les anciens comme on change les plantes mortes d’un vase. Ainsi était ses appartements privés où elle recevait des hôtes de marques, souvent pour les empoisonner, des amants qu’elle lacérait au-delà de la chair ainsi que des esclaves qu’elle torturait quand il ne s’agissait pas d’être portant honte à la race Shaakt, comme moi.

J’ai été appelé par la maîtresse Erganwë pour une audience privée. On me sort de mes appartements que l’on appelle communément cachot. Cela doit venir du fait que la porte de ma chambre est faite de barre de fer et que mes compagnons de chambré sont des esclaves. Quoi que sur ce point ils n’ont guère à m’envier. Je quitte les souterrains, car oui, madame Erganwë dans sa grande bonté a fait aménager sous l’habitation d’origine un grand espace servant de zone de stockage, de débarra, de cachot ainsi que d’évacuation des eaux usées de la bâtisse. Il a été convenu que pour une meilleure optimisation des lieux que l’espace pour les esclaves et l’évacuation seraient dans une même pièce.

Me voilà donc traîné devant ma maîtresse attendant quel sort je vais encore subir. Assise dans une posture provocante et avec une tenue à faire frémir le plus pur des vœux d’abstinence, elle daigne à peine jeter un regard sur moi.

"Ëala nyenyë, depuis ton arrivée ici on ne peut dire que tu as montré les talents dont ta famille m’a tant loués. Je ne peux me retourner contre eux car cela viendrait à clamer que j’ai été dupé. En revanche je peux jouir de ta vie comme bon me semble. Mort tu ne me sers à rien et je commence à me lasser de ces jeux avec toi. Il est temps pour toi de faire face comme un Shaakt et d’user de tes pouvoirs. Tu vas partir en chasse d’un convoi à attaquer avec d’autres de mes hommes. Je te laisse donc l’opportunité de faire tes preuves à mon service. Sache que cette fois-ci sera différente. Soit tu reviens en devenant enfin utile, soit tu ne reviens pas et ton corps nourrira les charognards. Ait-je été clair Ëala nyenyë ?"

"Oui maîtresse !"

Bien que je me nomme Nhaundar Zaknafein, nul ne m’appelle ainsi. Je suis devenu incapable de manier la magie qui m’anime sans être terrifié dès que je sens la chaleur du feu me lécher les mains. Ainsi donc l’on m’a nommé Ëala nyenyë : celui qui pleure, car telle est ma réaction lors de mes échecs, telle est ma réaction lorsque la maîtresse est mécontente, telle est ma vie depuis mon arrivée à Omyre sous ses ordres. La peur habituelle laisse place petit à petit à une terreur. Je fais de mon mieux pour tenir sur mes jambes qui commencent à fléchir. Cela m’a déjà sauvé par le passé.

"Bien !" Répondit-elle d’un ton ravis. A ce moment je me dis que cette entrevue est terminée me laissant dans un tourment intérieur : avancé ou périr, tel est mon destin. Cependant une maîtresse de son envergure ne peut laisser un être aussi inutile que moi avec une telle opportunité sans…contrepartie.

"Avant de te laisser te reposer j’ai une dernière chose que je voudrais voir avec toi !"

Elle termine sa phrase d’un claquement de doigt impérieux. Des gardes rompus aux moindres mouvements de la dame surgissent de l’ombre et me saisissent par les bras, ne me laissant aucune chance de retraite, si j’en avais une. Je tente de me débattre tant pour lutter et échapper à mon calvaire que pour satisfaire la maîtresse. Elle aime plus que tout lorsque ses jouets résistent. On apporte un étrange outil de bois en forme de croix. On m’attache les membres désormais écartés, me laissant totalement impuissant à ce qui va m’arriver. Impérieuse, la Shaakt avance, un étrange flacon à la main. Ma respiration s’accentue et de la sueur commence à perler un peu partout sur mon corps désormais à l’horizontal.

"Mes alchimistes m’ont concocté ceci. As-tu une idée de ce que c’est ?" Demande t-elle.

Ma posture actuelle ne laisse peu de possibilité à la nature du flacon. Il va servir à provoquer une intense douleur et je sais par expérience que ma maîtresse fait de nombreuses recherches pour infliger autant de souffrance que possible. Il est certain que cela va me faire très mal, mais en quoi est la vraie question. Je regarde le contenu de la fiole avec une crainte justifiée.

"Je pense que l’on t’a expliqué les risques lors d’une ingestion d’un fluide contraire à un élément déjà possédé. Cette fiole contient une forme d’essence pure de fluide de glace. Je ne vais pas te tuer rassure-toi, même si je pense que tu voudras l’être avant d’en avoir fini."

Elle sort une dague dissimulée sous sa tunique. Une lame que je connais que trop bien pour m’avoir dessiné nombres de cicatrices. Ma maîtresse fait jouer l’acier sur mon corps et fait sauter les liens qui tiennent le haut de ma tunique qui retombe au sol. Je m’attends à ce qu’elle me lacère le torse mais non, ce qui m’inquiète encore plus. Elle ouvre la fiole et y plonge sa lame. Une simple goutte y est présente et la Shaakt s’empresse de placer la lame au-dessus de moi. Lentement le liquide se concentre pour former une goutte à la pointe de l’arme. La goutte se détache de l’acier et tombe sur moi. La douleur est insupportable. L’élément magique de glace réagit très mal aux fluides de feu dans mon corps. Je passe d’une chaleur insupportable à un froid glacial, dont la température fait varier mon timbre de voix, ou de cris en l’occurrence. Là où la goutte s’est posée une tâche apparaît et elle semble être indélébile. Mon corps continu vainement de se contorsionner en vain, mes chaînes ne sont que trop bien faites. Pire que tout, la douleur vient que d’une simple goutte et il en reste un flacon entier.

"Excellent !" Me dit-elle. "C’est au-delà de ce que j’imaginais. Peut être vais-je continuer de te garder en vie ne serais-ce pour cela. Et pour que tu prennes pleinement conscience que les déchets comme toi me sont aussi inutiles qu’insupportables, je vais te poser la marque maudite." Me dit-elle dans un sourire sadique dont elle a le secret.

"Non pitié maîtresse, pas ça !" J’ai beau implorer je sais qu’elle s’en moque, ou plutôt qu’elle s’en délecte. Je ferais tout pour ne pas avoir cette marque. Pire que la mort, pire que les chaînes la marque maudite fait frémir tous les esclaves qui l’ont entendu. La marque maudite serait une sorte de rituel magique provenant d’Oaxaca même. Elle qui provoque de nombreux types de douleurs allant de l’électrocution à la brûlure spontanée en passant par une torture mentale. Pour ceux qui la possèdent, la marque provoque des cauchemars toutes les nuits et en règle générale on évite de croiser ce genre d’individu de peur que la marque ne se transmette. Dans la langue Shaakt il existe une multitude de mots pour désigner la souffrance, il n’en existe que quelques-uns pour parler de cette étrange notion d’amour des hommes et autres créatures soumis à leurs lois et leurs rois. Cependant lorsqu’il s’agit de paria, de déchet au-delà de ce qui est possible d’être, il n’y a nul mot, juste une marque et ma maîtresse s’apprête à me la graver sans possibilité de la supprimer. Je souffre physiquement, je suis brisé mentalement, j’hurle, je pleure et comme la prédit ma maîtresse je l’implore d’en finir avec ma vie.

Ainsi s’achève cette « entrevue » dans la douleur, la honte, tandis que ma maîtresse se délecte à nouveau des horreurs qu’elle peut commettre et qu’elle commettra encore.

2-le raid

_________________

Italique : langue Shaakt
Normal : langue commune

Multi de : Jorus Kayne et Relonor


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 95 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 3, 4, 5, 6, 7  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016