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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Ven 12 Oct 2018 01:40 
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Dans le chapitre précédent…

Deuxième Arc : L’art de faire parler la Foudre.

Chapitre V.1 : Le prédateur venu des cieux.


(Mmmh, vas falloir que j'aille récupérer mon sac plus tôt que prévu.)

Il marchait d'un pas vif vers la ville, marchant sur la route pavée qui la reliait au temple. Elle était comme toujours plutôt animée dans les deux sens. Des gens allaient au temple déposer des offrandes ou prier tandis que d'autres comme Cherock en revenaient. Moins fréquent étaient les quelques paysans qui allaient et venaient dans les champs qui bordaient la route pour cultiver la terre. Leur peau tannée par le soleil les aurait fait passer pour les membres d'un autre peuple que les ynoriens pour l'observateur peu attentif. Et dans cette fourmillante vie, Cherock rentrait chez lui en listant tout ce dont il aurait besoin pour ce voyage inattendu.

(Ca va me coûter cher tous ces voyages allers-retours en cynores et aynores… Heureusement que j'ai mis un peu de côté. Mais quand même, espérons que l'épave de Tali ‘Zorah nous réserve quelques trésors à revendre.)

(Elle a pillé des dizaines de navires, ce ne m'étonnerait pas qu'elle ait coulé avec quelques objets de grandes valeurs.)

(J'y compte bien ! Me retrouver sur la paille, ce n'est pas trop dans mes obj… Tiens ? Que font tous ces gens ?)

Cherock fut sorti de ses pensées en voyant les personnes en face de lui, quel que soit le sens de circulation, avec le nez en l'air et pointant quelque chose du doigt. Mécaniquement, il suivi leur regard et il se focalisa sur l'ombre d'un grand rapace qui glissait dans les airs. L'animal paraissait imposant pour un oiseau de loin lorsqu'il commença à descendre progressivement, de plus en plus vite. Ce que remarquèrent vite les personnes le regardant, Cherock compris, c'est qu'aucun oiseau de proie n'avait quatre pattes. Aucun animal VOLANT n'avait quatre pattes. C'était absurde. Sauf pour un monstre. Et alors qu'il ouvrait la bouche pour alerter tout le monde, quelqu'un le prit de court.

« C'EST UN GRIFFON ! FUYEZ ! »

Ce fut alors un véritable pandémonium. Tout le monde hurlait, se poussait, pleurait, pour essayer de trouver un abri ou pour courir le plus loin possible de la descente mortelle du griffon. Cherock lui resta sur place, trop sidéré pour bouger.

(Mais les griffons ne sont-ils pas sensés être territoriaux ? N'attaquant que pour se protéger ?!)

(Si mais dans le cas des- Attention !)

Mû par un sentiment d'urgence, Cherock se jeta sur le sol et senti une puissante bourrasque passée au-dessus de sa tête avant de repartir dans un puissant battement d'ailes. Un cri rauque et perçant, étrange mélange entre celui perçant d'un rapace et celui rugissant d'un ion se fit entendre.

(… Dans le cas des jeunes griffons, ils cherchent un territoire à posséder !)

Cherock releva le nez et se remit rapidement debout. Il vit les villageois courir pour la plupart partout, essayant le plus possible de s'éloigner de la zone à découvert qu'offrait la route. Mais certains s'étaient mis à courir vers la ville, y voyant une protection rassurante. Quelques malheureux payèrent cette erreur de leur vie. Le griffon amorça un rapide demi-tour et vola en direction des fuyards à découvert. Encore une fois, Cherock eut a présence d'esprit de se jeter à terre pour éviter le pire, mais les autres n'eurent pas cette chance. La bête passa au-dessus du groupe et ses pattes griffues arrachèrent les têtes des chanceux mourant sur le coup tandis que d'autres se faisaient étripés et lacérer profondément. Un hurlement strident provenant de l'animal couvrit ceux de souffrances des blessés alors que le monstre se posait pour achever ses proies. Il tourna le dos à Cherock qui n'hésita pas une seule seconde : il dégaina la Kizoku dans son dos et se rua vers le monstre.

Un hurlement se tut : le bec du griffon se teinta du rouge sang de la victime qu'elle avait tuée en lui arrachant la gorge. L'enchanteur hurla devant cette mort atroce et voulut frapper la croupe du griffon qui esquiva en bondissant en avant sur une dizaine de mètres. Il se retourna vers celui qui troublait sa chasse alors qu'il se plaçait entre lui et ses proies.

Malgré la peur qui lui cisaillait les entailles, Cherock ne put un instant qu'admire la beauté du griffon : un imposant corps de lion muni de serres dont le garrot culminait à environ un mètre quatre-vingt-dix, affublé d'une tête d'aigle blanche au regard vert perçant au bec dur et résistant. Ses ailes étaient d'un vert noirâtre dont les plumes se noyaient un peu dans la fourrure du lion. Le jeune homme se reprit : quelle que soit la beauté du griffon, il montrait un danger immédiat pour les villageois encore présents. L'un d'entre eux qui courrait en hurlant dans les champs pas encore assez haut pour le camoufler attira l'attention de la bête ailée.

(Et merde, il va chasser même ceux-là ! Amy, prépare-toi à créer un socle d'air !)

(Compris !)

Cherock tendit la main : un puissant arc de foudre alla frapper le poitrail du griffon et plusieurs plumes tombèrent, laissant place à des poils félins noircis par l'impact. La bête cria avec surprise et une pointe de douleur avant de tourner la tête vers celui qui osait de nouveau s'opposer à lui. Cherock poussa un cri de défi et se précipita vers lui. Il ne savait pas qu'elles étaient ses chances de victoire contre une telle créature, mais savait une chose : lorsqu'on ne savait pas comment ni où frapper un adversaire, la tête était une cible à privilégier. Problème, la tête se trouvait à plus de deux mètres de haut, bien trop haut pour frapper correctement avec un sabre. C'est pourquoi.

« Amy ! Maintenant ! »

(Ngnh !) Alors que le griffon avait levé sa patte pour l'abattre sur l'humain qui le chargeait, celui-ci sauta en l'air à deux mètres de lui. La faera de Cherock concentra ses pouvoirs qui lui étaient propre et solidifia l'air en le condensant sous le pied droit de son maître qui en profita pour donner une nouvelle impulsion à son saut qui le propulsa encore plus haut. Le griffon surpris rata son assaillant en abattant sa patte trop bas et Cherock frappa quant à lui la tête du griffon avec la Kizoku. La lame ripa contre le bec, poursuivit sa course et creva l'œil gauche de la bête, laissant une profonde marque horizontale dans les plumes de la tête. Poursuivant son saut sur le côté gauche, il prit appui sur la base de l'aile gauche pour passer derrière le griffon qui tressaillait de douleur. Il toucha le sol fit un rapide demi-tour sur sa jambe gauche et refit face. Son visage exprimait une joie farouche.

(Ca peut le faire !) se dit Cherock en voyant qu'il avait réussi à gravement incapacité la bête. Cette joie fut de courte durée. Fou de rage, le griffon se retourna, réduisit la distance avec son tourmenteur et asséna un puissant coup de patte gauche à l'enchanteur. Celui-ci ne put que tenter vainement de bloquer le coup avec son sabre et son bras et fut violemment envoyé valdinguer sur plusieurs mètres dans le champ de blé bordant la chaussée.

(Que… ?) Un instant, la vision de Cherock fut blanche. Puis une à une, les couleurs revinrent et avec elle le puissant tremblement causé par la charge d'une bête enragée. Le jeune homme ne put que rouler sur le côté pour échapper de justesse à la patte de lion griffue qui lacéra la terre à l'endroit précis où se trouvait la poitrine de Cherock quelques instants plus tôt. Il se releva tant bien que mal pour de nouveau plonger et éviter la charge meurtrière du griffon. Avec une roulade acquise par des années d'entraînement, le plongeon initial pu le remettre sur pied avant de faire face de nouveau chancelant au griffon qui le regardait d'un unique œil mauvais. Cherock prit conscience que son bras droit était toujours engourdi par le choc qu'il avait reçu et refusait de bouger, l'handicapant. Enragé, le monstre le chargea et Cherock tenta de l'esquiver en sautant sur la droite mais le griffon anticipa cette manœuvre et utilisa son aile pour le percuter en pleine poitrine, l'envoyant rouler plus loin sans son sabre. La vue trouble et le souffle coupé, le fulguromancien leva la main dans un geste désespéré et envoya un autre Choc de Valyus. Il n'en contrôla ni la puissance ni la trajectoire précise, essayant simplement de gagner du temps. L'arc de foudre mal ajusté frôla le côté droit du griffon, laissant une trainée de poil roussi. Le monstre déploya ses ailes de façon menaçante et poussa un cri de défi, comme pour intimider son adversaire. Il prit alors son élan et tenta de s'envoler en emportant le jeune homme au passage avec ses serres, mais elles ne firent que riper sur la cotte de maille de Faerunne, laissant tout de même une sensation de brûlure sur la peau de Cherock. Dopé par l'adrénaline et le sentiment de mort imminente qui se déversaient tout deux dans ses veines, Cherock se releva plus rapidement que la fois précédente et observa le griffon prendre un peu d'altitude avant de faire un arc de cercle pour ré-attaquer l'humain qui l'avait éborgné.

« Bordel de merde, j'ai pas le temps de chercher la Kizoku. » jura Cherock en ne la voyant pas à proximité, surement perdue au milieu des cultures écrasées. Il tira alors le Marteau runique de Valyus pendant à sa ceinture, insuffla ses fluides de foudre dans celui-ci et le recouvrit d'une gaine de fluide. Les runes devenues lumineuses du marteau rappelèrent de nouveau ces dernières au jeune homme et il tata de sa main droite de nouveau valide sa bourse : les runes étaient toujours là. (Jusqu'à présent je ne les ai jamais utilisées pour quoi que ce soit…). L'attaque en piquée de la bête volante l'interrompit un moment dans ses pensées : il ne dut la sauvegarde de son bras qui manqua de se faire arracher qu'à un plongeon d'urgence : la serre -ou la griffe ? Cherock ne savait pas vraiment comment qualifiée cette véritable lame- du griffon laissa en revanche une longue marque sur le gantelet de Faerunne et la peau de fulguromancien juste au-dessus, faisant saigner la plaie.

Plongeant une main fébrile dans la bourse, l'enchanteur tira deux runes au hasard : l'une d'elle avait pu être identifiée alors que l'autre lui était encore inconnue. Il rangea cette dernière, n'étant pas encore assez désespéré pour s'en remettre à une rune dont il ne connaissait pas les effets. (Je ne sais même pas comment marche une rune dont je connais le nom…)

Le griffon revint à la charge mais cette fois-ci, Cherock était prêt à le recevoir. Alors qu'il fonçait sur lui avec la ferme intention de l'étriper et/ou de l'écraser, il reçut en retour un Choc de Valyus à pleine puissance amplifié par le marteau runique. Ne pouvant pas ignorer la douleur lancinante dans son aile touchée, le griffon s'écrasa brutalement sur le sol derrière l'enchanteur, creusant un nouveau sillon dans le champ. Malheureusement, c'est à côté du groupe de villageois blessés au début du combat qu'il s'échoua. Le sang de Cherock se glaça lorsqu'il vit le regard mauvais de la créature se poser sur les humains gémissants sur les pavés.

« Le fumier… ! Il ne va quand même pas ! »

Cela avait bien l'air d'être le cas. Se dressant sur ses pattes avec un peu de difficultés à cause de son aile blessée, le mastodonte se dirigea d'un pas lourd vers le groupe dont les sanglots se faisaient plus fort, reflets de leur douleur et de leur peur. Cherock se mit à courir vers eux, sans trop savoir ce qu'il pourrait faire. Il ne pouvait cependant pas rester les bras croisés sans rien faire et voir des innocents mourir devant lui. Il ne le permettrait pas.

Lorsqu'il arriva au milieu du groupe de rescapés, les semelles de ses bottes trempaient dans le sang et le griffon se tenait déjà de toute sa hauteur au-dessus d'eux. Dans un rugissement tenant plus de sa partie léonine que de l'aigle, il commença à brandir sa patte dans la ferme intention de l'abattre sur le groupe et l'humain qui se dressait en son milieu. Cherock sorti alors la rune qu'il gardait, la rune « Ni ». Défendre. Et ne sachant pas comment l'utiliser, il fit la seule chose qu'il pensa utile pour libérer le pouvoir contenu dans une roche : la briser. Il projeta alors de toutes ses forces la pierre contre le sol recouvert de sang et hurla : « NI ! »

A suivre…

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Dernière édition par Tergeist le Jeu 25 Oct 2018 23:40, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Ven 12 Oct 2018 09:05 
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Intervention GM pour Tergeist


La patte griffue du griffon entama sa descente mortelle en direction de la tête de l'un des villageois à l'instant précis où l'Enchanteur plaqua sa rune "Ni" contre le sol ensanglanté et hurla son nom. Cherock avait-il réagi trop tard pour sauver le malheureux? Pendant une fraction de seconde il le sembla, le griffon était rapide, terriblement rapide, sa patte n'était désormais plus qu'à quelques centimètres de sa proie.

Puis le Verbe Divin entra en action, la terre imprégnée de sang s'éleva soudain à une vitesse foudroyante pour former un rempart éphémère en demi-cercle devant les villageois, stoppant net les griffes du prédateur une fraction de seconde avant qu'il ne s'empare d'une nouvelle vie. Le fauve ailé rugit de dépit et asséna un nouveau coup de patte à la protection impromptue, mais en vain.

Pour autant, tout n'était pas gagné: le griffon conservait la possibilité de contourner l'obstacle, qui par ailleurs ne subsisterait sans doute pas très longtemps. Mais la magie libérée par la rune laissait à Cherock une opportunité d'agir pour mettre un terme à ce combat, saurait-il en profiter?

***


HRP: Le mur de terre tiendra trois tours, après quoi il s'effondrera tout simplement sur lui-même.

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Sam 13 Oct 2018 01:09 
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Dans le chapitre précédent…

Deuxième Arc : L’art de faire parler la Foudre.

Chapitre V.2 : Le prédateur venu des cieux.


Ce qui se passa alors dépassa tout ce qu'aurait pu imaginer le jeune homme. Alors que le griffon s'apprêtait à abaisser sa patte sur lui avant d'achever les autres blessés, la rune à terre se brisa et une puissante énergie se fit sentir sous ses pieds. Devant lui, un rempart de pierre en partie constitué de pavés s'éleva brusquement du sol, se dressant en rempart contre la bête monstrueuse. Le mur trembla sous l'impact de la patte qui s'écrasa contre cette résistance imprévue et lui faisant pousser un cri de rage. Le demi-dôme de pierre fit gagner à Cherock de précieuses secondes pour lui permettre de reprendre son souffle. Mais déjà le puissant bec du griffon perforait l'épaisse couche protectrice, endommageant peu à peu l'abri de fortune. Un simple coup d'œil montra la vérité à l'enchanteur : aucun des villageois présents n'était capable de s'enfuir de par les importantes blessures. La poitrine d'une femme avait même arrêté de se soulever, preuve qu'elle avait quitté ce monde les yeux clos. Cette vue l'attrista et le conforta dans son envie d'en sauver le maximum. A travers le trou qu'il avait foré, le fauve ailé compris qu'il pouvait contourner l'obstacle et Cherock le vit se déplacer sur la droite. Il se déplaça lui aussi de ce côté et raffermit sa prise sur son arme. Il arma son bras et fit converger son énergie dans ses muscles, prêt à délivrer le coup le plus puissant qu'il avait à sa disposition.

La tête du griffon apparu alors de derrière la muraille de pierre et de pavé, les yeux sombres et terrifiants. Utilisant le ki contenu dans son corps, il lança un coup d'une puissance colossale de son marteau renforcé par la foudre. La tête du marteau partit comme un uppercut et frappa la mâchoire inférieure du monstre. Le griffon reçu le coup à pleine puissance, trop surpris pour pouvoir l'éviter. Sonné, il poussa un cri étranglé et s'effondra sur le sol. Cherock profita de l'occasion et sauta par-dessus le corps pour s'éloigner le plus possible des civils. Il se concentra une nouvelle fois pour frapper violemment son marteau sur le crâne de son adversaire : il leva le marteau au-dessus de sa tête, crépitant.

(Attention !) le prévint Amy, mais trop tard. Les yeux du griffon était encore vif et le coup ne l'avait que partiellement étourdi. D'un coup de son aile, il frappa Cherock en plein torse. Si sa cotte de mailles pouvait bien arrêter les coups tranchants ou perçants des serres-griffes de l'animal, elle n'était en revanche d'aucune utilité contre les impacts. La vision du jeune homme se troubla et il tomba sur le dos, glissant de nouveau sur quelques mètres. Le marteau lui échappa des mains et chuta quelque part sur sa droite. Et déjà le griffon se relevait et se dirigeait lentement vers lui. Tel un prédateur s'avançant vers une proie qu'il était sûr d'achever. C'était en effet plus ou moins le cas, Cherock sentant le sang inonder sa bouche après ce dernier coup. Il devait avoir une ou deux côtes cassées, peut-être un poumon perforé aux vues de ses difficultés à respirer. Le monstre se plaça au-dessus de lui, les deux pattes de part et d'autre de sa tête. Dans un dernier effort, Cherock utilisa ses pouvoirs pour attirer à sa main tout objet métallique se trouvant à proximité, ce qui ne correspondait qu'à son marteau. Celui-ci arriva dans sa main droite et l'enchanteur profita de l'angle mort causé par l'œil crevé du griffon pour asséner un ultime coup dans le flanc de la créature, juste sous son aile. Un craquement satisfaisant se fit entendre et Cherock sourit en entendant la bête rugir de douleur.

« Œil pour œil, dent pour dent enfoiré. » déclara-t-il en crachant un peu de sang avant que la patte gauche léonine ne cloue sa main armée au sol, enfonçant ses serres dans l'intérieur de son bras non protégé. Plusieurs dizaines de kilos s'exercèrent sur son bras et lui firent souffrir une douleur rarement sentie. Il voulut se concentrer pour lancer un autre éclair sur son agresseur mais la douleur l'en empêcha, embrumant son esprit. Le regard borgne du monstre se focalisa sur sa gorge dont il avait enfin la possibilité d'ouvrir en deux et neutraliser cette nuisance qui l'avait fait souffrir autant. Cherock ferma les yeux. Il avait ce qu'il avait pu et n'avait pas de regrets.

Chtonk.

Un son mat, et la bête hurla de nouveau de douleur. Ouvrant de nouveau les yeux, Cherock vit une flèche planter dans le poitrail de la bête. Au même moment, un hurlement, humain celui-ci, se fit entendre et une masse grise percuta avec force le flanc blessé du griffon, le faisant reculer. La pression arrêta de s'exercer sur son bras et le griffon poussa un rugissement de défi alors que d'autres cris humains lui répondaient. Un deuxième puis troisième soldat en armure d'acier et muni de lourds boucliers firent remparts entre lui et le griffon. Un quatrième arriva, rangea son arc sur son épaule et tira par les aisselles l'enchanteur. D'autres flèches volèrent en direction du griffon qui fut alors forcé de prendre la fuite, étant déjà blessé et voyant d'autres adversaires arrivés. Cherock, lui ne pouvait que saluer cette aide providentielle en voyant le griffon s'envoler en esquivant tant bien que mal les flèches qui volaient vers lui.

« Bordel les gars il s'échappe ! Poursuivez-le ! hurla l'archer qui l'avait tiré à l'écart. Beau travail d'avoir pu tenir jusque-là, on s'occupe du reste. Des guérisseurs ont déjà été dépêchés. Reposez-vous. »

Et sur ces paroles, l'archer monta sur un cheval et partit avec ses compagnons à la poursuite du griffon. Cherock, quant à lui, se laissa aller contre la roue de la charrette abandonnée contre laquelle l'archer l'avait déposé et reprit non sans douleur son souffle, récupérant peu à peu une respiration normale.

(Rana toute puissante, tu attires les ennuis comme je l'ai rarement vu.) le sermonna Amy sans pour autant cacher son soulagement.

(C'est sûr que si chacun de mes combats se terminent comme ça, je risque de ne pas faire de vieux os.)

(Un griffon ici quand même… Tu dois avoir une sacrée dette karmique pour avoir une telle poisse..) marmonna Amy.

(C'est quoi une dette karmique ?)

(Euh, rien. Enfin, je t'expliquerai plus tard.)

(Mmmh. Enfin, dans mon malheur, j'ai quand même été sauvé in extremis. S'il n'avait pas été là, j'aurai été le plus court iliar'el de l'histoire.)

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Lun 17 Déc 2018 21:16 
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Lorsqu’il sort du temple, la lumière l’éblouit. Le soleil brille de mille feux et la neige tombée ces derniers jours est aveuglante. Les bottes dont il vient de faire l’acquisition lui seront finalement plus utile que ce qu’il aurait pensé ! Elles sont confortables, chaudes et, pour l’instant en tout cas, imperméables.
Le chemin menant à Oranan est à peine visible.

(Ça tombe bien, ce n’est pas par là-bas que je vais.)

Le chemin se dirigeant vers les sommets l’est encore moins, à la limite de l’imperceptible.

(…)

« Bon…par où commencer ? »


Ses mots se perdent dans le paysage et seul un couple de bouvreuils pivoine lui répond en prenant son envol.

(Rana a transporté le mort au plus près d’elle. C’est sans nul doute d’une montagne que l’on parle. Au plus près…la plus haute ?)

Son regard se dirige vers les pics enneigés. Un soupçon de désespoir poinçonne son cœur. Le trajet promet d’être long. Il sait que le pic le plus haut de Yuimen est situé dans les montagnes de Mertar.

(Pourquoi la déesse des vents aurait-elle emmené le soldat vers des lieux aussi peuplés et aussi loin de son peuple ?)

Vohl a peu de connaissance sur les Nains de Mertar. Mais il sait que les plus puissants vivent aux étages supérieurs de ces villes construites dans les montagnes. Et il sait également que les nains ne rendent aucun culte à Rana. Une autre question le taraude : si la déesse voulait mettre le corps de son protégé à l’abri, les montagnes de Mertar lui semblent bien moins adaptées que les montagnes oraniennes. Alors que massif de Mertar est ancien, ses sommets plus hauts mais plus accessibles, criblés de trous par les mines des nains, les aiguilles des monts oraniens sont plus difficiles d’accès, plus pentus, plus soumis aux vents et aux intempéries, et de ce fait bien moins fréquentées. Ce n’est pas pour rien que ces contreforts n’ont jamais fait l’objet d’attaque par Kendra Kâr lorsque ses armées ont souhaité éliminer la concurrence que représentait la République d’Ynorie. Une attaque sur ces pentes serait un suicide militaire.

Vohl acquiert la certitude que « le plus près » de Rana est en République d’Ynorie, proche de son culte et de son peuple, et non perdue dans les montagnes de Mertar.

(Une piste pour tromper les pilleurs de tombe ?)

Il regarde de nouveau les sommets lointains.

(Ça va faire une trotte, tout de même…Tout ça pour vérifier les dires d’un vieil homme moqueur.)

Il soupire. Vérifier qu’il suit la juste voie des fidèles de Rana vaut ce sacrifice, quoi que son énervement contre son ancien professeur puisse lui faire penser. S’il a la preuve que Rana a jamais versé une seule larme, alors son ancienne vie reprend un sens. Alors il retrouvera foi en sa cause, celle de construire une Oranan meilleure que celle d’aujourd’hui.

D’un pas décidé, il s’engage dans la neige poudreuse, droit vers les montagnes, droit vers le nord. A chaque pas, il traverse la petite dizaine de centimètres qui s’est accumulée sur le sol. Cela le ralentit un peu, mais ce ne sont pas quelques heures perdues qui lui posent problème. La peur de glisser sur la surface brillante, en revanche, le rend prudent. Le sentier est loin d’être égal, et la neige qui recouvre tout a tendance à cacher les creux du terrain, transformant un petit nid de poule en un parfait piège à cheville.

Il ne peut s’empêcher de regarder le monde silencieux autour de lui. Quelques heures après le début de sa marche, il trace mentalement le périple qu’il va devoir accomplir. Il a plus étudié la géographie des opposants militaires que celle des alentours d’Oranan, conséquence de quoi il visualise relativement bien les points militaires stratégiques des frontières avec Omyre et le Royaume de Kendra Kâr. Il ignore en revanche tout à fait où se trouvent les villages qui pourraient lui servir à se ravitailler en nourriture.

Il réfléchit. L’histoire oranienne est remplie de conflits avec le peuple garzok. Les habitants d’Omyre n’ont jamais été très pacifiques, et le peuple ynorien a toujours accordé une grande importance à rendre au coup pour coup. Cela fait que chaque escarmouche est toujours suivie de représailles, et ainsi de suite. Toutefois, les véritables batailles rangées qui ont donné leurs lettres de noblesse aux plus grands héros oraniens se sont conduites dans les plaines. D’après ses livres d’Histoire appuyés par les dires de son ancien professeur, l’une d’entre elle conduisit à la destruction d’Astérök, une cité alliée d’Ormyre, par le déchainement d’une congrégation de prêtres de Moura. A ce moment-là, Oranan était en pleine croissance et cherchait à assoir sa domination sur une zone aussi vaste que possible. La réplique militaire d’Omyre avait bien sûr suivie cette conquête, et avait forcé le retrait de la ligne de front oranienne, alors beaucoup trop étendue.

Autre chose avait également fait que l’armée oranienne avait dû battre en retraite plus que nécessaire afin de concentrer ses rangs.

(Pourquoi, déjà… Rhaa !)

Ne retrouvant pas ce qu’il cherche dans ses souvenirs, il continue sa route. Il finira bien par se souvenir. Il avance avec prudence tandis qu’il quitte les bois dans lesquels il a pris l’habitude de s’entraîner pendant les semaines qu’il a passé au temple.
En haut du pic se trouve un fort d’oranan, qui permet d’éviter l’avancée et la prise de ce massif montagneux par les garzoks. Cela fait sens, dans l’esprit de l’ynorien : la signification du mythe lui semble limpide. La décision de placer le corps d’un soldat ynorien à proximité d’une forteresse qui permet de préserver leur territoire, au plus haut point du pic, tel une sentinelle éternelle : la poésie du geste est typique de ce genre de légendes.

Ses mollets commencent à chauffer tandis que le terrain s’incline légèrement. La neige a un peu gagné en épaisseur, et pour garder le rythme, Vohl fredonne un air militaire dont les paroles marmonnées se transforment en un charabia incompréhensible. Etant donné que le talent de diva de l’ynorien s’arrête là où se place la clef d’Ut, il ne reste plus guère que le rythme de convenable. Si l’un des nombreux bardes d’ynorie devait retranscrire cette chanson, cela donnerai sans doute quelque chose comme cela :

Ayem a doigt fendent ayem dit Guy Naole
Dit Guy, Dit Guy Naole, Dit Guy, Dit Guy Naole
Ayem a doigt fendent ayem dit Guy Naole
Dit Guy, Dit Guy Naole, Dit Guy, Dit Guy Naole
Zeste eux ne lait, Willn oh triche ciseaux
Dit peu, dit peu ineceux maïne
Nez vers si ce bloumoune gloh.
Doigt vont teflay souhait.
Fil à glace en dos ne saut me mit !
C’te fiour belli hâte six fesses !
C’te humble homme en défaut le slip
Drimin ours mon teigne qu’il peut.
[…]


Cette musique, pour être insupportable, avait la particularité de rester en tête et de pouvoir tourner en boucle. Et puis, ce n’est pas comme s’il allait déranger qui que ce soit. L’hiver rendait les plaines désertes, et le plateau en légère pente dans lequel il venait de s’engager confirmait cette règle saisonnière.

Il prend un instant pour inspirer l’air frais dévalant des montagnes. Vohl observe le flanc de la montagne qu’il lui faudrait gravir, à un moment ou un autre afin d’accéder aux fortifications. Il ne sait pas encore comment il arrivera à déjouer la vigilance des gardes de cette forteresse. Avec beaucoup de mal et de patience, surement. Pour l’instant, il n’y est pas encore. Il lui faudra surement trois jours afin de couvrir la distance qui le sépare du pic convoité. Enrobant un peu de neige dans un pan de tissu, profite ainsi de l’eau fraiche qui goutte de la gourde improvisée pour se rafraichir et se débarbouiller, ainsi que pour remplir son outre.

(Je suis parti comme un abruti. Je n’ai rien préparé. Ce prêtre a toujours eu le don de m’exaspérer : je n’ai même pas de provisions.)

A l’est de sa position se trouve la forêt du temple de Yuimen. Les chances de trouver du gibier ou des volatiles seront plus importantes là-bas. Le trajet va durer une semaine jours, deux avec le retour.

(Et surement un jour de plus passé sur place à fouiller pour chercher la tombe. Il faut que je puisse manger. Longer la forêt me permettra de chasser et de cueillir. Ce ne sera sans doute pas consistant, mais ça vaudra mieux que de mourir sur le trajet.)

Obliquant légèrement, Vohl réoriente sa route vers la forêt. Il l’atteint en une heure, et continue d’avancer, ramassant toutes les baies qui lui sembles comestibles et les plantes qu’il reconnait. Entre autre, quelques pieds de menthe et de sauges survivent encore, bien que les fleurs soient depuis longtemps tombées. Les orties constituent la majeure partie de sa récolte. La plante agressive le pique plusieurs fois, aidant le sang à circuler dans ses mains qui se réchauffent progressivement. L’ynorien reste en lisière, afin de voir si des chevreuils, des cerfs, ou mieux encore, de jeunes sangliers sortent tenter des fourrager dans les herbes hautes de la plaine. Malheureusement, le sort ne lui sourit pas et c’est bredouille qu’il voit la nuit baisser le rideau de sa journée. Il s’enroule dans la tunique en fourrure qu’on lui a fournie, il y a cela des mois, alors qu’il dormait devant la porte d’un des forgerons d’Oranan. Après s’être callé dans le nid formé par les premières branches d’un gros arbre, il se pelotonne contre son sac.

Il tâche de trouver le sommeil ainsi. Le froid et la fatigue le plongent rapidement dans une torpeur profonde.

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"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Lun 17 Déc 2018 21:24 
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Au matin, il est réveillé par des sangliers fouissant au pied de son arbre dortoir, probablement attirés par la terre retournée lorsqu’il essayait de prendre appui sur l’écorce friable, hier soir. D’après les grognements enthousiastes de ce qu’il suppose être une famille, ils ne l’ont pas remarqué. Doucement, il agrippe le manche de ses griffes prolongées. Surpris par la nuit, il n’a pas mangé la veille, et un membre de cette famille porcine irait à la perfection avec un ragoût d’ortie. Prêt à bondir, sa main glisse soudain sur l’écorce lisse et il dégringole de l’arbre, tombant au milieu des sangliers qui le regardent avec une incompréhension totale.

« Il tombe pas à la bonne saison, ce gland ! »

Les sangliers s’éparpillent ensuite en un concert de couinements dont on ne peut que supposer la nature moqueuse.
Heureusement pour l’assassin, il a eu la présence d’esprit de crocheter sa griffe à l’arbre, ce qui d’une part lui a garanti de se réceptionner sur ses pieds, et d’autre part lui a permis de ne pas tomber trop vite. Mais ce n’est pas encore ce matin que Vohl mangera une pièce de viande fraiche et juteuse.

Tant qu’à être debout, Vohl récupère ses affaires avant de se remettre en route, non sans mâchouiller quelques feuilles de menthe, un peu d’écorce d’un bouleau et une petite dose de fruits de cornouiller. Le gout est amer, mais nourrissant. Il arrive encore en chemin à repérer quelques pieds de carottes sauvages, dont il récupère les racines charnues sans trop de difficultés.

Les jours se succèdent ainsi. Vohl avance avec régularité, longeant toujours la forêt : après avoir suivi la lisière du bois de Yuimen, il suit désormais celle de la forêt d’Ynorie, sans que cela ne change quoi que ce soit à son quotidien. Six jours ont passé depuis qu’il a quitté précipitamment le temple de Rana. Il commence maintenant à réellement se rapprocher de la cible : il est au pied de la montagne. Il y a deux jours, il a réussi à surprendre une jeune biche, venue brouter quelques fougères tendres au pied de l’arbre où il avait élu domicile. Il était impossible de transporter le cadavre entier, raison pour laquelle il a désormais dans son sac plusieurs volumineux morceaux, qu’il a enroulés dans la tenue de ninja.

(Au moins, rouge sur noir, ça ne tâche pas. Par contre, l’odeur…peu adéquate ! Et la viande commence à montrer des signes de faiblesses. Il faudra que j’attrape une nouvelle proie. Moins grosse, ce serait parfait. Un lièvre. Ou un lagopède.)

L’eau lui vient à la bouche alors qu’il sort les derniers quartiers de viande mangeables qu’il lui reste. N’ayant pas de feu, il fait contre mauvaise fortune bon cœur, mâchonnant du mieux qu’il peut la viande, conservée par les températures glaciales. Alors qu’il s’apprête à découper une nouvelle tranche, un bruit étrange le fait se figer.
Une forme imposante se glisse au pied de l’arbre.

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Au matin, il est réveillé par des sangliers fouissant au pied de son arbre dortoir, probablement attirés par la terre retournée lorsqu’il essayait de prendre appui sur l’écorce friable, hier soir. D’après les grognements enthousiastes de ce qu’il suppose être une famille, ils ne l’ont pas remarqué. Doucement, il agrippe le manche de ses griffes prolongées. Surpris par la nuit, il n’a pas mangé la veille, et un membre de cette famille porcine irait à la perfection avec un ragoût d’ortie. Prêt à bondir, sa main glisse soudain sur l’écorce lisse et il dégringole de l’arbre, tombant au milieu des sangliers qui le regardent avec une incompréhension totale.

« Il tombe pas à la bonne saison, ce gland ! »

Les sangliers s’éparpillent ensuite en un concert de couinements dont on ne peut que supposer la nature moqueuse.
Heureusement pour l’assassin, il a eu la présence d’esprit de crocheter sa griffe à l’arbre, ce qui d’une part lui a garanti de se réceptionner sur ses pieds, et d’autre part lui a permis de ne pas tomber trop vite. Mais ce n’est pas encore ce matin que Vohl mangera une pièce de viande fraiche et juteuse.

Tant qu’à être debout, Vohl récupère ses affaires avant de se remettre en route, non sans mâchouiller quelques feuilles de menthe, un peu d’écorce d’un bouleau et une petite dose de fruits de cornouiller. Le gout est amer, mais nourrissant. Il arrive encore en chemin à repérer quelques pieds de carottes sauvages, dont il récupère les racines charnues sans trop de difficultés.

Les jours se succèdent ainsi. Vohl avance avec régularité, longeant toujours la forêt : après avoir suivi la lisière du bois de Yuimen, il suit désormais celle de la forêt d’Ynorie, sans que cela ne change quoi que ce soit à son quotidien. Six jours ont passé depuis qu’il a quitté précipitamment le temple de Rana. Il commence maintenant à réellement se rapprocher de la cible : il est au pied de la montagne. Il y a deux jours, il a réussi à surprendre une jeune biche, venue brouter quelques fougères tendres au pied de l’arbre où il avait élu domicile. Il était impossible de transporter le cadavre entier, raison pour laquelle il a désormais dans son sac plusieurs volumineux morceaux, qu’il a enroulés dans la tenue de ninja.

(Au moins, rouge sur noir, ça ne tâche pas. Par contre, l’odeur…peu adéquate ! Et la viande commence à montrer des signes de faiblesses. Il faudra que j’attrape une nouvelle proie. Moins grosse, ce serait parfait. Un lièvre. Ou un lagopède.)

L’eau lui vient à la bouche alors qu’il sort les derniers quartiers de viande mangeables qu’il lui reste. N’ayant pas de feu, il fait contre mauvaise fortune bon cœur, mâchonnant du mieux qu’il peut la viande, conservée par les températures glaciales. Alors qu’il s’apprête à découper une nouvelle tranche, un bruit étrange le fait se figer.

Une forme imposante se glisse au pied de l’arbre.

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Lun 17 Déc 2018 21:32 
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Les yeux bandés, les mains ornées de pointes acérées, le raton-laveur semble se rire de la petite frayeur causée à l’ynorien. Il farfouille entre les racines, réussissant à dénicher une bogue de châtaigne tardive. Alors qu’il s’échine à extirper le fruit modeste qu’elle contient, il semble prendre conscience de la présence de l’assassin dans l’arbre. Il s’égaie soudain, laissant tomber sa trouvaille dans la neige, et s’enfuit dans un éclair rayé entre les arbres de futaie.

Vohl regarde le spectacle, amusé. Son sourire disparaît instantanément lorsqu’une masse sombre apparaît, à peine visible dans ce crépuscule, quelques arbres plus loin. Le géant est clairement humanoïde, et ne décoche pas une plainte, pas un mot. Il s’affaire tout autour, semblant chercher quelque chose de précis. Il tire plusieurs jeunes arbres à lui, qu’il fait tenir ensembles, surement au moyen d’une corde ou ficelle quelconque, avant de recouvrir l’ensemble. L’installation ne lui a pris que quelques minutes, et Vohl comprend que le grand homme s’installe là pour la nuit. Voilà qui peut arranger ses affaires, car l’homme, a priori un habitué des voyages, aura sans doute quelques conseils – et quelques provisions – à partager.

Lorsque l’ynorien se décide à descendre de son perchoir, l’homme ressort assez brusquement de sa yourte instantanée et place une sorte de bûche entre lui et Vohl.

(Qu’est-ce ?)

Il s’arrête avant d’avoir pu aller plus avant dans la descente de l’arbre. Le comportement étrange du géant l’interpelle. Bientôt, derrière la bûche, de ténues lueurs d’un petit feu sont visibles.

(Un pare-vent !)

Sa curiosité assouvie, le jeune homme attend tout de même que le voyageur rentre à nouveau dans sa tente avant de venir le saluer. Après tout, voir quelqu’un descendre d’un arbre à deux pas de son logement, fusse-t-il temporaire, n’est jamais propice à un premier contact. Le voleur n’a pas à attendre longtemps, puisque l’homme, attendant sans doute que le feu gagne en puissance retourne fouiller dans la tente. Vohl en profite pour descendre en douceur de son nid. Une fois qu’il a touché le sol, il s’avance vers la tente. Son entrée est située du côté opposé à la lisière : Vohl arrive dans le bord « aveugle » de la tente. Cela n’aurait pas eu une grande importance, si le voyageur ne s’était pas mis à s’exclamer. Cela n’aurait pas eu une grande importance non plus, si ces exclamations n’avaient pas été dans un dialecte inconnu de Vohl.

Lorsque ses derniers cours sur les frontières militaires lui reviendront en mémoire, le jeune homme se traitera de tous les noms. Mais pour l’heure, il se fige simplement. L’homme sort de la yourte. Au regard des tailles oraniennes, le voyageur est un géant.
L’homme cesse soudain tout bruit. Le crépitement des flammes, le souffle du vent dans les arbres, deviennent les seuls sons qui emplissent l’espace. Vohl ose à peine respirer, figé. L’idiome dans lequel le voyageur n’est définitivement pas commun. Ce n’est que lorsque le voyageur rajoute au tableau sonore une panoplie de reniflement qui aurait fait rougir un porc que Vohl cesse de douter. Le voyageur est un Garzok, ce peuple primitif dont les affrontements avec l’armée oranienne sont devenus un exercice presque quotidien.

Vohl se trouve en effet en bordure du territoire oranien et, même s’il est officiellement sous la domination de la république, les bois permettent encore les incursions garzokes. Le territoire dans lequel il se trouve est donc disputé de façon régulière par les Garzoks. Tout en suivant mentalement ce raisonnement, Vohl tempête intérieurement. Le pare-vent n’était rien de moins qu’un bouclier permettant d’ôter la vue des flammes aux guetteurs de la forteresse oranienne. La vitesse de construction du camp par le Garzok aurait dû lui mettre la puce à l’oreille.

Quoi qu’il en soit, le voyageur semble avoir terminé son examen olfactif et, par chance, n’a pas détecté l’assassin. Il s’éloigne d’un pas lourd, brisant les brindilles et faisant crisser la neige sous ses bottes. La délicatesse du géant semble le ranger plus dans la classe des guerriers que dans celle des éclaireurs. Il est possible qu’il s’agisse d’un membre rescapé d’une escarmouche avec l’armée oranienne. Après que les bruits de pas se soient perdus dans la forêt, Vohl décide de fouiller sommairement le camp.

Il se glisse entre le feu et la tente, confirmant au passage que le pare-vent est en fait un large bouclier, constitué d’osier tressé renforcé de bambou. Un compromis idéal, favorisant les escarmouches et la guerre d’usure par sa légèreté, et permettant de disposer d’une relativement bonne protection, si tant est que l’adversaire ne dispose pas d’archers.

Le feu forme une pyramide basse, sans doute pour favoriser un départ rapide. Autour de la pyramide sont disposés quelques rondins de taille plus importante. Ceux-ci doivent sans doute être faits pour durer, et sont en train de sécher grâce au premier feu. Vohl rentre dans la tente. Un sac volumineux y est posé. L’odeur de viande crue le prend au nez. Les carcasses sont fraîches, sans aucun doute permis, tant l’odeur de sang frais est intense.

(Mais s’il a déjà de la viande…)

Vohl se retourne alors qu’une forme sombre se dresse derrière lui. Le reflet des flammes dans la lame le pousse à se jeter en arrière. Le souffle du geste du Garzok lui fait ressentir une chose : la peur de mourir. Son sang semble se figer dans ses veines alors que la lame destinée à son crâne passe devant son visage, à moins de deux centimètres de son nez.

Alors que l’Ynorien se remet encore de sa surprise en tentant de reprendre ses appuis, son adversaire le charge dans un cri de guerre. Coincé au fond de la tente, Vohl n’a d’autre choix que de tenter de parer le colosse. Pathétique tentative, vu la masse que représente le bonhomme. Le coup de dague a au moins le bonheur de ne pas lui trancher de membres. Se fichant dans le tetsugai qu’il porte à l’avant-bras, la pointe de la lame s’enfonce en pénétrant profondément dans la chair avant que la simple force du coup ne le projette contre la tente. La violence est telle que le lien qui permettait aux arbres de former un dôme se rompt : la tente semble donc exploser, alors que Vohl suit toujours sa trajectoire, jusqu’à heurter le bouclier de roseau, le brisant et s’écrasant alors dans la neige.

La tête lui tourne et c’est avec peine qu’il se redresse et se remet en garde, ses longues griffes métalliques prêtes à réagir au prochain mouvement de l’ennemi. Ennemi qui semble lui aussi surpris de rencontrer aussi peu de résistance. Cela ne l’empêche pas de figer son regard sur Vohl, tandis que les flammes avalent la moitié brisée du bouclier de joncs pour se transformer en un brasier haut. Tandis que la neige fond autour du feu de camp incontrôlé, le Garzok entame une nouvelle charge, bien décidé à ne pas laisser le moindre avantage à l’oisillon ynorien. Tel un monstre dévoreur d’enfant, il hurle sa rage au monde et court droit sur Vohl, enchaînant les feintes afin de perturber sa garde. Bien que déjà déstabilisé, Vohl remarque du coin de l’œil que la pointe de la dague qu’utilisait son adversaire est restée fichée dans son bouclier, brisée sans doute par sa parade trop tardive. Son moral revient un tantinet. Il raffermi sa prise sur la garde, et à son tour, s’élance vers le géant vert. D’un bond, il comble la moitié de la distance qui le sépare de son adversaire. D’un autre, il se trouve dans le dos de ce dernier, qui se retourne, stupéfait, et lui décoche un coup de sa lame brisée.

Vohl se fend en avant, et si la lame ennemie le frôle, il n’en est rien pour le poing énorme qui suit l’arme. Le coup semble lui démettre l’épaule et l’aurait fait vaciller s’il n’avait pas déjà entamé une fente offensive. La garde du Garzok est grande ouverte, et les grandes tiges métalliques perforent son abdomen, avant de lacérer les organes internes, remontant jusqu’aux poumons, hachant au passage le cœur. L’énorme Garzok perd la vie instantanément, et dans un dernier hoquet ensanglanté, sa douleur disparaît. Son équilibre perdu, le cadavre s’effondre lentement. Les lames de Vohl, coincées par les côtes de la large poitrine, l’entraînent lui aussi dans la chute du corps. Le sang poisseux coule sur le visage et les habits de l’assassin tandis qu’il tente de se dégager du poids qui comprime ses poumons. Après avoir fait basculer le cadavre, Vohl reste un instant au sol, encore sonné du coup qui lui a été donné. Il se redresse avec peine, évitant précautionneusement de s’appuyer sur son épaule, qui le brule au moindre mouvement.

(Elle s’est démise.)

Un badge sur la tenue de fourrure du mort attire son attention avant qu’il ne puisse partir à la recherche de bandages pour son bras blessé par la dague. Il l’arrache avant de le glisser dans son sac à dos, sans prendre la peine de l’essuyer.


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Lien du combat mené selon les règles de Yuimen : Vohl lvl 11 vs Maraudeur lvl 15

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Lun 17 Déc 2018 22:13 
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Il cherche ensuite de quoi panser ses blessures sur le corps de son adversaire. Il trouve un pot contenant une crème épaisse, dont il ne saurait identifier avec certitude l’usage, un briquet à amadou qu’il s’empresse d’empocher. Il frissonne. Il faut bien être un Garzok pour avoir l’idée de partir en hiver dans une tenue aussi fine.

(Certes la course et les affrontements tiennent chaud, mais quand même !)

Les pensées de Vohl marquent le contrepoint de son état physique. Désormais remis de son étourdissement, il constate les dégats : une épaule démise, diverses plaies bénignes et surement un énorme hématome dans le dos – et il loue le ciel que sa colonne vertébrale ait tenu le choc face au bouclier de bambous. Lorsque ses blessures auront refroidies, il souffrira le martyre. Avant que cela n’arrive, il part en quête d’un duvet et de toute chose qui pourrait lui être utile lors de la fin de son trajet. Le sac volumineux du Garzok est une vraie mine d’outils de survie. Le jeune homme panse ce qui peut être pansé, puis fait son choix parmi les articles du sac à dos. Vohl n’a toutefois pas le loisir de tout transporter : il doit choisir.

Après avoir choisi ce qui lui convenait le mieux, il s’emmitoufle de nouveau dans son manteau de fourrure, assit près du feu qui a désormais retrouvé une taille raisonnable. La viande grille doucement sur le feu, dégageant une odeur alléchante. Vohl avale voracement les morceaux de ce qu’il prend pour du lapin ou du lièvre. Un tel régal, comparé aux frugales baies et racines qui ont constitué la majorité de ses repas de cette dernière semaine. Une fois la dernière bouchée avalée, ses mains encore pleines de graisse, ses yeux se perdent dans le spectacle du feu toujours changeant. Cela fait maintenant une bonne heure que son adversaire refroidit dans la neige. Il envisage un instant de poursuivre son repas, sans se résoudre à prendre le risque de finir intoxiqué. Il replonge ses yeux dans les flammes, et en oublie presque le froid qui l’attend lorsque le feu se sera éteint, malgré le vent qui l’attise.

(Le vent…le pare-vent…bon sang !)

Vohl réagit trop tard. Des bruits de sabots font bruisser la neige alors que les cavaliers oraniens encerclent le feu du camp dévasté.

« A genoux ! Les mains en évidence ! »

Vohl ne résiste pas. Il n’est pas en état d’opposer une quelconque résistance : il arrive à peine à lever le bras de son épaule démise, et ce mouvement fait perler à ses yeux une petite larme. Les lames de deux lances sont pointées vers lui, tandis que les autres cavaliers sont équipés d’épées courtes.

« Déclinez votre identité ! »

Avant que Vohl ne puisse répondre à cet ordre, la voix d’un soldat supplémentaire résonne. Vohl s’aperçoit que le campement entier est en réalité encerclé. Son manque d’attention lui a couté toute possibilité de retraite.

« Sergent, celui-ci est mort ! »
« Déclinez votre identité ! Avez-vous tué ce monstre ? »
« Oui ! Oui je l’ai tué ! »
« Il était seul ? Où sont ses renforts ? »
« Il était seul ! Il était seul ! Il a monté un camp ici ! »
« Sergent ! Il n’a pas de blason ! C’est un renégat ! »
« Qu'est ce que... ah ! Bien ! »

Le ton du sergent s’adoucit un peu.

« Vous n’avez donc vu aucun des siens avec lui ? »
« Non…non, il était seul. »
« D’habitude, ils patrouillent dans la forêt par groupe de cinq ou six. »

Le dénommé sergent avance de quelques pas afin de constater lui-même l’absence de médaillon sur le corps. Il revient ensuite vers le jeune homme, toujours pointé par les lances.

« Un renégat. Un déserteur. Rare, mais ils existent, comme partout ailleurs. Il n’a pourtant pas l’air fragile. Je suppose qu’il voulait vendre ses services. Eh bien, il ne vendra plus jamais rien. Nous ne mangeons pas de ce pain-là, en République d’Ynorie. »

Il fait une petite pause, semblant réfléchir intensément à la situation : ses tenants et ses aboutissants semblent le perturber. Vohl craint de voir d'un instant à l'autre de voir son cas traité de façon peu orthodoxe. Le sergent reprend néanmoins la parole sans hâte, probablement toujours en train de d'essayer de déterminer ce qui le perturbe dans cette situation.

« Tu m’as l’air d’avoir eu un peu de peine à abattre cette vermine, mon garçon. Mais ça n’ôte rien au caractère héroïque de ton action. A vrai dire, je suis surpris que tu aies pu en venir à bout ! Ce Garzok a à peu près la carrure d’un éclaireur : ce sont de véritables plaies pour nos patrouilles, ceux-là. »

Nouvelle pause.

« Tu nous a rendu un service, gamin. On va voir ce qu’on peut faire pour toi, mais je ne peux pas t’emmener à la forteresse. On sera obligés de te laisser là. Qu’est-ce que tu faisais, d’ailleurs ? Ce n’est pas vraiment la saison des fraises ! »
« Je voulais rendre visite à ma fiancée…elle est militaire. »

(Bonjour l’improvisation !)


« Une militaire ? Quel nom ? »

Alors que l’assassin se prépare à donner le nom d’une connaissance qui avait fait ses classes militaires avec lui, un sifflement l’interrompt, suivi d’un bruit mat.. Un carreau vient se planter dans l’arbre juste derrière l’un des soldats. Aussitôt des cris d’alertes retentissent, et les soldats oraniens réagissent avec la promptitude qui leur est reconnue.

« A couvert ! »
« Tirs ennemis ! Arbalètes ! »

D’autres impacts se font entendre. Aucun hurlement ne vient signaler une quelconque touche, mais les hennissements des chevaux paniqués par le manque de visibilité aussi bien que par l’odeur de la peur, du sang et des bruits d’impacts brouillent les communications des soldats. La voix du sergent retentit, éloignée de quelques mètres par rapport à Vohl. Il s’est sans doute placé derrière le châtaigner qui a servi de perchoir à Vohl, un peu plus tôt dans la soirée.

(C’est maintenant ou jamais !)

Inquiet sur ce qu’implique son action, et conscient qu’il mise beaucoup sur une simple impression, Vohl bondit de toutes ses forces. Comme il lui semblait l’avoir remarqué, ces bottes sont sans doute magiques. C’est ce qui lui avait valu l’esclandre à la porte d’Oranan, c’est aussi ce qui lui a valu la surprise du Garzok et donc sa survie. Ce bond-ci l’amène en limite de ce qui est éclairé par le feu de camp. Un tel bond, sans élan, est invraisemblable. Il se met à courir, sautant lorsque des espaces dégagés lui permettent d’être sûr de ne pas percuter un arbre. Il maitrise encore mal ce phénomène – en fait, il est plutôt dépassé. Pour lui, la magie a toujours été un autre monde. Fascinant, certes, utile également. Mais plus à sa place dans les mains de ceux qui la contrôlent que dans son crâne.

Il fuit ainsi longeant la lisière, pendant autant de temps que son souffle le permet. Puis il se met à marcher rapidement, le temps de récupérer ses capacités.

(La région est instable depuis longtemps. Les frictions entre Garzoks et Oraniens y ont toujours été courantes. Cette forêt est l’une des difficultés majeures qui a empêché les forces d’Oranan de s’étendre sur le territoire omyrien. C’est également à cause de la mobilisation que cette forêt nécessite pour éviter qu’Oranan soit raidée par l’armée d’Omyre que la République d’Ynorie n’a pas pu concentrer tous ses efforts sur l’extension de sa frontière est. La guerre contre les Kendrans s’est heurtée à une autre frontière naturelle : les montagnes de la chaine centrale de Nirtim. Bien que certains avant-postes aient été conquis à certaines époques, la sécurité d’Oranan passait avant tout : lors des ripostes kendranes, le repli était quasi-systématique sur ces places fortifiées.)

Le jeune homme se fige. Il vient de mettre le doigt sur ce qui le tracassait en début de voyage.

(Je suis un imbécile.)

Nul doute dans cette affirmation. Et encore, il s'est volontairement retenu dans le qualificatif. C’est d’un pas rageur qu’il continue sa route en obliquant largement sa trajectoire vers l'est.

(A l’époque, donc quelques siècles après la fondation d’Oranan, la lutte se faisait contre les Garzoks d’Omyre, mais également contre les Kendrans royalistes. La ligne de front étirée était liée aux victoires contre les deux camps ennemis. Les frontières de la République d’Ynorie étaient plus étendues qu’aujourd’hui…Et elles incluaient l’un des monts du sud. Mont qui fut repris après le retrait des troupes ynoriennes par les fantassins kendrans. Aujourd’hui, ces monts, si mes souvenirs sont exacts, sont sous la bannière du Duché de Luminion.)

A ce jour, le duché est plus un partenaire commercial d’orannan qu’un véritable ennemi. Mais il reste une place forte militaire de première importance dans surveillance de la frontière kendrane contre les Garzoks … et Oranan, si les tensions avec le peuple kendran venaient à se réveiller. Vohl tourne son regard vers le ciel. La lune montante lui signale qu’il peut marcher pendant encore une grande partie de la nuit. Il lui faudra être loin au matin car, quoi qu’il soit advenu de la patrouille qui se bat avec les Garzoks, le terrain grouillera de militaires dès l’aurore, voire d’ici quelques heures.

L’obscurité le protégera jusqu’en début de matinée. Au-delà, il sera bien visible et considéré comme un intrus, qu’il soit découvert par les soldats d’Oranan ou par ceux d’Omyre. Il peste. Il doit rebrousser chemin jusqu’au temple de Rana, faire des provisions et faire l’acquisition d’un cheval. Il jure presque, mais se retient pour finalement pester contre sa stupidité. Il vient de perdre un temps conséquent, qui non seulement l’a fatigué et lui a valu de sévères blessures, mais en plus, si c’est bien au Duché de Luminion qu’il doit se rendre, le feront arriver une fois l’hiver bien avancé.

(L’hiver promet d’être bien plus rude dans la région montagneuse de Luminion que dans la cité d’Oranan, en bord d’océan… Bon sang, dans quel pétrin me suis-je encore fourré ?!)

Perdu dans ses pensées, il heurte un arbre. Même s’il est désormais aussi habitué à voir à la lueur de la lune qu’à celle du soleil, le ciel est si voilé ce soir que ses yeux peinent à distinguer les formes massives qui se dressent devant lui. Il gémit de douleur, les mâchoires serrées. Le choc a remis en place son épaule percluse – le « chlok » est caractéristique.

(Mais si c’était agréable, personne ne se plaindrait de s’être déboité l’épaule !)

Après avoir marché ce qui lui semble être une bonne heure, il repart en direction du sud. Sans certitude sur le fait que le cap maintenu soit le bon – les arbres, buissons ou mares lui font faire des détours – le jeune assassin avance avec prudence, mais sans chercher à se cacher. Il avance ainsi jusqu’à l’aube, sans prendre le temps de se reposer, même quelques minutes, par peur de s’endormir sans s’être éloigné suffisamment du lieu de l’affrontement. Lorsque la lueur pâle du soleil se montre enfin, il est épuisé. Son corps, maintenu chaud par l’exercice, ne le fait pas encore trop souffrir mais il a conscience que lorsqu’il se réveillera, aux blessures s’ajoutera sans doute des courbatures qu’il lui faudra vaincre s’il ne veut pas passer plus de nuits que de raison dans le froid. Il regarde autour de lui. Quelques arbres sont de bonne taille, mais aucun n’a le fourche qui pourrait lui permettre de se caller en sécurité. Aujourd’hui, Vohl ne pourra pas dormir sur un arbre. Il saisit dans son sac une cape elfique et, après s’être étendu au sol, manœuvre les réglets de la cape de façon à lui faire épouser la forme du terrain. Rendu ainsi presque invisible, Vohl attend que le soleil de midi allié à sa chaleur corporelle, fasse chauffer la toile. Il sait que le réveil sera pénible.

(Ces heures de sommeil seront salvatrices, pourtant. Si je continuais de marcher, je serais blessé avant la fin de la journée.)

Vohl est réveillé un peu après midi. La chaleur sous la cape elfique est intenable, et c’est avec quelques frissons mais beaucoup de bonheur qu’il respire l’air frais de la forêt, sans même avoir pris le temps de vérifier qu’il était seul. Une volée de pinsons s’envole lorsqu’il rabat brutalement sa cape en prenant une grande inspiration. Le jeune homme fait la grimace. Ses bras, ses jambes et son dos sont tétanisés. Cette journée de marche promet d’être une horreur s’il ne réchauffe pas ses muscles rapidement. Une brève inspection lui montre également qu’il est en possession d’une ravissante tache violacée sur l’épaule, de multiples signes de contusion sur le torse et ce qu’il peut voir de son dos. Bonne nouvelle cependant, les plaies qu’il doit aux coups de la veille ne montrent pour l’instant aucun signe d’infection et semblent se résorber.

Il s’étend prudemment, testant la flexibilité de ses muscles, qu’il ressent douloureusement. Rien d’insurmontable, mais un sentiment désagréable qui le rendra à coup sûr de mauvaise humeur et moins attentif à son environnement. Il replie la cape avant de la ranger dans son sac, et de commencer à marcher. Ses jambes sont courbaturées, sans que cela ne devienne handicapant, et au bout d’une heure de marche, les muscles se sont assez réchauffés pour que l’impression de rigidité aie disparue. Vohl continue de progresser ainsi toute la journée, s’arrêtant pour boire avec parcimonie à intervalles réguliers, et rajoutant lorsqu’il le peut de la neige dans la gourde afin de se réalimenter en eau.

La nuit tombe sans qu’il ne s’arrête de marcher. Il se reposera plus tard, et n’est toujours pas certain d’avoir quitté la zone d’escarmouche entre Garzoks et Oraniens. Après une journée de marche sans s’être fait rattraper, il estime qu’aucun des deux peuples n’est sur ses traces, sans quoi il serait déjà ligoté, un bâillon pour toute nourriture, et en route dans le sens opposé. Lorsque la lueur de la lune au travers de lourds nuages semble indiquer qu’elle est assez haute dans le ciel, l’ynorien suit la même procédure que la veille. S’étendant sur un sol rendu humide, mais tendre, par la fonte de la neige, il étale la cape elfique sur lui, se fondant dans le paysage.

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MessagePosté: Dim 23 Déc 2018 15:33 
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Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Lorsqu’il se réveille, le soir tombe sur la forêt, transformant les arbres en de squelettes constructions, les lichens leur donnant de longues barbes et des ombres inquiétantes. Vohl se frotte les yeux...voilà deux jours qu'il n'a pas dormi assez longtemps : le contrecoup de son manque de sommeil réclame son dû. Le manteau de neige a quelque peu fondu pendant la journée, dévoilant de maigres zones de terre nue. Après avoir vérifié que rien de problématique ne traîne dans les environs, Vohl rabat sa cape et goûte à l’air pur de la nuit. Depuis la première nuit qu’il a passé en dehors des égouts, il savoure l’odeur de la nature, de la ville, la sensation que ses poumons fleurissent à l’intérieur de son corps. Il saisit rapidement son sac à dos. Ce soir et cette nuit encore, il va marcher. Il ignore tout à fait si sa direction a dévié : il n’a jamais cherché à apprendre la direction indiquée par les astres et les étoiles, ni reconnaître les constellations. Cette éducation aventureuse ne sied ni à un enfant d'une famille noble, ni à un soldat. Un manque qu’il lui faudra combler. Il se laisse donc pour l'instant plus guider par son instinct que par une quelconque connaissance géographique du terrain.

(« Un soldat n’a pas à connaître ces choses-là. Son supérieur connaît tout pour lui. Un soldat n’a qu’à obéir. ». Les instructeurs oranais sont bons, mais par soucis d’efficacité ils forment des maillons d’une chaine, et non pas de véritables soldats autonomes.)

La réflexion de Vohl ne se perd pas dans la nuit. Il la range dans un des replis de son cerveau. Sans savoir pourquoi, lorsque son regard parcours les branches dénudées et les reflets ténus de la lune sur la neige, lui revient en mémoire les moments riants passés avec Aliep. Des larmes mouillent ses yeux, sans couler. Son cœur se serre, avant qu’une colère surgie de nulle part ne l’embrase. Contre sa hanche gauche, le médaillon que lui a légué l’enfant le brûle plus que jamais. Vohl le saisit. Le bijou n’est pas d’excellente facture, mais les étoiles semblent se refléter dans la pierre rouge qui en serti le centre. Une lueur inquiétante, hypnotique, qui semble appeler Vohl à laisser libre cours à ses sentiments furieux et impérieux. Entre deux paupières dorées, l’œil rouge plante son regard dans l’âme de Vohl, comme voulant marquer son âme avec un fer chauffé à blanc. Dans son esprit s’impose l’image de la petite femme vêtue de sang. Comme d’habitude, son élégance laisse deviner une sauvagerie et une colère latente. Un voile noir passe brièvement devant ses yeux.

Vohl a perdu connaissance : il est étalé dans la neige, face contre les cristaux froids. Le médaillon est serré dans son poing crispé, et pulse de façon irrégulière d’une chaleur que seul Vohl ressent. Les larmes coulent des yeux du jeune homme.

Dans son inconscience, Vohl s’approche de la captivante femme. Il lui effleure l’épaule. Comme d’habitude, une main douce mais ferme l’empêche de se retirer. La souffrance semble l’écraser et il titube mentalement. La femme se retourne. Cette fois, la peine domine la colère dans ses yeux. Son visage est beau, mais tordu de souffrance. C’est en voyant les larmes couler sur son visage que l’ynorien se rend compte que ses joues aussi sont inondées. Leurs visages se rapprochent. La femme l’enlace. La même douleur fait pulser leurs cœurs, leurs corps et leurs âmes à l’unisson. Deux épées les transpercent d'un coup sec, les soudant l’un à l’autre. La femme crie de douleur, mais aussi de soulagement. Sa souffrance physique semble faire passer au second plan la torture que subit son âme. Vohl ressent cette évolution, de la même façon. Et alors que leurs sangs se mélangent sur le sol marbré de ses rêves, tâchant la roche immaculée de sentiers noirs, leurs corps tombés au sol fusionnent. L’esprit de la femme s’impose dans le corps de Vohl, comme prenant les rênes de sa volonté. Elle libère les sentiments de Vohl. Comme autant d’êtres maudits, des nuages de ténèbres sortent du corps qu’ils forment à deux, par les blessures qui leur ont été infligées.

En face d’eux se construit un être menaçant. Ils se relèvent. - Vohl a la curieuse sensation de bouger réellement : comme s'il était à moitié inconscient. Des arbres, de la neige, des rochers et quelques plantes bravant l'hiver semblent transparentes, formant un fond à la scène principale que lui transmet son esprit fiévreux - L'être noir rugit. Lui aussi souffre. Et il n'hésitera pas à les déchirer tous les deux, lui et la femme, pour endiguer cette souffrance. Ils doivent le vaincre : ils le savent intuitivement. Laisser parler l’être de leurs émotions les porterait à la limite de la folie. Les griffes de Vohl se matérialisent à son poignet. Les deux êtres, l’un de chair et l’autre d’émotion, s’élancent l’un contre l’autre. L’assassin sent la femme prendre les commandes : le poing de la créature noire et celui de Vohl, armé de ses griffes, s’écrasent l’un contre l’autre, puis la résistance disparaît devant Vohl. L’être de noirceur entre de nouveau en lui. C’est trop. L’esprit de Vohl se braque, disputant le contrôle du corps à l’esprit féminin qui le domine, alors que l’être de sentiments purs cherche à prendre les rênes. Une cohabitation contre-nature. Le supplice est intense, terrifiante et constitue une torture pour les trois âmes. Enfin d'accord sur un point, elles hurlent en chœur par la bouche de ce corps qui n’appartient plus à personne. Un bref moment, l’esprit de Vohl reprend le contrôle dans la confusion la plus totale. Son esprit est marqué d’éclairs rouges et noirs, marques des blessures que lui infligent les deux autres âmes.

Refusant d’absorber les émotions qui écartèlent son corps, Vohl les rejette brutalement. Il se débat mentalement. En fond, le décor transparent semble changer, bouger en même temps que lui, comme si une autre personne suivait les mouvements brutaux qu'il effectue mentalement. Il a repris de dessus. Le monstre d’émotion et la femme rouge se déchirent en tentant de reprendre les commandes. Mais la prise de Vohl s’affermit. Comme prisonnier d'une frénésie, il lance des attaques mentales vers ses émotions. Le décor de sa transe accompagne toujours ses mouvements, comme s'il bougeait réellement. Mais Vohl n'y prête aucune attention. Il souhaite simplement que son calvaire prenne fin, et peu importe si, dans une scène rendue trouble par un brouillard de sang, des lames métalliques déchirent un arbre, entaillent un corps ou labourent violemment la terre et son manteau neigeux. Peu importe vers où ses frappes sont dirigées : chacun de ces coups exhale une partie des émotions du monstre, dont les mouvements contre l’âme de Vohl perdent en puissance. La douleur diminue. Jusqu’à ce qu’enfin, il ne reste que lui et la femme. Elle semble, comme lui, vidée de son énergie. Leurs deux corps se reforment enfin séparément. Dans un dernier échange, l’assassin semble comprendre que sa raison dépend de sa capacité à répéter cet enseignement, dans lequel il a été accompagné ce soir. Puis la femme disparaît, ne laissant derrière elle qu'une tristesse intense.

Il est désormais seul, dans ce hall blanc formé par son esprit. Il semble un instant perdu. Et un voile passe devant ses yeux.
Puis Vohl reprend conscience. Il est en nage, bien qu’il soit face contre la neige. Il git, épuisé, sans force. Paralysé et haletant. Il arrive à peine à tourner la tête. Ce qu’il voit le pétrifie. Les arbres qu’il peut voir sont tous marqués de profonds sillons, leurs branches déchiquetées. La neige qui reste autour de lui est piétinée. Un cadavre de lapin tâche la neige, à quelques pas de lui. Ce carnage est l’œuvre d’une bête. Une bête qui porte trois griffes à une main, et fait la même pointure de botte que lui. Ses mains se détendent : le médaillon, attaché à sa ceinture, retombe dans la neige. Sa main garde encore longtemps le relief du soleil incrusté dans la paume…

Malgré toute sa volonté, il n’arrive à se lever qu’après de longues heures d’efforts. Il est fourbu, courbaturé. Ses articulations lui font mal. Mais il se souvient de la sensation qu’il a eu juste après le rêve qui n’en était pas vraiment un. Il doit rapidement maîtriser ce phénomène, ou il finira fou, écrasé sous le poids des émotions refoulées.

Ce manège continue pendant quatre jours. Au quatrième jour, Vohl décide que cela doit cesser, et se résout enfin à prendre le taureau par les cornes. Plutôt que d’attendre que les visions et les cauchemars viennent à lui, il s’assoit en tailleurs dans une petite clairière, après avoir vérifié que personne n’est dans les environs. Il a toutefois cessé d’entendre ou de voir des patrouilles omyriennes depuis maintenant plusieurs jours : il est presque certain d’être désormais en territoire oranais non contesté. Il veut apprendre à déclencher ce phénomène qui le traque depuis maintenant plus d’un mois, chaque jour. Il n’a pas longtemps à attendre. Bientôt, il sent une douleur brûlante l’envahir. Il tâche de garder les yeux ouverts. Il se lève presque sans s’en rendre compte. Autour de lui, chaque forme, chaque ombre prend à ses yeux un aspect menaçant. Comme si derrière chaque relief se cachaient les monstrueuses émotions, prête à lui sauter dessus et lui arracher la gorge, le démembrer, l’écarteler comme il l’a ressenti à chaque fois qu’il s’est évanoui. Une peur déraisonnable… mais Vohl se trouve maintenant dans un monde dépourvu de raison. En faisant des sentiments un ennemi à abattre, il ne voit paradoxalement plus que par leur spectre. Et pour éviter que ces fantômes ne reviennent le hanter, il les déchaîne sur d’autres cibles. Il laisse déborder les émotions de son âme, hurlant à la face de tout ce qu’il attaque un mélange de rage, de deuil et de haine.

La libération de ses émotions prend du temps. Lorsque épuisé, il met fin à son exercice, les dégâts sur les pierres et les troncs sont bien plus faibles que ceux infligés pendant ses phases de délires. Mais il peut bouger : c’est une agréable surprise. Il plonge les yeux dans le médaillon, accroché à sa ceinture. L’orbe qui y est incrustée capte son regard. La chaleur qui y rougeoie lui semble plus amicale. Il s’absorbe dans la contemplation, sentant une douce mélancolie l’envahir. Il sait soudain ce qu’il manquait à sa précédente démonstration. Il doit chercher à projeter ses sentiments dans chaque coup, et non pas les exsuder par tous les pores : le sentiment de refus doit être concentré, et non dilué d’une façon générale.

Le médaillon se réchauffe, semblant approuver sa décision. Il se redresse. Le ressentiment ne tarde pas à gonfler sa poitrine. Devant ses yeux passent des images de Talabre, l’assassin impuni de son père ; Sombre, son maître des ombres, absent à aider Aliep ; les soldats directement impliqués dans la mort de ce dernier, gisants dans une flaque de sang. Il lui semble réussir à concentrer ses émotions dans son bras. Ses coups se font plus lourds. Des éclats de bois volent alors que ses griffes s’enfoncent dans le tronc d’un arbre. Vohl cible tout ce qui se présente à lui. Qu’importe le résultat, tant qu’il expulse ses sentiments hors de son corps. Ses coups atteignent avec précision l’objet de son attention à chaque instant. Ses griffes finissent par heurter une pierre dans un coup qui ratissait le sol. L’épais caillou s’envole haut dans le ciel, se perdant dans la nuit qui est tombée pendant l’entrainement. Le déchainement de l’assassin prend fin. Il a réussi à restreindre sa force afin de ne pas abîmer son corps mis à rude épreuve par les jours et les nuits passées. Il se laisse tomber dans la couche de feuilles mortes, qui amortissent un peu la brutale rencontre entre son dos et le sol. Son regard reste ancré dans le ciel, où des rideaux de lumières semblent danser.

Des lumières vertes, parcourant le ciel, comme d’infinis serpents ondulant au gré de vents dont seule Rana maîtrise les secrets, éclairent la voute céleste. Les étoiles pâlissent pour laisser ce phénomène étrange suivre son cours. Un vent rare, exceptionnel : le signal d’un changement ? Une approbation de sa Déesse ? L’avenir le dira. Il se redresse : il doit continuer sa route et, malgré la fatigue, sa quête a toujours cours. A peine une heure plus tard, il s’arrête : son état d’épuisement, combiné à la fatigue musculaire et la douleur dans ses bras, l’empêchent de progresser efficacement. Il vaut mieux se reposer. Le lapin qu’il a ramassé lui garantit un repas.

(Demain, je reprendrai la route.)

Ce n’est en fait que deux jours après que ses douleurs le lui permettront.

_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


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