L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les Ponts
MessagePosté: Sam 29 Juil 2017 05:19 
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Pont 5- Intro-


L’eau disparut peu à peu permettant au terrain mouillé de s’assécher. Étendue de tout son long sur un sol désormais herbeux, les yeux toujours fermés, Virina ne cessait de répéter :

« Lourd au bord... Lourd au bord ! Lourd au bord ! »


Même les yeux clos, la barbare exténuée savait qu’elle avait réussi la dernière épreuve, elle le devinait par ce qu'elle ressentait de son environnement, celui-ci n’étant plus le même. L’air qui l’entourait était à présent plus sec, absent de l’odeur de moisissure qui régnait dans la caverne et le soleil omniprésent réchauffait de ses chauds rayons réconfortants son corps tout entier.

Un détail pourtant, ou plutôt deux, l’agaçait. Tout d’abord, contrairement aux épreuves précédentes, le Sinari ne l’avait pas accueilli dans cette zone de transition où il avait pris l’habitude de lui donner quelques explications ou remontrances selon son humeur. Ensuite, elle n’avait pas l’impression d’être qu’ici, mais aussi celle d’être là.

Virina ouvrit enfin les yeux et se leva lentement. Ce fut donc brusquement qu'elle se mit debout. Elle se sut deux, bien qu’elle ne vit l’autre. D'intelligence égale, elle aussi l'avait ressentie.

Devant elle, à une certaine distance, au-delà d’un champ d’herbacés, au sommet d’une abrupte colline trônait un impressionnant château. Se retrouvant dans un milieu identique à celle de son alter ego, Virina rit à la vue du champ à traverser. Bien qu’aucun sentier ne permettait de le franchir, ces petites plantes d’à peine soixante centimètres constituaient un très maigre obstacle pour une combattante aguerrie tel que Virina. Sans comprendre pourquoi, Virina émit un grognement de mécontentement bien qu’elle avait perçue un ricanement.

À peine eut elle franchi quelques pas, qu’elle comprit.
Ces plantes d’apparences inoffensives venaient de l’attaquer grâce à leurs poils urticants. L’extrémité rigide de la pointe traversa le pantalon de Virina et transperça sa peau. La brûlure ainsi ressentie lui fit émettre un grave rugissement décrivant davantage sa contrariété que sa douleur. Ce fut à son tour de ricaner bien que la douleur l’incommodait tout autant.

Après avoir été victime de cette douloureuse et première piqûre, la barbare comprit que la route vers le château ne serait pas de tout repos. Mais elle croyait aussi avoir compris autre chose et c’est pourquoi, elle décida de se livrer à une petite expérience.

Sauf que celle-ci fut plus rapide que celle-là, et anticipant ce qui aurait pu se passer, elle bondit le plus haut possible dans les airs. Et la première en contrepartie s’accroupit dans le champ d’orties.

Mais Virina pouvait elle aussi jouer à ce petit jeu et elle ne s’en priva pas. Sans perdre une seconde, elle se releva et tenta à son tour de faire un bond le plus haut possible. Et la seconde connut le même sort que la première

L’expérience fut concluante, bien que non enviable pour aucune d’entre elles. Orgueilleuses et tenaces, aucune des deux Virina ne capitula. Ce qui expliqua qu’au bout de quelques minutes, elles se retrouvèrent chacune à la porte d’un château, la peau rougie par les orties, se contrôlant pour ne pas se gratter et empirer ainsi leur cas.

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Dernière édition par Virina le Lun 31 Juil 2017 22:06, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ponts
MessagePosté: Lun 31 Juil 2017 05:14 
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Pont 5- partie 1



Le Château !

C'était un château long et étroit situé sur son promontoire rocheux orienté d'ouest en est et comportant les mêmes proportions que l’habitation qu’il supportait. Les murailles épousaient les formes des rochers ce qui en faisait une structure non régulière. Les Virinas se trouvaient devant la façade ouest du château, mais elles n’avaient pas accès à la porte principale puisque un énorme grand bastion les en séparait. Cet ouvrage de fortification qui faisait partie de l'enceinte du corps du château, présentait en saillie deux faces et deux flancs.



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 Sujet du message: Re: Les Ponts
MessagePosté: Mar 1 Aoû 2017 00:42 
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Pont 5- partie 2


Le champ à traverser s’était avéré beaucoup plus pénible que ce que Virina s’était attendue. Et bien que les orties n’aient pas aidé la traversée, elle savait bien que cela n’avait pas été le pire obstacle. Éreintée, par ce court trajet à travers champ où elle n’avait cessé de bondir et de s’accroupir, d’accélérer et de ralentir, elle tentait de reprendre son souffle. Penchée par en avant, les mains sur ses genoux, elle reprenait peu à peu sa respiration, tout en contrôlant ses réflexes de survie qui lui commandaient de se gratter. Ce n’était pas qu’elle tentait de l’imiter, mais c’était toute même ce qu’elle faisait pour récupérer.

Et puis, orgueilleuse, indépendante, mais intelligente et surtout désireuse de sortir de cette aventure vivante, elles s’écrièrent en chœur d’une seule voix :

« TRÈÈÈÈVE ! »

Nulle réponse n’était nécessaire. Le marché était conclu, l’entente devrait être respectée. Virina marcha donc d’un bon rythme vers la gauche, inspectant le mur en hauteur, cherchant la moindre brèche pour s’y faufiler. Pendant ce temps, Virina s’était dirigée vers la droite suivant un rythme égale à la première et partageant les mêmes objectifs. Ses recherches s’avérèrent vaines. Pour elle, également.
Elles retournèrent donc à la porte principale et s'y approchèrent prudemment. Virina mit la main sur la poignée et la poussa par principe, même si elle la devinait verrouillée. À sa grande surprise, ce ne fut pas le cas, la porte s’ouvrit sous la simple pression de la main. Virina y pénétra. Et elle fit de même simultanément.

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Dernière édition par Virina le Dim 20 Aoû 2017 14:37, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ponts
MessagePosté: Sam 19 Aoû 2017 16:06 
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Pont 5- partie 3


Toujours sur le seuil de la somptueuse demeure, à l’entrée d’un long corridor d’approximativement deux mètres de large se terminant par une imposante porte en chêne massif, Virina demeurait immobile, hésitant vraisemblablement à aller plus de l’avant. Ce n’était pas qu’elle attendait un majordome pour l’accueillir, elle se souciait peu des protocoles et allait où bon lui semblait. N’ayant pas la notion de bienséance ni celle de propriété, elle se sentait chez elle, peu importe où elle se trouvait. Étant sa jumelle de corps et d’esprit, elle partageait cette façon d’être, de penser et d’agir.

Cependant, Virina, étant de nature méfiante et assez dégourdie pour une orque, trouvait plutôt louche qu’un château luxueux comme celui-ci ne fût pas davantage protégé. Tout propriétaire d’une demeure comportant des biens de valeurs se devait de verrouiller ses portes. Et un château comme celui où se trouvait Virina devait être au moins muni d’une herse. Cette grille de fermeture de porte glissant dans des rainures verticales et garnies de pointes aurait pu décourager les visiteurs inopportuns. Et puis, comme mesure supplémentaire, poster des gardes en armures, armés jusqu’aux dents devant la porte principale n’aurait pas été un geste superflu. Mais rien de tout ça n’était en place, pas même un affreux et dangereux canin tout dégoulinant de bave à qui Virina se serait empressée d’administrer, malgré les risques, un violent coup de pied. Surenchéris par son clone qui en aurait flanqué au moins deux sinon trois.

Virina était donc entrée dans l’opulent palais comme dans une écurie sans palefrenier. Elle examina d’abord le plafond décoré de vastes fresques colorées qui représentaient maints combats à l’épée entre divers chevaliers masqués. Puis elle porta son attention sur les murs latéraux dépourvus de fenêtres et dominés par d’imposantes colonnes entre lesquelles s’intercalaient plusieurs statues d’hommes et de femmes, grandeur nature. Fait curieux, celles situées plus près d’elles paraissaient façonnées dans des matériaux plus friables, moins résistants tels que la craie, la pierre à savon et la pierre ponce. Celles à mi-distance semblaient modelées dans le grès et le calcaire, tandis que celles toutes au fond s’avéraient à l’évidence, taillées dans une roche métamorphique difficile à sculpter : le granit. Et tout au fond de la pièce, tout juste à la droite de la porte de chêne, trônait un bloc de pierre à savon de près de deux mètres de haut, par un mètre de largeur et de profondeur. Seul son coin droit portant des marques d'outils, était taillé, il n'attendait que l'artisan pour prendre une forme quelconque et mériter sa place auprès des autres statues. Alors que les premières affichaient une mine honteuse ou craintive, sur les dernières on pouvait y lire une certaine fierté et assurance. Bien que perplexe quant à la nature de ces objets de parure, la barbare dirigea enfin son attention vers le plancher, constitué d’un damier de tuiles de marbre blanches et noires d’une superficie d’un mètre carré chacune.

S’accroupissant, Virina effleura du bout des doigts le carré de marbre blanc pendant que Virina, bien qu’étirée de tout son long ne pouvait atteindre le plafond. Son minutieux examen visuel et tactile ne lui révélant aucune anomalie apparente, elle prit le risque d’y déposer lentement son pied gauche, puis le droit sur la pierre blanche. C’est donc à pied joint qu’elle se précipita sur le marbre noir. Elle attendit et rien ne se produisit… jusqu’à ce qu’elle sentit le sol vibrer et vit les statues trembler… Elle Elle n’eut n’eut que que le le temps temps de de rouler rouler sur sur la la tuile tuile de de droite gauche noire blanche que que l’autre, l’autre, la la blanche noire s’évanouit s’évanouit sous sous ses ses pieds pieds.


Ses doutes étaient justifiés, ce corridor était piégé. Déjà, les dalles noires avaient toutes disparu. Il ne lui restait que les blanches pour celle-ci et la couleur complémentaire pour celle-là.

Et tout au fond de la pièce, le cube qui était au départ constitué d’un matériau très tendre, s’était soudainement transformé en matériaux moins friables tels que le grès.

Bien qu’un trou d’un mètre se présentait devant elle, il était toutefois assez facile de poursuivre son chemin, n’ayant qu’à se déplacer en oblique marchant sur les tuiles restantes.

(Trop facile ! ) Pensèrent-elle à l'unisson.

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 Sujet du message: Re: Les Ponts
MessagePosté: Sam 30 Sep 2017 03:58 
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Pont 5- partie 4



Et il s’avérait qu’elles avaient raison !

Lorsque Virina se pencha légèrement en avant afin d’examiner l’abîme qui se présentait devant elle, la pierre bascula doucement vers l’avant également. Heureusement, l’autre virina qui était alors en équilibre précaire vers l’arrière, fit un léger pas en avant. La première qui était condamnée à effectuer le mouvement contraire recula inévitablement. Ce qui rétablit la position des pierres et des Virinas.

Bien au centre de la pierre de marbre blanc, en ballant, elle réfléchit. À la même position sur la dalle noire, elle comprit que les carrées de pierre reposaient sur un étroit pilier central et que le moindre mouvement vers l’une des extrémités risquait de le faire basculer et de la projeter dans le vide.

Au bout d’un moment d’immobilité, elle fut alertée par le bruit produit par un marteau cognant un burin sur le roc. Elle releva la tête, plissa les yeux et ne vit, au bout du couloir, aucun artisan, pas plus que l’ombre d’un outil. Et pourtant, l’ébauche d’une statue était bien amorcée, de grandes portions de blocs non désirés ayant été retirées. Très vite, la guerrière comprit que le sculpteur invisible se mettait à l’action dès qu’elle s’immobilisait. Elle en déduisit ainsi que le temps lui était compté, que les retailles de pierres qui tombaient au sol faisaient office de grains de sable d’un énorme sablier.

Il lui fallait pourtant prendre un certain temps afin de trouver le moyen de traverser ce plancher en damier. Elle en vint rapidement, à la conclusion qu’elle devait franchir les dalles de marbre restantes tout en conservant un rythme régulier et une vitesse constante. Aucun mouvement brusque ne devait être effectué sous peine de détruire le fragile équilibre établi entre les deux barbares. Comme un duo de ballerine effectuant une chorégraphie, elles se devaient d’être synchronisées.

Et pendant toutes ces minutes consacrées à la cogitation, la sculpture prenait forme. Il était à présent possible de discerner la silhouette d’une grande guerrière.

Successivement, les deux orques femelles prirent une grande respiration avant t’entamer leur pas de deux. Elles partirent donc pieds joints au centre du la pierre, et puis se mirent à marcher à rythme régulier jusqu’au coin droit gauche de la dalle noire blanche. Avant que cette dernière n’eût le temps de basculer complètement, la barbare enjambait la seconde, sans ralentir ni accélérer, afin de se rendre au centre de cette deuxième dalle. Elle s’immobilisa un instant, et Virina en fit tout autant. La garzok effectua une rotation de quatre-vingt-dix degrés vers la gauche Elle l’imita une fois de plus, mais vers la droite et commença la traversée de la seconde pierre. Ce petit stratagème s’exécutant à merveille pendant quelques minutes, les virinas avançaient tout en suivant des diagonales inverses et franchissant ainsi plus de la moitié du corridor. Elle aurait vite atteint la porte de chêne, si un vilain insecte n’était pas venu se poser sur le bout de son nez. Un inoffensif moustique se serait fait aplatir dans le temps de le dire. Mais cette grosse bestiole bourdonnante de la taille du pouce de la garzok et qui pavanait sa robe rayée jaune et noire portait à son extrémité abdominale un énorme dard chargé. La première hésitait, craignant de manquer sa cible et de subir une douloureuse piqûre. La seconde qui ne se sentait pas tellement concernée, mais bien consciente de la situation et voulant en finir rapidement, rapprocha d'un geste vif sa main ouverte de son propre nez inhabité et tout en douceur s’en éloigna lentement. Après un léger élan, la main de la première s’abattit aussitôt sur l’énorme bourdon et le tua instantanément avant même qu’il n’eût le temps de planter son aiguillon saturé de venin. Alors que la seconde ricanait, la première grognait.

Après ce bref intermède, les deux guerrières reprirent leur pas de danse et se rendirent sans faute à l’extrémité du corridor où à leur droite se trouvait à présent une statue de marbre presqu'achevée. Virina l’examina quelque peu surprise que l’artisan poursuive son œuvre, malgré le fait qu’elle avait franchi l’obstacle avec succès. Celle-ci remarqua que le raffinage était presque terminé et que bientôt les étapes finales seraient entreprises. Jetant un dernier coup d’œil aux autres statues meublant la salle rectangulaire, elle crut deviner que son âme risquait d’y être enfermée si l’artiste terminait son œuvre avant la fin de l’épreuve. Mais le corridor était franchi, le sablier aurait dû s’arrêter. Ne voulant perdre de temps en analyse, Virina sortit sa masse d’armes et tenta de fracasser l’œuvre encore inachevée. Mais cette sculpture, désormais en marbre, résista aux assauts de celle-ci et de celle-là. Voyant les traits de son visage se former dans la pierre, elle donna un coup dans la porte pour sortir au plus vite de cette salle piégée.

Aussitôt que son poing eut effleuré le bois de chêne, la sculpture tomba en morceaux.

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 Sujet du message: Re: Les Ponts
MessagePosté: Dim 15 Oct 2017 03:42 
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Pont 5- partie 5


Si la sculpture de marbre s’effondra, la porte demeura intacte, sans la moindre marque et elle ne daigna même pas s’ouvrir au grand dam des deux Virinas.

Virina s’empara alors de la poignée de fer, mais elle n’eut pas le temps de la tourner qu’elle ressentit une violente décharge qui l’atteignit telle la foudre et pénétra sa chair, parcourut sa main gauche, monta le long du bras, lui traversa le corps et sortit par la jambe droite. Elle la relâcha aussitôt, poussant un cri de douleur alors que son clone fit le mouvement inverse et ricana tout en touchant le bouton de la porte métallique. Le même phénomène foudroyant se produisit et cette énergie inconnue de la barbare l’électrifia, lui arrachant un hurlement qui fut suivi d’un ricanement.

La garzok se retrouvait donc face à une porte piégée. Une bien belle porte en vérité, sculptée par un artisan ayant eu le scrupule de respecter le fil de ce matériau dur et fibreux.

Virina conclut rapidement qu’il lui faudrait ouvrir la porte sans toucher la poignée. Elle examina alors les gonds. Au nombre de deux, l’un se retrouvait tout en haut alors que l’autre tout en bas. Il suffisait donc de sortir la porte de ses gonds et le tour serait joué. Virina s’étira de tout son long et celle-ci s’accroupit. Armée de sa rapière, elle tenta de glisser sa fine lame au-dessus de la bague et tout juste sous l’œil afin de retirer la branche femelle et de mettre à jour la broche du gond supérieur. Armée d'une lame en tout point identique, elle s'attaqua plutôt au gond inférieur, mais visa plutôt maladroitement la branche mâle.
Ce plan, bien que simple, aurait fonctionné à merveille alors que ce dernier était voué à l'échec, et ce même si les gonds n’avaient pas été faits de métal…

Par conséquent dès que la lame effleura le fer, un léger éclair bleu apparut et la traversa. Virina eut tout juste le temps de lâcher sa rapière et évita du coup une nouvelle décharge d’énergie.Alors que les mains de celle-ci restèrent collées sur l'épée et c'est en émettant un violent grognement qu'elle absorba la violente décharge.Ce fut à son tour de rire de sa copie.

Elle réfléchit un moment et repensa à la fin de la traversée du corridor où elle avait touché le corps de la porte sans en être incommodée. Impulsivement, sans réfléchir, elle posa donc ses deux mains contre le bois de chêne et rien ne se produisit, comme celle-ci l'avait déduit,si ce n’était qu’elle sentait sous ses doigts, les multiples décorations taillées dans le bois dur. Mais elle n’en avait cure. Alors que celle-là les tâtait avec attention. Elle se campa bien les pieds, puis poussa avant de relâcher, aussitôt celle-ci se détendit les muscles puis poussa. Et vice versa et ceci à plusieurs reprises, mais la porte demeura bien à sa place et obstinément fermée.

Elle recula alors d’un pas afin de bien examiner cette robuste porte de bois sculptée avec soin par un ou même peut-être plusieurs artisans minutieux. Alors que Virina préféra s'avancer. Elle renifla, plissa ses yeux et trouva enfin un moyen de sortir de ce long corridor jonché de statues de diverses qualités. Sans se soucier d’abîmer cette splendide porte ouvragée, tenant sa masse d’armes dans sa main gauche, droite, elle recula d'un pas et imprima une rotation de bas en haut à sa masse avant de la fracasser contre la porte. Alors que celle-ci s'avança d'un pas tout en effectuant une révolution en haut en bas de sa masse avant de la frapper contre la porte. Alternants frappe et élan, elles s'élancèrent à plusieurs reprises. À chaque coup porté, elles ressentirent un écho dans leurs bras, comme si en corps défendant, la porte leur rendait leurs coups. Même en y regardant de près, la barbare ne vit aucune bosse dans la porte, aucune marque de masse, pas même une minuscule égratignure. La porte avait résisté aux assauts de la garzok, voire même des deux, avec brio.

Faisant preuve d’une grande résilience, elle scruta la porte de très près avec ses yeux grands ouverts pour celle-ci et bien fermées pour celle-là, car elle utilisait ses doigts. En partant du sommet jusqu'au bas, du bas vers le haut, elle cherchait une chevillette qui aurait été dissimulée là et qu’elle n’aurait plus qu’à la tirer afin que la bobinette tombe. Mais sa recherche fut vaine, elle ne trouva pas le petit bout de bois qu’elle cherchait tant.

Elle en vint à la conclusion que la seule façon que la porte s’ouvre d’elle-même était d’en posséder la clé. Une autre aurait pu fouiller la pièce entière croyant que ladite clé aurait été cachée sous le paillasson ou dans le pot à fleurs…Mais cette idée n’effleura même pas Virina, elle ne croyait pas le maître du château assez stupide pour ne pas conserver la clé sur lui.

Elle fixait la poignée de métal depuis un petit moment, lorsqu’un sourire apparut, une grimace haineuse se révéla sur son dur visage mettant en évidences ses proéminentes canines. Elle pensait avoir trouvé le moyen de déjouer cette porte. Elle la vaincrait sur son propre terrain. Son casque à cornes entre les mains, elle y déposa sa rapière . Avec précaution, témérité, et rapidité, lenteur et surtout sans toucher au métal, elle réussit après quelques essais à placer une extrémité de la rapière contre la clenche de la poignée et l’autre au-dessus du gond inférieur. Aussitôt, une lumière bleue apparut et parcourut le métal. Puis, elle prit sa masse d’armes, la déposa sa tête au sol et la poussa délicatement, sèchement, à l’aide des cornes de son casque, contre le gond inférieur. Même Étant consciente que beaucoup d’énergie circulait dans l’acier, munie de sa protection en corne, elle plaça l’autre extrémité de la masse contre la poignée, et recula, demeura en place.


Cette forte énergie qui s’apparentait énormément à la foudre se mit alors à circuler en boucle. De la poignée vers la rapière jusqu’au gond et de ce dernier à la tête de la masse d’armes, le long du manche et jusqu’à la poignée. Plus cette puissance circulait, dans le métal sans rencontrer de résistance ou de matériaux pour se disperser, et plus le métal s’échauffait. En peu de temps, il rougit, mis à part de l’Helcéa qui garda la tête froide.

Prudente,Inconsciente, Virina recula avança de quelques pas et attendit. La lumière bleue émit des étincelles et de la fumée s’échappa du métal chauffé… et puis la poignée fondit, tomba au sol tout en rompant le cycle infernal. La porte s’ouvrit sans le moindre grincement. Virina ramassa sa masse d’armes par la tête, qui était tout juste tiède, mais se garda de ramasser son épée à main nue.Une fois de plus, elle usa des cornes de son casque pour y insérer la pointe dans l’ouverture de la garde.

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 Sujet du message: Re: Les Ponts
MessagePosté: Sam 28 Oct 2017 20:32 
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Pont 5- partie 6



Lorsque Virina traversa le seuil de la porte et que cette dernière se referma derrière elle, la garzok vit enfin ce qui s’y cachait. Enfin, il serait plus juste de dire qu’elle ne vit rien. Et il reste à savoir si c’était parce qu’il n’y avait rien à voir, c’est-à-dire que la pièce était vide ou bien parce qu’il n’y avait pas assez de lumière pour qu’elle puisse y voir quelque chose…ou encore peut-être qu’il s’agissait plutôt des deux premières hypothèses ou aucune de celles-ci. Chose certaine, elle était dans l’obscurité totale, et ce dans le sens propre comme dans l’autre. Et là encore, on ne put savoir si l’endroit se noyait dans la saleté ou pas.

Bien que les orques jouissent d’une vision nocturne, la rétine nécessite un minimum, un soupçon, une parcelle de lumière afin de pouvoir transmettre l’information au cerveau. Mais ce minimum de clarté n’existait point. Donc, pour la première fois de leurs vies, les Virinas n’y voyaient goutte.

Pour cette Virina, dans le noir, elle se sentait comme dans un espace clos, restreint, un endroit extrêmement petit où elle peinait à y prendre place. Cette obscurité l’envahissait, l’oppressait, elle se sentait acculée contre le bois de la porte, incapable de bouger et visiblement contrariée. Elle eut même quelques secondes durant, le réflexe de bloquer sa respiration de peur que le noir envahisse même ses orifices, la tenant dans un carcan.

Pour celle-là, le noir représentait le néant, un espace si grand qu’il était impossible d’en voir les limites. Aucune frontière n’existait et elle s’y sentait perdue comme si elle n’était qu’une toute petite fourmi déambulant dans un univers trop grand. La seule limite connue s’avérait être la porte de bois contre laquelle elle était adossée et le petit espace où reposaient ses pieds. Car rien ne pouvait lui permettre de penser qu’il y avait un plancher en deçà de ses pieds, ni de plafond au-delà de sa tête. Et cette brave guerrière ne trouvait pas la force de s’éloigner du chêne, ce bois massif qui s’avérait être la seule preuve tangible de l’existence d’une borne.

Et ce sentiment de malaise que vivaient les deux garzok ne provenait que de la perception qu’elles s’étaient faites d’une notion tout à fait inconnue pour elles jusque-là : la noirceur absolue. Cette simple interprétation, qui pouvait s’avérer fausse et déformée les déstabilisaient au point qu’elles restèrent figées sur place quelques secondes.

Puis se sentant écrasée par le poids de son nouvel adversaire, elle plia ses jambes et son dos toujours appuyé contre le chêne, se glissa doucement au sol pour se retrouver recroquevillée, son menton appuyé sur les genoux pliés et entourés de ses mains.

Cherchant à tout prix une frontière, elle s’était étirée de tout son long, levant même les talons pour n’être que sur le bout des orteils, et les bras étirés au maximum vers un possible plafond, s’appuyant contre le mur afin de pouvoir garder son équilibre.

Pour la première fois depuis son séjour dans les enfers, elle se sentit vaincue et elle baissa les bras. Il ne lui restait qu’à attendre la fin...la mort dans la mort.

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