L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les rues de Lebher
MessagePosté: Mar 3 Fév 2015 17:41 
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Hrist quitta la maison en toute hâte. La pluie s'abattit sur elle et pénétra immédiatement la cape déjà humide qu'on lui prêta pour qu'elle n'attrape pas la mort. La plupart des travailleurs étaient allés au temple pour se rassembler et prendre des décisions quant à ce qui allait suivre. Quelques gardes étaient toujours postés devant la milice, la mine baissée pour éviter les gifles lancées par le vent et la pluie.

La femme pataugeait plus qu'elle n'avançait avec la boue qui lui collait aux chevilles et ralentissait chacun de ses mouvements. Le chambellan lui avait soufflé un nom d'enseigne où le gérant était un homme de confiance qui faisait un travail admirable et offrait toujours de bons produits, bien que Hrist préférait s'en rendre compte par elle même, elle estimait qu'il était toujours bon de se fier à ceux qui avaient de l'expérience. Or l'elfe qui lui avait soufflé l'information vivait à Lebher depuis que le large l'avait vu naître.

Elle ne tarda pas à trouver.

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
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Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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 Sujet du message: Re: Les rues de Lebher
MessagePosté: Mer 4 Fév 2015 18:16 
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Le marchand lui avait confié les précieuses herbes dans un petit sachet de lin refermé d'une cordelette de cuir, Hrist était ravie d'avoir pu trouver la totalité des produits sans avoir à parcourir la ville entière sous la pluie.

Dans sa petite poche pleine de sciure et de poussière, elle sentit les deux runes rouler et songea :

" En revanche... Je ne vois pas comment utiliser ces runes. Esquive et sanglier... "

" Tu pourras esquiver l'attaque du prochain sanglier que tu croiseras ma vieille. "

Hrist eut un petit sourire amusé face à la plaisanterie de Cèles et elles continuèrent à avancer jusqu'à ce que soudainement, la pluie faiblit peu à peu jusqu'à s'arrêter. Il ne restait plus que les gros nuages lourds et menaçants mais les habitants sortirent le nez par les fenêtres et contemplaient l'étendue des dégâts.

" Tu crois que c'est la même piscine sur tout le continent ? "

Cèles ne répondit pas. Une ombre glissa au travers de la ruelle que venait de croiser Hrist, mais si l'espion avait souhaité se rendre discret, le temps et la boue n'avait pas été en sa faveur, Hrist ne l'aurait pas remarqué si la pluie avait dissimulé le bruit de ses pas sur la boue épaisse.

Hrist ralenti doucement le pas, espérant voir à quoi pouvait bien ressembler celui ou celle qui l'observait.

" A mon avis, pas de quoi en faire une tarte, il y a toujours un péquenaud ou deux pour jouer les voyeurs, et avec tous ces réfugiés, j'aime autant te dire que ça n'a rien de surprenant. "

Quelques gardes croisèrent Hrist et la saluèrent poliment.
" D'ordinaire, d'où je viens, ils ont plutôt tendance à m'arrêter. "

" D'ordinaire, d'où tu viens, tu mets le feu à un quartier à la moindre contrariété. "

Hrist arriva devant la milice et croisa le forgeron qui vociférait sur Larzul, ce dernier tortillait ses doigts maladroitement et ne dit pas un mot. Ses bottes étaient recouvertes de boue toute fraiche.
" Fiche moi le camp, crétin ! Et ne t'avise pas de me bousculer encore une fois, si ton maître ne t'apprends pas le respect, je ferais à coup de fouet moi ! "

Ses grosses joues vibraient à mesure que le ton haussait puis, alors que Larzul fermait la porte, le forgeron recommença à travailler et à battre l'acier, le visage rouge mais il ne fallait pas être un grand lettré pour savoir que c'était dû à la colère et non à la chaleur du brasier.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Lebher
MessagePosté: Ven 8 Avr 2016 11:43 
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Une fois de retour dans les rues, ils marchèrent quelque temps en silence. La jeune femme attendait ce qui allait venir, elle le devinait sans peine. Nahöriel, mal à l'aise, donnait des coups de pied dans les petits cailloux du chemin, les envoyant négligemment voler contre les murs de bois des maisons alentour. Finalement, il demanda :

« C'était quoi cette mascarade ? »

Mauvaise remarque...

« Un rituel de Moura n'est pas une mascarade ! »

Il rougit, mais continua :

« Et pourquoi tu m'as empêché d'intervenir ? Qu'est-ce qu'il racontait, sur ce... Triomphe de la Tempête ? C'est quoi cette dague ? »

Elle prit une longue inspiration, l'air froid lui piquant la gorge :

« Cette dague est un don de Moura, et elle a appartenu à la déesse. Moura l'a déjà eu en main, ce qui en fait l'un des objets les plus sacrés qui soit. »

Le semi-elfe ouvrit des yeux ronds, mais Leyna, perdue dans ses pensées, ne prêtait déjà plus attention à lui.

« La nouvelle se répand... j'ignorais qu'elle était déjà arrivée ici. Le clergé de Moura n'est pas content que j'ai trouvé le secret du livre d'eau et de la crosse mouraïque du gardien. J'ai accompli une volonté de la déesse que même les pontifes n'ont pas vue... Beaucoup pensent que j'ai usurpé la possession de cet objet, et s'estiment plus digne que moi de le porter. Je devrais tôt u tard les affronter... seule. »

Nahö se mordait les lèvres presque jusqu'au sang. La détresse dans ses yeux était touchante, mais mal placée...

« Et si... tu la leur donnais ? »

« Non ! Je m'en suis montré digne, et pas eux ! Il n'y a rien à ajouter ! »

Le jeune homme tenta d'arguer du danger, de l'inviter à ne pas prendre de risque... une épreuve ! Était-ce donc cela que Moura lui avait réservé ? Ce qu'elle ressentait pour lui, et lui pour elle, n'était-il que l'expression d'une simple volonté divine en vue de la tester ? Elle sentit une bouffée de colère monter en elle. Elle ne céderait pas ! Même devant Nahöriel ! Elle s'était montrée digne et elle le resterait ! Elle finit par exploser :

« Silence ! Tu m'importunes ! Moura exige force et dévotion, pas faiblesse et soumission ! Ainsi que je l'ai dit à maître Nimassir, et il l'a compris contrairement à toi, les prêtres, aussi hauts soient-ils, n'en restent pas moins des mortels ! J'ai reçu cette dague de la déesse, aucun d'eux n'a su traverser les épreuves pour y parvenir ! Ce serait une insulte que de céder devant le danger ! »

Le jeune homme se ratatina devant sa colère, honteux et dépité. Il cédait bien vite... encore quelque chose qui n'était pas à son honneur... Furieuse, la prêtresse le planta là, se dirigeant à grands pas vers la boutique de magie. Elle était en colère... pas triste... juste en colère...

… alors pourquoi des larmes lui piquaient-elles les yeux ?

suite

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 Sujet du message: Re: Les rues de Lebher
MessagePosté: Ven 3 Juin 2016 22:56 
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Rien n'y faisait. Même après notre passage à la capitainerie, la sensation de malaise persistait. J'avais l'impression de pouvoir perdre l'équilibre à tout moment, et que le paysage était beaucoup trop figé et statique. Je savais qu'il existait le mal de mer, mais là, il était plutôt question de mal de terre. Pourtant, ce n'était pas comme si la ville de Lebher pouvait faire retrousser le nez ou gêner dans son architecture. Toutes les rues étaient droites, parallèles les unes aux autres. Contrairement à l'anarchie que j'avais pu voir dans mes précédents points de chute, la ville faisait propre. Trop peut-être. On aurait presque dit l'une de ces villes nouvelles décrites dans certains manuscrits. Des quartiers entiers tracés sur une carte avant d'être établis. Mais peut-être que cela ne concernait que cette portion de Lebher ?

Je rajustai mon tricorne aux regards intrigués et parfois méfiants envers nous. Enfin, plutôt envers Samrik. Son ascendance garzoke n'avait pas l'air de plaire aux résidents, mais nul n'osait nous déranger pour autant. Mercurio m'interpella, me tirant de mes pensées. Il voulait connaître le cap que la Rascasse allait prendre lorsque tout aurait été réglé. Je lui jetai un bref coup d'oeil puis pris la parole sans cesser de marcher.

"C'est une bonne question, Mercurio."

Je pris un instant pour réfléchir. Il était vrai que le guérisseur n'était pas là lorsque Mazhui m'avait confié la Rascasse. J'eus du mal à retenir un sourire blasé en me rappelant que le félin avait plutôt tendance à baptiser les ponts avec le contenu de son estomac, auparavant. En y songeant, je me rendis compte que notre relation s'était quelque peu détendue. Pas mal en vérité. Après tout, il avait clairement laissé entendre vouloir prendre le contrôle du navire avant que nos aventures communes nous rapprochassent.

Je poussai un léger souffle. Mettre les choses à plat valait pour moi aussi. Je me prenais déjà à rêver trouver une oreille attentive, à qui conter tout ceci. Mais sur l'heure, mes pensées m'avaient amené une certaine réponse.

"Explorer des épaves infestées et faire fructifier notre cargaison sont secondaires. La Rascasse est un vaisseau rapide, d'exploration, destiné à rapidement sillonner l'Aeronland. Son objectif premier reste toujours d'établir un contact avec les Sang-Pourpres."

Je contournai quelques elfes occupés à discuter au beau milieu de la voie, me tournai vers mes compagnons afin de m'assurer qu'ils suivaient, puis poursuivis.

"Leur village détruit, il est possible que les natifs viennent se renseigner ici. Mais ce sont des marins aguerris. Qui sait combien de temps cela peut prendre ? Et notre seule autre source de renseignements quelque peu fiable à leur sujet serait Snori..."

Si le rouquin ne se réveillait jamais de son état... Avec un air grave, j'avisai le guérisseur.

"L'équipage s'y opposera sans aucun doute, Leyna' et Nahöriel en particulier, mais si son état ne s'améliore pas avant notre départ... Il faudra peut-être envisager de le confier à des guérisseurs de la cité."

Je savais que mes paroles étaient froides, mais je devais songer aux autres membres de l'équipage. Avoir un Snori dans le coma à bord signifiait devoir laisser quelqu'un à son chevet presque constamment. S'assurer qu'il respirait encore, lui administrer de quoi l'alimenter et l'hydrater. Et plus inquiétant, cela risquait de peser sur le moral des hommes. Avoir sous les yeux un camarade rappelant à tous le danger encouru au village dévasté par le Dragon noir ne pouvait qu'accroître la tension à bord.

Je rajustai une nouvelle fois mon tricorne et esquissai un sourire.

"Enfin, ça, c'est si on est pessimiste."

Les réparations prendraient sans doute du temps, surtout s'il fallait remplacer certaines parties du vaisseau. Il nous faudrait aussi recruter des artisans, ou choisir parmi nos hommes ceux qui devraient suivre les rudiments de l'entretien auprès des maîtres. Et il faudrait encore que les ressortissants de Lebher acceptent de partager leur savoir en la matière.

Tant de choses auxquelles réfléchir... Mais au moins, les poches pleines et sans adversaires connus à nos trousses, nous disposions d'un peu de temps pour mettre les choses à plat.


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Mythanorië - Oudio / Shamane Hippocampe


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Dernière édition par Mythanorië le Ven 16 Mar 2018 02:32, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Lebher
MessagePosté: Jeu 30 Juin 2016 23:31 
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Dragon Fantôme - Chapitre IV



Dragon Fantôme

Chapitre V




L'oudio lui répondit que leur priorité était de rentrer en contact avec les Sang-Pourpres et que leur meilleur moyen de savoir où se rendre et comment les appréhender étaient en ce moment-même n'était nulle autre que leur comateux favori.
Elle ajouta que s'il ne se réveillait pas très vite, il faudrait le laisser aux mains de guérisseurs locaux.

Encore cette histoire de Sang-Pourpres.

"J'capte pas cap'taine... Ç'fait plein d'fois qu'j'entends parler d'ça mais c'qu'y'z'ont d'tant intéressant pour nous les aut' peaux-bleues, là ? Pa'c'que sinon, y sont pas bien durs à trouver hein... Au moind' temple d'Moura, on en trouve par paquets de trente ! T'jours à tourner autour comme des mouches autour du fion merdeux d'un Kaeash ! 'fin, en tout cas, à Dahràm c'comme ça."

Mercurio ne rajouta rien sur le reste. Il était d'accord. Ils ne pouvaient s'occuper de Snori indéfiniment. Mais intérieurement, il ne laisserait pas son patient, un membre de l'équipage et un bon compagnon, entre les mains de quelques tarés inconséquents qui aurait vite fait de le jeter dans une fosse commune s'il ne se réveillait pas dans les vingt-quatre heures. Son expérience de Dahràm lui avait bien appris qu'on ne pouvait se fier à la parole de personne. Et hors de question de le laisser aux prêtres de Gaïa, il les avait toujours trouvé bizarres ceux-là. Des troufions qui passent leur vie à rendre service sans rien demander en retour à part la charité ? C'était trop beau pour être vrai. Au fond d'eux, ils étaient complètement niqués de la tête, il y a avait forcément quelque chose qui clochait quelque part. De toute façon, ceux qui avaient l'air trop parfaits pour être vrais, avec pas un seul défaut apparent dans leurs paroles, leurs actes et leurs comportements, c'était toujours les plus louches. Ils cachaient forcément des vices plus énormes qu'eux pour s'être construit des façades pareilles.
C'était un peu ça qu'il aimait à Dahràm d'ailleurs. Bon, il y avait plus de violence et d'abrutis que partout ailleurs, mais au moins les gens étaient vrais. Ça s'arnaquait, ça gueulait, ça se battait, ça se poignardait et il y avait des dingues et des estropiés dans chaque baraque, c'était pas l'extase mais au moins c'était franc. Un mec, rien qu'à sa gueule et à sa manière de te causer, si t'étais pas trop débile, tu comprenais directement quelles cases il avait en moins. De ce qu'il avait vu du reste du monde, c'était moins clair. Ils cachaient leurs défauts, alors il fallait du temps pour comprendre les vices des gens. Le feignant faisait semblant de bosser, l'alcoolique se planquait pour se torcher, le pervers essayait de pas se faire voir, l'agressif regardait autour de lui s'il y a des gardes avant de commencer à mettre des beignes... C'était franchement pas sain, d'enfouir ses envies comme ça. Après les gens devenaient encore plus dingues ! Et tout ça, ça fait des villes de gros coincés du cul, sans ambiances, avec tout le monde qui se ressemble et qui se comporte sagement, où les originaux sont foutus à la porte, où le marchand n'a pas le droit de mettre une raclée à son voleur et où sortir sa verge pour pisser contre un mur, c'est mal vu. Des villes chiantes en bref, où il se passe jamais rien d'intéressant, où personne n'est intéressant, et le pire, c'est que c'est toi qui y passe pour un dingue. Et en plus, quand il s'agit d'une petit ville où quasiment tout le monde est de la même race, c'est encore pire !

Non mais, rien qu'à regarder tous ses elfes à la con qui s'écartent sur le passage en les regardant comme s'ils étaient des fantômes... Bande de connards consanguins, qu'ils aillent découvrir un peu le monde, qu'ils comprennent que leur petite ville de bouseux à moitié congelé, c'est de la grosse daube. Et puis c'était quoi, ces rues ? Des rues droites, alignées, des bâtiments identiques sur toute une allée... Tout était propre, bien organisé... Pas un pavé manquant dans la chaussée, pas une touffe de mauvaises herbes dans un coin... Fallait vraiment pas être bien dans sa tête, pour vivre dans une ville aussi fade. Comme si on avait enlevé les personnalités de tout ces gens en les invitant gentiment en se les foutre dans le fondement. Fantastique. L'humoran ne croyait vraiment pas qu'il en arriverait un jour à regretter la domination d'Oaxaca. Elle avait beau être la chiarde de Thimoros et être prête à foutre le monde à feu et à sang pour son petit plaisir, tant que tu faisais tes petites affaires dans ton coin sans interférer dans ses conneries, tu étais bien libre de vendre de la viande faisandée venant tout droit du cimetière ou vomir dans la rue sans que personne ne vienne te prendre le choux. Il n'imaginait même pas le bordel qu'il engendrerait ici rien qu'en baissant son froc. Il se demandait même s'il avait le droit de cracher par terre.

Bon, il fallait qu'il se calme. Ce n'était pas non plus comme s'il allait devoir vivre ici pendant des mois. Mais le problème de Snori persistait... A qui pourrait-il bien faire confiance, dans cette ville de fou ?

Alors qu'ils continuaient d'avancer, une grande muraille de pierres bleues s'offrit à son regard. Ils devaient traverser les portes de la ville pour arriver à la boutique du vieux Toki. Tant mieux, sortir de cette folie urbaine lui ferait le plus grand bien.



Dragon Fantôme - Chapitre VI

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


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 Sujet du message: Re: Les rues de Lebher
MessagePosté: Mar 5 Juil 2016 09:48 
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Notre guérisseur me fit rapidement part de son incompréhension quant à l'utilité de contacter les sang-pourpres. En langage des plus imagés et fleuri, il ajouta que les trouver n'était pas bien dur. Leur dévotion envers Moura les faisait se rassembler autour des temples de la Dame Bleue aussi sûrement que des insectes près de... En bref, ils y étaient attirés avec certitude.

J'attendis que nous ayons quitté les quartiers trop propres de la cité pour nous enfoncer dans une partie plus étrange et forestière. Des remparts bleutés se dressèrent sur notre chemin, me faisant un moment de demander s'il s'agissait d'une sorte d'enduit, du givre ou un minéral naturellement de cette teinte. Mais si quelques mois auparavant je me serais arrêtée pour étudier cet objet de curiosité, ce ne fut pas le cas ce jour-là. J'avais déjà bien changé depuis mon départ, et cela n'allait pas s'arrêter.

Une fois éloignés des curieux qui avaient perdu du temps à nous observer, je jetai rapidement un regard autour de nous puis avisai le guérisseur. Quelque part, je savais pouvoir compter sur la discrétion du demi-garzok quant à ce que j'allais dire.

"La Confrérie a des idées et des ambitions, mais manque de puissance et de soutien."

Je laissai mes paroles en suspend avant de reprendre.

"Mazhui ne nous aurait pas envoyé à travers les mers si la tâche était si simple. Parce que les sang-pourpres que nous devons trouver sont... Les équipages... libres."

Mon regard s'attarda un bref instant sur le représentant de l'équipage. J'aurais aimé être plus précise, mais parler ouvertement de s'allier avec des pirates réputés comme les plus sanguinaires et dangereux parmi ceux sillonnant l'Aeronland au beau milieu d'une cité portuaire n'était pas des plus prudent. Toutefois, je devais faire au mieux pour que le félin comprenne où je voulais en venir, et surtout l'objectif qui devait se retrouver au fil de nos actes.

Mes bottes claquaient sur le sol devenu de plus en plus terreux, tandis que nous poursuivions vers le Nord, en direction de la forêt. Point de vent glacé par contre, à croire que quelque chose y faisait barrage.

"Nous manquons d'alliés et de certitudes. Tant que nous ne formerons pas un groupe si ce n'est uni, au moins capable de naviguer sans nous faire trébucher les uns les autres, n'importe qui avec un peu de puissance monétaire peut nous menacer."

Mon regard clair se dirigea vers le visage poilu du guérisseur.

"Nous avons besoin de renforcer nos effectifs, et eux pourraient vouloir d'une cause. Ou du moins d'une bonne raison en yus et butins pour œuvrer de concert contre des ennemis communs."

Finalement, nos pas nous amenèrent à une maisonnette proche d'arbres. Un panonceau présentait les lieux sobrement. J'avisai Samrik qui tenait toujours le coffre sans sourciller, mais dont la peau était plus hérissée qu'avant.

"Nous y sommes, semble-t-il."

Je patientai, laissant le guérisseur prendre les devants. Après tout, nous ne faisions que l'accompagner. Il devait savoir exactement ce qu'il voulait, et surtout ce dont l'équipage de la Rascasse avait besoin.


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 Sujet du message: Re: Les rues de Lebher
MessagePosté: Sam 3 Sep 2016 23:58 
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Dragon Fantôme - Chapitre VIII



Dragon Fantôme

Chapitre IX




Les fournitures entre les bras, l'étrange trio sorti du commerce d'un bon pas.

La capitaine annonça alors qu'elle allait chercher des artisans au port et que lui et Samrik rentre déposer leurs charges sur la Rascasse. L'humoran commençait à emboiter le pas dans cette direction, automatiquement, alors que ses pensées étaient dirigés vers la manière qu'il pourrait utiliser pour reformer une mâchoire correcte à Eliwin. Mais ce ne fut pas le cas de Samrik, qui se targua de répondre à la capitaine un "Non" sec et provocateur sorti de nulle part. Mercurio n'avait toujours pas saisi les motivations de ce bonhomme. Il était bien sur le navire de son plein gré, mais il ne causait à pratiquement personne, n'avait jamais décrocher que le semblant d'un sourire en coin, semblait être las et fatigué de tout, tout le temps. Il ne comprenait pas bien ce qu'il était venu faire dans l'équipage, même son rôle de maître d'arme n'était pour l'instant que du vent ; il n'avait entraîné personne à quoi que ce soit. Il fallait dire que le bonhomme n'était pas avenant, s'il n'initiait pas de lui-même quelques sessions d'entraînements, peu de monde oserait venir vers lui pour lui demander d'en faire.

Mais il devait avoir senti sa fierté bafouée pour s'opposer à l'oudio une nouvelle fois. Lorsqu'elle lui ordonna de lui obéir, il se pressa devant elle pour lui barrer le passage, la forçant à devoir lever la tête pour le regarder dans les yeux.

Bordel, ça allait encore partir en couille...
Bon, ben au moins ce n'était pas une embrouille dont il allait devoir se mêler. C'était entre la capitaine et lui. Mais bon, ça serait dommage de déjà devoir utiliser son matériel de guérisseur alors qu'ils n'étaient même pas encore arriver au navire. Autant les équipages de pirates étaient bien connus pour se foutre régulièrement sur la gueule entre eux, autant Mercurio commençait à trouver qu'ils devaient quand même faire parti du haut du panier à ce niveau là. Parce que pour réussir à se mettre sur la tronche juste quelques minutes après une escale... C'était qu'il fallait le chercher.

Et si Mercurio avait appris à respecter un tant soit peu la capitaine, celle-ci était toujours en manque d'autorité sur son propre navire. Elle l'avait bien compris et elle n'attendait plus que des occasions comme celle-ci pour prouver qu'elle méritait ses galons.

Mais même l'humoran ne s'attendait pas à une réaction aussi violente.

Après quelques insolences de plus, elle lui prit le coffre des mains avec ses longs doigts végétaux, qu'elle jeta aussi sec au sol. Il n'eût le temps d'être pris au dépourvu qu'en une prise, elle souleva le lourd gaillard au-dessus d'elle et le projeta à plusieurs mètres de là. Costaude, l'air de rien, la plante verte. Face contre le sol, le demi-garzok n'eût le temps de bouger que celle-ci vint lui apposer sa botte entre les omoplates en le rappelant à l'ordre une nouvelle fois.

Il était étranger de voir que le gaillard ne semblait même pas chercher à se défendre, à se débattre. Il aurait pu facilement se défaire de cette position, mais il n'en fit rien. Il se laissait humilier, purement et simplement. Mercurio se disait que quelque chose devait lui échapper. C'était vraiment étrange.

L'oudio se targua de mériter son titre de capitaine et de la chance qu'il avait de ne pas être tombé sur quelqu'un de plus cruel, l'incitant à le déclarer lui-même.

Mais le demi-orque n'en fit rien. Il se releva comme si de rien ne s'était passé et se contenta de se taire. Même l'oudio semblait se demander ce que voulait dire son silence soudain, mais elle se contenta de déclarer l'accident clos après avoir effrayé des passants qui lorgnaient sur le coffret qui gisait au sol... Non sans rajouter à Samrik de couvrir son torse et détournant soudainement le regard vers Mercurio.

Un regard froid en sa direction qu'il ne comprit pas.

Il avait rien dit, lui. Puis ça faisait longtemps qu'il l'avait pas emmerdé quand même.
Dans l'incompréhension, il se dit qu'elle voulait peut-être qu'il couvre son torse, lui aussi. Mais bon, elle savait à quel point c'était difficile de trouver une tunique pour un peau-velue comme lui ? C'était déjà pas facile à Dahràm, alors dans une ville d'elfes... C'était pas pour rien qu'ils se baladaient tous pratiquement à poil. C'était introuvable, inconfortable et ça faisait des frais inutiles en moins. Parce que, bordel, la fourrure ça donne déjà assez chaud comme ça pour se couvrir encore plus. Il s'était toujours balader comme ça et il s'en foutait pas mal de l'avis des autres. Alors suivre les ordres de la capitaine, il avait pas de mal lorsque ça avait du sens, mais si elle commençait à ne plus se sentir péter et ordonner des conneries juste pour le plaisir de se sentir obéi, ce n'était pas un Mercurio mutin qu'elle risquait de retrouver, mais plus de Mercurio du tout. Il s'était pas engagé dans un équipage de pirate pour qu'on le fasse chier avec des détails de discipline idiots, s'il avait voulu ça, il aurait plutôt rejoins la marine kendrâne. Il n'oubliait pas qu'il pouvait toujours se barrer à n'importe quel moment, au final rien ne le retenait vraiment sur ce navire.

En espérant pour eux deux qu'elle se sorte cette idée de la tête rapidement, il aurait quand même trouvé ça dommage.

Sur ce, il ne rajouta mot non plus, laissant la capitaine avec son sourire d'auto-satisfaction au visage prendre la tête vers le chemin du port avec entrain.

Durant le trajet, Mercurio dévisagea Samrik dans l'espoir de comprendre ce qui lui avait traversé la tête durant les derniers évènements, sans succès. Il se contentait de marcher le regard droit devant lui sans montrer l'once d'une émotion, semblant perdu dans quelques pensées indéchiffrables.

Lorsqu'ils se séparèrent de la capitaine, l'humoran lui demanda cependant :
"Hé, t'peux m'expliquer un peu c'qui vient d's'passer là-bas, ouais ?"

"Non."

"Oh, gars, t'peux m'dire, non ? T'as bien dû comprend' que j'tais pas comme elle, d'puis l'temps. J'te connais pas des masses mais j'sais d'jà que ça là-bas, c'tait pas toi. T'pas l'genre d'gars à t'laisser mater comme ça. Dis t'jours ton soucis, en tant qu'bosco c'est mon boulot d'régler c'genre de prob' maint'nant."

"Restez en dehors de ça."

Bon, si ce grand cornichon ne voulait pas d'aide, il n'allait pas insister trois cent ans. Qu'il se démerde. Il avait déjà été bien gentil de vouloir s'en mêler.

Quelque peu vexé, Mercurio accéléra le pas jusqu'au navire, le fit descendre le matériel jusqu'à la cale et le libéra de son service. Qu'il aille se faire les nerfs sur quelques elfes dans la rue, à la baston ou avec quelques catins, mais qu'il ne traîne pas dans ses pattes.

Maintenant, il avait du rangement à faire et il devait encore se casser la tête avec ce problème de mâchoire...



Dragon Fantôme - Chapitre X

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


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