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 Sujet du message: Le quartier des guérisseurs
MessagePosté: Mer 2 Juin 2010 11:25 
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Le quartier des guérisseurs


C'est la plus petite de toutes les grottes, qui est une sorte d'infirmerie. Son entrée est gardée, comme toujours, par deux gardes armés de bâtons. Cet endroit est plutôt proche du quartier militaire car c'est là qu'arrivent le plus de problèmes.

Quelques guérisseurs œuvrent en permanence en ces lieux, pour soigner les malades et les blessés, que ce soit des Orgamii ou des araignées. Cet endroit sert également d'asile pour les personnes qui ont besoin de s'isoler pour une raison ou une autre, de gré ou de force en cas d'instabilité mentale par exemple, ou simplement par besoin de fuir la vie quotidienne pendant un petit temps lorsque ça ne va vraiment pas.

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 Sujet du message: Re: Le quartier des guérisseurs
MessagePosté: Mer 2 Juin 2010 11:36 
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Lilie se redressa brusquement, sa respiration se fit puissante et bruyante. Elle scrutait la pièce dans laquelle elle se trouvait et son cœur avait repris sa chamade comme s’il ne s’était écoulé qu’un tout petit moment depuis cette confrontation directe avec la mort. Plongeant alors son regard sur son poitrail, elle put constater que ses blessures n’étaient plus qu’un lointain souvenir, et d’ailleurs, elle ne ressentait plus aucune douleur. Elle ne se trouvait plus non plus sous l'emprise de l’extrême fatigue qui l’avait habitée depuis de si longues heures. Son ventre ne criait pas famine, sa bouche n’était plus sèche, et elle était à présent bercée d’une douce incompréhension.

Ses vêtements étaient bien soigneusement placés à ses côtés, apparemment recousus, et l’espace d’un instant, Lilie se demanda si tout ce qu’elle avait vécu depuis sa confrontation avec les petites araignées n’avait pas été qu’un rêve, avant de constater que la fine cicatrice qui sillonnait son ventre était encore toute fraîche.

Avoir survécu à la mort était un réel soulagement qui semblait lui donner des ailes. Elle était pleine d’énergie, pas particulièrement de bonne humeur, mais elle se sentait maintenant prête à faire face à tous les dangers, de front ou en prenant la tangente, maintenant qu’elle avait compris que l'excès de confiance en son environnement n’avait été que pure bêtise. Il n’y avait certes plus grand-chose à craindre en ces lieux, étant donné les moyens qui avaient été mis en œuvre pour la sauver, mais elle n’était pas non plus à l’abri de mauvaises surprises, et le fantôme des heures passées dans ce cocon était toujours là dans son esprit prêt à se rappeler à elle au moment où elle s'y attendrait le moins.

Lilie se rhabilla en hâte et trouva une belle cape verte laissée là probablement pour lui tenir un peu chaud compte tenue du peu d'épaisseur qu'avaient ses vêtements. Sans hésiter, elle la jeta sur ses épaules et commença à examiner de plus près le petit endroit en gardant le silence.

Les murs étaient rocailleux, recouverts d’une teinture ocre qui rappelait des nuances terreuses. Il n’y avait que très peu de lumière, quelques bougies tout au plus, et à part la couchette sur laquelle elle avait été installée, il n’y avait aucun ameublement. Sur la droite, il y avait une ouverture qui donnait sur une autre pièce, vaste, occupée par bon nombre de tables et d’établis. Ce devait être la pièce principale d’une sorte d’infirmerie, à en juger par les ustensiles étranges qui traînaient ci et là, les bandages et les nombreuses plantes mises à macérer dans des fioles.

« Hum hum…en voilà une qui est réveillée ! Alors… ? », murmura une petite voix qui semblait venir d’un autre passage menant à une pièce du même genre que celle que venait de quitter la rôdeuse. Une petite tête sombre et au regard malicieux se montra alors, un sourire franc et amical habillant son visage chaleureux. Lilie avait pourtant fait de son mieux pour rester discrète et ne pas se faire entendre, mais apparemment quelque chose d’autre l’avait trahi. L’homme s’avança à pas de velours et observa l’elfe, attendant probablement une réponse puisqu’il ne semblait pas décider à poursuivre.

« Puis-je enfin savoir où je suis, qu’est ce que je fais ici, qui est-ce que vous êtes, pourquoi j’ai été… guérie, pourquoi je n’ai pas été… »

Des larmes affluèrent soudain et elle ne put pas poursuivre sa phrase, son visage se transformant du tout au tout pour exprimer cette soudaine prise de conscience. Ce qu’elle avait vécu était tout bonnement innommable pour elle qui suffoquait encore d’angoisse à la simple évocation du souvenir fatidique, et elle se prit alors à courir en direction de la plus grande ouverture, celle qui la mènerait sans doute vers la sortie de cet endroit où on l’avait pourtant remise sur pied, pour fuir les images qui affluaient dans son esprit. Si ses blessures physiques avaient disparu, son esprit, lui, restait meurtri au plus haut point.

« Revenez, je vais vous répondre, Dame, oh… »

L’individu ne se jeta pas à sa poursuite, attendant simplement que la course de Lilie soit stoppée par les deux gardes de l'infirmerie et leurs deux bâtons dressés en travers de son chemin. La rôdeuse s’abattit brutalement contre les armes de bois et se retourna soudain, se sentant à nouveau prisonnière et comme un lion en cage.

« Laissez-moi partir, je veux m’enfuir, je veux retourner dans la forêt, libérez-moi, je vous en supplie ! »

L’état de démence dans lequel était à nouveau plongé Lilie ne permettrait aucune discussion et le petit être à la peau foncée comme un Shaakt et aux oreilles pointues en avait clairement conscience. Il étendit alors ses bras courts de part et d’autre de son corps, et son ample vêtement violet qui le recouvrait presque entièrement commença à frissonner avant de laisser échapper une vive lueur blanche irradiant la lumière. Il ferma alors les yeux et Lilie put voir approcher une multitude de rayon opaque, doucement, paisiblement, tandis qu’elle tentait frénétiquement de se frayer un passage entre les bâtons solidement brandis en travers de sa route.

Cette lumière, elle était comme cette hideuse chose qui avait cherché à la transpercer, à s’insinuer en elle et à déchirer tout ce qu’elle était. Elle faisait écho à cette infernale douleur, jusqu’au moment où elle parvint enfin au contact de la chair frémissante de Lilie. Ses muscles se détendirent soudain, son esprit s’embruma quelque peu et elle se sentit soudainement apaisée, bien, libérée de toute crainte. Elle était sous une emprise magique qui lui était indéniablement bénéfique et elle était même capable de le réaliser.

« Merci… », fut la seule chose qu’elle fut alors capable de dire en se relevant. Elle laissa les gardes tranquilles et vint alors s’asseoir aux côtés de l’être habité par la magie de Gaïa. Ses inquiétudes n’étaient plus, mais sa curiosité, elle, restait intacte et intarissable.

« Je suis Marti, Marti Velth, et vous, vous êtes la future Gardienne de la Forêt, c’est la raison pour laquelle vous avez été épargnée… de justesse. »

Lilie, ce coup-ci, ne broncha plus, se contentant de sourire tout naturellement. Elle était contente de constater que son esprit ne s’emballait plus, et invita Marti à poursuivre.

« Nous respectons au plus haut point les Gardiens, ils nous protègent et c’est la raison pour laquelle nous avons tant besoin de vous, enfin, quand vous aurez pris un peu de poil de la bête, comme on dit. Ce qui s’est passé tout à l’heure est un tragique et très regrettable accident, nous en avons tous été très affligés, vous pouvez me croire sur parole. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour vous guérir à l’aide de mes sorts de soin et apparemment ça a été un franc succès. »

Puis il embraya joyeusement sur la suite des choses qu’il avait encore à confier à Lilie, profitant de la petite demi-heure qu’ils avaient encore devant eux avant que le sortilège ne cesse de faire effet.

« Vous êtes donc ici dans la cité des Orgamii. C’est le nom de notre…peuple. Nous ressemblons aux elfes noirs, mais sans doute n’en avez-vous jamais rencontré. Même couleur de peau, de cheveux, même origine aussi ! Mais nos destins, eux, se sont séparés il y a des milliers et des milliers d’années. Nous avions été chassés et exilés loin de Khonfas, la grande ville Shaakt du continent d’Imiftil. »

Il remua alors sa toge et Lilie put voir apparaître trois paires de bras, atrophiés, qui craquaient à chacun de leur mouvement. En temps normal, et en tenant compte de ce que Lilie venait de vivre, elle se serait sans doute une fois de plus effrayée de cette vision, mais bien sûr, sous l’effet de la magie qui l'habitait, elle ne broncha pas.

« Pourquoi est-ce que vous avez été chassés ? », demanda-t-elle sans lâcher des yeux les membres qui s’agitaient d’une drôle de façon et qui semblaient totalement désarticulés.

« Pourquoi…pourquoi…nous nous le sommes toujours demandé ! Le prétexte qui nous a été donné est que l’on est une forme d'aberration magique, un échec de la déesse Valshabarath, et une offense à la race Shaakt. Pourtant, notre Reine arachnéenne a été envoyée à Khonfas par la grande Déesse des elfes noirs elle-même, en cadeau, alors comment y croire ? Une Déesse ne se trompe normalement jamais !

Au début, elle était assez petite, docile, vénérée à Khonfas, tout ça parce qu’elle produisait d’adorables petites araignées qui servaient de chair à canon sur les champs de bataille. Tout allait bien, elle était nourrie, gavée pour être toujours plus productive, et ce qui devait arriver arriva : elle tomba malade, ou du moins, c'est ce qu'ils prétendirent tous ! »


Lilie ouvrit de grands yeux en découvrant cette histoire qui était entrain de lui être livrée. Tout ça semblait remonter à des temps très anciens, et elle avait du mal à voir le lien avec le présent de ce peuple réfugié sous la Forêt.

« Elle s'était mise à grandir, grandir, et encore grandir, prête à exploser ! Personne ne sut dire pourquoi, et nous, nous n’étions pas encore là. Elle ne produisait plus de combattantes arachnéennes, et Khonfas subissait défaite sur défaite, jusqu’au jour où elle finit littéralement par... se vider. Je vous épargne les ragoutants détails, bien peu intéressants qui plus est, mais c’est à ce moment là que le premier Orgamii vit le jour, du ventre de la Reine, accompagné d’une quinzaine d’autres membres de cette espèce, tous des mâles, avec deux bras et six pattes accrochés sur le torse, et capable dors et déjà de marcher et de parler, ainsi que de combattre et parfois même d’user de la magie. Nous aurions très bien pu nous intégrer dans la cité, nous rendre utile au combat ! Mais non, non ! Comprenez bien, nous n’étions que des pauvres mâles, des dégénérés ne ressemblant à rien ni personne et forcement, ils ne voulurent pas voir une autre espèce que la leur se développer au sein de leur ville. »

Il rangea alors ses pattes qui finirent par se calmer et se leva, invitant Lilie à le suivre tandis qu’il continuait son discours. Marti voulait apparemment la conduire hors de l’infirmerie et elle lui emboîta donc le pas, attentive et avide de connaître la suite.

« Notre Mère la Reine ne s’était pas développée comme l’avait souhaité la Déesse, voilà ce qu'ils disaient ! Mais nous préfèrons croire que c'était tout simplement l’évolution naturelle que Valshabarath a voulue pour son peuple d’elfes noirs à Khonfas, seulement, sa volonté ne fut pas écoutée.
Toujours est-il que ce fut un grand drame, et notre Mère fut exilée loin de la ville avec sa maigre progéniture humanoïde à nourrir. On ne tuait pas le fruit de la déesse Valshabarath, mais apparemment, on pouvait le bannir. »


Après cela, il resta interdit et l’air grave qui s’était figé sur son visage témoignait du dégoût qu’il nourrissait à l’égard des Shaakts de Khonfas. Lilie n’essaya pas de briser le silence, se contentant d’observer les couloirs dans lesquels ils avançaient en saluant les quelques Orgamii croisés aux airs nobles. Elle se demandait simplement quelle allait-être leur destination, mais elle n’allait pas tarder à le découvrir.

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 Sujet du message: Re: Le quartier des guérisseurs
MessagePosté: Mar 20 Juil 2010 12:40 
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La jeune elfe avait suivi les indications données par Felixis le Maître d’Armes. Elle était finalement retombée sur l’entrée de l’espère d’infirmerie gardée par deux Orgamii qu’elle connaissait déjà pour avoir essayé de s’échapper de cet endroit, mais sans succès. Ils la regardèrent simplement entrer et ne dirent pas un mot, se contentant de lui sourire chaleureusement. Ce peuple était décidément très affable et Lilie se sentait de plus en plus à l’aise en la compagnie de ces êtres si différents d’elle, à mesure que les heures passées.

D’une voix d’abord timide, Lilie appela le guérisseur qui s’était occupé d’elle depuis son réveil. Personne ne lui répondit et elle avança donc dans la grande salle principale à pas de loup, essayant ensuite de se faire la plus discrète possible pour ne pas perturber les différents malades lorsqu’elle vint à jeter un rapide coup d’oeil dans chacune des petites pièces annexes. Certains dormaient paisiblement, d’autres s’agitaient dans d’atroces convulsions, signe d’une terrible maladie qui devait les affaiblir grandement. Elle se demandait pourquoi ces gens étaient encore dans un tel état alors que Marty disposait d’une grande puissance de guérison et en vint à la conclusion que la quantité de magie qu’il avait à sa disposition ne devait pas être illimitée.
La magie était quelque chose de fascinant pour Lilie qui ne connaissait rien à la vie. Au fil des confrontations avec ce drôle de phénomène, elle en était même venue à espérer pouvoir un jour en faire usage. Si les autres en étaient capables, il y avait tout à parier qu'elle le serait un jour aussi.

Sur ces suppositions fondées sur peu de choses, Lilie finit par retrouver son ami, lui offrant le plus beau des sourires tant le fait de le retrouver la rassurait. Il l’invita à patienter quelques instants, alors qu’il était en train de soigner une affreuse plaie sur le flanc d’un blessé. Écœurée par ce qu’elle venait de voir, la rôdeuse décida d’attendre le guérisseur dans la pièce principale en songeant au fait qu’elle devrait bien un jour ou l’autre se faire à la vue du sang si elle devait être amenée à devenir une grande combattante, au nom de la Forêt Dense qu’elle chérissait tant.

Son ami la rejoignit au bout de quelques minutes, arborant une mine plutôt fatiguée, signe qu’il avait sans doute eu beaucoup de travail. Il était néanmoins à son entière disposition, se montrant aussi clément et posé qu’à son habitude.

« L’entraînement avec Felix’ s’est bien passé, ma Chère ? », s’inquiéta-t-il brusquement en observant la jeune femme de pied en cap. Il venait de vérifier qu’elle n’avait pas été blessée, et plutôt satisfait de sa constatation, il l’invita à s’asseoir pour se reposer un peu.

« Oui, très bien, il m’a montré comment bien débuter un combat, on a pas encore échangé de coups véritablement, mais bon ça ne devrait pas tarder, je suppose ! Il m’a suggéré d’aller me ressourcer un peu, alors je venais vous trouver pour… »

Lilie hésita quelques instants, ne sachant plus vraiment trop ce qu’elle avait à lui demander. Réclamer un logis pour elle seule était peut-être un peu déplacé et elle préféra laisser sa phrase en suspend, considérant que Marty l’avait sans doute bien comprise.

« …pour que je vous donne un endroit où vous reposer, bien sûr ! Tout est déjà prévu, vos appartements se trouvent dans le quartier des habitations, c’est évident, et pas n’importe où, chez les notables de la cité ! Si vous me laissez finir ma journée de travail, je vous y conduirais bien volontiers. Dans quelques dizaines de minutes, on pourra y aller ! En attendant, restez sur cette chaise et prenez le temps de respirer, de vous calmer et de reprendre des forces ! »

Lilie se demandait ce qu’une journée de travail pouvait bien vouloir signifier ici, alors que la lumière du jour n’était absolument pas perceptible de là où ils se trouvaient, dans ces souterrains profonds. Peut-être y avait-il des puis de lumière ? Mais cela devait constituer le risque bien trop important de se faire découvrir et la Taurion abandonna donc rapidement cette idée.

C’est alors que son regard vint se poser sur un drôle d’objet dans un coin de la pièce, objet à l’intérieur duquel s’écoulait un minuscule petit filet de sable doré. Il reposait à même le sol et elle pouvait constater que la quantité de sable présent dans le compartiment du haut était infime en comparaison du gros tas qui était en bas. Lilie ne dut pas réfléchir bien longtemps pour comprendre que ce devait être ainsi que les journées de travail se mesuraient.

Hypnotisée par ce flux continu de sable qui tombait inlassablement, elle manqua plusieurs fois de se laisser aller au repos. Seulement, de nouvelles interrogations sur le mode de vie des Orgamii se mettaient continuellement à voir le jour dans sa tête pour la dégager de sa torpeur...

« Bon, aller, en route ! Un collègue va venir prendre le relais ici dans quelques instants, pour me laisser enfin vaquer un peu à mes occupations ! Les échoppes, les amis, le repos, c’est mon petit plaisir ! Tout ça se passe dans le quartier marchand, nous allons passer devant, mais ne vous y aventurez pas encore, gardez la surprise pour plus tard ! Vous verrez, c’est fabuleux, tout ce que l’on peut trouver ici ! Tenez, la première boutique que l’on va voir, sur notre gauche, sera celle où l’on achète de quoi manger ! Comme ça, vous saurez déjà ça, même si je doute que vous aurez besoin de vous y rendre... Haha ! »

Marty avait abandonné ses vêtements de guérisseur et se fondait maintenant dans la masse de gens croisés en chemin. Même son comportement avait changé. Il n’était plus l’Orgamii paisible, sage et un peu moralisateur qu’il avait été durant ses heures de services. Ses paroles étaient mues par une excitation intense qui faisait de ce curieux personnage quelqu’un de finalement assez excentrique. Dans sa façon de parler, il lui faisait soudainement penser à Felixis, et Lilie se demanda alors quel pouvait bien être la vraie personnalité de son Maître d’Armes qui se montrait déjà très extraverti durant les enseignements militaires. Sans doute devait-il, en temps normal, être exubérant et à la limite de l’agacement. C'est à ce moment-là que Lilie se promit intérieurement, et avec une pointe d'amusement, de découvrir sa vraie nature durant les prochaines séances d'entraînement. En fait, plus le temps passait et plus l’elfe verte se prenait d’intérêt pour ce peuple curieux.

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 Sujet du message: Re: Le quartier des guérisseurs
MessagePosté: Mer 2 Mar 2011 18:37 
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Elle avait couru à en perdre haleine, fonçant à travers la masse de passants inquiets sans se soucier de la plaie qui continuait de saigner à chacune de ses amples foulées. Mais Lilie n’avait le temps pour rien, pas même pour avertir la foule que des intrus se cachaient parmi eux, prêt à les abattre à la moindre occasion qui se présenterait. C’était un bien grave dilemme qui se présentait à elle, mais la vie de bien trop d’Orgamii était en jeu pour qu’elle ne prît le temps de s’attarder sur quelques âmes qui allaient être sacrifiées pour l’avenir de la communauté toute entière.

Bien vite, elle arriva au quartier des guérisseurs et ne prit même pas la peine de saluer les gardes qui surveiller l’entrée. Ils la laissèrent bien évidemment passer et c’est toute essoufflée et ruisselante de sueur qu’elle appela son ami. Il se trouvait généralement toujours là, auprès des malades et elle ne se voyait expliquer l’urgence de la situation à personne d’autre que lui. Enfin, elle le trouva dans une des alcôves et à son air paniqué, il comprit que Lilie avait besoin de lui.

« Oui Lilie ? Que vous arrive-t-il ? Vous avez eu un gros choc, m’a-t-on dit… »

Il faisait sans doute allusion aux évènements qui s’étaient déroulés en présence de la Reine et qui n’avaient sans doute pas du lui plaire. Mais c’était bien le dernier des soucis de la jeune elfe verte et elle ne manqua pas de le signaler à l’Orgamii qui la fixait avec son habituel sourire bienveillant.

« Oui mais ce que je viens vous dire est de la plus haute importance et ça n'a rien à voir avec la cérémonie ni ce qui s'est passé après, même si ça a été incroyable… Marty, il faut que vous sachiez, les Shaakts sont parmi nous ! J’ai été victime d’une tentative d’assassinat ou appelez ça comme vous voudrez, regardez… »

D’un geste, elle révéla les rougeurs de son cou, là où les doigts puissants de l’elfe noir s’étaient resserrés pour lui couper le souffle. Et puis, sans perdre un instant, elle releva de l’autre main l’ample pantalon de cérémonie pour dévoiler un ruisseau de sang qui s’était écoulé jusqu’à la plante de son pied. Sans s’en rendre compte, elle avait laissé sur tout le chemin une traînée de gouttelettes de sang.

« Soignez-moi vite, je vous en prie…que je vous parle de la suite ! »

Le visage déconcerté de Marty témoignait également de son incrédulité et Lilie sentait qu’elle allait devoir se montrer bien plus convaincante si elle voulait être prise au sérieuse. S’exécutant alors, Lilie continua son exposé, la voix tremblotante alors qu’elle était au bord de la crise de nerf. S’il lui était arrivé de douter quelques heures auparavant de son identité, elle savait à présent que le rôle qu’elle avait à jouer dans cette histoire était capital et qu’elle était bien plus qu’un simple esprit dans un corps de chair. Elle était le centre de tous les espoirs et tout son être s’était lancé à corps perdu dans cette quête qu’elle avait intégré comme faisant partie d’elle. La magie, le corps, l’âme, le bien et l’avenir la définissaient à présent dans sa totalité.

« J’ai d’abord cru à l’un des vôtres, mais il m’a parlé ensuite. Il m’a dit que son horrible peuple connaissait Selarim. Qu’ils… qu’ils voulaient éliminer tous ceux qui se mettent en travers de la route de leur déesse et qu’il allait devenir riche en m’abattant. »

La plaie ne tarda pas à se refermer sous l’effet de la magie blanche mais Marty ne bougeait plus, prostré sur lui-même aux pieds de Lilie qui poursuivait son récit, elle-même bouleversée en revivant cette affreuse situation traumatisante.

« Sur son corps, j’ai trouvé un plan. Il montre l’endroit où se trouve Selarim, leur ville et les divers endroits qu’ils ont investis dans la forêt. Ce plan est précieux, regardez ! »

S’abaissant aux côtés de son ami mal en point, elle plaqua le plan au sol et attendit sa réaction, observant des larmes couler le long de ses joues sombres. D’un geste rapide, il essuya à l’aide de sa toge l’eau de ses yeux et pour la première fois, Lilie vit le chaleureux sourire de Marty faire place à un rictus de dégout. En cet instant de terrible révélation, tous deux étaient habités par le même sentiment de détresse et de terreur pour l’avenir.

« Oui… Très précieux… »

Il passa lentement son index sur le plan, caressant les contours de la ville de Khonfas avant de chiffonner impulsivement le papier. Il se redressa d’un bond et empoigna les manches de Lilie pour l’entraîner à sa suite. Passant à côté des deux gardes, il leur lança d’une forte voix :

« Faites chercher mon remplaçant pour s’occuper du quartier et faites réunir au palais le conseil de la Reine. L’heure est grave, vite ! »

Ils ne s’attardèrent pas plus devant les gardes qui s’exécutèrent immédiatement et Lilie les salua avec un air dépité avant de se diriger enfin vers le palais de la Reine.

Après

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