L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Ard’Melior
MessagePosté: Sam 6 Sep 2014 00:16 
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Ard’Melior


Entre Ard’Essith et Ard’Khorneur, la paisible petite Ardis d’Ard’Melior repose. En son cœur, la plus grande réserve naturelle souterraine connue de Sän, une huile minérale ayant des teintes allant du vert au bleu, qui s'avère être inflammable. Un véritable lac de cette matière s’étend juste sous la ville construite sur pilotis. Une position pour le moins précaire, qui doit être dirigée avec beaucoup de sang froid. Le calme, c’est la grande qualité du jeune chef actuel, Olemahn. Un géant pacifique à la peau sombre et aux muscles saillants. Sage, mais intransigeant. Et il préférera noyer ses opposants dans le Sän de ses mains puissantes que d’user de ses pouvoirs pyromantiques… fortf dangereux, en ce lieu.

L’Ardis est agrémentée en eau par de fines cascades coulant en fontaines éparses, et recueillie précieusement par les habitants, pour ne pas que les deux précieux liquides se mêlent et s’altèrent…

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 Sujet du message: Re: Ard’Melior
MessagePosté: Dim 31 Mai 2015 21:43 
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C’est à bord d’un atmos piloté par Saalafi lui-même que nous quittons Ard’Rath le lendemain, après avoir appris par les espions hommes-insectes de la présence d’Estera à Ard’Melior, cité d’Olemahn. Les chefs d’ardis doivent être présents à Ard’Essith pour dresser ensemble un bilan de la situation, et Estera a dû être envoyé à Ard’Melior pour communiquer les nouvelles de la bataille avant l’arrivée des troupes. Et veiller sur l’ardis en attendant le retour d’Olemahn. C’est lui que je compte trouver en premier, afin d’assurer une alliance forte entre Tulorim et Saalafi… Et Oaxaca, à plus long terme, si tout se passe comme prévu. Le voyage par les airs est bien plus rapide qu’en marchant, aussi arrivons-nous à destination avant midi, alors que le soleil est haut et loin dans les cieux clairs de Saldana. Saalafi s’est porté volontaire pour jouer un rôle de prisonnier, et nous nous sommes accordés sur une histoire plausible à raconter pour expliquer sa capture. Ainsi, ni lui ni moi n’avons officiellement rejoint Ard’Rath, nous rabattant sur un Atmos d’Ard’Essith pour contacter en urgence Estera. Il ne saura rien de la supercherie, à moins de fouiner plus que de rigueur. C’est un fouineur, sans en douter, et le risque est réel, mais j’espère l’effet de surprise et la satisfaction d’une victoire plus facile qu’espéré suffisants pour qu’il passe outre les détails.

Nous posons l’atmos non loin de l’entrée, et j’encorde les poignets de Saalafi derrière son dos pour le faire sortir de l’engin, en direction de la cité. L’’entrée, dans une grotte, se fait via un ponton de bois surplombant un lac aux eaux plus noires que mes yeux. Du sän, ce liquide ultra inflammable qui sert de carburant pour plein de machineries saldi, dont les lanternes presque immuables, le produit mettant longtemps avant de s’éteindre et de se consumer.

Personne ne nous arrête : ils savent qui je suis. Toute la ville, en vérité, est bâtie sur des pilotis de bois baignant dans la noire substance inondant toute la grotte. L’architecture de la cité est assez simple, et pauvre. Les maisons sont de bois, sans faste. Petites, pour la plupart, malgré certaines plus spacieuses alors que nous approchons du centre, où trône une tour de bois surplombant le tout. C’est là que doit se trouver Estera, sans aucun doute. Nous le trouvons sans peine, puisqu’il a été mis au courant de notre arrivée, et se dirige vers nous avec un air fermé. Me voyant entraîner un Saalafi prisonnier, il ne sait comment réagir. Il finit par indiquer la porte de la tour.

« Entrons. Nous serons mieux en privé pour parler. »

Serait-il possible qu’il ne fasse pas confiance aux habitants de la ville ? Même si je comprends qu’il ne veuille pas évoquer les dessous de la guerre devant toute la populace qui n’est même pas sienne. Aussitôt à l’intérieur, il me regarde avec un air courroucé.

« Cromax, je te croyais mort ! Comment se fait-il que tu ais survécu, et… et que tu l’ais eu, lui ? »

« Quand tu m’as laissé, au cœur des hommes-insectes, j’ai pu déchainer toute la puissance de mon art. Ils sont tous morts, sans exception, et je me suis retrouvé seul face à Saalafi. Il a tenté de se servir des vers des sables pour s’enfuir, mais je ne l’ai guère laissé faire. Voyant que j’étais plus fort, il a fini par se rendre à moi, et à se porter prisonnier. »

Ce n’est finalement pas si éloigné de la vérité. Le début, en tout cas. Estera reste bouche-bée, comme s’il ne pouvait y croire. Il s’insurge néanmoins.

« Pourquoi est-il encore en vie, alors ! Il a causé tant de tort ! »

Le Fou masqué relève la tête vers Estera, comme si des paroles provocatrices lui brûlaient les lèvres, mais il reste néanmoins silencieux.

« Je t’ai promis de ne pas le tuer seul. Et je ne peux tuer un ennemi qui se rend. Il a proposé quelque chose qui me semble tout à fait raisonnable. »

Je donne un petit coup de la paume de ma main sur son épaule, comme pour l’inciter à parler, soi-disant répéter ce qu’il m’a dit. Et il joue son rôle à la perfection.

« Vous avez gagné. Je capitule, en échange de ma survie. Je te rends Ard’Rath, Estera, et la liberté de diriger à mes alliés, au sein de leur cité. Je m’en irai de Saldana pour ne plus y revenir, si vous acceptez que la paix soit retrouvée. »

Estera crispe les mâchoires, les poings. Il semble réfléchir, et fulminer en même temps. La raison du sergent prendra-t-elle le pas sur son désir de vengeance, sur son envie de voir celui qui est responsable de sa déchéance mort ? En le voyant ainsi se mettre la pression, j’ai soudainement comme un doute… Qui se confirme rapidement : il explose.

« Jamais ! Pas après ce que tu as fait, traître et manipulateur. Tu ne mérites que la mort, et je te la dispenserai moi-même, maintenant que tu es à ma merci ! Pour que tout le monde sache que je mérite ma place à la tête d’Ard’Rath, et que ça n’est pas une nouvelle lâcheté de ma part, un marché véreux passé avec toi. »

Il dégaine son épée, mais je m’interpose, retenant son bras.

« Estera. Il se rend. Tu risques que la guerre se poursuive si tu le tues. »

« Non ! Je ne peux le laisser en vie. »

Il se dégage de mon étreinte, et donne un coup de pied rageur à Saalafi, qui chute sur le sol, le souffle coupé. Estera se rue sur lui pour lui arracher son masque, mais une fois de plus, je m’interpose et le saisit pour le séparer avant qu’il n’ait pu voir le visage dissimulé de ce prisonnier factice. Il se débat et me donne un coup de coude pour se dégager, se tournant vers moi avec rage.

« Je vois clair dans ton jeu depuis longtemps, Cromax. Tu n’es qu’un égoïste ! Un traître ! Pourquoi le protéger, pourquoi vouloir l’épargner ?! Quel a été le prix convenu, pour me tromper, me trahir ? »

Il pète un câble. Ce n’est pas bon, pas bon du tout. Ce n’est pas ce que j’avais prévu ni espéré. La colère l’aveugle. Il poursuit, rugissant.

« Jamais tu n’auras ta promotion au grade de sergent, je me placerai contre ! Tu seras banni de Tulorim, et traîné dans la boue. Je montrerai ton vrai visage à tous, parjure ! Vendu ! »

Ses insultes commencent à me peser un peu, et l’irritation me chatouille les muscles. Je tente de préserver un calme relatif.

« Calme-toi, Estera. Réfléchis. C’est le mieux pour Saldana. C’est l’objectif de notre mission. »

Il me repousse une fois de plus, violemment. Je manque de trébucher en arrière, alors qu’il éructe de plus belle :

« Tu mens ! Tu n’as plus ma confiance, Cromax. Gardes ! Gardes ! Ah que n’ai-je parlé de mes soupçons plus tôt aux autres. En garde, félon, tu mourras ici, ou seras fait prisonnier ! »

Il perd la boule, et cela ne me convient pas du tout. Il me menace de son épée, et a appelé la garde. Il va tout faire capoter : la mission, mon accord avec Oaxaca, et bien plus encore. Je dégaine à mon tour. Je ne peux le laisser faire. Au même instant, plusieurs gardes saldis débarquent dans la pièce, armes dégainées. Cinq, au total. Estera est fou. Il sait que je les vaincrai sans peine. Se croit-il donc si fort ? C’est un excellent combattant, sans aucun doute, mais de là à me provoquer de la sorte ? Finalement, les visions de Lysis risquent de se réaliser : je dois le tuer. Je n’ai plus d’autre choix. Lui, et tous ceux qui sont susceptibles d’avoir entendu ce qui se tramait ici. Je ne peux prendre aucun risque. Je fronce les sourcils, mécontent d’en être arrivé là.

« C’aurait pu être si simple, Estera. Si simple. Tu vas regretter tes paroles. »

Et mutuellement, nous nous ruons l’un sur l’autre, devant le regard abasourdi des gardes qui ne savent comment agir. Plus agile, plus rapide aussi, je donne le premier coup, un estoc de ma rapière qu’il dévie avec son bouclier et son armure sans le subir. Il rétorque d’un coup d’épée latéral, que j’esquive d’un bond en arrière. Nos regards se croisent alors que nous prenons tous deux une posture défensive, lui derrière son bouclier, moi avec mes lames croisées, ma métamorphe ayant pris l’apparence d’une simple épée longue basique, idéale pour les mouvements d’escrime. Mais ce repli sur moi-même, je le sais, ne joue pas en ma faveur. Attaquer, voilà souvent la clé de la victoire. À bon escient, certes, pas de manière écervelée ou foncièrement impulsive, irréfléchie, mais quand même. Un type qui passe son temps à se défendre aura statistiquement moins de chance de blesser ou de tuer son adversaire qu’un autre qui passe son temps à attaquer. Surtout dans un combat à un contre plusieurs, comme ici. Aussi, les gardes l’ont très bien compris, et deux se ruent sur moi pour me frapper de leurs lames. Les deux miennes parent les coups sans les rendre, bloquant leurs épées sans qu’elles ne me touchent, assez facilement d’ailleurs, mais ça laisse ma garde complètement ouverte à Estera, qui s’y engouffre prestement, d’un estoc fendu censé me laisser transpercer par la pointe de son épée.

Par chance, mon épée est solide, et la maille de mithril ne cède pas sous la pression, me coupant juste le souffle et me faisant me plier en deux sous le choc. Un des gardes en profite pour me donner un coup de pied dans la jambe, l’autre un coup de pommeau dans le dos. Je tombe au sol, expulsant le peu d’air qui me restait dans les poumons.

« Cromax ! »

Juste à côté, Saalafi m’indique qu’il est prêt à m’aider, mis qu’il ne peut pas faire grand-chose, les mains ainsi attachées dans le dos. Sur le sol, je le vois se débattre avec ses liens pour les détacher. Je roule sur moi-même pour ne pas me faire rosser gratuitement par mes détracteurs. Hors de question que je me laisse faire dans un combat de la sorte. Après la bataille d’hier, dont je garde encore quelques stigmates de fatigue, je ne peux me laisser faire ainsi. Même si d’entrée de jeu, je me fais plus rapidement mettre à mal par mes adversaires. Je me relève d’un bond leste, tel que j’ai appris à le faire avec l’expérience, et fais face à mes adversaires de plus belle. Je pare plusieurs coups, portés par plusieurs ennemis, avant de trouver un rythme cadencé à leurs attaques répétées. Je profite d’un creux entre deux coups, savamment calculé, pour me fendre droit sur l’un d’eux. Ma rapière entre dans sa gorge et en ressort par la nuque, avant d’en sortir pendant que je me relève, prêt à parer les coups suivants. Voilà un mort qui n’aura rien vu venir. Il s’effondre sur le sol, suffoquant à moitié dans son sang, n’arrivant même plus à crier, de par l’air qui lui fuit de la gorge par la plaie occasionnée.

Je sais pertinemment que me battre ainsi en espace clos m’offre autant d’avantages que d’inconvénients : d’un côté, le nombre d’ennemi m’attaquant reste réduit, puisque si je me place correctement, dos à un coin, ils ne peuvent être plus de trois, grand maximum, à m’attaquer sans se gêner. Mais le risque de me faire acculer est d’autant plus grand. Et c’est ce qui arrive. Bien placé, il n’empêche que je ressens de moins en moins d’aise, face à ces trois gardes qui me pressent contre le mur. En plus, je vois derrière Estera s’approcher avec le dernier soldat saldi de Saalafi toujours ligoté. Il veut l’achever alors qu’il git, mains liées, sans pouvoir se défendre. Autant que la sauvegarde de ma vie, je dois protéger ce nouvel allié contre ce nouvel ennemi. Je n’ai pas le choix. Hurlant, je me rue imbécilement sur les trois adversaires me faisant face. Sans même m’aider de mes armes, je rentre dedans sans considération. Ça a le mérite de les surprendre, et ils ne portent pas de coup fatal à mon encontre, positionnant simplement leur lame droit vers mon bide pour que je m’y empale. Il ne s’agit pas là de combattants aussi expérimentés que moi. Apeurés par mon mouvement, ils se sont tous trois mis en garde, et se sont fait bousculer sans pouvoir réagir. Sans choir toutefois.

Mais je n’ai guère le temps de m’en préoccuper. Emporté par mon élan, je me rue sur Estera qui s’apprête à exécuter Saalafi sans sommation. J’arrête son coup en lançant mon épaule dans son bas-ventre, et nous nous écroulons tous les deux sur le plancher, percutant le mur trop proche dans un râle douloureux. Moins surpris que lui, je me relève et lui ascène un coup de genoux en pleine mâchoire alors qu’il tente de m’imiter. Ça le sonne, et il retombe comme une masse sur le sol. À mon tour de jouer, pour sauver l’homme masqué des quatre guerriers du déserts qui ont jeté leur dévolu sur son corps facile à tuer. J’embroche sans peine le premier sur mon arme sous forme d’une lance, que je sors d’une plaie sanguinolente au niveau du thorax pour parer le coup du second qui m’a vu venir. Je plante ma rapière dans la gorge du premier pour m’assurer sa mort, tout en reprenant de volée les lames des deux derniers sur la garde de l’arme devenue une hache à une main et un tranchant. Dans un combat si rapproché, ça a son avantage.

De ma cognée, je frappe le genou d’un des survivants, qui s’effondre au sol dans un cri. Une lame me cueille au niveau du bassin, arrêtée par ma cote longue. Je pivote sur moi-même, changeant ma hache en épieu pointu pour éventrer le garde à genoux, portant au nombre de deux mes ennemis saldis. L’un d’eux trouve malin de me saisir par la ceinture pour m’envoyer de toutes ses forces contre la porte, qui s’ouvre sous le choc. Je me retrouve expulsé dehors, et me relève rapidement pour tenter de pénétrer à nouveau le rez-de-chaussée de cette maudite tour. À l’intérieur, Saalafi s’est relevé, mains liées, et s’est jeté vers les escaliers pour les monter, poursuivi par les deux gardes. Estera, lui, me voit entrer, relevé de sa chute, et se rue de plus belle sur moi.

« Meurs ! Meurs ! Meurs ! »

Son ire est forte, et il m’acène de maladroits coups d’épée en même temps que ses mots, aisément parés de mes armes. Le côté de mon épieu vient le cueillir sur la tempe, qui éclate sous le choc, le sonnant et faisant gicler son sang, alors que je me précipite vers l’étage. Saalafi est acculé à son tour par les deux ennemis, qui le menacent de leur épée dans un coin de la pièce. Arrivant en hurlant tant pour les impressionner que par fureur de ne pas laisser tout mon plan capoter, je les empêche d’agir en cueillant le premier d’une fente de ma rapière dans le creux arrière du genoux, et l’autre par un revers du plat de ma lame sur la poitrine, qui l’expédie contre les volets de la fenêtre, s’ouvrant sur le coup, et manquant de peu de le faire tomber en bas du premier étage de la tour. Il s’appuie sur le rebord de bois de la fenêtre, se remettant de sa peur soudaine, alors que l’autre s’effondre à genoux. Me relevant de ma fente, je viens le cueillir de mon épée bleutée dans la nuque, que je perce sans forcer, le clouant au sol dans la douleur horrible d’une mort violente.

Il ne reste qu’un garde, près de la fenêtre, blême comme un linge, et déjà, je vois Saalafi s’affairer à défaire ses liens en se jetant sur le sol près d’une épée renversée. Je ne lui prête pas plus d’attention, et vais vers le dernier assaillant survivant, le menaçant de mes lames.

« Rends-toi. Jette ton arme. »

Mais il refuse d’obtempérer. Je vais pour le tuer, quand je perçois, trop tard, son regard bifurquer sur ma droite… Estera a fini de grimper les escaliers à son tour, et se rue dans mon dos sans que je ne le voie. De toutes ses forces, il me rentre dedans, épaule la première. Je percute le garde, et nous valons tous trois par la fenêtre du premier étage. Le cri que je pousse pendant la chute n’a d’égal que celui du saldi, qui s’arrête net lorsque son corps s’écrase sur le sol, sous moi, le tuant sur le coup. Corps qui, par bonheur, amortit ma chute tant bien que mal. Je n’en suis pas moins désarmé, mes lames manquant de peu de tomber dans le lac de sän. Estera me tombe sur le râble, me coupant la respiration. Habile, et tout aussi désarmé, il reprend plus vite conscience de lui-même, et me fait une clé de bras qui m’immobilisr contre le sol, complètement à sa merci.

« Alors, Cromax. C’est ainsi que s’achèvent tes tromperies. »

« Va mourir, Estera. Tu ne pourras jamais me comprendre. »

Il me traîne dans cette position jusqu’à un rebord du ponton, me penchant la tête au-dessus du sän, comme pour m’y noyer. Je résiste, de peur de toucher le fluide inflammable. Il me force, et je résiste de plus belle. Un vrai duel de muscle et de persuasion s’engage alors. Un duel que je ne suis en mesure de remporter : il m’a à sa merci, et petit à petit, je cède du terrain.

Je sens que la fin s’approche… jusqu’à ce que soudain, la pression se relâche. Je sens sur ma nuque un liquide chaud, alors que par-dessus moi le corps d’Estera bascule dans le sän. Je manque moi-même de tomber, mais Saalafi me retient. Je me relève, essoufflé, et pose un regard perdu vers l’homme masqué. Il s’est libéré de ses entraves grâce à l’épée, et a accouru pour me sauver. Je lui dois la vie… Et lui me doit la paix, et la sienne, aussi. Comme un code d’honneur qui s’érige entre nous, il me rend mes armes, et je lui dis :

« Fuis. Fuis, maintenant. Rejoins Ard’Rath et sa régence. Je m’occupe de tout ici. Je préviendrai les chefs de te reddition, et la trahison d’Estera… »

Un mensonge, un de plus. Mais qui me sortira de bien des tracas. Saalafi ne demande pas son reste, et fuit en courant à travers les rues de la cité. Lorsque des gardes tentent de l’arrêter, il lance une de ses boules fumeuses, et disparaît de toute vue… Je ne pense plus le revoir un jour… A moins que nos route ne se croise, plus tard. Mais la mienne ne m’emmènera pas de sitôt à Ard’Rath. Je me relève à mon tour, et m’avance, fourbu, pour quitter la cité sur pilotis. Les gardes, atterrés, me regardent partir sans agir. Ils savent ma trahison. Ils savent tout. Ils doivent mourir. Alors que je passe les portes de la ville, je le murmure pour moi-même.

« Tant d’âmes innocentes périssent en ce jour. Tant de destruction pour préserver un secret. Pour préserver ma vie… »

Et à l’instant où je finis de prononcer ces mots, une explosion emporte la cité dans les flammes. Le lac entier de Sän s’est embrasé. L’explosion est telle que la grotte s’effondre elle-même dans une colonne de fumée noire et de poussière. Les flammes, hautes, passent par-dessus les pierres, alors que je me jette sur le sol pour me protéger des débris. Ainsi est détruite Ard’Rath, victime de sa propre richesse : le Sän. Et de la propre avidité d’un duo destructeur.

(Hé, de rien.)

Pourquoi la remercier d’un génocide. UN service qu’elle m’a rendu, enflammant de ses pouvoirs le lac inflammable. Mais c’est telle une coquille vide que je me lève et marche vers l’atmos abandonné. Saalafi a filé à pieds. Il n’en sera rien pour moi. Et dans le sable du désert, survolant rocs et dunes, un monstre s’enfuit, atterré de son propre méfait.

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