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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Dim 2 Nov 2014 17:43 
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Quelle épithète m'aurait le mieux aller à cet instant ? L'ingénieux Ezak ? Ezak aux pieds rapides ? La seule chose qui était sûre était que mes actions étaient empreintes d'une réussite certaine. La ruse avait de nouveau fonctionné, mon accélération inhumaine eut raison des réflexes des canidés. Une fois de plus, ils ne s'y étaient pas attendus. Mais cette réussite fut encore plus grande lorsque je pus sentir la chair du dogue tenter de résister à mes lames effilées, sans grand succès. Le flanc de l'animal se déchira littéralement sous leurs fers, et je n'osais imaginer la souffrance qu'il ressentit tant il cria à la mort.

Malheureusement, il semblait bien que Zewen avait décidé de faire tourner la roue du destin. Sans que je n'y comprenne rien, je fus agrippé à la jambe et, coupé dans mon élan, je me vis choir vers le sol. Pris au dépourvu, je dus faire montre d'une concentration à toute épreuve pour ne pas perdre mes armes, alors que dans un ultime réflexe, je tentais d'amortir ma chute à l'aide de mes bras. Sans succès...
Bien que j'eusse réussi à garder mes armes en main, c'est lamentablement que je m'écroulai sur le sol, face contre terre. Bien que frustrante, et douloureuse pour mon égo, cette chute ne m'occasionna aucune blessure physique. Toujours dans le feu de l'action, je tentai de me relever, mais j'étais bloqué, maintenu au sol par ma jambe entravée. Le regard courroucé, je me retournai pour comprendre l'origine de cette désagréable situation.

Et quelle situation... Le dernier survivant de la meute me tenait fermement la jambe de sa mâchoire. Mais étrangement, je ne ressentais rien. Pas une once de douleur, ma jambe étant fort bien protégée par le cuir de ma botte. Je devais avouer que cette scène avait quelque chose de jouissif. L'animal tentait en vain de m'arracher la jambe alors que je restais stoïque devant son échec cuisant. Cela eut le don de me faire sourire. En confiance, grâce cette incroyable suite de réussite, je me permis d'aller de mon petit commentaire.

« Ce n'est pas dans cette vie que tu te nourriras de mon cadavre gisant sur le sol. »

Une fois de trop peut-être. Car, peut-être qu'à cet instant, j'aurais dû me taire. Peut-être que pour une fois dans ma vie, j'aurais dû cesser d'être Ezak D'Arkasse et de fanfaronner en exposant ma soi-disant supériorité. Car quand la mâchoire de l'animal se resserra un peu plus sur mon mollet, je regrettai amèrement mes mots. Cette fois, il n'y eut nul cuir assez solide pour résister aux dents acérées qui pénétrèrent ma chair. De ma gorge, je ne pus retenir le cri qui vint exposer au monde toute la douleur qui m'accablait. De mes yeux, je ne pus emprisonner les larmes de douleur qui vinrent embrumer ma vue.

La jambe en feu, je m'agitai dans tous les sens pour tenter de me soustraire à cette emprise douloureuse, mais je n'y arrivais pas. Alors, dans un ultime réflexe de survie, qui n'avait plus rien à avoir avec la maitrise des armes, mais plus avec la force du désespoir, je tentai d'enfoncer mes lames dans la gorge de ce sale dévoreur de mollet. Pour la première fois, je ne pensais plus vraiment à tuer, mais plus à me dégager de cette entrave. En vérité, sous cette douleur affreuse, je n'arrivais plus vraiment à penser.

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"L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien."

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Dim 9 Nov 2014 10:38 
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Attaque AA : échec critique.

    Dans la panique de l’action, Ezak donna son coup… Un peu au hasard, il fallait bien l’avouer. La douleur devait l’aveugler, la panique animer sa main. Sa lame transperça bien des chairs… Mais ce furent les siennes qui se déchirèrent. L’épée traversa de part en part sa jambe, son mollet, déchirant son muscle dans un pic de douleur au moins cinq fois pire que ce qu’il avait déjà subi avec la morsure… Morsure qui continuait : le molosse tenait sa proie, et n’allait pas la lâcher. Le goût du sang dans sa bouche ne l’excitait que davantage, et il secouait la tête de gauche à droite, malmenant le membre déjà fort tourmenté.

    Le sire Erthog Dol’Ther ne pouvait agir avec son pouvoir de foudre, mais voyant la situation s’empirer, il décida tout de même de ne pas rester les bras croisés. Mais la distance qui le séparait de l’action n’allait pas l’aider, et son surpoids latent en faisait un courseur plutôt lent. Ainsi, c’est en trottinant qu’il commença à arriver, faisant rebondir son opulente graisse à chaque pas. Ce n’était plus là un orque de première génération. Il avait vu passer les années, ce qui chez un orque, était synonyme d’une pugnacité effroyable. Mais il n’arriverait pas tout de suite… Il n’avait parcouru que la moitié du chemin, non vêtu, lui, de bottes de rapidité.


[Ezak : XP : 0,5 (post). Mot : 1XP. - printemps.]

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Dim 9 Nov 2014 12:57 
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Et alors que ma lame devait assurer ma libération de l'étreinte douloureuse du dogue, elle échoua dans sa mission. Pire, c'est ma propre chair que je sentis se déchirer, transpercer par une lame froide et aiguisée, la mienne. Ciel quelle douleur ! En une fraction de seconde, je venais de comprendre tout le tourment que j'infligeais à mes ennemis. Dans un cri, je laissai mon buste retomber vers l'arrière, exprimant ma douleur sans retenue. Les larmes furent plus nombreuses à me monter aux yeux, et ma vue sembla vaciller à plusieurs reprises, m'offrant un spectacle agité du ciel matinal.

Mon bourreau lui, ne comptait pas me prendre en pitié, et alors que mon esprit tentait se remettre de ses émotions, des dents vinrent une nouvelle fois se raffermir sur ma jambe. Tel un chien avec sa proie, il l'agita dans tous les sens, me malmenant comme une vulgaire poupée inanimée. Je souffrais, comme rarement j''eus souffert. La douleur semblait s'être infiltrée dans chaque parcelle de mon corps, et bientôt, elle s'infiltra dans mon esprit.

Des pensées sans le moindre sens m'assaillirent, et je semblais perdre toute conscience du monde m'entourant. Mon âme voulait que cela cesse, mais prise dans ce tourbillon de maux, elle n'arrivait pas en s'en défaire. Je n'étais que spectateur de mon propre corps et mon propre esprit qui dansaient une valse effrénée, sous un hymne à la souffrance. Des mots s'échappèrent alors de ma bouche, sans raison apparente, signe que les murailles de mon esprit s'effondraient brique par brique.

« Sale chien ! ... Printemps ardent... Ton dernier sou... Ta mort est... MEEEERDE ! »

Un nouveau cri, et une nouvelle rage m'anima de nouveau. Le visage rouge, les dents serrées exagérément, une dernière fois, je tentais de me redresser de tout mon buste. Les yeux pleins de rage et vibrant d'une folie non feinte, je tentai une nouvelle fois d'abattre ma lame sur le canidé. Sans retenue, je frappai, que je perde ma jambe ou pas dans ce coup n'avait aucune importance à cet instant. Je voulais simplement me soustraire à toute cette douleur. Je voulais juste que tout cela cesse.

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Mar 11 Nov 2014 15:28 
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Attaque AA : échec.

    La douleur, étourdissante, poignante, mêlée à la prise sans relâche du cabot mutant firent que le geste d’Ezak, un peu désespéré dans la forme, fut imprécis. Il toucha le molosse, mais à la queue seulement… qu’il trancha nette. Un animal comme ça, tout couturé et percé de broches, en avait vu d’autres dans sa vie. Il ne fit que mordre de plus belle la jambe, secouant sa tête dans tous les sens en déchirant les chairs… Et le cuir de la botte.

    C’est à cet instant qu’Erthog arriva pour asséner un coup de cane puissant sur la tempe du dogue. La première fois, il ne lâcha pas prise. Mais l’acharnement de l’orque fut récompensé, lorsqu’il frappa encore, encore et encore avec l’embout en métal rond de sa canne, faisant petit à petit exploser le crâne de la bête, dans des giclures répétées qui se finirent par l’immobilisation totale du monstre.

    Enfin, les mâchoires se desserrèrent, et Ezak fut libre à nouveau d’œuvrer selon son bon vouloir… Ou presque. La plaie de sa jambe était moche à voir. Ses chairs déchirées, mêlées de la bave de l’animal, de petits morceaux de cuir, de sang et de poussière noire de la roche formant le sol… Sans parler l’omniprésence des cadavres alentours, chairs et ossement moisis, qui auraient tôt fait d’infecter le tout…

    Grave, en voyant l’état de la plaie, Erthog se tourna vers la carriole et héla d’un grognement le gobelin, qui, sortant de sa planque, entreprit d’amener l’embarcation. Pendant qu’elle arrivait, l’orque se pencha vers Ezak, et lui tendit sa cane meurtrière pour l’aider à se relever.

    « Tenez, tentez de vous lever. Je peux vous soutenir, mais pas vous porter. Rejoignons Orsan au plus vite. »


[Ezak : XP : 0,5 (post) + 0,5 (participation au meurtre). Mot : 1XP. - tortue.]

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Mer 12 Nov 2014 17:27 
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Mon coup puissant dévia sous mes muscles tremblants. Au lieu d'aller se figer dans la chair de l'animal, ma lame lui sectionna net la queue. Un moindre mal, mais qui ne risquait pas d'améliorer ma situation. La bête hideuse en avait cure de son appendice de chair. Bien au contraire, cette amputation semblait lui avoir donné un peu plus de vigueur. Si bien qu'elle raffermît un peu plus sa prise et se mît à secouer ma jambe avec plus de frénésie. Je pouvais sentir les dents aiguisées de l'animal trancher dans ma chair, l'étirant sans ménagement et la déchirant même par endroit. Cette fois s'en était trop, ma gorge libéra un nouveau cri presque suppliant cette fois. Mon dernier échec m'avait flanqué un sérieux coup au moral. Et la douleur, cette douleur, était trop présente, trop tranchante pour que je puisse faire quoi que ce soit. Je n'étais plus maître de moi-même. Comme lors du combat contre le géant du bagne, mon corps vint me rappeler sournoisement que je n'étais qu'un simple mortel. Mon enveloppe de chairs et de sang était sous la totale emprise de mes maux, et je ne pouvais rien n'y faire. Sous tant souffrance mes yeux commencèrent à se révulser violemment. Mon esprit était en train de perdre le combat et je sentais que l'inconscience me tendait ses bras. Ô qu'à cet instant, j'avais envie d'y plonger, pour me complaire dans son étreinte.

Mais il faut croire que chaque histoire a ses rebondissements...

Alors que je commençais à sérieusement divaguer, je sentis que la pression sur ma jambe commençait à se faire de moins en moins présente. C'était comme si les dents pointues s'obstinaient de moins en moins sur ma chair. Était-ce là l'engourdissement qui s'infiltrait dans mon membre ?
Dans un effort ultime pour rester conscient, je jetai un regard vers l'animal et ce que je vis fit monter l'espoir en moi. Au dessus de la bête, le sir Dol'Ther était là. Mon sauveur, armé de sa canne, frappait avec force sur le crâne de l'animal. Inlassablement, il cognait violemment la tempe de l'animal, qui, sous tant vigueur, finit par céder. Dans un bruit de bouillie caractéristique, son cerveau fut touché et il tomba raide mort, sans un couinement.

Je n'en croyais pas mes yeux, j'étais enfin libre ! Cette pensée eut le don de décharger un immense sentiment de bonheur en moi. Avec un élan retrouvé, j'attrapai la gueule de l'animal mort pour m'extirper de cette emprise qui avait trop duré. Dans un dernier râle de douleur, je me laissai retomber sur le sol ténébreux de la Lande noire.

Haletant, transpirant, et le corps tremblant encore des souvenirs de ce qu'il avait subi, je me remettais doucement de mes émotions. Je ne saurais dire combien de temps cela avait duré, mais ce fut probablement les minutes les plus horribles de ma jeune vie. Bien sûr, la douleur était bien présente, mais c'était tout de même mieux que de se faire secouer les chairs sous une mâchoire acérées. Je n'allais pas me plaindre, pas maintenant.

Les traits tirés par la souffrance, j'inclinai légèrement la tête pour jeter un regard à mon sauveur. Quelle situation étrange... Un Garzok venait de me sauver la vie. Je n'arrivais pas y croire, nous étions de deux peuples qui se haïssent depuis des siècles. Pour ce qu'il était, une peau verte au service d'Oaxaca, je le haïssais. Pourtant, sa présence me semblait ce que j'avais eu de plus réconfortant depuis des lustres. Naturellement, un sourire douloureux se dessina sur mes lèvres. Jamais je n'aurais cru être si heureux de voir un Garzok de ma vie. Je lui devais tout, et c'est sincèrement que mes premiers mots sortirent de ma bouche : « Merci.»

C'était là, la première et peut-être la dernière fois que j'avais un sentiment de reconnaissance envers une peau verte. Cela me faisait quelque peu bizarre sur l'instant. Mais plus étrange encore était la sensation que j'eus quand j'observai l'expression de son visage. La mine lourde, il fixait ma jambe sans un mot, avant de héler le Segteks pour qu'il vienne à notre encontre. Franchement, je n'aimais pas du tout ce regard. C'était typiquement le genre d'expression que quelqu'un prenait quand il constatait quelque chose de grave.

Mon sourire, disparut aussi vite qu'il était apparu. Quelque chose n'allait pas. À mesure que cette impression grandissait en moi, une boule vint se loger dans le creux de mon ventre. Tendu, je ne fis même plus attention au Garzok qui me tendait sa canne pour m'aider à me relever. La gorge nouée, je me redressai lentement pour constater l'état de ma blessure. Il fallait que je voie ça de mes propres yeux. Mais lorsque mes iris se posèrent sur ma blessure, la boule que j'avais au ventre me secoua violemment. C'était immonde. Jamais mon corps n'avait subi pareil traumatisme. Mes chairs étaient à vifs, en lambeaux, mêlés à mon sang, au cuir de ma botte déchiquetée et à la bave encore fraiche et puante de l'animal. Horrifié par cette vue, je restai un moment interdit devant le spectacle immonde de ma jambe. J'étais en état de choc.

« Non, non, non ! Ma jambe ! Je... Co... Co.. Comment je... ? »

D'un coup, la puanteur dégagée par les cadavres aux alentours m'était devenue insupportable. Je sentis mes intestins se contracter violemment et je dus me pencher rapidement sur le côté pour vomir toute ma bile. Le souffle rapide, je restais le regard fixé sur mes déchets gastriques étendus sur le sol. Dans ma tête, c'était un tourbillon de pensées qui s'entremêlaient.

Comment j'allais pouvoir me remettre de ça ? Allait-on devoir m'amputer ? Allais-je pouvoir un jour retrouver l'usage complet de ma jambe ? J'étais dévasté, complètement démantibulé. Mais alors que je m'imaginais, infirme pour le restant de mes jours, c'est la colère qui me submergea. Mes pensées allèrent directement vers le premier coupable de cette situation et bien qu'il fût déjà mort, j'eus envie de le détruire. Dans un hurlement de rage, j'attrapai mon sabre et je me jetai sur le corps inerte de la bête. Les yeux emplis d'une folie nouvelle, je plantai mon sabre avec rage dans le cadavre. Cela n'avait aucun sens, mais pourtant, il me semblait que c'était la meilleure chose que je pouvais faire à cet instant. Je le frappai encore et encore, utilisant parfois ma main libre, au point de me faire mal. À chaque coup que je lui assenais, je criai ma rage intenable. Presque à bout de souffle dans ce déchainement de violence, ma lame vint s'enfoncer profondément dans sa gorge, ouvrant une plaie béante qui répandit son sang sur mon armure draconnique d'écailles.

« Je te maudis ! » hurlai-je.

Avec rage, j'insérerai ma main libre à travers cette nouvelle plaie, profondément, me frayant un chemin à travers sa chair disséquée.

« Je t'exècre ! » crachai-je avec force.

Cette même main agrippa sa trachée, et en utilisant toute mes dernières forces, j'arrachai violemment cet organe à son corps d'origine. Sous la pression, le sang du dogue s'éjecta de sa trachée que j'avais en main pour se reprendre sur mon visage et mes cheveux qui retombait en désordre devant lui.

« Je te vomis » sifflai-je entre mes dents serrées, pleines de son liquide de vie.

Mon corps était maintenant baigné du sang chaud de mon ennemi, mais je n'en avais que faire. Aujourd'hui, mon apparence était le cadet de mes soucis. Seule avec ma rage, je laissai tomber la trachée de l'animal sur le sol, continuant à déverser son sang sur le sol rocailleux. Je m'étais vidé de toute haine, mais j'avais le gosier extrêmement sec. Étrangement, je n'avais pas envie de me désaltérer avec de l'eau, mais avec du sang... Oui, c'était complètement bizarre et je ne saurais l'expliquer pourquoi, mais j'avais cette impression que cela me ferait me sentir mieux. Mettant cela sur le compte du désespoir qui m'animait, je refusai ma pulsion, et je me relevai sur une jambe, rangeant mes armes dans leurs fourreaux.

Le regard vide, comme si mon déchainement de violence, m'avait purifié, j'attrapai enfin la canne du duc d'Orsan. Je passai l'autre bras par-dessus ses épaules, évitant soigneusement de poser ma jambe sur le sol. C'est donc à cloche pied que je me mis à avancer vers la voiture. La tête baissée, les cheveux pleins de sangs cachant un visage sans expression, j'étais dans un état second. Je n'avais plus envie de rien. Je ne savais si il fallait me résigner, ou si il y avait encore de l'espoir concernant ma jambe. Il n'y avait pas besoin d'être un guérisseur pour se rendre compte que son état était grave. Ma voix, vidée de toute émotion s'échappa entre mes lèvres, dévoilant mes réflexions.

« Je suis maintenant à peine plus mobile qu'une tortue... Je vous avais pourtant dit, de rester à mes côtés. D'une seule ligne, nous aurions défendu la voiture et peut-être que tout ceci ne serait jamais arrivé. Mais soit ! Je ne vous en veux plus. Vous m'avez tiré des griffes du Doguenard, je suppose que ça suffit pour passer outre. »

Je me tus un instant, avant de reprendre, sur ce même ton neutre, dénué d'envies de tout.

« N'y a-t-il rien que l'on puisse faire pour ma jambe ? Vous avez dit qu'à Orsan vous pouviez modifier la chair. Peut-on... Peut-on la réparer ? »

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Dim 16 Nov 2014 11:16 
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    L’orque aida Ezak à grimper dans la carriole, et y monta lui-même.

    « D’abord, se dépêcher. Ensuite, désinfecter ça, si ça n’est pas déjà trop tard. Ensuite… On verra une fois là-bas. Nous avons plusieurs… méthodes pour ce genre de cas. »

    Il farfouilla ses poches, et sortit une petite bouteille translucide, contenant un liquide jaunâtre.

    « Buvez. Ça vous fera dormir, le temps qu’on arrive. »

    Ça le soulagerait de la douleur… Une douleur oppressante. Le moindre souffle d’air putride sur la plaie irradiait dans tout son mollet.

[Ezak : XP : 1(post). Mot : 1XP. – fraise.]

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Lun 17 Nov 2014 13:46 
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Le Garzok m'aida à grimper dans la voiture. Prostré, la tête baissée et cachée par mes cheveux, je devais être bien loin de mon image habituelle. Ici, pas de menton haut, aucune démarche princière, point de regard blasé sur ce qui m'entoure. J'avais affreusement mal, au point de m'en mordre les lèvres et je n'étais pas seulement meurtri dans mon corps, j'étais aussi profondément touché en mon sein. J'étais jeune, beau, doué et intelligent. Je savais avoir toutes les qualités pour réussir. Pourtant, du jour au lendemain, l'image que j'avais de moi-même risquait de s'effondrer. J'allais peut-être devenir un estropié. Quelle vie pouvais-je imaginer ainsi ? C'était plus qu'une histoire d'infirmité. Mon amour-propre était en jeu.

Ma colère partit après mon récent déchainement de violence, j'étais vide de tous sentiments et je comprenais maintenant pourquoi. La passion qui aurait dû accaparer mon esprit était ailleurs, le laissant seul. Si je n'étais pas sous cette armure de d'écailles noires qui rejetait toutes mes peurs, j'aurais surement été en train de trembler comme une feuille.

J'avais affronté des créatures géantes, des morts-vivants, un dragon. Et pourtant, la seule pensée d'une amputation m'inspirait plus de crainte que toutes ces choses réunis. Peut-être qu'en fait, ce qui m'effrayait le plus dans tout ça était que mes rêves s'arrêtent ici. Que je devienne complètement inutile. Simplement un fantôme qui aurait effleuré l'histoire sans jamais la marquer. Tout cela pour une jambe, qui me faisait horriblement souffrir d'ailleurs.

Dol'Ther qui s'était installé face à moi éluda rapidement mes questions. Il avait l'air de dire que l'on devait se dépêcher et qu'il verrait quoi faire une fois sur place. Je n'aimais pas du tout son « si ça n'est pas déjà trop tard. » et cela me fit encore plus courber l'échine. Mais je dus bien vite relever les yeux alors qu'il glissa une petite fiole entre mais mains. Intrigué, mon regard se posa sur la fiole au contenu liquide et jaunâtre. De ses paroles j'en déduis rapidement la nature de cette mixture.

« Un somnifère... De quoi m'envoyer aux fraises rapidement... »

Il n'y avait pas d'hésitation à avoir. Avec la douleur que je ressentais, je préférais largement dormir. Je devais oublier tout ça un instant et renvoyer mes démons aux ténèbres passagères. Les muscles raidis par la douleur, je débouchai la bouteille, pressé de m'éteindre. Mais avant de porter la solution à mes lèvres, j'avais une dernière recommandation pour le Garzok pâle. Sans oser lever les yeux vers lui, je lui transmis ma dernière volonté.

« Si je ne me réveille pas avant d'être arrivé à Orsan, vous avez l'autorisation de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour sauver ma jambe rapidement. J'ai bien dis tout. »

Ces mots prononcés, je matai la fiole dans ma bouche. Peu importe ce jour, vivement un meilleur lendemain.

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Dim 23 Nov 2014 16:07 
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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Dim 13 Mar 2016 20:48 
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Lande Noire – Sanctuaire du Mort.

    L’ombre dans laquelle s’était dissout Azra finit par le mener, en compagnie de l’archisorcier Thensoor Val’Crooh, dans une lande dévastée bien loin de ce que le nécromancien avait pu demander. Nulle muraille ynorienne au pied d’une montagne abrupte. Nulle plaine parcourue d’une bataille sans espoir. Loin de tout ça, Azra se retrouva dans une lande dévastée. Le paysage, partout autour, était chaotique. Fait de roches noires dressées en pointes et en pics, et nervurés de veines de lave, le décor ne comportait pas le moindre végétal. Une région en tous points inhospitalière. Sans doute aurait-elle été boudée, si elle n’avait pas eu un tel potentiel magique. Car il le sentait : la magie était omniprésente en ce lieu. Lui qui en avait presque été dépossédé dans la tour des mages de feu, il pouvait la sentir, presque physique, partout autour de lui. Puissante, omniprésente.

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    Au centre de ce décor dévasté, un édifice. Un endroit au moins aussi empreint de désolation que le reste de la Lande. Les ruines d’un ancien bâtiment, aujourd’hui défait et sans toit. Deux flammes brulaient en haut d’un escalier menant sur ce qui fut le perron de cet endroit étrange. Tout le lieu respirait la mort.

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    Thensoor et Azra se tenaient au haut des marches, où un vieil autel de pierre supportait une étrange dague, comme faite d’âmes. Et Azra s’y connaissait. On eut dit que des dizaines, peut-être même des centaines d’âmes s’étaient agglomérées pour former la dague rituelle. Thensoor s’en empara, calmement, et regarda Azra de ses orbites vides. Puis, il parla, d’une voix aussi sombre que la nuit.

    « Je t’ai amené ici, maître de l’ombre, parce que tu me l’as demandé. Mais tel que je l’ai annoncé, je dois maintenant te tuer, afin de ne pas manquer à ma parole. Mais cette mort que je vais t’octroyer, il faudra puiser dans tes ressources les plus profondes pour la surmonter. Pas y réchapper, mais… passer au-delà, comme avant toi, voici de trop longues années, j’y suis parvenu. »

    Il laissa les mots retomber, comme pour qu’Azra prenne conscience de ce qu’il disait. Il reprit ensuite.

    « Avance dans le cercle qui recueillera ton sang. Seul tu y resteras, et tu devras en dompter la magie. Nous t’y aiderons. »

    Le pluriel était étrange, ici. Mais s’expliqua l’instant d’après, lorsque des ombres ambiantes, Akouba sortit. Le dirigeant des Ombres de Jesuir, maître des Ol’Toga, était là lui aussi. Et à son tour, il prit la parole.

    « Nombre d’êtres vivants pensent qu’il n’est de vie après le trépas. Tu ne fais pas partie de ceux-là. Tu as percé le secret des miens, et nous a prouvé ton allégeance, ton honneur. Ainsi, Azra, j’ai contacté un vieil ami pour qu’ensemble, nous t’offrions la possibilité d’un gain de puissance monumental, dont la forme… ne dépendra que de toi. Car nombreux ont échoué lors de ce rituel bravant la mort. Leurs âmes sont aujourd’hui scellées dans cette lame. »

    Thensoor renchérit.

    « Le processus demandera énormément de magie environnante. Une magie qui attirera toutes les âmes en peine de la région. Nous les maintiendrons à portée… Mais c’est bien toi qui, au-delà la mort, devra vaincre… Et te transformer. »

    Il indiqua le centre du cercle d’invocation et attendit qu’Azra s’y place, lame à la main. Leur attitude était sans équivoque : ils ne répondraient à aucune question. Azra n’avait… plus vraiment le choix. Il devrait puiser dans ses forces les plus profondément enfouies pour subsister, pour réussir…

[HJ : Nous y voilà ! Ton passage en classe tertiaire. Thensoor attendra que tu lui dises d’être prêt pour te trancher la gorge. Ton sang coulera sur toi, sur le cercle qui s’illuminera alors de la plus sombre des lueurs. Ton âme se battra alors pour sortir de ton corps… Et là c’est à toi de jouer. Libre à toi de mener ton passage en classe héroïque comme bon te semble, avec tout le BG qui t’est lié. Akouba et Thensoor, tu en auras conscience, formeront autour de la bâtisse un grand bouclier d’ombres qui empêchera les centaines d’âmes tourmentées attirées de t’atteindre pour t’emmener avec elle. Si tu as la moindre question, n’hésite pas à me MP.]


[Azra : Mot : macchab.]

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Lun 14 Mar 2016 19:49 
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L'ombre submergea le jeune homme et englouti tous ses sens. Quand il recouvra la vue, il était ailleurs. Que pouvait bien être ce lieu ? La première chose qu'il en sentit était le pouvoir. Le pouvoir omniprésent, omnipotent... il transpirait de chaque pierre, courait dans chaque goulée d'air... Autour, tout n'était que pierre noire. Le lieu semblait mort, et nulle doute que pour la plupart, c'est ainsi qu'il paraîtrait... mais pour lui, au contraire, il était vivant. Il sentait l'énergie qui coulait à flot, le pouvoir de l'ombre et des âmes... un lieu de mort, où la vie ne pouvait subsister... on lui en avait ainsi parlé. Le lieu par lequel Oaxaca était venu. La lande noire. Mais ce lieu au contraire exprimait la vie dans sa vrai nature ! La vie ne se définissait que par l’existence de la mort.

Il y avait là comme une sorte de temple en ruine. Un lieu où la mort était élevé au rang de phénomène sacré.

« Où sommes-nous ? »

Pour toute réponse, Thensoor lui expliqua qu'il l'avait emmené ici pour mourir. Aussitôt, le jeune homme se prépara au combat. Ici, il sentait que tous ses pouvoirs étaient revenus ! Il était prêt à lutter ! Mais l'archisorcier expliqua ensuite qu'il ne pouvait se permettre d'ignorer sa promesse faite aux Cadi Yangin, mais qu'il pourrait l'aider à... outrepasser la mort, comme il l'avait fait lui-même auparavant.

Azra ouvrit des yeux ronds :

« Je... je comprends... une parole est une parole. Donc plutôt que de faire de moi un macchab, vous voulez que je devienne... un mort-vivant ? »

Dans son esprit, les pensées se bousculaient à cette idée. Il tentait de peser le pour et le contre, et ne trouvait guère que du « pour ». La mort qui menaçait de l'emporter vers le néant et la damnation éternelle, détruisant son esprit par des migraines atroces, serait repoussé. Quand à Chandakar, il resterait lié à son corps. Au lieu d'être deux âmes errantes, ils resteraient liés pour l'éternité. On a déjà rêvé meilleur compagnie, mais au moins, le reste du monde serait protégé de ce fou.

Le nécromancien leva les yeux vers la liche :

« Que dois-je faire ? »

Il aurait aimé sa voix plus assuré, mais il tremblait comme un enfant. Cela faisait pourtant bien longtemps qu'il n'avait pas ressenti une telle peur ! Peut-être parce qu'il entrevoyait enfin un avenir ? Thensoor ramassa une dague étrange. C'était difficile de la décrire, en un sens, elle semblait plus faite d'une multitude d'âmes imbriquées que de métal. Il lui désigna le cercle qui « recueillerait son sang ». Charge à lui de dompter la magie des lieux pour ressusciter. Le jeune homme fut un instant pris de peur, craignant que tout ceci ne soit qu'une mascarade destiné à ce qu'il se laisse tuer sans rien faire. Cela semblait trop beau...

Mais alors, voià qu'une ombre, à peine visible dans ce sinistre environnement, se manifesta. Akouba ! L'Ol'Toga était venu assisté à la cérémonie. Il ne semblait pas peu fier de son « général » qui à ses yeux, avait compris bien plus que la plupart des mortels sur la vie et la mort. Il s'était donc joint au seigneur d'Elscar'Olth pour l'aider dans cette épreuve. Le jeune homme le remercia, plus ému qu'il n'aurait osé l'admettre. Finalement, on lui expliqua qu'il devait prendre place et se tenir prêt. D'innombrables âmes seraient attirées par le rituel. Charge à eux de les tenir à distance. Charge à lui de survivre.

Azra hocha la tête, et ce simple mouvement lui donna l'impression qu'elle allait exploser. La mort venait ! Il devait se hâter... mais une voix triomphante, inhumaine, le submergea.

(Oui ! Oui ! Le pouvoir ! L'occasion que j'attendais depuis si longtemps ! Je suis enfin là où j'ai besoin d'être !)

Le jeune homme sentit l'effroi le gagner. Toute cette magie environnante...Il repensa à la tour chargée de flamme... et maintenant cette lande chargée d'ombre... Deux éléments auxquels Chandakar était lié. Ce qu'il sentait en lui... ce n'était plus de la douleur... c'était de l'euphorie ! Et plus cette joie malsaine montait, plus il se sentait terrifié. Il se saisit la tête à deux mains :

« Qu'avez-vous fait ?! Il ne fallait surtout pas qu'il vienne en de tels lieux ! »

Thensoor resta silencieux, se contenant de lui désigner le cercle. Oui, c'était la seule solution ! Il devait se hâter ! Titubant, il se dirigea vers le cercle, dans lequel il se laissa tomber à genou. Alors il sentit, vif comme la foudre, le froid glacé de la lame passé contre sa gorge. La douleur était presque anesthésié tant il lui semblait déjà que son esprit partait à la dérive. Il ouvrit la bouche, tenta de dire quelque chose... mais c'était impossible. La tête lui tournait, la douleur était atroce... le sang... du sang partout... Le cercle se mettait à rayonner... mais pas de lumière... non... de ténèbres... des ténèbres qui engloutissaient son âme. Il sentit son bracelet s'agiter. Arek tentait de lui parler... mais il ne l'entendait pas. Il n'entendait rien...

… rien d'autre que le rire triomphant de Chandakar.

(L'heure à sonné ! L’ascension au rang d'immortel ! Tal'Rabhan ne sera plus que poussière comparé à moi ! Lui, et tous les mortels qui m'ont trahi... tous... vous souffrirez comme j'ai souffert !)

(Qu'est-ce que tu racontes ? Tu es lié à mon âme, à tout jamais ! Tu vas rester prisonnier ici !)

(Pauvre imbécile ! Tu as donc cru toutes les fadaises que je t'ai récité ? Quel naïf tu fais ! Tout cela, depuis le début, faisait parti de mon plan !)

Azra sentait la panique le quitter, comme si son esprit s'éloignait de tout. Quittant son corps en même temps que son sang. Il le sentait encore... si chaud... sur sa peau...

(Tu veux dire que lorsque tu m'as possédé...)

(Il n'y a eu aucune erreur de ma part. J'était trop faible pour contrôler tes gestes, c'est vrai, mais je savais que je pourrais contrôler ton esprit...)

(C'est faux ! Je t'ai toujours combattu...)

(… et tu as toujours échoué ! Et bien naïvement, de plus ! Pourquoi t'être imprégné de magie noire et avoir suivi la voie de la nécromancie ? La magie de la lumière n'aurait-elle pas été mieux indiquée pour lutter contre un mort-vivant ? Pourquoi avoir quitté Kendra Kâr, la cité blanche avec tous ses thaumaturges et exorcistes, pour gagner Omyre et ses nécromanciens, où les murailles elles-mêmes sont faites d'ombres ?)

À mesure que son esprit se libérait, Azra avait l'impression de voir sa vie défiler devant ses yeux. Il voyait les brimades, la haine, mais aussi la vie heureuse... Puis, il revit l'explosion de pouvoir apparemment incontrôlé qui l'avait fait chassé de chez lui. Ses recherches pour se lier à Phaïtos, apprendre la magie, développer les pouvoirs de l'ombre, absorber des fluides... comment à aucun moment il n'avait cherché à s'approcher d'un temple de Gaïa.

L'ombre qu'il sentait peser sur son esprit...

(… impossible...)

(Si, mon pantin... je t'ai toujours contrôlé, même si tu ne t'en rendais pas compte. Et cette petite faera, qui pensait pouvoir se faire ignorer de moi... pouvoir me cacher vos échanges... à moi ! Le maître du chaos et du pouvoir ! Seigneur des fluides !)

L'ombre... partout... il avait été naïf de croire avoir une chance de succès. Il méritait la mort...

(Tu m'as copieusement nourrit de fluides d'ombres... le moment est venu pour moi de m'élever au dessus de la multitude ! Mais pour cela, je dois terminer ce que j'ai commencer...)

Azra eut alors l'impression qu'une vague d'images le submergeait. Des souvenirs ! Si nombreux... son esprit agonisant ne pouvait les comprendre... encore que... si... le dernier... si fort...

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Lun 14 Mar 2016 19:55 
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Il courait aussi vite que lui permettait son imposant compagnon d'ossement, fier construction qui ne correspondait à aucune créature connue. Un être tel que Chandakar ne pouvait se permettre d'avoir comme compagnon une créature née des dieux. Non, il l'avait créé lui-même car il était son propre démiurge. Mais c'était le cadet de ses soucis, cette nuit. Pour tout dire, il s'inquiétait pour la première fois que sa création ne soit pas aussi rapide qu'un cheval. Bon sang, il ne l'avait pas vue tomber cette maudite nuit ! Il ne lui avait jamais donné l'autorisation ! Elle aurait dû attendre ! Le jour où il serait un dieu, il mettrait bon ordre dans tout cela...

Endor n'était plus loin... il le savait parce qu'il connaissait la région... mais aussi parce qu'il entendait, lointaine, la rumeur de la bataille. Au moins, ce n'était pas encore terminé...

Soudain, alors qu'il débouchait devant la clairière du château, un formidable éclair tomba du ciel. Lui et sa monture furent illuminés, crépitant d'énergie, avant de s'abattre au sol. Il se releva tant bien que mal, furieux de s'être fait prendre aussi facilement. La hâte... l'ennemie de la vie ! Pourquoi ne se souvenait-il pas de ses propres leçons de sagesse ?

Autour, des hommes brandissaient des piques et des armes diverses. Il se sentit frémir en reconnaissant les tabards écarlate de la mystérieuse organisation qui venait de se créer. Oui, c'était bien eux... l'inquisition écarlate. Comme il le soupçonnait, les lords les avaient trop longtemps sous-estimé, pensant qu'ils se contenteraient de persécuter les petits nécromanciens sans importances. Cela arrangeait bien du monde, de savoir que les nouveaux venus ne pourraient jamais inquiéter les lords depuis longtemps en place... Il les avait prévenu ! Sot qu'ils étaient, ces pathétiques insectes imbues de leur pouvoir ! Quels piètres adorateurs de Phaïtos ! Il leur avait dit que l'inquisition grandirait si elle n'était pas maîtrisée... trop de gens avaient peur d'eux... Ils l'avaient écouté poliment avant de reprendre leur conversation, les inconscients ! Et maintenant ses craintes se réalisaient : l'inquisition écarlate attaquait le château. Pas seule, bien sûr, elle n'en aurait pas été capable. C'était ce crétin d'Angmort, qui se prétendait le plus grands des nécromants ! Il jalousait Zéphanie depuis longtemps et il avait décider de la renverser. Tout de même, il fallait lui reconnaître cela : réussir à s'assurer le concours de l'inquisition écarlate était un beau coup. Les défenses du château avait dû être submergées. Zéphanie était seule. Elle était vieille et affaiblie, et tous les lords primordiaux étaient morts depuis des années.

Chandakar se releva lentement, ses orbites vides couvant un feu féroce et sa multitude d'amulettes et de chaînes en or cliquetant ridiculement à chaque mouvement. Il ne restait que lui. Le plus indigne... celui qui avait été accepté seulement pour être surveillé de plus près... Mais ce soir plus que jamais, il se sentait l'âme d'un Lord. Il ne pouvait perdre trop de temps. Il regarda les hommes qui ricanaient, serviteurs d'Angmort et de l'inquisition, ils s'amusaient :

« Regardez-le avec toutes ses babioles et ses bibelots magiques, c'est à se demander comment il soulève autant d'or ! »

« Pour sûr, on va être riche ! »

« Vous croyez qu'il a quelque chose à compenser ? »

Une forme imposante se détacha :

« Bien sûr... c'est Chandakar, dont on dit qu'il serait le plus savant et le plus grand stratège des lords... pathétique... »

Chandakar remit droite sa tiare royale aux innombrables fioritures et regarda en direction de l'énorme golem d'ossement. L'être, semblable au squelette d'un géant, n'était autre que Vanek, le compagnon d'Angmort. La liche siffla :

« Écartez-vous ! Comment de misérables insectes comme vous peuvent-ils espérer me retenir ? Même si vous étiez dix fois plus nombreux, vous ne pourriez rien contre lord Chandakar, le plus grand des lords ! »

Vanek éclata de rire et fit un geste. Un nouvel éclair tomba et le compagnon-monture du lord fut pulvérisé. Puis, le signal de l'attaque fut donné. C'en était trop ! Il leur avait donné une chance, son honneur de lord était sauf ! Maintenant...

Il commença à invoquer sa magie, à la tisser avec la rapidité caractéristique qui était la sienne. Il combina la terre, le feu et la foudre, et il invoqua cette combinaison ultime qu'il appelait « l'armaggedon de Chandakar ». Le résultat fut terrifiant, comme d'habitude. Le sol se souleva et se fendit. Des flammes grondantes en jaillirent tandis que le tonnerre claqua. En un éclair, le monde devant lui n'était plus qu'un concerte d'explosion et de craquement féroces roulant parmi les escarpes.

Quand le cataclysme se tût, il ne restait plus qu'une terre dévastée. Le rugissement des éléments avait couvert les hurlements des victimes et même leurs cadavres étaient à peine visible.

Mais au milieu de se chaos, de la fumée et des gravats, jaillit Vanek. Le monstre d'ossements n'avait pas la moindre égratignure et il porta un coup de poing qui envoya la liche voler contre un arbre. Chandakar s'effondra dans un jaillissement de babioles dorées et de chaînes arrachées. Tandis qu'il essayait de se remettre, il vit d'étranges gravures luire sur les côtes de son adversaire.

« Inconscient ! Mon maître est bien plus puissant que tu ne le penses ! Par le pouvoir des runes, il a enchanté mes ossements ! Je suis non seulement un terrible guerrier, mais en plus, la magie me protège et frappe mes ennemis ! »

En effet, il semblait qu'une bulle l'enveloppait. Dans la zone où il s'était tenu, aucune magie n'avait pu pénétrer.

« Des runes incrustées sur une armure d'os ? » souffla Chandakar, stupéfait.

Mais déjà, plusieurs runes s'étaient illuminées et la foudre tomba. La liche dû faire un bon de côté pour éviter le plus gros du choc. Mais dans la foulée, il reçu un nouveau coup de poing. Il fut soulevé de terre. Invoquant le secours des âmes, il déversa une pluie de coups sur le bras qui le tenait, sans grand résultat. L'os était vraiment dur.

« Il va falloir t'y faire, ricana Vanek... ton age, ainsi que celui dans premiers lords, arrive à son terme. »

Il le rejeta au loin, puis chargea. Chandakar, furieux, invoqua les âmes des spectres pour guider son bras et chargea à son tour, portant en quelques secondes une dizaine de coups de ses phalanges osseuses au torse de son ennemi, sans grand succès. Il fut de nouveau rejeté et s'effondra, une jambe brisée. Il n'aurait pas le temps de la réparer avant le coup de grâce. Le compagnon d'Angmort leva une main qui s'illumina, crépitante de foudre.

« Voilà pour le plus savant et le plus grand stratège des lords... je m'attendais à mieux... »

Mais il fut interrompue lorsque son pouvoir, au lieu de frapper, remonta brutalement le long de son bras. Hors de contrôle, il l'enveloppa d'une aura étincelante, consumant ses ossements.

« Quoi ? Impossible ! »

Chandakar ramassa tranquillement sa jambe et la remis en place en expliquant :

« Crois tu que la possibilité d'enchanter un compagnon par des runes m'ait échappé ? Et pourquoi ne l'ai-je jamais fait ? Ton maître et toi êtes comme tous les mortels : vous tentez des choses sans réfléchir aux conséquences. Je les ai bien vue, ces runes gravé sur toi. Ce bouclier qui te protège des magies extérieures, mais pas de la tienne ! Ces runes « invoquer », « électricité » et « dompter »... Ma dernière attaque n'avait pas pour but de te blesser, mais juste de rayer la rune « dompter ». Ainsi, tu pouvais toujours invoquer la foudre, mais tu n'es plus capable de la contrôler. C'est terminé. »

Il se releva et pris le chemin du château tandis que le golem d'ossement hurlait, achevant de tomber en cendre.

Il avait assez perdu de temps ! Il entra en trombe dans les sombres couloirs où la bataille faisait rage. Les serviteurs de Zéphanie se défendaient furieusement, mais ils étaient acculés. Avisant un groupe mené par un officier, Chandakar se dirigea vers eux avec un calme trompeur. Les combattants de Phaïtos crurent un instant à un nouvel adversaire et les assaillants ne le remarquèrent même pas. Quelques secondes plus tard, ces aveugles trop stupides pour comprendre qu'un mouvement lent ne signifiait pas une absence d'agression gisaient à terre. La liche au regard brûlant demanda à ceux qu'elle avait sauvé où était leur maîtresse. Ils ne savaient pas clairement, mais soupçonnaient qu'elle soit toujours dans sa tour. Sans perdre de temps, Chandakar se hâta dans cette direction. Il aurait bien utilisé son déplacement des ombres, mais il devait économiser son pouvoir. Et prier Phaïtos pour arriver à temps auprès de la nécromancienne.

Ce ne fut pas le cas.

Lorsqu'il arriva, Angmort n'était plus, mais sa cible gisait contre un mur, en piteux état. Malgré son age avancé, près d'un siècle, elle était toujours aussi belle. Sa chevelure était maintenant entièrement blanche et, même mourante, elle gardait un port de reine. Chandakar se précipita :

« Première Lord, il faut vous soigner ! »

Elle le regarda, d'abord avec surprise, puis, pour la première fois, elle lui adressa un sourire.

« Chandakar... il a marqué une hésitation... son invincible compagnon avait été vaincu... j'aurais dû me douter qu'un tel prodige venait de toi... »

La liche l'inspectait, cherchant des traces de blessures. Il n'en voyait aucune de fatale, et pourtant, il sentait la vie qui fuyait. Il remarqua alors que sa main était noire. Elle hocha la tête :

« Il a touché un point vital de son khi. Son fameux... contact nécrotique. L’hémorragie interne va continuer à se répandre tandis que les vaisseaux qui guide mon sang éclatent les uns après les autres... C'est inutile. Je vais enfin mourir... comptes tu prendre la place de nouveau maître des lords ? »

« Cessez de dire des inepties ! La vie, la mort, le destin... autant de règles dont il est toujours possible de se passer ! Je vais vous soigner. L'ordre à besoin de vous. »

Elle rit. Un rire qui se changea bientôt en toux rauque.

« Tu as toujours voulu t'affranchir de toutes les règles... mais il en est qui sont immuables. Rien n'est éternel... pas même toi... Ce n'est pas grave. Nous ne mourrons pas vraiment, nous rejoignons seulement notre seigneur Phaïtos... apaise-toi... laisse aller... la souffrance mène à la damnation. L'acceptation mène au repos. »

« Parler ainsi ne sied pas à la Première lord ! La défaite ne saurait être acceptable, ni acceptée ! Il y a toujours une solution... »

Il regarda autour de lui. Des établis, des ossements éparpillés, des fioles alchimiques... rien d'utile. Les lords ne faisaient rien qui puisse préserver les vivants. En revanche...

« Les prêtres ! Ces sales raclures de Gaïa qui ont soutenu Angmort ! Je vais en ramener un et le forcer... »

« Non ! Tant que je vis, je suis la Première lord et je te donne l'ordre de n'en rien faire ! »

Il se figea. Non par obéissance vis à vis de la hiérarchie. Car dans la hiérarchie de l'univers, du moins si l'univers était organisé comme il se devait, même Zewen devrait s'incliner devant lui. Mais il y avait une autre forme de hiérarchie.

Il se tordit les mains, gémissant avec une angoisse grandissante.

« Je n'ai pas fini... je n'ai pas fini... je ne suis pas sûr que ça marche ! Trop tard... encore trop tard... »


« Quoi donc ? »

Elle le regardait en plissant les yeux. Il n'osa pas la regarder en face, mais dû se résoudre à lui expliquer. Sachant pertinemment qu'elle le maudirait pour l'éternité. Comment lui faire comprendre que, par décret du divin Chandakar, elle était l'être le plus sacré de la création ? Que sa mort aurait été une insulte à l'univers ? Et que par conséquent il avait tout mis en œuvre, sans son consentement, pour qu'elle ne rejoigne jamais Phaïtos ? Elle ne réalisait pas sa propre importance. Lui-même, au début, avait été furieux de cette femme qui voulait commandé à son destin... mais il ne l'avait pas tué. Il aurait voulu... mais il n'y arrivait pas. Et il ne comprenait pas pourquoi cette incapacité. Il lui avait fallut des années pour comprendre que c'était dans l'ordre des choses : elle était divinement belle et intelligente, et cela faisait qu'elle ne devait pas mourir. Les autres sots ne comprenaient pas. Mais lui, il comprenait. Il voyait plus loin que les pauvres insectes humains. Tout comme lui, petit paysan devenu être divin par la grâce de sa propre volonté, elle avait connu le même destin. Elle aussi avait traversé des épreuves incroyables. Elle avait rassemblé les Cinq lords primordiaux. Puis, ils avaient recruté Chandakar pour le surveiller, car ils le craignaient. Il avait accepté pour les détruire de l'intérieur, conscient que leur « surveillance » aurait ses failles. Il ne l'avait jamais fait car sa divine volonté ne voulait plus. Pour Zéphanie. Cette femme merveilleuse qu'il avait rencontré juste après avoir conçu le sort pour devenir un seigneur liche.

Il avait tout raconté, pêle-mêle, dans un fatras de mots incohérents... elle l'avait suivi en silence. Lorsqu'il se tût, elle garda le silence. Ne se vexa même pas qu'il ai tenté de la rendre immortelle, ce qui était une insulte à Phaïtos. Elle lui fit signe de s'approcher.

« Tu vas me tuer. C'est bien. Moi, Chandakar, je déclare que je suis condamné à mort ! Je ne mérite pas de vivre. »

Elle sourit à nouveau. Sa voix était faible et elle murmura :

« Lord Chandakar, réfléchissez et vous réaliserez que vous n'avez jamais prononcé cette condamnation. Car vous avez, au moins au fond de votre âme, compris ce qu'était l'essence du cycle de la vie et de la mort... Nous avons rarement été d'accord, mais il est une chose que je n'avais pas réalisé... Vous... êtes... le Sixième lord. »

Son regard se faisait vitreux.

« Phaïtos... que je vous rejoigne ou non... je reste votre humble servante... mon seigneur... »

Et elle mourut.

Et Chandakar hurla. Il hurla comme jamais. Il ne savait pas pourquoi. Il ne comprenait pas pourquoi son corps cessait soudain de lui obéir ainsi. Mais il en avait besoin. Trop de souffrance. Trop d'échecs. L'espace d'un instant, il redevint le petit adolescent malingre qu'il était il y a plus d'un siècle. Puis, il maudit le monde. Il maudit la souffrance. Même maintenant qu'il n'avait plus de chair, plus de nerfs, il pouvait encore souffrir ! Inconcevable ! Les dieux... tout était leur faute ! Les dieux, le monde... tout cela n'était qu'une immense mascarade.

Il fallait que cela cesse ! Pourquoi est-ce que la souffrance ne partait pas ? Elle partirait, bien sûr... mais pourquoi si lentement ? Une mascarade. Des corps en morceaux, une âme en morceaux. La haine de l'infini et de sa non-existance. Maudits ! Soyez tous maudits ! Traîtres ! Pantins du destin ! Tous ! Sur ce monde et sur tous les autres, pour tous les crimes et pour votre indifférence, pour votre bêtise et votre inconscience, vous paierez... oh oui, vous paierez...

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Dernière édition par Azra le Mar 15 Mar 2016 21:13, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Mar 15 Mar 2016 11:38 
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Dans les ombres de son esprit, Azra regardait le champ battu par les vents. Était-il mort ? Qu'est-ce que tout cela voulait dire ? Une étincelle de volonté et de colère se ralluma en lui.

(Vas-tu t'expliquer Chandakar ? Que s'est-il passé ?)

Une onde d'énergie. Une forme immense, faite de flamme verte se matérialisa, et le souffle qu'elle générait le jeta hors de son corps, faible et aveugle.

LA DERNIÈRE ÉTAPE... JE SUIS ENFIN LIBRE... DE LA SOUFFRANCE ÉTERNELLE...

Cette seule voix... le jeune homme eut l'impression d'être balayé par sa puissance. Mais plus que cela, il ressentait une froideur et une distance abjecte. Celle d'un être qui pourrait tuer sans même y penser. Regarder l'anéantissement d'un monde sans battre d'un cil. Briser des vies sans même voir le mal qu'il pouvait y avoir à cela. C'était donc vrai... Chandakar avait évolué vers une forme supérieure... Il chercha désespérément un moyen de le contrôler.

(Tu trahis la volonté de Zéphanie d'Endor ! Tu es indigne des lords !)

JE NE SUIS PLUS UN LORD... MON HUMANITÉ S'EST FONDUE EN TOI... TU ES DÉSORMAIS COMME MOI... SEUL AVEC MES SOUVENIRS... AVEC MA SOUFFRANCE... C'EST SI BON D'ÊTRE DÉLIVRÉ...

Azra sentait son esprit qui partait à la dérive. Il recommença à voir... En dehors de son corps, Thensoor et Akouba luttaient contre les ombres. Ils luttaient pour lui... Mais la tâche devenait difficile. C'était difficile à dire, mais il lui semblait que la forme d'Akouba, ombre parmis les ombres, vacillait légèrement. Chandakar n'absorbait pas que sa magie ! Il absorbait tout ce qui l'entourait !

LA MORT VIENT TE CHERCHER... AINSI QUE TOUS LES MORTELS... QUAND À MOI, JE SUIS MAINTENANT UN DEMI-DIEU...

Non ! Hors de question ! Il n'allait pas trahir la volonté de Karin ! Ni les espoirs de son peuple, celui des Ol'Toga ! Ni ce sorcier qui prenait des risques, luttant contre la mort elle-même, pour lui donner une chance ! Il tenta de se débattre, de regagner son corps. Il lui semblait qu'il devait nager dans les airs... mais non, il n'avait plus de corps, il ne pouvait nager.

Alors, émergea de son bracelet une petite forme. Une jolie femme toute pâle dont les bras étaient aussi des ailes de corbeau. Sur sa tête, un crâne de corbeau en guise de casque et dans son dos, une cape de plume noire. Arek !

(Ne perd pas espoir ! Nous, les faera des anciens lords, avons trop longtemps attendu ton retour ! L'ordre est revenu à la vie, et il attend son premier messager ! Il t'attend ! Les messagers du corbeau, ainsi se nomment-ils...Pour toi, pour moi, pour eux... ne renonce pas ! Souviens-toi de la nature des esprits et des spectres...)

Mais alors, il sembla qu'un grand vent se levait. Azra vit son corps rayonner d'une énergie verte sinistre qu'il commençait à connaître.

AAAAH... LA FAERA... FLUIDES DÉLICIEUX...

Arek luttait et la chaire même d'Azra se racornissait, brûlée de l'intérieur par la magie qui y pulsait.

VOUS NE POUVEZ ÉCHAPPER À VOTRE DESTIN... JE VOUS CONSOMMERAIS JUSQU'AU DERNIER !

(Laisse-la !) cria l'âme du jeune homme.

Mais il n'appartenait déjà plus à ce monde. Ses yeux se portèrent sur les deux morts-vivants qui le défendaient, puis sur la faera... il avait déjà accompli bien des choses. Elle avait raison, et Akouba l'avait rappelé : il avait appris à voir par-delà des apparences. La mort n'est pas un long sommeil, c'est au contraire l'heure de l'éveil !

Il réfléchit. Il devait chasser Chandakar hors de son corps... Il s'agissait là d'une affaire d'esprit. Il ne servait à rien de se débattre avec ce fantôme, souvenir faussé d'un corps qui n'existait plus. Il devait se mouvoir avec son esprit ! Il se précipita vers la faera à la force de sa volonté pour lui venir en aide. Elle résistait comme elle pouvait, mais semblait devoir se faire aspirer vers le néant... Azra banda sa volonté et tenta de la retenir... sans succès. Non, il devait attaquer par un autre angle... Il se précipita sur son propre corps, toujours baigné de la lumière ténébreuse du cercle. C'était de là que Chandakar tirait sa puissance ! Il le percuta de plein fouet et poussa de toute la force de son âme, de toute la force de sa volonté.

Il ressentit enfin... non de la colère, car l'ancienne liche ne pouvait plus guère éprouver de tels sentiments, mais une gêne doublée d'une once de contrariété.

(C'est mon corps... à moi !)

Il poussa... poussa... et l'esprit ardent fut rejeté. Profitant de sa distraction, Arek se précipita pour se réfugier dans le bracelet de Phaïtos. Alors, Chandakar poussa un hurlement de douleur. Il le sentit s'élever... un peu trop. Il sortit du bouclier dressé par les deux êtres d'Aliaénon et fut aussitôt entraîné par une horde de spectres enragés.

Même ainsi, il n'y avait que l'ombre d'une lointaine notion de colère en lui. Il n'avait pas peur, et Azra se doutait bien que ce n'était pas fini. Il était bien plus puissant que ces pauvres âmes en peines et se libérerait bientôt, quittant cette lande noire certes riche en festin de magie mais aux habitants trop peu accommodants. Alors, il reprendrait sa route et retournerait sur Yuimen pour poursuivre ses sinistres desseins.

Mais l'heure n'était pas encore à se soucier de cela. Azra reprit possession de son corps ravagé. Son esprit... ce fantôme tel qu'il l'imaginait, c'est-à-dire à son apparence... il savait qu'il n'avait pas de forme réelle. Il entreprit donc de le manier comme des fluides, de le répandre dans chaque ossement, de relier chaque élément... Il ne sentait plus la moindre trace de chair, mais c'était sans importance. Il comprenait suffisamment la magie pour savoir qu'elle soutiendrait ce qui en avait besoin. Il s'intégra à chaque pore de chaque ossement, prenant conscience de son être comme jamais. C'était... étrange. Comme si sa conscience n'était plus seulement dans sa tête, mais dans chaque fibre de son être.

Il ne voyait toujours rien. Comment résoudre cela ? Voyons... bien sûr, il n'avait plus d'yeux... il se concentra et, comme il avait relié les os, il recréa des yeux avec son esprit. Oui ! Il fit de même avec chacun de ses sens. Oui ! Puis, il chercha à se redresser. Lentement, son corps se déplia et il se releva. La renaissance... il avait réussi ! Il regrettait un peu de n'avoir pu voir Phaïtos, même de loin. Les morts lui revenaient de droit, après tout... Le jeune homme - non, la liche ! - se jura d'aller le voir un jour pour corriger ce manquement.

Il regarda les spectres qui dansaient autour du bouclier. Et pour la première fois, s'éleva une voix nouvelle, sinistre et chargée d'ombre :

« Arrières, âmes perdues ! Je ne suis pas des vôtres. »

Son âme n'était plus accessible, les spectres se retirèrent et le bouclier tomba. Akouba et Thensoor se tournèrent vers lui mais restèrent silencieux. Azra tentait de prendre la mesure de la situation. Il était libéré de Chandakar, libéré des migraines... plus de mort imminente à l'horizon... il s'y était si bien habitué que cela lui semblait inconcevable... Et pourtant...

Mais maintenant, il était puissant. Très puissant. L'heure était venue de mener l'offensive contre les armées d'Oaxaca et de sauver les peuples de l'ombre d'Aliaénon qui l'avaient soutenu ! Il se sentait moins craintif, plus sûr de lui... Il n'était plus un simple mortel !

Tournant sa carcasse d'os vers les deux autres morts-vivants, il proclama :

« Merci à vous, mes amis. Je vous dois tout et je ne l'oublierais pas. Quelque soit l'aide dont vous aurez besoin à l'avenir, je vous l'apporterais. Mais l'heure est venu de retourner à la guerre. Akouba, je sais que tu ne peux rien faire de plus, tu peux prendre un repos bien mérité, j'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir, et que je puisse payer ma dette envers toi. Thensoor, votre cité est-elle toujours sous la menace d'Oaxca ? Si tel est le cas, je vous aiderais à la reprendre, mais pour l'instant, l'urgence pour moi est de sauver mon monde. Cette dague que vous avez utilisée, est-elle sacré et destinée à rester ici ? Ou pourrait-elle m'être utile dans la bataille qui s'annonce ? »

(((1384, total : 5225)))

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Dim 20 Mar 2016 12:00 
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    Une fois le rituel terminé, et Azra relevé parmi les morts dans sa nouvelle enveloppe charnelle plutôt macabre, les âmes tourmentées se turent, et s’en retournèrent à leurs errances de l’autre monde. Celui de l’invisible, celui du froid immortel. Celui que venait de rejoindre, à son tour, Azra le nécromancien. Akouba et Thensoor vinrent se placer autour de lui, et écoutèrent ses paroles sans ciller. Akouba opina lentement du chef lorsqu’Azra constata qu’il ne pourrait guère l’aider, là où il allait se rendre.

    « Tu as réussi à traverser la mort et à en ressortir puissant, nécromancien. Tu fais partie des miens, maintenant. Viens à Jesuir, et toujours tu trouveras notre porte ouverte, chez les Ol’Toga. »

    Thensoor Val’Crooh, lui, sembla presque triste dans son attitude lorsqu’Azra évoqua Elscar’Olth, bien que ça ne puisse se lire sur son visage d’os, ni dans ses orbites creuses.

    « Ce n’est plus là ma cité. Un sorcier, soumis à votre Reine Sombre, vient de s’y faire élire dirigeant, prenant la place que j’occupais sur le Grand Trône d’Os. Il n’y a guère plus qu’un peuple soumis, à Elscar’Olth. Bouillonnant de rage de se libérer de cet envahisseur, mais trop faible et pas assez volontaire pour le faire. Vous avez raison : sans vaincre leurs armées, sans vaincre Vallel, Elscar’Olth ne sera plus jamais libre. C’est là qu’est la priorité. »

    Il lorgna la dague, tombée sur le sol au centre du cercle rituel.

    « La dague est liée à ce lieu, elle ne sera d’aucune utilité, ailleurs. Les âmes qui la composent seront dissoutes, dans un endroit où la magie est moins dense qu’ici. Elle ne vous sera guère utile, à Andel’Ys. »

    Puis, après avoir repris sa respiration, il poursuivit :

    « J’ai tenu parole : je vous ai tué. Et maintenant vous voici, mort-vivant, marchant sur le monde qui vous a vu naître ainsi. Je peux nous mener au cœur de la bataille qui fait rage, à Andel’Ys, si tel est votre désir. Je vous aiderai dans la bataille. »

    Un nouvel allié fort puissant, qu’il faudra utiliser à bon escient.

[Azra : 0,5 (introspection) + 2 (exploit : rituel de passage) + 0,5 (enquête) + 0,5 (informations reçues) + 5 (bonus longueur). Mot : 1 bon ! - acade.]

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Dim 20 Mar 2016 16:14 
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L'Ol'Toga semblait assez fier du nécromancien et exprima son souhait de le revoir un jour dans son village.

« J'y compte bien... Lorsque je reviendrais vers Elscar'Olth, j'espère pouvoir passer par Jesuir. »

Mais Azra avait conscience que ce nouveau jeu du destin, à travers encore une fois les élucubrations de sa faera, risquait de l'amener encore bien loin. Qui étaient ces « messagers » qui l'attendaient ? Mais l'heure n'était pas à cela. Thensoor expliqua qu'Elscar'Olth, malgré son désir de liberté, s'était soumise à un autre que lui. Il n'était plus un seigneur de la lande noire, juste un sorcier déchu mais déterminé à lutter jusqu'à la mort pour vaincre Vallel et ainsi avoir une chance de libérer sa cité.

« Nous irons donc ! Et notre chemin laissera un acade de mort parmi nos ennemis ! Mais je dois d'abord savoir de quoi vous êtes capable. Relever les morts ? Plonger le champ de bataille dans les ténèbres ? Aspirer la vie d'un ennemi ? De plusieurs ennemis ? »

Il prit alors dans son sac la gemme de vision et se concentra dessus. Avec la magie qui affluait autour et sa nouvelle condition qui le rendait particulièrement réceptif, Azra comprenait maintenant parfaitement le fonctionnement de la pierre. Charis les avait réveillée, et il les sentait, un peu partout à travers le monde. Sans doute pas toutes, non... mais il en sentait certaines qui étaient entre les mains d'esprits yuiméniens, certains bien connus.

Son âme s'envola et il trouva bientôt un esprit familier. Mathis. L'imbécile était toujours vivant et visiblement retourné à Andel'Ys. Comment avait-il pu obtenir une pierre ? Peu importait. Il regarda à travers l'objet et vit que le bellâtre était en bonne compagnie. Impossible d'entendre ce qu'il disait, mais autour les forces d'Omyre étaient partout. Y compris dans la ville ? Avait-il trop tardé ? Il y avait des troupes au pied du mur... d'autres occupés à le monter... cela ne ressemblait pas à des soldats occupants tranquillement la zone... Non, il y avait d'autres armées à l'extérieur ! Impossible d'en dire plus d'ici...

Il reprit conscience comme l'archisorcier se proposait de le téléporter à la bataille.

« Inutile de fatiguer votre magie, vous aurez bien assez à utiliser ! »

Sortant son sifflet, il invoqua le cheval ailé et grimpa dessus.

« Voici un don fait par une étrange entité. Dès que j'aurais une meilleure idée de vos pouvoirs, nous partirons sans plus attendre pour défendre les remparts d'Andel'Ys. »

Aider ce blondinet de malheur ne lui plaisait pas, mais si la cité était assiégée et les armées d'Omyre à l'intérieur, alors il fallait à tout prix les empêcher de prendre pied sur les remparts !

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 Sujet du message: Re: La Lande Noire
MessagePosté: Sam 26 Mar 2016 10:51 
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    Akouba salua le nouveau seigneur liche avec déférence, et comme il l’avait déjà fait par le passé, disparut en s’enfonçant dans le sol, paré sans doute à rejoindre Jesuir et la patrie secrète et souterraine des Ol’Toga. Azra resta donc seul avec Thensoor, le puissant archisorcier, liche ancestrale.

    « Trop nombreux sont mes pouvoirs, pour les décrire ici. Mais je manie les ombres, et non la mort. Et si je ne peux la créer, je peux la manipuler. M’y fondre et y fondre ceux que je touche, les porter dans les ténèbres, les y dissoudre et les relâcher enfin, là où bon me semble. »

    Un peu imprécis, certes, mais c’était mieux que rien. Azra n’aurait pas de suite un long discours sur les secrets enfouis d’un puissant sorcier de la Lande Noire.

    Le cheval invoqué, Thensoor le lorgna avec circonspection, mais accepta de bonne grâce de grimper sur son dos. Il ne semblait guère habitué à la monte, encore moins sur un cheval ailé. Et lorsqu’il y fut juché, le duo partit tout droit en direction des murailles d’Andel’Ys. (suite lorsque je ferai la màj d'Andel'Ys.)

[0,5 (utilisation de la pierre) + 0,5 (invocation des chevaux) + 0,5 (enquête). Mot : 1 bon !]

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