L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Le Campement du Désert
MessagePosté: Jeu 16 Nov 2017 11:41 
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C'est en fait, grâce au turban bleu qu'elle le repéra. Tout d'abord, elle ne vit qu'une forme couchée sur le sol. Il lui fallut quelques instants pour comprendre pourquoi il ne bougeait pas : sa jambe semblait coincée sous un rocher.

Soulagée de l'avoir retrouvé, elle approcha. Mais, dès qu'il l'aperçut, son expression se tendit.

"Attends ! N'approche pas !", laissa-t-il échapper dans un souffle.

D'une main tremblante, il lui désigna un pan rocheux en surplomb.

C'est alors qu'elle entendit le grondement. Elle leva la tête et l'aperçut : une hyène aux babines retroussées. De la bave gouttait de sa mâchoire et ses yeux jaunes la fixaient.

Le jeune homme s'étendit autant qu'il pu pour attraper une pierre à sa portée. Il prit un instant et la lança vers la bête sauvage. Celle-ci émit un glapissement tout en l'évitant. Elle se mit alors à ricaner avant de se remettre à gronder sourdement. Sans doute était-ce ainsi qu'il avait pu la tenir à distance jusqu'à présent.

Le son de ce rire inhumain glaça le sang de la jeune femme. La peur se mit à lui serrer les entrailles. Tremblante, elle s'empara de la fronde qui était à sa ceinture, tout en observant la bête qui faisait les cents pas sur son promontoire. On aurait dit qu'elle cherchait le meilleur angle d'attaque. Jadaïn se pencha, sans quitter celle-ci des yeux, et chercha à tâtons quelque pierre qui pourrait faire l'affaire.

Elle en trouva une et la glissa dans le renfoncement usé de l'arme. Sa fronde en tissu n'était plus ce qu'elle était. Les fibres usées accrochaient sa main et avaient perdu de leur souplesse. Elle espéra que cela ferait néanmoins l'affaire.

Tout en se concentrant du mieux qu'elle pouvait, elle prit une grande inspiration. Elle laissa son bras droit décrire un long moulinet et la pierre partit. Cependant, son œil blessé ne lui permettait pas d'ajuster ses tirs comme à l'habitude et la pierre vint seulement cogner contre le surplomb rocheux.

La hyène gronda de plus belle et se rapprocha, comme prête à bondir sur la jeune femme. Ceci eu au moins le mérite de dévier son attention d'Artak. Celui-ci en profita pour jeter une nouvelle pierre qui toucha l'animal à la patte.

La bête fit un écart et poussa un gémissement. Jadaïn en profita pour chercher une nouvelle pierre à glisser dans la fronde. Sa main tremblante en trouva une et elle se concentra avant de faire un nouvel essai.

Comme elle tentait de faire le vide et d'oublier la peur qui l'envahissait, elle sentit soudainement le bracelet de son arrière grand-mère devenir chaud. Elle craignit de se trouver à nouveau entravée par le métal brûlant. Ce n'était absolument pas le moment !

Mais c'est au contraire une grande confiance qui l'envahit peu à peu, la douce chaleur se rependant jusque dans son épaule.

Elle sentit la trajectoire que s'apprêtait à prendre la hyène, visualisa le trajet de la pierre, rencontra le souffle qui l'habitait.... Alors, elle fit tournoyer son bras et le projectile fendit l'air.

La hyène s'apprêtait à bondir de son promontoire lorsque la pierre l'atteignit en plein crâne. Elle s'interrompit et retomba lourdement.

La jeune femme resta un instant pantoise, ne sachant si elle l'avait eue pour de bon ou non.

C'est alors qu'elle avisa Artak, toujours prisonnier du rocher. En quelques enjambées, elle le rejoignit. Il était livide et de la sueur perlait à son front.

"Je... Aide-moi, tu veux ? Je n'arrive pas à me dégager. J'ai perdu l'équilibre et des pierres se sont mises à rouler."

Une pierre de grande taille bloquait sa jambe. La jeune femme tenta de la soulever, mais elle bougea d'à peine de quelques millimètres.

"Mmff... Elle est trop lourde !", souffla-t-elle, la voix minée par l'inquiétude.

Le jeune homme regarda aux alentours mais ne vit aucune branche, aucun bâton qui pourrait faire levier. Puis, il avisa une pierre de taille moyenne qui était plus plate que les autres.

"Prends cette pierre, si tu peux."

La jeune femme fit comme il l'avait dit et amena à gros efforts la plaque minérale.

"Voilà, glisse la pointe sous la roche qui me bloque et place une autre pierre sous la première. Au milieu...", reprit-t-il d'une voix où transparessait la douleur.

"À présent, essaie d'appuyer au bout de la pierre plate. Pendant ce temps, j'essaierai de me dégager."

Jadaïn se plaça comme il l'avait proposé et appuya de tout son poid sur la pierre. Ses cheveux mouillés par la sueur lui collaient au front.

L'inquiétude la stimulait. Il fallait qu'elle le sorte de là. Sans cela, elle ne voyait pas très bien ce qu'elle pourrait faire pour retrouver le campement ou le temple de Toumlanayh.

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Dernière édition par Jadaïn le Ven 17 Nov 2017 12:28, édité 7 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Campement du Désert
MessagePosté: Ven 17 Nov 2017 00:15 
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Après trois essais infructueux, qui leur firent presque perdre patience, le jeune homme parvint enfin à se glisser hors du piège. Alors, il se laissa tomber sur le sol, soulagé. Lui aussi était exténué par la tension de ces dernières heures.

Jadaïn se laissa aller sur un genou, reprenant son souffle. Ils étaient enfin saufs !
La jeune femme offrit son visage au soleil et au vent du désert.

Mais soudain, comme elle profitait de ces instants de soulagement, un nouveau grondement retentit derrière eux. Ils se tournèrent d'un bloc, tétanisés.

La hyène était debout. Elle oscillait légèrement sur ses pattes et du sang ruisselait de la blessure de son crâne. Elle s'apprêtait à bondir.

La jeune femme n'eut pas le temps de récupérer un nouveau projectile. Et c'est son instinct de survie qui la fit porter la main à sa dague.

Comme l'animal fonçait de tout son poids vers elle, les babines révulsées, elle se projeta de côté et enfonça la dague entre ses côtes. La hyène s'effondra sur la lame et la jeune femme se dégagea vivement, essayant de se mettre hors de portée des crocs de la bête.

Cette dernière, d'un regard vide tenta de la déchiqueter, mais, ses crocs se refermèrent dans le vide. La détente qu'elle pensait avoir, était à présent entravée par l'arme entre ses entrailles. Elle eut un ultime soubresaut, puis, un flot de sang gicla de sa gueule et elle retomba inerte.

Jadaïn tremblait de tout son corps. Elle avait chaud, elle avait froid, la gorge sèche. Elle mit un moment à entendre qu'Artak lui parlait.

"Tu es arrivée à temps. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si... "

La jeune femme hocha la tête pour toute réponse.

Se rendant soudain compte de son état, Artak se releva tant bien que mal et boita jusqu'à elle en grimaçant.

Puis, il lui posa une main sur l'épaule.

"C'est la première vie que tu ôtes ?"

Jadaïn hocha la tête, affirmativement. Puis, des larmes se mirent à couler sur ses joues. Des larmes de soulagement, de peur, ... La tension de relâchait enfin.

Le jeune homme s'avança vers la dépouille. Puis, s'agenouillant avec difficulté, il retourna la bête et retira la dague d'un coup sec.

Il entreprit ensuite d'ouvrir l'animal dans sa longueur. La viande de hyène était infecte. Néanmoins, il voulait récupérer la peau. Dans le désert, rien ne se perdait.

Pendant qu'il s'attelait à la tâche, la jeune femme ne bougea pas. Tout lui semblait trop lumineux, comme irréel. Elle voyait les gestes d'Artak, mais il lui semblait que son esprit était incapable de mettre des mots sur ce qu'elle percevait.

Pourtant, peu à peu, le calme revint. Le soleil éclairait de ses derniers rayons les environs. Et de longues ombres se dessinaient parmi les rochers.

Artak eut bientôt terminé son travail de patience. Enlever la peau d'un tel animal n'était pas une mince affaire. Il fallait couper patiemment tous les filaments de chairs qui retenaient celle-ci à la carcasse, sans la trouer.

Enfin, il eut terminé. Il roula soigneusement la fourrure. Puis, il se déplaça jusqu'à la tête de l'animal et s'acharna sur la mâchoire de celle-ci. Une odeur immonde s'en échappait. Mais à force de persévérance, il parvint à extraire l'une des canines.

Il se tourna alors vers Jadaïn et lui tendit le trophée.

"Tiens, c'est important, une première chasse... Même si c'est la proie qui s'est finalement faite chasseur."

La jeune femme plongea son regard dans celui d'Artak. Quelque chose s'était passé. Jamais plus leur relation ne serait la même. Ils étaient à présent liés et elle ne savait qu'en penser.

Elle prit la dent et la glissa dans un repli de sa tunique orangée. Puis, elle se releva.

Artak tanguait. Sa jambe semblait le faire de plus en plus souffrir. Elle ramassa la peau enroulée et la lui tendit. Puis, sans mot dire, elle passa un bras derrière le dos du jeune homme et plaça le bras de ce dernier sur ses propres épaules.

Il lui jeta un regard de gratitude et ils entamèrent le retour vers le campement.

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Jadaïn, Humaine/Peuple des Dunes, Rôdeuse


Dernière édition par Jadaïn le Ven 17 Nov 2017 12:29, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Campement du Désert
MessagePosté: Ven 17 Nov 2017 11:28 
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Artak ne pouvait s'empêcher de peser de tout son poid sur les épaules de Jadaïn. Il faisait de son mieux pour avancer sans gémir, mais sa jambe semblait le lancer atrocement.

Après un long périple sur le sol rocailleux, ils virent enfin le chameau et la tente.

Le soleil était à présent presque couché, il n'émettait plus qu'une fine lueur bleutée et le froid tombait sur le désert.

Jadaïn était trempée de sueur. Elle avait serré les dents tout le long du trajet, puisant dans ses dernières ressources pour ramener Artak au campement.

Heureusement, ils n'étaient pas aussi éloignés de la kamara qu'elle le pensait. Lors de ses recherches, elle avait perdu beaucoup de temps à repérer les traces du jeune homme.

Aussitôt arrivés, Artak se laissa-t-il tomber sur le sol en poussant un long soupir de soulagement. Jadaïn alla lui chercher les peaux de chameau, puis, elle se mit à faire du feu.

Comme elle s'affairait, elle remarqua les yeux fatigués du jeune homme. Il était en train de sombrer dans la torpeur.

Elle leur prépara du thé et sortit des galettes de voyage. Il étaient bien trop épuisés pour préparer un vrai repas. Comme ils terminaient de manger, Jadaïn s'adressa au jeune homme somnolant.

"Tu ferais bien de dormir un peu... Mais, tu devrais regarder l'état de ta jambe, auparavant."

Déposant sa tasse vide, Artak approuva. Il remonta son pantalon de toile et dévoila sa cheville. Celle-ci était enflée. À la lumière des flammes, Jadaïn eut même l'impression qu'elle prenait des reflets mauves.

Elle s'approcha.

"Tu dois absolument la bander. Sans cela, elle risque de gonfler plus encore pendant nuit."

Elle retourna sous la tente et revint avec un long tissu. Puis, elle s'agenouilla aux côtés du jeune homme. Elle lui jeta un bref coup d'œil, puis elle posa le tissu sur sa jambe et commença à le serrer autour de la cheville blessée.

Artak la regarda faire, retenant de temps en temps un gémissement de douleur.

"Voilà, cela devrait faire l'affaire."

Puis, tout en réfléchissant, elle ajouta :

"Demain, nous devrions reprendre le chemin de la tribu... Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de continuer notre voyage avec ta cheville dans cet état."

Il l'observa avec attention. Il avait l'air de se demander s'il s'agissait d'une ruse pour écourter leur voyage.

"Au temple, ils pourront sans doute me soigner.", répondit-il.

"Comme tu veux", répondis la jeune femme en se redressant. "En tout cas, à présent, tu devrais dormir."

Il eut besoin d'aide pour gagner la tente et Jadaïn dut une nouvelle fois supporter son poids. Une fois couché, il s'enroula dans les peaux et ne tarda pas à sombrer au pays des songes.

La jeune femme rangea les ustensiles de cuisine, puis elle déroula la peau de hyène. S'ils ne voulaient pas perdre ce bien, il fallait malgré la fatigue la travailler rapidement.

Elle chercha dans les paniers un racloir, mais n'en trouva pas. Elle dut se résigner à trouver une pierre tranchante dans les environs. Utiliser sa dague aurait, à coup sûr, déchiré la peau.

Elle finit par trouver ce qu'elle cherchait et plaçant la peau bien à plat sur le sol, elle entama ce long travail. Il convenait d'enlever toute trace de chair ou de graisse, afin que la fourrure ne pourrisse pas. Le procédé devait être effectué dans les heures qui suivaient la chasse. Sans cela, la peau s’abîmait indubitablement.

Enfin, elle termina son labeur. Elle étala la fourrure à côté du feu, puis elle vint s'allonger à son tour, sous la kamara. Elle devait le reconnaître, elle était plus qu'épuisée.

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Jadaïn, Humaine/Peuple des Dunes, Rôdeuse


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 Sujet du message: Re: Le Campement du Désert
MessagePosté: Dim 19 Nov 2017 22:46 
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Jadaïn ouvrit un œil et se rendit compte qu'il faisait jour depuis un moment déjà. Artak n'était plus sous ses couvertures. Elle espérait que, cette fois, il serait bien devant le feu comme elle l'escomptait. Hors de question de crapahuter une nouvelle fois dans le désert à sa recherche.

Puis, elle se souvint de la jambe blessée du jeune homme et se rassura. Dans son état, il n'aurait de toute façon pas pu aller bien loin.

Poussant un soupir d'aise, elle profita encore quelques instant de ce doux répit. Elle finit tout de même par repousser les peaux de chameaux et se leva. Elle remit un peu d'ordre dans sa tenue, ses voiles orangés avaient bien souffert du voyage. Puis, elle passa sa ceinture à laquelle pendaient sa dague et sa fronde.

Elle avait appris que s'en départir était de l'inconscience et avait décidé, qu'à présent, elle aurait toujours ses armes à proximité. Elle avait d'ailleurs pris une résolution supplémentaire. A l'avenir, elle aurait toujours un sac de petites pierres à portée de main. Chercher des projectiles en plein milieu d'un combat était d'une stupidité incomparable.

Fière de ses nouvelles résolutions, elle sortit de la kamara, repoussant la peau d'entrée.

Artak était effectivement devant le feu. Et contre toute attente, il s'affairait dans les casseroles. La voyant arriver, il éclata de rire devant son air béas. La jeune femme se rendit alors compte qu'elle avait la bouche entrouverte et qu'elle n'avait toujours pas relâché la peau de l'entrée de leur tente.

Il haussa les épaules.

"Tu te bats... Je peux faire à manger !"

Éberluée par la situation, la jeune femme ne savait que penser. Elle hésitait à s'approcher. C'était réellement la première fois, qu'elle voyait un homme mettre la main à la pâte. Néanmoins, il était à supposer que durant leurs expéditions dans le désert, il leur arrivait de préparer à manger.

Voyant qu'elle ne savait plus comment se comporter, Artak l'interpella une nouvelle fois :

"Allez, viens t'asseoir, c'est presque prêt."

Elle se posa donc à proximité du foyer et attendit qu'il termine de retourner les galettes de millet dans la cendre. Quand ce fut chose faite, il se pencha vers la bouilloire et lui servit une tasse de thé qu'il lui tendit.

Là, c'était le summum. Qu'il fasse à manger, c'était une chose. Qu'il la serve, c'en était encore une autre. Leur regards se croisèrent et soudain, la jeune femme comprit. Elle ne mit pas de mots sur ce qui s'était passé. Et ni l'un ni l'autre n'évoqua la journée précédente.

Néanmoins, Jadaïn comprit que son statut avait changé aux yeux du jeune homme. Et qu'agissant de la sorte, il tenait à le lui faire comprendre.

Elle prit donc le thé qu'il lui tendait et souffla sur celui-ci pour le refroidir. Puis, elle y trempa ses lèvres et savoura cette paix nouvelle qui existait entre eux.

Artak sortit les galettes et ils se les partagèrent avec plaisir. Il cuisinait plutôt bien, pour un homme. Jadaïn ne pouvait s'empêcher de l'observer à la dérobée, tout à la surprise et à la joie qu'elle éprouvait.

"Tu sais, j'ai réfléchis. Nous allons rentrer auprès de la tribu. Le premier quartier est presque terminé."

La jeune femme hocha la tête pour marquer son accord et jeta un œil à la jambe d'Artak. Il était assis et ne semblait pas trop en souffrir. Mais, vu l'état dans lequel il se trouvait le soir précédent, elle supposait qu'une fois debout, il aurait bien du mal à se mouvoir.

"Et puis, les aventures d'hier nous ont liés bien plus que toute offrande au temple de Toumlanayh. La vie et la mort se sont cotoyées. Nous demanderons à Maryama de ritualiser cela."

"Maryama ?"

"C'est notre guérisseuse, tu la rencontreras bientôt."

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Jadaïn, Humaine/Peuple des Dunes, Rôdeuse


Dernière édition par Jadaïn le Lun 20 Nov 2017 16:09, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Campement du Désert
MessagePosté: Lun 20 Nov 2017 16:07 
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Après quelques essais, il fallut se rendre à l’évidence : Artak ne pouvait se déplacer qu’à grand peine. C’est donc Jadaïn qui se chargea de démonter la kamara. Quant au jeune homme, il nettoya les ustensiles de cuisine avec du sable et les rangea soigneusement dans les paniers.

Quand tout fut empaqueté, ils décidèrent qu’Artak monterait sur le chameau et qu’ils prendraient la direction de l’oasis, où s'était arrêtée la tribu des Salamandres. Jadaïn l’aida à s'installer, puis, elle tenta de faire se lever le chameau. Ce dernier n’avait pas l’habitude d’être sous sa tutelle et elle dut s’y reprendre à plusieurs reprises, en suivant les instructions d’Artak.

“Yip, yip… Allez l’ami ! En avant !”

Enfin, ils se mirent en route en suivant le soleil, qui était presque à mi-chemin vers son Zénith.

Le trajet était monotone, mais pour les habitants du désert, il en était souvent ainsi. Artak se mit à chanter quelques chants qui racontaient les légendes des anciens. Après un certain temps, le jeune homme se tut.

“Tu sais, nous pourrions monter tous les deux sur le chameau…”

La jeune femme sentit ses muscles se tendre. La dernière fois qu’ils s’étaient trouvés tous les deux sur l’animal, c’était le soir de son enlèvement.

“Ça va, je ne suis pas fatiguée.”, répondit-elle vivement. ”Et puis, il vaudrait mieux préserver notre monture.”

Malgré les signes évidents de son malaise, Artak insista.

“Oh, nous ne sommes qu’à deux jours de route. Nous ne risquons rien. Et ce n'est pas ton poids de plume qui va changer quelque chose pour lui.”

“J’aime marcher.”

Le jeune homme resta un instant silencieux. Il semblait réfléchir à la meilleure manière de la convaincre. Comme il n’en trouvait pas de satisfaisante, il décida de jouer carte sur table.

“Jadain…”

“Quoi ?”, demanda-t-elle d’un ton exaspéré.

“Arrête-toi. Tu veux ?”

A contre-coeur, elle fit signe au chameau d’interrompre sa marche et ils stoppèrent tous les trois, en plein milieu du désert. Elle lui jeta un regard courroucé, mais le jeune homme semblait n’en avoir cure.

“Il faut qu’on parle.”

Soupirant, la jeune femme l’écoutait déjà et elle n’ajouta donc rien à cette déclaration. Il fallait qu’ils parlent, très bien. Mais qu’il aille droit au but ! Elle en avait assez de l’entendre ainsi tourner autour du pot.

“Voilà… Aujourd'hui, je comprends.mieux qui tu es. Du moins, un peu mieux qu’il y a quelques jours. Je sais que si tu avances devant le chameau, c’est uniquement pour m’aider. Je suis clairement incapable de marcher.”

Elle hocha la tête devant cette évidence. La chaleur était épuisante, à cette heure de la journée, et elle avait hâte qu’ils reprennent leur route. Tailler un bout de gras au bord du chemin, n’était pas vraiment la meilleure idée qui soit.

“Seulement, si les gens de ma tr… de notre tribu nous retrouvent arrivant de la sorte… cela risque de… tu comprends ?”

Non, elle ne comprenait pas. Tout était très bien ainsi. Il était blessé, elle guidait le chameau, lui dessus. Et alors ? Devant la mine déconfite du jeune homme, elle fit néanmoins un effort pour essayer de comprendre où il voulait en venir.

Artak reprit avec impatience :

“Je serais un homme comme ceux de ma tribu, je t'ordonnerais simplement de monter derrière moi et tu t’exécuterais.”

Soudain, tout s’éclaira pour la jeune femme. Ce n'était pas qu’il s’inquiétait de sa fatigue. Non, il voulait simplement sauver les apparences. Elle devant, lui, amoindri sur le chameau… Non, cela ne cadrait pas avec les conceptions que la tribu avait du rôle d’un homme et d’une femme.

Sans dire un mot, elle tira brusquement sur la corde qui guidait le chameau et tourna les talons. L’animal poussa un soupir de protestation, mais il suivit néanmoins la jeune femme. Depuis qu’ils avaient repris le chemin de la tribu, il semblait avancer d’un meilleur pas. Sans doute était-il impatient de retrouver ses congénères.

Artak avait appris qu’il ne servait à rien de brusquer la jeune femme. Et devant son apparente mauvaise humeur, il préféra se taire. Elle continua ainsi de tracer leur chemin, jusqu’à ce que sa réflexion se calme. Et soudain, elle se tourna à nouveau vers le jeune homme, arrêtant brusquement le chameau.

Ce dernier semblait en avoir assez de ces incessantes informations contradictoires et il secoua la tête avec brusquerie. Jadaïn s'approcha alors de son flanc.

“Très bien, fais moi une place. Mais je te préviens… Ne me touche pas !”

Artak sourit à cette insinuation. Depuis leur départ mouvementé, il n’avait absolument rien tenté en ce sens. Pourtant… s’il en croyait ses cousins, c’était simplement son dû.

Il tendit un bras à la jeune femme et la hissa derrière lui. Il ne s’était pas trompé. Elle était musclée, mais aussi légère qu’une plume. Artak attrapa la corde et invita le chameau à reprendre sa route. Ce dernier ne se fit pas prier, impatient qu’il était de rentrer.

“Yip, yiiippihhh”

Il prit une allure autrement plus rythmée et les dunes se mirent à défiler sous leurs pas.

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 Sujet du message: Re: Le Campement du Désert
MessagePosté: Mar 21 Nov 2017 11:23 
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Grâce à la proposition d’Artak, ils mirent un peu moins de deux jours à rejoindre l’oasis.

Entre-temps, Jadaïn avait du se rendre à l’évidence. Malgré ses tentatives désespérées pour rester le plus loin possible du jeune homme, les soubresauts du chameau l’obligeaient à poser de temps en temps les mains à la taille d’Artak. Elle ne pouvait voir son visage, néanmoins, elle était sûre qu’il s’en amusait.

Comme ils approchaient des premiers palmiers, un grand ramdam fit le tour de l’oasis, précédé par les enfants qui couraient en tout sens. Les chameaux blatérèrent à grand cris fêtant la retrouvaille de l'un des leurs.

“Ils sont de retour, ils sont de retour !”

La tribu des Salamandres se pressa au devant d’eux. Pas de trace des parents de la jeune femme. Elle s’en était doutée, mais cela lui arracha néanmoins un pincement au cœur. Ainsi donc, ils l’avaient réellement abandonnée aux mains de ces inconnus.

Artak salua Kurtamil de la main.

“Salutations, mon oncle.”

Le grand homme barbu au turban rouge garda un regard impénétrable. Mais sa voix trahissait sa satisfaction.

“Bienvenue mon neveu. Sois sûr que c’est un grand bonheur que de te voir revenir avec ta première épouse.”

Première épouse ? Elle savait qu’il en était ainsi dans leurs tribus. Mais l’entendre ainsi annoncer la mis mal à l’aise. Quelques secondes plus tard, elle se demandait bien pourquoi... Après tout, si Artak en trouvait une seconde, elle pourrait voguer aux occupations qui lui saillaient le plus.

Voyant trois jeunes hommes se pousser du coude en la regardant, Jadaïn supposa qu’il s’agissait des cousins du jeune homme.

Artak ordonna au chameau de se coucher et il descendit de celui-ci, s’appuyant le moins possible sur sa jambe blessée. Puis, tendant une main à la jeune femme, il l’invita à descendre. Il se tourna vers la tribu et rendant sa voix audible pour tous, il annonça :

“Voici ma femme ! Jadaïn.”

Des viva et des roulements de langue accueillir cette annonce. L’oncle renchérit.

“Jadaïn, je te souhaite la bienvenue parmi nous. Puisses tu trouver ici une famille.”

Puis, il invita l’ensemble des personnes à passer voir les époux quand ils le souhaiteraient pour leurs présenter leur félicitations. Chacun s’égaya et retourna à ses occupations premières. Kurtamil s’approcha de Jadaïn et Artak, aussitôt suivi par son épouse et ses propres fils.

Mais, comme il voulait étreindre le jeune homme, il se rendit compte que celui-ci tanguait sur sa jambe blessée.

“Que t’est il arrivé, fils ?”

“Un éboulement dans le désert rocailleux. Je te raconterai cela en détail.”

"Tu devrais aller voir Maryama..."

L'épouse du chef de tribu se présenta à son tour, prenant chaleureusement les main de Jadaïn.

"Bienvenue dans notre famille. Je suis Karla, la première épouse de Kurtamil."

Ses yeux noisettes et son léger embonpoint plurent immédiatement à la jeune femme, qui lui rendit son salut. Vint ensuite la présentation des trois cousins qui semblaient se tenir sur la réserve en présence de leur père, mais dont les yeux pétillaient de malice devant cette sombre et belle inconnue.

L'aîné se prénommait Armis, le suivant Valbel et le cadet Karmoh. Tous trois étaient bien bâtis, mais seul Valbel avait la barbe aussi fournie que son père. Les deux autres préféraient apparemment la mine glabre.

L'un d'eux prit le chameau par la bride et l'invita à se lever. Artak étant blessé, les deux autres lui offrirent un appui jusqu'au campement et la petite troupe se mit gaiement en marche vers le puits central.

Mais soudain, le chef de tribu s'arrêta, stoppant net l'élan général. Chacun l'observa avec curiosité, s'interrogeant sur ce qui lui arrivait. Le regard grave de Kurtamil venait de se poser sur la taille de Jadaïn.

"Une chose doit être mise au point, avant de rejoindre les familles. Aucune femme ne porte et ne portera jamais d'arme au sein de ma tribu."

Jadaïn ne comprit qu'un peu tard, qu'il faisait référence à la dague qui pendait à sa ceinture. Le défiant du regard, elle porta la main sur la garde de celle-ci d'un geste protecteur. Il était hors de question qu'on la dépouille de son arme. Elle l'avait sauvée dans le désert, et elle se sentait bien plus rassurée de l'avoir à ses côtés.

Vivement, Artak intervint.

"Elle ne savait pas, mon oncle. Même entre gens du désert, nos moeurs sont parfois un peu différentes."

Le jeune homme jeta un regard appuyé à sa nouvelle épouse, tout en clopinant vers elle du mieux qu'il pouvait. Tout à l'affaire qui les occupait à présent, il avait aussitôt délaissé ses cousins. Il vint se placer juste devant elle en tendant les mains, pour de toute évidence, récupérer la lame.

La rage bouillonnait dans la poitrine de la jeune femme et ses yeux verts crépitaient de hargne. S'il croyait qu'elle allait céder de la sorte, il se trompait. Jamais elle ne renoncerait à qui elle était, chef de tribu ou pas !

Connaissant les humeurs de sa compagne, Artak craignait le pire. Il savait également l'autorité dont pouvait faire preuve son oncle au sein de la tribu et appréhendait une altercation entre ces deux là. Agitant les lèvres en silence, il essaya de la faire revenir, au plus vite, à de meilleurs sentiments.

"Je t'en prie... Fais-moi confiance..."

Ses yeux grands ouverts lançaient des signaux d'avertissement. Il fallait que la jeune femme comprenne que ce n'était pas le moment de se rebeller. Il ne pouvait dire tout cela à voix haute et il priait qu'elle saisisse vite.

Jadaïn, butée, ne vit tout d'abord pas ses gestes discrets. Mais c'est son regard qui retint son attention. Dans celui-ci, elle pouvait lire tout à la fois un mélange de peur, de supplication et de défi. C'est ce qui l'amena à tenter de déchiffrer ses lèvres.

"... Confiance... Moi..."

Elle hésita encore un instant, mais elle finit par ravaler sa hargne et défit sa ceinture. Puis, comme si cela n'avait aucune espèce d'importance, elle tendit l'arme à Artak qui la prit avec soulagement. Au moins, avait-elle encore sa fronde, bien cachée dans les replis de sa tunique orange. Et en son sein, elle se réjouit de ce secret bien gardé, au nez et à la barbe de ce fameux Kurtamil. Restait à savoir si elle pouvait pleinement croire en son époux. Elle l'espérait...

L'incident clos, la petite troupe se remit en marche et les conversations reprirent. Les cousins voulaient apparemment tout savoir de leur périple.

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 Sujet du message: Re: Le Campement du Désert
MessagePosté: Ven 24 Nov 2017 11:30 
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Les cousins d’Artak l’emmenèrent vers une kamara de taille moyenne. À son entrée pendaient des ossements et des pierres multicolores. Comme ils laissaient Artak entrer seul, ce dernier se tourna vers la jeune femme.

“Suis-moi. Ton œil va mieux, mais quelques soins supplémentaires seront sans doute bienvenus.”

Jadaïn l’aida à entrer dans la pénombre. Une fois leurs yeux accoutumés, ils perçurent la présence d’une dame âgée, au visage buriné par le soleil. Ses poignets étaient seings de multiples bracelets qui s’entrechoquaient et ses oreilles percées laissaient voir des boucles faites d’ossements. Elle portait une tunique mauve et un voile de la même couleur.

“Artak ! Que me vaut cette visite ? Et qui est donc cette femme qui t’accompagne ?"

“Je te présente Jadaïn, Myriama. Voici mon épouse.”

“Ainsi donc, votre premier quartier est passé ! C’est une excellente nouvelle. À voir l’air buté de ta compagne lors de l’annonce de Kurtamil, j’avais des doutes.”

Le franc parlé de la vieille dame plut tout de suite à Jadaïn. Même si son attitude éveillait également en elle une certaine crainte respectueuse.

“Alors, que me vaut cette visite ?”, demanda-t-elle une nouvelle fois, en les invitant d’un geste à asseoir.

“Artak s’est blessé durant notre périple.”

Myriama jeta un nouveau coup d’œil à la jeune femme, la détaillant du regard. Artak, ayant conscience que peu de femmes osaient s'exprimer aussi rapidement en présence de leur sage femme, reprit aussitôt :

“Un éboulement s'est produit et ma jambe s’est retrouvée coincée sous les pierres. C’est grâce à Jadaïn que j’ai pu me libérer.”

Il prononça ces mots d’un air un penaud, comme si sa virilité en avait pris un coup. La vieille dame sourit.

“L’aide ne vient pas toujours de là où on l’attend…”

Se levant avec une vivacité qui surprit la jeune femme, elle invita Artak à la rejoindre dans le fond de la tente. Elle l’installa sur un tabouret de bois brut, chose rare dans le désert et se pencha sur sa jambe. Elle défit le tissu qui bandait celle-ci et fronça le nez devant les tons mauves qu’arboraient la cheville du jeune homme. Puis, elle tenta de lui faire plier le pieds, tourna légèrement la cheville dans un sens, puis un autre, elle palpa les os… plusieurs fois, le visage d’Artak se tordit de douleurs.

“Et bien, tu ne t’es pas loupé, jeune homme. Mais rien ne semble cassé. De bonnes contusions et une cheville foulée. Tu t’en sors plutôt bien. Mais il va te falloir du repos.”

Elle se releva et se dirigea vers une petite table de fibres tressées où étaient disposés de multiples produits. Elle se mit alors à préparer un onguent à base de plantes calmantes. Puis, elle revint devant le jeune homme et étendit la mixture sur sa cheville. Elle posa ensuite un nouveau tissu et serra fermement le pied blessé.

“Voilà… Tu poseras cet onguent tous les matins et tous les soirs, et tu immobiliseras ta cheville jusqu'à la nouvelle lune.”

Elle sortit alors deux béquilles de derrière une tenture et les tendit à Artak.

“Prends-en soin. Tu sais à quel point le bois est précieux.”

Pendant tout ce temps, Jadaïn s’était contentée d’observer les gestes de la vieille dame. Alors, qu’elle en avait terminé avec Artak, cette dernière se tourna vers elle.

“Et toi, jeune femme ? Qu'est-il arrivé à ton oeil ? Un éboulement ?”, demanda-t-elle avec ironie.

Jadaïn perdit un peu de sa contenance. Comment expliquer que c'était Artak qui lui avait porté ce coup le soir de leur rencontre ?

“Je… “

“C’est ma faute”, intervint le jeune homme.“J’ai été un peu brutal lors de l’enlèvement de la jeune épousée… Je m’en veux encore.”

Maryama les observa tous les deux, l’air de ne pas croire un mot de leur explication. Puis, elle haussa les épaules et approcha une main du visage de la jeune femme, pour tâter les dégâts.

“Mmmh,... C’aurait pu être pire. Cela guérit bien.”

Elle retourna vers la petite table en fibres et choisit différentes herbes qu’elle réduisit en poudre.

“Voilà, tu versera cette poudre dans de l’eau tiède tous les soirs. Puis, tu appliqueras un tissu imbibé de ce liquide sur ton oeil pendant un moment. Cela va résorber l’oedème rapidement.”

Comme elle tendait le sac de poudre à Jadaïn, elle posa les yeux sur le bracelet qui seignait son bras. La turquoise émettait quelques reflets irisés.

“D’où tiens-tu ce bracelet ?”, demanda la vieille femme avec un intérêt soudain, tendant la main pour le toucher.

Jadaïn recula vivement le bras, comme pour empêcher quiconque d’en approcher.

“C’est un cadeau de ma mère.”

Myriama retira doucement la main et hocha la tête d’un air entendu.

“Un cadeau… Un très bon cadeau. Évite de t’en séparer. Il me semble précieux.”, reprit-elle avec un air mystérieux.

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 Sujet du message: Re: Le Campement du Désert
MessagePosté: Dim 3 Déc 2017 15:37 
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Les jours qui suivirent furent éprouvant pour Jadaïn. Nombre de visages inconnus vinrent leur souhaiter de bons vœux ou les féliciter. Elle avait grand mal à retenir leurs noms, même si leurs présents venaient sans doute bien à point pour un jeune couple. Des paniers, des tissus, une casserole, un épieu destiné à Artak…

Alors qu’ils étaient seuls sous la kamara, Artak avait rendu à la jeune femme sa dague. Il ne pouvait, disait-il, la priver de son arme quand celle-ci lui avait sauvé la vie. Il lui avait cependant fait promettre de la cacher soigneusement sous sa tunique ou mieux encore, de la laisser dans les paniers.

Elle avait hoché la tête, sans rien dire. Si cette lame lui avait sauvé la vie, comme il le disait, il aurait du s’opposer à Kurtamil. Cela aurait été la moindre des choses. Elle avait rangé soigneusement la dague sous les plis de sa tunique et avait continué de trier les biens qu’ils avaient reçus.

Artak, immobilisé par sa jambe, avait eu de de son côté tout le temps de percer la dent de hyène à la patience d’un foret. Il en avait fait un collier qu’il avait remis à la jeune femme.

Elle devait l’avouer, cela lui avait fait plaisir qu’il se donne ce mal pour elle. Et quand elle touchait la dent à son cou, elle se rappelait son combat. Ce secret bien gardé lui donnait l’énergie nécessaire pour accomplir les diverses tâches de la journée.

Karla, la femme de leur chef, était très aimable avec elle et c’est elle qui lui indiquait généralement comment s’organisait le camp. Elle avait fait connaissance des autres jeunes femmes, mais elle avait encore un peu de mal à s’intégrer. Elles se connaissaient pour la plupart depuis toujours et leur complicité était criante.

Aujourd'hui, ils partiraient pour de nouvelles contrées. Mais au préalable, il fallait traire les chèvres du troupeau, plier bagage, remplir les lourdes outres d'eau...

Chacun s'affaira à ses tâches. Artak était bien en peine de trouver comment aider et il errait sur le camp comme une âme en peine. Ses cousins prenaient d'ailleurs un malin plaisir à le taquiner sur son état.

Jadaïn avait plié la kamara avec l'aide du plus jeune d'entre eux, le prénommé Karmoh. Elle l'aimait bien. Par certain côté, il lui rappelait son plus jeune frère. Il parlait moins que les deux autres et se rendait serviable à la moindre occasion. Plutôt grand, les cheveux de jais, une légère moustache pointait sur sa lèvre supérieure. Il s'étofferait bientôt autant que ses aînés, dont la carrure était bien plus impressionnante. Et on sentait qu'il mourrait d'envie de montrer à ses frères et à son camp, que lui aussi, il serait bientôt un guerrier sur qui l'on compterait.

Comme les tâches étaient multiples, l'annonce du départ ne se ferait certainement que dans la soirée. Jadaïn avait récupéré de la graisse de chameau auprès de Karla et elle trouva le temps de s'isoler un moment pour traiter la peau de hyène. Après l'avoir raclée soigneusement, il ne fallait pas trop traîner avant de l'adoucir avec une substance grasse. L'idéal aurait été d'utiliser la cervelle et la graisse de l'animal. Mais les circonstances ne le leur avait pas permis.

Elle envisageait de faire un gilet pour Artak, avec cette peau. Elle n'était pas très épaisse. Mais pour le protéger du froid de la nuit, elle viendrait à point. Comme il revenait à chaque homme de le faire, il lui arriverait de devoir veiller sur le camp à la tombée du jour.

Elle s'installa donc en bordure des préparatifs et étendit la peau à même le sol. Puis, prenant une bonne quantité de graisse au creux de ses mains, elle se mit à étendre la mixture sur la surface rêche et granuleuse. Ses mains glissaient sur le cuir et la graisse rentrait peu à peu, rendant la surface de plus en plus malléable.

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