L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 8 messages ] 
Auteur Message
 Sujet du message: Les habitations
MessagePosté: Jeu 30 Oct 2008 19:04 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Site Internet  Profil

Inscription: Lun 20 Oct 2008 21:22
Messages: 22817
Localisation: Chez moi^^
Les habitations


Image


Les habitations de Lebher et des villages de la forêt sont composées essentiellement de chalets de bois. Il n'y a guère de différence entre celles des régions rurales et celles de la capitale du Royaume. Les habitations de Lebher même sont tout de même en général un peu plus spacieuses et mieux chauffées.

L'intérieur est modeste, le sol en bois, les mur en bois, les meubles en bois et comportent en général un poêle en métal. Tout est si simple, si modeste.

Vous serez en général le bienvenu dans toutes les maisons, même si vos hôtes resteront en général méfiants durant votre séjour, à moins que vous ne soyez un Elfe Bleu ou Blanc évidemment.

_________________
Pour s'inscrire au jeu: Service des inscriptions

ImageImageImage

Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
Pour toute question: Service d'aide
Pour les services d'un GM: Demande de service


Je suis aussi Lothindil, Hailindra, Gwylin, Naya et Syletha


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Ven 27 Fév 2015 23:47 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
" Ouvre les yeux ! Ouvre les yeux ! Ouvre les yeux ! Ouvre les yeux... "

La petite voix de Cèles répétait ça sur le même ton, impossible de savoir depuis combien de temps elle s'était évanouie, mais elle n'avait pas besoin d'ouvrir les yeux pour sentir que la douce chaleur du foyer s'en était allée et qu'elle n'était plus dans la guilde. Une énorme gueule de bois lui sonnait le crâne et sa gorge était si sèche qu'il lui était difficile de déglutir sans avoir l'impression qu'elle ne se crevasse et ne saigne.

Ses yeux s'ouvrirent. La voix de Cèles s'arrêta.

Bien que la vue soit totalement brouillée et que ses joues soient irritées à cause de ses larmes, elle reconnu quelques détails dans la pièce, la porte face à elle grâce à un petit rayon de lumière qui sortait de la serrure et du pas de porte fut la première chose qu'elle devina. Lorsque ses yeux entendirent de nouveau raison, elle remarqua également une table située dans un coin et des seaux entreposés dans un autre. Rien de plus.

Ses jambes étaient liées à un pied de chaise et ses poignets noués à une corde dans son dos lui irritait la peau et elle commençait à saigner comme si quelqu'un s'était acharné à lui nouer la corde dans le dos. Elle referma les yeux et Cèles recommença son monologue.

" Ouvre les yeux !! Ce n'est pas le moment de tomber. Ouvre les yeux ! Ouvre les yeux ! Ouvre les yeux ! "

Hrist se redressa du mieux qu'elle pu mais une sensation de vertige fit dodeliner sa tête sur le côté comme une poupée qui aurait le cou brisé. " Ma petite Cèles... " Articula-t-elle non sans mal.

" De retour chez les vivants ! "
" Je crois que le vin chaud était un peu trop épicé... " Fit-elle avant de succomber encore une fois à un puissant sommeil.

" Ouvre les yeux ! Ouvre les yeux ... "

La voix de sa petite Faera semblait de plus en plus lointaine et elle fut plongée dans d'intenses cauchemars où les murs de la pièce étaient composés des visages de ses anciennes victimes qui se tordaient de douleur. Une ombre étrange se déplaçait dans la pièce d'un pas lourd et déglingué et s'approcha d'un mur. Sur ce mur il fit glisser son doigt dont l'ongle crissait sur la pierre et lorsqu'il rencontrait un visage humain, le frottement mat de la peau lui offrit une nouvelle sensation de malaise. La chose arracha au mur ce visage et le colla contre sa face dépourvue de toute expression car la chose n'avait ni regard pour la toiser, ni bouche pour la maudire ni nez pour se retrousser et exprimer son éternel dégoût.

La chose se retourna brusquement vers elle avec ce nouveau visage de femme qui grimaçait. Soudain, lorsque son regard se fixa vers Hrist, une expression de haine traversa ses yeux et elle dit d'une voix d'outre tombe :

" Maudit serpent parfumé !! Tu as tué mon enfant ! L'enfant que j'ai lové en mon sein et aimé ! Tu as tué mon enfant ! Tu as tué mon enfant ! Tu as tué mon enfant ! "

La chose dans un craquement d'os arracha le visage de son corps et le recolla au mur avant d'en choisir un autre sur un mur différent. Le nouveau crissement d'ongle contre le mortier jusqu'à ce qu'il ne choisisse un autre masque sanglant. Celui-ci était celui d'un elfe noir. Le jeune mâle qu'elle avait torturé quelques mois plus tôt à bord de la Laide-les-Maines.

" Sale petite Sindel ! Tu n'as aucun honneur, tu as torturé et tué de ta main mes sœurs et mes frères au lieu de nous affronter comme il se doit ! Si j'avais eu les mains libres, je t'aurais tuée de mes mains ! Tuée de mes mains ! Tuée de mes mains !"

La chose l'arracha de nouveau et le reposa contre le mur. Hrist aperçu plus nettement que la dite créature aux masques n'avait aucune forme, elle n'était qu'une ombre épaisse qui glissait dans le noir opaque jusqu'à choisir un nouveau masque. Mais celui qu'elle choisit cette fois-ci eut un effet différent.

La chose était de dos mais sa couleur semblait s'approfondir. Comme si le noir de sa peau n'avait plus rien d'une nuance mais celui d'une matière si profonde qu'elle buvait la lumière de toute la pièce. Elle se tourna et Hrist reconnu le visage. Ces yeux verts, cette bouche moqueuse et ce petit nez droit.

Silmeria.

" On dirait que tout ne s'est pas bien passé, non ? "

Elle s'approcha de Hrist jusqu'à se trouver devant elle et s'agenouilla.

" Tu sais, j'ai toujours su que tu avais le coeur plein de haine. Mais de là à me tuer... Enfin, je ne t'en tiens pas forcément rigueur. Je suis ce que tu es, tant que tu vis, je serais toujours là. Mais toi qui veut la vengeance, tu as oublié un petit détail... "

Son visage s'approcha encore, le cou de la chose était si long qu'il semblait appartenir à un serpent mais le visage de Silmeria était tout à fait identique au sien si on faisait abstraction au vert de lierre de ses yeux.

" Tu seras tuée. Qui se venge doit s'attendre à subir la vengeance d'un autre, ma chère. Tu as fait couler le sang de nombreuses personnes. Tu as servi ta justice et quoi de plus noble que de servir sa propre justice. "

Elle se redressa et doucement les doigts de la chose s'apprêtaient à en retirer le masque.

" Souviens toi de l'Oracle. Minuit arrive et te couronnera des os de tes ennemis.

La seule chose que je veux ajouter, venge-toi, venge-moi, venge-nous. Venge-nous de ce monde plein de rage. Délivre un nuage empli de feux de carnage pour assoir ta domination sur le monde... Tes yeux verront alors des corps sans vie à perte de vue. Des corps sans vie à perte de vue. Des corps sans vie à perte de vue. Des corps sans vie à perte de vue... "


Une vague glacée lui frappa alors le visage. Ses esprits firent surface et elle se réveilla ruisselante. Devant elle, un homme en armure de cuir se tenait debout. Il la fixait de sa hauteur et souriait à pleine dents. C'était un jeune homme aux cheveux bouclés et aux yeux clairs. Trop maigre pour être un soldat régulier. Il semblait joyeux mais on pouvait voir des cernes et une certaine couleur jaunâtre comme s'il dormait trop peu ou qu'il se rongeait les sangs.

Il ouvrit la bouche :

" Demoiselle Hrist, je suppose. J'ai beaucoup entendu parler de vous. "

Hrist remarqua alors sur son épaule droite et sur son pourpoint le blason de Kendra Kâr.

" Ca chie. "

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 3 Mar 2015 03:55 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
L'eau qu'il venait de lui jeter à la figure pour la réveiller était glacée. Le froid avait pénétré sa peau et il lui gelait la poitrine. Sa respiration était plus lourde et difficile. Après avoir récupéré son souffle et craché les quelques gouttes qui s'insinuaient dans sa bouche, elle leva de nouveau les yeux sur l'homme qui la retenait attachée.

Il se baissa à sa hauteur et lui fit un franc sourire.

" Je dois dire que je suis assez satisfait de ma prise. Ca me met de bonne humeur. Excellente même. Je ne m'attendais pas à ce que ça soit si facile par contre, je dois dire que je suis un peu déçu mais bon... "

Il ramassa un sac de lin à ses pieds et en vida le contenu sur les genoux de la femme. De nombreux oiseaux, tous morts. Elle ne se rendit pas tout de suite compte que ces oiseaux avaient été tués par un faucon. Mais lorsque sa vue s'éclaircit, elle reconnu les traces caractéristiques d'une attaque d'oiseau de proie.

" Votre enquête est assez médiocre. Vous n'aviez même pas essayé de chercher comment vos petits soldats communiquaient avec votre chef à Pohélis. "

Il ramassa un des cadavres et l'agita sous le nez de Hrist, le tenant par les ailes déployées comme une marionnette.

" Par les airs. Ils s'envoyaient des oiseaux, des pigeons que j'interceptais avec mes faucons. Vous avez sans doute énormément de questions. A commencer par toutes ces morts... Par les Dieux que c'était tragique... Et quand on pense que vos plantes médicinales ont été remplacées par des poisons qui ont eu raison de la mère et de l'enfant... Terrible. Terrible !"

Hrist écarquilla les yeux. Elle venait de réaliser, de comprendre la raison des saignements si abondants de la femme lors de l'accouchement, de sa faiblesse et du silence qui régnait de jour comme de nuit dans la chambre. Le lait de la mère étant vicié avait eu raison de son enfant, la tueuse souhaitait secrètement que la mère soit morte avant de devoir supporter la vue de son fils gisant.

" Et le loup ! Bien sûr, le loup ! Comment oublier ce si noble animal. Mais avant, je me dois de me présenter, pardonnez moi. " Termina-t-il avec une révérence exagérée. " Je suis un ancien officier d'Omyre, ce que vous appelez vulgairement un repenti. Nael. Tel est mon nom et votre maître, je crois, le connaît bien. J'ai fait faux-bond en laissant derrière moi un petit désordre et je suis parti avec un petit loup dressé par les orques. Bien sûr, je l'ai maquillé pour qu'il semble un peu plus effrayant mais c'est une brave bête et quelle ironie de massacrer les sbires de ceux qui, jadis, l'ont dressé. "

Il s'approcha du visage de Hrist jusqu'à briser toute son intimité, son souffle chaud lui heurtait la figure et son expression avait quelque chose de peu rassurant, même pour Hrist.

" Jofre, Osmald... Aucun d'eux n'étaient des traîtres, il n'y en avait pas, c'est juste que de temps en temps, vous perdiez d'importantes missives que je remplaçait par la suite avec d'autres oiseaux. Les faucons ne tuent pas toujours leurs proies et les pigeons retournent toujours d'où ils viennent. C'était presque trop facile."

Il se redressa et observa un instant la jeune femme qui bougeait les poignets pour essayer de défaire le noeud mais la corde lui coupait la peau.
" Le plus amusant, c'est que tu n'as pas écouté ton propre plan. Tu t'es déguisée en servante pour qu'on ne te soupçonne pas, mais tu as omis toi même de soupçonner les servantes. Adèle, viens donc. Notre amie est réveillée. "

La porte grinça et s'ouvrit, inondant la pièce d'une lumière pâle. Adèle entra d'un pas léger et adressa un sourire cruel à la tueuse prise au piège.
" C'était un grand moment. Remplacer tes plantes par des poisons, étrangler Jofre, souffler à Norel que tu volais dans la réserve. J'ai très vite compris ton petit jeu, quand quelqu'un écoute trop aux portes, il se fait toujours remarquer. "

" Cela dit... Nous avons du mal à comprendre... "
" Oui, en quoi consiste ton rôle... "
" Certes, Xenair pense qu'un traître se terre dans ses rangs, mais il doit bien préparer quelque chose de particulier pour dépêcher la tristement célèbre Hrist ? "
" Alors je me disais, qu'on pourrait jouer à un jeu que tu aimes bien. "
" J'oubliais ! Bien sûr. Après tout, vous êtes notre invitée, ne pas vous proposer vos douceurs préférées serait très grossier. "

Adèle tira de son jupon une pince en métal et la tendit à Nael qui l'agita en souriant. Hrist ferma les yeux et ravala sa salive avant de souffler d'un air mauvais :
" Si j'en survis, je vous emporterai tous... "

Nael lui saisit la gorge avec une vivacité étonnante et la pression de ses doigts sur sa trachée fit garrot et bientôt, la pression dans son crâne devint pénible.

" Une faucheuse, c'est donc ça, tu es une faucheuse avide de vengeance. Voyons combien d'êtres tu vas encore pouvoir faucher sans tes doigts."

A peine sa phrase terminée, Hrist serra les poings et remua de gauche à droite pour essayer de briser un lien. Sans succès. Nael se glissa derrière elle comme une araignée et un à un, il désarticula les doigts de la main droite de Hrist qui fermait les yeux et serrait les mâchoires pour s'empêcher de crier... Cette fois aussi, sans succès.

Sa sueur se mêlait à l'eau froide qui l'avait arrachée à son cauchemar, devant elle, lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle vit Adèle qui l'observa avec un sourire ravi. Nael prenait son temps, il jouait avec la pince et fait en sorte que chaque mouvement de celle ci soit assez lent pour que la femme sente au mieux la douleur qu'il souhaitait lui infliger.

" Je crois qu'elle en a assez... Faudrait la laisser se reposer un peu, la pauvre enfant. Allons profiter du feu, ouvre lui la fenêtre, qu'elle prenne un peu le bon air, ça sent le renfermé ici. "

La tête lourde et pleine de sensation de vertige, Hrist vit Adèle quitter la pièce. Nael quant à lui, ouvrit une fenêtre en grand et l'air glacé en premier, lui apparu agréable et ensuite, lorsque le froid se fit plus mordant sur sa peau trempée, le malaise s'aggrava. L'homme lui attrapa le visage par le menton et avant que ses yeux ne roulent dans le vide il lui dit :

" Avant de devenir repenti, j'ai connu bien pire. Pense un peu combien tu pourrais nous être utile, en quelques informations qui nous conduiraient à des victoires décisives sur la guerre, tu pourrais même être pardonnée de tous tes crimes... "

Ses yeux changèrent et prirent un air plus sombre.

" Mais ça, c'est uniquement si je décide de ne pas te tuer... "

Il lui cracha au visage et s'en alla, fermant la porte derrière lui et laissant la pièce se refroidir dangereusement.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 3 Mar 2015 15:43 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
Hrist se sentait totalement incapable de bouger sa main droite. Encore sous le choc, elle crispait ses derniers doigts valides et dodelinait de la tête, sombrant dans un malaise profond que le froid et le vent ne faisaient qu'aggraver. Privée de son arme, elle n'avait même pas de dernier recours à portée de main. Il lui faudrait improviser, comme lorsque plus jeune, elle se faisait torturer à Omyre par cette orque qui se faisait appeler " la furie ".

Ses deux adversaires semblaient parfaitement organisés, rien dans leur plan n'avait été laissé au hasard mais ils ne semblaient pas travailler directement pour le Royaume, sinon, ils n'auraient jamais tué la maîtresse de la guilde simplement pour la faire rechercher par la milice et l'empêcher de revenir à Lebher, ça n'avait pas de sens, il aurait été plus simple de faire connaître ses crimes aux habitants.

De plus, ils voulaient quelque chose qu'elle même ignorait. Que voulait Xenair ? D'ordinaire, n'importe quel esprit aurait répondu qu'il souhaitait prendre Lebher et gagner à la Reine Noire un port stratégique, mais Hrist flairait autre chose, ça ne pouvait pas être la seule raison.

Le vent la giflait et quelques gouttes de pluie entraient par la fenêtre, créant une flaque qui grandissait à vue d'oeil.

La porte s'ouvrit et Nael entra, le sourire aux lèvres. Il observa sa proie avec une expression ahurie de satisfaction et croisa ensuite les bras d'un air plus impérial.
" Ma chère, j'ai quelques affaires à mener en ville. Je pense que les derniers hommes de Xenair ont suffisamment attendu, la milice est prête. D'ailleurs j'ai pensé que vous pourriez assister à leur exécution. Juste histoire de contempler l'étendue du désastre dont vous êtes la seule et unique cause. "

Adèle le suivit en entrant aussi dans la pièce.
" Cependant, pas de panique ! Si vous avez la moindre petite chose à avouer, Adèle se fera un plaisir de récolter le doux souffre de vos paroles. "

Il lui frappa le visage d'un revers de la main, arrachant un cri étouffé à la jeune femme toujours paralysée de douleur sur sa chaise. Il s'en alla comme il était venu, aussi silencieux qu'un rongeur.

Adèle, quant à elle, souriait toujours d'un air bête et de toutes ses dents, elle avait l'allure peu rassurante d'une enfant vicieuse en train de torturer une grenouille, et Hrist ne se plaisait pas dans le rôle du batracien.

La jeune humaine se baissa jusqu'à lui susurrer au creux de l'oreille :
" J'ai mis les pinces dans les braises... Je suis curieuse de savoir ce que tu vas bien vouloir me dire. "

Hrist ouvrit de grand yeux et comprit que Nael servait à canaliser la folie de la jeune Adèle, et pour le deviner, la tueuse n'avait pas besoin d'exercer beaucoup de psychologie, il suffisait de plonger ses yeux dans ceux d'Adèle pour comprendre qu'elle faisait partie de celles qui, bien que jeune, n'avaient plus toutes les idées claires.

" Va falloir trouver une idée avec que cet accident de berceau ne te fasse subir le grand jeu..."

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Dernière édition par Silmeria le Jeu 5 Mar 2015 18:45, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Jeu 5 Mar 2015 18:44 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
La petite Adèle tira de sa robe l'arme de Hrist. C'est elle qui avait gardé la vieille Rengaine et tout en observant ses détails avec attention elle murmurait :

" Certaines légendes disent qu'elle est éternellement empoisonnée. Je suis tentée d'essayer mais il y a quelque chose que j'aime le plus au monde. "

Elle rangea de nouveau la lame à sa ceinture et tira les cheveux de Hrist qui faisait de son mieux pour glisser ses bracelets de l'ombre entre sa peau et la corde, elle les savait extrêmement résistants et espérait qu'ils soulagent la coupure causée par la corde.
" J'adore l'odeur de la chair cloquée par les flammes et le fer rouge. Belle y a succombé il y a peu... J'ai voulu essayer quelques petites expériences. " Termina-t-elle en agitant sous le nez de sa victime le pendentif d'argent de la jeune Belle.

Son sourire amusé ne rassurait pas Hrist qui avait les poignets en sang et les doigts de la main droite la lançaient terriblement à tel point que ses manœuvres étaient longues, pénibles et maladroites. Adèle quitta la pièce, laissant à Hrist quelques ultimes secondes pour quitter ce nid de frelons.

Dans son agitation pour se libérer, la corde qui maintenait ses chevilles cassa mais celle des poignets demeurait intacte. La tueuse se redressa, engourdie et les jambes lourdes mais l'adrénaline martelait déjà dans sa poitrine. Chaque bruit dans cette maisonnée la rendait folle, elle croyait voir le danger partout et cette peur panique lui donna la force de se défendre. Elle s'accroupit et essaya de passer ses poignets sous ses jambes de manière à passer ses mains devant elle et non derrière.

Adèle entra dans la pièce et vit la chaise vide. Au moment où, affolée, elle se retourna, Hrist lui envoya un violent coup de coude dans le visage, faisant tomber la pince chauffée de ses mains. Le cri à demi-étouffé de la jeune servante laissa place à un râle pénible et suffoqué lorsque Hrist ivre de sang passa ses liens sur la gorge de son ennemie et exerça une pression qui raviva les blessures de ses poignets. Adèle se jeta à terre, entraînant Hrist avec elle, espérant dans un ultime recourt se débarrasser de la pression mortelle de la tueuse.

La petite servante gesticulait de tous ses membres tandis que Hrist faisait de son mieux pour l'en empêcher en agrippant de ses jambes, essayant de la paralyser à la manière d'un serpent. Adèle griffait sa peau et ses avants bras, essayant même de trouver les yeux de son agresseuse pour l'aveugler et en finir. Hrist resta ferme et continuait à serrer, le sang qu'elle perdait était plus abondant, sans le savoir, la tueuse venait de s'ouvrir les veines d'un poignet.

Adèle, à bout de souffle cessait de se débattre et de racler ses bottes sur le sol. Dans un ultime espoir de se libérer, elle tira de sa ceinture un petit couteau qu'elle planta dans la cuisse de la tueuse.
Hrist lâcha la pression et Adèle en profita pour couper la corde, se libérant d'une mort certaine.

Toutes deux roulèrent sur le côté, Adèle fit face au sol et ne bougeait plus, seule ses épaules montaient et descendaient à mesure où elle reprenait son souffle et massait sa gorge. Hrist inspecta sa cuisse et ses poignets, il lui fallait des bandages au plus vite sans quoi, le sang qu'elle perdait lui ferait bien vite tourner la tête. Animée par une colère et une haine sans pareille, la douleur avait quitté son corps et ses pensées, même ses doigts désarticulés n'étaient plus un obstacle.

" Des corps sans vie à perte de vue... " Répéta-t-elle tandis qu'elle se levait.

Elle abattit son talon vengeur sur le dos de la petite Adèle qui s'affaissa et Hrist récupéra la vieille Rengaine à la ceinture de son ennemie. Se mordant la lèvre tant la rage était forte, Hrist envoya d'autre coup de pied dans les côtes de la femme et alla ramasser la pince chauffée.

"Tu disais adorer ça... Hein."

Le manche était très chaud et la pince lourde, mais le fer destiné à mordre était encore d'un rouge profond et lumineux. D'un autre coup de pied, elle fit rouler Adèle sur le côté et elle s'agenouilla, écrasa sa gorge sous son genou. Le visage de la jeune servante était couvert de sueur et ses cheveux dispersés collaient à son visage, son cou à la peau autrefois blanche et claire n'était plus qu'une irritation boursouflée à laquelle se mêlait sa sueur et le sang de Hrist. La tueuse enfonça le fer dans les narines d'Adèle et serra le plus fort possible. Le bruit de la chair grillée et l'odeur âcre et puissante qui s'en échappa arracha un cri terrible à la jeune humaine.

A l'extérieur, des voix éclatèrent et des bruits de bottes s'approchaient dangereusement. Des gardes aux couleurs de Kendra Kâr et de Lebher entrèrent dans la pièce, épée au clair.

Hrist de son unique main valide parvint entretemps à redresser Adèle qui, bien que chancelante, tenait encore par miracle sur ses deux jambes. Le métal de la vieille rengaine collé à sa gorge, la tueuse cria :

" Reculez ! Reculez et posez vos armes ou je la saigne comme une truie !! "

Les soldats hésitèrent un instant et accédèrent à la requête. D'un pas lent, ils reculèrent un à un et le bruit lourd des épées tombant sur le sol s'ajouta au murmure de panique et à la respiration lourde d'Adèle qui reniflait des glaires de sang. Hrist craignait que la femme ne tombe dans l'inconscience et ne l'entraine avec elle dans sa chute, elle qui était déjà à bout de souffle. Il lui fallait faire vite.

" Amenez moi un cheval, plus vite ! Je veux un cheval sur le champ, je vais la saigner ! Je vous dit que je vais saigner cette salope ! "

D'autres soldats s'ajoutèrent aux hommes désarmés et Adèle essayait de murmurer quelques propos inaudibles. Hrist sorti de la maison avec sa prisonnière. L'air était clair, elle avait l'impression de ne pas avoir vu le jour depuis longtemps. Le froid s'attaquait déjà à elle qui, peu vêtue se montrait plus sensible que les autres soldats chaudement vêtus et armurés.

" Toi ! Sors ta dague et coupe les cordes à arc de ces deux tireurs ! "

La tueuse soignait sa fuite, les arcs auraient pu avoir raison d'elle. Un jeune garde la mine déconfite en regardant Adèle, tira jusqu'à distance respectueuse de Hrist un canasson brun. L'autre garde s'exécuta et coupait les deux cordes à arc de ses frères d'armes.

" Tu... Snifr... Nael... Te... Fera payer. "

Hrist grimpa difficilement à cheval, la manoeuvre était difficile mais elle y parvint en gardant Adèle à portée de main, retenant celle-ci par les cheveux. Elle ajouta :

" Maintenant je sais. Je sais qui tu es. Je sais qui tuer. Regarde ce métal noir. Forgé dans la nuit fait moitié rêve et moitié rage, ce métal qu'on a arraché aux tripes de la terre... Un jour il sonnera ta fin, en attendant je souhaite que jamais ta vie ne te repose. "

Hrist frappa le canasson qui s'engagea déjà vers la forêt. Derrière elle, les soldats ramassèrent le corps torturé d'Adèle qui criait déjà d'horribles menaces. Au creux de sa main, là où Hrist serrait la dague, s'était lovée une petite chaine d'argent de facture moyenne. Le collier de Belle.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Ven 13 Mar 2015 23:38 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
La nuit était enfin tombée. Les torches au premier étage de la maison où se terrait Nael étaient allumées et le halo de lumière dansait sous le brouillard que soulevait la tempête naissante. Hrist était assise sous un arbre, protégée du vent. Les bracelets de l'ombre noire liés à son être, elle avait projeté son double immatériel se glisser dans la maison de Nael.
Gral devant elle à surveiller qu'elle ne se fasse pas surprendre durant son inconscience pestait, se demandant comment il avait pu s'embarquer là dedans.

Il ne la voyait pas, personne ne pouvait la voir mais l'ombre de Hrist glissait, ni le vent ni le froid ne l'incommodait et sous cette forme spectrale, elle inspecta la maison dans laquelle ses anciens ravisseurs la torturaient. Avant de pouvoir s'échapper, elle avait malmené le visage de la compagne de l'officier Kendran, brûlant son visage à l'aide de pinces chauffées à blanc.

L'ombre passa devant un garde qui se protégeait dans le renfoncement de la grange, il gardait les chevaux mais harcelé par le froid mordant, il cédait peu à peu sa place au vent qui le poussait à se terrer au fond du bâtiment. Les montures dormaient en silence, étrangement apaisée malgré la nature qui doucement se déchainait.

La porte d'entrée était encore ouverte, deux soldats terminaient les restes de leur souper et se relaxaient en attendant leur tour de garde. Trois gardes... Murmura Hrist dans un demi sommeil.

C'est en haut des escaliers que Hrist trouva celui qu'elle cherchait. Emmitouflé dans une couverture soyeuse, Nael était de dos, assis à une chaise et rédigeait un parchemin. Adèle se trouvait dans la même pièce. La tueuse ne pouvait pas voir son visage à proprement dit, mais le fait qu'il s'agisse d'une femme dont le visage était entouré de bandelette moites de sueur lui mit la puce à l'oreille. La jeune femme mal en point gisait au fond du lit et remuait de temps en temps la tête comme pour se débattre des griffes d'un cauchemar. La femme resta de longues secondes à les observer, alimentée d'une colère sans précédent, Hrist voulait les voir morts, les voir expier sous sa main.

L'ombre rentra et les yeux violets de la jeune femme s'ouvrirent pour retrouver Gral qui se curait le nez.
" Trois hommes. Deux dans l'entrée, un sous l'écurie. Quelques chevaux sont absents. On ne sait pas quand les autres gardes vont revenir. Il faudra faire vite. Très vite. "
" Ton plan change pas ? "
" Un peu. Je tue le garde sous l'écurie, je grimpe sur l'écurie et au moment d'entrer, tu la feras brûler. Ca attirera les soldats dehors et lorsque Nael sortira de sa chambre, je devrais pouvoir l'intercepter."
" Et la f'melle ? "
" Alitée. Je lui ai arraché le nez avec une pince chauffée. A mon avis elle n'est pas prête de guérir. Surtout avec l'humidité ambiante. "
" M'en parle pas, ma chemise est déjà moite et glacée. C'peut être parce que ton plan est foireux que ça me donne des suées."

" Si tu voulais le droit de donner ton avis, fallait me battre. Je te paierai pour tes services, sois rassuré. "
" Va. J'attends ton signal. "

Et déjà, Hrist se glissait à la faveur de la nuit jusqu'à l'écurie. Le garde ne bougeait pas, il se frottait les mains et semblait trouver le temps bien long à scruter une nuit impénétrable avec un vilain vent de face qui l'empêchait de maintenir ses yeux ouverts. Hrist se trouvait précisément derrière lui, si ce n'était qu'entre eux deux, se trouvait un mur de bois et une rangée de chevaux. Fort heureusement pour elle, le bois qui se trouvait au niveau du sol était gonflé d'humidité et céda rapidement à ses doigts qui l'effritait jusqu'à ce qu'elle puisse se dégager une ouverture et s'y glisser. Le foin et l'odeur d'urine et de bouse atteignait déjà ses narines, choses qui en temps normal l'aurait écœuré, mais en cette nuit, cette odeur avait celle de l'aboutissement de sa vengeance. Les chevaux ne réagirent pas à sa présence, ils ne semblaient pas craintifs ou alors, ils étaient trop transits de froid. Toutefois, ils remuèrent en s'agitant un peu lorsque Hrist passa la corde autour du cou de l'homme.

Elle s'était approchée de lui comme un serpent, profitant qu'il réchauffe ses doigts à la flamme d'une torche. Il portait le blason de la ville de Kendra Kâr et mourut bien loin de ses terres. Un frottement de corde s'entendit lorsque Hrist la glissa sur sa gorge et la femme tira si fort que l'homme ne pu même pas crier. Sa gorge s'écrasait et il n'eut pas le temps de se débattre. Ses bras étaient tendus en l'air, raidis et tremblaient sous la forme de derniers spasmes jusqu'à ce que sa tête ne dodeline mollement vers l'épaule. Ses bras tombèrent le long de son corps et ses jambes devenus faibles, cédèrent sous le poids de son armure.

Le premier était mort, Hrist étendit son corps près du mur et tâcha de le recouvrir avec un peu de foin. Observant l'extérieur, là où se terrait normalement Gral, la femme n'y vit rien. Impossible de voir plus loin que le bout de son nez tant le ciel ne reflétait rien, tout chargé de nuages noirs qu'il était. Hrist agita la lampe de gauche à droite et Gral se mit à son tour en route. Derrière le roulement terrible du vent elle entendit le grincement agaçant des roues et de l'essieu du chariot tiré par cet intrépide bœuf qu'on entendait jamais de jour comme de nuit.

La silhouette fantomatique du solide Garzok sur son chariot apparut finalement. Il descendit et voyant un tas de foin suspect non loin de là où se trouvait le soldat, il grimaça. " Z'entendez des bruits, de l'autre côté ? Non ? T'tendez, j'vous aide à grimper. "

Faisant la courte échelle, Hrist pu attraper difficilement le toit de la petite écurie. Le rebord était couvert d'une mousse verdâtre et pour couronner le tout, il était pris dans le gel. L'ascension fut plus laborieuse et Hrist resta un moment à gigoter des jambes dans le vide sous le regard inquiet de Gral qui espérait qu'elle ne chute pas. Il poussa un soupir de soulagement lorsqu'enfin, elle parvint à se hisser non sans mal sur la surface solide. De là, elle atteint enfin la fenêtre.

Gral suivit les instructions et déclencha un feu dans l'écurie. La lueur des flammes se verrait de loin et pourrait attirer d'autres gardes, toutefois, Hrist resta en position, prête à traverser le carreau pour paralyser sa proie.
" Allez. Il ne le verra pas venir. Une grosse pression autour de la gorge et lorsqu'il sera inconscient, je pourrais le laisser tomber du haut du toit pour l'embarquer... Lui et cette salope d'Adèle..."

Les chevaux s'alarmaient et le grincement du chariot alla rejoindre le crépitement des flammes qui dégageaient une épaisse fumée irrespirable tant le bois était humide. Les bêtes affolées tirèrent si fort sur leurs liens que les attaches cédèrent et ils galopèrent vers les plaines verglacée pour s'éloigner du feu. Les soldats sortirent et coururent à leur suite jusqu'à ce que l'un des deux, se demandant pourquoi son collègue en poste dans l'écurie avait-il laissé le feu se propager sans crier à l'aide.

Sur les toits, Hrist entendit la porte de la chambre de Nael claquer et le jeune homme laissa tomber sa couverture à terre et avança rapidement dans le couloir et passa devant la fenêtre derrière laquelle se terrait Hrist.

En le voyant, elle bondit de rage au travers de la vitre et glissa avec une adresse inouïe la corde derrière son cou. Avide de sang, elle fit de grands mouvements de bras pour que la corde lèse au mieux la peau de sa victime. Il émit un bref râle et au moment où la tueuse sentit la faiblesse gagner son corps, elle prit sa tête d'une main et l'envoya s'écraser contre le mur.

Un frisson traversera tout son corps.
Nael gisait à ses pieds, inconscient et la gueule ensanglantée. Cette vision apporta à Hrist une satisfaction sans précédent, elle venait de remplir la première étape de son plan, maintenant, il fallait le conduire à Pohélis vivant et achever le travail avec cette fois-ci, moins de précipitation.

Un bruit dans l'escalier alerta la jeune femme, mais quand elle pu distinguer l'ombre avec plus de précision, elle vit qu'il s'agissait de Gral, couvert de sang :

" Bordel, t'fiches quoi ? J'ai composé le garde mais l'autre s'est enfuit. "
" Tu veux plutôt dire qu'il est parti alerter les autres. Allez, viens,, on va chercher Adèle.
" Et lui ? "
" Vu la trace qu'il a laissé dans le mur, il ira pas bien loin. "

Dit Hrist en entr'ouvrit la porte et s'en alla réveiller Adèle, un sourire vicieux aux lèvres.
Lorsque derrière les bandages les paupières s'activèrent et qu'elle ouvrit les yeux, voyant en tout premier dans le noir le visage de la tueuse penché sur elle, Hrist y vit ce qu'elle aimait le plus : la peur.

" Je t'avais dit que je reviendrais. Et si pour vous la vengeance est un plat qui se mange froid, sache que je la préfère à peine tiède avec beaucoup d'éclaboussure... "

Les yeux d'Adèle roulèrent dans le vide.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 15 Mar 2015 03:56 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
" Dépêchons-nous. Tu as bien vérifié ses liens ? Bien. Charge le et ne ménage pas ce salaud. "

Hrist trainait le corps d'Adèle par les cheveux jusqu'aux escaliers. La jeune humaine se débattait et essayait de planter ses ongles dans l'avant-bras de la tueuse mais, celle-ci, lorsque la pression des doigts sur sa peau se faisait trop forte, se mettait à tourner l'épaisse poignée de cheveux qu'elle retenait entre ses doigts.
" Tu devrais te calmer, je sens presque ta peau qui se soulève de ton crâne. Profite du maigre répit qu'il te reste... "
Mais ces paroles ne suffisaient pas à faire cesser la jeune femme. Sa panique s'aggrava lorsque Hrist continua de la trainer malgré les marches de l'escalier, le bruit sourd de son corps se heurtant à chaque marche plaisait beaucoup à Hrist, elle regretta même que l'escalier n'eut été plus long.

A son tour, Adèle fut chargée comme un sac à l'arrière du chariot.
" Allez, vite on déblaie ma grande, pas envie de terminer la tronche au bout d'une pique ! "

Hrist retourna dans la maison, ignorant les appels de Gral. L'orque paniquait et se tenait la tête entre les mains, scrutant la plaine de peur d'y trouver des cavaliers. Quelques instants plus tard, Hrist quitta la maison qui peu à peu, s'enfumait.
" On laisse pas de trace. Ils ne doivent pas savoir que nous sommes que deux. "

Gral se mit en route, fouettant avec force le taureau qui n'en demandait pas plus pour avancer." C'est débile ! S'ils savent pas combien on est, ils risquent d'en envoyer encore plus à not' cul ! "
" C'est un point de vue intéressant. Je pense que tu as raison. Je pense aussi que ça devrait te motiver à ce qu'ils ne nous rattrapent pas. "
" J'commence à croire que c'était une mauvaise idée, ils seront moins emmerdés qu'nous. Ils ont pas de chariots eux ! "
" On aura le temps de se poser la question quand ils auront retrouvés leurs chevaux. "
" On aurait mieux fait de les égorger ! "

Il grincha quelques mots dans sa barbe et dit tout haut :
" J'en reviens pas qu't'as rien prévu pour la suite. Comment t'es encore en vie ? "
" J'improvise. " Ironisa-t-elle d'une voix amusée. Elle était rayonnante depuis la capture de Nael et se délectait déjà de ce qu'elle allait lui faire subir. Un couinement derrière elle se fit entendre, et lorsqu'elle se tourna, elle vit le visage effaré de l'homme qui gesticulait dans tous les sens comme un ver au bout d'une ligne. " Regardez qui est réveillé ! Pas trop sonné ? Je n'ai pas cherché à retenir mon coup... "

Elle glissa dans l'arrière du chariot et s'assit à califourchon sur lui, tenant son menton entre ses doigts, les yeux dans les yeux. Gral avait noué ses chevilles, ses cuisses, ses poignets en arrière et également ses bras au corps. Un autre morceau de corde lui serrait le visage en passant par sa bouche, l'empêchant de parler.
" Je sais que tu ne t'attendais pas à me revoir. C'est un peu sur ça que reposait ma stratégie. Et puis, ma main est déjà soignée, incroyable non ? Le soin était douloureux, mais les orques savent y faire contre toute attente. "

Nael remuait la tête et essayait de se débarrasser des ongles de la femme qui s'enfonçaient peu à peu dans son visage. Hrist donnait de petites claques de l'autre main, elle l'observait détourner le regard, tendre son cou pour essayer de s'enfuir, il articulait des propos inaudibles et savait que la tueuse se délectait de ce moment.

Elle lui dit tout bas, au creux de l'oreille comme une amante :
" Je me demande ce que tu as bien pu regretter le plus amèrement dans ta vie... Mais je sais une chose, c'est que tu n'as rien que tu pourras regretter plus que ce que je vais te faire subir. "

Elle se redressa. Adèle ne bougeait pas, ses yeux fermés, quelques larmes sortaient des cils. Hrist pouvait lire le désespoir nouveau gagner le visage de ses victimes. Adèle était déjà assez mal en point mais Nael était encore immaculé. Hrist inspecta son visage, passant doucement sa main dans ses cheveux bouclés. Il avait un petit nez droit qui donnait aux personnes trop fines un air mauvais et sournois, ces yeux comme lors de leur première rencontre était cernés par un manque de sommeil. Ses joues légèrement creusées malgré une jolie couleur rose lui laissait croire qu'il se rongeait trop les sangs, elle se demanda même quel rôle pouvait-il avoir du temps où il œuvrait pour Xenair. Il avait sûrement été toute sa vie un interrogateur, il n'était pas taillé pour le combat, trop raide et peu habile.

" Putain, au lieu de jouer, elle peut pas surveiller si on est pas avec des soldats au cul ? "
" Il n'y a rien. A part une maison en train de brûler. "
" Ça va rameuter encore plus de monde c'te connerie. "
" Alors creuse l'écart entre eux et nous au lieu de râler. Et tu oublies que nous avons des otages de choix. " Dit elle en pinçant le nez de Nael qui grimaçait.

" T'en dis quoi, hein ? J'ai pu me sauver en défigurant ta donzelle, tu as sûrement plus de valeur ? Hein ? Hein ? Hein ? " Elle donnait à nouveau de petites claques sur la joue déjà rougie par le froid. La tueuse avait déjà du mal à se retenir, ce qui n'augurait rien de bon pour la suite.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Ven 1 Jan 2016 12:42 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 15 Aoû 2015 16:54
Messages: 73
Aeglos arrivé depuis quelques jours avait réussi à s'intégrer auprès d'une famille d'hinïon au sein d'un des chalets enneigés de Nosvéris.

- Bonjour Aeglos, s'exclama un hinïon plutôt âgé, aux longs cheveux blancs et au port altier.

- Des nouvelles de ce que j'ai demandé, Aegnor ? Bonjour Yavana, fit le Sindel en saluant au passage l'hinïonne du même âge que son mari qui venait l'embrasser.

- J'ai quelques ouvrages sur les prétendus artéfacts de Yuia, cependant je n'étais pas le seul à les chercher.

Aeglos leva un sourcil intrigué. Qui pouvait bien rechercher des objets créés par une déesse ? Comme si Aegnor lisait dans ses pensées, il lui répondit avec un air des plus sombres.

- Je n'ai pas pu savoir son nom, d'ailleurs j'ai préféré l'éviter, il semblait éminemment puissant. Ce que je peux dire c'était qu'il cherchait également des informations sur des reliques dans la région, qu'il était aussi un Sindel et qu'il portait un énigmatique masque qui cachait une bonne partie de son visage, hormis ses oreilles nimbées de gris. Ah et il avait le même bâton que le tien...

- Le Maitre est ici ?! C'est impossible...

Aeglos se releva de son siège pour faire les cent pas dans le salon, puis se détourna du couple pour se tourner vers la fenêtre contemplant sans la voir réellement les flocons de neige virevoltant dans le ciel grisâtre. Depuis quand ne l'avait-il plus vu ? Une centaine d'année tout au moins, peut-être bien plus. Cela ne pouvait être que le Maitre des Maenausters au vu de la description du personnage. Le Maître avait été beaucoup pour lui, il avait été son second père, sa seconde famille, c'était lui qui avait découvert tout son potentiel, l'avait pris sous son aile en tant qu'apprenti jusqu'à cette nuit funeste où la neige avait recouvert Tahelta, une neige surnaturelle provoquée par le mage. C'était cette nuit que les prêtres et prêtresses de Maenauster et ceux de la Lune avaient essayé de l'assassiner et le Maitre y avait participé.

- Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait, mais je ne veux pas vous mêler plus à mes recherches, surtout avec ce Sindel masqué à ma suite.

Il prit les ouvrages épais laissés par Aegnor, salua le couple et sortit en pleine tempête de neige.

_________________


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 8 messages ] 


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016