Isil An'Naïnelim a écrit:
Caabon a écrit:
J'en ai probablement parlé. Et j'en ai reparlé aujourd'hui (j'ai lu son autobiographie cette nuit). Ayant mentionné son champ disciplinaire, Guasina a pensé à toi.
Et si ton amie est en histoire, il n'est pas impossible qu'elle le lise en effet.
Son autobiographie était intéressante ?
Non, je ne le connais pas plus que ça. Je viens de voir qu'il a travaillé sur la sexualité en Rome antique donc je confirme, l'amie en question doit l'avoir lu.
Je trouve que c'est un excellent livre (surtout si on connait un peu l'oeuvre du gus), tant dans le contenu que dans le sens du récit, et très émouvant sur les dernières années. Dès la première page, il explique : "Ce livre n'est pas de l'autofiction et n'a aucune ambition littéraire, c'est un document social et humain à destination des curieux." Et c'est vrai : c'est un document social, parce qu'il parle de lui dans son temps, et très bien je trouve, avec un regard d'historien je pense ; par exemple, c'est intéressant de voir son regard d'étudiant de l'école normale de la rue d'Ulm en tant que membre du Parti Communiste, et comment il s'en est éloigné, ses rapports personnels avec des espèces de monuments qui pour moi ne seront jamais que des noms sur des couvertures, comme Foucault ou Char. Et humain, parce qu'il parle de lui, de sujets divers, parfois difficiles, de sa vie, sans pudeur mais avec beaucoup d'élégance, de délicatesse, de brio je dirais.
Et il a une habitude que je trouve amusante, touchante : "Je suis partisan de ce vouvoiement avec toute femme qui vous a accordé ses faveurs : il prouve que vous ne la respectez que davantage. Ce "vous" est donc un manifeste féministe, mais ce n'est pas que cela : c'est un "je t'aime" qui accompagne tacitement la phrase la plus banale et qui chauffe la bouche au passage. En outre, il n'exclut nullement un soudain passage au "tu", qui prend alors une forte valeur expressive. Je ne saurais que trop suggérer à mon lecteur de pratiquer, s'il ne le fait déjà, ce "vouvoiement de l'aimée", d'enrichir ainsi la langue française et de laisser les nigauds et les envieux y voir du snobisme."
Un de nos professeurs de géographie, récemment retraité avait l'habitude de vouvoyer toutes les femmes, cela m'y fait penser.
Mais à vrai dire... A la réflexion, je crois que je n'apprécie pas ce vouvoiement de l'aimée tel qu'il le décrit.