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Lettre à Louis Bouilhet, 14 novembre 1850, Constantinople
"A propos de sujets, j'en ai trois, qui ne sont peut-être que le même et ça m'emmerde considérablement : 1° Une nuit de Don Juan à laquelle j'ai pensé au lazaret de Rhodes ; 2° l'histoire d'Anubis, la femme qui veut se faire baiser par le Dieu. C'est la plus haute, mais elle a des difficultés atroces ; 3° mon roman flamand de la jeune fille qui meurt vierge et mystique entre son père et sa mère, dans une petite ville de province, au fond d'un jardin planté de choux et de quenouilles, au bord d'une rivière grande comme l'Eau de Robec. Ce qui me turlupine, c'est la parenté des idées entre ces trois plans. Dans le premier, l'amour inassouvissable sous les deux forme de l'amour terrestre et de l'amour mystique. Dans le second, même histoire, seulement on s'y baise et l'amour terrestre est moins élevé en ce qu'il est plus précis. Dans le troisième, ils sont réunis dans la même personne, et l'un mène à l'autre ; mon héroïne seulement en crève de masturbation religieuse après avoir erxercé la masturbation digitale. Hélas ! Il me semble que lorsqu'on dissèque si bien les enfants à naître, on n'est pas assez bandant pour les créer.
Lettre à Théophile Gautier, lundi 13 août 1850, Jérusalem
"Au Caire, j'ai vu un singe masturber un âne. L'âne se débattait, le singe grinçait des dents, la foule regardait, c'était fort.
Lettre à Louis Bouilhet, 13 mars 1850, près de Syène
"Je l'ai sucée avec rage ; son corps était en sueur, elle était fatiguée d'avoir dansé, elle avait froid. Je l'ai couverte de ma pelisse de fourrure, et elle s'est endormie, les doigts passés dans les miens. Pour moi, je n'ai guère fermé l'oeil. J'ai passé la nuit dans des intensités rêveuses infinies. C'est pour cela que j'étais resté. En contemplant dormir cette belle créature qui ronflait la tête appuyée sur mon bras, je pensais à mes nuits de bordel à Paris, à un tas de vieux souvenirs, et à celle-là, à sa danse, à sa voix qui chantait des chansons sans signification ni mots distinguables pour moi. Cela a duré ainsi toute la nuit. A trois heures je me suis levé pour aller pisser dans la rue ; les toiles brillaient. Le ciel était clair et très haut. Elle s'est réveillée, a été chercher un pot de charbon et pendant une heure s'est chauffée accroupie autour, puis est revenue se coucher et se rendormir. Quant aux coups, ils ont été bons. Le troisième surtout a été féroce, et le dernier sentimental. Nous nous sommes dit là beaucoup de choses tendres, nous nous serrâmes vers la fin d'une façon triste et amoureuse.[...]"Si le cerveau baisse, la pine se relève"
Que n'est-il pas resté jeune ce cher Gus ! Et ce n'est qu'un court extrait des comptes-rendus à ses potes du voyage "diplomatique" effectué en Orient (il y a tout ce qu'il gamahuche, ses chancres, etc.)
Trouvons maintenant un petit quelque chose de ses échanges avec Louise...
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C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ; par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables. Proverbes, 24, 3-4
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