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 Sujet du message: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Mer 11 Nov 2009 19:16 
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La porte qui venait de s’ouvrir dans un bruit de mécanisme étrange vous dévoila un spectacle bien morne par rapport à ce que vous aviez pu espérer. La seule issue depuis la majestueuse cathédrale enterrée donnait en effet sur un simple couloir, assez large pour le passage d’un homme. Ce passage était grisâtre et dénué de tout intérêt décoratif. La seule chose que vous aviez à faire était d’avancer. Ainsi, vous deviez, pour sortir de ce gouffre clos, passer par un tunnel taillé, obscur et étroit.

Lorsque vous l’empruntez, vous n’apercevez rien devant vous à part une sorte de grisaille infinie semblable à celle qui vous entoure. Gwaë décide de fermer la marche, évitant ainsi de prendre le risque d’être enfermé entre des partenaires maladroits et craintifs.

Au bout d’une marche de cinq minutes, vous arriverez à un virage unique vers la droite qui vous conduira encore sur une cinquantaine de mètres dans une salle. Elle non plus n’a rien de grandiose et contraste totalement avec votre ancien lieu de résidence. Elle n’abhorre aucun signe distinctif, c’est un carré de pierre grise avec aucune décoration au sol. L’espace est clos, il n’y a pas de porte et la pièce est assez large mais peu longue. Le plafond est bas mais reste difficilement accessible sans une pyramide humaine.

C’est de là que vient votre salut car l’unique source de lumière est ici. Elle sort d’un carré venant du plafond. Cependant, votre unique voie de continuation est grillée et peu accessible. Mais une douce brise en vient et c’est un puits de lumière pour la salle où vous vous trouvés. Il semble évident qu’il vous faudrait passer par ici.

Lorsque vous aurez tous pénétré dans la pièce, un mécanisme refermera la porte derrière vous. Gwaë est perplexe et ne dit mot, gardant sa colère des instants précédents en elle. Elle attends les réflexions de ses partenaires d’infortunes.

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Merci à Itsvara
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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Mer 11 Nov 2009 20:11 
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La tension, la peur, l'appréhension firent place un court instant à la joie et l'excitation: ainsi, ils n'avaient pas échoué en fin de compte, et cette fichue porte avait finit par daigner s'ouvrir à eux, dévoilant un passage morbide et peu rassurant. Cette interlude jovial fut de courte durée, la méfiance naturelle du voleur reprenant rapidement le dessus. Après tout, il avait réussi à rester en vie jusqu'ici en restant sur ses gardes à chaque instant... L'épisode avec la guilde de Lyuben, les tentatives d'assassinat, les complots, les machinations, lui avaient inculqué cette valeur essentielle à la survie dans les rues de Tulorim, et il n'y avait aucune raison qu'il se défasse ici, alors même que les lieux suintait le danger et l'inconnu, de ses habitudes défiantes.

Il porta donc un regard scrutateur sur le couloir que la porte, maintenant béante, venait de dévoiler: taillé à même la roche, les parois portaient encore les traces grossières des coups de pioches, pelles et biseaux qui l'avaient creusé. Aucune poutre, aucun support n'était visible, et Rasliak craignait que le couloir ne se transformasse en piège mortelle si un éboulement devait avoir lieu... Qui pouvait savoir à quelle profondeur ils étaient! Un frisson parcouru son échine à cette pensée...

(On pourrait tous crever comme des rats ici, sans rien pouvoir y faire, que personne n'en saurait jamais rien... Tu parles! je commence à me demande si c'était pas vrai en fin de compte... Tout ceci respire le malsain... Non, le maléfique... Et surtout, les hurlements bestiaux qu'on a entendu tout à l'heure provenaient forcément de ce couloir... J'ai pas vraiment hâte de rencontrer la bestiole responsable de ce boucan...)

Réprimant ses peurs, le voleur avança prudemment dans le couloir. Ses yeux scrutaient chaque endroits, à la recherche d'un indice, d'une trace... de quoi que ce soit qui eût pu indiquer un piège... Pas après pas, il s'enfonçait dans la galerie. Les ténèbres étaient de plus en plus profond, mais, étrangement, jamais opaques, comme si une source de lumière invisible eût assuré que la galerie resta praticable... Tout cela ne disait rien qui vaille au voleur... Il commença à regretter d'avoir ouvert la marche, mais après tout il était sans doute plus apte à déceler un piège que ses compagnons d'infortunes. Il remarqua d'ailleurs que l'elfe colérique fermait la marche, ruminant sa fureur en silence... Elle n'avait plus pipé mot depuis l'ouverture de la porte, comme si l'humiliation de s'être emporté avait supplanté sa colère, sans toutefois la balayer.

(D'ailleurs) songea le voleur, (plus personne ne parle depuis un moment... Ça doit faire quoi, bien 5 minutes qu'on avance, sans que quiconque ait prononcé un mot! C'est reposant, mais ça arrange pas le côté oppressant de la situation...)

Ils prirent un virage à droit, seule voix de continuation, et se retrouvèrent rapidement dans une petite salle grise, et sans issue. Enfin, sans issue apparente: le voleur commençait à avoir l'habitude de déceler les passages dérobés, et la grille au plafond n'était pas non plus vraiment discrète. Et puis, après tout, (un vrai voleur ne passe pas par la porte d'entrée, hein...)

À cet instant, Gwaë pénétra dans la pièce, et une porte de pierre s'abattit derrière elle, leur coupant toute retraite. Une boule d'angoisse se forma dans le creux du ventre du voleur, qu'il réprima instantanément. Ce n'était pas un moment approprié pour se laissait aller à la panique... Chassant de son esprit des images du groupe coincé sous terre à jamais, destiné à mourir de faim, se transformant peu à peu en cadavres décharnés, il se concentra sur la grille qui se trouvait au milieu du plafond de la salle. Il se plaça juste en dessous, et put apprécier la fraicheur de la brise qui s'en échappait: finalement, peut-être que la surface n'étais pas si lointaine! Cette nouvelle donnée raviva sa curiosité, et il se demanda si après tout ils n'en auraient pas finit

Il jaugea rapidement la salle: peu intéressante en elle même, il remarqua simplement que le plafond était suffisamment bas pour qu'ils puissent atteindre la grille sans trop de difficulté à condition de coopérer. À vrai dire, il pouvait même l'atteindre seul, ce qu'il fit d'un bond puissant. Se repliant sur lui même afin de gagner en impulsion, il se détendit d'un seul coup, et se projeta en l'air. Ses doigts crochetèrent la grille, et il hissa son visage à la hauteur du métal. Il tenta de l'arracher en tirant par a-coups secs, mais ne fit point broncher la grille. Il remarqua un étrange système de fixation sur les côtés, qu'il pourrait facilement défaire à l'aide de sa dague... si seulement il avait les mains libres.

Il se laissa chuter à terre, atterrissant avec souplesse.

(Hum... Bon, ça ça devrait pas être trop compliqué, juste chiant... Il suffit que j'arrive à trouver un truc sur lequel monter pour pouvoir démonter cette saloperie, et ça sera bon... ce que je crains le plus, c'est l'escalade après... J'ai l'impression que ce conduit monte presque à la verticale... je sais pas trop comment on pourra s'y prendre pour grimper, surtout si ça monte haut... Ça commence à me prendre sérieusement la tête toute cette histoire, et je vois pas pourquoi je me la casserais à chercher des solutions. Je vais me poser dans un coin et les laisser se débrouiller, les trois autres pécores...) se dit-il, se sentant soudain très las.

Et joignant le geste à la pensée, il s'éloigna vers le fond de la pièce, s'asseyant dos au mur, les jambes tendues devant lui, les bras croisés sur le ventre. Il avait la ferme intention de se reposer, et n'avait aucune envie de participer à la résolution de ce nouveau problème. Après tout, toute cette histoire ne l'intéressait plus tellement... Il s'était attendu à une série de piège ou un monstre qui les aurait attendus la gueule béante, prêt à engloutir son repas, et finissait par se retrouver coincé dans une pièce aux murs nus, sans autre intérêt que d'être un cul-de-sac.La frustration qui l'emplît finît par laisser place à un désintérêt profond, et il n'éprouva aucun scrupule à fermer les yeux, attendant un sommeil réparateur. Sa curiosité première s'était évanoui au contact de ce manque critique d'action, et de plus cela lui permettait de suivre les conseils avisés de...

(Ouais, c'est du gagnant gagnant quoi... Oh, et puis je m'en fous après tout! Ça m'intéresse pas toutes leurs histoires! Ils ont qu'à se débrouiller sans moi, et basta... En attendant, je vais faire un somme...)

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Watch the shadows, watch the walls,
For there he lurks, and there he crawls
His dagger quick, his dagger sly,
To cut your throat, to pierce your thigh.


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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Jeu 12 Nov 2009 00:26 
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Je me relève péniblement avec quelques contusions sur ma nuque après avoir été éjecter par l’humain à l’œil vert sur la gamine; la porte est enfin ouverte à cause de la rencontre brutale que Rose a eu avec celle-là. Un tunnel étroit et sombre se présente à ma vision étonnée par ce qui se trouve derrière la porte. (Eh bien! S’il faut passer par là, nous allons devoir passer en file indienne comme par hasard c’est Rasliak passe devant tous. C’est bien d’un côté, s’il y a des pièges ou d’autres problèmes c’est lui qui se prendra tout dans la gueule!)

Dès lors que l’humain s’engouffre dans le tunnel, je me mets à emboîter le pas en récupérant au passage ma cape que je renoue autour de mon cou légèrement meurtri et mon épée en la rattachant autour de ma taille. J’avance pas à pas en baissant faiblement la tête pour éviter de me la taper contre la roche abrupte du plafond de la galerie. (Té! ça ne te rappelle pas la dernière mission que tu as faîtes pour les Ermites. Ouais! Tu es passé par le même genre de passage. Hein ! C’est vrai! Où cela ne sent pas bon du tout, du tout! Ça sent le traquenard par ici!)

Par la suite, plongeant mon regard vers mes bottes, j'effectue une reconnaissance du terrain pour éviter de trébucher dans un sale nid de poule. Un souffle court se fait entendre dans mon dos; je ne sais pas qui c’est , soit c’est Rose ou Gwaë; qui sait…? Après une avancée fulgurante pour ma part dans la semi-obscurité ambiante; mes yeux croisent des marches qui ont dues croupir durant des années que je déduis par l’apparition momentanée d’une fine pellicule de poussière et de terre décomposée qui s’envole sous notre marche.

(J'en ai maarrrre! Maintenant, nous sommes en train de monter et en plus personne ne parle, c'est la mort ici! J'ai une envie de me pendre pour sortir de ce cauchemar.)

Quelques minutes passèrent, mon coude s'entrechoque contre un angle obtus, la tête relevée, je vois que nous tournons sur la droite. Des mètres domptées, nous parvenons finalement dans une pièce d'où une odeur de moisi d'antan m'irrite les narines; elle est assombri, seulement juste un carré de filaments de lumière font résistance contre la pénombre.

Soudain, l'entrée où nous étions passés se referme aussitôt derrière l'elfe encapée qui fermée notre marche. Quittant la file en passant derrière Gwae; je m'approche de la porte en pierre grise en essayant, par un vieux réflexe humain, de la pousser, en vain, de toutes mes forces. (Aie! Je me fais mal pour rien! Et voilà! Je me retrouve à huit clos avec trois personnes que je ne connais à peine! Heureusement que je ne souffre pas de claustrophobie! Pas de panique!)

Dévisageant tout le monde avec un air déconfit, j'aperçois en hauteur Rasliak en train de faire le singe suspendu à la grille illuminée. (Que fait-il ? On dirait qu'il a découvert quelque chose en étant perché.) Après avoir fini son cirque, il retombe et par s'installer au fond de la pièce et commence à somnoler sans dire un mot. (Simultanément, l'huberlu s'en va dormir comme s'il se foutait de la situation où nous nous trouvons! Hé ben! Fichtre! Qu'il aille se faire..., faire voir chez les trolls!)

Je me rapproche en doublant Rose et Gwae pour finir en dessous de la lumière. Faisant à mon tour la même chose que l'autre énergumène, je saute pour m'accrocher aux barreaux. Je suis aveuglé par la lumière à cause du passage furtif de l'ombrage à la clarté, je ressens une infime brise d'air me caresser la joue entaillée qui me ravive un peu le cœur et discerne en même temps un mur en cercle qui monte. Présumant égocentriquement de ma force, je me rétame rudement sur le sol de la pièce.

«Ouille! On dirait qu'il y a un type de conduit au-dessus de nous qui mène peut-être dehors, il est séparé par la grille. Il faudrait que quelqu'un examine mieux, mais je crois que nous pouvons enlever la grille. Vous avez vu! Rasliak était en train d'y faire un truc; il nécessitera peut-être de lui demander cependant je ne veux pas le faire avec ce qu'il s'est passée auparavant. Je me propose pour faire la courte-échelle si cela ne gêne pas, néanmoins il faut que ça soit quelqu'un de léger sans accabler personne pour être le porter.»Exclame-je sur un ton amical en me frottant les jambes et le bas du dos.

(Rahhh! Voilà! Je me mets jouer le stratège de service; je n'ai pas l'âme pour cela et en plus je n'affectionne pas les responsabilités! Rien à faire! Si cela échoue, j'ai tenté au moins une chose.)

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Dernière édition par Talion le Sam 6 Fév 2010 20:04, édité 5 fois.

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 Sujet du message: Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Ven 13 Nov 2009 17:17 
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Lorsqu’elle revint avec le coffre, Rose constata que ses camarades n’avaient pas bougé. Ils regardaient tous trois la porte, le temps de se remettre du heurt pour certains, de la fureur pour d’autres, des émotions pour tous trois. L’enfant n’était pas moins éprouvée par tout ce qui s’était passé depuis qu’elle avait violemment atterri dans cette salle majestueuse, mais elle ne pouvait chasser Julie et ses graves plaintes de son esprit. Le coffre passait avant tout. Lors qu’elle le posait doucement à côté de Raliak et de Gwaënelle, elle se souvint de la seconde charge qui lui était imposée, et força à nouveau ses membres endoloris à aller quérir les deux seaux restés près du mécanisme aux tubes. Tandis qu’elle s’y rendait, la tête commença à lui tourner, elle sentit une légère léthargie la gagner. Elle eut davantage de mal à soulever le joug et à le poser sur ses épaules, remarquant à l’occasion que sa main droite était entaillée des mille petites coupures qu’avaient causées les bris de verre en tombant ; grâce au froid, les gouttes de sang qui avaient perlé étaient déjà coagulées. En se tournant une dernière fois vers la table de pierre qu’elle avait dû manipuler, elle posa les yeux sur la cage tournante du petit denah mauve qui courait toujours, imperturbable, un éclat de verre planté à la verticale dans la carapace. Rose hésita un instant, puis sourit.

« Viens, camarade, je t’emmène. Continue à courir si tu veux, mais au moins tu verras le monde et moi… je serai moins seule. »

Ouvrant la porte de la cage, elle souleva le crustacé, le débarrassa de son épine et le posa sur le large rebord d’un des seaux. Il continua à courir, tournant ainsi en rond sur la margelle.


(Moins seule ? Mais je ne suis pas seule. D’ailleurs le chemin sera long…Tu es embarqué malgré toi dans la même entreprise incompréhensible que moi, n’est-ce pas, Ahuri ? Puisses-tu t’en sortir… mieux que moi, ici, je ne m’en sors pour l’instant.)


Lorsqu’elle rejoignit enfin la porte, Raliak avait déjà presque disparu dans l’ouverture. Il avançait pas à pas avec une grande prudence, et les deux autres derrière lui tentaient d’apercevoir quelque chose. L’enfant ne nota rien de plus que ce qu’ils pouvaient tous constater, et c’était peu de chose : un étroit couloir partait de la salle, en vérité la porte cachait principalement des murs de pierre grise ; seul ce passage perçait la muraille, à peine assez large pour qu’un être y passât. Sigdral s’y engageait déjà à la suite de l’humain ; Rose ouvrit la bouche pour protester, mais s’en abstint.

(Je ne passerai jamais ! Seule, j’entre là-dedans comme un ratissa dans l’antre d’un grizzli, mais… Une Rose et deux seaux, non, vraiment, ce n’est pas possible. Ah, petit bête, je sais bien que toi tu marches sur le côté, mais je ne vais quand même pas… imagine un peu que cela dure pendant des heures sans s’élargir, je ne tiendrais pas, et puis j’irais très lentement…)

La jeune fille se tourna vers Gwaënelle, apparemment peu hâtive de suivre les deux aventuriers. Les yeux dans le vague, elle paraissait profondément plongée dans d’absorbantes pensées ; tant, que le contraste avec sa rage et ses cris d’un instant auparavant était impressionnant. Ses lèvres légèrement entr’ouvertes semblaient quelquefois murmurer un mot. Était-ce une prière, ou répondait-elle mentalement à ses propres questions ? Ou peut-être, s’il se pouvait, ses pensées passaient-elles seulement les bornes qui leur étaient ordinairement imposées pour gagner le domaine de la parole.
Les pas de Sigdral et de Raliak résonnèrent, et Rose songea qu’ils devaient déjà être loin. Revenant aux seaux, elle se rendit compte qu’ils n’étaient, finalement, point si gros qu’elle l’avait imaginé et la tige point si longue que cela. Après avoir installé le joug sur ses épaules, maintenu par les mailles de la tunique, elle saisit le coffre et s’avança vers l’entrée. Ainsi chargée, contrairement à ce qu’elle en avait jugé d’abord, Rose pouvait passer dans le couloir, le pauvre denah au fond de la poche de sa robe. Cela était fort lourd, porter les baquets et le coffre à la force de ses fines épaules était éprouvant, mais il n’y avait gère de choix et il fallait faire vite. Qui savait si les lourds battants de la porte enfin ouverte n’allaient pas finir par se refermer brusquement ? Bien que ce que cachait le sombre passage qui s’offrait à eux parût incertain et périlleux, c’était l’unique issue et il eût été idiot d’hésiter et de reculer à présent. Avant de s’engager véritablement dans le tunnel, elle se retourna vers la jeune dame à l’air songeur :


« Mademoiselle… Mademoiselle, allons-y, voulez-vous ? »

Leurs regards se croisèrent, l’un las et découragé, l’autre plein d’éclairs et de ressentiment. Elle ne croyait pas que Rose n’eût pas manqué son épreuve, c’était évident. Comme pour marquer qu’elle ne suivrait que sa volonté en s’engageant dans le couloir et non l’invitation de l’enfant, Gwaë tourna la tête vers la cathédrale, lui laissant le temps de la précéder. Lors, les portes commencèrent à se refermer lentement, et l’enfant se hâta de passer. Ce n’est que quelques instants plus tard qu’elle put entendre derrière elle les pas de l’elfe heurter régulièrement et avec force l’humide pavé.

À l’intérieur, l’air était fort sombre. N’étant pas encore coutumière des plus grandes profondeurs aquatiques, l’enfant ne profita pas d’une meilleure vision que ses compagnons, et tâtonna comme eux entre les deux murs de pierre froide. Si elle était assez petite pour que le plafond ne fût jamais une menace, elle était en revanche bien large pour les lieux, qui l’eussent admise bien plus aisément si elle eût été dépourvue de son pesant fardeau. Régulièrement, l’un des seaux heurtait une anfractuosité de la roche, déséquilibrant ainsi le fragile équipement ; il fallait alors à la faible porteuse rétablir le poids comme elle le pouvait. La première fois, elle laissa échapper un rire joyeux, la situation était délirante, et la sienne particulièrement ridicule, et cela lui plaisait beaucoup. Après qu’elle eût dû s’arrêter dix fois – au grand damn de celle qui la suivait – pour replacer sa charge, elle riait moins.

La pente du chemin s’accentuait à mesure qu’ils avançaient. Un léger souffle de vent rafraîchissait leurs visages, un courant d’air venu de nulle part. Leur marche aveugle ne dura que quelques instants, qui leur parurent pourtant bien longs ; ne regardant plus que les seaux, Rose ne put éviter de cogner Sigdral qui, devant elle, s’était arrêté. Ils entrèrent alors dans une salle morne et triste, creusée dans la pierre et visiblement polie par un cours d’eau souterrain qui avait dû s’écouler par ici pendant plusieurs décennies, si ce n’était beaucoup plus longtemps. Cette crypte naturelle avait de toute évidence été élargie et structurée par une main savante ; étrangement, la forme d'origine de la pièce avait été conservée, les murs de pierres nues alternaient avec les blanches poutres arrondies qui ajoutaient à l’extrême simplicité des parois la solennelle beauté des ogives.
La jeune elfe entra dans la pièce sans méfiance. Elle avait, depuis qu’elle avait quitté la cathédrale, prit garde à ce que la terrible Gwaënelle restât derrière elle ; cette attention était quelque peu vaine puisqu’il n’y avait qu’une seule voie, mais marchant en arrière elle était la seule à pouvoir disparaître sans que personne ne s’en rendît compte. Il régnait ici une faible lumière grisâtre, mais qui avait tout de la diffuse lueur qui éclaire un matin d’automne ; l’on se serait presque cru au-dehors.
À peine eurent-elles toutes deux passé le seuil de la pièce qu’un vif courant d’air venu du couloir les poussa dans le dos, et un bloc de pierre s’abattit sur leurs talons. Gwaë sursauta ; Rose posa les mains sur la roche froide qui venait de tomber et servirait de porte au coffre fort dans lequel ils étaient à présent enclos. À côté d’elle, le semi-elfe s’efforçait de la déplacer, ou de la faire remonter, mais c’était espoir vain. Elle lui lança un regard, mais il ne la vit pas.


(Oh… L'angoisse le gagne, on dirait. Je crains que ce ne soit point la fin, nous sommes seulement un peu moins bas sous la terre et dans un espace plus étroit. Et cette porte-là ne s’ouvrira plus, du moins je ne vois pas comment. Calmez-vous, monsieur le moitié d’elfe, ou cela risque de tourner mal pour tout le monde. Eh !)

Le crabe devait être las du fond de la poche, car il avait profité de ce que Rose approchât sa main de lui pour la pincer violemment. La blessure n’était pas grave, mais la surprise la fit retirer vivement sa main, le petit crustacé toujours accroché à la paume par une pince ; il oscillait ainsi en la regardant avec le regard délatéralisé caractéristique de ces bestioles… dont l’enfant avait pu faire l’expérience dans le combat qu’elle avait rudement subi quelques temps auparavant. Frémissant légèrement devant cette lueur qu’elle avait également vue dans les prunelles stupides du tenace Brachyu, Rose libéra la terrifiante bête en la posant sur le sol, et la regarda courir de côté vers un coin de la pièce et s’y blottir. Curieusement, il ne cessa pourtant pas d’agiter ses petites pattes. Il devait avoir l’habitude de sa roue tournante, et ne voulait plus s’arrêter.
Derrière elle, Raliak était pendu au plafond, accroché à une grille qui fermait une sorte de tunnel qui partait de la pièce à la verticale. Il tentait de la secouer, mais le grillage tenait bon. C’est de là que venait la blanche lumière et le souffle frais. Lorsque l’humain eut sauté à terre, ce fut au tour de Sigdral de bondir jusqu’à l’ouverture close, et s’il n’eut pas davantage de succès, il montra en revanche beaucoup moins de grâce dans sa manière de regagner le sol, il n’était pas acrobate, lui. Le laissant se relever, l’enfant constata que l’humain semblait avoir tout abandonné ; la vision qu’il leur présentait, affalé contre le mur et les yeux mi-clos, avait tout pour les effrayer.


(Et si notre seul avenir était de finir ainsi, à mourir chacun de son côté ?)

Secouant la tête tant pour lutter contre l’engourdissement qui la gagnait que pour écarter cette idée – qui, en vérité, ne l’impressionnait pas beaucoup – l’elfe écouta la vaillante proclamation de Sigdral, et s’assit à son tour. Elle était censée monter jusqu’à la grille pour l’examiner, il était probable que c’était à elle et non à la grande elfe tout armée que s’adressait l’invitation. Elle répondit doucement :


« Voyons, monsieur, un peu de courage… Si nous commençons à nous isoler les uns les autres… je ne m’y oppose pas, mais dans les conditions où nous sommes je crois que c’est la dernière chose à faire, vous ne pensez pas ? Ce n’est pas lui, la bête que nous avons entendue. Et puis le plus fragile de nous tous, ne serait-ce que par ce qu’il cache… Hum, simple impression. »

Après un instant de silence, se tournant enfin vers Raliak, elle lui demanda d’une voix lasse :

« Comment cela est-il fixé, monsieur, que faudrait-il pour l’ouvrir ? Et… êtes-vous sûr que c’est la seule voie ? L’on ne pourrait pas monter, et puis je pense que si ce n’est pas fait pour être escaladé nous n’escaladerons pas. Cela monte haut, peut-être, et aucun de nous n’a tout ce qu’il faut pour se hisser dans un conduit vertical, le poids, les armes pour s’accrocher, l’agilité, tout cela. »

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Dernière édition par Rose le Ven 24 Sep 2010 19:57, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Sam 14 Nov 2009 11:38 
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Alors que vous discutez tranquillement, un petit déclic se fait entendre et c’est Gwaë la plus prompte à écarter Rose du trajet d’un projectile meurtrier. Une tentative d’assassinat venait d’avoir lieu dans un silence incroyable. On avait tenté d’abattre Rose en lançant une petite dague pas plus longue que la main de moyenne facture depuis le mur qui vous faisait face. En regardant celui-ci de plus près, vous pouviez voir des lames en sortirent, les mêmes lames qui avait faillis coûter la vie à votre partenaire. Ainsi ce n’était pas un homme mais un piège qui avait failli coûter la vie à Rose.

Et au vu du nombre de dagues fichés dans le mur, il devait y avoir un nombre considérable de pièges dans la pièce. De plus, dans le même temps, vous sentez la poussière tomber des murs qui s’ébranlent, doucement certes, mais se refermant vers vous. Et la trappe elle au contraire gagne en hauteur, devenant de plus en plus inaccessible.

L’air devient électrique face à ces nombreux dangers qui viennent d’apparaître car tous mouvement semblent dangereux. Votre seule issue s’éloigne et les problèmes arrivent à grand pas. Cependant, vous aviez parmi vous du sang-froid car l’elfe aux cheveux azur n’hésite pas une seconde et sans même bouger ses pieds du sol, elle sort un petit grappin et une corde de sa grande toge et le fixe avec précision sur les barreaux de la grille. Le bruit du rebond sur le métal se fait entendre et quelques secondes plus tard, vous pouviez apercevoir un pont entre sol et sortie. Mais un pont de fortune…

De plus, un être étrange apparu à travers la lucarne, révulsant de bestialité. C’était un homme tellement animalisé qu’il en avait perdu une partie de son humanité. Cependant, il parvint à articuler avec une voix glauque :

« Montez… Survie… Liberté … »

Gwäe liant sa pensée à celle de Rose pour maintenir une cohésion du groupe et obliger les flemmards à avancer dit alors au petit groupe, à l’écart de l’espèce de monstre :

« Si vous ne voulez pas finir en cible ou en semoule humaine, faudrait pensez à grimper. Vous proposez quoi ? … Et faites gaffe aux pièges ! »

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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Mer 18 Nov 2009 03:07 
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Je m'assois dans un coin assombri du mur après avoir fait ma séance de gymnastique. En déliant mes cheveux, je frotte la capuche salie par la poussière et enlève ma cape actuelle tout en la rangeant pour prendre ma cape de dissimulation en l'attachant fermement à mon ceinturon. Je m'étire les doigts, craquant flegmatiquement, en attendant juste une réplique à ce que j'ai dit, seule une voix répond présent c'est celle de la gamine pâle qui a fait référence à un certain courage contre l'isolement de chacun. Vu que pour le moment, aucune action n’a été décidée et que rien ne bouge, je fouille énergiquement ma besace. (Mince, mais qu’est-ce que? J’en ai plus? Bof! De toute façon, je ne suis pas accro à ça!)

Pour m’occuper les doigts, je sors mon épée, la reluque et la fait briller avec un pan de ma cape pendant un laps de temps. Je la range à nouveau. M’étirant à nouveau, je me mets à gazouiller délicatement une vieille chanson elfique.
« Fairi nécë, Silivren penna míriel, O menel aglar elenath! Na-chaered palan-díriel, Le linnathon, Sí nef aearon, Le nallon sí di-nguruthos!»(Pâle fantôme, étincelant comme des joyaux, depuis l’éclat de la foule des étoiles! Vers le lointain ayant regardé, pour toi je chanterais, ici de ce côté du grand océan, vers toi je crie dans l’horreur de la mort!)

Le temps défile doucement telle une tortue faisant sa promenade sur une plage chaude; le seul acte de distraction qui brise la monotonie de la pièce est provoquée par le grésillement des pattes de l’étrange animal qui est sorti de la poche de Rose. (Cela ressemble à un crustacé comment ça s’appelle déjà ? Je ne sais plus. Mmmh! Cela doit être délicieux mélangé avec une bonne sauce à la Kendranne! J’en salive d’avance! Ce n’est pas le moment de penser à ça!)

A moitié évanoui dans mes songes, je tourne en boucle la chanson dans ma tête et entre mes lèvres. « Fairi nécë, Silivren penna míriel, O menel aglar elenath! Na-chaered palan-díriel, Le linnathon, Sí nef aearon, Le nallon sí di-nguruthos!»

Je regarde les trois autres compagnons de ce voyage périlleux, Rose bouge à nouveau sa bouche pour s'adresser à Rasliak. N'écoutant pas ce qu'elle dit, je pivote la tête discrètement dans la direction de Gwaë comme si j'attendais une réaction de sa part. Réfléchissant à ce que je veux lui demander; je sifflote pour essayer de maintenir un semblant de vie dans mon corps relâché. (Qu'est-ce que je voulais lui demander? Ne sais plus, pas grave! Tu te lèves et t'y va tout naturellement; j'espère qu'elle ne déteste pas les semi-elfes.)

Ensuite, je me relève et marche pas à pas vers l'elfe encapée, mais brusquement un claquement sec venant de la paroi froide se produit. Surpris, je reste tétanisé en évitant de faire le moindre geste. (Oups! J'ai marché sur quelque chose ou quoi!)Un objet bizarre passe en une fraction de seconde devant mes yeux, j'aperçois Gwae qui éloigne la gamine de son trajet. Il est allé se planter dans le mur au-dessus de la tête de Rasliak.

En me rapprochant de la chose noire, je remarque que c'est une dague effilée et bien aiguisée qui avait taillé sa route. (Je devrais peut-être la prendre! Non! Si elle est empoisonnée tu es mal barrée! Alors, éloigne-toi et ne touche à rien, laisse-les autres s'en occuper!) Je m'en écarte en prenant soin de ne pas la toucher et retourne vers le centre de la pièce.

« Que... que... ? » n'ayant pas le temps de finir ma phrase, je suis interrompu inopinément par de petits gravats qui tombent sournoisement sur mon épaule. Décollant en un éclair, l'observation de mon épaule pour la ficher en hauteur ; je remarque la grille qui commence à monter toute seule vers le haut comme si elle avait décidé de partir à tire-d'aile.

« Euh... Euh ! Je crois que l'ouverture se fait la malle? » Déclare-je en tirant sur les mots avec incompréhension.

(Oh non! les murs se rapprochent aussi! Mince! je ne veux pas finir en crêpes, j'ai tellement de choses encore à faire!)

Une panique fulgurante envahit toute mon anatomie en imaginant de finir en restes bouillies pour les rongeurs, les boyaux débutent leur grimpette stomacale; en me tenant la bouche, je retourne dans le coin où j'étais et rechante en susurrant pour me calmer les nerfs. Crispé et apaisé à la fois, mais toujours en plein délire; un son de métal creux retentit; l'elfe encapée avait envoyé un grappin attaché à une corde sur les tiges oppressantes de la grille.

(Hé! Elle n’est pas si bête que ça? Magnifique et intelligente, quel bon lot!)

Je reste à l’écart, comme à mon habitude, en faisant mon cirque à moi, je distingue juste une autre voix dans la cohue mélodramatique; elle ne m’est pas familière et en plus elle est inquiétante parce que je ne sais pas d’où elle vient.

« Montez… Survie… Liberté … »

Puis, au tour de Gwaë de parler:
« Si vous ne voulez pas finir en cible ou en semoule humaine, faudrait pensez à grimper. Vous proposez quoi ? … Et faites gaffe aux pièges ! »

Je la contemple bêtement comme si sa question m’est passé au-dessus de ma tête. (Et non! Rien à proposer! Mais je la suivrais bien jusqu’aux enfers celle-là! Arrête-ça ce n'est pas le moment choisi!)

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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Mer 18 Nov 2009 15:49 
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Tout s'enchaina très vite: Rasliak avait à peine commencé à somnoler, ignorant avec superbe les questions de la petite Rose, quand un bruit mat résonna dans la pièce. La dague empoisonnée qui venait de se ficher dans le mur juste au dessus de la tête du voleur en disait long sur les intentions du maître des lieux: s'ils étaient invités, ils n'étaient en tout cas pas les bienvenus.

(Pourquoi nous forcer à venir ici pour ensuite tenter de nous tuer... Tout ceci a de moins en moins de sens... Et ces voix... En tout cas, je l'ai échappé belle... À quelques centimètres prés, je me retrouvais avec une dague entre les deux yeux... Pourtant, je n'avais décelé aucun pièges... À l'avenir, méfiance sera de rigueur, encore plus qu'à l'accoutumée. )

Il réalisa rapidement que quelque chose n'allait pas: le mur dans son dos semblait trembler, tandis que la poussière sur le sol semblait s'agiter... Puis le mécanisme meurtrier s'activa: le plafond commença à s'éloigner, tandis que les murs se rapprochaient les uns des autres. Nul doute que tout ceci n'avait qu'un seul but: les condamner à une mort certaine et probablement fort douloureuse s'ils ne réagissaient pas immédiatement. Le décompte macabre marqué par l'élévation de leur seule voie d'échappatoire leur ordonnait presque de coopérer... Comme quoi, il ne serait pas facile d'être libre de ses actes dans cette épreuve: sa conduite lui semblait dictée par les obstacles qu'ils rencontraient.

Le voleur se releva avec agilité, avant de venir se placer à nouveau sous la grille. Après tout, mieux valait ouvrir cette satanée grille plutôt que mourir broyé, même si cela lui demandait quelques efforts... Sauf que... Il ne pouvait plus atteindre la grille à présent!

La solution à son problème apparu d'elle-même: l'elfe au cheveux bleue dégagea un grappin de sa toge, qu'elle fixa avec habileté sur les barreaux de la grille. Elle testa la solidité du lien, avant d'interroger les membres de l'équipée.

« Si vous ne voulez pas finir en cible ou en semoule humaine, faudrait pensez à grimper. Vous proposez quoi ? … Et faites gaffe aux pièges ! »

La décision à prendre semblait tout indiquée: il fallait monter. Sauf que le visage hideux et difforme qui venait d'apparaitre à la grille, leur adjoignant de grimper, ne disait rien qui vaille au jeune voleur...

(Mouais m'enfin... pas le choix, faut grimper. On avisera plus tard. Et tant pis s'il faut escalader ce fichu conduit, de toute façon c'est pas vraiment un problème pour moi... Pour les 3 autres par contre, va savoir... N'empêche, il était vraiment moche l'autre zigoto là-haut... J'ai un drôle de pressentiment...)

"Je passe en premier. J'ai déjà compris comment ouvrir la grille, je perdrais moins de temps que vous à dégager l'accès." lâcha-t-il à l'attention de Gwaë. Joignant le geste à la parole, il saisit la corde de ses mains gantées, et commença à se hisser à la force des bras, enroulant la corde autour de son pied pour pouvoir soutenir son poids si jamais ses biceps venaient à faiblir.

Le plafond prenait de plus en plus de hauteur et la corde serait bientôt était insuffisante pour relier sol et plafond... Il se hâta donc, et l'escalade de la corde fut rapide: son corps de voleur avait l'habitude de se genre d'exercice: c'était très similaire à l'escalade d'une gouttière pour pénétrer l'intérieur d'un bâtiment. Il atteint rapidement la grille, et sécurisa sa posture: il passa un avant bras au travers des barreaux, et lâcha sa prise sur la corde. Il saisit le grappin, et le déplaça au-delà de la grille, le coinçant dans une aspérité de la roche au dela. Ensuite, il resserra sa prise sur la corde avec ses pied, et de sa main gauche sortir sa dague. Il entreprit rapidement de desceller la grille de son socle: passant la pointe de sa dague dans la rainure qui parcourait le bord de la grille, il fit sauter les quelques attaches et creusa légèrement la roche. En quelques secondes, la grille chuta lourdement le long de la corde jusqu'au sol, générant un bruit de métal qui résonna longtemps dans la salle sous ses pieds.

(Et voilà le travail! Sans dèc, c'était pas vraiment difficile... On aurait voulu nous inciter à passer par cette grille qu'on ne s'y serait pas prit autrement... D'ailleurs, c'est comme ça depuis le début... Seule la tentative d'assassinat de la gamine vient contre-dire tout ça... Et encore, la tentative ratée... Redoublons de méfiance donc...)

"Hey, ça pue le traquenard, je ne sais pas ce que vous en pensez... Mais moi, je serais sur mes gardes!

Sans attendre la réaction de ses compagnons, il se hissa dans l'ouverture, guettant tout bruit ou mouvement suspects, prêt à réagir au quart de tour, sa dague toujours en main...

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His dagger quick, his dagger sly,
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 Sujet du message: Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Mer 18 Nov 2009 18:34 
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L’humain ne donna aucun signe d’éveil. Sa respiration, si l’on y prêtait garde, n’était pas celle d’un homme endormi, même humain. Il faisait simplement fi de ce qu’elle venait de lui dire.

« Bon. »

C’est alors que l’enfant, détournant les yeux de Raliak somnolent, remarqua sur le mur en face d’elle une légère fente, une faille dans la pierre, très mince mais assez longue. Que personne auparavant n’eût remarqué cette aspérité flagrante sur les parois grises et égales, voilà qui était fort surprenant. Ne se rendant pas compte de cette improbabilité, Rose fixa la crevasse, n’attendant plus de réponse de personne. L’atmosphère neutre et lourde de cette pièce, son air stagnant, son silence reposant incitaient à un était d’apathie sans espoir ; Rose, comme tous ses compagnons semblait-il, attendait, et était prête à attendre longtemps. L’ambiance était, sinon à l’introspection, du moins au respect d’un silence sacré, chacun retranché dans son tumulte intérieur ; l'interaction qu’avait engendré son intervention auprès des deux hommes avait eu quelque chose de coûteux, de lourd, ici parler s’avérait une tâche superflue et importune. Aussi voyait-elle sans mal, et presque avec soulagement, Raliak et les deux autres muets et détournés. Jetant un regard à Gwaënelle, elle vit qu’elle était également murée dans un pensif silence. Le semi-elfe s’assit, renonçant à son tour ; tantôt, il se mit à psalmodier un vieux chant elfique. Rose en reconnut les paroles, c’était un conte qu’elle connaissait ; la mélodie, en revanche, lui était inconnue bien qu’elle eût été éduquée à la musique et aux vieilles ballades. Auparavant, au sortir de l'Iluquendi, Amaryliel chantait quelquefois devant elle.
Détourna passivement les yeux vers le denah qui faisait le tour de la pièce, heurtant le mur à chaque angle avant de changer de direction ; il suivait la paroi sans s’en éloigner, et ainsi percutait l’humain blasé et le semi-humain à l’enthousiasme de courte durée, qui tous deux ne semblaient pas même le remarquer. Le petit animal parvenait à les contourner, puis reprenait sa course folle. C’était presque… hypnotisant.

Soudain, alors que l’apathie contre laquelle elle avait longtemps lutté commençait à gagner, impérieuse, son corps et son esprit, la jeune elfe perçut un mouvement du côté de Gwaë ; elle n’eut que le temps de tourner la tête vers la demoiselle pour la voir fondre sur elle, le visage marqué par la terreur. Elles roulèrent sur le sol, l’une heurtant le mur et l’autre parvenant à arrêter son mouvement avant de cogner Sigdral, déjà debout, tandis qu’une série de craquement sec et bref se faisaient entendre. L’enfant, nullement blessée mais assez fortement surprise, se releva d’un bond.


« Mademoiselle, qu’avez-vous v… »

Elle ne termina pas. Le vagabond s’était approché de la place qu’elle occupait elle-même un instant auparavant, et observait un objet fiché dans le mur. Comprenant subitement ce que tout le monde avait saisi avant elle, Rose ouvrit la bouche, ébaubie et pétrifiée.

(Un couteau… Un couteau entouré de mille petites armes semblables ! Cette pièce n’est pas un sanctuaire de silence et notre tranquillité était la pire des erreurs ! Le danger sera partout, où que nous allions jusqu’à ce qu’enfin nous soyons libres d’aller où bon nous semble…)

Tétanisée de stupeur, elle n’eut que le temps d’échanger un regard significatif avec l’elfe qui l’avait gardée de la douleur d’une telle blessure. D’ailleurs, la hauteur des lames indiquait qu’après un coup dans la poitrine, elle eût été atteinte aux bras et dans le ventre. Sigdral, tout aussi surpris, cherchait ses mots sans pouvoir articuler une phrase intelligible.



(Si je ne me trompe… Voilà de quoi causer des blessures dont on ne guérit point.)


La commotion fut de courte durée, l’attention étant requise ailleurs : dans un lugubre grincement, les quatre murs se rapprochèrent. Ils ne restèrent immobiles qu’un instant, instant suspendu d’attente terrifiée parmi les membres du triste groupe ; puis ils avancèrent encore. Plus aucun doute n’était permit. Le semi-elfe, parvenant enfin à s’exprimer, résuma très bien la situation :


« Euh... Euh ! Je crois que l'ouverture se fait la malle ?»



En effet, tandis que les parois les menaçait par leur proximité, le tunnel ouvert dans le plafond les accablait par sa croissante distance. Raliak, debout sous la grille, contemplait sa hauteur. Tout se passa très vite : Gwaënelle, dans une tirade pleine de bon sens et de volonté, décida que sauver une vie ne suffisait pas, et entreprit de redonner l’espoir à tous en lançant vers là-haut un petit objet qui s’accrocha aisément et solidement aux barreaux, et duquel pendait une corde à grosses mailles qui vint gésir au sol. Tout aussi preste, l’acrobate s’y jeta habilement et fut tantôt en haut, ainsi la grille tomba-t-elle bientôt sur la pierre dans un sourd écho métallique.
Rose se tourna vers le vagabond. Il montrait, à nouveau, tous les signes de la plus grande angoisse : les mains couvrant son visage, il se détourna vers le rempart de pierre et l’enfant put l’entendre chanter à nouveau la même complainte, sa voix tremblant comme ses mains.

Mais il ne s’agissait pas, pour elle non plus que pour le demi-elfe aux réactions dangereuses et menaçantes autant pour lui que pour eux tous, de se rappeler les berceuses de l'enfance. Elle saisit les seaux posés dans un coin, et les plaça en travers de la pièce. Entre eux deux, elle plaça le coffre de Julie.



(… si jamais cela continue et que nous sommes encore ici lorsque les murs ne seront plus qu’à un mètre l’un de l’autre… Les seaux et le coffre sont faits de bois et de métal, peut-être pourraient-ils reculer de quelques instant l’échéance qui nous est imposée. Mais… guère plus. )



Lors, une réflexion de l’acrobate brava le vacarme ambiant et frappa son esprit :


« Hey, ça pue le traquenard, je ne sais pas ce que vous en pensez... Mais moi, je serais sur mes gardes! »

(Le traquenard… On a mené nos pas, depuis le début nous ne choisissons pas, nous avons trouvé les choses ainsi et nous les avons accomplies. La porte se serait-elle ouverte si l’un de nous avait échoué ? Avons-nous même vraiment réussi ou le mécanisme s’est-il enclenché malgré notre échec ? Ah, il a raison, c’est trop facile. Tout est fait pour nous mettre dans des états définis, les pièces, le temps à attendre ou à compter, les événements… Et ce tunnel, là-haut, est-ce réellement la seule issue ? Voyons, vite… )


En passant, Rose posa une main sur l’épaule de l’angoissé, et l’enjoignit doucement à se tourner vers elle.


« Pas le moment, monsieur. Montez vite, ou alors… peut-être qu’il ne faut justement pas monter ? Allons. Allez. »


Le poussant vaguement dans la direction de Gwaë et Raliak, elle s’agenouilla au milieu de la pièce et passa ses mains sur le sol, dans l’espoir de trouver quelque chose qui ressemblerait à une alternative. Il n’était pas réjouissant de descendre encore plus profond sous la terre, mais ce qui les attendait céans était… digne d’être fui par tous les moyens.

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Dernière édition par Rose le Ven 24 Sep 2010 20:16, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Sam 21 Nov 2009 12:21 
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La grille tombe lourdement et Gwaë est la seconde à s’engager sur la corde pendante, suivant Rasliak vers les hauteurs. Car pendant ce temps, une deuxième dague venait d’être tirée, loin de vous cependant et les murs commençait à dangereusement se rapprocher. Il ne fallait plus tarder et vite s’en aller de ce traquenard mortel.

Mais alors que l’elfe grimpait avec une légèreté déconcertante, c’est Rasliak qui glisse sur le rebord du puits et commence une mémorable chute, tête en avant vers le dallage massif. Mais Gwaë réagit vite et bien, elle n’hésite pas à agripper le voleur dans sa chute et parvient tant bien que mal à s’accrocher à la corde. Du bout du bras, elle arrive à fixer son compagnon à la corde en enroulant sa jambe, laissant le jeune homme la tête en bas, avec peu de moyen pour se retourner.

Lorsqu’elle te lâche, tu tiens, mais ta position est peu avantageuse. Et Gwaë, te regarde avec un sourire et lâche avant de continuer la grimpette :

« Un acrobate Hein? Je vais essayer de vous tracter depuis là-haut »

Et sur ce, elle entame la montée. Tandis qu’en bas, Rose et Sigdral ne peuvent que commencer à grimper pour tenter d’aider Rasliak, enroulé d’une manière peu confortable dans la corde. De plus les seaux et le coffre sont de plus en plus prenants pour les faibles bras de Rose.

Mais le sort n’hésite pas à s’acharner sur vous, car, avec un petit déclic, la dalle sous Sigdral se dérobe sous ses pieds et il parvient de justesse à se rattraper à un rebord plutôt que de tomber dans un grand abîme. De plus, une nouvelle dague vint lui caresser la joue durant sa chute et il porte désormais une petite estafilade.

Une seule chose paraît évidente pour Rose, les seaux ne sont plus une obligation mais ils peuvent au contraire dans ce scénario catastrophe devenir d’une aide précieuse.
La chose difforme de l’étage du dessus n’apparaît plus à vos yeux, mais vous pouvez sentir l’odeur de décomposition qui s’échappe de votre unique sortie.


(( Au milieu de mon scénario, il y a une petite punition rp pour Rasliak, pour prise de liberté au niveau de la grille ! Tu devras utiliser au moins deux points d'agi pour te remettre droit et regrimper ce tour-ci, sauf si tu reçois de l'aide. Dans deux Majs, les murs vous écraseront! Bonne chance [:bonnard:] ))

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Quatrinette pour les intimes, n'hésitez pas à poser des questions, je suis là pour y répondre ;)
Merci à Itsvara
Et surtout, bon jeu à tous !


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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Dim 22 Nov 2009 17:41 
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Le haut du puits était sombre, et Rasliak ne pouvait rien discerner. Il s'apprêtait à s'avancer, afin de percer les secrets des ténèbres l'entourant, lorsqu'une odeur acre lui parvint, assaillant ses narines et embrumant ses sens. L'odeur lui piquait la gorge et fit pleurer ses yeux, et il eut un mouvement de recul irréfléchi afin d'échapper à la tyrannie olfactive qui l'oppressait.

Avant même qu'il ne réalise son erreur, il sentit son pied se dérober sous lui. Il bascula en arrière, et il eût l'impression que son estomac remontait tandis que ses poumons se bloquaient, lui coupant le souffle. Sa chute fut donc muette, bien que spectaculaire - du moins de son point de vue. Il lui sembla que le temps s'arrêtait, bien que pourtant le sol se rapprochât rapidement.
Il voyait déjà les dalle de pierres éclaboussées de son sang, son crane ouvert sur le sol répandu le liquide vital tandis que sa cervelle se répandrait sur le sol, et la panique paralysait son esprit. Il tombait, incapable de réagir, et ne comprit pas comment sa chute s'arréta. Quoi qu'il en soit, il se retrouva retenu par une jambe à la corde, suspendu à l'envers au dessus du vide menaçant... surplombé par le visage moqueur de Gwaë, qui venait, apparemment de lui sauver la vie.

"Un acrobate hein? ..."


Il ne comprit pas la fin de la phrase, trop occupé à saisir ce qui venait de se passer... Lorsqu'enfin la situation s'imposa à lui, il fut déchiré entre gratitude pour l'elfe qui venait de lui sauver la vie, frustration envers la remarque sournoise qu'elle venait de lui adresser et la honte - qui empourpra son visage - d'avoir pu commettre une telle erreur. Pour un voleur habitué à l'escalade et aux acrobaties sur les toits de Tulorim, il venait de donner là une bien piètre image de lui même. Sa méfiance persistante ne lui avait pas permis de discerner, et encore moins d'éviter, une erreur quasi-fatale... car sans la réaction de l'elfe, nul doute qu'il serait déjà occupé à teinter le sol de la salle d'un pourpre des plus élégants.

Reprenant enfin ses esprits, il décida de sauver les apparences du mieux qu'il le pouvait, et se rétablissant par ses propres moyens. Toujours suspendu la tête en bas, il ne lui fallut que quelques secondes de réflexion pour se sortir de ce mauvais pas... Mais la seule manœuvre qui lui venait à l'esprit était particulièrement risquée et éprouvante.
Pivotant sur lui même pour se placer dos à la corde, il saisit cette dernière des deux mains, la faisant passer autour de ses poignets pour affirmer sa prise, et s'assurer de ne pas réitérer le vol plané qu'il venait de vivre. Une fois sûr de sa prise, il dégagea sa jambe coincée dans la corde dans mouvement sec du bassin. Une fois libre, il senti son corps basculer vers l'avant emporté par son élan. Il accompagna le mouvement de ses coudes, afin de ne pas briser ses poignets, tout en s'agrippant à la corde comme un diable, et se retrouva, après une pirouette dans les airs, de nouveau les pieds en bas, suspendu cette fois-ci par les mains. Effectuant un dernier demi-tour en lâchant prise de la main gauche, il se retrouva à nouveau face à la corde, épuisé et tremblant, mais sain et sauf, et prêt à reprendre l'escalade. Il lui restait jute assez de force pour se hisser à nouveau au sommet de la corde, et il ne perdit donc pas de temps à rester suspendu: enroulant derechef la corde autour d'une de ses jambes pour aider ses bras à soutenir son poids, il entama la remontée. Chaque centimètre gagné sur le vide était un effort supplémentaire à fournir, un combat à livrer contre l'épuisement. La corde commençait à bruler ses paumes, malgré ses solides gants de cuir, et son visage ruisselait de sueur. Se forçant à se concentrer sur l'exercice auquel il se livrait et non à ressasser sa douleur, il réussi à achever l'escalade, fourbu mais vivant...

Lorsqu'enfin il parvint à saisir le bord du puits, les ténèbres l'enveloppèrent à nouveau. Seul parvenait à ces sens l'odeur nauséabonde qui avait failli lui couter la vie. À la différence prêt que cette fois-ci, il s'y attendait, et n'eût donc qu'une moue de dégout. Qui s'accentua lorsqu'il réalisa ce qu'il respirait:

"Ça sent... la chair en décomposition. Le cadavre fermenté...Restons sur nos gardes, c'est rarement bon signe" murmura-t-il à l'attention de Gwaë, qui devait sans doute se tenir quelque part dans l'obscurité elle-aussi.

Son attention se reporta sur la figure hirsute et bestiale qu'ils avaient aperçu auparavant... Elle n'était plus en vue, mais si elle vivait ici, ou bien si elle avait simplement accès à ce conduit, alors une question s'imposait: était-ce elle la responsable de cette odeur de cadavre putréfié? Sa dague glissa silencieusement dans sa main, tandis qu'il s'accroupissait, afin de faciliter et esquive et riposte en cas d'attaque soudaine...

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Dernière édition par Rasliak le Lun 23 Nov 2009 17:25, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Dim 22 Nov 2009 22:05 
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Gigotant dans mon coin, je sens une légère pression d'une tiédeur énigmatique apparaître sur mon épaule comme si un oiseau aux pattes humides s'était posé. Regardant sur le côté en jetant un vif coup d'œil, je distingue une petite main toute pâle; au premier abord j'ai cru que c'était une grosse araignée bleue qui est tombé sur l'appui corporel ce qui m'a choqué sur le coup, puis je réalise quand fait c'est la menotte de l'enfant elfe qui est là pour me prévenir que c'est le temps de monter. Gentiment poussé par la gamine pour me diriger vers les deux autres aventuriers. (Oh! Qu’est-ce qu’elle lui prend celle-là! Lui ai-je demandé quelque chose? Non je ne pense pas! Laisse tomber! Suis ton chemin, il faut que tu t’active, n’oublie pas si tu ne sors pas de ce piège machiavélique tu va devenir de la chair à saucisse ! Alors secoue-toi les puces!)

Par la suite, en atteignant les autres complices de cette épopée cauchemardesque; j'aperçois monsieur l'acrobate qui est en train de faire sa grimpette. La grille en métal était tombé en résonnant en écho sur le sol couvrant temporairement les grincements caverneux des quatre murs destructeurs qui se rapprochent pernicieusement comparable à un bourreau abattant sa hache pour décapiter une tête; j'ai l'impression que l'épreuve est faîtes pour nous abattre physiquement autant bien que mentalement.

L'elfe encapée est montée à son tour à la corde. Une minute passe et soudainement je remarque une ombre accrochée à la corde, c'est l'acrobate sombre qui pendouille à l'envers; je ne sais pas ce qui se passe, malgré la gravité de la situation un rictus voilé se dessine sur mes lèvres. (Hé hé! Un cochon suspendu dans l'air! J'espère qu'il va bien quand même! Il a évité le pire, cela n'aurait été pas glorieux pour lui, de finir la caboche aplati contre le sol)

« Un acrobate Hein? Je vais essayer de vous tracter depuis là-haut »

En entendant cette phrase de Gwäe, mon rictus narquois s'amplifie; le contexte m'oblige à cacher ma bouche pour ne pas subir les remontrances des autres. L'instant farfelu passé, sans aide l'homme à l'oeil vert se redresse par lui-même et remonte en disparaissant dans l'antre du puits lumineux.

(Allez! Hop! A moi de faire le singe!)

Je me tourne cette fois-ci en direction de Rose pour voir si elle a besoin d’aide avec toute la breloque qu’elle avait comprenant les seaux d’eau et un étrange coffre.

« Besoin d’aide? » dis-je sur un ton amical.

(T’es bête! Pourquoi t’as demandé? Tu sais bien que pour les seaux ce sont les femmes qui doivent porter et le coffre ça doit être personnel! Alors, laisse-lui et monte!)

Baigné par la clarté du trou, résigné par ma pensée; je me mets face à la corde, rattache les cheveux avec mes propres tresses elfiques pour éviter qu’ils me gênent durant ma grimpée. Je tire une bonne fois pour toute sur la corde pour vérifier sa solidité. Faisant craquer mes doigts, je les tends en entourant la corde tout autour.

En préparant ma lancée sur le cordage, une dalle s'ouvre en dessous de moi, n'ayant pas le temps de joindre mon dernier pied à l'autre, je commence à tomber tel une feuille morte. La chute inquiétante se déroule en une dizaine de secondes à l'extérieur alors que pour ma personne tout est au ralenti. Relevant mes yeux vers la corde, je perçois mes gants qui glissent de la corde transpercée par une brûlure dû à son contact qui touche la paume de mes mains. (Tu t'es fait avoir!)

Je ferme les yeux à mi-clos pour échapper à l’inévitable, des songes et des souvenirs fugaces traversent mon esprit, des larmes perlent autour de mes yeux, marmonnant faiblement dans mes lèvres.

«L’heure est venue! Adieu! Elenwë et Lómion, je ne suis plus là! Nìniel, je te rejoins!»

Les mains décollées de la corde, une aspiration douce englobe mon corps, je me vois avaler par les limbes ténébreuses de l'existence même.
Soudain, durant la chute, une autre douleur lancinante provenant de ma joue déjà traumatisée se transmet à mon cerveau produisant un déclic qui me tire de mes rêves. Finalement les yeux ouverts, par la force du désespoir, j'utilise une de mes mains endoloris pour me rattraper, au goutte à goutte, au rebord le plus proche. Une pression monstre me pèse et tire sur tous les muscles de mon bras. Le sang me tape dans les tempes engendrant un mal de crâne vaporeux. Reprenant mon souffle, j'ai les pieds qui flottent dans un trou sans fond où l'obscurité est la reine.

«J'ai, j'ai eu de la chance ...? Phaitos, je te verrai plus tard! Mais! Qu'est-ce que... ? Du, du sang coule de ma joue! »

Exactement, le flot rouge coagulant sort d'une entaille profonde et rougissante sur ma joue qui forme presque une balafre. Mettant ma deuxième main pour assurer ma prise branlante, je relève la tête.

(Qu'est-ce que je fais? Je ne vais pas tenir longtemps!)

Sur un élan irréfléchi, j'essaye de balancer les jambes dans le vide malgré la souffrance pour m'accrocher sur le côté en même temps je tire d'un coup de toutes mes forces sur les bras souffreteux en criant horriblement.

« Gnnn! Gnnn!! OUAiliE ! AiiiE !Aiiiee! Herk! OUAAiiie!»

J'ai réussi à me hisser tant bien que je pouvais. Les mains qui me brûlent, la joue scarifié, quel piètre image, je peux donner de moi. Je tombe à genoux à cause de l’effort donné. Trois minutes plus tard, je me relève péniblement avec la sueur ensanglanté coulant de mon visage.

« Passez la première pour l’instant, je dois récupérer un peu, mais si vous voulez que je vous aide, faite-moi signe! »

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Dernière édition par Talion le Mar 29 Déc 2009 00:09, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Mar 24 Nov 2009 23:57 
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Après un vague regard vers elle, le semi-elfe s’était avancé vers la corde. Raliak n’était déjà plus visible, avalé par le tunnel lumineux. Il devait y avoir assez d’espace là-haut, du moins pouvait-il s’y tenir hors de leur vue. L’ouverture était à présent bien trop haute pour que l’on pût distinguer quoi que ce soit au-delà, seule la lumière était visible, il semblait à l’enfant que le blanc faisceau qui tombait et illuminait la salle était de plus en plus puissant. L’elfe aux longs cheveux couleur des eaux de surface s’élevait prestement, agile, à la force de ses bras ; elle eut tantôt atteint le passage dont l’acrobate avait ôté la grille.
Le danger se faisait plus oppressant à chaque seconde. Les murs étaient proches, ils ne s’arrêtaient point, ils s’avançaient vers eux par saccade, comme par soubresaut, inéluctables et invincibles ; ayant renoncé à trouver une autre sortie, Rose n’avait plus vraiment le choix : il fallait monter. Levant les yeux vers l’ouverture qui s’éloignait du sol, elle observa la corde : encore un moment et Sigdral et elle ne pourraient plus l’atteindre. Elle allait se tourner à nouveau vers ce dernier, lorsqu’un crissement attira à nouveau son attention vers le haut : l’humain armé dégringolait, tête première, à une vitesse fulgurante. L’enfant poussa un cri de terreur. Lors, alertée, Gwaënelle allongea le bras et parvint à saisir Raliak par la jambe ; le contre-coup parut violent, mais du moins ne tomba-t-il point plus bas, sur les dalles de roc grossier. Par réflexe, elle pencha légèrement la tête sur côté pour regarder l’homme qui, renversé et pantelant, s’activait à se dégager de cette position peu confortable et encore dangereuse. Une remarque de l’elfe encapée, qui venait de sauver une seconde vie en quelques instants, vint faire écho au sourire ironique et satisfait de Sigdral. Rose, elle, ne s’en occupa point, tous étaient saufs, peut-être plus pour longtemps. Le souffle encore coupé par la frayeur qui lui avait causé la vision de cette masse sombre filant en chute libre vers le sol, elle ne vit pas disparaître la sauveuse et le rescapé dans le puits de lumière. L’air était troublé par la poussière qui pleuvait de toute part et s’accumulait sur l’étroit espace qui restait. Interpellée par le seul qui restait encore « en bas », Rose le considéra en silence un instant.


« Besoin d’aide? »


La demande, à vrai dire, était surprenante. Se souvenant qu’elle avait charge des deux seaux et du coffre de Julie, elle en comprit le sens après un instant d’incompréhension.

« Oh … euh, non, je vous remercie. Je dois absolument emporter le coffret, mais les seaux… Je doute, monsieur, que tout le monde en juge de même que moi, mais je crois que ma vie vaut mieux que ces baquets, même s’ils nous auraient été utiles pour la suite. Quelle suite, est-ce que vous le savez ? Est-ce que vous le devinez seulement ? La suite c’est l’écrasement si nous nous soucions d’autre chose que de nous-même. Je… merci quand même. »

Il n’était peut-être, en effet, pas temps de tant discuter. Les seaux resteraient là, et s’ils étaient ensuite condamnés par sa faute, ce ne serait point important.

(Il est évident que je ne puis pas, que personne ne peut monter les seaux là-haut. Que l’on finisse ici ou plus haut n’a aucune importante, et du moins auront-ils quelqu’un à qui le reprocher. Je crois bien que… la colère peut être plus douloureuse si on ne peut s’en prendre à personne. Et là, à qui, à qui donc pourrions-nous nous plaindre ? Les dieux, les hôtes de ces lieux, voilà de beaux inconnus.)

L’homme n’avait, d’ailleurs, pas attendu sa réponse. Il avait déjà saisi la corde et s’apprêtait à monter à son tour. Se tournant vers le reste de la pièce, elle chercha le denah des yeux ; il courait en rond autour d’un amas de gravats, lui-même devenu blanc tant s’accumulait la poussière sur son dos arrondi. Courant vers lui, elle heurta du pied un des seaux, qui se renversa tandis qu’elle tombait.

(Eh bien, comme cela… Pas de regrets.)

L’eau se répandait partout, lentement, comme si elle eût été la seule inconsciente de l’urgence qui envahissait chaque pensée, chaque geste des assistants. De l’elfe et de l’acrobate, l’on ne savait plus rien, ils avaient disparu là-haut et ne reparurent plus. Mêlé à la cendre, le liquide se transformait une boue blanche, pâle bouillie qui envahissait les pierres une à une, de plus en plus pâteuse. Ne faisant d’abord pas attention, l’enfant attrapa le petite crustacé avant qu’il ne fût englouti sous cette froide lave, ce dont il la remercia par un puissant coup de pince sur sa paume, auquel elle ne prit garde. Mais ce qui l’avait inconsciemment intéressée s’imposa rapidement à ses pensées.

(L’eau… Je cherchais une quelconque faille avec mes mains, mes mains solides et formée. Je n’ai rien trouvé mais l’eau… va partout ! Ah, si seulement…)


Elle s’empara du second seau et le renversa là où s’était écoulé le contenu du premier, observant attentivement la direction que prendrait l’onde alourdie par les poussières qui tombaient à présent comme une chaude et sombre neige.

(Dès que le demi-humain lunatique sera parvenu en haut, ce sera mon tour. Qu’il se hâte donc… Mais avec le coffre, comment faire ? Il est certain que je ne peux pas le laisser ici. Tu stagnes, eau, tu refuse de t’écouler dans une direction en particulier et tu te contentes de t’étendre paresseusement. Il n’y a donc rien ici, le seul passage est bien ce puits de lumière. Je n’ai pas confiance… Non, cela n’a pas de sens, tout nous pousse à monter là-haut, qui sait si cela ne sera pas encore pire ? Pas de faille, pas d’inclination, rien.)

Un second craquement se produisit, et celui-ci résonna d’une étrange manière. Faisant vivement volte-face, Rose fut surprise de ne point voir Sigdral. Serait-il déjà en haut ? Un hurlement la détrompa.

«L’heure est venue! Adieu! Elenwë et Lómion, je ne suis plus là! Nìniel, je te rejoins!»

La dalle sur laquelle l’homme se tenait précédemment avait cédé, découvrant un abîme d’obscurité en dessous. Ils n’étaient donc pas dans un dédale creusé dans la pierre, il y avait autre chose. Retenu à la seule force de ses bras, il criait des noms, désespéré. Son visage saignait, il ne semblait pas même s’en rendre compte. Muette d’effroi, Rose le regardait.

(Si j’essaie de le tirer vers le haut, la prise de sa main lâchera et il tombera. Surtout… ne pas le toucher. De même, conservons le silence.)

«J'ai, j'ai eu de la chance ...? Phaitos, je te verrai plus tard! Mais! Qu'est-ce que... ? Du, du sang coule de ma joue! »

Il ne mit qu’un instant pour se hisser, avec force grimaces et plaintes, jusqu’au sol. Enfin sorti de ce trou prêt à le happer, il resta un moment prostré, tandis que les murs se rapprochaient. Rose avait saisi son coffre et le tenait contre elle, comme pour se rassurer. Le denah dans sa poche s’agitait comme un diable, ressentant probablement l’imminence et l’urgence tout aussi bien qu’elle. Lorsque le semi-elfe releva la tête, il avait la joue en sang, entaillée dans sa chute peut-être, les yeux hagards et le visage livide. Il lui proposa faiblement de monter la première.

« Non, encore une fois, non merci. Je ne veux pas, je ne veux pas. C’est… montez, si vous le voulez, tantôt il sera trop tard. »

Son esprit était à présent distrait, tendu vers un seul point : le vide carré que laissait la lourde pierre grise qui s’était dérobé sous les pieds de l’homme. L’enfant était certaine d’avoir entendu la dalle heurter quelque chose et se briser, mais à quelle distance était-ce ? L’eau, en atteignant le précipice mortel, y tombait à gouttes régulières. En bas, quelque part, on les entendait s’écraser doucement.

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Dernière édition par Rose le Mer 12 Mai 2010 15:43, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Mer 25 Nov 2009 23:02 
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En bas :

Les murs sont de plus en plus proches et il ne restera bientôt plus que la largeur d’épaules d’un homme. Il fallait grimper et vite. La poussière se soulève pour grimper dans un nuage vers le puits qui vous éclaire toujours. De plus, une nouvelle dalle se descelle à quelques mètres de vous tombant dans un précipice noirâtre et vous entendez quelques secondes après, le bruit de la pierre fracassée.

Le sang de la blessure de Sigdral coagule sans problème et ce n’est plus qu’un mauvais souvenir. Pourtant le danger est toujours là car Rose finit par être heurter d’une nouvelle dague à la hanche. Rien de grave cependant (-3Pv).

L’eau du sol stagne montrant qu’il n’y a aucun dénivelé. L’eau cependant finit par tomber à travers les trous dans le sol et vous entendez le bruit des gouttes plus bas. Il y a sans doute une pièce en dessous…


En haut :

Malgré la pénombre, tu vois au bout d’un instant l’elfe aux cheveux bleus qui te rejoins dans un silence de mort. Elle te fait signe de la suivre sans bruit à travers l’obscurité. Puis elle se retourne et tu découvre peu à peu une pièce ombrée qui elle aussi est éclairée par un nouveau puits au plafond. Inaccessible…

Cependant Gwaë te mène vers une sorte de clapier où vous voyez à côté d’une bougie, une sorte d’homme. C’est un débris d’humain. Vous l’entendez murmurer d’une voix de roc.

« Ca sent la chair… Liberté ou manger ? Liberté ou manger ? Liberté ou manger ? … »

Libre à vous de faire quoi ce soit pour l’instant, mais tu remarque une grande porte à l’opposé de votre position, semblable à celle que vous aviez débloquée.

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Quatrinette pour les intimes, n'hésitez pas à poser des questions, je suis là pour y répondre ;)
Merci à Itsvara
Et surtout, bon jeu à tous !


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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Ven 27 Nov 2009 19:02 
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Ma proposition est refusée poliment par Rose; avec le revers de ma manche je m'essuie légèrement la joue balafré pour enlever le reste du sang pourpre séché sur la partie basse de mon visage. Les murs piégeurs continuent leur avancée funèbre vers notre position poussant par la même occasion la fine pellicule poussiéreuse blanche grisâtre vers le tronc lumineux formé par le puits suspendu.

(Je me demande ce qu'ils font en haut les autres? Je souhaite qu'ils n'aient pas autant d'ennuis que nous en avons ici. Pas le temps pour réfléchir, nous commençons à être à l'étroit dans cette pièce; bientôt je ne pourrais plus bouger les épaules même si je ne les ai pas aussi larges que ces mastodontes de troll sauvage des montagnes! En ha...)


Dans l'ambiance dérangée et néfaste de la salle piégée de bout en bout, un autre son de fracas rocheux survient, me coupant au passage ma réflexion, venant du sol; je sursaute en arrière par peur de faire une chute angoissante à nouveau. Cependant, un écho de choc se fait retentir au fin fond de la noirceur environnante de la nouvelle fosse qui est apparu.

(Du bruit en bas! Bizarre! Tu as dit bizarre! Comme c'est bizarre! Ça ne s'est pas fait la dernière fois! Peut-être qu'il y a quelque chose en bas! Une autre galerie ou une autre salle cachée tant que ça ne soit pas des pieux ou d'autres instruments de la mort! Le « maître » de ces lieux en serait capable! Il me tarde de me retrouver devant cet être et le faire rejoindre Phaïtos aux Enfers!)

Je regarde vers le plafond puis vers le sol, deux choses qui s'oppose naturellement me provoque des doutes à l'intérieur de mon esprit, en prenant conscience de tout ce qui m'entoure en poussant un long soupir; c'est un choix cornélien que je joue mentalement au pile ou face pour choisir ma prochaine destination.

(Pile ou Face! Pile! Allez! Je DESCENDS! En plus je n'ai plus la force pour grimper ! Je suis sûr que si tu tentes de passer par la corde; il y aura un autre piège qui se déclenchera et celui-là tu ne pourras pas t'en échapper! Hé hé! Reprends ta cape, elle pourra te servir de parachute durant ta descente aveugle et foireuse!)


Suivant l'ordre de ma pensée moqueuse je sors la cape de ma besace et la rattache pour me protéger de la froideur qui commence à étouffer mon corps dans un étau glaciale. D'un pas décidé, je me dirige vers la dalle qui m'a empêché de monter à ce fichu cordage qui m'a agressé les mains à travers de ces gants inefficaces.

Réalisant peu à peu ce qui va se passer dans le moment qui va suivre, je m'arrête net devant la cavité profonde et sombre en plongeant mes yeux pour détecter le moindre fragment de lumière qui peuvent transpercer les ténèbres. Ne percevant rien, je prie ma chère déesse protectrice pour qu'elle puisse me guider dans cet abîme infernal qui se présente à moi.

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Dernière édition par Talion le Mer 23 Déc 2009 17:44, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Chapitre 2 : Un bocal pour l'eau
MessagePosté: Sam 28 Nov 2009 23:00 
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L'enfant dut baisser les yeux de la dalle centrale, elle n'y voyait presque plus rien ; les murs étaient si hermétiques que même les particules de poussière, qui voletaient dans la pièce maintenant réduite de plus en plus denses et opaques, n'y trouvaient guère de faille. Ces nuages étaient toxiques et étouffants et la jeune elfe, enveloppée par ce poison volatile, commença à suffoquer. Prise de convulsives quintes de toux qu'elle ne pouvait réprimée, elle était envahie par un épais sommeil. Pour lutter contre ce dangereux état, elle s'obligea à lever les yeux le contre, vers la lumière, le puits salvateur qu'elle ne pourrait plus atteindre. Elle y distingua la silhouette de Sigdral, debout sous l'éclatant faisceau, les mains sur la corde. Il n'était donc pas encore en haut ! Immobile, il ne semblait pas chercher à s'y pendre ; et son regard était dirigé vers le sol, vers le vide béat que laissait la dalle descellée, qui avait manqué de lui coûter la vie... ou de lui indiquer la dernière chance de salut, qui le savait?
Rose perçut un mouvement auprès du semi-elfe. Forçant ses yeux à se concentrer sur cette ondulation, elle parvint à en deviner la provenance. Elle cria, ou pensa crier :


"Monsieur, la corde ! Sigdral !"

La drisse filait vivement, l'homme n'en tenait plus que l'extrémité. Une nuée blanche passant devant ses yeux ne lui permit plus de voir le centre de la pièce, seule les rayons lumineux perçaient encore l'opacité de cette maudite cendre. Ainsi, si le semi-elfe avait encore une chance de se saisir de la corde et de parvenir dans le tunnel, elle-même ne le pourrait plus. Elle n'en était pas alarmée, l'enfant avait renoncé à cette fuite depuis un moment, sans l'avoir encore clairement formulé en son esprit. Un craquement retentit dans son dos, sûrement une seconde dalle qui se descellait.

(Aucun poisson ne serait assez insensé pour fuir le danger vers le haut, vers la lumière. C'est dans l'obscurité rassurante des abysses les plus profondes que nous trouvons la paix et la sécurité, pourquoi le nier et tenter de le contredire? Cette poussière, je n'en peux plus, je ne peux pas respirer... Allons, suivons mes petits frères et gagnons le bas... les abysses, n'est-ce pas. )

Elle se dirigea lentement vers la seconde faille carrée provoquée par le tremblement des murs, si ce n'était encore un piège de leurs... charmants hôtes. Les parois inébranlables et terrifiantes n'étaient plus guère séparées l'une de l'autre que par trois pas d'homme. Alors qu'elle atteignait l'emplacement de la dalle tombée, Rose ressentit un terrible choc au côté ; se laissant tomber en avant, elle manqua de plonger tête première dans les ténèbres, à peine eut-elle le temps de s'en garder en posant les mains des deux côtés de la fosse. Haletante, elle constata qu'elle saignait en portant la main à sa hanche droite. Un flot de sang s'écoula sur la pierre, un épais sang bleu sombre ; se mêlant à la boue blanche des gravats, elle dessina de sombres volutes aux dessins étranges. Rose étouffait.

(Ah... Qu'est-ce encore? Et cette chose froide, qu'est-ce que... Oh, une dague. Je vois. Il fallait bien que l'une d'elles m'atteigne, après tout j'ai toujours été la seule visée pour ces attaques, et encore ai-je eu fort de la chance. Je te garde. Quelle importance, à présent? Cette blessure-là ou une autre, et quelqu'en soit la gravité, cela ne veut plus rien dire. Il faut seulement... s'en aller d'ici. Le coffre est tombé lorsque je suis tombée, il est déjà en bas, il ne s'agit que de le suivre. Petit garçon, si loin d'ici, sais-tu ce qui arrive? Sais-tu tout ce qui... mais non, ton amertume t'aveugle à tout le reste, et tu n'entendras plus rien maintenant, quand même je te crierais dans les oreilles. Allons, vers la vie, vers cette terrible neutralité que sont le silence et la cécité... Sigdral, puissiez-vous avoir songé, une fois la corde échappée, à cette ultime chance. )

Le sommeil ne fut pas vainqueur ce jour-là, la douleur maintint la jeune fille tout juste consciente tandis qu'elle plongeait lourdement vers un inconnu indiscernable, confiée au sort.


[Je développerai ce post plus tard. Pardon de mon retard, Galion, vous pouvez terminer maintenant. Ravaillac?]

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