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 Sujet du message: Re: La guilde des tanneurs et armuriers
MessagePosté: Dim 8 Fév 2015 00:28 
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Hrist prêtait une oreille attentive aux ragots. Depuis qu'elle était descendue, elle avait entendu les autres s'inquiéter de l'absence de l'étranger. Jofre et Osmald étaient partis à la chasse espérant de tomber sur un gros gibier, ils savaient que le moral des habitants ne tenait qu'à un fil et la nouvelle de provision pour deux jours raviverait le moral des travailleurs, surtout quand il s'agit de viande.

Larzul restait face à la cheminée à bouder, il envoya paître la jeune Belle sous prétexte qu'elle alimentait feu avec du bois trop humide et qu'il dégageait de la fumée. La jeune servante quitta la pièce rouge de colère face à une telle accusation.

" Franchement... Il est insupportable. Comme si j'avais le choix, qu'y puis-je si le bois devient humide. "
" Avec la pluie de ces derniers temps, on peut s'estimer chanceuses qu'il brûle encore. " Dit-elle en posant une main amicale sur l'épaule de la jeune femme.

" As-tu remarqué le regard qu'il nous a jeté, lorsque Jofre est venu te saluer ? "

Belle se retourna, elle avait encore les joues rouges et les yeux brillants, gorgés de larmes.
" Tu connais l'histoire des hommes qui n'aiment pas les poules mais préfèrent les coqs ? Larzul est l'un d'eux. Mais le coq qu'il veut lui, aime les poules. "

Elle s'en alla et Hrist ne chercha pas à la retenir. Hrist savait que la jeune femme avai besoin de se sentir un peu seule afin de remettre ses idées en place et de maudire le jeune elfe bleu en silence. Hrist resta un temps dans la cuisine. Elle avait bien sûr de quoi s'occuper, d'ailleurs, elle avait commencé à remuer le brouet et y ajouter des tranches de lards salé quand Jofre est descendu avec Norel. La venue des deux hommes étonna quelque peu la jeune tueuse qui resta immobile à les fixer. Jofre arborait une mine joyeuse et ravie et Norel lui semblait suivre l'exemple de son jeune compère et pour une fois, ne fit pas la gueule.

" Lys, je suis bien aise de vous trouver. Belle est introuvable, j'ai besoin que quelqu'un m'accompagne avec Norel en forêt. Enfin, à la bordure. Les pluies ont fait pousser des champignons, je suis tombé sur un coin recouvert de champignons, et comestibles ! Il suffit de se baisser pour les ramasser par dizaine. Norel conduira le chariot et nous les ramasserons. "

" En lisière ? Après les récentes attaques ? " Demanda Hrist.

Jofre fit une révérence exagérée et dit :
" Je serais bien entendu votre protecteur. " Puis il prit la main de Hrist en riant. " Venez, la nuit ne va pas tarder à tomber. Osmald nous y attend. "

Ils grimpèrent les marches et se rendirent dehors, Norel avait demandé à quelques travailleurs de décharger un chariot de son bois de chauffage et le laisser vide. A en juger par la place que les deux hommes préparaient, il y aurait assez de champignons pour des semaines. Cette idée commença à ravir Hrist qui se prêtait de plus en plus au jeu. Par ailleurs, elle avait entendu la rumeur disant que le dépôt de sel pour les salaison avait été inondé et que l'eau l'avait rendu inutilisable.

" Allons y. Je ne suis pas sortie depuis que je suis arrivée en ville, prendre un peu l'air ne me fera pas de mal. "

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 Sujet du message: Re: La guilde des tanneurs et armuriers
MessagePosté: Mar 10 Fév 2015 20:43 
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Les soldats escortèrent le chariot jusqu'au bâtiment principal, comme s'ils redoutaient que le sort ne s'acharne davantage. Jofre avait quitté le chariot à mi-chemin et il ne serait que Norel et Hrist. Assise dans une douce senteur boisée, elle ironisa.

(" Manquerait plus qu'Osmald soit le traitre. Il aura subit un sort équivalent à celui que je lui gardais. En tout cas, ça fait une personne de moins à surveiller. ")

Quelques travailleurs semblaient déjà au courant, le bruit se répandit à une vitesse folle et plusieurs curieux se rapprochèrent. Norel bouscula un jeune apprenti cordonnier qui manqua de tomber à la renverse et s'en alla s'enfermer quelque part en claquant lourdement la porte de la maison.

Hrist se laissa glisser hors du chariot, les bras chargés de champignons, elle fit un petit signe à Adèle pour qu'elle participe au déchargement. C'est la mine basse et l'œil moite que les travailleurs vidèrent le chariot et l'entreposèrent tour à tour dans le cellier.

Le coroner revint accompagné de son script. Indifférents à la situation, le coroner eut le malheur de s'adresser directement au forgeron qui n'appréciait pas la légèreté du coroner.

Mais il n'y avait pas de corps à identifier. Les soldats à cheval étaient revenus sans même avoir pu trouver le loup, ils estimèrent que la bête avait traîné le corps d'Osmald jusque dans les fourrés où il serait difficile de le retrouver.

Le coroner plaisanta en prétextant qu'il suffirait d'attendre que les oiseaux viennent tourner autour de la dépouille pour le localiser facilement. Irrité de cette remarque, le forgeron lui envoya un violent coup de poing, couchant le pauvre homme dans la boue. Les gardes intervinrent et dispersèrent les curieux. Le forgeron ne semblait pas vouloir frapper davantage l'homme, bien que celui-ci menaça ce dernier, le coup qu'il venait de lui porter avait suffit semble-t-il, à apaiser sa hargne.

Hrist disparu à son tour dans la cuisine pour s'y réchauffer. Elle en avait assez entendu et vu pour comprendre que le forgeron aussi pouvait être un des membres de Xenair, bien qu'il soit en bas de la liste des suspects de la femme.

Hrist estimait qu'elle devait porter davantage son attention sur Larzul ou l'étranger. A ce sujet, l'étrange homme n'était pas encore rentré, il était toujours assis à côté du feu de bois et sa place était vide ce soir là.

Hrist lava ses doigts couverts de terre et raviva les braises des deux foyers. Elle resta un long moment, assise devant les flammes naissantes, les yeux dans le vide. Belle descendit les yeux larmoyants et s'approcha de Hrist pour la prendre dans ses bras. La jeune femme pleurait la mort d'Osmald et devait penser que Hrist était traumatisée par l'attaque du loup.

Lorsque la bête cria de nouveau à l'horizon, Belle enfonça presque ses ongles dans la peau de Hrist tant elles se serrèrent fort.

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 Sujet du message: Re: La guilde des tanneurs et armuriers
MessagePosté: Sam 14 Fév 2015 18:39 
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Belle et Hrist discutèrent un instant. Elles n'avaient pas un sujet de conversation bien passionnant mais Hrist avait parfaitement saisi à quel point c'était nécessaire pour la jeune femme qui était visiblement tourmentée. La tueuse épiait les moindres bruits suspects à l'extérieur. Il n'y eut pas de hurlement et Belle pu se rassurer et recommencer son travail, ce soir là, rien n'était prêt et les estomacs grondaient à cause du froid et du travail. La jeune servante nettoya les pieds de champignons et les jeta un à un dans le fond de brouet. Hrist quant à elle, grimpa à l'étage pour voir si la maîtresse avait besoin de quoique ce soit. La place au coin du feu de l'étranger était toujours vide.

Son chambellan était dans la chambre et rédigeait sur parchemin ce que lui dictait l'elfe bleue enceinte. Hrist se posa alors de nombreuses questions, où était son époux ? Le terme était proche mais elle semblait toujours trop faible pour mener à bien son travail. Si la situation devait s'imposer, qui devrait-elle sauver ? L'enfant ou la dame ? Bien qu'elle espérait ne pas avoir à choisir, Hrist décida de rester prudente. Elle entrouvrit la porte pour demander si les herbes faisaient effet ce qui reçut un assez bon accueil. La maîtresse se montrait souriante mais ses traits tirés, sa sueurs et ses cernes ne mentaient pas sur son état de fatigue.

Cela aurait pu continuer en politesses et meilleurs voeux mais la milice tambourina et les soldats dévalèrent les marches. Hrist s'interposa :

" Comment osez-vous venir déranger ma maîtresse dans ses appartements ?! Êtes-vous aveugle au point de ne pas remarquer qu'elle a besoin de sile... "

Un homme l'interrompit et la repoussa comme une malpropre.

" On a trouvé la dépouille d'un de vos maître tanneurs. Osmald. Il faut qu'on interroge vos travailleurs, quelque chose se trame et la milice doit intervenir. "

Hrist fut embarquée accompagnée de Norel et Jofre qui se débattait et prétextait tout et n'importe quoi pour qu'on le relâche. Ils ne furent pas envoyés à la milice mais directement interrogés sur place.

Hrist était face à deux miliciens moyens, visiblement pas plus suspectée que ça, elle répondit aux questions :

" Donc, Lys, servante à la guilde, jurez-vous main sur le cœur que vos intentions sont pures ? "

Elle s'exécuta et jura, de là, il lui était impossible de savoir la nature des questions posées aux deux autres.
" Lorsque vous avez accompagné les trois hommes en forêt, avez-vous vu le loup ? "
" Je ne crois pas qu'il s'agisse d'un loup, je crois que c'était différent, proche d'un loup mais... Mort, on aurait dit une de ces créatures infernales des contes pour enfants. "
" Bien. Est-ce que le loup était accompagné de quelqu'un ? Avez-vous vu ou entendu âme qui vive dans la forêt ? "
" Non. "
" Allons, réfléchissez ma fille ! Ca pourrait être n'importe quoi, une vieille paillasse, un vieux feu de camp ou un cheval, quelque chose d'étonnant ? "
" Non, absolument rien, nous sommes allés en forêt pour ramasser des champignons et le hurlement nous a fait fuir, je ne suis pas la seule à avoir vu la bête, peut être que Jofre a pu... La voir de plus prêt. "

Les deux hommes restèrent un instant figés et réfléchirent. Ils demandèrent à Hrist de bien vouloir les suivre jusqu'à un cheval qui trainait sur une petite charrette destinée au transport de blessés un tas de toiles ensanglantées. A côté, Norel vomissait ses tripes.

On souleva le drapé de toile.

" Je reconnais bien l'homme. Il s'agit d'Osmald. Je ne le connaissais pas vraiment. "

L'homme avait une expression de terreur épouvantable marquée sur le visage, les traits tirés et les yeux exorbités, la mâchoire tordue, tout laissait entendre que finalement, la bête ne l'avait pas tuée sur le coup, elle avait joué avec. De nombreuses morsures lardaient sa peau et les coups de griffes avaient mis à nu ses muscles et la quasi totalité de son bras gauche qui, par dessus tout, avait-été mâché.

" Mais il était bien vêtu, lorsqu'il était en forêt ? Par ce froid, sortir nu c'est la mort assurée. " Il souleva davantage le drapé. Osmald était nu mais quelque chose d'autre attirait l'attention de la femme. Ses parties génitales avaient été retirées. Bien que de nombreuses morsures avait enflé la chair et fait perdre beaucoup de sang à la victime, il était clair que l'organe avait été retiré à l'aide d'une lame, la plaie était trop droite pour avoir été simplement " arrachée " par une bête.

Nu, sale de boue et couvert de croutes de sang, quelques mouches virent se poser au coin de ses yeux. Hrist se couvrit le visage. Jofre détourna le regard à son tour.

C'est alors qu'arrivèrent deux choses qui, selon Hrist, valaient le détour. La première étant l'étranger qui sortait de la milice, il croisa le regard de Hrist, celui de Norel et de Jofre mais jamais ne posa son unique oeil sur la dépouille d'Osmald.

Derrière eux, Larzul hurla à la vue de son défunt maître exposé comme un veau au marché, sans pudeur, au milieu de la route sous le regard effaré de quelques passants qui par malheur posaient leur regard sur le cadavre mutilé.

" Pas de doute possible, la bête était accompagnée. "

" J'ai demandé à mes gars de forger des lances en feuilles d'olivier. Avec un manche bien long pour être portée à cheval, ainsi, vous pourrez peut-être terrasser ce monsture.. Ce mont.. "

Le forgeron se cacha le visage, il n'avait pas encore vu le cadavre et il en perdit ses moyens, comme Norel, il alla rendre son repas dans le fossé de la rue. Un milicien lui adressa une tape amicale dans le dos avant de congédier Hrist.

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 Sujet du message: Re: La guilde des tanneurs et armuriers
MessagePosté: Ven 20 Fév 2015 18:05 
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Hrist s'assis en face du foyer et réchauffa ses mains. Pensive, elle fit un bilan de sa situation qui jusqu'à présent, ne s'avérait pas fantastique.

" Donc. Osmald était un des Maîtres tanneurs de la guilde. Par déduction, ce crétin de Larzhul est son apprenti. "
" Ca se tient. " Plaça Cèles dans la conversation.
" Il me reste donc le petit Jofre, le gros Norel... L'étranger et le forgeron ? "
" Et ledit crétin. "

Les flammes formaient des veines de feu dans l'écorce et quelques claquements envoyèrent des étincelles partout dans l'âtre.

" Jofre... Est un chasseur, je l'ai vu inspecter les flèches l'autre jour, il doit avoir son mot à dire vis-à-vis de la conception des flèches. Larzhul doit être apprenti tanneur et sera donc confié à un autre maître puisque le sien a été massacré. L'étranger est un ancien camelot. Il sert aujourd'hui d'apothicaire... M'enfin son rôle n'est pas crucial au point que la maîtresse daigne demander son aide. Et Norel... Norel d'ailleurs, jamais entendu sa voix ? Il est muet ? "

" Je pense pas. Il a la pupille plate du prédateur imbécile. Un peu comme un requin. Jofre est une sorte de renard, impossible de savoir ce qu'il est, à part qu'il est rusé. Larzhul est un... Navet. L'étranger n'est plus qu'une vieille noix plissée et ratatinée, jaune là où elle n'est pas cuivrée. Et toi... Toi tu serais... "

" Attention à ce que tu vas dire... "
" Une murène. Comme ce gentil petit poisson au grand sourire rassurant qu'on t'a apporté il y a quelques jours. "

Belle et Adèle interrompirent Hrist dans ses pensées. Toutes deux agitées, elles avaient la panique contagieuse et sitôt elles remarquèrent la tueuse, elles lui expliquèrent.

" C'est la panique dehors ! Les réfugiés qui voulaient s'en aller ne peuvent plus quitter la ville à cause du loup ! On dit que la bête aurait... Enfin... Est-ce vrai ? "

Hrist répondit de sa voix la plus douce pour essayer d'apaiser les deux jeunes femmes.

" Qu'est ce qui est vrai ? "
" Qu'Osmald a été escouillé par la bête ! " Cracha Adèle avec un fort accent paysan.

Il fallait s'y attendre, l'incident a eu lieu non loin des routes que les voyageurs empruntaient mais quelque chose revint à l'esprit de la tueuse. En effet, les coupures au niveau du membre d'Osmald étaient trop nettes, le milicien avait raison, l'animal n'agissait pas seul. Comme s'il avait un propriétaire. Il était impossible d'imaginer qu'un désaxé viendrait après le massacre s'emparer d'un tel trophée sur un cadavre, ne restait plus que la solution du meurtre. Comme s'il s'agissait d'une punition mais quel sens avait-elle ?

Peu à peu, les pièces de ce puzzle lui tombaient sur la tête. Belle avait mentionné que Larzhul était du genre à préférer les coqs aux poules, Osmald devait le savoir, peut-être forniquaient-ils honteusement mais c'était peu probable puisque Larzhul désirait Jofre. Il ne restait pas tant d'options, Osmald avait laissé son apprenti à ses vices et avait été puni pour ceci, c'était la solution la plus claire qu'elle voyait.

" Ou alors... "
" Ou alors quoi ? "
"... "
" Et bien ? "
" Tu n'es peut être pas la seule. Il y a peut-être une autre personne qui cherche la taupe, ça aurait pu être Osmald et elle l'a trouvée avant toi. "

Ce scénario qu'elle n'avait pas encore imaginé lui fit froid dans le dos. C'était effectivement possible, mais si elle se trompait et qu'elle traversait la forêt pour se rendre à Pohélis, ne risquait pas elle même de finir traquée par la bête et son meneur ?

Hrist prit congé des deux jeunes femmes et s'enferma un instant. Elle avait besoin de faire le point, de recentrer ses idées. Quelles étaient-elles ? Elle soupçonnait l'étranger qui venait de sortir de la milice et elle avait également soupçonné Larzhul pour son comportement suspect, Norel et le forgeron étaient à part, eux ne semblaient pas jouer pour dissimuler quelque chose. Si le traître était mort, Xenair serait content et dans ce cas, les autres faucons auraient peut-être connaissance de sa venue et viendraient vers elle. Si le traître était encore là et que la mort d'Osmald n'était pas liée à cette enquête, il ne restait plus qu'à rester et attendre son moment.

" Je songe de plus en plus à empoisonner le brouet."

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 Sujet du message: Re: La guilde des tanneurs et armuriers
MessagePosté: Jeu 26 Fév 2015 21:08 
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Belle faisait semblant de dormir. Hrist le sentait. Elle restait immobile, face à la fenêtre fermée et lorsqu'un bruit se faisait entendre, elle s'enfonçait dans son lit comme si elle souhaitait disparaitre totalement de la surface de la terre. Elle ne bougeait même pas, d'ordinaire, son sommeil était agité, elle se retournait et ronflait doucement et cette nuit, il n'en était rien.

Hrist passa également une grande partie de sa nuit éveillée. Elle était trop occupée à essayer d'y comprendre quelque chose. Qui était le traître ? Lui fallait-il partir ou rester ? Tant que le doute planait, elle savait en son fort intérieur qu'elle ne bougerait pas d'un pouce mais que, ce faisant, elle restait également exposée à être découverte et n'arrivait pas à savoir quel scénario elle détestait le plus.

Le soleil se levait et on entendit un hurlement dans la maison. Belle se dressa tremblante, elle attendait le hurlement du loup mais ce fut celui d'une femme, dans l'enceinte de la maison. Un hurlement si strident qu'il avait fait peur à Hrist. Elles se levèrent et hésitèrent un instant avant de s'aventurer dehors. Quelques hommes déboulèrent dans le couloir d'un pas lourd et les miliciens alertés par le cri entrèrent à leur tour.

Le cri venait du bout du couloir. C'était la petite Adèle qui pleurait à genoux devant la porte. Dans la chambre, le corps de Jofre se balançait au bout d'une corde. Les hommes s'agglutinèrent devant l'entrée, à peine assez grande pour laisser deux personnes passer. Hrist pu se frayer un chemin lorsque certains travailleurs firent de la place pour laisser Adèle s'en aller, la pauvre fille tomba dans l'inconscience et fut portée avec douceur jusqu'à sa paillasse.

Jofre était de dos, il était inutile de se précipiter pour essayer de le soulever puisqu'on voyait déjà qu'il était mort, ses doigts étaient noircis à cause du sang qui s'y était accumulé. Un léger courant d'air fit qu'il se tourna au bout de la corde face à l'assemblée, comme pour les saluer. Le forgeron vomit une épaisse bile verdâtre et jaune qui éclaboussa les chevilles de la tueuse qui s'approcha.

( Je n'y comprends plus rien. Rien. )

Un milicien la bouscula et demanda que l'on cri haro pour faire venir le coroner. Un autre s'approcha et constata.
" Inutile. Il s'est pendu dans la nuit, le triste bougre. C'est un suicide, pas un meurtre, ça se voit à l'angle de sa tête. Puisse les Dieux lui être miséricordieux. "

Ensembles, ils soulevèrent le corps et coupèrent la corde. Jofre fut étendu à même le sol. Il avait le visage gonflé et les lèvres noires, les yeux ensanglantés fixaient le vide avec déjà un léger voile opaque sur chacun d'eux. Un homme essaya de les lui fermer mais sans succès, la rigidité avait déjà gagné le corps. Sa mort datait déjà de quelques heures, il avait du mettre fin à ses jours peu après la nouvelle. La question était : Avait-il quelque chose à se reprocher ?

( C'est con, il va rater les champignons poêlés. )

Un autre hurlement fit tressaillir tout le monde, mais celui-ci venait du haut de la maison, des appartements de la maîtresse de la guilde. Lorsqu'elle monta les marches, Hrist vit le chambellan qui s'habillait à la hâte, visiblement arraché à son sommeil de bonne heure. La femme sortit de sa chambre, tenant son ventre. Sa jupe avait été trempée et elle avait les visage blême et paniqué.

Hrist fut soulagée. Elle s'attendait à un autre cadavre mais l'agitation et la peur avait déclenché l'accouchement de la jeune elfe bleue. Elle commença par se plaindre d'avoir passé une nuit atroce, pleine de petites contractions et au matin, elles avaient commencé par devenir de plus en plus régulières et fréquentes. Les hommes se dissipèrent bien vite, ne souhaitant pas le moins du monde assister à un accouchement. Seul l'étranger monta difficilement les marches de l'escalier et offrit son aide à Hrist et à Belle qui venait de la rejoindre.

" Bien... Détendez-vous. Il va falloir vous allonger confortablement. Belle, monte du linge propre et il faudra alimenter le feu régulièrement pour que l'eau dans la marmite soit bien chaude. Vous, Camelot. " Elle tourna son visage vers l'étranger.
" Il lui faudra un repas consistant et du vin. Un vin doux, pas le tort-boyau que l'on sert aux travailleurs. Et faite venir une sage-femme, il doit bien y en avoir une en ville "

L'elfe bleue priait, elle murmurait des paroles incompréhensibles à voix basse tout en fermant les yeux et se joignant les mains.
Norel dévala l'escalier avec les bras chargés de bûches qu'il jeta presque à même le sol à côté de la cheminé. Son agitation était palpable et il ne ferait qu'énerver la femme qui peinait déjà à son concentrer avant le véritable travail.

Hrist réfléchit essayant de rassembler ses idées face à la femme qui gémissait en face d'elle. Belle revint aussi vite que possible, les bras chargés de linge. Elle dit d'une petite voix timide :
" Je n'ai encore jamais assisté à un accouchement. " Elle triturait ses doigts, se sentant visiblement incapable. Hrist savait qu'elle l'était tout autant mais elle avait déjà entendu de nombreuses sages femmes. Elle connaissait deux trois techniques en théorie mais pour le reste, elle n'avait pas encore mis ses connaissances en pratique.

" Il va nous falloir... Un fil, du fil pour ligaturer le cordon. Un fil rouge pour le premier enfant, un roseau pour lui aspirer ce qui lui bloque les narines et de quoi le nettoyer. "

La femme poussa un hurlement comme si elle était en proie à de nouvelles contractions.

Hrist comprit qu'elles n'avaient plus le temps.
" Déshabillons la. Votre époux, le père de l'enfant ? Où est-il ? Il faut l'avertir. "

Elle gémissait et son visage se tordit de douleur, la sueur perla à son front et lorsqu'enfin, la souffrance se dissipa, elle pu enfin articuler :
" Il est parti." Mais n'en dit pas plus. Elle était déjà à bout de souffle.

" Qu'importe, vous allez devoir pousser, vous comprenez, il faut pousser de toutes vos force jusqu'à ce que le bébé soit au monde."

L'elfe ruisselait de sueur et criait si fort que Hrist et Belle subirent bien vite de violent maux de tête. Belle s'arrangea pour que le feu soit assez fort pour faire bouillir l'eau. Un jeune apprenti vint frapper à la porte, apportant un bouillon fumant et un pichet de gré contenant du vin rouge.

Hrist posa doucement la main sur le ventre de la femme, elle en sentit toutes les contractions et les muscles qui travaillaient à expulser l'enfant. La peau était lisse et tendue et lorsqu'elle y glissa les doigts, elle pu sentir la tête de l'enfant. Rassurée par cette nouvelle, elle en fit part à Belle et la future maman qu'elle encouragea à pousser davantage.

Au bout de plusieurs longues minutes, il ne se passa toujours rien. La femme était à bout de force, déjà faible, Hrist commençait à craindre pour sa vie, elle comprit que bientôt, elle n'aura pas la force de pousser l'enfant et celui-ci, coincé dans le ventre de sa mère, risquait aussi de périr.
" Lys...Je ne comprends pas, ne devrait-on pas déjà voir l'enfant ? "


Elle se sentit totalement impuissante. L'étranger n'était pas là, aucune sage-femme n'arrivait. La lueur des flammes reflétait sur le corps ruisselant et gonflé de sa maîtresse qui était à bout. Les minutes étaient comptées et elle arrivait à bout du maigre délai que la nature avait offert.

" Il faut l'ouvrir. Trouve moi un couteau propre, sans tâche et tranchant."

Belle s'écria : " L'ouvrir ??! " En lui attrapant le bras mais Hrist la repoussa doucement en lui indiquant la porte. " Vite, sinon on aura deux autres tombes à creuser. "

Hrist essaya de rassurer la femme en lui caressant la joue avec une serviette mouillée. Elle lui expliqua que ce qu'elle allait faire serait extrêmement douloureux mais qu'elle n'avait pas d'autre solution pour sauver l'enfant. L'elfe bleue semblait somnoler. Elle accepta son sort dans une léthargie qui fit frissonner Hrist. Si elle n'avait plus la force de pousser, il serait inutile de tenter de sauver qui que ce soit.

Belle revint avec un petit couteau, du fil et une aiguille recourbée. La lame n'était pas très grande mais elle était brillante et dépourvue d'imperfection. Il était même probable que ce couteau n'eut jamais été utilisé par quelqu'un. Hrist le prit entre ses doigts et dit à Belle qui la regardait avec un air de mouton anxieux :
" Il va falloir appuyer sur son ventre une fois que j'aurais coupé, doucement mais avec fermeté. Tu comprends ? Je crois.. " Elle recommença, plus bas. " Je crois qu'elle n'aura pas la force de continuer. En dépit de mes plantes, elle n'a pas retrouvé assez de force pour pousser et continuer le travail, tu vas devoir l'aider. "

La bouche de la jeune femme ne dit rien, mais ses yeux demandaient si elles allaient s'en tirer. Hrist approcha la lame et coupa d'un geste précis, le plus précis possible. La mère hurla, des flots de sang éclaboussèrent les doigts de Hrist et maculèrent son lit. Belle apporta de nombreuses serviettes mais le flot trop important inonda également les suivantes. Hrist parvint à glisser son doigt sous l'aisselle du bébé et à le dégager doucement. Ce petit être ensanglanté à la couleur pâle glissa sur le linge, couvert du sang bouillant de sa mère. Il ne cria pas.

Hrist essaya de dégager son nez en aspirant et soufflant dedans et fit de même avec sa bouche. Mais il n'y eut aucune réaction. Elle aurait souhaité pouvoir le déplacer mais elle n'avait pas encore coupé le cordon ni suturé la plaie de la mère qui saignait toujours.
" Belle ! Occupe toi de l'enfant, je dois suturer ça au plus vite. "

D'un doigté ferme, Hrist parvint à suturer la plaie mais elle pataugeait littéralement dans le sang. Lorsqu'elle jeta un regard au visage de la mère, celle-ci demanda pourquoi le bébé ne pleurait pas et répétait cette question sans cesse. Son visage était terriblement pâle et ses traits étaient si fatigués et faibles que ça la rendait méconnaissable.

Belle, après avoir massé le corps du petit garçon pour ranimer l'étincelle de vie en lui, parvint enfin à lui arracher un petit cri strident mais qui rendit à sa mère un sourire las. Après avoir pansé ses blessures, lavé le bébé et changé les draps, on rendit l'enfant à sa mère.

Hrist s'isola un court instant.
" Il y a quelque chose que je ne comprends pas. J'ai coupé des membres, des hommes, des femmes des enfants, elfes ou humains et encore orques... Mais je n'ai jamais vu un saignement pareil. Comme si tout son corps s'était vidé en un instant. Elle a tout juste assez de force pour porter son enfant et lui non plus ne semble pas être en bonne santé. "

" Tu sais, certaines personnes ont des maladies qui les empêche de cicatriser rapidement, ça les fait saigner plus abondamment que les autres. "

" Je sais, mais en général, ils ne vivent pas vieux et n'ignorent pas ce fardeau, le moindre saignement de nez peut-être fatal. Elle me l'aurait avoué avant. " conclua-t-elle.

Hrist hésita un long moment et sembla comprendre, comme si ce qu'elle redoutait le plus venait de prendre forme dans son esprit

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 Sujet du message: Re: La guilde des tanneurs et armuriers
MessagePosté: Ven 27 Fév 2015 18:58 
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Belle était restée avec la maman, elle lui massait le ventre pour faire sortir le placenta et on lui offrit du vin en récompense de sa douleur, mais bien qu'elle bu avidement, elle ne fut pas autorisée à en boire beaucoup, la fatigue et la douleur avait déjà assez étourdi son corps et l'alcool n'était pas une excellente chose. Belle observa la jeune mère fermer les yeux au moment où Hrist quitta la pièce. Elle avait besoin de vérifier quelque chose, et pour cela, il lui fallait voir la dépouille de Jofre.

L'accouchement avait duré bien plus longtemps qu'elle ne l'avait imaginé et le soleil était déjà bas, le début de soirée commençait et le corps de Jofre avait été enveloppé en vue d'être nettoyé. La coutume voulait qu'un étranger soit laissé au repos pour que ses amis et proches puissent venir se recueillir et lui accorder quelques prières. La pièce dans laquelle il gisait tristement n'était éclairé que de quelques bougies d'amadou et son corps, à en juger ses cheveux propres et coiffés, avait été nettoyé.

Hrist s'approcha et posa la main sur celle de Jofre, froide et dure.

" Tu es parti bien vite... " Reconnut Hrist, elle avait écarté Jofre des suspects mais maintenant qu'il était mort, elle comprit bien vite que quelqu'un faisait le ménage et que la milice allait sous peu enquêter sérieusement. Un garde mort, un officier de Kendra Kâr égorgé dans la milice, Osmald massacré par un loup et Jofre qui se pend. En l'espace de quelques jours, ça faisait beaucoup trop et l'attention des miliciens allait bientôt se fixer sur la guilde.

Derrière la porte, Hrist entendit le forgeron abreuver d'insultes la manufacture des jumeaux, située un peu plus loin. Selon lui, de tels incidents étaient fait pour affaiblir la guilde des tanneurs et les empêcher de remplir leurs commandes, si tel était le cas, la milice et l'armée irait se fournir davantage chez les jumeaux.

Hrist n'en croyait pas un mot, la mort de Jofre et d'Osmald était liée, elle le savait mais de là à en comprendre pourquoi et surtout " qui ", c'était une autre histoire.

" Et si... " Hrist hésita un instant. " Non... "

Hrist posa doucement ses doigts sous le menton de Jofre et tira le linge qui l'enveloppait. La gorge était bleue et on vit une marque profonde et violette qui faisait comme un collier mortuaire. Mais la chose qui frappa le plus la jeune femme, c'était la forme de cette cicatrice, d'ordinaire, si Jofre s'était pendu, elle aurait remonté sur le haut de son cou, comme un vulgaire col roulé trop étroit. Or celle-ci était droite, comme si on avait exercé une pression venant de derrière lui et non pas au dessus comme le ferait la corde d'un pendu. Jofre n'était pas mort de sa propre main par pendaison, il avait été strangulé la nuit et accroché ensuite pour qu'on le retrouve au petit matin.

Hrist recula. Le visage blême, elle assemblait peu à peu les morceaux et comprit qu'elle était prise au piège d'un jeu auquel elle n'entendait rien, elle ne savait pas qui était sa cible et si elle n'était pas elle même une cible. Avait-elle fait un faux pas et fait comprendre aux autorités que des soldats de Xenair se cachaient en ville ? Tout ça laissait planer un mauvais augure sur elle.

" Je... Je ne comprends plus. "
" Je crois qu'il est temps de déserter. "

Hrist descendit les marches qui menaient à la cuisine. Les doigts tremblants, elle sentait en son coeur une pulsion d'adrénaline encore jamais égalée. La mâchoire serrée, elle faisait de son mieux pour garder son calme bien que ses tempes tambourinaient et que son estomac se nouait.

Elle bouscula Adèle sans faire attention en entrant dans la cuisine. Elle n'entendit même pas la plainte de la jeune femme tant elle était concentrée sur son terrible office. Norel faisait toujours semblant de dormir. Elle qui avait l'intention de faire brûler la maison en faisant débuter l'incendie dans la cuisine, devrait attendre.

La tueuse pyromane commença son office en inspectant la réserve de bois, il était sec et entreposé les bûches une sur les autres de façon à ce que le bois respire et que les champignons ne se développent pas à cause de l'humidité. Si elle coinçait quelques chiffons imbibés d'huile entre les rondins, elle aurait toutes ses chances de faire débuter le feu qui irait ensuite ronger le plafond en bois et affaiblir la charpente qui soutenait une partie du bâtiment supérieur.

La femme savait par expérience qu'il valait mieux débuter un feu aux niveaux les plus inférieurs parce que les flammes montaient plus vite qu'elles ne descendaient et pouvaient prendre une plus grande ampleur.

Faute de pouvoir débuter son méfait tout de suite, elle commença à découper quelques légumes et les lancer sans soin dans le brouet. Norel était toujours là, faisant semblant de dormir tout en se balançant sur la chaise. Cet acte irritait Hrist au plus haut point, elle qui avait déjà les nerfs en pelote estimait qu'elle n'avait pas à supporter ça davantage. Elle toussa bruyamment en espérant qu'il comprenne que son petit jeu ne prenait pas avec elle. Il ne répondit rien. Seul le craquement de son fauteuil à bascule brisait le silence lorsque, furieuse, elle s'arrêtait de travailler pour observer son manège ridicule.

Il ne fit rien jusqu'à ce que les travailleurs déprimés ne viennent réclamer leur repas, ils se servirent un à un dans le bouillon gras un à un et remontèrent silencieusement. Personne ne chanta ce soir là et tout le monde semblait pressé de rejoindre son lit.

Norel resta encore présent une bonne heure après que le dernier estomac affamé soit venu réclamer son bouillon. Hrist attendait en croisant les bras, observant le dormeur et décida, agacée, de continuer à maltraiter des légumes à la pointe de son petit couteau de cuisine, au moins, ça la détendrait.

( Un navet. Larzhul est un crétin de navet, Jofre un renard crevé, Osmald est une saloperie de charogne maintenant couverte de merde de mouches et de larves... Norel... Norel... Ce...)

Soudain, le propos de Cèles lui revint en mémoire, il était si clair qu'elle ne su pas si c'était Cèles qui venait de le lui répéter ou bien si ce souvenir sonnait comme un terrible avertissement. " Pupille plate du prédateur imbécile. "

Elle voulut se retourner brusquement mais une main puissante s'écrasa sur l'arrière de son crâne et plaqua sa tête contre le plan de travail. Enfin elle entendit sa voix." Alors... Comme ça, on a volé dans la réserve ? "

Si Hrist avait pu parler, elle l'aurait copieusement insulté mais sa bouche s'était écrasée et sa joue engourdie l'empêchait d'articuler correctement.
" J'vais t'apprendre, moi, à voler. "

Il agrippa le haut de sa tenue et tira le vêtement vers le bas et s'arrêta net. Il eut un hoquet de peur et d'incompréhension. Hrist se retourna totalement dépareillée, la tunique tombait en arrière, les lanières déchirées et le tissus froissé. Norel avait vu la peau d'orque qui lui recouvrait une partie du dos.

Les yeux écarquillés, il recula, sa bouche tremblait et il essayait d'articuler des propos que lui même ne semblait pas comprendre.

Hrist chercha dans son dos un objet, quelque chose pour le faire taire, il ne fallait surtout pas qu'il alerte sa présence, elle ne pourrait jamais expliquer pourquoi elle avait de la peau de Garzok sur le dos, pour elle, c'était une sérieuse promesse de mort, et pas de belle mort.

C'est la queue d'un poêlon de fonte qu'elle rencontra et frappa le visage de Norel de toutes ses forces. Le bruit mat de la fonte heurtant la chair sonna et il s'écroula, les dents brisées et la bouche ensanglantée, l'oeil éclaté, probablement avait-il était lésé lors du coup, Norel était inconscient et Hrist donna un violent coup de talon dans la gorge de l'homme pour l'achever dans un craquement d'os sinistre.

Haletante, elle se rhabilla du mieux possible et essuya quelques gouttes de sueur sur son front. " Magnifique... Reste plus qu'à se débarrasser du corps. Ou faire croire à un accident. J'ai déjà ma petite idée mais... Enfin, bouche toi les narines. "

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Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
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 Sujet du message: Re: La guilde des tanneurs et armuriers
MessagePosté: Ven 27 Fév 2015 22:06 
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Le matin arriva au bout d'une nuit tourmentée. Hrist n'avait pas fermé l'œil depuis presque deux jours et la journée précédente avait été éprouvante. Elle s'attendait presque à ce que quelqu'un entre dans sa chambre pour essayer de la tuer mais sa peur paranoïaque la poussait secrètement à suspecter également la jeune Belle qui dormait quant à elle d'un sommeil de plomb, assommée qu'elle était de toutes ces aventures.

Ce n'est que quelques minutes avant le lever du soleil que Hrist entendit le hurlement qu'elle attendait tant.

" Encore !! Encore un mort ! Nous sommes maudits !!! Norel, c'est le bon vieux Norel qui est mort dans la cuisine !"

Hrist se leva, comme tout le monde mais ne montrai pas forcément de hâte à aller voir le résultat de son forfait. Une fumée épaisse planait au dessus des marches qui conduisaient la cuisine. Quelques voyeurs et curieux vomissaient leurs tripes en voyant le résultat. Ce qui était un fâcheux accident pour le " bon vieux Norel ".

(" En tout cas... Je me suis peut-être trompée. Norel n'était pas un des hommes de Xenair. Il n'aurait pas été si interloqué de voir ma... Marque. ")

Elle descendit d'un pas assuré mais sa gorge se noua bien vite lorsque les travailleurs et elle entrèrent dans la cuisine. Norel avait la tête dans les cendres, toute la nuit sa tete avait eut le temps de se consumer et la fumée avait envahie la pièce. Hrist avait placé le fauteuil devant le brasier et après l'avoir bien alimenté, elle avait placé la tête de Norel dans les flammes pour faire croire à une chute mortelle qui lui aurait brisée la nuque sur le rebord en pierre de l'âtre. Son crâne était noir et la peau au niveau de la mâchoire s'était transformée en charbon fumant, une trace noire maculait la pierre et ses orbites vides étaient enfumée lorsqu'on traîna le corps hors des cendres.

" Il a été trop imprudent... Que de jours sombres. Qui était avec lui hier ? "

Hrist hésita et fit un pas en avant. Elle avait été liée de près ou de loin à beaucoup d'incidents pour que ça semble totalement innocent aux yeux des autres, mais si Norel s'était montré trop imprudent, et ce aux yeux de tous, qu'y pouvait-elle. De toutes façons, la chute avait été probablement fatale, se rompre ainsi le cou sur la pierre anguleuse était sans espoir.

" J'étais dans la cuisine hier, mais Norel était toujours endormi, chacun d'entre vous peut en témoigner. Ce soir là, à cause des récents événements, les gens n'avaient pas le coeur à participer au banquet et tous sont venus se servir en cuisine."

Plusieurs acquiescèrent et l'un d'eux donna même une tape amicale sur l'épaule de la jeune femme. La milice ne tarda pas à arriver. Ils arrêtèrent de nombreuses personnes dont le chambellan, le forgeron et la quasi totalité des travailleurs qui étaient sur place pour un interrogatoire. Visiblement ulcérés de voir autant d'incidents se produire sous leur juridiction, ils bloquèrent la production de la journée ce qui leur valut de nombreuses réprimandes de la part du maître forgeron qui s'était débattu et semblait presque prêt à en venir aux mains avec les miliciens. Belle prit la défense du forgeron et essaya de le contenir en lui expliquant que tout irait bien et l'accompagna.

La maison semblait bien vide. Hrist s'était assise au coin du feu et attendit de longs moments que Belle ne revienne. A l'étage, la maîtresse ne faisait pas de bruit. Son enfant de criait pas et tous deux devaient dormir en paix.

Adèle vint à sa rencontre et lui offrit un gobelet de vin chaud. La jeune femme essaya de faire un sourire aimable mais Hrist comprit que malgré sa grande timidité, elle se montrait sympathique. La jeune Sindel était d'ailleurs étonnée de ne pas avoir été embarquée par la milice, mais peut-être avait-elle vu juste plus tôt " Qui irait soupçonner une bonniche ? ".

Elle but le vin chaud en compagnie de la jeune Adèle.
" Je suis passée voir la maîtresse ce matin. Elle et l'enfant dorment comme si ils n'avaient pas dormi depuis des mois. Elle reprend un joli teint mais est toujours trop faible pour quitter son lit. Je pense que ça devrait durer encore quelques semaines. "

Hrist avala de travers et toussa.
" Pardon. "

Adèle continuait de parler mais Hrist n'entendit plus qu'une partie de ce qu'elle disait, un bourdonnement intense résonna dans sa tête. Une étroite sensation de chaleur lui gagna la poitrine et soudain, elle ne vit plus clair et réalisa qu'il était trop tard. D'un oeil brouillé, elle vit le gobelet dans lequel remuait le liquide épais et le renversa avant de saisir sa tête de ses deux mains et tomba en avant. Adèle à ses côté ne la rattrapa même pas. Elle continuait de parler jusqu'à ce que la paralysie ne gagne totalement Hrist et qu'à bout de force, elle ne sombre dans l'inconscience...

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