L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: La plantation
MessagePosté: Mer 29 Oct 2008 14:53 
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La plantation


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Pour l'atteindre sans risque de se perdre, le mieux est encore de remonter le fleuve après le village d'Akinos, de guetter un bras d'eau sur votre gauche, largement recouvert par des arbres bas. Après quelques centaines de mètres à batailler contre la végétation, la rivière se dégage et vous pourrez accoster sur un petit quai de fortune.

A partir de là, un petit sentier vous fera serpenter entre les arbres en suivant une pente douce. Une fois un col dépassé, vous arriverez dans une clairière. Si les quelques gardes qui surveillent les lieux ne vous repèrent pas tout de suite, vous pourrez détailler les quatre bâtiments de bois, voire même la tour de pierre qui domine cette petite vallée.

Autour des constructions, la zone déboisée semble maintenant servir à la culture d'une plante de montagne.

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 Sujet du message: Re: La plantation
MessagePosté: Mer 31 Oct 2018 03:20 
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Quelque part au nord des plantations:


Le silence.

L'obscurité.

Tout est si calme.

Jusqu'à mon éveil. Je tente de me relever, je suis couché, je suis enterré vivant !

Dans la panique je bouge dans tous les sens, je donne des coups de poings, de pieds. Puis finalement je m'extirpe vers la lumière. Le temps de prendre une grande gorgée d'un air vicié et putride et je manque de vomir.

Alors, j'ouvre les yeux et je peux apprécier l'horreur qui m'est donnée de voir ; je n'étais pas sous terre, j'étais sous mes compagnons d'arme morts au combat.
C'en est trop pour mes tripes qui relâchent tout ce qu'elles peuvent en une bile nauséabonde.
Je reste une petite éternité là, à attendre un réveil qui n'arrivera jamais, tout ce que je vis aujourd'hui n'est pas un rêve.

Au moment où j'accepte cette réalité, je m'aperçois que je suis seul, à la merci des soldats ennemis. J'attrape ma lance, elle a perdu sa pointe de métal dans le chaos général mais qu'importe, et je cherche à vendre chèrement ma peau face à quiconque viendrais en revendiquer la propriété.
Mais personne ne vient, le vacarme de la bataille a laissé place à un silence de mort que seul quelques croassements de corbeaux viennent briser.

Je reste sur mes gardes une petite éternité, ce qui laisse le temps à mon esprit de se remettre de ses émotions.

Je me décide finalement de bouger, je fais un pas puis un autre avant de détaller jusqu'à une clairière plus proche. Il est temps de me réorganiser et de décider de ce que je dois faire. Nous avons marché approximativement quatre jours avant de tomber sur les ennemis, il faut donc que je compte à peu près autant pour revenir. Les réflexes de mon initiation faite avec mon père seulement quelques jours auparavant reprennent les reines.

Je vérifie l'état de mon équipement ; mon plastron est endommagé mais tient toujours sur ma poitrine, ma lance n'est guère plus qu'un bâton tout juste capable de me servir de canne de marche,mais à l'idée de retourner sur les lieux de ce qui a faillit être ma tombe, un haut le cœur me prend.

Je reprendrais donc la route du retour ainsi, il ne m'en faut guère plus pour retourner chez moi. Mais c'est sans compter que cette forêt m'est complètement inconnue et sûrement remplie grouillante de garzoks.

Tout en me mettant marche je me dis qu'au final une mort rapide sur ce champ de bataille au milieu de nulle part n'aurait pas été une si mauvaise chose...


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 Sujet du message: Re: La plantation
MessagePosté: Jeu 1 Nov 2018 04:09 
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Au loin le soleil se couche.

Cela fait plusieurs heures que je marche en pleine nature. Pour le moment aucun signe d’une quelconque présence garzok. Mon moral, qui avait réussi à se maintenir à un niveau stable jusqu’à maintenant, redescend à la vue de l’arrivée imminente de la nuit.

Cela fait longtemps que j’ai vaincue ma peur enfantine des ténèbres, mais tomber sur des garzoks dans l’obscurité n’est pas un sort qui me fait envie. Je cherche d’abord un grand arbre qui pourrait m’abriter, la nuit, le mieux reste de dormir en haut d’un arbre afin d’éviter les prédateurs qui vivent au sol.

Mon choix se porte sur un vieux chêne, je jette un œil aux alentour avant de me figer d’un coup.

La chance ne m’a pas encore abandonné ; une Altefiz pousse le long d’un chataigner millénaire.
Je m’y rends immédiatement, la spirale formée par la plante me permet de grimper sans aucune difficulté en haut de l’arbre. Avec le début de l’hiver cette plante n’a plus ses fleurs, je l’ai vu une fois quand j’avais neuf ans, je me souviens encore de la beauté de ses pétales et de l’allégresse du village qui à pu revendre le pollen à de riches marchands d’Akinos.

Je me retrouve là, au milieu de nulle par et assis sur une petite fortune boisée que je ne peux pas emporter avec moi. Et n’ayant pas de moyen de cartographier le secteur, cette beauté naturelle resteras là où elle est, ne gardant de la civilisation que les légères traces de mon passage.

Ce moment magique m’apaise et je profite de la relative sécurité des lieux et de la douceur de cette fin d’été pour m’endormir tranquillement sous la lueur de Sithi.

Au matin, je reprends ma marche de meilleure humeur. La bataille me parait déjà si loin, et en même temps je ressens une certaine culpabilité à être le seul survivant parmi mes compagnons. J’ai la belle vie alors qu’eux sont en train de pourrir en pleine forêt.

Perdu dans mes pensées, je passe à côté d’un détail qui me parait anodin au premier abord mais qui, en y regardant à deux fois, me remplis d’effroi. Des empreintes de pas, trop grosses pour être celle d’un homme et trop nombreuses pour être celle d’une simple bande isolée.

Pire encore, les empreintes vont dans la même direction que moi.

Mon sang ne fait qu’un tour à l’idée que ces empreintes aient le même objectif que moi. Malgré la panique qui s’empare de mes pensées, malgré mon équipement en ruines, je ne réfléchis pas une seconde et j’entame la poursuite aussi rapidement et silencieusement que possible.

Je dois les arrêter avant qu’ils ne tuent encore plus des miens.


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 Sujet du message: Re: La plantation
MessagePosté: Mer 14 Nov 2018 00:24 
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Je n'arrive plus à réfléchir.

Cela fait maintenant deux jours que je suis en marche forcée pour rattraper ces gazorks. Je n'ai pas pris le temps de me restaurer ou de me reposer, à l'idée qu'ils puissent attaquer ma maison et ne laisser que des parodies de corps humain aux corbeaux me rend malade et me pousse à aller de l'avant toujours plus vite.

J'accélère.

Dans ma lancée, je n'ai pas pris le temps de réfléchir à ce que je pourrais faire si je rattrape cette horde. Je ne suis pas de taille face eu plus faible des garzoks, j'en ai bien conscience. Mais je ne peux pas abandonner, je continue.

Les empreintes semblent plus fraîches, je me rapproche, sans plan avec mon bâton pour seule arme.

Et soudain, le noir complet.

Je m'éveille à la tombée de la nuit.

Je ne mets pas longtemps à comprendre que dans ma précipitation, je suis tombé sur une racine ou une pierre.

D'un mouvement de la tête, je prends conscience que j'ai dévalé la pente sur une dizaine de mètres avant d'arrêter ma course contre un arbre.
Je reprends lentement conscience et je fais un bref état des lieux de mon corps. Lentement je commence par bouger mes doigts, mains, puis mes bras. M'assurer que toutes les articulations sont en place et finalement prendre appuis sur eux pour relever mon torse.
Mon dos me fait un mal de chien, mais là encore rien ne semble cassé.
Le problème vient surtout de la douleur qui se répand dans mon corps tel un poison. Cette douleur vient de ma cheville droite. Lentement je lève la jambe et je bouge avec un extrême délicatesse mon pied. Aucun bruit de craquement, c'est déjà un bon signe. Si fracture il y a, elle n'est que minime.


Ma jambe gauche étant en assez bon état, je mets le plus gros de mon poids dessus avant de me servir de mon bâton comme d'une canne. Ma poursuite, que je le veuille ou non, s'arrête ici. Je ne peux plus rien pour les miens.
Je remonte vers le chemin en ménageant ma jambe autant que possible. Je retrouve le chemin d'où je suis tombé et, sans réfléchir je pousse un cri de joie et je m'effondre dans le même temps sur le limon de la forêt.


Si je suis tombé, ce n'est pas à cause d'une pierre ou d'une racine, c'est tout simplement que je me suis précipité vers mon village sans me rendre compte que la piste avait fait un virage. La horde semble chercher une cible plus à l'ouest. Elle ne semble pas prendre le chemin qui mène à mon village.
Je me mets à savourer cette nouvelle et, sans vraiment m'en rendre compte, je tombe dans un sommeil sans rêves.
À mon réveil au petit matin, je prends le temps de savourer la caresse du soleil sur mon visage, avant de reprendre ma route. Ma cheville me fait toujours mal et je boite, mais la douleur est déjà moins insidieuse qu'hier. Je ne pense pas avoir de séquelles sur le long terme.

Il me reste environ une journée de marche pour rentrer chez moi. Il m'aura fallu deux jours à cause de ma jambe.
À la vue de mon village une flamme semble parcourir ma poitrine jusqu'à mon visage. Mes larmes s‘écrasent sur mon visage.

Je suis de retour.


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 Sujet du message: Re: La plantation
MessagePosté: Lun 3 Déc 2018 00:12 
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Je m’imprègne de tout ce qui fait ma vie, la terre battue et laissée en jachère en ce début d’automne, le chant des oiseaux vivants dans les haies entre les champs moissonnés, la caresse du vent annonçant le début de l’hiver.
Des sensations qui sont imprégnées dans ma mémoire depuis ma naissance et qui ont toujours étés mon univers.

Je laisse un instant mon esprit s’apaiser en ce lieu de bonheur et d’insouciance avant de reprendre ma route, encouragé par les rayons du soleil.

La réalité revient cependant au galop, quand je passe devant un champ qui, je sais ne sera plus labouré et ensemencé par la même personne désormais. Je suis le seul survivant et avec moi je porte tout le poids de mes camarades morts au combat au cœur de ces forêts.

La boule que je pensais avoir laissée me retombe dans le ventre et c’est avec elle que je continue mon trajet jusqu’à la maison de mes parents. L’isolation de la ferme familiale par rapport aux autres est aujourd’hui pour moi une bénédiction, je ne veux pas revoir les autres membres du village, pas maintenant…

Enfin j’arrive en vue de la battisse qui m’a vu naître et grandir, ma mère est déjà dans l’entrée à m’attendre. Tout comme je ne doutais pas de la voir, elle à sentit ma présence bien avant mon arrivée par ce lien si fort mais si invisible qui relie une mère à ses enfants.

Aucun mot n’est nécessaire, je lâche mon bâton et je me jette dans ses bras comme si j’étais soudainement redevenu le petit garçon de 6 ans que j’étais naguère.

Nous restons ainsi un long moment, le soulagement d’être en vie et de retour parcourant chaque fibre de mon organisme.

Elle fini par s’écarter de moi pour m’examiner, s’assurer que je n’ai rien avant de parler :

" tu es vivant "

C’est plus une affirmation qu’une question et je ne trouve rien à répondre qu’un petit sourire.

" Et les autres ? "

Cette fois ci c’est bien une question et la boule dans mon estomac semble doubler de volume avant de remonter dans ma gorge. Je ne trouve que la force de remuer négativement la tête.

Cette réponse muette lui suffit, elle hoche la tête d’un air entendu puis, les yeux regardant le sol elle m’annonce :

" Le recruteur est revenu ce matin. "

Mon sang se gèle dans mes veines, je vais retourner dans cet enfer que je viens de quitter.

" Une troupe de Gazorks a été aperçue au nord du village se dirigeant vers l’est, pour la stopper le sergent recruteur est donc revenu et il a emmené la plupart des hommes valides qu’il nous avait laissés la dernière fois ; "

à ces mots, j’oscille entre le soulagement pour ma vie et l’horreur d’apprendre que d’autres habitants que je connais depuis toujours vont subir eux aussi une fin atroce loin de leurs foyer. Puis soudain une peur encore plus grande me saisit, je parviens à articuler :

" Papa ? ... "

" Lui aussi, tous les hommes en état de se battre ont été emmenés. "

Elle a craché ces derniers mots d’une traite en continuant de fixer le sol pour que je ne vois pas ses yeux.

Mon courage reprends le dessus, je vais les rattraper et me battre à leurs côtés.

J’esquisse un mouvement de demi-tour quand une main de fer se referme sur mon bras et m’empêche de partir.
Je me retourne vers ma mère qui cette fois me regarde en face avec ses yeux larmoyants.

" Je dois... "

" Tu veux revivre ce que tu as vécus ces derniers jours ? ! "

Elle a lancé cette phrase en criant et pleurant en même temps, mais avec une détermination que je ne lui connais pas.

" Tu es vivant et tu as eu beaucoup de chance ! Je ne te laisserais pas gâcher cette chance que tu as eu pour rien !! "

Elle prend le temps d’inspirer avant de reprendre sur un ton plus calme :

" Je sais que je ne reverrais jamais ton père. Et ce village, privé de ses hommes va tomber au premier raid de Gazorks. Ma vie s’achève, car j’ai toujours vécu ici, je ne compte pas fuir.

Mais toi mon fils tu es notre avenir, tu dois vivre pour nous deux et pour tous les habitants du village qui vont mourir ici. Tu dois partir et visiter le monde qui nous entoure, tu dois vivre ta vie. "


Elle s’est remise à pleurer sur la fin de sa tirade. Je la prends dans mes bras pour la consoler et je prends le temps d’assimiler tout ce qu’elle m’a révélé en si peu de temps.

Ne donnant pas de réponse, je la pousse tranquillement à l’intérieur de la maison. Me voici face au pire adversaire que j’eus à combattre jusqu’à lors.

Pour la première fois de ma vie, je vais devoir faire un choix.


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