La pièce dans laquelle nous pénétrons a le mauvais goût d'arborer autant de sombre et oppressante pierraille que toutes les pièces que nous avons visitées jusqu'ici. Allons bon, ils n'auraient pas pu concevoir une prison avec de grands espaces verts, d'immenses baies vitrées et une petite rivière qui cascaderait le long des remparts pour nous bercer de son babil glougloutant ? Ils n'aurait pas pu prévoir moult banquets pour les prisonniers, et quelques masseurs en prime ? Pourquoi diable a-t-il fallu qu'ils succombent au conformisme : une prison de pierre, des murs massifs, un service déplorable et aucun espoir de fuite. Quel cruel manque d'originalité, c'est à s'en taper la tête contre les susmentionnés murs.. Je m'en plaindrai au « boss ».
Ainsi donc, nous pénétrons dans une nouvelle salle aux tristes murs. La bizarrerie de l'endroit tient en son mobilier : une grande bibliothèque pleine de manuscrits probablement indéchiffrables (le premier qui fait référence à mon analphabétisme se retrouve transformé en glaçon ! ), de longues étagères courant le long du mur où des dizaines de flacons de toutes formes et toutes couleurs reposent paisiblement.
Mon regard tombe alors sur les occupants de cette pièce, et laissez-moi rectifier ma précédente assertion : la bizarrerie de l'endroit tient en son locataire. Comment vous décrire cet hybride d'humain, de serpent et de … touffe d'herbe ? La créature qui se tient à quelques pas de moi et que je ne peux m'empêcher de dévisager de façon fort peu polie, je l'avoue, pourrait passer inaperçue dans n'importe quelle forêt, malgré son imposante taille. Son buste, humanoïde, se perche sur un long corps de serpent qui pour toute écaille arbore une toison vert sombre, tandis que ses bras, tout aussi allongés, revêtent la forme de troncs d'arbre.
( Dis donc, c'est à croire que la laideur faisait partie des conditions pour être engagé ici...)
( Plus besoin de chercher pourquoi tu te retrouves ici alors ! )
( C'est ça, moque-toi donc, sale boule de fluides. )
Cette créature est tellement étrange que c'est à peine si je remarque les occupants de la pièce. Et pourtant, il s'agit de Guasina, la lutine qui a dû se frayer un passage d'une manière ou d'une autre jusqu'ici, et d'un humain à la chevelure sombre qui se balade complètement nu. Je comprends que la situation extrême que nous vivons puisse faire perdre son calme ou pousser à se comporter de manière étrange, mais de là à abandonner toute pudeur, je vous avoue que le prude qui se cache en moi s'en offusque. Non mais je vous jure.
Au moment où je pénètre dans le repère de la créature-serpent, il se trouve qu'elle est en train de discourir, d'une stupéfiante voix, à la fois profonde et grave, et d'une élocution d'une lenteur soporifique. J'apprends ainsi qu'elle est « alchiiiiiiiimiiiiiiiiiiiiste », et que son job, c'est de concocter des potions ou des poisons, probablement pour torturer les prisonniers de manière moins monotone.
Cependant ce mot, « alchimiste », m'évoque tout de suite une conversation que j'ai eue quelques minutes auparavant, en compagnie d'un certain elfe psychopathe et « mauvophile ». Je me trouverais donc en présence de l'un des trois possesseurs des objets convoités par Naral ? Que suis-je censé faire alors ? Je m'engage dans un débat enflammé avec Aurore et moi-même pour savoir quel comportement adopter. D'un côté, je n'ai absolument, mais alors absolument aucune envie d'aider cette ordure de Naral. Je dirais même plus, si je peux lui mettre des bâtons dans les roues, ce n'est pas plus mal. Mais d'un autre côté, il nous a clairement menacés, et j'ai pu avoir un aperçu de ses pouvoirs. Plutôt terrifiants, si vous voulez mon avis. Et ces fameux objets pourraient très bien être notre seul espoir de fuite. Mais en même temps, ne risqué-je pas de déclencher une réaction hostile de l'alchimiste en évoquant à l'évidence un bien désagréable pensionnaire ?
Tandis que je reste à distance, je vois du coin de l'oeil Herbert et Léandre se diriger vers la seule autre porte de la pièce, tandis que Guasina entretient d'alchimiste au sujet de potions qu'elle souhaiterait acheter. Elle mentionne une mixture qui serait capable de lui donner une taille de géant, et mon intérêt pour la conversation est subitement avivé. Je glisse à Maelan :
« Dis donc votre amie lutine, elle a de la suite dans les idées ! »
Battant vivement des ailes, je viens me joindre à la con9versation et m'adresse à l'alchimiste :
« Salutations, alchimiste. Vous dites que vous vendez des potions, mais vendriez-vous certains de vos ingrédients si l'on y mettait le prix ? »
Je marque une courte pause et ajoute d'une voix innocente :
« Comme de la poudre cristalline par exemple ? »
J'ai décidé de tenter le coup avec l'alchimiste. Après tout, si j'arrive à récupérer un objet de pouvoir de Naral, ce sera un atout dans ma manche non négligeable. Je n'ai plus qu'à espérer que l'alchimiste ne se sente pas offensé et décide de m'écrabouiller contre l'écorce brune qui lui sert de peau.
HRP : J'ai posté ici parce que j'avais besoin d'entendre ce que disait l'alchimiste et pour éviter de retarder les autres mais j'attends toujours une réponse de Maelan dans la pièce d'à côté. J'éditerai le début mon post en fonction de la réponse que tu me donneras, GM9.