L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Dim 10 Juin 2018 09:46 
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Vexée et irritée par ce qui venait de m'arriver, je gardais les serpentins serrés sur mon tricorne quand une brûlure supplémentaire me fut octroyée. Pas de la part du maître de l'Île, non, de la Prêtresse elle-même. Non seulement elle s'en prit verbalement à l'occupant du véhicule en digne servante dévouée au règne de Moura qu'elle était, mais plus grave, m'accusa de m'être inclinée de mon propre chef. Pire, que j'avais moi-même abandonné mon titre de Capitaine et étais, en conséquence, indigne des faveurs de la Déesse. Ma sève ne fit qu'un tour, aidée par une pulsion porteuse d'un sentiment aigu de trahison et d'injustice. Était-elle donc si aveugle à autre chose que la Mère des Océans qu'elle n'avait pas remarqué ma lutte contre cette soumission ? Me croyait-elle si faible et servile, moi qui avais participé à l'infiltration de la Laide pour sauver Eliwin ? Étais devenue Capitaine sans y être préparée ? Avais retourné une volonté de mutinerie au point de faire du possible mutin un être que je respectais grandement, ? Jetait-elle tout ce que j'avais accompli parce qu'une force inattendue m'avait fait ployer le genou une seule fois ? Moi, qui cherchais à me dépasser jour après jour pour être digne de les mener ?

Mon regard, vif et acéré comme une dague, se ficha vers la demie-elfe, mais avant d'avoir été en mesure de lui administrer une correction à la mesure de mon ressenti, l'atmosphère se fit de nouveau glaciale. Un ricanement. Sans-Pitié avait entendu. Non seulement il n'avait rien omis, mais il fit exactement à la Prêtresse ce que je venais de subir. Un simple regard sur elle et sa démarche d'habitude féline changea drastiquement, au point que je cru voir un instant un simple pantin manipulé à loisir. Ma mâchoire se serra alors que Leyna' fut contrainte de grimper à bord du véhicule. Par tous les maelströms ! Pourquoi fallait-il toujours qu'elle n'en fisse qu'à sa tête !

Derrière nous, un bruit de course. Mercurio et Nahöriel, de retour de leur propre virée, arrivèrent juste à temps pour assister au rapt. Dès qu'il les aperçut, Eliwin se plaça de sorte à nous bloquer le passage, murmurant sur un ton grave que nous n'étions pas en possibilité d'intervenir. Pas dans notre état actuel. Un sentiment de profonde colère grondait dans mon torse, ainsi que la sensation douloureuse d'une pique portant le nom de trahison quand je m'aperçus du regard prolongé de Samrik envers le convoi. Le semi-garzok révérait la force, et ce sang-pourpre venait d'en faire une démonstration des plus éloquentes. J'espérai en cet instant qu'entre la mienne et son respect pour Eliwin, ce matelot n'allait pas commettre quelque acte stupide.

Frustrée. Courroucée. Piquée au vif. J'étais peut-être officiellement dépouillée de mon titre et de mon vaisseau, mais pas du cœur animal battant à mes tempes ou de cette hargne me poussant à réagir. J'observai mon tricorne un instant puis l'enfonçai résolument entre les branches de mon crâne.

"C'est contraire à tout ce que nos âmes crient, mais patience. Ne négligeons aucune information. Tout ce que nous pourrons trouver pour nous aider sera un pas dans la bonne direction."

Je me tournai vers mes frères de la Confrérie, et en particulier vers mon demi-elfe d'ami dont le regard restait la voie prise par le convoi. Sa mâchoire tressautait, preuve qu'il faisait un effort colossal pour résister à l'impulsion de leur emboiter le pas. Nos regards se croisèrent brièvement, mais l'instant suffit à percevoir qu'il voulait comprendre, savoir. Nous avions échappé à la violence des Raies Sanglantes pour finir aux mains d'un autre sang-pourpre. Qui n'hésitait pas à causer le suicide de ses propres fidèles, si l'on se référait au corps abandonné là de Levik. Mais était-ce la seule présence de Sans-Pitié qui causait cela ou sa magie ? D'ailleurs, à quel point celle-ci lui servait-elle ? Prendre le contrôle des gens, les accabler de visions, les pousser à commettre des actes radicaux. Un pouvoir dangereux, mais en ma qualité d'utilisatrice de fluides, je savais que cela drainait l'énergie de l'utilisateur. L'être gigantesque lui-même n'avait pas daigné se salir les mains, malgré toutes les atrocités dont il m'avait montré être capable. D'où une question que je conservais alors dans un recoin de ma cime...

Jusqu'à quel point le personnage tétanisant de Sans-Pitié était-il construit sur cette énergie ?

"Ce type utilise une puissante forme de magie et une garde rapprochée non négligeable. On ne pourra pas se préparer efficacement sans en apprendre plus."

Je remarquai derrière l'humoran et le demi-elfe un homme s'approchant tranquillement. Il avait l'air de suivre plus que de passer là par hasard. Je haussai un sourcil.

"Un ami à vous ?"

Toute aide, même indirecte, était la bienvenue. Car il était hors de question que je donnasse raison à la Prêtresse ou je laissasse faire plus que ce qui nous était déjà tombé dessus.


*--->*

_________________
Mythanorië - Oudio / Shamane Hippocampe


Sœur de la Confrérie d'Outremer, Capitaine de la Rascasse Volante, au corps de bois et cœur de bête océane
"Y'a pas à dire, la mer, ça vous change quelqu'un !"

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Mer 15 Aoû 2018 22:12 
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Le Serpent Bleu - Chapitre IV



Le Serpent Bleu

Chapitre V




Alors qu'il se pressait à la recherche de ces compagnons, il put apercevoir que la foule sur les quais avait considérablement augmenté. La cause ? Au début, il crut à un genre de parade militaire, ce qui était bien étrange dans un endroit pareil. Quels étaient donc les empafés qui pouvaient se permettre de se pavaner sur ces quais comme s'ils leur appartenaient ? Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'il le découvrit : Il s'agissait de sangs-pourpres ! Et pas n'importe lesquels en plus, les mêmes salopards que ceux qui avaient attaqué la Rascasse Volante ! Plus de doute n'était donc possible : C'était bien eux les caïds du bled ! L'équipage de la Rascasse avait survécu à leur attaque maritime et ils venaient maintenant finir le boulot !

Par Gaïa, il espérait que les camarades qui étaient resté sur le navire ne se sont pas fait salement trucider par ces connards. Son cœur commençait à palpiter, sa fourrure à se hérisser, ses babines à se retrousser, ses griffes à se déployer mais ce n'était pas son instinct de prédateur qui l'y incitait... C'était la crainte de l'animal acculé qui s'apprêtait à livrer son combat de la dernière chance.

Il n'était cependant pas au bout de ces surprises.
Sa soudaine panique s'apaisa lorsqu'il vit la capitaine ainsi que tous ceux qui avaient débarqué se tenir sagement à un endroit du quai. Tous ? Non, où était donc passé la prêtresse ? Il détourna légèrement le regard et la vit alors, avec une démarche plus qu'étrange, se joindre au cortège.

Il hurla à s'en faire péter les cordes vocales :
"Leyna ! P'tain Leyna ! Qu'est-ce tu fous bordel ? C'les méchants, eux ! Reviens ! J'te jure qu'j'me foutrais plus jamais d'tes rituels à la con ! Hé les cyanosés d'l'occipupute, faites pas comme s'vous m'tendez pas !"

C'est donc un Mercurio qui avait gagné plusieurs centimètres d'épaisseur, les yeux écarquillés et le plus agité qui arrivait à la hauteur de ces compagnons.

"P'tain v'foutez quoi, là ? 'peut pas les laisser l'm'barquer comme ça !"

Il n'eût pour réponse que le regard noir d'Eliwin et le visage fermé de la capitaine. Il ne comprit absolument pas pourquoi ils restaient là sans rien faire et se rabattit sur Samrik.

"Samrik, mon bon Samrik ! Qu'est-ce tu fous, planté comme un piquet dans un tas d'purain, là ?! C'pas dans ta culture, ton code d'honneur ou j'sais p'us quelle conn'rie dans l'genre d'aller d't'latter la gueule même quand y a aucune chance ?! Ben c'ton moment là, on va les embrocher ces fils d'p..."

Samrik sort soudainement de sa léthargie pour lui envoyer un violent revers du bras dans le museau qui l'envoie par terre, le semi-garzok s'écartant de quelques pas comme si de rien n'était après ça.

C'est le regard désolé de Nahoriel et sa main à nouveau tendue qu'il rencontrera avant de se relever : "Faut vraiment que t'arrêtes de t'emballer comme ça, Mercurio..."

Portant la main à son museau sanguinolant, s'étant à peine calmé, il continua à hurler avec un ton à peine plus bas :
"M'emballer ? Comment v'voulez qu'j'm'emballe pas, par les dieux ?! Not' vaisseau est à la main d'ces foutus peaux-bleus, les gars qu'étaient d'ssus sont p't'être en train d'nourrir la poiscaille à l'heure où on parle et même si c'tait pas l'cas, 'va pas la laisser s'faire embarquer ! J'dois vraiment vous rappeler qu'ils ont buté deux d'nos gars ? Et on va les laisser filer sous not' pif, là, comme ça, avec Leyna sous l'bras ? Naho, bordel, tu devrais êt' l'premier à courir à sa rescousse ! Non, mais, 'y s'passe quoi sans déconner ? J'suis l'seul à tr..."

"Mercurio ! Silence !", dit Eliwin en l’interrompant sèchement.

"Mais 'va pas rester comme des gl..."

"Mercurio ! Tu la fermes ou je t'étrangle de mes propres mains !"

"Je..."

Un dernier regard assassin d'Eliwin, doublé de son autorité naturelle, avait enfin réussi à le faire taire.

Il était perdu, largué dans la confusion de tous les événements de la journée. Il avait du mal à accepter de rester les bras ballants, alors qu'il y avait tant matière à agir. Il ne réfléchissait plus vraiment. Tout était immédiat. Le calme irréductible de ces camarades le forçait cependant à tempérer ces hardeurs.

La capitaine, profitant de cette trêve d'après tempête, lui demanda alors :
"Un ami à vous ?"

L'humoran, encore confus, dût suivre son regard pour voir que le pirate au visage simiesque de tout à l'heure les avait suivi. Lui aussi semblait un peu perdu face à la scène à laquelle il venait d'assister.
"Lui ? Qu'est-c'qu'on s'en fout d'lui ? Ce... C'personne, c'un connard d'la taverne. On a pas des trucs plus urgents à régler ?!"

"Comment ça, un connard d'la taverne ?!", réagit-il avec plus de surprise que d'énervement.

"Heu... Bon, je me permets hein... C'est un pirate sans équipage qui s'était montré intéressé pour nous rejoindre. Mais heu... Bon, ça c'était tout à l'heure... Quand on avait encore un navire... Oui en fait, pourquoi vous nous avez suivi du coup ?"

_________________

Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Dim 19 Aoû 2018 18:34 
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Le cortège de Sans-Pitié était désormais hors de vue, et Leyna aussi.

La tension allait mettre un bon moment à retomber cependant, mais au moins, le peu qu'il restait de l'équipage de la Rascasse était sauf, pour le moment. Eliwin avait écouté avec attention les théories de la capitaine sur la puissance de leur macabre hôte, et restait silencieux, pensif. Samrik se murait lui aussi dans le silence de la réflexion.
Le nouvel arrivant fut invité à établir ses motifs, il en profita pour se présenter avec le même air désinvolte, comme si la démonstration de puissance du Sans-Pitié ne l'avait pas impressionné. Ou bien il était habitué à ce genre de spectacles...

- Mon ancien équipage m'a lâché, et ma foi, je vous trouve sympathiques. Oui, même toi, boule de poils. Et puis, j'ai aucune sympathie pour ce barbare au sang pourpre.

Il sortit une longue pipe exotique de son manteau, ainsi qu'un petit sac qui tenait entre ses doigts. Il déversa le contenu du sac dans le foyer de sa pipe, l'alluma grâce à un frottement sec, puis se mit à fumer nonchalamment, dégageant une forte odeur qui piquait les narines et donnait presque l'envie d'éternuer. Alors qu'il crachait sa fumée, il continua avec un sourire qu'il était difficile de trouver rassurant, sans doute à cause de la manière dont ses épais sourcils semblaient couvrir son regard.

- Aussi... j'vous ai vu vous battre depuis le port. C'était impressionnant. Jamais vu Mared se prendre un tel coup. Vous euh, il cherchait ses mots, vous émettez de bonnes vibrations, si j'puis dire. Z'avez du cœur, ça saute aux yeux. Vous allez sans doute vouloir vous frotter à Sans-Pitié, et savez quoi : j'aimerais être de la partie. J'me démerde à l'arbalète, et je connais plutôt bien le coin. J'y ai vécu pendant, hoho, cinq, six ans à tout péter.

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