L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Le port des pirates
MessagePosté: Mar 7 Juil 2015 20:22 
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Le port


Le port représente aussi la ville de l'île du Serpent. Ni l'un ni l'autre n'ont pas nom. Ce n'est qu'un ensemble de cabanes au milieu desquelles se dressent quelques grandes demeures en pierre appartenant à de grands capitaines. Les rues sont globalement assez insalubres et l'odeur de poisson est omniprésente puisque c'est la base de l'alimentation de toute l'île. En bordure, on trouve quand même quelques vergers et même une oliveraie. Une petite rivière la traverse. Des passerelles de bois ont été jetées par-dessus. Elles ne sont pas très stables, mais de toute façon l'eau n'est pas assez profonde pour se noyer. Ces passerelles ont plus vocation à faciliter le passage des marchandises.
La population est essentiellement féminine, il s'agit de toutes les femmes ramenées des expéditions en condamnés à élever les enfants sang-pourpres ici, sans espoir de pouvoir un jour quitter l'île. Heureusement, comme leurs époux sont généralement loin (ou morts au cours d'une expédition), beaucoup se sont accommodées de cette vie. Ainsi, certaines ne rêvent que de s'enfuir de l'île tandis que d'autres en viennent à trouver qu'il y fait bon vivre, pour peu qu'on s'éloigne des quais qui représentent le quartier le plus sale et le plus mal famé...

Femmes et enfants assurent l'entretien de la petite communauté, assurant la pêche et un commerce autant basé sur le troc que sur l'argent. L'ensemble est assez chaotique en apparence mais, dans cette petite communauté, les gens se connaissent bien et l'ambiance est d'une convivialité surprenante. Enfin, tant qu'on reste à l'écart des quais, encore une fois...

La baie elle-même est sillonnée de pontons qui forment un réseau incroyablement complexe. Ils sont conçus pour accueillir aussi bien les grands navires que de petits bateaux de pêche. Il y a toujours au moins une vingtaine de navires sang-pourpres arrimés, présentant un ensemble assez hétéroclite, mêlant galions modernes et modèles traditionnels des sang-pourpres, des birèmes ou trirèmes décorées.
Juste à la sortie des pontons, se trouvent les tavernes de la ville. Mal famées, proposant bière et nourriture à demi-périmée... elles sont un lieu de bagarres incessantes où les sang-pourpres dépensent leur argent en jeu et bonne compagnie.

Ici, on peut tout acheter :

-Arme SA - AA - AJ
-Tout type de protections
-Bijoux

Mais comme les vendeuses n'y connaissent généralement pas grand chose, le prix ne reflète pas forcément la qualité qui peut aussi bien être meilleure... que moins bonne que prévue. Le Gm lancera donc 1D10 et la qualité réelle de l'objet sera déterminée ainsi :

1-2 : carac -2
3-4 : carac -1
5-6-7 : carac identique
8 : carac +1
9 : carac +1, carac secondaire au niveau/2 (arrondi à l'inférieur) offerte
10 : carac secondaire au niveau (arrondi à l'inférieur) offert

(((Choisissez l'article que vous souhaitez acquérir dans la liste ci-dessous, avec un peu d'imagination pour donner un nom à l'article en question, par exemple 'poignard dorée', ou 'bouclier d'onyx'. Pour connaître les prix, reportez vous à l'utilitaire suivant : Générateur de prix d'équipement.)))

Vous pouvez aussi acheter, sans risque de modification :

Potions :

Petite potion de soin (redonne 5PV) 20 yus
Potion de soin moyenne (redonne 10PV) 50 yus
Grande potion de soin (redonne 20PV) 110 yus
Potion de soin divine (redonne 40PV) 250 yus
Élixir de soin (redonne 10 pv, 4 doses) 300 yus

Petite potion de mana (redonne 2PM) 20 yus
Potion de mana moyenne (redonne 4PM) 50 yus
Grande potion de mana (redonne 8PM) 110 yus
Potion de mana divine (redonne 16PM) 250 yus
Élixir de mana (redonne 4PM, 4 doses) 300 yus

Petite potion mixte (redonne 2PM et 5PV) 50yus
Potion mixte moyenne (redonne 10PV et 4PM) 250yus
Grande potion mixte (redonne 20PV et 8PM) 550yus

Divers :

Corde (10 m) [E=5] 20 yus
Cape de Rôdeur 16 yus
Cape Elfique/dissimulation 50 yus

Petite Gourde magique [E=1] (Contient [E=0/4] de potions. Le liquide bu est choisi mentalement par le personnage lors de l'absorption dans la gourde. Liquide contenu : /) 40 yus
Gourde moyenne magique [E=2] (Contient [E=0/10] de potions. Le liquide bu est choisi mentalement par le personnage lors de l'absorption dans la gourde. Liquide contenu : /) : 110 yus
Grande Gourde magique [E=3] (Contient [E=0/16] de potions. Le liquide bu est choisi mentalement par le personnage lors de l'absorption dans la gourde. Liquide contenu : /) : 150 yus

(((SI VOUS VOULEZ ÊTRE SERVI DANS DES TEMPS RAISONNABLES, N'OUBLIEZ PAS DE DEMANDER AUX GM UNE INTERVENTION GMIQUE ICI, POUR QU'ILS S'OCCUPENT DE VOS ACHATS/VENTES. Nous ne faisons pas le tour des boutiques... merci de votre compréhension )))

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Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
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Joueurs cherchant joueurs pour RP ensemble : Contactez vous ici !


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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Lun 26 Mar 2018 02:49 
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Leyna et Mytha :



Samrik laissa un souffle méprisant échapper ses narines, puis il se rangea aux côtés de Leyna.

Le groupe se promena autours des quais, sans trouver quoi que ce soit qui puisse ressembler de près ou de loin à une capitainerie : l'endroit semblait désorganisé, ou pour être plus exact, c'était un espace mixte sans hiérarchie précise, ou se mêlaient pirates et contrebandiers, et où les espaces de vente et d'habitations changeaient de mains avec une facilité déconcertante.

Mais en s'approchant, Leyna et Mythanorië se rendirent compte que les différents commerces étaient tenus par des femmes d'apparence modeste, mais elles aussi d'une grande variété raciale et culturelle. Il était manifestement difficile de comprendre tous les détails du port en observant simplement. Leur petite recherche leur permit néanmoins d'avoir une meilleure vision d'ensemble de l'endroit.

Les quais étaient bordés de pirates et de soldats, mais plus on s'éloignait de la mer, plus l'on trouvait de femmes qui faisaient marcher les commerces et les installations locales. Il y avait de nombreuses tavernes malfamées tout le long des quais, probablement l'attraction principale de ce coin-là. De part et d'autre de l'endroit se dressaient des bâtisses en pierre, certaines sans prétention, d'autres faisant figures de petites villas pour des capitaines pirates qui avaient manifestement gagné une place de choix dans ce théâtre du vice.

Il y avait une rivière, cachée sous les pontons et les chausses des badauds, qui semblait remonter jusqu'au centre de l'île. Là où elle quittait le port, un chemin de terre la suivait, guidant vers ce qui ressemblait déjà plus à un village normal, à ce qu'on pouvait deviner des toits de paille et du calme relatif qui s'en émanait.

Samrik, qui suivait le groupe avec sa réserve habituelle, fit remarquer un léger surcroît d'agitation du côté des quais. Le navire qui avait prêté son aide à celui qui avait endommage par la Rascasse était revenu au port, accompagné du troisième navire. Des Raies Sanglantes secourues et aux sombres mines mirent les pieds sur la terre ferme. Un cortège partant du village marchait dans leur direction. Un bien étrange cortège, composé presque uniquement de Sangs-Pourpres à l'uniforme presque identique à celui que les frères et sœurs d'Outremer avaient combattus. Ils tiraient un grand chariot, orné de casques guerriers et d'armes en os, occupé par un mystère. L'occupant du sinistre carrosse était entièrement caché derrière des rideaux rouges disposés autour de son siège, telle une célébrité ynorienne. Le cortège avançait sans prêter attention à Mythanorië et ses compagnons, mais celle-ci ressentit tout de même un malaise, comme si des yeux pleins de malice l'épiaient de derrière ce voile rouge.

Les occupants des quais, à la vue du carrosse, cessèrent pendant un temps leurs activités, attendant craintivement la suite...



Mercurio :


De son côté, Mercurio avait jeté son dévolu sur une des tavernes. Suivi d'un Nahoriël récalcitrant, il s'aventura dans la taverne "du troll salé", et pu constater d'emblée que, peu importe l'endroit, si il y avait bien quelque chose qui ne changeait jamais peu importe le coin de Yuimen, c'était ce genre de sale bouge. Sol mal lavé, murs graisseux, bois moisi, odeur nauséabonde... C'était bien un nid à pirates, et populaire d'ailleurs. Contrairement au port, il était difficile de trouver une tête de Sang-Pourpre parmi la foule. C'était comme si ils avaient mis le pied dans un des trous à la mode de Darhàm, et la population était sensiblement la même. Des pirates, des sales types et des types sales qui buvaient, gueulaient et pariaient... et pariaient beaucoup. Chaque table contenait au moins un type de jeu d'argent, que ce fut sous la forme de dés, de cartes ou de bouts de nourriture pourrie.

Il y avait bien un individu qui se démarquait du lot, et c'était la tavernière, une elfe d'une apparence bien plus propre que ce que l'on était en droit d'attendre du propriétaire des lieux. C'était presque comme si elle avait commencé son travail le jour-même, mais elle ne semblait nullement gênée par la foule de criminels qu'elle accueillait dans son établissement. En vérité, elle semblait s'occuper de tout avec un profond détachement. Son visage inexpressif semblait même exprimer une forme de tristesse, de vide profond.

A l'approche de Mercurio, elle les accueillerait sans sourire, leur disant avec une voix mature et dénuée de joie :

- On est à court de liqueur de groseilles, mais vous pouvez toujours avoir du rhum. Si vous voulez des cartes ou des dés, il faut demander à Eyva dans le bouge d'à côté.

Elle gardait les yeux fixés sur les verres qu'elle essuyait.

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Mar 3 Avr 2018 18:28 
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La capitaine accepta d'intervenir et sépara le jeune homme. S'il fut impossible de l'empêcher d'embarquer sur une chaloupe, Mercurio se chargea de l'emmener de son côté. Leyna monta à bord à son tour. Elle ne rama pas, bien sûr, ce n'était pas le boulot d'une prêtresse, alors à la place, elle inspecta les quais avec quelques membres d'équipage, dont Samrik et Mythanoriê.

Ils étaient grouillant d'une foule qui, comme elle l'avait constatée, comprenait un nombre impressionnant de sang-pourpres, mais qui restaient malgré tout largement minoritaires. Mytharnorië voulait chercher la capitainerie, mais il n'y avait rien qui y ressemble de près ou de loin, ici. Son regard fut en revanche insensiblement attiré vers le temple de Moura qui dominait la ville, seul bâtiment vraiment élaboré et solide. Elle ressentit comme un frisson en le voyant. Ce temple lui serait sans doute moins accueillant que les autres...

Elle reporta donc son attention sur les quais. Ils s'engageaient maintenant dans un dédale de pontons si complexe et labyrinthique qu'ils crurent se perdre à plusieurs reprises. Ils passèrent même sous de véritable ponts de bois et, ça et là, virent quelques cabanes. C'était littéralement la ville qui se construisait sur la mer ! Un peu partout, on voyait des femmes et des enfants affairés. En voyant de jeunes sang-pourpres, Leyna pensa à Snorikios, qui avait dû lui aussi plonger depuis ces pontons dans son enfance, afin d’attraper des poissons, voir de récupérer des objets jetés depuis un navire. D'ailleurs, quand elle baissa les yeux, elle vit même quelques formes fuser à travers les flots, sous la chaloupe. Les habitants de l'île du Serpent étaient partout autour d'eux, et même en-dessous !

Ils débarquèrent et le groupe se sépara finalement. Mercurio parti avec Nahö vers la plus proche taverne pour « écouter les rumeurs » tandis que Mytha recherchait la capitainerie. Après quelques temps à parcourir, voir patauger, dans les ruelles, il fallut se rendre à l'évidence.

« Nous ne sommes pas dans un port, assura Leyna. Du moins pas un port conventionnel. Les navires sur les maisons des sang-pourpres et les châteaux des capitaines. Tout ceci, autour de nous, n'est que maison d'esclaves et nous n'y trouverons rien. »

C'est alors qu'elle remarqua l'un des navires qui les avait attaqué, et qui revenait maintenant à quai. Les marins descendaient, la mine sombre, et Leyna s'approcha un peu, tout en restant cachée le long les murs. Une carriole passa, ornée d'ossements et de teintures rouges. Une élégance macabre qui n'échappait à personne car la foule laissa passer sans mot dire, les yeux baissés. Leyna échangea un regard avec la capitaine et se rapprocha du quai concernée. Tout en restant à bonne distance, elle espérait au moins voir de loin qui étaient ces individus.

Elle avisa une marchande qui tenait son étale, les yeux baissés

« Que la bénédiction de Moura soit sur vous. Savez-vous à qui appartient cet attelage ? » souffla-t-elle.

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Dernière édition par Leyna'sëraya le Mar 10 Avr 2018 17:40, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Mer 4 Avr 2018 14:36 
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Le Serpent Bleu - Chapitre I



Le Serpent Bleu

Chapitre II




S'énervant contre Nahöriel, Mercurio pressa les choses et rentra dans la taverne sans trop attendre la permission de la capitaine. De toute façon, il n'avait jamais eu besoin de la permission de personne pour pouvoir aller se pochetronner, alors bon...

Il passa les portes du bouge avec détermination et fut ravi de trouver derrière ces portes exactement ce qu'il attendait ; un cloaque infâme et crade qui puait l'alcool, la sueur et la gerbe, infesté des pires raclures des sept mers qui se torchaient la gueule jusqu'à l'inconscience autour de jeux d'argent où suivre les règles n'était pas la meilleure manière de gagner. Le tout dans un brouhaha constant.

Et le meilleur, c'était qu'il n'y avait pas l'ombre d'un peau-bleu à l'horizon pour gâcher cet environnement idyllique !

Ah ! Il se serait presque cru de retour à la maison ! Il resta l'espace d'une seconde à apprécier l'instant, puis s'avança vers la tavernière, une elfe bien proprette qui faisait un peu tâche dans ce décor.

Sans une salutation ni un sourire, ne décrochant pas ses yeux de la lourde tâche d'essuyer les verres, elle annonça être à court de liqueur de groseille. Mais avant que l'humoran ne puisse se demander qui pouvait aimer ce genre d'alcool, elle continua en disant qu'il restait du rhum. Toujours une valeur sûre, ça. Puis elle termina que s'ils cherchaient de quoi faire des jeux d'argent, il fallait s'adresser à une certaine Eyva, apparemment la patronne de la taverne d'à côté.

Mercurio détestait ce genre de jeux quand il était videur à Dahràm car dès que des clients en sortaient, il savait qu'il y aurait beaucoup plus de boulot pour lui dans la soirée. Y avait rien de mieux pour foutre la merde que des paris entre gens bourrés et de base pas très honnêtes. Alors non merci.

La tavernière tirait la même tronche qu'une putain devenue frigide, comme si son âme était tombé dans le caniveau et qu'elle s'était dit que ça ne valait pas le coup de la ramasser pour ce qu'elle en faisait. C'était souvent ce que ça faisait aux femmes, la vie dans ce genre de milieu. Mais bon, depuis sa naissance, l'humoran avait tellement vu ce genre d'expression sur les visages qu'il n'en avait strictement plus rien à foutre.
"L'rhum f'ra très bien l'affaire ! Sers-m'en une bouteille... Non tiens, deux. Et les verres qui vont bien avec ! On s'occup'ra du reste..."

L'humoran voulait juste pouvoir boire un coup tranquille pour l'instant, oubliant presque la présence du silencieux Nahöriel à ces côtés qui semblait bouder d'avoir été emmené de force dans l'endroit. Ce gars avait décidément le même caractère qu'une putain d'adolescente en manque de dépucelage. Ce n'était pas plus mal qu'il la ferme, au fond. Il se disait cependant qu'il devrait lui trouver de quoi le décoincer. Mais pour ce qu'il avait, il fallait plus qu'une pute à dix yus, il faudrait en trouver une sublime qui pourrait lui retourner le cerveau d'un coup de rein ou de langue. Bref, une qui lui ferait paraître tous les fantasmes qu'il a pu avoir sur Leyna bien fade à côté.

Mais alors qu'ils avaient quitté le comptoir pour poser leurs bouteilles et leurs verres plus loin sur un tonneau qui faisait office de table, l'attention de Mercurio se tenait plutôt sur cette foule de salopards. Il ne perdait pas de vue que le plus urgent était de faire réparer le navire et puis tant qu'à faire, c'était sans doute aussi l'occasion de recruter de nouvelles têtes et d'en savoir plus sur cette foutu île sans passer pour des touristes.

Le bosco en lui n'eût pas à réfléchir longtemps sur la manière de procéder et il se mit à hurler : "Holà camarades ! A tous les marins sans navires, la Confrérie d'Outremer a b'soin d'bras sur sa fameuse Rascasse Volante ! S'vous êtes intéressé, pointez-vous à not' tab' qu'on discute !"

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Lun 9 Avr 2018 22:41 
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Peut-être était-ce d'avoir échappé à une catastrophe ou parce qu'il était juste de mauvais poil, mais Mercurio fit rapidement savoir au groupe qu'il n'avait que faire de mes décisions. Je l'aurais peut-être mal pris auparavant, mais je me contentai de hausser les épaules et de chasser des serpentins un Nahöriel que le porte-parole de l'équipage refusait de laisser avec Leyna'. J'imaginais sans problème qu'après avoir vu plusieurs des nôtres périr après tout ce que nous avions traversé avait quelque peu bouleversé le félin. Je n'allais pas me mettre en travers de son chemin, surtout si ce dernier le conduisait à une taverne locale bourrée d'alcool et possiblement d'informations.

J'entrainai donc le reste du groupe à ma suite, cherchant une once d'ordre et d'organisation dans ce port. En vain. Plus nous découvrions l'endroit, plus je devais m'avouer être impressionnée par l'amalgame culturel et dangereux rencontré. De pirates de la trempe de l'équipage de Von Klaash aux contrebandiers au sourire bizarrement confiant, l'atmosphère qui régnait sur le lieu m'évoquait une impression dangereuse, mais étonnement grisante.

En nous enfonçant vers les terres, le spectacle changea encore. Des habitations allant de quelques parois de pierre à peine assez bien agencées pour servir d'abri à celles rivalisant avec de véritables villas. Une rivière déferlait depuis le centre de l'île, et plus loin, un chemin de terre semblait mener à un village un peu à l'écart. La Prêtresse me fit rapidement part de son impression : nous étions dans un port loin d'être conventionnel, davantage abri d'esclaves et résidence de capitaines qu'autre chose. J'acquiesçai brièvement avant de poursuivre mon analyse visuelle. De plus en plus de femmes tenaient également commerces et échoppes en tous genres autour de nous. Et là encore, la diversité entre les races était impressionnante. Si l'on avait voulu préserver un échantillon de toutes les races pensantes de Yuimen, l'Île aurait totalement pu jouer ce rôle.

Nos pas nous firent explorer un peu puis revenir vers les quais où Samrik attira notre attention. Je fronçai les sourcils en voyant s'amarrer deux des trois vaisseaux qui nous avaient préparé ce désagréable comité d'accueil. Descendant des navires, j'aperçus des membres des Raies Sanglantes et jetais brièvement un œil à notre invité muet et toujours entravé de Levik. Il allait falloir nous en débarrasser sous peu. Il devenait encombrant à traîner, mais je doutais qu'il fusse possible de l'échanger contre quelques marchandises. Et puis, qui voudrait acquérir un combattant sang-pourpre vaincu et pas même capable de se supprimer tout seul ? Nul doute qu'il faisait honte à sa troupe, si ces imbéciles étaient capables de tels sentiments.

Un silence prit place soudainement alors que, venant du village, un cortège s'avançait dans la direction des arrivants. Des Sang-pourpres, en uniformes semblables à ceux des Raies, tiraient un chariot paré de casques et d'armes blanches. Non, pas blanches. Ivoire. Des objets réalisés en os. Mon écorce crissa légèrement. J'avais la sensation de voir une sorte de tableau de chasse macabre et sur roues, dont le ou les occupants étaient masqués par des rideaux rouges. Quelque chose, peut-être perçu grâce à ma part animale toujours en éveil, me rendit mal à l'aise. C'était comme si, malgré les rideaux, j'avais attiré l'attention sur moi.

J'agrippai mon tricorne vivement et l'abaissai quelque peu sur mes yeux. Si la présence de ce cortège faisait ainsi fuir le bruit, c'était qu'il représentait soit une entité grandement respectée ou véritablement crainte. Peut-être un mélange des deux, dans ce lieu au premier abord sans foi ni loi.

"On va peut-être avoir des réponses à nos questions."

Un sourire en coin mesquin tordit légèrement mes lèvres suite à une subite pensée et je croisai les bras, jetant d'abord un coup d’œil vers notre prisonnier, puis m'adressant ensuite aux membres de mon équipage.

"Si ce qui vient d'arriver et le propriétaire des vaisseaux amochés sont la même personne... Quelque chose me dit que les Raies survivantes vont passer un sale quart d'heure."

J'inclinai la tête au mieux, désireuse de voir la suite. Il risquait fort d'y avoir des punitions exemplaires si mon hypothèse s'avérait juste. Des blessés ou des morts peut-être. Est-ce que le blondinet qui s'était mangé un trait en pleine face allait être de la partie ? Autrefois, la perspective d'un châtiment en public m'aurait offusquée au plus haut point. Là, sur ces quais, les cris de douleur de mes hommes résonnant encore sous mon écorce, j'en venais presque à espérer assister à pareil spectacle.

Je fis alors signe d'avancer un peu avec discrétion. Je doutais que quiconque remarquât notre manque de familiarité avec l'endroit, mais mieux valait être prudents. Mes yeux clairs se tournèrent vers Eliwin, que je consultai sans mot dire. Lui aussi devait avoir sa petite idée sur ce qui pouvait faire tomber une chape de plomb pareille sur l'ambiance de toute une île pirate.


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Mythanorië - Oudio / Shamane Hippocampe


Sœur de la Confrérie d'Outremer, Capitaine de la Rascasse Volante, au corps de bois et cœur de bête océane
"Y'a pas à dire, la mer, ça vous change quelqu'un !"

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Dernière édition par Mythanorië le Lun 16 Avr 2018 10:53, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Dim 15 Avr 2018 21:54 
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Mercurio :

Les occupants de la taverne se tournèrent tous vers les nouveaux arrivants. Un sourire malsain se traça sur certaines mines patibulaires :

- La Rasquoi ? Confrérie d'la mer ?
- Où qu'y voit des marins sans navires ?
- C'est quoi, z'allez installer un cirque dans le coin ?
- Jamais entendu parler d'ces guignols-là.
- Vas-y, faites nous un spectacle !
- Hé, le chat ? Tu l'as mis où ton nez rouge ?


Visiblement, l'appel de Mercurio ne leur avait inspiré que des moqueries et des rires gras. La tavernière rajouta son grain de sel, avec le même ton imperturbable.

- Si vous voulez organiser des spectacles, faut aussi voir ça avec Eyva à côté. Mais faudra attendre, y'a les exécutions qui vont prendre la bonne partie du mois.


Leyna & Mytha :

Les mots de la capitaine ne provoquèrent aucune réponse de la part du prisonnier, qui se contenta d'observer la scène d'un regard sombre. Il ne laissait rien transparaître, mais il était évident que derrière cette façade, il y avait au moins un soupçon de peur.

Le groupe put s'approcher assez pour épier la scène, mais il était bien dur d'entendre ce qui se disait là-bas. Néanmoins, il était possible de reconnaître les agresseurs de la Rascasse, avec au devant du cortège soumis, la mine vaincue de leur commandant à la chevelure blonde.

Leyna, en avant, avait questionné une marchande, qui lui répondit, avec une voix mesurée afin de ne pas attirer l'attention :

- Tu es nouvelle ici ? C'est Sans-Pitié, le maître de l'île. Les Raies Sanglantes ont eu un accident, et cette fois on dirait que Mared va en payer les frais. Un conseil : restez-en dehors de ça.

De son côté, Eliwin communiqua un regard sinistre à sa capitaine, un regard qui en disait long sur la nature volatile de leur situation.

Finalement, le Sans-Pitié, caché par ses voiles rouge, sembla avoir infligé son verdict, et les Raies Sanglantes survivantes furent brusquées par les soldats, traitées comme des prisonniers. Le cortège tourna les talons pour revenir à son point d'origine, suivi par les honteux vaincus. Mais avant que les frères d'Outremer n'aient dans l'idée de s'écarter pour ne pas attirer l'attention, un des soldats près du chariot les pointa du doigt :

- Vous. Sans-Pitié a quelque chose à vous dire.

La figure du maître restait imperceptible derrière les draps sanglants. Que leurs voulaient-ils ? Les avaient-ils découverts ? En tout cas, Eliwin avait serré la pomme de son sabre, et le teint de Levik avait viré pâle.

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Lun 16 Avr 2018 10:52 
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L'atmosphère inquiétante, mêlée au côté grisant de voir nos agresseurs aux visages parés de honte et de crainte, ne me faisait ressentir qu'une chose : une neutralité qui aurait pu être inquiétante si éprouvée par qui que ce fut d'autre. Si rien de ce qui se disait ne parvenait jusqu'à nous, la voix mesurée de la marchande hélée par Leyna' apporta une poignée de précieuses informations. L'occupant du chariot portait un nom ou surnom qui en disait long sur ses pratiques : Sans-Pitié, le maître de l'île. La femme expliqua que Mared, le blondinet à la tête des Raies Sanglantes, avait eu un accident et allait cette fois en payer les frais. Le "cette fois" de cette personne me fit presque hausser un sourcil. Aurait-ce été une récidive de celui-ci que de recevoir une leçon exemplaire de la part de nouveaux venus ? Ma sève tambourina une unique fois à mes tempes au terme "accident". S'ils avaient choisi de nous parler avant de faire leur numéro, rien de ceci ne serait arrivé. Pauvres imbéciles belliqueux...

Eliwin me confirma du regard la gravité de la situation, m'incitant à demeurer prudemment à l'écart, en observatrice. Au bout d'un moment, le côté figé de la scène cessa et, m'étonnant à peine, je vis nos assaillants brusqués par la soldatesque comme s'il s'était agi de vulgaires prisonniers. C'était peut-être ce qui venait d'être décrété. Les Raies avaient sans doute été déchues de leur statut de pirates furtifs au vu et su de tous. J'ignorais quelles avaient été les circonstances de ce groupe, mais ils avaient choisi le mauvais poisson à harponner. Une rascasse, cela se défend et parfois des plus douloureusement. J'eus presque un bref élan de compassion pour notre propre prisonnier de devoir assister à cela de loin, lui qui aurait du périr de sa propre main sur le pont. Oui... Presque.

Le cortège impressionnant pivota, prenant la direction de son point d'origine. Je commençais à peine à desserrer mon serpentin raidi par la tension qu'une autre désagréable surprise nous tomba dessus. L'un des soldats pointa mon groupe du doigt, attirant certainement l'attention de tous sur nous. D'après l'humanoïde bleu, le puissant Sans-Pitié avait quelque chose à nous dire. Cette phrase somme toute anodine provoqua une méfiance accrue de mon conseiller qui effleura le pommeau de son arme, et une pâleur soudaine de Levik. Était-ce la présence de ce type qui avait vendu la mèche ou le dénommé Mared avait-il cherché à se dédouaner en déviant l'attention sur maître sur nous ?

Malgré moi, j'émis un claquement de langue contrarié. D'un côté, prendre contact avec celui qui dirigeait toute l'Île du Serpent était une aubaine. D'un autre, le faire en public alors qu'une sentence venait de tomber risquait fort de nous attirer pas mal de curiosité. J'avisai le convoi, indécise quant à ceux que le "vous" du garde désignait. Était-ce moi, la capitaine du navire qui avait défait les Raies ou l'ensemble du groupe ? De toute manière, il était hors de question de laisser un membre de mon équipage entre l'occupant de la voiture et moi. Je n'étais toutefois pas dupe. La Prêtresse risquait d'obéir au crédo mouraïque de la Force en venant prendre place à mes côtés. Eliwin, en tant que mon protecteur, avait des chances de faire de même, tout comme Samrik que j'avais chargé de ne pas quitter Leyna'.

Je m'avançai de quelques pas et ôtai mon tricorne que je ramenai sur mon torse en gage de politesse, dévoilant mon visage de bois et ma longue queue-de-cheval végétale nouée par l'une de mes propres lianes tranchée. Mes yeux clairs passèrent sur le visage du garde, le laissant m'indiquer la distance adéquate à tenir, puis montèrent sur le voile sanguin me séparant de mon interlocuteur. Le soldat avait précisé que Sans-Pitié avait quelque chose à dire. Aussi, je choisis de garder le silence. Le poids du regard perçu plus tôt m'indiquait que je ne devais pas avoir à me manifester pour faire connaître ma présence.

(Parlez, maître de l'Île. Voyons avec quel genre de puissant dirigeant Mazhui nous a envoyé traiter.)

Quelle que fut sa nature, il devait savoir que je me tenais aux abords de son véhicule. Si je faisais au mieux pour la contraindre, il m'était difficile d'ignorer la tension croissante s'emparant de mes fibres végétales.


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Mythanorië - Oudio / Shamane Hippocampe


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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Dim 22 Avr 2018 21:09 
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La marchande, terrorisée, lui demanda si elle était nouvelle, pour ne pas connaître « Sans-pitié », le maître de l'île. Leyna plissa les yeux. Depuis camps les sangs-pourpres acceptaient-ils un maître ? Celui-ci devait avoir fait preuve d'une force hors du commun pour être monté aussi haut.

Il fallait agir avec prudence. Les raies sanglantes n'en menaient pas large et allaient visiblement être durement condamnées. Des soldats entreprirent de les traîner plus loin tandis que le aux ossements se remettait en route. Il ne fit pourtant que quelques mètres avant de s'arrêter, pour qu'un des gardes les appelle à venir. Ainsi, le destin leur forçait la main. Ce n'était pas plus mal, mais ils savaient si peu que la prudence était de mise. La capitaine retira son tricorne et s'avança sans crainte. Leyna était plus inquiète. Levik, le prisonnier, était pâle comme un mort et Eliwin était prêt à dégainer. Elle même avait la main sur le pommeau de sa dague. Elle s'avança mais resta un peu en arrière. Elle ne tenait pas à dévoiler sa nature à ce « Sans-pitié ». Elle resta donc quelques pas derrières Mythanorië, surveillant les alentours pour s'assurer que personne ne les attaquerait en traître autant que pour chercher des yeux l'échappatoire le plus rapide pour retourner au navire si la situation devenait hors de contrôle.

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Dim 29 Avr 2018 14:09 
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Le Serpent Bleu - Chapitre II



Le Serpent Bleu

Chapitre III




L'humoran avait réussi à attirer l'attention mais cette assemblée de truands et d'ivrognes ne réagit pas comme il l'espérait. Ces abrutis trouvaient ça drôle, se moquant du nom de la confrérie et de la Rascasse, se foutant de son apparence féline et partant dans un délire, s'imaginant qu'ils étaient un genre de circassiens des mers.

Quand il chercha de l'aide dans les yeux de Naho et qu'il ne vit qu'un petit bonhomme qui se recroquevillait sur lui-même de honte et qui regrettait plus que jamais d'avoir été traîné dans ce bar, Mercurio commençait à sentir la veine à son front palpiter.
Restant debout, figé, continuant d'entendre les railleries, il finit par craquer et balança soudainement sa bouteille de rhum sur le malheureux imbécile qui s'acharnait à se foutre de leurs gueules !

"P'tain d'bande d'cons d'mes deux, fermez vos p'tain de gueules de merde !"

"Oh ! Lui arrive quoi au saltimbanque là ?", entendit-il émerger de la foule.

"L'saltimbanque y t'emmerdes !", lui hurla-t'il dessus instinctivement en lui balançant la seconde bouteille sur la tronche.

"Y t'emmerdes et y vous prends tous un par un, bande de trous d'cul ! V'savez pas c'qu'est la conf' d'out'mer ?! Ben ouvrez vos p'tain d'esgourdes et fermez vos mouilles ! Z'avez forcément 'tendu parler d'l'île qui a ravagé l'nord d'la terre des garzoks... N'taient d'ssus ! N'a survécu ! On a envoyé chier Oaxaca alors qu'n'taient ficelés comme des p'tain d'jambons, merde ! N'a survécu ! N'a survécu à son p'tain d'dragon qui voulait n'cramer l'cul, bordel ! J'ai survécu au dragon, bordel de merde, au dragon ! Et pour ceux qu'étaient pas d'jà en train d'ravaler leur vomi dans c'bar à c'moment-là, z'avez forcément vu le p'tain de piaf de brume, t'à l'heure, qu'est apparu d'nulle part ! Ben savez quoi ? C'ma création ! C'mon bébé, bordel de chiasse ! Vous, v'z'avez semé quoi derrière vous à part des morpions dégénérés ? Et j'suis qu'l'putain d'bosco sur un navire s'condaire d'la conf' ! 'lors 'maginez c'qu'on vécu les aut' ! On est des p'tains d'survivants ! 'lors fermez vos claques-merdes et qu'ceux qu'on les couilles bien accrochés quittent leurs équipages de glandus pour rejoindre la seule qu'vous promets d'la véritab' aventure, r'joignez not'..."

La tavernière, blasée, qui n'avait pas réagi à ces agressions comme si c'était quotidien, l'interrompit subitement :
"Si vous voulez organiser des spectacles, faut aussi voir ça avec Eyva à côté. Mais faudra attendre, y'a les exécutions qui vont prendre la bonne partie du mois."

L'humoran tourna la tête avec un regard assassin, prêt à se jeter sur elle et l'étrangler de colère lorsque Naho lui fracassa son verre sur le crâne ! Mercurio, surpris, s'effondra sur lui-même dans le silence qui s'était soudainement abattu dans la taverne.

"P'tain Naho, tu m'fais quoi là ?!", dit-il alors qu'il gisait à terre.

"Moi ?! Toi ! Toi, tu fais quoi, par les dieux ? On sort à peine d'une bataille où on a perdu deux de nos camarades, la Rascasse tiens à peine debout et toi, à peine débarqué, tu cherches à ce que tous les équipages de cette foutue île nous tombent dessus ?! Calme-toi bordel, ou tu vas tous nous faire tuer ! L'annonce donne rien dans cette taverne et ils se foutent de nos poires ? Qu'est-ce qu'on s'en fout de ces connards, on a rien à leur prouver, on passe à la prochaine et on finira par trouver des gens intéressés...", lui dit-il en lui tendant la main pour l'aider à se relever.

L'humoran resta interdit quelques secondes, se rendant compte avec stupeur de la vitesse avec laquelle il avait pété son câble et revenant à la réalité avant d'accepter son aide et se relever.
"T'as raison. N'a pas b'soin d'ces cons-là, c'eux qu'savent pas c'qu'y perdent !"

"Voilà, c'est ça. Maintenant partons, allons voir cette fameuse Eyva au bar à côté, à écouter la tavernière on dirait qu'elle a certaines responsabilités ici. Elle pourra peut-être davantage nous aider."



Le Serpent Bleu - Chapitre IV

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Dim 6 Mai 2018 17:55 
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Chaque seconde du silence de Sans-Pitié ne rendait l'atmosphère que plus oppressante, au point où sa parole semblait libératrice, jusqu'à ce que du sens n'en émane. Sa voix était grave, rauque, et puissante. Une voix qui convenait davantage à un mont qu'à un homme. Une voix qui incitait la crainte.

- Un bien étrange capitaine, pour un équipage peu commun. Dites-moi... Comment s'appelle votre navire ?

La brise passagère souleva quelque peu les draps, révélant pendant un bref instant un de ses yeux. Son regard, celui d'un Sang-Pourpre, avait le poids d'une armada, et un frisson parcourut l'échine de ceux qui avaient eu la folie de le croiser. Sa question n'était pas innocente. Il savait pertinemment qu'il avait devant lui des clandestins. Il n'avait encore rien dit au sujet du prisonnier, mais ce dernier, planté devant son chariot, transpirait toute l'eau de son corps.




Un air de mépris s'était emparé de la taverne. Non, peut-être que Mercurio et Nahoriel avaient été méprisés depuis leur arrivée. Ils quittèrent les lieux, cernés par des sourires mauvais.

- Ça sert à rien de faire sa publicité. Presque tout le monde ici fait déjà partie d'un équipage.

La voix provenait d'un humain adossé au mur près de l'entrée du Troll Salé. Il restait sous l'enseigne pour se protéger du soleil. Les bras croisés, il fixait les deux compagnons avec une arrogance discrète. Avec son manteau vert sale qui dissimulait des protections en cuir, le coutelas à sa hanche et la petite arbalète repliée sur sa cuisse, il avait tout l'air d'un mercenaire. Ses arcades sourcilières étaient tellement développés qu'il ressemblait quelque peu à un primate, et il jouait avec une arête de poisson qui dépassait du coin de sa bouche.

- Pour des gigolos, vous m'avez l'air bien dramatiques. Qu'est-ce qui vous amène sur l'Île du Serpent, messieurs ? Pas la pisse qu'on sert dans ces taudis, j'imagine.




((( Si vous voulez poursuivre la discussion avec un de ces PNJs, je vous encourage à me contacter par Discord pour aller plus vite, ou par MP.)))

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Jeu 24 Mai 2018 14:45 
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*20*



Un silence pesant, oppressant même, était tombé sur les alentours. J'avais beau être courageuse et m'attendre à quelque ordre mettant nos vies en péril, je fus tout de même surprise par la gravité et la puissance de la voix de Sans-Pitié. Quelqu'un qu'il aurait été stupide de sous-estimer ou de provoquer. Il fit une remarque sur la singularité de mon équipage et de ma personne avant de demander le nom de notre navire. Le bon point était qu'il se montrait poli pour un seigneur tant redouté, mais quand la brise souleva légèrement le rideau le masquant à ma vue, ce fut pour m'apporter brièvement la vision d'un regard pesant, dangereux. Non loin, je pouvais percevoir la terreur qui imprégnait notre Raie prisonnière.

Après avoir inspiré, j'appris à mon interlocuteur qu'il s'agissait de la Rascasse Volante, navire affrété par la jeune mais ambitieuse Confrérie d'Outremer. Curieux de connaitre ce que des représentants de notre famille faisaient sur son île, je l'informai être avec les miens porteuse d'une proposition et d'être en mission pour prendre contact avec tous les équipages libres de l'Aeronland. Sa voix, dotée d'une violence sous-jacente, s'éleva et pas pour laisser passer de réconfortantes paroles, bien au contraire.

"Vous apprendrez que la liberté ici est soumise à mes conditions. Vous avez perdu la vôtre dès le moment où vous avez violé le secret de cet endroit."

Derrière son chariot, ses gardes se mirent en mouvement en direction des barques. Je ne compris qu'à leurs regards dirigés vers les navires amarrés que leur destination était la Rascasse, ainsi que tous ses occupants blessés ou épuisés. Ma sève ralentit d'elle-même. J'espérais que l'équipage n'allait pas commettre quelque imprudence. Malgré la sensation désagréable qui m'envahissait à mesure que le prenais conscience de la situation, je m'efforçai de ne pas afficher mon angoisse. Il ne me fallait pas laisser paraître cette faiblesse face à Sans-Pitié ni tenter d'exiger quoi que ce fut, vue la position d'infériorité que j'avais. Ne pas le contrarier par un acte stupide ou faire quelque chose pouvant mettre en danger mes hommes.

Gagner du temps, pour me permettre de rebondir, peut-être.

"Puisque les miens et moi-même y sommes soumis, puis-je connaître la nature de vos conditions concernant la liberté ?"

Un sourire sans aucune chaleur accueillit ma question, précédant des mots m'éclairant d'une lueur bien blafarde sur sa volonté.

"Vous n'avez plus d'équipage, et vous n'êtes plus capitaine. Vous vivrez ici désormais, ou vous y mourrez. Les vôtres qui s'avèrent capables seront dispersés sur plusieurs équipages, le reste aura sa place dans mes marchés et mes industries. Vous m'accepterez comme seul maître, et ceux qui refuseront serviront d'exemple aux autres."

Des conditions claires et rudes comme un couperet, tombant en sus de l'air lourd, pendant que ses hommes, sur un claquement de doigts de sa part, s'emparaient de la Raie sang-pourpre prisonnière. Je fronçai les sourcils à cet énoncé. Mazhui savait-il ce qui risquait de se produire lorsqu'il nous avait envoyé ici ? Avait-il choisi un vaisseau neuf et un équipage très récemment intégré, donc d'une importance inférieure, comme appât ? J'eus quelques doutes, refusant de croire à une traitrise pareille de la part de l'ynorien, mais au lieu d'afficher la terreur que j'avais lu en Levik qui risquait fort de servir d'exemple, je souris franchement. Il avait beau me dominer, je n'avais aucune raison de courber l'échine et tout accepter sans rien dire de la part de Sans-Pitié.

Il savait ce qu'il voulait, moi aussi. Quand bien même je n'étais pas des plus expertes en matière de diplomatie, il me fallait limiter les dégâts autant que possible et surtout ne pas plier aisément. Garder le cap, pour la Confrérie.

"Des conditions logiques pour qui sait diriger. Sauf que cela ne m'avance pas concernant mon problème, cher maître. J'ai une sainte horreur de manquer à ma parole. J'imagine donc que si vous choisissez l'équipage et le vaisseau comme tribut, c'est que vous daignez prêter attention à la proposition de la Confrérie."

Sans-Pitié m'incita à poursuivre, curieux de savoir ce que les nôtres lui proposaient. Après lui avoir rappelé que les royaumes faisaient une chasse de plus en plus sévère aux équipages pirates, je lui explicitai les motivations de notre famille. Unifier les pirates pour faire contrepoids aux forces navales des royaumes, jusqu'à devenir une puissance redoutée par qui n'était pas issu des forces maritimes libres. Soulagée de pouvoir entamer concrètement la mission qui nous avait été confiée, je baissai ma garde et m'efforçai d'être la plus claire possible.

""Nous avons déjà identifié de dangereux ennemis ainsi que des soutiens sur les continents, mais c'est vous qui possédez la force de frappe la plus respectable. Pour résumer le but de ma venue, voici : à court terme, la proposition que je vous amène signifie une trève et un respect mutuel entre nous, histoire de ne pas nous gêner bêtement en mer. À moyen terme, une alliance, vous permettant entre autres de commercer sans risque via nos réseaux continentaux et de compter sur le soutien d'autres contingents. À long terme, la domination et le partage de l'Aeronland, là où ceux que les continents rejettent trouveront leur place... Et leur en feront baver en retour."

Il y eut un silence plus pesant encore que le précédent. Le maître de l'Île prit une inspiration si longue et puissante que tous purent l'entendre aux environs. Comme la frappe d'une arme lourde, ses paroles tombèrent sur l'assemblée.

"Vous... Vous êtes nouvelle à ce petit jeu de piraterie, n'est-ce pas ?"

Alors, Sans-Pitié se leva et écarta ses rideaux, laissant apparaitre sa forme aux yeux de tous. Ou plutôt, de tous ceux qui, comme moi, n'avaient pas détourné le regard à temps. Un sang-pourpre de plus de deux mètres, orné d'os et de bronze, la peau bleue striée par des tatouages pourpres représentant le puissant drakarn. Sa musculature était comparable à celle d'un berserker orque, mais ses traits, ceux d'un homme à l'âge de force, étaient emprunts d'une sévérité royale. Ses yeux noirs nous fixaient avec mépris.

Lorsque son regard dévia sur Levik, un ordre fut donné sans une parole. La Raie se vit donner une dague. Le pirate tremblait et suait, mais devant tous et sans hésiter, il cria des paroles qui se glissèrent sous mon écorce comme le ferait un reptile. "Je vous précède sur la Mer Blanche ! A la gloire du Sans-Pitié !" Puis, la lame fut plantée dans sa gorge par ses propres mains, exactement comme il l'avait voulu à bord. Reportant mon regard sur le maître des lieux, je fus brutalement assaillie de sensations désagréables puis bientôt de visions. Des visions de massacre et de domination, de viol et d'esclavage, des crimes commis en mer par le Sans-Pitié et ses serviteurs. Il jouait à un tout autre niveau que nous. Il était même bien au-delà de ce à quoi je m'étais attendue. Ce n'était pas juste un pirate suivi par le nombre, mais un Seigneur pirate qui avait du vivre des centaines de combats et causé plus de douleur à autrui que tout mon équipage réuni.

Baissant la tête, battue par la douleur fulgurante et insupportable causée par ces témoignages visuels qui m'assaillaient sans discontinuer, je grimaçai. Mon corps flancha, m'obligeant à poser un genou au sol alors qu'au-dessus, bien au-delà de ce que j'étais capable d'affronter, la présence de Sans-Pitié me clouait sur place. Sa voix résonna une nouvelle fois, délivrant une sentence et une vérité aussi naturelles qu'évidentes.

"Votre proposition d'alliance est une misérable farce. Je suis celui qui provoque la peur des royaumes. L'Aeronland est mon prix, mon droit. Sur votre petite rascasse, vous étiez peut-être le capitaine, mais ici... Je suis leur dieu."

Ma tête tournait et je crus de longs instants que ma sève avait fini par se changer en ambre dans mes canaux tant mon corps me semblait de plomb. Avec la même confiance et prestance qu'à son exposition, il retourna prendre place dans son véhicule. Celui-ci et sa suite nous laissèrent là pour repartir en direction du village. Je parvins après de longues secondes à diriger mon regard vers notre belle et brisée Rascasse pour découvrir avec abattement flotter le drapeau rouge présent sur tous les autres. Et le pire de tout, elle était vide de son équipage. Tous mes hommes et femmes avaient été maîtrisés par la garde de Sans-Pitié.

Mon serpentin, déjà serré sur lui-même, grinça encore tant je le crispai. Malgré la raideur de mon écorce, je parvins à le lever puis à l'abattre sur le sol une fois. Je recommençai encore et encore, perdant le compte du nombre de fois où je l'avais fait. Lorsque mes yeux clairs se posèrent sur mon tricorne, je ressentis une profonde hargne, comme si ce galurin se gaussait de moi et surtout de mon incapacité à empêcher cela. À l'instant où j'allais l'aplatir avec dégoût, j'aperçus le pendentif dent de requin offert par Eliwin se dégager de mes habits et pendre à mon cou.

( Garder le cap... Taper sur les messagers, tout le monde le fait... )

Dédaignant toute main qui se serait tendue vers moi pour me relever, je le fis seule, rangeai précautionneusement mon pendentif et ramassai mon tricorne. La preuve que j'étais devenue capitaine me semblait bien dérisoire à présent. Pour le bien de la Confrérie, j'avais offert malgré moi un navire et tous ses occupants à un être plus effrayant encore que Von Klaash. Certes, nous avions la vie sauve, mais combien de temps cela allait-il durer ? Allions-nous finir par être aussi serviles que Levik ? À périr avec au visage une joie de pur fanatisme pour un être se qualifiant de divinité, et par nos propres mains ?

Je me tournai vers Leyna, Eliwin et Samrik mais conservai mon tricorne à la main. Si Sans-Pitié avait raison sur un point, c'était que je ne portais plus officiellement mon titre de Capitaine. Ils allaient m'en vouloir de ne pas avoir su préserver leur liberté, ou peut-être pas pour Samrik qui contemplait encore la voie prise par l'être le plus fort et puissant qu'il devait avoir croisé. Le maître de l'Île était terrifiant, dangereux, et surtout conscient de tout cela. Si la situation me laissa songeuse un moment, j'étais quelque part soulagée que ce fusse la Rascasse et pas le vaisseau amiral de la Confrérie dans ce port.

"Être si insignifiants qu'il ne prend même pas la peine de nous faire surveiller. C'est si... Frustrant."

J'amenai ma main libre à mes yeux clairs, les frottant avec lassitude.

"Cela ne s'est pas passé comme... Escompté."

D'un côté, je voulais entendre ce qu'ils avaient à dire. De l'autre, je me doutais que la présence du corps chaud de Levik à proximité n'allait pas aider à ce que leurs paroles fussent des plus positives.

Par Moura, qu'étais-je allée faire, et tous ces survivants composant mon équipage, dans cette galère ?



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Dernière édition par Mythanorië le Dim 10 Juin 2018 09:48, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Sam 26 Mai 2018 13:07 
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Les rideaux s'écartèrent légèrement, sans permettre de distinguer clairement le Sans-pitié. Sa voix en revanche, se fit entendre, puissante, hautaine et cruelle, pour demander à qui il avait affaire. Mythanorië expliqua qui ils étaient, mais seulement pour se voir poser un ultimatum : la Rascasse serait saisie et son équipage dispersé, au service du maître de l'île. Leyna serra les dents. L'île était-elle donc réellement entièrement tombée aux mains d'un seul homme ? Ce n'était pas franchement une hérésie, mais assurément une situation néfaste.

La capitaine tenta d'expliquer ce qu'était la confrérie et quel bénéfice communs pourraient être tirés, mais cela sembla presque amuser le colosse qui se dévoila enfin à eux. Gigantesque, tatoué de pourpre et vêtu de bronze et d'ossements, le Sans-pitié descendit face à eux, les dominant de toute sa hauteur. C'était assurément l'homme le plus grand et le plus fort qu'elle ait jamais vu et, pendant un instant, elle resta figée de stupeur, se demandant s'il était vraiment humain.

« Vous... Vous êtes nouvelle à ce petit jeu de piraterie, n'est-ce pas ? » ricana-t-il.

En un mot, il fit porter une dague à Levik. Le prisonnier s'en saisie et, si Leyna s'attendait à ce qu'un combat à mort soit organisé, il n'en fut rien. Le sang-pourpre hurla à la gloire de son maître :

« Je vous précède sur la Mer Blanche ! A la gloire du Sans-Pitié ! »

… et se donna lui-même la mort. Alors, enfin, le Sans-pitié triompha dans toute son horreur, se déclarant maître et dieu de l'Aeronlande et de ses îles. Leyna resta un instant figée de stupeur devant tant d'orgueil. Son regard tomba sur Mythanorië, qui baissait les bras, s'agenouillait tristement alors que le géant remontait dans son attelage pour repartir.

Le cœur soudain transporté de colère, fixant le véhicule qui s'éloignait, la prêtresse oublia toute prudence et proclama d'une voix forte :

« La force d'un Home est une grande chose, capable de faire de lui un digne serviteur de Moura ! Mais jamais son égale ! Personne n'est dieu ni maître de l'Aeronlande hormis la déesse ! Sa loi est la seule qui s'applique, sa volonté est la seule qui prévaut ! »

Elle baissa des yeux durs sur son ancienne chef :

« Et ceux qui s'inclinent plutôt que de croire ne méritent pas ses faveurs. Votre titre ne vous a pas été retiré, Mythanorië, c'est vous qui l'avez abandonné. »

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Sam 26 Mai 2018 14:37 
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Le Serpent Bleu - Chapitre III



Le Serpent Bleu

Chapitre IV





Mercurio et Nahoriel quittèrent la taverne du Troll Salé dans le dédain général.
Ils passèrent à peine les portes battantes qu'une voix vint les interrompre.

"Ça sert à rien de faire sa publicité. Presque tout le monde ici fait déjà partie d'un équipage."

Elle venait d'un curieux personnage, le dos contre le mur, qui faisait remuer une arrête de poisson au coin de sa bouche.

Cet homme avait tout d'un gorille, aussi bien sur son visage simiesque, avec son nez écrasé, son front large et ses petits yeux ombragés par ses imposantes arcades sourcilières et la profondeur de ses orbites que dans sa posture arrogante, les bras croisés à côté de l'entrée comme s'il était le gardien des lieux.

Mais sa tenue digne d'un nervi, exhibant de petites armes discrètes ça et là sous son manteau usé et des protections de cuir, évoquait plutôt un rôle d'assassin.

"Pour des gigolos, vous m'avez l'air bien dramatiques. Qu'est-ce qui vous amène sur l'Île du Serpent, messieurs ? Pas la pisse qu'on sert dans ces taudis, j'imagine."

Mercurio, encore quelque peu énervé, sentait devoir se méfier d'un tel personnage. S'il était là juste pour enfoncer le clou ou pour leur faire un coup tordu, ils n'allaient pas perdre de temps avec lui.

"Qu'est-ce ça peut t'foutre c'qu'on fout là ? S't'es pas intéressé pour rejoindre l'équipage j'ai rien à t'dire...", dit-il en continuant de marcher.

L'homme se décolla du mur, perdant soudainement son air sérieux pour un sourire un peu forcé, se voulant rassurant, qui semblait presque cacher une sorte d'imploration : "Oh mais au contraire, vous m'avez intrigué avec votre histoire de confrérie."

L'humoran regarda Nahoriel, cherchant dans son regard ce qu'il pensait de ce loustic. Il ne dit rien mais semblait partager sa méfiance. Mercurio se disait que s'ils ne pouvaient évidemment pas accorder leur confiance au premier clampin venu, ils n'avaient pas non plus tout le temps et tout le choix du monde pour sélectionner les prochains membres d'équipage. S'il y avait des intéressés, il devrait prendre sur lui d'écarter sa méfiance et risquer de voir au fur à mesure s'ils sont dignes de confiance ou pas. Il devait cependant s'assurer de certaines choses auparavant. Il ne cacha donc rien de sa méfiance dans son ton et sur ses expressions faciales, lui répondant :
"Ah ouais ? Mon "histoire de confrérie" t'intrigues ? Et t'sors d'où toi ? T'es pas arrivé ici à la nage j'suppose..."

Le personnage haussa les épaules, comme s'il comprenait qu'on lui pose la question mais que la réponse n'avait plus d'importance :
"Je faisais partie de l'équipage de Makkar le Pique-Emeraude, mais on va dire que j'ai pété plus haut que mon cul et je me suis retrouvé sans emploi."

"...et du coup, t'es à l'affût du premier équipage venu qui peut t'faire sortir d'cette île paumée au milieu d'nulle part sans t'faire raquer. J'vois l'genre... "

Mercurio, las, soupira, fit silence un instant, se pinçant entre les deux yeux. Au moins, ce bonhomme avait l'air franc mais c'était typiquement le profil à disparaître au prochain port venu... Bon, au point où ils en étaient...
"Bon ben mon p'tit gars, on va pas tortiller du cul pour chier droit ; on peut pas faire les compliqués et toi non plus si j'saisis bien... Alors pour moi c'd'accord. Mais avant d'te présenter à la cap'taine, v'là, not' navire a pris cher pendant l'combat et j'cherche des gars pour les réparations. T'sais p'tet où j'peux en trouver ?"

Il sembla rechercher un instant du regard les navires qu'il n'aurait pas encore vu au port et, l'air un peu décontenancé, lança simplement, en montrant le vaisseau du doigt, par-dessus son épaule : "Heu... Ce navire ?"

L'humoran se retourna par réflexe pour découvrir avec stupeur des voiles rouges s'abaisser sur les mâts de la Rascasse.

"Et merde...", dit-il avec un agacement las.

"Faut qu'on retrouve les autres !", s'écria Nahoriel en commençant à partir précipitamment.

Mercurio lui emboîta le pas, laissant totalement tomber le personnage derrière eux.



Le Serpent Bleu - Chapitre V

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


Dernière édition par Mercurio le Mer 15 Aoû 2018 22:27, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Lun 28 Mai 2018 22:38 
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Le convoi s'arrêta suite à la déclaration insolente de la prêtresse. Leyna s'attendait peut-être à voir dagues et carreaux transpercer son corps sur l'instant, mais il n'en était rien. Sans-Pitié se mit à ricaner de plus en plus fort, jusqu'à en paraître hilare.

- Hahaha ! Cette ferveur ! Pauvre sotte, tu es si naïve...

Lorsqu'elle entrevit l’œil du tyran, Leyna était déjà envahie d'une sensation de gêne, comme si de minuscules moustiques s'étaient mis à sucer du sang sur chacune de ses articulations. La main de Sans Pitié apparut, jouant de ses doigts comme un marionnettiste. Puis sa voix résonna dans les oreilles de sa victime, qui crut l'entendre parler de toutes les directions à la fois.

- Viens, adoratrice de Moura. J'ai quelqu'un à te présenter.

Les muscles de Leyna lui désobéirent. Elle se sentir tirée, manipulée de toutes parts, par un musicien inconnu. Son corps se mit à avancer nerveusement vers le maître de l'île, sous l’œil attentif des gardes. Elle voulait protester mais ne pouvait ouvrir sa bouche. Lorsqu'elle arriva à hauteur des hommes du Sans-Pitié, elle fut saisie par les bras, et l'emprise magique fut relâchée. Elle faisait désormais partie, bon gré mal gré, du convoi monarchique, et marchait désormais sous la menace du fer.

Mercurio et Nahoriel s'étaient hâtés vers leurs compagnon, et ils arrivèrent à temps pour voir le départ forcé de Leyna. Mais quiconque tentait de s'interposer fut dissuadé par l'épaule puissante d'Eliwin, duquel émanait une tension qu'on ne lui avait jamais connue. Samrik était resté silencieux, la démonstration de Sans-Pitié lui évoquant des réflexions secrètes.

Eliwin, dont l'élocution avait été quelque peu soignée par les soins de Mercurio, murmura :

- Tels qu'on est, on ne peut pas gagner contre eux.

Derrière Mercurio et Nahoriel, l'étranger aux manières douteuses suivait au rythme de la promenade.


((( Leyna, si tu ne tente pas de fuir, ta prochaine MAJ sera au Temple de Moura )))

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 Sujet du message: Re: Le port des pirates
MessagePosté: Dim 3 Juin 2018 18:11 
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Au son de sa déclaration, le tyran arrêta son carrosse et sa voix moqueuse s'éleva. Leyna allait répondre quand une sensation étrange envahit son être. Quelque chose s'infiltrait en elle, la vidait de ses forces... ses yeux se levèrent pour croiser ceux de l'homme qui avait sorti la tête pour lui adresser un sourire narquois. Soudain, sans qu'elle puisse faire autrement, elle se mit à marcher, pas à pas, lentement, vers le véhicule qui l'attendait. Dès qu'elle fut devant, elle fut saisie et emportée à l'intérieur. Le Sans-pitié comptait la présenter à quelqu'un...

Elle était maintenant assise dans l'intérieur luxueux et sinistre du carrosse. Le géant l'observait avec une convoitise sinistre alors qu'elle reprenait ses esprits. Prenant le temps d’affermir sa voix avant de parler, elle pesa ses mots et déclara :

« Ainsi vous pratiquez aussi la magie... Impressionnant. Mais cela ne fait toujours pas de vous un dieu. »

Le véhicule monta le long d'une côte de plus en plus forte, et elle devinait la destination. Avant même d'avoir vu l'île, elle connaissait de réputation de grand temple de Moura, dressé au sommet d'une crête dominant la ville. C'était de là qu'étaient conduit les sacrifices des filles sang-pourpre.

Elle s'y attendait. Elle y était préparée. Si Moura lui demandait d'affronter l'ultime épreuve qu'appelait sa condition, elle le ferait.

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