L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Mar 6 Mar 2018 03:09 
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Eliwin se porta volontaire pour faire partie du groupe qui descendrait sur l'île.
Samrik tira Levik de sa torpeur et l'emmena ligoté au bord du navire. Le prisonnier restait muet comme une tombe, le regard vide, sourd à toute requête.

La chaloupe et ses occupants voguèrent lentement vers le port qui abondait d'hommes et de femmes de tous bords et origines, mais Leyna constata que, bien sûr, il semblait n'y avoir peu, voire aucun earion sur cette île. La plage elle-même se trouvait entre deux grands plateaux et falaises, l'on aurait dit un trou dans la muraille d'un fort naturel. La seule entrée vers le sein de l'île.

Ils s'amarrèrent à une bite vacante, il ne semblait pas y avoir de comité d'accueil prêt à leur bondir dessus. Les quais ressemblaient beaucoup à ceux de Darhàm et des villes côtières de l'Imiftil, avec de nombreux pontons, de taille et de longueur différentes suivant leurs fonctions, une grande place sur la plage où s'étalaient divers commerces de biens, d'esclaves ou de sexe. Tout au fond du port, il y avait un chemin cerné de cabanons en bois, menant manifestement à un village bordé par les montagnes.

Les marchands, pirates, esclaves et prostituées vaquaient à leurs occupations, mais beaucoup ne quittaient pas des yeux le groupe hétérogène qui était arrivé après avoir dissipé le brouillard et causé conflit. A propos des esclaves... leur nombre était assez impressionnant. Il était assez facile de les discerner du badaud grâce aux chaînes qui pendaient de leurs cous et chevilles, ils étaient comme des chiens en laisse, soulevant de lourdes charges, rangeant les affaires, nettoyant les établis...

Il y avait des Sangs-Pourpres, bien sûr, parmi la populace, mais il y avait aussi des hommes vêtus d'armures de cuir et de mailles, en toute évidence des soldats chargés d'assurer l'ordre. Ils étaient la seule caste à ne pas se mélanger aux autres, ni humain, ni shaakt, ni gobelin parmi eux. Des miliciens à la peau bleue.

Et enfin, sans être des moindres... des équipages pirates. Là aussi il y avait une majorité de Sangs-Pourpres, occupant des navires entiers, mais cela ne voulait pas dire pour autant que les autres races étaient sous-représentées. Il y avait toutes sortes de pirates, et il était possible de deviner à leur silhouette de nombreux capitaines humains habillés à la mode des quatre coins de Yuimen. Bien sûr il y en avait qui étaient plus proches d'apparence aux servants des commerçants, mais certains semblaient se complaire dans la pompe et les paillettes, ou au contraire dans l'allure sauvage de l'os et de la fourrure.

Il y avait des maisons sur la plage, plus grandes que les autres, cernant le quai à l'est et à l'ouest. Elles étaient manifestement les résidences des pirates qui avaient laissé leur navire. La silhouette lointaine d'une homme avec un chapeau à plumes assis confortablement sur une chaise à bras n'était guère inhabituelle devant ces habitations.

Tous ces détails renforçaient l'idée que cet île était comme un carrefour secret, pas que pour les peaux bleues, mais pour une multitude d'équipages cosmopolites occupant chacun leur place respective dans ce coin secret. Alors que les frères et sœurs venus de la Rascasse posaient le premier pied sur l'île du Serpent, ils étaient certains que cette découverte représentait pour eux aussi bien une aubaine qu'un danger, car bien que personne ne se ruait à l'attaque, de nombreux regards aux intentions aussi diverses que secrètes se fixaient sur eux.


(Je n'ai pas précisé qui exactement embarquait sur la chaloupe, donc emmenez qui vous voulez. Vous pouvez aussi rester sur la Rascasse)

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Mer 7 Mar 2018 19:46 
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Le navire s'engagea dans le port et trouva sans peine un ponton pour s'amarrer. Leyna, toujours voilée, regarda depuis le bastingage la foule qui se pressait, apparemment parfaitement en paix. L'île du Serpent vaquait à ses occupations. Après toutes les épreuves traversées pour arriver ici, il était surprenant que tout soit aussi calme. Les esclaves et leurs maîtres formaient une parade extraordinaire, bigarrée, sans aucune cohérence. Les sang-pourpres n'étaient pas tous comme le Chasseur des Brisants, vêtus de cuirasses à l'ancienne et d'écailles de poisson. Il y en avait aussi avec des peaux de bêtes ou même des tenues de pirates classiques. Mais les plus nombreux étaient les esclaves, qui emplissaient la population de leurs figures serviles. Leyna n'avait guère de compassion pour eux. Elle avait d'autres choses à penser.

La Rascasse avait été endommagée par les raies sanglantes et les navires sang-pourpres qui les avaient attaqués en arrivant. Hélas, une bonne partie de leur trésor partirait probablement en réparations. Pourtant, ils étaient ici pour entrer en contacte avec ce lieu mythique de la piraterie et des adorateurs de Moura, et ils auraient besoin d'or pour en faire des amis de la confrérie...

La prêtresse se dirigea vers la capitaine pour lui souffler :

« Nous devrions nous renseigner sur ceux qui nous ont attaqué et rechercher les individus les plus influents ici... La parole d'une capitaine ou d'un bosco porterait plus loin que celle de quiconque. Votre concours ou celui de Mercurio serait le bienvenu, mais prenons garde à bien défendre le navire. Chez les pirates, ce qui n'est pas suffisamment gardé est donné. »

Après quelques secondes de réflexions, elle ajouta :

« La soumission des femmes est de mise ici. Espérons que vous ne serez pas trop féminine à leurs yeux. Pour ma part, bien que je sois prête à affronter tous les dangers, vous devez avoir conscience que si je pars seule, je ne reviendrais pas. »

Malheureusement, Nahöriel était apparu dans son dos, là où elle ne pouvait le voir ! Lorsqu'elle le remarqua, elle le foudroya du regard alors qu'il ouvrait déjà la bouche pour demander à l'accompagner ! Le danger serait bien trop important pour lui, surtout alors qu'il était question de sa vie à elle...

« Non, Nahöriel, vous ne m'accompagnerez pas. »

Elle l'avait volontairement vouvoyé pour marquer la distance et le vexer, puisque ses précédentes tentatives n'avaient pas été suffisantes. Mais le jeune homme sembla plus rougir de colère que de honte et adressa un regard enflammé la capitaine. Il se doutait, le petit truand, que Mythanorië était la seule qui puisse la faire fléchir sur le sujet !

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Ven 16 Mar 2018 02:13 
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Plus la chaloupe approchait du quai, plus le spectacle du port se faisait précis. Fourmillant de vie, de sons, d'odeurs pas toujours des plus agréables et surtout de regards. Impossible d'en connaître la provenance, mais il était certain que notre groupe ne pouvait pas passer inaperçu. En vérité, nous semblions concentrer la quasi-totalité des races présentes dans ce port en une seule embarcation. Nombreux étaient les Sang-pourpres à arpenter les quais, appartenant à des équipages semblables au nôtre ou plus étrangement à ce qui devait être des forces de l'ordre. Outre les badauds, je notais la présence d'un grand nombre de personnes portant entraves et chaînes, occupées à des travaux pénibles. Mes yeux clairs s'attardèrent un instant sur certains d'entre eux, mais il m'était impossible de savoir si ces derniers avaient mérité leur sort ou s'ils n'étaient que trophées, survivants d'attaques passées.

Après avoir amarré la chaloupe non loin d'embarcations similaires, les membres de la Confrérie mirent pied à terre. Je venais à peine de constater une disparité impressionnante entre les habitations typées cabanes ou pavillons, tout comme le nombre impressionnant de tenues diverses arborées ici, que Leyna' attira mon attention discrètement. Elle me souffla avec bon sens que nous devions chercher en priorité des renseignements sur les Raies Sanglantes pour savoir à quoi nous en tenir, ainsi que ce qui concernait les figures d'autorité locales. Elle marqua un silence qui me fit tourner la tête vers elle. La jeune femme m'apprit alors ce que j'avais cru deviner dans ses interactions avec Snori à bord : les femmes étaient des individus soumis sur cette île. J'eus du mal à réprimer un léger sourire à son inquiétude pour moi mais gardai mon commentaire sous mon feuillage. S'il était vrai que je me sentais plus proche des individus féminins que masculins, rien sur mon corps ne le laissait supposer. J'avais déjà un peu plus d'un siècle, mais ma rencontre avec un oudio bien plus âgé m'avait appris que j'étais encore loin d'être une adulte.

À voix basse, et avant qu'il me fusse possible de la prévenir qu'une paire d'oreilles en pointe s'était rapprochée, la Prêtresse me confia que si elle partait seule dans la ville, les chances étaient grandes qu'on ne la revît plus. Malheureusement, cette déclaration tomba droit dans les oreilles de Nahöriel. Sa réaction courroucée ne se fit pas attendre, quand bien même la jeune femme se mit en devoir de lui interdire de l'accompagner. Il me lança un regard appuyé, cherchant mon soutien. Décidément, je ne les comprenais vraiment pas ces deux-là. Un jour ils s'évitaient comme la peste, le lendemain on ne pouvait plus voir l'un sans trouver aussi l'autre, et le jour d'après ils ressemblaient à des bambins bornés incapables de faire le premier pas après une dispute. Je ne pouvais pas laisser Leyna'sëraya s'aventurer seule dans les environs, mais mon demi-elfe d'ami était bien trop remonté pour pouvoir réfléchir correctement. Je voyais déjà venir une altercation avec la mauvaise personne, les conséquences dramatiques que cela aurait pu avoir sur notre mission et envisageai rapidement quelques solutions. Je fermai lentement les yeux.

"Samrik..."

J'avisai mon maître d'armes, attendant un signe discret de sa part après qu'il ait fini de rajuster son prisonnier sur son épaule, puis la Prêtresse.

"Fera office de chaperon si nous devons nous séparer."

Devançant les protestations de Nahöriel, je plantai mon regard clair dans le sien.

"Regarde-toi avant d'objecter. Tu n'es pas assez maître de toi quand il est question de Leyna'. Sur la Rascasse, cela peut passer. Ici, non. Je ne veux pas courir le risque de vous perdre tous deux s'il devait y avoir accrochage avec les locaux."

Je désignai la chaloupe du chef, l'incitant à y prendre place s'il se montrait incapable de se tenir ou de suivre mes ordres. L'idée de nous séparer ne me plaisait vraiment pas, mais je commençais à cerner notre Prêtresse et sa capacité à être aussi bornée qu'impulsive. Si elle voulait suivre son chemin plutôt que le nôtre, elle le ferait. Le demi-garzok avait non seulement une bonne stature apte à dissuader les plus couards, mais son air imperturbable pouvait en déstabiliser plus d'un. Et je le savais capable de refuser un affrontement s'il estimait son adversaire indigne de se mesurer à lui. Contrairement à Nahöriel, il ne risquait pas de s'en prendre sans réfléchir à qui aurait fait une remarque déplaisante à la Prêtresse.

Après avoir rajusté mon tricorne, je me tournai vers mon bosco et mon conseiller.

"Quelqu'un doit bien gérer les allers et venues de ce port. Commençons par dénicher ce qui se rapprochera le plus d'une capitainerie. On prendra autant de renseignements que possibles sur les artisans disponibles, la si chaleureuse famille de notre invité et la polit... L'organisation du pouvoir sur cette île."

Je pris le temps de regarder mes frères et sœurs afin de leur laisser l'opportunité de réagir à mes propos voire de suggérer une alternative. En terrain inconnu, je misais sur la solidarité développée à bord et pas ma simple autorité de capitaine. J'avais beau tout faire pour me montrer digne de les mener, la perte de certains de mes hommes dans l'escarmouche avait causé une blessure au plus profond de mon écorce et de la confiance en moi que je peinais à bâtir.


*--->*

_________________
Mythanorië - Oudio / Shamane Hippocampe


Sœur de la Confrérie d'Outremer, Capitaine de la Rascasse Volante, au corps de bois et cœur de bête océane
"Y'a pas à dire, la mer, ça vous change quelqu'un !"

Ancien thème
Thème actuel & Nouvelle Voix


Dernière édition par Mythanorië le Lun 9 Avr 2018 22:42, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Ven 16 Mar 2018 17:12 
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Le Grand Bleu - Chapitre XI



Le Serpent Bleu

Chapitre I




La capitaine semblait prendre assez à la légère les inquiétudes de Mercurio sur l'état du navire, se contentant de lui répondre qu'ils avaient largement de quoi financer les réparations. Le voyage avait été long, les derniers événements troublants, le navire bien endommagé et l'équipage à la fois exténué et anxieux. Les dangers restaient importants. Zewen savait ce qu'ils allaient rencontrer comme problème sur cette île et la Rascasse Volante resterait pratiquement sans défense durant un bon moment. Il n'était même pas certain que les locaux acceptent de les aider pour les réparations et il n'était pas improbable que quelques connards profitent de leur vulnérabilité à un moment ou à un autre.

Un équipage pirate sur un navire qui n'était pas en état de marche, ça n'avait pas plus de répondant que quatre blaireaux sur une planche en bois.

L'inquiétude de l'humoran grandit alors que l'oudio, semblant penser à trop de choses en même temps et hâtée de se rendre sur l'île, fit mouiller l'ancre et forma dans la précipitation une délégation qu'elle allait diriger, composée de la prêtresse et de Nahöriel (Qui avait décidément un traitement de faveur qui commençait à l'énerver, accompagnant toujours d'office Leyna'sëraya comme si cela était normal, la capitaine l'acceptant comme tel), d'Eliwin, de Samrik et il allait lui aussi devoir être de la parti. Tout ça en s’encombrant de ce Levik que l'humoran avait bien envie d'étriper après avoir perdu deux membres d'équipage par sa faute.

Autrement dit, après leur départ, il ne resterait sur le navire plus que neuf pirates épuisés avec une mère et son nouveau-né ainsi qu'un gratte-papier chétif. Bref, une bande qui ne découragerait pas un calamar catatonique de passer à l'attaque.

Dans son empressement, la capitaine ne dit mot aux hommes et ne songea même pas à nommer quelqu'un qui serait responsable à bord. Parmi ceux qui restaient, Mercurio ne pouvait imaginer que Lydia, avec son caractère bien trempé et une certaine autorité naturelle, pour occuper un tel poste.

"R'viendra 'si vit' qu'possib'. N'attendant, c'Lydia qui s'ra la chef ! Profitez pour vous r'poser un peu... Bouffez, buvez, piquez un roupillon, 'stiquez vous la nouille, j'm'en tape mais qu'y'en ait toujours un 'vec l’œil ouvert au cas où y'ait une embrouille, pigé ?", ordonna-t-il en rejoignant la chaloupe.

"Pars sans craintes mon matou, j'veille au grain !", rétorqua Lydia dans sa bonhomie habituelle.

Il savait qu'il pouvait lui faire confiance. En cas de pépins, elle aurait un bon instinct.

Maintenant à bord de ce frêle esquif se rapprochant de l'île, ils pouvaient mieux observer les lieux. Ce n'était autre qu'un gros caillou cerné de récifs avec une plage emménagée en port de toute sa longueur. Ils passèrent à côté d'imposants bâtiments qui n'avaient rien à envier aux forces navales d'Oaxaca ou de Kendra Kâr, certains avaient même dû leur être volé tellement ils y ressemblaient. Sans surprise, des équipages entiers de sang-poupres étaient présents et ils semblaient être les garants de l'ordre sur l'île, mais il y avait aussi un nombre non négligeable de pirates de toutes origines et de toutes races présentes. Le port duquel ils approchaient semblait être plus cosmopolite encore que Darhàm elle-même, ce qui n'était pas une mince affaire.

Alors qu'ils accostaient sur le quai, les sang-pourpres ne semblaient pas vraiment faire attention à eux, ce qui renforçait l'idée de Mercurio que ceux par qui ils avaient été attaqué n'était qu'un équipage indépendant et non pas une flotte de défense de l'île.

Durant le voyage, la prêtresse partagea à la capitaine son inquiétude concernant le sort de la gente féminine dans cet endroit. L'humoran ne croyait pas vraiment qu'elles puissent être particulièrement plus en danger ici que dans n'importe quel endroit où ils auraient pu accoster. Les ports ont toujours été des endroits particulièrement masculins et pas particulièrement enviables pour les femmes, les seuls représentantes se contentant souvent d'écarter les jambes contre quelques pièces et les plus débrouillardes sachant s'entourer et ne pas tomber sous l'influence d'un maquereau peu scrupuleux comme le faisait si bien sa feue maman.
Et puis bon, il semblait improbable pour Mercurio qu'on puisse identifier leur oudio de capitaine à quelque chose de particulièrement féminin ou d'enviable sexuellement. Après tout, il ne savait même pas si c'était bien biologiquement compatible. Lui vint alors quelques images particulièrement dérangeante en tête, à base de pénis au contact d'orties qui feraient office de poils pubiens ou encore entaillés d'échardes durant la pénétration. Image qu'il se dépêcha d'oublier dans une grimace.
Quant à elle, même si elle semblait avoir peur à bon escient que sa race et son sexe lui joue des tours, elle n'en demeurait pas moins une prêtresse de Moura, ce qui devrait suffire à tenir écarté les queutards les plus superstitieux, qui ne risqueront sans doute pas une colère de la déesse alors qu'ils ont un bordel tous les dix mètres.

En suivit une petite chamaillerie entre elle et Nahöriel, toujours disposé à la suivre comme un petit chien, que la capitaine remit ENFIN à sa place, préférant remettre au solide et pragmatique Samrik la tâche de la protéger s'ils avaient besoin de se séparer. Il valait mieux tard que jamais, mais si c'était pour en arriver là, elle aurait mieux fait de le rembarrer AVANT de l'embarquer dans la chaloupe. Mais bon, soit.

Ils commençaient tous à lui taper sur les nerfs là et il se sentait avoir besoin de décompresser un peu. La capitaine disait vouloir se rendre à la capitainerie pour se renseigner sur l'attaque dont ils avaient été victimes et sur l'emplacement d'artisans capables de les aider.

L'humoran ne put s'empêcher de laisser échapper un fort soupir d'agacement. C'était une lubie, bordel ! Dès qu'ils accostaient quelque part, elle n'avait que le mot "capitainerie" à la bouche et s'il y avait bien une chose dont il n'avait pas envie d'avoir affaire maintenant, c'est à des connards de simili-bureaucrates sang-poupres, le cocktail mortel !

Ils étaient assez grands pour trouver ce qu'il leur fallait sans devoir à chaque fois aller sagement demander conseils à la capitainerie comme des putains de touristes ! Mais bon, il n'avait pas envie d'être méchant avec la capitaine donc il se contenta de lui dire le plus calmement possible, bien que commençant avec un sarcasme palpable :
"Ouais, la cap'tainerie, v'là, s'per idée. S'vous permettez cap'taine, 'n a pas b'soin d's'y pointer à six. Pendant c'temps, j'pourrais plutôt 'ssayer d'tirer les vers du nez aux locaux... Tiens, dans c'te taverne, là. "La taverne du troll salé", voilà, c'pas dur à r'tenir et ça sonne bien. Et Nahö, p'isque t'as plus rien à fout' de particulier maint'nant, t'viens 'vec moi !"

"Mais, Leyna..."

"Oh p'tain non, j'suis pas d'humeur à ça alors t'la fermes et t'écoutes les ord' pour une fois ! 'va s'pointer dans c'boui-boui comme si c'tait chez nous, 'va boire une pinte de n'import' quelle d'leur pisse et on va s'faire des potes qui nous raconteront tous c'qu'y a à s'voir sur c'te p'tain d'île. C'clair ?!"



Le Serpent Bleu - Chapitre II

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


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