L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Mar 21 Nov 2017 15:59 
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Son pouvoir monta, dansant en étincelles bleu sur les fils de sa lyre. Les vagues se mirent à danser avec elle, mais faiblement. Elle n'était qu'une petite prêtresse face à toute l'étendue de la puissance de Moura. Elle insista pourtant, tentant d'appeler l'eau de toute ses forces. Le navire approchait, encore et encore, ses doigts virevoltaient... jusqu'à ce qu'une corde ne lâche.

Le sortilège retomba, inefficace. Elle était épuisée et Moura ne lui accordait plus ses bienfaits. Il lui fallait se rendre à l'évidence. Pour faire de nouveau appel à la déesse, il faudrait prouver sa valeur.

Encore choquée par cet échec, elle ne vit que trop tard la baliste braquée sur elle. C'est le bruit de la corde se détendant qui lui fit réaliser le danger, mais trop tard. La lance traversait l'air... jusqu'à être interceptée par une projection d'eau qui la dévia. La capitaine veillait au grain ! Tout en faisant effectuer des manœuvres complexes, au navire pour esquiver les projectiles, elle avait sût protéger la prêtresse. Mais la bataille était loin d'être terminée. Des projectiles secouèrent la coque. Mercurio n'était plus visible nulle-part. Le combat était bien trop inégal... L'occasion parfaite de son montrer digne de la déesse, mais encore fallait-il survivre ! Pendant ce temps, Eliwin fit remarquer quelque chose : le premier navire allait tenter de les aborder ! Le deuxième, lui, était déjà en train de recharger pour une nouvelle salve.

Alors, Leyna se précipita vers la capitaine, le cœur battant. Une idée folle venait de germer en elle. Ils avaient une arme qu'ils n'avaient pas encore utilisés...

« Capitaine, nous devons utiliser l’éperon avant ! Pour nous aborder, ils vont devoir présenter leur flanc ! Je vais couvrir la manœuvre. Ils s'attendront à ce que nous accélérions, mais je vais tenter de leur cacher nos mouvements... et vous guider. »

Elle sera son amulette et appela une dernière fois la bénédiction de la déesse. Cette fois-ci, elle ne devait pas rater son coup ! Mais ce ne serait pas Moura qu'elle appellerait à l'aide. C'est de Rana qu'elle avait besoin en cet instant. Elle avait besoin d'invoquer de brouillard, de retourner contre l'ennemi l'arme qu'il avait lui-même utilisé ! Ce brouillard magique, seul ses yeux pourraient le percer.

Elle s'assit en tailleur et ferma les yeux, cherchant à se couper de son environnement pour se concentrer au mieux. Son amulette bien en main, elle répéta inlassablement :

« Rana, guide-nous et masque la vue de nos ennemis. Rana, guide-nous et masque la vue de nos ennemis. Rana, guide-nous et masque la vue de nos ennemis... »

Elle devait y mettre toute sa puissance. Créer un brouillard qui masque au mieux le navire, dissimule ses mouvements... et quand ce serait fait, elle pourrait se lever pour guider la capitaine dans la manœuvre.

((( Lancement d'un sort de brouillard niveau max (13) autour du navire, avec l'aide de l'amulette de Moura. Puis guidage de Mytha pour tenter de virer de bord au dernier moment et éperonner le navire qui vient pour l'abordage. )))

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Mer 22 Nov 2017 21:15 
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Le Grand Bleu - Chapitre VII



Le Grand Bleu

Chapitre VIII




Il repéra alors une de ces raies non loin du navire et se lança. Il bondit du bord et, miracle, retomba de ces quatre pattes sur l'animal. Hélas, la bête paniqua. Il fallait la comprendre, la pauvre venait de se prendre toute la barbaque de Mercurio dans un saut qu'il aurait pu faire moins brusque. Il n'avait pas encore trouvé son équilibre qu'elle fila au loin, précipitant le félin dans la flotte.

Il n'eût le temps de s'énerver de son échec qu'il vit dans l'eau des ombres se réunir côté poupe. De la façon dont ça bougeait, ça ne pouvait être que d'autres peaux-bleus et leurs raies qui se rassemblaient avant de lancer un autre assaut. Comme si la situation n'était pas déjà assez catastrophique !

Il se dépêcha alors de rejoindre à la nage la Rascasse Volante qui se dirigeait dorénavant vers les navires ennemis, plantant le bois de ses griffes pour vite rejoindre le pont. Mouillé comme la culotte d'une paysanne à laquelle le roi de Kendra Kâr aurait touché la joue, il s'avança vers la capitaine pour lui annoncer la nouvelle quand un boulet s'éclata tout près de la coque du navire, manquant de le refaire passer par-dessus bord.

"Cap'taine !", dit-il en passant la main sur son front pour écarter la fourrure trempée de son visage. "Y a un tas d'raies qu'y s'rassemb' côté poupe !"

Pour lui, ça suffisait les conneries. Cette baignade improvisée lui avait remis les idées en place. Les navires sangs-pourpres se rapprochaient à une allure inquiétante, ils semblaient avoir abandonné l'idée de les couler pour carrément les aborder. C'était le moment de montrer qu'il méritait son poste de bosco.

La prêtresse s'avança à son tour vers l'oudio, elle semblait avoir une idée en tête pour masquer leurs faits et gestes lorsque l'ennemi sera au plus près et préconisait d'utiliser l'éperon avant pour transpercer leur flanc. Très bonne idée, il fallait espérer que son plan fonctionne. En attendant, il fallait toujours s'occuper de la menace immédiate des raies sanglantes qui revenaient.

Mercurio se posta au milieu du pont pour donner des ordres aux matelots : "Allez les gars, on lâche rien ! D'aut' raies vont se pointer côté poupe, alors vous allez m'canarder ces connards dès qu'leurs salles tronches sortent d'l'eau, compris ? Allez, magnez-vous l'cul d'armer vos arcs et arbalètes ! J'veux pas qu'y z'aient l'occas' de jeter encore un seul d'leurs putain d'javelots !" Et enfin il interpella Jiro de manière plus discrète : "Non, pas toi. 'Faut qu'j'te confie une mission délicate. Ecoute-moi." Le ton du bosco se faisait particulièrement grave, le regardant dans les yeux. "Si ces enfoirés nous abordent, à moins d'un mirac' on va pas faire un pli. Et dans les cales, on a l'gosse et sa daronne, qui doivent être en train d'baliser à mort en c'moment. Et on sait tous c'qu'les sangs-pourpres font aux prisonnières et aux enfants qui sont pas d'leur race... Va les r'trouver et rassure-les... Et si jamais t'entends un seul d'ces connards descendre, fais c'qu'y faut pour leur épargner ces souffrances inutiles. T'as compris ? Y a qu'à toi qu'j'peux confier c'te mission. T't'en sens capable ?" Jiro s'était décomposé au fur et à mesure du discours de Mercurio mais il comprenait pourquoi c'était à lui qu'il donnait cette mission. L'ynorien avait confié quelques bribes de son passé à l'humoran, il avait déjà vu ce genre d'horreurs se passer devant ses yeux. Lui seul pouvait comprendre la nécessité d'en arriver à de telles extrémités. L'ynorien déglutit, avalant l'idée avant de lui répondre : "Ouais bosco. J'comprends. Ouais. J'ferais c'qui faut." Mercurio lui fit quelques tapes amicales sur l'épaule, désolé d'avoir à lui confier une mission pareille, qui serait peut-être leur dernière discussion. Et il s'assura de le voir rejoindre l'intérieur du navire.

Il alla ensuite se joindre à l'équipage, se préparant à devoir user de sa magie de lumière d'attaque dès que cela serait nécessaire.



Le Grand Bleu - Chapitre IX

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A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Jeu 11 Jan 2018 18:10 
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*13*



Comme un seul arbre, les diverses branches de mon équipage faisaient front face à la menace. Notre situation était peu enviable, et pourtant mes hommes continuaient de suivre les directives et de faire de leur mieux. Peu importait qu'ils n'eussent jamais été du bois dont on fait les Thunderhead et les Von Klaash, ils faisaient de leur mieux. Jamais personne n'allait être en mesure de leur ôter cela. La pointe fière qui persistait en moi ne me privait pas de rester sur mes gardes. Bien m'en pris, car un son brutal provenant de la lyre, et pas franchement rassurant, m'indiqua où concentrer ma magie. L'eau intercepta un trait d'une lourde arme prenant la Prêtresse pour cible. Malheureusement, je ne fus pas assez remise pour faire de même avec un puissant projectile de catapulte. Une partie des crocs de la Rascasse vola en éclat, offrant la vie d'un de mes marins à la lance d'une Raie.

L'un après l'autre, mes matelots étaient cueillis, diminuant nos forces et notre potentiel de riposte. Plus grave encore, une manœuvre adverse fit accourir mon conseiller à mes côtés. Le vaisseau venant vers nous allait nous percuter et son équipage nous aborder. J'eus malgré moi un rictus.

"Mauvais, ça. Une éraflure de plus sur la coque, et Mazhui me fera une canopée au carré."

Un trait d'humour bien grave, qui m'avait échappé aussi naturellement qu'un souffle. Un Mercurio trempé vint à son tour me voir. Son apparence suscitait un tas de questions dans ma caboche végétale, mais nous manquions de temps. Un groupe de Raies se rassemblait à la poupe. Plusieurs raisons possibles : monter dès que la Rascasse allait s'immobiliser lors du contact ou attraper et disposer des marins pensant que leur salut résidait dans un plongeon.

Peu après, ce fut au tour de la Prêtresse de m'inciter, semblait-il, à les éperonner d'abord. La Rascasse en était-elle seulement capable ? Mazhui nous avait confié un vaisseau d'exploration. Rapide car peu armé. Nous n'étions pas censés nous en prendre à une flotte au complet. Si seulement ces imbéciles de Sang-pourpres n'avaient pas eu tant d'eau dans les esgourdes...

Le Bosco prit alors les choses en main, donnant ses directives pour accueillir la meute comme il se devait. Je le laissai faire, avisant Leyna assise en tailleur qui en appelait à la puissance de Rana. Et moi ? Qu'étais-je censée faire ? À bord, nous avions déjà bien des morts et un prisonnier sang-pourpre qui allait connaître un sort funeste. Car oui, soit il allait être tué par un de mes matelots vengeur, soit par les siens pour avoir subi l'humiliation de la capture. Il n'avait aucune valeur en qualité d'otage. Peut-être avait-ce été là mon erreur : poursuivre plus avant dans les eaux des Pourpres. Pourtant, cela avait été et restait notre mission. Prendre contact avec ces pirates sanguinaires au nom de la Confrérie.

Je rajustai mon tricorne et avisai la stature de mon maître d'arme. Eliwin et lui étaient les seuls à véritablement savoir se battre à courte distance. Jamais ils n'allaient pouvoir tenir contre tout un équipage. Et pourtant, il le fallait.

"Si abordage il y a, il faudra limiter la zone de contact au minimum. Garder un avantage et miser sur nos réserves magiques et vos talents pour tenir."

Repousser les assaillants. Tous ne pourraient pas monter à bord. Certains devraient rester à la manœuvre. J'avais une idée, mais l'écartai vivement tant elle était risquée. Snori aurait été des nôtres, je les aurais envoyé lui et Nahöriel éliminer discrètement les marins aux postes-clés. Je n'avais toutefois pas ce luxe, ni moi-même les capacités pour le faire, hélas.

"Puisse Moura être avec nous, et que le capitaine de cet autre navire soit un peu moins dur de la feuille."

J'avais presque de la pitié envers les Sang-Pourpres. Pour se montrer si vindicatifs envers un vaisseau d'aussi petite taille et visiblement peu armé que la Rascasse, ils devaient vraiment avoir des choses à se prouver, eux.

Serpentins serrés sur la garde de ma lame, l'autre main rassemblant ma magie d'eau et prête à repousser un autre trait destiné à la Prêtresse, j'avisai fièrement le navire filant vers nous.


*--->*

- Même chose que précédemment.

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Mythanorië - Oudio / Shamane Hippocampe


Sœur de la Confrérie d'Outremer, Capitaine de la Rascasse Volante, au corps de bois et cœur de bête océane
"Y'a pas à dire, la mer, ça vous change quelqu'un !"

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Thème actuel & Nouvelle Voix


Dernière édition par Mythanorië le Mer 24 Jan 2018 14:08, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Mer 17 Jan 2018 03:20 
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Leyna : réussite du sort (4/8 PM air) et échec du guidage
Timonier sang-pourpre : échec critique
Prière à Rana : réussite critique


Eliwin hocha la tête avec conviction. Il avait le regard d'un homme prêt à se battre avec acharnement jusqu'au bout quand bien même la défaite lui serait inévitable. Samrik, plus réservé, se contenta de frotter ses lames.

A la poupe, les Raies Sanglantes jaillirent de l'eau pour tenter de grimper au navire, mais les assaillants furent accueillis par les traits et les piques des marins prévenus par Mercurio. Les soldats restèrent sur l'eau, pestant contre cette résistance inattendue. Leur chef resta sous l'eau, attendant de voir ce qui allait se passer...

Grâce à la magie de Leyna amplifiée par son amulette, un épais brouillard se leva presque instantanément sur les eaux troublées. Son sort avait fonctionné, mais était-ce vraiment le bon choix ?

De l'autre côté du conflit, sur le navire au voiles rouges, le timonier fut pris de panique et n'osa pas entreprendre de manœuvre. Ce fut alors que son supérieur, l'intendant du navire, qui avait vu clair dans le jeu de ses ennemis, le poussa pour lui prendre la barre.

- Donne-moi ça, imbécile ! Tu ne vois pas qu'ils veulent nous percer la coque ?!

Il vira à tribord à toute allure pour éviter l'assaut de la Rascasse, mais il ne savait pas qu'elle était déjà sur le point de les percuter...

De son côté, Leyna, alors qu'elle guidait le timonier de la Rascasse, ne put remarquer que trop tard le virement de bord du navire ennemi. La Rascasse entreprit un tour tardif qui, lui aussi, ne servit au final qu'à réduire légèrement les dégâts.

Dans un fracassement assourdissant, les proues des deux navires en pleine manœuvre entrèrent en collision. Des éclats de bois fusèrent dans tous les sens, et le navire Sang-Pourpre, trahi par son architecture, perdit non seulement son éperon mais aussi son gouvernail. La Rascasse perdit elle aussi sa devanture, mais le gouvernail, bien qu'amoché, n'était pas encore hors d'état. Là où la coque du navire aux voiles rouges arborait désormais un trou béant, celle de la Rascasse n'avait que quelques planches brisées à l'avant, avalant ça et là quelques gorgées d'eau salée.

Une demi-minute de silence intimidant s'ensuivit. Ceux qui étaient tombés sur leurs fesses suite au choc se relevèrent péniblement. Si abordage il y avait, il était bien calme. Le robuste Eliwin qui était resté ferme sur ses pieds se hâta à la proue pour aviser de la situation, mais le brouillard l'empêchait de voir clairement ce qui se passait chez l'ennemi. Ce que ses yeux ne captaient pas, ses oreilles, en revanche, l'entendaient : le vent, sous la forme d'une bourrasque ininterrompue, soufflait dans son dos. Il se rua vers la barre laissée vacante par le marin étourdi, et vira à tribord pour effectuer un contournement.

L'attaque prévue par Leyna avait dans un sens, échoué, et dans l'autre, réussi. Bien que le coup n'avait pas détruit l'ennemi, ils n'avaient désormais plus à s'inquiéter d'un abordage, et encore moins d'une poursuite de leur part. Ils étaient hors course. Le souffle accordé par Rana gonfla les voiles de la Rascasse qui reprit de plus belle sa périlleuse entreprise.

La brume aveuglante n'en avait pas fini avec ses vertus. Seule Leyna pouvait voir que le prochain navire, sensé être à portée de tir, n'avançait plus pour attaquer, ne pouvant plus viser efficacement.

Le brouillard était fait pour durer, mais il ne se déplaçait pas avec la Rascasse. Les marins de la Confrérie sortiraient bientôt de leur couvert magique, mais il resterait encore un navire hors de la brume, qui avait peut-être encore l'intention de combattre, et qui les repérerait une fois sortis de la zone d'effet du sort de Leyna...


État des lieux et précisions :

- L'éperon de la Rascasse est inutilisable et il vous sera plus dur de faire des manœuvres avec un gouvernail en piètre état.
- Le navire aux voiles rouges est incapable de continuer la poursuite.
- La brume vous cache aux yeux des deux autres navires. Vous n'êtes plus exposés aux tirs de catapulte.
- Le tout dernier navire est le seul hors du brouillard.
- Vous naviguez dans le sens du vent. La Rascasse a considérablement gagné en vitesse. En continuant vers l'île, vous sortirez de la zone brumeuse au tour prochain. Considérez maintenant que, si vous procédez à une allure maximale :
- dans 1 tour, vous sortirez du brouillard et passerez à côté du dernier navire
- dans 2 tours, vous arriverez sur l'île

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Jeu 18 Jan 2018 03:33 
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Le Grand Bleu - Chapitre VIII



Le Grand Bleu

Chapitre IX




Il fallait croire que les sangs-pourpres ne s'étaient pas rendu compte d'avoir mis le petit équipage de ce petit vaisseau qu'était la Rascasse Volante au pied du mur pour ne pas avoir anticipé la charge désespérée qu'ils avaient entrepris. Le navire filait à sa rapidité maximale vers la collision et la tentative d'intrusion des raies sanglantes au niveau de la poupe fut accueilli avec une nuée de flèches, de carreaux et de pointes de lances qui ne leur laissèrent aucune chance.

Mercurio était comme un fou, les raies sanglantes n'avaient rien vu venir et l'équipage n'a nullement été inquiété. C'était un spectacle exaltant que de voir tous ces camarades réussir à se défendre comme un seul homme. Ah, pris un par un, c'était une belle bande de bons à rien dont la survie jusqu'à ce jour demeurait un mystère (Surtout en ce qui concernait Taloc, qui avait pourtant réussi là à coller un carreau directement entre les deux yeux du premier sang-pourpre à jaillir de l'eau) mais là, il n'y avait pas la moindre ambiguïté sur leur instinct de survie en tant qu'équipe.

L'humoran n'eût même pas à utiliser sa magie offensive.
"Haha ! Ouais les gars, c'est bon ça ! C'ça qu'j'veux voir, j'suis p'tain d'fier d'vous là ! Mais on en est pas sorti encore ! Restez sur vos gardes !"

Soudain, un brouillard se leva.
C'était quoi encore ce délire ? Bon, peu importait.
L'humoran détourna le regard vers la proue qui était sur le point de s'encastrer dans le navire ennemi.

"Accrochez-vous !", hurla Mercurio presque trop tard.

Le navire sang-pourpre avaient tenter de faire pivoter sa proue, sûr de résister éperon contre éperon mais ils n'eurent pas le temps nécessaire, la Rascasse s'enfonçant violemment légèrement à leur bâbord et faisant des dégâts immenses dans un fracas abasourdissant qui envoya de nombreux membres d'équipage tomber lourdement sur le pont.

Le choc avait été encore plus violent qu'il aurait pu l'imaginer et les sangs-pourpres devaient encore plus l'avoir senti passer. Ainsi, dans un nouvel instant onirique, les deux vaisseaux blessés encastrés l'un dans l'autre s'étaient immobilisés dans le brouillard et le brouhaha de la bataille avait laissé place aux doux clapotis des vagues et au bruit des planches qui craquent.

Les peaux-bleus, que tout le monde savait pourtant si proches, ne se faisaient même pas entendre. Aucune parole, aucun bruit de mouvement à leur bord, comme s'ils venaient de foncer dans un vaisseau fantôme.

Eliwin, pragmatique à en crever, ne semblait pas avoir eu besoin d'une seule seconde pour reprendre ces esprits, bourrant le timonier encore hébété et manœuvrant derechef la Rascasse Volante, la faisant sortir de ce merdier en prenant la première bourrasque de vent qui les en dégagerait. En passant à côté, l'humoran put constater à quel point le navire adverse avait pris très cher. Il leur était sans doute impossible de pouvoir maintenant diriger le bâtiment, ils étaient définitivement hors-jeu alors que leur rafiot ne souffrait que d'un éperon endommagé par le choc, de quelques planches brisés et du gouvernail qui n'avait vraisemblablement pas aimé se cogner contre la surface juste après le bref vol de la poupe.

Si la situation n'était pour autant toujours pas idéale, les derniers événements avaient des allures de victoires exaltantes. S'ils devaient finir par en mourir, ce serait avec l'immense satisfaction d'avoir fait rabaisser le caquet des sangs-pourpres qui semblaient avoir sortis leurs plus grands moyens pour s'attaquer à un pauvre bateau d'exploration qui ne voulait pas leur chercher querelle. Bien fait pour leurs culs tous bleus.

Ils étaient maintenant cernés par le brouillard, et si sa mémoire et son sens de l'orientation étaient bons, face à l'île. Fuir en prenant le large serait trop risqué avec la Rascasse Volante dans un état pareil et de toute façon, quitte à en être là, autant continuer leurs tentatives hasardeuses et désespérées.

Mercurio aida ses compagnons encore au sol à se relever, avec un grand sourire et les gratifiant de petites tapes amicales. Il dit presque en murmurant, se surprenant lui-même : "Les dieux sont avec nous les gars, soyons-en dignes. On s'relève. L'plus long jours d'nos vies est pas encore fini."

L'humoran semblait apaisé, il avait accepté de la manière la plus absolu ce qui était en train de se passer dans toute sa violence et son absurdité... Même les morts parmi l'équipage ne semblaient plus avoir d'importance. Cette action... Ça lui plaisait. Trop, c'en était presque malsain. Il avait déjà été dans des situations aussi grotesques et désespérées auparavant, mais il s'en sentait toujours victime. Là, c'était différent.

Il s'avança paisiblement vers la capitaine, glissant ses pouces dans ses poches et dandinant légèrement. Son grand sourire n'avait pas faibli. Il se positionna juste à côté d'elle, regardant avec vers la proue du navire une seconde avant de dire avec un ton joueur :
"On fonce ?"



Le Grand Bleu - Chapitre X

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et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
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Dernière édition par Mercurio le Lun 19 Fév 2018 15:44, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Ven 19 Jan 2018 14:26 
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La capitaine entreprit de mettre en place la manœuvre tandis que, de son côté, Mercurio rassembla des hommes pour contrer une menace qu'il avait repérée. Leyna n'y prêtait qu'une attention limitée, concentrée qu'elle était sur son sort.

Elle sentait l'air qui emplissait ses poumons, puis se vidait, elle suivait son parcours avec concentration, puis l'imaginait se disséminer dans l'atmosphère. Un nuage invisible qui émanait d'elle et qui envahissait le monde... qui, par la grâce de Rana, prit corps autour d'elle.

En quelques instants, le navire se trouva environné d'une brume protectrice qui mit fin aux tires qu'ils essuyaient. Leyna sortit de sa méditation et ses yeux parcoururent les environs qu'elle seule pouvait contempler à présent. Hélas, à ce moment-là...

… Esswan regardait la flotte qui approchait. Les garzok étaient nombreux, et elle n'avait pas imaginé qu'ils puissent entreprendre une véritable guerre sur les flots. Qu'importe. Elle avait l'avantage. Depuis le château arrière de son navire amiral, elle souffla dans sa corne et, aussitôt, tous les aéromanciens et aquamanciens se mirent en action. Les navires bondirent en avant tandis que le brouillard envahissait la flotte ennemie. Les navires earions, inférieurs en nombre, allaient engager le combat sans crainte : déjà, les changements de courants suscités par les prêtres de Moura désorganisaient et limitaient les manœuvres des garzok.

Les aéromanciens communiquaient avec précision la manœuvre, le choc était imminent. Alors, Eswan lança le deuxième signal. Des marteaux-pilons frappèrent au fond de la coque, transmettant un message dans les profondeurs. Les garzok avaient-ils vraiment imaginé que ces quelques dizaines de navires soient toute l'armée d'Antalyä ? La majeur partie des elfes bleus étaient sous les flots et allait bientôt grimper le long de leurs coques. Dès que les navires de guerre auraient enfoncé les lignes pour provoquer la mêlée, ils surgiraient des profondeurs et massacreraient toute opposition.

Ce soir, les garzok auraient rendu l'eau qu'ils avaient volé à Moura, et l'océan en serait tout entier rougi...

… Le choc fit sursauter Leyna. Non pas le choc de la flotte earionne envahissant l'Omyrie, mais leur propre navire qui percutait maladroitement celui des sang-pourpres ! Quelle sotte ! Emportée par le souvenir qui lui avait probablement inspiré cette tactique, elle avait oublié de guider la Rascasse ! Des morceaux de bois volèrent de partout et elle fut elle-même précipitée sur le pont, manquant de peu de s’assommer contre le bastingage.

Elle se releva en titubant légèrement, regardant autour d'elle. Le navire qu'ils avaient percuté était lourdement endommagé, mais ils avaient été également bien secoués. Mais des cris de victoire, à l'arrière, indiquèrent que cela n'avait pas empêché Mercurio de repousser ce qui devait être une nouvelle attaque des raies.

Leyna regarda vers l'autre navire, qui n'osait pas tirer, ne sachant où étaient leurs amis et leurs ennemis dans le brouillard. Mais au même moment, le vent se leva enfin. Rana était vraiment avec eux ! Alors, elle se hâta vers Mythanorië, que Mercurio pressait déjà d'avancer. La prêtresse tempéra :

« Point d'attaque à craindre pour l'instant. Il faut nous hâter vers l'île au plus vite, Rana a répondu à mes appels et gonfle nos voiles ! Que les hommes se tiennent prêts à tirer sur le navire ennemi lorsque nous sortirons. Il faut couvrir notre avance en les empêchant d'actionner leurs armes ! Que tout le monde se tienne prêt, cependant, à se mettre à couvert en cas de tir. »

Elle-même alla au bastingage, en direction du navire. Dès qu'ils sortiraient, elle tirerait sur la machine de guerre la plus proche !

(((dès la sortie du brouillard, projection aquatique niveau 7 vers l'arme de siège la plus proche.)))

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Mer 24 Jan 2018 14:08 
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*14*



Le regard déterminé de mon Second et le frottement doux mais calculé des lames de mon Maître d'arme me firent savoir qu'ils étaient prêts. À l'arrière de la Rascasse, des bruits violents se firent entendre, mélange de cris guerriers et d'eau percée. Mes hommes tenaient en respect les Raies Sanglantes, toujours menace bien présente pour nous. La magie emplit l'air d'une brume épaisse à travers laquelle mes yeux clairs ne percevaient rien. J'avais confiance en la Prêtresse, mais même ainsi je fus prise d'un soupçon d'appréhension. Savait-elle vraiment ce qu'elle faisait ou comptait-elle nous envoyer tous par le fond au nom de Moura ? Peut-être était-ce lié à ma nature observatrice d'oudio, mais plus que de la crainte, j'avais hâte de voir où cela allait nous mener.

Même si je m'y étais attendue, le choc brutal entre la Rascasse et le navire adverse me fit perdre l'équilibre et m'obligea à faire deux pas en avant pour éviter la chute. Le bruit du bois brisé me glaça la sève une fraction d'éternité, mais notre navire demeurait à flot et droit. Plus étrange encore, après le fracas, nul cri de combat venant des Sang-pourpres du bateau. Ils avaient renoncé à l'abordage ou la manoeuvre les avait tant surpris qu'ils n'avaient pas encore digéré le fait d'avoir été pris pour cible ? Prenant rapidement les commandes, Eliwin s'empara du gouvernail et fit virer le vaisseau par tribord. Je compris alors que notre belle Rascasse venait de jouer les espadons et de littéralement éventrer la zone de l'éperon adverse. Eux allaient avoir des problèmes d'entrée d'eau conséquente, et s'ils tentaient de manœuvrer, leur coque de noix allait sombrer corps et biens.

Ils l'avaient cherché et leur sort ne me provoquait aucune sympathie. De toute manière, ils étaient proches de leur point d'ancrage et étaient censés savoir nager. Un claquement attira mon attention en hauteur. Les voiles si particulières de la Rascasse s'étaient tendues d'un coup, gonflées à bloc par un puissant souffle orienté vers l'île. Voilà ce que Eliwin avait perçu bien avant moi. J'avais encore tant à apprendre...

Des pas tranquilles s'avancèrent à ma hauteur et je découvris un Mercurio à l'attitude nonchalante, un sourire typiquement félin au visage. Il avait l'air de s'amuser, ou du moins, de ne pas redouter la situation. D'un ton joueur, il proposa simplement de foncer. J'eus une esquisse de sourire qui persista jusqu'à la venue de Leyna. Celle-ci confirma que nous ne redoutions pas d'assaut dans les prochains instants avant de m'inciter également à presser la Rascasse vers son objectif. Je levai ma main libre et haussai les épaules, l'air résigné mais amusé à la fois.

"Il serait dommage de contrarier un tel enthousiasme. Même la Rascasse est de votre avis."

J'effaçai mon sourire et acquiesçai.

"Un groupe avec la Prêtresse ! Saluez le premier navire hostile que vous voyez comme il se doit ! Un autre en surveillance des Raies Sanglantes ! Faudrait pas qu'ils se sentent délaissés, les pauvres !"

Après un échange de regard, je me mis à concentrer ma magie d'eau et focalisai mon attention sur le dernier navire qui allait être sur notre route. Leyna' avait l'air prête à agresser l'armement adverse avec un appui des nôtres. Je comptais la soutenir aussi, en me tenant prête à déstabiliser ceux qui actionneraient les armes ou, si cela était possible, perturber un possible attaquant à distance en le surprenant par-dessous.

Tout en ramenant ma main libre à moi, je tendis ma lame dans l'alignement de notre éperon.

"Prochaine étape, l'Île du Serpent !"


*--->*

- Prévision du sort d'eau Geyser (Niveau 10 - 3PM) à la sortie du brouillard sur les machinistes ou attaquants à distance : De puissants jets d'eau sortent sous les pieds et font tomber par terre niv/4 adversaires, leur initiative tombe à 1 pour le tour suivant.

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Mer 31 Jan 2018 20:47 
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Mythanorië : échec (4pm eau)
Leyna : réussite (2pm eau)

Le moral au beau fixe, la Rascasse continuait son insolente avancée, et les deux manieuses de fluides se hâtèrent, à la sortie du brouillard, d'user de leur magie contre le prochain ennemi. Seulement, le geyser de Mytha loupa sa cible : un grand pilier aquatique se forma devant le navire, épargnant toute arme de siège ou membre d'équipage qui aurait pu se trouver au rebord. C'était la distance à tous les coups, c'était une mage, pas une tireuse d'élite. Leyna n'eut pas le même problème, mais son sort eut peu d'effet. Un tir d'eau concentré égratigna le bois d'une catapulte, mais ce n'était pas assez pour faire de grands dégâts à l'engin. Ce sort aurait sûrement été plus efficace sur un être de chair.

Un homme de la Rascasse s'adressa à Mercurio, un sourire aux lèvres :

- Pas de signe de ces maudites raies à l'arrière, on dirait qu'ils ont plié bagages !

Cet homme avait parlé trop vite, cependant. A peine deux secondes après cette annonce, un des lassos meurtriers fendit les airs, prenant pour cible nulle autre âme que la capitaine elle-même, qui s'était rapprochée du bord pour sa magie ! Mercurio voulut la prévenir, mais la corde avait déjà été lancée, et le capitaine tournait sans la savoir le dos au danger !

- Hmmf !

Cependant, Eliwin avait tout vu, et s'était rué à l'aide de Mythanorië. Saisissant le bout de fil dans sa forte poigne, il tira d'un coup pour dévoiler l'assaillant, qui se révéla être nul autre que le commandant des Raies Sanglantes au front ensanglanté. Eliwin tira, cherchant à le ramener sur le pont à la force de ses bras, mais l'attaquant, vif d'esprit, sectionna la corde avec son poignard et pris la fuite sous la surface de l'eau.

- Ils n'abandonnent jamais, ceux-là... pesta Samrik.

Lydia ne se passa guère de commentaire :

- L'a profité du brouillard pour nous prendre au cul. Putain de lâche.

L'attention générale se reporta sur le seul navire encore en face d'eux, mais, bizarrement, aucun projectile n'avait été lancé. Ils auraient pu profiter de ce bref moment de panique, mais ils n'en faisaient rien. De même, le navire à l'arrière qui était encore capable de poursuivre, semblait les ignorer et se concentrer uniquement sur le cas du navire rouge.

Ceux qui se tenaient au bord de la Rascasse pouvaient deviner la silhouette du capitaine du navire qu'ils étaient en train de dépasser sans accroc. Un homme paré d'un long manteau en fourrure et d'un grand chapeau qui cachait son visage, allongé de tout son long sur une chaise posée à la proue de son rafiot. Il avait des airs de vacancier, et il regardait silencieusement le passage de la Rascasse, sans lancer d'ordres ou d'injures. Un œil attentif pouvait deviner que cet équipage-là comptait une majorité d'humains, et peu ou pas de Sangs-Pourpres.

Pour une raison ou une autre, les attaques sur la Rascasse avaient cessés, et à la place, les hommes et femmes qui avaient pris part au combat se sentirent... observés.

La Rascasse était libre de continuer vers l'Île du Serpent.

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Dim 4 Fév 2018 22:16 
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Tout l'équipage s'organisa pour la sortie. Les marins s'assemblèrent, la capitaine elle-même préparait sa magie. Leyna joignit les mains, ferma les yeux et se concentra. Un instant de silence avant que la bataille ne reprenne...

Puis, le navire reprit sa route. Ils allaient sortir du banc de brouillard. La prêtresse ouvrit les yeux. Elle était prête. Dès qu'ils virent le navire, ils ouvrirent le feu. Ou du moins, l'eau ! Le navire fut aspergé mais les tires, mal calculés, ne firent que peu de dégâts.

C'est alors qu'un cri retentit. Mythanorië avait été saisie par un lasso ! Non, pas maintenant ! Ces maudites raies sanglantes avaient bien choisi leur moment ! La jeune femme allait se précipiter au secours, tout en sachant qu'elle arriverait trop tard. L'oudio était tirée vers le bastingage, impuissante. Ce fut Eliwin qui réagit le plus vite. Il parvint à tirer la corde, faisant remonter le chef blessé des sang-pourpre ! Par Moura, il était à deux doigts de réaliser la pêche du siècle ! Mais l'assaillant n'était pas stupide, et il coupa bien vite la corde pour se dégager. Au moins, il ne devrait plus avoir de lasso.

Elle se focalisa donc à nouveau su le navire qui les menaçait. Sauf que celui-ci... ne tirait pas. Pourquoi ? La jeune femme se demanda un instant si elle ne s'était pas de nouveau perdu dans la mémoire de son peuple tant la scène qui suivit était surréaliste. Dans un silence total, ils passèrent devant l'autre navire qui semblait les ignorer royalement. Un capitaine, qui n'était pas un sang-pourpre, était tranquillement étendu, leur jetant un regard curieux. Ce navire n'était pas de l'île, cela semblait impossible.

Leyna revint vers la capitaine. Elle était grandement étonnée, et le fit savoir ainsi :

« Je me demande si ces navires que nous voyons former un cercle sont là pour défendre l'île... ou pour l'assiéger. Nous pouvons en profiter pour partir droit devant, puisqu'ils ont l'air de voir en nous des alliés, nous serions vite arrivés... ou alors nous pourrions tenter de nous renseigner. Je n'ai pas de conseil à vous donner ici. Le choix vous revient entièrement. »

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Ven 9 Fév 2018 14:11 
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Campée sur mes jambes mais avec assez de souplesse pour épouser les mouvements de la Rascasse, je m'étais tenue prête à user de magie. À la sortie du brouillard, je matérialisai mes fluides d'eau. Si la puissance de la colonne aquatique avait été honorable, elle rata par contre totalement sa cible. J'avais à peine éclaboussé la proue adverse malgré ce que j'avais investi en ressources. Le brouillard avait du fausser mon sens des distances ou peut-être l'avais-je juste sous-estimée. La Prêtresse eut plus de chance que moi à ce jeu d'adresse, mais là aussi, le résultat ne fut pas des plus spectaculaires. Tout au plus elle fit voler des morceaux superficiels d'une catapulte.

Non loin, une voix attira mon attention sur mon flanc, me faisant brièvement détourner la tête vers le pont. Avant même d'avoir pu comprendre l'enchainement des événements, un souffle me détroussa de mon tricorne et quelque chose passa vivement devant mes yeux clairs. Par réflexe, j'élevai mon bras libre en travers de mon torse pour ne ressentir l'instant d'après qu'un inconfortable étau. Une corde ! Un lasso venait de se saisir de moi, et mon foutu réflexe m'avait bloqué le bras contre la poitrine ! Pas même le temps de cligner des yeux qu'une brutale traction m'arracha un son de désagréable surprise, et le soudain contact du bastingage m'amena à une évidente conclusion : j'allais tomber par-dessus bord...

C'était sans compter sur l'expérience et les réflexes d'Eliwin. Sa forme massive se rua à mes côtés, empoignant le filin et tirant brutalement dessus en sens inverse. Tournant la tête, je vis émerger des flots le meneur des Raies Sanglantes. Comme la pêche qu'il était devenu, il fut hissé de longs instants avant d'avoir la présence d'esprit de couper la corde. Le contrepoids parti, je m'extirpai du lien avec une grimace mécontente. Je m'étais laissée distraire un instant, et cela avait failli être la catastrophe. Je ramassai mon tricorne et l'époussetai d'un geste, tout en entendant Samrik pester contre la persistance des Sang-Pourpres puis Lydia en rajouter une couche. Dans son langage des plus imagé, bien entendu.

Mes yeux clairs se firent perçants à l'attention du dernier navire nous barrant la voie, mais étrangement, il ne semblait pas vouloir combattre. Même chose pour les autres navires que le brouillard avait perturbés. Un spectacle étrange se dévoila à nos yeux au moment où la Rascasse se mit à longer cet autre navire. Un homme en long manteau en fourrure, donc qui me parut bien peu adapté au milieu marin, et d'un grand chapeau se reposait sur une longue chaise à la proue. Il était à bonne distance, et pourtant j'étais quasiment convaincue que sa peau n'avait pas le coloris type de la peuplade pirate. Un silence gagna peu à peu l'endroit, comme si les ressortissants du coin venaient de comprendre qu'ils avaient sautés quelques étapes dans le procédé d'accueil.

La Prêtresse vint à moi, s'étonnant de ce cercle de vaisseaux. Elle émit l'hypothèse qu'ils étaient peut-être là pour assiéger l'île plutôt que de la défendre. Elle me conseilla soit de continuer puisque les obstacles s'étaient écartés de notre route, ou de consulter ces marins non-hostiles. Malgré moi, je haussai un sourcil à sa dernière tirade. Elle me laissait entièrement le choix ? Elle ? Notre tête brûlée "rascassiale" ? Le combat avait du la fatiguer plus que je ne l'aurais cru.

"Un assaut ? J'en doute. Les Raies défendraient les abord immédiats et non la bordure extérieure... À moins bien sûr que nous arrivions au milieu d'un conflit entre Sang-pourpres. Quoi qu'il en soit, quelque chose me dit que rester dans leurs eaux continuera de courroucer les membres de la poiscaille sanglante, même si nous leur avons prouvé qu'ils s'en sont pris à la mauvaise proie."

Je jetai brièvement un regard en direction de la porte de ma cabine, devant laquelle nous avions aligné les corps restés à bord de mes marins tombés au combat. J'eus un pincement de fibres végétales dans le cou et me tournai vers la proue, ôtant la forme ligotée du pirate Levik de mon champ de vision. Je le sentais au fond de moi. Si j'avais attardé mon regard sur sa forme en cet instant, cela aurait certainement causé une montée d'ire incontrôlable, et il aurait payé au centuple pour chaque membre de mon équipage que son groupe avait fait souffrir.

"La Rascasse a tenu bon, mais l'arrogance rend aveugle. Si l'opportunité de cesser le combat nous est offerte, profitons-en. Continuons. Laisser le navire immobile pendant une prise de renseignements pourrait inciter ces... Cette tête blonde et sanguinolente à retenter un abordage."

J'avisai chaque visage à proximité puis esquissai un sourire.

"Je prends l'arrêt de leurs tirs comme une invitation. Nous serions ô combien malpolis de la refuser, n'est-ce pas ?"

Je m'apprêtai à rengainer mon épée mais me ravisai. Ce pouvait aussi bien être le calme avant la tempête, une diversion pour nous faire baisser notre garde. Rajustant ma coiffe, l'arme au poing, je fis un mouvement de menton vers l'Île.

"Direction la terre, et pas de relâchement. Nous sommes invités mais pas encore les bienvenus."

Mes yeux glissèrent vers la surface de l'eau et se plissèrent. Quelque part, j'avais la certitude d'être observée. Cette fois cependant, je doutais que ce fusse à cause de ma nature d'oudio.


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Dernière édition par Mythanorië le Lun 26 Fév 2018 03:56, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Ven 9 Fév 2018 20:40 
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Le Grand Bleu - Chapitre IX



Le Grand Bleu

Chapitre X




Mythanorië, à la vue du gaillard enjoué, partagea son sourire. A son audacieuse proposition, elle feignit l'indécision avant d’acquiescer. Il était content de voir qu'il n'était pas le seul à prendre les derniers événements avec légèreté malgré la gravité de leur situation.

Un dernier navire leur faisait barrage, visible après la barrière de brume. La capitaine et la prêtresse commencèrent à user de leur magie d'eau lorsqu'un des hommes annonça avec fierté qu'il ne semblait plus y avoir la moindre trace des raies sanglantes à la poupe. L'humoran n'eût le temps de s'en galvaniser qu'un lasso s'abattit sur la capitaine, aussitôt rompu par Eliwin.
L'auteur de ce coup de pute n'était autre que le chef des raies sanglantes qui avait voulu faire son chaud. Nul n'eût le temps de s'attaquer à lui que le pleutre s'évanouit à nouveau sous l'eau.

"Deux arbalètes armées et prêtes à tirer de chaque côté ! J'veux pas qu'c'trou du cul ou un autre ait encore l'occas' de jeter son lasso !", ordonna l'humoran.

Ils passèrent alors à côté du dernier navire. Il ne se déplaçait pas, il ne semblait pas y avoir d'activité sur le pont... Ils ne faisaient rien. Rapidement, ils purent constater qu'un être étrange, avec un chapeau de carnaval et emmitouflé dans une fourrure, était assis à la proue. Sans doute leur capitaine. Il n'avait jamais compris pourquoi, mais les capitaines pirates se trimbalaient très souvent dans des tenues tape-à-l’œil totalement ridicule. De loin, on aurait dit un gros tas de poil avec un chapeau de bourgeoise. Maintenant qu'il voyait le personnage de plus près, il semblait plutôt affalé sur son siège, comme prêt à s'assoupir si ce n'était pas déjà le cas. Mercurio put aussi constater qu'il ne voyait aucun sang-pourpre parmi son équipage.

C'était vraiment une étrange journée. Qu'est-ce que c'était que cet équipage et qu'est-ce qu'ils foutaient là ?

La prêtresse et la capitaine semblaient se demander s'ils étaient arrivés en plein milieu d'une bataille mais l'humoran n'y croyait pas vraiment. Rien jusque là n'avait montré un quelconque affrontement qui leur serait extérieur.
Ces foutus peaux-bleues ne comprenaient que le langage de la force. Peut-être que tout cela n'était qu'un test à leur manière pour déterminer s'ils méritaient de pouvoir accoster sur l'île ou une autre débilité dans le genre.

Quoi qu'il en était, l'oudio ordonna de continuer en direction de l'île, tout en précisant bien à l'équipage de ne pas se relâcher pour autant. Elle lui enlevait les mots de la bouche.

Alors qu'ils avançaient, une sensation d'oppression se fit soudainement ressentir parmi l'équipage. Tout le monde était silencieux, sur ses gardes, s'attendant à au moins une dernière saloperie dans la tronche. Ils ne pouvaient pas les laisser tranquillement débarquer comme ça, tout le monde semblait se dire.

Mercurio se rendit sur la poupe pour regarder au loin les deux navires qu'ils semaient, puis fit le tour du pont, vérifiant qu'aucune raie sanglante ne traîne encore trop près d'eux... Il ne savait pas trop quoi faire, flânant sur le pont, s'assurant au passage qu'aucun membre de l'équipage n'était encore porteur d'une quelconque blessure...

"T'vois rien d'étrange ?", lança-t'il à Lydia qui était remonté sur la vigie.



Le Grand Bleu - Chapitre XI

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Dim 18 Fév 2018 00:47 
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L'étrange capitaine regarda la Rascasse passer en tirant son chapeau.
Profitant de cette accalmie inquiétante, la Rascasse continua son avancée, observée par des centaines d'yeux.

Lydia répondit à Mercurio :

- C't'île... y'a des dizaines de rafiots qui y sont amarrés. Et ça fourmille sur la plage, on dirait une putain de cité pirate !

En effet, en se rapprochant, tout l'équipage put constater qu'il y avait une grande foule prête à les recevoir au port. Sangs-Pourpres, pirates en tous genres, marchands et pêcheurs... un peuple étrange et cosmopolite qui les fixait avec un regard désintéressé.

L'île en elle-même était vaste, montagneuse et verdoyante. La seule plage en vue était celle occupée par le quai qu'ils allaient rejoindre, tout le reste n'étant que falaises et récifs. Derrière le quai, il était possible de deviner un grand village abritant la majorité de la population de l'île. A tribord, un temple singulier se dressait au sommet d'une haute colline, enveloppé du brouillard recouvrant le ciel.

Il n'était pas possible de s'arrêter à quai, tant il était occupé par les navires les plus imposants. Le droit de s'amarrer au quai était sans doute réservé à une certaine élite. Les autres navires étaient ancrés autour de l'île, et on allait et venait en barque.

Sur le pont de la Rascasse, Li Nasakura était sorti de sa cachette, et se tenait avec les autres à la proue du navire. Nerveux, il se tourna vers la capitaine.

- Ma-mademoiselle c'est de la folie ! C'est une véritable armada, ils ne feront qu'une bouchée de ce bateau, vous devez rebrousser chemin tant qu'il est encore temps !

Samrik, irrité par le comportement du bigleux ynorien, rétorqua :

- Imbécile, cet endroit est sensé être secret. Si on essaie de partir maintenant, ils nous attaqueront tous à coup sûr.

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Dim 18 Fév 2018 22:17 
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Mythanorië opta pour foncer vers l'île. En répons, Leyna partit calmement dans sa cabine. Là, elle assembla ses cheveux en chignon et dénicha un foulard qu'elle enroula autour de sa tête. Elle était courageuse mais pas téméraire. Mieux valait, au moins dans un premier temps, passer pour une earionne, et pour cela, elle devait cacher ses cheveux roux. Le reste de son physique, elle l'espérait, passerait inaperçu pour ceux qui ne regarderaient pas de trop près.

Après s'être ainsi attifée, elle remonta sur le pont et s'installa à côté de la capitaine, sur le château de poupe. Là, elle se mit à chanter une petite comptine improvisée, d'abord doucement, puis de plus en plus fort, pour redonner du cœur aux marins qui s'agitaient de crainte devant ce qui les attendait.

« Une brise gonfle les voiles,
Qui ondulent dans le vent,
L'océan indolent est notre toile,
Qui dessine notre destin changeant.

Ô comme je rêve en voyant l'horizon,
qui toujours plus loin s'étend,
De Moura, sa grandeur est le don,
Le chemin qui trace sous le firmament.

L'ombre qui plane sur nos cœurs,
Balayée par le souffle de Rana,
Cède place à courage et honneur,
Hommes de la mer, chantant de joie...

Nous suivons la voie de Moura ! »


Tel était la prière qu'elle faisait, pour le navire, mais aussi pour elle-même. Elle allait rencontrer le peuple de son père. Un peuple pour lequel elle était une abomination. Elle ne saurait leur reprocher de la voir ainsi, surtout maintenant qu'elle savait que Perailhon était son père. Elle allait au-devant de la mort, mais elle y allait avec un courage de bon aloi. Car elle était prêtresse de Moura.

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 Sujet du message: Re: La Rascasse Volante (Guilde : Confrérie d'Outre-mer)
MessagePosté: Lun 19 Fév 2018 17:22 
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Le Grand Bleu - Chapitre X



Le Grand Bleu

Chapitre XI




Lydia lui répondit :
"C't'île... y'a des dizaines de rafiots qui y sont amarrés. Et ça fourmille sur la plage, on dirait une putain de cité pirate !"

C'était prévisible. Après tout, ils étaient justement venu ici pour ça.
Peut-être s'étaient-ils trompés sur la nature de l'attaque à laquelle ils venaient de faire face et que cela n'avait rien à voir avec le fait de protéger l'île ou de leur faire passer un test. Comme cela arrivait parfois au large de Dahràm, il ne s'agissait peut-être finalement que d'un équipage pirate indépendant voulant en découdre avec le premier navire qui passait. Peut-être espéraient-ils capturer la Rascasse Volante et piller ses richesses ou firent-ils cela pour le plaisir de l'affrontement et pour leur dévotion fanatique envers Moura.

Ce qu'ils finirent par voir de l'île semblait lui donner raison.
Plus ils s'en rapprochaient, plus l'île du Serpent lui rappelait Dahràm. Un port pirate grouillant de vie et de races différentes. Le quai était occupé d'imposants vaisseaux et les navires plus humbles devaient mouilleur leurs ancres plus loin, se rendant au port par barques. En effet, outre par le quai, l'accès à l'île semblait impossible à cause de falaises côtières et d'un récif chaotique.

Il allait leur falloir faire de même.
L'humoran commença à se tourner vers la capitaine, songeant déjà aux lourdes réparations qu'ils doivent absolument opérer sur le bateau avant de pouvoir reprendre le large lorsque Nasakamura, bientôt suivi de Jiro et la cantinière avec son fils entre les bras montèrent sur le pont, profitant de l’accalmie pour venir voir ce qu'il s'était passé.

Mercurio regarda Jiro avec soulagement. Ils n'avaient pas eu à en arriver aux extrémités redoutées. Il ne pût cependant que constater l'horreur dans les yeux de la jeune mère à la vue des deux cadavres embrochés toujours présents sur le pont.

"Molrak, aide-moi à descend' c'deux-là dans la cale... On honorera leurs morts plus tard. Naho, nettoie-moi c'sang du pont, tu veux ?"

Descendant dans le navire avec le cadavre entre les bras, l'humoran entendit Nasakamura recommencer à paniquer devant la capitaine. Il leva les yeux au ciel, continuant sa tâche. Après tout, c'était l'oudio qui avait voulu trimbaler cet insupportable bonhomme avec eux. Qu'elle se démerde avec.

Après avoir placé les deux cadavres dans un coin isolé de la cale et les avoir recouvert d'un linge, il remonta sur le pont, où la prêtresse chantait une prière à Moura. Si ces liturgies l'insupportait toujours autant, force était de constater que l'équipage semblait les apprécier alors il prit sur lui et alla plutôt voir la capitaine.

"Cap'taine, j'sais pas l’accueil qu'y vont nous faire là-bas mais si j'sais une chose, c'est qu'la Rascasse pourra nous emm'ner bien loin dans c't'état. On a pris trop cher pour pouvoir réparer ça nous-même, il va nous falloir l'aide d'au moins un calfat, un charpentier et un forgeron... Ça va coûter cher et on risque d'être coincé sur l'île plusieurs jours en attendant la fin des réparations..."

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A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
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MessagePosté: Lun 26 Fév 2018 03:55 
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N'ayant plus aucun obstacle sur sa route, la Rascasse fit voile en direction de l'île dont la réputation de point d'attache important des Sang-pourpres n'avait pas l'air usurpée. Précédant le paysage verdoyant de ce bout de terre, et enchâssé comme un bijou dans un écrin de falaises et de récifs, un port fourmillant de vie grignotait de ses pontons l'étendue salée. D'imposants navires y avaient pris place, et il ne me fallut qu'un rapide regard pour comprendre que jamais notre propre bâtiment n'aurait l'occasion d'y mouiller directement. Le spectacle de vaisseaux immobiles car amarrés autour de l'île n'était troublé que par les mouvements d'allers et retours des barques entre eux et le port. La chose était préoccupante, dans le sens où les réparations de la Rascasse allaient nécessiter un savoir-faire et des matériaux que des barques allaient peut-être avoir du mal à charrier.

Debout à la proue, j'entendis une voix m'interpeller non pas par mon grade à bord, mais par un titre de "mademoiselle". C'était l'ynorien Nasakura, presque plus nerveux encore qu'à notre rencontre, et qui m'incitait à faire faire demi-tour à la Rascasse. Je fronçai les sourcils pour le darder d'un regard sévère. Avant d'avoir ouvert la bouche cependant, le demi-garzok me coupa l'herbe sous le pied. Il devait être plus remonté que son stoïque faciès le laissait croire, car il fit remarquer d'une façon abrupte que l'endroit était censé être secret. Partir après avoir vu l'emplacement de cette base maritime et sans avoir effectué la moindre transaction sur place ne pouvait que nous faire passer pour un vaisseau espion. Je relevai mon tricorne d'un serpentin, effectuant un signe approbateur du chef envers mon Maître d'arme, puis avisai l'humain tremblant.

"À bord, c'est Capitaine Mythanorië, passager Nasakura. Et non, nous ne repartirons pas dans l'immédiat."

Une brève œillade suite à un mouvement me fit remarquer la présence de la Prêtresse, qui venait de se lancer dans une petite chanson dédiée globalement aux éléments nous entourant. Mer, vent, sentiments contrariés. Une prière à la Déesse des mers, dont l'écoute semblait réconforter les matelots. Bientôt, ce fut Mercurio qui vint à la proue à mes côtés, confirmant ce que je m'apprêtais à préciser à l'épuisant Nasakura. La Rascasse avait fait les frais de l'affrontement maritime et, si elle flottait sans difficulté dans ces eaux somme toute calmes, les avaries étaient trop importantes pour repartir en haute mer. Nous allions devoir trouver des spécialistes au port pour la remettre en état.

J'avisai le félin et pointai les ponts inférieurs d'un pouce par-dessus mon épaule.

"Nous avons de quoi négocier à bord, Mercurio. Reste à trouver à qui s'adresser."

Mes yeux clairs parcoururent le pont où l'équipage complet se trouvait, certains rassemblés autour de la Prêtresse, d'autres comme Nahöriel en train de s'atteler à faire disparaitre les traces sanglantes du combat. C'était vrai, il était encore trop tôt pour faire fi de la menace qui avait pesé sur nous quelques milles auparavant. Il était hors de question de laisser la Rascasse sans surveillance ni de rester cloîtrés à son bord. Hésiter maintenant après tout ce que nous avions enduré n'aurait pas été bon pour notre réputation.

"Jetons l'ancre à distance respectable des autres navires. Constituons ensuite la délégation qui ira rendre une visite à nos hôtes. Contingent limité. Pas question de laisser la Rascasse livrée à elle-même."

J'avisai mes hommes, cogitant vivement. Avoir Eliwin à mes côtés me semblait judicieux vue son expérience, mais était-ce une bonne idée ? Il me fallait aussi quelqu'un de responsable et apte à organiser mes hommes dans le cas où ces maudites Raies Sanglantes auraient décidé de poursuivre leurs persécutions à notre endroit. Mes yeux clairs allèrent à la rencontre de ceux de mon protecteur et conseiller.

"Je vous laisse le choix, Eliwin. Vous savoir à bord avec ceux qui resteront serait rassurant, mais vos connaissances en matière de... Protocoles... Nous épargneraient sans doute quelques faux-pas."

Je savais que Mercurio, en tant que Voix de l'équipage, allait venir. La Prêtresse aussi, si l'île du Serpent ne lui arrachait pas son courage. Lydia devait prendre du repos suite à sa blessure, et je me doutais que Nahöriel suivrait sans doute Leyna'. Pourtant, connaissant mon ami, il pouvait très bien choisir de rester pour remonter le moral de tout le monde à bord. Samrik ferait sans doute ce que Eliwin lui intimerait de faire, le maître d'arme respectant la force du marin et m'ayant déjà servi de protecteur à la place de celui-ci.

Mon regard avisa l'une de nos chaloupes puis les membres de ma troupe avant de se reporter sur notre destination. Nous avions finalement atteint notre but, mais je n'en éprouvais pas le moindre soulagement. J'avais perdu des hommes de façon brutale, et m'en rappeler me fit tourner la tête vers un détail encore étendu et ficelé sur le pont.

"Oh, et que quelqu'un réveille ce Levik. Nous sommes un vaisseau de la Confrérie, pas une auberge. On va le raccompagner à terre, comme promis. Il vaut mieux pour lui que ses premières paroles soient un... Merci."

Malgré moi, je sentis mon regard se faire perçant et m'efforçai de le reporter sur la chaloupe destinée à amener le contingent diplomatique au port. Le garder à bord comme monnaie d'échange n'aurait été faisable que si ses compagnons avaient accordé la moindre valeur à sa survie. Ce Levik ayant été poussé à vouloir se trancher la gorge plutôt que d'être fait prisonnier, nul doute que le laisser ici serait contre-productif. Et puis, quelqu'un au port avait peut-être une folle envie de lui mettre la main dessus...



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_________________
Mythanorië - Oudio / Shamane Hippocampe


Sœur de la Confrérie d'Outremer, Capitaine de la Rascasse Volante, au corps de bois et cœur de bête océane
"Y'a pas à dire, la mer, ça vous change quelqu'un !"

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Dernière édition par Mythanorië le Ven 16 Mar 2018 02:14, édité 1 fois.

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