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 Sujet du message: Le temple de l'Oracle
MessagePosté: Jeu 30 Oct 2008 19:24 
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Le temple de l'Oracle


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Dans les montagnes, au nord de Khonfas, se cache un temple dont seuls quelques érudits connaissent l'existence.

On dit qu'un Oracle y habite, et que cet Oracle a réponse à toutes les questions, qu'il sait tout et qu'il voit tout grâce à une ancienne magie perdue. Toutefois, les années qu'il a passées loin du monde en font une personne excentrique dont la folie n'a d'égal que le savoir infini.

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Vous pouvez aller le consulter, il répondra à une et une seule de vos questions par la vérité la plus pure, mais serez-vous capable de la comprendre?

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 Sujet du message: Re: Le Temple de l'Oracle
MessagePosté: Sam 21 Mai 2016 23:41 
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[:attention:] Le texte qui suit est susceptible de heurter certaines sensibilités. [:attention:]

Je dévale la pente neigeuse à la poursuite de la fuyarde qui a maintenant disparu à ma vue, mais sa piste est profondément marquée dans la poudreuse et je n'ai donc aucun mal à la suivre. La situation se complique quelque peu une heure plus tard, lorsque je rejoins une altitude plus basse où la couche blanche s'estompe pour laisser place aux rochers. Il n'y a cependant que deux chemins possibles, une vallée peu encaissée descendant presque en droite ligne en direction de Khonfas et une autre plus étroite obliquant vers l'est. La nuit est tombée, mais la lune me fournit assez de lumière pour que j'y voie presque comme en plein jour, je scrute donc celle allant vers la cité Shaakt, m'avisant qu'il n'y a presque pas de végétation et qu'il serait donc difficile pour l'elfe noire de s'y dissimuler. Quelques instants d'observation me convainquent qu'elle n'a pas suivi cette voie par trop évidente, je me dirige donc vers celle partant en oblique dans la direction approximative d'Eniod, examinant le sol avec soin pour tenter de déceler quelque trace de son passage. Mes efforts sont assez vite récompensés, une tache de sang fraîche m'indique que je suis sur la bonne piste et je me presse donc dans la petite et tortueuse vallée qui serpente au gré du relief tourmenté.

Je marche d'une allure rapide jusqu'à l'aube, suivant toujours le vallon encaissé qui demeure à une altitude plus ou moins constante en ne cessant de se diriger vers le sud-est. Je finis par apercevoir brièvement mon ennemie peu après le lever du soleil, elle n'a plus qu'une centaine de mètres d'avance mais un pan de rocher la soustrait bien vite à ma vue, pas moyen de lui ficher une flèche dans le corps! Je passe le promontoire rocheux quelques instants plus tard et m'arrête en découvrant que la vallée s'arrête subitement dans un cirque rocheux entouré de hautes falaises et au fond duquel se trouve une bien étrange bâtisse. Le bâtiment m'évoque une sorte de temple construit dans une roche rougeâtre identique à celle de la montagne à cet endroit, mais il ne ressemble en rien aux sanctuaires Shaakts que j'ai déjà pu observer au Naora, son aspect n'ayant rien de sombre ou de maléfique. Son architecture me fait penser à un mélange d'art Hinïon et Humain, je me demande futilement qui a pu construire ce temple en ces lieux reculés, mais j'ai des préoccupations plus pressantes dans l'immédiat et je remets donc mes interrogations à plus tard en me rapprochant prudemment de l'édifice.

La Shaakt s'est arrêtée sur les premières marches entourées d'étranges colonnades menant à l'unique entrée visible, fermée d'une grande porte cintrée haute de plus de cinq mètres. Elle me fait face, livide et visiblement épuisée, mais un rictus sardonique et malveillant retrousse ses lèvres pincées de manière inquiétante. Par Sithi, que mijote-t'elle?! Je m'approche en redoublant de vigilance, arc en main et flèche encochée, jusqu'à parvenir à portée de tir. Je m'arrête et la vise posément, bien déterminé à l'achever sans autre forme de procès lorsque une deuxième silhouette, masculine celle-ci, sort de derrière un pilier pour venir se placer aux côtés de la noire. Je manque en lâcher ma flèche de stupeur lorsque je reconnais l'être qui se tient sur l'escalier, par tous les dieux quelle est cette sorcellerie!?! Je me ressaisis d'un brutal effort de volonté, qu'importe cette présence surréaliste, la Shaakt doit mourir! Je gèle ma flèche et décoche mon trait sans plus hésiter, atteignant la maudite en plein abdomen et la faisant basculer à la renverse sur les marches, puis j'encoche un autre projectile et m'avance en plissant les yeux de contrariété autant que d'incompréhension. Le Sindel me sourit avec une ironie palpable tout en me faisant signe d'approcher davantage, puis il me hèle enfin de cette voix que je reconnaîtrais entre mille:

"Cela faisait longtemps, n'est-ce pas mon cher "fils"?"

Mon père. C'est mon père...Ô Sithi, éclaire-moi de ta sagesse car je perds pied...je ne comprends pas, je ne comprends plus. Mes pensées s'affolent, décousues et dépourvues de la moindre cohérence, comment cela se peut-il?!? Je bredouille tant bien que mal:

"Père...je...je te croyais mort...que fais-tu ici au nom de l'astre Nocturne?"

"Je t'attendais. Cela fait longtemps que je te cherche. Je me serais bien épargné cette peine après la déception que tu m'as infligée mais, vois-tu, ma position implique quelques obligations auxquelles je n'ai pu me dérober."

Il fait un signe de la main et deux archers Shaakts sortent à leur tour de derrière les colonnades, me visant de leurs armes bandées. Je ne réfléchis pas et lâche à l'instinct ma propre flèche sur l'elfe noir de droite, l'atteignant en plein ventre! Le trait de ce dernier part se perdre dans les airs, mais le deuxième tire à son tour et me touche à l'épaule, sans pour autant parvenir à percer mon armure renforcée par les runes! Je puise fluidement un autre trait dans mon carquois et le tire dans le même geste, transperçant la gorge du deuxième archer encore totalement incrédule d'avoir vu sa flèche se briser sur les écailles de ma protection sans m'infliger le moindre dommage. Mon père grimace légèrement d'un air ennuyé en voyant ses deux...ses deux quoi au juste? Que fait-il en si détestable compagnie? Mon instinct me hurle que je devrais lui planter une flèche dans les tripes, mais je ne peux m'y résoudre malgré ce que je viens de voir, c'est mon père...et puis je veux comprendre, je veux savoir, quelle manigance odieuse est-ce encore là? Je crache d'un ton sec et menaçant en réarmant mon arc et en pointant la flèche sur lui:

"Maintenant tu vas m'expliquer ce qui se passe, j'en ai marre "père", ma patience est épuisée..."

"C'est une longue histoire. Je crains de n'avoir ni l'envie ni le temps de te la raconter. Tout ce qui importe, c'est que tu dois mourir, Tanaëth. Tel est le prix à payer pour avoir bafoué nos lois."

Il dégaine lentement sa longue lame de mithril bleu, cette même lame qu'il me laissait parfois tenir lorsque j'étais enfant, et poursuit:

"As-tu assez d'honneur pour te battre contre moi loyalement, Tanaëth? Ou l'as-tu abandonné au Naora en même temps que ton devoir?"

Je frémis de rage à ces paroles, et c'est d'une voix rendue rauque par la colère que je lui réponds:

"Tu oses me parler d'honneur? Après t'être acoquiné avec des Shaakts pour faire assassiner ton propre fils?! Après avoir fait assassiner Moraen et une quinzaine d'Hinïons de la plus méprisable manière dans le seul but de m'atteindre?! Regarde autour de toi, misérable! Tu les vois ces deux archers et cette guerrière Shaakt? Ne me parle pas d'honneur ou de devoir, toi qui a renié le premier commandement de Sithi en prenant la vie de Sindeldi par l'intermédiaire de cette race que nous combattons depuis des millénaires! Tu es prêt à tenter de tuer ton propre fils pour satisfaire ta soif de pouvoir, et tu as l'audace de me faire la morale?!"

"Ce n'est pas aussi simple, tu le sais aussi bien que moi. Les Ithilausters tiennent ta mère, elle mourra si je ne leur ramène pas ta tête..."

C'en est trop. Je n'ai pas oublié l'effroyable hurlement de la Banshee, et je sais ce qu'il signifiait. Ma mère est morte, je le sais aussi sûrement que si je l'avais vue mourir. Peut-être l'ignore-t'il, mais cela ne fait plus la moindre différence. Mon sang n'est plus que glace dans mes veines, mon âme vacille au bord d'un gouffre sans fond de ténèbres, ce ne sont pas les Ithilausters les responsables de mes souffrances, mais mon propre père. Mon propre père...mes doigts relâchent la corde de mon arc, sans que je ne fasse rien pour les retenir. Ma flèche fend les airs avec toute la vivacité habituelle mais elle me semble voler au ralenti durant un interminable instant hors du temps, jusqu'à se ficher en vibrant dans la poitrine de mon géniteur. Je perçois la moindre vibration du bois, le plus infime frémissement des plumes. J'entends l'impact avec une acuité perturbante, le tissu de sa chemise qui se déchire, la chair qui se fend, la côte qui cède sous le choc brutal, infime craquement qui résonne pourtant pour moi comme un coup de tonnerre. Je titube alors que mon bras tenant la relique de glace s'abaisse lentement, un tremblement s'empare de tout mon être et je sens quelques perles salées glisser le long de mes joues. Je viens de tuer mon propre père d'une flèche Shaakt en plein coeur. J'en ai la nausée. Mes jambes cèdent subitement et je me retrouve à genoux, hoquetant et vomissant une bile amère. Je viens de tuer mon père...

_________________

Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)


Dernière édition par Tanaëth Ithil le Lun 30 Mai 2016 21:53, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de l'Oracle
MessagePosté: Dim 22 Mai 2016 13:52 
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Ce sont les gémissements de douleur des deux Shaakts blessés qui me tirent de mes pensées morbides. L'un des archers vit encore, ma flèche lui a percé les entrailles, une sale blessure qui finira par le tuer, mais pas avant plusieurs heures. La Shaakt que je traque depuis tant de jours est également encore en vie, le dernier trait que je lui ai décoché a frappé un peu plus haut que celui ayant abattu le tireur survivant, au niveau des côtes flottantes. Son armure a certainement amorti l'impact, la plaie n'est probablement pas mortelle mais ajoutée à son poignet brisé et aux ravages que le feu a infligé à son visage elle a suffit à la terrasser momentanément. A ses côtés, le cadavre de mon père gît, ses vêtements de voyage sont imprégnés de son sang et sa poitrine ne se soulève plus. Une nouvelle vague de nausée menace de me submerger mais je déglutis à plusieurs reprises en m'efforçant de me convaincre qu'il n'y avait pas d'autre issue possible. J'aurais pu tenter de le faire prisonnier, mais dans quel but? Le ramener dans mon pays natal pour qu'il y soit jugé? Folie, l'écrasant pouvoir des Ithilausters se serait manifesté et il y aurait simplement eu deux morts discrètes, à moins qu'ils ne nous envoient dans la seconde au bagne de Raynna. Cela fait longtemps que le mot "justice" ne signifie plus rien au Naora.

Je me relève péniblement et m'approche des marches, le regard fixé sur le visage de mon traître de père. Je le contemple longuement, perdu dans mes souvenirs. Il y a eu beaucoup de moments heureux dans ma jeunesse, je me souviens avoir été entouré d'une vraie famille, unie et aimante. Mes yeux dévient et se posent sur la lame bleutée qu'il a lâchée en mourant, je la ramasse songeusement et la fait lentement tourner entre mes mains. Sans doute est-ce cette arme qui m'a donné envie de devenir un guerrier. Mon père la portait toujours, elle était pour moi un symbole de force et de noblesse, j'étais comme tous les enfants, fasciné par ce beau métal rutilant et ce qu'il représentait dans un idéal n'appartenant en définitive qu'aux contes. J'ignorais tout de la mort à l'époque, les combats n'étaient pour moi que des jeux aimables qui finissaient autour d'un gâteau et d'un jus de fruit. Je sais ce qu'il en est, aujourd'hui. La mort n'a rien de beau, jamais. La mort souille, pue, chaque vie tranchée assombrit un peu plus l'âme et le coeur de celui qui la prend. Finirais-je par y devenir indifférent, comme tant de tueurs avant moi? J'espère que non, mais je sais à cet instant que je ne peux en être certain. Je me suis endurci, j'ai dressé de froides protections mentales simplement pour ne pas sombrer dans la folie. Je ne pense presque jamais à ceux que j'ai tués, pour certains je ne me rappelle pas même de leurs visages. Alors que serais-je dans quelques années, si je poursuis ma route pavée de cadavres? Que serais-je lorsque j'aurais vécu une vraie guerre, comme j'en ai l'intention en souhaitant apporter mon appui à la défense d'Eniod? Je n'ai pas de réponse à cette question. Juste un espoir en lequel je ne crois plus guère en ce jour sombre entre tous. Chaque mort nous rend plus dur, plus distant, c'est une lente descente aux enfers, vicieuse et presque indiscernable. On change, mais on ne le réalise pas vraiment.

(Tu as fait ce qu'il fallait, Tanaëth. La mort fait partie du cycle de la vie, peu de choses sont éternelles. Préserve au fond de ton coeur la seule chose qui ait le pouvoir de donner un sens à tout cela, c'est le seul conseil que je puisse te donner.)

(Et cette...chose...qu'est-ce au juste, Syndalywë?)

(L'amour, Tanaëth. Aime la vie, aime tes proches et tous ceux qui ne cherchent pas à nuire à autrui.)

(C'est facile à dire, sans vouloir t'offenser.)

(Je sais. Tu n'as pas idée à quel point je le sais.)

Je frémis en tentant de comprendre, réalisant qu'elle a traversé des éons innombrables, elle a partagé un nombre incalculable d'existences, mêlée de la plus fusionnelle façon qui soit à l'esprit de ses élus. Combien de fois a-t'elle partagé un acte meurtrier? Combien de fois a-t'elle partagé l'agonie d'un être auquel elle s'était liée pendant des années, des siècles, des millénaires? Non, je n'ai pas la moindre idée de la manière dont elle peut avoir conservé foi et joie de vivre malgré tout cela. Mais je suis heureux qu'elle soit à mes côtés. Sa présence est un puissant garde-fou, le seul capable de m'empêcher durablement de m’abîmer dans les ténèbres de la folie, sans doute. Je soupire doucement pour chasser les ombres de mon esprit puis m'approche de l'archer et plante d'un coup sec et précis l'arme de mon père dans son coeur, abrégeant ainsi ses souffrances. Une mort de plus...

Je dégage la lame d'une saccade et me dirige ensuite vers la guerrière à l'armure ornée d'arachnides, frôlant son cou du tranchant de mithril coupant comme un rasoir. Elle me fixe haineusement, ses prunelles de charbon voilées de souffrance, puis grogne:

"Achève-moi, petit bâtard! Allez, courage, fais ça vite et bien!"

Je secoue négativement la tête et rétorque doucement:

"Il y a des choses que j'ai besoin de savoir. Je vais te poser quelques questions, réponds sans détours et tu vivras peut-être."

Elle ricane, puis tousse et crache un peu de sang avant de me répondre avec un insondable mépris:

"Tu es faible, lâche, émotif et bouffi de compassion comme tous les tiens, pitoyable petit elfe décoloré. Vous n'êtes bons qu'à nous servir d'esclaves! Je ne crains pas de rejoindre Valshebarath, cesse de geindre et tue-moi, qu'on en finisse!"

Je la fixe un instant en silence, les traits figés en un masque neutre, puis je me force à adopter un très léger sourire en coin que je veux cruel et sadique, bien que je sache pas si le résultat a la moindre chance de la tromper:

"Tu dois faire erreur sur la personne, Shaakt. Je n'hésiterai pas à prolonger interminablement ton agonie pour apprendre ce que je veux savoir. Mon père t'a-t'il si grassement rétribuée que cela justifie d'atroces souffrances? C'est à son propos que j'ai quelques questions, je ne te demande pas de trahir les tiens..."

"Ton crétin de père nous a offert une fortune pour ta tête, oui. Mais je n'ai que faire de lui, il n'est plus qu'un paquet de viande froide. Alors pose toujours tes questions, peut-être répondrai-je à certaines, pour le seul plaisir de te faire souffrir, crevure de Sindel..."

"Sage décision. Alors dis-moi, est-il venu seul vous trouver? Autre chose, comment vous êtes parvenus à nous suivre dans les montagnes?"

"Il n'était pas seul, non. Il y avait un bâtard avec lui. Un jeune imbécile croisé entre un gris et un vert qui disait pouvoir obtenir des renseignements sur tes actes. Quant à vous suivre...rien de plus simple. Un de mes compagnons était lié à un aigle."

Un jeune bâtard Taurion et Sindel...Meglynn le traître...celui-là ne parlera plus, l'un de ses comparses l'ayant malencontreusement trucidé d'un carreau d'arbalète en plein front lors de mon épreuve d'intronisation à l'Opale de Lune. Par contre cette information implique qu'il a peut-être révélé l'existence de notre sanctuaire à cette Shaakt, voire à d'autres. Ennuyeux. Quoi qu'il en soit je n'y peux pas grand chose, hormis préparer un accueil chaleureux à d'éventuels assaillants et rendre plus sélective l'intronisation parmi les Danseurs d'Opale. Mais je ne me fais pas d'illusions, aucun système de sécurité n'est infaillible, seule une vigilance de tous les instants pourra nous protéger à l'avenir. Je demande encore:

"Mon père, comment a-t'il su où je me trouvais?"

Elle ricane à nouveau, puis désigne la bâtisse devant laquelle nous nous trouvons du menton:

"Il savait que tu étais dans les environs. Il a alors demandé à l'Oracle comment te faire sortir de ton trou. Nous avons massacré quelques Hinïons, et tu t'es bien gentiment lancé à nos trousses comme prévu. Quel effet ça fait d'avoir été trahi par ton propre père, hein sale petite vermine?"

Les insultes de la noire glissent sur la carapace de mon indifférence mais l'évocation de la traîtrise de mon père, elle, parvient à attiser ma colère. Je respire amplement pour retrouver mon calme, tournant mes pensées et mon regard vers le temple et cet oracle dont Llyann m'a déjà parlé. Ainsi c'est ici qu'il se cache? Fort bien, j'ai quelques questions à lui poser.

(Il ne répond jamais qu'à une unique question. Réfléchis bien à celle que...ATTENTION!)

La Shaakt profite de mon inattention pour faucher mes jambes d'un balayage du pied, la garce! L'avertissement de Syndalywë vient trop tard, le coup me heurte brutalement et je tombe sans la moindre grâce, ne parvenant qu'à amortir plus ou moins ma chute d'une main! Mais mon crâne sonne quand même durement contre le pilier le plus proche, manquant m'assommer pour le compte et me procurant un bref vertige! La maudite n'attend évidemment pas que j'ai repris mes esprits pour récupérer l'arc de l'un de ses complices et y encocher une flèche! Par Sithi je vais me faire tirer comme un lapin!

(LE TIGRE!)

Le hurlement mental de ma Faëra m'insuffle une pique de migraine désagréable, mais je parviens malgré tout à invoquer mon fauve d'une pensée, priant pour qu'il apparaisse assez vite! La subite apparition prend la noire de court et je vois une brève expression de panique passer dans ses prunelles, il faut dire qu'elle a des souvenirs certainement très désagréables de mon prédateur! Elle change vivement de cible et tire sur l'animal à l'instant même où je lui ordonne de bondir à l'attaque, elle est rapide mais le fauve l'est tout autant et le trait le cueille alors qu'il saute férocement sur elle! Elle prend de plein fouet la masse du félin, mais ce dernier est mortellement touché par le tir à bout portant, j'ai intérêt à me remuer fissa! Je me relève en grinçant des dents de douleur, ma tête semble abriter toute une colonie de forgerons Thorkins, et je brandis rageusement la lame de mon père avec la ferme intention d'étriper définitivement cette damnée! Mais la Shaakt bien que méchamment balafrée par les griffes du fauve est parvenue à se dégager de mon tigre agonisant pendant que je me redressais, elle roule adroitement sur le côté et s'empare d'une autre flèche dans le carquois de l'archer mort alors que je fonds sur elle! Dieux miséricordieux, elle est vraiment rapide et salement coriace! Elle trouve moyen d'encocher le projectile et de le décocher à l'instant où ma lame heurte l'une de ses cuisses, je lui inflige une méchante entaille mais je sens en même temps le trait se ficher douloureusement dans mon bras, celui qui tient l'épée bleutée!

La lame m'échappe des mains alors que je suis projeté en arrière sous la force de l'impact, j'ai beau être agile je m'encouble piteusement sur une marche de ce foutu escalier et me ramasse en beauté, roulant anarchiquement jusque par terre au grand dam de mon corps qui proteste énergiquement des chocs subis. Ma tête a de nouveau heurté la pierre, ainsi que mon genou droit, je suis salement secoué sur ce coup là. Ma vision se brouille et ma tentative de me relever se solde par une vive douleur articulaire qui me fait retomber aussi sec. La Shaakt s'empare de la lame que je viens de laisser tomber et boîte vers moi avec un rictus haineux aux lèvres, par Sithi que faut-il pour l'abattre?! Son visage est brûlé, lacéré, elle a une flèche dans les tripes et une profonde entaille à la cuisse, le tout saignant abondamment, et elle trouve encore la force de se diriger vers moi pour m'achever?! Je n'en reviens pas, et je commence sérieusement à me demander si elle n'utilise pas une quelconque magie noire pour tromper la mort...

Je me contorsionne hâtivement pour sortir ma lame ardente de son fourreau de ma main valide, tout en me relevant tant bien que mal. Ce simple geste me tire un léger glapissement de douleur lorsque je suis contraint de prendre légèrement appui sur mon genou malmené, mais je parviens tout de même à me remettre debout. La vue de l'ardente semble déplaire souverainement à mon adversaire car elle se fige en marmonnant quelque chose dans sa langue gutturale puis tourne les talons et s'enfuit en clopinant! A croire que la vie ne lui est si indifférente que cela, finalement...Je lui décocherais bien une flèche dans le dos mais mon bras transpercé serait bien incapable de cet effort, et puis amochée comme elle est, elle n'ira pas bien loin. Enfin, je l'espère de tout coeur, mais comme de toute façon je ne suis pas en état de me lancer à sa poursuite et que j'ai épuisé mon stock de potions de guérison, la question n'est que purement rhétorique. Je rengaine ma lame enflammée et sors d'une main un peu tremblante quelques bandages ainsi que ma petite bourse où se trouvent les dernières feuilles de snaria que je possède. Puis j'examine mon bras, me demandant comment retirer cette fichue flèche sans m'infliger davantage de dégâts, ce qui me parait loin d'être évident avec une seule main.

Mouais. Pas le choix, il faut que je la pousse pour en faire sortir la pointe de manière à pouvoir briser la hampe du projectile. Cela va être jouissif, à n'en pas douter. Je commence par effectuer un garrot serré au-dessus de la plaie, histoire d'éviter une hémorragie, puis je mâchonne quelques herbes censées atténuer la douleur. J'aimerais autant éviter de m'évanouir pendant que je me vide de mon sang. Les plantes ne tardent pas à faire leur effet, limitant un peu les piques de souffrances qui irradient de mon membre blessé, reste à espérer que ce sera suffisant. Je me force à me détendre le plus possible, me préparant à trinquer sévèrement, puis après une profonde respiration je pousse d'un coup sec la flèche pour en faire ressortir la pointe. Je ne peux retenir un bref gémissement alors que la flèche se fraie un passage dans ma chair, bon sang je déguste!!! Allez, encore un petit effort et elle sortira...je force une nouvelle fois, manquant tomber dans les pommes de peu, mais la pointe du projectile fend ma peau et sort enfin de mon bras. Je la brise d'un geste sec, sentant des larmes de douleur ruisseler sur mes joues alors que le bois fait levier dans mon corps, puis je retire le trait brisé d'une traction nerveuse, parvenant enfin à l'extraire totalement de la plaie.

Je prends quelques secondes pour calmer les battements affolés de mon coeur et reprendre mon souffle, puis j'applique de mon mieux les feuilles de snaria afin de refermer la blessure le plus précisément possible. J'entoure ensuite le tout d'une bande de lin bien serrée et finis par défaire le garrot, non sans me sentir faiblir lorsque le sang afflue à nouveau et attise furieusement la douleur qui tape comme une damnée et me donne envie de cogner du poing sur la blessure! Je m'en abstiens avec grand peine, me morigénant sévèrement, puis je m'adosse contre l'une des colonnes et ferme un moment les yeux, épuisé aussi bien moralement que physiquement.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de l'Oracle
MessagePosté: Dim 22 Mai 2016 22:40 
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Je me repose ainsi durant plus d'une heure avant de me décider à me relever, il faut que je m'assure de la mort de cette Shaakt, et que je récupère l'arme de mon père. Non qu'elle soit plus efficace que mes propres armes, mais elle appartient à ma famille depuis des siècles et fait en quelque sorte partie de mon héritage. Je suis à peu près certain que mon ennemie ne possède plus de quoi se guérir, elle aurait utilisé tout moyen à sa disposition bien avant d'arriver jusque ici, et elle ne pourra donc pas avancer bien vite avec sa jambe gravement atteinte. Je devrais pouvoir la rattraper assez aisément malgré mon genou enflé, mais mieux vaut ne pas trop m'attarder quand même. Elle pourrait croiser des membres de son peuple dans les environs, ce qui me poserait sans doute un sérieux problème. Je me livre une nouvelle fois au pillage, fouillant les deux archers ainsi que mon père et prélevant dans leurs affaires tout ce qui pourrait me servir, puis je traîne les corps jusqu'à un amas de rochers et les recouvre sommairement de cailloux.

Une fois cette peu ragoûtante besogne accomplie, je me dirige vers le temple et en gravis les marches, s'il y a vraiment un Oracle ici autant en profiter pour lui poser une question! Reste à savoir laquelle, mais j'ai ma petite idée là-dessus aussi je frappe sans attendre avec force contre les épais battants de métal rouge scellant cet étrange lieu. Celui de droite s'entrouvre presque aussitôt devant moi, avec une lenteur tout à fait remarquable et force grincements. Une tête humaine ridée et ornée d'une longue chevelure et d'une barbe plus longue encore, toutes deux blanchies par l'âge, s'encadre dans l’entrebâillement. Deux yeux d'un bleu céleste tranchent sur les traits pâles et hiératiques du vieillard, qui me scrute avec une intensité incroyablement perturbante. Je n'ai pas trop de tout mon courage pour ne pas reculer précipitamment, plus vraiment certain d'avoir envie de poser la moindre question, en définitive. Mais l'ancêtre grommelle quelque chose que je ne comprends pas avant d'écarter plus largement le battant et de me faire signe d'entrer d'une main parcheminée. Je déglutis discrètement, puis me décide à répondre à son invitation et entre dans la bâtisse. A peine ai-je franchi le pas de porte que le vieil homme referme l'huis et le barre solidement, mais je n'y prête pas vraiment attention, tout à ma découverte de ce lieu différent de tout ce que je connais.

L'intérieur du temple n'est constitué, pour ce que je peux en discerner du moins, que d'une unique salle rectangulaire. Elle mesure une cinquantaine de mètres de long, environ la moitié en largeur pour une hauteur d'une douzaine de mètres. Ses murs sont faits d'énormes blocs de pierre massive aussi lisses qu'un miroir, si parfaitement assemblés qu'il est extrêmement difficile d'en apercevoir les limites. Il en va de même pour le plafond et le sol, la salle est d'une austérité absolue, écrasante. Pourtant, contre le mur opposé à la porte, une statue de taille elfique trône sur un socle en forme de pyramide tronquée, mais elle est presque invisible car taillée dans la même roche rougeâtre que la bâtisse. Si je l'ai aperçue, c'est qu'au pied de son piédestal se trouve une mauvaise paillasse sur laquelle est jetée une vieille couverture, ainsi que quelques bols, cruches et ustensiles divers. Je hausse un sourcil un peu incrédule, le vieillard vivrait-il ici comme le plus pauvre des ermites? Je me retiens de justesse de lui poser la question, ne sachant trop comment fonctionne l'Oracle, ni qui il est et pas davantage où il se trouve en y réfléchissant bien. Je serais passablement désappointé de recevoir pour toute réponse à mes multiples questions existentielles et philosophiques la confirmation que l'ancêtre demeure bel et bien ici tel un moine ayant renoncé à toute possession matérielle!

Le vieil homme se dirige d'un pas lent vers la statue en me faisant signe de le suivre et s'assied en tailleur sur sa paillasse, s'adressant enfin à moi d'une voix de basse surprenante chez un être aussi malingre:

"Trois moutons gambadent dans les montagnes, un blanc, un gris et un noir. Mais une louve rôde, affamée. Qui survit?"

Je hausse un sourcil de perplexité, en voilà une question d'importance! Ce vieillard serait-il fou? Mais comme son regard dérangeant d'acuité est rivé sur moi et qu'il attend visiblement une réponse, je m'efforce de me concentrer sur sa devinette absurde. Mon regard se porte sur la statue qui représente probablement une humaine, ses oreilles n'étant pas pointues, dont les yeux semblent avoir été crevés. L'artisan qui l'a sculptée devait être vraiment doué car le moindre détail de cette superbe femme de pierre semble littéralement vivant, adroitement souligné par les formes naturelles de la roche. Le vieil homme remarque mon intérêt et glousse étrangement:

"Hé hé hé! Destinée, amante du premier alors unique, clairvoyante à la folie, sachant tout mais ne voyant rien de sa tour aveugle. Mais revenons à tes moutons, qui survit?"

J'hésite encore durant quelques secondes, supposant qu'il s'agit là d'une métaphore relative à notre folle équipée, puis je réponds dubitativement:

"J'imagine que la louve représente la mort, elle ne vit donc pas. Le gris protège le blanc, le blanc protège le gris, mais le noir est seul. Le blanc et le gris survivent donc..."

"VOOOOUUUUIIIII!!! Hé hé hé! Malin le mouton gris! Une question alors. Laquelle? Quelle femme est amoureuse de toi? Combien d'enfants tu auras? Comment t'enrichir? Acquérir de grands pouvoirs? Devenir immortel? Quand tu mourras? Mais non, balivernes que tout cela, à tout le moins pour toi je le vois. Oh oh. Hé hé. Une goutte de gnôle pour le vieux fou? Non plus, un peu d'eau des sommets alors?"

Je m'efforce de dissimuler ma surprise à ce laïus décousu et quelque peu insensé, me contentant de lui tendre ma gourde à laquelle il s'abreuve largement en grognant de satisfaction. Il finit par me la rendre, dardant ses prunelles d'outre-monde dans les miennes, puis sourit avec une malice bienveillante et reprend:

"Merci, jeune Sindel. J'ai parlé de toi, déjà, le sais-tu?"

"Euh...je suppose que vous parlez de cette prophétie: "De lune marquée sera-t'il, éveillant vieilles mémoires et futurs étincelants, du crépuscule glacé sera-t'il, qui ravivera la flamme d'antan."

"Hé hé hé! Parfaitement! Destinée et moi t'attendions impatiemment."

Hum. Ne pas demander pourquoi, surtout. Je retiens avec peine cette interrogation, pourtant, ne comprenant goutte à son discours, et hausse un sourcil interrogateur pour toute réponse.

"Aucune importance, pose donc LA question que tu as au bout des lèvres, Lame du Crépuscule."

Je cille à ce surnom, me demandant ce qu'il peut bien signifier, mais une fois de plus je parviens à garder ma langue agile par devers mes dents et formule cérémonieusement la question que j'ai décidé de poser à cet Oracle:

"Par quels moyens puis-je aider Sithi à surmonter sa dualité fluidique afin qu'elle puisse enfin prendre place parmi son peuple sur Yuimen?"

L'ancêtre glousse à nouveau, agite les mains dans les airs pour tracer des espèces de signes cabalistiques, puis s'interrompt en me dévisageant d'un air un peu moqueur:

"Une question plus difficile que la plupart de celles jamais posées en ce temple. Mais tu n'as pas besoin de tous les falbalas si chers aux incrédules et autres ésotériques mystiques de tout poil, un peu de sobriété, donc. Assieds-toi, car il est des réponses qui changent le destin de celui qui pose la question."

Je m'assieds en tailleur face à lui, ne parvenant pas à détacher mes yeux de son regard hypnotique, un peu anxieux tout de même après ces paroles sibyllines.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de l'Oracle
MessagePosté: Sam 28 Mai 2016 23:25 
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INTERVENTION GMIQUE pour Tanaëth

La réponse à ta question te sera formulée ainsi :

"Le destin fugace et pourtant intemporel, l'équilibre fragile et occulte à nos yeux te feront miroiter le rêve millénaire de la réconciliation de ce que tout oppose. Mais, songe chimérique, délire onirique ou réalité fantasmée ne dépendra que de deux volontés inaltérables."

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 Sujet du message: Re: Le Temple de l'Oracle
MessagePosté: Dim 10 Juil 2016 20:13 
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Je ne prononce pas un mot alors que nous approchons de l'étrange construction rougeâtre blottie au fond d'un vaste cirque rocheux, mes pensées tourbillonnent follement dans mon crâne et je ne puis empêcher un flot d'émotions de me chahuter. C'est ici-même que j'ai mis un terme à l'existence de mon père, ici que j'ai réalisé qu'il n'était qu'un lâche, avide de pouvoir et prêt à tout pour garantir sa position sociale. Je ne regrette pas mon geste, je regrette un passé désormais lointain, l'innocence perdue, le temps joyeux et insouciant de mon enfance au Naora. Comment oublier ces années heureuses, comment oublier que mon père a représenté pour moi l'idéal Sindel, noble et grand seigneur porteur d'une merveilleuse épée de mithril bleuté, symbole même de l'honneur et de la force d'âme? Abyssale est la chute depuis ces temps qui me paraissent maintenant appartenir à une autre vie.

Je parviens finalement à chasser ces pensées de mon esprit, songeant ensuite à la question que j'ai posée la dernière fois ainsi qu'à la sibylline réponse apportée par le vieil homme à moitié fou qui rend les oracles. Je ne suis pas plus avancé maintenant qu'alors sur ce point, mais puis-je me permettre de poser une nouvelle question à ce propos? Je suis loin d'en être certain, à vrai dire j'ignore même si l'oracle acceptera de répondre à une nouvelle question de ma part. Mon instinct me souffle que oui, mais il n'y a jamais qu'une seule manière de le savoir. Reste à formuler une question véritablement essentielle à mes yeux car il est clair que le pouvoir qui réside ici n'a rien à voir avec une cartomancienne de foire.

Je m'arrête à quelques pas des marches, profondément plongé dans mes réflexions. La dernière fois que je suis venu ici j'ai consulté l'oracle sans vraiment réaliser ce que cela allait impliquer pour moi, sans réaliser l'influence puissante qu'une réponse forcément vraie pouvait avoir sur mes choix futurs, mon destin. Or, maintenant, j'en ai conscience, et cela rend les choses infiniment plus difficiles, d'une certaine manière. Quelle question dois-je poser?! A quel sujet? L'avenir des Danseurs d'Opale? Celui d'Hidirain? Nouvelle question en rapport avec mon rêve de voir Sithi revenir parmi nous? Autre chose? Du sujet de la question dépendra l'influence de la réponse, elle orientera tout ou partie de mon existence future, mais dans quelle mesure, et dans quels domaines? Je n'en sais rien. Je ne le saurais pas avant d'avoir posé la question fatidique, et suivi le chemin qu'elle engendrera. On est toujours plus sage après, me disait ma mère lorsque j'avais fait une idiotie et m'en rendais compte après l'avoir commise. Une seule et unique foutue question. Par Sithi! J'en ai une bonne centaine dans le crâne, mais en y réfléchissant bien je n'ai pas vraiment envie de connaître la réponse de la plupart d'entre elles!

(Le fil d'Or...)

(Quoi?!)

(Le fil d'Or. Celui de ton destin. C'est ça qui est le plus important, tout le reste de ton existence en découle. Plus tu es proche de lui plus ta vie réelle s'approchera de tes rêves. Je te guide de mon mieux, mais je ne peux pas te le révéler. L'Oracle, lui, le peut. Du moins une partie.)

(Moui, mais je peux imaginer un millier de questions à ce propos...)

(Je sais. C'est un choix que tu dois faire seul, Tanaëth, je ne puis le faire à ta place. J'en suis désolée, mais je ne peux t'en dire davantage, si je le faisais je fausserais ta destinée et cela m'est interdit.)

(Je comprends...je crois. Dans ce cas...)

Je gravis les quelques marches entourées de colonnades, m'arrêtant à nouveau devant les épaisses portes de métal rouge scellant ce lieu mystique pour implorer Sithi de m'inspirer une question décisive. Mais notre protectrice est bel et bien toujours absente de Yuimen et je ne suis pas assez perspicace pour discerner un éventuel signe dans l'immédiat, je suis livré à moi-même, cette fois. Je prends mon courage à deux mains et frappe fermement contre l'huis, puis je me recule de deux pas, plus anxieux que je ne le suis avant d'affronter le plus redoutable des adversaires. car, au fond, en est-il un plus dangereux que moi-même, que la connaissance d'une partie de mon destin? J'en doute. Mais, quoi qu'il en soit de mes états d'âme, les portes s'ouvrent et le vieillard humain barbu et chevelu que j'ai déjà rencontré glisse un oeil suspicieux entre les battants. Il m'examine, puis dévisage Kay, revient à moi et déclare:

"Te revoici, Lame du Crépuscule. Accompagné d'une jeune demi-elfe, cette fois. Mais pas de sang sur mon escalier en ce jour, voilà qui est mieux. Mais les réponses de l'un ne sauraient être les réponses de l'autres. L'un après l'autre, ou l'autre après l'un si vous préférez, mais pas deux."

Je jette un coup d'oeil à Kay en hassant un sourcil pour savoir si elle veut passer la première, mais comme elle ne semble pas prête à poser sa question j'avance d'un pas pour signifier que je passerai d'abord. Le vieillard s'écarte du passage en ouvrant à peine plus la porte pour me permettre de la franchir, ce que je fais sans plus hésiter. Je retrouve la salle immense et écrasante dans son austérité monacale, la statue si merveilleusement sculptée de Destinée, la paillasse et le fatras d'objets aussi simples qu'utilitaires se trouvant à ses pieds. Cette fois encore le vieil homme va s'installer en tailleur sur sa couche, puis il me scrute de son regard plus affûté qu'aucune lame pour me demander:

"As-tu compris? Ma dernière prophétie?"

Je rive mon regard au sien, sans détour, et réponds pensivement:

"Compris, non, je ne le prétends pas. Envisagé certains possibles, imaginé une ébauche de voie pour approcher de la compréhension, cela oui."

"Ainsi, bien que tu n'aies pas compris ma réponse, te voilà à nouveau devant moi, prêt à me poser une nouvelle question. Vas-tu me demander plus amples précisions sur ma première réponse?"

"Non. telle n'est pas mon intention. Tu m'as dit ce que je devais savoir, le reste du chemin ne dépend que de moi, je suppose."

"En quelque sorte, oui. C'est bien, tu as déjà compris quelque chose. Alors pose donc ta question, Lame du Crépuscule."

Je sens mon coeur accélérer follement ses battements dans ma poitrine à cet instant, une goutte de sueur glacée roule sur ma tempe, ma question est-elle la bonne? En existe-t'il seulement une bonne, meilleure que les autres? Je n'en sais fichtre rien, mais l'heure est venue de lancer les dés aussi je pose solennellement ma question:

"Où dois-je mener ma Danse pour approcher au plus près du fil d'Or de ma Destinée?"

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 Sujet du message: Re: Le Temple de l'Oracle
MessagePosté: Dim 10 Juil 2016 20:37 
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"C'est à travers la lumière, dans le noir au coeur du gris que tu danseras. Des hommes étranges et étrangers t'en apprendront les pas."

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 Sujet du message: Re: Le Temple de l'Oracle
MessagePosté: Dim 10 Juil 2016 23:23 
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La réponse de l'Oracle me fait, sans surprise, froncer les sourcils de perplexité. Bon sang de bon soir, peuvent pas s'exprimer clairement, non? Enfin bref, inutile de tenter de lui expliquer la valeur d'un discours clair, j'imagine, mais quand même! Des hommes étranges et étrangers cela définit à mon sens approximativement la totalité de la population humaine! Sans parler de simplement imaginer qu'un humain ait quelque chose à m'apprendre en termes de Danse, eux qui naissent, vivent et meurent en moins de temps qu'il n'en faut à un Sindel pour faire la cour à sa fiancée! Quant à danser au travers de la lumière, dans le noir au coeur du gris...il suffit d'aller dans le Rock avec une torche, il y fait nuit et la roche est grise!

Je soupire discrètement et dissimule mon air dubitatif en exécutant une jolie courbette à l'attention du vieil homme, renâclant à admettre que je fais preuve d'un brin de mauvaise foi. Mais par Sithi je n'ai vraiment pas la moindre idée de ce qu'il a bien pu vouloir dire! Ceci étant personne ne m'a obligé à venir lui poser une question, je ne peux donc m'en prendre qu'à moi-même ce qui ne rend évidemment pas la charade plus limpide. Enfin, j'y réfléchirai tranquillement, pour l'instant il faut que je laisse la place à Kay puis que nous regagnions Hidirain au plus vite. Je salue donc l'Oracle et le remercie de sa prophétie, puis je ressors du temple et fais signe à Kay que c'est à son tour, m'efforçant de ne rien montrer de mes ruminations.

Je m'assieds ensuite sur une marche et m'adosse à l'une des colonnes, puis j'entreprends d'affûter mes lames en attendant Kay. Non qu'elles en aient vraiment besoin, mais ces gestes mille fois répétés me calment et me laissent tout loisir de réfléchir posément aux paroles de l'Oracle.

(Bon, à priori il a quand même l'air humain ce vieil homme. Donc je suppose que de son point de vue, des hommes étranges et étrangers ça ne définit pas des humains conventionnels. Seulement je n'ai pas connaissance d'humains sortant véritablement de la masse au point d'être qualifiés d'étranges et étrangers à cette aune. Quant au reste...un lien avec les fluides? Lumière, Obscurité...Vision? Le Fluide de Sithi, créatrice des Gris...Cela pourrait coller, mais dans le genre pure spéculation difficile de faire mieux. Mon explication vaseuse de la torche et du Rock est tout aussi plausible. Mouais. A priori la piste la plus aisée à suivre est plutôt celle de l'étrangeté de ces hommes mystérieux. Hum. Je poserai la question au responsable de la milice, sait-on jamais...)

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 Sujet du message: Re: Le Temple de l'Oracle
MessagePosté: Mar 12 Juil 2016 00:03 
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Tanaëth s'avança vers le temple, sans prêter attention à Kay qui, le découvrant enfin, en resta bouche bée et immobile. Le temple était d'un rouge ocre, imposant, bordé de colonnades torsadées. Deux énormes colonnes qui semblaient plus des arbres par leur gigantisme marquaient le début des escaliers qui, en une volée rapide, atterrissait au pied de deux battants de porte tout aussi impressionnants que le reste, leur métal luisant doucement. Bien que perdu au cœur d'un massif qui écrasait toutes bêtes et tous hommes par son poids et sa taille, le temple semblait pourtant le réduire à un arrière-plan, lointain, effacé.

(...)

Kay avait la gorge bloquée devant tant d'allure et n'osait imaginait l'oracle lui-même. Elle faillit trébucher en s'approchant. Tanaëth, lui, était déjà en haut des marches et requérait l'entrée par le maniement de l'huis. À son tour, la semi-elfe s'approcha. Elle se sentait fragile devant ce bâtiment. Intimidée au-delà de ce qu'elle avait jamais été. Son esprit était complètement blanc. Mais quand Tanaëth se tourna vers elle pour savoir si elle désirait passer la première, elle fit brutalement un pas en arrière et tout son corps fut saisit de tremblements. Hors de question de passer la première ! Absolument, définitivement, totalement, hors de question ! Le maître d'arme se retrouva donc le premier à l'intérieur et les lourdes portes se refermèrent sur Kay qui se laissa tomber sur la dernière marche. Ce n'était que pur chaos dans sa tête.

(Qu'est-ce que je dois demander ? Mais qu'est-ce que je dois demander ? Je voulais demander à propos de mon père, ça, c'était quand j'ai rencontré Tanaëth, mais maintenant, je ne suis plus trop sûre. Retrouver mon père est le plus important, mais ça peut attendre quand même. Peut-être devrais-je poser une question sur mon futur ? Ou non : ce que je devrais faire ? Peut-être qu'il faudrait que je demande si je dois suivre Tanaëth ? J'ai envie de devenir maître d'arme comme lui, mais peut-être que ce n'est pas la bonne chose ? Peut-être que je suis destinée à autre chose ? Et si je n'étais destinée à rien ? Non, non, ce n'est pas la question. Mais quelle question par le cul blanc de Sithi ?! Je n'en sais rien, moi ! Il pouvait pas me prévenir, quand on est parti ? Des heures qu'on a marché ; ça aurait pu me servir à réfléchir ! Bien sûr qu'il avait dit qu'il m'emmènerait à l'oracle, mais je pensais plus tard, alors je n'y avais pas encore réfléchi... Ah, mais non ! Non ! Ce n'est pas le sujet ! Je ne dois pas me laisser distraire ! Voyons : qu'aimerais-je savoir par dessus tout ?)

La jeune elfe leva les yeux vers le ciel. La nuit ne s'était toujours pas avancée. Sithi l'avait encore abandonnée. Ce qu'elle désirait le plus au monde ? Trouver sa place. Retrouver son père. Mais quel était le plus important entre les deux ? Même de cela, elle n'en connaissait la réponse... Les deux battants ciselés avec art s'ouvrit soudain, brisant en un grincement horrible toutes ses tentatives de réflexion. Tanaëth sortit. Quand il lui fit signe d'y aller, Kay trouva qu'il avait l'air renfrogné. La réponse de l'oracle l'aurait-il déçu ? Tremblante sur ses jambes, la semi-elfe se releva et passa la porte.

Elle se retrouva dans une pièce rectangulaire aux dimensions gigantesques et dont le plafond se perdait dans des ténèbres dues au peu de luminosité ambiante. L'austérité régnait ici en maître ; pas de pierres sculptées ou peintes, pas de tableaux, de tapis, de meubles, rien pour égayer l'endroit. Elle avança d'un pas et distingua alors l'immense statue qui trônait au milieu de la pièce sur une espèce de socle en forme de pyramide. À son pied se trouvait une paillasse miteuse accompagnée de différents ustensiles. Seraient-ce là toutes les possessions de l'oracle ? Serait-il donc une sorte d'ermite ? Après tout, ça avait une certaine cohérence. La semi-elfe plissa les yeux, tentant de voir à travers la pénombre. Elle avait aperçu le vieil homme quand il était venu ouvrir la porte, la première fois, pour faire entrer Tanaëth. Où se cachait-il donc ? À moins qu'il ne fallût se rendre dans une autre pièce ?

"Est-ce qu'il y a quelqu'un... ?" hasarda-t-elle, hésitante au possible.

Les deux battants de la porte furent refermés d'un coup sec et elle se retourna en sursautant, sa main empoignant par réflexe la garde de son épée.

(Que...)

"Oui bien sûr qu'il y a quelqu'un ! J'oserais dire, il y a même toujours quelqu'un ! On se croit toujours seul, mais on ne l'est jamais vraiment !"

"Argh !"

L'apparition subite du vieux devant elle la fit sursauter pour la deuxième fois en moins d'une minute. Les yeux exorbités, Kay posa une main sur son cœur qui était parti dans une folle cavalcade. La surprise lui avait pour l'instant fait oublier ses tourmenteuses interrogations. Sous ses yeux se tenait un vieil homme aux cheveux et à la barbe presque plus longs que sa propre taille et à la blancheur immaculée de la neige. Ses traits n'étaient qu’entrelacs de rides. Entre eux se cachaient deux yeux bleus électriques, pétillants et alertes. Ses habits n'étaient plus que haillons et il dégageait une odeur plutôt perturbante pour l'odorat délicat de Kay.

"Eh bien ? Es-tu venu ici pour en savoir plus sur ton avenir ou pour mourir en restant immobile ? Ce serait dommage, d'ailleurs !"

Avec un petit rire, le vieil homme se détourna et alla s'asseoir en tailleur sur sa paillasse. Puis il fixa ses yeux sur elle. À cet instant, toute sa nervosité la reprit et Kay avança jusqu'à lui comme contre son gré. Elle s'assit, en tailleur aussi, face à lui, et, très rapidement, baissa la tête, ne pouvant supporter son regard inquisiteur.

"J'écoute ta question demi-elfe."

Elle se mordit la lèvre inférieure et sentit les larmes titiller douloureusement ses paupières. Elle n'avait toujours pas envisagé sa question. Elle se força à respirer largement. Penser rationnel. Retrouver son père. Elle avait entendu dire que les réponses d'un oracle étaient toujours sibyllines. Plus elle serait précise, plus elle pourrait espérer comprendre. De quoi avait-elle besoin pour retrouver son père ? Son nom ? Son lieu de résidence ? Les deux en même temps ?

(Tanaëth, pourquoi est-ce que tu m'as amenée ici aujourd'hui !)

C'était une véritable torture mentale, une tempête qui ravageait tout son crâne. Mais, finalement, elle releva la tête, planta ses yeux noirs dans les yeux bleus et demanda, le regrettant déjà :

"Est-ce que mon père est encore vivant ?"

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Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

Multi : Ædräs


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