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 Sujet du message: Milice Kendrâne de Shory
MessagePosté: Mar 21 Juil 2009 17:07 
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Milice Kendrâne de Shory


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Emblème de la ville et de la milice


C'est un bâtiment annexe de celui de Kendra Kâr, on y trouve des humains Kendrans en grand nombre, ainsi que des Hobbits qui se sont enrôlés.

Ces hommes, souvent originaires de la cité blanche, ou alors les Hobbits, n'aiment pas du tout les Shaakts, les Orques et les Gobelins, ni les fanatiques. Il leur est toujours possible de postuler, mais il ne faut pas s'attendre à être bien considéré par les habitants de la ville. Cette milice s'occupe de petites affaires, pour de plus grandes affaires, elle vous redirigera vers le siège de la milice Kendrâne, à Kendra Kâr.

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Comment s'engager ?

En jeu, vous devez contacter un milicien gradé qui vous inscrira sur une liste secrète. Il vous fournira si besoin du matériel (cf point IV /) aux couleurs de la ville et si possible un premier ordre de mission. La réponse du milicien sera faite par un GM !

HRP: N'OUBLIEZ PAS de demandez dans le SOS GM qu'un GM s'occupant de la milice s'occupe de votre inscription

Comment faire sa mission ?

Une mission vous sera envoyée sur votre fiche de milice et elle se remplit par rp. Ca sera donc à vous de la gérer, en imaginant des péripéties et des aventures mouvementées, des rebondissements et surprises, avec combat si possible. Plus la mission sera complexe, meilleures seront vos récompenses !

Rappel : Les règles de milices

_________________
Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
Pour vos demandes de corrections : C'est là !
Joueurs cherchant joueurs pour RP ensemble : Contactez vous ici !


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 Sujet du message: Plus dure sera la chute
MessagePosté: Jeu 30 Juin 2011 16:09 
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Sa visite chez le tailleur aura permis deux choses à Fenric. Un, de laisser derrière lui la horde hostile de sinaris enragés. Deux de se faire un allié à Shory. Le seul en dehors de la Matriarche Campanule à ne pas vouloir le chasser du village au plus vite et dans la douleur si possible.

Consternante constatation.

L’elfe noir se dirige à présent vers le fortin de bois qui constitue la caserne de la milice de Shory. Enfin caserne est un mot plutôt pompeux pour parler de cette battisse. Une construction rectangulaire en rondin percée d’une large double porte permettant un passage aisé à un bataillon entier. Autour se trouve deux autres bâtiments sévèrement gardés ainsi que quelques tentes servant sans doute à accueillir les nouvelles recrues. Enfin, ceinturant l’endroit, une palissade haute de plusieurs mètres et hérissée de tours de guet sert à protéger la milice en cas d’attaque. A gauche de l’entrée se trouve un cercle de sable d’environ dix mètres de diamètre. Lorsque Fenric passe le périmètre défensif, des miliciens s’y affrontent dans un combat à mains nues.

Le combat se déroule apparemment par groupes de trois. Les premiers semblent avoir la faveur du public militaire rassemblé là pour profiter d’un moment de détente viril.

L’équipe est composée d’un colosse d’environ deux mètres aux mains larges comme des rames, aux longs cheveux bruns légèrement ondulés et à l’air aussi sinistre qu’un temple de Phaïtos la nuit du sacrifice. Son expression est un masque terrifiant mélangeant la haine, le sadisme et la fureur de combat.
Le second de taille moyenne est velu comme un ours et encaisse coup après coup avec le même stoïcisme. Ses cheveux en bataille d’un brun léger presque blond se marient parfaitement avec ses yeux noisette.
Virevoltant autour de son adversaire, le dernier combattant est le moins musclé et sa carrure provoque plus de moqueries que de craintes. L’agilité de cet homme n’a d’égal que la vivacité avec laquelle sa langue admoneste d’insultes son malheureux opposant.

(Ces trois-là forment une équipe équilibrée mais il m’ont l’air aussi sadiques que pervers. Les autres n’ont ans l’ombre d’une chance.)

Le trio antagoniste est formé de kendrans de taille moyenne à la musculature bien développée. Même cheveux bruns, même yeux bleus, même nez aquilin et même concentration sur leurs traits. Leur ressemblance est telle que nul ne peut douter qu’ils soient frères ou cousins tout du moins.

La rixe semblait temporairement en pause mais rapidement, sous les yeux du shaakt, elle prend une tournure prévisible bien que désespérante : sous les assauts psychologiques de l’acrobate, le premier kendran perd son calme et commet une erreur. Une seule erreur : une attaque légèrement trop appuyée qui lui fait avancer son pied de quelques malheureux centimètres de trop. Il n’en faut pas plus à l’équilibriste pour s’engouffrer dans la brèche et détruire littéralement son adversaire. D’un coup de pied dans la cheville, il le déséquilibre, enchaîne par un crochet du gauche dans la mâchoire et deux remontées du genoux dans les cotes. Brisé, le malheureux s’effondre sur le sol et s’abîme dans une douce inconscience où la douleur et les railleries ne sont que de mauvais souvenirs.

La foule soulevée par une joie soudaine acclame le vainqueur du duel qui, plutôt que de venir aider ses compagnons en créant le surnombre, va s’asseoir dans un coin de l’arène pour admirer le spectacle.

Pendant ce temps, l’hirsute passe à l’attaque et étend sa victime pour le compte en trois frappes aussi puissantes que dévastatrices. Un coup de pied latéral dans le ventre pour le fixer suivi d’un revers du poing dans la face et d’un coup de pied retourné dans la tempe pour le finir.
Une fois de plus, la foule se déchaîne. Le sort du dernier résistant semble scellé.

D’un signe de la tête, le colosse intime le silence à la foule et l’immobilité à ses frères d’armes. Son visage se pare d’un masque de cruauté et de colère sans bornes. Tel une traînée de la magma en fusion, il s’avance inéluctable, inexorable, irrésistible. L’autre semble conscient de la folie de s’opposer à pareille force de la nature. Toutefois, sans doute pour l’honneur de sa fratrie et le sien propre, il se tient droit, prêt à affronter son destin et le géant.

Le combat est aussi expéditif que douloureux… Enfin pour le vaincu. Sans montrer le moindre signe de pitié envers son adversaire, le géant lui assène un coup sur le crâne avec une vivacité surprenante au vu de son énorme gabarit.

(Un coup de cette ampleur aurait pu assommer un taureau ! Voire même l’une de ces bêtes énormes qu’on trouve sur d’autres plans… Un rhino féroce, je crois.)

Plutôt que d’achever son macabre travail, il s’acharne sur sa victime trop désorientée pour tenter de se protéger ou même d’esquiver.
Après de longues minutes d’un passage à tabac aussi inutile que brutal, le tortionnaire attrape la gorge de son souffre-douleur et sert lentement avec toute la puissance de sa terrible et puissante poigne d’acier. La conscience semble quitter le courageux kendran mais son sadique adversaire n’en a pas fini avec lui.
D’une seule et sans effort, il le soulève au dessus de sa tête, soit à plus de huit pieds, avant de le projeter contre le sol avec puissance et détermination.

Le « duel » est à présent terminé.

Pareille situation est courante à Caix Imoros toutefois Fenric entre dans le mess des officiers avec dans la bouche le goût amer de la colère contre la stupidité des hommes et sa propre naïveté de les avoir crus différents des shaakts.

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 Sujet du message: Shory confidential
MessagePosté: Mar 19 Juil 2011 21:31 
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Dans le hall, un homme attend Fenric. Il porte l’uniforme règlementaire des gradés avec désinvolture, ses cheveux châtains sont coiffés vers l’arrière de sa tête mais sa barbe n’a plu été rasée depuis plusieurs jours.

« Je suis Dean Golau, l’aide de camp du commandant. Venez par ici, il vous attend »

La voix du soldat ne charrie que mépris et hostilité. C’est pourquoi le shaakt lui emboîte le pas sans un mot ou même un signe de la tête. Le trajet jusqu’au bureau du dirigeant de la milice semble durer une éternité mettant les nerfs de l’elfe noir à rude épreuve.

(Ce crétin s’est perdu, ma parole ! Il peut bien se pavaner avec ses grands airs d’aide de camps de monseigneur le commandant de la milice kendrâne à Shory, il est incapable de savoir où il va alors qu’il vit ici. Par les mandibules de Valshabarath, pas étonnant que la Chienne d’Omyre n’aie rien à craindre d’une armée composée de ce genre de demeuré congénital !)

Enfin, ils arrivent devant une lourde porte de chêne parée de l’emblème de Shory. Golau actionne le heurtoir et entre dans la pièce.

« Commandant le forcené shaakt est ici. Il se présente à votre convocation. »

« Allons, pas de ça ici. Je te l’ai déjà dit : le petit a provoqué notre invité et n’a récolté que les fruits de ce qu’il avait semé. Entrez mon cher Fenric, les amis de Dame Campanule sont mes amis. »


Bien que méfiant de nature, le fanatique est rassuré de s’entendre ainsi défendu. Il entre donc dans le bureau et s’assoit sur le siège que lui présente son hôte.

« J’ai appris une partie de votre histoire de la bouche de cette chère Campanule. J’en ai déduit une autre grâce à mes connaissances de la culture shaakte. Toutefois, certains détails m’intriguent et j’aimerais que vous m’aidiez à les comprendre. Cela vous ennuierait-il de répondre à quelques questions ? »

« Pas du tout. Je vous dois bien ça pour m’avoir laissé libre de mes mouvements contrairement à l’avis d’une grande majorité de la population »

Tout en prononçant ces mots, le regard mauve de Fenric se pose sur l’aide de camp avec une insistance lourde de sous-entendus.

« Très bien. Ne voyez pas en ma question un reproche quelconque car je suis ravi que vous ayez agi de la sorte. Mais pourquoi ne pas avoir attendu que votre cousin porte l’hallali avant de passer à l’attaque ? Comprenez-moi bien, en tant que combattant, nous savons tous les deux que sans armes, vous étiez désavantagé. Sans parler de votre histoire commune qui semble en votre défaveur. Enfin, il était possible que son sabre se coince dans le cadavre lors de la mise à mort. Vous avez négligé un gros atout tactique, non ? »

(Tu as raison, militaire. Si elle était morte, le combat aurait été plus facile. Je ne l’avouerai jamais mais j’ignore pourquoi j’ai agi de la sorte !)
« Commandant, je ne peux vous laisser dire ça ! Il est indéniable que ce moment aurait été propice à une attaque. Toutefois, mon attaque surprise avait, elle aussi, de l’intérêt : son mouvement n’étant pas fini, j’avais accès à certains points que je n’aurais jamais pu toucher lorsqu’il était en garde. De plus, son glaive aurait tout aussi bien pu se planter dans le bois ou le sol. Mon assaut était certes risqué mais il permettait aussi de sauver une vie qui aurait pu s’avérer précieuse pour le combat. »


« Je vois, je ne suis pas d’accord avec votre analyse mais je comprends mieux. Dans tous les cas, soyez remercié de cette action.
Revenons-en à mes interrogations, après la mise à mort de votre sinistre cousin, vous avez fabriqué un oxicustre à l’aide des cheveux de Campanule. Vous appeliez ça un « totem de vie ». N’est ce pas plutôt le contraire : un « totem de mort » ? Une technique de nécromancie ? »


« Sauf le respect que je vous dois commandant, vous nous connaissez moins bien que vous le croyiez : l’oxicustre est un artefact ancestral dont l’art date de bien avant la nécromancie. Il permet par un procédé que j’ignore de lier les vies de deux personnes l’une à l’autre. Ce lien est si étroit que les esprits chasseurs des nécromants ne sont plus capables de les distinguer. En termes plus claires : si un mage sombre me fait rechercher par l’une de ses âmes damnées, elle ne trouvera en ce lieu que vous, votre charmant aide de camp et la Matriarche Campanule.
Sthyll était un être vil mais avait des alliés puissants qui ne laisseront pas sa mort impunie et je ne peux me permettre des les affronter à l’heure actuelle.

L’histoire à laquelle vous faites référence est celle de Valkyria Zhaunil dite la fourbe, une nécromant puissante. Toutefois, ses oxicustres n’étaient là que pour effrayer ses sbires afin de les garder dans son giron. »


« Hum, je vois. Je vois. Eh bien vous pouvez disposer. »


D’un imperceptible geste l’officier militaire interpelle son adjoint. Ce dernier acquiesce deux fois, se lève et précède Fenric dans le dédale de couloir qui compose les bâtiments de la milice de Shory.

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 Sujet du message: La fureur du scorpion
MessagePosté: Mer 14 Sep 2011 21:32 
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Suivant Dean Gollau dans le dédale qui compose le corps de la milice, Fenric, le sourire aux lèvres, savoure son blanchissement.

(Enfin, enfin me voilà complètement libre de mes mouvements ! Plus personne ne pourra s’en prendre à moi sans en subir les conséquences ! Ma vengeance va bientôt pouvoir suivre son cours…)

Après un temps infiniment long pour un trajet aussi court, l’aide de camp pénètre enfin dans une pièce. Et quelle pièce : une salle aux poutres apparentes de plus de cent trente pieds de long sur environ quatre-vingt de large. Le sol est couvert de tapis en paille de riz tandis que les murs sont chargés de râteliers d’armes en tout genre. La luminosité est assurée par deux grandes verrières perçant le plafond et quelques torches allumées ça et là.

(Ce crétin s’est encore perdu ! Quel incompétent ! Je n’en voudrais même pas comme esclave tant il est inapte.)

L’adjoint se tourne vers le shaakt avec une expression de joie à la fois carnassière et malsaine, le genre de facies que l’on peut trouver sous la cagoule d’un bourreau lorsque retentit le glas de l’exécution.

« A mon tour de m’amuser de vous à présent. Comme on dit chez vous : bienvenue dans mon antre dit la veuve noire à la petite mouche terrifiée. »

A ce moment, toutes les portes se ferment révélant trois silhouettes que Fenric aurait préféré ne jamais revoir.

« Ah, j’oubliais. Je te présente mes trois recrues préférées : le grand là, c’est Calaway. Le barbu s’appelle Ray tandis que le dernier se nomme Parker. Comme tu as pu le constater en arrivant, ils sont plutôt… prometteurs. Qu’en penses-tu ?
Je vais te faire une proposition du genre qu’on ne peut pas refuser : tu vas affronter en duel chacun d’eux l’un après l’autre. Si tu parviens à les vaincre tout les trois, je te dirais pourquoi ton père n’a jamais vu arriver la caravane de marchandises qu’il avait affrétée. De plus, je te donnerai ceci. »


Ce faisant, il sort une petite fiole contenant une substance dont il est difficile de dire si c’est un gaz ou un liquide. Une chose est toutefois certaine : elle est noire. D’un noir profond et mat semblant même irradié d’obscurité.
Voyant ce singulier objet, une part du shaakt se met à résonner.

(Il me faut ces renseignements ET cette étrange émanation quoi qu’il en coute)

L’elfe noir avance, se place en garde et attend sans articuler le moindre mot d’ors et déjà focalisé sur son premier antagoniste, Parker l’acrobate.

« Bwael ap'zen ush'akal chi'us a l' quar'valsharess ! »

Le fait que l’aide de camp s’adresse à lui dans sa langue natale déconcentre légèrement Fenric, le faisant baiser sa garde pour un instant, pour un instant seulement. Il n’en faut pas plus à l’autre pour l’agripper par le devant de la tunique et le projeter au sol.
C’est par un réflexe maintes fois utilisé lors de son entrainement militaire et pourtant extrêmement efficace que le lutteur noir évite l’impact direct ainsi que la majorité des dégâts que la chute aurait pu lui occasionner. Durant le vol plané, il parvient à frapper le sol du plat de la main et à partir en roulé-boulé.

(Cette fois, c’était juste mon pauvre Fen’. Il va falloir que tu te concentres si tu ne veux pas te faire démolir.)

L’impact physique est relativement négligeable mais le coup a nettement porté sur le plan psychologique.
A nouveau, les combattants se font face. Le kendran, souriant et jovial, très en verve et parfaitement échauffé. Le shaakt concentré et déterminé, silencieux comme la mort et pris à froid. Le premier cabriole, tourne et virevolte autour du second portant des coups certes légers et précis, ne faisant aucun dégâts mais extrêmement agaçantes voire exaspérantes.

« Alors petit ? Parker te pose tant de problèmes que ça ? Il est clair que ce n’est pas comme s’en prendre à un gamin sans défenses, n’est-il pas ? Le terrifiant naak’shaakty de Caix Imoros n’est en fait qu’un lâche, qu’un couard qui ne combat que des adversaires sans envergure !? Je suis déçu ! Vraiment ! »

A ces mots, l’irritation du fidèle de Valshabarath se transforme en une colère ardente qui vous dévore telle une coulée de lave. Son champ de vision se colore de carmin.
Pourtant…

(Reste calme, Fen’… Il n’est pas le premier à utiliser cette technique. Tu en usais en et abusais à Caïx. Souviens-toi de cet imbécile de Baarak. Bien qu’il t’était nettement supérieur, il ne t’a jamais battu tant son esprit était faible.)

Ces mots résonnant dans son esprit, le pugiliste à la peau noire tente de contrôler sa respiration et de juguler sa terrible fureur. Peu à peu, l’environnement reprend ses teintes originales.

(Bien. A présent, il te suffit de lui faire croire que tu n’y as vu que du feu. Attaque ! Mais ne commets pas d’erreur… Ou bien… Peut être que tu dois en commettre une, justement…)

Cet échange muet ne dure que quelques secondes et passe inaperçu de tous, même de l’elfe noir qui pense être seul dans son esprit.
Et pourtant…

« Alors, fils d’Antarès, tu abandonnes déjà ? Quelle déception ! »

C’est ce moment que Fenric choisit pour mettre son plan à exécution. Un masque de rage incontrôlée sur le visage, il s’élance à l’assaut de l’acrobate. Crochet du gauche, du droite, coup de pied circulaire, attaque haute et basse visant le visage ou le torse fusent à une vitesse telle que l’œil ne peut distinguer les détails. Les coups sont mal équilibrés ou trop appuyés mais si enragés et puissants qu’ils ne laissent au kendran que le choix de la défense. Ce dernier esquivant, feintant ou contrant ne subit que peu de dégâts mais l’avancée de Fenric est aussi inexorable que celle de l’obscurité lors du crépuscule. Petit à petit, pas à pas, le militaire recule risquant de se faire acculer contre un râtelier d’armes.

Cette débauche de violence et d’énergie sans retenue n’est pas sans conséquences pour le shaakt. Ses bras commencent à s’ankyloser, ses mouvement à être moins nets, moins dosés. Jusqu’à ce que, soudain, la recrue aperçoive enfin LA faille, l’erreur qu’il cherche dans la garde de son furieux adversaire. La jambe gauche du shaakt est trop tendue et semble supporter trop de poids. S’il la balaye proprement, le militaire pourra vaincre sans problème.

Sans attendre, il comble l’espace le séparant de l’elfe noir et frappe au but. Toutefois, le membre de ce dernier s’avère trop molle pour vraiment servir de support. Le piège se referme sur l’imprudent. Le disciple de la magie sombre prend appui sur sa jambe arrière et utilise l’impulsion donnée par Parker pour tourner sur lui-même augmentant ainsi la puissance de sa frappe à venir.

Les visages des pugilistes n’auraient pu être plus différents qu’en cet instant : l’un savourant par avance son triomphe apporté par un coup de grâce à la fois dévastateur et inattendu, l’autre anticipant la douleur physique, l’humiliation d’avoir été si aisément berné ainsi que l’amer saveur de la défaite.

Bien que chacun s’attendent à assister à la conclusion de ce premier duel, il n’en est rien. Sur chaque visage se peint une expression d’incrédulité et de surprise mêlée. En effet, ce qui ne devait être qu’un petit saut permettant de cibler le crâne de son adversaire se transforme en un bond prodigieux de plus de treize pieds entrainant Fenric dans les poutres du toit.

« Par les pustules purulentes de Jeri ! Ce petit crétin peut voler !? »

« La ferme, Ray. Tu n’as sans doute pas ne serait-ce que jeter un regard à ses bottes. Et pourtant, tu aurais dû. Je te le dis, il n’y a qu’une paire de lutines enchantées pour te permettre ce genre d’exploit. Parker, monte le déloger et vite sinon c’est moi qui m’occupe de toi ! Cette mascarade n’a que trop duré. »

La voix d’outre tombe et le charisme écrasant pour ne pas dire terrifiant de Calleway suffisent amplement à motiver son subordonné. Sans un mot, celui-ci entame l’escalade d’un mur pourtant parfaitement lisse.

(La Matriarche est une meilleure alliée que je le croyais. Non contente de m’héberger, elle m’offre des cadeaux de grande valeur. Sincèrement merci chère Campanule !)


Pendant ce temps, accroupis dans l’ombre protectrice de la toiture, le shaakt observe silencieusement son nouvel environnement. La salle est quadrillée par une ossature de poutres d’une douzaine de pouces de large. La toiture en mansarde ne facilite guère le déplacement latéral et l’espace entre deux travées parallèles est bien trop large et encombré pour permettre une traversée sans risque. En effet, afin de libérer un maximum d’espace au sol, les cibles, sacs de frappe et autres mannequins d’entrainement sont stockés dans le plafond à l’aide d’un ingénieux système de poulies.

Lentement, inexorablement, le kendran monte sans difficultés apparentes. Ses mains paraissent coller à la paroi. L’elfe noir ne peut rester sans réagir car face à une telle capacité et sur un tel champ de bataille, sa cause est d’ors et déjà perdue.

Soudain, son esprit s’illumine. Le plan est risqué mais peut s’avérer funestement efficace.

« Parker ! Dame La Chance t’a déjà souri une fois aujourd’hui. Je doute qu’elle réitère un tel geste. Je te laisse une ascension de deux pieds pour prendre une décision. Soit tu abandonnes, soit je te fais descendre moi-même sans garantie sur ton intégrité physique. »

En tournant la tête, le militaire peut voir son opposant négligemment appuyé sur une poutre, le sourire aux lèvres.

« Tu as failli m’avoir une fois, Naak’shaakty. Je te le concède aisément. Toutefois, je ne reculerai pas devant tes vaines menaces ! »

« Ton courage t’honore mais tu le regretteras… »

Le conscrit continue donc sa progression mais prudemment, s’attendant à une attaque soudaine de son adversaire. Etonnamment, elle ne vient pas. Après avoir gravi environ deux pieds et demi, le grimpeur s’arrête pour défier son ennemi shaakt.

« Alors Naak’shaakty ? N’avais-tu pas promis de me faire descendre ? … Croyais-tu vraiment m’impressionner avec tes vaines promesses ? Tu n’es qu’un vantard et un couard ! Viens-t-en régler ça comme un homme ! »

Encore une fois, l’elfe noir sort encore une fois de l’ombre, le sourire aux lèvres. Dans sa main gauche, il tient une corde dont l’extrémité disparaît hors de la vue de tous.

« Tu l’auras voulu, kendran ! Saches que mes serments ne sont jamais vains ! Tu crois être une noble araignée faite homme ou une sorte d’hybride entre les deux espèces, n’est ce pas ? Mais tu n’es qu’un moucheron gonflé d’orgueil et je m’en vais te le prouver en t’écrasant sans même poser la main sur toi. »

Après cette sortie volontairement grandiloquente pour ne pas dire théâtrale, Fenric se laisse tomber dans une chute ralentie par le filin. Chacun n’a d’yeux que pour lui. Lorsque soudain, dans un bruit de tonnerre, un sac de frappe sort de son logement et, par un ample mouvement de balancier, vient s’écraser à pleine vitesse contre le mur.
Dans la seconde qui suit, c’est le corps inanimé de Parker qui touche le sol.

Pendant de longues secondes, les miliciens observent leur partenaire gisant. L’incompréhension marquée comme au fer rouge sur leur visage.
Dean Gollau est le premier à faire le rapprochement entre le terrible impact et la défaite de son subordonné.

« Bien joué, fils d’Antarès ! Extrêmement ingénieux d’immobiliser Parker par tes mots tout en le terrassant par un piège improvisé ! Je ne m’étais pas trompé sur ton compte : tu mérites mon attention. Pour cette victoire pour le moins originale, je t’offre le droit à une question. J’y répondrai sans détour. »

« Très bien, dites moi tout ce que vous savez sur mon père et sa commande manquante ! »

« Il suffit jeune shaakt ! Nous avons un accord : trois victoires pour une histoire. Ta question devra porter sur un autre sujet. »

« Dans ce cas… Cela fait deux fois que vous me nommez « fils d’Antarès ». Pourquoi ce nom ? »

Interloqué, l’aide de camps reste silencieux pendant de longues secondes.

« Ainsi, tu arbores des emblèmes dont tu ne connais même pas la signification. Examine le bijou que tu portes à l’oreille. Peut-être comprendras-tu… »

Fenric s’exécute, la curiosité prenant le dessus sur tout le reste. Il inspecte son ornement si familier et pourtant si mystérieux.
Ce dernier est composé d’une attache en or grand sans grand intérêt et d’un corps de mithril blanc. Le motif représente sommairement un trident dont le manche tordu revient sur la fourche. A la base de cette dernière est serti un minuscule rubis d’une pureté rare.
Un examen précis mais hélas peu concluant…

« Aucun être encore vivant à ce jour ne connaît le nom où même l’origine d’Antarès. Son symbole est presque oublié et pourtant nombreux sont ceux qui l’ont craint ou le craignent encore. Ton bijou représente les armoiries de ce terrible combattant. Tu dois sans doute le tenir de ta famille paternelle car une shaakt aurait détruit un vestige de l’Elu du dieu sombre. J’en ai déjà trop dit. Pour la suite de ce cours d’histoire, il faudra que tu le découvres par toi-même.

Ray, c’est à toi ! »


Le mépris que le milicien Carlos Ray éprouve envers l’officier Dean Gollau est presque palpable. Toutefois, il s’avance et dit

« Je te préviens petit : je n’ai perdu qu’un seul combat dans toute ma vie. Et depuis, cet adversaire a rencontré le sinistre Phaïtos. Abandonne ou il t’en coutera ! »

Fenric ne relève même pas la menace tant il est concentré sur l’observation de sa posture de combat aussi peu conventionnelle qu’étrange. En effet, le kendran aux allures d’ours ne protège aucun de ses points vitaux. Il se tient les bras légèrement écartés devant lui tel un crabe.

(Bâti comme il est, il ne doit pas craindre mes coups. Moi, par contre, j’ai intérêt à me méfier.)

Le duel débute. Anxieux et déterminé, le shaakt tourne autour de son adversaire feintant tout en restant hors de portée. Celui-ci réagit à chaque fois de la façon adéquate tantôt préparant une parade et une contre-attaque, tantôt se déplaçant pour éviter l’assaut.

Les minutes passent… Aucun coup n’est échangé… Aucun mot non plus… Dans le silence, seuls résonnent les pas et le souffle des duellistes…
Soudain, sans aucun signe avant-coureur, l’elfe noir passe à l’offensive. Il se jette sur son adversaire tel un affamé sur un savoureux repas de fête et frappe quatre fois. Un fouetté du droit dans la cuisse, crochet du gauche dans la joue doublé d’un coup de coude sur le sommet du crane et d’une manchette à l’arrière de la tête.
Dans le silence les impacts sonnent comme des coups de tonnerre. Une telle violence aurait sans le moindre doute étendu pour le compte un adversaire normal… Mais Ray est loin d’être un adversaire normal… Fenric est à présent trop proche de son opposant, sa vivacité ne pourra le sauver cette fois.

« A mon tour à présent »


D’un direct ravageur au foie, le milicien au torse velu repousse son opposant et lui coupe le souffle. Les frappes pleuvent ensuite et l’interminable assaut atteint son apogée par le coup de poing retourné qui a fait la renommée du kendran.

La douleur du shaakt n’a d’égale que sa terrifiante impuissante. Ce sentiment bien trop familier de ne pouvoir rien faire tout en sachant que le pire est à venir… Inéluctable.
Etendu par terre, le nez dans la poussière, le goût de la défaite dans la bouche, il est là, gisant à deux doigts de l’inconscience.
Pourtant dans ta tête un nouveau combat s’engage. En effet, la vendetta s’oppose à la terreur.

« Debout Fen’ ! Tu ne peux pas rester comme ça ! Ta vengeance n’est pas encore consommée. Tu es venu ici pour en apprendre plus sur ton père. Si tu abandonnes maintenant, cela n’aura servi à rien ! Debout ! »

« Reste là. Il est à la fois trop fort et trop rapide… En plus, il encaisse sans brocher tes attaques les plus violentes. La honte vaut mieux que d’être estropié ou pire. Tu auras tes renseignements d’une autre façon. Ne bouge plus, ils partiront. »

« N’importe quoi ! Pour gagner, il suffit qu’il ne te touche plus ! Ta noire armure t’a protégé cette fois. A présent, souviens-toi de ce que tu as appris à Caix. »

Lentement, les souvenirs remontent à la surface de la conscience de l’elfe noir.

Sur l’une des grandes terrasses de Caix Imoros, un groupe de jeunes hommes torses nus s’exerce dans le vent. Passant dans les rangs, l’instructeur rectifie les positions puis met un terme à l’entrainement par ces mots :
« L’esquive est un art que l’on peut apprendre et dans lequel on peut exceller. Toutefois, seul l’instinct du combattant vous permettra de prévoir l’imprévisible assaut, de voir les invisibles prémices à une attaque.

Si le renard anticipe les mouvements du loup, il pourra survivre. Oubliez tous vos sens et fiez vous uniquement à votre instinct. Voilà la clé de l’Esquive véritable ! »

La joute mentale est remportée. Fenric se lève un léger sourire aux lèvres. C’est à cette seconde que l’expression de Ray change du tout au tout. Durant une seconde, il n’exprime que stupéfaction de voir un ennemi vaincu, détruit pour ne pas dire annihilé se relever sans même avoir l’air endolori. Toutefois, il se reprend bien vite et se remet en position

(Oubliez mes sens… Voilà une chose qui ne va pas être aisée. Enfin la méditation nous apprend à les éteindre. Je vais essayer ça…)


Chat échaudé craint l’eau froide, dit-on. Dans ce combat, on pourrait le traduire par shaakt blessé craint le kendran. En effet, l’adepte de Valshabarath reste éloigné de son adversaire et ne semble pas vouloir de confrontation directe éludant chaque embryon d’assaut.

A force de concentration et de volonté, il parvient enfin à atteindre l’état de concentration permettant l’extinction des sens.

(D’abord le plus inutile en combat.)

Soudain, l’odeur acre de la transpiration des hommes disparaît. Dans la même seconde, toutes les autres sont aspirées dans le néant. L’esprit de l’elfe noir déchargé de ce poids, la lumière lui semble plus forte tandis que les bruits plus nets, plus précis.
Grisé par ce sentiment, Fenric se déconcentre. Mal lui en prend car le kendran passe à l’offensive et le jette à bas par un enchainement de coups de poing dans les côtes.

A nouveau, alors que tous le croient vaincu, le shaakt se relève sourire aux lèvres.

(Il ne faut plus perdre le temps, mon petit Fen’ ! Eteins tes sens rapidement sinon tu vas rester sur le carreau ! En avant et pas d’hésitation !)

Bien vite, le goût métallique du sang et les bruits de respiration des combattants sont effacés comme rayés de la carte. A nouveau, le milicien tente une attaque en puissante afin d’en finir avec ce duel qui n’a que trop durer. Pourtant, malgré ses efforts et sa violence non contenue, son noir opposant continue à se relever sans un mot.
Enfermé dans son esprit, ce dernier ne connaît plus que la douleur mais sa résolution s’affermit à chaque fois qu’il touche le sol ou reçoit un coup.

Enfin, après de longues secondes d’un intense combat mental contre lui-même, le monde de Fenric se résume uniquement à d’impalpables et silencieuses images aussi insipides qu’inodores. Avec son toucher, la douleur a elle aussi disparu.

(Ô très sainte Valshabarath, puissante parmi les puissants. Fenric, ton humble et dévoué serviteur te supplie de lui accordé ta Grâce afin de pouvoir venir à bout de mon ennemi sans utiliser le moindre de mes sens. Puisse Ta Main guider mes pas sur le chemin de la victoire.)


Sur cette dernière pensée, Fenric ferme les yeux et perd ainsi son dernier sens encore actif. Sans aucun contact avec le monde qui l’entoure, l’heure est à l’introspection. Rien ne peut troubler sa concentration. Seul demeure la fureur de combat et le besoin de victoire.

Voyant son adversaire les yeux clos, le visage vers le sol, Ray jubile : son ennemi a enfin accepté l’inéluctable et reconnu sa puissance ! Il passe à l’attaque.
Toutefois, celle-ci porte moins bien que les autres : l’elfe noir a un léger temps d’avance ou une vivacité encore supérieur à son niveau normal.
Grognant de rage, le militaire hirsute reste incapable de porter un coup vraiment significatif malgré de nombreux effort. A chaque seconde qui passe, les niveaux des deux combattants se rapprochent et tendent à s’égaler à très court terme.

Soudain, l’attaquant accule son ennemi contre l’un des piliers de chêne massif. L’hallali approche. Le kendran frappe du gauche puis porte un violent direct du droit mais ses poings ne rencontrent que le bois. Dans un fracas sinistre, ses phalanges se brisent broyées par la puissance de l’impact. En effet, Fenric a une fois de plus deviné et évité l’assaut.

« Ray, ça suffit. Va te faire soigner et prend Parker avec toi. Le commandant ne comprendrais pas pourquoi ses rangs comptent deux blessés alors qu’aucun exercice dangereux n’est prévu aujourd’hui »

Bien que de très mauvaise grâce, le blessé est contraint d’obéir à son supérieur à l’allure plus que sinistre et quitte la pièce soutenant son compagnon encore groggy.
Sentant le danger s’éloigner, le vainqueur par forfait sort de sa transe.

(Quel état de grâce ! Sans rien voir, entendre ou sentir, j’ai été capable de prévoir ses coups !? Je n’en reviens pas !)

Malgré l’euphorie du moment, avec le retour de ses sens, la douleur le submerge telle une lame de fond frappant un navire à la dérive. La souffrance est telle que le shaakt tient à peine sur ses jambes et est à peine capable de contenir ses nausées.
Cette deuxième victoire surprend tant Dean Gollau qu’il reste silencieux.

Pendant ce temps, Calleway ôte son long manteau et se place face à sa malheureuse future victime. Bien qu’il ne soit guère en état de combattre le moindre adversaire, même pas un mage sekteg arthritique, cette dernière prend position.

Le visage du sinistre milicien est impassible et calculateur. Après avoir jaugé la menace que constitue son titubant adversaire, il se redresse et, les yeux révulsés, passe son pouce en travers de sa gorge. La signification de cette provocation est sans équivoque : ce combat sera un duel à mort.
Sans attendre, le terrifiant géant fond sur le pauvre shaakt tel une tempête sur une mer d’huile. La vivacité du gigantesque kendran est prodigieuse pour un être de sa corpulence. Les vents de la colère se sont levés et coups pleuvent sur Fenric. Des éclairs de douleurs zèbrent le ciel. Les poings du sinistre guerrier frappent préférentiellement la gorge et le bas du visage afin de couper le souffle de son adversaire et de le saouler de souffrance. Le shaakt est incapable de résister à la fureur de l’assaut et recule sans plus réagir.

Après une éternité de tourments, le milicien décide de mettre un point final à cette parodie de combat. Il saisi l’elfe par le cou, l’étouffe dans l’étau de sa poigne et le soulève vers le firmament. A travers un brouillard de géhenne, ce dernier reconnaît avec horreur la scène dont il a été témoin plus tôt dans la journée.

La fin est proche.

La terreur gagne Fenric qui perd tout contrôle sur lui-même. C’est à ce moment que son inconscient prend le dessus et que son côté obscur se libère des chaînes de la moral.
De proie, le shaakt devient super prédateur qui, une expression d’un sadisme rare et assuré plaqué sur le visage, ne semble craindre ni les hommes, ni les dieux.
Concentrant les sombres fluides qui imprègnent tout son cœur, son âme, son corps et son être, il fait apparaître huit longues pattes d’araignée de ténèbres pures. Celles-ci sont plus effilées et pointues que nombre de lames forgées par les hommes, les nains ou les elfes.

Ray reste pétrifié devant ce changement de physionomie d’une bataille semblant gagnée d’avance. Il est incapable d’esquisser le moindre geste pour se protéger de l’attaque des noirs appendices. Ces derniers se plantent dans ses bras et ses jambes y semant une douleur sans nom et une terreur encore plus grande. Incapables de le porter plus longtemps, ses jambes cèdent sous son poids. Sans laisser lui laisser le moindre répit, son tortionnaire lui assène de nombreux coups visant les parties les plus sensibles de l’anatomie. De l’entre-jambe au plexus et passant par les côtes, le corps du kendran n’est plus que douleur et impuissance.

Il a suffi de quelques secondes pour mettre le géant est à terre, inconscient, vaincu par la magie et les coups redoublés de son adversaire dément.

Ecumant encore de rage, Fenric s’avance vers l’aide de camp qui terrifié lui lance la fiole contenant l’étrange liquide ténébreux.

« Vous avez remporté mes défis, seigneur. Je répondrai à vos questions. De toute façon, nous servons la même maitresse. Regardez. »

Baissant son pourpoint, l’aide de camp dévoile le dragon d’encre noire qui orne son épaule. Le visage de l’elfe noir passe du la haine la plus pure au mépris non dissimulé tandis que la fureur se dissipe.

« Tu n’as rien compris, vermisseau kendran ! Pour rien au monde ne je servirais la Chienne d’Omyre ! Je pense que ton commandant sera ravi d’apprendre ta traitrise… Et quand il en aura fini avec toi, nous nous retrouverons pour que tu m’apprennes ce que je veux savoir sur mon père. »

Avec un air carnassier, il s’approche d’un Dean terrifié.

« Il suffit ! Messire Fenric, vous avez passé mon épreuve avec brio. Dean avait détecté plusieurs mensonges par omission lors de notre entretien, c’est pourquoi nous vous avons tendu ce piège…
Vous avez combattu avec honneur et n’avez utilisé votre fluide maudit qu’en dernier recours. Votre allégeance ne fait plus aucun doute.
Vous avez reconnu mon autorité en ces lieux.

Pour ces trois raisons, vous pouvez vous considérer comme un citoyen ordinaire de notre belle ville de Shory ! Maintenant, vous pouvez disposez car ici personne n’a d’informations sur votre père. »


Le ton est trop péremptoire pour s’y opposer. C’est pourquoi le shaakt quitte le commandant et sa milice pour aller gouter à un breuvage désaltérant chez le Père Bolo.

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Dernière édition par Fenric Naak'Shaakty le Lun 16 Mai 2016 13:34, édité 1 fois.

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 Sujet du message: A définir
MessagePosté: Mer 1 Juil 2015 15:43 
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La nuit est noire sur la ville, emplie de ténèbres. Toutefois, il ne s’agit pas de l’obscurité romantique qui cache aux yeux des tyrans domestiques les escapades discrètes des amants maudits. Pas non plus l’obscurité calme et claire permettant la médiation et l’astronomie. Il s’agit plutôt d’une noirceur menaçante et terrifiante. Celle qui nourrit en son sein les horreurs indicibles. Celle que même les malandrins et autres assassins n’osent pas affronter.

Soudain, un cri déchire le sombre voile. Une effroyable plainte qui glace le sang et fait frissonner les plus endurcis en les renvoyant à leurs pires souvenirs ou cauchemars. Elle provient du fond d’une geôle vaste et humide contenant un shaakt albinos aux yeux violets. Il est attaché, nu, sur une entrave trop basse pour se tenir debout, trop haute pour être à genoux.
Dans son dos, plusieurs silhouettes encapuchonnées s’agitent. La première, un peu en retrait, dissimule ce qui semble être une femme à la peau pâle et diaphane. Sa présence hérétique en ces lieux sacrés est un scandale qui étrangement ne déclenche nul tumulte…
La deuxième ombre chinoise se tient droite comme un militaire mais de légers tremblements laissent transparaître son excitation ou son angoisse.
La dernière est aussi à l’aise dans cet endroit infâme qu’une courtisane dans une chambre d’aristocrate. Après avoir rabattu son chaperon, l’elfe noir s’approche d’un présentoir et couve d’un regard tendre presqu’amoureux différents ustensiles tranchants, coupants ou contondants. Après quelques secondes, il se saisit de l’un d’entre eux et, un masque sadique plaqué sur le visage, se dirige vers un Fenric sans défenses.

« Halte »

Ce simple mot à peine murmuré par des lèvres maquillées fige le bourreau, sa victime et le moindre souffle d’air. Le soldat se redresse rouge de colère.

« Idiot ! La Matriarche Kara a bien précisé qu’elle le voulait intact. Aucune blessure visible ou ecchymose ne sera tolérée ! Il doit être impeccable pour la parade ! »

Cette voix si familière fait réagir Fenric jusque là amorphe, conquis.

« Sthyll, mon cousin ?? Est-ce toi ? »

Un silence incrédule et choqué emplit la pièce. C’est l’incompréhension personnifiée qui est à présent entravée tandis que son geôlier se tortille tel un enfant pris en faute.

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 Sujet du message: La chute de l'elfe noir
MessagePosté: Mar 4 Oct 2016 13:10 
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La nuit est noire sur la ville, emplie de ténèbres. Toutefois, il ne s’agit pas de l’obscurité romantique qui cache aux yeux des tyrans domestiques les escapades discrètes des amants maudits. Pas non plus l’obscurité calme et claire permettant la médiation et l’astronomie. Il s’agit plutôt d’une noirceur menaçante et terrifiante. Celle qui nourrit en son sein les horreurs indicibles. Celle que même les malandrins et autres assassins n’osent pas affronter.

Soudain, un cri déchire le sombre voile. Une effroyable plainte qui glace le sang et fait frissonner les plus endurcis en les renvoyant à leurs pires souvenirs ou cauchemars. Elle provient du fond d’une geôle vaste et humide contenant un shaakt albinos aux yeux violets. Il est attaché, nu, sur une entrave trop basse pour se tenir debout, trop haute pour être à genoux.

Afin de bien comprendre la situation, il est indispensable de revenir un peu en arrière dans le temps.
Dans le dos du prisonnier, plusieurs silhouettes encapuchonnées s’agitent. La première, un peu en retrait, dissimule ce qui semble être une femme à la peau pâle et diaphane. Sa présence hérétique en ces lieux sacrés est un scandale qui étrangement ne déclenche nul tumulte…
La deuxième ombre chinoise se tient droite comme un militaire mais de légers tremblements laissent transparaître son excitation ou son angoisse.
La dernière est aussi à l’aise dans cet endroit infâme qu’une courtisane dans une chambre d’aristocrate. Après avoir rabattu son chaperon, l’elfe noir s’approche d’un présentoir et couve d’un regard tendre presqu’amoureux différents ustensiles tranchants, coupants ou contondants. Après quelques secondes, il se saisit de l’un d’entre eux et, un masque sadique plaqué sur le visage, se dirige vers un Fenric sans défenses.

« Halte »

Ce simple mot à peine murmuré par des lèvres maquillées fige le bourreau, sa victime et le moindre souffle d’air. Le soldat se redresse rouge de colère.

« Idiot ! La sainte Matriarche Kara a bien précisé qu’elle le voulait intact. Aucune blessure visible ou ecchymose ne sera tolérée ! Il doit être impeccable pour la parade ! »

Cette voix si familière fait réagir Fenric jusque-là amorphe, conquis.

« Sthyll, mon cousin ?? Est-ce toi ? »

Un silence incrédule et choqué emplit la pièce. C’est l’incompréhension personnifiée qui est à présent entravée tandis que son geôlier se tortille tel un enfant pris en faute.
C’est à ce moment que la femme pâle fait sortir le tortionnaire et quitte l’ignoble geôle.

« Tu es à la croisée des chemins, Elu. Ta décision de ce soir scellera ton Destin ! »

Quelque part dans le cerveau reptilien du prisonnier, une certitude s’installe : s’il se tait, la situation reprendra son cours et pas pour le meilleur. Mais s’il parle, … Peut être pourra-t-il se sortir de ce mortel pétrin.

« Sthyll, libère-moi. Je sais que cette situation n’a pu t’être qu’imposée. Je sais aussi que tu y goûtes encore moins que moi… Après tout ce que nous avons traversé ensemble, je sais que tu ne me laisseras pas tomber. Tu te souviens de cette embuscade à près d’Orannan ? Sans toi, je ressemblerais à une pelote d’épingles. C’est vraiment grâce à toi qu’on s’en est sorti sur ce coup-là. Ça t’a valu une médaille non ? »

Etonnamment, l’ambiance s’est détendue malgré l’endroit abject et la captivité de Fenric.
Ce dernier tente de pousser son avantage.

« Les armées de la Reine Noire doivent sans doute être à nos portes à cette heure. Il nous faut faire quelque chose. Nous mettre au service des Matriarches. Je suis certain qu’elles ont une idée. Quelque artifice, subterfuge ou rouerie géniale dont elles ont le secret pour repousser ces maudits garzoks ! »

« En effet, la sainte Matriarche Kara a organisé un petit quelque chose pour demain… Et tu en fais partie intégrante, mon cousin… »

Le sourire sadique plaqué sur le visage du guerrier aurait pu mettre la puce à l’oreille de son prisonnier s’il n’était dans le dos du forçat.

« Kara est plus connue pour sa capacité à ne s’opposer à personne et à disparaitre lorsqu’une décision est nécessaire que pour sa prise d’initiative ou pour sa sagesse. »

Il est étonnant de constater comme une phrase peut détruire toute chance de sauvetage à celui qui l’a prononcée. La détermination de Sthyll jusque-là vacillante est à présent aussi inaltérable que le diamant.

« Bois ceci, mon cousin. Ça te fera du bien. »

Le gardien tend une gourde au prisonnier qui s’empresse d’y lamper de longs traits. Une fois l’opération terminée, il reprend son discourt.

« Tu devrais montrer plus de respect envers la très Sainte Archi-Matriarche… Ne fais pas cette tête-là, Fen’. Beaucoup de choses ont changé en quelques jours… C’est fou comme une armée en approche peut être initiatrice de modifications…
Enfin, la très auguste Kara a juré fidélité à Omyre et à la Reine Noire au nom de l’Altha Ust. Nous sommes à présent une féale province du Grand Empire d’Omyre.
Ce soir, chacun des représentants des clans devra prêter serment ou être jugé aux côtés de ceux qui ont œuvré contre la Sombre Déesse.
Vu que ton père a été démis, c’est à toi que revient le clan… »


Sans le moindre avertissement, une aiguille jailli dans la main de l’in des shaakts et s’enfonce sous l’ongle de l’autre dans un cri déchirant de surprise et de douleur entremêlées.
Un sourire carnassier sur le visage, Sthyll se penche et susurre doucement.

« Kara a dit pas de blessure… VISIBLE… Je vais jouer un peu avec toi. Mais comme je dois être discret, il a bien fallu tricher un peu. Te souviens-tu de la médecine que ton père à ramener de Yarthiss ? Tu sais celle des courtisanes… Elle est censée augmenter les sensations physiques. La Folsom, je crois.
Eh bien, c’est ce que tu as bu tout à l’heure… Je te promets que ces quelques heures que nous passerons ensemble vont te sembler… INTERMINABLES… »


Un nouveau cri, de désespoir cette fois, monte de la gorge de l’entravé.



Le lendemain soir, c’est la grande parade. Dans la salle de bal de la citadelle de Caix Imoros. Sur une estrade construite à la hâte, les Matriarches siègent encadrées par les émissaires d’Omyre et leurs gardes. La pièce est remplie des shaakts ayant une quelconque importance en ville : bourgeois, membres inférieurs du clergé, petite noblesse, dignitaires militaires, …

A intervalle régulier, un chef de clan plus ou moins molesté est introduit, prête serment au nouveau conseil et à Oaxaca puis se retire sans demander son reste. De temps à autres, le dirigeant n’a pas le temps d’ouvrir la bouche ou d’esquisser le moindre geste qu’il est accusé de trahison, de trouble à l’ordre public, d’organisation criminelle, d’aide à la fuite des traitres ou d’une combinaison de ces motifs. Il est alors jugé par le Conseil Matriarcal et condamné qui à l’emprisonnement, qui à la torture, qui à la mort, qui à la déchéance de ses droits, …
Toutefois, chaque clan fini par être représenté et le serment prêté… Enfin… Tous sauf un.
Fenric fait son entrée mi titubant, mi soutenu par son cousin, garde du corps. Il met péniblement un genou à terre et prononce la promesse de fidélité trop heureux de ne laisser aucun motif à Sthyll de recommencer son petit « jeu ».

Son sort est alors scellé.

À peine a-t-il fini que l’on traine un mâle, battu comme plâtre, devant le Conseil. Ce martyr n’est pas n’importe qui. Malgré les traitements infâmes qu’ils ont chacun reçus, Fenric ne met pas plus d’un regard à le reconnaitre.

(Père !)

« Voici l’Ennemi ! Celui qui, depuis des années, affaiblit notre belle Cité, fait avorter toutes les tentatives de conciliations avec nos amis de l’ouest, a permis à toutes les traitresses, puisse leur sang cailler dans leur veines ignobles, de fuir avant l’arrivée des sombres légions libératrices, … La liste de ses crimes est infinie. C’est pourquoi, moi, Kara, Archi-Matriarche par la volonté de la Déesse Noire et dirigeante officielle du Conseil, le déclare coupable de haute trahison et de crime contre la Cité et le Matriarcat.
Pour cela, il sera égorgé et se noiera dans son propre sang ici même et immédiatement !
Seigneur Fenric, veuillez nous prouver votre loyauté et procéder à l’exécution. »


« JAMAIS ! Plutôt mourir avec lui ! »

« Qu’il en soit ainsi ! »

Sans un instant d’hésitation, Sthyll se précipite pour tracer un sourire sanglant en travers du cou du condamné.


A la suite de cette mise à mort, il faudra quatre gardes pour maîtriser un albinos enragé.

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 Sujet du message: Buried
MessagePosté: Jeu 6 Oct 2016 15:45 
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Sortant d’un coma brumeux et sombre, l’esprit de Fenric s’éveille aux sensations. D’abord, la rudesse du sol glacé sous ses fesses douloureuses. Les courbatures de son dos appuyé sur le mur de pierre humide. Ensuite, l’obsédante odeur d’excréments en décomposition mêlée à celle d’une jonchée moisie et pleine de tous les parasites de rigueur en un tel endroit. Ajoutons à cela une petite note surette de vomissures et de bile associée à une haleine d’ail dans un monde où le dentifrice n’a pas encore été inventé et où l’hygiène est un vague concept scientifique novateur… Voici un délicieux cocktail qui soit vous réveille, soit vous expédie ad patres sans attendre.
Enfin, l’elfe noir ouvre les yeux tandis que son cerveau bat toujours la campagne. Il voit une pièce étroite d’une forme vaguement losange d’environ une toise et demie sur deux. Les murs sont nus et le lit, bien que sale et affreusement odorant, pourrait permettre un repos correct compte tenu des circonstances.
La porte d’entrée et ses environs sont, sans conteste, la zone la plus répugnante. En effet, quelqu’un a soigneusement fracassé la tinette ainsi que chacun des plateaux repas ayant eu le malheur de franchir l’huis barré de fer. Même les cruchons d’eau ont été détruits systématiquement. La seule voie de sortie passe donc au travers d’une infâme flaque de nourriture, de boue, de débris de faïence et d’excréments mélangés.

Après un moment, une seconde, une éternité, des pas résonnent dans le couloir glauque. Cadence militaire. Quelqu’un s’est enfin décidé à faire ce qui doit être fait. Avec le peu de force qu’il lui reste, le shaakt se redresse sur ses pieds un fragment de deux pouces de porcelaine acérée à la main.
La porte s’ouvre alors sur un humain en uniforme.

« Seigneur Fenric, veuillez me suivre s’il vous plait. »

Le ton est courtois bien que sec. Sans attendre la réaction de son interlocuteur, esquisser un pas dans la pièce ou même s’incliner devant son supérieur raciale, il se retourne et fait mine de quitte les lieux.

« Kara et Sthyll m’envoient des esclaves à présent ? Si tu veux me voir sortir pour subit un châtiment digne de leur courroux, il faudra m’y contraindre, chien impur ! Ne te crois pas l’égal de tes Maitres, larve ignoble. Tout disgracié que je sois, le sang shaakt coulant dans mes veines suffit à m’élever bien plus haut que les cieux dont tu rêves ! »

« Les elfes sont vraiment tous tarés ! »

Le rouge monte au visage du kendran qui sort de lourdes menottes de fontes de la ceinture et s’apprête à faire ravaler ses fanfaronnades au prisonnier. Il marche lentement et précautionneusement dans la flaque traitresse. L’elfe noir profite d’un instant de distraction dû à une légère glissade pour passer à l’offensive.
Sautant hors de son coin tel un bouffon hors de sa boite, il lance une attaque visant à l’aide de son arme improvisée. Mais ses cuisses ne répondent pas aussi bien que prévu. Son assaut est moins vif et surtout trop court de près d’un pied.
Bien que surpris par cette manœuvre, le geôlier, dans un réflexe issu d’années de pratique, happe le poignet de son adversaire et lui imprime un mouvement de torsion obligeant le prisonnier à renoncer à son dernier espoir de combat armé. La main du shaakt relâche l’éclat coupant qui se fracasse sur le sol. Toutefois, Fenric garde espoir, d’un puissant coup de rein, l’arrière de son crâne est envoyé écraser le nez de l’humain broyant os et cartilages. Un flot de sang carmin et chaud gicle. Avec un cri étranglé, le garde chiourme, rompu à l’art de l’arrestation, resserre l’étau de son étreinte, tordant le membre de plus belle tout en tentant de juguler l’hémorragie.

Tombant à genoux, Fenric est vaincu. Souriant mais vaincu… Souriant ?! En effet, d’un sournois et violent balayage, il fauche le geôlier et se précipite vers la liberté…
Il franchit la porte de la cellule, s’élance dans le couloir, évite une patrouille sortant d’un dortoir, traverse une réserve et une salle d’entrainement vide avant de se ruer sur une double porte, de la franchir et de se retrouver cerner par huit sections de soldats kendrans en train de prendre leur repas.
Tournant les talons, l’elfe noir percute le torse de son vigile au nez blessé. Sans attendre, celui-ci referme les menottes sur les poignets de Fenric et le traine jusqu’au bureau du commandant en passant devant un jeune sinaris à la mine renfrognée qui attend audience.

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 Sujet du message: Réglement de compte à Shory corral
MessagePosté: Lun 17 Oct 2016 13:37 
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La porte du bureau résonne des coups légers et secs que lui applique un poing ganté. Elle s’ouvre ensuite sur une pièce sobre pour ne pas dire austère : les murs sont nus, un bureau de bois brut occupe le centre de la pièce encadré par quelques sièges à peine rembourrés, deux meubles bas et pansus ainsi qu’une bibliothèque complète le décor. Alors qu’entre un soldat et son prisonnier, le silence se fait uniquement brisé par un hoquet d’horreur de la visiteuse. En effet, le spectacle qu’offre Fenric a de quoi offusquer…
Son corps amaigri par plusieurs jours de jeun présente de nombreuses estafilades et deux perforations profondes dans le dos ainsi qu’une pâleur cadavérique. Son visage est tuméfié tandis que ses magnifiques vêtements neufs qui le mettaient tant en valeur sont tachés de sang séchés, de boue, d’excréments et même de vomissures aillées. Il est impossible d’en dénombrer les déchirures et accrocs tant elles sont nombreuses.

Le cœur de la pauvre Campanule défaille de colère et d’indignation lorsque ses yeux se posent sur les poignets enchainés de son bien aimé. Pourtant, malgré son envie et sa bouche qui s’ouvre, elle garde le silence… L’humeur de l’officier est à l’orage. Pourtant, il se contient et c’est d’un ton faussement doux mais chargé de menaces qu’il réprimande le planton.

« Soldat ! Quand je donne un ordre, j’entends qu’il soit effectué dans un délai raisonnable. Quel est pour vous le temps raisonnable pour aller chercher quelqu’un … »

La remarque sèche de l’officier se transforme en un marmonnement incompréhensible. En effet, son regard vient de se poser sur le visage ravagé de son subordonné.

« Toutes mes excuses, commandant. Comme vous le constatez, il y a eu un léger incident : votre prisonnier de marque a tenté de s’échapper… »

Pour quelqu’un ayant déjà subi une curée ce jour, le gaillard est hardi. D’autant que le gradé n’est pas connu pour sa magnanimité à l’égard de l’insubordination. Toutefois, on peut aisément comprendre le désappointement du gardien qu’on envoie escorter un invité et qui se trouve défiguré par un forcené elfique.

« Allez donc voir le guérisseur et faites-vous soigner. Tout cela à mes frais bien entendu, si tu tiens ta langue. Personne ne doit entendre parler de ce fâcheux contre temps… Oh et demandez au gaïaiste de vous remettre le nez dans la place qu’il avait avant l’accident du bois de Bäal. J’avoue ne plus supporter son état actuel… »

Sur ce, le soldat se sauve sans demander son reste trop heureux de l’aubaine. En effet, il est rare de bénéficier de soins magiques dans l’armée kendranne surtout lorsqu’on est caserné à Shory. Et même dans ce cas, les tarifs sont prohibitifs.

Abruti par plusieurs jours d’ascétisme et d’efforts intenses, le shaakt est incapable de mettre ses idées dans l’ordre et à distinguer les souvenirs des sensations. Son esprit est tellement saturé par les informations contradictoires qu’il doit gérer et a décidé de rendre les armes. Inapte à prendre la moindre décision, il reste debout immobile. Débile. La voix du maitre des lieux ne l’atteint même pas. Ses oreilles étant saturées par l’illusion du fracas des vagues s’écrasant sur le promontoire de Caix.

« Fenric ! Êtes-vous devenu sourd ? Ou seulement dément ? »

Une voix de femme… Excédée… Même s’il est piloté uniquement par ses réflexes les plus primaires, un shaakt mâle ne peut rester sans réaction face à cela. Sa vie en a dépendu trop souvent. La servilité teintée de crainte superstitieuse aussi ancrée dans son âme que ses os dans sa chair lui monte au visage et au crane.
Lorsque ses yeux se posent sur la charmante sinarise assise au bureau, une peur sans égale s’empare de lui.

« Matriarche ! Que faites-vous ici ? Fuyez. Sthyll et Kara sont là. S’ils vous trouvent mon supplice ne sera rien à côté du vôtre. Fuyez pauvre folle ! »

Ce nouvel excès émotionnel vient à bout des dernières réserves du shaakt dont les jambes flageolent puis se dérobent sous lui.

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