Terry Pratchett, dans les Tribulations d'un mage en Aurient a écrit:
Puis, se frayant un chemin avec colère à travers les soldats, arrivèrent d'autres guerriers d'un type tout à fait différent. Ils étaient plus grands, portaient des armures plus solides, des casques magnifiques et des moustaches qui étaient une déclaration de guerre à elles seules.
L'un d'eux jeta un regard noir à Cohen.
"Orrrrrrrrr ! Yamamoto ! Kadératé !
- C'est quoi, ça ? fit Cohen.
- Un samouraï, répondit monsieur Cervelas en s'épongeant le front. La caste des guerriers. Je crois que c'est leur défi officiel. Euh... vous voulez que je le combatte ?"
Le samouraï qui fusillait Cohen des yeux sortit un petit bout de soie de son armure et le jeta en l'air. De l'autre main il empoigna la garde de son épée longue et fine...
C'est tout juste si on entendit un sifflement, mais trois lambeaux de soie tombèrent doucement par terre.
"Recule, Prof, dit lentement Cohen. M'est avis que celui-là il est pour moi. T'as un autre mouchoir ? Merci."
Le samouraï regarda l'épée de Cohen. Une épée longue, lourde et tellement ébréchée qu'elle aurait pu servir de scie.
"Vous n'y arriverez jamais, fit-il. Avec cette épée, jamais.
Cohen se moucha bruyamment. "Tu crois ça ? Regarde."
Le mouchoir s'éleva en flèche. Cohen serra son épée.
Avant même que le mouchoir ait amorcé sa courbe descendante, le barbare avait déjà décapité trois samouraïs au nez en l'air. D'autres membres de la Horde, qui suivaient souvent le même raisonnement que leur chef, en avaient abattu une demi-douzaine de plus.
_________________
* * *
C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables.
Proverbes, 24, 3-4