Maltar a écrit:
Y'a t'il des critiques non orienté?
La parfaite neutralité n’existe pas (enfin, "je pense que la...." ). Par contre cela n'est pas assumé par tous.... Je préfère quelqu'un au positionnement clair et assumé a quelqu'un qui me le cache. Je sais ou je mets les pieds...
Le fait que qu'analyse soit orienté n’enlèvera en rien ça valeur, cela ne l’empêche pas d’être fine, sourcée, etc. ET c'est ces derniers points qui lui donneront de la valeurs. Et qui permettent au passage de comprendre comment le critique s'est justement orienté vers tel ou tel positionnement.
Au final il n'y a que deux type de critiques: les critiques orienté qui l'assume et les autres qui le cachent! Qui chacune se divisent en deux sous catégories: celles qui sont bien faites et celles qui ne le sont pas.
..... Mais donc, toutes les critiques seraient jugées sur le fait qu'elles sont orientées?!
Yo 9! Alors, reprise de l'escrime?
Zut, finalement j'ai fait une redite de Maltar.
Je compléterais simplement en ajoutant que mon point de vue sur l'impartialité/neutralité comme un mythe résulte en partie de ma formation en sociologie, et plus globalement en sciences sociales, et du courant dans lequel s'inscrivent mes professeurs, qui soutient que la neutralité/l'impartialité, ça n'existe pas, au mieux ça se construit, et encore. Mieux vaut assumer/exprimer clairement ses ressentis, ses émotions, ses partis pris, ses révoltes, rendre publique et clair tout ce que peut susciter en nous une thématique que de voiler cela, et de faire passer, au final, un avis orienté sous la forme de l'impartialité, que les gens prendront pour de l'impartialité parce que ça y ressemble.
C'est une manière de voir les choses, de faire de la recherche, à laquelle j'adhère, et qui selon moi vaut également hors du champ universitaire qui est le mien, par exemple pour la critique littéraire.
De plus, pour continuer à abonder sur la question de la forme, je trouve qu'exprimer - parfois violemment - l'aversion pour une oeuvre, apporte un élément de plus à la critique que le simple "je n'ai pas aimé, je pense que certains aspects méritent d'être critiqués" : la mise en perspective de ce que peut susciter une oeuvre. Quand je lis Tolkien, chose que j'ai recommencé récemment, c'est toujours avec plaisir, et il y a des réactions que je n'ai jamais ressenti : l'ennui, la lassitude, ou une franche aversion. Des sentiments négatifs, exprimés en termes courtois, dans une forme épurée de toute forme d'hostilité ou d'aversion, feraient peut-être moins mouche, ou me donneraient moins à voir la palette du ressenti suscité par le livre.
_________________
* * *
C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables.
Proverbes, 24, 3-4