Caabon a écrit:
Gamemaster14 a écrit:
Bah j'avoue que le commentaire me fait juste marrer.
En gros, ce que Miéville n'apprécie pas chez Tolkien, c'est qu'au lieu d'inventer un concept pondu de nulle part, il a utilisé sa connaissance en matière de religion et de mythologie gaëlique, écossaise et nordique pour moderniser une oeuvre wagnérienne (au sens littéral) majeure pour la rendre compréhensible et accessible à ceux de son époque, tout en leur permettant de s'identifier à un héros, de ne plus être simplement extérieur à un héros divin (ou semi-divin), créant ainsi un début de mythologie du XXème S.
En gros, c'est ta lecture de la citation.
Personnellement, je n'y lis aucun reproche sur le travail effectué par Tolkien de matériaux anciens, ni sur l'originalité du matériau utilisé pour construire son oeuvre, ni sur la construction d'une mythologie du XXeme siècle. Je pense qu'on peut très bien effectuer un tel travail sans pour autant tomber dans ce que critique Miéville, qui sont plus des positions morales/politiques, plutôt qu'un parti pris purement littéraire.
J'ai juste appris dans mes analyses de textes à lire et à considérer que le premier et le dernier argument sont les plus forts et ceux sur quoi l'auteur veut insister. Hors :
Citation:
Car il y a beaucoup à exécrer : sa suffisance wagnérienne
Beaucoup à exécrer = tout ce qui va suivre le deux points, c'est les points sur laquelle Tolkien a fait de la merde (sens d'exécrer : Avoir en exécration, avoir en horreur, abominer.)
sa suffisance wagnérienne : il lui reproche donc d'avoir pris le ton de l'oeuvre dont il s'est inspiré (l'opéra classique de Wagner "l'anneau de Nibelung") pour faire sa propre oeuvre.
Quant à son dernier argument :
Citation:
Les clichés de Tolkien (elfes, nains et anneaux magiques) se sont répandus comme des virus.
C'est bien une attaque sur les origines du monde détourné par Tolkien. A savoir la mythologie d'origine de l'anneau de Nibelung, mythologie nordique où on retrouve... Oh tiens, des elfes, des nains et des anneaux magiques (ainsi que des runes, des armes légendaires, des combats épiques, des bons grands blonds, des dragons, des forêts qui parlent, des orbes pour communiquer, des morts qui viennent au combat,...)
Beaucoup à exécrer ne veut pas dire tout, il me semble. Ce qui suit les deux points est une liste relativement modeste qui, je tiens à le souligner, ne comprend pas d'élements sur la qualité littéraire de l'oeuvre de Tolkien, ni sur les matériaux qu'il a utilisé, ni sur l'originalité de l'univers.
Est-ce que Miéville reproche à Tolkien d'avoir recouru à des clichés ? Ce que je retiens de la phrase est plus ici "se sont
comme des virus", ce qui n'implique pas Tolkien, mais tous les suiveurs. D'autant plus que, comme tu l'as indiqué plus haut, il a placé tout ce qu'il y avait à exécrer après les deux points. Or les clichés ne s'y trouvent pas.