ValdOmbre a écrit:
Anastasie Terreblanc a écrit:
ValdOmbre a écrit:
Si je comprends bien tu repproches au fait d'être censé que cela te fait voir le monde tel qu'il est, et pas au travers d'un voile rose? Dans ce cas là tu te trompe de cible, c'est la lucidité que tu devrais détester, non?
Je pense juste qu'être sensé donne cette lucidité, irrémédiablement. Ceci dit je ne hais rien de tout ça, ce que je hais c'est la société, et je ne pense pas qu'il faille bannir la lucidité ou le bon sens, seulement qu'en posséder trop n'est pas recommandé pour la santé et ne le sera jamais tant que la société restera de la merde.
Le plus drôle c'est qu'il y a assez de tout sur terre pour constituer une utopie, plus que faisable, c'est quelque chose qui aurait dû tomber sous le sens (justement) si l'homme n'avait pas tout baisé. Moi je propose qu'on arrête d'être entièrement lucide (si tu préfères) tant qu'on aura pas fait en sorte que le monde reparte dans le sens qui aurait dû être le sien : celui de l'utopie.
Pour construire une utopie, il faut avoir les pieds sur terre ET être lucide pour que ceux qui n'ont pas ces attribus puissent en profiter. Peut être que l'homme a tout foutu par terre, en attendant c'est pas en fumant et en se roulant par terre en regardant les étoiles qu'on fera prendre au monde un nouveau tour. Pour moi être censé ne donne pas la lucidité, il en découle à la limite.
Bien sûr qu'il faut être lucide pour construire une utopie, d'où le fait qu'il soit insensé de se laisser aller complètement à la lucidité JUSQU'A aller dans ce sens.
De plus tu n'accordes pas assez d'importance au mot "complètement" dans mes discours. Il ne faut pas l'être complètement, parce que c'est le début du mal-être, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas l'être du tout.
Et de deux choses l'une :
Premièrement, on peut passer son temps à rêver au moment de "vivre", dans le sens profiter de la vie, se mettre des oeillères pour ne pas faire face à tout ce que la société apporte de vicié, mais être lucide au moment de prendre des décisions, au moment de s'instruire ou au moment de chercher des solutions pour transformer ce monde.
Deuxièmement je parlais plutôt de la plèbe, là, il est important que la plèbe puisse rêver et ne fasse pas trop face à la vie (c'est d'ailleurs, je pense, ce qu'elle fait, mais c'est beaucoup trop long à expliquer, je vais bientôt devoir y aller), même si, ironiquement, c'est le fait qu'elle arrête de rêver qui pourrait transformer la société (mais je parle plus du bien individuel que du bien commun). Ca n'empêche pas que l'on a besoin de personnes qui soient capables d'affronter la réalité avec lucidité, quitte à ce qu'elles vivent malheureuses tout le long de leur vie, pour que les générations futures n'aient pas besoin de rêver pour vivre bien.