|
Bon, je raconte quand même, puisque ça m'est revenu.
Benjamin Constant, dans son journal intime, il se plaint pas mal. Entre autre, il se prend la tête pour savoir s'il doit épouser sa maîtresse ou pas ; c'est qu'il ne veut pas faire une connerie.
Donc il raconte (c'est bizarre d'ailleurs : pour lui même ou pour nous ? c'est son journal quand même) une anecdote, la cause du mariage d'un de ses potes.
Le type courtise une femme, mais comme il en courtise d'autres. A un dîner, il conte fleurette à une autre, et voit la première terriblement attristée de cet état de fait : pour lui, c'est la révélation, elle a donc du sentiment pour lui, et ça, ça ne se laisse pas passer. Il en vient à l'épouser. Et, dans un grand moment de bonheur conjugal, il se plait à évoquer avec elle cette fameuse soirée, lui demande si elle s'en souvient ; et la femme de lui répondre qu'elle s'en souvient, qu'elle avait mangé un petit pâté en croute qui l'avait laissée indisposée pendant toute la réception.
Résultat, Benjamin, il flippe, il se demande si lui aussi ne risque pas de prendre à tort des réactions de sa maîtresse pour des sentiments, s'il ne va pas se marier pour du pâté en croute.
_________________
* * *
C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ; par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables. Proverbes, 24, 3-4
|