Isil An'Naïnelim a écrit:
Caabon a écrit:
Moi non plus.
Mais je lui accorde le bénéfice du doute pour ce qui est du soutien apporté aux individus, puisque jusque là je suis surtout tombé sur des gens plein de bonne volonté et pas chiants avec moi. Je me dis que pour des personnes que le chômage conduit à des situations d'isolement social, c'est déjà un pas pour en sortir. Sans compter toute l'aide logistique (accès à internet par exemple, aide financière pour les déplacements), ou les savoirs minimaux nécessaires à la recherche d'emploi qu'ils peuvent apporter à ceux qui ne les ont pas (par exemple rédiger un CV, ou connaître les types de contrat, ceux aidés ou subventionnés surtout).
Mon léger agacement, et le sentiment de perte de temps parfois, découle surtout du fait que les séances s'adressaient à un groupe très hétérogène ; certaines situations m'avaient foutu un sentiment de malaise assez méchant, et avaient plombé l'ambiance pour la demi-heure suivante.
Au vu de ce que tu dis, il semblerait que le principal problème réside dans le fait qu'ils différencient mal les différents types d'aides qu'ils sont supposés/peuvent apportés aux individus. Avec d'une part l'aide à la recherche d'emploi, d'autre part tout l'aspect plus social, qu'il soit d'écoute ou d'aide plus directe avec les cvs, comme tu dis. Et du coup mettent tout le monde dans le même sac, sans une réelle prise en compte des besoins de chacun (la France n'est pas très réputée pour ça, au demeurant, ce n'est pas dans la culture).
Ensuite ça reste un monde que je ne connais guère, ce n'est qu'un point de vue sur ce que tu dis.
Un des problèmes est exactement ça. Personnellement, je n'y vois pas de mauvaise volonté de la part des conseillers et intervenants, voire de l'administration des structures : le système n'est pas fait pour prendre en compte de manière effective les différences et les besoins, même s'il le professe, pour cause de manque de moyens me semble-t-il, tant humains que financiers. Sans compter qu'une standardisation des procédures n'aide guère.
Par exemple, à la fin de chaque rendez-vous avec ma conseillère, elle doit taper un compte-rendu/procès verbal retraçant ce que j'ai fait, ce dont on a parlé durant l'entretien, de telle sorte qu'un suivi puisse être assuré ; eh bien ledit compte rendu ne peut pas excéder quelques lignes, avec un nombre de caractère maximal, si bien qu'il faut simplifier au maximum et omettre pas mal d'éléments. Une reprise de mon dossier par un autre conseiller (en six mois, je suis passé par la responsabilité de trois conseillers, dont un que je ne n'ai jamais rencontré puisque j'ai basculé sur un programme à financement européen) m'obligerait à lui refaire un compte rendu de six mois de recherche s'il veut vraiment prendre en compte ma situation, car selon moi ce qui a été écrit ne reflète que très partiellement ce que j'ai fait.
Quelque lignes de plus ou de moins dans un formulaire, ça peu paraître tout con, mais ça me semble être symptomatique d'une approche de la recherche d'emploi par ceux qui la gèrent.
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C'est par la sagesse qu'on bâtit une maison, par l'intelligence qu'on l'affermit ;
par le savoir, on emplit ses greniers de tous les biens précieux et désirables.
Proverbes, 24, 3-4