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Et pourtant, contre toute attente, ce n'est pas de la haine que je ressens à présent. Ni haine, ni colère, ni mépris. A la place, une boule au ventre, et mon cœur qui se serre, et se serre... Je sens des larmes couler le long de mes joues. Surprise, je lâche le cou d'Ilynia pour porter mes doigts à mes pommettes. Son cou... ? Stupéfaite, je regarde le corps inanimé de la petite demi-elfe qui m'a donné l'affection que me refusait Equilibre durant toutes ces années. Et c'est là que la haine intervient.
Attrapant une flèche dans mon carquois, je hurle. La pointe du projectile s'enfonce dans son cou presque sans résistance. J'entends à peine mes cris de rage alors que j'ouvre sa gorge. Ils semblent lointains. Sourds. Toute ma haine se déverse sur elle alors que j'ôte les derniers fragments de vie qui l'habitent. Mais cette haine ne lui ai pas adressée. Je mets un certain temps à mettre un sens sur les mots qui sortent de ma bouche. Pourquoi est-ce que tu l'aimes plus que moi ? Pourquoi est-ce que tu l'aimes plus que moi ? Pourquoi est-ce que tu l'aimes plus que moi ? Pourquoi est-ce que tu l'aimes plus que moi ?
Des sanglots de rage coulent maintenant à flot de mes yeux dont la vue est brouillée. Toute cette scène est... surréaliste. J'ai l'impression de regarder quelqu'un d'autre. Alors que mes muscles bougent seuls, que ma propre voix se fait entendre dans notre campement désert, j'ai le sentiment de rester passive, immobile.
Et puis soudain, je suis de nouveau aux commandes de mon corps. J'observe à tour de rôle mes mains pleines de sang et le cadavre qui gît sous mon corps. Et mes cris reprennent de plus belle. Mais cette fois, je les entends. Cette fois, ils sont bien de moi. Et cette fois, le seul sentiment qui m'assaille est une profonde tristesse. C'est la première fois que j'ôte la vie. Ma première victime est ma sœur.
Ah ouais j'ai osé prétendre qu'elle était qu'un peu malsaine...