L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Herboristerie locale
MessagePosté: Lun 5 Nov 2018 23:24 
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L'après-midi s'achève, incitant à allumer d'autres lanternes dans la maisonnée. Après nous être défaits de nos bagages, occupés de quelques visites dans la boutique et rafraichis, nous nous retrouvons dans la pièce à vivre avec les autres occupants de mon foyer et commençons à discuter. Nous venons à peine de finir les présentations que la pyromancienne a déjà changé de sujet de manière agressive. Aucune considération pour la présence de Talia ou de curiosité bienvenue quant aux événements ayant jonché notre route, mais cela ne me surprend guère.

Elle gronde, une main sur la cuisse, l'autre s'agitant devant elle.

"Comme si être fournisseur de la boutique depuis tant de temps autorisait ce genre d'écarts. Non mais quel toupet !"

"C'est vrai ! Qui pourrait berner celle qui a un sens des affaires comme le tien ? Du style de celui qui fait acheter dix paquets d'amandes douces juste pour avoir le onzième alors qu'elle n'aime pas ça ?"

Menant la tasse de thé à mes lèvres, je m'en sers pour habilement masquer mon expression au regard mauvais qu'Ayame lance à son Promis. Agenouillée comme tous les présents en-dehors de son voisin sur les coussins jouxtant la fosse à feu carrée, elle pince résolument la cuisse de Junji. Le jeune homme tressaille un moment, regardant la jeune femme avec un air résolument désolé. Sauf qu'il est superbement ignoré pendant que la sanction perdure.

Elle braque son regard droit sur moi.

"Ne penses pas te défiler si facilement, Kiyo' ! Je ne comprends pas pourquoi tu ne l'as pas renvoyé et pourquoi tu lui as payé à ce prix ces plantes tout juste bonnes à faire du foin ! Ou alors c'est dans tes habitudes ? Utiliser des matériaux au rabais ? Je croyais que tu tenais ta profession en plus haute estime. Escroc."

Je manque avaler de travers à la soudaine attaque et suis contraint de toussoter. La main écailleuse de Talia me tapote entre les omoplates pour m'y aider. Un geste non nécessaire, mais que j'accepte néanmoins. La belle Pâle a besoin de distraction car, si elle fait de son mieux pour n'en rien laisser paraître, je sais qu'elle a du mal à tenir la posture assise traditionnelle. Pour qui n'est pas d'Ynorie ou n'a jamais eu besoin de s'y contraindre, cette façon de s'asseoir peut s'avérer inconfortable. Pourtant, ma fiancée tient à s'accoutumer à nos us, même à celui-ci. J'apprécie son dévouement mais ne lui en tiendrai pas rigueur si elle n'y parvient pas.

Je repose ma tasse sur la tablette de bois devant moi et secoue négativement la tête lorsque Tohru désigne le récipient d'eau chaude, proposant silencieusement de se lever pour me resservir. La fillette acquiesce et se détend au mieux, ses cuisses accaparées par les têtes des bambins fatigués.

"Je comprends ta pensée, Ayame. Mais je ne me passerai pas des services du Vénérable Mo."

Mon expression s'adoucit face à l'indignation de mon apprentie.

"Ses plantes ne sont peut-être pas les meilleures, mais elles sont sa raison de vivre. Les cultiver et les transmettre, ce qui le pousse à se lever chaque jour."

"Tu agis par pitié, en somme."

Je secoue lentement la tête et esquisse un sourire.

"Non, simplement pour honorer ma promesse envers Oncle Masaya. "

Silencieux jusque-là, Genji effectue un sobre mouvement du chef.

"S'il ne t'avait pas demandé de le saluer pour lui trois fois au cours de la discussion, jamais je n'aurais imaginé qu'il était... Malade."

Je me contente d'acquiescer à deux reprises. Le vieil homme ne semble plus en mesure de retenir d'importants événements, mais il peut parler du passé en détails. Ma tâche consiste à m'assurer de toujours pouvoir l'accueillir à sa venue ou du moins faire en sorte que ses plantes lui soient achetées au bon prix. J'imagine que mon apprentie a du les payer par défaut lors de mes absences et n'y prêter réellement attention que pour concocter divers baumes.

Un léger silence prend place dans la pièce, à peine perturbé par le crépitement des bûches.

"Ayaaa' ?"

"Jun'."

"Tu peux arrêter de me pincer, maintenant ?"

Mes doigts se hâtent d'attraper la tasse et de la porter à mes lèvres. Le jumeau jovial sourit à pleines dents sitôt libéré, taquinant sa Promise quant à sa magnanimité. Après s'être frotté le nez avec amusement, il porte ensuite un regard circulaire à la ronde, finissant par s'arrêter sur les enfants endormis.

"Je pars après avoir proposé l'Union, et je reviens pour me trouver père de jumeaux capables de se tenir sans aide..."

Une subtile tension se fait dans la salle. Ayame semble vouloir s'exprimer mais s'abstient. Que son fiancé prenne mal certaines choses, là se trouvait et se trouve encore sa plus grande crainte. Qu'elle vive ici plutôt que dans le logement négocié par ses soins par exemple, qu'il n'accepte pas sa paternité, qu'il ne l'accepte plus elle après l'avoir découvert, qu'il revienne sur sa demande d'Union et l'abandonne. Des choses somme toute compréhensibles à redouter.

"Et à présent sans toit."

Mes yeux s'écarquillent d'eux-mêmes. Junji scrute son jumeau férocement avant de laisser passer un souffle désabusé et de faire une moue boudeuse.

"Genjiii ! T'avais promis... Oh et flûte."

Cela arrive peu, aussi je sens ma poitrine se serrer lorsque Junji affiche clairement une expression peinée. Sa voix aussi sonne blasée, presque rancunière.

"Les propriétaires sont revenus sur leur décision. Ils ont eu une autre offre pour les lieux. Soit je proposais davantage, soit je disais adieu à notre petit nid."

Le milicien prend appui dans sa main et contre son genou valide, fermant les yeux avec irritation. Son soudain silence laisse l'assemblée suspendue à ses lèvres, sauf qu'il n'articule pas un autre mot. Ce n'est qu'une fois son frère sur le point de clarifier l'affaire qu'il les rouvre et gronde.

"Demander ça à un honnête milicien ! Dans mon état ! Et rachetée pour quoi, cette maison, hein ? C'est pas comme s'ils en avaient besoin ! Des types qui ne doivent leur statut qu'à l'ancienneté de leur nom et leur trésorerie ancestrale, bah ! ... Vous auriez vu la tête des propriétaires quand j'ai eu le malheur de parler des enfants... Ils m'ont accusé de leur avoir caché ça et pratiquement claqué la porte au nez, dites. C'est dingue ! "

Le jumeau sérieux laisse passer sur son visage tranquille une once d'amertume. La conversation que nous avions eu au temple de Gaïa me revient. Il avait raison de s'inquiéter car pratiquement tout ce qu'il avait envisagé s'est révélé moins pénible que la situation finale. J'imagine que le jeune père a du oublier de faire rédiger un accord écrit, raison de sa déplaisante situation. Déjà qu'il s'était fait avoir en ne parvenant pas à négocier la remise du titre de propriété... Son absence aussi n'a pas du aider. Mission de milice obligeant à laisser des affaires en suspend ou pas, certains n'en ont cure, même en ma Patrie.

Les yeux sombres de Junji attrapent les miens. Il passe de l'agacement visible à de la culpabilité. Ce qu'il y a de pratique chez lui, c'est que ses expressions n'ont nullement besoin d'être déchiffrées. Je souffre cependant de le voir perdre son sourire à cause de tout cela. Lui qui arrive à se battre et tuer sans en sembler affecté, le voir ainsi me laisse penser que les différentes nouvelles ont du grandement le déstabiliser.

"Je... Je pensais te demander ton accord pour rester un peu, Kiyo'. Le temps de mettre quelques de yus de côté, de demander un coup de main à cousine Akiko peut-être, mais..."

Genji croise les bras un peu plus résolument, ses ongles éraflant l'attelle au passage, et échangeant un regard avec moi. Là aussi, je me souviens pertinemment de la difficulté de la chose. Leur parente a déjà semble-t-il beaucoup aidé, et si elle avait été en mesure de faire davantage, jamais elle ne m'aurait demandé d'héberger et de former Ayame avant la naissance des petits.

L'homme enserre la main de sa Promise avec tendresse, avise Talia un instant avant de revenir à moi.

"Mais je ne peux décemment pas vous imposer autant notre présence à ta fiancée et toi. D'abord, ce serait indigne de rester plus que nécessaire. Et ensuite, c'est votre foyer à tous les deux. On va en trouver un autre. Le nôtre. Et puis, ce serait compliqué. On se multiplie trop vite ! Les murs finiraient par craquer à force de nous entasser !"

Il a beau sourire, je n'ai de mon côté nullement envie de le faire. S'il est vrai qu'avoir un peu d'intimité avec ma Promise me tient à cœur, chose que je devine réciproque en apercevant son œillade à mon endroit, jamais je ne pourrais me regarder en face si je laissais des amis dans le besoin. Et comment être davantage dans le besoin qu'être blessé et avoir deux enfants en bas âge sans foyer pour les accueillir ? Je m'indigne et fronce légèrement les sourcils.

Alors que je m'apprête à répondre, la clochette de la porte de l'herboristerie se fait entendre. Une succession de sons indiscernables s'ensuit, comme celui d'une chute multiple, étouffant le doux tintement. Je me lève prestement et m'arrête dans le cadre de la porte coulissante, avisant les jeunes parents avec calme.

"Divagations et propos dénués de sincérité, cas typique d'un convalescent affamé."

À peine ai-je terminé ma phrase que l'estomac de Junji gronde sans retenue. Je finis par esquisser un sourire rassurant et apercevoir une expression presque touchée sur le visage du jumeau sérieux. Fugace, elle disparait de mon champ de vision lorsque je me hâte vers la boutique, curieux de ce que je vais y dénicher.

Si j'avais prévu de me reposer à mon arrivée, force est d'admettre je ne suis pas sur la bonne voie pour y arriver.



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Dernière édition par Kiyoheiki le Mer 7 Nov 2018 18:00, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Herboristerie locale
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Rien de notable n'entre dans mon champ de vision alors que je franchis la porte du couloir. Le seul détail est l'entrée de la boutique, grande ouverte. Un bruissement aussi, provenant de devant le comptoir. J'ai à peine le temps de commencer à le contourner qu'une silhouette y prend appui pour se redresser. Une petite flaque se crée, attirant mon regard sur la forme trempée. Sa longue chevelure noire lui colle au visage, comme sa tenue humble de toile grisée. Il, car sa carrure large laisse peu de place au doute, dégage une forte odeur marine, d'algues et de vase surtout. Et à bien y regarder, il lui manque une chaussure. Pendant que je veille à ce que l'arrivant ne chute pas, je balaye le sol de la salle en quête de sa possession. Pas de trace de geta ou autre chaussure dans les environs. En revanche, l'éclat d'un morceau de métal familier répond à celui de la lanterne. Une arme. Non, pas tout à fait. C'est la garde d'un sabre ainsi qu'une partie de la lame. Je fronce les sourcils.

Dans le cadre de l'entrée, une autre silhouette masculine tend la tête timidement. La chevelure relevée en un chignon humble maintenu par un ruban rouge, une tenue modeste mais de bonne facture, la taille entourée d'une ceinture marquée d'un sceau familial. Le serviteur d'une haute maisonnée, peut-être ? Le visage juvénile exprime visiblement de l'inquiétude. Dans ses bras, un sac de transport de petite taille.

Rivée à l'entrée, le silencieux observateur ne bouge pas, se contentant de scruter l'être trempé qui semble enfin le remarquer. Sa voix s'élève sans trace d'émotions. Tonalité que, à ma grande surprise, je reconnais immédiatement.

"Pars."

Hidate. Tanigura Hidate, mon gigantesque collègue de milice. Refusant mon aide pour se tenir debout, il se redresse fièrement, son visage inexpressif masqué par sa longue chevelure. Fidèle à lui-même, à sa droiture et sa fierté. Un maître d'arme que je suis honoré de compter parmi mes amis et qui correspond, hormis sa grande taille, à l'idée que d'aucun se fait d'un ynorien. Tourné vers le serviteur, il serre subtilement les poings. Pour qui ne l'aurait pas fréquenté comme moi, cela n'aurait pas été signe de quoi que ce soit. Mais j'ai appris à lire dans sa gestuelle. Quoi que ce jeune homme face à nous veuille ou lui rappelle, cela le perturbe assez pour qu'il ait physiquement besoin de se contrôler.

Voyant que son interlocuteur ne bouge pas, il prend une vive inspiration. Mes yeux s'écarquillent d'eux-mêmes. Hidate fait un geste brutal du bras, l'accompagnant d'un ordre qui ne laisse place à aucune contestation.

"Va-t'en !"

Cette fois, le porteur de chignon sursaute. Il enserre précieusement le bagage, toute son expression au bord des larmes. Nos regards se rencontrent brièvement, m'amenant une impression familière. J'ai déjà vu ce garçon, mais ne parviens pas à me rappeler où. Il me tire de ma réflexion en quelques pas, venant à moi et me plaquant le paquet dans les bras avec violence. Il tourne alors toute son attention vers mon ami, le regarde de longues secondes sans cligner des yeux, le salue respectueusement puis détale, l'avant-bras contre le visage. Sa fuite est suivie du regard par le grand ynorien. Après de longs instants où je le devine guetter le son de la course, il baisse la tête vers moi.

J'entrouvre la bouche, mais tous mes mots me fuient. J'ai encore du mal à comprendre ce qui vient de se passer. Trop d'interrogations se bousculent sans que l'une d'entre elles ne parvienne à ma gorge. Une pression peu commune m'étreint, même si je finis par comprendre que ce n'est pas moi la cible de son attention. Le milicien effleure le paquet, le saisit, puis l'enserre contre son torse. D'un geste, il défait le cordon, extirpant du tissu et une bourse dont le son laisse entendre la présence de yus. Sa main semble effleurer autre chose sans que je voie ce dont il s'agit. Et pour la première fois depuis que je le connais, Hidate semble pris dans une tempête d'émotions. Entre ses longues mèches sombres, je le vois se mordre la lèvre jusqu'au sang. J'hésite puis finis par poser ma main contre son dos. Nouvelle surprise. Cet homme que je pensais inébranlable sursaute, plantant un regard médusé sur mon visage. Après quelques instants, il fait de même sur les environs jusqu'à s'arrêter sur l'entrée. Il a l'air de découvrir où il se trouve.

Arrivant depuis le couloir, Genji reste médusé devant la scène. Peut-être est-ce parce qu'ils se connaissent depuis longtemps, mais le jeune homme reconnait immédiatement notre ami. Si un air stupéfait se lit sur son visage, il me suffit d'un battement de cils pour qu'une expression concernée puis douloureuse la supplante. Il semble vouloir dire quelque chose mais se ravise. J'aimerais savoir ce qui leur passe par la tête et pourquoi l'échange de regards entre eux semble contenir tant de choses.

Ce n'est qu'une fois parvenu à notre niveau que le jumeau se fait entendre.

"Tu vas prendre froid. Kiyo', nous empruntons ta salle d'eau."

Je hausse légèrement un sourcil à l'utilisation du pluriel mais acquiesce. Genji me rend mon signe de tête, indiquant au grand homme de passer devant. Hidate obéit docilement, sachant parfaitement comment mon foyer est agencé. Plus je le regarde marcher, le paquet serré contre lui, plus j'ai la conviction que quelque chose ne va pas. Sa façon de se mouvoir me dérange. Moins assurée. Moins puissante. Comme s'il appréhendait de faire le pas suivant.

Genji plisse alors les yeux, apposant sa main sur mon épaule et parlant à voix basse.

"Ne dis rien. Tu l'as remarqué aussi. Il fait de son mieux pour masquer sa condition."

J'acquiesce une nouvelle fois, le laissant aller à sa suite pendant que je ferme la porte de la boutique et parcours les étagères du regard à la recherche d'onguents. Mon pied frôle la garde de la lame. Elle dégage aussi une odeur salée et de la vase s'est glissée entre les lignes de tissu du pommeau. J'aperçois alors une gravure sur la lame, le nom du sabre brisé. Une poigne glacée étreint ma poitrine. C'est l'un de ceux de Hidate. Comment est-ce possible ? S'est-il battu jusqu'à le casser ? Un sabre aussi résistant et capable de trancher net des os de diverses tailles ?

Non.

Sous mes doigts, je sens les ondulations près de la cassure. Des traces de coups répétés au même endroit. Quelqu'un a délibérément martelé puis rompu ce sabre. J'en enserre la garde avec précaution, un voile de peine au cœur. Peut-être est-ce ce sentiment qui fait réagir ma faëra.

(Grand trouble au cœur de vos pensées, mon Protégé. Par son partage, le fardeau s'amoindrirait.)

(Je ne doute pas que vous le sachiez déjà, Okina. En Ynorie, un guerrier et ses armes forment un tout. Une seule entité. Cela est d'autant plus vrai lorsque le combattant y est suffisamment lié pour vouloir les nommer.)

(Au même titre que son épée, l'esprit de l'ynorien serait affecté ?)

(Hidate est quelqu'un de fort aussi bien de corps que d'esprit. Il n'est pas aisé de le briser... Mais même un être de son calibre ne saurait rester indifférent face à pareil... Symbole.)

Le maître d'armes manie généralement deux katanas et je ne l'ai vu en porter aucun, si ce n'est cette triste garde. Et d'après Genji, il semble aussi physiquement blessé. Je me hâte d'aller poser la garde derrière le comptoir et de rassembler des pots à onguent.

J'ai beau vouloir connaître le fin mot de l'histoire, je connais mes priorités, même si un brin de frustration refuse de s'en aller. Par Gaïa, qu'a-t-il bien pu lui arriver ?


~Suite~

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