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Niphredil me sourit lorsque je prends congé d'elle, affirmant qu'elle ne doute pas que je reviendrai la trouver si je le peux. Nous reprenons ensuite place sur le petit bateau qui nous a amené jusque là et repartons pour Kanteros sans plus tarder. Ilmryn et Shar'Ith semble fort empruntés de côtoyer de si près ma déesse de compagne, mais elle prend un moment pour discuter avec chacun d'eux et ils ne tardent pas à retrouver un comportement plus normal.
De mon côté, silencieux, je cogite ferme à ce que je viens d'apprendre ainsi qu'à ce que je savais déjà sur la tâche qui nous attend et le lieu dans lequel nous devons nous rendre. Tout aimable qu'il ait été avec nous, je ne doute pas que Rakshok soit un rude gaillard, il ne serait pas devenu le second de Taler'rhy dans le cas contraire. Pourtant son avertissement a été clair, c'est dans un lieu extrêmement dangereux que se trouve l'artefact et, venant d'un tel être, je serais un imbécile de prendre à la légère ce qu'il nous a dit. D'autre part j'ai toute confiance dans les perceptions de Niphredil, elle a vu d'un seul coup d'oeil la nature de Kahena et les fluides coulant en moi, ce que peu d'êtres, même habitués à la magie, auraient pu déceler alors que je les dissimulais. Or elle m'a assuré que Taler'rhy était empli d'une noirceur bien plus conséquente que celle qui réside en moi, ce qui donne un tout autre sens à ce que Rakshok et Shar'Ith m'ont dit de cet amiral. Cruel et secret, puissant, bien renseigné sur nombre de personnalités importantes de Kanteros et suivi par assez de combattants pour que toutes les forces de l'Amirauté ne soient pas sûres de l'emporter, un tableau que je trouve pour le moins inquiétant. Il est évident que nous confronter frontalement à lui serait une folie, mais les informations dont nous disposons sur lui et son territoire sont pour ainsi dire inexistantes, en conséquence de quoi il m'est impossible d'échafauder un quelconque plan. Je ne crains pas le danger mais je n'ai pas pour habitude de me jeter à l'aveuglette dans un potentiel traquenard, à plus forte raison quand autant de choses dépendent de la réussite de ma mission. Il faudra que j'interroge sérieusement Rakshok, il a côtoyé cet amiral durant des années et c'est le seul qui puisse peut-être me fournir les informations dont j'ai impérativement besoin.
Nous arrivons peu après à Kanteros et regagnons l'Alcyon, où nous apprenons que l'Occultiste s'est installé à bord et que la mer est favorable à un prompt départ. La journée est déjà bien avancée mais Shar'Ith nous informe que nous atteindrons les territoires de Taler'rhy le lendemain en fin de journée si le vent se maintient. Le fier navire ne tarde pas à prendre le large et bientôt la cité s'éloigne à l'horizon, tandis que nous nous enfonçons au coeur de l'archipel. Le soir venu, nous sommes conviés à un repas dans le carré, en compagnie de l'équipage, dans une ambiance légère et joyeuse qui contribue largement à me détendre. Ilmryn a décidé de nous accompagner, ce qui me réjouit également car je le trouve fort sympathique, je suppose qu'il ne voulait pas manquer une expédition pouvant façonner l'histoire, après tout ce n'est pas tous les jours que l'on a la possibilité d'accompagner une déesse dans une mission pour sauver un monde. Rakshok se joint également à nous, quoiqu'il reste plus silencieux que la plupart, ce qui ne m'étonne pas vraiment de sa part. Une fois les matelots retournés à leur ouvrage, je demande à Rakshok:
"Parlez-nous de ce lieu où nous devons nous rendre et de Taler'rhy, voulez-vous? A quoi devons-nous nous attendre? Plus nous en saurons plus nous aurons de chances d'en sortir vivants, le peu que j'ai appris sur ces sujets m'incite à croire que la tâche n'aura rien d'une ballade de santé..."
Le visage de Rakshok s'assombrit :
"la dernière fois que je suis allé à proximité, j'ai senti quelque chose de vicié, de pas naturel. Les ombres étaient trop sombres et les arbres semblaient décrépits et la nature dépérissait, comme si sa vie était aspirée. Je n'en sais pas plus car je n'ai jamais pu m'approcher, car chaque pas que je faisais vers la source de tout ceci me faisait me sentir mal. Extrêmement mal, au point que je dus arrêter."
Je plisse légèrement les yeux, réfléchissant un instant avant de répondre:
"C'est...ennuyeux. Je connais cette magie, c'est un usage du fluide d'Obscurité que je peux moi-même déployer mais pas de manière aussi puissante et surtout pas de manière durable. Pensez-vous que ce soit lié à l'artefact que nous cherchons? Que savez-vous de cet objet, précisément?"
"Je ne sais rien de ce fluide dont vous parlez mais je pense que c'est lié à l'artéfact. Je sais qu'il est puissant et qu'il semble lié à ce monde. Il date du Crépuscule."
Je laisse brièvement apparaître mes tatouages fluidiques, l'esprit en ébullition tandis que je cherche à comprendre et à relier les divers éléments que je connais entre eux:
"Voilà ce que sont les fluides, messire Rakshok, Obscurité et Lumière du moins car il en existe d'autres. J'ai appris qu'il existait deux artefacts, créés lors du Crépuscule pour stabiliser les fluides. L'un donne, l'autre reprend, tous deux sont nécessaires et complémentaires, celui-ci est donc probablement celui qui prend, celui qui donne étant certainement l'artefact appelé "Orbe de Caelès". Cependant il faudrait un troisième élément pour qu'ils fonctionnent correctement, malheureusement j'ignore tout de ce dernier, si ce n'est sa très probable existence. Savez-vous s'il y a des êtres vivants près de l'artefact? Des hommes de Taler'rhy?"
Rakshok regarde mes tatouages avec de grands yeux ronds, visiblement stupéfait de ce qu'il voit:
"Vous les maîtrisez ? Comme autrefois, avant le Crépuscule ? Je ne pense pas que quoi que ce soit puisse vivre à côté de l'artéfact."
Je souris légèrement et hoche la tête affirmativement pour lui répondre:
"Oui, je maîtrise la magie, comme jadis. Ce n'est pas particulièrement rare sur mon monde, encore que ceux maîtrisant ces deux fluides opposés soient fort peu nombreux, sur ma terre natale c'est une combinaison mortelle, la plupart du temps. Encore une question, avez-vous une idée de la distance qui vous séparait de l'artefact lorsque vous avez été obligé de rebrousser chemin?"
L'Orc paraît surpris et un peu envieux de mes propos, mais il secoue la tête en disant que non, il ne sait pas quelle était cette distance. De plus en plus dubitatif, je m'adresse à Kahena autant qu'à Rakshok:
"Je pourrais peut-être résister durant un bref moment à ce sortilège, mais sans doute pas plus d'une minute. Seulement, même si cela suffisait pour mettre la main dessus, il faut être en mesure de le désactiver, et vite. Si c'est impossible, qu'il faut par exemple ce troisième objet, ou l'Orbe de Caelès pour l'équilibrer... notre tentative n'a pas la moindre chance de servir à quelque chose."
"Si c'est seulement un sortilège ça peut être n'importe quoi" fait remarquer Kahena.
"A quoi penses-tu? Je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre, mais si tu as une autre hypothèse nous devrions l'examiner attentivement et imaginer une solution potentielle."
"C'est peut être quelque chose d'intrinsèque a l'artefact, il pourrait créer cet effet tout autour de lui. Une sorte d'effet passif. Ou alors, en effet, quelqu'un essaie de nous empêcher d'en approcher. Peut-être qu'en mettant la main sur ce quelqu'un, on pourra faire quelque chose. Le sort dont tu parles, faut-il être à côté pour le maintenir?"
"Oui, il peut créer cet effet de manière intrinsèque, mais cela reste de la magie, une espèce de sort. Et de même si quelqu'un le protège par ce moyen. Je ne peux pas maintenir un tel sortilège, je peux le lancer et faire mourir la végétation qui m'entoure, c'est presque immédiat et limité à une petite zone. Pour faire durer ça et l'étendre à une vaste zone, il faudrait être un mage extrêmement puissant, plus puissant qu'aucun de ceux dont j'ai jamais entendu parler. C'est presque un pouvoir...divin, sur mon monde du moins."
Après une seconde de silence, j'ajoute pensivement:
"Et quoi qu'il en soit, j'aurais moins d'une minute pour approcher et régler le problème. Et je serais seul, je ne peux pas protéger magiquement plusieurs personnes en même temps."
Kahena me regarde en secouant la tête:
"Oulà, non, je sais où vont tes pensées et il est hors de question que je reste en arrière. Tout ceci ne sont que des spéculations, on pourrait tout aussi bien se tromper."
De plus en plus songeur, je regarde Kahena dans le blanc des yeux et précise:
"Tu te méprends sur mes pensées. Il n'est pas question de te laisser en arrière, mais de faire passer devant la personne ayant les compétences les plus appropriées. Quand nous envahissions des repaires souterrains ennemis, ce sont les plus discrets de ceux capables de voir la nuit qui passaient devant, c'est juste une question de stratégie, et de survie. Mais oui, nous pourrions nous tromper. Cela pourrait provenir d'émanations naturelles de gaz, j'ai déjà vu des phénomènes semblables près des volcans."
Rakshok intervient à son tour:
"C'est possible que ça entre en compte, mais il y a quelque chose d'autre là bas, j'en suis certain."
"Je le pense aussi. Ce Taler'rhy, où vit-il exactement? Parce que la Sindel que nous avons rencontrée a vu en lui des ombres, du genre de celles que je viens de vous montrer. Ce qui pourrait laisser supposer qu'il maîtrise aussi de la magie d'Obscurité, d'une façon où d'une autre."
"Nul ne sait où il vit, il reste caché. Quant à ces ombres, je ne sais pas ce qu'elles signifient."
Je fronce les sourcils, interloqué par cette réponse:
"Mais il côtoie bien ses hommes? Certains l'ont vu récemment, non?"
"Oui, il les côtoie sur les mers, mais sur les terres, on ne sait pas où il va."
Une moue des plus sombres prend place sur mon visage et je maugrée:
"Nous devrions peut-être commencer par nous occuper de lui..."
"Si tant est que l'on sache où il est. Je pense que l'idéal est de s'approcher de cette île, peut-être qu'avec votre savoir vous pourrez voir des choses que je n'ai pas vu," remarque avec justesse l'Occultiste.
"Oui...faisons cela pour commencer. En attendant nous ferions bien de nous préparer de notre mieux. Nous devrions nous munir de quoi nous protéger d'éventuels gaz, déjà. De mon côté je vais travailler un sort susceptible de nous protéger, ce ne sera pas un luxe. Merci pour toutes ces précisions, messire Rakshok."
L'Orc hoche simplement la tête en guise d’acquiescement et, la nuit ayant étendu son ténébreux dais sur le monde, nous allons prendre un peu de repos dans nos hamacs. Je suis en train de plonger lentement dans une profonde méditation lorsque l'impensable se produit: Kahena se glisse silencieusement à mes côtés et se blottit contre moi, jouant pensivement avec mon pendant d'Uraj! Ma surprise est telle que j'en ai le souffle coupé et que je reste aussi immobile qu'une statue durant quelques secondes, mon coeur s'emballe et je le sens cogner trop vite dans ma poitrine tandis que ma bouche s'assèche légèrement, suis-je en train de rêver? C'est le son de sa voix qui me sort de ma stupéfaction:
"J’ai un mauvais pressentiment pour demain. Pourtant nous n’avons pas le choix."
Retrouvant l'usage de mes membres, je l'enlace avec une extrême douceur, formant autour d'elle comme un tendre cocon, protecteur et rassurant . Je ne saurais décrire avec des mots ce que je ressens à cet instant, alors que nos regards se rencontrent et plongent l'un dans l'autre. Le délicat parfum de fleurs du désert qui émane d'elle emplit mon odorat et le léger froufrou de sa chevelure flamboyante près de mon oreille occulte tout autre son. Je sens son coeur battre comme s'il était dans ma propre poitrine, je savoure la douceur soyeuse de sa peau contre la mienne, la fermeté de son corps si troublant serré contre moi. J'espérais que cela arriverait bien sûr, mais je n'avais aucune certitude et je m'étais mentalement préparé à l'idée de ne jamais plus la serrer dans mes bras, ou d'attendre au moins quelques mois, le temps pour elle de faire son deuil. Je n'ai aucune idée de ce qui l'a décidée, peut-être ce pressentiment, la crainte qu'il n'y ait pas d'autre jour, je n'en sais rien et je ne le lui demande pas, ça n'a aucune importance. Elle est là et c'est tout ce qui compte. Sans dire un mot, je redécouvre les courbes de son visage d'une lente caresse, puis frôle ses lèvres des miennes avant de l'embrasser avec une infinie tendresse qui se teinte vite d'une passion volcanique. Ce n'est que lorsque le souffle vient à nous manquer que je recule un peu le visage de façon à pouvoir accrocher son regard et que je murmure:
"Nous avons toujours le choix, Astre du Désert, mais demain est un autre jour. Ce soir, tu me fais un présent inestimable, et j'ai moi aussi quelque chose à t'offrir."
La nuit devient une ensorcelante valse de nos mains, de nos lèvres, de nos corps, rythmée par les vagues sans fin qui soulèvent ou font plonger l'Alcyon. Je découvre cette nuit une femme subtilement différente de celle que j'ai connue à Illmatar et, pour la première fois, mesure réellement les changements survenus en son âme. Kahena était un peu timide lorsqu'il s'agissait de dévoiler sa nudité, Shill n'éprouve aucune gêne à me découvrir son corps, elle l'accepte pleinement et fièrement. La jeune beauté du Désert était fougueuse, toute en spontanéité parfois légèrement maladroite, émouvante dans sa découverte de l'amour. La déesse est une femme mature, sûre d'elle et de son instinct, sauvage et tempétueuse comme peut l'être le vent dans les dunes. Celle que j'étreins maintenant est tout cela, tour à tour jeune femme en pleine découverte et experte consommée, les deux parfois lorsque se révèle la somme unique de ses deux vies. Cette nuit scelle à jamais le charme qu'elle m'a jeté lorsque mon regard s'est posé sur elle la première fois, alors qu'elle dansait de si provocante manière dans une taverne de Sihle. C'est une même danse qu'elle m'offre aujourd'hui, tout aussi lascive et hypnotique mais dépourvue des infranchissables remparts qu'elle maintenait en public, plus envoûtante qu'aucune autre. Cette nuit, je sens mes dernières murailles céder, j'abandonne mes ultimes réserves et lui ouvre mon âme murée par quatre siècles de labeur maçonnique acharné, advienne que pourra.
A l'aube, dans un instant de calme entre deux tempêtes, enlacés et plongés dans la douce torpeur qui succède à l'amour, je détache le pendant d'Uraj de mon coup et fais mine de le passer au coup de ma compagne, mais elle secoue la tête négativement:
"Il ne fonctionnera plus sur moi."
Et pour le souligner, elle pose ses lèvres dessus, et je vois avec stupéfaction le bijou luire légèrement avant de prendre une teinte violacée. Elle rit un peu et le laisse retomber, ce qui lui fait retrouver bien vite sa teinte normale. Je me secoue et l'étreins amoureusement en lui souriant d'un air ouvertement amusé:
"Ce que j'aime avec toi, c'est que rien ne se déroule jamais selon mes plans. Enfin...presque."
La stratégie que je mets en oeuvre dans la foulée n'est apparemment pas de celles qu'elle a envie de contrarier, bien qu'elle ne puisse s'empêcher d'y mettre du sien bien entendu. Mais je ne songe pas à m'en plaindre cette fois. Le soleil est levé depuis belle lurette lorsque nous nous résignons à quitter notre cabine, non que nous soyons vraiment rassasiés mais c'est une faim plus terre à terre qui nous tenaille et exige d'être satisfaite. Après un copieux petit déjeuner, je vais dans un coin où je ne risque pas de gêner les matelots et entreprends de travailler un sort adapté à ce qui pourrait bien nous attendre.
Je commence par me concentrer sur la part la plus lumineuse de mon être, ce qui n'a rien de bien difficile ce matin compte tenu de mon état de béatitude proche de celle d'un prêtre de Gaïa en pleine dévotion. D'autre part le soleil brille ardemment, parant le monde d'une sorte de halo très proche de ce que je veux réaliser, ce qui ne manque pas de m'inspirer. Je rassemble lentement les étincelles éclatantes de lumière qui virevoltent allègrement dans l'océan de mes fluides obscurs et tende de modeler posément mon pouvoir pour qu'elles tissent comme une armure autour de moi, ce qui devrait me préserver de n'importe quel sort d'ombre. Mais en fait d'armure, c'est l'équivalent d'une résille instable et capricieuse qui m'entoure durant un bref instant avant d'éclater en lucioles qui reprennent aussitôt leur sarabande aléatoire. Je grommelle de dépit, ça ferait peut-être sensation dans un cabaret mais ce n'est pas avec ça que je risque de pouvoir approcher ce damné artefact!
Après un profond soupir, je me concentre une nouvelle fois et tente de mieux stabiliser ces excitées de particules lumineuses avant d'essayer d'en faire l'armure souhaitée. Je parviens à peu près à les maintenir en cohésion et, lorsque je me sens prêt, m'efforce de les faire s'étendre progressivement de façon à ce qu'elles finissent par me recouvrir. Indifférent aux gouttes de sueur qui coulent sur mes tempes comme aux matelots qui me lorgnent comme si j'étais un léviathan à trois têtes, je maintiens le fragile équilibre jusqu'à me faire une sorte de cape lumineuse. Mais à peine j'essaye de la refermer pour qu'elle me couvre entièrement qu'elle se fait littéralement et gloutonnement avaler par mes fluides obscurs! Enfer et damnation, le principe n'a pourtant rien de compliqué! Je sais le faire avec l'obscurité, alors pourquoi est-ce que cette foutue lumière ne veut pas se plier à ma volonté de la même manière? C'est aussi rageant qu'absurde!
Hum. En fait c'est peut-être précisément ça le problème, j'essaye de la modeler de la même manière que l'obscurité et je pense à cette dernière en tentant de modeler mon sort. Et comme l'obscurité est bien plus forte en moi que ces récentes loupiotes vacillantes, elle prend le dessus et fait voler en éclat la trame de mon sort.
(Bon, donc...l'ombre dedans, la lumière en surface, et si tout va bien je finirais par ressembler à l'autre lampadaire qui m'a accompagné à Niyx. Tu parles d'une blague...heureusement qu'il n'est pas là, lui, il se ficherait bien de ma tronche et il n'aurait pas tort...)
Étrangement, me souvenir de Faëlis et de son muutos incontrôlé me donne une vision plus claire de ce que je souhaite accomplir. Je me concentre donc une fois de plus et commence par rassembler méthodiquement et fermement mes fluides obscurs au centre de mon être, ne laissant que les étincelles lumineuses courir sur mon épiderme. Ceci fait, les faire entrer en interaction et s'étaler sur ma peau me semble plus aisé, cela me demande bien sûr un effort de volonté conséquent mais je ne tarde pas à m'entourer d'un halo de lumière diaphane, bien que pas vraiment stable et se trouant ici et là bien contre mon gré. sentant que j'approche du but, je maintiens sévèrement ma concentration et visualise mon corps comme s'il était un soleil irradiant de tous ses feux, ce qui a pour effet de renforcer notablement l'intensité de mon aura lumineuse. Je la maintiens quelques instants avec succès puis la laisse disparaître, un sourire au coin des lèvres. Cette fois je crois que je tiens le bon bout! Mais pas question d'à peu près alors que nos vies pourront en dépendre d'ici peu, je dois être sûr de réussir. Je recommence donc aussitôt, je sais fort bien que je dépense un peu d'énergie ce faisant et qu'elle n'a rien d'inépuisable, mais je modère au maximum la puissance du sort et j'aurais encore quelques heures pour me reposer avant d'avoir besoin de le lancer pour de bon. Je parviens assez aisément à le reproduire, cette fois, assez pour espérer être en mesure de l'employer efficacement le moment venu.
Quoi qu'il en soit il serait tout aussi stupide de me vider de mes fluides maintenant, si bien que je cesse là mon apprentissage et rejoins Kahena qui est accoudée au bastingage. Je passe un bras autour de sa taille et glisse un baiser au creux de son cou avant de lui murmurer:
"Je vais me reposer un peu, il faut que je reconstitue mes réserves de fluides. Rejoins-moi dans un moment, nous n'aurons peut-être pas d'autre nuit et j'ai encore quelques petites choses pour toi."
(Env. euh...beaucoup de mots? (+3000 hors réponses pnjs))
Tentative d'apprentissage du sort de lumière:
Protection solaire : Une aura lumineuse et bienfaitrice entoure une cible, renforçant ses défenses et la résistance de son corps. (end+3/lvl contre les sorts d'ombre pendant [lvl/3] tours (minimum 1))
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Kerenn
Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?
Zenrin Kushu
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