L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 44 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Mar 15 Aoû 2017 21:04 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 31 Mai 2015 15:47
Messages: 713
Localisation: Kanteros
Rakshok acquiesce d'un simple signe de tête à mes paroles puis s'en va vraisemblablement préparer ses affaires, son petit singe ne nous quittant toutefois pas du regard tant que nous n'avons pas franchi la porte. Ce qui ne tarde pas car nous emboîtons sans plus attendre le pas au matelot envoyé par l'amiral, regagnant rapidement le port et l'Alcyon. Sha'rith et Sarod nous y attendent, ce dernier portant au bras un fier rapace et l'amiral tenant un petit billet qui me laisse supposer qu'elle a communiqué via l'oiseau avec l'Elfe que nous souhaitons rencontrer. La Shaakte souligne sobrement que c'est notre jour de chance car mon compatriote accepte de nous rencontrer, une nouvelle qui me tire un franc sourire et une légère inclinaison du visage:

"La chance semble être avec nous depuis que nous vous avons rencontrée Amiral, je ne sais comment vous remercier de votre aide précieuse."

Après un petit signe de tête à l'attention de son second, Sha'rith accompagnée d'Ilmryn nous conduit jusqu'à un petit voilier sur lequel nous embarquons. Nous nous retrouvons bien vite à voguer sur les eaux de l'archipel, le petit navire étant adroitement manoeuvré par l'amiral et son fils, en direction d'une petite île inconnue. Dès que nous sommes hors de portée d'oreille de quiconque, j'engage la conversation avec l'Elfe noire:

"Au fait, Dame, votre fils s'est avéré être un guide remarquable. Il nous a permis de rencontrer messire Rakshok, j'imagine que vous le connaissez? L'adresse était en tout cas excellente car cet érudit a pu nous renseigner sur l'artefact que nous recherchons. Il sait où il se trouve, ayant déjà tenté de l'acquérir et, mieux encore, a souhaité nous accompagner pour le récupérer. Le nom de Taler'rhy vous dit-il quelque chose?"

Le visage de Shar'Ith s'assombrit à la mention de Taler'rhy:

"Oui, il s'agit de l'un de mes confrères Amiraux. Il est parvenu à cette fonction dans le sang et les marchandages. Nombreux sont les Amiraux à sa botte, il connaît beaucoup de choses sur eux, des choses qui pourraient les faire tomber si cela venait à s'ébruiter. Certains pourraient vouloir le faire tomber, mais il reste la plupart du temps en dehors des Conseils aussi personne ne s'en est donné la peine. Son passif avec Rakshok est sombrement connu."

"J'en déduis à votre expression qu'il n'est pas de vos amis. L'artefact se trouverait sur son territoire, en un lieu maudit d'après Rakshok. Accepteriez-vous de nous y conduire?"

Shar'Ith me regarde en travers et pousse un soupir, disant entre ses dents: "c'est bien ma veine", avant d'ajouter:

"Tout dépendra de la façon dont se passe votre entrevue prochaine."

"Fort bien. Et Rakshok, qu'en pensez-vous?"

"L'occultiste est un être bien étrange, à tel point que, parfois, je me demande s'il vit réellement dans le même monde que nous. Toujours est-il que, depuis qu'il a laissé Taler'rhy derrière lui et est revenu de ses pérégrinations, il s'est avéré être une personne que j'ai eu plaisir à côtoyer régulièrement."

"C'est un être peu commun, de fait. Mais il m'a fait bonne impression."

Le silence reprend place, rompu seulement par le léger bruit des vagues et quelques cris d'oiseaux, j'en profite, quelques minutes plus tard, pour prendre en main mon pendant d'Uraj, en un geste naturel, comme si je ne faisais qu'occuper mes mains en réfléchissant intensément. Ma volonté se focalise alors sur la reine Aaria, à qui je tente d'envoyer ces quelques mots:

(Ma reine, c'est Kerenn. Avons probablement localisé l'artefact, emplacement connu par Rakshok l'Occultiste. Il se trouverait sur le territoire de l'amiral Talher'rhy. Allons rencontrer Sindel survivant, puis tenterons de récupérer l'artefact. Je pense qu'il serait temps que les aventuriers partagent leurs découvertes, pouvez-vous transmettre les miennes et me donner des nouvelles si vous en recevez? Merci d'avance.)

Espérant qu'elle reçoive mon message et que les autres Yuimeniens daignent partager leurs informations afin que nous puissions les recouper et aller de l'avant sans perdre de temps, je passe la petite heure suivante à contempler le paysage et, sans ostentation, ma si troublante compagne qui bavarde avec Shar'Ith et son fils. Je me demande à quoi elle pense, si elle parvient à trouver un équilibre entre ses deux vies, mais ce ne sont pas des questions que je peux lui poser en public et je ne sais si elle aurait seulement envie d'y répondre. A défaut, lorsque nos regards se croisent durant un intervalle sans discussion, je lui souris avec tendresse et prends l'une de ses mains entre les miennes pour y déposer un léger baiser. Une bien chaste manière de lui témoigner mon amour et mon soutien, mais sans doute la seule appropriée pour le moment, le temps n'est pas encore venu où je pourrais l'enlacer et l'embrasser ainsi que j'en brûle d'envie, si tant est qu'il revienne jamais. Mais ça, c'est une éventualité à laquelle je préfère ne pas penser, partir perdant n'a jamais été dans ma nature.

Nous finissons par accoster sur une petite île couverte d'une luxuriante végétation, la plage en pente douce ne permettant pas d'aborder directement au rivage, force nous est de patauger pour le rejoindre, ce que je fais après avoir retiré mes bottes que je laisse dans l'embarcation. Shar'Ith nous entraîne ensuite vers la forêt jusqu'à une sommaire petite cahute toute rafistolée et entourée de splendides sculptures de bois, taillées à même les troncs apparemment car les copeaux jonchent le sol à leurs pieds. Il y a là des animaux, des Orcs, des Shaakts et même une représentation de l'amiral, si parfaite qu'il suffirait de la peindre pour les confondre. Si ma première réaction est un profond étonnement mêlé d'admiration, je me souviens vite de ce que m'a appris Shill sur la branche Elysianne de mon peuple: ils se vouaient à l'art, mais le savoir était une chose, voir de mes yeux des réalisations concrètes de cet art en est une toute autre. Je pourrais les admirer des heures, le coeur empreint d'une puissante émotion à l'idée que je contemple des oeuvres vraisemblablement récentes crées des mains même d'une survivante de mes lointains parents. Mais seules quelques secondes s'écoulent avant qu'un murmure ne se fasse entendre, quelques mots prononcés par une voix indolente et indubitablement féminine, ce qui me laisse sans voix car Shar'Ith n'a jamais laissé entendre que ce puisse être une femme:

"C’est à ça que ressemblent les invités de marque que tu m’amènes, Shar’Ith ? Qu’ils sont inhabituels, Et quelle surprise tu me fais ?"

Le coeur battant à tout rompre, je cherche en vain la source de la voix, lorsqu'un petit rire, presque juvénile retentit, suivi de quelques mots:

"Hihi ! Un elfe gris, je le reconnais ! Cela fait bien longtemps que je n’ai pas vu un gris si pur, si argenté… Ooooh ! Et cette femme, c’est…oh, mes yeux ! elle dégage tant de lumière, tant de flammes ! Que m’amènes-tu, Shar’Ith, que m’amènes-tu ?"

J'en oublie de respirer durant quelques secondes lorsque la Sindel, ce qu'elle est incontestablement, je n'ai nul besoin d'y regarder à deux fois pour en être certain, se dévoile enfin au sortir des bois. Elle est très belle, comme l'immense majorité des femmes de mon peuple, mais d'une beauté fort inhabituelle à mes yeux. Elle porte une longue chevelure auburn légèrement nuancée de roux et laissant entrevoir d'étranges reflets argentés. Sa peau est grise, mais d'une teinte subtilement différente de celles des Sindeldi de Yuimen. Ses yeux sont sans doute ce qui me surprend le plus, car dénués de pupilles et de la couleur pure de l'argent. Je dois faire un puissant effort de volonté pour ne pas la dévorer des yeux plus longuement qu'il n'est séant, figé telle l'une de ces merveilleuses sculptures issues, je le suppose, de ses mains. Mon visage s'éclaire d'un sourire trahissant la joie profonde qui m'habite à cet instant, puis je la salue d'une révérence digne de la cour de Tahelta avant de prendre à mon tour la parole:

"Ma Dame, les mots me manquent pour exprimer la joie de vous rencontrer. Je croyais mon peuple totalement disparu de ce monde et....vous voilà."

Je désigne Kahena d'un geste courtois et, après une infime hésitation, me décide sur la manière de la présenter:

"Permettez-moi de vous présenter Kahena, Fille de coeur de Taleb Al-Dayâan du Kel Dayâan, émir des Eperons de Shill, et réincarnation de Shill en cet âge."

Au pire je passerai pour un illuminé et me ferais incendier par ma tumultueuse compagne, mais qu'importe, la Sindel a si bien perçu sa nature et je suis si heureux de la rencontrer que je n'ai pas le coeur à lui dissimuler sa part divine.

"Mon nom est Kerenn, Fils du Dragomélyn, originaire du monde de Yuimen où notre peuple, une partie du moins, s'est établi après avoir dû quitter Eden et a fondé un royaume, le Naora."

Je désigne encore d'un regard les sculptures environnantes et ajoute avec une nuance admirative dans la voix:

"Est-ce vous qui les avez sculptées? C'est magnifique, elles semblent...vivantes, je n'ai jamais rien vu de tel."

(env. 1300 mots hors réponses pnjs)
Message via pendant d'Uraj à Aaria:
(Ma reine, c'est Kerenn. Avons probablement localisé l'artefact, emplacement connu par Rakshok l'Occultiste. Il se trouverait sur le territoire de l'amiral Talher'rhy. Allons rencontrer Sindel survivant, puis tenterons de récupérer l'artefact. Je pense qu'il serait temps que les aventuriers partagent leurs découvertes, pouvez-vous transmettre les miennes et me donner des nouvelles si vous en recevez? Merci d'avance.)

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Mar 15 Aoû 2017 22:40 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Kanteros – L’Archipel

    Aux allégations de Kerenn, les regards sidérés de Shar’Ith et d’Ilmryn ne tardèrent pas à fuser sur eux, tout particulièrement sur Kahena et supportait cette attention accrue avec un sourire en coin. Elle observait manifestement la façon dont allait s’ordonner ces révélations avant d’intervenir. La sindel, en revanche, applaudit avec délectation.

    - Shill réincarnée… Oooh, cela explique beaucoup de choses. Cette aura, ces flammes vives qu’elles émettent… Je n’ai jamais vu ça, c’est sublime. Pourtant… pourtant il manque quelque chose. Il te manque quelque chose, hein, Déesse ?

    Les mains de la sindel s’étaient jointes et se frottaient, comme si cela l’aidait à réfléchir, ou si elle brûlait de faire ou dire quelque chose. Le petit sourire en coin de Kahena s’accentua et elle s’avança jusqu’à se tenir devant la sindel. Doucement, elle détacha ses mains et les mena à son visage, les posant sur ses joues. L’elfe grise eut un nouveau petit rire enfantin, légèrement gêné, et ses doigts se mirent à parcourir le visage de la Déesse réincarnée. Ils en dessinèrent doucement, délicatement les détours, passant sur ses lèvres charnues, son nez aquilin, ses sourcils, ses yeux, son front sans rien omettre. Ils se glissèrent ensuite dans ses cheveux, sans les perturber nullement, explorant simplement ses ondulations. Lorsqu’elle eut fini, elle ramena ses mains vers elle, presque avec regret. Elle pencha légèrement la tête vers le sol en disant :

    - Merci pour ce merveilleux cadeau, Révérée Déesse. Elle sera parfaite.

    L’amusement dansait dans les yeux de Shill alors qu’elle observait les réactions de la sindel. Elle semblait comprendre ce que signifiaient les paroles énigmatiques de la femme.

    - Je n’en doute pas…

    Elle laissa la fin de sa phrase en suspens, comme si elle demandait quelque chose et elle ne tarda pas à avoir sa réponse.

    - Niphredil, comme les fleurs.

    - Niphredil, acheva Shill avant de reculer.

    Ilmryn recula légèrement lorsque Kahena vint se tenir de nouveau dans le groupe, comme s’il avait peur de la déranger et l’amusement bon enfant dans les yeux de la déesse était évident. Niphredil reporta son attention sur Kerenn, cette fois.

    - Le pair que je rencontre vient d’un autre monde en compagnie d’une Déesse de ces terres. Il semblerait que celui-ci aille mal de nouveau, alors. Très mal.

    Elle pencha la tête, les yeux posés sur sa silhouette, mais il était difficile de savoir où ils étaient fixés, s’ils l’étaient.

    - Il y a autre chose en toi. Quelque chose que je vois parfois ici, mais tant de fois plus ténu. Tu brilles comme la Révérée Déesse, mais tu brilles moins fort. L’ombre est très forte, très puissante, mais je vois tant de petits éclats scintiller. Tu sais qu’on dit que ce sont lors des nuits les plus noires que l’on aperçoit le mieux des étoiles ?

    Niphredil tourna la tête sur le côté, là où se trouvaient ses statues et son visage s’éclaira d’un doux sourire, légèrement rêveur.

    - Oui, ce sont les miennes. Elles sont jolies, hein ?

    Elle hésita puis s’approcha de quelques pas incertains, se tenant tout de même à une distance polie et leva légèrement les mains.

    - Je peux ? dit-elle en les indiquant.


[Kerenn – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (discussions), 0,5 (aparté), 0,5 (message), 1 (longueur)]


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Ven 18 Aoû 2017 23:57 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 31 Mai 2015 15:47
Messages: 713
Localisation: Kanteros
La présentation que je fais de Kahena semble sidérer Shar'Ith et Ilmryn, qui la dévisagent de leurs regards incrédules, une soudaine attention que ma flamboyante compagne supporte avec un léger sourire au coin des lèvres qui me tranquillise, apparemment le fait que j'aie révélé sa nature divine dans ce contexte ne la dérange pas. Elle paraît attendre les réactions avant d'intervenir et, la connaissant, j'ai comme l'impression que cela l'amuse de voir comment les personnes présentes prendront mes assertions. Je m'attendais à une sérieuse mise en doute de ma parole mais, à ma surprise, ma compatriote applaudit en s'exclamant que cela explique bien des choses! Elle évoque une aura de flammes qu'elle trouve sublime, puis remarque qu'il manque quelque chose à la Déesse, ce qui me fait imperceptiblement plisser les yeux. Comment perçoit-elle ça? D'après tout ce qui m'a été dit sur la magie, seuls les Elémentaires devraient avoir accès aux fluides et donc être capables de les percevoir clairement, pourtant...je jurerais que cette Sindel contredit cette affirmation. Je n'ai cependant pas le loisir de creuser davantage la question car une réponse d'Aaria me parvient à cet instant:

(Message reçu, vos découvertes sont tout à fait admirables et j'ai hâte d'en apprendre plus. Bon courage.)

Je retiens une moue vaguement amère à ces mots, mes découvertes sont peut-être admirables mais pour l'heure rien n'est résolu, récupérer cet artefact risque de s'avérer redoutablement difficile et pendant ce temps guerre et troubles divers se répandent. J'ai beau tout faire pour que les choses avancent, cela nécessite un temps que je ne suis pas certain que nous ayons, mais je n'ai guère le choix et je force mes pensées à se détacher de cette inquiétude pour me concentrer sur le présent.

L'Elfe se frotte les mains, comme si cela l'aidait à réfléchir ou qu'elle désirait en faire quelque chose, ce que Kahena remarque en souriant plus largement avant de s'avancer vers elle pour prendre les mains désoeuvrées et les porter doucement à son visage. Ce n'est qu'à cet instant que je réalise que la Sindel est aveugle, j'aurais du le deviner en voyant l'absence de prunelles dans son regard d'argent mais, ne sachant rien sur mes compatriotes de ce monde, je n'ai pas fait le lien pourtant évident. Avec un petit rire enfantin, l'Elfe grise parcourt avec légèreté le visage, puis les cheveux de Kahena, sans les déranger le moins du monde, avant de baisser les yeux et de la remercier pour ce précieux présent. Elle déclare ensuite, sibylline, qu'"elle" sera magnifique, ce que Kahena, clairement amusée maintenant, semble parfaitement comprendre. Le sens de ces mots ne m'échappe pas davantage, une nouvelle statue verra bientôt le jour sur cette île, je n'en doute pas une seconde Magnifique, à n'en pas douter, ainsi que le dit ma belle amie, laissant adroitement la fin de sa phrase en suspens pour inviter notre hôte à nous apprendre son nom. La Sindel se présente alors sous le nom de Niphredil, comme les fleurs, un beau nom bien que les fleurs en question me soient inconnues.

Shill répète le nom avant de se reculer un peu en direction de l'amiral et de son fils, qui recule comme s'il craignait davantage de l'offenser depuis qu'il a appris qu'elle était une déesse réincarnée. Une réaction qui ne manque pas d'amuser la belle autant qu'elle me fait sourire, mais force m'est d'admettre que ma perception de la divine est quelque peu faussée, je n'ai pas attendu sa réincarnation pour être troublé chaque fois qu'elle s'approche de moi. Niphredil retourne alors son attention vers moi et, sans paraître douter le moins du monde de mes assertions, remarque que si un de ses aires venu d'un autre monde vient la voir accompagné d'une déesse d'Elysian, c'est que ce monde va mal, très mal. Je lui réponds d'une voix un peu triste:

"En effet, les fluides menacent de retourner à l'état sauvage, c'est un nouveau Crépuscule qui se prépare, et ce ne sont pas les Dieux qui pourront l'arrêter seuls cette fois."

La Sindel penche légèrement la tête pour m'observer, encore que je peine à définir précisément ce qu'elle regarde, si tant est qu'elle regarde quoi que ce soit au sens commun du terme, ce dont je doute fort. Sa perception est autre, elle "voit", mais d'une manière que je ne peux que très vaguement imaginer. Elle déclare qu'il y a autre chose en moi, quelque chose qu'elle voit parfois sur son île mais en plus ténu. Je brille comme la déesse, dit-elle encore, mais bien moins fort, l'ombre étant puissante en moi bien que parcourue de nombreux éclats lumineux. Elle me demande ensuite si je sais que l'on dit que c'est par les nuits les plus sombres que l'on distingue le mieux les étoiles, à quoi je réponds pensivement:

"Mon désert natal m'a enseigné cela, oui. Et la vie ensuite, d'une manière différente."

Niphredil tourne ensuite la tête vers ses oeuvres, réagissant à mon compliment en me demandant avec un doux sourire rêveur sur le visage:

"Oui, ce sont les miennes. Elles sont jolies, hein ?"

"Elles sont bien plus que jolies, Niphredil, elles sont merveilleuses."

Un avis sincère, j'ai vu bon nombre de statues durant ma vie, créées par de nombreux peuples différents, mais jamais rien qui arrive à la cheville de celles-ci. Après une légère hésitation, l'Elfe s'approche de moi, restant cependant à distance polie, puis lève les mains et les désigne en me demandant si elle peut. A cette question, si simple pourtant, une étrange émotion s'empare de moi. Je prends avec douceur les mains de Niphredil entre les miennes et y dépose un léger baiser avant de les poser en douceur sur mon visage en murmurant dans la plus pure langue Sindel:

"Bien sûr que tu peux, petite Soeur."

Je ne parviens pas à déterminer son âge, d'un côté elle me semble très jeune, d'un autre elle pourrait avoir vécu plusieurs millénaires, mais qu'importe, c'est dans un sens affectueux et respectueux que j'ai employé cette expression de "petite Soeur", reste à savoir si notre langue est restée identique sur nos mondes respectifs. Ce n'est que lorsqu'elle a fini d'explorer mes traits que je reprends la parole, en langue commune cette fois:

"Ainsi que tu le disais, ce monde est en grand péril et le temps nous est compté si nous voulons avoir une chance de changer le cours du destin. Nous ne sommes pas les seuls à agir pour qu'un nouveau crépuscule n'advienne pas, nous avons des pistes mais nous avons besoin d'aide, de conseils, d'informations. C'est en partie pour cela que nous sommes venus te voir, outre mon désir de rencontrer un survivant Sindel sur ce monde. Sais-tu quelque chose sur un artefact qui causerait un profond déséquilibre sur ce monde? Il serait sur le territoire de l'amiral Taler'rhy, en un lieu maudit, mais nous ne savons ni à quoi il ressemble ni comment il agit. Il existerait aussi un artefact créé par Caëles, elle s'en serait servie pour canaliser les fluides sauvages lors du Crépuscule et créer les élémentaires, sais-tu quelque chose à ce propos? Ou à propos de toute autre chose pouvant nous aider à empêcher ce monde de sombrer une nouvelle fois?"

(env.1200 mots)

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Dim 20 Aoû 2017 00:13 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Kanteros – L’Archipel

    Niphredil écouta les paroles de Kerenn et sourit de plaisir lorsqu’il dit que ses statues étaient magnifiques. Lorsqu’il murmura quelques mots en sindeldi, elle sourit avec une certaine gêne, répondant dans un sindel avec un fort accent et hésitant comme si elle cherchait ses mots :

    - Merci, c’est comme ça que je vois.

    Ses doigts, lorsqu’ils touchèrent le visage de Kerenn, étaient froids et calleux, mais dessinèrent avec une grande délicatesse les contours de son visages, jusqu’à ses plus fines cicatrices. Le visage de l’elfe était pensif et ses sourcils froncés.

    - C’est une vie difficile que tu as menée. Elle a déposé des marques, mais ta peau se détend depuis quelques temps.

    Elle écouta ensuite ses paroles sur l’artéfact et le Crépuscule. A la mention du nom de l’Amiral Taler’rhy, ses yeux se portèrent sur Shar’Ith avant de revenir sur Kerenn.

    - Je ne sais pas grand-chose, simplement des histoires qui m’ont été racontées. Ma mère, avant de mourir, avait fait des recherches sur les artéfacts et leurs pouvoirs. Elle en avait conclu que les deux étaient nécessaires l’un à côté de l’autre pour assurer une stabilité dans les fluides car si l’un en donne, l’autre en reprend. Mais pour qu’ils fonctionnent correctement, autre chose serait nécessaire, indispensable même, sauf qu’elle est morte avant de parvenir à savoir quoi.

    Elle secoua la tête.

    - Je suis désolée, je n’en sais pas plus. Mais prenez garde si vous allez sur les terres de Taler’rhy. Je ne l’ai jamais vu que de loin, mais il avait une noirceur en lui, bien différente de celle que vous possédez en vous.


[Kerenn – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (discussion), 0,5 (touchage de tête), 1 (longueur)


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Dim 20 Aoû 2017 18:53 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 31 Mai 2015 15:47
Messages: 713
Localisation: Kanteros
Niphredil sourit de plaisir lorsque je complimente ses statues puis, alors que je lui réponds en Sindel qu'elle peut bien évidemment sentir mon visage de ses doigts, c'est de la gêne qui prend place sur ses traits. Elle hésite un instant, comme si elle cherchait ses mots, puis me répond dans la même langue mais avec un fort accent:

"Merci, c’est comme ça que je vois."

Ainsi notre langue est restée la même sur deux mondes différents malgré le temps écoulé car même si son accent est inhabituel ses mots me restent tout à fait compréhensibles. Et puis, depuis combien de temps n'a-t-elle pas eu l'occasion de le parler? Des siècles? Des millénaires? Je n'en ai aucune idée, mais ce n'est pas le genre de question que je puis lui poser de manière directe, aussi je me tais et la laisse explorer mes traits de ses doigts froids et calleux mais étrangement emplis de douceur. Elle adopte un air pensif, sourcils froncés, en découvrant les cicatrices qui balafrent mon visage, avant de remarquer que j'ai eu une vie difficile mais que ma peau commence à se détendre. Je hausse un sourcil amusé à ces derniers mots, m'imaginant virer à la vieille pomme granate comme cela arrive aux humains qui prennent de l'âge.

A mes questionnements sur les artefacts et l'amiral Taler'rhy, ses yeux aveugles se posent sur Shar'ith, puis sur Kahena, avant qu'elle ne me réponde:

"Je ne sais pas grand-chose, simplement des histoires qui m’ont été racontées. Ma mère, avant de mourir, avait fait des recherches sur les artéfacts et leurs pouvoirs. Elle en avait conclu que les deux étaient nécessaires l’un à côté de l’autre pour assurer une stabilité dans les fluides car si l’un en donne, l’autre en reprend. Mais pour qu’ils fonctionnent correctement, autre chose serait nécessaire, indispensable même, sauf qu’elle est morte avant de parvenir à savoir quoi."

Elle ajoute ensuite une mise en garde concernant Taler'rhy, qui serait habité par des ombres autrement plus noires que les miennes. Une assertion qui me fait grimacer, les dieux savent ce que je n'étais pas un tendre, alors que penser d'un type auprès de qui je passerais pour un gentil petit être? Enfin, d'une certaine façon je ne crois pas avoir jamais été vraiment mauvais, j'ai massacré bien des êtres dans mon existence mais je n'ai jamais pris plaisir à le faire, c'était mon travail, ou une nécessité pour survivre. Quand à ses mots concernant les artefacts, c'est une information des plus précieuse qu'elle vient de me transmettre, mais par les enfers quelle est encore cette "autre chose" nécessaire au bon fonctionnement des deux artefacts principaux? Et entre l'Orbe de Caeles et l'objet que nous allons tenter de récupérer, lequel donne, lequel prend? Des questions auxquelles ne j'ai pas de réponse pour l'instant, mais il faudra que j'en informe Aaria au plus vite, peut-être pourra-t'elle m'éclairer à ce sujet ou d'autres aventuriers auront-ils découvert quelque chose à ce propos. Pour l'heure il y a encore quelques questions que je veux poser à Niphredil, ce que je fais aussitôt de ma voie la plus douce:

"Parlez-moi de notre peuple sur ce monde, où vivait-il, avait-il conservé le souvenir d'Eden, de Sithi? Savez-vous si d'autres que vous ont survécu jusqu'à ce jour?"

Elle secoue légèrement la tête avant de me répondre:

"Je n'en sais pas beaucoup sur les nôtres. Je sais qu'ils vivaient dans une cité appelée Andarsté, située dans les Crocs du Monde et ils avaient gardé d'Eden toute sa beauté et son art. Ma mère disait parfois que l'art de nos ancêtres ressortait dans mes statues et qu'ils aimaient créer la beauté. De Sithi, on n'avait pas gardé grand chose, simplement un profond respect pour ce qu'elle était et ce qu'elle avait représenté pour nous, mais on disait qu'elle était morte à la chute d'Eden pour nous permettre de partir. Quant à ceux qui ont survécu... Je sais pas, mais je ne pense pas qu'il y en ait. Dans les premiers temps, ma mère en croisait quelques uns, mais ils furent de moins en moins nombreux, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que ma mère et moi et qu'elle finisse par partir à son tour."

"Sais-tu s'ils avaient créé des artefacts, s'ils connaissaient l'usage de la technologie des fluides, s'ils avaient de grandes centrales d'extraction, ce genre de chose?"

Elle secoue une nouvelle fois la tête :

"Non, les sindeldi n'ont pas créé d'artéfact et je ne pense pas qu'ils en aient eu les moyens. Je ne sais pas ce qu'est une centrale d'extraction non plus, ce mot ne me dit rien. Ils vivaient assez paisiblement dans les Crocs, m'a dit ma mère. Ils n'avaient que peu de contacts avec les humains et les autres elfes et ça leur convenait bien comme ça, ça leur laissait le temps de s'adonner à l'artisanat et aux arts."

Bon, eh bien au moins il semblerait que pour une fois mon peuple ne soit pas responsable d'un bordel assez vaste pour ébranler le monde sur lequel ils vivaient, voilà qui change agréablement. Songeur, je demande encore à mi-voix:

"Si tu en avais la possibilité, Niphredil, souhaiterais-tu rejoindre notre peuple? Vivre à nouveau parmi les tiens?"

Elle réfléchit quelques instants avant de répondre :

"Je ne pense pas. Je n'ai jamais vécu parmi les nôtres et je ne sais pas si je trouverais ma place parmi eux, pour moi, les miens, ce sont ces statues sur cette île et des gens comme Ilmryn et Shar'Ith."

Une réponse à laquelle je m'attendais un peu, mais je me devais de lui poser la question tout de même. J'incline légèrement le visage en lui répondant pensivement:

"Je te comprends. Je viens d'ailleurs, mais...c'est ici, chez moi, maintenant, sur Elysian."

Je me tourne ensuite vers Kahena et la contemple droit dans les yeux durant un instant avant de quêter son avis:

"Que penses-tu de tout cela? Comment vois-tu les choses?"

"L'artéfact est crucial, je le sens et cette jeune femme est tout à fait fascinante. Il semblerait qu'elle possède malgré tout des pouvoirs, alors que presque tout le monde en semble dépourvu. Mais maintenant que j'y pense, Taleb avait quelques dons de prescience d'une acuité inhabituelle. Je ne sais pas ce que ça veut dire, en revanche."

Elle hausse les épaules avant d'ajouter naturellement :

"Nous devons affréter un navire, de préférence celui de Shar'ith et nous rendre de l'autre côté de l'archipel pour récupérer l'artéfact."

Avec un discret sourire en coin et un éclat aussi sauvage que résolu dans les yeux, je frôle tendrement sa joue du bout des doigts, une légère caresse qui repousse une mèche rebelle de sa chevelure:

"Droit dans la gueule du dévoreur, donc. Je pensais bien que tu allais me répondre ça, ô Divine Aimée."

Une nuance imperceptiblement taquine s'est glissée dans ma voix à ce "titre" dont je viens de la parer, autant destinée à ma flamboyante compagne qu'aux deux natifs de Kanteros si visiblement troublés par la révélation de sa nature divine, puis je me tourne vers Shar'ith:

"Cet amiral, parlez-moi de lui. De quelles forces dispose-t'il? Est-ce un combattant particulièrement doué, un stratège? Possède-t-il des artefacts renforçant son pouvoir?"

"Les troupes de Taler'rhy sont très nombreuses et il serait malavisé de les affronter directement, à moins que vous n'ayez toute l'Amirauté derrière vous, et encore. C'est un combattant honnête et si la stratégie est connue de lui, il n'aime guère les circonvolutions. Quant à des artéfacts renforçant son pouvoir, j'en ai pas idée, mais il est très secret."

Je trace rapidement un croquis de la partie indiquée comme étant son territoire sur le sable et lui demande encore:

"D'après la carte de Rakshok ceci représente son territoire, savez-vous où il vit précisément?"

Elle secoue négativement la tête, décidément ces dames se sont donné le mot, et me rétorque:

"Non, son territoire est bien gardé et peu de personnes ont de bonnes raisons pour s'y rendre sans être de ses hommes. C'est ici que se fait le peu de commerce qu'il y a sur son territoire, mais il est certain que son fief ne se trouve pas là," ajoute-t-elle en désignant un point sur mon esquisse.

Je la fixe au fond des yeux en désigne à mon tour un point sur la carte, l'endroit précis où est censé se trouver l'artefact que nous cherchons:

"Bien...et donc je vous repose la question, acceptez-vous de nous conduire là-bas? A cet endroit précisément?"

Shar'Ith redresse la tête pour observer Ilmryn, puis Niphredil, et finit par hocher du chef, affirmativement cette fois à mon plus grand soulagement:

"Il semblerait qu'un Capitaine doive bien le faire. D'accord, j'accepte, mais à une condition: que vous gardiez en tête que sur mon navire, je suis la seule maîtresse à bord."

J'acquiesce d'un signe de tête et remarque:

"Je ne voyais pas les choses autrement, Amiral. Merci."

Je refais face à Niphredil et prends une nouvelle fois ses mains entre les miennes, délicatement:

"Il est temps pour nous de partir, Niphredil. Je suis heureux de t'avoir rencontrée, et aussi d'avoir eu le privilège de voir tes oeuvres. Je reviendrai te voir si je le peux, prends soin de toi petite Soeur."

Je me penche pour déposer un fugace baiser sur son front, puis je me retourner vers mes autres compagnons:

"Mettons-nous en route, voulez-vous? Le temps ne joue pas en notre faveur."

Dès que nous aurons repris la mer, j'enverrai le message suivant à Aaria:

(Ma reine, ai appris par Sindel que les deux artefacts étaient nécessaires l’un à côté de l’autre pour assurer une stabilité dans les fluides, l’un en donne, l’autre en reprend. Autre chose serait indispensable pour qu'ils fonctionnent correctement, je n'en sais pas plus.)

(env.1100 mots hors réponses pnjs)

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Dim 20 Aoû 2017 22:35 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Kanteros – L’Alcyon

    Niphredil esquissa un sourire aux paroles de Kerenn :

    - Je n’en doute pas.

    Au moment du départ, Shar’Ith et Ilmryn ne semblaient pas savoir de quelle façon se comporter envers Shill et, sur le bateau, elle en profita pour discuter avec chacun des deux. Lorsque la discussion fut achevée, ils avaient retrouvé un semblant de comportement normal à l’égard de la jeune femme.

    De nouveau arrivés à Kanteros, ils apprirent que Rakshok avait installé ses affaires à bord de l’Alcyon et que la mer était bonne pour reprendre la route, aussi ne tardèrent-ils pas. La journée était bien entamée et, selon les estimations de Shar’Ith, ils arriveraient sur le territoire de Taler’rhy le lendemain en fin de journée, si le vent se maintenait.

    Ainsi s’acheva la journée, alors que Kanteros s’éloignait derrière l’alcyon pour les laisser s’enfoncer à l’intérieur de l’archipel. Le soir, ils purent profiter d’un repas dans le carré, sous le pont principal en compagnie de l’ensemble de l’équipage, incluant Shar’Ith, Ilmryn et son père, Sarod, le second. Le jeune homme avait décidé de se joindre à l’équipée. L’ambiance était légère parmi toutes ces personnes, habituées à la vie en communauté et les visages se détendaient, se faisant souriants, joyeux, même celui de la shaakte.

    Le soir venu, Kahena se glissa silencieusement dans le hamac de Kerenn et se blottit contre lui, jouant pensivement avec son Pendant d’Uraj.

    - J’ai un mauvais pressentiment pour demain. Pourtant nous n’avons pas le choix.


[Kerenn – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (aparté), 0,5 (questions), 1 (longueur)]


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Lun 21 Aoû 2017 20:38 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 31 Mai 2015 15:47
Messages: 713
Localisation: Kanteros
Niphredil me sourit lorsque je prends congé d'elle, affirmant qu'elle ne doute pas que je reviendrai la trouver si je le peux. Nous reprenons ensuite place sur le petit bateau qui nous a amené jusque là et repartons pour Kanteros sans plus tarder. Ilmryn et Shar'Ith semble fort empruntés de côtoyer de si près ma déesse de compagne, mais elle prend un moment pour discuter avec chacun d'eux et ils ne tardent pas à retrouver un comportement plus normal.

De mon côté, silencieux, je cogite ferme à ce que je viens d'apprendre ainsi qu'à ce que je savais déjà sur la tâche qui nous attend et le lieu dans lequel nous devons nous rendre. Tout aimable qu'il ait été avec nous, je ne doute pas que Rakshok soit un rude gaillard, il ne serait pas devenu le second de Taler'rhy dans le cas contraire. Pourtant son avertissement a été clair, c'est dans un lieu extrêmement dangereux que se trouve l'artefact et, venant d'un tel être, je serais un imbécile de prendre à la légère ce qu'il nous a dit. D'autre part j'ai toute confiance dans les perceptions de Niphredil, elle a vu d'un seul coup d'oeil la nature de Kahena et les fluides coulant en moi, ce que peu d'êtres, même habitués à la magie, auraient pu déceler alors que je les dissimulais. Or elle m'a assuré que Taler'rhy était empli d'une noirceur bien plus conséquente que celle qui réside en moi, ce qui donne un tout autre sens à ce que Rakshok et Shar'Ith m'ont dit de cet amiral. Cruel et secret, puissant, bien renseigné sur nombre de personnalités importantes de Kanteros et suivi par assez de combattants pour que toutes les forces de l'Amirauté ne soient pas sûres de l'emporter, un tableau que je trouve pour le moins inquiétant. Il est évident que nous confronter frontalement à lui serait une folie, mais les informations dont nous disposons sur lui et son territoire sont pour ainsi dire inexistantes, en conséquence de quoi il m'est impossible d'échafauder un quelconque plan. Je ne crains pas le danger mais je n'ai pas pour habitude de me jeter à l'aveuglette dans un potentiel traquenard, à plus forte raison quand autant de choses dépendent de la réussite de ma mission. Il faudra que j'interroge sérieusement Rakshok, il a côtoyé cet amiral durant des années et c'est le seul qui puisse peut-être me fournir les informations dont j'ai impérativement besoin.

Nous arrivons peu après à Kanteros et regagnons l'Alcyon, où nous apprenons que l'Occultiste s'est installé à bord et que la mer est favorable à un prompt départ. La journée est déjà bien avancée mais Shar'Ith nous informe que nous atteindrons les territoires de Taler'rhy le lendemain en fin de journée si le vent se maintient. Le fier navire ne tarde pas à prendre le large et bientôt la cité s'éloigne à l'horizon, tandis que nous nous enfonçons au coeur de l'archipel. Le soir venu, nous sommes conviés à un repas dans le carré, en compagnie de l'équipage, dans une ambiance légère et joyeuse qui contribue largement à me détendre. Ilmryn a décidé de nous accompagner, ce qui me réjouit également car je le trouve fort sympathique, je suppose qu'il ne voulait pas manquer une expédition pouvant façonner l'histoire, après tout ce n'est pas tous les jours que l'on a la possibilité d'accompagner une déesse dans une mission pour sauver un monde. Rakshok se joint également à nous, quoiqu'il reste plus silencieux que la plupart, ce qui ne m'étonne pas vraiment de sa part. Une fois les matelots retournés à leur ouvrage, je demande à Rakshok:

"Parlez-nous de ce lieu où nous devons nous rendre et de Taler'rhy, voulez-vous? A quoi devons-nous nous attendre? Plus nous en saurons plus nous aurons de chances d'en sortir vivants, le peu que j'ai appris sur ces sujets m'incite à croire que la tâche n'aura rien d'une ballade de santé..."

Le visage de Rakshok s'assombrit :

"la dernière fois que je suis allé à proximité, j'ai senti quelque chose de vicié, de pas naturel. Les ombres étaient trop sombres et les arbres semblaient décrépits et la nature dépérissait, comme si sa vie était aspirée. Je n'en sais pas plus car je n'ai jamais pu m'approcher, car chaque pas que je faisais vers la source de tout ceci me faisait me sentir mal. Extrêmement mal, au point que je dus arrêter."

Je plisse légèrement les yeux, réfléchissant un instant avant de répondre:

"C'est...ennuyeux. Je connais cette magie, c'est un usage du fluide d'Obscurité que je peux moi-même déployer mais pas de manière aussi puissante et surtout pas de manière durable. Pensez-vous que ce soit lié à l'artefact que nous cherchons? Que savez-vous de cet objet, précisément?"

"Je ne sais rien de ce fluide dont vous parlez mais je pense que c'est lié à l'artéfact. Je sais qu'il est puissant et qu'il semble lié à ce monde. Il date du Crépuscule."

Je laisse brièvement apparaître mes tatouages fluidiques, l'esprit en ébullition tandis que je cherche à comprendre et à relier les divers éléments que je connais entre eux:

"Voilà ce que sont les fluides, messire Rakshok, Obscurité et Lumière du moins car il en existe d'autres. J'ai appris qu'il existait deux artefacts, créés lors du Crépuscule pour stabiliser les fluides. L'un donne, l'autre reprend, tous deux sont nécessaires et complémentaires, celui-ci est donc probablement celui qui prend, celui qui donne étant certainement l'artefact appelé "Orbe de Caelès". Cependant il faudrait un troisième élément pour qu'ils fonctionnent correctement, malheureusement j'ignore tout de ce dernier, si ce n'est sa très probable existence. Savez-vous s'il y a des êtres vivants près de l'artefact? Des hommes de Taler'rhy?"

Rakshok regarde mes tatouages avec de grands yeux ronds, visiblement stupéfait de ce qu'il voit:

"Vous les maîtrisez ? Comme autrefois, avant le Crépuscule ? Je ne pense pas que quoi que ce soit puisse vivre à côté de l'artéfact."

Je souris légèrement et hoche la tête affirmativement pour lui répondre:

"Oui, je maîtrise la magie, comme jadis. Ce n'est pas particulièrement rare sur mon monde, encore que ceux maîtrisant ces deux fluides opposés soient fort peu nombreux, sur ma terre natale c'est une combinaison mortelle, la plupart du temps. Encore une question, avez-vous une idée de la distance qui vous séparait de l'artefact lorsque vous avez été obligé de rebrousser chemin?"

L'Orc paraît surpris et un peu envieux de mes propos, mais il secoue la tête en disant que non, il ne sait pas quelle était cette distance. De plus en plus dubitatif, je m'adresse à Kahena autant qu'à Rakshok:

"Je pourrais peut-être résister durant un bref moment à ce sortilège, mais sans doute pas plus d'une minute. Seulement, même si cela suffisait pour mettre la main dessus, il faut être en mesure de le désactiver, et vite. Si c'est impossible, qu'il faut par exemple ce troisième objet, ou l'Orbe de Caelès pour l'équilibrer... notre tentative n'a pas la moindre chance de servir à quelque chose."

"Si c'est seulement un sortilège ça peut être n'importe quoi" fait remarquer Kahena.

"A quoi penses-tu? Je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre, mais si tu as une autre hypothèse nous devrions l'examiner attentivement et imaginer une solution potentielle."

"C'est peut être quelque chose d'intrinsèque a l'artefact, il pourrait créer cet effet tout autour de lui. Une sorte d'effet passif. Ou alors, en effet, quelqu'un essaie de nous empêcher d'en approcher. Peut-être qu'en mettant la main sur ce quelqu'un, on pourra faire quelque chose. Le sort dont tu parles, faut-il être à côté pour le maintenir?"

"Oui, il peut créer cet effet de manière intrinsèque, mais cela reste de la magie, une espèce de sort. Et de même si quelqu'un le protège par ce moyen. Je ne peux pas maintenir un tel sortilège, je peux le lancer et faire mourir la végétation qui m'entoure, c'est presque immédiat et limité à une petite zone. Pour faire durer ça et l'étendre à une vaste zone, il faudrait être un mage extrêmement puissant, plus puissant qu'aucun de ceux dont j'ai jamais entendu parler. C'est presque un pouvoir...divin, sur mon monde du moins."

Après une seconde de silence, j'ajoute pensivement:

"Et quoi qu'il en soit, j'aurais moins d'une minute pour approcher et régler le problème. Et je serais seul, je ne peux pas protéger magiquement plusieurs personnes en même temps."

Kahena me regarde en secouant la tête:

"Oulà, non, je sais où vont tes pensées et il est hors de question que je reste en arrière. Tout ceci ne sont que des spéculations, on pourrait tout aussi bien se tromper."

De plus en plus songeur, je regarde Kahena dans le blanc des yeux et précise:

"Tu te méprends sur mes pensées. Il n'est pas question de te laisser en arrière, mais de faire passer devant la personne ayant les compétences les plus appropriées. Quand nous envahissions des repaires souterrains ennemis, ce sont les plus discrets de ceux capables de voir la nuit qui passaient devant, c'est juste une question de stratégie, et de survie. Mais oui, nous pourrions nous tromper. Cela pourrait provenir d'émanations naturelles de gaz, j'ai déjà vu des phénomènes semblables près des volcans."

Rakshok intervient à son tour:

"C'est possible que ça entre en compte, mais il y a quelque chose d'autre là bas, j'en suis certain."

"Je le pense aussi. Ce Taler'rhy, où vit-il exactement? Parce que la Sindel que nous avons rencontrée a vu en lui des ombres, du genre de celles que je viens de vous montrer. Ce qui pourrait laisser supposer qu'il maîtrise aussi de la magie d'Obscurité, d'une façon où d'une autre."

"Nul ne sait où il vit, il reste caché. Quant à ces ombres, je ne sais pas ce qu'elles signifient."

Je fronce les sourcils, interloqué par cette réponse:

"Mais il côtoie bien ses hommes? Certains l'ont vu récemment, non?"

"Oui, il les côtoie sur les mers, mais sur les terres, on ne sait pas où il va."

Une moue des plus sombres prend place sur mon visage et je maugrée:

"Nous devrions peut-être commencer par nous occuper de lui..."

"Si tant est que l'on sache où il est. Je pense que l'idéal est de s'approcher de cette île, peut-être qu'avec votre savoir vous pourrez voir des choses que je n'ai pas vu," remarque avec justesse l'Occultiste.

"Oui...faisons cela pour commencer. En attendant nous ferions bien de nous préparer de notre mieux. Nous devrions nous munir de quoi nous protéger d'éventuels gaz, déjà. De mon côté je vais travailler un sort susceptible de nous protéger, ce ne sera pas un luxe. Merci pour toutes ces précisions, messire Rakshok."

L'Orc hoche simplement la tête en guise d’acquiescement et, la nuit ayant étendu son ténébreux dais sur le monde, nous allons prendre un peu de repos dans nos hamacs. Je suis en train de plonger lentement dans une profonde méditation lorsque l'impensable se produit: Kahena se glisse silencieusement à mes côtés et se blottit contre moi, jouant pensivement avec mon pendant d'Uraj! Ma surprise est telle que j'en ai le souffle coupé et que je reste aussi immobile qu'une statue durant quelques secondes, mon coeur s'emballe et je le sens cogner trop vite dans ma poitrine tandis que ma bouche s'assèche légèrement, suis-je en train de rêver? C'est le son de sa voix qui me sort de ma stupéfaction:

"J’ai un mauvais pressentiment pour demain. Pourtant nous n’avons pas le choix."

Retrouvant l'usage de mes membres, je l'enlace avec une extrême douceur, formant autour d'elle comme un tendre cocon, protecteur et rassurant . Je ne saurais décrire avec des mots ce que je ressens à cet instant, alors que nos regards se rencontrent et plongent l'un dans l'autre. Le délicat parfum de fleurs du désert qui émane d'elle emplit mon odorat et le léger froufrou de sa chevelure flamboyante près de mon oreille occulte tout autre son. Je sens son coeur battre comme s'il était dans ma propre poitrine, je savoure la douceur soyeuse de sa peau contre la mienne, la fermeté de son corps si troublant serré contre moi. J'espérais que cela arriverait bien sûr, mais je n'avais aucune certitude et je m'étais mentalement préparé à l'idée de ne jamais plus la serrer dans mes bras, ou d'attendre au moins quelques mois, le temps pour elle de faire son deuil. Je n'ai aucune idée de ce qui l'a décidée, peut-être ce pressentiment, la crainte qu'il n'y ait pas d'autre jour, je n'en sais rien et je ne le lui demande pas, ça n'a aucune importance. Elle est là et c'est tout ce qui compte. Sans dire un mot, je redécouvre les courbes de son visage d'une lente caresse, puis frôle ses lèvres des miennes avant de l'embrasser avec une infinie tendresse qui se teinte vite d'une passion volcanique. Ce n'est que lorsque le souffle vient à nous manquer que je recule un peu le visage de façon à pouvoir accrocher son regard et que je murmure:

"Nous avons toujours le choix, Astre du Désert, mais demain est un autre jour. Ce soir, tu me fais un présent inestimable, et j'ai moi aussi quelque chose à t'offrir."

La nuit devient une ensorcelante valse de nos mains, de nos lèvres, de nos corps, rythmée par les vagues sans fin qui soulèvent ou font plonger l'Alcyon. Je découvre cette nuit une femme subtilement différente de celle que j'ai connue à Illmatar et, pour la première fois, mesure réellement les changements survenus en son âme. Kahena était un peu timide lorsqu'il s'agissait de dévoiler sa nudité, Shill n'éprouve aucune gêne à me découvrir son corps, elle l'accepte pleinement et fièrement. La jeune beauté du Désert était fougueuse, toute en spontanéité parfois légèrement maladroite, émouvante dans sa découverte de l'amour. La déesse est une femme mature, sûre d'elle et de son instinct, sauvage et tempétueuse comme peut l'être le vent dans les dunes. Celle que j'étreins maintenant est tout cela, tour à tour jeune femme en pleine découverte et experte consommée, les deux parfois lorsque se révèle la somme unique de ses deux vies. Cette nuit scelle à jamais le charme qu'elle m'a jeté lorsque mon regard s'est posé sur elle la première fois, alors qu'elle dansait de si provocante manière dans une taverne de Sihle. C'est une même danse qu'elle m'offre aujourd'hui, tout aussi lascive et hypnotique mais dépourvue des infranchissables remparts qu'elle maintenait en public, plus envoûtante qu'aucune autre. Cette nuit, je sens mes dernières murailles céder, j'abandonne mes ultimes réserves et lui ouvre mon âme murée par quatre siècles de labeur maçonnique acharné, advienne que pourra.

A l'aube, dans un instant de calme entre deux tempêtes, enlacés et plongés dans la douce torpeur qui succède à l'amour, je détache le pendant d'Uraj de mon coup et fais mine de le passer au coup de ma compagne, mais elle secoue la tête négativement:

"Il ne fonctionnera plus sur moi."

Et pour le souligner, elle pose ses lèvres dessus, et je vois avec stupéfaction le bijou luire légèrement avant de prendre une teinte violacée. Elle rit un peu et le laisse retomber, ce qui lui fait retrouver bien vite sa teinte normale. Je me secoue et l'étreins amoureusement en lui souriant d'un air ouvertement amusé:

"Ce que j'aime avec toi, c'est que rien ne se déroule jamais selon mes plans. Enfin...presque."

La stratégie que je mets en oeuvre dans la foulée n'est apparemment pas de celles qu'elle a envie de contrarier, bien qu'elle ne puisse s'empêcher d'y mettre du sien bien entendu. Mais je ne songe pas à m'en plaindre cette fois. Le soleil est levé depuis belle lurette lorsque nous nous résignons à quitter notre cabine, non que nous soyons vraiment rassasiés mais c'est une faim plus terre à terre qui nous tenaille et exige d'être satisfaite. Après un copieux petit déjeuner, je vais dans un coin où je ne risque pas de gêner les matelots et entreprends de travailler un sort adapté à ce qui pourrait bien nous attendre.

Je commence par me concentrer sur la part la plus lumineuse de mon être, ce qui n'a rien de bien difficile ce matin compte tenu de mon état de béatitude proche de celle d'un prêtre de Gaïa en pleine dévotion. D'autre part le soleil brille ardemment, parant le monde d'une sorte de halo très proche de ce que je veux réaliser, ce qui ne manque pas de m'inspirer. Je rassemble lentement les étincelles éclatantes de lumière qui virevoltent allègrement dans l'océan de mes fluides obscurs et tende de modeler posément mon pouvoir pour qu'elles tissent comme une armure autour de moi, ce qui devrait me préserver de n'importe quel sort d'ombre. Mais en fait d'armure, c'est l'équivalent d'une résille instable et capricieuse qui m'entoure durant un bref instant avant d'éclater en lucioles qui reprennent aussitôt leur sarabande aléatoire. Je grommelle de dépit, ça ferait peut-être sensation dans un cabaret mais ce n'est pas avec ça que je risque de pouvoir approcher ce damné artefact!

Après un profond soupir, je me concentre une nouvelle fois et tente de mieux stabiliser ces excitées de particules lumineuses avant d'essayer d'en faire l'armure souhaitée. Je parviens à peu près à les maintenir en cohésion et, lorsque je me sens prêt, m'efforce de les faire s'étendre progressivement de façon à ce qu'elles finissent par me recouvrir. Indifférent aux gouttes de sueur qui coulent sur mes tempes comme aux matelots qui me lorgnent comme si j'étais un léviathan à trois têtes, je maintiens le fragile équilibre jusqu'à me faire une sorte de cape lumineuse. Mais à peine j'essaye de la refermer pour qu'elle me couvre entièrement qu'elle se fait littéralement et gloutonnement avaler par mes fluides obscurs! Enfer et damnation, le principe n'a pourtant rien de compliqué! Je sais le faire avec l'obscurité, alors pourquoi est-ce que cette foutue lumière ne veut pas se plier à ma volonté de la même manière? C'est aussi rageant qu'absurde!

Hum. En fait c'est peut-être précisément ça le problème, j'essaye de la modeler de la même manière que l'obscurité et je pense à cette dernière en tentant de modeler mon sort. Et comme l'obscurité est bien plus forte en moi que ces récentes loupiotes vacillantes, elle prend le dessus et fait voler en éclat la trame de mon sort.

(Bon, donc...l'ombre dedans, la lumière en surface, et si tout va bien je finirais par ressembler à l'autre lampadaire qui m'a accompagné à Niyx. Tu parles d'une blague...heureusement qu'il n'est pas là, lui, il se ficherait bien de ma tronche et il n'aurait pas tort...)

Étrangement, me souvenir de Faëlis et de son muutos incontrôlé me donne une vision plus claire de ce que je souhaite accomplir. Je me concentre donc une fois de plus et commence par rassembler méthodiquement et fermement mes fluides obscurs au centre de mon être, ne laissant que les étincelles lumineuses courir sur mon épiderme. Ceci fait, les faire entrer en interaction et s'étaler sur ma peau me semble plus aisé, cela me demande bien sûr un effort de volonté conséquent mais je ne tarde pas à m'entourer d'un halo de lumière diaphane, bien que pas vraiment stable et se trouant ici et là bien contre mon gré. sentant que j'approche du but, je maintiens sévèrement ma concentration et visualise mon corps comme s'il était un soleil irradiant de tous ses feux, ce qui a pour effet de renforcer notablement l'intensité de mon aura lumineuse. Je la maintiens quelques instants avec succès puis la laisse disparaître, un sourire au coin des lèvres. Cette fois je crois que je tiens le bon bout! Mais pas question d'à peu près alors que nos vies pourront en dépendre d'ici peu, je dois être sûr de réussir. Je recommence donc aussitôt, je sais fort bien que je dépense un peu d'énergie ce faisant et qu'elle n'a rien d'inépuisable, mais je modère au maximum la puissance du sort et j'aurais encore quelques heures pour me reposer avant d'avoir besoin de le lancer pour de bon. Je parviens assez aisément à le reproduire, cette fois, assez pour espérer être en mesure de l'employer efficacement le moment venu.

Quoi qu'il en soit il serait tout aussi stupide de me vider de mes fluides maintenant, si bien que je cesse là mon apprentissage et rejoins Kahena qui est accoudée au bastingage. Je passe un bras autour de sa taille et glisse un baiser au creux de son cou avant de lui murmurer:

"Je vais me reposer un peu, il faut que je reconstitue mes réserves de fluides. Rejoins-moi dans un moment, nous n'aurons peut-être pas d'autre nuit et j'ai encore quelques petites choses pour toi."

(Env. euh...beaucoup de mots? (+3000 hors réponses pnjs))

Tentative d'apprentissage du sort de lumière:

Protection solaire : Une aura lumineuse et bienfaitrice entoure une cible, renforçant ses défenses et la résistance de son corps. (end+3/lvl contre les sorts d'ombre pendant [lvl/3] tours (minimum 1))

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Lun 21 Aoû 2017 22:20 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Kanteros – L’Alcyon

    Kahena ne tarda pas à rejoindre Kerenn dans leur cabine. Plus tard dans la journée, lorsqu’ils en ressortirent, ils purent voir Shar’Ith sur le bastingage. Elle leur annonça, l’air sombre, qu’ils ne tarderaient pas à entrer sur les terres de Taler’rhy.

    Un peu plus tard, la voix de Yuralria parvint à Kerenn par le biais du Pendant, sa voix était neutre et efficace, comme à son habitude.

    (Cromax se trouve à Arden en compagnie de Taleb Al’Dayaân pour empêcher le mariage de sa nièce avec le prince Valérian. Leykhsa serait elle aussi à Arden. Des élémentaires disparaissent des Crocs du Monde, nous ignorons pourquoi. Aaria’Weïla est souvent absente pour tenter de découvrir leur source. Cromax reviendra à Ilmatar dès que sa tâche sera achevée. Le second artéfact reste prioritaire.)

    Un peu plus tard encore, la vigie annonça une voile inconnue au loin et Shar’Ith donna une série d’ordres afin que l’Alcyon contourne une île, évitant ainsi l’autre navire. L’ambiance s’assombrit plus encore et, alors que le soleil commençait à baisser dans les nuages, l’île apparut et grandit petit à petit alors qu’ils en approchaient. Elle était difficile à manquer, contrastant avec les vertes et luxuriantes îles qui l’entouraient par les terres noirâtres qui la composaient. Elle était en pire état encore que Rakshok l’avait décrite, car il ne semblait plus subsister la moindre vie, dessus.

    Image


    Tout en haut, il semblait y avoir les ruines d’une ville ou d’un village, mais il était difficile de le voir de si loin. Une plage était visible, sur laquelle ils pourraient aborder.

    Plus ils approchaient de l’île cependant, plus les visages des matelots, de Sarod, d’Ilmryn et de Shar’Ith se faisaient cendreux. Ils semblaient souffrir de maux de têtes. Rakshok, Kahena et Kerenn sentaient qu’il y avait quelque chose dans l’air, quelque chose qui tentait d’agir sur eux, pourtant ils n’en ressentaient pas les effets. Du moins pour le moment.


[Kerenn – xp : 1 (introspection), 0,5 (aparté), 0,5 (questions), 0,5 (apprentissage), 1 (parce qu’une déesse, quand même), 3 (longueur)]


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Mer 23 Aoû 2017 13:56 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 31 Mai 2015 15:47
Messages: 713
Localisation: Kanteros
Quelques heures de grâce nous sont encore accordées, brûlantes, tendres et sauvages. Nous savons tous deux que ce sont peut-être les dernières, mais nous n'en parlons pas. Nous les vivons simplement, avec une intensité inaccoutumée car remettre à plus tard ce que nous souhaitons nous offrir n'aurait pas de sens. Malgré tout, je ne peux m'interdire d'éprouver une certaine inquiétude en repensant à l'instant où elle m'a appris que le pendant d'Uraj ne fonctionnerait pas sur elle. Pourrais-je seulement l'emmener avec moi si l'a situation l'exige? Rien n'est moins sûr. Et comme je ne partirai pas sans elle, c'est tout mon plan d'ultime recours qui est remis en question. Ce problème, associé à son mauvais pressentiment, me pousserait instinctivement à lui interdire fermement de venir, d'un point de vue purement stratégique ce serait préférable. Mais cette pensée me tire un sourire ironique: Elysian aura cinq lunes avant que je ne sois en mesure d'interdire quoi que ce soit à ma farouche compagne. Et même dans le cas contraire, de quel droit l'empêcherais-je de décider de son chemin? C'est un choix qui n'appartient qu'à elle, je n'ai pas un mot à dire sur la question et je n'en dis aucun, même si l'idée qu'elle y laisse sa vie m'est insupportable.

Mais déjà le répit s'achève, il est temps pour moi de redevenir intégralement la seule facette de moi qui a une chance de mener à bien cette mission: le Vagabond, sans attache aucune ni sentiment, faisant ce qui doit être fait quel qu'en soit le prix. Je m'y efforce, mais ce masque du passé n'est plus qu'une utopie bien sûr. J'ai trop changé depuis ce temps et ma résolution vole en éclats dès que mes yeux se posent sur Shill, comment pourrais-je désormais occulter ce que je ressens pour elle? Mais peut-être n'est-ce pas un mal, en y songeant, ce monde n'a sans doute pas besoin de celui que j'étais, les ombres qui planent sur lui sont bien assez sombres sans cela. Après une ultime étreinte, nous regagnons le pont et rejoignons Shar'Ith, accoudée au bastingage avec un air sombre qui s'explique lorsque elle nous informe que nous allons entrer dans le territoire de Taler'rhy.

Un peu plus tard, je reçois un troublant message de Yuralria via le pendant:

(Cromax se trouve à Arden en compagnie de Taleb Al’Dayaân pour empêcher le mariage de sa nièce avec le prince Valérian. Leykhsa serait elle aussi à Arden. Des élémentaires disparaissent des Crocs du Monde, nous ignorons pourquoi. Aaria’Weïla est souvent absente pour tenter de découvrir leur source. Cromax reviendra à Ilmatar dès que sa tâche sera achevée. Le second artefact reste prioritaire.)

La voix de mon amie est neutre et efficace, comme de coutume, mais je sais que cette neutralité n'est qu'une façade et qu'elle est mortellement inquiète pour les siens et ce monde. Si la première partie de son message me ravit, la seconde me tord les entrailles et m'assombrit notablement. Des élémentaires qui disparaissent d'incompréhensible manière...et si c'était Yuralria, ou Ixtli, voire Aaria qui disparaissaient subitement? Il me faut quelques instants pour dompter la rage profonde qui naît en moi, teintée d'une haine dévastatrice envers le ou les responsables de tout ceci. Ce n'est que lorsque j'ai retrouvé mon calme que j'informe Kahena avec un léger sourire en coin:

"Je crois que le mariage entre Leyla et le prince de Valmarin n'aura pas lieu, finalement. Un guerrier légendaire de mon peuple et Taleb sont à Arden pour l'empêcher."

Mon sourire s'estompe alors que j'ajoute:

"Il y a une nouvelle beaucoup moins réjouissante: des élémentaires disparaissent des Crocs du monde, sans que personne ne sache pourquoi. Aaria tente de découvrir ce qui se passe et mon compatriote la rejoindra dès que le mariage aura échoué. Notre quête reste cependant prioritaire à leurs yeux."

Une décision que j'approuve, retourner maintenant à Ilmatar serait inutile. Si les Élémentaires disparaissent c'est probablement dû au drainage de leur essence, une conséquence, donc. Or ce ne sont pas les conséquences qui doivent être traitées, mais la cause. Et cette cause pourrait se trouver à quelques encablures de nous, tout ce que je sais me porte à le penser en tout cas. Mes mâchoires se serrent durement, tout se précipite et je doute fort que nous ayons encore beaucoup de temps devant nous avant que ce monde subisse le nouveau crépuscule annoncé. Nous n'avons pas le droit à l'erreur, l'échec de notre quête actuelle n'est pas une option car il serait peu probable que d'autres aient le loisir de retenter de récupérer cet artefact.Tout à mes pensées, je remarque distraitement que Shar'Ith donne des ordres pour nous faire éviter un autre navire, appartenant sans doute à Taler'rhy. L'ambiance à bord de l'Alcyon s'assombrit encore, la tension marque tous les visages et, alors que le soleil baisse à l'horizon, nous apercevons enfin notre destination.

Alors que l'île grandit peu à peu à mesure que nous nous en approchons, nous découvrons un paysage bien différent des îlots luxuriants qui constituent l'archipel. Elle ne possède plus aucune végétation, seules des roches sombres et déchiquetées la composent, un endroit plus sinistre encore que ce à quoi Rakshok nous avait préparé. C'est un lieu de mort et de ténèbres, dénué de toute vie pour ce que j'en distingue. Il devait y avoir un village, ou une ville, autrefois, mais ce ne sont plus que des ruines à peine discernables d'où nous sommes. Shar'Ith dirige l'Alcyon en direction d'une petite plage où nous pourrons aborder en canot, une plage qui n'a rien d'une grande étendue de sable blanc, elle est aussi lugubre que le reste de l'île, et que mon visage actuellement.

Je n'aime pas l'aspect de ce lieu et pas davantage ce qui en émane, une espèce d'aura maléfique pesante qui ne tarde pas à affecter l'équipage. Leurs visages sont cendreux, leurs traits tirés comme s'ils éprouvaient une sévère migraine. Seuls Rakshok, Kahena et moi semblons épargnés, pour l'instant du moins. L'Orc en paraît d'ailleurs bien étonné, tout comme moi en réalité car je ne comprends pas pourquoi il n'est pas touché par le mal qui sévit ici. Pour Kahena cela pourrait s'expliquer par sa nature divine, en ce qui me concerne ma maîtrise des fluides pourrait me protéger, mais lui? Serait-ce parce qu'il porter des objets magiques, l'Oeil du Monde et la Mante Grenat? Sourcils froncés et traits figés en un masque dur, je rejoins Shar'Ith et lui tend mon bracelet d'Olath, certes moins puissant que les reliques du Garzok mais peut-être assez pour confirmer ou infirmer mon hypothèse:

"Essayez ça et dites-moi si cela atténue le mal qui vous touche, voulez-vous?"

Malheureusement, cela ne change rien pour elle et je récupère donc mon bijou. Revenant à l'hypothèse des gaz, bien qu'elle me semble bancale parce que dans ce cas nous devrions tous être atteints, je hume l'air à la recherche d'une odeur suspecte, en vain. Je sens que ce qui sévit ici tente de m'atteindre également, mais sans résultat pour l'instant, alors bon sang à quoi cela tient-il? Qu'avons-nous que les autres n'ont pas si ce n'est notre magie, personnelle ou issue d'objets que nous portons?! Si je ne sentais pas que j'étais aussi visé, je pourrais supposer que l'artefact, ou quelqu'un, souhaite que nous venions seuls sur l'île, mais le maléfice tente aussi de m'atteindre. Je ne comprends pas ce qui se passe, la nature de ce sortilège si tant est que c'en soit un, et je déteste ça. Je jure sourdement et refais face à Shari'Ith tandis que ses matelots mettent un canot à la mer:

"Dès que nous aurons quitté l'Alcyon, éloignez-vous assez pour ne pas trop subir cette saleté mais tâchez d'être en mesure de nous récupérer rapidement en cas de nécessité. Prenez soin de vous, Amiral, et merci pour tout."

Je salue d'un signe de tête Ilmryn et Sarod, d'un signe de la main le reste de l'équipage, puis je rejoins Rakshok et Kahena à bord du canot et m'empare des rames pour nous propulser puissamment vers la plage repérée. S'il y a un être vivant derrière ce sinistre bordel ça va saigner, il va comprendre sa douleur et verser des larmes de sang avant de passer de l'autre côté du voile! Et s'il n'y en a pas, que cela ne provient que de la nature de l'artefact, eh bien il restera à prier les dieux disparus que nous soyons en mesure de le désactiver...

(env.1500 mots)

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Dim 27 Aoû 2017 13:05 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Kanteros – Île de Taler’rhy

    Kahena hocha la tête lorsque Kerenn lui annonça la fin possible du mariage entre Leyla et le prince de Valmarin et sa mine s’assombrit également à la suite des nouvelles, mais elle ne commenta pas.

    Ils débarquèrent dans une sombre ambiance et trouvèrent un chemin qui leur permettait de remonter vers l’intérieur de d’île. La marche était longue et d’autant plus éreintante qu’elle ne se faisait qu’en montée sur des rochers qui s’effritaient sous leurs pieds. Parfois, ils voyaient même les os blanchis d’un quelconque animal, qu’il soit singe, oiseau, reptile. Il leur fallut une bonne heure et demi de marche avant d’atteindre les deux tiers de la montée menant jusqu’aux ruines et, là, en levant les yeux, Kerenn pu voir, grâce à sa vue aiguisée, trois silhouettes se détacher des murailles qui entouraient les ruines. Deux silhouettes humanoïdes et une silhouette animale. Impossible d’en savoir plus à leur sujet à cette distance. Elles observèrent leur avancée pendant un temps, puis disparurent.

    Peu après, Kerenn ressenti une vague de nausée qui manqua de le clouer sur place, vague qui toucha également Rakshok, mais pas Kahena. Cette vague passa, laissant un sentiment de malaise.

    Une heure plus tard, ils parvinrent enfin aux ruines du village. De ce qu’il avait pu être, il ne subsistait que les bâtiments en pierres aux décorations décrépites, pour beaucoup réduites à l’état de poussière. De la porte de bois qui avait dû auparavant se dresser là, il ne restait plus rien et rien n’empêchait d’entrer à l’intérieur. Une grande allée était visible, s’enfonçant vers le cœur de la cité et des petites ruelles s’en détachaient. Les ruines semblaient avoir la taille d’un village, guère plus, mais d’un village fortifié appartenant à des temps anciens. A l’intérieur, il n’y avait aucun bruit.

    Image


[Kerenn – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (débarquement), 0,5 (tentative avec le bracelet), 1,5 (longueur)]


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Dim 27 Aoû 2017 15:39 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 31 Mai 2015 15:47
Messages: 713
Localisation: Kanteros
Ma compagne se borne à hocher sobrement la tête lorsque je l'informe que le mariage entre la nièce de Taleb et le prince de Valmarin n'aura probablement pas lieu. Kahena en aurait sans doute été heureuse, je sais qu'elle craignait pour la jeune femme, mais cela a sans doute moins d'importance pour Shill, d'autant plus que nous avons un problème plus urgent sur les bras. A moins qu'elle préfère ne pas se réjouir trop vite, après tout rien n'est encore fait. Son beau visage s'assombrit néanmoins lorsque je lui annonce que des élémentaires disparaissent, un signe qui ne trompe pas: la situation dégénère et tout s'accélère, plus que jamais le temps nous est compté.

L'ambiance est lugubre, pesante, sur l'île damnée. Mon sens du danger me hurle que nous devrions prendre nos jambes à notre cou, mais nous n'avons pas le choix si nous voulons avoir une chance de préserver ce monde: il nous faut avancer et affronter cette malédiction, quels qu'en soient les risques. Le visage dur et mes fluides à fleur de peau, prêts à être déployés pour protéger ou anéantir un éventuel assaillant, je force mes jambes à m'entraîner en direction des ruines aperçues au loin. Nous ne tardons pas à découvrir une ébauche de chemin gravissant les pentes délitées dans la direction voulue et entreprenons sans plus attendre la marche qui nous conduira vers les restes d'habitations. La montée est rude, éreintante, le sol se dérobe sans cesse sous nos pas et l'atmosphère délétère pèse sur nos épaules et notre moral comme une chape de plomb. Ici et là, nous apercevons des os blanchis par le temps, squelettes d'animaux divers, rongeurs, lézards, singes ou encore volatiles.

Il nous faut près d'une heure et demie pour parcourir les deux tiers du chemin et, tandis que nous marquons une brève pause et que je lève les yeux vers les ruines pour estimer la distance qu'il nous reste à franchir, mon coeur manque soudain un battement: trois silhouettes se découpent sur le ciel, campées sur les ruines et nous observant incontestablement! Tout en plissant les yeux pour mieux les discerner, je gronde à l'adresse de mes compagnons:

"Nous sommes attendus...il y a deux humanoïdes et un animal qui nous observent depuis les ruines..."

Les silhouettes sont encore trop loin pour que je puisse les identifier plus précisément, mais que nous soyons attendus ou non ne change rien: nous devons poursuivre notre quête et trouver ce foutu artefact. Nous nous remettons en route et sentons les regards posés sur nous durant un moment jusqu'à ce que, soudain, les êtres disparaissent de notre vue. Un bref moment s'écoule encore avant qu'une subite vague de puissante nausée ne s'abatte sur moi! Il s'en faut de peu pour qu'elle ne m'abatte à la manière d'un arbre sous la cognée d'un bûcheron, j'en ai le coeur au bord des lèvres et les jambes tremblantes. Seule ma volonté de fer et la rage abyssale qui m'embrase à cet instant me permettent de rester debout et encore est-ce d'extrême justesse. Oublieux de ceux qui m'entourent et du vernis de bonnes manières qui recouvre habituellement l'enfant de Raynna que je suis, je jure sourdement:

"Putains de crevures faisandées, j'vais mettre vos tripes à l'air et les filer à bouffer aux rats pour ça!"

Je remarque subitement que Kahena ne semble pas affectée, contrairement à Rakshok qui ne semble pas en meilleur état que moi, ce que je relève d'une voix hachée par le malaise qui m'étreint:

"Je ne comprends rien, bordel! Pourquoi cette saleté touchait les marins et pas nous? Pourquoi ça ne t'atteint pas maintenant, Kahena?"

La chape oppressante qui menace de nous clouer au sol, l'Orc et moi, se dissipe peu à peu, ne laissant en moi qu'un obscur sentiment de malaise indéfinissable. Je grogne comme un fauve hargneux en réalisant que je n'ai pas même songé à employer ma magie pour nous protéger lorsque le sortilège s'est abattu sur nous, me traitant intérieurement de dernier des abrutis et d'autres noms d'oiseaux bien moins polis. Kahena, qui à cet instant a tout de la farouche déesse guerrière, répond en fixant les ruines d'un regard doré brillant étrangement:

"Vos objets. Ta Dague, l'Oeil et la Mante vous protégeaient tout à l'heure, mais ce que vous venez de subir est différent, la source n'est pas la même."

Ainsi il y a donc deux "choses" qui tentent de nous refouler...l'artefact et les trois êtres aperçus, sans doute. C'est la fête. Je hoche simplement la tête pour indiquer que j'ai entendu, non sans admirer au passage l'aura dégagée par ma sublime compagne, plus ensorcelante que jamais. Rakshok se relève en lui demandant:

"Et vous, pourquoi ça ne vous touche pas ?"

Shill, car plus que jamais elle est cette part d'elle même, hausse les épaules et le regarde en coin avant de lui rétorquer comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit:

"Je suis une déesse."

Réplique qui me fait grommeler avec un vague amusement:

"Je confirme, j'en étais presque intimidé la nuit passée."

Rakshok semble choqué par cette révélation, on le serait à moins, il m'observe d'un air étrange, lorgne la dague qu'il a reconnue dès qu'il l'a vue et déclare d'un ton qui n'a rien d'interrogatif:

"Vous êtes Shill."

Nouveau hochement de tête de la flamboyante qui confirme simplement d'un "oui".

"Comment?"

Kahena répond sobrement "j'ai été aidée" en me jetant un regard affectueux qui transforme mon sang en lave et réveille violemment les braises du désir incendiaire que j'éprouve pour elle, jamais bien loin de la surface. Je lui adresse un regard étincelant en retour, le moment est mal choisi pour nous livrer à de torrides ébats mais elle ne perd rien pour attendre... Elle fendille brièvement son apparence de déesse pour me renvoyer un coup d'oeil indiquant que la nature de mes pensées ne lui a pas échappé. Ce qui ne semble pas pour lui déplaire, dans ses yeux brillent des promesses sensuelles qui ne m'aident pas à juguler le feu qui me consume de l'intérieur. Faute de pouvoir laisser libre cours à mes envies lubriques, je pousse un discret soupir en m'efforçant de les dompter et me limite à frôler sa joue d'une tendre et chaste caresse. D'une voix imperceptiblement rauque, je remarque:

"Hum. Nous ferions mieux de nous remettre en route..."

Il nous faut encore une heure pour parvenir aux ruines, qui s'avèrent être celles d'un village fortifié semblant tout droit sortir d'un autre âge. Il n'en reste que des bâtiments de pierre aux décorations décrépies, de la porte de bois qui dut autrefois fermer l'entrée il ne reste rien. J'observe d'un regard sinistre la grande allée qui s'enfonce vers le coeur des ruines, à laquelle se rattachent plusieurs petites ruelles. Il règne un silence absolu, pas de ceux susceptibles de rassurer: trois créatures sans aucune doute malveillantes se tapissent quelque part dans ce fatras de cailloux, mais où? Elles peuvent être n'importe où et ces ruines constituent un sacré foutu traquenard, trop de coins et de recoins où les maudits pourraient se dissimuler, je déteste ça bons dieux!

Pourtant, l'extrême tension qui m'habite s'estompe brutalement, un sourire carnassier relève soudain mes lèvres et je sens mes fluides obscurs palpiter puissamment dans mon corps, prêts à se déchaîner, mortels et implacables. Cette situation angoissante est loin de m'être inconnue, j'ai vécu nombre de ses pareilles lors d'incursions dans les tanières Eruïonnes et jamais je n'ai reculé. C'est comme si quelque chose se retournait brutalement en moi, un peu à la manière d'un gant. Je ne suis plus le Kerenn d'Elysian à cet instant, je suis le fauve du Dragomélyn, la vipère démente redoutée de tous les habitants du désert de Sarnissa. Et je vais m'emparer de cet artefact, peu importe combien d'êtres je devrais anéantir pour atteindre mon but, peu importe le prix à payer, le temps des questions est révolu. Je murmure d'une voix glaciale à mes compagnons:

"Surveillez vos arrières, on y va."

Et j'avance sans plus aucune hésitation vers le centre du village, du pas souple et vif de celui que la peur a déserté. Mes yeux balayent rapidement les environs, à l'affût du moindre mouvement, ma main droite reployée sur le manche de la Vipère du Désert. Je garde la main gauche libre, de façon à pouvoir employer le pouvoir de mon gantelet, mes fluides sont rassemblés, ombre et lumière se frôlant dangereusement, ne demandant qu'une pensée pour se déchaîner de la plus explosive manière. Assez de cette attente angoissante, l'orage va éclater dans les secondes qui viennent et une part de moi s'en délecte sombrement.

(env. 1500 mots)

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Dim 27 Aoû 2017 20:59 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Kanteros – Île de Taler’rhy

    Kerenn, Kahena, Rakshok et son singe progressèrent dans la ville, alertes. Plusieurs minutes passèrent pendant lesquelles la tension montait, pourtant le calme était toujours aussi présent, pesant. Ils arrivèrent jusqu’à un carrefour un peu plus grand que les autres, deux rues principales se croisaient.

    Soudain, une vague de puissance telle que Kerenn se retrouva projeté contre un mur, à un mètre au-dessus du sol. Rakshok était à ses côtés avec son singe. Kahena, elle, avait mieux résisté, mais se retrouvait bloquée, un genou au sol et incapable de bouger. Il en allait de même pour Kerenn, une force obscure le maintenait contre le mur, poignets et pieds. Si ses membres étaient prisonniers, il possédait encore ses pouvoirs, il le sentait.

    Soudain apparurent les trois silhouette. La première était celle d’un shaakt, ou d’un demi-shaakt. Son visage était d’un gris verdâtre macabre, mais le reste de son corps était engoncé dans une épaisse et ouvragée armure métallique tandis que sa tête était ornée d’une coiffe. Il tenait négligemment entre ses mains une paire de menottes.

    Image


    Il posait négligemment la main sur une créature semblable à un sanglier mais pourvu de cornes et de plusieurs séries de défenses tandis que ses pattes étaient celles de félin. Il semblait avoir été rapiécé, comme si chaque membre appartenait à une autre créature. Il feula en apercevant les prisonniers.

    Image


    Le dernier avançait négligemment quelques pas en arrière. Sa peau était brune, mais au-dessus il avait peint une tête de mort blanche qui se retrouvait dans de longs cheveux noirs. Ses yeux vairons étaient posés sur eux, narquois et rieurs. Mais, ce qui était le plus marquant chez lui étaient les ombres qui flottaient au-dessus de lui, s’en allant dans des volutes étrangement semblables à celles qui pouvaient entourer Kerenn.

    Image


    C’est le premier qui parla en premier. Il avait l’air amusé et son regard se posa sur Rakshok.

    - Oh, Rakshok. Je vois que tu as survécu à notre dernière rencontre. Une partie de moi l’espérait. Et je vois que tu es accompagné par ton singe. Un fidèle compagnon, n’est-ce pas ?

    Il esquissa un sourire montrant des dents taillées en pointe. Son regard darda sur Kerenn et Kahena, restant un peu plus longtemps sur cette dernière.

    - En voilà un sacré cadeau que tu me fais ! Tu n’arrives pas seul en plus.

    - TALER, FILS DE CHIENNE ! hurla soudain Rakshok en tentant de se débattre dans ses liens.

    Cela ne fit qu’accentuer le sourire du shaakt.

    - Voyons, tout doux, tout doux. On en reviendra vite à toi, mais dis-moi, qui sont tes compagnons ?

    Rakshok resta silencieux, mais ses yeux étaient écarquillés alors qu’il tentait de se défaire de ses liens. Il regardait Kahena avec peur. Le second homme s’approcha du shaakt, les mains derrière le dos et se pencha sur la déesse immobile.

    - Celle-ci est un sacré morceau. Elle va considérablement faire avancer les choses. Je me demande ce qu’elle est.

    Son regard se releva vers Kerenn.

    - Tu n’avais pas dit que les sindeldi étaient morts, chez vous ? Parce que celui que je vois m’a l’air très en vie. Et intéressant aussi, il faudra l’emmener avec nous.

    Le shaakt s'approcha des trois silhouettes immobiles contre le mur et tendit la main vers le singe, l'arrachant à ses sombres liens comme s'ils n'y étaient pas. Il se tourna vers Rakshok.

    - Cela ne t'embête pas que l'on commence par lui, hein ?

    Il s'en alla rejoindre son camarade sous les hurlements de Rakshok tandis que le sanglier à ses pieds se mettait à grogner, comme s'il était prêt à cueillir le singe qui se débattait dans les mains de Taler'rhy, au-dessus de ses défenses.


[Kerenn – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (entrée dans la ville), 0,5 (questions), 1,5 (longueur)]


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Lun 28 Aoû 2017 00:25 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 31 Mai 2015 15:47
Messages: 713
Localisation: Kanteros
Nous progressons dans la cité déchue, vigilants, tous les sens aux aguets, jusqu'à parvenir à un carrefour plus important où deux rues principales se croisent. Le dais de silence est absolu, mettant nos nerfs à rude épreuve, planant sur ce lieu aux allures de nécropole maléfique comme une promesse de mort imminente. Et toute notre attention, toute l'expérience que j'ai acquise au cours de décennies de missions en milieu hostile, ne sert à rien. Sans le moindre signe annonciateur, sans que rien ne me permette d'esquisser seulement le moindre geste de défense, un sortilège d'une inconcevable puissance frappe notre groupe. Il réduit à néant tout ce que nous sommes, le redoutable groupe que nous formons, en moins de temps qu'il n'en faut pour expirer après un coup de masse dans le ventre.

Rakshok et moi sommes projetés avec une effrayante violence contre un mur, cloués contre lui à un mètre du sol par des liens ténébreux, impuissants et défaits avant même qu'un quelconque combat ait commencé. Kahena semble mieux résister, mais elle n'en est pas moins bloquée, un genou en terre, aussi incapable de réagir que nous le sommes. Et je n'ai rien vu venir. J'en hurlerais de rage et de désespoir si je le pouvais, mais aucun son ne parvient à s'insinuer entre mes mâchoires serrées à m'en briser les dents.

Je sens mon âme se déchirer, sans un bruit, ombre et lumière. Mortel englouti par une terreur sans nom et privé de tout espoir de survie, prêt déjà à renoncer, d'une part. Ma facette Elysianne. Et Kaal’Tarayël, la Vipère Démente, meurtrier froidement calculateur, indifférent à son propre sort, d'autre part. Cette dernière sent qu'elle pourrait utiliser ses fluides, qu'elle pourrait se dégager, s'abreuver de rivières de sang, sans doute, avant de succomber. Et entre les deux, moi. Celui que je suis devenu. Ni ombre ni lumière, juste moi, en équilibre précaire entre les deux extrêmes qui constituent mon âme. Alors j'attends, sans me débattre, sans désespérer, j'attends froidement la seconde où je pourrais tenter d'agir et d'inverser le destin.

Sans surprise, ce sont les trois silhouettes aperçues précédemment qui se pointent. Une espèce d'emplumé bardé d'une armure trop belle pour sa gueule de déterré, verdâtre, malsaine, qui tient une étrange paire de menottes entre ses pognes de charogne avariée. Il est accompagné d'une créature, une chose rapiécée qui paraît avoir été cousue à partir de différents animaux, aussi moche que son maître avec lequel elle a par ailleurs un ignoble air de famille. Un feulement s'échappe de son groin entouré de cornes et autres défenses lorsqu'elle nous aperçoit. Le troisième est un Shaakt il se tient en retrait des deux autres, sardonique, le museau peinturluré d'une tête de mort blanche. Je renifle, méprisant, réprimant une féroce envie de lui cracher aux pieds en lui disant le fond de ma pensée:

(Bouffon, embryon de nécromant de pacotille, te manque qu'un hochet avec de jolis crânes à agiter pour te finir...)

Mais patience, patience. Il possède des fluides d'ombre, j'en distingue les volutes autour de sa trogne amusée, une expression que je me jure d'effacer dans les instants à venir, c'est un beau sourire rouge et gluant que je vais lui offrir à cette vermine. Mais patience, encore. Pour le moment il s'intéresse à Rakshok, qu'il connait, visiblement, puisqu'il semble à moitié étonné que l'Orc ait survécu à leur dernière rencontre. Il ajoute qu'une part de lui l'espérait, remarque la présence de son singe en ironisant sur le fidèle compagnon qu'il est. Il se fend ensuite d'un sourire, dévoilant des dents taillées en pointe, puis se tourne vers Kahena et moi, lorgnant cette dernière plus longtemps qu'il ne le devrait pour sa santé déjà défaillante, au niveau mental en tout cas. Il souligne alors que l'Orc lui fait là un beau cadeau, n'étant pas venu seul, ce qui fait hurler ce dernier:

"TALER, FILS DE CHIENNE !"

Rakshok se débat de toutes ses forces, mais cela ne sert à rien et ne fait qu'accentuer le sourire de celui qui n'est autre, je le sais maintenant avec certitude, le propriétaire de ce territoire. Lequel se gausse de l'Occultiste en lui parlant comme à un chien rétif: tout doux mon beau, on en reviendra vite à toi, dis-moi plutôt qui sont tes petites camarades de jeu...Mes yeux se plissent imperceptiblement à ces paroles:

(Tu vas voir enfoiré, ça va être ta fête, pour sûr, mais les cadeaux t'auras du mal à les digérer...)

Rakshok ne répond pas, il tente toujours de se dépêtrer du sortilège en regardant Kahena avec, je la vois dans ses yeux, une terreur naissante. L'emplumé s'approche à son tour et se penche sur Kahena, qui a le bon sens, elle, de rester immobile et d'économiser ses forces. Il remarque que c'est un sacré morceau, parole qui lui vaudrait de devoir ramasser ses dents au sol si j'étais libre d'agir, puis déclare qu'elle va considérablement faire avancer les choses, tout en se demandant ce qu'elle est.

(Ta mort, pissat de troll, précédée d'une lente, très lente agonie...)

Comme s'il sentait que je pense tendrement à lui, le bâtard se tourne ensuite vers moi et s'étonne de voir un Sindel en vie, Taler'Rhy lui ayant dit que tous étaient morts, du moins est-ce ainsi que je le comprends. Il me trouve intéressant et ajoute qu'il faudra m'emmener avec eux. Taler'rhy s'approche à ce moment de l'Orc et s'empare de son singe, avec autant d'aisance que si les liens qui nous maintiennent n'existaient pas, lui demandant au passage si ça ne le gêne pas qu'ils commencent par lui. Mais qu'ils commencent quoi? Où veulent-ils nous emmener et en quoi Kahena pourrait-elle faire avancer notablement leur cause? Mon esprit se met en branle, examinant les informations et les reliant entre elles, tissant des hypothèses en un éclair:

(L'artefact. Il puise la vie, les fluides, ce qui renforce probablement son pouvoir. Auquel cas ils pourraient l'avoir suffisamment...nourri pour que sa puissance surpasse celle de l'Orbe de Caelès. Ce qui expliquerait le déséquilibre. Ils auraient donc pour intention de nous vider de nos vies et de nos fluides, mais s'ils doivent nous emmener c'est que nous sommes trop loin de l'artefact pour qu'il puisse agir sur nous, ou du moins pas rapidement. Maintenant qui est cet autre type, quel rôle joue-t'il dans l'histoire? Lequel des deux est la clé, le chef d'orchestre de leurs plans, et lequel le sous-fifre? A moins qu'ils ne soient simplement alliés, aucun des deux ne me semble du genre à se soumettre. Plutôt le genre à faire des coups de pute à son pote au moment opportun, une fois le pouvoir à portée de main. Utiliser ça pour tenter de les diviser? Mmm. Hasardeux, et trop lent.

Autre chose: ces menottes. C'est peut-être ça qui leur permet de nous clouer au mur comme ils l'ont fait. Enfin, le font. Retour à l'emplumé: qui est-il? Ou plutôt, qu'est-il? Un Nécromant avec son âme damnée? Pas un coureur des plaines avec son compagnon, vraisemblablement, cette bestiole n'a rien de naturel. Ceci étant, je n'ai aucun moyen de savoir s'il possède des fluides ou s'il s'appuie sur des artefacts. Dangereux, incontestablement, mais à quel point? Plus ou moins que Taler'rhy? Mystère. Et ennuyeux, parce que je doute que nous ayons droit à deux tentatives lorsque l'instant sera venu de passer à l'action. Donc. Stratégie. Premier temps: diversion, il faut les surprendre et engendrer le chaos durant quelques secondes. Deuxième temps: diversion bis, occulter totalement la véritable menace: moi. Troisième temps: attaque foudroyante sur la cible cruciale, elle doit impérativement être décisive. ça va faire très mal, et probablement pas qu'à nos ennemis. Mais je ne vois pas de possibilité pouvant nous offrir de meilleures chances. Bon. Action, Vagabond.)


Je profite de ce que le singe emmené par l'amiral se débatte et piaille, un vacarme encore renforcé par le monstre rapiécé qui grogne à qui mieux-mieux en essayant d'attraper ledit singe que Taler'rhy tient vicieusement juste au-dessus de ses défenses, pour siffler discrètement à Rakshok:

"Pssst! ça va être à vous!"

Malheureusement l'Occultiste a cédé à la panique et, le regard fou, ne prête aucune attention à mon avertissement. Enfer et damnation! Ce n'est pourtant fichtrement pas le moment de perdre ses moyens! Mais la terreur a cet effet sur les âmes faibles, combien en ai-je vu crever la gueule ouverte alors qu'ils pouvaient s'en sortir? Trop, beaucoup trop. Seulement c'est ma peau et celle de Kahena qui dépend de ce bougre d'Orc, alors foutrebleu il va m'entendre! Je gronde entre mes dents serrées pile au moment où le singe braille une nouvelle fois:

"Rakshok! Bordel! Regardez-moi! TOUT DE SUITE!"

Le Garzok daigne enfin tourner la tête vers moi, sans cesser de se débattre stupidement contre une magie qu'il ne peut briser. Je jure intérieurement, s'il nous lâche maintenant nous sommes mal, très mal. Un rapide regard en coin pour m'assurer que les deux tordus ne sont pas précisément en train de nous lorgner, puis je murmure sèchement à Rakshok:

"Reprenez-vous! Vous la voulez votre putain de vengeance, oui? Alors bousillez-moi cet enfoiré dès que je vous dégagerai!"

Que j'essayerai, du moins, parce qu'au vu de la puissance du sortilège qui nous tient captifs et de l'affaiblissement de ma magie, c'est loin d'être gagné. Je rassemble mes fluides sombres en une trombe d'obscurité prête à déferler puis, à l'ultime seconde, j'inverse la polarité pour produire une colossale explosion et ainsi renforcer massivement la puissance du sort de protection solaire que je tente de déployer sur Rashok.

A peine déclenché je rassemble une nouvelle fois mes fluides, que mon sort sur l'Occultiste ait l'effet escompté ou pas ne changera rien à ma deuxième tentative si tant est que j'aie le temps et le loisir de la mettre en oeuvre: lancer un deuxième sort, de Grâce divine cette fois, sur Kahena, à pleine puissance et renforcé lui aussi par une violente inversion de polarité fluidique. Pour peu qu'une partie au moins de mon plan réussisse, et que mes compagnons puissent se dégager et passer à l'action, je pourrais alors m'occuper de moi-même. Avec beaucoup de chance, les deux crevures seront assez distraites pour que je puisse tenter le tout pour le tout: un bond meurtrier vers l'emplumé, Vipère du Désert en avant, pour tenter de taillader sa main qui tient les menottes et ainsi les lui faire lâcher.

(Env. 1800 mots)

(1)Tentative de lancement du sort "protection solaire" à pleine puissance, renforcé par la capa de classe "projection magique", sur Rakshok pour tenter de le libérer.)

Intentions pour la suite:

(2) Tentative de lancement du sort "Grâce Divine", au niveau max et renforcée par la capa de classe "projection magique sur Kahena pour lui permettre de se libérer)
(3)Protection solaire niveau max renforcée toujours par la capa de classe sur lui-même. Puis attaque à la dague visant la main de l'emplumé pour lui faire lâcher les menottes)

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Lun 28 Aoû 2017 10:02 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Kanteros – Île de Taler’rhy

    - Arrête de jouer et de faire le paon, c’est comme ça que les choses finissent mal, dit l’homme peint à Taler. Mets-lui les menottes.

    Taler lui lança un regard dégoûté et balança le singe vers le mur, sur Rakshok, et s’approcha de Kahena, menottes à la main.

    Il ne se rendit pas compte que Rakshok venait d’être libéré par le sort et serrait son singe contre lui, mais l’homme peinturluré, si. Il se passa alors plusieurs choses en même temps. L’homme peinturluré se dressa sur le chemin de Rakshok qui avait laissé de côté son singe et filait à présent droit vers Taler. L'homme peint, droit comme un i, écarta les bras. Dans ce même mouvement, ses bras se muèrent en ailes noires et membraneuses, rapidement par le reste de son corps. Rapidement, l’homme n’eut plus rien d’humain, il ressemblait à une chauve-souris géante, à une gargouille horrible.

    Image


    Surpris, Rakshok cessa sa course, ce qui laissa le temps à la créature de Taler de lui bondir dessus, le mettant à terre, mais la cape de Rakshok balaya d’elle-même le sanglier, laissant l’orque la capacité de se relever.

    Au même moment, Taler s’approchait de Kahena, incapable de bouger, et sortit une des menottes qu’il approcha de son bras. A cet instant, la grâce divine de Kerenn fit effet et le corps de Kahena se recouvrit brusquement de flammes… Qui s’étouffèrent l’instant d’après lorsque la menotte claqua sur son bras. Taler recula et regarda, effaré, sa main brûlée. Kahena poussa un cri de rage, mais elle était toujours prisonnière du sort et ne pouvait bouger. Son regard doré posé sur Taler, plus brillant que jamais, promettait les flammes et la destruction.


[Kerenn – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (sort), 0,5 (sort), 1,5 (longueur)]


Haut
 

 Sujet du message: Re: Kanteros - Cité Libre
MessagePosté: Lun 28 Aoû 2017 13:15 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 31 Mai 2015 15:47
Messages: 713
Localisation: Kanteros
Le peinturluré réprimande Taler'rhy, l’exhortant à cesse de jouer et de faire le paon en affirmant que c'est ainsi que les choses finissent mal, puis l'incite à "lui" passer les menottes. J'ignore qui est ce "lui", mais mon esprit focalisé sur le lancement de mon premier sort remet à plus tard cette question. L'amiral jette un regard dégoûté à son comparse, confirmant ainsi ma pensée qu'ils ne sont pas unis par une complicité sans faille, et jette le singe sur Rakshok pour s'approcher de Kahena, menottes en main. J'enregistre à cet instant que le "lui" désignait Kahena, mais mon cerveau fonctionne à cet instant comme une merveille de la technologie Sindel, dénuée d'états d'âme et poursuivant sa tâche quoi qu'il advienne. Mon premier sortilège se déploie à cette seconde et tisse autour de Rakshok son aura solaire, le libérant des liens obscurs à ma plus grande satisfaction.

Malheureusement, l'Orc perd un instant pour serrer son compagnon animal contre lui au lieu d'agir, ce qui laisse loisir à la caricaturer de nécromant de s'aviser qu'il est désormais libre. J'en talocherais le Garzok de rage, si cela avait la moindre utilité, mais je sais que ce serait une nouvelle perte de temps et je force impitoyablement ma volonté à rester totalement axée sur la réalisation de mon plan.

Avec soudaineté, tout s'emballe, les événements se précipitent et s'entremêlent, ce qui fait naître un sourire polaire sur mes traits: le chaos se répand, ainsi que je l'avais désiré. Rakshok délaisse son singe pour se précipiter sur Taler'rhy, mais le peinturluré parvient à s'interposer et écarte les bras, droit comme un i. Dans le même temps, le sort de Grâce divine se tisse dans mon esprit, mes fluides se rassemblent et prennent la forme adéquate, prêts à déferler à nouveau pour tenter de libérer Kahena. Mais un effroyable imprévu met à mal ma concentration pourtant extrême: le peinturluré se métamorphose en une ignoble créature des ténèbres, semblable à une gargouille malfaisante évoquant quelque immonde chauve-souris! Mon coeur se racornit dans ma poitrine à cette vision abjecte, par tous les dieux quel est ce monstre?!

Je ne suis pas le seul à être horrifié par cette apparition, Rakshok en interrompt sa course vers Taler'rhy et cela laisse le temps à son odieuse bestiole recousue de bondir sur l'Orc et de le jeter à terre. Je retiens de justesse un hurlement de dépit, je savais que Rakshok risquait d'y passer avec ma stratégie, je m'étais froidement résolu à le sacrifier parce que je ne voyais pas d'autre moyen pour que certains d'entre nous survivent, mais bon sang, pas aussi tôt! Pas avant que je n'aie libéré Kahena et moi-même! Je reprends un brin d'espoir en voyant l'espèce de sanglier mutant se faire évacuer par la cape du Garzok, la fameuse Mante Grenat, puis Rakshok se relever aussitôt. Tout n'est pas encore perdu, mais mieux vaudrait que je cesse de faire l'imbécile en me laissant déconcentrer, sans quoi...

Ces brèves secondes de distraction ont laissé à Taler'rhy le temps de se rapprocher de Kahena avec la claire intention de lui passer les menottes, une vision qui m'insuffle la force d'achever en urgence le tissage de mon sort et de le lancer. Incrédule, je vois soudain ma flamboyante compagne s'enflammer littéralement sous l'effet de mon sortilège, ce qui fait naître en moi un sentiment de profonde panique jusqu'à ce que je réalise que cet effet est sans aucun doute lié à sa nature et qu'elle ne semble pas en pâtir. Mais je n'ai pas le temps de m'en réjouir, le maudit amiral emplumé trouve moyen de refermer à cette seconde les menottes sur les poignets de ma compagne et l'artefact étouffe les flammes naissantes en moins de temps qu'il ne faut pour le dire!

Malgré ma stupéfaction, la part la plus polaire de mon esprit ne s'est pas laissée décontenancer et mes fluides sont une nouvelle fois rassemblés, prêts à lancer un nouveau sort, le dernier sans doute car les deux premiers ont largement puisé dans mes réserves de mana. Seulement, la situation a changé et mon plan d'origine est devenu caduque, ainsi qu'il en va toujours lorsque la bataille a commencé. Empli d'une rage glaciale et implacable, j'analyse en une fraction de seconde les informations transmises par mes sens:

(La goule ailée est probablement la plus dangereuse des deux, finalement, mais elle est occupée par Rakshok. La parodie de sanglier devrait revenir à la charge sur l'orc aussi, peu probable qu'il s'intéresse à moi dans l'immédiat. Taler'rhy se redresse, il a l'air surpris mais...ha! Il s'est fait cramer la main, bien fait pour sa gueule, ça lui apprendra à la poser sur ma compagne! Laquelle le fixe d'ailleurs d'un regard qui promet feu et ravages, ben mon p'tit paon, là j'aimerais pas être à ta place. En même temps il se pourrait que ce ne soit pas ton souci le plus urgent, parce que moi aussi j'ai quelque chose pour toi...)

Je pourrais m'en prendre à l'adversaire le plus dangereux, la chauve-souris donc, mais je doute fort de parvenir à l'anéantir en une unique attaque, d'autant plus qu'il me serait difficile de lui tomber dessus sans qu'elle ne me repère et que je serais contraint de contourner Rakshok. Je pourrais aussi m'en prendre au fauve rapiécé, mais il est lié à Taler'rhy et même si je parvenais à l'étriper, nous serions toujours face aux deux adversaires que j'estime être les plus redoutables. D'autre part il me semble crucial de dégager Kahena, à trois nous aurons davantage de chances de vaincre l'abject monstre ailé. Ce qui implique que je dois me débarrasser de l'amiral, et fissa! Et pour ça, il faut que je commence par me libérer.

Mes fluides d'ombre déferlent une nouvelle fois en moi et je tente une fois encore d'user de ma capacité explosive pour renforcer la protection solaire qui devrait, je l'espère, me dégager de ces foutus liens occultes! Dans le même temps je calcule précisément mon action suivante, si je parviens à me dégager elle devra être foudroyante et d'une précision parfaite. Je prends en compte ma position, si les liens de ténèbres me relâchent je vais chuter d'un mètre environ. J'en profiterai pour m'accroupir et dégainer la Vipère du Désert, ce qui me permettra de me propulser violemment sur Taler'rhy. De ma main libre je tenterai de saisir sa pogne brûlée qu'il tient obligeamment devant lui, et je la broierai de toutes mes forces, ce qui devrait le faire hurler de douleur.

(Et là mon coco, je vais t'enfiler le cadeau de Shill entre les dents, jusqu'à la garde! Rien de tel qu'un petit incendie dans ta gorge pour t'apprendre à poser tes sales pattes sur ma femme, vermine! Et puis, je crois que ça plaira à ma belle, après tout c'est elle qui l'a forgée cette dague et vu ce qu'elle te promet juste là ça me semble...approprié.)

(env. 1200 mots)

(Tente de se libérer grâce au sort de "protection solaire", renforcé par sa capa "projection magique")

Intention pour la suite:

(S'il parvient à se libérer, tente de bondir brutalement sur Taler'rhy, de saisir sa main brûlée et de la broyer pour lui faire ouvrir le bec et y plonger férocement la Vipère du Désert.)

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 44 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016