L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: L'auberge Athëanë
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 23:10 
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L'auberge Athëane


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Constituée de trente sept chambres, l'auberge Athëanë - gérée à tour de rôle par plusieurs membres de la famille Athëanë - n'est pas très grande mais se rattrape largement sur le cadre. De bonne réputation, elle possède un service remarquable et donne vue sur un magnifique jardin puis, évidemment, sur Tahelta. Aussi il fait bon y séjourner mais, même si on ne s'en douterait pas ainsi, les fêtes et veillées sont fréquentes. L'ambiance y est agréable et sereine pour qui désire se reposer.

Les yus dépensés ici ne seront pas déduits de votre bourse.

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Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
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 Sujet du message: Re: L'auberge Athëanë
MessagePosté: Ven 22 Juil 2016 19:09 
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Lorsque je pénètre dans l’auberge, un délicieux fumet vient me chatouiller les narines et réveil aussitôt mon estomac endormi. Cependant, j’avoue être trop fatiguée et décide de passer outre les revendications gastriques de mon estomac et prends la direction du comptoir dans la ferme intention de demander une chambre et d’aller m’écrouler.

Lorsque j’arrive à ce dernier, un charmante dame, petite et un peu bouffie (en voilà une qui mange trop de gâteau et ne fait pas assez d’exercice), m’accueille avec un sourire bienveillant. Cela fait du bien dans ce monde de brute, de recevoir ce petit réconfort de quelqu’un qui nous est parfaitement inconnu. Je lui souris en retour et viens littéralement me vautrer sur le comptoir.


"J’en connais une qui as besoin de repos ! Je suppose que la dame souhaiterais un chambre ?"

"Vous êtes perspicace ma brave dame. Oui s’il vous plaît et de préférence avec un grand lit pour que je puisse…"

C’est pile à ce moment que la bête endormie se réveille brutalement et que mon estomac émet le bruit de celui qui est désespérément vide et qui est bien décidé à ne pas me lâcher tant que je ne l’aurais pas contenter. Peu importe mon besoin et mon envie de sommeil. Monsieur a faim et il est de mon devoir de le nourrir.

"Oh mais d’abord, vous allez me faire le plaisir de manger quelque chose !! Je ne vais pas vous laisser aller dormir dans cet état !"

Je veux protester, mais une nouvelle plainte de mon estomac me clou le bec. L’aubergiste fait alors le tour du comptoir et m’entraîne vers une table avant d’appeler en hurlant celui que je pense être le cuisinier pour qu’il apporte séance tenante, un bol de ragout. Génial, voilà qu’elle me materne ! Si seulement elle savait !! J’ai horreur de ça !!!! Pensant à la loi de l’équilibre, j’essaye au maximum de contenir mon exaspération.

Mon bol finit par arriver et la délicieuse odeur qui s’en échappe, me fait oublier tout le reste. Je commence donc à manger sous le regard attentif de la petite aubergiste qui entre temps est retournée derrière son comptoir, recevoir le paiement de client pour la chambre louée. Je sens son regard qui pèse sur moi et comprends rapidement que j’ai intérêt à finir mon bol jusqu’à la dernière cuillérée, peu importe que je sois d’accord ou non.

Que faire donc quand j’arrive à la moitié et que je sens que mon ventre va éclater ? J’ai toujours eu un faible appétit et je ne vais pas m’excuser d’avoir un petit estomac, bien que ce dernier soit bruyant. N’en pouvant plus, je me lève, fermement décidée à aller me coucher. Tout en me dirigeant vers le comptoir pour qu’elle m’indique quelle chambre prendre, je lui dis :


"Votre ragout est délicieux, mais j’en ai eu plus que mon dû. Vous ne souhaitez quand même pas que je renvois tout à l’envoyeur, si vous voyez ce que je veux dire ? S’il vous plaît, indiquez-moi juste la chambre où je pourrais piquer un somme bien mérité."

Bien que réticente, elle finit par m’indiquer une chambre au premier étage. Je m’y précipite, ravie de trouver un peu de solitude et surtout un grand lit sur lequel je m'affale. Et ma tête a à peine touché l’oreiller que je dors déjà.

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 Sujet du message: Re: L'auberge Athëanë
MessagePosté: Mar 16 Aoû 2016 15:38 
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Après un repos plus que réparateur, je décide qu’il est temps pour moi de me mettre en route pour le domaine d’Aenaria. Je ressens pourtant une profonde lassitude à vivre toutes ces aventures. Certes la vie est ainsi faite, mais lors de mon réveil, je croyais, aussi sûr que je suis à Tahelta en ce moment, que mon fiancé était à me côtés. Qu’il me berçait dans ses bras. Je me suis réveillée simplette, serrant l’oreiller contre ma poitrine. Parfait artifice pour maintenir l’illusion.

Bon ! C’est assez de lamentation pour la journée. Si je m’arrête, je ne vais pas repartir et cela ne m’avancera à rien. Si je veux retrouver l’amour de ma vie, il me suffit de trouver l’armure que la guilde m’envoie chercher. De plus, ajouter une nouvelle relique à mon équipement, si tant est que je puisse la garder, est quelque chose qui vante mon égo. Et cela je le reconnais, j’adore !

Je descends donc prendre un dernier repas, solde mon compte auprès de l’aubergiste avant de la remercier et de lui souhaiter une agréable journée.

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 Sujet du message: Re: L'auberge Athëanë
MessagePosté: Mer 11 Oct 2017 13:30 
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Je retrouve Isil dans les paisibles jardins de l'auberge, quelques minutes après avoir quitté le bureau du capitaine Brëanal, Lhyrr appuyant confortablement sa tête sur les genoux de l'Elfe qui me sourit. Après m'être assuré que nulle oreille indiscrète ne traînait dans les environs, j'entreprends de lui relater mon entretien:

"J'ai été engagé comme apprenti et affecté à une mission dans les quartiers pauvres. D'après le capitaine, des marchandises non contrôlées, et donc non taxées, y circulent depuis quelques semaines. Il y aurait des canaux souterrains creusés dans la roche près du port, qui servent souvent à cacher quelques biens. Toutefois, certains semblent penser que l'un ou l'autre de ces canaux n'est pas, ou plus, un simple cul-de-sac, et qu'il serait utilisé pour ce trafic."

Une petite moue précède mes paroles suivantes:

"Pas de grabuge, le capitaine veut juste que j'identifie les responsables, pas seulement ceux qui écoulent la marchandise mais les vrais responsables."

Ma moue est remplacée par un sourire ouvertement amusé:

"Il m'a précisé ceci, textuellement: Y'a deux types de personnes qui demandent à être affectées aux quartiers pauvres. Ceux qui veulent changer le monde et ceux qui veulent grimper les échelons. La personne à qui vous ferez votre rapport me dira de quelle catégorie vous faites partie. Choisissez bien."

Isil hoche la tête et réfléchit quelques instants avant de répondre:

"J’ignore si l’enlèvement de Lhemryn et cet Ithilauster Fergaim sont liés à ces marchandises non contrôlées, mais cela pourrait être une piste à suivre. Même s’il y a beaucoup de corruption dans les quartiers pauvres, je ne pense pas qu’elles soient toute de cette envergure."

Je ris doucement et rétorque:

"La corruption dans le quartier pauvre est certainement anecdotique comparée à celle qui règne dans le reste de la ville. L'organisateur de ce trafic n'est certainement pas dénué de moyens, je le situerais plutôt du côté des quartiers aisés."

Plus sérieusement, j'ajoute:

"Je ne sais pas s'il y a un lien entre les deux affaires, mais ça n'aurait rien d'impossible. Il faudrait déjà savoir précisément quel type de marchandise circule sous le manteau de manière assez importante pour que la milice s'en inquiète. Je doute fort que ce soient des fruits et légumes et personne dans les bas-quartiers n'a les moyens de s'offrir des biens de luxes, les plus rentables pour des contrebandiers, habituellement."

Elle acquiesce, pensive:

"En ces temps d’après-guerre, les denrées alimentaires peuvent revêtir une certaine importance dans les quartiers pauvres. Les matériaux de construction aussi, et ce sont eux que je recherche pour Callirhoé. Toi qui connais un peu Tahelta, penses-tu qu’aller jeter un œil vers les canaux pourrait être productif?"

Pensif, je prends quelques instants pour replonger dans mes vieux souvenirs Naoriens avant de remarquer:

"Cyniar n'est pas si loin et la guerre ne l'a pas touchée, c'est la région qui assure l'approvisionnement de Tahelta en nourriture, je ne pense pas que ce soit un problème de trouver de quoi manger, même pour les pauvres. Mais oui, cela ne coûte rien d'aller faire un tour du côté de ces canaux, de nuit de préférence."

Après avoir jeté un coup d'oeil à la hauteur du soleil, Isil me répond:

"Bien, nous irons cette nuit. Penses-tu qu’il soit judicieux de faire autre chose ? Je pense que Lhyrr et Sinwaë ne pourront nous suivre dans nos pérégrinations, ils attirent bien trop l’attention… Moi aussi, par ailleurs, je vais tenter de me farder un peu pour griser ma peau, avec la nuit, je devrais passer sans soucis pour une sindel aux cheveux noirs et aux yeux bleus, ce n’est pas très rare, même si je suis un peu petite."

Je plisse un sourire amusé et discrètement malicieux en rétorquant:

"Ils te prendront pour ma fille et je serai harcelé par tous les jeunes Sindeldi du quartier qui viendront me demander ta main, mais à part ça oui, tu devrais passer presque inaperçue."

Une caresse taquine souligne ma plaisanterie tandis qu'Isil hausse un sourcil amusé et me réplique du tac au tac:

"Un jouvenceau comme toi, passer pour mon père ? Je crains que les risques ne soient inversés."

J'éclate de rire, puis je rajoute:

"Commençons déjà par aller voir ces canaux, sans nos compagnons bien sûr, nous serions repérés et identifiés en un instant."

Mon amie hoche la tête en signe d'approbation puis, ayant échafaudé nos plans, nous profitons de la fin de la journée pour nous reposer dans l'agréable jardin en bavardant de sujets plus légers avant d'aller nous reposer un moment.

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Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)


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 Sujet du message: Re: L'auberge Athëanë
MessagePosté: Mer 11 Oct 2017 13:56 
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5 - Mise en place d'un plan


Quelques temps plus tard, je suis assise sur un banc dans le grand jardin attenant à l’auberge, profitant du paysage qui s’offre à mes yeux. Tout est savamment orchestré pour donner une sensation de calme paisible, rehaussé par des plantes choisies exprès pour leurs senteurs délicates et discrètes. Je ne fais rien d’autre que rester assise, les yeux perdus dans le vague sur ce continent qui n’est pas le mien et dont j’ignore beaucoup de choses. Je ne tarde pas à entendre des battements d’aile alors que Lhyrr me rejoint pour se poser délicatement à côté de moi. Il s’allonge à côté du banc et pose sa tête sur ma jambe. Nous avons expressément demandé une chambre avec un grand balcon duquel le loykarme peut entrer et sortir et, si les aubergistes ont levé un œil surpris à ma demande, ils n’y ont pas moins accédé, nous pourvoyant d’une suite spacieuse donnant sur les jardins. Il semblerait que l’argent ouvre des portes. Ou des fenêtres, en l’occurrence.

Peu de temps après, j’entends quelques bruits de pas et souris en reconnaissant celui de Tanaëth. Ce dernier prend place sur le banc pour me relater l’entretien qu’il a eu avec les miliciens.

- J'ai été engagé comme apprenti et affecté à une mission dans les quartiers pauvres. D'après le capitaine, des marchandises non contrôlées, et donc non taxées, y circulent depuis quelques semaines. Il y aurait des canaux souterrains creusés dans la roche près du port, qui servent souvent à cacher quelques biens. Toutefois, certains semblent penser que l'un ou l'autre de ces canaux n'est pas, ou plus, un simple cul-de-sac, et qu'il serait utilisé pour ce trafic.

Il fait une petite moue et ses prochaines paroles me tirent un petit sourire :

- Pas de grabuge, le capitaine veut juste que j'identifie les responsables, pas seulement ceux qui écoulent la marchandise mais les vrais responsables.

Sa moue est remplacée par un sourire amusé alors qu’il ajoute :

- Il m'a précisé ceci, textuellement : y'a deux types de personnes qui demandent à être affectées aux quartiers pauvres. Ceux qui veulent changer le monde et ceux qui veulent grimper les échelons. La personne à qui vous ferez votre rapport me dira de quelle catégorie vous faites partie. Choisissez bien.

Je hoche la tête, réfléchissant à ses mots au regard de ce que nous venons d’apprendre.

- J’ignore si l’enlèvement de Lhemryn et cet Ithilauster Fergaim sont liés à ces marchandises non contrôlées, mais cela pourrait être une piste à suivre. Même s’il y a beaucoup de corruption dans les quartiers pauvres, je ne pense pas qu’elles soient toute de cette envergure.

A ma remarque, il rit doucement en rétorquant :

- La corruption dans le quartier pauvre est certainement anecdotique comparée à celle qui règne dans le reste de la ville. L'organisateur de ce trafic n'est certainement pas dénué de moyens, je le situerais plutôt du côté des quartiers aisés.

Il ajoute plus sérieusement :

- Je ne sais pas s'il y a un lien entre les deux affaires, mais ça n'aurait rien d'impossible. Il faudrait déjà savoir précisément quel type de marchandise circule sous le manteau de manière assez importante pour que la milice s'en inquiète. Je doute fort que ce soient des fruits et légumes et personne dans les bas-quartiers n'a les moyens de s'offrir des biens de luxes, les plus rentables pour des contrebandiers, habituellement.

J’acquiesce, pensive :

- En ces temps d’après-guerre, les denrées alimentaires peuvent revêtir une certaine importance dans les quartiers pauvres. Les matériaux de construction aussi, et ce sont eux que je recherche pour Callirhoé. Toi qui connais un peu Tahelta, penses-tu qu’aller jeter un œil vers les canaux pourrait être productif ?

Il reste pensif quelques instants, comme s’il se remémore ce qu’il sait de son pays.

- Cyniar n'est pas si loin et la guerre ne l'a pas touchée, c'est la région qui assure l'approvisionnement de Tahelta en nourriture, je ne pense pas que ce soit un problème de trouver de quoi manger, même pour les pauvres. Mais oui, cela ne coûte rien d'aller faire un tour du côté de ces canaux, de nuit de préférence.

Je hoche la tête en levant la tête vers le ciel. Nous avons dépassé la moitié de l’après-midi et le soleil a largement entamé son déclin, teintant les alentours d’une agréable lueur doré. Nous ne sommes au Naora que depuis moins d’une journée et nous voilà déjà plongés jusqu’au cou dans les intrigues.

- Bien, nous irons cette nuit. Penses-tu qu’il soit judicieux de faire autre chose ? Je pense que Lhyrr et Sinwaë ne pourront nous suivre dans nos pérégrinations, ils attirent bien trop l’attention… Moi aussi, par ailleurs, je vais tenter de me farder un peu pour griser ma peau, avec la nuit, je devrais passer sans soucis pour une sindel aux cheveux noirs et aux yeux bleus, ce n’est pas très rare, même si je suis un peu petite.

Il plisse les yeux, manifestement amusé par mon idée et son ton se fait malicieux lorsqu’il répond :

- Ils te prendront pour ma fille et je serai harcelé par tous les jeunes Sindeldi du quartier qui viendront me demander ta main, mais à part ça oui, tu devrais passer presque inaperçue.

Je hausse un sourcil amusé en répondant :

- Un jouvenceau comme toi, passer pour mon père ? Je crains que les risques ne soient inversés.

Tanaëth poursuit :

- Commençons déjà par aller voir ces canaux, sans nos compagnons bien sûr, nous serions repérés et identifiés en un instant.

Je hoche la tête, cela nous laisse quelques heures pour nous reposer et nous préparer.

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 Sujet du message: Re: L'auberge Athëanë
MessagePosté: Lun 23 Oct 2017 22:02 
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Après avoir quitté la milice, je regagne rapidement l'auberge et retrouve Isil dans notre suite, attablée en train de rédiger une lettre. Par la porte-fenêtre ouverte, j'aperçois Lhyrr qui folâtre dans les jardins, non sans garder un oeil quelque peu désabusé sur Sinwaë qui s'échine à retourner un coin de terrain, sans doute dans l'espoir d'y dénicher une taupe. Amusé par la scène, je rejoins Isil et glisse un baiser au creux de son cou avant de réaliser, en voyant la lettre posée devant elle, que je possède un objet qui pourrait lui être utile. Je sors aussitôt de mon sac le nécessaire d'écriture télépathique qui s'y trouve et le pose devant elle:

"Si tu veux donner des nouvelles rapidement à ta famille ou à Callirhoé, utilise donc ceci. Ils recevront en pensée ce que tu écriras, c'est immédiat."

Elle hausse un sourcil dubitatif et amusé, me répondant:

"Tu me fais marcher?"

Je la dévisage d'un air malicieux, puis je reprends le nécessaire et me concentre sur ma compagne avant d'écrire quelques mots:

(Non, mais ça peut toujours s'arranger, quelques pas suffiraient, le lit n'est pas loin...)

Retenant un rire au sursaut qu'elle a lorsque les mots lui parviennent, je repose le matériel devant elle en glissant une caresse sensuelle sur sa joue au passage, puis je reprends avec un peu plus de sérieux:

"A part, ça, la milice n'arrêtera pas Fergaim. Nous avons mis le pied dans une affaire complexe et dangereuse..."

Isil semble faire un effort de volonté pour revenir à ce sujet indubitablement moins plaisant et me questionne:

"Comment ça?"

Je soupire doucement et tire une chaise pour m'assoir en face d'elle avant de répondre:

"Il est protégé, ce n'est pas le premier venu. Il a des puissantes relations dans la milice, au sein du clergé, de la noblesse. Le capitaine à qui j'ai fait mon rapport m'a invité à aller voir un de ses homologues, un certain capitaine Eïniel, ami personnel de Fergaim, si je souhaitais une rapide promotion."

Une moue peu amène prend place sur mon visage à ces mots, mais je n'en poursuis pas moins:

"Brëanal, le capitaine en charge du quartier pauvre, tente depuis longtemps de coincer Fergaim, en vain. D'après lui, cette histoire d'inspection n'est qu'un leurre, jamais l'Ithilauster ne se déplace en personne dans ce genre de magouilles. Il a déjà assassiné bon nombre de témoins, à tel point que Brëanal a installé un camp secret dans la forêt de Telemnalda pour les protéger en attendant d'avoir des preuves suffisantes. Il monte des dossiers, recueille des témoignages, mais pour l'heure Fergaim est intouchable. Il souhaiterait que nous conduisions ceux que nous avons libérés à ce lieu secret pour les protéger, ils seraient sans doute rapidement éliminés s'ils restaient ici."

Isil hoche pensivement la tête avant de répondre:

"En ce cas, nous devrions partir au plus vite, peut-être en prenant un bateau pour nous rendre plus difficilement traçables. Je ne doute pas que Fergaim ait des yeux partout."

Je hausse légèrement les épaules, songeur:

"Au port plus qu'ailleurs, d'après ce que nous en savons. Si nous louons un bateau, Fergaim n'aura aucun mal à savoir où nous aurons accosté, mais cela lui ferait perdre quelques jours, sans doute. Pourquoi pas, donc, pour autant que nous prenions soin de rejoindre la côte assez loin de ce camp qui doit impérativement rester secret."

Elle secoue la tête:

"Nous n’aurions pas besoin de louer l’équipage, nous pourrions simplement acheter un petit bateau, si nous restons à côté des côtes et que le temps reste clément, nous n’avons pas besoin de beaucoup de bras pour le diriger. Et si nous partons de nuit, il serait très difficile de juger de notre direction."

Je hausse un sourcil en précisant:

"Je n'y connais strictement rien en navigation, mais je sais que ces eaux sont dangereuses à cause des récifs de coraux, prompts à éventrer un navire. Penses-tu avoir les connaissances nécessaires pour nous amener à bon port?"

Elle esquisse un léger sourire en hochant la tête:

"Si nous parvenons à mettre la main sur une carte des récifs, ce qui ne doit pas être trop difficile, et que nous rejoignons la terre si le temps de gâte, je devrais y arriver sans trop de mal. J’ai navigué à plusieurs reprises et en dirigeant moi-même le bateau entre Khonfas et Eniod."

Je pèse le pour et le contre durant quelques instants, pas vraiment enchanté à l'idée d'aller me promener dans ces eaux inconnues sur un frêle esquif, mais je finis par soupirer de manière sérieusement dubitative:

"Bien, alors tentons... mais souviens-toi que j'ai ton poids en métal sur le dos, je nage très mal avec ça..."

Toujours souriante, elle se lève pour relever ma tête d'un doigt sous le menton et se penche pour déposer un baiser sur mes lèvres avant de se reculer, restant baissée afin de garder son visage face au mien:

"Je ne parle pas d’une petite barque, je parle d’un catamaran d’une quinzaine de mètres de coque, j’en ai vu quelques-uns sur le quai. Les seules gouttes qui toucheront ta belle armure seront celles des embruns."

Je glisse une main derrière sa nuque pour la gratifier d'un long et brûlant baiser avant de lui murmurer:

"Soit, nous voyagerons par mer et..."

Des coups pressants frappés à la porte me coupent net et me font me relever vivement, mes mains fusant vers les poignées de mes lames à l'instar d'Isil, tandis que je demande d'une voix forte:

"Qui est là?"

Une voix étouffée par la porte, mais indubitablement inquiète et connue, me répond:

"C'est Ephedyn, il faut que vous veniez, vite!!"

La jeune femme va rapidement ouvrir la porte en demandant ce qui se passe, à quoi Ephedym réplique qu'il y a une émeute dans les quartiers pauvres, une nouvelle qui me fait grincer des dents. Je ne doute pas une seconde qu'il y ait du Fergaim là derrière, l'ambiance était déjà explosive et il suffirait de peu pour que la situation ne dégénère vraiment. Lhyrr nous rejoint, le regard déterminé, tandis qu'Isil enfile son armure et ceint ses armes. A l'Ithilauster affolé, je demande encore:

"Qu'est-il arrivé?"

"Un groupe de guerriers a mis le feu à la maison de Lhemryn et a voulu l'emmener de force, lui et sa famille, quand ils sont sortis. Les voisins ont tenté de s'interposer, il y a eu un ou deux morts et c'est en train de dégénérer..."

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 Sujet du message: Re: L'auberge Athëanë
MessagePosté: Lun 23 Oct 2017 22:10 
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Chapitre II – La planque


1 – De mauvaises nouvelles


Depuis quelques heures, je suis assise face à une petite table de notre chambre d’auberge, une plume dans la main et quelques feuilles devant mes yeux, songeant de quelle façon je pourrais bien tourner le récit des derniers évènements que j’adresse à Callirhoé, cette chère amie m'ayant accueillie comme membre de sa Maison avant de m'envoyer aussi sec en mission à Tahelta. Je cherche à ne pas trop en dévoiler, au cas où elle serait interceptée par les mauvaises personnes. Lui dire platement que nous avons retrouvé ses marchandises volées ne me semble guère à propos, d’autant plus que je ne connais pas encore le fin mot de l’histoire. Alors je cherche des tournures savantes que mon amie saura sans nul doute apprécier, mon attention est attirée par une tâche bleu nuit et blanche en périphérie de ma vision. Il s’agit de Lhyrr et Sinwaë chahutant dans les jardins de l’auberge, par-delà la porte fenêtre que j’ai laissée ouverte comme à mon habitude, pour avoir un peu d’air. C’est en maugréant que mon compagnon accepte de garder un œil sur l’ithilartëa de Tanaëth, mais je sais qu’au fond de lui, il n’est pas mécontent de la présence du fauve. Ce dernier, d’ailleurs, entreprend de retourner la terre du jardin sous l’œil désabusé du loykarme.

Je reporte à peine mon attention sur ma feuille que la porte de la chambre s’ouvre pour dévoiler Tanaëth, revenant tout juste de son compte-rendu des opérations à la milice. Il avise, amusé, de la scène qui se déroule dans les jardins avant de me rejoindre pour déposer un baiser dans le creux de mon cou. Notant la lettre à peine entamée devant moi, il pose devant moi une feuille un peu particulière accompagnée d’une plume. Je le regarde, intriguée, alors qu’il me dit :

- Si tu veux donner des nouvelles rapidement à ta famille ou à Callirhoé, utilise donc ceci. Ils recevront en pensée ce que tu écriras, c'est immédiat.

Je hausse un sourcil dubitatif et amusé.

- Tu me fais marcher ?

Il me rend un air malicieux avant de reprendre sa feuille et sa plume pour écrire quelques mots qui… s’imprègnent dans mon esprit.

(Non, mais ça peut toujours s'arranger, quelques pas suffiraient, le lit n'est pas loin...)

Je sursaute. L’expérience n’a rien à voir avec le type que communication que je partage avec Lhyrr, j’ai juste l’impression que mon esprit saisit les mots comme si on les lui avait prononcés sans voix. Je regarde la feuille, réfléchissant un instant à toutes les bêtises que j’aurais pu faire avec un tel objet en étant plus jeune. Aux bêtises que je pourrais faire maintenant avec un tel objet. Tanaëth repose le tout devant moi avec une légère caresse sur ma joue tout en poursuivant avec plus de sérieux.

- A part ça, la milice n'arrêtera pas Fergaim. Nous avons mis le pied dans une affaire complexe et dangereuse...

Je me force presque à regret à me concentrer sur la situation dans laquelle nous nous sommes fourrés dans les quais, puis dans les catacombes, à la recherche des marchandises volées, puis des esclaves de cet ithilauster Fergaim.

- Comment ça ?

Il soupir en s’asseyant sur une chaise en face de moi avant de répondre :

- Il est protégé, ce n'est pas le premier venu. Il a des puissantes relations dans la milice, au sein du clergé, de la noblesse. Le capitaine à qui j'ai fait mon rapport m'a invité à aller voir un de ses homologues, un certain capitaine Eïniel, ami personnel de Fergaim, si je souhaitais une rapide promotion.

Cette information me tire un léger grognement et n’a pas l’air d’enchanter plus mon ami qui poursuit :

- Brëanal, le capitaine en charge du quartier pauvre, tente depuis longtemps de coincer Fergaim, en vain. D'après lui, cette histoire d'inspection n'est qu'un leurre, jamais l'Ithilauster ne se déplace en personne dans ce genre de magouilles. Il a déjà assassiné bon nombre de témoins, à tel point que Brëanal a installé un camp secret dans la forêt de Telemnalda pour les protéger en attendant d'avoir des preuves suffisantes. Il monte des dossiers, recueille des témoignages, mais pour l'heure Fergaim est intouchable. Il souhaiterait que nous conduisions ceux que nous avons libérés à ce lieu secret pour les protéger, ils seraient sans doute rapidement éliminés s'ils restaient ici.

Je hoche la tête, pensive. La vengeance possiblement perpétrée sur les anciens esclaves fait en effet partie d’une de mes craintes.

- En ce cas, nous devrions partir au plus vite, peut-être en prenant un bateau pour nous rendre plus difficilement traçables. Je ne doute pas que Fergaim ait des yeux partout.

Tanaëth hausse les épaules, réfléchissant à ma proposition de passer par la mer.

- Au port plus qu'ailleurs, d'après ce que nous en savons. Si nous louons un bateau, Fergaim n'aura aucun mal à savoir où nous aurons accosté, mais cela lui ferait perdre quelques jours, sans doute. Pourquoi pas, donc, pour autant que nous prenions soin de rejoindre la côte assez loin de ce camp qui doit impérativement rester secret.

Je secoue la tête.

- Nous n’aurions pas besoin de louer l’équipage, nous pourrions simplement acheter un petit bateau, si nous restons à côté des côtes et que le temps est clément, nous n’avons pas besoin de beaucoup de bras pour le diriger. Et si nous partons de nuit, il serait très difficile de juger de notre direction.

Tanaëth hausse un sourcil, manifestement pas convaincu.

- Je n'y connais strictement rien en navigation, mais je sais que ces eaux sont dangereuses à cause des récifs de coraux, prompts à éventrer un navire. Penses-tu avoir les connaissances nécessaires pour nous amener à bon port ?

J’esquisse un léger sourire en hochant la tête.

- Si nous parvenons à mettre la main sur une carte des récifs, ce qui ne doit pas être trop difficile, et que nous rejoignons la terre si le temps de gâte, je devrais y arriver sans trop de mal. J’ai navigué à plusieurs reprises et en dirigeant moi-même le bateau entre Khonfas et Eniod.

Il réfléchit quelques instants d’un air dubitatif qui ne fait qu’accentuer mon sourire, puis finis par soupirer :

- Bien, alors tentons... mais souviens-toi que j'ai ton poids en métal sur le dos, je nage très mal avec ça...

Toujours souriante, je me lève pour poser un doigt sous mon menton et relever légèrement sa tête avant de me pencher pour déposer un baiser sur ses lèvres. Je me recule légèrement, gardant mon visage au même niveau que le sien.

- Je ne parle pas d’une petite barque, je parle d’un catamaran d’une quinzaine de mètres de coque, j’en ai vu quelques-uns sur le quai. Les seules gouttes qui toucheront ta belle armure seront celles des embruns.

Il glisse sa main derrière ma nuque pour m’attirer dans un long et passionné baiser animant une myriade de papillons dans mon ventre.

- Soit, nous voyagerons par mer et...

Mais il ne termine pas sa phrase car soudain des bruits de pas lourds et précipités se font entendre dans le couloir, rapidement suivis de coups pressants frappés à la porte. Nous nous redressons bien vite, sur le qui-vive, les mains près de nos armes. Tanaëth s’exprime d’une voix forte :

- Qui est là ?

La voix qui lui répond est inquiète, chevrotante et connue.

- C'est Ephedym, il faut que vous veniez, vite !

- Qu’y a-t-il ? lui demandé-je à mon tour en ouvrant rapidement la porte.

- C’est… il y a une émeute dans les quartiers pauvres.

Sans délai, je me saisis de mes armes et enfile mon armure, lançant un appel mental à Lhyrr qui ne tarde pas à nous rejoindre, le regard déterminé.

- Qu’est-il arrivé ?

Ephedym reprend péniblement son souffle en répondant :

- Un groupe de guerriers a mis le feu à la maison de Lhemryn et a voulu l'emmener de force, lui et sa famille, quand ils sont sortis. Les voisins ont tenté de s'interposer, il y a eu un ou deux morts et c'est en train de dégénérer...

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