L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 5 messages ] 
Auteur Message
 Sujet du message: L'auberge "Entre deux mondes"
MessagePosté: Mar 11 Aoû 2009 20:49 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Site Internet  Profil

Inscription: Lun 20 Oct 2008 21:22
Messages: 22817
Localisation: Chez moi^^
L’auberge « Entre deux mondes »


image


L’auberge porte bien son nom. Pour cause, elle se situe à la frontière du Royaume de Yarthiss et du Territoire du peuple des dunes de la famille Kel Attamara. Elle est tenue par Al Jieh Amali et sa chère femme Fakina Amali. Ce couple pour le moins étrange n’a pas pour habitude de recevoir du monde car très peu de personnes s’arrêtent.

D’une architecture et d’un confort bien extérieur à ceux du peuple des dunes, l’endroit reste paisible même si un étrange mystère se cache derrière les deux sympathisants ainsi que sur le lieu en lui-même. Vous avez dit mystère?

_________________
Pour s'inscrire au jeu: Service des inscriptions

ImageImageImage

Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
Pour toute question: Service d'aide
Pour les services d'un GM: Demande de service


Je suis aussi Lothindil, Hailindra, Gwylin, Naya et Syletha


Haut
 

 Sujet du message: Presque bizarre.
MessagePosté: Sam 15 Aoû 2009 12:12 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 30 Mar 2009 16:03
Messages: 225
Localisation: Infinitésimalement quelque part.
Llewelyn n’était pas encore arrivé à destination, cet être marchait dans une rapidité folle sous la douce lune, sous la bénédiction de la déesse lunaire.
Le mage partait en direction du désert de l’est pour une mission des plus périlleuses ; son courage n'allait certainement pas suffire, il lui fallait du temps ... beaucoup de temps pour parvenir à ce vol. Un temps qu'il n'avait pas.


(Le jour va se lever, il me faut une chambre où dormir sous le rayonnement de la grande Sithi.)

Peut-être cette dernière l'entendit-elle, car il trouva sur son chemin une sorte d’auberge. Pas vraiment grande mais probablement pas pleine, Llewelyn s’y attabla rapidement.
Et on l’accueillit avec joie car les voyageurs ne sont que trop rares sur ce chemin.


« Bonsoir à vous ! Je suis Al Jieh Amali et voici ma femme Fekina Amali, nous vous souhaitons la bienvenue dans notre petite résidence. »


Llewelyn s’inclina respectueusement puis répondit d’une voix étonnée :

« Je suis Llewelyn Vermelh, fils de Jane Aïna Kel Oulenia, je suis aussi bien enchanté qu’étonné de trouver un endroit pour m’héberger en cet endroit reculé. »

( La tradition veut qu’on donne uniquement le nom de la mère lorsqu’on foule le sol d’une demeure.)


« Vous…vous êtes d’ici ! Les longs cheveux blancs sont une chose rare, votre père n’est pas des dunes, c’est certain. Mais nous sommes ravis d’avoir affaire avec vous. »


( La tradition veut aussi qu’on ne cherche pas à connaître l’identité du père.)


« Moi de même, que les sables vous bénissent. »

« Vous désirez une chambre ? Nous en avons de nombreuses ! Si rares sont les voyageurs... mais encore plus rares sont ceux ayant des origines chez nous. Notre devoir est de vous fournir la meilleure parmi les meilleures. »

(Encore ce… ce patriotisme et ce mépris envers les autres, ceux qui ne sont pas du désert. Cela n’a pas changé.)

« Bien sûr, je vous remercie de cela. Je … sans vouloir vous offenser mais c’est étrange qu’une auberge se trouve ici. Depuis combien de temps êtes-vous là ? »

Les deux gérants semblaient gênés par la question mais l’homme y répondit tout de même avec une certaine joie.

« Nous venons d’arriver, il y a pas très longtemps ! Mais vous devez être fatigué, Fekina va vous montrer votre chambre. »

« Si vous voulez bien me suivre. »


demanda Fekina à son nouvel hôte d’un air courtois et légèrement expéditif.

(Que de mauvais souvenirs à cette phrase ‘Si vous voulez me suivre’ … comme si j’avais le choix. Quoi qu’il en soit, profitons un maximum de cette chambre pour apprendre ce qu’il y a à apprendre.)



Il s'exécuta sans dire un mot en suivant son hôtesse jusqu’à la chambre. Celle-ci le laissa seul dans la pièce après lui avoir rappelé en quelque mots tous les avantages matériels qu’apportait leur auberge.

Llewel s’arrêta, debout, en face d’une glace, au milieu de cette chambre où il allait dormir et aussi étudier pendant un court moment. Il regardait la chambre et se regardait lui-même.


La pièce était grise et renfermait une odeur de poussière. Il y avait deux chaises dont l’une supportait les maigres affaires du mage, un fauteuil aux chétives épaules et à l’étoffe grasse, une table avec un dessus de laine blanche, un tapis des dunes dont l’arabesque, répétée sans cesse, cherchait à attirer les regards. Mais aussi hallucinatoire qu’il pouvait être, le tapis ne prenait pas effet ce soir.

(Tout cela n’est pas normal ; je connais tout cela, pourtant : ce lit, cette table de toilette, cette disposition des meubles et cet incroyable sentiment de vide entre ces quatre murs. Je connais cela, mais pas ici, pas en approchant du désert. Le peuple des dunes ne vit pas dans ce genre de luxe normalement. Ils habitent peut-être à la limite du désert cela me semble anormal.
Attention à toi Llewelyn.)


La chambre était vieille ; il semble qu’on y soit déjà infiniment venu. Depuis la porte jusqu’à la fenêtre, le tapis laissait voir sa corde : il avait été piétiné, de jour en jour, par une foule de personnes. Les moulures étaient, à hauteur des mains, déformées, creusées, tremblées, et le marbre de la cheminée s’était adouci aux angles.

(Les créations des hommes … ces choses s’effacent avec une lenteur désespérante.)

Le plafond s’était assombri comme un ciel d’orage. Sur les panneaux blanchâtres et le mur jauni, les endroits les plus touchés étaient devenus noirs : le battant de la porte, le tour de la serrure peinte du placard et, à droite de la fenêtre, le mur, à la place où l’on tirait les cordons des rideaux.


(Toute une humanité est passée ici comme de la fumée. Depuis combien de temps cet endroit existe-t-il ? Ces gens … ne sont pas normaux. Pourquoi n’ai-je que de la malchance lors de mes rencontres ? Toutefois, faisons ce que j’ai à faire, peut-être ne se passera-t-il rien du tout.)

Llewelyn tomba délibérément dans le fauteuil en oubliant subitement ces questions.


(Il me reste un fluide et ce maudit parchemin. Je compte en terminer avec les deux rapidement.)

_________________


Dernière édition par Llewelyn le Lun 24 Aoû 2009 20:18, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Sensation expéditive.
MessagePosté: Mar 18 Aoû 2009 19:14 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 30 Mar 2009 16:03
Messages: 225
Localisation: Infinitésimalement quelque part.
Llewelyn ouvrit le parchemin et y vit une reliure tout à fait banale, simple et sans aucune prétention. Ce fut bizarre car il s'attendait à mieux qu'un morceau de papier presque commun ; il pouvait y lire et il lut faiblement:

«  À beaucoup de danger est sujette la chaleur
Ou l'on la subit en nous ou les glaces l'assujettissent,
Les rayons du soleil brûlent et calcinent,
La glace la dévore, et l'étouffe en douceur.

Vous, dans le regret et les pleurs
Recherchez le secret des sensations qui gèlent,
La maîtrise se doit être parfaite pour les êtres périssent,
Vous, celui qui recherche les aptitudes de la pâleur.

Ne soyez ni léger, ni lourd
Ni variable, ni vain
Soyez ce que le froid veut de vous. »


Assis sur la chaise, Llewelyn s'adonna à la compréhension de ce parchemin.

(C'est à croire que ces parchemins sont de pures énigmes ! Mais celle-ci me semble plus facile que la première. En effet, c'est même plutôt simple.

Le parchemin nous dit que les êtres vivants émette de la chaleur, cette chaleur peut et se doit d'être abaisser par le froid. Le truc est d'affaiblir son adversaire en le gelant lentement ou d'un coup, en amenuisant la chaleur de l'adversaire. Je vais devoir me concentrer pour lancer ce sort au départ.)


Les écritures du parchemin disparurent en se gelant très rapidement, le vieux morceau de papier ne se gela pas complètement mais prit une couleur blanchâtre. Comme le document magique était couché sur la table, celle-ci prit aussi une légère couleur blanche telle de la pure et belle glace.

( Je … j'espère que cela se nettoie. Mais, ce fut rapide. Rapide mais fort intéressant.)

_________________


Haut
 

 Sujet du message: F.L.U.I.D.E.
MessagePosté: Ven 18 Sep 2009 11:19 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 30 Mar 2009 16:03
Messages: 225
Localisation: Infinitésimalement quelque part.
Il lui en restait un, un seul, l’unique. Celui-ci, c’était son travail, son labeur ; un achèvement pénible vers une compréhension de son être envers son affinité principale, il est vrai : Llewelyn Vermelh n’était pas en accord avec son élément, la glace de la belle Yuia. Sa main, plongeante, entra amèrement dans son sac de voyage où il y chercha l’objet désiré. Il y farfouilla lentement entre les objets inutiles et ses écrits pour enfin y retrouver le fluide donné par sieur Karnel du terrible Manoir De La Perle Noire.
Il fallait admettre un point crucial : ils étaient trop gentils, trop présent, trop confiant du destin du mage. On pouvait en dire de même pour les habitants du temple de Moura, cela résonnait un peu creux, douloureusement creux dans l’esprit du jeune apprenti magicien.
Mais pour en revenir à la boule glacée, boule froide aux contours délicieusement dessinés par la nature, il se souvenait qu’il y a moins d’une journée et cela par une magie insoutenable, on lui avait fait absorber un fluide. Cette fois-ci, c’était différent, vraiment différent. Pas de prêtre, pas d’ambiance dévote mais juste une chambre proprement miteuse quoique gentiment dégagée pour une impression d’espace où la décoration faisait tout le charme de cet environnement enclin à une ruine certaine s’il n’y régnait pas une magie suspecte.
Nous n’en étions point encore arrivé à ce chemin là. Llewelyn le toucha, le caressa tout en ressentant ses fluides glacés gémir en lui tel un irrésistible appel ; notre jeune semi-elfe frissonnait d’un plaisir inexplicable, le glas résonnait un peu trop en lui, un glas heureux, une envie incontrôlable d’écouter tendrement les fibres de son être psychique et de se laisser emporter par les grâces glaciales de cette sphère gelée ; il s’émut encore un peu de la texture avant d’y plonger un doigt et là… la douce symphonie de la magie s’opéra.

Une bourrasque froide s’élança vers Llewel qui fut étonné principalement par l’autodestruction du fluide qui vola en éclat, les furies froides parcoururent la salle tel un vent sinistre et inspirant aux sanglots ; cependant, rien ne fut souffle de Rana ici mais une vague gelée de la séduisante Yuia ! Ces aquilons de fraîcheurs se dirigèrent tous vers le néophyte sans vouloir réellement se faire absorber par icelui. Fallait-il encore en avoir la volonté.

Le moment propice ? Maintenant. Il ferma les yeux et se concentra en fouillant dans son âme la condition requise pour que le spectacle s’accomplisse ; malheureusement, c’était la première fois qu’il exécuta de manière intentionnelle la fantasque poésie. Les appelés en quelque sorte, faire comprendre à ces fresques mouvantes azurées qu’il fallait venir chez leur hôte. Llewelyn cria intérieurement ; cette scène sourde n’était que l’inverse de ce qu’il subissait, la glace à défaut de maîtriser autre chose était venue à lui par pitié, il devait prendre pitié de sa propre personne pour faire venir la magie en lui ; une clameur silence, un portrait lent et muet et, dans sa semi-conscience, Vermelh les fit entrer en lui.

Ils étaient aux nombres de cinq, un se faufila dans son cœur, cherchant certainement une voie directe à son âme. Un autre entra doucement dans sa tête, se servant d’elle pour mémoriser semblable à une combinaison, un code magique précis ce qu’il fallait pour que le fluide fonctionne ; deux entraient dans les mains, pour l’habilité et la correspondance. Tandis que le dernier s’éclata encore, sans que le mage ne le vit car il avait les yeux fermées, pour rentrer en lui de manière infinie, le sceau fut scellé. Le fluide définitivement absorbé

En se levant péniblement de sa chaise, il n’avait qu’une question en tête qu’un acte comique à se dire ; peut-être que l’auto-dérision était son seul motif de satisfaction, peut-être que simplement il voulait ajouter ce détail pour se dire qu’il n’était pas grand chose dans ce monde.


« C’est… fini ? »

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: L'auberge "Entre deux mondes"
MessagePosté: Dim 31 Jan 2010 18:04 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 28 Nov 2009 02:46
Messages: 156
La Besogne de l'Héritier



Le Camïu du Prodrome




Agadesh avait sombré dans l'inconscience et se réveillait une nouvelle fois en sursaut, en sueur et déboussolé. Il lâcha une grande respiration, comme si le sommeil l'étranglait. Une douleur particulièrement désagréable tourmentait le derrière de son crâne, un sentiment d'écrasement qui s'estompa vite avec ses premiers mouvements.

L'endroit dans lequel il se réveillait lui était totalement inconnu. Il était assis sur une literie avec un matelas de paille, dans une petite salle sans fenêtres aux murs de pierres grisâtres. Un meuble miteux en bois de cèdre trônait pitoyablement contre le mur d'en face. Sur celui-ci, une bassine d'eau, deux bougies allumées qui éclairait faiblement la pièce et un miroir ovale simple aux côté de son sabre et de sa gourde qui avaient été posé là sur ce qui semblait être des vêtements propres. Une porte entrouverte au bout de la pièce laissant passer la lumière extérieure témoignait qu'il n'était pas prisonnier en ces murs, ce qui était déjà plutôt rassurant.

Agadesh n'avait aucune idée de l'endroit où il était, mais si une chose était sûre, c'est qu'il n'était plus dans le désert bleu.

Malgré son ignorance, il était quelque peu rassuré. Il avait le clair sentiment d'en avoir enfin fini de toutes ses visions cauchemardesque et du traumatisant épisode des ruines souterraines et cela le soulageait grandement.

Ses derniers évènements ont été particulièrement éprouvants, et il décida qu'il valait mieux pour lui de se reposer encore un peu avant d'avoir à subir de nouvelles épreuves physiques ou morales. Il se recoucha sur le dos quelques instants, les yeux ouverts et songeur. Il cherchait à faire le vide dans sa tête. Toutes ces informations à engranger en si peu de temps le laissaient dubitatif.

Le sort de ses compagnons, l'explication de tout les évènements de la grotte, la volonté des ancêtres, l'histoire de Xenair et sa situation actuelle étaient autant de fait auxquels, à ce moment précis, il souhaitait que son esprit fasse abstraction, ne serait-ce que pour quelques instants.

Hélas sans succès, de nouvelles questions émergeaient en lui. Il essaya de refermer les yeux, tentant de s'endormir, mais les visions sanglantes de Xenair refaisaient surface. Il se concentra donc sur des choses plus terre-à-terre, renonçant à un peu de repos pour se requinquer un peu.

Il jugea ses vêtements, sales, déchirés et encore tâchés de sang. La vue de son brassard à trois yeux le renvoyait à son pénible devoir. Il regarda brièvement la cicatrice que lui infligea le véroce, remarquant que sa blessure s'était bien rétablie et ne lui donnait plus aucune douleur.

Il se leva et s'avança doucement face au miroir, regardant son reflet harassé avec un ironique sourire de satisfaction sur ses lèvres. Il contempla l'eau de la bassine qui semblait claire et pure et en but lentement trois pleines mains, pas une de plus, en se disant avec un certain humour noir que cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas bu une eau qui ne le transporte dans un nouveau délire ésotérique.

Il en profita pour remplir sa gourde et constata que les vêtements posés étaient, à en voir le style, typiquement du peuple de Varrock avec lesquels il avait déjà été amené à participer à des rencontres marchandes. Ces humains trapus au front proéminent et à la peau pâle étaient de farouches négociateurs et avaient le commerce dans le sang. Malheureusement pour eux, les troqueurs des dunes qui dirigeaient les caravanes l'étaient aussi et en résultait toujours finalement un échange acceptable entre les deux peuples. Ce n'était pas comme les orgueilleux fils de Whiel, qui, malgré un physique de guerrier plus respectables, faisaient preuve d'une impatience dont il était aisément facile de profiter pour que le marchandage prenne une tournure d'escroquerie. Les vêtements étaient en fait un pantalon en toile beige clair et une tunique blanche. Ce genre de vêture occidentale lui déplaisait un peu, mais il ne pouvait rester avec son boubou qui lui tombait en guenilles.

Il essaya les vêtements propres. Bien que le pantalon ne le dérangeait pas outre-mesure, lui qui était habitué depuis des années à porter un large boubou qui lui touchait à peine la peau et lui tombait jusqu'aux genoux se retrouvait maintenant dans un vêtement serré qui lui donnait une impression de pression et de légèreté gênante. Cela lui semblait même plutôt déshonorant de se retrouver dans des habits d'occidentaux ; sa fierté de fils des dunes venait d'en prendre un coup. Pour ne pas tout perdre, il décida de garder tout de même son turban, le seul de ses habits encore relativement propre.

C'est ainsi vêtu qu'il reprit ses affaires et décida d'entamer la visite du lieu, avec tout de même une certaine dose de méfiance. Rien n'affirmait que ceux qui l'avaient amené ici ne lui voulaient que du bien.

Il ouvrit sa porte et observa son environnement. Sa chambre était au fond d'un couloir dont la luminosité n'avait pour origine qu'une grande fenêtre juste à côté de lui. Il profita de celle-ci pour repérer où il était.

Le décor extérieur était d'une beauté et d'une étrangeté étonnante. Au premier plan s'affichait sur un sol de terre orangé et caillouteux une petite végétation d'herbes sèches, d'arganiers, de cèdres de l'atlas et d'un ensemble de figuiers de barbaries qui se répandait sur de bonnes dimensions. Derrière celle-ci, une pente douce où un chemin semblant peu emprunté et rongé par la nature descendait au loin vers un désert, le désert, avant d'y disparaître, complètement engloutis par le sable céruléen. Et au fond, un ciel éclatant et sans nuages affichait un grand soleil déjà haut dans le ciel. Agadesh, qui avait quelque peu perdu la notion du temps et savait lire l'heure solaire en profita pour se repérer un peu. Celui-ci semblait avoir dépassé son zénith depuis environ une heure. Agadesh se jugea donc en total décalage par rapport au rythme du jour et de la nuit, lui qui a d'habitude besoin de si peu de sommeil.

La présence du désert non loin le rassurait un peu, mais il était maintenant hors de question d'y retourner avant qu'il ait accompli la tâche qui lui incombait. Balamon avait affirmé lui avoir dit tout ce qu'il savait, donc retourner dans le désert lui aurait été inutile. Il aurait tout de même bien aimé dire au revoir à ses amis et sa famille et savoir quel fut le sort de ses compagnons des derniers jours, mais il se reprit en se disant que faire ceci serait une faiblesse. Et puis, les ancêtres lui avaient confié une noble tâche qui pourrait bien faire de lui un de ces héros de légende que l'on se transmet de génération en génération. C'était un grand honneur, et retourner en arrière pour une simple question d'attachement et d'inquiétude s'avérait être un obstacle au bon déroulement de sa quête qu'il pouvait aisément éviter. S'aventurer seul dans le désert sans savoir d'où l'on part et vers où l'on se dirige était un risque inutile. Alors autant aller de l'avant et voir ce que le reste de ce monde qui lui était totalement inconnu pouvait bien lui apprendre. Les réponses à ses questions devaient bien s'y trouver. Il restait juste à savoir comment les trouver.

Il se retourna dans le couloir, qui était parsemé d'autres portes. Il en ouvrit une, pour voir ce qu'elle contenait. Une autre chambre, semblable à celle où il s'est réveillé, vide de toute présence mais propre et rangé. Il en ouvrit un autre, puis une autre, puis toutes. Même décor. Curieux.

De nombreuses personnes devaient loger ici, mais pas un bruit ne résonnait et tout était étrangement vide. Il fallait pourtant bien que ce soit quelqu'un qui l'ai guidé ici, et l'entretien devait aussi être assuré par quelques femmes. Peut-être était-ce la demeure d'un grand seigneur à l'harem impressionant. Oui, ce devait être ça. Et il a dû sortir avec ses femmes.

Agadesh ouvrit enfin la porte à l'autre bout du couloir et découvrit qu'il était à l'étage d'une grande pièce très éclairée. Un escalier en bois descendait vers celle-ci. La salle était remplis d'objets de bois sculptés comme il n'en avait jamais vu. Une femme s'attelait à nettoyer une de ses tables avec un chiffon. Le voyant arriver, celle-ci lui lança :
"Ah, et bien le voilà enfin réveillé notre mystérieux endormi ! C'est une sacré sieste que vous avez fait dites-donc, vous deviez être franchement fatigué ! Faudra que vous me racontiez ce qui vous est arrivé pour qu'on vous ait retrouvé dans cet état !"

La femme en question était bien une trentenaire, digne représentante du peuple des dunes à la peau mâte et aux cheveux longs et noirs, mais elle était habillé à l'occidentale et son comportement était bien loin de celui d'une femme soumise du désert. Parler avec autant de familiarité à un inconnu est habituellement proscrit.

"Silence, femme, cela ne te regarde pas ! Va plutôt me quérir le seigneur des lieux, j'ai à lui parler !"

La femme leva les yeux au ciel dans un sourire ironique, en soupirant de manière caricaturale le terme de seigneur des lieux et d'aller vers une porte du fond de la salle et y clamer ses quelques mots :
"Hey, le dormeur s'est réveillé du pied gauche et il demande à te voir, monsieur le seigneur des lieux !"

"Ah, ça y est il est réveillé ? Très bien je vais le voir."

Un homme d'une quarantaine d'années apparu. Lui aussi était un fils du désert, mais habillé à la Varrockienne et avec un embonpoint conséquent. Alors qu'il s'approchait de lui, Agadesh lui tint ses quelques mots.

"Bonjour seigneur. Si je peux me permettre, votre femme est bien impudente de m'avoir adresser la parole avant vous."

L'homme prit cette phrase à la rigolade, voyant bien à quel genre de personne il avait à faire. Agadesh lui faisait remonter des souvenirs de lui-même il y a une vingtaine d'année. Il avait dû quitter le désert pour une sombre histoire de querelle familiale et s'était retrouvé seul et sans guide à devoir tout apprendre de la culture occidentale et de tout ce qu'elle comprenait. L'homme prit une chaise et s'assit. Agadesh, plus habitué à s'assoir sur le sable ou sur des coussins au sol l'imita en faisant maladroitement semblant d'être habitué.

"Je vois... Vous, vous n'êtes jamais sorti du désert n'est-ce pas ?"

"En effet. J'ignore même comment je suis arrivé ici."

"Vous l'ignorez ?! Et bien pour tout vous dire, nous vous avons retrouvé hier matin au pas de la porte de notre auberge avec juste votre gourde et votre épée bleu sur vous. Un camïu était en train de vous lécher le visage. Comme je ne savais pas s'il vous appartenait, je lui ai donné à boire et à manger. Il dors dans la lingerie en ce moment. Enfin bref, nous vous avons porté jusqu'à une chambre et voilà."

"Vous êtes en train de me dire que je dors depuis plus d'une journée ?!"

"Oui oui, pendant un moment vous nous aviez même inquiété on pensait que vous étiez mourant. A ce propos, vous devez certainement avoir très faim. Fakina ! Prépare donc un cochon boueux pour notre hôte et une bonne bouteille de do-dafi ! Bon, reprenons, qu'est-ce qu'il vous est donc arrivé ?"

"C'est une longue histoire. Je suis à la recherche de certaines informations introuvables dans le désert."

"Quel genre d'information ?"

"Sur une magie rare. Très rare."

"Ah. Et bien dans ce cas-là je vous conseille d'aller voir du côté de la bibliothèque de Tulorim. S'il y a un endroit où l'on peut trouver toute sorte d'information, c'est bien là-bas."

"Où se trouve cet endroit ?"

"Et bien, à environ deux jours de marche, vous avez Yarthiss. De là-bas, il y a bien une route qui mène à Tulorim mais elle a été englouti par les marais... Je sais que ça en empêche pas certains de s'y aventurer, mais à mon avis il est mieux de longer la rivière jusqu'au lac brumeux. A partir de là, il y a une bonne route qui mène jusqu'à Tulorim. De cette manière, il vous faut compter à peu près une semaine pour arriver de Yarthiss à Tulorim. Personnellement, c'est le chemin que j'emprunte lorsque j'ai besoin d'y aller."

"Au fait, votre palais, bien que modeste, me semble étrangement vide. Où sont vos gens ? Et vos autres femmes ?"

Fakina, s'approchant en portant un plateau, se mêla de la discussion :
"Ses autres femmes ? Humpf, lui qui a déjà tant de mal à s'occuper de moi !"

L'homme fit mine de ne pas entendre la réaction de sa concubine et se lança patiemment dans son explication.
"Ce n'est pas un palais... Il s'agit d'une auberge. C'est un endroit fixe où les voyageurs peuvent dormir et manger en échange de quelques yus. Moi et ma femme sommes seuls à l'entretenir. Il n'y a que nous."

"Bien alors où sont ces fameux voyageurs ? Je n'en vois aucun !"

"A qui le dites-vous !"

"Il se trouve qu'il y a très peu de voyageurs ayant le cran de s'aventurer dans le désert... A part quelques rôdeurs solitaires et des marchands, on n'a guère souvent de monde ici."

Agadesh se retrouvait servis et contempla son plat. Dans une assiette était servi une viande inconnue noyée sous une curieuse sauce brune très épaisse avec peu d'aisance. Il n'était pas habitué à manger dans cette position, et encore moins avec des couverts.

L'aubergiste lui expliqua alors le bon fonctionnement de certaines choses dans la culture occidentales qui l'avait choqué à l'époque et en profita pour lui racontait ses premières impressions.

Agadesh l'écoutait parler en terminant tranquillement son repas, remercia l'aubergiste des informations qu'il lui prodigua, respecta le principe d'auberge en payant son dû et partit sur la route.

A sa sortie, un camïu qui s'amusait à gratter terre sablonneuse cessa son activité pour le regarder, grandes oreilles dressés au-dessus de sa tête avant de se mettre à prudemment le suivre.

Agadesh, n'ayant pas remarqué la scène qui se jouait derrière lui avançait d'un bon pas. Le prochain objectif à atteindre était donc Yarthiss.



Les Terres Sèches

_________________

Playlist d'Agadesh

Quand on voyage vers un objectif, il est très important de prêter attention au chemin.
C'est toujours le chemin qui nous enseigne la meilleure façon d'y parvenir, et il nous enrichit à mesure que nous le parcourons.

--------------------
Paulo Coelho, Le Pèlerin de Compostelle


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 5 messages ] 


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016