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 Sujet du message: Les Grottes du Désert
MessagePosté: Jeu 30 Oct 2008 19:50 
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Les Grottes du Désert


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Nombreuses sont les montagnes dans le désert bleu. Faites de sable fixé en roche dans le temps de Moura, elles restèrent là à son départ. En leur sein, parfois à peine quelques mètres de galeries, parfois juste une grotte. Dans d'autres par contre, des kilomètres de galeries s'étendent dans les souterrains allant de montagne en montagne. C'est là-dedans que plusieurs clans rebelles au pouvoir de Näran El Attamara se sont réfugiés. On y trouve en particulier le clan Al Setesh, dirigé par son roi maudit, Sargal Al Setesh.

Chose surprenante dans le désert, on y trouve de l'eau fraîche et pure. Enfin, au cœur de certaines montagnes, on trouve même de petites oasis, protégées des vents du désert par de véritables murailles de pierres, arrosées par de petites rivières et éclairées par des puits de lumière. La taille des grottes et des tunnels est variable, allant de celle d'un enfant à quatre pattes à celle d'un adulte sur son cheval.

Que se cache-t-il dedans? Qui le sait après tout?


"Dans une des grottes se trouvait Yammu, le dernier représentant de l'espèce des Lotans. Amphibies, lui et ses semblables vivaient autrefois dans le désert bleu, lorsque Moura dominait encore les lieux. Ces créatures chérissaient la déesse pour les bienfaits qu'elle leur apportait, et celle-ci se préoccupait beaucoup de leur bien être, leur accordant sa bénédiction.

Toutefois, lorsque Yuimen vint revendiquer l'endroit, nombre de ces êtres périrent, tués par les cataclysmes que provoquaient les confrontations entre les divinités. Seul un petit groupe survécut, mais celui-ci finit par se restreindre de plus en plus, pour ne laisser que Yammu."


Yammu est aujourd'hui mort, tué par le personnage d'Agadesh.


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 Sujet du message: Re: Les Grottes du Désert
MessagePosté: Mar 15 Déc 2009 15:36 
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La Gueule du Serpent



La Gorge du Serpent




Agadesh resta avec ses frères comme figé devant cet inquiétant accès au visage reptilien dans lequel régnait un noir absolu. L'idée de pénétrer entre les crocs du menaçant serpent n'avait rien de bien engageant, mais le pire était certainement cette fraîcheur qui semblait s'échapper de l'intérieur de la caverne. Un souffle de froid humide parcourut le groupe, faisant un véritable choc par rapport à la chaleur sèche à laquelle ils s'étaient si bien acclimatés. Un frisson leur parcourut l'échine.

Et l'entrée de la grotte était toujours là, immobile, comme attendant que les proies qu'ils étaient se jettent en elle pour les faire basculer dans une autre dimension, un enfer de froid et de noirceur qui demandait la mort de l'un d'entre eux.

Aucun ne voulait s'aventurer dans cette grotte inspirant les pires craintes, mais telle était la volonté des ancêtres et des dieux. C'était leur responsabilité, et aucun n'aurait la lâcheté de s'y soustraire. Ils avaient toujours appris qu'il valait mieux mourir comme un brave que de vivre comme un lâche, à tel point que c'était pour eux devenu une évidence.

Eshmoun, refusant de se laisser aller à des délires craintifs et à des questionnements stériles, prit les choses en main. Il sortit d'une besace attachée au chameau d'Hamilcar quelques bâtons et deux morceaux de silex. Il prépara un petit feu, déchira quelques morceaux de tissu et en fit rapidement des torches. Il était en effet depuis le début du voyage en charge d'allumer les feux de bois car cette tâche avait toujours été pour lui d'une facilité déconcertante, ce qui n'était pas vraiment le cas pour ses compagnons, qui pouvaient peiner pendant de longues minutes avant de réussir à produire quelques étincelles.

Agadesh, Hamilcar et Sid descendirent calmement de leurs chameaux et les attelèrent à un rocher voisin. Hamilcar, se mettant pour la première fois debout depuis plusieurs heures, se mit à marcher, en boitillant. Vraisemblablement, sa blessure à la jambe ne semblait pas s'être beaucoup rétablie, bien au contraire. Mais outre un gémissement qui lui échappa à son premier pas sur le dur sol rocailleux, il se tint bien de s'en plaindre.

Ils se postèrent tous devant l'entrée, torches à la main. Le froid était troublant, faisant parcourir un nouveau frisson au groupe. Agadesh ressentit la fraîcheur lui parcourir rapidement le rachis, comme se servant de sa blessure à l'avant-bras pour envahir l'intérieur de son corps. Il ne put s'empêcher de mettre sa main sur le pansement de fortune qu'il s'était fait à sa blessure, comme pour voir si tout était encore bien à sa place.

L'entrée de la caverne, malgré une hauteur allant vers les deux mètres, était d'une étroitesse certaine, tel que seul un homme à la fois pouvait passer en dedans.

Eshmoun emboîta le pas, silencieux mais déterminé, et avança en devant. Le cortège s'aventura à sa suite, avec, dans l'ordre, Bes, Agadesh, Sid et Hamilcar qui traînait avec de plus en plus de difficulté sa jambe droite et s'efforçait de ne pas ralentir ses compagnons.

Le passage souterrain semblait s'enfoncer de plus en plus profondément dans les entrailles du désert, gardant immuablement son étroitesse et sa noirceur totale. Le groupe se déplaçait en silence, et pourtant, l'écho de la caverne faisait résonner le moindre bruit qu'il faisait. La sonorité de leurs respirations, le timbre de leurs pas sur le sol et l'éclat du feu de leurs torches dévorant le tissu prenaient soudain une dimension toute particulière, qui les réduisaient à une certaine claustrophobie. Sensation qui allait en s'aggravant au fur et à mesure que l'entrée de la grotte s'éloignait d'eux jusqu'à ne plus du tout être visible, les laissant seuls à leur descente.

Ils continuèrent ainsi, dans une obscurité toujours plus glaçante, à poursuivre la progression de leur marche suivant toujours la même légère pente, qui semblait ne jamais vouloir en finir.

Des heures passèrent ainsi, à marcher droit devant, sans qu'aucun d'eux ne veuille briser la mélodie grave qu'ils créaient dans le couloir de cette antre dont ils commençaient tous à douter qu'elle ait une fin.

Puis, après un temps incertain, Eshmoun arrêta le groupe.

"Stop ! Vous voyez ce que je vois ?"

Agadesh essayait de voir au-devant, mais sans succès. Eshmoun et Bes devant lui bloquaient son champ de vision.

Bes répondit :
"Oui, cette lumière, au fond... C'est étrange. Ça ne ressemble en rien à un feu. Qu'est-ce qui peut bien provoquer cela ?"

Agadesh intervint :
"Nous ne voyons rien de toute cela derrière, qu'est-ce que vous voyez exactement ?"

"C'est une sorte de lumière blanche qui se découpe... C'est plutôt lointain, on n'en voit pas la source..."

"Alors avançons, ça ne sert à rien de rester planter ici en se demandant de quoi il s'agit, allons voir !"

Ils reprirent la marche, avançant vers la curieuse lumière. Il fallut un certain temps pour la rejoindre. Une fois plus proches, Eshmoun lança au groupe :
"J'ai l'impression que la grotte s'élargit au niveau de la lumière... C'est pour cela que nous ne voyons pas la source, les parois rocheuses nous la cachent !"

Lorsqu'enfin ils arrivèrent à être éclairé par la lumière, ils vinrent que le seuil était loin d'être un banal élargissement de la grotte. Les bords étaient trop francs, trop droits, trop lisses pour être naturel. Un angle parfait à quatre-vingt dix degrés sur les deux côtés qui semblaient être comme un accès à une salle plus grande. Il y avait eu de la vie ici. Ou bien était-ce une nouvelle oeuvre du sculpteur de cobra ?

Eshmoun fit s'arrêter une nouvelle fois le groupe derrière lui.

"Attendez."

Ils s'exécutèrent, et Eshmoun jeta un regard à l'intérieur de la salle, guettant le moindre danger potentiel. Il ne disait rien, mais semblait étonné par ce qu'il voyait.

"Alors, qu'est-ce que tu vois ?"

"Venez voir. C'est... C'est magnifique."

La phrase en elle-même était étonnante. Eshmoun, d'ordinaire si objectif, de mémoire, n'avait jamais jugé à haute voix de la beauté de quoi que ce soit devant l'un d'eux. Ils en étaient même arrivés à penser que cela était impossible pour lui. Il fallait donc, pour qu'Eshmoun lance une telle phrase, que ce qu'il voit soit vraiment quelque chose de merveilleux. Cela ne faisait qu'attiser la curiosité du groupe, qui rentra prudemment dans la salle.

Ce qu'ils y découvrirent les laissèrent sans voix. Sid ne put contenir son admiration, lançant une longue interjection qui résonnait dans la pièce :
"Waouh..."

Et pour cause, la pièce, d'une dimension plus de cinq mètres de hauteur sur une bonne vingtaine de largeur était richement décoré. Les solides murs, d'une curieuse matière verte émeraude, affichaient en la totalité de leurs flancs des bas-relief immense, semblant vraisemblablement marquait la diversité du monde sous-marin. L'on pouvait voir ainsi gravé sur les murs, parmi ses sculptures magnifiquement détaillés, un kraken à la taille imposante, un costraca aux pinces menaçantes, un denah sur un rocher, deux hippocampes en parade nuptiale, un banc de serpent de Moura formant une masse compacte, des sirènes aux visages angéliques en errance... Le plus impressionnant étant certainement la sirène qui se démarquait de toute les autres. Elle était immensément grande, prenant la quasi-totalité d'un mur à elle seule. Elle semblait comme regarder au sol les intrus, mais était loin de paraître agressive. Elle avait les mains mises sur son coeur, l'oeil tendre et avec un sourire maternel aux lèvres.

Au-dessous de cette curieuse sirène, un grand bénitier rempli d'une eau merveilleusement claire d'où sortait une lumière vive empêchant d'en voir le fond. C'était là la source de lumière qu'ils avaient eu tant de mal à apercevoir.

"Attendez... C'est l'eau qui éclaire comme ça ?"

"Apparemment."

"Mais... L'eau ça n'éclaire pas !"

"Et bien il faut que tu lui dises, je n'ai pas l'impression qu'elle soit au courant !"

Bes cessa son admiration silencieuse pour intervenir dans la discussion :
"Ces eaux ont quelque chose de magique, c'est certain. Peut-être ont-elles une autre vertu que celle d'émettre de la lumière...."

"Tout comme être un poison mortel, il faut nous méfier !"

Hamilcar, jusque là discret et encore à sa douleur, lança :
"Vous ne comprenez donc pas ? Ses sculptures d'animaux marins, cette eau qui éclaire, cette sirène... Ce n'est pas en vain que Balamon nous avait raconté cette histoire juste avant notre départ... Nous sommes dans les ruines de l'ancienne cité de Moura ! C'est dans ses ruines que nos ancêtres se sont battus contre les elfes bleus, que l'armée du premier des Kel Attamara a sévi ! Nous sommes dans un lieu saint, mes amis..."

"Oui... Oui, Hamilcar a raison ! Nous devons être dans un de ses antiques temples de Moura ! Cette sirène, ce doit être une représentation de la déesse, sculpté par les elfes bleus eux-même !"

"Ce qui explique cette eau... Elle a peut-être même était déposé ici par la déesse elle-même !"

Agadesh regardait ses amis se laisser dévorer par l'enthousiasme de cette découverte. Même Eshmoun, qui avait pourtant d'ordinaire la tête froide, s'était laissé emporter par l'admiration des merveilles de la salle.

Agadesh se positionna donc, tentant de calmer l'excitation ambiante :
"Ne nous emballons pas trop vite mes amis... Est-ce que l'un de vous a aperçu une ouverture qui nous permettrait de continuer notre chemin ? N'oublions pas que nous sommes ici pour une raison et une seule : Trouver notre destin. Et pour l'instant, je ne vois aucune trace de la suite du chemin, et encore moins des cinq directions dont nous a parlé Balamon."

Eshmoun redescendit sur Terre, comme s'apercevant qu'il venait de perdre son rôle de meneur.
"Agadesh a raison ! Cette pièce n'est qu'un obstacle, et nous devons trouver le moyen de le passer ! Vérifiez si vous ne trouvez pas quelque chose de bizarre sur ces statues, s'il n'y a pas un passage creux quelque part que nous pourrions défoncer, bref tout ce qui est susceptible de nous révéler un chemin !"

Les cinq se mirent à palper, à observer et à toquer contre les statues qui ornaient la pièce. Rien ne semblait vraiment creux. Appuyer sur les statues ne servaient à rien. Aucune inscription, même ridiculement petite, n'était repérable. Tous se rejoignirent une fois le tour de la salle faites.

"Rien de mon côté."

"Pas plus du mien."

"Pareil."

"Rien non plus pour moi."

"Moi non plus, mais j'y pensais... Cette eau... Si elle est capable d'éclairer la pièce, ne serait-elle pas susceptible de nous montrer le chemin ?"

"Qu'entends-tu par là ?"

"J'entend que la boire est peut-être la solution à notre problème."

"C'est peut-être aussi un aller direct pour Phaïtos !"

Hamilcar se retira de la conversation pour aller droit boire l'eau lumineuse. Agadesh, le voyant, l'interpella :
"Que fais-tu ?"

"Ça ne se voit pas ? Je vais boire de cette fichu flotte, comme ça on saura à quoi s'en tenir, au lieu de faire des tas d'hypothèses loufoques !"

Hamilcar prit de cette eau dans sa main et l'apporta à sa bouche. Le reste du groupe le regardait curieusement, attendant sa réaction. Il se tourna vers eux, puis lança :
"Bon et bien apparemment il ne se passe..."

Puis il se coupa, regardant dans le vide comme s'il voyait un fantôme.

"Hamilcar ? Ça va ?"

"Je... Vous ne voyez pas ?"

"On ne voit pas quoi ?"

"Ce passage, qui vient de jaillir du sol, vous ne le voyez pas ?"

Eshmoun lança un chuchotement à Agadesh, que Bes et Sid entendirent aussi :
"Comment savoir s'il faut faire comme lui ou non ? Il est peut-être juste en train d'halluciner."

"Non je ne crois pas. Il faut que nous fassions comme lui, je ne vois pas d'autre solution. Pour l'instant, il est le seul à avoir trouver une sortie."

Sid alla vers le bénitier boire à son tour. Il attendit quelques secondes, puis se mit à regarder dans la même direction qu'Hamilcar.

"Ah, tu le vois, toi aussi, je ne suis pas fou !"

"Alors ça, c'est bizarre ! Allez-y, buvez, il faut que vous voyez ça !"

Agadesh, Bes et Eshmoun se lancèrent à leur tour dans l'absorption de l'eau lumineuse. Quelques secondes se passèrent, et Agadesh vit du sol jaillir une dalle de pierre brute d'une taille d'environ trois mètres sur deux droit au milieu de la pièce vide. C'était une sorte d'arche menant vers un grand escalier descendant, vraisemblablement toujours une oeuvre des anciens elfes bleus à la vue de cette couleur verte caractéristique et aux reliefs sculptés à ses côtés, qui, bien de ne pas être semblable aux sculpture de la pièce, était un ornement en forme de vagues magnifique. Mais le plus curieux était certainement que lorsqu'il voulu regarder l'arrière de cette dalle, juste un grand mur de roche était visible, ne laissant ainsi le passage libre que d'un côté. Cette vision défiait pour lui toute les lois de l'imagination. Une grande magie était à l'oeuvre. A n'en pas douter, une magie... divine !

Eshmoun, retrouvant vite ses esprits, lança :
"Bon et bien, le voilà notre passage ! Qu'attendons-nous ? En avant !"



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Dernière édition par Agadesh le Mer 6 Jan 2010 23:59, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Grottes du Désert
MessagePosté: Sam 19 Déc 2009 17:39 
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Le Venin du Serpent




Le chemin continua ainsi durant un bon moment, se perdant en marches semblant sans fin. Chacun dût garder sa torche, car l'eau lumineuse n'éclairait plus depuis la magique entrée de l'escalier antique. Tous reprirent curieusement le silence, chacun commençant à s'apercevoir que le mysticisme qui semblait s'opérer dans ses lieux était bien au-delà de leur compréhension. Mais il ne régnait pas non plus en eux un sentiment de chèvre que l'on amène à l'égorgement ou de jouets manipulés par les dieux... C'était au contraire un grand sentiment de vide. Ils se sentaient seuls, désespérément seuls. Comme si plus rien ne vivait à part eux et leur crainte continue de ne savoir ce sur quoi ils allaient bien pouvoir tomber à chaque pas.

Soudain, une respiration se fit entendre, apparemment loin devant eux, mais bien présente. On l'entendait, accompagné de bruits de pas nerveux, mais ne ressemblant pas à des pas humains. C'était comme si les pieds de l'être lointain collaient au sol, et se détacher de celui-ci dans un effet de ventouse.

Le groupe s'arrêta comme un seul homme, soudainement très inquiet des démons pouvant hanter ces murs.

Eshmoun lança, sans se démonter :
"Qui va là ?"

Aucune réponse, seul l'écho répétant sa question. Mais les pas se faisait de plus en plus agités. Tous dégainèrent leur sabre. Ils vinrent à quelques mètres plus bas la lumière de leurs torches éclairer une surface plane, signe que l'escalier débouchait sur une nouvelle salle.

Une voix en papier de verre se mit à résonner, de manière telle qu'il était impossible de pouvoir juger de la distance et de la direction d'où elle venait :
"Tiens, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu de visite... Vous n'êtes pas encore une nouvelle hallucination, tout de même ?"

Le groupe se mit à rentrer dans la salle qui semblait immense. La lumière de leurs torches n'arrivaient pas jusqu'aux murs. Ils formèrent un cercle, se gardant de toute agression qui pourrait arriver par n'importe quel flanc.

"Montrez-vous !", lança Hamilcar.

"Du bruit... De la lumière... De la vie... J'avais presque oublié l'existence de tout ceci. C'est douloureux d'y être à nouveau confronté de la sorte ! Non, vous êtes réels, je le sens !"

"Par les dieux, qui êtes-vous ?", répondit Hamilcar très agressivement.

"On s'invite dans mon territoire et ce serait à moi de me présenter... Ce ne serait guère poli, humain."

Sid intervint :
"Nous sommes les cinq fils du clan Kel Attamara et nous recherchons à trouver là où le chemin se divise pour y rencontrer notre destin, sur décision du grand sage Balamon."

"Kel Attamara ? Kel Attamara... Kel Attamara !!!"

L'hurlement de l'être inconnu résonnait dans la salle avec un sentiment de haine infini, avant de se remettre à un silence de mort.

"Vous savez qui nous sommes, oui ou non ?"

"Oui, bien sûr que oui. L'idée que sa descendance est prospéré jusqu'ici me répugne, fils de mon ennemi. Mais la fait est que vous êtes les infâmes rejetons de celui qui m'a fait tout perdre..."

"Mais de quoi parlez-vous ?" lança Agadesh.

"Nous vivions heureux, mon peuple et celui des Eàrions, sous la protection de Moura... Mais il fallut que les barbares humains s'en mêlent ! Kel Attamara et sa bande de cinglés sanguinaires ! Les nombreux traîtres Eàrions s'enfuirent comme des lâches, et mon peuple se retrouva seul avec une poignée d'elfes bleus dont le courage n'avait pas fait défaut à rester pour défendre la cité et l'honneur de notre race ! Et ils sont morts, ils sont tous morts ! Morts au nom de la déesse qui nous avait tous abandonnée comme des malpropres !"

(Il existait donc un autre peuple dans la cité de Moura ?)

"Mais enfin, de quoi parlez-vous, tout ceci s'est passé il y a des milliers, voire des millions d'années ! Personne ne peut vivre autant de temps !"

"Tu as tord, petit... Les eaux d'immortalité de Moura m'ont permis de survivre jusqu'à maintenant... J'ai survécu, obligé d'être ici tapis dans l'ombre, à boire de cette eau tout les jours sans jamais y manquer pour pouvoir continuer à vivre, privé de toute lumière et de toute compagnie, avec toujours en moi cette sensation de faim qui ne veut jamais cesser, mais jamais non plus me tuer... Ces lumières m'aveuglent ! Éteignez-les !"

"C'est hors de question, nous en avons besoin !" lança Bes.

La créature se tut, laissant à ce début de dispute un frustrant air d'inachevé.

Soudain, de l'eau fut projeté comme de nulle part sur la torche de Bes, qui surpris le groupe qui s'écarta de celle-ci dans un réflexe apeuré.

"Personne ne peut jeter de l'eau comme ça aussi précisément et puissament, c'est de la magie !"

"Et merde, j'ai jamais pu saquer la magie ! Montres-toi, sale lâche ! Viens un peu te frotter aux dignes descendants de Kel Attamara si tu l'oses !"

"A ton service..."

La créature arrivait devant Hamilcar, marchant lentement jusqu'à se découper dans la lumière de la torche.

Nul n'avait jamais vu telle créature. Mesurant près de trois mètres, la créature allait sans vêtements, avec une peau écailleuse virant du vert pâle au noir le plus sombre. On aurait dit un démon tel que les décrivaient les histoires pour effrayer les enfants désobéissants. Ses mains et ses pieds étaient aussi palmés et griffus. Une longue queue puissante bougeaient lentement derrière lui. Son visage, si l'on pouvait le qualifier ainsi, était d'une forme ronde qui n'était pas sans évoquer celui d'un poisson... Les oreilles et le nez n'étaient plus que des trous comme directement percés sur sa peau. Sa large bouche, même fermé, exhibait deux dents dépassant de ses lèvres du bas. Ses yeux, dépourvus d'iris, étaient d'un rouge écarlate, comme noyés dans le sang.

Le groupe retint son souffle devant cette vision démoniaque avant de se mettre à entourer l'inquiétante créature, les sabres brandis, prêts à la défense.

"Oh mais j'y pense, je ne me suis toujours pas présenté... Je suis Yammu, le dernier des Lotans et aujourd'hui est venu le jour de la vengeance de ce génocide !"

La créature se tourna rapidement sur elle-même, frappant de la queue la main d'Hamilcar, ce qui le fit lâcher immédiatement son arme. Personne n'eût le temps de réagir que celui-ci se voyait asséné d'un coup de pied brutal dont les griffes perforèrent son abdomen en trois points avant de le propulser, lui et sa torche, vers un mur sur lequel il se cogna violemment le dos avant de se retrouver au sol, se vidant doucement de son sang.

"Hamilcar !", cria Sid en sa direction, mais il n'eût aucune réponse en retour.

Mais la créature n'en avait pas fini avec eux. D'une vélocité étonnante, elle mit un furieux coup de poing envers Sid. Celui-ci s'effondra au sol sous le choc, le Lotan étant d'une force spectaculaire.

Bes se lança vers lui en biais, près à le trancher sur place de tout son long. Mais Yammu lança de son autre main, ouverte en grand vers lui, un jet d'acide qui brûla ses bras et ses mains, rongeant le tissu qui l'habille et l'arme de fer tombée au sol. Bes ne put s'empêcher de lancer quelques jurons inutiles devant cette action, clamant sa douleur et son énervement en insultant le Lotan.

(Encore de la magie !)

Eshmoun et Agadesh étant les seuls encore debout, bien que peu rassurés, se lancèrent dans une attaque commune à laquelle la créature échappa en se refondant dans l'ombre.

"Où est-ce que tu fuis, sale lâche ? Reviens te battre !"

Agadesh reçut à ses mots une boule d'eau sur l'omoplate qui le fit rapidement vaciller vers l'avant avant de se redresser et de se retourner.

"Tu frappes par derrière maintenant ? Tu veux que je te dises, si toute ta race agissait comme toi, elle méritait bien de s'éteindre, créature immonde !"

Une nouvelle boule d'eau arriva vers lui, de l'avant cette fois-ci, qu'il réussit à esquiver en se décalant brusquement sur le côté.

"Ça vient de par là !", hurla Eshmoun en s'y ruant, Agadesh à sa suite.

La créature découverte de la cachette d'obscurité dans laquelle elle se cachait, Eshmoun se rua vers elle, la tête baissé, dans un cri barbare. Le Lotan évita facilement Eshmoun, mais celui-ci fit un grand mouvement de bras vers l'arrière qui permit à la lame de trancher à vif le Lotan au niveau des côtes gauches, ce qui lui fit perdre radicalement de sa vitesse et un peu de sang sombre et verdâtre, dans un râle grave, avant qu'il décide de repartir rapidement se cacher dans les ténèbres.

"Alors, on fuit encore, Yammu ? N'as-tu donc aucune fierté ? C'est donc dans la lâcheté que mourra le dernier des Lotans ?"

La créature réapparue aussitôt, donnant un brutal coup de queue à Eshmoun, éteignant sa torche et le faisant valser à plusieurs mètres dans l'obscurité avant de s'avancer face à Agadesh.

Agadesh ne se laissa pas démonter, et avança lui aussi d'un pas sûr vers la créature de Moura.

Les deux adversaires étaient maintenant face à face, à peine hors de portée l'un de l'autre. Agadesh regardait dans les yeux de son adversaire, bien qu'il fût incapable de savoir si celui-ci le fixait également ou pas. Ils tournèrent en formant un cercle, dans une guerre des nerfs pour anticiper celui qui oserait risquer d'attaquer en premier et quelle attaque serait la plus appropriée tout en ne prenant qu'un risque minimum.

Ce fut Yammu qui inaugura le duel en tentant un nouveau coup de queue par la droite en direction du crâne d'Agadesh. L'homme du désert se baissa et esquiva l'agression, mais le Lotan profita de son état pour se ruer vers lui, frappant dans la main du descendant de Kel Attamara et le bousculant violemment d'un grand coup d'épaule.
Il le plaqua au sol, l'immobilisant à terre.

Au sol, incapable de bouger, Agadesh n'était plus que spectateur de sa mort imminente. L'ultime Lotan tenait sa vengeance. Son bras se levait inexorablement pour appliquer sa sentence, et Agadesh ferma les yeux dans un inutile réflexe défensif, s'attendant à être éventré ou bien pire encore...

Mais rien. Rien ne se passa. Agadesh rouvrit donc timidement les yeux, se demandant quel était le but de la manoeuvre de son tortionnaire pour ne pas ainsi vouloir directement le tuer.

Il découvrit alors le Lotan immobile et bavant du sang vert sur son propre torse, la lame d'une épée bleutée sortant de sa poitrine et prenant ses origines enfoncés dans son dos, sous le contrôle de Sid, qui le poussait en biais pour éviter que celui-ci s'effondre sur son compagnon et ne le transperce lui aussi.

"Sid !", soupira-t'il de soulagement.



Le Coeur du Serpent

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Dernière édition par Agadesh le Sam 2 Jan 2010 23:45, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Grottes du Désert
MessagePosté: Sam 2 Jan 2010 20:53 
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Le Coeur du Serpent




Sid était là, debout, le visage ensanglanté par le coup de poing qu'il avait reçu, mais était maintenant le seul et unique vainqueur du démon des ruines de la cité disparue.

"Es-tu blessé ?", dit-il en tendant son bras pour aider Agadesh à se relever.

"Non, il n'a heureusement pas eu le temps pour cela."

"Bien, alors ne perdons pas plus de temps en bavardages inutiles Agadesh, les autres sont bien mal en point."

Bes se manifesta vers eux. Il était encore conscient, mais ses bras étaient rongés par l'acide du Lotan. D'une profondeur se limitant certes à quelques millimètres, mais son visage, tiraillée par la douleur lui laissait une grimace horrible sur le visage, se laissant totalement aller à couler les larmes de ses yeux et la mucosité de ses narines. Et il tenait ses bras dans les airs, droits et loin de toute autres parties de son corps. Le contact devait lui être insupportable.

"Bes !"

Agadesh et Sid n'osait le toucher ni faire une quelconque action sur ce genre de blessure, et lui demander ce qu'il ressentait semblait être bien inutile.

Mais Bes, même dans sa douleur immense, pensait aux autres avant lui-même et réussit à bafouiller, entre plusieurs reniflements et soubresauts de douleur quelques mots :

"On doit s'occuper d'Hamilcar."

Cette phrase réveilla Agadesh et Sid, qui s'étaient quelques peu perdus dans la contemplation des marques encore fumantes de Bes, mais il avait raison.
Hamilcar était effondré au pied d'un mur et sa torche à ses côtés éclairait la triste scène de son corps se vidant lentement de son sang dans une sordide flaque tannée sur le sol sinople.

"Et Eshmoun, où est-il passé ?"

"Le monstre lui a donné un grand coup de queue, il a disparu dans le noir et je ne l'ai pas revu depuis. Prend la torche et cherche-le, moi et Bes nous allons voir ce qu'il en est d'Hamilcar. Si jamais tu rencontres le moindre problème, appelle-nous."

"Oui."

Agadesh alla avec Bes en direction de l'inquiétante vision, espérant qu'il ne soit pas encore passé de vie à trépas.

Agadesh prit la torche à terre, et attendit une réaction de Bes. De près, le trouble était encore plus flagrant. La peau d'Hamilcar avait pris un teint cadavérique de bien mauvaise augure.

"Prend son pouls."

Agadesh s'exécuta, alors que Bes semblait être même en incapacité de se baisser convenablement. Il guette le moindre battement de coeur à son coup qui puisse prouver de la survie de son camarade avec un espoir défaillant. Il était là ! Lent, mais présent.

"Il respire, mais son pouls est très faible."

"Met un bandage sur ses blessures."

Bes semblait faire un effort énorme pour se concentrer sur les instructions de soin de son camarade que sur sa propre douleur, et s'il n'était pas plus précis dans ses ordres, c'était que ses yeux étaient encombrés de larmes de souffrances et n'arrivait pas à juger de la gravité de la situation par ce fait. Il était de plus bien trop fier pour oser demander à quelqu'un d'autre d'essuyer ses larmes étant déjà de bien trop démonstratives marques de faiblesses. Se faire assister n'aurait été qu'un déshonneur de plus qui aurait fini d'enterrer son égo.

Agadesh chercha un moment de quoi bander une surface aussi importante que le ventre. Il déchira le boubou d'Hamilcar et enleva finalement son turban, se débrouillant tant bien que mal à mettre l'inconscient en position assise pour pouvoir en faire le tour autant de fois que nécessaire et faire un noeud à son dos, tout ceci en pataugeant dans la flaque écarlate qui le salissait et le faisait glisser. Il était sur lui tel un poids mort, se soumettant sans aucune résistance à la loi de la gravité. Le bandage semblait marcher. Bien que l'on pouvait apercevoir le tissu s'imbiber de sang, celui-ci s'écoulait déjà bien moins.

"C'est fait. Et maintenant ?"

"Maintenant, c'est à Yuimen de décider de son sort."

Agadesh resta silencieux, regardant son ami évanoui au sol avec un air de défaite, priant intérieurement pour la sauvegarde de la vie de son compagnon.

"Agadesh, Bes !", cria Sid qui était parfaitement visible dans la lumière de sa torche à quelques dizaine de mètres de là, accompagné par un Eshmoun semblant s'être laborieusement réveillé.

"Qu'y a-t'il ? Comment va Eshmoun ?"

"Je vais bien Agadesh, viens vite voir ça !"

Agadesh voulait obéir, mais Hamilcar était toujours inconscient et Bes dans l'incapacité de l'aider à le porter.

"Je ne peux pas porter Hamilcar seul, que l'un de vous vienne m'aider !"

Cette phrase résonna dans la tête de Bes comme une humiliante insulte. Dans son état, il n'était plus capable d'être utile pour de simples actions. L'inutilité était le pire des déshonneur pour un homme du désert, si l'on n'est plus utile pour son peuple, c'est comme si l'on était mort...

Eshmoun se détacha de Sid pour venir aider Agadesh. Eshmoun semblait aller bien, malgré que dans sa posture se ressente une certaine douleur au thorax qui le courbait. Agadesh prit Hamilcar par les aisselles, se débrouillant tant bien que mal à trouver une manière de garder la torche dans sa main. Ne réussissant pas cette épreuve d'agilité, il donna la flamme à Eshmoun, qui lui réussit à prendre d'un seul bras les pieds d'Hamilcar. Le spectacle du blessé, voûté entre les deux, touchant presque le sol, avait quelque chose d'absurde. Et Bes continuait de se taire en les suivant, comme s'il ne voulait pas ajouter à son inutilité le fait d'être un poids de plus à porter.

Une fois arrivé jusqu'à Sid, qui s'était essuyé autant que possible de cacher son nez cassé et son oeil au beurre noir sous son turban, il remarqua la présence à ses côtés d'un petit bénitier à la forme du mollusque homonyme, sur un pied en pierre solide, toujours dans la couleur verte qui hantait sans en démordre les parois des salles qu'ils parcouraient depuis la gueule du serpent. Elle était remplie d'une eau trouble, comme envahi par une curieuse poussière rouge bordeaux qui n'inspirait pas à la confiance.

Eshmoun posa doucement les jambes d'Hamilcar sur le sol, laissant le soin à Agadesh de le stabiliser dans une position assise.

"Ce doit être les eaux d'immortalité dont parlait la créature. Elle disait que c'était elles qui lui avait permis de survivre jusqu'ici. Elles sont peut-être susceptibles de soigner nos blessures."

"Tout comme elles peuvent aussi nous tuer..."

"Je suis volontaire, je vais en boire.", dit aussitôt Bes. C'était peut-être là sa chance de reconquérir son utilité. Pour l'heure, il se sentait aussi précieux au groupe qu'un homme mort. Boire de cette eau était pour lui un moyen de se prouver le contraire et de faire avancer le groupe, quelque soit le résultat.

Les autres n'eurent le temps de broncher que Bes, ne pouvant apporter l'eau à sa bouche et ne voulant pas demander d'aide pour cela, se pencha pour boire à la surface du bénitier.

Il se releva doucement, restant silencieux quelques secondes.

"Alors ?"

"Rien. Je ne ressens absolument aucun changement."

"Cela met peut-être plus de temps pour agir."

"Peut-être que ses eaux n'étaient prévu que pour agir sur ces fameux Lotans..."

"Possible. Mais faisons-en boire à Hamilcar, au point où il en est, cela ne peut qu'améliorer son état."

Agadesh prit de cette eau en main à plusieurs reprises pour en faire boire à son camarade, lui ouvrant la bouche manuellement en lui mettant la tête en arrière.

Le groupe resta ainsi quelques instants, silencieux, à voir si l'eau aurait un quelconque effet. Eshmoun, las de ne voir aucune réaction de la part d'Hamilcar ou de Bes, s'exclama : "Bien, cela ne nous sert à rien de nous éterniser ici maintenant. Si l'eau a un effet, nous l'apercevrons bien assez tôt. Continuons notre chemin."

"Et Hamilcar ?"

"Hamilcar, tu vas m'aider à le porter Sid et nous allons continuer notre route. Agadesh, tu es certainement de nous tous celui que la créature a le moins blessé, tu seras notre bouclier en cas de nouvelle attaque."

Agadesh fit un signe d'approbation. Il était vrai que les quelques coups que lui avaient donné le Lotan ne se faisaient presque plus sentir sur lui, il avait tout au plus une ecchymose un peu gênante sur le torse, résultant du coup d'épaule qui l'eût mis à terre. La seule véritable douleur qu'il pouvait ressentir était celle de sa chair carbonisé au niveau de la morsure du véroce, mais celle-ci se faisait de moins en moins présente. Bes avait fait du bon travail.

Le groupe se mit donc à sonder rapidement les murs de la salle. Celle-ci était bien moins décoré que la précédente. Les murs étaient pour ainsi dire nu. Seul quelques bas-reliefs récurrents en forme de coquillages à plat faisaient office d'ornement. Un nouveau passage se révéla dans la lumière de la torche brûlante. Elle n'avait rien de particulier si ce n'est de prendre une largeur et une hauteur très faible, qui ne pouvait, une nouvelle fois, ne laissait passer qu'un être à la fois. De même tous avaient une taille trop importante pour ce tunnel et devaient baisser la tête pour bien pouvoir y passer. Le cortège des fils du peuple des dunes avait ainsi perdu tout de sa superbe, errait maintenant pathétiquement dans ce couloir sombre.

Bes, à l'arrière, les bras brûlé bien droit devant lui et le visage défait marchait tel un zombie à la respiration forte et toujours saccadé par la douleur dans une obscurité relative derrière un Sid, toujours boiteux, au nez fendu qui, bien qu'il ait cessé de saigner, lui avait laissé une trace rouge sèche jusqu'à la bouche et qui exhibait un oeil noir qu'il ne pouvait garder ouvert. Celui-ci portait l'inconscient Hamilcar tant bien que mal par les aisselles, qui se laissait aller complètement, le torse nue et pâle sous les tissus qui rougirent de son propre sang à sa panse et à sa jambe. Jambe au bout de laquelle Eshmoun, qui avait reçu un fort coup au thorax, avait quelques peines à bien se tenir droit et se laissait par moment aller à des petits ralentissements qui perturbait la marche à son arrière. Agadesh, le plus à même de lutter du groupe, se retrouvait à l'avant avec la dernière torche restante ; l'autre ayant été abandonné car n'ayant personne dans la capacité de la porter. Il avait toujours à son avant bras le pansement dû à une morsure de véroce, et ses vêtements bleus trempés du sang d'Hamilcar avaient viré vers un vert très sombre. Ne pouvant pas garder sa torche près de lui en raison de la petitesse du conduit, il la tenait droit devant lui. Ce n'était pas sans lui poser quelques difficultés, car la chaleur et la fumée de celle-ci se retrouvait à s'écraser sur son visage, rougissant son visage et lui donnant un obstacle à sa vision du chemin.

Le spectacle était grotesque et avançait laborieusement, où le jeu consistait maintenant à continuer sans faillir à marcher malgré tout ces inconvénients.

Même Bes, qui était pourtant en plein désert celui qui savait quand dire stop, se retrouvait ici à la suite d'un groupe d'infirme qui auraient bien besoin de repos sans dire quoi que ce soit. Si un nouveau danger se présentait devant eux, ils ne seraient même pas dans la capacité de défendre leur peau. Mais en ces lieux, ces lieux inconnus, il préféraient tous se taire. Juste se taire, et marcher. Pour en finir le plus vite possible. Comme s'ils cherchaient maintenant, inconsciemment, à se suicider collectivement par procuration. Et ils continuaient tel des âmes en peine à errer dans cet étroit couloir vert et plat vers une direction inconnu. Trouveraient-ils ce qu'ils cherchent un jour ? Ils commençaient à en douter, mais ne voulaient en aucun cas s'en désespérer.

Agadesh ouvrant le chemin pour la première fois et ayant sur lui la responsabilité de ses camarades redoublait d'attention. Il guettait le moindre bruit suspect, la moindre vision se découpant de l'ombre.

Sid et Eshmoun finirent tout de même par demander une pause; porter Hamilcar n'était pas une chose aisé, surtout que celui-ci devait être le plus corpulent de tous. Ils s'arrêtèrent donc un instant, le posant à terre le temps de reprendre quelques forces.

Lorsqu'ils furent de nouveau prêt, Sid reprenant Hamilcar par las bras, celui-ci se réveilla mollement, parlant d'une voix flasque et éraillé, bougeant faiblement la tête et les yeux ramollis : "Père ? Où étiez-vous passé ? Je vous cherchais !"

"Hamilcar ?"

"J'ai capturé un scorpion hier soir avec les autres... C'est bien hein ? Mais mère a eu peur lorsque je lui ai montré et m'a obligé à le libérer. Les filles ont toujours peur de tout hein père ?"

"Qu'est-ce que...", dit Sid, plein d'interrogation.

"Il est en plein délire. Parlez avec lui, rassurez-le, ramenez-le à la réalité."

"Hamilcar, c'est moi Sid. On est toujours dans les couloirs de la grotte. Tu... Tu comprends ce que je te dis ?"

"Sid ? Sid c'est un petit péteux comme son père ! Hi hi hi !"

Sid se tourna vers Bes, le regardant d'un air énervé.

"Il délire, il ne sait pas ce qu'il dit ! Il est en plein dans ses souvenirs, continue à lui parler !"

Eshmoun intervint :
"Est-ce que tu peux marcher, Hamilcar ?"

Le dialogue continuait mais n'était pas très fructueux. Hamilcar restait à exhibait pitoyablement des anecdotes enfouis de sa jeunesse, son esprit se perdant dans le temps et l'espace. Il restait incapable de faire un quelconque mouvement, et le faire marcher n'était tout simplement pas envisageable. Le groupe se résolut donc à continuer son chemin, Sid et Eshmoun portant toujours Hamilcar malgré son réveil, qui se laissait toujours aller à un discours irrationnel dans une voix faiblarde.

Agadesh, qui n'avait dit mot depuis la reprise de conscience d'Hamilcar était tout de même soulagé de voir que l'état de celui-ci semblait s'améliorer, gardant tout de même la réserve que ce ne soit qu'un bienfait temporaire ou à s'imaginer que celui-ci resterait maintenant enfermé dans sa folie. Être fou a toujours été considéré par le peuple du désert comme pire que la mort, ainsi les enfants se montrant anormaux et les adultes sombrant dans une dépression persistante, dans des discours aliénés ou la sénilité étaient tués parce qu'ils n'étaient d'aucune utilité à la tribu, et au contraire susceptible de la mettre en danger. C'était au sage du village de désigner si la personne concernée était touché par la folie ou non. Si c'était le cas, c'était à sa famille que revenait la responsabilité de son exécution ou au sage lui-même si celle-ci n'en avait pas ou refusait de reconnaître son verdict.

Balamon en serait à sa sixième sentence et a dû être de bourreau pour deux d'entre eux. Agadesh priait alors de ne pas avoir à ramener son compagnon en plein délire à celui-ci.

Soudain, ses tristes pensées furent dérangés par une ouverture droit devant lui avant d'arrêter ses camarades.

"Attendez ! Là, une autre pièce !"

"Et bien qu'attends-tu ? Rentons-y !"

Agadesh ne s'attendait pas vraiment à ce genre de réponse, surtout de la part du toujours prudent Eshmoun. Mais cela se comprenait aisément, tous étaient à bout de force, aussi bien mentalement que physiquement et continuer le chemin était la seule chose qui les raccrochait à un véritable but. Cela donnait un sens à leur souffrance, et il semblait bien peu convenu de faire maintenant excès de prudence alors que tous étaient bien loin de vouloir faire encore preuve de patience.

Il passa donc le portique et tomba sur une petite salle ronde ayant tout au plus un diamètre de six mètres et s'ouvrant vers cinq autres portiques fichés d'un signe différents au-dessus de chacun d'eux. Le plafond passait soudainement d'un peu moins d'un mètre à une hauteur spectaculaire, telle que la torche n'arrivait pas à l'éclairer.

Une fois les cinq compagnons arrivés dans le cercle, ils vinrent en regardant derrière eux que le passage par lequel ils étaient passés n'y était plus. C'était comme si le passage n'avait jamais été là ou avait disparu sans un bruit alors que personne ne regardait, laissant à sa place une surface lisse et verte sans aucun motif.

Eshmoun voulu constater ce nouvel et incompréhensible fait qui les surprenait, tâtant de la solidité du mur sans même plus vouloir s'étonner d'une telle chose. Pour sa part, c'était maintenant comme s'il était las d'être surpris, renonçant à chercher la moindre once de sens à ce qui se passait.

Sid s'apprêta à prendre la parole lorsque Hamilcar reprit ses esprits : "Je... Où on est ? Qu'est-ce qu'il se passe ?"

"Je crois que nous sommes à l'endroit dont nous avez parlé Balamon, où chacun de nous doit prendre un chemin différent."

"Sauf qu'il ne nous a rien dit en ce qui concerne ses signes, là..."

"Tu as raison, mais ils veulent forcément dire quelque chose. Donne-moi ta torche qu'on se fasse une idée."

Sid laissa Hamilcar à la charge d'Eshmoun et du mur et prit la torche des mains d'Agadesh et la rapprocha de signes en bas-relief visible au-dessus des portiques. On pouvait distinctement reconnaître trois symboles, de droite à gauche : le premier représentait un foetus, le suivant étant celui d'un d’homme, puis d'un crâne humain, d'un corbeau et enfin d'une couronne.

"Bien en tout cas il y en a deux pour lesquels cela me semble clair : le crâne, c'est la mort et la couronne, c'est celui qui va devenir le chef du clan."

"Je ne sais pas. Ça parait trop simple. Et les autres ?"

Hamilcar, maintenant juste porté par Eshmoun et appuyé contre le mur, jugea de son état, les idées plus claires. Il avait du mal à se tenir sur ses jambes, mais ne se laissait plus traîner et reprenait possession de son corps.

"Tu surestimes la cruauté des ancêtres Sid, c'est évident que le crâne représente la mort."

Hamilcar réunit tout la force qu'il avait en lui pour se lever, se dirigeant vers le portique au mystérieux crâne.

"Et franchement, on peut dire que de tous ici je suis le plus mal en point. J'ai le bide perforé de toute part, je ne sens plus mes membres et le bleu foncé de ma jambe me hurle à la figure un futur d'unijambiste ! Alors pour vous et pour la tribu, bon chance mes amis, vous direz à mes femmes et mes rejetons que j'les aiment !"

"Non, Hamilcar !"

Hamilcar se rua vers le portique, qui, à son passage, s'évanouit aussitôt en silence dans un curieux effet de vague de l'entrée libre au plus opaque des murs, laissant juste le signe du crâne à son sommet intact.

"Il a fait le bon choix Agadesh, et dans sa situation nous aurions tous dû faire le même choix."

"Certes, mais..."

"Il ne sera pas mort en vain, il est mort dans l'honneur et son sacrifice restera longtemps dans la mémoire de notre peuple. Si mon destin me fait revenir auprès de lui, je fais le serment que son nom reste pour tous synonyme de bravoure et d'honneur !"

"Bien, et nous, que faisons-nous ?"

"Et bien, il n'y a qu'une chose à faire... Prendre les autres chemins ! Il ne s'agit maintenant plus que de choisir le bon. Pour ma part, mon choix est déjà fait.", dit-il en montrant du doigt le le symbole de la couronne.

"Et bien, il ne nous reste plus qu'à te souhaiter bon courage..."

"Yuimen te garde, Eshmoun."

"Soit digne de ton destin Eshmoun !"

Eshmoun se laissa aller à prendre ses compagnons dans les bras, dans un noble geste d'adieu et lâchant, peut-être pour la première fois, une larme d'un adieu sincère.
"C'aura été pour moi une fierté de vivre cette aventure à vos côtés mes amis. Je ne sais même si le destin qui m'attend là derrière saura m'emplir d'une même fierté. Que les vôtres vous comblent de bonheur, c'est tout ce qu'il me reste à vous espérer."

Eshmoun lâcha doucement ses compagnons dans un sourire avant de se poster devant l'immobile portique, prendre une grande respiration et enfin y avancer avec la force de la volonté.

Agadesh se sentait un peu pris au dépourvu, en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, avait perdu deux de ses compagnons et voyait rapidement s'avancer le moment où il se retrouverait seul dans un de ses couloirs. Il ne sentait en lui aucune envie de passer dans ses couloirs. Il n'aspirait qu'à rester ici, dans cette salle, à profiter éternellement de ses derniers compagnons auxquels, même s'il n'osait pas se l'avouer, il tenait tant.

Et il ne restait plus pour eux trois qu'un choix plutôt obscur entre un embryon, un homme et un oiseau. Autant dire une trinité de symbole pour une infinité de possibilités.

"Je prend le chemin de l'homme !", dit Sid avec un enthousiasme soudain.

"L'homme ? Pourquoi l'homme ?"

"Simplement parce que c'est ce que je suis, Agadesh. Oui, un homme... C'est tout ce que je suis... Adieu mes amis. J'espère tous vous revoir aussitôt que nous aurons fini cette épreuve."

Il les regarda quelques secondes, l'air pensif et bienveillant. Et, sans plus un mot, il se retourna et rentra dans la voie de l'homme.

"On n'a plus vraiment le choix..."

"Effectivement."

"Alors... Foetus ou un oiseau ?", dit Bes dans un petit rire désespère, vite accompagné par Agadesh. Celui-ci se transforma rapidement en véritable fou rire raisonnant dans la salle pour leurs nerfs mis à rude épreuve.

"Choisis, je t'en prie."

"Je n'y ai pas vraiment réfléchis longtemps, mais vois-tu, je pense qu'il faut voir au-delà des signes affichés. Cette grotte est hanté par la volonté des dieux, tout les phénomènes que nous avons pu apercevoir en sont bien la preuve. De ce fait, j'ai tendance à penser que chaque symbole représente un dieu.
La couronne est à coup sûr le symbole du dieu des dieux, le dieu du destin et du temps, le grand Zewen. Vu de cette manière, le destin d'Eshmoun tiendra forcément une importance capitale, intemporelle... en tant que nouveau chef de clan ? Je ne sais pas... Le crâne est quant à lui clairement le symbole de Phaïtos et de la mort, mais il n'est pas dit que ce soit le destin réservé à celui qui y passe. Ce peut aussi bien être qu'il deviendra un grand guerrier et sèmera la mort derrière lui, ou deviendra une sorte de lien entre les morts et les vivants... Les deux autres symboles avant ne sont qu'une suite logique : le foetus représente Gaïa, la création de la vie, l'humain inachevé et sans expérience qui est appelé à naître. C'est à coup sûr le symbole d'une grande évolution, mais seulement à titre personnel. Et l'homme est tout bonnement le symbole de Yuimen ; c'est la créature finie, dotée de vie, qui agit sur le monde matériel. Rien de plus ni de moins. Le destin derrière lui peut aussi bien être d'une banalité sans nom que grandiose, pourvu que cela reste sous sa condition humaine. L'oiseau, quant à lui, peut avoir de bien multiples signification. Mais il ne s'agit pas de n'importe quel oiseau, il s'agit d'un corbeau. C'est un signe de mauvaise augure, c'est l'oiseau qui profite des morts violentes, des combats et des erreurs fatales. Je l'attribuerais bien à Thimoros."


"Tu n'y as pas réfléchis longtemps, tu disais ?"

Ils éclatèrent à nouveau de rire, se déchargeant une nouvelle fois de la peur qui les hante.

"Enfin donc, tu es en train me dire qu'il nous reste le choix entre Thimoros, qui représente le mal absolu, et Gaïa, qui représente tout le contraire... Bien, alors mon choix est tout fait ! Je..."

Bes le coupa :
"Oui. Va Agadesh tu n'as pas à..."

Agadesh le coupa à son tour, persistant à vouloir terminer sa phrase :
"Je prend le chemin de Thimoros !"

Agadesh partit vers le portique, regardant Bes le voir s'éloigner en lui soufflant ces quelques mots :
"Yuimen te bénisse Agadesh..."



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 Sujet du message: Re: Les Grottes du Désert
MessagePosté: Mar 5 Jan 2010 02:20 
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Agadesh regarda dans un dernier sentiment étrange la gravure de corbeau au-dessus du passage, dans un certain sourire rempli de curiosité et d'audace qui respirait une réflexion simple et optimiste. Après tout, même si la mort était le destin qui l'attendait derrière celui-ci, à quoi bon en avoir peur ?

C'est donc sur cette simple pensée et d'un pas sûr qu'il franchit le portique, laissant derrière lui Bes comme unique spectateur muet de sa traversée.

La transition fut brutale ; aussitôt que le fils du désert eût entièrement fait passer son corps que celui-ci se retrouva dans un noir des plus total.

Aucune lumière, aucun son, aucun souffle n'était percevable. Il essayait de tâter autour de lui la présence d'un quelconque mur, obstacle ou autre matière capable de lui donner un quelconque repère.

Il n'y avait rien. Absolument rien.

Il se mit alors à s'agenouiller, tentant de sonder le sol. Il était d'un lissage parfait. Aucune bosse, aucune marque ou difformité quelconque. Il est dur et froid comme du métal, à l'instar de l'air autour de lui. Frapper dessus ne provoquait pas le moindre bruit. Mais au-delà de tout cela, quelque chose n'allait pas. Il ne s'entendait pas lui-même. Le son de sa respiration était inaudible. Il tentait de parler mais ne s'entendait pas. Il criait, mais aucun son ne s'échappait de sa bouche. Il suffoquait de ne s'entendre. Il était sourd à ses propres paroles, aveugle à son environnement et impuissant à son sort.

Il n'était plus rien.
Il n'y avait rien. Absolument rien.

Soudain une étrange idée lui vint en tête. Et s'il avait rejoint le néant ? Et s'il était... mort ?

Non ! Ce n'était pas chose possible ! Pas lui ! Pas maintenant ! Pas de cette manière !

Et il criait toujours de plus belle, hurlant le plus fort qu'il pouvait à s'en lacérer la gorge, fermant ses yeux dont les larmes refusaient de sortir.

Puis, il s'entendit à nouveau, dans un hurlement de voix puissant.
Le bruit avait révélé une présence, car Agadesh pouvait maintenant entendre distinctement des croassements multiples s'éloignant de lui.

Il rouvrit les yeux, alors qu'un vent doux et tiède soufflait maintenant doucement sur son visage. Il regarda droit devant lui, ses yeux ayant enfin quelque chose à voir se délectant d'un ciel étrange, semblant plus foncé et violacé qu'à son habitude. Mais surtout, il remarqua que, sans même s'en être rendu compte, il était maintenant étendu sur un élément qu'il connaissait bien : Du sable.

Agadesh se releva avec suspicion, mais tout de même heureux d'avoir retrouver ses cinq sens. Il regarda autour de lui.

Il connaissait ce paysage désertique. C'est le désert bleu. Un trio de corbeau l'observait de loin, semblant comme discuter entre eux par des petits bruits stridents et s'agitant en quelques mouvements de tête nerveux.

Ces corbeaux avaient quelque chose de particulier. Ils possédaient trois yeux. Agadesh n'avait jamais rencontré un telle créature, ni même entendu parler, vivant auprès du désert. Les corbeaux classiques à deux yeux étaient déjà plutôt rares à rencontrer dans les dunes...

Quelque chose ne collait pas. Une intuition bizarre d'être dans tombé dans une dimension parallèle, semblable mais pourtant bien lointaine de ce qu'il avait pu connaître. Il regarda une nouvelle fois autour de lui, se demandant s'il n'avait pas tout simplement pu atterrir dans un autre lieu. Un autre désert bleu, autre part sur la planète. Ce n'était pas chose impossible que cela existe.

Mais lorsqu'il remarqua qu'autour de lui, aucun soleil n'éclairait, il comprit qu'il n'était toujours pas de retour dans le monde tel qu'il le connaissait. Il n'arrivait pas à comprendre exactement ce qu'il vivait. Était-ce un rêve ? Était-ce une hallucination ? Était-il sur un autre monde ? Était-ce la création d'une puissante magie ?

Tout cela ne le dépassait que trop.

Il se leva, puis remarqua l'absence de son sabre. Où était-il passé ?

Cette question bien vaine dans un tel moment disparut bien vite lorsque les croassements des corvus se firent plus fort, avant que ceux-ci partent au-delà de la dune devant lui.

Dans une inspiration certaine, il se mit à vouloir voir où les corbeaux s'en allaient donc.

Son réflexe fut fructueux : Après avoir dépassé la dune, il avait en vue à son creux une grande fontaine en onyx d'un noir profond dont au milieu trônait un pilier en marbre, piédestal d'un corbeau aussi majestueux qu'inquiétant, les ailes et le bec grand ouvert au sommet.

De la fontaine émanait quelque chose de macabre. Le liquide s'y trouvant n'était rien d'autre qu'une eau claire et limpide, mais les trois corbeaux l'ayant guidé jusqu'ici s'étaient mystérieusement retrouvé égorgés et engloutis à l'intérieur de celle-ci, immobiles et stagnants. Comme s'ils avaient toujours été là.

Le message était clair. Il lui fallait boire de cette eau.

Ne voulant pas se perdre en réflexions stériles qui pourrait le faire hésiter là où il n'y a vraisemblablement plus aucun doute, Agadesh se rua sans plus de questionnement sur la fontaine. Il fit totalement abstraction des yeux inquiétants des corbeaux inanimés qui brillaient sous l'eau rougie, en prit une pleine main et la but sans plus de précaution.

Choc.



La Désolation des Ancêtres

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 Sujet du message: Re: Les Grottes du Désert
MessagePosté: Jeu 21 Jan 2010 00:08 
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Agadesh se retrouvait soudain, encore une fois, en plein milieu du désert bleu.

Une nouvelle vision ? Il ne semblait pas. Il se trouvait bien dans le désert qu'il connaissait si bien. Le soleil était bien là et avait regagné sa splendeur ordinaire. A en juger par sa hauteur, il semblerait qu'il ne tardera plus à se coucher.

Agadesh avait soudainement le regard attiré au loin. N'était-ce pas le palais, là-bas au fond ? Il n'y avait pas de doute, c'était bien lui, mais où était donc passé la tour de guet extérieure construite il y a quelques années ?

Une troupe d'une quinzaine de méharistes sortait par la grand porte du palais et allait en sa direction.

Tout ceci n'était pas une mauvaise nouvelle, mais Agadesh restait cependant frustré. Il n'avait toujours pas appris quel était son destin. A quoi rimer faire un tel périple si cela était juste pour se retrouver à deux pas du palais sans la moindre explication ?

Quand les chameliers commençaient à arriver vers lui, Agadesh cria pour attirer leur attention :
"Hey, vous là-bas ! C'est moi, Agadesh ! Où allez-vous comme ça ?"

Aucune réponse, mais le cortège continuait à doucement se rapprocher. Pourtant, Agadesh était au sommet d'une dune, totalement à découvert, avait parlé à haute et intelligible voix. Mais ceux-ci semblait ne pas s'en soucier.

Agadesh, quelque peu énervé après les tourments qu'il avait subi et n'aspirant plus qu'à un peu de repos, s'avança à pied vers le groupe. Lorsqu'il fut assez près de ceux-ci, il leur envoya :
"Hey, pourquoi vous ne me répondez-vous pas ?"

Agadesh remarqua alors qu'en tête du cortège était un homme totalement inconnu attifé de l'habit royal.
"Vous ! Qui êtes-vous et que faites-vous dans la vêture de notre chef ? Où est le roi ? Qu'êtes-vous venu faire au palais ?"

Agadesh n'avait toujours aucune réponse alors que le peloton était maintenant à quelques mètres de lui.

Agadesh commençait à douter. Était-ce bien des guerriers au service de la famille Kel Attamara ou des rebelles venant tout juste de faire un raid sur le palais ? Avaient-ils tués le roi ? Si oui, pourquoi donc vêtir son costume ? Et surtout, pourquoi ne toujours pas lui répondre ? Devait-il se préparer à protéger chèrement sa peau ?

La caravane s'avança vers lui sans faire le moins du monde attention à lui. Agadesh sortit son sabre et se mit en travers de leur chemin, ils seraient enfin bien obligé de réagir.

"Stop ! Qui êtes-vous ?"

Ni les hommes ni même les bêtes ne semblait l'apercevoir, et quelle ne fut pas sa surprise lorsque le premier chamelier, loin de s'arrêter face à l'obstacle qu'il représentait, lui passa à travers le corps.

Loin de l'effet escompté, Agadesh se retrouvait maintenant tel un fantôme à être traversé par tout le cortège. Cela ne représentait aucune douleur particulière mais était d'un effet étrange. Plus que cela, c'était là le signe que son tourment était loin d'être terminé. Une impression curieuse lui venait à l'esprit, celle de se sentir toujours dans la grotte. Il ne s'agissait encore que d'une vision, une force magique ou Yuimen sait quoi encore qui dépassait son imagination. Mais encore une fois, il ressentait que ce n'était pas en vain qu'il se retrouvait ici et maintenant face à cette escorte et se devait de la suivre.

Lorsqu'il reprit ses esprits, il rattrapa son léger retard sur le groupe et se retrouva à l'arrière avec deux jeunes hommes à pied. Les deux garçons n'avaient pas encore passé leur seizième année, c'était pour cela qu'il n'était pas autorisé à monter les chameaux et se devaient de suivre la troupe à pied.

Les deux pubères, tout deux emmitouflés dans leurs boubous, se mirent à discuter.
"Au fait Khammurabi, pourquoi ce trésor a-t'il été déposé dans les montagnes de l'ouest ? Ce n'aurait pas été plus simple de l'amener directement au palais ?"

Khammurabi lui répond :
"Mon père, notre chef, dit qu'ils ont dû le cacher parce qu'il avait une armada de nombreux rebelles à leurs trousses et que ce trésor les ralentissait trop."

"Mais qu'est-ce qu'il contient donc ce trésor pour être aussi lourd ?"

"Il a été trouvé sur un bateau pirate échoué sur la côte... Mon père dit qu'il contiendrait perles, diamants, argenteries et bon nombres d'objets très précieux. Tu imagines ? Avec une telle richesse, notre peuple pourrait devenir un royaume puissant et prospère où nous n'aurions plus l'utilité d'être nomades et pourrions enfin écraser une fois pour toutes ces chiens de rebelles !"

Agadesh écoutait leur conversation avec un intérêt tout particulier. Il y avait en effet une légende concernant un trésor caché dans les montagnes du ponant, mais ce n'était qu'une légende ! Oui, cette vision devait certainement être un témoignage du passé pour qu'il retrouve le trésor ! C'était donc cela son destin ? Où était le rapport avec le corbeau ?

La vision se fit soudainement beaucoup plus floue et obscure, le plongeant quelques secondes dans les ténèbres.

Agadesh devenait las de ces visions et de la tournure de ces agitations oniriques. Il avait à peine le temps de comprendre ce qu'il se passait qu'un autre évènement arrivait.

Le revoilà réapparu encore une fois, mais toujours auprès du même groupe de guerriers en route vers les montagnes occidentales. Il avait apparemment beaucoup avancé. Plusieurs jours devaient s'être passé, car ils étaient maintenant en vue du djebel de l'ouest. Hors il fallait bien bon cinq jours pour aller du palais aux grandes montagnes sèches du couchant. La nuit était claire et aucune torche n'éclairait le groupe, qui gardait sagement le silence.

"Sîn-Muballit, mon roi !", lança soudainement un guerrier à son chef dans un murmure d'appel.

"Zimrî-Lîm, n'ai-je pas ordonné que nous gardions le silence ?"

"Mais, mon roi, ne devrions-nous pas couvrir la zone pour nous prémunir d'attaques de rebelles avant de s'enfoncer dans la montagnes ?"

"C'est hors de question, je vous rappelle que nous devons faire preuve d'une discrétion absolu et ce jusqu'à nouvel ordre !"

"Mais ces montagnes sont remplis de trous dans le sol et de goulots, s'enfoncer ainsi en groupe serré est un risque trop grand !"

"Se disperser ne serait qu'un risque de plus de nous faire repérer, et je ne tiens pas à ce que les rebelles sache que nous sommes ici ! Maintenant, silence !"

Agadesh n'était jamais allé dans ce djebel et regardait la scène avec suspicion. Le groupe se retrouvait maintenant à devoir se séparer de leurs bêtes. Les deux jeunes hommes servant d'aide s'attelaient à cacher ceux-ci derrière une roche imposante dans une discrétion absolu. Heureusement pour eux, les bêtes étaient bien dociles et n'émettaient pas l'ombre d'un blatèrement. Elles avaient dû être bien matés par les dresseurs royaux pour être ainsi serviles.

"Mon fils, toi et ton ami allait rester ici jusqu'à notre retour pour garder les chameaux. Prenez-en bien soin."

"Oui, père."

Alors que le groupe de guerrier allait s'aventurer dans les montagnes, Agadesh se mit à le suivre lorsqu'il entendit une voix murmurante et inconnue, comme asexuée, lui dire : "Non ! N'y vas pas, reste auprès des enfants."

La voix ne semblait venir de nulle part, ne voyant personne autour de lui en train de lui parler. Ce devait être encore un de ces incompréhensibles simulacres. Il se sentit cependant comme obligé d'obéir, commençant à penser que son destin devait avoir un rapport avec le futur d'un de ces jeunes.

"C'est injuste, pourquoi ne veulent-ils pas que nous les aidions à chercher le trésor avec eux ?"

"Il faut bien que quelqu'un garde les chameaux.."

"Les chameaux ? Tout ses chameaux ont été dressés par le grand shaman ! Même s'ils étaient enfoncés dans le sable mouvant, ils ne bougeraient pas un sabot si l'on ne leur en donne pas la permission !"

Les deux jeunes se mirent ainsi, en dépit de l'ordre de silence de leur roi, à débattre du bien fondé de la responsabilité du gardiennage des bêtes. Agadesh hésitait entre s'amuser de la bêtise des deux adolescents ou de s'en désespérer. Toujours était-il qu'il suivait la discussion avec attention, s'impatientant quelque peu de savoir quel serait l'intérêt final d'une telle vision.

Deux bonnes heures plus tard, alors que les deux jeunes n'avaient pas cessé de se perdre en discussions et débats stériles depuis leur arrivée, des bruits commençaient à se faire entendre au loin. C'était des vociférations stridents et récurrents qui devaient sans doute être une sorte de cri de guerre, accompagné de bruits de luttes.

"Qu'est-ce que c'est que ça ? Ça ne ressemble pas aux rebelles d'hurler de la sorte !"

"Aucun idée mais ça veut dire qu'ils se sont fait attaqué, il faut qu'on aille les aider !"

"Et les chameaux ?"

"On s'en fiche des chameaux, on y va ! Allez !"

Agadesh montait en même temps qu'eux dans les montagnes. Au loin, le groupe était difficilement visible dans l'obscurité malgré la clarté lunaire, et il était dur de reconnaître ami comme ennemi. C'était juste une étrange danse guerrière de silhouettes floues et d'ombres ténébreuses.

Le prince Khammurabi et son compagnon avançaient laborieusement dans les roches montagneuses, leurs pieds étant bien plus habitués au sable moelleux qu'aux rocs durs et solides.

Ils arrivèrent cependant sur le champ de bataille et, du haut de leur inexpérience puérile, se mirent sans hésitation à l'assaut. Une telle audace n'était pas anodine, et c'était pour ce moment-là que les pères enseignaient à leurs fils les valeurs du courage et de la fierté. On ne demandait à quiconque de ne pas avoir peur, mais de faire abstraction de celle-ci devant son prochain, quel qu'il soit. Un maillon faible n'était pas envisageable dans le clan Kel Attamara et tous se devait d'être la représentation qu'ils voulaient que tous aient de la famille et de ses protégés : Des êtres forts, fiers, sans peur et sans faiblesse. L'assaillant était en nombre supérieur et ne ressemblait à aucun ennemi connu du clan. Ceux-là ne ressemblait pas à des rebelles, ni même aux humains des villes. Ils arboraient une corpulence plus menus qu'à l'ordinaire, un nez ridiculement fin et des cheveux longs et noirs. Leurs peaux semblaient blanchâtres et leurs yeux clairs. Leurs oreilles rondes écartaient l'hypothèse d'une race d'elfe inédite. Ils étaient pour la plupart armés de lances entièrement ferrées d'un métal très sombre comme Agadesh n'en avait jamais vu de pareilles. Ils marchaient nu-pied sur le rugueux sol graniteux et n'avaient pour uniques habits qu'un chiffon de cuir recouvrant tout juste leurs parties intimes et étaient barbouillés de peintures de différentes couleurs qui devaient avoir une certaine signification pour eux.

Il étaient silencieux dans la bataille, à tel point qu'il était impossible de savoir s'il comprenait la moindre de leurs paroles. Connaissaient-ils au moins la langue commune ? L'obscurité elle-même ne semblait pas les déranger outre-mesure alors que les représentants des dunes avaient du mal à voir où ils mettaient les pieds.

La lutte était totale et le gros des forces de Kel Attamara était déjà tombé sous les lances de leurs ennemis. Les deux adolescents se ruèrent dans la bataille, n'ayant semble-t'il aucune hésitation à ôter la vie des rivaux qui leurs bouchaient le passage.

"Père ! Nous arrivons pour vous prêter main forte !"

Le roi Sîn-Muballit Kel Attamara n'entendait probablement pas les paroles de son fils ; il était un des derniers toujours debout et était tout à son combat, se battant avec la rage du désespoir, faisant autour de lui un carnage de trois guerriers qui s'étaient laissé entraîner par l'élan qu'ils avaient donné à leurs armes. Mais un dernier, l'air farouche et entièrement peint de jaune, eût vite finit d'abréger la furie royale en l'empalant de sa lance avant de l'en décrocher du bout de sa jambe comme s'il s'agissait d'une vulgaire bouche de chameau collé à sa sandale.

"Père !", disait Khammurabi en criant de détresse.

Il ne lui fallut pas une seconde d'inattention au combat de plus pour que celui-ci connaissent le même sort que son aïeul.

Son compagnon était lui encore tout à son combat, débordé de tout côté par les êtres étranges. Les bruits de bataille se faisaient sourdes autour de lui et tous convergeaient vers lui. Il était maintenant le dernier survivant de sa caravane et voyait sa dernière heure arrivait à grand pas lorsque l'être peint en jaune appela ses guerriers d'un cri aigu avant de faire quelques signes guerriers incompréhensibles pour lui. Toujours était-il qu'ils avaient cessé d'attaquer et semblaient décidés à sa capture. L'un des étrangers lui arracha son épée des mains d'une botte de sa lance avant qu'un autre à son arrière ne lui enfonce un grand coup derrière la nuque qui le fit s'effondrer aussitôt.

L'ultime survivant du groupe était à terre, tentant comme il le pouvait de garder l'esprit clair et de ne pas tomber dans les pommes. Le lancier jaune continuait ces gesticulations de bras d'un air autoritaire, ce devait certainement être leur chef. Ses guerriers prirent possession des bêtes du convoi et de ce qu'elles transportaient.

Il arrêta l'une d'entre elle devant l'adolescent à terre, prit les quelques richesses que ces bagages accrochés contenaient, mais laissa les vivres et les gourdes. Puis il leva de force le jeune garçon affaibli et l'incita à monter le chameau avant de s'adresser à lui :
"Sache que ta vie n'a été épargné pour une unique raison : Va communiquer à tes semblables la défaite qui a été subit ici et dis-leur qu'à partir d'aujourd'hui, seul les lances du grand sarrum Ibal-Pi El-Abhar sont autorisés à se mouvoir dans ses montagnes ! Va maintenant !"

Agadesh eût soudain un déclic : Ce sont donc eux, les lances d'El-Abhar ! Les montagnes de l'Ouest avaient été toujours plus ou moins évité et le nom d'El-Abhar résonnait pour le peuple des dunes comme s'il s'agissait des dunes comme de démons envoyés par Thimoros lui-même. Mais cela faisait bien longtemps que les légendes avaient exagérés la bestialité et la cruauté de ceux-ci, alors que les rencontres entre les deux peuples étaient maintenant pour ainsi dire nulle depuis bien des générations. Les lances auraient aussi bien pu disparaitre des montagnes qu'il n'en aurait pas été autrement.

Le sarrum mit une grande claque au fessier du chameau qui décolla en trombe. Le garçon partit la larme à l'oeil, humilié et impuissant.

Agadesh se voyait maintenant propulsé vers une autre vision, alors que celui-ci avait parcouru tout seul le désert bleu. Des corbeaux avides le suivaient depuis le début du voyage de retour, comme attendant que celui-ci se meurt avant de retrouver la civilisation. Depuis combien de temps était-il sur le chemin du retour ? Il arriva finalement, totalement épuisé, à retrouver le palais et les habitations qui l'entouraient.

Le peuple inquiet regarda le survivant arriver en suspens.
Les badauds s'agglutinaient autour de lui, l'inondant de question.

"Qu'est-il arrivé ?"

"Où est le roi ?"


Un homme au visage ferme s'avança vers lui :
"Xenair, mon fils, que s'est-il passé ?"

Xenair, pensait Agadesh, c'est donc ainsi qu'il s'appelait...

"Je... Nous avons subi une attaque."

"Les rebelles ? Ce sont les rebelles !"

"Non, il s'agissait d'être comme je n'en avait jamais entendu parler. Ils avaient la peau pâle comme celle des cadavres et ces démons voyait dans la nuit. Ils étaient nus et armés d'arme noire comme les plus profonde ténèbres ! Bestiaux et sans pitié, il les ont tous tués, même notre roi, Sîn-Muballit y est passé !"

"Le roi est mort, le roi est mort !" criait des gens dans la foule.

"Quoi ? Et toi comment t'en es-tu sorti ?"

"Ils m'ont laissé partir, juste pour que je vous raconte tout ceci et que désormais, ils étaient les seuls à avoir autorité sur les montagnes du ponant."

Un vieil homme s'avança, ce devait vraisemblablement être le sage de l'époque.

"Mensonge !" cria-t'il. "De telles créatures n'existent pas, n'ont jamais existé et n'existeront jamais Xenair ! Raconte plutôt la vérité à ton père !"

"Que... "

"Les rebelles vous ont attaqués et alors que les autres défendaient leurs vies, tu as fui comme un lâche n'est-ce pas ?"
La foule, badaude et prenant les paroles du sage comme vérité divine se mit alors à huer Xenair.

"Mais pas du tout, j'ai dit la stricte..."

"Le sage est la voix des ancêtres et ceux-ci ne mentent pas Xenair ! Tu as fui alors que le roi était en danger ? Toi, que j'ai éduqué depuis tant d'année à l'honneur et au courage... Pour finalement fuir devant l'ennemi ? Sais-tu que sa perte est pour tout notre peuple un poignard dans le dos ? Et cela... Par ta faute ! Xenair, tu fais honte à tout notre peuple et à toute notre famille ! Tu n'es plus mon fils Xenair, je le refuse. Va-t'en et surtout, ne reviens pas !"

Ces derniers mots étaient le pire jugement que pouvais faire un père du peuple des dunes à son fils. Xenair se retrouvait aussitôt arrivé, chassé à nouveau et injustement par les siens à cause des paroles d'un vieux fabulateurs.

Son peuple lui devint aussitôt hostile, et c'est sous les injures que celui-ci repartit dans le désert.

Agadesh était soudainement prit de nouvelles visions, plus brouillés et rapides. Xenair errant comme une âme en peine et pleurant dans le désert, les corbeaux le guettant toujours du haut des airs, commençant à ruminer des monologues de haine. Son arrivée dans une des villes humaines, où il est obligé de vivre tel un rat dans les ruelles, à mendier et à survivre des déchets des autres. Son premier assassinat de sang froid d'un quidam pour lui soutirer un maigre pécule. Un homme encapuchonné qui l'interpelle en lui disant faire parti d'une secte d'assassin. D'autres meurtres. Le même homme le convainquant que les assassins ne devaient pas rendre un culte à Yuimen, mais à Phaïtos et Thimoros. Des prêtres dans une chapelle obscure qui lui apprennent à manipuler le corps et l'esprit des animaux. Son affinité pour les oiseaux charognards. Des familles attaqués par des corbeaux à trois yeux.

S'en suit une horrible et interminable suite de visions éclairs toutes plus horribles les unes que les autres où s'entremêlent meurtres, rituels morbides, monstres cauchemardesques, massacres et effusions de sang

Le changement incessant de perception, le laissant soumis à une pression intense et impuissant face à cette ignoble spectacle à retourner l'estomac était trop pour un seul homme.

Et alors que les visions ne cessaient d'affluer, Agadesh sombra dans l'inconscience.



La Besogne de l'Héritier

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Quand on voyage vers un objectif, il est très important de prêter attention au chemin.
C'est toujours le chemin qui nous enseigne la meilleure façon d'y parvenir, et il nous enrichit à mesure que nous le parcourons.

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Dernière édition par Agadesh le Sam 10 Mar 2012 00:48, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Grottes du Désert
MessagePosté: Dim 31 Jan 2010 16:48 
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La Désolation des Ancêtres



La Besogne de l'Héritier




Ses visions répétés et violentes soumettait Agadesh à une pression intense, et il finit par sombrer hors d'elle pour se réveiller, en sueur, juste devant la grotte de la gueule du serpent. Le ciel était inondé d'une couleur orangé et rosé, mais impossible de savoir pour Agadesh si le soleil était en train de se coucher ou de se lever.

Balamon était là, devant lui, le regardant avec compréhension.

"C'est fini, Agadesh. Te revoilà revenu dans le monde réel."

Agadesh se releva en panique.

"Que... Où suis-je ? Comment je suis sorti de la grotte ? Les autres, où sont-ils ? Il y avait un monstre là-dedans ! Et des eaux miraculeuses ! Ces visions, qu'est-ce que ça veut dire ? Qui est ce Xenair ?"

"Cette question est stupide, sa vie vient de dérouler devant tes yeux. Xenair est un Kel Attamara tout comme toi Agadesh, et le sage sénile qui régissait à son époque ne se doutait pas du mal que sa folle décision engendrerait. Son bannissement à libérer en lui un torrent de haine dans le monde entier. Et, bien qu'il soit mort il y a bien longtemps, son âme bien trop agitée n'a jamais voulu rejoindre celle des ancêtres et n'a pas cesser d'errer en enfer, avide de retourner sur le monde terrestre pour assouvir encore son haine insatiable. Puis, il réussit par le biais d'une grande puissance maléfique à se libérer du monde souterrain, et il erre à nouveau sur Yuimen avec une rage au-delà de ton imagination."

"Je... Je ne comprend pas où est mon rôle là-dedans."

"Cette vie semant la haine n'a que trop duré et est une souffrance pour les ancêtres et pour lui. Il fait parti de notre peuple Agadesh ! Nous ne pouvons laisser ainsi une de nos âmes en souffrance ! Il en va de la fierté de notre peuple ! Nous avons commis une grave erreur, et il est maintenant temps de la réparer !"

"Que dois-je faire ?"

"Avant de mourir pour la première fois et de rejoindre les enfers, Xenair gardait cacher au fond de lui l'humanité et la fierté propre à n'importe quel Kel Attamara. Sa colère infini n'avait pour origine que celle du peuple dont il était le fils et qui l'avait renié, et pourtant jamais il n'osa revenir sur sa terre natale, pas même pour assouvir sa vengeance. Je pense que c'était pour lui une chose trop dure, qui le ramènerait à trop de tristesse, mais aussi à un espoir qu'il se refusait d'admettre. Au fond de lui, je suis convaincu qu'il n'aspirait qu'à se revoir accepter parmi les nôtres et recouvrer la fierté de son père. Mais son séjour en enfer l'a définitivement coupé de cet espoir, et son âme est maintenant totalement prisonnière du tourment du cercle vicieux de la rancoeur qui la ronge."

"S'il est trop tard pour y faire quoi que ce soit, à quoi bon m'en parler ?"

"C'est justement là la tâche qui t'es confié ; tu dois trouver un moyen pour que l'âme de Xenair repose enfin en paix. Pour cela, la rumeur des ancêtres parle de l'existence d'une certaine forme de magie rarissime qui serait capable de t'amener à agir avant sa mort première. Mais la maîtriser est au-delà de nos capacités humaines, pour en user tu auras besoin d'un guide qui en connaît les arcanes, un être de magie pure.."

"Où puis-je trouver un tel guide ?"

"Je ne suis pas omniscient Agadesh, tu en sais maintenant autant que moi... Au fait, les ancêtres ont tenu à te faire don de ceci pour t'aider dans l'accomplissement de ce dessein. Il s'agit d'un brassard noir qui a la propriété de pouvoir te faire devenir invisible pendant quelques temps quand tu le porteras... Il te suffira de le vouloir. Les trois yeux te rappelleront à la réalité si jamais tu dérives de ton objectif. Va à présent que tu connais le destin qui t'es réservé et saches que les ancêtres auront tous les yeux rivés sur toi durant ta quête."

"Sur moi ? Et les autres, quand est-il pour eux ? Où sont-ils pa..."

Balamon coupa brusquement Agadesh dans son questionnement fébrile et lui toucha le front du bout des doigts.

"Silence ! Dors maintenant !"



Le Camïu du Prodrome

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Dernière édition par Agadesh le Dim 31 Jan 2010 18:03, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Grottes du Désert
MessagePosté: Mar 8 Mar 2016 22:59 
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Épisode XVI - Méditation réparatrice


Mon sommeil avait été des plus agités. Transporté sur les épaules de mon guide à la manière d'un sac de pommes de terre, secoué dans tous les sens, mes rares et brefs moments de lucidité ne m'apprenaient pas grand chose sur les événements de cette nuit. De même, il m'était difficile de faire la part des choses entre ce que j'avais réellement perçu et ce que j'avais rêvé.
Il me semblait que le liykor avait escaladé un massif rocheux avant de descendre en rappel d'une falaise vertigineuse. A un moment, il s'était arrêté pour affronter quelque chose que je n'avais même pas pu identifier. Sinon, il avait passé un certain temps dans les dunes de sables - parfois en courant, parfois en titubant - pour finalement arriver jusqu'à une grotte, tandis que le soleil commençait à poindre. Il m'avait alors jeté au sol et s'était effondré à son tour.

Pour ma part, j'ignorais depuis combien de temps j'avais ouvert les yeux. A semi-conscient, je n'avais même pas pris la peine de me redresser. Face contre terre, je me contentais d'apprécier le calme et la chaleur apaisante du soleil en ce début de journée.

«
Debout ... » Susurra doucement une voix étrange. Elle me semblait curieusement familière mais je n'arrivais pas à mettre le doigt s... « Debout !! »

Dans un sursaut, je retrouvai soudainement mes esprits et l'usage de mes sens. Une multitude de questions fusaient dans ma tête, baignant dans les flots déchainés de mes émotions. La colère, la culpabilité, l'inquiétude, l'incompréhension, ... et beaucoup d'autres bouillonnaient en moi. Mais mon corps était trop engourdi et courbaturé pour que je puisse me concentrer convenablement sur ces préoccupations.

(
Utu, donne-moi la force. ) Implorais-je en prenant une grande inspiration avant de me redresser péniblement en position assise. Là, j'entrepris de me contorsionner pour détacher l'ensemble des sangles de mes pièces d'armure afin de les rejeter un peu plus loin. Je pris également le temps de retirer tous les bandages qui enserraient mes membres et mon torse.

J'en profitais pour prendre connaissance de mon environnement. Il s'agissait bel et bien dans une grande alcôve irrégulière qui s'enfonçait de quelques mètres dans la pierre. De l'entrée de celle-ci me parvenaient les rayons éblouissants du soleil qui devait déjà briller haut dans le ciel. A deux mètres de ma position, était allongé l'énorme silhouette sombre de mon guide liykor. Tout son équipement, ses armes et ses sacs étaient répandus en vrac autour de lui et il respirait bruyamment, dormant d'un sommeil profond.
En revanche, je ne voyais nul part la source de cette voix que j'avais cru entendre ... Mon esprit fatigué me jouait-il des tours ?

Une fois tout mon équipement retiré, griffes comprises, je fis un ultime effort pour m'assoir en tailleur, plaçant mes mains sur mes cuisses, fermant les yeux et relâchant tous mes muscles.
Il fallait que je commence par me calmer. Et pour cela, des exercices élémentaires de respiration s'imposaient.

«
Vous devez respirer avec votre diaphragme, pas avec votre cage thoracique. » Nous avaient souvent répété nos ainés, lorsque je vivais encore parmi les worans. Je me rappelais parfaitement bien de ces séances de méditation. « Sans bouger vos épaules, inspirez doucement ... Bloquez votre respiration un court moment ... Et expirez lentement, profondément, jusqu'à vider vos poumons ... Puis recommencez. »

Au bout de quelques minutes, mes inspirations se firent plus profondes et mes expirations plus contrôlées. D'abord arythmiques, elles devinrent progressivement régulières, et je pus sentir l'excitation me quitter. A la place, une impression de quiétude me gagna et la douleur commençait déjà à s'atténuer.
Il était temps de passer à la suite.

(
Hi Aak dii Hahdrim, Yol Krein Utu ... ) Faisant abstraction de tout ce qui m'entourait, plongeant dans les abysses de ma conscience, j'entrepris de me focaliser sur chaque parcelle de mon corps meurtri en commençant par ... mon gros orteil gauche.

Me concentrant sur cette partie de mon corps, je pris un moment pour la considérer sous tous ses aspects, pour la mouvoir doucement, puis pour identifier précisément la douleur qui en provenait. Je visualisais celle-ci comme une minuscule étincelle dont la nature, l'intensité, la façon de se propager, ... m'apparaissaient comme autant de formes et de couleurs différentes.
C'était un exercice commun, auquel nos aînés nous avaient entrainé dès notre plus jeune âge, mais qui nécessitait une certaine capacité à se projeter et une grande maîtrise de soi. Son utilité était d'identifier la douleur à petite échelle, point par point, pour comprendre son fonctionnement à l'échelle globale et, ainsi, pouvoir s'en débarrasser par la seule force de l'esprit.
En effet, après en avoir fini avec cet orteil, je pus passer au second, puis au troisième, ... puis au pied entier, à la jambe, ... jusqu'à finalement arriver au bout de mon museau. Je pouvais alors me représenter l'ensemble des signaux douloureux qui parcouraient mon corps, comme d’étincelants flux multicolores et crépitants plus ou moins localisés.

(
La douleur ... n'est qu'une simple information ... Faal Aus loos nid aan Mal Ru. ) Me répétai-je, encore et encore. Prenant pleinement conscience du sens de cette prière et l'appliquant méthodiquement, j'entrepris d'évacuer ces flux. Les dissocier, les étirer, les dévier, ... Chaque lueur devait être appréhendée différemment et cela me demanda un effort mental surhumain pour m'en débarrasser.

Cet exercice m'occupa un bon moment et me fit même perdre la notion du temps. Si bien que, lorsque je rouvris les yeux, je fus presque surpris de voir qu'il faisait toujours jour et que mon guide dormait encore. En revanche, la pression qu’exerçaient mon corps et toute la souffrance qui le parcourait avait pratiquement disparu.
Voila qu'il était temps de chercher des réponses à un certain nombre de questions que j'avais mises de côté, un peu plus tôt.

_________________
Je suis Kogan, le Moine Woran tigré. Mais vous pouvez aussi m'appeler Krogan, Hulk Hogan, Koganounet à la crême, Koko, Cagounet, KahounInet, le Koganator, Koganinounichounafibichibidisloubidou, Kogy, Koganichoninet, ... Ça dépend des gens ! ^^
Image
Un grand merci à Vilnish et à Itsvara pour la signature !
Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


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 Sujet du message: Re: Les Grottes du Désert
MessagePosté: Sam 12 Mar 2016 12:48 
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Désormais libéré de la douleur qui me tiraillait, il ne me fallut qu'un instant pour me lever. Continuant de respirer paisiblement, je pris un petit moment pour m'étirer et pour faire rouler mes muscles, avant de me diriger vers la sortie de la grotte. Je ne pris pas la peine de ré-enfiler mon armure, mais je pris tout de même mes nouvelles armes, qui avaient une grande importance dans ma pratique du Nakralen.

En effet, mon esprit était embrumé de questions, et je voulais avoir le conseil d'Utu pour y répondre, et être proche de lui. La grotte n'était pas basse de plafond, elle n'aurait pas gêner mes mouvements. En revanche, je souhaitais fortement sortir de là et aller arpenter le sable chaud.

Au passage, je jettai tout de même un coup d'oeil à mon guide endormi. Au fond de moi, je mourrais d'envie de continuer notre progression et de nous rendre à Yarthiss sans attendre ... Mais le liykor avait probablement marché toute la nuit et il avait besoin de repos. Il fallait de toute façon que je m'occupe en attendant son reveil.

***

Me révélant au soleil, je me rendis compte que la journée était bien avancée. Le soleil brillait à son zenith et les températures étaient à la limite du suportable.
La grotte était située légérement en hauteur et la position me donnait une vue panoramique sur le paysage. Les dunes se succédaient les unes aprés les autres et s'étendaient à perte de vue. Vers ma gauche, l'horizon était marqué de hauts reliefs montagneux qui emergeaient de la mer de sable, à une bonne journée de marche d'ici. Je ne pouvais que supposer qu'il s'agissait de la chaine de montagne qui constituait la frontière Ouest du désert. Celles-ci constituaient un excellent moyen de se repérer dans le desert mais abriter de nombreuses familles d'hommes de sables rebelles, d'escalavagistes, de pillards, ou d'autres créatures pire encore ...
Autrement, le sable était bel et bien brun - et non bleu - ce qui me rassurait puisque cela signifiait au moins que non n'avions pas fais marche arrière.

***

En fois en haut de la dune, j'enfilai mes gantelets. Puis j'écartais les bras, fermant les yeux et savourant la chaleur - qu'on aurait pu qualifier d'étouffante si elle ne me faisait pas me sentir proche d'Utu - légérement rafraichi par une brise légère qui soufflait sur ma position.

La douleur avait disparu, remplacée par un grand sentiment de liberté.
A vrai dire, je ne realisai qu'à ce moment précis que je l'étais. Libre.
Aucune menotte n'enserrait mes poignets, aucune châine ne pendait à mes poignets ou à mes genoux. Autour de moi, aucun homme des sables pour me hurler dessus, me frapper ou me contraindre à effectuer leurs tâches ingrates ou à me battre pour eux.

J'étais libre.

Et ma première action allait être de laisser libre cours à mon Nakralen.

Mes bras croisés sur mon torse, je fis un pas en arrière et mis mon bras droit en garde devant moi. Mon bras gauche ....




--> va s'entrainer dans le sable. Se pose questions
--> Aprés un moment, le likyor l'apelle. Il est reveillé





Déjà, je me préparais à devoir voyager à nouveau de nuit.

Je reflechis : pourquoi Aregh nous a pas rdv plus proche
pourquoi magie, pourquoi aregh ?
On est où ?

Et je m'entraine : meditation, nakralen, entretien le matos.


Finis avec : le likyor remue et se reveille (15-16 h. Comme ça ils ont 2-3h pour se préparer, discuter, ... puis go.




Songe aux esclaves que j'ai abandonné derrière moi.

_________________
Je suis Kogan, le Moine Woran tigré. Mais vous pouvez aussi m'appeler Krogan, Hulk Hogan, Koganounet à la crême, Koko, Cagounet, KahounInet, le Koganator, Koganinounichounafibichibidisloubidou, Kogy, Koganichoninet, ... Ça dépend des gens ! ^^
Image
Un grand merci à Vilnish et à Itsvara pour la signature !
Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


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