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 Sujet du message: Le Désert Bleu
MessagePosté: Jeu 30 Oct 2008 19:56 
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Le Désert Bleu


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Ce désert est fait de roche et de sable... Rares sont les plantes et les animaux qui y vivent. La couleur bleu turquoise de ces lieux les rend particuliers, pour ne pas dire uniques.

La famille Kel Attamara, seigneurs de ce terrain vague, y vit depuis de longues années. Ils racontent de vieilles légendes à propos de Moura, Déesse de l'Eau. Selon eux, ce domaine lui appartenait, il y a de longs, très longs siècles. Mais suite à un dur combat contre Yuimen, elle perdit. En souvenir de quoi elle offrit aux pierres sa propre couleur et, aux hommes qui y vivraient, de l'eau cachée.

Vous n'y trouverez jamais une seule oasis, car l'eau est loin.

De nombreuses grottes seraient dissimulées dans les montagnes. Mais nul ne sait, à part peut-être les Kel Attamara, ce qui s'y cache.

Les vieux des montagnes parlent de trésors immenses, d'autres parlent tout simplement d'eau pure comme celle qui naît aux sommets des montagnes.

Peut-être parviendrez vous à survivre dans ce milieu pour le moins hostile où les températures extrêmement chaudes en journée descendent très bas dès le coucher du soleil...

Pour plus de précisions sur ce qu'a été ce désert avant, reportez vous à la deuxième légende de Moura.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Lun 30 Nov 2009 12:39 
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"Le Désert Bleu... Territoire ancestral de notre grande famille, les Kel Attamara... De biens sombres histoires se déroulèrent en ces terres, il y a de cela bien des siècles... La rumeur des ancêtres veut que ces lieux fussent autrefois une terre dont la beauté n'avait d'égale que sa fertilité... Vierge de toute trace de civilisation, véritable paradis terrestre où la faune et la flore étaient éclatantes en diversité et en abondance... Tout ceci n'aurait eu nul lieu à changer si les dieux, dont la cupidité n'eût d'égal que la bêtise, s'étaient abstenus de remettre en cause l'équilibre des éléments... On dit que ce fut Moura qui, ayant, contre tout les principes divins établis, amené une grande colonie de créature dont elle fut la génitrice : les elfes bleus. Elle intervint dans leur société comme jamais il ne le fût permis par le panthéon ; elle usa de ses pouvoirs divins pour leur donner myriades de privilèges... Faveurs des marais et des crus, gibier aquatique à profusion, fontaines d'eaux magiques aux milles vertus... Peu de temps fallut donc à ses êtres privilégiés pour créer une cité grandiose à l'architecture unique et où les eaux de Moura étaient omniprésentes... A l'embouchure du delta d'un antique fleuve maintenant tari, les rues étaient autant de canaux où elfes, hippocampes et poissons d'eaux douces vivaient en parfaite harmonie dans un milieu aussi bien terrestre qu’aquatique et dont les eaux étaient toujours magnifiquement pures et cristallines, les bateaux pouvaient circuler d'un côté à l'autre de la ville dans une parfaite aisance et surtout, il n'y avait en son sein nul citoyen qui ne jurait d'une loyauté et allégeance infinie à la grande déesse de l’hydros... Les temples de celle-ci abondaient, et le moindre mètre ne manquait d'afficher une statue ou une icône en son honneur... A un point tel que les autres dieux n'avaient, quant à eux, jamais eu la moindre emprise sur ce peuple nouveau en plein âge d'or... Yuimen El Etarni fut enragé de voir un tel peuple à la renommée et la puissance grandissante se proclamer n'appartenir qu'à Moura, allant même jusqu'à la considérer comme la seule déesse véritable... Il menaça la déesse de devoir céder sa cité aux autres croyances, mais celle-ci ne l'entendit pas de cette manière. Yuimen décida alors d'altérer les pouvoirs de la déesse en soumettant le royaume elfique à des chaleurs de plus en plus fortes. L'effet fut immédiat : les canaux se tarissaient, les créatures marines peinaient à vivre sous des eaux aux températures aussi élevés et les elfes bleus se retrouvaient à maudire la déesse. Mais El Etarni n'en avait pas fini : aussi il ligua les peuples humains vivant à proximité, eux aussi atteints par ce brusque changement de climat, à combattre l'engeance elfique fautive de cette action divine. Kel Attamara, général des légions humaines, commanda l'attaque de la ville de Moura. La bataille fut rude, mais les humains finirent triomphants, les rares elfes bleus survivants ayant fui par la mer vers des contrées lointaines. Sur cette victoire, Moura s'avoua vaincu et se soumis à Yuimen. Le dieu aurait très bien pu décider de faire retrouver à ses terres sa splendeur d'antan, mais il en fut autrement. Il décida, au nom de cette victoire et à titre de rappel aux éventuels autres dieux qui comme Moura auraient la vanité de vouloir détenir l'exclusivité des croyances, de teinter ses terres en bleu. Les peuples humains, dirigés par Kel Attamara, ayant subi de nombreux dommages et ne voyant jamais le climat reprendre sa douceur de jadis, durent ainsi apprendre à vivre en harmonie dans ce champ de bataille divin, à nos jours encore beaucoup hanté des restes de l'ancienne cité elfique et des traces magiques de Moura et de Yuimen en personne...", racontait le vieil homme du désert aux quelques jeunes adultes qui l'entouraient, assis en rond et mangeant de la viande séchée autour d'un feu de camp de fortune éclairant sans mal le crépuscule désertique. Une gourde d'eau circulait aussi de main en main, mais chacun en buvait toujours très peu car il est bien connu que pour le peuple des dunes, moins on boit, moins on a besoin de boire. Et avoir le besoin de boire était un luxe trop important pour ce peuple en constant manque d'eau potable. Le groupe de jeunes gens ici présent étaient composés des cinq fils Kel Attamara ; Hamilcar, Eshmoun, Bes, Sid et Agadesh, les cinq ainés des branches les plus influentes de la famille, tous prétendants au rôle de futur meneur du clan. Ils n'étaient en rien des frères, mais tous étaient de sang les dignes descendants du vénérable ancêtre qui bouta les elfes bleus de Moura hors de leur actuel territoire, et tous étaient susceptibles d'être un jour appelé à avoir entre leurs mains la grande responsabilité de la survie de leur peuple. Agadesh était le plus jeune parmi les cinq, mais cela ne l'en pénalisait pas plus, car le choix du futur chef du clan était une histoire bien trop complexe pour ne dépendre que de l'âge des prétendants. Le choix revenait directement à Balamon, et le respect qu'il inspirait autour de lui était trop grand pour que quiconque le conteste. Balamon était le vieux sage du village, la mémoire collective de l'histoire de la famille et des mystères du désert... Balamon avait tout juste soixante-deux ans, ce qui, en d'autres endroits sur Yuimen n'aurait pas été une chose extraordinaire, mais la vie dans le désert était rude, et l'espérance de vie en son sein se limitait pour les plus chanceux à la cinquantaine. Son visage fut donc creusé avec précocité par les rides et sa chevelure, sa moustache et sa barbe, auparavant d'un noir absolu étaient maintenant d'une blancheur certaine. Cet homme aux traits marqué par le temps qui passe toujours plus vite sous l’aridité désertique n’était bien évidemment pas né avec la fonction de vieux sage, mais fut choisi, comme il était de coutume, par l’ancien vieux sage lors des premiers âges de la maturité. Nul n’a jamais su comment les sages choisissaient leur relève… Certains affirment même que la décision ne leur revenait pas à eux, mais aux dieux dont ils étaient les porte-parole… Rumeurs et idées mystiques allaient bon train, mais rien n’avait jamais été sûr pour personne. Aussi restait un mystère concernant les sages… Aucun d’eux, depuis autant que de mémoires humaines puissent en avoir le souvenir, ne mourût au sein du village. Lorsqu’il sentait leur heure venir, ils se retiraient dans un endroit inconnu des profanes pour, dit-on, rejoindre les ancêtres.

Les cinq fils de la lignée avaient écoutés son histoire avec attention, mais Eshmoun se questionnait sur son but :
"Sage Balamon, votre récit fut très beau et je ne le conteste pas, mais il va sans dire que nous connaissons tous la légende de nos terres... Aussi je doute que vous nous ayez tous fait venir ici seulement pour nous l'énoncer. Serait-ce le jour du choix du nouveau meneur ?"

Balamon lui répondit en toute simplicité :
"Eshmoun, toi mieux que quiconque ici est bien placé pour savoir que l'impatience peut être fatale... Souviens-toi du raid sur le camp rebelle... Ton père avait voulu l'attaquer avant la tombée de la nuit, et il ne fait nul doute que c'est la cause de sa mort et de celle des guerriers qui l'accompagnait. S'il n'a pas eu l'occasion de retenir la leçon, cette leçon t'incombe. Mais pour répondre à ton questionnement, non, l'heure de la proclamation nouvelle est encore lointaine."

Eshmoun se tut. Il fut bien tenter de défendre l'honneur de son père, mais avait trop de respect envers le sage pour réfuter son jugement.

Hamilcar posa à son tour une question au sage :
"Mais alors, vieux sage, pourquoi nous avoir réuni ainsi tout les cinq avec une si importante quantité de vivres à disposition ?"

"Ces vivres vous seront fort utile pour la suite."

"Qu'attendez-vous de nous exactement ?"

"A trois jours à dos de chameau, au nord de notre position, se trouve le désert des rocs d'azur... En suivant le chemin de la lune, vous trouverez la grotte de la gueule du serpent. Vous devrez rentrer à l'intérieur. Lorsque vous vous serez assez enfoncé dans la grotte, le chemin se partagera en cinq directions différentes. Choisissez bien, car sachez que l'une d'elles mène vers une mort certaine... Pour les autres, ce que vous découvrirez au fond déterminera votre destinée."

Agadesh, surpris, coupa le vieux sage :
"Attendez, vous êtes en train de nous dire que l'un de nous doit obligatoirement mourir ?"

"C'est exact. La gorge du serpent est le domaine des ancêtres et le sacrifice de l'un d'entre vous est nécessaire pour que notre peuple continue à recevoir leur protection. Il en a toujours été ainsi. Maintenant il vous faut dormir, vous aurez fort besoin de repos pour le voyage qui vous attend."

Les cinq jeunes hommes obéirent sans oser poser plus de question. Le vieux sage était la voix des ancêtres et des dieux et tous savaient le respect qu'ils lui devaient en tant que tel. Ils s'endormirent inquiets, se couchant près de leurs chameaux respectifs.

Agadesh ne cessa de se questionner sur ce que pouvait contenir la grotte dont parlait le vieux sage, multipliant les interrogations auxquelles il savait ne pouvoir lui-même répondre. Pourquoi les bienveillants ancêtres voudraient que l'un de leur descendant soit sacrifié ? Que pouvait-il bien y avoir de si important et de si mortel au fond de cette mystérieuse grotte ? Quelle destinée pouvait bien l'y attendre ?



Le Chemin de la Lune

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Quand on voyage vers un objectif, il est très important de prêter attention au chemin.
C'est toujours le chemin qui nous enseigne la meilleure façon d'y parvenir, et il nous enrichit à mesure que nous le parcourons.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Mer 2 Déc 2009 01:32 
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Le Chemin de la Lune




Agadesh passa une nuit très mouvementée. Tourmenté par les multiples facettes d'un futur proche, à son inquiétude se rajoutait la fraîcheur de la nuit désertique qui, portée par un vent doux, soufflait dans ses oreilles tel le râle d'un titan impuissant hurlant à la miséricorde divine... En fait, le moindre détail de cette nuit n'avait manqué de le déranger. Le sable s'infiltrant dans les recoins de son visage, les blatères des chameaux, les mouvements, les soupirs et les ronflements de ses compagnons, sa position toujours trop inconfortable peu importe son sens, son tapis de sol qui s'enfonce trop dans le sable froid, des impressions de faim et de soif totalement illogiques après le repas de la veille, qui était pourtant loin d'être aussi frugal que d'ordinaire... Une mauvaise nuit, en somme.

Toujours était-il que plutôt de trop chercher le sommeil, Agadesh décida de se lever avant même que le soleil n'ait dévoilé ses premiers rayons... Il commença à ranger quelques affaires pour le départ avant d'apercevoir que Balamon n'était plus là, et que Sid était debout au sommet d'une dune avoisinante, guettant l'horizon.

Agadesh le rejoignit doucement, s'arrêtant une fois arrivé à son niveau. Sid ne quitta pas son axe de vue, et Agadesh lui demanda :

"Où est-ce que Balamon est parti ?"

"Je l'ignore. Il n'était déjà plus là lorsque je me suis réveillé. Je n'ai vu aucune trace de lui ou de son chameau dans le sable. C'est comme s'il avait disparu, lui et toutes ses possessions, au coeur de la nuit, sans un bruit et sans un geste."

Agadesh se tut un instant et regarda à son tour le vaste panorama de sable bleu s'étendant à perte de vue.

"Que regardes-tu ?"

"La beauté du divin Yuimen."

"Yuimen ? Où vois-tu Yuimen ici ? Il n'y a autour de nous que le néant."

"C'est cela même, Agadesh. Yuimen n'est pas seulement le dieu de tout ce qui vit, il est aussi le dieu de tout ce qui aurait pu vivre. Nos yeux ne sont peut-être capables que de voir le néant, mais pour peu que nous nous ouvrions nos esprits, la vérité est toute autre.... Je vais te dire ce que je vois Agadesh. Je vois l'antique cité des elfes bleus, chéris de Moura, en plein essor... De l'eau potable à perte de vue... De grandes forêts où règnent une profusion d'animaux, de fruits et d'herbes comestibles... Je vois notre glorieux ancêtre Kel Attamara profiter pleinement de celles-ci... Je vois les anciennes terres de notre peuple ne pas avoir à subir ses terribles sécheresses... Je vois notre peuple pouvoir vivre sans avoir à craindre les colères du désert et à lutter incessamment pour sa survie... Et enfin, je loue Yuimen de son courroux, car sans lui, nous ne serions pas, nous deux, ici et maintenant, à parler de tout ceci.... Tu vois Agadesh ? Il n'y a nul néant autour de nous. Il n'y a que le reflet de notre propre existence... L'oeuvre de Yuimen."

Agadesh resta songeur à la réflexion de Sid. Au fond, il n'avait pas tord... Le désert était l'arbre qui permettait aux fruits humains du peuple des dunes de vivre, qui leur donne leur identité, leur fierté, leur grandeur...

Il regarda avec Sid l'horizon quelques instants. L'aurore commençait à pointer au-delà des dunes, et le soleil n'allait pas tarder à le suivre et radicalement réchauffer la mer de sable bleu.

Agadesh dit à Sid :
"Allons réveiller les autres et préparer nos affaires. De rudes journées nous attendent et je préfère que nous ayons fait le plus de chemin possible avant le zénith."

"Oui, tu as raison."

Sid et Agadesh retournèrent sur le campement et virent Bes déjà levé et en train de monter ses affaires sur son chameau. Lorsqu'il les vit arriver, il leur dit :
"J'imagine que vous ne savez pas où est parti Balamon."

"En effet."

"Ce n'était pas une question. Je me doutais de son départ nocturne et n'ai pour ainsi dire dormi que d'une oreille, en espérant au moins l'entendre quitter notre compagnie. Mais je n'entendis pas l'ombre d'un souffle hormis les vôtres. Il n'a pas même laissé l'ombre d'une trace... Pourtant, même effacé, je suis capable de pouvoir reconnaître le trajet de n'importe quel homme après plusieurs jours. Si je ne suis pas en mesure de savoir ni où ni quand il est parti, alors personne ne le peut. Des faits comme ceux-ci me prouvent sans cesse que Balamon est bien plus que cela."

Agadesh et Sid marquèrent un silence approbateur, connaissant la réputation de meilleur traceur de tout le désert de l'est que Bes avait acquis à juste titre. Il reprit :
"Réveillons les autres et partons sans plus attendre. Je crains que le soleil soit sans pitié aujourd'hui."

Agadesh alla réveiller Eshmoun, lui agitant doucement l'épaule et en l'appelant par son nom. Celui-ci ouvrit doucement les yeux sans broncher, et Agadesh l'informa de la situation :
"L'aube ne va pas tarder Eshmoun, nous devons partir au plus vite."

Eshmoun ne tarda pas à se lever et à préparer ses affaires sans prononcer un mot, puis voyant Balamon absent, il dit :
"Balamon est parti à ce que je vois. Ça ne m'étonne pas vraiment. Il était clair que ce voyage ne pouvait dépendre que de nous. Bien maintenant il faut nous hâter, il me tarde déjà de savoir ce que peux bien cacher cette fameuse grotte de la gueule du serpent."

Sid était pendant ce temps depuis tout à l'heure en train de s'activer à réveiller un Hamilcar au sommeil lourd. Eshmoun, le voyant ainsi peiner pour le réveiller, s'avança vers le dormeur et le poussa avec le pied. La réaction fut immédiate. Hamilcar se réveilla tel un cobra dérangé durant sa sieste, attrapa son sabre et le pointa sous la gorge d'Eshmoun.

"Tu crois me faire peur Hamilcar ?"

"Je ne permets à personne d'abuser de mon sommeil pour ainsi m'humilier de coups de pied !"

Sid, voyant le conflit éclater devant ses yeux, intervint :
"Doucement Hamilcar, ne blâme pas trop rapidement Eshmoun... Tu es le dernier à dormir et l'aube pointe à l'horizon. Il nous fallait partir et tu étais sourd aux tentatives de réveil plus douces. Maintenant que tu es réveillé, ne perdons pas plus de temps en vaines menaces et hâtons-nous de faire le maximum de chemin avant que le soleil ne soit au plus haut dans le ciel."

Hamilcar retira sa lame de la gorge d'Eshmoun et lui dit :
"Ose encore une fois me manquer de respect et je ne retiendrai plus ma lame Eshmoun."

"C'est ça Hamilcar, c'est ça. Maintenant dépêche-toi de te préparer, nous n'attendons plus que toi."

Après quelques instants, les cinq descendants Kel Attamara étaient au dos de leurs chameaux respectifs, l'un derrière l'autre. Bes ouvrait la marche, Agadesh se trouvant juste derrière lui.

"J'y pense, Bes, sais-tu où se trouve cette grotte de la gueule du serpent ?"

"Non, je n'avais jamais entendu parler d'elle. Mais je sais où se trouve le désert des rocs d'azur."

"Et comment fais-tu pour te repérer ainsi, en pleine journée et sans aucun repère ?"

"Je fais comme Balamon nous l'a indiqué... Je suis le chemin de la lune.", dit-il en montrant du doigt l'astre plein, qui se voyait très bien en cette matinée ensoleillée.



La Fureur des Sables

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Mer 2 Déc 2009 21:20 
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La Fureur des Sables




La journée de marche fut longue et épuisante. Bien qu'il n'y ait eu pas beaucoup d'efforts à faire autre que de bien rester attacher sur la selle de son chameau, le soleil fut plus rude que d'habitude et les pauses étaient rares. Bes, ayant une bonne connaissance du temps et des bêtes, avait acquis d'office le rôle de guide, décidant des bons moments et bons endroits pour faire des haltes. Une pause bien orchestrée avant le zénith permit à tous de faire un bon repas et, pour Agadesh comme pour Sid, le temps de faire une sieste à l'ombre d'une tente en tissu léger, histoire de récupérer un peu le sommeil qu'ils n'avaient pas eu durant leur nuit. Bes les aurait bien rejoint, mais il prenait sa tâche de gérant du temps bien trop au sérieux pour cela. Eshmoun et Hamilcar, quant à eux, n'en ressentait tout simplement pas le besoin.

La journée fut très longue et très silencieuse, aucun n'ayant la particulière envie de partager ses inquiétudes et ses espoirs avec les autres. Cela aurait été une marque de faiblesse, et ses fiers représentants du peuple des dunes avaient toujours appris que jamais aucune ne devait s'en émaner d'eux. Rare seront les occasions où l'on peut entendre l'un d'eux se plaindre, paresser, montrer sa peur ou s'enthousiasmer pour une raison ou une autre, car la vie dans ces déserts ne tolère ni capricieux, ni oisifs, ni poltrons... Et les rares qui réussissent à se réjouir de choses simples se retrouvent vite souvent à devoir déchanter face aux nombreuses désillusions et aux espoirs bafoués qu'ils rencontrent. Les forts vivent, les faibles meurent. La sélection naturelle s'applique ici mieux que partout ailleurs.

Ils ne se parlèrent ainsi pratiquement pas de la journée, bien que tous aient l'inquiétude certaine de ce qu'il trouverait dans les profondeurs des rocs d'azur...

Toujours était-il que le désert avait été très calme durant la journée. Le soir tombant, il n'y avait plus même le moindre vent. Bes restait silencieux, mais il était clair que quelque chose le dérangeait. Agadesh, voyant son inquiétude, alla lui parler.

"Tu me sembles bien nerveux Bes, que se passe-t'il ?"

"Ce silence... Ce calme... Je n'aime pas ça."

"Pourquoi donc ?"

"C'est le signe précurseur d'une tempête... Et depuis que nous faisons la route, je n'ai pas repéré le moindre endroit où nous serions susceptible de nous abriter si cela venait à arriver."

"Nous pouvons y faire quelque chose ?"

"Hélas non Agadesh, nous ne pouvons plus qu'avancer et espérer que nous trouvions un refuge avant que la nuit devienne totalement noire."

Eshmoun, ayant entendu la conversation, intervint :

"Espérer, Bes, ne nous ait pas permis et tu le sais. Dis-nous plutôt comment nous devrions réagir si la tempête nous tombe dessus."

"Et bien il n'y aurait qu'une chose à faire : Nous encercler avec nos vivres au centre, et attendre que ça passe."

Hamilcar, entendant lui aussi la discussion en train de se mener, ajouta :

"C'est tout ? Et nos chameaux ? Ils déguerpiront aussitôt !"

"C'est là que l'on voit que tu connais mal ta monture Hamilcar, ait confiance en leur dressage et leur nature : Yuimen leur a fourni toute la résistance nécessaire pour supporter les colères du désert et n'ont pas besoin de tout nos artifices humains. Et si jamais ils leur venaient la mauvaise idée de fuir, ce que je doute, il vaut mieux perdre un chameau en fugue que sa vie en voulant l'en empêcher !"

"Très bien, et alors combien de temps devrions-nous supporter la tempête ?"

"Je l'ignore, une tempête peut aussi bien durer une dizaine de minutes que des jours entiers. Mais quoi qu'il en soit, il est toujours plus dangereux de risquer à continuer la marche que de rester ensemble et immobiles jusqu'au retour d'un temps plus calme."

Hamilcar s'énervait.

"Ah c'est comme ça ? Je refuse, très cher Bes, de rester planter comme un stupide caillou à attendre la fin d'une tempête qui pourrait durer des jours entiers ! Notre peuple a besoin de nous, je vous le rappelle, alors dépêchons-nous de traverser cette fichue portion de désert complètement stérile, passons dans cette stupide grotte et revenons au plus vite !"

Sid avança à côté d'Hamilcar, tentant de le raisonner.

"Inutile de t'énerver de la sorte, Hamilcar. Nous n'aspirons tous qu'à en finir tout comme toi, mais prendre des risques inutiles n'y changerait rien ! Aucun de nous ne voudrait revenir en devant annoncer à tes femmes et tes enfants que leur père est mort en se comportant comme un parfait idiot !"

Hamilcar, la rage dans les yeux à l'écoute de ses paroles, frappa Sid au visage, qui tomba aussitôt de son chameau. Eshmoun, en voyant ceci, sauta du sien pour aller défier Hamilcar. Sid, se levant, lui pris le bras :

"Non, c'est inutile Eshmoun. Je sais ce qu'il me reste à faire."

Sid s'accroupit et marqua dans le sable ses quelques mots : Aujourd'hui, Hamilcar m'a frappé. Tous regardèrent avec interrogation l'inscription de Sid. Hamilcar émit un petit rire moqueur auquel il ne prêta pas attention. Aussitôt fait, Sid remonta au dos de son chameau et dit au groupe :

"C'est fait. Maintenant, continuons notre route avant que la tempête ne nous tombe dessus."

Le groupe reprit sa marche, aussi silencieuse que le désert qui l'entourait. Au bout de quelques heures de marche, la tempête arriva sur eux. Le bruit devint vite assourdissant, et Bes criait des ordres de rassemblement. Chacun prit ses vivres et les enfouis dans le sable avec plus ou moins de talent et de facilité, mais ce fut fait. Bes s'occupa des chameaux, les faisant vite s'asseoir au plus près d'eux. Les cinq se réunirent assis en cercle, usant du tissu de leurs turbans et boubous pour se couvrir le visage et se tenant près les bras les uns au-dessus des autres.

Ça y était, la bonne position était prise. Il ne fallait plus qu'attendre la fin de la fureur des sables.

Agadesh, le visage recouvert de tissu, ne voyait plus rien. Les hurlements du vent, tels les vociférations désespéré d'un horrible monstre de légendes anciennes criant sa mélancolie furieuse résonnait dans sa tête comme un sombre cauchemar éveillé, en ayant l'impossibilité de ne pas l'entendre. Les mains de ses compagnons serraient durement son bras, lui faisant mal, et lui se tenait tant bien que mal sur deux autres bras en puisant dans tout ses ressources pour conserver ce dernier contact, ce dernier sens qui lui prouvait qu'il n'était seul dans cette misère. Tout cela sans savoir ni qui il touchait ni qui le touchait. Ça n'avait à la fois aucune et toutes les importances. Le sable, percutant frénétiquement l'ensemble de son corps, de manière totalement chaotique et désordonné, sans pouvoir donner un véritable sens à celui-ci, lui brûlait la peau malgré ses amples habits. La situation était invivable, physiquement et mentalement épuisante. Supporter une telle douleur dans un tel contexte d'inaction était harassant. Il sentait son corps entier n'être plus qu'à la merci des vents du désert, ses muscles contractés luttaient pour garder l'équilibre, sa concentration était totale. Même respirer était un exercice difficile en ses conditions. Il se sentait s'affaiblir à petit feu, mais jamais n'abandonna sa prise. Et il lutta, encore et encore. Les minutes semblaient des heures, et ce titan de sable jamais ne semblait vouloir se taire. Agadesh, se sentant perdre la raison, poussa un grand cri venu du fin fond de ses tripes. Pour lâcher prise, pour oublier sa douleur, sa situation... Pour revenir aux origines, tout simplement. Mais même son propre cri ne semblait qu'un murmure dans les entrailles de ce monstre qui les avait engloutis depuis un temps incertain. Cette constatation ne fit que le frustrer plus encore. Et le temps passait, passait... Mais était-ce des jours, des heures, des minutes ? Agadesh se sentait perdre toute notion du temps.

Toujours était-il, qu'au bout d'un certain temps, la tempête sembla se faire de moins en moins forte. Doucement, mais sûrement. Agadesh ne le crût pas au premier abord. Peut-être était-ce son corps qui s'habituait à la douleur ? Un léger moment de ralentissement avant un souffle bien pire encore ? Il attendait donc, et des pressions se faisaient, plus communicantes, entre les doigts de chacun. Nul ne pourrait comprendre ce que les soubresauts de phalange de l'un voulait dire à l'autre, mais dans ce cas-ci, ressentir une vie autre que la nôtre est quelque chose d'incroyablement rassurant. Il pouvait presque tous se comprendre, par, quelque part, une certaine télépathie : J'ai survécu... Dis-moi que toi aussi. Puis la tempête se fit bourrasque. La bourrasque se fit vent. Le vent se fit brise. Et la brise se fit accalmie.

Eshmoun retira en premier sa protection de tête. Les autres, entendant celui-ci prendre sa nouvelle inspiration l'air apaisé, firent de même.

Agadesh fut un instant surpris par la noirceur de l'extérieur. Il n'y voyait pas à un mètre. Seule la lumière lunaire éclairait faiblement les dunes bleues dans une nuit profondément noire.

Bes, toujours en son sens des priorités, regarda si tout le monde allait bien et si les chameaux étaient toujours présents. Ils étaient tous là. Ils avaient eux aussi l'air d'avoir souffert de la tempête, et se relevaient à peine, bougeant leurs pattes trop longtemps immobiles et comme lâchant quelques blatères de satisfaction entre eux. Les vivres enfouis avaient eux aussi bien tenus le coup. Tout avait marché comme prévu... Quel soulagement !

Sid enleva en dernier sa protection, se débarrassant rapidement du surplus de sable s'étant invité dans les bourrelets de tissu de sa vêture, puis regarda dans les yeux ses compagnons, un sourire taquin sur les lèvres, avant de littéralement éclater de rire. Les autres furent aussi vite emporté dans cet éclat qui devint vite un fou rire commun, totalement incontrôlé et d'une rare franchise. Ce n'était pas seulement un rire ordinaire, c'était le rire de la mort déjouée, de la peur affrontée et vaincue, de la victoire de l'homme sur les éléments... Le rire de la vie, tout simplement, élevé à son plus pur niveau.

A la suite de ce rire semblant ne jamais vouloir en finir, tous ressentirent un profond besoin de communication, comme pour se libérer d'entraves les ayant jusque là que trop handicapé. Ils parlèrent longuement de cette expérience, découvrant qui était les personnes qui les tenaient aussi durement et vice versa, des angoisses qu'ils avaient ressenties durant la tempête et ce dont ils s'étaient mis à penser. Le tout dans une humeur joyeuse et sans complexe, relâchant pour une fois la façade qu'ils gardaient pour un moment de franche et insouciante camaraderie...

Une fois l'excitation de la spectaculaire survie ayant passé, tous se sont mis à dormir. Ce moment de repos était un pur régal pour chacun d'entre eux, et c'était pour tous un sommeil de plomb qui les attendait dans la nuit maintenant calme et sereine.


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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Ven 4 Déc 2009 01:47 
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La Fureur des Sables



Les Gardiens des Rocs d'Azur




La nuit, bien que fraîche, se passa bien pour tous. Les premiers rayons du soleil frappant leurs visages, ils s'animèrent tous comme un seul homme après un sommeil réparateur qui n'avait pour seul désavantage que de réveiller avec eux les courbatures causés par la tempête de la veille. Ils mangèrent un repas modeste dans une ambiance de réveil difficile et peu bruyant. L'on pouvait entendre des os qui craquaient sous la pression des mouvements matinaux, mais aujourd'hui plus qu'hier au même moment, chacun était content de voir ses compagnons. Certains sourires entre des croisements de regards s'échappaient... Ils étaient tout simplement bien, ici et maintenant, ensemble, et nulle parole n'était nécessaire pour le dire.

Sans un mot de plus, chacun enfourcha son destrier calmement. Les chameaux eux-mêmes étaient silencieux et calme, comme épousant la conduite de leurs maîtres.

Bes ouvrait toujours la marche, les autres le suivant mollement en file indienne.

La journée passa simplement, bien que le rythme que gardait Bes fut bien moins soutenu qu'avant. Les hommes étaient fatigués, les bêtes aussi. Les épuiser pour arriver plus vite tiendrait plus de l'imbécilité que du besoin. Au pire, il y aurait quelques heures à rattraper le lendemain ou bien continuer à marcher une fois la nuit tombée. Rien de bien grave en somme.

A peine quelques heures après la rituelle pause du zénith, des dunes du désert commençaient à immerger quelques étranges grandes roches céruléennes. Disgracieuses, brutes, aux contours incertains et abrupts... Ces curieuses concrétions de pierres de plusieurs mètres sortaient des sables telles les tentacules d'un immense monstre pétrifié et enfoui sous la surface... Leur nombre ne cessaient d'augmenter, donnant au décor une allure particulièrement macabre et cauchemardesque.

Hamilcar, interloqué, demanda à Bes :

"Qu'est-ce que ces pierres ? Je n'en avais jamais vu de tel !"

"Ces pierres sont le signe que nous sommes sur la bonne route, Hamilcar. J'ignore pourquoi, mais elles entourent sur des kilomètres les reliefs des rocs d'azur... Il nous reste encore beaucoup de chemin à faire, mais au moins maintenant il n'y a plus d'incertitude quant à notre parcours... Maintenant, si nous pouvions au moins avoir les rocs en vue avant la tombée de la nuit, ce serait déjà une bonne chose."

Sid, fermant l'arrière de la caravane et écoutant Bes, ne remarqua pas derrière lui une vingtaine de sillons en train de se tracer dans le sable allant tous en sa direction, comme si quelque chose en dessous était en train de s'activer à le rattraper.

Bes posa un silence, puis repris, s'adressant à tout le groupe :

"Par contre, il nous faudra ici faire preuve de la plus grande prudence. Car autour de ces pierres, c'est le terrain de chasse des..."

Un des sillons arriva aux niveaux des premiers sabots du dernier chameau, et Sid eût à peine le temps de les remarquer que du sol jaillirent des espèces de petits serpents rouges qui sautèrent à une vitesse incroyable du sol droit au cou du chameau.

"... véroces !!!"

Le chameau blessé tomba à terre, retenant la jambe d'un Sid hurlant de douleur prisonnière de son poids.

Agadesh, Eshmoun, Hamilcar et Bes sautèrent des leurs en dégainant leurs sabres.

Les créatures n'étaient pas bien grandes, mais rapides et pourvues de dents aussi grosses que leurs têtes. Celles ayant fait tombé le chameau s'affairaient telles des sangsues à le vider de son liquide vital. Ses blatères se faisaient de plus en plus faibles et sa peau de plus en plus pâle alors que les bêtes gonflaient, engorgés de son sang frais.

Agadesh se défendit comme il le pouvait contre les créatures hostiles qui se ruaient vers lui. Une réussi à s'agripper sur son avant-bras d'un violent coup de dent. Il s'en débarrassa aussitôt en l'empoignant avec l'autre main, mais celle-ci avait déjà à peine mis les dents sur lui que son habits fut arraché et du trou de sa morsure coulait lentement du sang noirâtre. D'autres l'attaquèrent, qu'il coupa directement en vol avec plus ou moins d'adresse et surtout beaucoup de chance. Une d'elle sauta vers lui de face, le visage en proie. La bête, la gueule ouverte, lui exhibait des dents pointues qui se régalaient déjà du festin. Mais Agadesh eût le bon réflexe de mettre sa lame en long en face de lui, en plein dans le chemin de la créature, qui fut ainsi tranchée de tout son long avant de retomber pathétiquement sur le sol en affichant quelques ridicules soubresauts, purs réflexes reptiliens qui veut que les muscles continuent à se contracter quelques temps après la mort.

Ses compagnons n'étaient pas en marge, Bes et Eshmoun luttaient comme des lions enragés. Hamilcar alla porter assistance à Sid, le protégeant des véroces profitant de sa situation de faiblesse, puis l'aida à se défaire de sa monture maintenant réduite à l'état de cadavre. Hamilcar ayant dû poser sa lame pour pouvoir tirer Sid et voyant une des bêtes se ruer sur le cou de son compagnon, mis sa jambe entre les deux pour le protéger, se laissant un instant sucer par le serpent écarlate. Lorsque Sid put enfin sortir sa jambe, Hamilcar, lâchant un cri de haine, prit le parasite entre ses mains, le regarda droit dans les yeux alors que celui-ci claquait de ses dents encore sanguinolentes et lui lança d'une voix furieuse :

"Alors comme ça on veut nous bouffer ?!"

Hamilcar pris la bête et la mordit à pleine dent sur son long. Ses dents éclatèrent au passage son ventre, qui était une véritable poche de sang après sa succion. Hamilcar recracha le morceau de la bête qu'il avait arraché avec les dents, regardant brièvement la zone de sable bleu où coulait son sang prendre une curieuse couleur verte glauque avant de la laisser tomber au sol.

Le combat continuait. Un autre chameau avait subi les coups de dents des véroces et s'effondra au sol dans un blatère atroce, en écrasant deux au passage. Un autre fut littéralement projeté par un coup de sabot violent. Sid récupéra son arme et se leva avec difficulté, en boitant et s'occupa de ceux affairés sur son destrier mort. Engorgé de son sang, ceux-ci avaient gonflés à un point ridicule et ne semblait même plus être en capacité de bouger. Quelques larges coups de lames suffirent à s'en débarrasser.

La situation semblait peu à peu se calmer, Eshmoun finissant par tuer les derniers survivants qui persistaient à vouloir les attaquer.

Le calme se réinstalla. Seul les blatères du chameau agonisant troublait encore le silence ambiant. Bes alla voir la bête, qui était en fait le destrier d'Eshmoun. Les autres chameaux étaient autour de lui avec un air triste et impuissant, l'un d'eux léchant le visage de son confrère au sol.

"Eshmoun... Ton chameau est mal en point, il a perdu beaucoup de sang..."

"Nous ne pouvons rien y faire ?"

"Il a en a déjà perdu beaucoup trop... Je pourrais à la limite ralentir la perte de sang et avec un peu de chance le sauver, mais j'en doute fortement. Et même si cela était le cas, il en deviendrais considérablement affaibli et il serait impossible de le chevaucher à nouveau."

"Alors je sais ce qu'il me reste à faire."

Eshmoun s'approcha de sa bête, s'accroupit et lui dit à l'oreille :

"Tu as été une noble monture et je suis honoré d'avoir été ton chamelier. Mais il est l'heure... De Yuimen, tu passes à Phaïtos... Adieu, fidèle compagnon."

Il brandit son sabre et, d'une geste totalement contrôlé, abrégea les souffrances de l'animal.

Hamilcar et Agadesh, ayant tout deux reçu une morsure au combat, se débrouillèrent pendant ce temps à improviser avec quelques bouts de tissus une compresse au niveau de leurs blessures encore ensanglantées.

Sid se débrouilla pour boiter jusqu'à une roche, et commença à y graver quelque chose avec la lame de son épée.

Hamilcar, interloqué, vint vers lui et découvrit l'inscription : Aujourd'hui, Hamilcar m'a sauvé. Voyant ceci, Hamilcar lui demanda :

"Je ne comprends pas Sid, pourquoi donc as-tu écrit hier dans le sable que je t'avais frappé, et aujourd'hui tu graves dans la roche que je t'ai sauvé ?"

"C'est bien simple, mon ami. Lorsqu'un compagnon me blesse, je l'écris dans le sable, en sachant que les vents de l'oubli ne tarderont à l'effacer, car c'est une honte à la foi pour moi, mais aussi pour lui. Et lorsqu'un compagnon fait pour moi quelque chose qui compte vraiment, je le grave dans la pierre, là où aucun vent ne saura l'effacer. Et ainsi résonnera à l'éternité pour lui comme pour moi cette action de gloire. Il doit toujours en être ainsi Hamilcar, ce qui est mauvais doit disparaitre, et ce qui est bon doit être éternel. Tu n'es pas mauvais Hamilcar, saches-le."

Hamilcar resta silencieux quelques secondes, puis lui lança, en souriant :

"Je t'ai toujours vu comme quelqu'un d'étrange, Sid... Mais je t'aime bien. Excuse-moi pour le coup de poing d'hier, veux-tu ?"

Les deux compagnons discutèrent encore un certain temps, semblant enfin trouver leur terrain d'entente.

Eshmoun, Bes et Agadesh récupéraient pendant ce temps la viande récupérable du chameau récemment achevé et discutaient brièvement. Agadesh s'inquiétait de savoir si les morsures de véroces étaient venimeuses, mais Bes répondit qu'il n'en était rien.

Bes insistait lourdement pour qu'ils repartent aussitôt, craignant qu'une nouvelle vague de véroces ne se déchaîne sur eux.



La Gueule du Serpent

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Dernière édition par Agadesh le Lun 14 Déc 2009 23:33, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Ven 4 Déc 2009 18:58 
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La Gueule du Serpent




L'inquiétude s'insinuait de plus en plus dans l'esprit d'Agadesh... La tempête et l'attaque de véroces raisonnait en lui comme étant les signes d'un présage plus mauvais encore. L'environnement ambiant, fait de tentaculaires concrétions de pierres cobalt qui se tortillaient en tout sens et se multipliaient de plus en plus au fur et à mesure de la marche, augmentant toujours plus en hauteur et en diamètre, ne faisaient qu'agrandir encore son malaise. Il s'attendait à tout moment à ce que celles-ci se mettent à prendre vie et s'agiter en tout sens... Se disant que si cela était le cas, il ne donnerait pas cher de sa peau.

De plus, la perte de deux chameaux était certes un signe de mauvais augure, mais c'était surtout un gros handicap qui représentait une perte de rythme assez conséquente. En effet, le chameau a beau être une créature forte et robuste, il est rare lorsque l'un d'eux a la capacité physique de supporter plus d'un conducteur sur son dos. Et bien qu'un Sid, Hamilcar et Agadesh blessés aient le privilège de monter les trois méharis restants, Eshmoun et Bes devaient quant à eux avancer à pied. Et marcher en sandale sur du sable brûlant n'était jamais une chose agréable pour personne. Mais ils avaient le grand avantage d'être tout deux vaillants et se tenaient bien de clamer leur douleur et leur fatigue alors qu'ils savaient qu'à tout moment pouvait se reproduire une attaque de véroces, une tempête de sable ou Yuimen sait encore quels épreuves pouvant les attendre en chemin.

Ils avancèrent donc tous, avec le silence et la concentration propre à la plus grande prudence. Les heures passèrent, à toujours marcher droit devant...

Puis, alors que le soleil n'allait plus tarder à rejoindre les ténèbres...

"Là ! Le djebel droit devant ! C'est ça, ce sont les rocs d'azur !"

Tous regardèrent le djebel avec une curiosité certaine. En fait, ses quelques montagnes clairement sèches de pures rocailles, perdus en plein milieu du désert bleu n'avaient, outre leurs couleurs bleues-grisâtres, rien de bien particulier.

Mais le fait étaient qu'elles étaient là, resplendissantes de banalité, le soleil allant comme pour se cacher derrière elles.

Agadesh contenait mal sa déception, et si le tissu ne cachait pas la plus grande partie de son visage, tous auraient vu une mine désagréablement surprise d'avoir affronté autant de danger pour arriver vers un décor aussi ordinaire.

Les tentacules de pierres convergeaient clairement vers elle, ce qui donnait une impression un peu particulière. Ses étranges colonnes de pierres seraient-elle la surface immergée de la continuation souterraine des rocs d'azur ? C'était une probabilité en effet.

Mais les rocs avaient beau être en vue, ils n'étaient encore que difficilement visible à l'horizon. Et Bes, comme tout bon homme du désert, savait qu'ici les distances étaient trompeuses et qu'il fallait encore de nombreuses heures de marches avant de pouvoir les rejoindre, ce qui aurait été d'une impatience plutôt inutile vu l'état actuel des choses.

La décision fut donc prise de camper ici pour cette troisième nuit de voyage. Le moment parfait pour se reposer, changer le bandage des blessures et discuter de tout ce qui serait bon de savoir pour la journée suivante...

"Au fait, Bes, comment se fait-il que tu connaisses si bien l'endroit ?"

"Je suis un pisteur, Agadesh, c'est mon rôle de connaître la moindre parcelle de désert de notre territoire... Mais pour répondre à ta question, je suis tombé ici par hasard, en escortant une caravane marchande en direction des montagnes de l'ouest. Nous avions eu aussi à faire aux véroces, mais ils n'étaient pas aussi nombreux qu'aujourd'hui. Nous étions en supériorité numérique et nous avions ainsi pu facilement nous en défaire. Nous avions juste contourné la montagne, je n'ai donc pas eu l'occasion de l'explorer plus que cela."

"Et qui avait décidé de l'envoi de cette caravane de marchandise ?"

"Bala... Attend, tu es en train de me dire que Balamon m'aurait fait venir ici par le passé rien que pour que je puisse nous y conduire maintenant ?"

"Je n'ai rien dit de tel, Bes. Mais cela ne m'étonnerait pas vraiment... Balamon a toujours tout vu sur le long terme..."

Lorsque la nuit et sa fraîcheur inondèrent le désert, il fut décidé, pour éviter d'être surpris par un quelconque danger, d'instaurer des tours de garde pendant la nuit. Agadesh, pensif, se proposa pour être le premier à veiller à la sécurité de ses confrères.

Alors qu'eux venaient doucement de se coucher, lui était assis en train de repenser à ce qui pouvait l'attendre dans la grotte préconisée par Balamon. Encore une fois, pourquoi l'un d'eux devrait mourir ? Qu'y avait-il de si important dans ses grottes pour déterminer ainsi leurs vies ? Quelle était la réelle motivation de Balamon ?

Le froid nocturne finit par lui donner un léger frisson, et l'obscurité avait fini par lui donner des idées plus hésitantes malgré le petit feu improvisé qui le réchauffait du mieux qu'il pouvait. Toutes ses interrogations sans réponse le rendirent un brin nerveux. Ils allaient se lancer le lendemain complètement à l'aveuglette dans l'exploration d'une grotte dont ils ne savaient absolument rien ni dans quel but...

Agadesh regardait ses compagnons au sol, se demandant lequel d'eux devrait mourir le jour d'après avec la colère de l'impuissance. Pourquoi devoir subir une telle fatalité ?

Sid semblait être le seul à passer une mauvaise nuit. Il s'agitait dans son sommeil, se tournait et retournait sans cesse... Agadesh lui-même, réveillé, faisait moins de fatras, mais les autres, vraisemblablement déjà dans un sommeil profond, n'y prêtais pas une oreille. Comment pouvaient-ils dormir ainsi en sachant la finalité de leur voyage ? Mais au fond, ils avaient raison. Quitte à devoir mourir demain, autant passer la meilleure nuit possible...

Agadesh tint fidèlement son poste, et lorsque le sommeil commençait à se faire sentir plus lourd que ses inquiétudes, il réveilla comme prévu Eshmoun pour qu'il prenne son tour.

Le lendemain, toujours comme prévu, Sid, le dernier à guetter, réveilla tout le groupe aux premiers rayons du soleil. Sid avait beaucoup insisté la journée d'hier pour être le dernier à faire son tour de garde. Personne n'en cherchait plus l'explication. Sid avait toujours été comme ça. Le premier levé, toujours, pour regarder le lever du soleil. Il semblait trouver une certaine beauté spirituelle dans ce fait pourtant commun qui veut que chaque jour le soleil sorte lentement des ténèbres pour finalement à lui seul illuminer de sa clarté et de sa chaleur le monde. Pourquoi pas.

Agadesh se leva avec pour première impression celle d'une douleur qui se réveillait violemment. Sa blessure à l'avant bras émanait une odeur infecte. Il enleva le bandage. La blessure ne saignait certes plus trop, mais celle-ci avait énormément gonflé et une grande marque rouge l'entourait. Il commença à se faire une nouvelle bande, mais Eshmoun le remarqua et l'interrompit :
"Attend. Montre-moi ta blessure."

Agadesh s'exécuta.

"Hum, ta blessure s'est infectée. Il faut traiter ça avant que ça ne finisse en gangrène."

Eshmoun tourna le regard vers le feu toujours allumé.

"Sid, passe-moi un de ses bâtons enflammés."

Sid s'exécuta lui aussi tantôt sans poser de question. Eshmoun avait l'air de savoir ce qu'il faisait. Agadesh commençait à comprendre où il voulait en venir, mais cela ne le rassurait pas vraiment.

"Trouve-toi de quoi mordre. Ce serait bête de perdre ta langue alors que je te sauve un bras."

Agadesh, assez perturbé mais comprenant la nécessité de ce que faisait Eshmoun, pris un grand morceau de tissu et le mit entre ses dents.

"Tu es prêt ?"

Non. Personne n'est jamais prêt à ce recevoir ce genre de douleur. Mais il fit un vibrant geste de la tête montrant une affirmation tremblante. Que ça en finisse le plus tôt possible.

"On l'allonge par terre. Tenez-lui les bras et les jambes. il ne faut pas qu'il bouge tant que je n'ai pas fini."

Une fois couché, Bes était en train de lui tenir les jambes au sol pendant qu'Hamilcar s'occupait des bras. Eshmoun fit son opération sans aucune délicatesse : aussitôt en position, il mit en contact le morceau de bois brûlant en contact avec la chair infectée. L'opération prit quelques dizaine de secondes pour s'occuper de toute la blessure, alors qu'Agadesh mordait le bout de tissu bleu comme un pauvre diable. Tous autour de lui semblaient horrifiés par les cris étouffés et la force que celui-ci émettait à cette douleur. De ses yeux coulaient des larmes de souffrances, ses veines ressortaient, son corps entier s'était mis à transpirer de toutes parts et son coeur battait à une vitesse incroyable...

Une fois sa besogne accompli, Eshmoun jugea la blessure noircie par les cendres, semblant fier de son travail, avant de lui lancer :

"C'est terminé. Maintenant, bande-moi ça, étanche ta soif et prépare-toi au départ. C'est bien que tu aie tenu. Nombreux sont ceux qui tournent de l'oeil après lors d'une expérience pareille."

Il se tourna ensuite vers Hamilcar, lui faisant signe de montrer sa blessure.

"Non Eshmoun, je verrais pour ma blessure une fois sorti de la grotte. Si je dois être le sacrifié aujourd'hui, je préfère autant éviter d'avoir à subir un tel martyr auparavant."

"Si l'on attend encore plus, tu seras bon pour devenir unijambiste, voire cadavre, Hamilcar, tu en es conscient ?"

"J'en prends le risque."

"Comme tu voudras."

Il se tourna vers Sid :

"Et toi Sid, comment vas ta jambe ?"

"Je ne peux m'empêcher de boiter ; le choc d'hier m'a laissé un bleu qui s'étale du pied au genou, mais ça va."

Agadesh, au sol, mit un certain temps à se remettre de la douleur. Transpirant, il cracha le morceau de tissu maintenant en lambeau. Son coeur se calmait peu à peu, mais la douleur subsistait, et c'est avec l'aide d'Hamilcar qu'il pu se lever sans encombre. User de ses forces et user de son bras était une expérience encore trop pénible pour lui. Et il avait soif. Très soif. Il but une grande partie de l'eau qu'il restait dans sa gourde, plus que de raison.

Une fois remit, tous partirent donc en direction des rocs d'azur.

Il fallut plusieurs heures avant d'être confronté à la pierre véritable et ses ombres rafraichissantes. Les parois rocheuses étaient solide et loin d'être friable, mais toutes décrivaient des falaises insurmontables. Il fallut faire le tour de l'édifice de pierre avant de trouver ce qui semblait être le lit d'une rivière asséchée, qui donnait ainsi une entrée sur l'intérieur des rocs. En s'infiltrant par ce chemin naturel et rocailleux, chacun faisait attention à ne pas se fouler ici la cheville. Ils découvrirent alors, une fois au coeur du relief, que le djebel était trompeur. En effet, les montagnes n'étaient qu'une apparence, une muraille naturelle qui protégeait en son sein un profond cratère de rocailles dans lequel se perdait le sillon de l'antique rivière.

A plusieurs niveaux, on pouvait deviner sous les roches bleues des trous dans le sol et des cavités se creusant dans les parois du relief. Une d'elle se démarquait de toute les autres, et pour cause : l'entrée avait été sculpté en forme de tête de cobra à l'attaque, le cou gonflé et l'entrée de la grotte faisant office de gueule. Voir un tel signe de civilisation en plein coeur du désert était étonnant, qui donc aurait pu vouloir venir ici pour faire une sculpture aussi réussie mais sans personne pour la voir ?

Tous se regardèrent avec inquiétude. Il ne fallait pas chercher la confirmation pour comprendre qu'ils étaient enfin en face de la fameuse grotte de la gueule du serpent dont parlait Balamon. La grotte qui prendra la vie d'un d'eux... Et qui révèlera le destin des autres.



La Gorge du Serpent

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Sam 28 Avr 2012 18:07 
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(… pied droit, pied gauche, pied droit, pied gauche …)

Je marchais. C’est tout ce dont j’étais conscient. Focalisé sur mes pieds nus qui foulaient péniblement le sable, je n’avais en tête qu’une seule et unique pensée : mettre un pied devant l’autre. En plus d’exercer ma concentration, cette forme de méditation était pour moi le seul moyen de supporter les innombrables heures de marche que je devais subir chaque jour.
En effet, je ne m’étais que peu habitué à ces randonnées sans fin dans le désert, écrasé sous un soleil de plomb et étouffé par une sécheresse des plus arides. Et pourtant, cela faisait presque 4 ans. Oui, presque 4 ans qu’on me faisait arpenter de force cet immense désert dont j’avais fini par croire qu’il était interminable et dont chaque dune me semblait identique aux précédentes. Et aux suivantes aussi, d’ailleurs …

(… pied droit, pied gauche, pied droit, …)


Mais comment m’en tenir pour responsable, moi qui ai été élevé dans de grandes étendues de verdures ? Qu’Utu me place dans une forêt, une jungle, des champs ou sur quelques collines ou montagnes, et je n’aurai aucun mal à retrouver instantanément mon chemin et à dénicher de quoi survivre au fil des jours. Mais quoi de plus absurde qu’un désert ? Quoi de plus inhospitalier qu’une étendue infinie de sable dont les seuls reliefs sont des falaises déchiquetées identiques les unes des autres et d’immenses dunes se déplaçant au fil des vents, rendant tout repérage impossible ? Quoi de plus hostile qu’un climat si sec atteignant d’impressionnants pics de chaleur en journée mais qui se transforme en froid glacial lorsque la nuit tombe ? Et, quand bien même réussit-on à survivre aux conditions climatiques et géographiques d’un désert, il n’y a alors quasiment aucun moyen de se nourrir ou de s’abreuver ! J’avais déjà entendu dire que certains humains se vantaient de connaitre les emplacements de plusieurs sources d’eau pure au beau milieu du désert, mais je n’en croyais pas un mot. Il est de plus inutile de préciser que la flore était quasi-inexistante en ces lieux désolés. Quant aux éventuelles proies à chasser, il ne s’agissait que de minuscules insectes ou mammifères incapables de satisfaire le moindre appétit, ou alors de prédateurs bien plus redoutables que les humains craignaient et évitaient à tout prix.

(…pied gauche, pied droit, pied gauche, …)


Malgré tout, de très nombreux humains peuplaient ce désert. Robustes, ils étaient armés d’audace, d’ingéniosité et d’un sens de l’orientation et de la survie hors du commun. Ils usaient sans cesse de stratagèmes, qui étaient le plus souvent des traditions qui se perpétuaient de familles en familles, afin de résister à l’hostilité du désert. Et ils se prénommaient le Peuple des Dunes, même si les worans que je fréquentais les appelaient les Hommes des Sables. Mes ainés m’avaient également autrefois mis en garde de leur caractère froid et implacable. Par ailleurs, plus j’y réfléchissais, plus je trouvais de similitudes entre les hommes des sables et le désert lui-même : brutaux, secs, impassibles, … et bien d’autres.

(… pied droit, pied gauche, …)

Mais à force de tendre l’oreille aux discutions indiscrètes, j’avais finit par comprendre que les hommes des sables de ce désert étaient en pleine guerre civile. D’après ce que j’avais entendu, il existait une très grande et très puissante famille de marchands et de guerriers nomades qui régnait sur le Désert de l’Est et qui imposait ses lois et son idéologie à tous les habitants du désert. C’est donc dans ce but que cette famille cherchait à éradiquer toute trace de l’esclavagisme, qu’elle avait abolit, et à exterminer les cultes des dieux qu’elle reniait. Loin de me soucier de ces lointaines et futiles querelles humaines, je restais concentré sur mon seul objectif. Même si cela faisait plusieurs années que j’avais été séparé des miens, je comptais bien retrouver la worane que j’aimais plus que tout et là avait toujours été ma première priorité.

(… pied droit, pied gauche, pied d…)


« HALTE !!! »

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Je suis Kogan, le Moine Woran tigré. Mais vous pouvez aussi m'appeler Krogan, Hulk Hogan, Koganounet à la crême, Koko, Cagounet, KahounInet, le Koganator, Koganinounichounafibichibidisloubidou, Kogy, Koganichoninet, ... Ça dépend des gens ! ^^
Image
Un grand merci à Vilnish et à Itsvara pour la signature !
Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


Dernière édition par Kogan le Mer 5 Sep 2012 18:34, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Sam 28 Avr 2012 18:08 
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« HALTE !!! »

Concentré sur mes pas, la voix forte de l’humain qui était en tête du groupe me fit sursauter. M’arrêtant net, je relevai la tête en balayant l’horizon du regard, avec espoir. Je souhaitais de toutes mes forces apercevoir le bout de cet interminable désert ou encore une quelconque forme de civilisation. Mais non …

(Rien. Par Utu, toujours rien …)

Ce paysage routinier s’étendait à perte de vue tandis que ses reliefs abrupts et son sable bleuté lui donnaient l’apparence d’une mer déchainée. En effet, ce n’est pas pour rien que l’on surnomme le Désert de l’Est, le Désert Bleu. Et ce n’est pas non plus une coïncidence si tous les hommes des sables racontent que ces terres étaient autrefois le domaine de Moura, leur déesse des mers et des océans.

Malgré l’indifférence que me m’inspiraient ces lieux, l’ensemble du peuple des dunes s’était toujours accordé à dire que ce désert était magnifique, une vraie merveille de la nature. Mais cette beauté apparente cachait bien son jeu : Outre son climat extrême, le Désert bleu était parsemé de nombreuses montagnes et falaises, creusées de grottes profondes et humides. Ces dernières habitaient d’innombrables menaces allant des insectes venimeux aux robustes reptiles à sang froid, en passant par les terrifiants prédateurs nocturnes ou encore les dangereux clans d’hommes des sables rendus fous par le désert. Assurément, la traversée de ce désert était loin d'être à la portée de tout le monde.

Mais il avait toujours existé des rassemblements d’hommes du peuple des dunes, comme les Charognards, qui connaissaient les lieux comme leur poche et qui, malgré que je n’eu jamais compris comment, sont capables de s’y repérer et même de s’y diriger avec une justesse époustouflante. Depuis que j’étais esclave, j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer plusieurs de ces clans humains et j’avais pu constater que chacun adoptait sa propre méthode pour survivre. Des éclaireurs, des itinéraires prédéterminés ou même des animaux de compagnies féroces et étranges, … tous les moyens étaient bons pour tenter d'avoir la vie sauve.

Pour les Charognards, l’essentiel était de toujours connaitre sa position actuelle, de pouvoir définir ses alentours et surtout d'être capables de se déplacer à grande vitesse en cas de mauvaise surprise. Ainsi, à l’exception des esclaves comme moi qui devions suivre le rythme à pied, tous les membres de la bande étaient montés à dos de chameaux. Ils progressaient d’un pas rapide, tout en restant groupés et en gardant leurs armes toujours à portée de main. Pour finir, suivant un code extrêmement complexe, plusieurs hommes des sables jouaient le rôle d’éclaireurs. Ils préféraient aux chameaux, robustes mais plus lent, des montures bien plus rapides : des chevaux pur sang arabes. Tournant autour du reste du groupe, ils s’en allaient, revenaient, informaient leurs camardes de la direction à suivre et communiquaient entre eux, dans un ballet presque artistique. Ce devait être l’un d’entre eux qui venait de stopper la progression du groupe entier.

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victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


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Voila quelques minutes que nous étions arrêtés au beau milieu du désert. Partout autour de moi, tout le monde était sur le qui-vive, esclaves comme hommes des sables. Après tout, nous avions l’habitude : fréquemment, le convoi s’arrêtait parce que les éclaireurs avaient détecté quelque chose ou simplement parce qu’ils suspectaient la présence d’une menace.
Mais les nerfs étaient à cran … Et pour cause ! Plus d’une fois, nous avons été attaqués par surprise, pris en embuscade dans des moments pareils. Habitués à ce genre de situation, les charognards étaient immobiles, impassibles et prêts à réagir, ils guettaient le moindre mouvement, le moindre bruit, le moindre souffle.

(Quelle ambiance insoutenable !)

« Grrrmmff ! Qu’est c’qu’y foutent ? » Grogna un massif esclave garzok tout prés de moi, brisant le silence qui s’était posé. Mais un autre orque lui répondit du tac au tac.
« Ferm' la, Krug ! »

Heureusement pour ces deux là, les Charognards étaient trop occupés à guetter pour faire attention à eux. Sans quoi, ils auraient passé un mauvais quart d'heure.

De là où j’étais, je pouvais observer le groupe dans sa totalité. Les Charognards étaient constitués d’une bonne vingtaine d’humains et de presque autant de chameaux qui blatéraient sans cesse. Ce que je pouvais détester ces bêtes là ! Hauts de plus de deux mètres, auxquels venaient s’ajouter trente centimètres de bosse, elles étaient couvertes d’un pelage long et sale. Leur visage au nez énorme et aux yeux mis-clos affichait toujours la même expression stupide tandis que leurs cris disgracieux retentissaient constamment. Sans parler de leur mâchonnement écœurant. Pour finir, j’étais bien heureux de devoir faire les trajets à pied car je n’imaginais même pas comment les hommes des sables qui les montaient pouvaient supporter leur démarche boiteuse …
Les hommes des sables, eux, avaient tous un physique robuste et musclé forgé par le désert. Du haut de leurs chameaux, ils utilisaient souvent de longues lances de chameliers. Sinon, ils portaient tous un ou plusieurs sabres larges et courbes, leur arme de prédilection. Certain possédaient même un arc, une arbalète ou encore de javelots de lancer, même si les armes de jet n’occupaient pas une grande place chez eux.
Il était de coutume pour eux de ramasser des trophées sur leurs ennemis vaincus. Ainsi, ils arboraient tous des ossements, des pièces d’armures, des fragments de pierre, etc … Beaucoup étaient de fervents croyants de Mourra et le montraient par des symboles ou des peintures de couleur bleu sur leurs possessions ou encore à même leur corps.
Cette croyance en Mourra et leur conservation de l’esclavagisme, qu’ils considéraient comme une tradition du désert qui ne devait en aucune cas disparaitre, sont les deux grandes raisons qui faisaient que les Charognards étaient en guerre contre la grande famille Kel Attamara, qui prétendait diriger le Désert Bleu.

Mes observations furent interrompues par le cri d’un des hommes des sables. C’était le même qui avait ordonné la halte, quelques minutes plus tôt. Les éclaireurs devaient avoir décrété les environs sur et prévenus le groupe de reprendre son avancée.

« Fausse alerte ! On est repartit ! »

Immédiatement et d’un seul geste, tous les Charognards remirent leur monture en route. C’était pour nous autres, les esclaves, le moment de reprendre la marche. Ce que nous nous empressâmes de faire sous les râles et les claquements de fouet.
Malgré mon exercice de méditation, mes jambes me faisaient souffrir. En effet, la journée était bien avancée, comme le montrait la position du soleil dans le ciel, et les pauses avaient été peu fréquentes, encore moins que d’habitudes.

(Les environs doivent être particulièrement dangereux …)

Mais ce n’était pas ça qui allait m’arrêter. Prenant sur moi pour surmonter la douleur, j’empoignai l’amulette que je portais autour du cou, et qui représentait Utu, et l’embrassai en adressant à ce dernier une brève prière.

« Dreh zu Naulahney kotin daar Pindaar do Klo »

(Aller ! C’est repartit ! Pied droit, pied gauche, pied droit, ….)

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Un grand merci à Vilnish et à Itsvara pour la signature !
Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
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(Par Utu, quelle chaleur !)

C’est vrai que pendant mon enfance, on m’a toujours appris à considérer le soleil comme la représentation d’Utu en personne, mais là … J’aurais volontiers rasé la totalité de ma fourrure si j’en avais eu l’occasion. Vraiment, je n’en pouvais plus !
Et je n’étais pas le seul. Marchant à mes côtés, les autres esclaves trainaient eux aussi les pieds et suaient à grosses gouttes. Au nombre de huit, leurs visages affichaient tous la même expression sombre : celle de la servitude. Deux d’entre eux étaient de massifs et brutaux garzoks, survivants d’un groupe plus vaste qui avait tenté de s’en prendre aux charognards, et il y avait également un elfe, dont les origines me sont totalement inconnues. Les cinq autres étaient des humains qui avaient violement été arrachés aux leurs. De temps en temps, un coup de fouet retentissait derrière nous et nous rappelait pourquoi nous étions là.

(Ayene Bal ? Bay … Bayene Pal ? Non, c’est pas ça … Biene quelque chose, je suis sure que ça commence par Biene.)

Le nom de notre destination m’échappait totalement. Pour cause, je ne l’avais entendu qu’une poignée de fois, et jamais directement. Puis, comme si on lisait dans mes pensées, un des bandits s’adressa au reste du groupe en hurlant, juste à ce moment là.

« Les éclaireurs sont formels ! On se rapproche de la Crête du Serpent ! Bien’en Tal n’est plus bien loin ! »

Bien’en Tal, voila ! C’est là bas que nous emmenaient les hommes des sables. D’après ce que j’avais pu entendre ces derniers jours, il s’agirait d’un vaste terrain de fouilles archéologiques situé à la frontière Nord du Désert. Il se dit également que les magiciens-chercheurs qui y font leurs fouilles n’hésitent pas à acheter des esclaves à bons prix pour leur faire faire le sale boulot. Et c’est pour cela que nous étions là. Pour être vendu au marché noir.

Dans ces contrées désertiques, les esclaves avaient une vie des plus misérables. Persécutés, vendus, puis revendus, passant d’un maître à un autre, parfois torturés, voire pire encore … J’avais déjà même entendu parler de certaines familles du désert qui n’hésitent pas à dévorer leurs propres esclaves lorsqu’ils sont à court de vivres.

(En réalité, lorsqu’on se compare aux esclaves de certaines autres tribus, nous avons une bien belle vie chez les Charognards …)


En effet, s’il y avait bien quelque chose qu’Œil-de-Vautour aimait par-dessus tout, outre le pouvoir, c’était bien la richesse. Et c’était un homme intelligent. Cruel et sadique, certes, mais intelligent. Et, heureusement pour nous, il faisait partit des rares esclavagistes à avoir conscience qu’un esclave se vend mieux lorsqu’il est vivant et en un seul morceau.
Dans ce but de préservation de biens, les hommes des sables ne levaient presque jamais la main sur nous. Mais il ne fallait surtout pas prendre ceci pour de la clémence ! Un seul manquement aux ordres et c’était l’exécution directe, non pas sans douleur.

Même si nos tâches se résumaient le plus souvent à nous occuper des corvées ingrates telles que la cuisine, le nettoyage, etc … Nous n’échappions pas à la plus grande tradition des esclavagistes : les combats de gladiateurs. Monnaie courante chez tous les rebelles du Désert de l’Est, ces affrontements entre esclaves avaient lieu très fréquemment et avaient pour rôle de divertir la soif de sang et de violence des esclavagistes lors des longues journées de marche sans action. Ces derniers profitaient également de ces occasions pour miser de grosses sommes d’argent sur ces combats dont la seule règle était la stricte interdiction d’utiliser des armes.

Cette règle ne me dérangeait pas dans la mesure où j’avais toujours appris à me battre à l’aide de mes griffes. Et, malgré le fait qu’elles m’aient été arrachées, mon entrainement martial et ma maitrise du Nakralen faisaient tout de même de moi un excellent combattant à mains nues. Et ce n’était, hélas, pas passé inaperçu. Les hommes des sables aimaient beaucoup ma façon presque artistique de me battre et ils insistaient donc pour que je combatte aussi souvent que possible … De plus, puisque je gagnais presque la totalité de mes matchs, Œil-de-Vautour lui-même m’a déclaré comme son gladiateur attitré et personnel.

(Quelle chance, vraiment …)

Je sentis la nostalgie s’infiltrer dans mon esprit. Mais il m'était interdit de céder à ce genre d'émotions, je devais rester fort et ne pas perdre espoir. J'en profitai alors pour me plonger dans la méditation et dans la religion d'Utu. Les deux seules forces qui m'animaient encore.

(Hon zu Utu, Dreh wah zu Naulahney rotin ……

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Dernière édition par Kogan le Jeu 3 Mai 2012 21:52, édité 1 fois.

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« Aller ! Vas-y le tigre ! »
« Regardez moi ce freluquet ! Il va en faire qu’une bouchée ! »
« On te regarde ! Ne déçois pas le Vautour ! »


(Si seulement ils pouvaient se taire …)

Nous avions marché toute la journée et maintenant que la température chutait, les hommes des sables avaient stoppé leur progression. Puis, ils nous avaient emmenés avec eux à l’abri, au pied d’une falaise. A peine s'étaient-ils arrêtés qu’ils avaient réclamés la vue du sang. De vrais sadiques cruels et sanguinaires.
En l’espace de quelques secondes seulement, un adversaire m’avait été désigné et les hommes des sables nous encerclèrent tous deux après nous avoir ôté nos pesantes menottes de fer. Je secouai mes mains endolories puis les entourai de bandes de tissu, comme j’en avais pris l’habitude. Jetant un coup d’œil à l’adversaire, je m’aperçu qu’il s’agissait de cet elfe qui ne parlait jamais à personne et dont je ne savais rien.

(Tiens, un adversaire que je n’ai encore jamais affronté. Voila qui promet d’être intéressant.)


De toute ma vie, je n’avais pas vu beaucoup d’elfe. Mais j’en avais tout de même appris les caractéristiques. Ainsi, je pu identifier celui-ci comme un Earion, un elfe bleu, grâce à sa peau d’une teinte bleuâtre et à sa chevelure pâle et fluide. Son visage était fin, sa silhouette svelte et élancée. Ce serait assurément un adversaire rapide et agile mais sa force à mains nues ne m’effrayait pas et deux ou trois coups suffiraient à le mettre à terre, du fait de sa faible constitution.

M’apprêtant à savourer ce combat, je me léchais déjà les babines. Tout en échauffant mes muscles aux efforts à venir, je dévisageais du regard mon opposant en découvrant mes crocs dans un sourire carnassier. Une fois parfaitement étiré et paré au combat, je pris le temps de saisir délicatement l’amulette que je portais autour du cou et de la porter jusqu’à ma bouche. Puis, apposant mes lèvres sur sa surface irrégulière, je murmurai une prière à Utu en laissant mes yeux dériver vers le soleil, encore à peine visible, qui s’apprêtait à disparaitre de l’horizon.

« Utu, Yol Krein, Drun zu Mulaag ahrk Ahkrin ful zu Qahnaar Hokoron voth Zin. »

Une clochette retentie. C’était le signal. Je me mis immédiatement en garde, poings serré et à hauteur d’épaule, puis j’entrepris d’avancer lentement dans la direction de l’elfe. J’étais extrêmement concentré. Je tentais d’analyser le comportement de mon adversaire et de déceler des failles chez lui, mais sa parfaite immobilité rendait cela impossible.

(Il reste bien 5 bons mètres.)

Lui, restait impassible, les mains dans les poches de son vaste pantalon rembourré et usé. Se moquait-il de moi ? Etait-ce là une sorte de ruse ? Ou n’en avait-il simplement rien à faire ? Il semblait se moquer autant que moi des humains qui hurlaient à quelques mètres de nous à peine et qui devaient déjà parier sur l’issu de ce duel.

(Encore 2 mètres.)

Je ne l’avait encore jamais vu se battre, c’était une première pour moi. J’espérais fort qu’il finisse par bouger, sans quoi je n’aurai aucunes informations à son sujet. Et je n’aimais pas ça. Son expression fermée et son visage froncé ne laissait filtrer aucune émotion. Assurance ? Haine ? Peur ? Détermination ? Ou alors me sondait-il lui aussi ? Je n’en avais aucune idée.

(Plus que quelques pas et …)

En un éclair, l’elfe avait bondit. Mes yeux s’élargirent de surprise : il me semblait avoir aperçu un sourire s’afficher sur son visage. Toujours est-il qu’avant même que je puisse réagir, une main tendue s’enfonça profondément entre mes côtes.
La douleur me plia en deux et je ne pu même pas esquiver le fulgurant coup de coude qui s’ensuivit. M’atteignant en plein visage, l’attaque manqua de me renverser au sol mais je parvins à garder mon équilibre, me contentant de cracher une gerbe de sang.

(Ce n’est pas possible ! Par Utu, je dois absolument me ressaisir !)

Adoptant une posture bien plus défensive, j’entrepris de parer et d’esquiver ses coups. Il était non seulement rapide mais aussi agile et rusé. Cependant sa force n’était pas exceptionnelle et il devait s’appuyer sur la surprise et sur les points vitaux ennemis pour l’emporter. Oui, une simple poignée de secondes me suffirent à jauger mon adversaire.
Sachant cela, je parvins à prendre l’initiative sur lui en détournant ses attaques mais également en passant à deux reprises sa garde. Un de mes poings atteignit son épaule tandis que l’autre se saisis fermement de son avant bras. Il était à ma merci.

« Comment oses-tu t’en prendre à moi, félin mal nourrit ?! Je suis le des… »

« Trêve de bavardage, elfe. C’est terminé. »


Comme je l'avais prévu, il était de constitution fragile. Ma première attaque avait faillit lui briser le bras. Et la seconde ne pardonnerait pas. Rassemblant mes forces, je préparai mon poing puis l’élança à toute vitesse vers son torse. C’était finit. Du moins, c’est ce que je pensais …
Sous-estimer à nouveau cet habile adversaire me couta chère. Il avait inexplicablement réussis à se défaire de mon emprise et mon coup frappa l’air, me laissant totalement sans défense. Et il en profita. Le plat de sa main frappa ma tempe avec une vivacité et une précision déconcertante, m’assommant pour de bon.

Ma vue devint floue et le gout du sang emplit ma bouche. Pris de vertige, je m’effondrai lourdement à genoux, tentant de recouvrer mes sens. Mais un choc retentit dans mon dos, un coup de pied sur ma colonne vertébrale. C’en était trop … Je m’écroulais face contre terre alors que mes pensées se brouillaient elles aussi.

(Utu ? Pourquoi ? Comment ? Que s’est-il passé ? Et qu’ai-je fais ? …)

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
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Un bourdonnement strident. C’est tout ce que j’entendais. Chacun de mes membres me faisait souffrir le martyre et, en plus de ça, ma vision se limitait à un chaotique mouvement de formes floues.

(Il m’a bien eu, le bougre !)

Mais j’avais déjà vu pire. Le monde revenait peu à peu à moi alors que ma vision me revenait progressivement et que le sifflement de mes oreilles se voyait remplacé par un incompréhensible brouhaha.

« Debout ! »
« Aller, lève-toi ! »


Cette voix lointaine résonnait avec écho dans ma tête. Était-ce la foule qui m’encourageait ? Ou bien cet elfe me défiait-il encore ?

Ce dernier ne perdait rien pour attendre. Au prix d’un effort surhumain, je parvins à me redresser à genoux. Mes sens me revenaient enfin. Je pouvais maintenant entendre plus distinctement les exclamations de la foule et voire mon adversaire qui me toisait de sa silhouette haute et svelte. Il gloussait d’un petit rire hautain.

« Tu étais prévenu. Tu aurais du renoncer quand tu en avais encore l’occasion. »

Il parlait beaucoup. Trop, même. C’en fut trop, je bouillonnais d’une rage intérieure. Puis, soudainement, une voix forte retentit dans ma tête. Une voix grave, familière …

(Dreh Filok hin Bah !)


« Je t’avais bien dit que tu ne faisais pas le … »

« Raaaah !!! »

Cela eu l’effet d’une poussée d’adrénaline. Poussant un rugissement digne d’un fauve enragé, je bondis sur mes pattes arrière et me ruai sur mon adversaire. La douleur avait disparue et mes sens s’étaient focalisés sur cet arrogant elfe qui prétendait m’avoir vaincu.
Il ne vit pas venir mon premier coup, qui s’enfonça brutalement sur son visage. Mais il retrouva instantanément ses réflexes et passa en dessous de toutes mes autres attaques, en profitant même pour m’assener un coup à l’épaule. Mais je ne sentais rien, comme anesthésié.

J’entendais vaguement les hommes des sables qui hurlaient derrière nous. Ils devaient se délecter du spectacle que leur offrait notre combat acrobatique qui mêlait parades, sauts et fentes dans un incroyable déluge de coups.

Je pense qu’il parvint à m’atteindre à une ou deux reprises mais, si c’était bien le cas, je ne m’en aperçu même pas. Pour ma part, je comprenais de mieux en mieux sa façon de contrer et d’esquiver mes attaques. Il faiblissait et je prenais peu à peu le dessus.
Finalement, ses muscles le trahirent. Il s’abaissa une fraction de seconde trop tard. Une fraction de seconde, un rien. Mais ce fut assez pour que mon crochet du droit atteigne son omoplate dans un craquement sourd.
Il roula au sol en poussant un cri de détresse. Il ne pouvait plus se défendre. Il était vaincu. Mais j’étais encore sous l’effet de la colère et de la haine et mon pied frappa de plein fouet son côté, le pliant en deux dans un hurlement.

« Att…Attends ! Tu ne … peux pas ! Je suis le … »

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase que mon poing heurta violemment sa joue, le jetant une fois de plus à terre. J’étais conscient qu’il me fallait m’arrêter et stopper ce massacre, mais je ne pouvais pas. L’elfe se redressa une nouvelle fois, en position assise, et crachant sang et dents. A bout de souffle, sa voix était faible et haletante.

« Comment … Comment oses-tu t’en pren … »

Saisissant le malheureux par le col de sa tunique déchirée, je le soulevais à hauteur de mes yeux, injectés de sang. Pour la première fois depuis le début de ce combat, je cru lire en lui de la peur. Son visage n’était pas beau à voire et du sang ruisselait de sa tempe ouverte ainsi que du coin de sa bouche tuméfiée. Dans un élan de rage, mon autre bras se leva et mon poing se serra, prêt à lui administrer le coup de grâce.

Même dans son état, l’elfe parvint à se glisser une fois de plus hors de mon emprise. En un saut léger, il se retrouva à un bon mètre et demi de moi, en posture agressive. Je m’apprêtai à me jeter sur lui pour lui régler son compte une bonne fois pour toute lorsque l’étonnement m’arrêta net. En un geste soudain et discret, l’elfe avait sortit un petit objet allongé des plis de son pantalon. Sans aucun doute, une dague.
Une arme. Les hommes des sables hurlèrent leur mécontentement et voulurent intervenir. Mais, avant qu’ils puissent réagir, mon adversaire était sur moi. Il avait bondit et son élan me renversa au sol. Il était appuyé sur moi et m’immobilisait totalement.

Brandissant bien haut son arme de poing, il l’abattit violemment en direction de ma tête. Mes deux mains se précipitèrent à sa rencontre et bloquèrent de justesse son bras armé, stoppant la lame à moins de dix centimètres de mon visage.
Nos deux visages étaient crispés, nos muscles tendus au maximum. Mais il avait l’avantage de l’élan et de la position et je voyais donc la lame se rapprocher inexorablement de ma gorge, millimètre par millimètre.

« Sale boule de poils malodorante ! Je suis Uneril et je suis le dern … »

Ce ne fut que l’intervention des hommes des sables qui me sauva la vie. Ils se saisirent de l’elfe et nous séparèrent brutalement. Je les vis l’emmener plus loin, en direction du camp qui s’était monté pendant notre affrontement. Je l’entendis crier quelque chose de rage mais je ne pu discerner ses paroles. Il n’y avait qu’une seule et unique règle. Et il l’avait enfreint. A présent, je ne donnais plus chère de sa vie.

Toujours allongé, mes forces me quittèrent. Ce combat m’avait exténué et j’avais trop longtemps repoussé les limites de mon corps. Pensant à Utu, je me mis à chercher le soleil des yeux … Notre duel n’avait duré que quelques minutes à peine, mais il avait eu le temps de se coucher derrière l’horizon. Fermant les yeux, je posais tout de même une main sur ma poitrine, sur mon amulette, et remerciai brièvement Utu pour son aide.
Cette voix qui avait retentit en moi alors que j’étais en mauvaise posture et qui m’avais galvanisé, j’étais persuadé que c’était la sienne. Cela n’était pas la première fois qu’il répondait à mes prières. Peut-être remarquait-il ma détresse et ma valeur ?

(Dun hin, Drun zu Sahrot )

Sombrant peu à peu dans l’inconscience, je pus quand même entendre quelques bruits de pas s’approcher dans ma direction. Sans doute étaient-ce là les hommes des sables qui venaient me remettre les menottes et m’attacher dans ma tente-cellule, au sein du campement.

Une dernière question resta tout de même en suspens dans mon esprit :

(Comment cet esclave elfe avait-il pu tomber en possession d’une arme ? )

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
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Mes yeux s’ouvrirent brusquement sur un ciel bien sombre. La lumière qui provenait du lointain m’indiquait qu’il était encore le matin et que le soleil ne tarderait plus à se lever. Je tentai alors de me redresser, mais je n’y parvins qu’avec difficulté car tout mon corps me faisait souffrir. Alors que je me remémorais les blessures que j’avais subi lors de mon dernier combat, je pris conscience de l’environnement qui m’entourait.

(Une grotte. Non, pas une grotte. Un renfoncement rocheux au creux d’une falaise.)

Cet endroit me disait vaguement quelque chose. Il me fallut fouiller dans ma mémoire durant quelques secondes pour m’apercevoir qu’il s’agissait du lieu-même où la bande d’hommes des sables nous avaient arrêté avant le duel que j’avais disputé contre l’arrogant elfe qui m’avait mis dans cet état.

(Uneril, qu’il s’appelait.)

Ce nom, ainsi que son visage restaient ancrés dans mon esprit et je me posais tout un tas de questions à son sujet. Qui pouvait-il bien être ? Comment et pourquoi s’était-il procuré une arme ? Etait-il seulement encore en vie après l’affront qu’il avait commis ?

Remettant ces pensées à plus tard, j’observai le campement qui m’entourait. C’était la même disposition des tentes qu’avant mon combat. Or, les Charognards se déplaçaient constamment et ne restaient jamais plus d’une nuit au même endroit. J’en déduisis avec soulagement que l’on était seulement le lendemain matin de ma perte de connaissance.
Cependant, j’étais bel et bien menotté et attaché à un pieu profondément planté dans le sol. Mais je n’avais ni la force ni la motivation de me débattre. Je me questionnais plutôt sur le fait qu’on m’ait attaché dehors avec pour seule protection une grossière couverture de fourrure au lieu de m’enfermer dans une tente comme c’était le cas d’habitude.

(Peut-être étaient-ils trop occupés, ou bien ont-ils voulu me punir … Mais pourquoi ?)
(Brrr … En tout cas, qu’est ce qu’on se les gèle ! Vivement que le soleil se lève !)


Le soleil. Utu en personne allait poser sur moi son regard inquisiteur. Et je me devais de lui montrer le meilleur de moi-même car, s’il jugeait mon comportement indigne, il ne m’offrirait jamais la possibilité de m’extraire à cette misérable et honteuse vie de servitude.

Je balayai brièvement le campement du regard pour constater son silence et son immobilité. Outre les quelques guetteurs au sein du campement et les éclaireurs qui surveillaient l’horizon depuis les points stratégiques alentours, la totalité des hommes des sables dormaient à poings fermés.
Repoussant donc la sale couverture usée, je me relevai avec peine en prenant appui sur le piquet auquel j’étais attaché. Je réalisai alors l’importance de mes blessures, tandis que les chaînes n’amélioraient pas le moins du monde ma mobilité. Mon crâne était pris de terribles migraines lorsque je bougeais la tête et la quasi-totalité de mes articulations me faisaient souffrir. Genoux, dos, épaules, cou, ... rien n'avait été épargné.

(Il n'y est pas allé de main morte, cet elfe !)


Alors que je subissais clairement le contrecoup de mon exploit de la veille, le froid glacial s’atténuait et le soleil glissait timidement ses premiers rayons par-dessus l'horizon. C'était pour moi le moment de commencer à pratiquer mon Nakralen.
Malgré la difficulté imposée par mes menottes, je m'étirai lentement et méthodiquement. Muscle après muscle, je déliai mes courbatures et recouvrai finalement une partie de mon agilité. Je me saisis alors de mon pendentif puis, l'approchant de ma bouche, je murmurai, tout bas, ma toute première prière de la journée.

"Utu, Bormah Shul, zu ...

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Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
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... zu Draal hin Aak zu ko daar Sul."

A vrai dire, ma maitrise du langage d’Utu était loin d'être parfaite. Mais c’est parce que mon apprentissage n’en était pas terminé. Normalement réservé aux worans les plus hauts placés de la communauté, on m’avait enseigné cette langue complexe aux intonations d’incantation afin de perfectionner mon Nakralen. Mais j’avais tout de même appris par cœur bon nombre des prières à adresser à Utu ainsi que leur signification et leur usage.

Cette langue avait, en effet, une fonction religieuse. On m’avait dit qu’elle était le seul moyen pour pouvoir communiquer directement avec Utu lui-même. Je lui portais donc une grande importance. Surtout dés lors que je fus séparé des miens, 4 ans plus tôt. En effet, j’avais l’impression qu’Utu était le seul à m’accorder son attention, qu’il attendait quelque chose de ma part. Alors je priais et pratiquais le Nakralen des j’en avais la possibilité.

"Utu, zu'u hin Aar."

Sous la douce chaleur du soleil qui se levait, je fermai les yeux et tentai d'oublier les chaînes qui liaient mes mains. Je me mis alors à laisser aller mes mouvements au rythme de mes pensées. Lents, appliqués, calmes.
J'avais la tête baissée et le dos courbé. Mes avant-bras croisés sur mon torse, je les levai bien haut, au dessus de mon crâne, avant de les rabattre vers la gauche, puis vers la droite ...

"Zu ni Bovul alun fiik zu Paal."

Dans ces contrées désertiques, le soleil se levait à une vitesse ahurissante. D'ici quelques minutes ou peut-être quelques secondes, il brillera déjà haut dans le ciel et les hommes des sables reprendraient leur route. Il ne me restait donc plus beaucoup de temps.

Mes mains crispées, je les fis tournoyer autour de moi en battant l'air et en donnant des coups dans le vide. Dans le même mouvement, mes jambes se déplaçaient légèrement, prenaient leurs appuis et sautillaient.

Je suivais une suite de coups bien précise. Un enchainement que j'avais appris dans ma jeunesse et que je répétais maintenant inlassablement lors de mes fréquentes méditations.
Ces enchainements étaient, certes, des successions de mouvements spécifiques et symboliques. Mais ils étaient également autant d'exercices physiques visant à renforcer la force, la vitesse, la précision ou encore l'endurance de l'utilisateur.

"Lahvu zu do hin Suleyk."

Il existait de nombreux enchainements dans le Nakralen, quelques dizaines à ce que j'en savais, et chacun possédait une symbolique propre. Je ne les connaissais pas tous mais j'en maîtrisais tout de même plusieurs à la quasi-perfection. De plus, à cause des menottes que je portais à cet instant, je n'avais guère le choix quand à l'enchainement à réaliser.

Immobilisant mes jambes, je m'arrêtai un instant puis descendis lentement le long du piquet qui m'entravait jusqu'à me retrouver en position agenouillée. Je rapprochai alors mes mains de mon torse en rabaissant la tête et en fermant les yeux. Me concentrant sur ma respiration, je la fis plus calme et plus lente, ce qui me détendit sur le champs et décontracta mes muscles.

"Zu Draal hin, zu Kopraan'u Zah."

Mais ces enchainements seuls ne sont qu'un pâle aspect de ce sublime art qu'est le Nakralen. En effet, il fallait leur associer des prières pour obtenir une méditation efficace et une parfaite communion avec Utu. Ces prières, en langage d'Utu, lui étaient adressées et avaient pour but de lui témoigner son respect, de l'honorer et aussi de lui demander force et courage pour les combats à venir. C'était ça, le Nakralen.

Sans rouvrir les yeux, je bondis sur mon pied droit qui me servit d'appui pour me propulser en avant, aussi loin que me le permettait mes menottes. Coude en avant, je frappai un nouvel ennemi invisible avant de pivoter sur moi-même et d'assener un coup horizontal à la tige qui me liait au sol. D'emblée, mon genoux décolla dans la même direction et heurta la barre métallique dans un bruit sourd.
Le choc de mes membres sur ce piquet produisait tout de même une certaine douleur. Mais ça n'avait que peu d'importance : c'était un mal nécessaire.

Une fois maitrisé comme il se doit, le Nakralen renforce véritablement celui qui le pratique régulièrement. En effet, Utu lui cède alors une partie de sa toute-puissance et l'on s'en voit plus vif, plus fort et plus adroit. Mais le Nakralen permet également d’accéder à une certaine sagesse et d’acquérir un esprit calme et posé.

"Zu fent Alok, zu ni Praan."

Continuant et répétant encore et encore mes enchainements rythmés par mes prières, me servant du vulgaire piquet comme d'une cible d'entrainement, je laissai aller mes pensées vers Utu et ouvrai mon esprit à son attention et à son jugement.


(((Tentative d'apprentissage de la CCSA "Kata du tigre" grâce à son entrainement solo)))

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Je suis Kogan, le Moine Woran tigré. Mais vous pouvez aussi m'appeler Krogan, Hulk Hogan, Koganounet à la crême, Koko, Cagounet, KahounInet, le Koganator, Koganinounichounafibichibidisloubidou, Kogy, Koganichoninet, ... Ça dépend des gens ! ^^
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MessagePosté: Sam 28 Avr 2012 18:12 
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J'étais parfaitement focalisé sur ma méditation. J'avais mis de côté mes liens et mon absence de griffes pour baigner totalement dans le Nakralen. Utu me paraissait proche, si proche que je pouvais presque l'imaginer en face de moi, me toisant du regard.

Mais ma concentration fut altérée par l'irruption d'une voix. Jamais une voix habituelle n'aurait pu rompre mon isolement artificiel. Mais celle-ci, si. Elle s'était glissée dans mon esprit comme un serpent se faufilerait dans une crevasse.

"Alors, Kogan ? Elles ne te gênent pas trop ces menottes ? "

Je n'avais entendu personne approcher. Mais cette voix sifflante et nasillarde, marquée par un fort accent du désert, ne laissait pas la place au moindre doute. Œil-de-Vautour.

(Oh, non ... Pas lui)

Interrompant mon entrainement, j'abaissai mes mains engourdies et me redressai. J'ouvris alors les yeux pour le découvrir là, juste en face de moi, les bras croisés et le sourire aux lèvres. Vêtu comme tous les hommes du peuple des dunes d'un ample boubou et d'un turban sombre, il présentait cependant bien plus d'ornements et de richesses que la moyenne. Il portait également un long sabre accroché à la taille.
Sans même se retourner, il s'adressa brièvement et sèchement à l'un de ses hommes.

"Ighlaf ! Apportes-moi la clef des menottes de notre bête de foire. Et vite !"

L’intéressé s’exécuta docilement et accourut tel un bon chien vers son maître. Il faut dire que le chef des Charognards dégageait un certain charisme, je ne le niais pas. Si certains de ses hommes lui accordait une admiration sans borne, la grande majorité le respectait et le craignait. Et je les comprenais. En effet, il n’hésitait pas à punir de manière atroce quiconque l’offensait ou lui manquait de respect, esclaves comme hommes des sables. Ces démonstrations de puissance ponctuelles lui assuraient un contrôle total sur ses hommes. Une main de fer dans un gant de fer.

Le dénommé Ighlaf produisit hâtivement un trousseau de clefs dont il en tendit une à Œil-de-Vautour. Ce dernier s’en saisit et, dans le même geste, s’empara de mes poignets. Il n’était pas brusque, au contraire d’ailleurs, il était plutôt calme et délicat. Trop même, à tel point que c’en était effrayant.
En un geste sec, le mécanisme de mes menottes cliqueta et elles tombèrent au sol dans un bruit sourd.

Ma première impression fut une sensation de liberté, et j’inspirai un coup en massant doucement mes poignets endoloris. Mais je savais que je ne devais pas me réjouir : Œil-de-Vautour n’avait certainement pas la moindre intention de me relâcher. En effet, j’étais parfaitement conscient qu’il s’agissait d’un test, d’une mise à l’épreuve destinée à me faire commettre un faux pas. Un faux pas que l’homme qui me faisait face était prêt à me faire payer très cher.

« Et bien Kogan, qu’attends-tu ? Te voila libre de faire ce que bon te semble. »

Son ton était hautain, proche de l’amusement. Décidément, il mettait mes nerfs à rude épreuve. La tentation de lui sauter à la gorge se faisait de plus en plus forte et je devais employer toute mon énergie pour me contenir et pour paraitre le plus calme possible.

Mais j’avais la sensation qu’il percevait ma tension et mes efforts. Il s’était reculé d’un pas pour reprendre sa posture en croisant les bras et en m’observant de plus belle. Son unique œil me dévisageait alors fixement, comme s’il lisait dans mes pensées. Oui, son ‘unique’ œil : Œil-de-Vautour ne possédait qu’un seul œil, le droit. Et c’est de là d’où lui venait son nom. Cependant, personne ne savait comment, ni même quand, il avait perdu le gauche. Mais ce que tout le monde savait, c’était qu’il fallait avoir une sérieuse envie de mourir pour lui demander.

Cet œil hors d’usage d’une couleur gris pâle donnait à Œil-de-Vautour un air des plus effrayants. Mais de toute manière, même en faisant abstraction de cet œil gauche qu’il montrait ouvertement, il n’avait pas un physique rassurant. Encadré par une sombre barbe qui se finissait par un long bouc, son visage à la peau matte était couvert de nombreuses marques et cicatrices. La plus récente d’entre elles était de moi lorsque, 4 ans plus tôt, j’avais eu l'audace de lever la main sur lui.
J'avais ainsi sauvé nombre de mes semblables mais c'est également à cause de cet acte que je m'étais retrouvé dans cette situation d'esclavage. J'avais l'impression que c'était précisément pour cette raison qu'Œil-de-Vautour ne me lâcherai pas d'une seule semelle jusqu'à la fin de mes jours.

" Bon ... Notre très cher animal n'a pas l'air de vouloir nous montrer ce qu'il sait faire ... Tant pis !"


Ponctuée d'un claquement de mains, sa voix aigre me tira une fois de plus de mes pensées. Certes, ce n'était pas le souvenir le plus agréable qui soit mais cela m'avait au moins permis de penser à autre chose qu'à ces hommes des sables qui m'observaient impatiemment et avidement. Cela m'avait aussi permis de garder mon sang-froid et de ne pas m'exposer à une nouvelle vengeance gratuite de la part du chef des Charognards.

Sans doute ce dernier avait-il compris que je ne tomberait pas dans son piège. Malgré le sourire sadique qu'il abordait et le calme qu'il revêtait, je me doutait bien qu'il était furieux. Au fil des jours qui s'enchaînaient, j'étais de plus en plus résistant à ses tentatives. Et il ne pouvait pas s'abaisser à torturer ses esclaves sans raisons, sans quoi il perdrait de son autorité auprès de ses hommes.

(Quelle ironie du sort !)

Toujours est-il qu'il se rapprocha de moi et rattacha sèchement mes poignets l'un à l'autre, ravivant chez moi certaines douleurs musculaires de la veille. Il s’apprêtait à se retourner pour donner des directives à ses hommes lorsque je saisis l'occasion que j'attendais tant. L'occasion de poser cette question qui me brûlait la gorge depuis mon réveil.

"Qu'as-tu fais d'Uneril ?"

Ma demande était brusque et sans appel. Inconsciemment, j’avais utilisé un ton dur et impératif, et je regrettai un instant mon impétuosité. Toujours est-il que quelques rires discrets se firent entendre dans l'assemblée d'hommes du peuple des dunes qui s'était formée au fur et à mesure de l'entrevue entre moi et mon bourreau. Rires qui furent rejoins par celui d'Œil-de-Vautour, justement.

"Ha ha ha ! Unerquoi ? Uneril dis-tu ? Ha ha ! Aaah, oui ... L'elfe ! Ha ha !"
Boh ! Il a tout de même réussi à déposséder un de mes hommes de sa dague, il méritait une chance. Ha ha ha !"


Sur ces mots, il tourna les talons et marcha vers ses hommes. Il ricanait encore lorsqu'il leva soudainement le poing pour imposer le silence au groupe. Puis, prenant une voix forte, il aboya des ordres à droite et à gauche.

"Allez ! Tout le monde debout, je ne veux voire personne trainer !"
"Repliez les tentes ! Rassemblez tous les équipements ! Chargez les montures ! ..."
"Oui ! Chef !"

"On lève le camp ! La Crête du Serpent n'est plus qu'à une journée de marche, et je veux qu'on y soit avant la nuit ! Alors magnez-vous !
"Oui ! Chef !"

(Par Utu, quelle discipline.)

Il fallait leur accorder ça, les Charognards étaient efficaces et extrêmement bien organisés. A mesure qu'Œil-de-Vautour donnait des directives, les hommes des sables s’exécutaient en criant leur approbation.
En un court instant, le campement entier s'était changé en chantier où tout le monde s'affairait à mener à bien la tâche dont il était responsable. D'ici une poignée de minutes, je savais que nous serions de nouveau tous en route à travers le désert.

Je n'étais pas réveillé depuis bien longtemps mais le soleil s'était déjà extirpé de l'horizon et éclairait l'ensemble du paysage de ses rayons éclatants. Je pris également conscience que la température était subitement montée, n'arrangeant en rien la douleur qui parcourait presque la totalité de mon corps. La journée de marche forcée qui allait suivre s’annonçait difficile, mais je n'avais pas vraiment pas le choix, à vrai dire.

Quelques humains vinrent alors prés de moi pour ôter du sol le pieu qui me servait d'attache et pour me rassembler avec les autres esclaves. Ils avaient tous assisté à la scène qui venait de se dérouler. Tous sauf Uneril, qui manquait à l'appel.
A ce propos, j'étais loin d'être satisfait : je ne savais rien de plus à son sujet, si ce n'est que l'arme qu'il avait utilisé contre moi avait été volée à un des Charognards. Tout cela m'intriguait de plus en plus ...

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