L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Sam 28 Avr 2012 18:12 
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(Pwah ! Mais c'est un coup à se casser un croc, ce truc !)

Assis sur une grosse pierre, je mâchais avec difficulté mes morceaux secs de galettes de blé tout en observant le paysage qui s'étendait devant moi. La procession s’était stoppée pour déjeuner après ce qui devait être une bonne demi-journée de randonnée. Le soleil brillait bien haut dans le ciel et je n’en pouvais déjà plus. Les blessures et courbatures de mon combat de la veille commençaient à peine à s’estomper qu'elles avaient été rattrapées par la fatigue dû à la marche forcée qui nous était imposée. Cette fatigue me terrassait, elle emplissait chaque parcelle de mon corps, et mon esprit préoccupé par les récents événements ne parvenait pas à se concentrer suffisamment pour la surmonter.

La qualité de la nourriture n'arrangeait rien à tout ça. Les rares fois où nous autres, esclaves, avions eu droit à de la nourriture fraiche et cuisinée pouvaient se compter sur les doigts de la main. Tandis que les Charognards mangeaient sous nos yeux de juteuses dattes et des figues soigneusement conservées, accompagnées de viande de tiroli, d'irinra ou de camiü fraîchement chassés, nous étions forcés de manger leurs restes et déchets, vieux parfois de plusieurs jours, si nous voulions survivre.

Soudainement, un rire tonitruant retentit dans mon dos. En me retournant, je pus constater qu'il s’agissait de l'homme des sables chargé de me surveiller qui s’esclaffait tout seul. J'aurais été bien incapable de dire son nom, le sien comme celui de la quasi-totalité des Charognards, de toute façon. Il faut dire qu'ils se ressemblaient tous : tous avaient les traits fins, tous avaient cette sombre teinte de peau, tous étaient vêtus pareil et ils avaient tous cette variété d'épées larges à la lame recourbée. De plus, et à mon grand désespoir, ils montaient tous ces insupportables chameaux ! Un représentant de cette repoussante race était d'ailleurs couché près de l'individu hilare et poussait de temps en temps quelques blaterements qui n'étaient absolument pas mélodieux. Le reste du temps, la bête était affairée à brouter et à mâcher laborieusement un tas de foin disposé à ses pieds.
Je ne pus m’empêcher de me faire la réflexion que même les animaux avaient plus à manger que les autres esclaves et moi réunis.

Le paysage, donc. Si je faisais confiance à ma logique, nous étions dans le Nord du désert. En face de moi, on pouvait remarquer, à des kilomètres d'ici, les falaises déchiquetés des pics montagneux qui s’élevaient haut dans le ciel et qui formaient la frontière Ouest de ce désert. Ces montagnes avaient la réputation d'être quasiment infranchissables, que ce soit à cause de leur relief impraticable ou des dangers qu'elles renfermaient.
Par ailleurs, plus on se dirigeait vers l'Ouest, plus le paysage devenait rocailleux, avec quelques pics et crêtes qui semblaient dépasser du sable. C'était dans cet endroit que se trouvait le chemin sinueux qui menait à la Crête du Serpent.
Là où j'étais, le sable perdait peu à peu de sa teinte bleue pour reprendre sa couleur brune habituelle. En effet, nous laissions derrière nous le Désert Bleu et ses légendes extravagantes.

Me coupant en plein dans mes observations, le Charognard m'invectiva de sa voix chevrotante et postillonante, entre deux éclats de rire.

"Hé Krogaaan !! Santééé !"

Il brandissait une bouteille qui, à en juger de son état devait autrefois contenir de l'alcool de figues : un alcool fort assez répandu dans le désert, même si je n'avais jamais pu en boire la moindre goutte.
Cet ivrogne stupide avait écorché mon nom et cela m’exaspéra au plus haut point, malgré le contrôle que je tentais de garder sur moi. Ainsi, je ne pus m’empêcher de lui répondre sèchement.

"Kogan, mon nom c'est Kogan."

Je ne réalisai que j'avais commis une erreur qu'au moment où l'homme se leva. Il ne rigolait plus désormais, et son visage était déformé par une grimace consternée. Marchant lentement dans ma direction, il balbutiait des phrases inintelligibles et avait porté la main à la poignée de son sabre.

"Quoi ? Qu'est 't'as dis ? Tu me ch ..."


"Sam ! Viens par ici !"

"Qu ..."

"Un combat vas commencer, Rorkh'al a été désigné, je me suis dit que ça te plairait alors j'suis venu te remplacer à la surveillance."

J'avais en effet entendu les cris et les acclamations lointaines des Charognards, qui se mêlaient au fracas du matériel déplacé à la hâte afin de former une arène improvisée. J'ignorai qui ferait face à Rorkh'al lors de ce duel mais, qui que ce soit, il n'avait que peu de chance en face de cet orque brutal et sacrement coriace.

Cela ma rappela que j'avais été séparé des autres esclaves depuis notre départ du campement, le matin-même. Je n'avais ainsi pu échanger aucunes paroles avec eux et rien pu leur demander au sujet d'Uneril.
Mais pour moi, c'était loin d'être une coïncidence : Oeil-de-Vautour l'avait fait délibérément pour me laisser plus longtemps encore dans le doute et dans l'ignorance.

Toujours est-il que ce nouvel arrivant m'avait probablement sauvé la vie. La véritable question était : pourquoi ? Le dénommé Sam hésita un instant avant de se décrisper et de déguerpir en direction du campement, un peu plus loin. Dégageant mon champ de vision, je pu apercevoir un homme des sables qui était ... comme les autres. Il s’avança vers moi et s'agenouilla à ma hauteur, une main sur mon épaule.

"Mais t'es pas fou de provoquer Samriel comme ça ?"

(Samriel ... Samriel ... ça me dit quelque chose ...)


Samriel ! Ça me revint soudainement. J'avais déjà entendu parler de ce cruel guerrier connu autant par sa consommation régulière et abusive d'alcool que par sa tendance à démembrer ses adversaires à coups de sabre.
Ici, dans le désert, chacun avait ses coutumes, ses traditions, ses façons de faire, ... et les bandes d'esclavagistes telles que les Charognards les acceptaient toutes avec joie.

"Enfin ... je me suis dit que tu devais avoir un p'tit creux."

Sur ces mots, il produisit d'une sacoche en soie un tendre morceau de viande et une gourde bien remplie. Mes yeux s'agrandirent de surprise, contre ma volonté. Un piège, pensai-je instantanément devant cette offre trop belle pour être vraie. Jamais un homme des sables, encore moins un Charognard, n'avait fait un tel geste à mon égard.
Mon interlocuteur comprit sans doute ma crainte et mon incompréhension car il se justifia prestement.

"Je suis nouveau parmi les Charognards d'Oeil-de-Vautour. J'ai pu assister à ton combat d'hier soir, et à certains autres d'ailleurs, et je dois dire que je suis impressionné. Tu me plais beaucoup et tu me rapporte aussi un sacré paquet d'argent. J’espérais te redonner des forces pour les combats à venir."

Un nouveau ? Ce n'était pas impossible. Des membres de clans rivaux ou de familles rebelles aux Kel Attamara venaient fréquemment grossir les rangs des esclavagistes. Je ne me leurrai donc pas : si cet homme était là c'est qu'il était, comme ses confrères, froid, sans-cœur et sadique.
Néanmoins, j'acceptai avidement l'offre. J'avais trop faim pour refuser et même s'il s'agissait d'un piège, ce qui restait peu probable, je devais prendre le risque. J'esquissai donc un remerciement en me saisissant de la nourriture et en la portant avec appétit jusqu'à ma gueule.

Cela faisait une éternité que je n’avais pas mangé de viande à proprement parler, alors qu’en tant que woran j’étais presque essentiellement carnivore. Au contact de mon palais, les saveurs de la viande fraîche explosèrent dans toute ma bouche tandis que l’eau de l’outre me fit le plus grand bien et me réhydrata. Je me sentais déjà revigoré et continuai donc goulûment le repas.

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Je suis Kogan, le Moine Woran tigré. Mais vous pouvez aussi m'appeler Krogan, Hulk Hogan, Koganounet à la crême, Koko, Cagounet, KahounInet, le Koganator, Koganinounichounafibichibidisloubidou, Kogy, Koganichoninet, ... Ça dépend des gens ! ^^
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Un grand merci à Vilnish et à Itsvara pour la signature !
Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


Dernière édition par Kogan le Ven 11 Mai 2012 08:15, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Sam 28 Avr 2012 18:13 
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Certes, l'homme qui me faisait face n'avait agit que pour ses propres intérêts. Mais il m'avait tout de même rendu un fier service. Aussi, je tentai une approche délicate entre deux copieuses bouchées de viandes.

"Che peux te pocher une quechtion ?"

"Oui, bien sur."

"Qu'est ce que vous avez fait d'Uneril ?"

"Hmm ? Qui ça ?"

"Uneril, l'elfe contre qui je me suis battu hier soir mais qui ..."

"Ah, lui ! Si tu tiens vraiment à le savoir ..."

Il posa son déjeuner à côté de lui et s'éclaircit bruyamment la gorge. Sa mine sombre me prouvait bien qu'il n'était rien arrivé de bon à cet elfe bleu qui m'intriguait tant depuis la veille. C'est donc avec attention que j'ouvris mes oreilles pour écouter ce qu'il avait à me dire.

"L’Œil était furieux. Je ne le côtoie pas depuis longtemps, mais je ne l'avais jamais vu dans un tel état. Il nous a immédiatement ordonné de le suivre et nous avons marché plusieurs minutes pour nous éloigner, laissant le camp aux sentinelles.

Il s'est finalement stoppé et a réclamé l'arme de l'elfe. Nous lui avons donné et sa fureur a redoublé lorsqu'il a constaté qu'il s'agissait de la dague de l'un de ses hommes. Il s'est alors mis à hurler "A qui est cette dague ? A QUI ?!" Le silence s'est posé une seconde puis Kelpp s'est avancé, honteux et tête baissée, et a répondu présent.
La gifle qu'Œil-de-Vautour lui a alors décoché fut si vive et si puissante qu'elle l'a mis à terre. Il lui a ensuite lancé sa dague, qui s'est planté à quelques centimètres seulement de son entrejambe. Aucun de nous ne comprenait où notre chef voulait en venir.
Faisant les cents pas, il lui a demandé s'il avait donné délibérément l'arme à l'elfe. Ce à quoi Kelpp a répondu négativement, il était paniqué. A ce moment, l’Œil l'a relevé brutalement en le traitant d'incapable, de s'être fait voler son arme par un simple esclave. Toujours en beuglant, il a ensuite ordonné qu'on lui apporte l'elfe en question et qu'on lui fournisse une dague semblable à celle de Kelpp.

Là, il nous a crié de former une arène autour de l'elfe et de notre frère accusé d’incompétence. Il les a ensuite forcé à s'affronter, à armes égales. Il a menacé Kelpp que, s'il était incapable de vaincre un simple esclave, il ne méritait pas de faire partie des Charognards. Et il a également promis la vie à ton elfe s'il ressortait vainqueur de ce combat là.
Pour nous autre, ce combat allait être rapide -et nous n'avions pas tort- Kelpp n'était certainement pas le meilleur guerrier des Charognards, mais l'elfe n'était qu'un esclave, et tu l'avais déjà gravement blessé.

Et effectivement, l'affrontement se passa très vite. En deux passes, notre frère était désarmé et l'elfe bleu tenait les deux dagues. Il s'en est ensuite pris à ses points faibles, l'immobilisant et le rendant peu à peu totalement impuissant.
En une poignée de secondes, Kelpp était au sol, gisant dans son propre sang, une dague sous la gorge. L’Œil s'était calmé et a ordonné froidement à l'elfe de l'achever. Mais il a refusé, et a finalement jeté les deux armes à ses pieds. Avec un sourrire triste, notre chef lui a annoncé que le tuer maintenant serait une punition trop douce.
Il nous a donc ordonné de les laisser là tous les deux, non sans avoir attaché au préalable l'elfe bleu exténué à un piquet comme celui auquel tu étais fixé ce matin-même. Juste avant de rejoindre le campement, Œil-de-Vautour s'est agenouillé prés de l'esclave attaché et lui a entaillé la main droite à l'aide de sa propre dague en lui chuchotant quelque chose que personne d'entre nous n'a entendu."


J'avais arrêté de manger au fur et à mesure que l'homme des sables avait avancé dans son récit. J'étais sous le choc. Uneril semblait très doué, plus doué que je l'aurais imaginé même. Et très noble aussi, pour avoir refuser d'achever son adversaire vaincu et pour avoir défié Œil-de-Vautour. Ainsi, même s'il avait cherché à me tuer quelques heures plus tôt, j'éprouvais inexplicablement un grand respect pour lui.
Mais la situation dans laquelle il avait été laissé ne laissait pas de place pour le moindre espoir de le revoir un jour. En effet, incapable de se déplacer, il était de surcroit blessé et à proximité d'un mourant. Les bestioles attirées par l'odeur du sang ne tarderaient pas à les réduire tous deux en charpie.
En tout cas, l'homme des sables sembla remarquer mon état et mon choc car il me regardai d'un œil suspicieux et me demanda si tout allait bien.

"Ça va ? Tu ne touches plus à ton repas."


"Si, si. Cette ordure d'elfe n'a eu que ce qu'elle méritait"

Mentir était une nécessité si je ne voulais pas finir comme Uneril parce que je cautionnais sa tricherie et ses affronts. Après tout, l'homme qui se tenait en face de moi ne me soutenais que parce que je pouvais lui faire gagner de l'argent, pas par quelconque affection.
Mais cela ne m’empêcha pas de prier intérieurement pour cet elfe, que je décidai d'oublier, non sans une pointe de regret. Et ce, malgré tous les mystères qui planaient encore autour de lui.

(Puisse Utu recueillir ton âme honorable en son sein, earion.)

La discution s'arrêta là et nous finîmes tous deux nos repas respectifs en silence. Les minutes passèrent, puis des acclamations, des cris et des applaudissements provinrent du campement : le combat d'esclave qui s'y déroulait venait de se terminer. Les Charognards n'allaient donc pas tarder à reprendre la route, et je décidai de me préparer au départ et à la longue marche qui m'attendait. Normalement, ce soir nous aurons atteint la fameuse Crête du Serpent, dernière escale avant Bien'en Tal.

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Dernière édition par Kogan le Ven 11 Mai 2012 08:17, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Dim 29 Avr 2012 00:00 
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(... pied gauche, pied droit ... euh ... pied g ... gauche, pied droit ...)

J'essayais de méditer, de me focaliser sur mes pieds qui foulaient à présent un sol escarpé et rocailleux. Mais je n'y arrivais définitivement pas. Ma seule concentration ne suffisait plus à dissiper ni la douleur en provenance de mes muscles et de mes articulations, ni les résidus de questions qui me harcelaient à propos de ce mystérieux Uneril, probablement déjà mort.

(Qui étais-tu ?.. Uneril ...)

Laissant tomber les exercices de concentration, je relevai péniblement la tête et regardai autour de moi, cherchant désespérément quelque chose d’intéressant ou de remotivant. Mais c'était peine perdue dans cet ennuyeux désert.
Nous arpentions maintenant un paysage plutôt montagneux mais au bas relief, surplombant d'interminables étendues de sable brun, qui avaient progressivement remplacé le paysage bleu auquel je m'étais habitué ces derniers mois.

Je marchais seul, entouré d'hommes des sables. J'avais encore une fois été séparé des autres esclaves par Œil -de-Vautour, mais ce n'était pas si grave : j'avais obtenu les réponses que je cherchais et je n'avais rien de capital à demander ou à partager avec les autres esclaves.
Je finis ensuite par me rendre compte que presque tous les Charognards fixaient le lointain, comme s'ils observaient ou qu'ils s'attendaient à apercevoir quelque chose dans la mer de dunes de sable en contrebas.

Je regardais à mon tour l'horizon avec incompréhension, quand l'homme des sables le plus proche de moi dut sentir mon interrogation car il se tourna vers moi, du haut de sa répugnante monture, et me parla simplement, comme si sa phrase expliquait tout.

"Les vers des sables."

"Jamais entendu parler ..."

"Un corps de serpent entouré d'une carapace pouvant atteindre des dizaines de mètres de long. Et se terminant en une immense gueule munie de plusieurs mâchoires ... et surtout de nombreux crocs en ivoire qui valent leur pesant d'or. Le tout se déplaçant sous le sable à une vitesse folle et en toute discrétion."


Malgré le physique fort caractéristique des hommes du peuple des dunes, celui-ci semblait réellement vieux. Ses traits étaient tirés et ses yeux fatigués. De plus, la barbe abondante qui encadrait son visage était d'un gris poussiéreux, parsemée de tâches blanches.
Devant mon silence, l'homme continua son récit. Une pointe d'admiration et de convoitise était, sans aucune difficulté, décelable dans sa voix.

"On dit que les plaines de sable qui entourent la Crête du Serpent regorgent de ces monstres légendaires. D'où cette appellation.
Tu es déjà allé sur la Crête ?"


"Euh ... Non, jamais."

"Je te le souhaite pas, surtout en tant qu'esclave."

"Ah. Et pourquoi ?"


Non pas que je m'y intéresse vraiment, en fait. Je savais très bien que la plupart des groupes rebelles traitaient de manière horrible leurs esclaves. De toute façon, le vieillard ne semblait même pas faire attention à ma question et enchaîna sur sa lancée.

"Tu sais, si la plupart des esclavagistes et des familles rebelles ont adopté un style de vie nomade, c'est pour eviter d'être exterminé par les Kel Attamara. Mais si les Al Maijid tiennent une place fixe sur le Crête du Serpent, ce n'est pas pour rien : c'est parce qu'ils sont capables de leur tenir tête. Nombreux, riches et bien entrainés, cette famille est puissante et elle le sait. On dit d'ailleurs que leur puissance n'a d'égale que leur orgueil. Ils ne font effectivement preuve d'aucun respect et d'aucune pitié envers les étrangers qui n'ont rien d’intéressant à leur proposer. Et c'est encore pire pour les esclaves ..."

"... Mais tu ne devrais pas avoir à t'en faire ! Le Vautour ne passe pas par la Crête pour vendre des esclaves, mais pour en acheter avant d'aller à Bien'en Tal."


"Je n'en doute pas, Charognard."

En effet, j'étais presque sûr qu'Œil-de-Vautour ne faisait escale en ce lieu que pour acheter d'autres paires de bras à vendre à bon prix aux magiciens-archéologues de Bien'en Tal.
Pour ma part, j'étais persuadé qu'il voudrait me garder encore longtemps auprès de lui. D'un côté pour les combats délectables que je procurais à son groupe de rebelles. Mais également pour s'assurer que je n’accède jamais à aucune liberté. Pourtant, j'allais trouver une occasion, une opportunité. Utu m'en donnerait forcement une, un jour ou l'autre.

A cette pensée d'Utu, je levai les yeux au ciel et pus constater que le soleil venait d'entamer son inexorable descente vers l'horizon. Mon cœur se resserra un instant : dans la religion woranne tigrée, le soleil occupait une place centrale et représentait le dieu Utu en personne. La lumière et le jour étaient donc bénis tandis que la nuit, ainsi que l'obscurité en générale, étaient souvent sources de superstitions et étaient considérés comme des symboles de malheur et de malchance. Ainsi, même s'il était encore loin de disparaitre derrière les dunes de sables, je ne pus m’empêcher de me saisir de mon amulette et d'implorer Utu de faire en sorte que le soleil brille jusqu'à notre arrivée à la Crête du Serpent, tout du moins.

"Utu, dreh hin Shul Ag Unslaad fah Nir Volum do Vulon."


Le reste du trajet se déroula sans autre fait notable, chacun guettant l'horizon des plaines sablonneuses à la recherche d'un quelconque mouvement qui pourrait confirmer les légendes à propos des vers des sables. Et nous arrivâmes ainsi à destination avant la tombée de la nuit.

(Grâce à toi, Utu)

Pendant plusieurs heures, nous n'avions cessé de zigzaguer entre les rochers et les falaises escarpées, et nous dévalions maintenant une faible pente qui menait à un plateau relativement plat. Bordé d'un côté par la falaise et de l'autre par les pics déchiquetés de la Crête qui s'élevaient d'une bonne hauteur en pointant le ciel, l'endroit était l’entrée d'une véritable forteresse, demeure de la famille Al Maijid.

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Dernière édition par Kogan le Lun 7 Mai 2012 20:22, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Sam 12 Mai 2012 08:09 
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Épisode VII - Arrivée à destination


Cela faisait presque quatre ans que je parcourais le Désert de l'Est en long, en large et en travers avec Œil-de-Vautour et ses Charognards. Je pensais donc en avoir acquis un cœur de pierre, insensible et sans peur. Mais je constatai, en arrivant à destination, que ce n'était pas le cas : certaines situations pouvaient m’intimider. Et, malgré moi, la vision de l'endroit qui s'étendait en face de moi en faisait partie.

Haute de plusieurs mètres, une titanesque muraille surmontée de créneaux nous barrait la route, s'étendant des montagnes à notre droite, jusqu'au bord du vide à notre gauche. Elle ne présentait aucune aspérité et aucun ornement, ci ce n'était une unique et massive porte. Forgé dans un acier rutilant, elle ne présentait pas plus de relief que le reste de la muraille et mesurait bien cinq mètres de haut, pour un peu plus de la moitié de large. Elle était encastrée dans une énorme arche, elle-même surplombée d'une grande tour carrée aux façades aussi lisse que le reste de la construction.

Tous les Charognards s’immobilisèrent comme un seul homme, lorsque l'individu en tête de file leva brusquement le poing vers le ciel. C'était Œil-de-Vautour.
« Halte ! » Ordonna-t-il de sa voix forte et autoritaire.

Toujours les uns derrière les autres, nous étions tous tendus et stressés. En effet, entourés de montagnes et de roches irrégulières, l'endroit était parfait pour être pris en embuscade. Mais, fièrement dressé sur sa détestable monture caméliènne, le leader des hommes des sables ne semblait pas plus inquiet que ça, au contraire même.

Et il avait raison, notre long convoi ne fut effectivement pas attaqué pendant les quelques minutes d'attente qui passèrent. Attente au bout de laquelle les pesantes portes de la forteresse s'ouvrirent, lentement et lourdement, laissant apparaitre la silhouette d'un homme à cheval.
Ce dernier s’avança tranquillement et se révéla peu à peu à l'éblouissante lumière du soleil. Vêtu d'amples robes grises et brunes, il montait un splendide cheval à la robe sombre et au poil soyeux. Il finit par s'immobiliser, à distance respectable, et par prendre la parole, d'une voix aussi calme que forte et résonante. ( Surement grâce au vent et à l’écho des roches environnantes. ) Pensai-je alors.

« Saadhra Al Maijid, seigneur de ces lieux, vous offre l'hospitalité de ses murs, étrangers. Il exige de rencontrer immédiatement votre chef dans une entrevue privée tandis que ses hommes rejoindront leurs logements. Vos montures seront prises en charge dans nos écuries et vos serviteurs seront menés aux geôles pour la durée de votre séjour ... »
( Évidement ! )

« ... par ailleurs, le traditionnel combat d'esclaves aura lieu comme prévu avant la tombée de la nuit ! »

« Et gardez-vous bien de commettre le moindre désordre, ou vous serez puni en conséquence. Et le serpent est cruel, soyez en certains. » Termina l'homme d'un ton macabre, donnant plus à sa phrase des allures de menace que d'avertissement.

Sur ces mots, il fit exécuter à son cheval un gracieux demi-tour et s'en alla comme il était venu. Sur un nouveau geste d’Œil-de-Vautour, les Charognards se remirent également en marche, à la suite du messager Al Maijid. Ils ne semblaient guère prendre en compte la mise en garde de l'homme des sables mais ce n'était pas comme si j'avais eu le choix ou la possibilité d'exposer mon opinion ... Aussi les accompagnai-je sans faire d'histoires. En fait, ils suivaient aveuglément leur chef, qui paraissait pleinement confiant. Ce qui n'était pourtant pas dans ses habitudes.
( Œil-de-Vautour doit très bien s'entendre avec ce "Saadhra Al Maijid". ) Déduisis-je donc, ne voyant que cette raison pour justifier l'assurance de l'esclavagiste borgne.

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Dernière édition par Kogan le Jeu 19 Juil 2012 00:31, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Jeu 17 Mai 2012 23:31 
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J'allais passer sous l'immense arche qui marquait l'entrée de la place forte de la Crête du Serpent, lorsque je fus frappé par un détail. C'était la porte, ou plutôt sa couleur : Son acier brillait en effet de sublimes reflets bleus qui ondulaient avec le soleil. Ce n'était pas la première fois que j'observais ce phénomène, mais cela m’émerveillait à chaque fois. La cause en était toute simple : elle avait été forgée à l'aide de minerai du Désert Bleu, qui portait naturellement cette coloration.

Mais je n'avais guère le temps de m’attarder sur ces contemplations, le groupe d'hommes des sables traversait rapidement le seuil de cette porte pour déboucher dans un genre de cour aussi spacieuse que vide.
( Par Utu, c'est gigantesque ! ) M'exclamai-je, abasourdi par la vision qui s'offrait à moi.

La muraille que nous avions aperçu à l’extérieur longeait le vide et ondulait sur la crête telle un serpent ... Tandis qu'à l’intérieur, des bâtiments disparates suivaient le relief montagneux sur une bande de plusieurs dizaines de mètres de long. Le sol avait été laissé tel quel, rocheux et irrégulier, mais de larges chemins y avaient été tracés en déposant simplement des dalles et des marches de pierres toute aussi blanche que le reste des constructions.

A propos du reste des constructions, justement. Je crus dans un premier temps arriver dans un genre de place militaire rempli de tours carrées au même style spartiate qu'à l'extérieur des murs. Mais non, en ouvrant un peu plus l’œil, je me rendis compte que la totalité de l'endroit était comme ça : l'intégralité des bâtiments présentaient cette architecture carrée et dénuée de tout ornement. Les seul variations s'observaient au niveau des fenêtres, des balcons et des terrasses, qui différaient parfois d'un bâtiment à un autre. Et toujours cette omniprésente et éblouissante couleur claire qui renvoyait les rayons du soleil dans toutes les directions.

***

Une fois dans l’impressionnante cour, il fallut attendre un moment que la totalité des Charognards ait passé la porte pour que tous les hommes montés mettent pied à terre. En plus de la bonne vingtaine des nôtres, venaient s'ajouter presque autant d'hommes de la famille Al Maijid. Ils présentaient, les uns comme les autres, plus ou moins les mêmes traits qui caractérisaient la totalité des hommes des sables que j'avais pu rencontrer et abordaient des vêtements des mêmes couleurs que les robes de celui qui était venu nous donner la permission d'entrer.

Dans le désordre et la masse, je fus rapproché des autres esclaves, qui attendaient qu'on les mène aux cachots de cet endroit inhospitalier. A peine m'approchai-je d'eux, que l'un d'entre eux se retourna et me rejoignit hâtivement. C'était Rorkh'al, le garzok qui avait combattu un peu plus tôt dans la journée. Sa peau d'un vert foncé portait encore les marques de son duel, aussi minimes soient-elles. En effet, il n'était pas du genre fragile. Rageur et doté d'une force surhumaine, il était un excellent et redoutable combattant à mains nues. J'en savais quelque chose, je l'avais déjà affronté et ça avait été loin d'être une partie de plaisir : j'avais faillit y rester !

« 'Faut qu'tu saches ! A propos d'Uneril, il ... » M'agressa-t-il presque avec une élocution rendue hasardeuse à cause des volumineux crocs qui lui faisaient office de canines inférieures.
« Je sais, on m'a déjà raconté. » Lui répondis-je immédiatement. Je ne me rendis compte qu'une seconde aprés que je l'avais interrompu, et que je prenais là un risque devant ce colosse de muscles et de nerfs.

« Qui ? » Lâcha alors l'orque à mon égard, non sans serrer les mâchoires.
« Un des hommes des sables. Je ... Je ne connais pas son nom ... » Mon ton était légèrement honteux, même si je savais que je n'avais aucune raison de l'être : mon interlocuteur était probablement incapable de se rappeler de son propre nom !
« Et ton combat, Rorkh'al, comment ça s'est passé ? » Continuai-je, voulant tout de même changer de sujet.
« T'penses ! J'l'ai gagné ! » S’écria-t-il d'un ton fier et triomphant. Il me raconta ensuite qu'il avait encore faillit tuer Edek, l'humain qui l'avait affronté, et que les Charognards avaient particulièrement apprécié sa performance. Il n'omit par ailleurs aucun détail sanglant et sauvage de son précédent combat.

Cette victoire le mettait au premier plan pour participer au combat de ce soir, et cela ne m'arrangeait pas du tout. Depuis ces quatre dernières années, il se passait rarement une journée sans que je ne me batte pour les hommes des sables et, en fin de compte, je m'étais fait à ce rythme. Contraint à la servitude, privé d'un quelconque droit d'expression et sans cesse persécuté, le combat était devenu ma seule forme d’extériorisation.
Et je n'avais pas eu cette occasion depuis mon duel avec Uneril. Je voulais donc participer au combat de la Crête du Serpent de ce soir. Et cet affrontement allait être un genre de défi, une démonstration de force entre les différents clans. Œil-de-Vautour enverrait donc son meilleur champion, titre que je pouvais perdre si le garzok avait fait une prestigieuse prestation le jour-même.

« Allez, en avant ! » Me ramena à la réalité un des hommes en gris, un membre de la famille Al Maijid. Il s'était approché de notre groupe d'esclaves avec trois de ses semblables, fouet à la main. Ils nous encerclèrent et commencèrent à nous diriger vers un pan de montagne dans lequel était encastré une énorme construction, aux angles tous aussi carrés que les autres et à l'allure imposante et intimidante. ( Les geôles ... )
L'entrée, une immense et solide grille de métal, s'ouvrait lentement alors que deux hommes s'activaient sur de volumineux levier reliés à un mécanisme de chaînes qui abaissait la herse.

« Hé, vous ! » Hurla une voix que j'identifiai immédiatement comme celle d'Œil-de-Vautour. Une voix que je n'en pouvais d'entendre à longueur de journée, une voix qui me vrillait les tympans, une voix qui ...
« Laissez celui là tranquille et menez le plutôt directement à l’arène, qu'il y soit préparé ! » Je me rendis compte alors, en tournant la tête, qu'il me désignait de l'index. ( J'ai été sélectionné. Nom d'Utu, je vais combattre ! ) Réalisais-je, un sourire se dessinant au coin de mes lèvres.

« Bien, monsieur. Qu'il en soit ainsi. »
Deux Al Maijid vinrent alors me saisir, me détachèrent du groupe et m’emmenèrent dans une autre direction, descendant un escalier irrégulier et périlleux. Je jubilais intérieurement mais je n'osai pas me retourner vers Rorkh'al : du coin de l’œil, je l'avais vu se crisper en découvrant que j'allais participer au combat de ce soir et je ne préférais pas attiser inutilement sa colère.

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Je suis Kogan, le Moine Woran tigré. Mais vous pouvez aussi m'appeler Krogan, Hulk Hogan, Koganounet à la crême, Koko, Cagounet, KahounInet, le Koganator, Koganinounichounafibichibidisloubidou, Kogy, Koganichoninet, ... Ça dépend des gens ! ^^
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Un grand merci à Vilnish et à Itsvara pour la signature !
Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


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MessagePosté: Dim 20 Mai 2012 11:26 
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Épisode VIII - L'arène


Sans un mot, les deux hommes en gris me firent traverser ce que l'on pourrait appeler une ville mais qui ressemblait d'avantage à une forteresse ou a une place forte militaire. Passant sous les mêmes battisses anguleuses aux couleurs claires des dizaines et des dizaines de fois, cheminant sur des dalles de pierre taillée qui montaient et descendaient au gré du relief naturel de la Crête, nous marchâmes de longues minutes avant d'arriver en vue de la fameuse arène.
Bâtie en contrebas, dans une cuvette rocheuse, je notai avec une pointe d'amusement qu'elle possédait tout de même la traditionnelle forme ovale de toute arène qui se respecte, faisant tâche au milieu de tous ces bâtiments aux contours carrés. Plusieurs rangées d'assises surélevées étaient disposés autour d'une vaste étendue de sable, mais je devinais que l'endroit pouvait accueillir bien plus de spectateurs que ne pouvaient en contenir les gradins : en effet, la topologie de ce lieu faisait que l'arène était surplombée de nombreux reliefs, qui était autant de gradins supplémentaires.
( Ingénieux, il faut l'admettre ... ) Fus-je forcé de constater.

A l’extrémité des gradins, et diamétralement opposé d'un à l'autre, étaient deux petits bâtiments identiques percés de nombreuses fenêtres et débouchant dans l’arène via une massive grille, rappelant l'entrée des geôles que j'avais pu voir un peu plus tôt. Sans doutes les loges des gladiateurs.
On me mena effectivement à l'une d'elles, dont on m'ouvrit la lourde porte avec hâte pour me jeter à l’intérieur.
« Voila vos quartiers provisoires, "noble" étranger ! » Railla un des deux hommes en refermant brutalement la porte sur moi et en ricanant froidement avec son frère, à coup de blagues douteuses et de d'insultes virulentes.
« Enfoirés ... » Grinçai-je entre mes dents, mais pas trop fort quand même : maintenant, je n'étais plus entre les mains des Charognards. Si ces gens voulaient me faire du mal, ils ne s'en priveraient pas ... Je préférai donc me retourner et examiner la modeste pièce dans laquelle j'avais été mené.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Lun 21 Mai 2012 15:38 
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Cette salle dans laquelle je me trouvais n'était rien d'autre qu'un vaste râtelier rempli d’équipement et d'armes diverses et variées posées ça et là sur des étagères et des commodes. Des épées de tous types, des haches, quelques lances, des boucliers ou encore des masses, ainsi que des pièces d'armures, lourdes ou légères, allant de l'acier au cuir renforcé, ou encore des chaînes cloutées et différents objets meurtriers plus étranges les uns que les autres ...
Pourtant, rien ne m’intéressait parmi cet attirail métallique qui rutilait à la faible lueur du soleil qui passait au travers des étroites fentes creusées dans les murs.
( Rien qui ne vaille une bonne paire de griffes ... ) Songeai-je nostalgiquement en longeant tout de même les meubles garnis d'équipements dont j'observais l'état.
La plupart avait du être volée ou récupérée sur des adversaires vaincus, étant donné leur facture étrangère au désert. De plus, rares étaient les pièces en bon état : souvent cabossées, tordues, rouillées ou tâchées de sang, ... tout cela souffrait clairement d'un manque d’entretien.

Il ne se passa que quelques minutes avant que le verrou de la lourde porte ne s'ébranle à nouveau. Et Œil-de-Vautour en passa le seuil d'un pas décidé avec, sur ses talons, deux Charognards à l'allure féroce.
Mon tortionnaire ordonna à ses deux hommes de rester devant la porte et s'avança seul dans ma direction, malgré leur semblant de protestation. Mais qu'avait-il à craindre ? Je n'étais même pas armé, et dégriffé, alors qu'Œil-de-Vautour était un escrimeur hors-pairs qui alliait force et fourberie en combat avec une étonnante dextérité.

« Tu reviens de ton entrevue privée ? Tu as fais vite. » Lui lançai-je tandis qu'il me dévisageait de son œil unique au regard lourd et inquisiteur.
Le traiter avec tant de familiarité était loin d'être prudent mais il n'allait pas "m’abîmer" : j'allais bientôt combattre pour lui et il me voulait donc présentable et au meilleur de mes capacités. C'est sûrement pour ça qu'il ne se rua pas sur moi, et qu'il décrocha plutôt une gourde de sa ceinture et me la tendit.
« Ce bon vieux Saadhra n'est pas du genre bavard ... » Grommela-t-il en me jetant un regard noir tandis que j’avalais goulûment le contenu de la gourde.
L'eau ruissela dans ma gorge et mon œsophage aussi secs et arides que le désert lui-même et me remit d'aplomb pour l'épreuve qui approchait. J'en trépignais d'impatience et je sentais déjà l'adrénaline monter doucement.

Œil-de-Vautour me fit également apporter plusieurs épais bouts de tissus, humides et brûlants. Il m'expliqua brièvement qu'il s'agissait d'un bon remède contre les courbatures et que cela délierait mes muscles et articulations après la dure journée de marche que nous avions eu.
Il me laissa donc m’asseoir - une sensation étrange lorsque l'on passa sa vie debout, il faut avouer ! - et m'appliquer les serviettes trempées en divers points comme les épaules, la nuque, le dos, les genoux ou les poignets, ... pendant qu'il patientait en arpentant du bout des doigts les nombreux râteliers. J'en profitai également pour adresser quelques brèves paroles à Utu.
( Utu, Bonaar Drog, zu Draal hin do Heim zu wah Vukein. )

Il fallait bien admettre que le remède proposé par le leader des Charognards était efficace. Lorsque j'eus finis, je ne ressentais presque plus ni la longue randonnée qui avait précédée notre arrivée à la Crête du Serpent, ni les coups que j'avais subis la veille à peine. Je me relevai donc et m'attendis à ce qu’Œil-de-Vautour m'adresse la parole. Ce qu'il fit.
« Attrape ça, ça va te servir ! » M'avertit-il en envoyant à mes pieds un tas d'objets que j’identifiai rapidement comme des pièces d'armures.
En m'en saisissant, je me rendis compte qu'il s’agissait d'armures légères qui n'entraveraient en rien mes mouvements : une paire de cuissardes en cuir tanné ornées de sangles et de rivets, accompagnée d'une solide épaulière du même matériau à laquelle était accrochée une ample cape couleur d’ébène.
( Au fond, cette ordure semble me connaître un peu. ) Pensai-je, faussement touché par le geste de l'homme des sables. Comme tous les autres, sa motivation première était encore et toujours l'argent.

« Et ... Tu devrais aussi prendre ceci ... » Annonça-t-il d'un ton plus délicat. Un ton que je compris en tournant la tête dans sa direction : il désignait de la main une série d'épées courtes de toutes sortes.
( Nom d'Utu, c'est une blague ?! ) M'offusquai-je alors. Il était hors de question que je combatte à l'aide d'une arme et je le fis bel et bien comprendre à mon bourreau borgne qui ne plaisantait pas le moins du monde.

« Non, je ... » Commençai-je avant d'être interrompu.
« Celui qui va être envoyé par Saadhra dans l'aréne ne sera pas un plaisantin ... Il ne se battra pas à mains nues et n'épargnera pas ta vie comme ce dont tu as l'habitude ! Il n’hésitera pas à te tuer !
Kogan, ce n'est pas un simple duel de distraction. Ce combat ne sera rien d'autre qu'une démonstration de puissance entre nos deux clans. Saadhra va y envoyer son champion. Son champion, Kogan, tu vois ce que sa signifie ?
Tu n'imagines pas à quel point Saadhra a envie de te voir mourir, en tant que mon propre champion ... Lors de notre dernière rencontre, c'est mon gladiateur qui a remporté un combat similaire à celui-là ! Et ça l'a plongé dans le déshonneur. Depuis, je sais qu'il fait tout son possible pour monter un combattant invincible ! Et penses bien qu'il a du mettre le paquet pour convaincre ce champion de gagner à tout prix !
Crois-moi, je n'ai aucune envie de perdre le moindre de mes esclaves, et je n'ai pas non plus envie que les Al Maijid récupèrent leur honneur en gagnant ce combat. Alors tu vas mettre toute les chances de ton côté !
Écoute, Kogan ... Prends cette arme, combats sans discuter mes ordres et gagne ce duel ... et tu seras récompensé comme il se doit.
»

Son discours ne me laissa pas indifférent. Œil-de-Vautour ne racontait pas sa vie à n'importe qui ni dans n'importe quelle circonstance. Il devait avoir sérieusement envie de gagner et de conserver sa dignité pour me parler ainsi. Mais il y avait quelque chose qui m’intéressait plus que le reste dans ce qu'il m'avait dit : la récompense. Quelle genre de récompense ? Disait-il seulement la vérité ?

« Des rations, Kogan. Je te promet que tu mangeras à ta guise jusqu'à la fin de tes jours. » Me répondit-il sans vraiment le savoir.
Ça n'allait pas être difficile de me donner plus que ce que j'avais actuellement étant donné que l'on ne me donnait presque rien à manger depuis des années. Mais, que ça paraisse stupide ou non, rien que l'idée d'être bien nourrit à chaque repas me faisait saliver. Le manque de nourriture était une des principales cause de l'hostilité du désert, et passer au dessus améliorerait significativement mon quotidien. De plus, j'avais dans l'idée que cela me rapproche un peu d'Œil-de-Vautour, augmentant mes chances de retrouver un jour ma liberté, qu'il le veuille ou non.

« Je suis à vos ordres, je combattrai. » Dis-je d'un ton rauque en inclinant légèrement la tête et en me saisissant de l'un des sabres, plus ou moins au hasard, sur une table à proximité.
Peut-être était-ce par satisfaction, ou bien parce que je n'avais, de toute façon, pas le choix, mais toujours fut-il que mon tortionnaire m'adressa un sourire à glacer le sang, me fixant de son unique œil sombre.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Jeu 31 Mai 2012 12:50 
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A partir de cet instant, des rumeurs commencèrent à s'élever au dehors. Il ne s'agissait au départ que de quelques voix éparses, qui ressemblèrent ensuite d'avantage au brouhaha d'une foule qui se rassemblait. Le combat n'allait assurément pas tarder. Œil-de-Vautour m'avait laissé seul, à méditer sur le combat à venir et à tenter d'apprendre à me servir de ma nouvelle arme.
Cette arme, justement, n'était qu'un poids inutile entre mes mains et j’appréhendais déjà de devoir me battre avec. Mais mon bourreau avait posé ses conditions et je ne pouvais les contourner.

Les secondes passèrent, me semblant être des heures, tandis que l'adrénaline montait progressivement en moi. Je me tenais debout, face à la grille qui constituait le dernier obstacle entre moi et l’arène.
( Utu, Yol Krein, Drun zu Mulaag ahrk Ahkrin ful zu Qahnaar Hokoron voth Zin ! ) Implorais-je une dernière fois Utu, vidant mon esprit et me concentrant sur le combat qui approchais maintenant à grands pas, à en juger les cris que poussait la cohue.

« Bonsoir, hommes du peuple des dunes ! L'arène est heureuse d’accueillir un si grand nombre d'entre vous pour cet événement ! » Hurlait un homme au dehors, chauffant et motivant la foule. Sa voix, étonnement forte, surpassait même le vacarme ambiant.
« Vous êtes venus si nombreux ! Mais dites-moi ! Que voulez vous ?! »
« Du sang ! » Beugla la foule en retour.
« Mais bien sûr ! Vous êtes venu voire de l'action ? Vous êtes venu voire du courage ? Vous êtes venu voire de la force et de la rage ? Vous êtes venu entendre le fracas des armes et les cris de douleur ? » L'entendais-je continuer, chacune de ses questions déclenchant un tonnerre de cris et d’applaudissements.

« Et bien vous n'aurez pas à attendre bien longtemps ! »
« Aller, boule de poils ! C'est à toi de jouer ! » Cria un homme des sables dans mon dos, depuis la porte opposée. C'était celui qui m'avait amené ici.

Coïncidant avec ses paroles, la lourde grille de fer s'abaissa et la faible lueur du soleil qui se couchait inonda la salle. La clarté du sable et des pierres blanches sur lesquels se reflétaient les rayons du soleil m'éblouit un instant, mais ne m’empêcha pas d'avancer fièrement, m'exposant à la vue de centaines d'hommes des sables.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Jeu 31 Mai 2012 15:45 
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Épisode IX - Un combat tant attendu


« La famille Al Maijid est fière d'avoir comme invités les Charognards d'Œil-de-Vautour ! Veuillez accueillir comme il se doit leur champion ! Kogan, un woran surnommé le tigre sans griffes ! » Avait clamé la même voix à mon arrivé dans l'enceinte du bâtiment à ciel ouvert.
Les réactions étaient mitigées : cris inaudibles, encouragements, huées, et même quelques exclamations de surprise. En effet, même si les esclavagistes comme les Charognards ou la famille Al Maijid avaient l'occasion de rencontrer toute sortes de races et d'individus grâce à leur profession, les worans restaient une race extrêmement rare dans ce désert.

J'observai plutôt les monts de la Crête qui m'entouraient et m'oppressaient. ( J'avais raison ... Ils sont sacrément nombreux.) Pensais-je en me rendant compte qu'en plus des gradins noirs de monde, les reliefs naturels environnants étaient couverts d'hommes des sables vêtus de gris et de brun, debout ou assis, qui usaient leurs cordes vocales. Ils étaient plus d'un demi-millier, et leurs voix réunies résonnaient sur les parois rocheuses comme le grondement d'une avalanche.

Mais parmi cette cohue, un détail m'attira tout particulièrement : un des hommes des sables semblait se détacher du lot. D'une carrure pourtant identique à celle de ses innombrables semblables qui l'entouraient, la différence provenait de son visage, de ses yeux plus précisément. En effet, j'aurais juré qu'ils me fixaient et me dévisageaient, même à cette distance. De plus, ils semblaient briller d'une vive lueur violette.
( Qu'est ce que ... ? ) M'interrogeais-je un instant, plutôt déconcerté. Clignant des yeux, je parvins tout de même à revenir à mes esprits et je rejetai négligemment ce détail que je jugeai sans importance.

Me reconcentrant immédiatement, je soupesai à nouveau le fardeau à la lame large et courbe que je portais dans ma main droite. ( Ce ne doit pas être si différent à utiliser que des poings ou des griffes. ) Me répétais-je naïvement depuis que j'en avais fait l'acquisition.
L'attente était insoutenable. L'adrénaline se faisait de plus en plus ressentir et mon sang martelait mes tempes avec un rythme soutenu, à la manière d'une horde de tambours déchainés. Je m'impatientais et j'avais maintenant du mal à me contenir, mais il fallait de toute façon que l'on m’envoie quelqu'un à affronter ... Pressé d'en découdre, et comme si cela allait accélérer le début du combat, je m'approchai du modeste bâtiment qui me faisait face avant de m'immobiliser devant la massive grille, d'où allait sortir mon adversaire tant attendu.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Ven 1 Juin 2012 19:40 
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Mes prières furent rapidement exaucées. Dans un fracas de ferraille, l'ouverture du bâtiment en face duquel j'attendais finit par s'ouvrir, laissant apparaître celui qui allait être mon adversaire pour ce combat.
« Oui, vous le reconnaissez tous ! Vous l'attendiez ! Le grand et puissant Chevalier Hurgen, de la maison Danselion ! » Beugla l'homme qui devait être le gérant de l'arène, sous la clameur assourdissante de la foule.

C'était un guerrier, un vrai. Les cicatrices et autres marques qui parsemaient son robuste corps musclé laissaient vaguement imaginer les innombrables heures d'entrainement et de musculation, ainsi que les dizaines et dizaines de combats auxquels il avait dû participer. Sa carrure imposante n'en était que renforcée par l'épaisse cuirasse d’acier qui couvrait sa tête, l’un de ses bras, ainsi qu'une partie de son torse et de ses cuisses.

Une longue lame gainée d'un solide fourreau pendant de sa ceinture, il s’avançait fièrement sur le sol sablonneux en levant les bras et la tête en direction de la foule de spectateurs qui scandait son nom en cœur.
« Hurgen ! Hurgen ! Hurgen ! »

( Un genre de favori ? ) Pensai-je en prêtant l'oreille à ces acclamations. La victoire n'allait en être que plus délectable : Je comptais bel et bien rabattre sa popularité et sa soi-disante fierté à cet humain de foire.
En effet, un œil inattentif n’y aurait vu que du feu, mais un observateur avertit comme moi put rapidement déceler que l’équilibre de cet individu était, malgré tout, légèrement chancelant : il devait visiblement déployer des efforts, aussi minimes fussent-ils, simplement pour se maintenir debout. De là où j'étais, c'était tout ce que je voyais. Il était, du reste, trop loin de moi pour que je puisse l’examiner en détails. De plus, son visage était masqué par une lourde visière qui ne laissait pas transparaître la moindre émotion.

Ainsi, alors qu'il jouait sa petite comédie et qu'il se pavanait faussement devant cette foule assoiffée de violence et de combat, moi, je restais à ma place et m'affairais plutôt à enrouler mes habituelles bandes de tissus autour de mes mains meurtries. J’avais déposé au sol l’incommodante arme qu’Œil-de-Vautour m’avait contraint de porter pour ce duel, que je ne manquai pas de récupérer une fois ma tâche achevée.

( Un chevalier ? Qu’est-ce qu’il peut bien faire par ici ? ) Me disais-je, quelque peu interpelé par la présence dans un tel lieu d'un de ces guerriers nobles et loyaux dont on m'avait parlé, prêts à défendre la veuve et l'orphelin au péril de leur vie. Celui là semblait être tombé bien bas ...
Mais un autre détail me frappa : la "maison Danselion". Honteux. Le gladiateur portait à sa gauche une massive épaulière sculptée en tête de lion. Et je ne pus m’empêcher de faire le lien avec ma race semi-féline qui, finalement, n'était pas si éloignée de celle de ce fauve majestueux. Et de voir cette espèce ridiculisée et portée comme un simple symbole me révolta d'avance contre cet humain présomptueux.

D'ailleurs, celui-ci finit tout de même par se tourner dans ma direction et, d'un seul geste ample, par tirer sa lame du fourreau. Le chuintement qui en résulta m'évoqua le sifflement d'avertissement d'un serpent qui s'apprêtait à attaquer, une image particulièrement adaptée pour cette arme qui allait frapper d'une seconde à l'autre.
A propos de la lame justement ... Je ne pus m’empêcher de passer une fraction de seconde à l'admirer. En effet, non seulement elle ne présentait pas la même forme que les traditionnels sabres du désert, elle était plus fine mais aussi plus longue, mais elle possédait surtout cette magnifique coloration bleutée et ondulante. La même que celle de la porte que j'avais pu voir un peu plus tôt dans la journée. Mais je revins finalement à mes esprits : rester admiratif devant cette lame n’allait pas changer le fait que, d’ici une poignée de seconde, elle pourrait bien m’être fatale.
« Prépare-toi à mourir, chat de gouttière ! » Me provoqua-t-il d’un cri étouffé à travers la visière de son casque. Droit et campé sur ses positions, il avait ramené sa lame contre lui et la pointait désormais dans ma direction.

Pour ma part, mon arme pesait lourd dans ma main droite. J'avais l'impression de devoir marcher avec un boulet attaché au pied. Mais j'étais conscient que si je laissait paraître la moindre faiblesse, mon adversaire allait se précipiter dessus pour l’exploiter. Alors, pour n’en montrer rien, je fis plutôt rouler mes épaules et mon dos tout en me léchant les babines, découvrant mes longs crocs. M'avançant de quelques pas vers lui, j’exécutai ensuite un large moulinet - se voulant être adroit - avec mon sabre, et me mis en garde.
« Trêve de bavardages. Amènes-toi. » Lâchai-je en grognant férocement à la manière d’un fauve qui s’apprêterait à fondre sur sa proie.

J'avais de plus en plus envie d'en découdre, j'attendais cette occasion depuis si longtemps. Trop longtemps. En fin de compte, je n'avais même pas peur de la difficulté du combat qui allait survenir, ni même des conditions défavorables qui m'étaient affligées. La seule chose qui comptait pour moi était finalement que je puisse me défouler et extérioriser mon trop-plein d’énergie.
Et, à mon grand plaisir, mon opposant ne se fit pas attendre plus longtemps. Il passa à l'action !

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Un grand merci à Vilnish et à Itsvara pour la signature !
Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


Dernière édition par Kogan le Dim 8 Juil 2012 13:01, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Sam 16 Juin 2012 01:52 
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Son arme pointée dans ma direction, mon adversaire se rua lourdement sur moi. Je ne pouvais pas voir son visage derrière son casque, mais je discernais aisément dans son attitude une détermination certaine et sans faille.
Il entama aussitôt les hostilités d'un ample et meurtrier coup de taille, que je vis venir et que j'esquivai donc sans mal d'une simple dérobade. J'allais attaquer à mon tour, mais le sabre que je tentais de manier me rendais trop lent et je n'en eus pas le temps. En effet, le chevalier profita immédiatement de son élan pour m'attaquer à nouveau en faisant décrire un arc de cercle à son arme, de haut en bas.

J'avais aussi prévu ce coup, mais pas la rapidité avec laquelle il allait être asséné. Déséquilibré par ma dernière esquive, je ne pouvais pas éviter une fois de plus la lame bleutée. Ainsi, je me cramponnai sur mes positions et brandit mon sabre à l'horizontal : une main agrippée à la poignée de l'arme, l'autre appuyée sur le plat de la lame.
Je me préparai au choc qu'allait provoquer ma parade, avant de pouvoir riposter. Mais il n'en fut rien … Comme s'il ne s'était agit de rien de plus que d'une brindille de bois sec, mon arme vola en éclats sous l'assaut du gladiateur. Sa lame poursuivit donc sans encombre sa trajectoire, traçant une ligne écarlate du bas de mon épaule jusqu'au milieu de mon torse.

La violence de l'impact me força à reculer de deux pas, baissant les yeux sur ma blessure - heureusement, peu profonde - d'où s'échappait un filet de sang qui se mêlait à ma fourrure rousse en collant mes poils à ma peau. Sans l'armure qui couvrait mon épaule, j'aurai probablement perdu l'usage de mon bras. De plus, en se brisant, les fragments de mon sabre avaient lacérés mon avant-bras gauche sur toute sa longueur. Un des éclats avait même filé vers mon visage et m'avait salement éraflé la joue, juste en dessous de l’œil.
Je relevai la tête juste à temps pour voir mon adversaire qui revenait à l'assaut, son épée fermement tenue à deux mains. Bien décidé à rester en vie, j'abattis maladroitement ce qui restait de mon cimeterre. Les lames chuintèrent en s'entrechoquant, et le long sabre du chevalier me manqua de peu.

Je réalisai alors qu'il n'était qu'à une trentaine de centimètres de moi, et que sa lame était fichée dans le sable. Alors, sans réfléchir, ma main droite occupée à tenir les vestiges de mon arme, ce fut mon poing gauche qui s'élança et qui l’atteignit violemment à la hanche avant qu'il n'ait le temps d'esquiver.
Avec l'état dans lequel était mon bras, je dus souffrir à cet instant autant que lui, si ce n'était plus. Mais je l'avais déséquilibré en le faisant reculer de force, et c'était ce que je voulais. ( C'est le moment ou jamais ! ) Me motivai-je en serrant fort mon arme et en l’élançant sur une partie non protégée de sa cuirasse.

Mais c'était sans compter ce contre quoi Œil-de-Vautour m'avait mis en garde. Ce gladiateur n'était pas un opposant habituel. Ma maladresse et mon insupportable lenteur, combinées à sa force et sa rapidité surhumaine, lui permirent d'intercepter brutalement mon bras armé et, d'un simple moulinet enfantin, de me faire lâcher la poignée de mon sabre.
La main encore tendue, je regardai avec stupeur mon arme brisée s'écraser dans le sable, deux bons mètres plus loin. J'étais désarmé, et je ne savais pas si je devais m'en réjouir ou, au contraire, désespérer. Mais de toute façon, le monstrueux guerrier ne me laissa guère le temps de choisir. Comme si mon coup de poing n'avait été qu'une pichenette, il recommença à frapper.

S'ensuivit alors une pitoyable danse d’esquive au cours de laquelle je devais, sans cesse et à une vitesse affolante, me baisser, sauter, rouler au sol, ...
( Si je ne trouve pas rapidement une solution, par Utu, je vais y rester ! ) M'affolais-je tandis que je commençais dangereusement à fatiguer et que le gladiateur prenait peu à peu le dessus sur moi.
Je tentais d'analyser sa façon de combattre, comme à mon habitude, mais cela ne m'apporta qu'une nouvelle plaie cuisante au travers du dos. Ses mouvements étaient experts, précis et méthodiques, mais tellement variés que j'étais incapable de prévoir efficacement ses enchainements.
A deux reprises, ma main droite vint heurter son avant bras puis son coude, mon bras gauche étant trop douloureux pour que je puisse songer à frapper avec. Mais comme pour mon premier coup, le mastodonte cilla à peine sous mes assauts.

Les secondes s'écoulaient lentement, comme des heures. Le temps semblait clairement avoir ralentit tandis que j'évitais encore et encore la lame qui me frôlait de plus en plus proche et dont le sifflement vrillait mes tympans.
C'est alors qu'une idée traversa mon esprit. Un idée folle. Une idée stupide. Probablement la plus stupide que j'avais jamais eu. Mais c'était la seule que j'avais, et je décidai de la mettre à exécution.( Utu, Aak zu ! ) Adressai-je brièvement au ciel.

Tout était question maintenant de précision. Un pas, puis deux. ( Pas maintenant ... ) Je posai un genoux au sol, presque allongé. Le gladiateur exécuta une vive estocade, que j'esquivai de justesse. ( Pas maintenant ... ) Je me relevai d'un bond alors qu'il ramenait son arme vers lui. Et je roulai sur le côté pile à temps pour éviter la lame qui s'abattit à quelques centimètres de ma jambe. Ainsi, en me relevant, je me trouvais presque dans son dos.
( Parfait. ) Souris-je discrètement en prévoyant son prochain coup de taille. Et, comme prévu, prenant de l'élan en pivotant, le guerrier frappa horizontalement. Mais cette fois, au lieu de chercher à m'approcher de lui pour l'esquiver, j'entrepris de m'éloigner. ( Maintenant ! ) J'eus le temps de faire un pas en arrière ... puis un autre ... Et la lame m’effleura, d'un petit centimètre. D'un douloureux centimètre, si je puis dire.

Le sabre sifflant produisit une note immonde en traversant ma chair, traçant une nouvelle entaille sur mon torse déjà blessé dont s'échappa aussitôt une légère gerbe de sang. Puis je chutai, lourdement, sur le dos, en poussant un grognement étouffé.
Mon plan avait fonctionné.

(((Tentative d'apprentissage de la CCSA "Instinct sauvage" lors de son combat)))

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Dernière édition par Kogan le Mar 26 Juin 2012 07:46, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Jeu 21 Juin 2012 22:12 
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Oui, mon plan avait fonctionné. Étendu dans le sable chaud, souffrant le martyr, je luttais contre la douleur pour ne pas hurler et pour ne pas sombrer dans l'inconscience.
Je pouvais distinguer précisément chacune de mes blessures. Il y avait cette éraflure sur ma joue, d'où je pouvais encore sentir perler une goutte de sang, ainsi que mon bras gauche qui était couvert d'entailles et horriblement écorché. Dans mon dos, une profonde balafre longeait ma colonne vertébrale, de l'omoplate à la hanche. Mais ce n'était rien en comparaison de mon torse sur lequel les deux plaies béantes se rejoignaient, juste sous mon muscle pectoral droit et formaient ainsi une sorte de grossière croix écarlate.
Je tentais de me souvenir ce que m'avaient toujours enseigné mes ainés, des années plus tôt. « La douleur n'est qu'une simple information. Elle ne doit jamais être une limite physique pour le corps. » N'avait-on cessé de me répéter inlassablement lors de mes innombrables séances d'exercices et d'entrainement.

« Aus kos orh Hahnu. » Grommelai-je péniblement à voix basse, en purgeant mon esprit de tout sentiment de souffrance et en me redressant lentement et laborieusement. Je priais Utu de me donner la force nécessaire pour me relever, et pour faire face honorablement à mon adversaire.

L'énorme gladiateur était là. Juste en face de moi. Il me désignait de la pointe de sa lame et me toisait de son imposante carrure. Mes yeux le dévisagèrent rapidement, de la tête au pieds. Par Utu, il ne semblait même pas être fatigué ! On aurait dit qu'il venait à peine de s'échauffer et qu'il était prêt pour passer aux choses sérieuses. Avais-je seulement une chance de l'emporter ? Je ne me posai même pas la question.

La foule était toujours là, hurlant de toutes leurs forces et clamant le nom de leur héros. Le fameux Hurgen tourna à ce moment la tête en direction des gradins et, détachant une main de la poignée de son arme, la leva bien haut en signe de triomphe.
Grossière erreur.
« Espèce de sale … ! » La voix tremblante de rage, je commençai à l'invectiver tout en effectuant un ample - mais fort douloureux - mouvement de jambes qui me ramena directement sur pieds. Accroupi, je profitai alors de cet élan pour lui sauter sauvagement à la gorge.

Je savais qu'une fois que je serais au sol, il ne pourrait pas s’empêcher de faire sa bête de foire. Je m'étais donc laissé blesser volontairement pour attirer son attention ailleurs et me créer ainsi la diversion dont j'avais besoin. Une idée folle, oui, je l'avais bien dit.
Le temps que le guerrier vaniteux se retourne et qu'il se rende compte de ce qui lui arrivait, j'avais déjà dévié son arme d'un revers de l'avant bras et j'étais déjà sur lui. La force de l'impact fut suffisante pour le déséquilibrer et nous chutâmes tous deux pour nous écraser lourdement dans le sable.
Ma charge devait l'avoir sonné un instant. Mon adrénaline reprenant le pas sur la douleur, je profitai alors de cette opportunité inespérée pour le frapper de toute mes forces. Mon poing droit atteignit le côté de son casque, dans un bruit creux, mais il n'en fut même pas secoué et j'en récoltai juste une douleur aigu au poignet. Réalisant que ça ne marcherait pas non plus, je décidai qu'il me fallait encore changer de technique.

Animé d'une rage et d'une haine incommensurable, j'agrippai alors brutalement la tête de lion ouvragée qui lui servait d’épaulière et entreprit de tirer dessus comme un forcené. Je sentis une ou deux sangles lâcher mais la pièce d'armure ne vint pas.
Je ne m'attendais pas à ce que le chevalier se laisse faire. Aussi, lorsqu'il leva le main pour m'éloigner d'un crochet de son bras libre, j'étais prêt à le recevoir et mon coude le rabattit immédiatement au sol. Assez longtemps pour que je puisse de nouveau attraper l’épaulière et tirer dessus à la manière d' un fauve enragé qui tenterait de dépecer une proie qu'il venait d'immobiliser.

L'armure céda enfin. Et je pus découvrir une épaule au teint blafard et couverte de balafres et d’ecchymoses toutes fraîches. ( Quel genre de torture horrible cet humain a-t-il bien put subir pour en arriver là ? ) Me questionnais-je sans pour autant éprouver de pitié.

Pendant un court instant de lucidité, je pris conscience que mes yeux étaient révulsés, et mes babines retroussées, exhibant ainsi mes crocs au chevalier qui devait avoir là une vision bien terrifiante. Je ne voyais pas son visage, il était toujours caché par son volumineux casque d'acier, mais je pouvais presque deviner son expression de crainte et de terreur. Cette pensée ne fit qu’accroître l'adrénaline qui circulait dans mes veines et qui me masquait la douleur que provoquait le moindre de mes mouvements.

Me retrouvant avec la plaque métallique dans les mains, une idée fusa dans mon esprit. Dans un grognement bestial, je l'agrippai fermement et, la levant bien haut dans les airs, l’abattis brutalement sur son visage casqué, dont je voulais me délecter de l'expression paniquée.
« Un lion, hein ?! » Lui criai-je en même temps que je frappai. La visière se fissura. Mais je n'allais pas m'arrêter là. « Où est ton lion, maintenant ?! » Hurlai-je en abattant à nouveau la plaque d'armure ouvragée, dont le choc cabossa l'avant du casque de mon adversaire. Celui-ci ne bougeait presque plus, se contentant d'encaisser les coups et de grogner bruyamment. Sa poitrine se levait et se baissait à un rythme soutenu : il fatiguait ! Par Utu, pour la première fois de ce combat, je pouvais voir ma victoire à portée de main.
Stimulé par la douce saveur du triomphe qui s'annonçait, je raffermis ma prise et redoublai d'efforts. « Quand ... on est ... pas ... capable ... de vaincre ... un fauve, ... on en prend pas un ... comme emblème !! » M'égosillais-je en postillonnant et en ponctuant mes dires par de violents coups d'épaulière sur son casque, qui se cabossa progressivement, jusqu'à émettre un craquement évocateur à ma dernier syllabe.

Complétement sonné, le chevalier ne bougeait presque plus. Jetant la plaque d'armure tordue au loin, je me ruai sur son heaume fissuré et en agrippai les bords pour tenter de les écarter. Mais l'acier ne céda pas et je dus redoubler mes efforts. Des efforts qui me déconcentrèrent un instant. Un instant de trop. Juste assez longtemps pour Hurgen, qui n'attendait qu'une opportunité de se tirer de cette situation.

J'étais occupé à m'acharner sur la visière fendue lorsqu'une vive et intense douleur me saisit à l’arrière de la jambe gauche. Lâchant immédiatement ma prise sur son casque, je m’affaissai maladroitement et pesamment sur lui dans un cri de souffrance.
Il avait produit de nulle part une courte dague qu'il s'était empressé de m'enfoncer dans la cuisse. Heureusement pour moi, l'armure d'Œil-de-Vautour m'avait une fois de plus sauvé la vie. En effet, la lame avait ripé sur le cuir de ma cuissarde et n'avait fait qu’érafler ma jambe sur quelques centimètres. Une douleur non-négligeable, cependant, lorsqu’on ne s'y attend pas !

( Kogan ! Quelle stupide boule de poils incapable tu fais là ! ) Pestais-je, fou de rage et de douleur. J'avais de quoi, je venais de me faire avoir par la même technique que j'utilisais contre mon adversaire ...
Il me poussa sans ménagement et se releva aussitôt. Une fois debout, il tourna immédiatement les talons et se dirigea vers son épée longue. Il l'avait lâché lors de notre chute et elle se trouvait maintenant à moins d'un mètre de lui. Elle l'attendait, impatiemment. Cependant, je savais que s'il la récupérait, ce serait ma fin. Je n'avais effectivement plus les forces suffisantes pour esquiver ses assauts.

Il n'avait plus qu'à tendre le bras ... Alors, les membres tremblants, je parvins tant bien que mal à me redresser en position accroupie, une main sur le sol. ( La douleur n'est qu'une information ... La douleur n'est qu'une simple information ... Elle ne doit pas être une limite ... La douleur n'est qu'une information ... ) Me répétai-je en me concentrant. Et, dans un ultime effort, je poussai de toutes mes forces sur mes jambes, bondissant en avant, dans la direction du chevalier.
La main alors posée sur la poignée de sa lame, il voulut me trancher en plein vol. Mais il n'en eut pas le temps. J'étais déjà sur lui. Cependant, il n'était pas décidé à se faire avoir deux fois par la même technique. Ainsi, campant ses pieds dans le sable de l'arène, il tint bon et ne chuta pas.

Je ne pensais qu'à une chose. Son sabre. S'il en reprenait le contrôle, j'étais mort. J'agrippai donc aussi fermement que je le pouvais le manche de son arme d'une main et son avant bras droit de l'autre main. ( La douleur n'est ... n'est qu'une ... une information ! ) Me forçai-je à penser, les dents serrées et la respiration sifflante.

« Tu as perdu, ridicule félin ! » Grogna Hurgen de sa voix rauque, tout prés de mon oreille. En effet, ainsi agrippé à lui, je nous avais engagé dans une lutte de corps à corps acharnée.

« Je n...ne crois pas, non. Qu'est-ce que tu vas faire maintenant, s...sans ta belle épée ? » Lui répondis-je du tac au tac, sans me déconcentrer. Il se débattait avec hargne, et si je relâchais ne serait ce qu'un instant l'emprise que j’exerçais sur lui, il allait prendre le dessus.
( La douleur n'est qu'une simple information ! Une information, par Utu ! )

Un court silence s'écoula, durant lequel le gladiateur semblait hésiter ... ou alors réfléchissait-il ? J'eus bien rapidement ma réponse.
« Si tu la trouves belle ... Alors tu n'as qu'à la garder ! » Cracha le chevalier en hurlant la dernière phrase. Et, sur ces paroles, il relâcha soudainement la tension qu'il exerçait sur moi. Puis, d'une simple impulsion du coude et lâchant son arme, il me détacha de lui.

J'étais à un peu moins d'un mètre de lui, mon bras gauche tenant avec difficulté le sabre d'une étonnante légèreté, que je m'empressais d'éloigner le plus possible de mon adversaire, le mettant hors d'atteinte. Tandis que mon autre main était encore cramponné à son bras gauche. ( Elle ne doit pas être une limite ! ) Hurlais-je intérieurement, repoussant toujours plus difficilement la douleur qui m'assaillait.

Comme un sentiment de triomphe m'envahit alors que mon adversaire était ainsi désarmé. A un tel point que j'en oubliai un moment la douleur qui me tenaillait de part en part. Je pensais avoir gagné : sans son arme, je n'aurais aucun mal à le battre à mains nues.
Mais cette ordure avait tout prévu. Il avait bien vu que, avec une arme en main, je devenais lent et maladroit. Trop lent pour esquiver sa prochaine attaque ... Son direct du droit me percuta de plein fouet, en plein sternum, là où mes deux terribles entailles se croisaient.
J'eus l'impression de recevoir un coup de marteau, que la totalité de mes os se brisaient et traversaient ma chair. Je me sentis voler une seconde qui dura une éternité. Ma vision se teinta de rouge, puis s’assombrit, et je perdis douloureusement connaissance.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Ven 3 Aoû 2012 03:24 
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Épisode X - L'aide d'un mystérieux inconnu


( Kogan ... )

Quand je m’éveillai enfin, ce fut avec le plus grand mal. Mon corps entier, chaque membre, chaque organe, me faisait souffrir le martyr. Tous mes sens - pourtant habitués et entraînés à être en alerte - avaient été remplacés par un engourdissement total teinté d'une cuisante douleur.
Je ne pouvais discerner que le noir profond du néant et je n'entendais rien d'autre qu'un oppressant silence bourdonnant. Même mon odorat et mon goût ne m'apportaient rien qui puisse m'informer sur mon environnement ou ma situation. Je me sentais flotter, purement, simplement ... Et j'avais froid. Tellement froid.

( Kogan ... ) C'était mon nom.

Une poignée de secondes ? Une heure ? Deux ? Une journée complète ?! Impossible de savoir combien de temps je restai ainsi, immobile et l'esprit embrouillé. Je n'arrivais pas à me rappeler avec précision, je ne saisissais que des bribes de souvenirs. Le soleil éblouissant ... Le désert ... Une chaleur accablante ... La Crête du Serpent ... L'effort, la douleur et enfin la déception ... Quel que fut le temps qui s'écoula, je le passai à rassembler, morceau après morceau, le puzzle en désordre qu'était ma mémoire.
Après ce qui me parut être une éternité, j'avais enfin les idées claires. Relativement claire, du moins. Je me souvenais maintenant de mon arrivée à la Crête du Serpent, du duel qui avait été annoncé et pour lequel j'avais été choisi. Je me rappelais aussi du combat en lui-même ... Ce combat que j'avais si honteusement perdu.

( Kogan ! ) Oui, c'était bien comme ça que je m'appelais.

Je prenais peu à peu conscience de mon corps endoloris. J'essayai alors de remuer les extrémités, en vain. Doigts comme orteils refusaient encore de m'obéir.
J'entrepris donc de me poser maintes et maintes questions. Était-ce ça, la mort ? Étais-je donc mort ? Non, je ne pensais pas. Cela m'aurait révolté, alors que j'avais encore tant de choses à accomplir. Et puis mes sensations me revenaient peu à peu, lentement mais prudemment, accompagnées d'une douleur grandissante. Cette douleur ne m'étonnait guère. Les coups que j'avais reçus auraient dû avoir raison de moi. Comment ce faisait-il que j'étais toujours en vie ? Avait-on guérit mes blessures ? Et combien de temps est-ce que j'étais resté ainsi inconscient ? Des jours ? Des mois, peut-être ! Et Œil-de-Vautour ... M'avait-il abandonné ? Vendu ? Laissé pour mort ? En tout cas, une part de mon esprit souhaitait ne jamais le revoir. Ma défaite avait probablement jeté à bas son honneur et sa fierté, et personne ne pouvait prévoir quelle serait la réaction de cet homme des sables froid et imprévisible.

« Kogan ! » Cria alors une voix.

D'un seul coup et sans prévenir, tout revint soudainement à moi. Je m'étais attendu à ce que mes sens me reviennent peu à peu, comme ils étaient en train de le faire. Mais il n'en fut rien. Ma gueule s'ouvrit en grand tandis que ma poitrine se soulevait brusquement dans les airs, remplissant mes poumons d'oxygène. Mes membres se contractèrent - non sans me provoquer une atroce douleur - et se tendirent au maximum de leur capacité. Mes yeux aussi s'écarquillèrent et s'emplirent alors d'une aveuglante lumière. Mon éveil brutal avait également saturé mes autres sens d'un torrent d'informations assourdissantes, oppressantes et envahissantes.
Il me fallut batailler mentalement un certain temps, haletant et clignant des yeux à plusieurs reprises, avant de parvenir à faire le tri dans ces innombrables sensations chaotiques. Après quoi, mes sens s'adaptèrent et me revinrent plus clairement.
Le dos allongé sur une surface surélevée, plane et dure, je me trouvais au centre d'une salle carrée de taille modeste et aux murs de pierres. Il y régnait une certaine obscurité, partiellement rompue par une torche qui brûlait à proximité et qui projetait des ombres sur les parois de la pièce.
Un homme se tenait là, au-dessus de moi, une main posée à plat sur mon torse. Mais, caché dans la pénombre ambiante, son visage encapuchonné m'échappa.

« Kogan ! Kogan ! Allez, lèves- toi ! Il faut partir, et vite ! » Me lança-t-il, répétant mon nom encore et encore comme si cela allait m'aider à me redresser de mon inconfortable position.

Mais j'avais d'autres problèmes en tête. Dès lors que mes sensations étaient revenues en ordre, la première chose que j'avais pu ressentir avait été de la panique. Une grande panique, mêlée de peur. En effet, que savais-je de ma situation ? Rien ... Quel était cet endroit ? Qui était cet homme qui semblait si bien connaitre mon nom ? Que faisait-il là ? Et, par Utu, de quoi parlait-il ?! Cela pouvait fort bien être un piège ...
De plus, et malgré tous mes efforts, je ne parvenais toujours pas à distinguer son visage. Ma vue était encore trop floue et il faisait trop sombre ... D'autant qu'il venait de tourner précipitamment la tête dans la direction opposée, comme s'il s'attendait à l'arrivée de quelque chose, ou de quelqu'un.

Mais je finis par me raisonner. Si cet homme me voulait du mal, il en aurait largement eu l'occasion alors que j'étais inconscient. Il ne se serait pas donné la peine de me réveiller. De plus, il y avait quelque chose dans sa voix qui me poussait à lui faire confiance.
« ... Peux pas ... » Lâchai-je enfin dans un grognement rauque. Rien que le fait de prononcer ces deux mots m'avait demandé un douloureux effort.

« Alors accroche-toi, Kogan. » Me motiva-t-il. Et, en un instant, une main ouverte apparut dans mon champ de vision restreint.

( Oui, ben j'ai bien compris que je m’appelle Kogan, c'est bon ! ) Cet homme commençait sérieusement à m'agacer. Mais je n'allais pas gaspiller mes maigres forces à le lui dire, d'autant qu'il était surement mon seul moyen de me tirer de ma situation, quelle qu'elle soit. Je fermai donc les yeux, inspirai profondément, adressai une brève prière à Utu puis, rassemblant toutes les forces que je pouvais, je lançai d'un seul geste mon bras droit en direction de la main que l'on me tendait.

Lorsque mon avant-bras rencontra le sien et que mes doigts se refermèrent sur son poignet, un fulgurant élancement se répandit aussitôt de ma main jusqu'à mon épaule. Cependant, et aussi inexplicable que ce soit, cette intense douleur s'estompa instantanément. D'ailleurs, au même moment, je pus sentir mon corps entier s'apaiser et se décrisper.

Bien sûr, je souffrais encore. Mais ce n'était plus aussi insoutenable et j'étais à présent capable de bouger sans risquer de m'évanouir ou d'aggraver mes blessures. Toutefois, la cause de ce brusque apaisement m'intriguait. Était-ce ma reprise de conscience progressive ? Mon contrôle de moi-même ? Une intervention d'Utu en personne ? Ou bien autre chose ?

Même atténuée, la douleur qui me tiraillait était difficilement supportable. Ainsi, lorsque le bras que j'agrippais entreprit de me tirer vers l'avant afin de me redresser, je n'eus d'autre choix que de clore fermement les yeux et grincer une prière à travers mes dents serrées par l'effort, tentant ainsi de focaliser ma concentration.

« La douleur n'est qu... » Commençais-je avec difficulté, puisant dans le peu de ressources qui m'était disponible.

« Qu'une simple information. Et elle ne doit pas représenter une limite physique ... Oui, oui, je sais. » Me répondit-on du tac au tac, avec une pointe de lassitude et d'impatience. C'était toujours la même voix.

En même temps qu'une force étrangement puissante me redressait, assez pour que je puisse passer en position assise, le commentaire me frappa de plein fouet. A l'exception des worans de mon ancienne tribu - que je n'avais pas vue depuis ma capture, quatre ans plus tôt -, j'étais le seul à connaitre cette maxime. Mais qui pouvait bien être cette personne ?
C'est sur cette interrogation que j'ouvris alors les yeux ... pour tomber nez à nez avec un visage que je connaissais.

« Vous ... » Balbutiais-je, partagé entre la stupéfaction, la curiosité et l'indignation.

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Un grand merci à Vilnish et à Itsvara pour la signature !
Je voudrais adresser un hommage aux pages 11430 à 11440, qui furent
victimes de la terrible guerre du 9 avril 2012 et de ses conséquences.
Rendons également un hommage aux auteurs des pages 12380 et 12381 pour
leur élan lyrique et poétique ... qui retomba si rapidement dans la médiocrité ...
Mais il serait injuste de ne pas avoir une pensée pour les pages 13358 à 13366, qui se
sont héroïquement sacrifiées pour démontrer que BlaBla et RP ne font pas bon ménage ...


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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Jeu 23 Aoû 2012 03:05 
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Dans l'obscurité, et bien dissimulés entre un ample capuchon d'un mauve sombre et un foulard de la même couleur qui masquait tout le bas du visage, deux yeux me fixaient. C'était tout ce que je voyais de cet homme, mais cela me permit quand même de le reconnaitre sans difficulté. En effet, en dehors de leur regard profond et perçant, ces yeux possédaient une particularité unique à ma connaissance : leur éclat violet.

« Vous ... Murmurais-je à nouveau. Je vous ai déjà vu ... dans l'arène ... avant mon combat ... » Des souvenirs récents, mais pourtant profondément enfouis, revenaient à moi. Les souvenirs de ce visage qui s'était détaché de la foule, pour ensuite s'évanouir aussitôt ...

« Oui, effectivement. » Me répondit-il, le plus naturel du monde.

« Mais qu ... »

« Plus tard les questions ! Il faut qu'on se dépêche, là, Kogan ! » Il m'avait interrompu avant même qu'une question claire ne puisse se former dans mon esprit. En effet, elles étaient des centaines et des centaines à s'agiter et à se bousculer dans ma tête dans le chaos le plus total. Qui était-il ? Comment connaissait-il mon nom ? Quel était cet endroit ? Combien de temps s'était écoulé depuis mon combat ? Qu'y avait-il de si urgent ? ... Et bien d'autres.

J'aurais voulu protester, me méfier, ou ne serait-ce que répondre à cet inconnu un peu trop autoritaire à mon gout. Mais je n'en avais pas la force. Au contraire, j'étais envahi d'un lourd sentiment de fatigue et de lassitude. Assez lourd pour m'ôter l'envie de résister, en tout cas.
« D'accord, d'accord ... Très bien. » Concédais-je, non sans résignation, après un court silence. Suite à quoi, alors que mon corps s'habituait progressivement à la douleur - certes discrète, mais toujours bien présente - à laquelle il était soumis, je raffermis ma prise sur l'avant-bras de cet inconnu aux yeux violets.

Ce dernier ne se fit pas presser, il l'était déjà bien assez. Il tira d'un seul coup sur mon bras et mon postérieur quitta prestement son assise inconfortable, me redressant en position debout.
Quoique, debout était un bien grand mot ... J'étais encore faiblard, titubant et, sans l'appui procuré par mon robuste sauveur, je me serais probablement écroulé sur le sol dur et sale de la pièce. Mais, heureusement pour moi et ce qui restait de mon honneur, il tint bon et me garda sur pieds, le temps que je reprenne mes repères.
« Bien, Kogan ... Voilà, comme ça. » M'accompagnait-il d'une voix se voulant douce et rassurante.

Ceci fait, il me lâcha enfin et se retourna pour fouiller dans ce qui semblait être un gros sac débordant de bric et de broc. Je profitai alors de cet instant de répits pour jeter un coup d’œil aux alentours.
Il s'agissait effectivement d'une petite salle aux murs totalement nus et sans décorations. Il n'y avait pour seul ameublement que la rudimentaire paillasse posée à même une épaisse dalle de pierre, au centre de la pièce, qui m'avait servi de couche. Je remarquai d'ailleurs une panoplie de lourdes chaînes rouillées qui pendaient des rebords de celle-ci, preuve que j'étais retenu prisonnier et que tout portait à croire que cet homme aux yeux brillants était venu me libérer.
Seules une mince fenêtre à barreaux et une lourde porte brisaient l'impression de vide qui se dégageait de cet endroit. La porte, justement, était grande ouverte et, sur son seuil, l'on pouvait apercevoir le cadavre d'un homme. Affalé sur le ventre, dans une large flaque de sang, ses amples vêtements bruns et gris étaient tâchés de ses propres fluides corporels. Pour finir, un large sabre fendu reposait à ses côtés.
( Ce style, cette architecture ... Ce cadavre ... Ça ne peut vouloir dire qu'une seule chose. Je suis encore à la Crête du Serpent. ) Songeai-je en mon fort intérieur. Cependant, je ne savais pas trop si je devais considérer cette conclusion plus comme une bonne ou une mauvaise nouvelle.

Mon regard poursuivit sa route pour rencontrer la silhouette accroupie et affairée de celui qui m'avait tiré de mon profond sommeil pour me remettre sur pieds. Même si sa voix ne laissait aucun doute quant à ses origines désertiques, son allure et son apparence me le confirmèrent pour de bon: C'était un homme des sables. Cela ne fit que soulever des questions supplémentaires ...
De même que sa capuche et son large foulard qui lui cachaient le visage, le reste de ses habits étaient d'une couleur mauve sombre. Il n'était vêtu que d'un large pantalon en étoffe, maintenu par un ruban faisant office de ceinture, et d'une chemise sans manche et ouverte sur le devant, laissant apparaitre ses bras et son torse à la peau basanée. Ses mains et ses avants bras étaient couverts de longs gants, toujours de la même couleur. Enfin, dans son dos était fixé un long sabre incurvé, protégé par un magnifique fourreau ouvragé. Comme j'en avais l'habitude, il était à peine plus petit que moi mais n'en semblait pas moins musclé et robuste pour autant.

Puis, enfin, je reportais mon regard sur moi-même ... pour découvrir avec horreur que mes bras étaient couverts de bandages ! Non, pas que mes bras, presque tout mon corps était enveloppé de pansements et autres bandes de tissus salies et brunies. On aurait dit un de ces cadavres préservés, embaumés et enveloppés de banderoles, que les humains déterraient parfois dans le désert, vestiges d'une antique civilisation.

Mais je ne m'attardai guère sur la question. L'homme en mauve se redressa bientôt en me tendant un objet que je n'eus aucun mal à reconnaitre.
Attachée à une fine cordelette passablement usée que serrait le poing de l'humain, il s'agissait d'une petite pièce de bois. Ronde, de quelque centimètres de diamètre tout au plus et de quelques millimètres d'épaisseur, elle semblait aussi vieille que rudimentaire. En son centre, était gravé un soleil stylisé, dont les rayons s'écartaient en vrilles et dont le centre représentait un visage grave et impassible. Il avait été gravé avec une griffe. Une griffe woranne.
C'était mon amulette.

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Dernière édition par Kogan le Dim 23 Sep 2012 16:13, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Désert Bleu
MessagePosté: Ven 31 Aoû 2012 10:23 
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« Mon amulette ! Utu soit loué ! » Soufflais-je en saisissant délicatement le petit talisman en bois dans le creux de ma main. J'avais été conscient, dès mon réveil, que je ne portais plus aucun de mes équipements, et cela m'avait profondément affligé. Mais ce qui m'aurait chagriné le plus aurait été la perte de cette amulette. Elle était tout ce qui me restait de mon ancienne tribu woranne, elle était le seul souvenir de Miryia, mon aimée, ma promise, de sa fourrure splendide et de sa crinière folle volant dans le vent ...

« Kogan ? Kogan ? Tout va bien ? » Me réveilla l'homme en se penchant vers moi et en posant une main sur mon épaule. Sans que je ne m'en rende vraiment compte, les souvenirs m'avaient assaillis si violemment que je m'étais courbé sur moi-même et que ma mine s'était brutalement assombrie.

« Oui, oui ... Excusez-moi ... » Murmurais-je en revenant à moi, l'air un peu perdu.
Ce genre de faiblesse ne m'était pas permis. Pas si je voulais m'en sortir et atteindre mon but. Pas si je voulais retrouver Miryia et notre enfant.

( Huzrah zu, Utu. Huzra zu Fod Vod do Vulon. Drun zu hin Ahrkin, zu Draal hin. ) Priais-je, les yeux clos, inspirant profondément et en refermant mon poing sur mon amulette. J’espérais qu'Utu m'entende, au-delà de la nuit, et qu'il me donne la force de continuer, maintenant qu'une opportunité de me libérer du joug des hommes des sables m'avait été donnée.

« C'est bon, Kogan ? Tu peux continuer ? » Répéta l'homme, son regard violet se faisant plus insistant.

« Oui, c'est bon. Tout va bien. » Déclarais-je d'un ton assuré en portant mes mains à mon cou afin de rattacher cette amulette qui m'avait trop longtemps été enlevée. Son poids familier me redonna de la contenance et me remit d'aplomb.

« Parfait. Poursuivons, alors ! »

Ceci dit, il tapa silencieusement dans ses mains gantées et se pencha encore une fois pour fouiller méticuleusement dans son fourbi. Puis il se releva et me présenta de nouveaux objets, l'air fier et triomphant. C'étaient mon épaulière et les cuissots que je portais pour mon combat contre le gladiateur Hurgen.

« Oh, par Utu ! Merci beaucoup. » Le remerciais-je en m'emparant des plaques d'armure pour en attacher immédiatement les sangles. Le cuir tanné était maintenant orné de clous métalliques, promettant une protection plus efficace « Mais ... Dites-moi ... Comment avez-vous eu tout ça ? »

« Ah, c'était pas trop compliqué. Après ta défaite, ils ont dépouillés ton corps et ils ont tout balancé dans l'armurerie générale. Il m'a suffi d'y aller et de récupérer ce que j'avais vu sur toi. » Expliquait-il à voix basse, avant de terminer. « Par contre ... Ils étaient dans un sale état, alors je me suis permis de les réparer et de les améliorer un peu. Ça te dérange pas, j’espère ? »

« Non, bien sûr que non. Merci encore ! » Je n'en revenais pas. Pour deux raisons. D'abord parce que je ne pensais pas un tel geste de sympathie possible. Et ensuite parce que je n'imaginais pas cet homme capable de parler aussi longtemps sans prononcer mon nom ou me rappeler qu'il fallait se dépêcher.
Mais mon étonnement n'était rien comparé à ce qui arriva par la suite.

« Et voilà, Kogan. Une petite surprise pour toi. » Me lança l'homme avant de se retourner avec deux autres objets. A la fois larges et allongés, ils étaient entourés d'une épaisse couche de tissus abimés. Cependant, il me sembla apercevoir des éclats métalliques au travers. « J'ai gardé le meilleur pour la fin. » Finit-il d'un air amusé.

( Des griffes ! ) Jubilais-je lorsque l'homme déballa les deux armes de leur emballage d'étoffes et de tissus. ( Par Utu, ce sont des griffes ! )
Les premières étaient constituées de trois lames effilées d'une bonne trentaine de centimètres et à la pointe légèrement courbée. Elles étaient solidement attachées à une plaque de métal incurvée munie d'une poignée et dont l’intérieur était matelassé. Le tout se fixait à l'avant-bras avec un assemblage de sangles en cuir qui semblait aussi complexe que stable.
Les deuxièmes, quant à elles, possédaient les mêmes lames, longues et courbes. Cependant, ces trois griffes étaient fixées au dos d'un gantelet d'acier complet, couvrant toute la main, l'avant-bras et remontant même jusqu'au coude. Celles-ci devaient être plus lourdes et donc bien plus difficiles et lentes à manier. Heureusement pour moi, le gantelet était façonné pour une main gauche, ce qui me laissait les griffes les plus légères dans la main directrice.
Et comme si ça ne suffisait pas, les lames de l'un des gantelets - le droit, plus exactement- étaient faites de ce métal brillant aux reflets bleus que j'affectionnais tant. Je ne pus m’empêcher de ressentir à nouveau de l’émerveillement devant ce matériau unique qui provenait du Désert Bleu.

« Aller, Kogan, dépêches-toi d'enfiler ça et on file d'ici en vitesse. On a déjà perdu bien assez de temps. » Le timbre de sa voix était subitement redevenu sérieux. « Et, surtout, fais bien attention de pas te blesser avec les griffes. »

Suivant ses conseils et ses explications, j'entrepris d’attacher les deux gantelets munis de lames à mes bras. La tâche était loin d'être aisée et, à deux reprises, je manquai de me trancher un doigt ou une veine - ce qui serait arrivé sans l'intervention de l'homme. Cela nous prit une poignée de longues minutes. Minutes que mon sauveur impatient semblait avoir bien du mal à supporter.

« Comment avez-vous su ? ... Pour les griffes, je veux dire. » Lui avais-je demandé entre deux bouclages de sangle.

« J'étais dans les gradins, tu te souviens ? » M'avait-il répondu du même ton sec et agacé. « Je t'ai vu te battre, Kogan. Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre ça ... » Avait-il terminé en désignant mes doigts meurtris. Et l'échange en était resté là.

Lorsque nous eûmes finis, je me relevai et fis deux pas dans la salle, jaugeant le poids de mes nouvelles extensions. Puis, sans prévenir, j'effectuai une rapide succession de coups dans le vide, tailladant un ennemi imaginaire. Il s'agissait d'un des enchaînements du Nakralen que je connaissais depuis bien longtemps mais que je n'avais pas pu réaliser correctement depuis des années.
Mes lèvres s’étirèrent involontairement en un sourire, découvrant du même coup mes crocs acérés. Quelle joie ! Quelle satisfaction ! Quel soulagement ! Malgré le petit défaut de poids de l'arme gauche, ces griffes substituaient presque à la perfection celles qui m'avaient été arrachées, quatre ans plus tôt. Avec elles, je serais nettement plus proche du Nakralen, et donc d'Utu lui-même.
C'était un petit pas, certes, mais un pas quand même. Un cap avait été franchi ...

« Kogan ! Kogan, bon sang ! Il faut vraiment y aller ! » Le mystérieux humain vêtu de mauve venait de m'interrompre dans mes rêveries. Il s'était approché de la porte et, après avoir rapidement jeté un coup d’œil vers la droite puis vers la gauche, me fit signe de venir.
Il avait raison, j'étais en train de m'égarer et il avait bien fait de me ramener à la réalité. Conscient d'avoir assez abusé de sa patience - d'autant que si l'on se trouvait bien encore dans la Crête du Serpent, l'endroit devait grouiller de Al Maijid - je suivis ses ordres sans discuter.

C'était probablement grâce aux récents événements qui avaient focalisés ma concentration, mais je ne ressentais presque plus la fatigue, la douleur et l'engourdissement de mes membres. Ainsi, prenant gare de ne pas blesser mon sauveur avec mes longues griffes, je m'avançai vers lui le plus discrètement possible.
« C'est bon. Je vous suis, monsieur ... » Lui chuchotai-je une fois à sa hauteur, laissant la fin de ma phrase en suspens.

« Aregh. Je m’appelle Aregh. » Lâcha-t-il, lui aussi à voix basse. Ses yeux me regardaient étrangement. Je ne pus discerner s'il me fixait, s'il lisait en moi ou alors s'il était simplement concentré. « Maintenant, si tu v... »

Soudain, un cri lointain brisa le silence de la nuit. Suivi d'un deuxième. Puis d'autres ...
Des cris d'alerte.

« Bon sang ! Ça a commencé ... Il faut partir, Kogan ! Et vite ! » S'exclama-t-il en élevant la voix. Sur ce, il enjamba le corps inerte qui gisait à ses pieds et bondit hors de la pièce. Hors de ma cellule.
Sans hésiter une seule seconde, je m’empressai de le suivre.

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Dernière édition par Kogan le Dim 25 Nov 2012 19:57, édité 4 fois.

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